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14 décembre 2010 2 14 /12 /décembre /2010 08:49

Laurianne MEAGSR FM 4

Laurianne Deniaud (MEAGSR/F.M.)

Laurianne Deniaud, présidente du Mouvement des Jeunes Socialistes (MJS), est intervenue en début d’après-midi, samedi 11 décembre, à la Convention nationale pour l’Egalité Réelle du Parti socialiste à la Halle Freyssinet, dans le XIIIème arrondissement de Paris, devant un public largement conquis et enthousiaste, un grand nombre de places ayant été réservé pour les MJS dans la salle.

Pointant du doigt les nombreuses difficultés que rencontrent les jeunes en France, tant pour ce qui est de l’éducation, de la santé, de la formation, de l’apprentissage et de l’insertion professionnelle, du travail, que des discriminations, elle  a lancé un vibrant appel à « un pacte avec les jeunes, pour changer leurs conditions concrètes de vie, d’accès à la santé, au logement, à l’éducation, à la formation, à l’emploi et à l’autonomie », et a beaucoup été applaudie.

Ce faisant, elle a tendu la main à tous les « candidats ou candidates aux primaires », à « tous ceux qui peuvent demain porter nos couleurs et qui veulent échanger avec les jeunes, sur nos idées et nos propositions », dans le cadre des débats nationaux Perspectives 2012 des Jeunes Socialistes, qui s’achèveront au printemps par « la Journée 2012 – la Génération Changement ».

D5

Laurianne Deniaud et Ségolène Royal à la Convention Perspectives 2012 du MJS le 27 novembre 2010

Si Laurianne Deniaud a été élue sur une liste proche de Benoît Hamon, elle a tendu la main à « tous les socialistes ». Ségolène Royal a marqué un premier point, en ayant été la seule parmi les dirigeants socialistes à être invitée à s’exprimer et à participer à la Convention nationale Perspectives 2012 « Prévention, santé, actions sociales » le 27 novembre dernier à Paris. De fait, son appel à un pacte de confiance pour l’emploi, la formation, l’apprentissage et l’insertion professionnelle des jeunes la désignait pour intervenir lors de cette convention du MJS.

L’ex-candidate à l’élection présidentielle de 2007 est allée à la rencontre des jeunes dès la semaine dernière, en allant échanger avec de jeunes entrepreneurs de banlieue qui réussissent à Cergy-Pontoise dans le Val-d’Oise mercredi 8 décembre. Elle poursuit sa route aujourd’hui à Ris-Orangis dans l’Essonne, en rencontrant des élèves issus d’une école de la deuxième chance.

Frédérick Moulin

Laurianne MEAGSR FM 6

(MEAGSR/F.M.)

Chers amis, chers camarades,

Nous sommes tous ensemble ici pour parler d’égalité et c’est quelque chose d’important. Il y a là avec nous des militants, mais aussi des associations, des jeunes et des moins jeunes, des hommes et des femmes, des citoyens de toutes les origines. Nous avons travaillé, nous avons des propositions, et c’est important de les avoir.

Mais le plus important aujourd’hui, c’est de porter un message au-delà de cette salle, au-delà de Paris, à tous les hommes et les femmes de ce pays et même au-delà encore. Nous pouvons leur dire que l’ambition que nous avons pour eux, pour la France, c’est celle d’un monde où tous les citoyens seraient égaux, vraiment égaux.

Nous pouvons leur dire que l’on peut faire sortir l’égalité du papier, des frontons de nos mairies, pour la faire vivre dans la vie quotidienne de millions de citoyens. Alors notre génération n’en peut plus des droits de papier qui ne s’appliquent jamais. Nous n’en pouvons plus de cette société fataliste, de ces responsables politiques qui subissent au lieu de changer, qui justifient au lieu de transformer, qui parlent de contraintes, au lieu de parler de réformes concrètes. En sortant de cette salle, nous allons pouvoir dire des choses différentes qui sont la promesse concrète, réalisable, d’une société bien différente.

Nous disons à ce jeune diplômé qui n’a pas la bonne couleur de peau, la bonne adresse, celui-là qui a envoyé des milliers de CV, il existe une société différente où les candidatures pour un emploi sont traitées à égalité à travers un CV anonyme, et où tout le monde peut accéder à l’emploi.

Nous disons à cet étudiant qu’on ne voit plus étudier parce qu’il passe du temps à travailler dans un fast-food, dans la précarité, qu’il existe une société différente où les jeunes peuvent avoir un coup de pouce pour pouvoir tout simplement étudier et devenir autonome.

Nous le disons à ces lycéens et à ces parents qui vivent à la campagne, qui voient cette réalité, et qui ne savent pas s’ils auront tout simplement les moyens de pouvoir offrir à leur enfant la chance d’étudier dans une ville, de se loger, et d’engendrer des frais ; nous lui disons : il existe des solutions, il existe une société différente où on pense aux jeunes du monde rural aussi.

Laurianne MEAGSR FM 1

(MEAGSR/F.M.)

Nous disons à ce jeune ouvrier qu’il existe une société différente où il n’est pas condamné à quinze ans de précarité, de contrats précaires, de salaires qui n’augmentent pas.

Nous le disons aussi au jeune qui a décroché de l’école, il y a une société où il n’est pas destiné à errer entre le chômage et l’intérim, et où il peut retrouver le chemin d’une formation.

Nous le disons à cette jeune fille, qui squatte les canapés de ses amis depuis la rentrée, parce que tout simplement elle ne trouve pas de logement : il existe une société différente où les loyers n’augmentent pas de 10% entre chaque locataire, et où pour un jeune trouver un logement digne, abordable, cesse d’être un bizutage générationnel.

Nous le disons aussi au jeune créateur d’entreprise, il existe une société où on peut aider, et lui faire confiance sans attendre qu’il ait 40, 50 ans et du capital à investir.

Nous le disons à tous les jeunes de France, vous êtes l’avenir de ce pays. Vos efforts, votre courage, votre travail, votre envie, vos talents et votre énergie vont enfin être pris en compte, et c’est bien ça qui compte, et pas que vous aillez grandi dans un hôtel particulier à Neuilly, dans une barre d’immeubles à Grigny, ou dans une petite maison à Saint-Nazaire. (Applaudissements)

La peur et la fatalité ne font pas partie de notre vocabulaire. Nous avons des grandes ambitions pour notre pays. Nous ne voulons pas simplement modifier la société à la marge, nous voulons la transformer, et la transformer en profondeur.

650 000 jeunes, 650 000 jeunes sont au chômage aujourd’hui en France. C’est insupportable. Et c’est encore plus insupportable de se dire que l’on n’en parle même pas, et qu’on passe plus de temps dans les médias à commenter la neige qui tombe en hiver, ou encore à disserter sur le compte bancaire d’Eric Cantona, à parler de Carla Bruni, tout le temps passé, mes camarades, à parler de l’accessoire nous éloigne de l’essentiel.

Laurianne MEAGSR FM 7

(MEAGSR/F.M.)

La situation des jeunes de France ne peut plus durer. Nous devons passer un pacte avec les jeunes, pour changer leurs conditions concrètes de vie, d’accès à la santé, au logement, à l’éducation, à la formation, à l’emploi et à l’autonomie.

Il existe une société différente que celle qui se méfie sans cesse de ses jeunes, cette société de la peur, vous savez, qui reproche aux jeunes d’être des délinquants en puissance, et qui s’étonne d’en voir beaucoup ne pas s’intéresser à nos institutions, cette société qui reproche à longueur de temps, à longueur d’éditoriaux même, aux jeunes d’être amorphes politiquement, et qui considère ensuite qu’ils ne sont pas responsables quand ils vont manifester pour défendre leur droit à l’avenir, (Applaudissements) cette société enfin qui crée le RSA jeunes, et qui fixe tellement de conditions intenables pour l’obtenir, que seuls 2000 jeunes en France peuvent en bénéficier aujourd’hui.

Alors il est temps de le dire : le chômage, la précarité, les stages, la compétition scolaire de plus en plus ardue, la nécessité, même à 30 ans, même en CDI, d’avoir la caution de ses parents pour pouvoir louer un appartement, ce n’est notre faute, ce n’est pas la faute de ma génération, ce n’est pas la faute des jeunes. Il est temps de dire aujourd’hui : nous remplissons déjà plus que tous nos devoirs pour la société française. Il est temps pour les socialistes de dire que dans nos priorités, dans nos choix, il va falloir construire une France, une société qui assume de consacrer des moyens à l’avenir de notre pays et de notre génération. (Applaudissements)

Alors nous assumons tout. Nous assumons le parcours d’autonomie. Nous assumons la location qui permettra aux jeunes de se consacrer à plein à leurs études, de travailler dur pour y réussir, d’élever comme jamais le niveau de qualification dans notre pays pour qu’enfin 50% d’une classe d’âge arrive à la licence. Nous voulons que cette aide remplace les dizaines de dispositifs existants et qu’elle prenne vraiment en compte la situation de chaque jeune, qu’elle l’accompagnera, des études à l’insertion professionnelle.

Donner cette autonomie, c’est donner plus de liberté, c’est permettre à chacun d’être maître de sa vie, d’innover, d’inventer, de créer, c’est permettre aux générations qui viennent de mettre leur énergie, leur envie, leur espérance, au service de leurs rêves et de leurs aspirations. C’est donner tout simplement le droit à chacun de chercher sa part de bonheur.

Laurianne MEAGSR FM 2

(MEAGSR/F.M.)

Nous assumons cette politique, nous assumons une politique qui ait de l’ambition. (Applaudissements) Nous assumons la bataille politique et nous assumons d’aller à contre-courant des idées reçues, des vérités d’éditorialistes, de la démagogie des critiques de la droite. Ce n’est pas parce qu’une idée que nous trouvons juste n’est pas portée à la fois par la presse, les sondages, nos adversaires, que nous ne la défendrons pas.

Nous assumons de concentrer les moyens sur l’éducation dès le plus jeune âge avec la scolarité obligatoire dès 3 ans, nous assumons la révolution pédagogique et la réussite de tous.

Nous assumons aussi une nouvelle politique de santé pour que plus personne n’aille pas chez le médecin juste parce qu’il n’en a pas les moyens financiers, et pour mettre plus d’énergie à prévenir la maladie en travaillant sur les conditions de vie, le travail, la pollution, l’éducation et la santé.

Nous assumons la lutte enfin contre toutes les discriminations, nous assumons le salaire égal entre les hommes et les femmes, (Applaudissement) nous assumons le droit de vote pour les étrangers, [les applaudissements couvrent le discours] …, nous assumons le droit à faire des adoptions pour les couples du même sexe, nous assumons le service public universel [les applaudissements couvrent le discours] … , nous assumons tout, nous assumons un projet qui transforme vraiment la société et qui redonne, enfin, de l’espoir à tous les Français.

Les socialistes bâtissent un projet, les Jeunes Socialistes se sont investis dans cette démarche avec nos conventions Perspectives 2012 sur le logement, la santé, l’emploi des jeunes et l’insertion et l’action sociales, en travaillant sur les forums et les conventions du Parti socialiste, en proposant des amendements, pour faire passer les idées de milliers de Jeunes Socialistes qui ont travaillé, débattu, rencontré des associations, des intellectuels, des élus et des chefs d’entreprise. Nous voulons adresser un message fort dans notre projet, le projet de tous les socialistes auprès des jeunes de France, et je vous en remercie, Martine, Pierre, Arnaud, Laurent, Jean-Christophe et toi Benoît, dans chaque convention, d’avoir été à l’écoute du travail de tous les Jeunes Socialistes.

Laurianne MEAGSR FM 3

(MEAGSR/F.M.)

Au printemps nous rassemblerons tout notre travail sur les sujets et les propositions des socialistes aux jeunes de France durant la Journée 2012 – la Génération Changement, à laquelle je vous invite déjà tous chaleureusement. Et quand je dis tous, nous assumons aussi cela, sans aucun complexe, et sans langue de bois : nous savons très bien qu’un projet des socialistes ne sera pas porté exactement de la même façon en fonction des candidats ou candidates aux primaires. Et nous travaillerons avec tous ceux qui peuvent demain porter nos couleurs et qui veulent échanger avec les jeunes, sur nos idées et nos propositions. Alors je vous le dis, tous les socialistes sont les bienvenus chez les Jeunes Socialistes, parce que oui, nous aimons le débat d’idées, nous aimons être ensemble, et parce que ce qui nous rassemble sera toujours ce qu’il y a de plus fort entre nous mes camarades. (Applaudissements)

Pour que ces projets deviennent enfin réalité, il va falloir convaincre et convaincre tous. Il n’y a pas, il ne doit pas y avoir, les socialistes qui débattent et ceux qui agiraient concrètement sur le terrain. Alors je vous appelle tous, ceux qui sont dans cette salle, ceux qui nous regardent sur Internet, je vous appelle tous à aller porter nos propositions et à agir avec les Jeunes Socialistes, qui vont frapper en ce moment même aux portes, dans des cités universitaires, dans des foyers de jeunes travailleurs, qui vont briefer et tracter devant les lycées et les campus de notre pays pour inscrire les jeunes sur les listes électorales.

Je nous appelle à faire connaître toutes nos propositions, et à ne plus jamais laisser dire : « Les socialistes ? Ils n’ont pas de propositions. » ; parce que nous en avons des centaines des propositions. Je nous appelle à tout cela, parce que c’est un combat de projets qui se joue, c’est un combat de valeurs.

On dit parfois que le peuple français a la passion de l’égalité, certains cherchent même à l’opposer à la liberté. Nous sommes au contraire convaincus qu’en étant tous des individus fraternels, autonomes, égaux, nous sommes tous plus libres. Nous savons que c’est là que réside l’audace du « liberté – égalité – fraternité », ces trois mots qui font briller les yeux des hommes du monde entier. Et si notre France souffre aujourd’hui, c’est parce qu ‘avec ceux qui nous dirigent, on préfère la facilité de l’injustice à la grandeur de nos ambitions et des valeurs de la République Française.

Laurianne MEAGSR FM 5

(MEAGSR/F.M.)

Jaurès disait : « C’est en allant à l’océan qu’un fleuve reste fidèle à sa source. ». Pour la France, être fidèle à elle-même, c’est porter haut ce qu’elle est, et nous les socialistes nous sommes tout cela à la fois, nous sommes ceux qui mettons les libertés au pluriel, nous sommes ceux qui faisons souffler l’esprit de la fraternité dans l’esprit des lois et des hommes, nous sommes ceux qui pouvons faire vivre l’égalité, l’égalité, la vraie, l’égalité, vraiment. (Applaudissements)

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13 décembre 2010 1 13 /12 /décembre /2010 19:59

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Ségolène Royal le 25 novembre 2010 (Reuters/Régis Duvignau)

 Ségolène Royal participera le mercredi 15 décembre à 11 h à un débat en direct ou "chat" avec les Français sur le site du journal électronique LeMonde.fr, sur le thème : « Quelle stratégie pour battre Nicolas Sarkozy en 2012 ? ».

Tout le monde peut y participer, que l’on soit abonné au journal Le Monde ou pas. Pour atteindre la page présentant le débat, cliquez ici.

Vous pouvez programmer un rappel en cliquant sur : « Poser vos question en avance ». Dans la fenêtre qui s’ouvre, vous pouvez aussi accéder à un "mode d’emploi" du "chat" en cliquant sur : « Informations pour le lecteur ». Dans ce mode d’emploi, le « lecteur », c’est vous, et « l’auteur », Ségolène Royal.

Le compte-rendu du "chat" avec Ségolène Royal publié sur LeMonde.fr sera repris sur le blog "Militants de l’Espoir à Gauche avec Ségolène Royal".

Frédérick Moulin

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13 décembre 2010 1 13 /12 /décembre /2010 01:31

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Ségolène Royal à Toulouse en 2007 (Guillaume Paumier/Flickr)

Dimanche 12 décembre 2010

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Au-delà du sommet de Cancun, la priorité : se servir de la crise écologique pour un nouveau départ et un monde meilleur. Il faut prouver de manière concrète qu’on peut partager équitablement les bienfaits d’une conversion écologique. Telle est la conviction défendue dans cette tribune par Ségolène Royal.

-oOo-

Bien sûr, l’impasse de la diplomatie climatique a de quoi inquiéter. Copenhague, malgré l’espoir soulevé, fut décevant. Cancun, aux ambitions revues à la baisse, témoigne du fossé persistant entre ce que nous savons et ce qu’ensemble nous peinons à faire. Pourtant, céder au pessimisme serait une erreur de perspective historique et un bien mauvais guide pour l’action

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Sommet de la Terre de Rio en 1992

Jeune ministre de l’Environnement, j’étais au Sommet de la Terre à Rio en 1992. Je peux donc mesurer l’ampleur de la prise de conscience planétaire en vingt ans, le chemin parcouru, dans les têtes et dans les faits. Même les Etats les plus rétifs aux accords internationaux contraignants engagent aujourd’hui, à l’intérieur de leurs frontières, des politiques plus volontaristes. La campagne de dénégation du changement climatique financée par des lobbies hostiles aux régulations publiques a échoué : les gouvernements ont renouvelé leur confiance au Giec (Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat). C’est un progrès que le débat concerne les façons, et non les raisons, d’agir.

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4ème rapport d'évaluation du GIEC à l'ONU en 2007 : "Changements Climatiques 2007"

Reste à convaincre que la crise écologique n’est pas une fatalité qui s’abat sur une humanité impuissante. C’est pourquoi il faut se garder des discours catastrophistes qui désarment les volontés. Car les crises sont aussi des chances de métamorphose. Des opportunités historiques pour se déprendre des vieux schémas et hâter l’avènement d’un nouveau modèle de développement social-écologique.

L’urgence est donc de prouver concrètement qu’il est possible de partager équitablement les bienfaits d’une conversion écologique globale. Cette politique par la preuve, c’est ce que mettent en place les régions et les collectivités territoriales qui se mobilisent pour agir (localement) et transformer (globalement). D’après l’ONU, 50 % à 80 % des actions publiques contre le changement climatique sont déjà de leur fait. En dépit de ces gouvernements qui, sous prétexte de crise financière et de calculs électoraux à court terme, prétendent que la mobilisation écologique serait moins de saison.

Beaucoup de régions et de villes prouvent aujourd’hui qu’on peut inverser la tendance et concilier les intérêts bien compris du Nord comme du Sud. Elles sont là, les nouvelles coalitions intelligentes et, avec les mobilisations militantes qui s’affirment de par le monde, les dynamiques qui finiront par déboucher sur de nouvelles règles du jeu internationales.

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Ouverture du Lycée Kyoto à Poitiers (La Nouvelle République)

Dans ma région, nous avons fait le choix de répondre à une crise globale par une politique globale qui mobilise tous les secteurs et tous les acteurs. Une agriculture plus biologique sans OGM ni pesticides ; des laboratoires à la pointe de la recherche et des industries écologiques compétitives ; des trains qui s’orientent vers l’énergie solaire et des écocarburants non concurrents des productions alimentaires ; un lycée « Kyoto » zéro énergies -fossiles ; des logements sociaux où la très haute performance énergétique fait baisser les factures ; des formations aux métiers verts pour les adultes et pour les jeunes ; des circuits courts dans l’agroalimentaire et bien d’autres choses : c’est possible puisque nous le faisons.

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Ségolène Royal lors de l'essai d'une Mia issue des bureaux d'étude d'Heuliez, jeudi 18 novembre 2010 dans les rues de Cerizay (AFP)

Miser sur le véhicule électrique à bas prix, y compris en prenant une participation au capital d’Heuliez, développer le photovoltaïque malgré les reculades d’un gouvernement qui déstabilise la filière, promouvoir les biomatériaux et la chimie verte, les énergies éolienne et marine, les maisons en bois accessibles aux budgets populaires : c’est possible puisque nous le faisons. Le dynamisme scientifique et économique est toujours au rendez-vous quand une politique publique déterminée lui ouvre de nouveaux chemins, s’emploie à agir conjointement sur l’offre et la demande.

Oui, je crois aux politiques publiques volontaristes qui anticipent, accélèrent et accompagnent la nécessaire conversion écologique de nos économies et de nos sociétés. Oui, loin des charités arrogantes, des égoïsmes persistants et des solutions toutes faites, de nouvelles coopérations entre le Nord et le Sud montrent la voie.

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Ségolène Royal dans la région de Fatick au Sénégal en avril 2009 : bourses tremplins pour l'emploi et développement des énergies renouvelables (Flickr/Ségolène Royal)

Quand le Poitou-Charentes et la région sénégalaise de Fatick coopèrent pour diffuser cette énergie solaire dont regorge l’Afrique dans les villages, dans l’écotourisme et dans les filières agricoles, cela permet de viser cet objectif ambitieux : devenir la première région du Sud neutre en émissions de gaz carbonique, raison pour laquelle le Pnud (Programme des Nations unies pour le développement) a choisi Fatick comme région pilote de son programme « Approche territoriale du changement -climatique ».

Voilà comment, du Nord au Sud, nous préfigurons ici et maintenant ce nouvel ordre international juste qui doit lier solidement les dimensions écologiques, économiques et sociales du développement humain et planétaire. Dans ce moment de transition où l’histoire humaine hésite encore sur la voie à emprunter, nous sommes de plus en plus nombreux à passer à l’acte et à mettre en œuvre, dans nos territoires et en unissant nos forces, une nouvelle politique de civilisation.

Ségolène Royal, Présidente du Conseil régional de Poitou-Charentes


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12 décembre 2010 7 12 /12 /décembre /2010 11:30

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(MEAGSR/F.M.)

Ségolène Royal est intervenue lors de la Convention nationale pour l’Egalité Réelle du Parti socialiste hier samedi, à la Halle Freyssinet, dans le XIIIème arrondissement de Paris. Elle a participé, l’après-midi, à la table ronde « L’égalité réelle au quotidien ». Après avoir dressé un tableau de l’état de la France et des cinq crises qu’elle traverse, Ségolène Royal est intervenue sur le thème des discriminations dont sont victimes les jeunes, « un sujet central pour l’avenir de notre pays ».

Ségolène Royal a longuement été applaudie par les militants, mais aussi par les dirigeants du parti présents, Martine Aubry, Benoît Hamon ou Harlem Désir, pendant et à la fin de l’intervention de Ségolène Royal, comme l’ont montré les caméras du PS à la salle. Olivier Ferrand, le président de Terra Nova, lui aussi présent, a également applaudi. L’image de l’union du parti était donc clairement affichée, et d’ailleurs Ségolène a indiqué que la seule question qui intéressait les journalistes, c’était de savoir  si Martine et elle-même allaient âtre assises l’une à côté de l’autre, et comme c’était le cas :  « Donc voilà tout le monde rassuré », a noté, amusée, la présidente de la Région Poitou-Charentes, faisant rire la salle.

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 Ségolène Royal à la sortie de la convention, derrière une nuée des journalistes (MEAGSR/F.M.)

Ségolène Royal, arrivée avec une nuée de journalistes, est repartie de même, entourée d’un mur médiatique presque infranchissable, le mouvement des porteurs de micros et de caméras, et celui des perches de prise de son ayant une grâce propre, ondulante, qui rappelle certains films, la royauté (!) et l’abaissement des courtisans en moins, les ardeurs et la soif de la presse de notre démocratie en plus. Après avoir communiqué avec les Français par cette presse interposée ce week-end, Ségolène Royal ira au contact du peuple français dans la Drôme, autour du thème de la croissance verte, la semaine prochaine.

Frédérick Moulin



 

Retranscription par Militants de l’Espoir À Gauche avec Ségolène Royal / F.M.

Chers amis, chers camarades,

Merci d’abord à toi, Benoît Hamon, et à toute l’équipe qui t’entoure pour la qualité de ce travail dont on vient d’avoir une fois de plus la démonstration. Je voudrais dire à Martine parce que, en arrivant ici manifestement, nous en parlions à l’instant, la principale question qui taraudait ceux qui nous accueillaient, c’était de savoir si nous allions être assises l’une à côté de l’autre, (Rires) donc voilà tout le monde rassuré, et j’espère que du coup, tout le monde va s’intéresser au fond de ce débat. Et je voudrais vous dire que pour les socialistes… (Applaudissements) Les socialistes, contrairement à une droite caporalisée, ont toujours su faire la convergence entre la liberté d’action et de parole des uns et des autres – c’est l’essence même du socialisme – et en même temps la volonté de rassemblement et d’union. Et je voudrais vous rassurer ici : unis nous sommes, unis, nous le resterons car les socialistes attendent cela de nous. (Applaudissements)

Alors en une dizaine de minutes, on m’a proposé d’intervenir sur les discriminations dont sont victimes les jeunes, et je pense en effet que c’est un sujet central pour l’avenir de notre pays. Et pour bien comprendre l’enjeu de ce que nous disons ici, de ce que disent les socialistes dans l’ensemble de ces conventions, je crois qu’il faut comprendre que c’est difficile aujourd’hui pour les Français de croire à nouveau dans la parole politique. Il leur faut beaucoup de mérite. Et c’est pourquoi en quelques mots je voudrais rappeler quel est l’état de la France, pour que l’on comprenne quelle est la portée des propositions que nous faisons ensemble.

L’état de la France : crise économique et financière, pessimisme,

doute sur la crédibilité politique, crise morale et crise démocratique

D’abord, c’est une évidence, nous sommes frappés par une crise économique et financière très grave qui fait douter de l’efficacité des politiques nationales, donc qui fait douter aussi de la crédibilité du discours politique y compris le nôtre.

Deuxièmement, nous avons dans notre pays un pessimisme jamais atteint. Vous avez vu que les classes moyennes vivent un déclassement très inquiétant. Les jeunes, en France, sont parmi les plus pessimistes d’Europe. Donc là aussi, cela explique le gros doute dans la crédibilité de la parole politique.

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(MEAGSR/F.M.)

Troisième élément qui jette comme ça un doute sur la crédibilité de la parole politique, c’est que nous vivons aujourd’hui un recul en France de ce qui faisait partie des acquis les plus solides, des éléments-clés de notre identité nationale, et en particulier le recul de l’éducation, et je voudrais saluer l’excellent travail de Bruno Julliard qui rejoint le rapport de l’OCDE et qui montre qu’aujourd’hui la performance du système [éducatif] français se retrouve en dessous de la moyenne [inter]nationale. Deuxième acquis qui est structurant de notre identité nationale, c’est la Sécurité sociale, qui n’a jamais connu autant de reculs qu’aujourd’hui avec une réforme catastrophique des retraites qui est faite uniquement pour orienter vers la privatisation et les systèmes de retraites et les systèmes de santé, et ce que vivent les Français, parce qu’ils le sentent même s’ils n’en maîtrisent pas les clés techniques, renforce considérablement leurs inquiétudes. (Applaudissements)

En quatrième lieu, nous vivons une crise morale qui est incarnée par un pouvoir qui a trahi toutes ses promesses, et qui du coup a profondément décrédibilisé la parole politique. Cette décrédibilisation de la parole politique, on le sait, ne nous épargne pas, et les Français ne sont plus prêts à croire des promesses politiques qui ne seraient pas appuyées soit sur un début de commencement de preuve, soit sur une pédagogie extrêmement claire, qui vont rendre crédibles ces engagements politiques.

Enfin la crise démocratique, profonde, puisque les Français n’ont été ni écoutés, ni respectés. On voit même les institutions les plus basiques de l’Etat ne plus fonctionner, comme on l’a vu avec le chaos provoqué par la gestion des intempéries, et un Premier ministre qui a fait porter la grave responsabilité de son inertie sur des services publics qui ont pourtant fait tout leur travail. (Applaudissements) On a eu d’ailleurs la même inertie et le même manque d’anticipation lorsque nous avons vécu la dramatique tempête Xynthia qui a fait plusieurs dizaines de morts. Là aussi le service public avait fait son travail, et à aucun moment on a vu un préfet demander aux citoyens de quitter leurs habitations.

Ce que je veux dire par là, il y aurait plein d’autres exemples à prendre, c’est que l’indifférence à l’égard du peuple, le mépris à l’égard des Français, provoquent des dysfonctionnements dans l’appareil d’Etat, et il est clair qu’en 2012, la République du respect sera entièrement à construire et à reconstruire. (Applaudissements)

Construire une société de confiance et une société qui protège,

gagner la performance économique …

Alors pour toutes ces raisons, les Français vivent des situations de violence sociale et attendent des solutions efficaces qui permettront de faire reculer le pessimisme et la défiance. Au fond, si j’avais à retenir ce qu’attendent de nous les Français prioritairement, c’est d’abord de construire une société de confiance, c’est ensuite de construire une France qui protège, ce qui inclut la sécurité, et enfin une nation qui gagne la performance économique dans le monde. Et je voudrais dire d’ailleurs de ce point de vue que le décret gouvernemental, qui ce matin ou hier, a gelé en France tous les projets de construction de photovoltaïque est un grave contresens économique, puisque l’un des leviers principaux de la lutte contre le chômage, c’est la croissance verte. Voilà encore un exemple du dysfonctionnement de l’Etat. (Applaudissements)

… grâce à la justice et à l’égalité réelle

Et donc dans le cadre de ces quelques repères que je viens de dresser, il y a un point commun à ces trois objectifs d’une société de confiance, d’une France qui protège et qui apporte la sécurité, et d’une nation qui arrive à conquérir sa performance économique, c’est précisément la justice et l’égalité réelle, car la confiance n’existe pas sans justice et sans égalité réelle. On l’a bien vu lorsque les efforts sont inéquitablement répartis, soit il y a une révolte, c’est le cas contre la mauvaise réforme des retraites, on pourrait aussi citer la révolte des étudiants à Londres. Donc on voit bien qu’il ne peut pas y avoir de réforme durable car pas de confiance s’il n’y a pas d‘égalité réelle, et donc de justice dans la répartition des efforts. Même chose pour la protection.

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(MEAGSR/F.M.)

La protection et la sécurité ne peuvent pas exister sans justice et sans égalité réelle, car dans un contexte d’argent public rare, les services publics et les sécurités sociales au sens large doivent être financées par des contributions qui ne pèsent pas aussi lourdement sur le travail, comme vient de la faire la droite dans le cadre de la réforme des retraites, mais qui pèse de façon beaucoup plus équitable entre les revenus du travail, les revenus du capital, et les revenus financiers.

Enfin, en ce qui concerne la performance économique, et c’est peut-être là le plus important parce que les Français vont nous dire – mais vous voulez faire de l’égalité réelle, vous voulez redistribuer, vous voulez augmenter le pouvoir d’achat – oui nous voulons faire tout cela, mais ne faut-il pas d’abord produire et d’abord avoir de la croissance ? Eh bien précisément là aussi la performance économique n’existe pas sans justice sociale et sans égalité réelle, car ce sont les inégalités qui minent la croissance économique. Ce sont les inégalités qui ont été à l’origine de la crise financière, ne l’oublions jamais. C’est la faiblesse des salaires des citoyens américains qui les ont poussés vers un surendettement, qui a été à l’origine de l’effondrement et de la crise financière. Et aujourd’hui, ceux qui subissent la crise, sont ceux-là mêmes qui en payent les conséquences lorsque d’un côté les banques sont renflouées, et que de l’autre les gens ont tout perdu, y compris leurs habitations. (Applaudissements)

Le modèle alternatif allemand

Et je voudrais prolonger cette démonstration en posant une question sur la réalité de la différence entre la France et l’Allemagne. On nous dit, mais pourquoi l’économie est-elle plus florissante en Allemagne qu’en France ? Eh bien je le pense profondément, et ce n’est pas la première fois que je e dis, c’est parce qu’il y a, en Allemagne, un dialogue social qui permet un autre rapport de force plus égalitaire entre les syndicats et le patronat. (Applaudissements) Il y a dans ce pays l’Etat qui est garant, justement, d’un juste rapport de force. Il y a une transparence sur la répartition des richesses. Il y a des forces syndicales qui ont leur mot à dire sur la répartition salariale dans les entreprises.

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(MEAGSR/F.M.)

Il y a donc des convergences d’intérêt au profit de la bonne santé des entreprises, c’est-à-dire un patronat responsable, parce que d’une certaine façon, il n’a aussi parfois pas le choix d’écouter les représentants des salariés, et de l’autre les organisations syndicales respectées, et donc ils savent jouer aussi le moment venu le consensus social au profit de l’entreprise pour que, lorsque l’entreprise fonctionne bien, à ce moment là, ils aient un droit de regard sur la répartition des profits de l’entreprise et sur une juste répartition des salaires. Et donc bien évidemment il n’y a pas d’opposition entre l’efficacité économique d’un côté, et la justice sociale, l’égalité réelle, donc, dans la répartition des salaires mais au contraire, l’une est la condition de l’autre, et c’est cela le modèle alternatif économique que nous devrons construire. (Applaudissements)

La discrimination qui touche les jeunes

Enfin, et j’en aurai bientôt fini, la discrimination qui touche les jeunes est au cœur de ces trois sujets. Elle est au cœur de la confiance, puisque si les jeunes n’ont pas confiance, comment un pays peut-il avoir confiance en lui-même ? [Elle] est au cœur de la question de la protection et de la sécurité, parce que si les parents se disent que les jeunes, même avec des diplômes, n’ont accès ni à l’emploi ni au salaire, ils ne peuvent pas construire une société de protection. Et la place des jeunes dans l’entreprise est aussi une condition majeure de l’efficacité économique. Je ne reprendrai pas les chiffres, Laurianne les a donnés tout à l’heure, avec les taux de chômage des jeunes, la paupérisation des jeunes, la précarité des jeunes.

Le pacte de confiance pour l’emploi des jeunes en Poitou-Charentes

Je voudrais simplement, puisque Benoît m’y a invitée, vous dire en trois mots comment nous avons, avec la majorité régionale, pris à bras le corps cette question, rendre hommage aux élus qui s’en sont occupés, Françoise Mesnard et Jean-François Macaire, les ouvriers qui sont aujourd’hui conseillers régionaux qui nous ont beaucoup aidé sur cette question, Guy Eyermann, Emile Brégeon et Jacky Emon, et nous avons mis en place une méthode, un contenu, une volonté, une mobilisation et un dialogue.

Nous avons voté ce pacte de confiance pour l’emploi des jeunes le 18 octobre. Et le 18 octobre au soir nous avons réuni une conférence sociale régionale qui a rassemblé les organisations syndicales, les organisations patronales, et à notre grande surprise il y a eu non seulement les représentants des Centres des Jeunes Dirigeants, mais le MEDEF et la CGPME sont venus s’asseoir autour de la table, ainsi que les organisations professionnelles des artisans et des commerçants et des Chambres artisanales, je vais vous dire pourquoi le patronat est venu.

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(MEAGSR/F.M.)

Nous avons ensuite rassemblé un atelier participatif d’une cinquantaine de jeunes de tous horizons sur leurs difficultés, leurs souhaits, et les propositions. Ça c’est la gouvernance qui contrairement à ce que nous subissons aujourd’hui écoute d’abord les citoyens avant de parler à leur place. (Applaudissements)

Il y a eu ensuite le 25 octobre une rencontre de concertation avec l’ensemble des missions locales d’insertion de tout le territoire régional, et enfin des ateliers de concertation sur les thématiques prioritaires, l’emploi, la formation, l’apprentissage, l’alternance, et le service civique.

3 exemples d’actions en Poitou-Charentes

Conditionner les aides économiques aux entreprises

à l’obligation de tendre la main aux jeunes

Une quinzaine d’actions en ont résulté et en particulier je voudrais en citer trois. D’abord comme nous avons déjà, en région, conditionné l’ensemble des aides économiques aux entreprises à l’interdiction de licencier ou de délocaliser (Applaudissements) si elles font des bénéfices, nous avons, dans le cadre de ce pacte pour l’emploi des jeunes, conditionné les aides économiques aux entreprises à l’obligation de tendre la main aux jeunes, soit dans le cadre d’un emploi, soit dans le cadre d’une alternance, soit dans le cadre de l’apprentissage, et en contrepartie de cette aide, nous vérifions si les entreprises ont fait leur travail dans ce domaine.

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(MEAGSR/F.M.)

C’est donc un partenariat d’entraînement que nous voulons faire pour que toutes les entreprises de la région, qui n’accueillent pas des jeunes, qui ne font pas l’effort même de les prendre en alternance, puissent se dire qu’elles ne sont pas dans une situation normale. Et aujourd’hui c’est le contraire, une entreprise qui fait un effort pour les jeunes se dit qu’elle fait un exploit. Non ! Nous devons renverser cette logique des choses, et dire à toutes les entreprises de notre pays : si vous n’avez pas de jeune en apprentissage chez vous, si vous n’avez pas de jeune en alternance chez vous, si vous ne prenez pas des jeunes en emploi chez vous, alors que vous bénéficiez d‘aides de l’Etat dans le domaine des exonérations sociales, des exonérations fiscales, des aides diverses, alors vous ne faites pas votre devoir, et maintenant nous allons exiger, en contrepartie de ces aides, que vous tendiez la main aux jeunes, parce que c’est aussi votre intérêt d’avoir des jeunes bien formés, bien rémunérés et bien motivés. (Applaudissements)

Prendre en charge tous les problèmes de mobilité des jeunes

La deuxième idée, c’est que l’un des obstacles les plus criants à l’insertion des jeunes, ce sont les problèmes de mobilité. Donc nous prenons en charge toutes les questions de mobilité, train gratuit, paiement du coût du permis de conduire à tous les jeunes qui sont reçus au CAP, en apprentissage, pour leur permettre d’accéder à la mobilité.

Partenariat avec les entreprises, notamment les toutes petites et les moyennes,

et engagement de tous les artisans pour l’emploi des jeunes

Et donc là aussi nous nous engageons avec un partenariat avec les entreprises, notamment les toutes petites et moyennes entreprises, et nous avons eu par exemple le plaisir de découvrir et d’apprendre et de trouver cet engagement, dans le cadre des chambres des métiers, où les artisans se sont tous engagés, tous les artisans se sont engagés à prendre un jeune, en plus, en apprentissage et en alternance pour les faire cheminer vers leur diplôme.

Ce qui veut dire, si on étend cette dimension à l’échelle d’un pays, ce qui veut dire que lorsque l’on mobilise positivement les forces vives d’un pays vers une grande cause nationale qui est celle d’intégrer les jeunes dans nos entreprises, dans l’emploi, dans le travail, dans la formation, pour leur donner un avenir et pour leur donner une espérance, en faisant en sorte que les moyens que l’Etat met attirent forcément en contrepartie de ces droits un certain nombre de devoirs, alors je suis convaincue qu’on peut remettre un pays en mouvement autour de ce qui fait l’essentiel d’un objectif politique de notre action, faire en sorte que les jeunes trouvent leur place dans la société et qu’ils puissent à leur tour transmettre ces valeurs. (Applaudissements nourris)

Ségo 3 FM MEAGSR

Cette belle phrase de François Mitterrand, avant de terminer :

« Si la jeunesse n’a pas toujours raison, la société ou le pouvoir qui la frappe a toujours tort, et nous socialistes, nous leur tendons la main. »

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12 décembre 2010 7 12 /12 /décembre /2010 00:56

 

    La convention socialiste sur l’Egalité réelle aura d’abord été marquée par un geste politique : la candidate Ségolène Royal est venue embrasser la première secrétaire du parti Martine Aubry et s’est assise à ses côtés…

 

La photo prise, la socialiste a rapidement pris de la hauteur, oubliant les petites querelles de son parti, « unis nous sommes, unis nous le resterons ! »

  

Dans une intervention plus longue que prévue et très applaudie, la socialiste s’est concentrée sur l'élection de 2012, lançant une charge contre le pouvoir en place et proposant une autre ambition pour la France.

 

1) La socialiste refuse le recul de l’éducation et de la sécurité sociale pour la privatisation.

 

2) La socialiste condamne le pouvoir en place incapable de réagir face aux intempéries, une inertie et un manque d’anticipation déjà observés au temps de la tempête Xynthia. Un pouvoir qui voudrait aujourd’hui accuser les services publics pour se décharger de sa responsabilité.

 

3) La socialiste dénonce « le gel en France de tous les projets de construction de photovoltaïque », « un grave contresens » selon Ségolène Royal « puisque l’un des leviers principaux de la lutte contre le chômage c’est la croissance verte ». Car la socialiste veut « une France qui gagne la performance économique sur le monde ».

 

4) La socialiste souhaite une autre gouvernance pour réformer la société avec le concours de tous les acteurs sociaux, avec un «Etat garant du rapport des forces». Elle propose de mettre en place un réel dialogue social. Car pour la socialiste la justice sociale est un atout pour la performance économique. « Il n’y a pas d’opposition entre l’efficacité économique d’un côté et la justice sociale… l’une est la condition de l’autre … c’est le modèle alternatif économique que nous devrons construire ».

 

5) C’est sans aucun doute le moment de son intervention le plus fort. Ségolène Royal s’est appuyée sur le travail dans sa région et lance un vibrant appel aux entreprises pour les jeunes. Elle veut faire de l’emploi des jeunes une grande cause nationale.   

La socialiste propose d’instaurer un partenariat avec les entreprises au niveau national comme elle l‘a fait dans sa région, et conditionner les aides économiques à « l’obligation de tendre la main aux jeunes soit dans le cadre d’un emploi, soit dans le cadre d’une alternance, soit dans le cadre de l’apprentissage ». Pour la socialiste, il faut « renverser la logique des choses » : aider un jeune « ce n’est pas un exploit » c’est quelque chose de normal et c’est l’intérêt des entreprises de bien former les jeunes.

 

Ainsi un à un elle a pu marquer les échecs du pouvoir de Nicolas Sarkozy, son adversaire, et s’envoler vers 2012 en fixant d’autres perspectives, afin de « remettre le pays en mouvement » pour les jeunes.

Philippe Allard

 
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11 décembre 2010 6 11 /12 /décembre /2010 08:36

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Ségolène Royal était hier matin l’invitée exceptionnelle de Jean-Jacques Bourdin sur RMC et BFMTV. Elle a abordé 6 grands thèmes :

-la neige, la pagaille en Île-de-France et les déclarations pas très fair-play de Fillon depuis Moscou : Ségolène Royal demande que François Fillon fasse des excuses "publiques";

 -Wikileaks, la diplomatie, et les faux contrats d’armement de Sarkozy ;

-Martine, DSK, la candidature de Ségolène aux primaires et la nécessité d’un PS uni ;

-le tour de France de Ségolène et ce que feront les socialistes une fois arrivés au pouvoir ;

-les primaires du PS, pour lesquelles Ségolène Royal estime à juste raison qu’elles doivent avoir lieu avant l’été ;

-une droite déjà en campagne, un pouvoir coupé du peuple et des Français.

Ségolène Royal a eu affaire à un Jean-Jacques Bourdin très pugnace, mais elle n’a pas faibli et a épinglé à deux ou trois occasions ses interruptions intempestives. À la fin de l’interview, Jean-Jacques Bourdin a marqué une pose dans son combat, ce qui a permis à Ségolène Royal de terminer l’interview sans être interrompue.

L’argumentaire de l’ex-candidate à l’élection présidentielle s’est indéniablement bonifié depuis 2007, les données chiffrées et les exemples concrets émaillant l’intervention et étayant solidement le propos.

D’autre part, clairement, Ségolène Royal a affiché son but : dialoguer, écouter et entendre les Français , se plaçant déjà dans une posture présidentielle et non pas seulement dans le cadre de l’exercice imposé de la primaire du PS :

« Si je suis candidate et si je souhaite être élue, c’est pour être une présidente citoyenne, qui sera au contact des Français, qui va s’occuper d’eux, qui va les écouter, et qui va faire les réformes avec les Français et non pas contre eux. », a conclu la présidente de la Région Poitou-Charentes.

F.M.

 

Retranscription par Militants de l’Espoir À Gauche avec Ségolène Royal / F.M.

Jean-Jacques Bourdin : notre invitée ce matin, Ségolène Royal bonjour.

Ségolène Royal : bonjour

Neige, pagaille en Île-de-France et déclarations de Fillon depuis Moscou

Jean-Jacques Bourdin : la neige, le froid, la pagaille en Île-de-France, n’est-ce pas un peu facile d’accuser le gouvernement ?

Ségolène Royal : non. Le gouvernement est responsable de ce qui s’est passé puisque tout prouve aujourd’hui qu’il avait les informations nécessaires pour permettre l’intervention qui aurait évité à plus de 10 000 personnes d’être bloquées dans leur voiture, c’est-à-dire de risquer leur vie, à des routiers aussi de mettre en grand danger la sécurité des autres automobilistes et la leur. Ce n’est pas une pagaille à laquelle nous avons assisté, c’est un chaos.

Jean-Jacques Bourdin : mais la neige, en hiver, ça paraît normal, Ségolène Royal. Que peut-on faire quand il tombe tout à coup 10 centimètres à Paris et 15 centimètres en Île-de-France ?

Ségolène Royal : c’est quand même pas une Bérézina, [« Non. », reconnaît Jean-Jacques Bourdin] 10 centimètres de neige, c’est normal, nous sommes en hiver. Donc la moindre des choses lorsque nous approchons de l’hiver, c’est que les services publiques qui sont concernés par ce problème soient correctement gérés par les ministres responsables et par le Premier ministre, qui est chargé du bon ordre du fonctionnement de l’Etat.

Jean-Jacques Bourdin : vous seriez présidente de la République aujourd’hui, vous demanderiez, enfin vous demanderiez pas, vous démissionneriez votre secrétaire d’Etat aux Transports ? Vous lui diriez : « Partez ! » ? Vous avez failli, ou le ministre de l’Intérieur ? Qu’est-ce que vous feriez ?

Ségolène Royal : d’abord ça ne se serait pas passé.

Jean-Jacques Bourdin : ah bon ? C’est-à dire ?

Ségolène Royal : eh bien, c'est-à-dire que si j’étais présidente de la République, je m’occuperais des Français. Là on a un gouvernement qui ne s’occupe que de lui au lieu de s’occuper des Français. Il y a plein d’exemples, on pourrait en reprendre d’autres, qui montrent à quel point aujourd’hui le peuple français est méprisé. Il y a un mélange d’inertie, d’indifférence, d’incompétence, et on le voit particulièrement dans ce problème – on le voit dans d’autres problèmes, je pourrais vous en citer d’autres.

Jean-Jacques Bourdin : mais ce sont des accusations… ce sont des accusations faciles non ? Ségolène Royal ? Non, c’est pas …

Ségolène Royal : non, ce ne sont pas des accusations faciles, c’est la…

Jean-Jacques Bourdin : mais pourquoi « incompétence » ? Qu’est-ce qui vous permet de dire ça ?

Ségolène Royal : c’est la responsabilité politique. Qu’est-ce que c’est que l’engagement politique ? C’est d’être à sa place et de faire son travail lorsqu’il y a des problèmes, et notamment lorsqu’il y a des problèmes…

Jean-Jacques Bourdin, interrompant Ségolène Royal : donc ils n’ont pas fait leur travail, à vos yeux ?

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"Tout ça, c'est la faute de la météo!" (texte et dessin de Martin Vidberg, www.martinvidberg.com)

Ségolène Royal : ils n’ont pas fait leur travail. Pourquoi est-ce qu’ils n’ont pas fait leur travail ? Parce qu’ils ont eu les informations nécessaires, et donc ils auraient dû intervenir en amont. Et ce qui est pire dans cette affaire, c’est qu’ils font porter la responsabilité – vous avez entendu les déclarations de Monsieur Fillon – ils font porter la responsabilité aux services publics, aux ingénieurs de la météorologie nationale, aux ingénieurs des directions départementales de l’Equipement, alors qu’ils avaient les informations pour pouvoir intervenir. Et donc ils sont restés dans une inertie coupable.

Et donc pour répondre à votre question, je ferais deux choses si j’étais dans cette situation. D’abord je demanderais au Premier ministre des excuses publiques pour avoir négligé sa responsabilité, et pour avoir, et pour avoir – et c’est encore plus grave – fait de Moscou des déclarations faisant porter la responsabilité de son incompétence à des services publics, dont il a au passage, d’ailleurs, diminué de 30% les moyens d’intervention. Les moyens d’intervention sur l’entretien des routes ont été diminués de 30%, il faut quand même le savoir. Et d’autre part c’est vrai que je demanderais au ministre des Transports d’aller s’occuper d’autre chose, parce que franchement, n’être même pas revenu de Moscou pour s’occuper des Français qui souffrent, ça c’est le contraire de ce que je me fais … [« Donc si j’ai bien compris ce matin, vous demandez au Premier ministre de faire des excuses... », coupe Jean-Jacques Bourdin] c’est le contraire… je finis ma phrase.

Jean-Jacques Bourdin : allez-y.

Ségolène Royal : c’est le contraire de l’idée que je me fais de la responsabilité politique.

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JJ Bourdin : donc ce matin, sur RMC-BFMTV, vous demandez au Premier ministre de faire des excuses aux Français ?Ségolène : voilà.JJ Bourdin : le Premier ministre doit faire des excuses aux Français. Publiques ?Ségolène : oui, publiques, bien sûr.

Jean-Jacques Bourdin : donc ce matin, sur RMC-BFMTV, vous demandez au Premier ministre de faire des excuses aux Français ?

Ségolène Royal : voilà.

Jean-Jacques Bourdin : le Premier ministre doit faire des excuses aux Français. Publiques ?

Ségolène Royal : oui, publiques, bien sûr.

Wikileaks, la diplomatie, et les faux contrats d’armement de Sarkozy

Jean-Jacques Bourdin : bien, Ségolène Royal. Quelques mots avant de parler du PS, de votre engagement, et de vos idées, des thèmes que vous allez défendre dans cette campagne, pré-campagne présidentielle, Ségolène Royal, Wikileaks, Wikileaks, est-ce que vous censureriez Wikileaks ? Vous seriez présidente de la République, est-ce que vous censureriez Wikileaks, en France ?

Ségolène Royal : je pense qu’il y a deux éléments de réflexion par rapport à cette affaire, parce qu’on a eu, passionnément quand même, ce feuilleton, on a appris…

Jean-Jacques Bourdin : vous lisez ?

Ségolène Royal : oui. On apprend beaucoup de choses, c’est passionnant ce qui se passe dans la diplomatie parallèle. Mais ça m’inspire deux choses. D’abord on est dans une société devenue très transparente, et peut-être que la diplomatie doit aussi s’adapter à cela, c’est-à-dire lorsqu’il y a vraiment des échanges confidentiels qui portent sur la protection de la sécurité des Etats, ça, ça doit rester secret. La transparence pour la transparence, c’est une autre forme de tyrannie, que le secret à tout prix. Donc une société doit pouvoir fonctionner de façon démocratique, c’est à dire que les citoyens doivent pouvoir être informés de ce qui se passe d’ailleurs en leur nom, parce que la diplomatie ne doit pas être dans une démocratie réservée à quelques uns, mais l’opinion publique a le droit de savoir ce qui se dit et ce qui s’échange en son nom. Mais bien évidemment il doit pouvoir y avoir, et c’est indispensable, des sujets couverts par le secret-défense et par le secret diplomatique, parce que les négociations diplomatiques sont parfois extrêmement sensibles, et pour pouvoir progresser, elles n’ont pas à être mises, en tout cas tout de suite, sur la place publique.

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Ségolène Royal : "Les citoyens doivent pouvoir être informés de ce qui se passe d’ailleurs en leur nom. (...) Mais bien évidemment il doit pouvoir y avoir, et c’est indispensable, des sujets couverts par le secret-défense et par le secret diplomatique, parce que les négociations diplomatiques sont parfois extrêmement sensibles."

Jean-Jacques Bourdin : oui. Lula, l’ancien président brésilien, s’est engagé à soutenir, il soutient Julian Assange. Vous le soutenez, vous aussi, dans son… dans cette volonté de transparence à travers son site, Wikileaks.

Ségolène Royal : pas totalement.

Jean-Jacques Bourdin : pas totalement ?

Ségolène Royal : pas totalement. Je pense qu’il y a quelque chose… il y a quelque chose…

Jean-Jacques Bourdin : vous êtes d’accord avec Eric Besson alors, qui est… ?

Ségolène Royal : disons que, bon, moi j’aime bien le président Lula parce que je sais qu’il est animé [« Vladimir Poutine aussi, défend Julian Assange. », interjette Jean-Jacques Bourdin] par des principes moraux qui le font aller dans ce sens. Je crois qu’on ne peut pas aller, quand même, jusque là. C’est-à-dire qu’il y a des éléments qu’on découvre qui n’avaient aucune raison d’être tenus secrets, donc ça pose …

Jean-Jacques Bourdin : est-ce qu’il va les diffuser ou pas ?

Ségolène Royal : non. C’est-à-dire que ça appartient aux responsabilités des Etats de diffuser et d’organiser la transparence et la démocratisation de la politique étrangère. Par exemple, il appartiendrait au gouvernement français de transmettre à la commission des Affaires Etrangères de l’Assemblée Nationale, ou la commission de la Défense de l’Assemblée Nationale les éléments confidentiels des échanges diplomatiques, pour qu’ils puissent au moins être portés à la connaissance des élus du peuple….

Jean-Jacques Bourdin : donc vous exerceriez une censure sur Wikileaks, sur les révélations de Wikileaks ?

Ségolène Royal : je n’appelle pas ça une censure. Je sélectio… [« Un contrôle ? », demande Jean-Jacques Bourdin]je sélectionnerai dans ce qui est diffusé, je le répète, ce qui relève, et c’est normal puisque la diplomatie et les échanges concernant les problèmes de défense sont là pour protéger la sécurité des Etats, la sécurité des peuples. Et de ce point de vue le secret-défense est quelque chose d’indispensable, mais il doit se faire sous contrôle démocratique, et nous avons des institutions d’ailleurs qui ne fonctionnent pas suffisamment bien, même aujourd’hui, puisque la commission de la Défense n’a pas accès à tous les documents classifiés, parfois un peu facilement, secret-défense. Or les parlementaires de droite et de gauche qui sont dans cette commission ont la responsabilité, et sont quand même suffisamment aguerris, pour pouvoir y accéder, et la commission des Affaires Etrangères aussi est très souvent coupée des informations diplomatiques, c’est-à-dire qu’il y a souvent un excès de secret, qui permet aussi de couvrir parfois les erreurs.

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Ségolène Royal : "À chaque déplacement, le président de la République promet des milliards et des milliards d’armements, qui sont de faux contrats."

Écoutez, prenons un exemple récent : le problème des contrats d’armement que le président de la République a promis tous azimuts. À chaque déplacement, il promet des milliards et des milliards d’armements, qui sont de faux contrats, vous l’avez vu, notamment les contrats avec le Brésil.

Si la commission des Affaires Etrangères et la commission de la Défense étaient informés en amont des voyages du président de la République sur la réalité de ces contrats, sans doute qu’il serait moins facile pour le chef de l’Etat de mentir aux Français, et de leur faire croire qu’il y a des contrats alors que ce n’est pas la réalité. Et peut-être que ces contrats deviendraient à ce moment-là peut-être plus crédibles, pourraient trouver des débouchés plus réalistes, si le président de la République trouvait auprès des parlementaires un appui pour démultiplier les contacts bilatéraux qui permettraient de déboucher sur des réelles ventes, [« Donc manque de transparence. », note Jean-jacques Bourdin]qui permettraient de créer des emplois en France.

Martine, DSK, la candidature de Ségolène aux primaires et un PS uni

Jean-Jacques Bourdin : Ségolène Royal, avez-vous prévenu Martine Aubry avant de déclarer publiquement votre candidature aux primaires du PS ?

Ségolène Royal : oui, bien sûr. D’ailleurs je m’y étais engagée, à la fois à prévenir Dominique Strauss-Kahn et Martine Aubry, d’ailleurs elle l’a elle-même…

Jean-Jacques Bourdin : ils savaient, les deux savaient ?

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Ségolène Royal sur sa déclaration de candidature et son annonce à Martine et Dominique : "Les deux savaient, oui."

Ségolène Royal : les deux savaient, oui. D’ailleurs Martine l’a dit ensuite…

Jean-Jacques Bourdin : « C’est ce qu’elle dit. », répond Martine Aubry quand on lui pose la question.

Ségolène Royal : oui, c’est ce que je dis, oui, bien sûr.

Jean-Jacques Bourdin : « C’est ce qu’elle dit. »

Ségolène Royal : oui. Mais vous savez…

Jean-Jacques Bourdin : … sous-entendu euh…

Ségolène Royal : sous-entendu ?

Jean-Jacques Bourdin : « Elle ment peut-être ». 

Ségolène Royal : mais pas du tout ! Elle l’a d’ailleurs dit le lendemain dans son interview au Journal du Dimanche, en disant que je n’avais jamais caché ma volonté d’être candidate. Je lui ai même demandé avant de faire ma déclaration de candidature si elle-même avait pris sa décision, comme elle l’avait prévu, avant le mois de décembre, et je pense… Vous savez, ma candidature elle n’est pas dirigée contre qui que ce soit, parce que les socialistes gagneront s’ils sont unis, et d’ailleurs vous avez vu quand même depuis un certain nombre de mois tous les efforts que nous faisons pour reconstruire l’unité du Parti socialiste. Alors c’est pas …

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Ségolène Royal : "Les socialistes gagneront s’ils sont unis."

Jean-Jacques Bourdin : vous pensez : « tous les efforts que je fais » ?

Ségolène Royal : oui je pense aussi « tous les efforts que je fais », bien sûr, pour avoir été la candidate en 2007, avoir conduit les socialistes au second tour de l’élection présidentielle, ensuite il y a eu les élections régionales, ensuite il y a eu le Congrès, on connaît toutes ces péripéties. Je crois qu’aujourd’hui, ce qui est important, maintenant, c’est de nous tourner vers les Français et vers la prochaine échéance, et de ne pas…

Jean-Jacques Bourdin : eh bien on va en parler, mais quand même, je ne voudrais pas qu’on évacue si facilement que ça, Ségolène Royal, ces problèmes de personnes au sein du PS, parce que ça occupe, et ça préoccupe ceux qui votent socialiste, et ça occupe aussi les Français. « La patience ne pousse pas dans tous les jardins. », dit Martine Aubry.

Ségolène Royal : Monsieur Bourdin, vous ne me ferez dire aujourd’hui aucun mal d’aucun … [« Mais je ne veux pas vous faire dire du mal, je veux la vérité. », coupe Jean-Jacques Bourdin] aucun mal… attendez, laissez-moi répondre. Vous m’invitez, laissez-moi parler.

Jean-Jacques Bourdin : allez-y. Mais allez-y.

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Ségolène Royal : "Vous ne me ferez dire aucun mal d’aucun socialiste."

Ségolène Royal : vous ne me ferez dire aucun mal d’aucun socialiste. Je ne rentre pas dans ce petit jeu là. [« Bon. », coupe Jean-Jacques Bourdin] J’ai déclaré ma candida… et alors, vous m’interrompez à chaque fois.

Le tour de France de Ségolène et ce que feront les socialistes au pouvoir

Jean-Jacques Bourdin : allez-y, je vous écoute.

Ségolène Royal : j’ai déclaré ma candidature aux primaires, maintenant cela me donne des responsabilités. Cette responsabilité, je l’exerce en me tournant aujourd’hui vers les Français, en continuant mon travail à la tête de a région que je préside pour continuer à en faire un laboratoire de la croissance verte et de la lutte contre le chômage des jeunes, et en me tournant vers les Français, c’est-à-dire en entamant un tour de France pour aller auprès des Français, qui ont été si peu écoutés par le pouvoir en place, on l’a vu dans le mouvement social. La France est dans une situation de crise profonde, il y a énormément de souffrances et puisque l’on parlait des intempéries tout à l’heure, savez-vous qu’il y a aujourd’hui des dizaines de milliers de personnes qui n’arrivent pas à payer leur facture d’électricité, qui n’ont pas pu remplir leur cuve de fioul, c’est à dire sortir les 600 euros, et qu’on est en train, dans certaines communes, de distribuer du bois de chauffage pour que les gens ne puissent pas tomber malades ou même mourir de froid ? Voilà, [« Bon. », interrompt Jean-Jacques Bourdin] voilà la réalité de la France de Nicolas Sarkozy aujourd’hui, donc, donc…

Jean-Jacques Bourdin : mais je la connais, Ségolène Royal, de la France de Nicolas Sarkozy à vos yeux. Ségolène Royal, j’ai quand même deux questions, pardonnez-moi, mais j’ai deux questions politiques encore à vous poser sur le PS. Première question : lorsque vous dites que Dominique Strauss-Kahn ferait un très bon premier ministre, vous avez songé, si vous êtes élue présidente de la République, à le nommer Premier ministre ?

Ségolène Royal : il faudra rassembler toutes les énergies des socialistes, et tous les talents de socialistes, et vous avouerez … et vous avouerez… [« Donc il ferait un bon Premier ministre de Ségolène Royal ? », interjette Jean-Jacques Bourdin] mais c’est une hypothèse institutionnelle, bien évidemment, parmi d’autres. Et vous avouerez Monsieur Bourdin, puisque vous revenez aux questions de personnes, [« Et je reviens, oui, je reviens aux questions de personnes, parce qu’elles… », répond Jean-Jacques Bourdin] alors que les auditeurs…

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Ségolène Royal : "Les auditeurs qui nous écoutent, ils veulent savoir ce que feront les socialistes s’ils arrivent aux responsabilités."

Non, non, les auditeurs qui nous écoutent, ils veulent savoir ce que feront les socialistes s’ils arrivent aux responsabilités. Qu’est-ce qui va changer pour eux sur l’éducation, sur le chômage des jeunes, sur le chômage des seniors, sur les difficultés des PME, [« Il est temps, d’ailleurs, il est temps entre nous, vous êtes d’accord avec moi, il est temps que les socialistes se fassent entendre, non ? » », coupe Jean-Jacques Bourdin] sur la question… sur la que… Oui, il est temps, d’une part, que le pouvoir en place, qui a été élu pour réformer un certain nombre de choses, [« Mais je vous parle des socialistes, Ségolène Royal. », interrompt Jean-Jacques Bourdin] alors qu’il a trahi toutes les promesses… oui, oui.

Non, mais attendez, la politique, la politique Monsieur Bourdin, c’est à la fois de demander des comptes à ceux qui sont au pouvoir, et de demander à l’opposition de dire clairement, si elle gagne la prochaine élection présidentielle, ce qu’elle fera quand elle arrivera aux responsabilités, parce qu’entre les deux, entre les deux, qu’est-ce qui se passe aujourd’hui ? Il y a une minorité de riches en France qui sont encore, toujours plus riches, vous avez vu les derniers rapports sur ce sujet-là. Il y a les classes moyennes qui se sentent désespérément déclassées avec une baisse du pouvoir d’achat qui frappe ceux qui travaillent le plus, et il y a les catégories modestes qui sont en train de tomber dans la précarité, voire dans la misère. Est-ce que c’est normal dans la 5ème puissance mondiale ?

Jean-Jacques Bourdin : alors dernière question politique…

Ségolène Royal : est-ce que c’est normal ? Mais, Monsieur Bourdin, répondez moi, est-ce que c’est normal ?

Jean-Jacques Bourdin : c’est à vous de répondre !

Ségolène Royal : eh bien je vous réponds non. Ce n’est pas normal. Et en face de ça quelles sont les propositions que nous faisons, sur quoi nous allons faire porter l’effort, et pourquoi j’ai été candidate, justement pour changer ça.

Primaires : 77% des militants de gauche pour une désignation avant l’été

Jean-Jacques Bourdin : eh bien je vais vous poser… mais j’ai une dernière question politique à vous poser, et j’y tiens. Est-ce qu’il faut avancer les primaires du PS avant l’été ?

Ségolène Royal : il faut…

Jean-Jacques Bourdin, l’interrompant : est-ce qu’il faut que le PS désigne son candidat avant l’été ?

Ségolène Royal : oui j’ai compris, j’ai compris la question. J’ai compris la question. Quel est l’élément de réflexion qui m’amène à vous répondre ce que je vais vous répondre ? Il faut que la campagne présidentielle, qui est la bataille principale, celle qui va permettre aux Français de choisir le modèle de société dans lequel ils veulent vivre, eux et leurs enfants, est-ce que oui ou non la France peut se redresser et redonner un espoir aux familles, aux enfants à naître, et aux anciens qui sont en situation de plus en plus de précarité, oui, il faut que cette campagne soit plus longue que la campagne des primaires. Pourquoi est-ce qu’il faut que la campagne présidentie…

Jean-Jacques Bourdin, lui coupant la parole : donc avant l’été ?

Ségolène Royal : avant l’été. Mais bien sûr avant l’été. D’ailleurs vous avez vu qu’il y a une enquête qui vient d’être faite chez les militants, sympathisants du Parti socialiste et chez les militants de gauche, 77% d’entre eux souhaitent que le candidat soit désigné avant l’été.

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Ségolène Royal : "Mais bien sûr avant l’été. (...) D'après une enquête chez les militants de gauche, 77% d’entre eux souhaitent que le candidat soit désigné avant l’été."

Jean-Jacques Bourdin : vous souhaitez, vous demandez à ce que le candidat soit désigné avant l’été ?

Ségolène Royal : je souhaite que la commission qui va se réunir au mois de janvier fasse preuve de bon sens et considère que tous les partis politiques aujourd’hui en France ont leur candidat, sauf le principal parti de l’opposition. Il y a quand même une situation qui mérite question. Pour gagner une élection présidentielle, que faut-il ? Il faut un projet, il faut une équipe, et il faut un candidat qui incarne ce projet, qui rassemble cette équipe, et qui soulève un espoir dans le pays pour que les gens viennent voter. Voilà ce que c’est l’élection présidentielle. Donc plus on est en retard sur le projet, sur le candidat, et sur l’équipe, plus on prend du retard par rapport aux adversaires.

Une droite déjà en campagne, un pouvoir coupé du peuple et des Français

Et il est évident que la droite est déjà en campagne. D’ailleurs, si les ministres et le Premier ministre et le président de la République s’occupent aussi peu des Français, s’occupent d’abord d’eux-mêmes, avant de s’occuper du peuple français, c’est bien parce qu’ils ont déjà la tête à l’élection présidentielle.

Et ça, c’est très dangereux, parce qu’on n’a parlé des dysfonctionnements tout à l’heure, mais vous savez, il y en a eu beaucoup d’autres des dysfonctionnements. Il y a eu le scandale du Mediator, qui n’est toujours pas réglé ; la tempête Xynthia aussi les météorologues avaient prévenu le gouvernement, il ne s’est rien passé, les préfets n’ont pas demandé aux gens d’évacuer leurs maisons, il y a eu 50 morts quand même. Pourquoi ? Parce qu’il n’y a pas eu cette attention portée au peuple français et cette anticipation des problèmes. Souvenez-vous ce qui a été dit sur la panne d’essence. Monsieur Borloo : « Ben non, y’a pas de pénurie d’essence. ».

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Ségolène Royal : "On a affaire à un pouvoir qui est coupé du peuple, qui est coupé des Français. La politique, ça n’est pas se servir comme ils le font, mais c’est servir les Français."

Donc on a affaire à un pouvoir qui est coupé du peuple, qui est coupé des Français. La politique, ça n’est pas se servir comme ils le font, mais c’est servir les Français.

On s’est moqué des visites dans les banlieues sous prétexte qu’on les faisait en même temps Martine et moi, mais au moins, on peut se déplacer dans les cités. Il y a deux jours le président de la République était dans un petit village d’Ardèche. On m’a dit – il faut vérifier les choses d’ailleurs – qu’il y avait autant de fonctionnaires de police que d’habitants dans le village. Il ne peut plus avoir contact avec le peuple français tellement les Français sont mécontents de ce qui est en train de se passer. Et quand dans une démocratie, un président de la République et la plupart des ministres ne peuvent plus aller au contact du peuple français, alors il y a une accumulation de dysfonctionnements. Et moi, si je suis candidate et si je souhaite être élue, c’est pour être une présidente citoyenne, qui sera au contact des Français, qui va s’occuper d’eux, qui va les écouter, et qui va faire les réformes avec les Français et non pas contre eux.

Jean-Jacques Bourdin : eh bien vous aller pouvoir dialoguer avec les Français, sur RMC, dans quelques minutes, puisque nous allons monter ensemble au sixième étage, et vous allez répondre aux questions des auditeurs de RMC qui vont appeler, et qui appellent déjà très nombreux au 32 16. Merci.

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11 décembre 2010 6 11 /12 /décembre /2010 08:16

6c25ef7d72bf1f6e508a84d2be5ea230-2-.jpgDe  la révolte populaire au  discrédit politique de la gauche.

 

Injuste et inefficace, la  réforme « sarkozienne » des retraites reste bien présente dans tous les esprits.

Un  mouvement populaire formidable qui a rassemblé plus de 3 millions de personnes dans tout le pays l’a combattue au cours de multiples manifestations.

Le soutien de l’opinion publique ne s’est jamais démenti, avec en permanence plus de 70 % d’avis favorables.

 

Et où en est-on aujourd’hui ?

Bien sûr, cette réforme inique est passée et nous le regrettons amèrement.

Mais une autre conséquence encore plus amère est à retenir :

Le discrédit politique de la gauche.

Quel paradoxe vu l’ampleur de la contestation !

Mais ne soyons pas surpris.

 

Comme le dit très justement Ségolène Royal, pour convaincre il faut écouter les gens puis défendre avec force et constance une position claire.

 

Or la gauche n’a su avoir ni force ni position claire.

Les déclarations politiques des uns et des autres dans lesquelles se sont mélangées hésitations et contradictions du parti socialiste et de la gauche, ont donné à la population française une impression désastreuse.

Les questions que se posent les français à l’égard de la gauche sur l’évolution nécessaire et bien comprise du système de retraite par répartition sont les suivantes :

La gauche aurait-elle fait différemment ? Que fera-t-elle si elle revient au pouvoir en 2012 ? Que propose-t-elle sur l’âge du départ à la retraite, sur le nombre d’années à cotiser, sur le financement par les revenus du capital…?

Et sur un autre registre, les critiques sont :

« La gauche ne reviendra pas sur cette réforme », « elle ne fera pas de referendum ».

 

Ces doutes ont contribué et continuent de contribuer au discrédit « d’une gauche politique »

voulant accéder à la responsabilité de diriger le pays.

Cette absence de clarté, d’unité et disons-le de programme politique, sur un sujet d’une telle importance sur le plan humain, social et sociologique est consternante.

Il est urgent de se reprendre, d’écouter les populations et de leur proposer des solutions justes et efficaces. Elles existent !

 

N’en doutons pas, Ségolène Royal saura le faire au cours de la campagne qu’elle a engagée pour devenir Présidente de la République Française en 2012.

 

Patrick Ardoin

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10 décembre 2010 5 10 /12 /décembre /2010 00:28

Ségo 1

Ségolène Royal était hier matin l’invitée politique de Christophe Barbier sur LCI. Elle a d’abord dit « un mot de solidarité pour tous ceux qui ont été bloqués de façon dramatique » par la neige avant-hier, et a appelé à plus d’anticipation de la part des services publics, comme « dans les pays du nord de l’Europe », « organisés pour cela ».

À la question de Christophe Barbier sur le déplacement simultané en banlieue de Martine Aubry et d’elle-même, elle a répondu mobilisation des socialistes sur le terrain, et appelé les socialistes à « se mettre en mouvement ». Elle est alors revenue sur sa visite à Cergy avant-hier à de jeunes entrepreneurs de la banlieue.

Puis l’ex-candidate à la présidentielle de 2007 s’est exprimée sur le tempo et la durée des primaires et de la campagne présidentielle, appelant à ce que « la campagne des primaires ne dure pas plus longtemps que la mère des batailles, qui est la campagne présidentielle », et appelant au bon sens de tous pour « la réunion du mois de janvier ».

Enfin, interrogée sur le dîner républicain organisé par Jean-Louis Borloo, elle a appelé à « s’élargir vers les centristes humanistes » pour refermer la parenthèse Sarkozy, sur la base de « valeurs communes qui nous permettent de faire convergence ».

 

 

Christophe Barbier : Ségolène Royal, bonjour !

Ségolène Royal : bonjour.

Christophe Barbier : la neige tombe, ce n’est la faute de personne. « Il n’y a pas de pagaille. », dit le ministre de l’Intérieur. C’est ce que vous avez constaté ?

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Dessin de Plantu

Ségolène Royal : pas exactement. D’ailleurs je voudrais d’abord dire un mot de solidarité pour tous ceux qui ont été bloqués de façon dramatique sur les routes, la nuit. Je crois que beaucoup de Français galèrent en ce moment, et c’est vrai que la parole du ministre de l’Intérieur est un peu malheureuse, je ne voudrais pas l’accabler outre mesure.

Je pense qu’il faut davantage anticiper, c’est le rôle des services publics, c’est le rôle de l’Etat. Nous avons des ingénieurs à la météorologie nationale qui ont beaucoup de talent. Donc vraiment il faut une société qui anticipe davantage, et puis peut-être une société qui s’organise mieux en fonction de ces perturbations climatiques de plus en plus importantes.

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On voit dans les pays du nord de l’Europe, dans les pays de grand froid, des populations qui sont organisées pour cela, qui savent anticiper, qui savent se couvrir, qui savent recourir aussi au chauffage alternatif. Donc il faut peut-être repenser une solidarité au sein des sociétés qui subissent très durement ces variations climatiques.

Christophe Barbier : alors hier, malgré la neige, Martine Aubry et vous-même étiez en banlieue parisienne, mais chacune de votre côté. Alors est-ce que c’est un couac, est-ce que c’est la bataille qui reprend comme le dit Le Figaro ce matin ?

Ségolène Royal : heureusement que les socialistes sont sur le terrain. C’est le contraire qui serait tout à fait anormal. Nous étions déjà ensemble, tous les socialistes, dans la mobilisation sociale contre la réforme injuste et brutale des retraites, et il faut bien savoir, en tout cas c’est ma conviction profonde, qu’un projet politique se construit avec les Français, et non pas contre eux, ou non pas sans eux.

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Christophe Barbier : mais il se construit entre socialistes. Est-ce que vous vous parlez avec Martine Aubry, est-ce qu’il y a de la coordination, est-ce qu’elle vous a appelée après votre candidature ?

Ségolène Royal : mais bien sûr, bien sûr que les socialistes se parlent. En tout cas, écoutez, ceux qui rêvent d’une division des socialistes en seront pour leurs frais. Pourquoi ? Parce que nous avons maintenant une procédure qui est programmée, il va y avoir des primaires, et ensuite tout le monde se rassemblera autour de celui ou de celle qui sera désigné(e). Et en attendant, les socialistes doivent bouger, doivent se mettre en mouvement.

Hier par exemple à Cergy, j’ai rencontré un groupe de jeunes entrepreneurs de la banlieue, pour pouvoir quoi faire ? Pour pouvoir montrer que la banlieue, c’est pas seulement des choses qui ne vont pas, ce sont aussi des choses qui vont bien, et j’entends faire ce tour de France pour montrer les Français qui se battent, qui se bougent malgré la crise économique, mais qui rencontrent des problèmes.

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Un seul exemple : l’un de ces jeunes chefs d’entreprise de cité me disait qu’il avait fait 45 guichets de banque, vous m’entendez, 45 guichets de banque pour avoir le droit d’ouvrir un compte bancaire, sans même demander un emprunt, le droit d’ouvrir un compte bancaire alors qu’il créait une entreprise.

Un autre me disait qu’alors qu’il n’avait eu aucun déficit bancaire, que les tarifications bancaires pour tous les services bancaires lui avaient coûté au cours de l’année 5 000 euros, donc ça avait absorbé la totalité de son bénéfice de la première année. Est-ce que c’est normal ? Non.

Nous sommes dans un pays où les jeunes sont dans la situation la plus difficile possible, et moi je veux que le pays noue un pacte de confiance avec les jeunes, ceux qui créent leur entreprise pour qu’ils soient aidés, les entreprises pour qu’on conditionne les aides économiques aux entreprises à l’obligation de tendre la main aux jeunes, soit pour un emploi, soit pour une formation en alternance, soit pour un apprentissage. J’ai mis en place par exemple le service civique pour 500 jeunes, et ça marche, avec Martin Hirsch. Donc vous voyez que la mobilisation, elle est là, et c’est pour ça que nous sommes sur le terrain, pour voir ce qui marche, Monsieur Barbier.

Christophe Barbier : vous êtes sur le terrain, vous avez des idées, 62% des Français selon l’institut LH2 disent : « Choisissez votre candidat avant l’été ! ». Est-ce que c’est encore votre avis, est-ce que vous espérez que le parti va accélérer son processus ?

Ségolène Royal : je pense qu’il faut faire preuve de bon sens dans ce domaine. C’est quoi le bon sens ? C’est de faire en sorte que la campagne des primaires ne dure pas plus longtemps que la mère des batailles, qui est la campagne présidentielle. Qu’est-ce que c’est que la campagne présidentielle ? C’est le moment majeur où les Français vont pouvoir choisir le modèle de société qu’ils veulent, leur avenir commun, et moi je crois que la campagne présidentielle, et c’est la raison pour laquelle j’ai été candidate, ça sera aussi le moment de refermer la parenthèse Sarkozy, et de rendre aux Français ce qui leur a été pris.

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En 5 ans, presque 5 ans maintenant, tout a été pris aux Français : leur système de Sécurité sociale, leurs valeurs morales, la place de la France dans le monde, la dignité de la vie politique, tout a été pris aux Français. Donc, moi ce que je veux, dans cette campagne présidentielle, c’est que nous arrivions à convaincre les Français que nous allons leur rendre ce qui leur a été pris, premièrement, et deuxièmement que nous réconciliions les Français avec eux-mêmes, avec leur pays, et la France avec son histoire.

Christophe Barbier : donc une primaire courte et rapide pour après une grande campagne présidentielle ?

Ségolène Royal : oui, une primaire qui prend le temps de la primaire puisque tout le monde est d’accord pour que le dépôt de candidature se fasse en juin. Pourquoi faire 4 mois de campagne ? La question est là. Donc j’espère qu’à la réunion du mois de janvier, tout le monde fera preuve de bon sens, que nous puissions regarder tranquillement ces choses, que ça ne soit pas un sujet de polémique ou de division mais qu’on comprenne bien qu’il est, je le répète, anormal d’avoir une campagne interne, avec la machine à perdre que cela suppose, plus longue que la campagne présidentielle. Et ensuite que personne ne s’inquiète. Que personne, ne s’inquiète.

Christophe Barbier : vous serez rassemblés ?

Ségolène Royal : on sera rassemblés. Pourquoi ? Quel est notre modèle ? C’est finalement ce qui s’est passé aux Etats-Unis

Christophe Barbier : Obama-Hillary Clinton

Ségolène Royal : Obama-Hillary Clinton. Il y a eu une compétition, assez âpre parfois, mais ensuite un choix clair, et ensuite tout le monde a fait bloc, contrairement à ce qui s’est passé en 2007, tout le monde a fait bloc autour du candidat ou de la candidate désigné(e).

Christophe Barbier : avec un ticket Obama-Hillary puisqu’elle est dans son équipe. Est-ce que Dominique Strauss-Kahn a répondu  votre invitation à venir sur le ticket avec vous ?

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Ségolène Royal : mais vous savez j’ai des conversations importantes avec Dominique, qui n’ont pas…

Christophe Barbier : il vous a dit oui alors ?

Ségolène Royal : …non, mais qui n’ont pas, par respect pour lui, à être mises sur la place publique. Mais il est évident que sa compétence, son savoir-faire, qui est révélé d’ailleurs par les Français aujourd’hui – pourquoi ? – parce que nous subissons une crise financière mondiale très lourde, très forte, terrible, menaçante, et donc toutes les compétences seront utiles au redressement de la France. À lui ensuite de voir sous quelle forme il peut revenir dans la politique nationale, et c’est la raison pour laquelle j’ai ouvert jusqu’au moment où il l’estimera utile, jusqu’au mois de juin, et que j’ai dit, en fonction de la décision qu’il prendra, moi je me remettrai dans un dispositif gagnant.

Christophe Barbier : pourriez-vous aller, ce soir, au dîner républicain de Jean-Louis Borloo, il y a des gens de gauche, il y a Arnaud Montebourg, pour parler laïcité notamment ?

Ségolène Royal : c’est évident, et je l’ai toujours dit, qu’il y a des valeurs communes qui nous permettent de faire convergence avec une partie des centristes. J’ai parfois été brocardée, hein, sur cette façon de faire une vaste alliance de la gauche radicale aux centristes humanistes, mais la question de la laïcité, c’est bien sûr des choses qui sont convergentes, et je pense que pour mettre fin à la parenthèse de la droite qui fait si durement souffrir le pays, il est évident qu’il faudra rassembler, d’abord les socialistes, vous l’avez dit, ensuite la gauche, avec les écologistes, et ensuite bien évidemment, s’élargir vers les centristes humanistes qui pensent qu’il faut remettre les valeurs humaines au cœur de toutes les décisions politiques. Je l’ai fait, vous savez, dans la région, on m’a critiquée, on m’a dit que j’allais perdre les élections à cause de cela. Pas du tout, je crois que ça crée une dynamique politique. Les gens ont envie que nous dépassions les clivages politiques pour répondre à leurs vrais problèmes.

Christophe Barbier : Ségolène Royal, merci, bonne journée.


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9 décembre 2010 4 09 /12 /décembre /2010 23:17

 

d09311e63dfdd2d3aeb6664627ef9f58_large-1-.jpgC’était pourtant devenu une habitude, au point qu’on y prêtait plus vraiment attention. Le journaliste politique Alain Duhamel, nous avait tellement habitué à ses phrases assassines contre Ségolène Royal que cela paraissait dans l‘ordre des choses. Il avait d‘ailleurs, à chaque fois qu‘il prononçait son nom, un petit rictus révélant l’immense dénigrement qu’il portait à la personne. On en finissait même par ne plus vraiment croire à ce qu’il disait. On savait que pour lui, Ségolène Royal devait être quelque chose comme un être écervelé, comme un petit oiseau sur sa branche gazouillant gentiment et finissant dans les serres du faucon majestueux.

 

 Installé, à peine réveillé, dans le métro pour me rendre à mon travail, je parcourais Libé ce jeudi matin du 9 décembre. Lorsque au détour d’une phrase, rapidement lue, je découvrais là, simplement écrit, l’énorme métamorphose …

 

Alain Duhamel venait de décrire Ségolène Royal comme "un faucon" fonçant sur "un héron" …

     STOP ! On reprend ses esprits, on s‘arrête de lire, on relève les yeux, on se demande si on a bien compris, si on n’a pas rêvé, et on replonge d’un coup de tête dans le canard … Mais oui c’est bien écrit, noir sur blanc, Alain Duhamel voit maintenant Ségolène Royal comme « un faucon » !

 

HERON[1]

     Envolé le doux serin ... , la voilà métamorphosée en faucon … mais alors qui peut être le pauvre héron qui va se faire manger ? Qui finira dans l’œsophage du faucon : Dominique ou Nicolas ?

 

Devenue « tacticienne redoutable », selon les propres mots d’Alain Duhamel, il n’y a donc plus de doute, plus de suspens …. on connaît la fin tragique, Ségolène Royal va en faire qu’une bouchée … mais qui va prévenir le pauvre héron ?

 

Philippe Allard

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8 décembre 2010 3 08 /12 /décembre /2010 22:14

156800_1744144210536_1446662264_31873099_1161971_n-1-.jpgPas peur du froid, il en aurait fallu plus, à la présidente de région socialiste, pour annuler un rendez-vous pris avec les jeunes entrepreneurs et les habitants de Cergy.

 

 Sous un froid glacial, Ségolène Royal, entourée d’une foule de journalistes et de nombreux compagnons de route, a débarqué à Cergy ce matin huit décembre. Pas besoin de forces de l’ordre, de cordon de sécurité, inutile d’écarter les populations, bien au contraire, Ségolène Royal est venue à la rencontre directe des habitants.

 

 Un déplacement très médiatisé, c’est que la socialiste a une idée en tête qui n’est pas nouvelle puisqu’elle remonte à la campagne présidentielle de 2007. Pour la candidate socialiste, il faut absolument changer l’image des banlieues et redonner à ces populations un espoir et un avenir. Aussi, elle a convoqué la presse venue en très grand nombre.

 

 Mais ici, il n’y aura pas d’image d’insécurité, de violence ou d’échec. C‘est tout le contraire que veut montrer Ségolène Royal. C’est tout à l’opposé de l’image donnée par le pouvoir en place de Nicolas Sarkozy.

 

 Conduisant les médias à la rencontre de jeunes entrepreneurs aux origines diverses, mais tous avec la ferme volonté de réussir, la socialiste offre une image bien différente de la banlieue. Prenant bonnes notes de leurs difficultés, elle veut surtout mettre en avant leur créativité, leurs actions, leurs réussites.

Baladant les journalistes dans les rues de la ville, à la rencontre des habitants et des commerçants, elle a pu faire jaillir ici et là les sourires de ces hommes et ces femmes, un sourire tellement loin de la tristesse des regards que l’on nous montre habituellement.

 

Une belle réussite pour une entrée en campagne …

 

Alors que les socialistes préfèrent trop souvent les rencontres de salon, Ségolène Royal entend mener une campagne de terrain. Elle veut battre le pavé, aller à la rencontre directe des habitants pour porter ses combats et convaincre. Car la socialiste a compris qu'on ne peut remporter la victoire à gauche qu’avec et pour le peuple.

 

Philippe Allard

 

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