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25 décembre 2010 6 25 /12 /décembre /2010 18:04


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Réveillon de crise, texte, dessin et photo de Martin Vidberg

21 décembre 2008 - édition de la note, 2 heures après l’avoir mise en ligne : J’étais plutôt content, ce matin, de ma petite note du jour sur la crise financière et ses conséquences sur nos porte-monnaies. J’ai été très surpris, en lisant les commentaires, de vos réactions parfois offusquées à propos de ma photo : “Je pense à toutes les chaumières qui n’auront que ce genre de table à proposer, j’arrive pas à en rire.” (dbmcsea), Bien sur c’est une caricature, mais pour noel, il est difficile pour moi de mettre de coté des gens qui n’auront même pas de table à proposer. (Vince) Il me semble que cette table n’a rien d’indigne et conviendrait sûrement même un soir de Noel à un bien plus grand nombre de personnes que vous semblez le penser (Anne).

Est-ce le fait de m’attaquer au symbole de Noël qui vous touche particulièrement ou de mettre en scène, de manière complétement caricaturale, une certaine pauvreté ? (Même si le sujet de la note est davantage la baisse de nos revenus que la pauvreté) Quoiqu’il en soit, je trouve ces réactions aussi étonnantes qu’instructives à une époque où l’on nous abreuve d’images de joie, de fête et de richesses à la télévision et dans les vitrines de nos magasins. Les journaux nous parlent des menus de nos grands restaurants, nous conseillent des plats hors de prix sans que personne ne s’en offusque… Et ce n’est pas cette richesse qui choque mais ma petite photo de réveillon bas de gamme comme si j’avais abordé, par mégarde, un sujet tabou. Doit-on vraiment masquer le thème de la pauvreté sous les emballages brillants des fêtes et derrière les décorations de nos centres-villes ou avons nous le droit, encore, d’en parler, surtout dans un blog qui caricature l’actualité ?

Je me rends compte finalement que ma note est peut-être plus intéressante que je ne la pensais ce matin, puisqu’elle fait réagir et que finalement, c’est peut-être ce que l’on peut espérer de mieux pour un site d’actualité.

J’étais plutôt content, ce matin, de ma petite note du jour sur la crise financière et ses conséquences sur nos porte-monnaies. Cet après-midi, j’en suis très content.

 

Noël, le marketing et le capitalisme

 

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Dessin de Martin Vidberg (www.martinvidberg.com)


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Dessin d'André-Philippe Côté


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"Le triomphe de l'iPad", texte et dessin de Martin Vidberg, sur la peinture "Le Triomphe de la Mort" de Bruegel l'Ancien


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Pochette de l'album "Abbey Road" des Beatles revisitée par le dessin de Plantu


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"Noël tombe très tôt cette année", texte et dessin de Martin Vidberg (www.martinvidberg.com)


Croire au Père Noël

 

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"Toutes les vérités sont-elles bonnes à dire?", texte et dessin de Martin Vidberg (www.martinvidberg.com)


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Dessin de Chimulus


Noël, la neige et la pagaille

 

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Dessin de Plantu


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"C'est beau, mais c'est la m...", texte et dessin de Martin Vidberg (www.martinvidberg.com)


Le Père Noël aussi utilise Wikileaks

 

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Dessin de Garnotte


Les conditions de travail du Père Noël et des lutins


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"Un joli conte de Noël", texte et dessin de Martin Vidberg


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"Petit papa Noël, il faudra bien te couvrir !", texte et dessin de Martin Vidberg (www.martinvidberg.com)


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"La lettre du Père Noël", texte et dessin de Martin Vidberg (www.martinvidberg.com)


Les cadeaux de Noël


329-taille-cadeau.1261410027 La taille des cadeaux

"La taille des cadeaux", texte et dessin de Martin Vidberg (www.martinvidberg.com)


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"Le paradoxe du Père Noël", texte et dessin de Martin Vidberg (www.martinvidberg.com)


Un joyeux Noël à toutes et à tous!

Frédérick Moulin


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25 décembre 2010 6 25 /12 /décembre /2010 06:05

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Le président Obama, à la Maison Blanche le mercredi 8 décembre, regagne la confiance des indépendants et des classes moyennes, électorat le plus nombreux et le plus volatil, qui lui a fait défaut lors des élections du 2 novembre dernier (Doug Mills/TNYT)

Durant la « lame duck session », ou « session du canard boiteux », la période où le Congrès américain sortant siège encore alors que le Congrès élu le 2 novembre n’entrera en fonction que le 3 janvier, le président Obama a bouclé avec succès quatre dossiers importants. Il a ainsi déjoué tous les pronostics qui ont fait écrire le 7 décembre à The Nation, l’organe de la gauche démocrate : « En route vers une présidence ratée ? », et a fait taire les critiques qui s’exprimaient ouvertement jusqu’à l’intérieur du Parti démocrate. Ainsi, depuis le lundi 15 novembre, Barack Obama a remporté la bataille du « paquet fiscal », liant la reconduction des réductions d’impôt de George W. Bush arrivant à échéance le 31 décembre, et des mesures d’aide sociales aux sans-emploi et aux plus démunis ; puis la bataille de la couverture santé et de l’indemnisation des sauveteurs et des équipes de nettoyage des attentats du 11 septembre 2001 contre le World Trade Center, gravement intoxiqués ; ensuite la bataille pour la levée du « tabou gay » dans l’armée américaine (« Don’t ask, don’t tell. ») ; et enfin la bataille de la ratification du Nouveau Traité de désarmement nucléaire Start avec la Russie.

Première bataille : paquet fiscal et indemnisation des chômeurs

en fin de droit, aide aux plus démunis, aménagements fiscaux

pour les petites entreprises

La première bataille de Barack Obama pendant la « lame duck session » a porté sur la reconduction des réductions d’impôt consenties par George W. Bush en 2001 et en 2003, qui arrivaient à échéance le 31 décembre 2010. Le président Obama souhaitait reconduire les réductions pour les seuls ménages disposant d’un revenu annuel inférieur à 250 000 $ (environ 183 000 €) ; les revenus plus élevés, les « riches », soit 2% des Américains ne devant pas en bénéficier. Les Républicains voulaient que la mesure soit pérennisée pour tous les Américains, y compris les plus riches, ce qui représentait, selon le président Obama, une dépense – et une somme à emprunter – de 700 Md$ sur 10 ans pour ces 2% d’Américains les plus riches.

Avant même l’ouverture de la « lame duck session », le lundi 15 novembre 2010, un compromis semblait se dessiner à l’initiative de Barack Obama : une reconduction pour une durée courte et non une pérennisation, et un éventuel compromis sur la question de la limite de 250 000 $, mais qui n’irait pas sans concessions de la part des Républicains. Après un cheminement au Congrès parsemé de tentatives d’amendements, un compromis entre Démocrates et Républicains a été adopté par la Chambre des Représentants par 277 voix (139 Démocrates et 138 Républicains) contre 148 (112 Démocrate et 36 Républicains, surtout du Tea Party) vendredi 17 décembre, après avoir été adopté sans encombre au Sénat par 81 voix (43 Démocrates, 37 Républicains et 1 Indépendant) contre 19 (13 Démocrates, 5 Républicains et 1 Indépendant) mercredi 15 décembre.

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Le président Obama s'est adressé aux journalistes lundi 13 décembre après un premier vote du Sénat sur son "paquet fiscal" : "Cela prouve que les deux camps peuvent de facto travailler ensemble pour faire prospérer notre économie et pour s'occuper des Américains", a-t-il souligné (Drew Angerer/TNYT)

En quoi a consisté le compromis voulu par le président Obama ? En la défense de « l’intérêt général, celui d’une majorité d’Américains », répond le journal Le Monde. Le président Obama a cédé sur un point : les réductions d’impôt de George W. Bush seront reconduites pour tous les Américains, même les 2% les plus riches, ceux dont le foyer gagne plus de 250 000 $ par an. « La question est de savoir ce que M. Obama a obtenu en contrepartie des concessions faites aux républicains. Beaucoup, nous semble-t-il. », écrit Le Monde. Et à juste titre.

Tout d’abord, les reconductions de réduction d’impôt, pour un montant total de 801 Md$, sont limitées à deux ans… soit jusqu’à fin 2012.  C’est-à-dire peu après les élections du Congrès et du président des Etats-Unis de novembre 2012… Une clause prévoit que l’ensemble du « paquet fiscal » issu du compromis sera revu à cette date.

Ensuite, et c’est le plus important, les chômeurs en fin de droit voient leurs indemnités, qui arrivaient à échéance fin novembre, prolongées de 13 mois, pour un montant total de 57 Md$. Une mesure plus que bienvenue au cœur de l’hiver américain, alors que l’emploi aux Etats-Unis ne redémarre pas, et que les Républicains, désormais majoritaires dans les instances dirigeantes de nombreux Etats (Congrès, poste de gouverneur), ont entrepris au niveau local des coupes drastiques dans les budgets sociaux et les ‘avantages’ des fonctionnaires des Etats, à commencer par leurs salaires et leurs retraites. Autre compensation obtenue par le président américain : des aides aux étudiants les moins fortunés, le maintien de nombreux dispositifs anti-pauvreté, et une série d’aménagements fiscaux pour les petites entreprises. Au total, c’est un mini-plan de relance, favorable à une classe moyenne qui a beaucoup boudé le camp démocrate aux dernières élections, qui est mis en place.

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Juillet 2009 : les soins à domicile sont sur la liste des coupes sombres de l'État de Californie dans l'espoir de contenir un déficit budgétaire estimé à 26 milliards de dollars sur 2010 et 2011 (Justin Sullivan/Getty Images North America)

Dans un premier temps, une partie non négligeable du camp démocrate a hurlé à la trahison, critiquant ouvertement l’abandon du seuil de 250 000 $, trouvant le compromis trop généreux vis-à-vis des Américains les plus riches et estimant que les concessions faites aux Républicains étaient inacceptables : on s’en rend immédiatement compte quand on voit que le vote final à la Chambre des représentants a vu 139 Démocrates voter pour le texte, et 112 voter contre : 45% des votes de représentants démocrates étaient des votes contre le projet ! Mais 10 jours plus tard, ces voix se sont tues. Les sondages montrent que les Américains ont approuvé le président Obama pour son compromis avec l’opposition, le « paquet fiscal » : l’opinion publique estime que la prolongation du versement des indemnités pour les chômeurs en fin de droit, qui représentent 45% des sans-emploi, valait tous les compromis, d’autant plus qu’elle a été accompagnée d’autres victoires, dont l’acquis social que représente la couverture santé et l’indemnisation des sauveteurs et des équipes de nettoyage gravement intoxiquées par les émanations se dégageant des gravats suite aux attentats du 11 septembre 2001 contre le World Trade Center.

Seconde bataille :  couverture santé et indemnisation des sauveteurs

gravement intoxiquées par les émanations se dégageant des gravats

suite aux attentats du 11/09/2001 contre le World Trade Center

Seconde bataille donc, Barack Obama a également souhaité faire adopter lors de la « lame duck session » une loi destinées à couvrir les dépenses de santé et à compenser les pertes de revenu (décès, incapacité, …) des sauveteurs des services publics qui, après les attentats du 11 septembre 2001 et l’effondrement des tours jumelles du World Trade Center, ont cherché les corps puis nettoyés les lieux, sans protection, respirant les poussières nocives émanant des gravats. En 9 ans, plusieurs centaines de sauveteurs sont morts, et 60 000 personnes sont toujours suivies pour des affections liées aux émanations toxiques respirées. Par ailleurs, 10 000 sauveteurs et personnes affectées au nettoyage des lieux en 2001 ont récemment signé un accord avec la ville de New York pour accéder au Fonds de Compensation des Victimes, à hauteur des sommes qui y seront versées.

Jeudi 9 décembre 2010, les Démocrates n’ont pu compter que sur les voix des sénateurs de leur parti, avec l’appoint des 2 sénateurs indépendants, le leader démocrate au Sénat, le sénateur du Nevada Harry Reid, sur la corde raide dans son Etat, ayant voté contre le projet de loi : les Démocrates ont vu leur projet de loi de 7,4Md$ (5,6 Md€) rejeté par le Sénat par 57 voix pour et 42 contre, la majorité étant de 60 voix sur 100.

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Les sénateurs démocrates Kirsten E. Gillibrand et Charles E. Schumer de l'Etat de New York parlant du projet de loi sur la couverture des sauveteurs gravement intoxiqués suite aux attentats du 11 septembre sur le World Trade Center  (Drew Angerer/TNYT)

Mais depuis, les Républicains ont essuyé une pluie de critiques, notamment de la part de l’ancien maire républicain de New York, Rudolph Giuliani (1994-2001). Les sénateurs démocrates de New York Charles E. Schumer et Kirsten E . Gillibrand, ainsi que les sénateurs républicains Tom Coburn de l’Oklahoma et Michael B. Enzi du Wyoming ont abouti à un compromis, qui abaisse de 40% le financement de la loi, à 4,3Md$, mais a permis mercredi 22 décembre le vote par acclamation, sans aucune objection, de la loi par le Sénat. Dans les heures qui ont suivi, la Chambre des représentants a voté la loi par 206 voix pour (175 Démocrates et 31 Républicains) et 60 contre (59 Républicains et 1 Démocrate), 168 représentants étant absents lors du vote.

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Wendy Flammia avec une photo du mari de son amie Jenn McNamara, John McNamara, un pompier de New York et un volontaire le 11 septembre qui mourut plus tard d'un cancer, à une conférence de presse mercredi 22 décembre sur la colline du Capitole (Brendan Smialowski for TNYT)

Pour les 5 prochaines années, 1,8 Md$ iront à la couverture santé, à la surveillance et au traitement des lésions causées par la poussière toxique et les débris à Ground Zero. Et 2,5 Md$ iront alimenter le Fond de Compensation des Victimes du 11 septembre sur 5 ans pour permettre la compensation des pertes d’emploi et des pertes économiques ; les versements commenceront en janvier.

Troisième bataille : la levée du « tabou gay » dans l’armée américaine

Troisième bataille pour Barack Obama, la levée du « tabou gay » dans l’armée américaine. Le président américain avait promis dès sa campagne pour l’élection présidentielle de 2008 de lever l’interdiction faite aux hommes et aux femmes soldats d’afficher leur homosexualité sous peine d’être renvoyé, appelée directive « Don’t ask, don’t tell », « Ne rien demander, ne rien dire », et héritée du début de la présidence du Démocrate Bill Clinton (1993). Joseph Lieberman, sénateur indépendant du Connecticut et ancien candidat à la vice-présidence en 2000 sur le ticket du Démocrate Al Gore, et Susan Collins, sénatrice du Maine, féministe, opposante-clé républicaine à la directive « Don’t ask, don’t tell », ont mené les forces favorables à la levée de l’interdiction ; ils ont été notamment suivi par la seconde sénatrice républicaine du Maine, Olympia J. Snowe, partisane du droit à l’IVG et du droit des homosexuels, et par le sénateur républicain du Massachusetts Scott Brown, qui a arraché aux Démocrates le siège d’Edward Kennedy en janvier dernier. Samedi 18 décembre, le Sénat a donc voté la levée du « tabou gay », par 65 voix (55 Démocrates, 8 Républicains et 2 Indépendants) contre 31 (31 Républicains), 1 Démocrate et 3 Républicains n’ayant pas pris part au vote.

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Dans le sens des aiguilles d'une montre en partant de la gauche au fond : les sénateurs Mark Udall (démocrate), Joseph I. Lieberman (indépendant), Susan Collins (républicaine) and Kirsten Gillibrand (démocrate) après une conférence de presse sur la levée de l'interdiction “Don’t ask, don’t tell.” (Drew Angerer/TNYT)

Le président Obama a déclaré après le vote : « En tant que commandant en chef [de l’armée des Etats-Unis], je suis aussi convaincu que réaliser ce changement ne fera que souligner le professionnalisme de nos troupes, les révélant comme les forces de combat les mieux dirigées et les mieux entraînées que le monde ait connu. ».

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Bara Obama signe, mercredi, la loi abrogeant le tabou « gay » dans l’armée (P. Martinez Monsivais/AP)

Le sénateur Lieberman a révélé que 14 000 soldats avaient été obligés de quitter l’armée à cause de l’interdiction « Don’t ask, don’t tell » : « Quelle perte pour notre pays ! », a-t-il conclu. Plus tôt dans la semaine, mercredi 15 décembre, la levée du « tabou gay » avait été votée par la Chambre des Représentants par 250 voix (235 Démocrates et 15 Républicains) contre 175 (15 Démocrates et 160 Républicains). Il faudra au moins 60 jours après la signature de la loi par le président Obama pour que celle-ci entre en vigueur, le temps pour l’armée et le secrétaire à la Défense de réorganiser ses procédures internes.

Quatrième bataille : ratification du Nouveau Traité Start avec la Russie

Enfin, quatrième et dernière bataille pour Barack Obama, la ratification par le Congrès du Nouveau Traité Start de désarmement et de non-prolifération nucléaire avec la Russie, la plus emblématique et la plus difficile des batailles. Car le Sénat, en matière de traités internationaux et dans le domaine des affaires étrangères, dispose aux Etats-Unis de pouvoirs renforcés : il faut une majorité des deux tiers, soient 67 sénateurs sur 100 pour ratifier un traité international. Le président américain s’est fixé pour but de faire ratifier le traité avant la fin de la session du « canard boiteux ».

Car l’objet du traité est important et stratégique. L’accord signé en avril avec le président russe Medvedev prévoit un maximum de  1 550 têtes nucléaires et de 700 vecteurs déployés pour chaque pays 7 ans après l’entrée en vigueur du traité. Par ailleurs, la non-ratification de l’accord serait perçue comme un aveu de faiblesse par M. Medvedev et par la nomenklatura russe. Cela pourrait amoindrir les chances de M. Medvedev d’être réélu en 2012, et renforcer le camp de ceux qui veulent garder des liens avec l’Iran. La vente par la Russie d’un système anti-aérien sophistiqué S-300 à l’Iran, qui a été suspendue, pourrait reprendre, et Israël pourrait déclencher des frappes préventives contre les installations nucléaires iraniennes, frappes, qui seraient rendues inefficaces une fois le système mis en place en Iran.

Avant même les élections du 2 novembre, Barack Obama avait commencé à négocier avec l’influent Jon Kyl, sénateur républicain de l’Arizona et vice-président du groupe des sénateurs républicains au Sénat. Mais celui-ci réclamait des contreparties, et faisait monter les enchères. Après les élections du 2 novembre, il a résolument tourné le dos au président Obama, et s’est rangé du côté du leader républicain au Sénat, Mitch McConnell, qui ne cachait pas son but de tout faire pour que Barack Obama ne soit pas réélu en 2012.

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Le sénateur démocrate et président de la commission des Affaires étrangères du Sénat John Kerry, à gauche, et le sénateur républicain Richard G. Lugar, s'exprimant à une conférence de presse après la ratification du traité par le Sénat (Michael Reynolds/European Pressphoto Agency)

Finalement, le sénateur démocrate du Massachusetts John Kerry, président de la commission des Affaires Etrangères au Sénat, ancien candidat démocrate à l’élection présidentielle de 2004 face à George W. Bush, et le sénateur républicain de l’Indiana Richard G. Lugar, se sont chargés de rallier les votes pour la ratification du Nouveau Traité Start.

Mercredi 22 décembre, le Sénat a voté la ratification du Nouveau Traité Start par 71 voix (56 Démocrates, 2 Indépendants et 13 Républicains) contre 26, 3 Républicains n’ayant pas pris part au vote. Le vote étant considéré comme crucial par le président Obama, Joe Biden, le vice-président, présidait la session du Sénat, ce qu'il fait très rarement. Hillary R. Clinton, Secrétaire d'Etat des Etats-Unis, ancienne sénatrice, assistait également à la session.

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Le sénateur démocrate John Kerry, oeuvrant pour la ratification du traité, s'est arrêté mercredi 22 décembre pour dicuter avec le sénateur républicain Jon Kyl, farouche opposant du traité (Brendan Smialowski for TNYT)

Quelques modifications proposées parle sénateur Jon Kyl ont tout de même été apportées au traité, notamment en ce qui concerne la réaffirmation du projet américain de construire en Europe un réseau défensif antimissiles et de moderniser les armes nucléaires des Etats-Unis afin de s’assurer qu’un arsenal de taille plus réduite est néanmoins toujours efficace, ainsi que sur l’interprétation des Américains des dispositions du préambule du traité qui, pour ces derniers, ne créent pas d’obligation juridique pour la Russie et les Etats-Unis.

Ces modifications ont irrité le Parlement russe, qui a approuvé vendredi 24 décembre le texte initial du Nouveau Traité Start, mais a averti qu’elle apporterait en seconde lecture des amendements aux conditions ajoutées par le Sénat américain, qu’elle estime en contradiction avec le texte.

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Barack Obama et Dimitri Medvedev à Moscou en juillet 2009 (AFP/Yuru Kadobnov)

Cependant la Maison Blanche s’est réjouie du succès enregistré : « Le président Medvedev a félicité le président Obama pour l'approbation par le Sénat du nouveau traité Start et les deux dirigeants ont convenu qu'il s'agissait d'un événement historique pour les deux pays et pour les relations américano-russes. ». De son côté, le président Medvedev a déclaré, en parlant de son homologue américain : « Bien joué, il a réussi à imposer [au Sénat] dans des conditions difficiles un document extrêmement important. », appréciant un président américain « qui sait écouter et entendre, n'est pas en proie à des stéréotypes et remplit ses promesses. Il a fait très bien son boulot. Je lui ai dit : 'Barack, repose-toi'. ».

Il faut souligner que le président Obama a réussi là où deux de ses illustres prédécesseurs démocrates avaient échoué : à la fin des années 1970, Jimmy Carter n'avait pas pu faire voter la ratification du traité Salt II ; et à la fin des années 1990, Bill Clinton n'avait pas su convaincre le Sénat d'entériner un accord sur l'interdiction des essais nucléaires souterrains.

Obama et les Démocrates contre les Républicains et le Tea Party : 4-0

De fait, la « lame duck session » aura permis de découvrir les talents du président Obama pour former des majorités bipartisanes, ce qu’on ne voyait plus depuis longtemps au Capitole. Sur chacun des quatre grands dossiers bouclés par Barack Obama et le camp démocrate, les Républicains ont montré leurs divisions internes : schématiquement, on a les Républicains du centre-droit, qui refusent de diaboliser le président Obama ; et on a les Républicains les plus radicaux, placés sous l’influence ultraconservatrice du Tea Party, des Républicains qui n’ont qu’un seul objectif : empêcher à tout prix la réélection du président Obama en 2012, prônant dès lors une opposition systématique et sans concession.

Mais avec les réformes de l’assurance-santé et de la régulation financière, auxquelles il faut maintenant ajouter les 4 dossiers bouclés pendant la « lame duck session », l’œuvre législative du président Obama réalisée en 2 ans « pourrait dépasser celle du 89ème Congrès en terme d’accomplissements », selon un analyste politique du groupe néoconservateur American Enterprise Institute, Norman Orenstein, c’est-à-dire dépasser celle du président Lyndon Johnson de 1965 à 1967, qui mit en place la Sécurité sociale américaine, dont Medicare et Medicaid, ainsi que d’autres avancées civiques et sociales.

« « Obama est de retour », clame aussi Charles Krauthammer, idéologue prééminent de la droite conservatrice. En un tour de main, "il a récupéré les indépendants qui l'avaient fui", note-t-il, faisant, dès lors, de lui "le favori probable" pour 2012. Et de le comparer à Ronald Reagan, dont "l'erreur récurrente de ses adversaires a toujours été de le mésestimer". », conclut Le Monde.

Le lundi 15 novembre, jour d’ouverture de la « lame duck session, » le Washington Post titrait dans un de ses articles : « Pour être un grand président, Obama ne doit pas chercher à être réélu en 2012 ». Beaucoup d’autres articles autour de cette date auront pour titre le même thème. Mais aujourd’hui, à la fin de cette « session du canard boiteux », le président Obama a marqué des points sur 4 dossiers importants. Tandis que les Républicains se divisaient, il a su trouver des compromis bipartisans. Un signe encourageant pour la ‘cohabitation’ avec le nouveau Congrès qui prendra ses fonctions le 3 janvier, où les Démocrates auront une majorité affaiblie au Sénat et seront minoritaires à la Chambre des représentants. Une leçon à méditer aussi pour tous, même si le système politique américain est différent du nôtre :  avec de la volonté politique, des compromis sont parfois possibles autour de valeurs partagées par des personnalités politiques de bords différents.

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Dessin de Martin Vidberg (www.martinvidberg.com)

Et en ce jour de Noël, Barack Obama s’offre un beau cadeau : à nouveau dans la course vers 2012 moins de deux mois après la défaite des Démocrates aux élections du Congrès du 2 novembre, c’est un score sans appel qu’il obtient : Obama et les Démocrates contre les Républicains et le Tea Party : 4-0.

Frédérick Moulin

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23 décembre 2010 4 23 /12 /décembre /2010 14:00

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Ségolène Royal au Teil en Ardèche, à la rencontre des ouvrières de l'usine Lejaby (Le Dauphine Libéré/Stéphane Marc)

 Ségolène Royal s’est rendue hier en début d’après-midi au Teil en Ardèche, pour aller rencontrer la soixantaine d’employées de l’usine de lingerie féminine Lejaby le jour où le centre de production fermait, la totalité des salariées étant licenciée.

La détresse des ouvrières était palpable, et Pascal Terrasse, président du Conseil général de l’Ardèche et député PS de ce département, qui avait invité Ségolène Royal au Teil, est intervenu auprès des salariées pour leur expliquer la démarche de la présidente de la Région Poitou-Charentes avant son arrivée, car certaines ouvrières auraient souhaité sa présence ou un courrier lors de leur occupation du siège de l’entreprise à Rillieux-la-Pape, en septembre, et comprenaient mal que Ségolène Royal arrive « trop tard », le jour de la fin de la production. Pascal Terrasse était accompagné du maire PS du Teil, vice-président du Conseil Général, Olivier Pévérelli, et de Jean-Jack Queyranne, président du Conseil régional de Rhône-Alpes mais qui était présent à titre privé.

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Ségolène Royal discute avec les ouvrières de l'usine Lejaby au Teil, en Ardèche (AFP)

 Finalement, les ouvrières ont accepté de recevoir Ségolène Royal, et pendant une heure et demie, de l’ex-candidate à la présidentielle de 2007 a discuté avec les employées, puis a visité l’entreprise. La visite s’est déroulée dans un climat d’écoute, en vue de préparer « l’après ». Ségolène Royal a notamment évoqué la possibilité de transformer le centre de production en Société coopérative et participative (Scop).

Ségo au magasin Lejaby

Ségolène Royal visite le magasin de l'usine, guidée par une ouvrière

Elle est revenue également sur des mesures plus dissuasives : « une taxe sur les entreprises qui délocalisent puis réimportent leur production » : « Il n’y a aucune raison que des entreprises qui disparaissent avec des marques, se délocalisent, puissent réimporter en France comme si de rien n’était. », a-t-elle martelé devant les caméras du Dauphiné Libéré (pour voir la vidéo, cliquez ici).

Puis « une suppression des exonérations de charges » pour les sociétés qui délocalisent, reprenant ainsi une proposition développée à Ris-Orangis devant les « p’tits LU » la semaine dernière : Lejaby maison mère fait un bénéfice net sur l’année écoulée (exercice clos au 31 janvier 2010) de 1,2 M€ pour 57,6 M€ de chiffre d’affaires et un résultat d’exploitation de 2,6 M€. Il ne s’agit donc pas d’une société qui connaît de graves difficultés financières, juste d’une société qui délocalise sa production au Maghreb et en Europe de l’Est, en supprimant 193 emplois sur 653 et en fermant deux autres sites aussi dans l’Ain, dont le site historique de Bellegarde-sur-Valserine, où dans les années 30 Gabrielle Viannay, dite Gaby, fabriquait les premiers soutiens-gorges de la légende de la maison, dans l’arrière-salle du cinéma de sa sœur et de son beau-frère, Marcel Blanchard, fondateur de Lejaby : le succès des sous-vêtements est alors tel qu’on les surnomme les soutiens-gorges à la Gaby, les soutiens-gorges Lejaby.

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Ségolène Royal discute avec les ouvrières de l'usine Lejaby« Il n’y a aucune raison que des entreprises qui disparaissent avec des marques, se délocalisent, puissent réimporter en France comme si de rien n’était. », puis : « Je me suis assurée que les machines n’allaient pas être déménagées, parce que moi j’ai connu ça à Aubade, du jour au lendemain, les machines ont été déménagées. Donc je peux vous apporter en tout cas cette garantie, que les machines ne seront pas déménagées. »

Ségolène Royal a également apporté l’assurance aux ouvrières qu’on ne « déménagerait » pas leur outil de production ; selon l’AFP elle a joint le patron de Lejaby au téléphone sur ce point. Aux ouvrières, et devant les caméras du Dauphiné Libéré (pour voir la vidéo, cliquez ici), elle a assuré : « Je me suis assurée que les machines n’allaient pas être déménagées, parce que moi j’ai connu ça à Aubade [usine de lingerie dans la Vienne, fermée fin 2006, NdlR], du jour au lendemain, les machines ont été déménagées. Donc je peux vous apporter en tout cas cette garantie, que les machines ne seront pas déménagées. ».

 Enfin, la candidate à la primaire du Parti socialiste a donné rendez-vous aux ouvrières en janvier, pour discuter des possibilités de faire redémarrer une activité sur le site.

Puis Ségolène Royal a quitté le Teil dans l’Ardèche pour se rendre à Valence, où elle a visité un magasin Leroy Merlin que ses concepteurs ont voulu représentatif du principe de développement durable et dont le recrutement a donné leur chance à de nombreux jeunes de la région.

Enfin, elle a rencontré les militants au bar à vin « Le Sarment », à côté de la gare Valence-TGV. Désirs d’avenir Orange était présent, et a réalisé une vidéo de la rencontre ; vous retrouverez sous la vidéo la retranscription de l’intervention de Ségolène Royal qui est revenue sur la recherche de solutions pour Lejaby, sur la visite de l’entreprise Leroy Merlin à Valence, exemplaire tant sur le plan du développement durable que de management social, et sur la visite de Nicolas Sarkozy dans un petit village d’Ardèche, en hélicoptère :

 



 

Retranscription de l’intervention de Ségolène Royal à Valence réalisée par MEAGSR/F.M.

Lejaby au Teil

Mais c’est aussi l’idée qu’il y a peut-être des solutions possibles et qu’il n’est plus acceptable d’accepter ce modèle économique qui est en train de broyer les individus, alors que des entreprises gagnent de l’argent, continuent à délocaliser, et réimportent les produits qui étaient fabriqués sur notre territoire. Donc c’est un combat. Il y a un combat qui doit s’engager de cette France qui souffre et qui n’accepte pas d’être sacrifiée, nous non plus, élus socialistes, élus de gauche, engagés aux côtés de leurs luttes, nous n’acceptons pas ces sacrifices, qui sont même absurdes sur le plan économique, voilà. Parce qu’entre temps, le consommateur, il rachète aussi ce qui est réimporté au même prix. Donc il y a bien entre les deux quelque chose qui se passe au profit des actionnaires, au profit des grands groupes, qui n’ont aucun respect pour les territoires. Et c’était important d’identifier que grâce à un partenariat entre nos collectivités locales, en particulier entre nos deux régions, hein, Jean-Jack, on puisse voir comment on pourrait monter des coopératives ouvrières de production, avec des salariés qui seraient volontaires pour repartir sur des bases positives à partir d’un savoir-faire qui est exceptionnel, il n’y a aucune raison que ce savoir-faire disparaisse, et donc je pense que des solutions sont possibles, et les ouvrières de ma région, qui ont réussi à remonter des Scop dans le secteur textile, ont proposé de venir, rencontrer les ouvrières de Lejaby. Donc je vais revenir à la mi-janvier, puisque j’ai promis de revenir avec elles, et d’ici là on va regarder quelles solutions sont possibles. Entretemps j’ai appelé le patron pour que les machines ne soient pas déménagées, donc on a au moins cet engagement-là, mais il faut vraiment qu’on surveille, parce qu’on sait ce que valent les promesses orales. Voilà.

Leroy Merlin à Valence

Et après c’était très important de voir des entreprises qui marchent. Vous voyez, il y a la France qui souffre, et il y a aussi la France qui réussit. Et à Valence, grâce à tout le travail d’Alain [Maurice, maire socialiste de Valence, NdlR] aussi, on est allés voir donc Leroy-Merlin, et Jean-Jack rappelait que vous y étiez pour la pose de la première pierre, maintenant, effectivement, c’est un bâtiment qui est sorti de terre, alors qui a deux exemplarités.

Exemplarité en matière de développement durable, puisque c’est un bâtiment qui produit plus d’énergie qu’il n’en consomme, ce qu’on appelle les bâtiments à énergie positive, donc ça je crois que c’est très bien et que les bâtiments industriels qui ont tellement défiguré la France dans les années précédentes, se mettent là dans la dynamique de la croissance verte et du développement durable.

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Ségolène Royal avec les militants au bar à vin "Le Sarment" : au bord gauche, Jean-Jack Queyranne, et à la droite de Ségolène, Alain Maurice, maire socialiste de Valence (image vidéo DA-Orange)

Et d’ailleurs, il y a des panneaux photovoltaïques sur ce bâtiment, ce qui prouve que le moratoire qui vient d’être prononcé par le gouvernement est une absurdité économique, c’est même un scandale économique, et heureusement que certaines entreprises ont anticipé, et que moi je demande une nouvelle fois la levée de ce moratoire absurde qui est en train de couler des petites et moyennes entreprises. Moi j’ai deux entreprises industrielles qui sont menacées, qui devaient s’installer pour construire des panneaux photovoltaïques français, et qui aujourd’hui ont les ailes coupées, parce qu’on a un gouvernement qui non seulement a menti sur le Grenelle de l’Environnement, mais qui en plus fait le contraire de ce qui a été promis et qui est en train de couper les ailes de la France dans le domaine de la croissance verte, du développement durable, de l’excellence environnementale, qui est j’en suis sûre une des conditions de sortie de crise, et une façon de renouer avec la croissance.

Et le deuxième aspect, c’était le management social, là aussi qui était très intéressant, parce qu’on a eu la démonstration que la qualité des relations humaines est un élément-clé aussi de l’efficacité économique. Et ça quand on a des directions d’hommes et de femmes qui font attention à la qualité du relationnel au travail, au refus de toute forme de stress, à la volonté de développer les qualités humaines dans cette force de vente, et pas seulement le fait de faire du chiffre d’affaires ou de truander les clients, parce qu’on a encore des formations de ce type, où vous êtes là pour truander les clients, pour leur raconter n’importe quoi, donc là c’est très important dans ces métiers de service qu’on se rende compte enfin, et en matière de formation professionnelle c’est un élément qui est en train de changer aussi de façon très importante, y compris dans le management des pays, des structures, des associations, partout on se rend compte qu’enfin, la qualité du relationnel humain est aussi un facteur d’efficacité économique, l’efficacité économique ne va pas sans la valeur humaine des relations.

La politique, c’est le contact avec les citoyens

Ça je crois que c’est très important et que certains, placés là-haut, feraient bien d’en prendre de la graine. Et enfin on comparait avec Alain, puisque je crois que le président de la République est venu il n’y a pas longtemps, hein ? (Rires) Qu’il y avait autant de forces de l’ordre que d’habitants ? (« Ah oui ! » répond la salle) À peu près, hein, c’est ça, avec des citoyens maintenus à résidence. (Brouhaha joyeux dans la salle) Voilà.

Alors que je crois que la politique, c’est le contact, c’est le contact avec les hommes et les femmes, c’est le contact avec les citoyens, même quand ça va mal, même lorsque les gens nous disent au visage que ça va mal, qu’il faut que ça change, etc. Et même dans cette usine Lejaby où les femmes souffraient terriblement, parce que c’était la fin d’une histoire, il y a une femme qui était là qui travaillait depuis 40 ans, et en plus qui se faisait voler 2 années de travail pour la retraite. Donc elle se fait voler son travail, elle se fait voler son outil de travail, elle se fait voler sa retraite, c’est quand même lourd quand même, hein, pour les plus défavorisés de notre pays. Après on s’étonne que les extrêmes montent.

Il y a un autre modèle économique possible,

et c’est pour ça que nous sommes en mouvement

Eh bien moi je pense qu’il faut apporter des réponses aux gens qui souffrent et qui ne comprennent pas qu’il y ait tant d’argent d’un côté, tant de grands groupes d’un côté, les entreprises du CAC 40 n’ont payé que 8% d’impôt cette année, alors que les PME en payent 50%. Est-ce que c’est normal ? Non, ça n’est pas normal. (Applaudissements) Est-ce qu’il y a un autre modèle économique possible ? Oui, il y a un autre modèle économique possible (Applaudissements), et c’est pour ça que nous sommes en mouvement. 

Frédérick Moulin

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23 décembre 2010 4 23 /12 /décembre /2010 11:06

164708_1742143281217_1467755058_31778987_5160394_n-1-.jpgEn cette période des fêtes de fin d’année, les rencontres familiales sont parfois le temps de discussions politiques avec le respect des orientations des uns et des autres. Il y a maintenant plusieurs années que les miens sont au courant de mon soutien à Ségolène Royal au Parti socialiste. Les arguments sur ce choix, en fonction des moments politiques, ont d’ailleurs changé. Il y eut d‘abord, fin 2006, l’importance de la dynamique à créer, du sursaut nécessaire de la gauche. Il y eut ensuite fin 2007, l’espoir d’un changement au parti socialiste pour en faire un grand parti ouvert sur la société. Quand on voit aujourd’hui la situation en nombre d’adhérents de ce parti on peut dire que la rénovation proposée par Ségolène Royal au dernier congrès était le bon choix.

 

 Mais pourquoi Ségolène Royal fin 2010 ?

 

C’est beaucoup plus aujourd’hui sur le fond des propositions que l’argumentation se porte et cela traduit tout le travail réalisé par la candidate Ségolène Royal. Chacun trouvera, parce que beaucoup a été dit et fait, les thèmes à défendre. Pour ma part quatre orientations me paraissent particulièrement intéressantes à mettre en avant :

 

 (1) La mondialisation profite de plus en plus à une petite catégorie de privilégiés, un monde de la finance qui peut se permettre de briser des vies, de jeter à la rue des salariés au nom des bénéfices à réaliser, de forcer la remise en cause de notre modèle social au nom de la compétition internationale. Dans ce contexte, « l’ordre juste » défendu par Ségolène Royal est la réponse à soutenir. Il faut en effet redonner aux Etats un rôle pour assurer une régulation et faire que le progrès soit à nouveau au bénéfice du plus grand nombre.

 

(2) Trop souvent, la politique est éloignée des gens. Il faut revenir à une vision plus humaniste, dans la tradition de notre République, qui replace l’Homme au cœur du projet politique. C‘est l’un des combats de Ségolène Royal qu’il faut soutenir et qui n’a rien à voir avec ce que ses détracteurs appellent populisme. Car les attentes sont nombreuses. Pour une politique en faveur des quartiers délaissés afin de donner un avenir à chaque jeune. Pour l’école de la République afin que chaque enfant trouve sa voie. Pour l’entreprise afin que chaque salarié y trouve respect et reconnaissance, car l’entreprise a aussi une dimension sociale.

 

(3) Ségolène Royal, mieux qu’aucun autre leader politique, a compris la tripe ambition d’une politique écologique : l’ambition environnementale de protection de la planète, l’ambition économique pour créer les emplois de demain dans la compétition internationale, l’ambition sociale car il ne faut pas créer de nouvelles inégalités. Ainsi elle agit dans sa région et dans ses prises de position pour une avancée dans les accords internationaux, pour promouvoir dans sa région ces nouvelles activités, pour faire reculer le pouvoir sur une taxe carbone qui pénalise les salariés modestes contraints d’utiliser leur voiture pour se rendre au travail.

 

(4) L’Europe est en perte de vitesse car nous n’avons plus de grands dirigeants capables de penser l’avenir et de donner une ambition à l’Europe. Or isolé chaque Etat ne peut réellement compter dans le nouvel ordre mondial. L’Europe ne pourra pas peser pour faire entendre notre voix pour un monde de progrès humain. Sans l’Europe la dérive financière de ce monde n’a plus de barrière. Héritière de François Mitterrand, Ségolène Royal a rappelé l’importance de cette Europe pour les peuples. Elle s’est clairement prononcée pour les Etats-Unis d’Europe avec la création d’un gouvernement économique qui redonne une force à l’Europe dans le monde.

 

 

Bonnes fêtes de fin d’année et bonne campagne …

 

Philippe Allard

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22 décembre 2010 3 22 /12 /décembre /2010 18:18

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Installation de panneaux photovoltaïques sur le toit du négociant de machine-outil Didelon près de La Roche-sur-Yon (Ouest France)

Le 9 décembre dernier, le gouvernement a promulgué un décret suspendant pendant trois mois l’obligation faite à EDF de racheter l’énergie solaire aux tarifs préférentiels dont bénéficiait l’électricité photovoltaïque – hors projets de moins de 3 kWh. Ces tarifs étaient auparavant compris entre 27 et 58 centimes par kilowattheure, la moitié environ des rachats se faisant au tarif le plus bas, et le solde à des tarifs dans la fourchette indiquée. À titre de comparaison, sur le marché de gros, le kilowattheure revient à EDF à environ 6 centimes, mais est aux trois quarts nucléaire.

Ségolène Royal, qui se bat depuis plusieurs mois contre le « rabotage » des avantages fiscaux liés à la croissance verte, et particulièrement au photovoltaïque, annoncé au début de l’été par le gouvernement Fillon – elle avait déjà fustigé la suppression des avantages fiscaux dont bénéficie le photovoltaïque le 29 septembre 2010 dans Les 4 Vérités, sur France 2 – a réagi vivement mardi 21 décembre à cette suspension, et a écrit une lettre à François Fillon lui demandant de revenir sur ce moratoire. Elle a déclaré à l’AFP :

« La décision du moratoire est une décision très dangereuse.

C'est une filière qui emploie aujourd'hui 20.000 personnes, et donc arrêter brutalement toutes les initiatives et tous les encouragements fiscaux et sociaux donnés à la croissance verte constitue un coup d'arrêt grave à une filière industrielle en plein développement.

La croissance verte est une des clés de reprise de la croissance et de la création d'activité et d'emploi. Il est incompréhensible, surtout après le Grenelle de l'environnement, que le gouvernement mette un coup d'arrêt [aux industries du secteur].

C'est un grave contresens économique qui va produire du chômage en plus. Je demande au Premier ministre de supprimer ce moratoire, de reprendre le rachat d'électricité photovoltaïque par EDF, et d'engager une discussion avec les entreprises de la filière. »

Elle a donné en exemple à l’AFP deux projets de fabrication de panneaux photovoltaïques, représentant 150 emplois directs, sérieusement menacés en Région Poitou-Charentes par le décret du gouvernement, et auparavant ébranlés par les changements de cadre réglementaire et les deux baisses de tarif qui ont eu lieu sur l’année écoulée.

Il s’agit notamment de Solairedirect, présidée par Thierry Lepercq, qui avait décidé il y a plus d’un an d’investir 11 M€ et créer 140 emplois à terme à Châtellerault dans la Vienne.

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Jean-Pierre Abelin, député NC de la Vienne, Ségolène Royal, Thierry Lepercq, président de Solairedirect en février 2010 (P. Lavaud)

Solairedirect se présente sur son site comme « la plus grande entreprise française entièrement dédiée aux projets photovoltaïques », intervenant sur l’ensemble de la chaîne : fabrication de panneaux solaires, installation de panneaux, ingénierie, financement grâce à des partenaires bancaires, développement d’infrastructures photovoltaïques et exploitation des infrastructures, suivi quotidien des installations. Jusqu’à présent, la société dont le siège social est à Paris, était surtout installée à Aix-en-Provence, avec un pôle technique, logistique, qualité, et une activité Parcs Solaires. Elle assurait une présence commerciale dans 7 grandes villes du sud de la France, ainsi qu’à Lyon et à Paris. Créée fin 2006, elle a clos son exercice 2009 sur un bénéfice, pour la première fois, de 3,1 M€, pour un chiffre d’affaires qui a presque triplé en un an à 71 M€ et un résultat d’exploitation de 2,8 M€, preuve d’une activité saine.

En octobre 2010, Thierry Lepercq avait décidé de geler le projet. Le décret du gouvernement a porté un coup supplémentaire au projet. Mais rien n’est encore perdu. Joint au téléphone lundi soir, Thierry Lepercq a protesté : « Le projet n'est pas mort ! ». Alexandre Godin, directeur de cabinet de Ségolène Royal à la Région Poitou-Charentes, a déclaré pour sa part : « À ce stade-là, il n'y a pas d'abandon du projet. », et a dénoncé « la scandaleuse décision du gouvernement ».

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Lundi 20 décembre, l’association Enerplan, l'association professionnelle de l’énergie solaire, qui agit pour la promotion et le développement de cette énergie et qui rassemble beaucoup des acteurs du secteur (dont Conergy, un des actionnaires allemands de la voiture électrique Mia), le Gimelec (fournisseurs et installateurs d’équipements électriques), le Capeb (artisans du bâtiment) et l’Apesi (producteurs d’électricité solaire) ont décidé de saisir le Conseil d’Etat pour qu’il annule le décret du 9 décembre. Ecologie sans Frontière a déposé mardi 21 décembre un référé-suspension pour que le décret ne s’applique pas tant que le Conseil d’Etat n’a pas statué.

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Jean-Michel Charpin, inspecteur général des finances, dirigera les réunions thématiques de concertation à Bercy avec Claude Trink (MaxPPP)

C’est que lundi 20 décembre s’ouvraient à Bercy une « concertation » avec les acteurs de la filière (professionnels, élus, consommateurs, organisations de défense de l’environnement, …), sous la houlette de Claude Trink, ingénieur général des Mines, et de Jean-Michel Charpin, inspecteur général des finances. Jean-Michel Charpin a remis en septembre au gouvernement un rapport où il estimait que le tarif privilégié accordé au photovoltaïque par rapport au tarif « de gros » d’EDF (à 75% nucléaire) générait de véritables rentes et allait coûter des milliards d’euros d’ici à 2020 « sans proportion avec la quantité d’énergie produite », et où il préconisait de mettre un terme à l’envolée du nombre de nouveaux projets d’installation. Jean-Michel Charpin, ou comment être juge et partie. Dans ces conditions, il paraît peu probable que l’intérêt général soit pris en compte au cours des 5 réunions thématiques prévues à Bercy, et qu’on aboutisse sereinement à la mi-février au but affiché du gouvernement : un « nouveau cadre renforçant les atouts de la filière française et bénéfique pour l'environnement et l'emploi sur le territoire ».

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Nathalie Kosciusko-Morizet, ministre de l’Écologie, du Développement durable, des Transports et du Logement, à l'Elysée

Principale raison avancée au décret du 9 décembre par le gouvernement : les cellules photovoltaïques seraient presque exclusivement produites à l’étranger, surtout en Chine et aux Etats-Unis, d’où un risque de déséquilibre croissant de la balance commerciale et d’absence de création d’emplois en France. Drôle de raisonnement que celui qui consiste à décourager toute tentative d’implantation d’industriels en France, voire d’émergence d’industriels français en France, pour une filière en cours de création, sous des prétextes fallacieux ! Même Le Monde critique le gouvernement dans ses propos :

« Nathalie Kosciusko-Morizet, ministre de l'écologie, force sans doute le trait en affirmant que 80 % des panneaux installés en France sont produits en Chine. "A peine 5 % de ceux que j'installe proviennent de Taïwan. Pour le solde, je me fournis chez des producteurs européens", témoigne Stephane Maureau, patron de la société lyonnaise Evasol. »

De fait, Le Monde estime la part de la Chine à 51% (cabinet américain Solarbuzz). Preuve que si la situation n’est pas aussi désespérée que la ministre de l’Environnement le dit, il est cependant grand temps de ‘se bouger’ en France : déjà, l’américain First Solar a décidé de « décaler le démarrage des travaux de construction de l'usine, qui devaient débuter en janvier ». First Solar devait créer 400 emplois directs à Blanquefort, dans l’agglomération de Bordeaux. First Solar devait surtout contribuer à amorcer une filière française, le projet se faisant avec EDF Énergies Nouvelles, qui devait être l’acheteur exclusif de la production de l’usine, devait amorcer une filière photovoltaïque nationale, et à terme créer des partenariats avec les Japonais, comme Sharp.

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Dans l’édition du 23 décembre du journal Le Monde, Noël Mamère, d’Europe Ecologie-Les Verts, maire de Bègles et député de la Gironde, Alain Rousset, président PS du Conseil régional d’Aquitaine, Vincent Feltesse, maire PS de Blanquefort et président de la Communauté urbaine de Bordeaux, et Philippe Plisson, député PS de la Gironde, ont co-écrit une tribune : « Soutenons les énergies renouvelables : l’avenir de nos territoires en dépend », où il reviennent largement sur le sujet de l’énergie solaire et du décret du 9 décembre. Avec une interrogation à la clé : comment respecter notre engagement européen, également inscrit dans la loi du Grenelle I, de porter à 23% la part des énergies renouvelables dans notre consommation énergétique finale en 2020, alors qu’elles n’en représentent « aujourd’hui que 10% » ? Là est toute la question en effet !

Frédérick Moulin

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22 décembre 2010 3 22 /12 /décembre /2010 12:15

SégoMEAG« Le moment est venu d'avancer dans la clarté et la simplicité. (...) Je sais d'expérience qu'il faut plus que quelques mois pour se préparer et pour rassembler. Je vais continuer à faire de ma région un laboratoire économique, social, écologique, éducatif, je vais accepter les invitations à aller à la rencontre des Français, ceux qui souffrent comme ceux qui espèrent. Ecouter les Français - Ils l'ont si peu été ces derniers temps, alors qu'ils ont tant à dire ! - pour agir juste et les convaincre que nous devons et pouvons ensemble prendre notre destin en mains, avec un espoir de progrès pour eux, pour leurs enfants, et pour relever la France. » (Ségolène Royal, déclaration de candidature aux primaires, le 29 novembre)

« L'enjeu de 2012 est de redonner du crédit à la parole politique, c'est pour cela que je me suis mise en mouvement. (...) Les Français attendent le respect, la justice, l'efficacité, le respect de la valeur travail, de l'avenir des jeunes, le rétablissement de l'image de la France dans le monde. Le chantier est vaste, alors avançons sans tarder ! » (Ségolène Royal, rassemblement de la fraternité, le 18 décembre)

Soyons très nombreux à apporter notre soutien à la candidature de Ségolène Royal aux primaires socialistes. Pour la victoire en 2012 !

Inscrivez-vous sur la Coopol (www.lacoopol.fr) - le réseau internet des sympathisants et militants socialistes - et rejoignez le groupe de soutien à la candidature de Ségolène Royal (déjà près de 1800 inscrits) :

• Pour montrer que la dynamique est de notre côté et que nous sommes très nombreux, dans toute la France, à nous mobiliser.

• Pour convaincre toujours plus de sympathisants et de militants de nous rejoindre.

• Pour recevoir régulièrement toutes les informations utiles (interventions de Ségolène Royal et de son équipe, réunions publiques, mobilisations...).

Pour s’inscrire, c’est très rapide et très simple :

1- Se connecter sur www.lacoopol.fr et suivre les instructions : il faut entrer son adresse email et choisir un mot de passe ; un message de confirmation est envoyé par email.

2- Après avoir accédé à la Coopol, cliquer sur « Tous les groupes » (menu du haut), puis sur «les plus peuplés» (le nôtre, «groupe de soutien à la candidature de Ségolène Royal», apparaît en 2e position), puis sur « rejoindre ».

Si vous êtes déjà inscrits sur la Coopol, merci de diffuser largement cette invitation à nous rejoindre parmi les sympathisants et les militants qui partagent nos idées (militants et sympathisants socialistes, adhérents de Désirs d’avenir, militants associatifs...).

Nous comptons sur votre engagement et votre soutien !

Amitiés socialistes,

Philippe Moine

Responsable du groupe de soutien à la candidature de Ségolène Royal sur la Coopol

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21 décembre 2010 2 21 /12 /décembre /2010 19:23

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Ségolène Royal et Samir à l'Ecole de la deuxième chance à Ris-Orangis le 14 décembre

Mais pour qui roule Canal + ? Après la polémique lancée par Michel Denisot sur l’annonce de sa candidature aux primaires du PS dans Le Grand Journal par Ségolène Royal, il y a de l’orage dans l’air. Trois étapes pour mieux comprendre la situation : le 14 décembre à l’Ecole de la deuxième chance à Ris-Orangis, le 16 décembre dans Le Petit Journal de Yann Barthès sur Canal+, et le 19 décembre, dimanche dernier, dans Tout le monde il est beau de Bruce Toussaint, toujours sur la chaîne cryptée.

Mardi 14 décembre, il y a une semaine, Ségolène Royal rendait visite à l’Ecole de la deuxième chance (E2C) à Ris-Orangis. Ségolène Royal avait martelé : « Parce qu’il y a des talents cachés dans chaque être humain et c’est important de les faire surgir, ces talents, ce potentiel, et de montrer que si on a échoué une fois, eh bien la deuxième fois ça va être la bonne. »

« Comme vous à l’élection. », avait alors constaté Samir, son voisin de gauche, fraîchement sorti du cursus scolaire proposé par l’école. Surprise un instant, Ségolène Royal avait ri de bon cœur, et entamé le dialogue avec les élèves en commençant par son voisin de gauche, Samir : « Qu’est-ce qui vous plait dans l’animation sociale ? ».

Samir avait répondu succinctement, et la présidente de la Région Poitou-Charentes avait conclu : « C’est bien, c’est bien, bonne réussite alors, vous allez réussir. ». « Oui… eh bien vous aussi, peut-être… en 2012. », avait répondu Samir, déclenchant à nouveau les rires.

Jeudi 16 décembre, Le Grand Journal de Canal Plus recevait Christine Lagarde, ministre de l’Economie, des Finances et de l’Industrie. Le Petit Journal de Yann Barthès consacra alors 40 secondes de sa rubrique à la visite de l’E2C par Ségolène Royal. Pourquoi ? Pour monter en épingle « la deuxième fois, ça va être la bonne », la réaction de Samir, désigné « star du jour » par Yann Barthès , et le rire soit disant « jaune » de Ségolène. Commentaire de Yann Barthès :

« [rires enregistrés] attention, second rire jaune ! Ha ! Ha ! Ha ! Ha ! Ha ! Ha ! », puis à Ségolène qui dit « Vous avez de l’humour, hein ! » : « Non, non, pas de l’humour, il a un cerveau, c’est tout. Ha ! Ha ! Ha ! Ha ! Ha ! »

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Le Petit Journal de Canal+ : "pause" sur le "rire jaune" de Ségolène Royal : "Ha ! Ha ! Ha ! Ha ! Ha ! Ha !" dit Yann Barthès

Bref de la bonne grosse désinformation pour faire rire, et surtout pour faire de l’audience : on ne parle pas du tout de l’Ecole de la deuxième chance, ni des jeunes en difficulté, ni même du fait que Samir a souhaité à Ségolène Royal de réussir, « peut-être », en 2012. Pas assez sensationnel sûrement. On choisit bien les quelques secondes les plus déformées du rire de Ségolène Royal pour faire croire à un « rire jaune ». Et on en ajoute une couche et balançant des rires préenregistrés et des « Ha ! Ha ! Ha ! » maison.

Mais le pire, c’est la banalisation de la visite à l’Ecole de la deuxième chance de  la deuxième chance par Le Petit Journal : 40 secondes sur 8 minutes de non-information, ou d’informations creuses déconnectées du quotidien des Français et où l’UMP domine : interviews sur ce que les « hommes politiques » vont  faire à Noël – traduire « membres du gouvernement », des équilibristes torse nu devant Benoît XVI et les nones présentes au Vatican – qui font délirer Yann Barthès, le Noël de l’Elysée avec les petits enfants, Nicolas Sarkozy et « Carlita », et les fautes de français de Xavier Bertrand – « les directeurs générals » - et des petits enfants invités à l’Elysée – le joli « pestacle ».

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Noël à l'Elysée : « Parce qu’en principe elle est pas très gentille, Carla ? » - « Non, pas tout le temps. »

On apprend au cours du Petit Journal que si avec Ségolène Royal on a un « second » rire jaune, le premier vient des paroles d’un enfant invité au Noël de l’Elysée à propos de Carla Bruni-Sarkozy : « Carla ? Elle était vraiment gentille aujourd’hui. » - « Parce qu’en principe elle est pas très gentille ? » - « Non, pas tout le temps. ». C’est sûr, avec Yann Barthès, rien n’est impossible : on peut comparer le Noël de l’Elysée avec Carla Bruni à la visite de Ségolène Royal à l’Ecole de la deuxième chance !

Comment, avec ce genre de présentation, redonner de la crédibilité à la parole politique ? On a envie de dire à Yann Barthès, comme Ségolène Royal l’avait dit récemment à Patrick Cohen sur France Inter le 30 novembre : « Mais pourquoi vous riez ? Ça n’est pas une plaisanterie, nous parlons là de l’élection présidentielle. ».

 

 

Canal+ : extraits du Petit Journal du 14 décembre et de Tout le monde il est beau du 19 décembre avec Samir et Cyrille Eldin

Dimanche 19 décembre, l’émission Tout le monde il est gentil sur Canal+ présente un reportage sur le même thème. Dans le rôle du reporter, un journaliste de l’émission, Cyrille Eldin, qui se demande en arrivant devant la plaque de l’Ecole de la deuxième chance si après l’élection de Ségolène Royal, on va la rebaptiser Ecole de la deuxième « chancitude », et qui courra après Ségolène Royal pendant toute sa visite à Ris-Orangis, demandant sa « deuxième chance » : Ségolène Royal l’éconduira calmement mais fermement, lui rappelant le but de sa visite et le sérieux de sa démarche : « Attendez, pas maintenant, je ne suis pas dans la plaisanterie », « Je viens voir les jeunes, moi, voilà, j’ai fini les déclarations. » et sur le PS « Je ne parle pas de ça ici, par respect pour les salariés, par respect pour ceux qui travaillent, je ne fais pas de polémique ici ».

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Cyril Eldin, au premier plan à droite, poursuivant Ségolène Royal qui va vers sa voiture avec ses question, à Ris-Orangis le 14 décembre

Ce qui n’empêchera pas Cyrille Eldin de poursuivre Ségolène Royal jusque dans sa voiture, en lui demandant : « C’est vrai que vous avez envoyé un SMS à DSK en lui disant si tu reviens j’arrête tout ou pas ? ». Ségolène Royal ne répondra pas.

Sur le plateau, l’hallali avait sonné : Cyrille Eldin a attaqué le premier, remarquant perfidement et en toute mauvaise foi : « Je lui ai posé des questions auxquelles elle n’avait pas prévu de répondre, c’est peut-être ça le problème ». Puis Philippe Manœuvre, parlant des talents d’oratrice de Ségolène Royal : « On n’a pas eu l’occasion d’en juger. Ségolène, là, on n’a rien entendu. ». En toute mauvaise foi, ou en toute ignorance peut-être, puisque, précisément, les interventions de Ségolène Royal à l’E2C et devant les LU n’étaient pas du tout reprises dans le reportage, où on voyait surtout Cyrille Eldin se démener pour arracher une réponse à Ségolène Royal. Bruce Toussaint évoqua alors « Fraternité », « son tube », comme si c’était un vieux 33 tours poussiéreux.

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Dominique Farrugia dans Tout le monde il est beau le 19 décembre : « Mais c’était Besnehard qui s’occupait d’elle, c’était autre chose. Elle avait un agent. »

Enfin, Dominique Farrugia donna l’estocade : « Mais c’était Besnehard qui s’occupait d’elle, c’était autre chose. Elle avait un agent. ». Si Ségolène Royal peut avoir besoin de conseillers, elle n’est pas une marionnette qui doit être manipulée par plus fort qu’elle, Monsieur Farrugia ! On ne « s’occupe » pas de Ségolène », on n’est pas son « agent », comme pour une actrice écervelée !

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Samir à Cyrille Eldin« Si c’est elle qui est notre président, je serait content pour elle. La première femme président de France, ce serait bien. Elle a plus de flow. »

Seul point positif du reportage : la mise au point de Samir, interrogé par un Cyrille Eldin qui voulait absolument lui faire dire quelque chose de négatif à propos de Ségolène Royal :

Samir : « Si c’est elle qui est notre président, je serait content pour elle. La première femme président de France, ce serait bien. »

Cyrille Eldin : « Ah, mais y’en a d’autres, hein, ce serait peut-être Martine Aubry ? »

Samir : « Non, elle a plus de flow. »

Cyrille Eldin : « Elle a ? »

Samir : « Elle a plus de flow. »

Cyrille Eldin : « De flow ? »

Samir : « Oui, c’est… vous comprendrez, ils comprendront. Ceux qui regardent la vidéo, ils comprendront. »

Cyrille Eldin en a été pour ses frais, et est reparti avec une interrogation : c’est quoi, du « flow » ?

La réponse est venue de Philippe Maneuvre :

« Le flow, c’est le débit, le débit du rapper, quand ils ont le flow. Par exemple, Joeystarr [orthographe Mauvaise Réputation, NdlR] a un flow très, très envoyé. ».

Heureusement, les jeunes, et les jeunes en difficulté, tout comme les Français qui souffrent et se battent sont plus nombreux et plus importants que quelques journalistes de Canal+ qui cultive le parisianisme et mettent Carla Bruni et Ségolène Royal sur un pied d’égalité, côté politique !

Frédérick Moulin

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Published by Militants de l'Espoir à gauche - dans Actualité
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20 décembre 2010 1 20 /12 /décembre /2010 14:34

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(MEAGSR/F.M.)

Ségolène Royal est intervenue samedi en début d’après-midi lors Rassemblement de la Fraternité, au Patronage Laïque, dans le XVème arrondissement de Paris. Le matin avait eu lieu l’assemblée générale ordinaire de Désirs d’avenir dans le même lieu, suivi d’un couscous organisé par Karima. Juste avant son intervention, un diaporama a défilé sur l’écran de la salle, résumant l’activité de l’association présidée par Ségolène Royal en images, avec de courts textes :

 

L’ex-candidate à l’élection présidentielle de 2007, arrivée alors avec la chanson très rythmée I Gotta Feeling des Black Eyed Peas, comme à la Fête de la Fraternité, est intervenue 40 minutes, très à l’aise sur des sujets qu’elle connaît bien, et devant un public conquis et très en forme. Elle a beaucoup été applaudie, et elle nous a beaucoup fait rire, fine humoriste quand elle a parlé des déplacements en hélicoptère de Nicolas Sarkozy. Les outrages que la droite au pouvoir fait subir au pays ont été hués, et à la fin de son discours, la salle enthousiasmée a scandé spontanément et avec force : « Ségolène, présidente ! ». De fait, Ségolène Royal n’a pas parlé du PS aux adhérents de Désirs d’avenir, et a clairement indiqué ses interlocuteurs : les Français qui souffrent et se battent, les sans-voix à qui elle veut prêter la sienne.

NB : une vidéo partielle de 6 minutes et 51 secondes a été réalisée, elle est insérée juste au-dessus du passage concerné.

Frédérick Moulin

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(MEAGSR/F.M.)

Tout vient d’être dit finalement ! (Rires) Tout vient d’être dit en ces quelques images très fortes, chers amis, adhérents de Désirs d’avenir, chers amis socialistes. Tout vient d’être dit.

Le travail que vous avez fait tous, les uns et les autres, parce que ceux qui sont là aujourd’hui si présents, ce sont essentiellement tous ces correspondants locaux de Désirs d’avenir, tous ceux qui à travers tout le territoire sont venus pour participer ce matin à l’assemblée générale de Désirs d’avenir, et bien évidemment, puisque vous étiez beaucoup plus nombreux que l’assemblée générale ordinaire telle qu’elle se passe traditionnellement dans les associations, nous avons voulu poursuivre ce moment de fraternité par le couscous de Karima, par les accras, (Applaudissements et cris enthousiastes), mais aussi par cet échange, ce message politique et fraternel que je voudrais vous délivrer maintenant.

Je vous le délivrerai dans la droite ligne de ce que nous venons de voir : oui mes chers amis, nous sommes en mouvement, nous continuerons sur le chemin avec volonté, avec détermination, avec unité, pour obtenir ce que nous voulons obtenir, c’est à dire une société de confiance, une gauche victorieuse en 2012 ! (Applaudissements, « Bravo ! » et cris enthousiastes)

Désirs d’avenir, une association au travail, au service des autres

D’abord nous avons beaucoup travaillé. Avec certains autres, on parlait de la valeur travail pour mieux la trahir. Ici à Désirs d’avenir, et au-delà avec tous ceux qui nous entourent, nous avons toujours eu un grand respect du travail, et Désirs d’avenir, c’est d’abord cela. C’est d’abord une association au travail au service des autres, une association qui a inventé les Universités populaires participatives. C’est l’essentiel, parce que c’est le cœur de l’action politique, de permettre aux citoyens de comprendre le monde dans lequel nous vivons, pour que plus jamais un politique ne puisse leur dire : « C’est trop compliqué pour vous. Rendez nous le pouvoir une fois tous les 5 ans, et puis nous, nous déciderons à votre place de ce qui est bon pour vous. ». On voit où cela mène, ce genre de délégation de pouvoirs.

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(MEAGSR/F.M.)

Et ici, si je me suis mise en mouvement, si en effet j’ai déclaré ma candidature, aux primaires dans un premier temps (Applaudissements, « Bravo ! »), après avoir, contrairement à ce qui a été dit ici ou là, il n’y a là aucune précipitation, il y a même eu beaucoup de patience, je vous ai entendu les uns et les autres (Rires), au cours des mois et des semaines écoulés : « Mais que fait Ségolène ? », « Mais qu’est-ce qu’elle nous dit ? », « Mais pourquoi elle ne s’affirme pas ? », « Pourquoi elle ne se déclare pas ? ». Eh bien voilà, (puis en cœur avec la salle) c’est fait ! (Applaudissements, « Bravo ! »)

Les UPP, des sujets au cœur du projet que nous avons à construire

Et nous avons à construire ensemble un autre projet de société. Et ce n’est pas un hasard que tous ces thèmes des Universités populaires, dont on vient d’en revoir le vaste panorama. C’est parce que chaque fois les sujets qui ont été choisis sont des sujets qui sont au cœur de la société que nous avons à construire. Chaque fois les thèmes que nous avons élaborés et sur lesquels nous avons travaillé ensemble, ce sont des sujets qui méritent des mutations, des révolutions, des transformations, un autre rapport de force de la société plus juste que nous voulons construire, que ce soit le thème de la fraternité en débat autour de Régis Debray, que ce soient les questions dont nous avons débattu avec Stéphane Hessel sur les relations entre l’Afrique et l’Europe au siècle prochain, que ce soit le travail accompli avec Philippe Aghion, Jacques Attali, Yann Algan, Jean-Paul Fitoussi sur le nouveau modèle de développement économique, social et écologique pour l’après-crise, que ce soit la question de la santé publique, autour de l’alimentation : on sait qu’aujourd’hui qu’un cancer sur dix est dû à une dégradation de l’environnement. Ce n’est pas un sujet central, ça, sur une société plus juste ? C’était l’objet du débat sur les pesticides que nous avons conduit en juillet dernier.

Puis nous avons abordé les 7 défis pour une politique de civilisation avec Edgar Morin et Danielle Mitterrand, autrement dit nous avons balayé l’ensemble des sujets dont les citoyens doivent se saisir pour se construire un autre avenir.

Puis nous avons évoqué les bilans : le bilan et les perspectives de la politique de Barack Obama, parce que ce qui se passe aux Etats-Unis ne nous est pas indifférent, au contraire, impacte très largement ce qui se passe en Europe.

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(MEAGSR/F.M.)

Enfin, nous avons évoqué les questions des échanges entre l’Europe et la Méditerranée. Et je l’ai souvent dit, une partie de notre avenir se joue de l’autre côté de la Méditerranée, et par rapport aux débats actuels sur la question de la maîtrise des migrations internationales, on sait parfaitement que c’est un monde plus juste entre le Nord et le Sud qui nous permettra de maîtriser de façon humaine et efficace les migrations de la misère. (Applaudisements)

Nous avons aussi travaillé sur un sujet central, celui de la souffrance au travail, des salariés bridés, du travail explosif, de la question de la valeur travail, et nous l’avons fait avant, bien avant le débat sur la question des retraites, et nous avions les clés pour pouvoir démontrer qu’il était parfaitement possible, et qu’il sera demain parfaitement possible d’intégrer dans la réforme des retraites la prise en compte de la pénibilité du travail. Ça n’est que justice, et cette justice-là, si nous voulons gagner l’élection de 2012, cette justice-là, c’est parce que nous voulons la rendre aux Français, la retraite, c’est le patrimoine de tous ceux qui n’en ont pas. (Applaudissements, « Bravo ! »)

Désirs d’avenir au travail, l’image de l’action politique

telle que Ségolène Royal l’entend

Alors oui, j’ai décidé aujourd’hui de vous dire pourquoi j’avais annoncé d’avancer avec clarté et simplicité. Et pourquoi je le fais à Désirs d’avenir ? Nous sommes ensemble depuis 2005, date à laquelle j’ai créé cette association. Nous étions au départ une dizaine de copains, et aujourd’hui regardez : nous sommes nombreux, et au-delà de cette salle très nombreux, plus de 7000 adhérents, et au-delà des adhérents tous les sympathisants, à qui je demande de venir massivement rejoindre les rangs de Désirs d’avenir. Nous sommes restés soudés, dans les hauts, mais aussi dans les difficultés, au cours de ces 5 dernières années. Nous sommes restés soudés parce que nous sommes restés soudés autour de la valeur du travail que nous avions à accomplir. Et je viens de le démontrer, ne serait-ce que pour l’année 2009, je n’ai pas parlé des Universités populaires de l’année 2008, du travail que nous avions fait encore en 2007, de ce que nous avons fait en 2010, et de ce que nous ferons encore l’année prochaine. Et c’est parce que nous avons tenu bon sur cette exigence intellectuelle, que nous sommes restés ensemble.

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(MEAGSR/F.M.)

Autrement dit c’est à l’image aussi de la société que nous voulons construire, et c’est à l’image de l’action politique telle que je l’entends : avoir toujours une exigence intellectuelle, avoir toujours la volonté de rechercher la vérité, avoir toujours la volonté de progresser, avoir toujours l’exigence de partager ses connaissances, avoir toujours le besoin de mettre à la portée de tous, quel que soit son niveau scolaire, la capacité de comprendre, non seulement l’évolution de la société française, non seulement les décisions qui impactent très directement la vie quotidienne des Français, mais aussi la question de l’équilibre du monde, parce que ce qui se passe à l’échelle du monde, souvent, a une conséquence très directe sur les souffrances et la réalité quotidienne.

On le voit bien, c’est aux Etats-Unis vous savez, qu’est née la crise financière terrible. Elle est née parce que les salaires étaient trop bas, et comme les salaires étaient trop bas, les banques ont prêté de l’argent aux familles qui avaient des salaires très bas, pour que ces familles puissent acheter leur logement. Et puis un jour, les banques ont revendu ces créances, et il y a eu des créances douteuses. Et un jour quelqu’un, une banque, a eu un doute sur la crédibilité de ces créances, a demandé des remboursements, et à ce moment là tout s’est écroulé, tout s’est écroulé sauf que, à la base, ce sont les familles auxquelles on a arraché leur maison, et qu’on a jetées à la rue, mais tout en haut, ce sont les banques qui se sont fait renflouer par le contribuable qui, elles, s’en sont fort bien sorties. (Applaudissements) Et ce modèle-là, bien évidemment, nous n’en voulons pas.

Il y a bien d’autres exemples qui montre la façon dont ce qui se passe à l’échelle internationale impacte sur ce qui se passe à l’échelle de la vie quotidienne de millions et de millions de Français, ne seraient-ce que les délocalisations, ne seraient-ce que les concurrences inadmissibles sur le dumping social ou sur le dumping écologique. Et donc il y a des règles à remettre en place, il y a des droits et des devoirs à établir et à imposer. Alors on entend les discours depuis 3 ans, sur la moralisation du capitalisme financier, sur les droits et les devoirs, tout le vocabulaire qui est repris pour calmer les opinions publiques, mais il n’y a que le vocabulaire qui est repris, et les actions ne suivent pas, et cela les français en sont fatigués, et ici c’est cela que nous dénonçons parce que moi je vous dis que les actions peuvent parfaitement suivre les discours politiques, et ce sera cela l’enjeu essentiel de l’élection présidentielle de 2012. (Applaudissements)

Il faut dire les choses, faire ce que l’on dit, dire ce que l’on pense …

Alors oui, j’ai décidé d’avancer avec clarté et simplicité, avec vérité, à un moment il faut dire les choses, et il faut faire ce que l’on dit, et dire ce que l’on pense, eh bien c’est tout simplement ce que je suis en train de faire avec vous, et au moins pour trois raisons.

 

… parce que la démocratie en France est terriblement affaiblie…

D’abord parce que la démocratie en France est terriblement affaiblie. On a une presse sous contrôle, on a un Parlement aux ordres, on a une justice régulièrement mise en accusation, on a des syndicats ignorés, on a des Français méprisés. Jamais la France n’a été autant prise à la gorge par l’étouffement des libertés publiques, et nous… (Applaudissements) et nous qui, ici, à Désirs d’avenir, avons presque inventé, puisque nous l’avons mise en place, la démocratie participative, et moi qui, à la tête de la région que je préside, ai appliqué très concrètement ce dont on parlait tout à l’heure, le passage des discours aux actes, puisque nous avons fait le budget participatif, seule région en France, qui fait voter les lycéens et leurs parents sur une partie du budget consacré au lycée unique ; nous avons mis en place les jurys citoyens pour évaluer et réorienter nos politiques publiques ; nous qui avons mis en place les débats participatifs dans la région, là aussi pour mettre en cause quand c’est nécessaire, les politiques que nous conduisons afin de les réorienter ; bref, bien d’autres exemples pourraient être pris. Et donc cette conviction que j’ai farouchement ancrée en moi et qui dit là l’essence de mon engagement politique, et ici à Désirs d’avenir, où la démocratie participative a été l’essence même et l’origine même de la création de ce mouvement, alors oui, il est normal que ce soit ici que je dise que c’est parce que la démocratie est effroyablement affaiblie en France qu’il était temps de faire mouvement pour se réadresser à nouveau aux Français dans la perspective de 2012. (Applaudissements, « Bravo ! »)

… parce que les Français doutent de la parole politique …

La deuxième raison, c’est le doute, au fond, à l’égard de la parole politique. Les Français ne croient plus aux promesses. La campagne de 2012 ne ressemblera pas à la campagne de 2007, tout simplement parce que le candidat qui a été élu, Nicolas Sarkozy, a trahi toutes ses promesses, et donc il y a automatiquement une montée des extrêmes. Alors j’entends la droite se scandaliser d’une montée des extrêmes, mais elle est très directement à l’origine de cette montée, car lorsque la politique trahit toutes ses promesses dans un délai de temps aussi court, comment peut-on demander aux citoyens de croire à nouveau aux nouvelles promesses ?

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(MEAGSR/F.M.)

J’entendais pas plus tard qu’hier Nicolas Sarkozy promettre avec d’autres leaders européens la convergence des modèles économiques. Mais ça fait trois ans qu’on nous promet la convergence des modèles économiques au niveau de l’Europe, pour que l’Europe ne soit pas seulement un espace d’une monnaie et un espace financier, mais aussi un espace de convergence des modèles économiques, sociaux et environnementaux. Mais où sont les actes par rapport à ces promesses ? Dès lors, il ne faut pas s’étonner de voir que si les promesses perpétuellement répétées ne sont jamais suivies d’effet, qu’aujourd’hui on voie monter un courant de pensée qui remet en cause l’appartenance même de la France à la zone euro. Tant qu’il n’y aura pas de décisions politiques opérationnelles qui enfin traduiront dans les faits l’idée que Jacques Delors répétait encore récemment, et remettait en valeur non sans une certaine colère en disant ceci, dans une interview que je vous recommande de lire et que nous avons mise sur le site de Désirs d’avenir, en disant ceci : « Mais l’Europe ce n’est pas seulement une monnaie, c’est la convergence aussi d’un modèle de civilisation, c’est un rapprochement des politiques sociales, des politiques économiques, des politiques écologiques, et le retard pris dans la convergence de ces actions concrètes pour améliorer la vie des gens explique en partie, en effet, la gravité de la crise de l’euro. »

Et donc s’il y a tant de doutes aujourd’hui dans le discours politique et dans les promesses maintes fois répétées et jamais appliquées, alors oui l’enjeu de l’élection de 2012 c’est cela, c’est de redonner du crédit à la parole politique, et c’est pour cela aussi que je me suis mise en mouvement. (Applaudissements)

… et parce qu’en trois ans et demi, la droite au pouvoir nous a tout pris …

Enfin comment ne pas voir que la droite au pouvoir nous a tout pris, en quelques années, en trois ans et demi. Elle nous a pris les valeurs morales. Elle nous a pris l’histoire de la France. Elle nous a pris le respect de la nation au niveau international. Elle nous a pris la valeur du travail, puisque même dans la réforme des retraites, il n’y a que le travail qui a été appelé à cotiser, et pas les revenus financiers ni les revenus du capital. Elle nous a pris les services publics, avec un affaiblissement insupportable des services publics à travers tout le territoire national, y compris dans les zones rurales. (Applaudissements)

… elle nous a pris l’éducation, le fleuron de la France

Elle nous a pris l’éducation. L’éducation, c’était le fleuron de la France ; nous étions cités dans toutes les rencontres internationales comme le pays qui était à l’avant-garde, à l’avant-garde de la compétence pédagogique et des structures scolaires. Aujourd’hui nous sommes en dessous de la moyenne européenne. Pourquoi ? Parce que année après année, la droite a démantelé ce qui faisait notre force éducative.

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(MEAGSR/F.M.)

Elle a négligé le statut des enseignants dans la société française, qui se sont sentis déclassé par rapport au pouvoir de l’argent, tout simplement.

Elle n’a pas su rétablir avec justice ou égaliser avec justice les conditions éducatives entre les quartiers favorisés et les autres.

Elle n’a pas su écouter les savoir-faire exceptionnels dans les zones d’éducation prioritaire, là où il y a des réussites éducatives extraordinaires, malgré parfois l’origine sociale défavorisée des enfants, parce que les méthodes pédagogiques françaises faisaient partie des meilleures du monde.

Elle a laissé affaiblir l’école maternelle, alors que c’est à l’école maternelle, et le dernier rapport de l’OCDE le souligne, noir sur blanc, insiste très fortement sur le rôle de l’école maternelle dans la réussite scolaire des enfants qui viennent des milieux familiaux défavorisés, c’est à l’école maternelle que l’on apprend la maîtrise du langage, et lorsque l’on sait bien parler, que l’on maîtrise le langage, alors on peut rentre de plain-pied dans l’écrit, et donc le ressort de la réussite scolaire, il se joue là. C’est là d’ailleurs, sur l’école maternelle, que la droite a le plus frappé, durement, notre système scolaire, et ça je dis que c’est une injustice insupportable, que nous redonnerons à l’Education Nationale française … (la fin de la phrase est submergée par des applaudissements nourris, des « Bravo ! » qui fusent et des cris enthousiastes)  

Rendre aux Français ce qui leur a été pris, leur donner ce qu’ils attendent

Et donc, si je veux que la gauche gagne en 2012, c’est d’abord pour rendre aux Français ce qui leur a été pris, et c’est pour leur donner tout ce qu’ils attendent. Ils attendent le respect, ils attendent aussi le respect de la parole donnée, ils attendent le pouvoir démocratique, ils attendent –et nous attendons avec eux d’ailleurs – la justice, l’efficacité, le respect de la valeur travail, l’avenir des jeunes, le rétablissement de l’éducation, et enfin le rétablissement de la place de la France dans le monde. Le chantier est vaste, allez, il n’a que trop tardé ! (Applaudissements)

Aller sur le terrain, partout en France

Et c’est pourquoi avec vous je repars sur le terrain. (Rires et applaudissements) Je ne l’ai jamais vraiment quitté d’ailleurs. C’est que maintenant le travail, donc, continue sur le chemin, en profondeur, en vérité et en détermination. Partout, parce que je ne peux pas aller partout, je vais me déplacer toutes les semaines, mais je compte sur vous aussi pour le faire, à votre tour, partout. Partout, car les Français ont besoin de sentir notre envie d’être là, à leur service, notre envie d’être auprès d’eux.

 (Les déplacements de Nicolas Sarkozy et l’hélicoptère)

Alors on m’a fait remarquer : ah oui mais, Nicolas Sarkozy aussi il fait des déplacements. (Rires) Il paraît toutes les semaines. Déplacements qui restent secrets d’ailleurs jusqu'au dernier moment, au cas où il rencontrerait une partie du peuple français. (Rires et applaudissements) Il se déplace en hélicoptère. (Rires) Comme ça, il n’est pas gêné par les intempéries. (Rires) C’est sans doute pour ça qu’Hortefeux a dit que tout allait bien, qu’il n’y avait pas de pagaille. (Rires, huées) Forcément, vu d’hélicoptère, c’est assez confortable.

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(MEAGSR/F.M.)

Et puis alors quand on regarde aussi un peu de près, on se rend compte, je l’ai vu d’ailleurs dans ma région, il est venu un jour à Châtellerault je crois, la ville était déserte (Rires) : tiens, la ville est déserte, il y a quelque chose, il y a une grève des commerçants ? (Rires) Non, on avait demandé à tout le monde de fermer boutique, la ville était bouclée, et comme ça, en sortant de son hélicoptère, il ne risque pas de rencontrer des Français qui lui posent quelque question. (Rires) Il y a pire. L’autre jour il était je crois dans un petit village de l’Ardèche, il y avait plus de forces de l’ordre que d’habitants (Rires), et certains agriculteurs ont été consignés chez eux, sans savoir pourquoi d’ailleurs, on les a bloqués chez eux, et quand l’hélicoptère a redécollé, on les a libérés. (Rires, applaudissements et huées) Voilà la France dans laquelle nous vivons aujourd’hui.

Donner sa voix à ceux qui n’en ont pas

Alors je vais vous dire : moi, mes équipes d’accompagnement, c’est vous. (Applaudissements) C’est vous et tous les gens heureux d’être ensemble, d’être reconnus, d’être écoutés, et c’est cela le sens de mes déplacements dans les quartiers, dans les villages, dans les villes, dans les territoires, c’est d’abord de donner de la reconnaissance, c’est le mot que l’un des jeunes chefs d’entreprise de banlieue rencontrés à Cergy m’a dit l’autre jour : nous avons besoin de reconnaissance. Alors si je peux donner ma voix à ceux qui n’en ont pas, de la reconnaissance à ceux qui n’en ont pas, de la dignité à ceux qui en recherchent, de la fierté à ceux qui le méritent, alors je vais vous dire que ma volonté est forte, que mon plaisir est fort aussi de revenir et de retourner auprès des pour leur rapporter ce qui leur appartient, pour leur redonner une espérance, et pour qu’ils puissent retrouver une voix, un espoir, une parole, une volonté, qu’ils puissent donner leur avis, et qu’à partir de ce tour de France nous puissions ensuite tous ensemble porter leurs attentes, leurs espérances, et concrétiser très directement ce que je vous disais tout à l’heure, c’est qu’un projet politique ne se construit pas sans les Français et encore moins contre eux, il se construit avec eux, et c’est pour cela que je compte sur vous pour le faire aussi. (Applaudissements, « Bravo ! », cris enthousiastes)

Les « p’tits LU » : combattre pour la dignité des salariés pour 2012

Mardi, vous avez vu, mardi dernier, auprès des salariés de l’ancienne usine LU-Danone, qui ont combattu ensemble, avec le maire de Ris-Orangis, Thierry Mandon, qui n’a cessé d’être auprès d’eux, ces salariés sont restés unis pour remporter une belle victoire, des années après, vous vous rendez compte, il aura fallu attendre dix ans, et entre temps, me disait-il, il y en a eu qui se sont suicidés, tellement ils n’ont pas supporté de voir leur usine rasée, et le travail de toute une vie méprisé. Ils ont attendu dix ans pour avoir une décision de la cour d’appel, reconnaissant que LU-Danone les avait licenciés sans cause réelle et sérieuse, que ce groupe qui faisait beaucoup de profit, et dont la valeur capitalistique a doublé, n’avait aucune raison de jeter sur le carreau des centaines de salariés qui n’avaient plus que leurs yeux pour pleurer.

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(MEAGSR/F.M.)

Alors dans un sursaut de dignité, ils étaient là, devant une friche industrielle, car pour ne rien laisser, et surtout pour ne laisser aucun espoir, pour ne pas laisser non plus les salariés garder la mémoire de l’entreprise, le groupe a tout rasé, tout, il ne reste plus qu’un terrain vide. Alors quand on veut détruire à ce point la mémoire ouvrière, non seulement en jetant les salariés à la rue comme des objets, alors qu’on a de l’argent pour les payer, puisque le groupe faisait des profits très importants, mais qu’en plus on détruit la mémoire ouvrière en détruisant l’outil de travail, alors moi je me dis que le combat pour 2012 il est là, il est bien là, il est bien identifié, il est pour la dignité des salariés, et ce combat là, il va … (des applaudissements rythmés et enthousiastes couvrent la fin de la phrase pendant près d’une minute !)

New Fabris – La Nouvelle Fabrique Ecologique :

un modèle alternatif économique est possible

C’est bien cette disparition, et cet écrasement, ce piétinement de la mémoire ouvrière que je n’ai pas voulu accepter dans la région que je préside, puisqu’après le conflit des New Fabris, vous vous souvenez, ils ont failli faire brûler leur usine, et leurs machines, tellement il était insupportable de voir disparaître cette entreprise sous-traitante automobile, alors que le fameux ministre de l’Industrie Estrosi (Huées) avait promis des [conversions] d’emplois, et là aussi les salariés du jour au lendemain ont trouvé leur usine fermée, et été jetés à la rue. Je n’ai pas voulu laisser cette friche industrielle. La région a donc racheté l’usine New Fabris, et nous allons créer, puisque nous avons créé les nouveaux statuts d’une entreprise économique locale, avec le capital de la région, ce qui prouve donc qu’un modèle alternatif économique est possible, et qu’il y a d’autres choses à faire que de baisser les bras, et de laisser tout disparaître (Applaudissements), et nous l’avons appelée  ‘La Nouvelle Fabrique Ecologique’, et nous y avons installé un centre de formation aux métiers de l’environnement, une pépinière d’entreprises pour toutes les entreprises innovantes dans le domaine de la croissance verte, et à l’heure où je vous parle, la moitié de la surface de cette usine est déjà pré-réservée par des entreprises qui vont à nouveau s’y installer. Alors le défi industriel, vous voyez qu’on peut le relever, les salariés, vous voyez qu’on peut les respecter, les patrons voyous, vous voyez qu’on peut les contrecarrer, et exiger d’eux lorsqu’ils se comportent mal de rembourser l’ensemble des aides publiques qu’ils ont perçues en contrepartie du non-respect des salariés. (Applaudissements)

Aller sur le terrain, au contact, dialoguer convaincre

Et c’est pour ça qu’il faut conduire cette campagne de terrain, au porte-à-porte, les yeux dans les yeux, pour reconquérir la confiance des citoyens qui s’est effondrée depuis trois ans et demi. Je veux que vous transformiez la façon de mener campagne dans notre pays, par votre implication dans la vie des quartiers, des rues, des villes, des départements. Allez au contact des entreprises, des associations, des familles. Allez voir celles qui réussissent comme celles qui sont en difficulté. Faites remonter les informations. Revivifiez notre pays en menant des dialogues permanents partout où vous pouvez le faire conformément à ce que nous faisons ici, à Désirs d’avenir, depuis plusieurs années. Nous devons utiliser ce temps pour rendre visible tout ce qui se fait de bien, être la voix des sans-voix, je l’ai dit tout à l’heure, être au service de la France qui se bat, c’est marqué là (Rires), la France qui se bat, la France qui veut réussir, la France qui espère des solutions efficaces et justes, c’est comme cela que nous devons nous mettre en mouvement, c’est pour cela que je me mets en mouvement aujourd’hui avec tous ceux et toutes celles qui le veulent, parce que la politique c’est d’abord cela, le contact avec les citoyens dans l’espace public, c’est la discussion au quotidien, c’est la capacité à convaincre.

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"Etre au service de la France qui se bat, c’est marqué là." (MEAGSR/F.M.)

C’est tout le contraire des promesses, il faut beaucoup de pédagogie, il faut déployer cette capacité à convaincre autour des idées et des solutions efficaces et justes. Et à chaque déplacement que je fais, non seulement je donne la parole à ceux qui ont envie d’avoir de la visibilité, soit parce qu’ils se battent et qu’ils ont du mal, soit parce qu’ils réussissent et c’est important de mettre en commun les raisons et les façons de réussir, soit parce qu’ils espèrent et qu’ils attendent des solutions efficaces et justes, et à chaque fois en effet nous pouvons tirer des propositions extrêmement opérationnelles, à partir de ce que nous voyons, à partir aussi de ce que font des élus sur l’ensemble du territoire, des chefs d’entreprise qui respectent leurs salariés, des associations qui se bougent. Partout, il y a une France intelligente qui ne demande qu’à se mettre en mouvement, et c’est à eux et à elle que je dis aujourd’hui que nous sommes à leurs côtés pour avancer. (Applaudissements)

Car la situation est en effet très grave aujourd’hui dans l’état d’esprit des Français. Vous avez vu, partout, on mesure le pessimisme des Français, on mesure le gouffre qu’il y a entre la parole politique, je l’ai dit, mais je le répète, rarement ça n’a été aussi difficile d’espérer en France qu’en ce début de XXIème siècle, pourtant nous avons une responsabilité majeure. Parce que si c’est difficile d’espérer en France dans la cinquième puissance économique du monde, vous imaginez dans les pays les plus pauvres, ce que ce doit être ! Donc nous avons une responsabilité aussi, d’aller positivement de l’avant à l’égard de tous ceux qui sont moins bien lotis que nous à l’échelle de la planète. On a beau être le peuple de la Révolution française, celui de Jean Jaurès ou de Jean Moulin, il y a des moments où l’on a l’impression que l’on n’a plus assez de force pour l’espoir, pour croire en un avenir meilleur pour soi, pour les siens, et pour le pays. Eh bien si ! Je vous le dis aujourd’hui, cette force nous l’avons, et nous la mettons en mouvement ! (Applaudissements)

Parcourir le monde, proposer, écouter

Alors, il y a, je l’ai dit, l’action locale, le travail de terrain, de proximité, mais il y a aussi la capacité à voir ce qui se passe à l’échelle du monde. Et depuis trois ans je me suis efforcée de parcourir le monde, d’y faire des propositions, d’entendre aussi ce qui s’y disait, parce que j’ai toujours eu la conviction, vous le savez, qu’il y a un lien, et je l’ai redit tout à l’heure, très direct entre l’efficacité d’une politique nationale et d’une politique locale, et aussi l’efficacité d’une meilleure gouvernance mondiale.

C’est ainsi qu’aux Etats-Unis, dans le cadre de l’Internationale socialiste, j’ai fait des propositions pour une nouvelle gouvernance politique mondiale.

En allant en Inde, en Argentine, ou au Brésil, j’ai plaidé pour une démocratisation de la mondialisation, qui donne toute sa place aux pays émergents, et qui permette à la France de dépasser les limites de sa géopolitique traditionnelle et d’élargir son champ d’alliances.

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(MEAGSR/F.M.)

En Afrique, à Dakar, j’ai proposé l’intégration de l’Afrique au Conseil de sécurité et la mise en place de partenariats démocratiques, fondés sur ces actions de codéveloppement, la coopération décentralisée, et j’ai prononcé ce fameux pardon, car le discours du chef de l’Etat … (les applaudissements couvrent la fin de la phrase ; discours de Dakar de Nicolas Sarkozy en juillet 2007 : « l’homme africain n’est pas assez entré dans l’histoire », NDLR).

À Berlin je suis intervenue pour l’Europe, à l’occasion du 20ème anniversaire de la chute du mur.

À Athènes, deux semaines après le déclenchement de la crise, en 2008, j’ai appelé à la création d’Etats-Unis d’Europe pour qu’enfin les peuples européens se voient attribuer les moyens politiques et démocratiques qui leur permettront de faire prédominer leurs intérêts collectifs sur les intérêts particuliers.

Au Forum Social de Belém au Brésil, puis dans une conférence à Rio au cours desquels j’ai rencontré deux fois le président Lula, nous avons pu ensemble voir de quelle manière lui, qui est un simple ouvrier avec un CAP de tourneur-fraiseur, a su tenir tête aux banques de son pays pour qu’elles se mettent au service de l’économie réelle. (Applaudissements) Ça en dit long sur ce qu’on appelle la compétence ou l’incompétence, la crédibilité ou la non crédibilité, il faudra d’ailleurs y consacrer une Université populaire. (Rires puis applaudissements) J’ai accompagné aussi la candidate Dilma Rousseff au lancement de sa campagne (Applaudissements), et je suis contente de voir qu’elle a été élue.

Les comités locaux de Désirs d’avenir doivent être exemplaires dans la campagne

Vous voyez, le travail est important et dense, celui que nous avons accompli, celui que j’ai porté aussi depuis 2007, dans toutes les dimensions : locales, régionales, internationales. C’est pour cela aussi, et grâce à vous parce que vous êtes essaimés sur tout le territoire national, avec les comités locaux de Désirs d’avenir, donc je vous demande d’être exemplaires dans la campagne que nous conduisons, dans l’action que nous conduisons, aujourd’hui, au service des Français, et pour que la gauche puisse demain apporter des solutions.

Nous ne sommes pas au service de la gauche, nous sommes au service de la France, ce n’est pas pareil. (Applaudissements) Ne faites jamais cette erreur. Nous nous mettons en mouvement pour les Français, parce que nous avons la conviction chevillée au corps qu’on est capable de faire autre chose de ce magnifique pays, qu’il y a un potentiel extraordinaire, que la France doit pouvoir saisir toutes ses chances, et que la justice est une des conditions essentielles de l’efficacité économique. (Applaudissements) Nous avons la conviction que c’est la politique par la preuve (Applaudissements et cris enthousiastes) [qui va] donner de la crédibilité au discours politique. Nous avons la conviction que les Français ont besoin de sécurité et que ce thème ne doit pas être laissé à la droite. (Applaudissements) Et que la sécurité, elle est plurielle. Il y a les sécurités sociales, les sécurités éducatives, les sécurités sanitaires, les sécurités du logement, tout se tient, et bien sûr, les sécurités dans la rue, les sécurités à l’école, pour que la violence soit éradiquée partout. Eh bien pour construire ces sécurités-là, il nous faut quoi ? Il nous faut un ordre juste. (Applaudissements rythmés, « Bravo ! », cris enthousiastes)

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(MEAGSR/F.M.)

Alors voilà. C’est pour toutes ces raisons, et sans doute encore bien d’autres, que nous avançons, que nous avançons unis, sans nous laisser distraire par autre chose qu’un meilleur avenir pour notre pays, sans nous laisser distraire par autre chose que la construction du bonheur des Français pour répondre à leur volonté de progresser, et à leur espoir de retrouver, de trouver tout simplement, parce que retrouver, il faut aller chercher loin (Rires), donc, pour répondre à leur espoir de trouver et de construire pour eux et pour leurs enfants un désir d’avenir. (Applaudissements, cris enthousiastes, « Ségolène, présidente ! » scandé par le public, puis "I Gotta Feeling" du groupe métissé* américain les Black Eyed Peas)

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(MEAGSR/F.M.)

 * Will.I.am est afro-américain, Fergie a des origines irlandaises, mexicaines, écossaises et amérindiennes, Taboo est a des origines mexicaines et shoshones, et Apl.de.Ap est philippin par sa mère et afro-américain par son père

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20 décembre 2010 1 20 /12 /décembre /2010 14:04

 

424158986_fdf227c449-1-.jpg« ça chemine », l’expression utilisée dimanche par Laurent Fabius, en faisant référence à la candidature de Dominique Strauss-Kahn, en dit beaucoup plus qu’en apparence. L’ancien premier ministre, au parcours sinueux, nous avait habitué à ses retournements politiques : après avoir été le chantre du social-libéralisme, il sera l’un des leaders du non au traité constitutionnel avec la gauche socialiste. Laminé en 2006 aux primaires socialistes, il deviendra le soutien de Martine Aubry au dernier congrès pour finir partisan de Dominique Strauss-Kahn. Certes, il conserve encore quelques mots aimables à la première secrétaire du parti socialiste, Martine Aubry, considérant qu’elle a aussi les capacités pour remporter cette élection. Mais Dominique vient maintenant devant Martine, ses contacts sont « réguliers » avec le premier, une volonté, à peine voilée, de pousser, en douceur, la dame des 35 heures vers la sortie.

 

 Fort de ses bons sondages et du soutien de ses nouveaux partisans, Dominique Strauss- Kahn reste pour l’instant en réserve, du moins dans le débat public car le nombre de ses entretiens semble en forte hausse !

 La volonté de certains de pousser cette candidature pour la présidentielle de 2012 conduit inévitablement à s’interroger : Dominique Strauss-Kahn est-il le meilleur candidat à gauche pour l’emporter en 2012 .

 Ancien ministre de l’économie, actuel directeur du FMI, Dominique Strauss-Kahn dispose de qualités de gestionnaire qu‘on ne peut pas contester. Mais ces qualités sont-elles suffisantes pour en faire un bon candidat à l’élection présidentielle ?

 

 

L’élection présidentielle depuis De Gaulle est un rendez-vous politique particulier : c’est la rencontre entre un peuple et un leader. Le Président de la République est, depuis la réforme institutionnelle de 1962, considéré comme le représentant direct des Français. Elire un président de gauche impose donc un soutien fort des classes populaires. L’histoire est ainsi jonchée de ses leaders, pourtant reconnus par leur compétence, assurés de sondages prometteurs, qui n’ont pas réussi à s’imposer parce qu’il leur a manqué ce contact avec les Français. Michel Rocard, puis Lionel Jospin, qui ont été de bons premiers ministres, n’ont pas pu aller au-delà. On se rappelle aussi du naufrage à droite d’Edouard Balladur contre Jacques Chirac.

La qualité de « bon gestionnaire » n’est donc pas un atout suffisant. D’autant plus que la stratégie choisie par Dominique Strauss-Kahn de rester en réserve le plus longtemps possible, dans son bureau de Washington, loin des Français, peut s’avérer une erreur à long terme. La montée des extrêmes actuellement relance les risques du premier tour.

 

Il faudra donc plus que le qualificatif de « meilleur premier ministre » possible à la France pour remporter l’élection présidentielle. Le soutien populaire, la présence sur le terrain, l’ambition politique pour répondre aux réels besoins des Françaises et des Français seront indispensables pour remporter à gauche cette élection présidentielle. Si Dominique Strauss-Kahn a des atouts, il lui manque encore l’essentiel : le contact avec le peuple pour porter sa voix et en faire son représentant. C’est exactement ce que sa principale rivale aux primaires est en train de gagner pas à pas. L’héritière de François Mitterrand, Ségolène Royal, distancée encore dans les sondages a choisi de mener une campagne de terrain, à la rencontre directe des Françaises et des Français. Si elle a aussi des handicaps, elle a assurément cet atout majeur pour l’élection présidentielle : ce sens du contact direct avec le peuple, cette farouche volonté de devenir leur représentant, pour faire entendre leur voix et mener une politique comme elle le dit : non pour servir les intérêts de quelques uns mais « au service la France ».

 

Philippe Allard

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19 décembre 2010 7 19 /12 /décembre /2010 15:12

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  « Fabergé, de la cour du tsar à l’exil »

par Caroline Charron.

 
A l’aube du XXe siècle, Carl Gustavovitch Fabergé est à la tête d’un empire de luxe employant plus de deux cents personnes, comptant quatre filiales en Russie et une à Londres.
En quelques années, cet artiste exceptionnel révolutionne l’orfèvrerie et transforme la bijouterie de son père en un lieu mythique où se retrouvent têtes couronnées et milliardaires de passage. En suivant l’ascension extraordinaire du jeune Carl Fabergé à Saint-Pétersbourg, à Londres et sur la Côte d’Azur, le lecteur plonge au coeur d’une époque en pleine mutation, à la vie artistique et culturelle foisonnante, aux idéaux sociaux et politiques exacerbés.


L’auteur :

Journaliste, Caroline Charron a fait plus d’un an de recherche avant de se lancer dans cette biographie romancée de Carl Fabergé, orfèvre de génie au destin intimement lié à celui de Saint-Pétersbourg, de la famille Romanov et de la Russie éternelle.

 

Avec le soutien de Tatiana Fabergé :

Ce livre bénéficie du soutien de Madame Tatiana Fabergé arrière petite fille de l’orfèvre :

«Grâce à un minutieux travail de recherche et de reconstitution de la Russie d’avant la Révolution de 1917, Caroline Charron a réussi à redonner vie à mon arrière-grand père, sa famille, son travail et le contexte dans lequel ces événements se sont passés.»

 

L’ouvrage a obtenu le label  « France-Russie » de l’année 2010.

Prix public : 20 €
En vente en librairies et sur
www.editions-complicites.com

 

 

Les éditions Complicités :

Créée il y a 15 ans, la maison d’éditions Complicités publie des romans historiques sur des artistes, des écrits sur l’art, des essais littéraires et des romans de littérature française.

 Le peintre et le philosophe[1]

« Le Peintre et le Philosophe ou Rembrandt et Spinoza à Amsterdam »

par Bruno Streiff

 

Spinoza le philosophe, Rembrandt le peintre. Ils sont les principaux acteurs de ce roman qui se déroule à Amsterdam au XVII ème siècle. En toile de fond de cette rencontre, nos interrogations permanentes sur l’intolérance des hommes et le danger des extrémismes acharnés et cruels, justifiés par le seul nom de Dieu.

 

L’auteur :

Bruno Streiff, metteur en scène d’opéras, vit et travaille à Paris.

Il a déjà publié chez le même éditeur « La passion selon le peintre Luca Signorelli » et « Karajan, le chef d’orchestre ».


Prix public : 20 €
En vente en librairies et sur
www.editions-complicites.com

 

Les éditions Complicités :

Créée il y a 15 ans, la maison d’éditions Complicités publie des romans historiques sur des artistes, des écrits sur l’art, des essais littéraires et des romans de littérature française.

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