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25 mai 2011 3 25 /05 /mai /2011 10:53

230385 219335421428887 100000572914429 818097 4013780 n[1]Nous sommes dans un contexte particulier de l’évolution du monde. La crise du politique, d’Athènes à Barcelone, sans oublier Sanaa ou Tunis apparait au grand jour. Face aux mécontentements différents selon les peuples concernés, les dirigeants paraissent incapables de faire face. Une sorte de fatalité devant la complexification et le caractère inopérant des solutions traditionnelles.

Au même moment, des échéances importantes attendent le peuple français en 2012. En effet, il nous faudra choisir, au-delà de la personne à la tête de notre pays, les conditions d’une transformation en profondeur des modes de fonctionnement de notre démocratie. Cette exigence est la même que celle exprimée par les jeunes espagnols, rejoints par leurs parents et grands-parents, depuis quelques jours. Certainement, le gouvernement ami de Jose Luis Zapatero va en subir les conséquences à travers les élections municipales pour ne pas avoir anticipé cette demande récurrente de la société civile : « nous souhaitons être gouvernés autrement ».

Sinon, comment comprendre la volonté du gouvernement français d’installer des « radars pédagogiques » autrement que par l’absence de dialogue. Nous pouvons en dire de même s’agissant de la réforme des retraites ou de celle avortée du contrat première embauche (CPE).

Il en était de même quand la gauche au pouvoir cherchait à réformer l’enseignement privé à travers la loi Savary de 1984. De plus avec pour conséquences, à chaque fois, d’opposer les citoyens entre eux et de ne pas réunir toutes les conditions de succès

 

Autrement dit, pour mener à bien les réformes indispensables à notre pays, il nous faudra changer radicalement de méthode avec une prise en compte de la participation effective de nos concitoyens aux décisions qui les concernent. Précisément, savoir comment tenir compte des demandes de la société civile.

Pourtant, nous disposons des moyens constitutionnels pour un tel fonctionnement : le Conseil économique , social et environnemental(CESV) qui « a pour mission d’apporter, en amont d’une décision publique qui ne lui appartient pas et ne doit pas lui appartenir, un éclairage nourri par l’expérience du terrain des praticiens de l’économie, du social, de la vie associative…Le CESV est cette assemblée du premier mot qui transmet à l’élu, seul en charge d’exprimer le « dernier mot » de la décision publique, la voix de la quotidienneté, l’écho de la réalité économique et sociale vécue par ses acteurs »(1).

 

Cet idéal démocratique de la participation du citoyen appelle certaine autres conditions : quelle représentativité du monde associatif, des syndicats, des experts… par rapport à la demande sociale ? Quels moyens disposent les citoyens pour la compréhension de la complexité du monde en termes d’informations, de formation ? Comment concilier intérêt général et la participation individuelle ?

C’est à l’aune de ces questions et des réponses que nous apporterons qu’il nous sera possible d’aller au devant de nos concitoyens pour un diagnostic partagé de la situation de notre pays et un choix de la société que nous voulons pour 2012.

C’est dire que tout reste à faire pour les socialistes qui ont choisi une autre méthode que celle de la démocratie participative pour élaborer leur projet. Même adopté à plus de 95%, il présente une double limite : le taux faible de participation des militants socialistes et la nécessité de le « vendre » à nos concitoyens (théorie du marché politique). Que de temps perdu depuis Reims.

 

Sauf pour Ségolène Royal qui à travers les universités participatives et les rencontres de terrain cherche cette proximité avec la réalité de la vie de nos concitoyens tout en leur donnant les moyens indispensables pour comprendre l’évolution de la France, de l’Europe ou monde. A chaque fois, elle nous invite à la nécessaire articulation du local et du global (http://www.segoleneroyal-meag.com/article-intervention-de-segolene-royal-a-la-convention-nationale-du-ps-la-nouvelle-donne-internationale-et-europeenne-samedi-dernier-vi-58647846.html), à la prise de responsabilité citoyenne, à notre capacité d’indignation, à la recherche de solutions individuelles ou collectives…à la participation à la vie de la cité.

Consciente que la participation des citoyens n’est effective que lorsque le savoir est accessible quant aux problèmes à régler, aux solutions de rechange, aux risques, sans oublier les mécanismes de prises de décision, Ségolène Royal cherche à combler ce gap qui pourrait exister entre le citoyen et le politique.

Cette morale de l’action qui dicte son parcours politique permet non seulement d’évaluer à tout instant les réformes et actions menées mais de créer les conditions de transformation notre pays sans heurts, ni conflits insurmontables.

Ce parti pris de la réforme révolutionnaire, dans le sens où l’intérêt général est rediscuté pour éviter toute situation de rente quelle qu’elle soit, va de paire avec des réformes comme le non cumul des mandats, une meilleure articulation entre le législatif et l’exécutif et un approfondissement de la décentralisation des modes de prises de décision.

Avec Ségolène Royal, relevons le défi d’une respiration démocratique au service de notre pays. Une meilleure articulation entre la démocratie représentative, la démocratie sociale dans les entreprises et d’une plus grande participation des citoyens à la vie de la cité est indispensable à la situation heurtée de la France.

Avec la force citoyenne remettons la devise républicaine à l’endroit.

 

Abdoulaye Mbengue

 

(1): Qu'est ce que le Conseil économique et social, Jacques DERMAGNE, ed : l'Arcipel ( collection: information citoyenne)

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25 mai 2011 3 25 /05 /mai /2011 10:51

 

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(@Frédérick Moulin)

Un débat public avec Ségolène Royal : « L‘après-pétrole, l’après nucléaire : comment ? », était organisé lundi soir à Poitiers, à l’Hôtel Fumé, qui abrite la Faculté des Sciences Humaines.

 

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Georges Stupar (@Frédérick Moulin)

Georges Stupar, vice-président écologiste du Conseil régional et « responsable des politiques énergétiques à la Région » comme l’a présenté Ségolène Royal, animait les débats avec la présidente de la Région. Les invités étaient :


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Bernard Chabot, de l'Association négaWatt (@Frédérick Moulin)

-Bernard Chabot, de l’Association négaWatt – association dirigée par un collège de 24 experts et praticiens de l’énergie, tous impliqués professionnellement dans la maîtrise de la demande d’énergie ou le développement des énergies renouvelables, « la compagnie des négaWatts »,


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Eric Virvaud (@Frédérick Moulin)

-Eric Virvaud, du Syndicat des Energies Renouvelables, délégué du Groupe Régional SER-FEE (Syndicat des Energies Renouvelables-France Energie Eolienne),


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Roland Caigneaux (@Frédérick Moulin)

-et Roland Caigneaux, de Poitou-Charentes Nature (union régionale de 4 associations départementales de protection de la nature).


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Scénario négaWatt 2006 à droite, scénario tendanciel (projection des tendances actuelles) à gauche : à droite, en jaune pâle, les gisements d'économies d'énergie : de haut en bas : sobriété, efficacité sur offre, efficacité demande ; en vert les énergies renouvelable, en rose l'uranium, en ocre le pétrole, en marron le charbon, en gris, le gaz (@Frédérick Moulin)

Le scénario négaWatt, présenté et commenté par Bernard Chabot, a été au centre du débat, après l'intervention de Ségolène Royal.

Un écriteau avait été prévu pour un représentant d’EDF, mais personne n’est venu.


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Le professeur Barbier (@Frédérick Moulin)

Le professeur Jacques Barbier, Professeur Émérite de l'Université de Poitiers, spécialiste des questions d'électrochimie et de catalyse, président du pôle des éco-industries de Poitou-Charentes, et Grand prix de l'Académie des Sciences, était présent dans la salle et a apporté un complément d’information aux intervenants en fin de réunion.


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Vue rasante des parties centre et gauche du public, qui s'étendait jusqu'aux piliers en béton ; au premier plan à gauche, Michèle Fazilleau de Désirs d'avenir 86 (@Frédérick Moulin)

L’amphithéâtre était plein, 250 à 300 personnes étaient présentes, et non 200 comme l’annonce France 3 ci-dessous : l’amphithéâtre compte 312 places.

Mais ce qui était particulièrement marquant, c’était la diversité des gens dans le public. Les conseillers régionaux étaient venus nombreux, bien sûr, dont notamment Emile Bréjeon, le syndicaliste CFDT d’Heuliez qui avait rejoint la liste de Ségolène Royal en mars 2010, ou Yves Debien, le maire de Melle.

À l’entrée, des tracts étaient distribués : un tract Europe Ecologie-Les Verts, un tract du groupe Pavillon Noir de la Fédération Anarchiste de la Vienne, et un troisième tract d’un collectif Alternatifs/Amis de la terre/CNT/Greenpeace Poitiers/NPA86/Réseau Sortir du nucléaire/ACEVE/Solidaire/UFC Que choisir/EE-LV/Vienne Nature. Des tendances politiques et des sensibilités diverses étaient donc présentes et représentées.

Et dans le public, une foule métissée, avec des retraités, des actifs, des jeunes et des très jeunes, des hommes mais aussi beaucoup de femmes. À coté de moi était assise une conseillère municipale de Poitiers et secrétaire fédérale PS de la Vienne. Michèle Fazilleau, de Désirs d’avenir 86 (Vienne) était aussi présente.

C’était une réunion publique, mais elle a été bien plus participative que certaines UPP, de nombreuses personnes du public ont pu poser leur(s) question(s).


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Un élu d’une petite commune qui se heurte à la population pour implanter des éoliennes pose une question aux intervenants (@Frédérick Moulin)

La parole a ainsi été prise notamment par un militant de Greenpeace, par un élu d’une petite commune qui se heurtait à la population pour implanter des éoliennes, par un artisan qui a soulevé le problème du coût de l’isolation thermique.


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Un artisan qui  soulève le problème du coût de l’isolation thermique pose une question aux intervenants (@Frédérick Moulin)

Le débat a donc été riche, et l’attention du public soutenue.

 

Lancement du Débat public « l'après-pétrole et... par eric3362

 

France 3 Poitou-Charentes a fait une brève apparition dans la salle, pour finalement interviewer Ségolène Royal à la sortie de la Faculté des Sciences Humaines :

« Sortir du nucléaire, ça n’est pas une utopie. C’est quelque chose qui est techniquement réalisable. Et sortir du pétrole aussi, ça n’est pas une utopie, si on s’appuie sur les évolutions des technologies très importantes comme la voiture électrique par exemple, et comme la totalité des biocarburants, mais surtout, le vrai réservoir d’énergie, c’est l’énergie solaire.

France 3 Poitou-Charentes : « l’après », ce sera l’argument choc de votre campagne ?

Ah, de toute façon il faut toujours inventer un après, vous voyez, et ici, la Région qui a une énergie d’avance, je pense, est bien placée pour inventer tous les « après ».

À venir : dans l'après-midi, l'intervention intégrale de Ségolène Royal en début de réunion.

Frédérick Moulin

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23 mai 2011 1 23 /05 /mai /2011 22:12

230385_219335421428887_100000572914429_818097_4013780_n-1-.jpgC. - Enterrée Ségolène Royal, pourquoi le comprennent-ils pas ? Pourtant on aura tout fait. On leur aura bien répété sur toutes les chaînes, sur toutes les ondes, dans tous les magazines. On leur aura dit et redit : Ségolène Royal c’est fini ! Circulez, il n’y a plus rien à espérer. Vous devez passer à autre chose.

N.S- Avez-vous bien tout essayé ?

C. - Mais oui … On leur aura trouvé même des candidates et candidats de remplacement. On leur aura vanté leurs mérites tout en l’égratignant bien à chaque fois. On leur aura balancé des tonnes de sondages, un par jour même ! Vous rendez-vous compte, un par jour pour bien leur faire comprendre dans leur petite cervelle qu’il n’y avait plus rien à attendre d‘elle. Elle est finie on vous dit ! Elle est finie ! Rentrez chez vous et choisissez bien confortablement dans votre canapé la ou le candidat qu’on vous présente. C’est la ou le candidat idéal pour vous. Puisqu’on vous le dit !

N.S - Et alors ?

C. - Rien à faire ils sont toujours là ! Toujours aussi nombreux ! Que valent nos sondages face à ces foules ? Regardez ces salles qu’elle remplit ! On ne sait plus quoi faire …

N.S - Mais que leur dit-elle ?

 C. - Elle leur parle de politique …Elle leur présente tout un programme pour 2012. Elle leur propose une autre politique avec un engagement de l’Etat pour restaurer l’école républicaine, pour une politique écologique au service de l’environnement et des hommes, pour un volontarisme économique, pour un pacte de l’emploi des jeunes, pour une nouvelle démocratie …

 N.S - Incroyable !

C. - Souvent même ils prennent la parole et elle les écoute …

N.S- Elle les écoute … quelle drôle d’idée … elle n’a donc pas changé !

C. - Elle veut lutter contre la crise actuelle. Elle veut agir ! Vous rendez vous compte, agir … et pas seulement dans les mots comme nous. Elle veut une politique par la preuve … Elle propose que l’Etat intervienne pour stopper la hausse de l’essence et de l’énergie. Elle propose 50 produits sans hausse des prix pour éviter que les familles les plus modestes tombent dans la misère !

N.S - Elle veut agir… Mais c’est absurde il y a longtemps qu’ on y a renoncé. Personne ne propose cela !

C. - Mais ils sont nombreux à la suivre …

N.S - Vraiment nombreux ?

C. - Très nombreux !

N.S - Mais alors nous sommes en réel danger ?

C. - Oui Président !

 

Philippe Allard

Photo de Thanh-Binh Nguyen, prise lors du déplacement à Toulouse de Ségolène Royal dimanche 22 mai.

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23 mai 2011 1 23 /05 /mai /2011 17:21

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Scandaleux : c’est le mot bien senti de Ségolène Royal pour pointer avec indignation « l’inertie et le manque d’anticipation du gouvernement » face au drame de la sécheresse qui frappe les agriculteurs partout en France et en particulier dans l’ensemble de la région Poitou-Charentes.

 

Jeudi pendant qu’elle visitait une exploitation agricole dans la Vienne, mais aussi vendredi à BFM, elle s’est exprimée avec force sur la situation de tous ces hommes et ces femmes qui se battent pour leur existence face à des phénomènes naturels implacables, certes mais aussi face à la spéculation sur les produits agricoles, face à « un gouvernement qui continue de soutenir une agriculture toujours plus dépendante en eau, en pesticides et en engrais de synthèse ».


Ayant dit cela, Ségolène Royal ne s’est pas contentée de s’indigner : elle a agi en débloquant, notamment, un fonds régional d’aide d’urgence aux éleveurs, de 5 millions d’euros, pour couvrir des achats de fourrage et les frais de transport – indispensables quand on sait que des agriculteurs n’avaient plus qu’une semaine de réserves et risquaient de devoir envoyer les bêtes à l’abattage…

 

Scandaleux, aussi le sort de cette femme que décrit Noël Nel de DA Nancy, lors de la visite de Ségolène Royal à la structure d’insertion du Grand Sauvoy à Maxéville : cette mère de  quatre enfants dont l’un est handicapé, qui vit avec le RSA et qui, surendettée, doit nourrir sa famille grâce aux paniers alimentaires  des associations ad hoc. Qui a parlé, récemment, de « cancer de la société française » ? Noël Nel décrit l’émotion de Ségolène Royal et sa volonté réitérée d’imposer la liste des 50 produits nécessaires à prix bloqué. C’est au nom de cette volonté que nous étions, samedi, tout un groupe DA dans un quartier de Paris pour demander à nos concitoyens de participer à la composition de la liste.

 

Scandaleux, encore et toujours de devoir constater « que le chômage des jeunes est le plus élevé d’Europe » et la façon dont galèrent les jeunes diplômés comme Ségolène Royal le souligne interviewée dans Les Inrockuptibles . D’où son indignation devant le « déclassement des jeunes en France ». Là encore, en Poitou-Charentes, des mesures comme l’Engagement première chance, destinés à ceux qui n’ont pas de qualification au bout de leur scolarité, apportent un financement de la région qui permet à ces jeunes d’apprendre un métier auprès des artisans ou des PME par le biais des Chambres des métiers.

 

Face au scandale, que fait donc Ségolène Royal ? Ce qu’elle fait toujours : la politique par la preuve.


Les Chroniques de Laetitia

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23 mai 2011 1 23 /05 /mai /2011 13:38

 

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Ségolène Royal, en déplacement hier à Toulouse, était l’invitée de Corinne Lebrave dans le JT du 19/20 sur France 3 Midi-Pyrénées. La voix un peu éraillée par la réunion de La Force Citoyenne qu’elle venait de tenir sur le thème du pouvoir d’achat devant une salle bondée de « 650 personnes », dont « beaucoup de jeunes », la candidate aux primaires organisées par le PS rayonnait.

Ségolène Royal a parlé pouvoir d’achat, « solutions concrètes », dont l’objectif de limitation à « 20% du revenu des gens » du « coût du logement », primaires.

Sur les primaires, « pas très favorables » à Ségolène Royal selon la journaliste, la candidate, après avoir dit ce qu’elle pensait des sondages à un an de la présidentielle, a été directe :

« Je crois que la France a besoin d’une présidente de la République qui soit à la fois honnête et efficace, et qui a fait la preuve dans toutes ses responsabilités que j’étais animée de la morale de l’action. »

Sur les primaires également, Ségolène Royal, interrogée par un téléspectateur, à souligné : « Je pense que ce serait une très bonne idée d’élargir les primaires à toute la gauche. » ; avant de rappeler que les écologistes et le PC n’avait pas à ce jour choisi de participer à la primaire organisée par le PS.


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Sur l’idée d’un front uni face aux droites, Ségolène Royal a souligné qu’il était possible autour des trois valeurs républicaines, la Liberté, l’Egalité et la Fraternité, à travers une « alliance de la gauche, des altermondialistes, des écologistes, et des centristes humanistes, en tout cas de tous les Républicains qui veulent vraiment que la France s’en sorte ».

Interrogée par un autre téléspectateur sur la désaffection des classes populaires au PS, elle a souligné qu’avec 61% des suffrages dans sa Région, les classes populaires et les classes moyennes étaient venues voter, « parce que je les défends ardemment ». Mais elle a admis que certains pouvaient être « découragés », et a martelé :

« La politique a encore une marge de manœuvre, et moi je n’accepte pas que la mondialisation se fasse sur le dos des catégories moyennes et des catégories populaires, et il faut changer les règles du jeu. »

Enfin, après un reportage sur le mouvement contestataire des jeunes en Espagne, symbolisé par les manifestation sur la place centrale de Madrid, la Puerta del Sol, et sur le début de protestation des jeunes Toulousains place du Capitole, initié en soutien du mouvement espagnol, mais qui prend de plus en plus son autonomie sur le thème de la précarité des jeunes en France, Ségolène Royal a souligné, avant de rappeler les actions menées dans sa Région (Emplois Tremplins, engagements Première Chance, …) :

« Le chômage des jeunes est beaucoup trop élevé aujourd’hui, ils se demandent si la société leur tend les bras et s’il va y avoir une place pour eux, et ça c’est une question cruciale, parce qu’un pays ne peut pas correctement envisager son avenir si les jeunes, surtout ceux qui en plus ont travaillé, qui ont un métier, qui sont diplômés, qui sont apprentis, qui ont des métiers valables, ne trouvent pas d’emploi, et c’est pour ça que moi je propose que la lutte contre le chômage des jeunes devienne une grande cause nationale. »

Frédérick Moulin

 

<br> <span style="font-size: 10pt;" _mce_style="font-size: 10pt;"><a href="http://www.dailymotion.com/video/xiuixg_segolene-royal-etait-l-invitee-du-19-20-midi-pyrenees_news" _mce_href="http://www.dailymotion.com/video/xiuixg_segolene-royal-etait-l-invitee-du-19-20-midi-pyrenees_news" target="_blank">Ségolène Royal était l'invitée du 19/20...</a> <em>par <a href="http://www.dailymotion.com/segolene-royal" _mce_href="http://www.dailymotion.com/segolene-royal" target="_blank">segolene-royal</a></em></span>

Ségolène Royal était l'invitée du 19/20... par segolene-royal

 


Retranscription par Militants de l’Espoir À Gauche avec Ségolène Royal / F.M.


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Corinne Lebrave : politique donc, avec la venue de Ségolène Royal à Toulouse, la candidate à l’investiture socialiste pour la présidentielle de 2012 est allée, je vous le disais, à la rencontre des associations et des militants cette après-midi au Centre Alban Minville dans le quartier du Mirail à Toulouse, avant de tenir une réunion publique sur le pouvoir d’achat. La présidente de la Région Poitou-Charentes est notre invitée, Madame Royal, bonsoir.

Ségolène Royal : bonsoir.

Corinne Lebrave : merci d’être avec nous ce soir. Alors vous êtes venue parler du pouvoir d’achat, mais j’imagine qu’avec la semaine un peu exceptionnelle qu’a connue la France, et notamment le Parti socialiste, l’affaire DSK est encore dans tous les esprits, je précise que ce soir ce sont aussi les téléspectateurs qui posent les questions, elles nous sont parvenues par internet, et cela me mène donc à vous poser la première en relation avec DSK, c’est celle de Jean-Pierre de Fleurance : « Cette affaire ne risque-t-elle pas de discréditer l’ensemble du PS ? »


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Ségolène Royal : absolument pas. Mais il appartient au Parti socialiste de faire des propositions efficaces et crédibles pour répondre aux problèmes des Français, c’est ça le rôle d’un grand parti politique, et c’est ça aussi l’enjeu de 2012, c’est que les Français puissent se dire, avec cette élection présidentielle, que la gauche veut gagner, notre vie quotidienne va s’améliorer.

Et je puis vous dire que dans les réunions que j’ai tenues aujourd’hui sur Toulouse, personne ne m’a parlé de ce que vous appelez « l’affaire DSK », personne.

On m’a parlé des problèmes de pouvoir d’achat, de retraites trop petites, de gens qui travaillent et qui pourtant n’arrivent pas à boucler les fins de mois, de l’explosion du prix de l’énergie, de l’explosion du prix des loyers, j’ai testé les gens sur mon idée qui était de bloquer au moins le prix de 50 produits de première nécessité, à la fois pour l’alimentation et pour l’entretien, de bloquer le prix de l’énergie, de faire en sorte que le coût du logement n’aille pas au-delà de 20% du revenu des gens.

Voilà des solutions concrètes qui doivent permettre de remettre un peu plus de justice, quand même, dans notre société, quand on voit les fortunés qui se sont encore enrichis, et qui ont eu des cadeaux fiscaux, et les catégories moyennes et modestes qui se sentent tirées vers le bas, et moi je n’accepte pas cela pour mon pays.

Corinne Lebrave : alors, justement, vous êtes à Toulouse dans le cadre des primaires, elles n’ont jamais été aussi ouvertes, c’est une première sans l’histoire du PS. En revanche, contrairement à 2007, elles ne vous sont pas très favorables, pour l’instant en tout cas.


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Ségolène Royal : eh bien, écoutez, c’est tant mieux, il m’appartient  comme cela de faire davantage de travail pour convaincre.

Mais vous savez, les Français savent bien qu’un an avant une élection, les sondages se sont toujours trompés, et de toute façon, les sondages, ça n’est pas le choix démocratique des gens.

Donc il y a encore beaucoup de temps, j’ai eu, en 2007, 17 millions de voix, ce qui ne me donne aucun droit, mais en même temps qui me donne le devoir, comme je l’ai toujours dit, de rester fidèle aux valeurs que je défends, et en particulier aujourd’hui.

Je crois que la France a besoin d’une présidente de la République qui soit à la fois honnête et efficace, et qui a fait la preuve dans toutes ses responsabilités que j’étais animée de la morale de l’action, c’est-à-dire l’évaluation de ce que l’on fait du pouvoir quand on a la chance de l’avoir entre les mains pour que les choses changent vraiment, tout en étant fidèle à ce que l’on doit protéger, et ce qui fait aussi l’identité de notre pays, et la soif aussi je voudrais dire, qui est très importante, hein, la soif de sécurité, et la soif d’éducation, voilà les grands piliers de mon projet présidentiel.


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Pierre Laurent, "le nouveau leader du PC"

Corinne Lebrave : alors, Madame Royal, vous n’étiez pas la seule à Toulouse aujourd’hui, Pierre Laurent, le nouveau leader du Parti communiste était également à Toulouse, il est venu animer le meeting de clôture de la Fête de l’Humanité, qui s’est déroulée durant tout le week-end sur la plaine des Argoulets. Une gauche unie pour un candidat à la présidentielle, pourquoi pas, Antoine dans le Lot aimerait savoir pourquoi les primaires ne sont pas étendues justement à toute la gauche ?


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Ségolène Royal : mais je le souhaiterais également, je pense que ce serait une très bonne idée d’élargir les primaires à toute la gauche, maintenant il appartient aux autres organisations politiques de se définir en tant que telle, Europe Ecologie a choisi de faire des primaires de son côté, le Parti communiste, je ne sais pas, en tout cas ne s’est pas joint, pour l’instant, aux primaires du PS, mais je suis convaincue de toute façon que vont venir voter… D’abord je dis à vos téléspectateurs que tout le monde peut venir voter, pas seulement les gens qui sont – parce qu’on m’a encore posé la question cette après-midi…

Corinne Lebrave, l’interrompant : pour vous en 2012, vous voulez être la candidate, je crois, de toutes les composantes, ou de la plupart en tout cas des composantes de la gauche, pour vous, en 2012 il faut faire front, il faut que la gauche fasse front face, justement, au candidat de l’UMP ou au candidat du Front national ?

Ségolène Royal : vous savez, à partir du moment où ce sont vraiment les valeurs républicaines qui ont été abîmées pendant ces 4 années : la Liberté, est-ce qu’on a la liberté de vivre lorsque le travail ne paye plus suffisamment pour boucler les fins de mois ; l’Egalité, est-ce que l’égalité est encore là lorsqu’elles [les inégalités] ne se sont jamais autant creusées qu’aujourd’hui, et qu’elles affaiblissent la confiance dans notre pays ; la Fraternité, regardez, les Français sont dressés les uns contre les autres, donc si l’on veut vraiment reconquérir ces valeurs, en effet, on peut faire alliance de la gauche, des altermondialistes, des écologistes, et des centristes humanistes, en tout cas de tous les Républicains qui veulent vraiment que la France s’en sorte.

Corinne Lebrave : alors, comment expliquez-vous que le PS, c’est une question aussi d’un de nos téléspectateurs, José de Castanet : « Comment expliquez-vous que le PS ait perdu aujourd’hui la confiance des classes populaires ? »

 

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Ségolène Royal : mais où avez-vous vu cela ? Je ne sais pas, vous savez, moi j’ai été élue à 61% des voix dans ma Région, je peux vous dire que les classes populaires, elles sont venues voter, parce que je les défends ardemment, les classes moyennes et les classes populaires, mais c’est vrai qu’une partie des gens sont découragés, se replient sur eux, pensent que la politique ne sert plus à rien, estiment que leurs responsables politiques ne sont pas suffisamment vertueux, pensent que la parole politique ment, et à ces catégories populaires, moi je leur dis qu’au contraire, la politique a encore une marge de manœuvre, et que moi je n’accepte pas que la mondialisation se fasse sur le dos des catégories moyennes et des catégories populaires, et qu’il faut changer les règles du jeu.


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Des tentes se sont installées sur la place du Capitole à Toulouse pour soutenir le mouvement des jeunes en Espagne

Corinne Lebrave : la mondialisation, on va en parler, avec un sujet qui v… enfin, de façon … avec un sujet qui va vous intéresser, Madame Royal, on en parlera après, des tentes ont fait leur apparition sur le Capitole à Toulouse depuis hier soir, des jeunes ont décidé de se relayer sur la place à l’instar de la jeunesse espagnole, dans un mouvement spontané de solidarité avec l’occupation de la Puerta del Sol à Madrid, mais aussi pour mettre en lumière les situations de précarité qui existent en France. Emmanuel Wat et Denis Tanchereau.

-oOo-

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Angela Salazar, étudiante espagnol à Toulouse dans le cadre du programme Erasmus, relaie la mobilisation auprès les Toulousains

« Angela est originaire de la région d’Alicante en Espagne. Elle poursuit ses études en France dans le cadre du programme Erasmus, la jeune femme suit de près le mouvement de contestation né sur la place de la Puerta del Sol à Madrid, une mobilisation qu’elle relaie maintenant auprès de la population toulousaine :

« Attendre, attendre beaucoup et accepter, accepter la situation, l’accepter, mais il arrive un moment que les personnes, ça ne peut continuer comme ça. Il y a une manifestation aussi à Paris, à Berlin, à beaucoup de pays de l’Europe. »


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Depuis le 15 mai, les manifestants campent dans le centre des grandes viles espagnoles

Depuis le 15 mai, les manifestants campent dans le centre de grandes villes espagnoles, plusieurs milliers de personnes déçues par le fonctionnement des partis politiques réclament de vraies mesures contre l’injustice sociale et les dérives du capitalisme.


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"Tu voz es nuestra voz", "Ta voix est notre voix" : en Espagne, "plusieurs milliers de personnes déçues par le fonctionnement des partis politiques réclament...

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...de vraies mesures contre l'injustice sociale et les dérives du capitalisme"

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Premières victimes du chômage, les jeunes sont indignés par la situation actuelle.


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Sur la façade du Capitole à Toulouse, "Indignados", "Indignés" ; on lit aussi : "Basta!" "Tous les politiciens au RSA" : en Espagne, "premières victimes du chômage, les jeunes sont indignés par la situation actuelle. La nuit dernière, une cinquantaine de personnes a dori sur la place du Capitole pour soutenir la fronde en Espagne"

La nuit dernière, une cinquantaine de personnes a dormi sur la place du Capitole pour soutenir la fronde en Espagne.


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[Mats Lucia :] « Ça a commencé comme un peu comme de la solidarité avec le mouvement en Espagne, maintenant on s’est rendus compte vite qu’il y a des conditions de revendication qu’on peut adapter à chaque contexte, et c’est pour ça qu’on a la volonté de créer aussi un mouvement propre, ici. »


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Place du Capitole à Toulouse : "Contra la dictadura del Capital", "Contre la dictature du Capital"

Des élections locales avaient lieu ce dimanche de l’autre côté des Pyrénées ; sans attendre la fin du scrutin, les occupants de la place centrale de Madrid ont voté la poursuite du mouvement jusqu’au 29 mai. »

-oOo-

Corinne Lebrave : alors Madame Royal, votre réaction, la contestation encore timide, hein, mais qui gagne apparemment à Toulouse la jeunesse, qu’est-ce que vous en pensez ?


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Ségolène Royal : "Le chômage des jeunes est beaucoup trop élevé aujourd’hui, ils se demandent si la société leur temps les bras et s’il va y avoir une place pour eux, et ça c’est une question cruciale, parce qu’un pays ne peut pas correctement envisager son avenir si les jeunes ne trouvent pas d’emploi"

Ségolène Royal : eh bien écoutez, en tout cas, ce qui est vrai, c’est que le chômage des jeunes est beaucoup trop élevé aujourd’hui, ils se demandent si la société leur tend les bras et s’il va y avoir une place pour eux, et ça c’est une question cruciale, parce qu’un pays ne peut pas correctement envisager son avenir si les jeunes, surtout ceux qui en plus ont travaillé, qui ont un métier, qui sont diplômés, qui sont apprentis, qui ont des métiers valables, ne trouvent pas d’emploi, et c’est pour ça que moi je propose que la lutte contre le chômage des jeunes devienne une grande cause nationale.

Corinne Lebrave : alors ce n’est pas seulement le chômage, hein, c’est aussi les politiques, là, qui sont visés, les grands partis.

Ségolène Royal : oui, mais les grands partis sont visés parce que les jeunes sont au chômage, et en France en particulier. Ils n’arrivent plus d’autre part à se loger, avec l’augmentation du prix des loyers, beaucoup de jeunes, qui commencent dans la vie professionnelle, n’arrivent plus à se loger. Ils subissent aussi, et très directement, la hausse des prix.

Et on le voyait encore tout à l’heure dans la réunion au Mirail, et à la réunion, il y avait 650 personnes tout à l’heure à la réunion, et beaucoup de jeunes, ça m’a vraiment frappée, avec lesquels j’ai parlé après la réunion, ils m’ont dit : mais écoutez, on est diplômés, on a fait notre travail, on a bien travaillé à l’école, et aujourd’hui on ne trouve pas d’emploi.


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Donc ça, c’est quelque chose qui est en train de s’écrouler dans la société française, et moi je ne l’accepte pas, parce qu’il y a des solutions. Lesquelles ? Par exemple les jeunes en alternance, si on conditionnait les aides aux entreprises ou les exonérations de charges dont les entreprises bénéficient, à l’obligation de prendre des jeunes en alternance, comme je le fais d’ailleurs dans ma Région, on pourrait commencer à lutter contre le chômage des jeunes.

Les engagements Première Chance, l’apprentissage, les Emplois Tremplins qui aident les entreprises à recruter des jeunes diplômés, les groupements d’employeurs, il y a toute une palette d’action sur lesquelles aujourd’hui, c’est vrai qu’on a un gouvernement quand même très inerte, alors que des solutions existent.

Corinne Lebrave : merci Madame Royal d’être venue sur ce plateau et d’avoir répondu à nos questions.

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22 mai 2011 7 22 /05 /mai /2011 21:44

 

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Hier, la Région Poitou-Charentes publiait une vidéo retraçant la visite de Ségolène Royal aux éleveurs et aux agriculteurs à Aslonnes, dans la Vienne, le jeudi 19 mai, au cours de laquelle la présidente de la Région a annoncé les mesures que la Région prenait devant l’inertie et l’impotence de l’Etat, qui lui, étend les arrêtés préfectoraux de restriction d’arrosage : sanctions et inertie au niveau de l’Etat, solidarité, action, et prévention au niveau de la Région présidée par Ségolène Royal.


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Ségolène Royal et François Crouigneau, l'éleveur chez qui s'est déroulée la rencontre

Ségolène Royal a en effet appelé à un changement des méthodes et habitudes agricoles : premier volet dès son plan d’urgence, « la réorientation d’un certain nombre de pratiques agricoles pour que soient plantées des espèces fourragères qui soient beaucoup plus résistantes à la sécheresse ». Nous avions évoqué dans un article précédent le sorgho fourrager.

 


Ségolène Royal a appelé l’Etat à agir, et a annoncé les mesures de la Région :

« Les mesures qui doivent impérativement être prises le plus rapidement possible, comme les agriculteurs le demandent, c’est d’une part le blocage des prix de la paille, le blocage du prix du fourrage, parce qu‘il y a de la spéculation qui est inadmissible, la réquisition des céréales, notamment des céréales exportées, pour qu’elles soient réorientées vers la nourriture des troupeaux, et l’interdiction du broyage de la paille [pour épandage sur les champs pour les amender et les fertiliser, NdlR].


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Rencontre de Ségolène avec les agriculteurs : à sa gauche Benoît Biteau, à sa droite François Crouigneau

Voilà ce que le gouvernement doit faire tout de suite, mais vraiment tout de suite pour empêcher la spéculation.


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Une des chèvres de François Crouigneau : l'herbe dans les prairies est desséchée, il doit les nourrir et les garder à l'étable et n'a pu faucher que 35 bottes de foin, soit 3 à 4 semaines de nourriture pour ses animaux

De son côté, ce que la Région propose de mettre en place un fonds d’urgence de 5 millions d’euros, qui va permettre à la fois des aides d’urgence aux éleveurs qui souffrent le plus, et des aides pour la réorientation d’un certain nombre de pratiques agricoles pour que soient plantées des espèces fourragères qui soient beaucoup plus résistantes à la sécheresse. »


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La rencontre avec les agriculteurs se déroulait dans la ferme de François Crouigneau, à Aslonnes, qui a déclaré :

« Je pense que c’est très important que la Région se rende sur place dans une exploitation touchée par la sécheresse pour se rendre compte des problèmes auxquels les éleveurs vont être exposés, et d’essayer de nous accompagner dans le surcoût de l’approvisionnement qu’on va avoir sur les semaines et les mois qui viennent. »

 

Charente Maritime: les irrigants en rogne contre... par eric3362

 

Hier, des agriculteurs et irriguants en colère ont bloqué différentes entrées et sorties de l’autoroute A10, notamment à Saint-Jean-d’Angély, en Charente-Maritime, pour protester contre le denier arrêté préfectoral ordonnant des restrictions d’arrosage.


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Jean-Yves Moizant, agriculteur participant à l’opération et président de l’Association des Syndicats Autorisés de la Boutonne, déclare ainsi :

« Certains d’entre nous ont investi dans de l’irrigation pour se prémunir de ces sécheresses-là. »

Le préfet, donc l’Etat, qui n’a pas su prendre de mesures préventives, malgré des indicateurs au rouge depuis janvier, ni encourager la nécessaire reconversion vers une agriculture plus économe et plus respectueuse de l’eau, entre autres, se retrouve donc avec sur le dos un mouvement de protestation de ceux qu’il a encouragés : les irriguants, qui ont investi dans l’irrigation, là où Ségolène Royal préconise, devant une ressource devenue rare et polluée, la « désirrigation » !

Par ailleurs, les demandes, les initiatives et les aides d’urgence de la Région Poitou-Charentes, voulues par Ségolène Royal, n’ont été reprises nulle part à l’occasion des reportages sur les manifestations d’hier, ni sur France 3 Poitou-Charentes, ni sur France 2.

Si l’heure n’était pas si dramatique et l’eau si absente, on pourrait presque dire que l’Etat, c’est l’arroseur arrosé.

Frédérick Moulin

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21 mai 2011 6 21 /05 /mai /2011 18:23

 

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Aujourd'hui a lieu en la 6ème Créateuf de la Région Poitou-Charentes, le festival des talents lycéens imaginé dans le cadre du Budget Participatif des Lycées (BPL). Depuis 2006, cet événement pour les jeunes est de plus en plus populaire : plus de 6 500 lycéens participants l’année dernière, et 8 000 attendus cette année.

 

Ségolène Royal
Huit mille jeunes reconnaissants de l'action culturelle que je conduis.Voilà la vraie,la bonne politique, généreuse, respectueuse, efficace.

 

 

Ségolène Royal
Huit mille lycéens de ma région rassemblés à Niort pour la Créateuf, fête des talents culturels lycéens. J'ai été enchantée de leur accueil.

 

Un profil Facebook a été créée pour l’événement, et 5 568 personnes aiment la ‘Créateuf Région Poitou-Charentes’ ! Dont Edwy Plenel par exemple.


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Cette année, la Créateuf a lieu à Niort, au parc d’exposition de Noron. À partir de 13h, 84 groupes et troupes de lycéens, de la musique aux défilés de mode en passant par le théâtre, les courts métrages ou l’art de la rue se produisent, soit environ 600 jeunes artistes. La sélection a été difficile : plus de 400 projets ont été présentés à la sélection. Le choix a été fait par un jury composé de lycéens, d’artistes, d’animateurs culturels des lycées, de professionnels de la culture, d’enseignants, de membres du rectorat et de la DRAF.

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Cliquez sur l'image pour accéder au programme

Et à 20h40, les professionnels montent sur scène, avec le rock des Hurlements d’Léo et le reggae de Dub Inc. Un groupe lycéen aura l’honneur de monter sur scène et de se produire avec ces deux têtes d’affiche, un jury composé des animateurs culturels des lycéens100 animateurs culturels ont été recrutés par la Région selon la volonté de Ségolène Royal, où « ils font merveille » confiait cette dernière aux Inrockuptibles mercredi dernier – fait cette après-midi la tournée des concerts pour choisir le groupe qui aura cet honneur.


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La Créateuf représente une année de travail et d’efforts réalisés par des lycéens assoiffés de culture et par les adultes qui les accompagnent. C’est un formidable espace d’expression où se mêlent les richesses des territoires de la Région.

Mais c’est bien plus que ça. La Créateuf est pour le lycéen un outil d’épanouissement et permet à l’ingéniosité de chacun de s’exprimer selon sa sensibilité, et d’accomplir ses premières réalisations. C’est aussi un espace de création où, grâce au Budget Participatif des Lycées, l’argent n’est pas un obstacle à l’expression culturelle des lycéens, surtout de ceux dont les familles ont des revenus modestes. Enfin et surtout, c’est un formidable espace de rencontres, de solidarité, de travail en équipe, et d’échanges, la Créateuf permet donc à la fois une meilleure intégration dans la vie sociale et un stimulus important pour les jeunes.

 

 

 

La Nouvelle République a réalisé une petite vidéo dans les Deux-Sèvres sur 2 des 84 groupes qui vont se présenter mercredi 18 mai 2011.


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Le premier groupe est la troupe de « Globe Trotter », un spectacle présenté uniquement à la Créateuf, une chorégraphie de hip hop, mettant en scène différents continents à travers chacun des 4 lycées qui forme la troupe de 40 élèves, encadrée par la Compagnie professionnelle E.go de Niort : les lycées de la Venise Verte à Niort, Paul Guérin à Niort, Haut Val de Sèvres  à Saint-Maixent-l’Ecole et Ernest Pérochon à Parthenay.


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Les lycéens s’entrainent chacun de leur côté, mais aussi tous ensemble pour synchroniser les prestations, parfaire la chorégraphie, travailler ensemble, tous les mercredis après-midi depuis le mois de mars au Centre National des Arts de la Rue (CNAR) de Niort, un des 9 existant en France, qui utilise les locaux entièrement réhabilités fin 2009 des anciennes usines Boinot (chamoiserie). La synchronisation finale de la chorégraphie s’est faite au cours de 5 séances, ça n’a pas été facile, mais le travail d’équipe a payé et la troupe était prête mercredi.


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De gauche à droite : Taylor, Alexis et Simon

Le second groupe est le groupe de musique funk/alternative TAPS, composé de 4 lycéens de Jean Macé à Niort : Taylor, Alexis, Paul et Simon (T.A.P.S.). Lors de la vidéo, Paul était absent. Même pas 18 ans, et malgré leur timidité devant la caméra, déjà une solide organisation, une passion : une page sur www.myspace.com, 3 morceaux de musiques à écouter dessus, des photos des petits concerts déjà effectués.


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Alexis explique : « On a monté le groupe il y a 8 ans, quand on était en primaire, en CM2. […] Puis l’animateur musical nous a aussi beaucoup aidé, puisqu’on a fait toutes les fêtes de la Musique grâce à eux, puis des petites scènes, au centre socio-culturel, donc ça nous a aidé à progresser, puisque quand on fait du live, c’est toujours plus sérieux. »


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The TAPS en concert sur une petite scène

Pour eux, la Créateuf, c’est l’occasion de rencontrer un large public et de travailler avec des professionnels : son, éclairage, etc., comme le dit Simon, qui n’en revient pas d’avoir été sélectionné et d’arriver à a Créateuf.


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"Moov'art" au lycée professionnel Marc-Godrie de Loudun (Vienne) ; à droite l'animateur culturel Cyprien Carrière (LNR)

Ce matin, La Nouvelle République commentait la participation du lycée professionnel Marc-Godrie, de Loudun, dans la Vienne, « le lycée éco-citoyen » comme il se proclame sur sa page d’accueil. Musique, théâtre, arts de la rue mais aussi photo sont les thèmes choisis par les lycéens ; sous la houlette de leur animateur culturel Cyprien Carrière, la dizaine de mordus de photos de Marc-Godrie ont en effet été sélectionnés pour la Créateuf avec la composition « Moov’art ».

Dernier point important : la Créateuf est une éco-manifestation, une « éco-manif » :

-des clauses environnementales ont été introduites dans les marchés publics,

-pour la restauration, les circuits courts ont été privilégiés et les emballages réduits afin de limiter les déchets,

-des moyens de transport éco-responsables ont été mis à la disposition des participants.

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Les organisateurs expliquent aussi le rôle de chacun dans l’éco-manif par la Légende de la part du Colibri et ont établi une charte de l’éco-festivalier :

« Un jour, dit la légende, il y eut un immense incendie de forêt. Tous les animaux terrifiés et atterrés observaient impuissants le désastre. Seul le petit colibri s’active, allant chercher quelques gouttes d’eau dans son bec pour les jeter sur le feu. Au bout d’un moment, le tatou, agacé par ses agissements dérisoires, lui dit « Colibri ! Tu n’es pas fou ! Tu crois que c’est avec ces gouttes d’eau que tu vas éteindre le feu ?! » « Je le sais » , répond le colibri, « mais je fais ma part. »

(Pierre Rabhi, La part du colibri, l’espèce humaine face à son devenir)

La Créateuf, c'est 6 500 participants l’an dernier, 8 000 cette année. Si chacun y met du sien tout ira bien ! »

Le colibri sera représenté lors de la fête : le "nid du colibri" tronera au centre, et sera consacré à tout ce qui touche l'éco-festival.

Avec la Créateuf, le changement a déjà eu lieu en Poitou-Charentes. Politique par la preuve : un exemple de plus que ça marche !

Frédérick Moulin

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21 mai 2011 6 21 /05 /mai /2011 12:32

 

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« Ce que vous sous-entendez, c’est que le fait que j’ai vécu avec François Hollande m’empêcherait d’avoir une identité politique ? Mais ce n’est pas un peu misogyne, là, ce que vous êtes en train de dire ? », finit par souligner Ségolène Royal à un Jean-Jacques Bourdin particulièrement déchaîné dans cette seconde parie de Bourdin 2012 sur BFM TV et RMC hier matin, dans un propos haché par Jean-Jacques Bourdin qui lui coupait systématiquement la parole tous les 3 mots.

Il faut dire que Ségolène Royal l’avait touché en plein cœur en rétorquant à une tirade vicieuse de Jean-Jacques Bourdin.

Ségolène Royal avait expliqué :

« Vous savez, quand on met en scène ou quand on invente des personnages providentiels, c’est le signe d’une paresse intellectuelle. Et c’est le signe qu’on met de côté les débats. »

Ce à quoi Jean-Jacques Bourdin avait narquoisement lancé : « Ça veut dire qu’au Parti socialiste on est dans la paresse intellectuelle ? ». Et Ségolène Royal avait rétorqué : « Non ! Dans les médias on est dans la paresse intellectuelle. ». Un coup de boomerang qui n’avait pas plu à Jean-Jacques Bourdin.

Mais les interruptions nombreuses, les remarques acerbes du journaliste n'ont pas ébranlé Ségolène Royal. On s'en rend compte, l'adversité et la confrontation renforcent Ségolène Royal. Ses propos sont plus précis, plus percutants que jamais, et malgré le flot de questions récurrentes sans intérêt pour résoudre les problèmes des Français, Ségolène Royal arrive toujours à faire passer et à répéter ses idées.

« Vous savez, quand on met en scène ou quand on invente des personnages providentiels, c’est le signe d’une paresse intellectuelle. Et c’est le signe qu’on met de côté les débats. » : tel était en effet le propos de Ségolène Royal, le débat d’idées :

« Il faut revenir rapidement au débat d’idées, pour que les Français puissent choisir, et que ce ne soient pas les sondages qui imposent au peuple français le choix démocratique auquel ils ont droit, et croyez-moi, je serai la garante de la qualité de ce débat. »

L’interview aurait pu se terminer sur la phrase précédente, indiquant clairement les priorités – « honnêtement, je pense qu’il y a tellement de travail à faire, et de sujets sur lesquels nous devons débattre, que nous en avons assez de cette accumulation de sondages qui remplace le débat politique » soulignait Ségolène Royal.

Mais la question d’un auditeur en bout de course nous ramena à l’éternelle question : « Oui ou non est-ce que vous êtes toujours candidate aux primaires socialistes ? », complétée par Jean-Jacques Bourdin :« Et vous irez au bout ? »

Ségolène Royal a alors conclu, soulignant qu’il était « assez désagréable d’être obligée de réaffirmer » :

« Je vais vous dire moi, j’ai donné une parole, je ne veux absolument pas lâcher ceux qui m’ont fait confiance et qui continuent à me faire confiance. Je me déplace dans toute la France, je suis enraciné sur le territoire, partout les salles sont combles, j’ai une capacité d’écoute, et je veux être la porte-parole de ceux qui justement n’ont pas la parole et qui n’arrivent pas à se faire entendre. »

Frédérick Moulin

 

 

 

Retranscrit par Militants de l’Espoir À Gauche avec Ségolène Royal/ F.M.

Jean-Jacques Bourdin : notre invitée ce matin, Ségolène Royal. Ségolène Royal, j’ai une question très directe à vous poser.

Ségolène Royal : oui.

Jean-Jacques Bourdin : est-ce que vous n’avez pas la sensation qu’au Parti socialiste aujourd‘hui, il y a un slogan : « Tout sauf Hollande. » ?

Ségolène Royal : absolument pas.

Jean-Jacques Bourdin : non ?

Ségolène Royal : alors non, il faut arrêter, il faut arrêter que les uns et les autres se victimisent. Qu’est-ce qui vous fait… qu’est-ce qui v… non, mais, je ne sais pas, il y a …

Jean-Jacques Bourdin, en même temps que la fin de la phrase de Ségolène Royal : pourquoi, vous pensez qu’il se victimise François Hollande ? Non, non, parce que j’entends les caciques du Parti socialiste appeler à la réunion du Parti autour de Martine Aubry, de…. Non ? Parce qu’il est en tête dans tous les sondages, François Hollande, maintenant. Il a remplacé Dominique Strauss-Kahn, si j’ai bien compris.

Ségolène Royal : oui… vous avouerez que c’est quand même assez étrange.

Jean-Jacques Bourdin : pourquoi ?

Ségolène Royal : eh bien que les médias et que les instituts de sondage n’aient pas tiré la leçon de ce qui vient de se passer.

Jean-Jacques Bourdin : c’est-à-dire ?

Ségolène Royal : eh bien, vous croyez qu’il est judicieux de passer d’un homme providentiel à un autre ? C’est de… C’est de la compulsion…

Jean-Jacques Bourdin : donc aujourd’hui c’est considéré comme providentiel, François Hollande ?


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Ségolène Royal : "Freud dirait que c’est de a compulsion de répétition, ça"

Ségolène Royal : Freud dirait que c’est de a compulsion de répétition, ça. Vous savez, quand on passe… quand on parle, quand on met en scène ou quand on invente des personnages providentiels, c’est le signe d’une paresse intellectuelle. Et c’est le signe qu’on met de côté les débats de.. Attendez… Attendez, laissez-moi… laissez moi…


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Ségolène Royal : "Quand on met en scène ou quand on invente des personnages providentiels, c’est le signe d’une paresse intellectuelle. Et c’est le signe qu’on met de côté les débats"

Jean-Jacques Bourdin, lui coupant la parole, et parlant en même temps que Ségolène Royal : ça veut dire qu’au Parti socialiste on est dans la paresse intellectuelle ?

Ségolène Royal : non ! Dans les médias on est dans la paresse int…Attendez.

Jean-Jacques Bourdin, l’interrompant brusquement : dans les médias on est dans la paresse intellectuelle, oui ?

Ségolène Royal : attendez, en 3 jours, il y a eu 4 sondages, on est assommé par ces sondages…

Jean-Jacques Bourdin, lui coupant vivement la parole : beh, faut dire qu’y vous sont pas favorables, vous êtes à 8-9% !

Ségolène Royal : ça ne me dérange pas, figurez-vous. Parce que je pense que le peuple profond ne se laisse pas manipuler par les sondages, et qu’ils en ont assez de l’invention d’hommes ou de femmes providentiels, et je dirais la même chose si c’était mois qui arrivais en tête des sondages, figurez-vous, parce que…

Jean-Jacques Bourdin, lui coupant la parole : ça a été le cas il y a quelques années, hein.

Ségolène Royal : … attendez, parce que je pense qu’aujourd’hui les Français…

Jean-Jacques Bourdin, lui coupant encore la parole : vous étiez providentielle.


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Ségolène Royal : "Je pense qu’aujourd’hui les Français ont le droit d’accéder au diagnostic, à l’analyse, à la comparaison, à la clarification des enjeux, au choix de ce qui va se passer pour la France de demain, à la façon dont l’élection présidentielle va changer concrètement leur vie"

Ségolène Royal :les Français ont le droit d’accéder au diagnostic, à l’analyse, à la comparaison, à la clarification des enjeux, au choix de ce qui va se passer pour la France de demain, à la façon dont l’élection présidentielle va changer concrètement leur vie, sur les revenus, sur les bas salaires, sur les retraites, sur le pouvoir d’achat, on le disait tout à l’heure, sur la mutation écologique qui peut permettre à la France de renouer avec la croissance économique, sur la lutte contre les inégalités, sur le fait de remettre debout l’école et la santé, sur les valeurs morales qui doivent quand même revenir au cœur de l’organisation de la société, sur les droits et les devoirs, sur le donnant-donnant, bref, restructurer la société française, lui redonner des codes, des repères, faire en sorte que les enfants à l’école soient correctement éduqués, soient orientés vers la réussite scolaire et le sens de l’effort, que les parents aient la responsabilité d’éduquer correctement leurs enfants, que les responsables politiques donnent l’exemple sur les comportements et sur une éthique personnelle.

Honnêtement, je pense qu’il y a tellement de travail à faire, et de sujets sur lesquels nous devons débattre, que nous en avons assez de cette accumulation de sondages qui remplace le débat politique. Moi, je n’accepte pas cela, et je continuerai de toutes mes forces en étant engagée sur le terrain comme on l’a vu tout à l’heure par exemple auprès des agriculteurs.


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Ségolène Royal : "Honnêtement, je pense qu’il y a tellement de travail à faire, et de sujets sur lesquels nous devons débattre, que nous en avons assez de cette accumulation de sondages qui remplace le débat politique"

Je serai à Toulouse dimanche, j’étais en Lorraine récemment où j’ai donné la parole à des salariés en grève, notamment une femme qui est mère de famille, qui gagne 980 euros par mois, 980 euros par mois en travaillant parce qu’on lui retire de sa paye les tickets restaurants, elle a 100 kilomètres à faire par jour, donc elle met déjà une partie de son salaire dans son réservoir, et aujourd’hui, elle est en grève pour obtenir 150 euros d’augmentation. Voilà aujourd’hui la réalité des petits salariés en France.

Et pour ça il y a des solutions. Car la question que se posent les Français, c’est de savoir si la politique sert encore à quelque chose. Moi je voudrais dire à vos auditeurs que oui, la politique sert encore à quelque chose, que nous avons une marge de manœuvre, qu’il y a…

Jean-Jacques Bourdin, lui coupant la parole : vous pensez que la politique a été abîmée par l’affaire Strauss-Kahn ?

Ségolène Royal : mais pas seulement par cette affaire, la politique elle est abîmée par l’affaire Mediator. Regardez, il n’y a toujours pas de justice dans cette affaire, il y a des malades qui sont morts d’un médicament, il y a Monsieur Servier qui est en connivence avec le pouvoir, qui n’est toujours pas jugé. Regardez l’affaire Tapie, 40 millions d’euros d’indemnisation de son ‘préjudice moral’, et… Attendez !

Jean-Jacques Bourdin, lui coupant la parole : vous pensez que Christine Lagarde ne sera pas directrice générale du FMI à cause de l’affaire Tapie, Ségolène Royal ?

Ségolène Royal : je ne sais pas. Je pense en tout cas qu’il faut que les choses soient clarifiées parce qu’on ne peut pas, un pouvoir en place ne peut pas donner 40 millions d’euros à Bernard tapie sous prétexte qu’il a soutenu le président de la République pendant la campagne présidentielle et ne rien faire pour les victimes du Mediator, ne rien faire pour les victimes de l’amiante, ou si peu : vous vous rendez compte que ceux qui sont mort à cause de ce scandale de l’amiante ont reçu 15 000 euros, et Bernard Tapie 40 millions d’euros.


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Ségolène Royal : "Vous vous rendez compte que ceux qui sont mort à cause de ce scandale de l’amiante ont reçu 15 000 euros, et Bernard Tapie 40 millions d’euros. Avec Nicolas Sarkozy, les riches sont toujours plus riches, les ‘moyens’ s’appauvrissent, et les petits salariés et les petits retraités sont tirés vers la pauvreté"

Est-ce que c’est juste, ça, dans notre société ? Non. Avec Nicolas Sarkozy, les riches sont toujours plus riches, les ‘moyens’ s’appauvrissent, et les petits salariés et les petits retraités sont tirés vers la pauvreté.

Est-ce qu’il y a une autre façon de distribuer les richesses ? Oui, il y a une autre façon de distribuer, parce que le gâteau de la production, en période de crise, diminue, c’est vrai, mais qu’est-ce qu’on voit aujourd’hui ? C’est que la part des riches, elle ne diminue pas, elle augmente.

Pourquoi ? Parce qu’ils ne veulent pas lâcher leur part. Donc du coup, les moyens et les petits, eux, sont tirés vers le bas et perdent en niveau de vie, en pouvoir d’achat. Eh bien moi je veux, je veux, et c’est le sens de mon engagement dans la campagne présidentielle, que l’élection présidentielle change concrètement, en améliorant la vie des gens. Voilà. C’est ça l’enjeu.

Jean-Jacques Bourdin : Ségolène Royal, il y a un débat ouvert par la presse anglo-saxonne qui s’attaque à la culture française dite ‘du secret’. Est-ce que vous pensez que… euh… voilà ce qu’écrit le Guardian, par exemple : « La question gênante dans les médias français, la politique de deux mondes parallèles, ce qui est imprimé et ce qu’il y a derrière, les commérages et ce qui doit rester officiellement les non-dits. ». Alors on est très accusé, il paraît qu’il y a complicité entre les politiques et les journalistes. Ce sont des accusations venues des pays anglo-saxons. Vous pensez qu’il y a connivence ? Vous pensez qu’on cache beaucoup de choses, que les journalistes français cachent beaucoup de choses sur la vie privée des politiques, de nos politiques ?

Ségolène Royal : il y a une certaine connivence, ça c’est vrai, mais il faut trouver un juste équilibre. Vous savez, c’est comme tout le reste ça, il faut des règles et s’y tenir. À la fois les politiques sont vulnérables, sont exposés, sont pourchassés par les paparazzis, etc., et ça c’est inacceptable, donc il faut respecter les règles et respecter la vie privée, et en revanche dans le système…

Jean-Jacques Bourdin, l’interrompant : cela dit les politiques sont très heureux quand Paris Match fait leur une, ou sa une avec euh… avec euh… avec euh… un responsable politique, non ?

Ségolène Royal : oh je ne sais pas. Franchement, non. Ffff, non, je ... franchement je pense que les Français… non, je pense que la peoplisation ou la publication de photos privées dégrade la vie politique, et donc pas du tout, c’est pas du tout recherché.

En revanche, peut-être que le système anglo-saxon est quand même très excessif, parce que là, vraiment, ça va fouiller dans la vie des gens, et ça je crois que ce n’est pas acceptable, donc c’est comme dans les autres domaines : il faut un juste équilibre…

Jean-Jacques Bourdin : un juste équilibre.


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Ségolène Royal : "Il faut trouver un juste équilibre. Vous savez, c’est comme tout le reste ça, il faut des règles et s’y tenir"

Ségolène Royal : … entre la lutte contre l’hypocrisie, d’ailleurs c’est vrai que quelqu’un qui va mettre en avant ou mettre en scène sa vie de famille, et qui d’un autre côté se comporte fort mal ou ne respecte ni sa femme ni ses enfants, à ce moment-là dans le système anglo-saxon, il y a une règle comme quoi c’est mis sur la place publique, en France, c’est vrai qu’il y a une omerta.

Jean-Jacques Bourdin : alors vous allez parler du comportement de Dominique Strauss-Kahn ou pas, Ségolène Royal ?

Ségolène Royal : je ne veux pas revenir là-dessus, je crois que nous en avons assez parlé.

Jean-Jacques Bourdin : bon. Alors moi j’ai une autre question à vous poser : est-ce que vous accepteriez, dans le cadre des primaires, un face-à-face avec François Hollande ?

Ségolène Royal, après un blanc : François Hollande est un …

Jean-Jacques Bourdin, lui coupant la parole : je parle sur le terrain politique.

Ségolène Royal : … est un responsable politique, donc il a parfaitement le droit d’être candidat

Jean-Jacques Bourdin, lui coupant la parole : non mais je vous pose la question quand même, dans le cadre des primaires socialiste, est-ce que vous accepteriez…

Ségolène Royal, l’interrompant : bien pourquoi pas ?

Jean-Jacques Bourdin : … un face-à-face …

Ségolène Royal : … pourquoi…

Jean-Jacques Bourdin : … télévisé avec François Hollande ?

Ségolène Royal : pourquoi me posez-vous cette question ?

Jean-Jacques Bourdin : non, je vous pose cette question, parce que j’envisage de l’organiser, hein. Sur un terrain purement politique, Ségolène Royal.

Ségolène Royal : mais le fait-même, le fait-même que vous me posiez cette question, pose question si j’ose dire.

Jean-Jacques Bourdin : mais pourquoi ?

Ségolène Royal : mais, pourquoi me posez-vous… est-ce que vous po…

Jean-Jacques Bourdin, lui coupant la parole : je vous pose cette question parce que ça me paraît très, très intéressant !

Ségolène Royal : mais de même que j’accepterais, mais de même que j’accepterais avec Martine Aubry, de même que j’accepterais avec…

Jean-Jacques Bourdin : bon ben très bien… eh bien alors très bien… alors y’a pas de débat !

Ségolène Royal : si, parce que ce que vous s…

Jean-Jacques Bourdin, l’interrompant : non.

Ségolène Royal : attendez ! Ce que vous sous-entendez…

Jean-Jacques Bourdin, l’interrompant : non.

Ségolène Royal : ce que vous sous-entendez, c’est que le fait que j’ai été…

Jean-Jacques Bourdin, lui coupant la parole : que vous ayez vécu avec lui…

Ségolène Royal : m’empêcherait…

Jean-Jacques Bourdin, lui coupant la parole : oui.

Ségolène Royal : … d’avoir une identité politique ? Mais c’est pas un peu misogyne, là, ce que vous êtes en train de dire ?

Jean-Jacques Bourdin : mais pas du tout. Je vous pose la question est-ce que vous accepteriez un débat avec François Hollande ?

Ségolène Royal : mais Monsieur Bourdin,  nous sommes des responsables politiques…

Jean-Jacques Bourdin : hmm. Eh bien très bien !

Ségolène Royal : … nous avons chacun une identité politique, au même titre que les autres responsables politiques…

Jean-Jacques Bourdin : eh bien au moins c’est clair !

Ségolène Royal : François Hollande n’est pas mon ancien conjoint, François Hollande est politiquement un responsable politique. Je ne suis pas son ancienne conjointe, politiquement ? Je suis une responsable politique avec mon identité politique…

Jean-Jacques Bourdin, lui coupant la parole : au moins les choses sont claires.


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Ségolène Royal : "Nous avons des différences politiques très importantes [...] sur le contenu de la réforme fiscale, moi je ne suis pas favorable par exemple à la hausse des impôts que François Hollande recommande"

Ségolène Royal : et nous avons des différences politiques très importantes, sur la conception de la gouvernance, sur les priorités qu’il y a à mettre en avant pour redresser le pays, sur le contenu de la réforme fiscale, moi je ne suis pas favorable par exemple à la hausse des impôts que François Hollande recommande, et d’ailleurs en tant que présidente de région je suis la seule à ne pas avoir augmenté les impôts depuis 6ans, je suis la seule à ne pas avoir prélevé la TIPP sur l’essence, parce que je ne voulais pas, justement, baisser le pouvoir d’achat des gens.

Donc voilà, nous avons des différences, même si nous faisons partie du même socle socialiste, et que le projet socialiste nous est commun, de même que j’ai des différences avec Martine Aubry sur la question de l’immigration, je suis beaucoup plus rigoureuse sur la question de la lutte contre l’immigration notamment de la lutte contre l’immigration clandestine, parce que j’estime qu‘elle pèse sur les catégories populaires qui sont déjà dans des quartiers qui sont déjà en difficulté, et que ça pèse sur les étrangers en situation régulière, parce que du coup, certains employeurs qui se comportent mal font une pression à la baisse des salaires si l’immigration n’est pas contrôlée.

Donc vous voyez que nous avons en effet des différences, et c’est bien la raison pour laquelle il faut revenir rapidement au débat d’idées, pour que les Français puissent choisir, et que ce ne soient pas les sondages qui imposent au peuple français le choix démocratique auquel ils ont droit, et croyez-moi, je serai la garante de la qualité de ce débat.


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Ségolène Royal : "Il faut revenir rapidement au débat d’idées, pour que les Français puissent choisir, et que ce ne soient pas les sondages qui imposent au peuple français le choix démocratique auquel ils ont droit, et croyez-moi, je serai la garante de la qualité de ce débat"

Jean-Jacques Bourdin : bien. Matthieu Belliard, question des auditeurs de RMC. Matthieu.

Matthieu Belliard : bonjour. Après cette semaine, Jean-Christophe à Paris aimerait que vous éclaircissiez un point précis : oui ou non est-ce que vous êtes toujours candidate aux primaires socialistes ?

Jean-Jacques Bourdin : et vous irez au bout ?

Ségolène Royal : mais, vous savez, c’est toujours assez désagréable d’être obligée de réaffirmer, parce que les gens qui écoutent ce disent : mais qu’est-ce qui la fait avancer, pourquoi est-ce qu’elle est encore là, etc.

Je vais vous dire moi, j’ai donné une parole, je ne veux absolument pas lâcher ceux qui m’ont fait confiance et qui continuent à me faire confiance. Je me déplace dans toute la France, je suis enraciné sur le territoire, partout les salles sont combles, j’ai une capacité d’écoute, et je veux être la porte-parole de ceux qui justement n’ont pas la parole et qui n’arrivent pas à se faire entendre.

Et je veux leur dire qu’à l’expérience de mes responsabilités politiques, de celles que j’ai eues, dans lesquelles j’ai toujours été inspirée et guidée et poussée en avant par la morale de l’action, c’est-à-dire par le souci de me dire tous les jours : qu’est-ce que j’ai changé pour améliorer la vie en France, pour les Français, pour faire avancer le pays, par rapport aux responsabilités politiques que j’avais.

Je le fais actuellement dans la Région que je préside, et par exemple si dans le projet des socialistes il y a une proposition sur la création d’une banque publique pour aider les petites et moyennes entreprises, c’est parce que je sais que c’est efficace et que je l’ai expérimenté dans la Région, et que dans cette mutation écologique que j’évoquais tout à l’heure, dans les filières d’innovation, il y a du potentiel de création d’activité et d’emplois pour peu que les banques fassent leur travail.

Et comme elles ne le font pas, ce que je réformerai une des premières décisions que je prendrai si je suis élue présidente de la République, ce sera la réforme du système bancaire pour obliger, comme c’est le cas aux Etats-Unis d’Amérique, pour obliger les banques à enfin faire leur travail, pour lequel elles sont payées, c’est-à-dire aider les petites et moyennes entreprises à se développer, à innover et à augmenter les salaires.

Jean-Jacques Bourdin : eh bien merci Ségolène Royal d’être venue nous voir, il est 8h59.

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20 mai 2011 5 20 /05 /mai /2011 17:23

 

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« Pas un seul, pas un seul paysan hier ne m’a parlé de cette affaire, pas un seul. », a martelé Ségolène Royal – qui rencontrait hier les agriculteurs à Aslonnes, dans la Vienne – sur le plateau de Bourdin 2012 sur BFM TV et RMC ce matin. Jean-Jacques Bourdin recevait donc Ségolène Royal et l’interrogeait sur « l’affaire DSK ». Et la candidate aux primaires d’ajouter, dans cette première partie de l’émission : « Moi j’attends la vérité, dans le respect d’ailleurs de la victime présumée, et puis vraiment que l’on passe à autre chose. ».

Ségolène Royal a noté que la protection de la victime présumée était assurée par la police, qui la relogeait aussi, elle a souligné : « Il y a une réforme considérable à faire en France, en regardant ce qui se passe dans la justice américaine, sur la protection des victimes quelles qu’elles soient. »

Interrogée par Bourdin pour savoir si on devait « mettre les primaires entre parenthèses », comme venait de la dire Manuel Valls, Ségolène Royal a répondu : « Mais non ! Bien évidemment, il faut continuer à avancer. », puis a complété son propos : « Il faut avancer sereinement, et surtout passer, vraiment, je le répète, passer vraiment au débat d’idées, à la confrontation des idées, à la comparaison des priorités. », et a développé et illustré cette idée, pour finalement conclure cette première partie en disant :

« Je pense que c’est absolument nécessaire de changer de politique parce que globalement, la France est en train de décliner, et ça on ne peut pas l’accepter avec le potentiel, en plus, que nous avons. »

Frédérick Moulin


 

 

Retranscrit par Militants de l’Espoir À Gauche avec Ségolène Royal/ F.M.

Jean-Jacques Bourdin : Ségolène Royal est avec nous ce matin. Chais pas, on a changé de jingle, j’ai pas… bon. Bonjour Ségolène Royal.

Ségolène Royal : bonjour.

Jean-Jacques Bourdin : merci d’être avec nous, vous êtes, euh, vous étiez en direct… nous sommes en direct avec la justice américaine en ce moment, hein, avec cette affaire Dominique Strauss-Kahn. Vous avez regardé hier soir ? Ce nouveau moment de justice, vous avez regardé ?

Ségolène Royal : oui, une partie.

Jean-Jacques Bourdin : une partie ?

Ségolène Royal : oui.

Jean-Jacques Bourdin : et que pensiez-vous en regardant ? À quoi avez-vous pensé en regardant ?

Ségolène Royal : je pense surtout qu’il faudrait maintenant passer à autre chose. On ne va pas occulter toute la vie politique française, les problèmes qui se posent à la France, les difficultés que vivent les Français en vivant ce feuilleton de la justice américaine, jour après jour, sur la totalité de l’information. Je crois que maintenant les choses sont dites, il y a une étape supplémentaire, qu’on laisse tranquille les protagonistes de cette affaire, et que la vérité, maintenant, soit attendue avec sérénité.

Jean-Jacques Bourdin : c’est-à-dire, qu’on laisse tranquille ? C’est-à-dire que euh… euh… euh… qu’est-ce que vous voulez dire ? Non mais je…

Ségolène Royal : mais vous ne trouvez pas, maintenant, qu’on tombe vraiment dans une sorte…

Jean-Jacques Bourdin, lui coupant la parole : y’a des excès, vous trouvez qu’on est dans l’excès, là ? Franchement ?


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Ségolène Royal : écoutez, moi je reviens là, pour répondre à votre invitation, de ma Région. J’étais hier en réunion avec les éleveurs qui souffrent terriblement, certains sont en train de mourir économiquement, et même sans doute parfois pire pour eux

Jean-Jacques Bourdin, l’interrompant : à cause de la sécheresse.

Ségolène Royal : … à cause de la sécheresse qui s’accumule avec une crise du prix du lait il y a quelques mois, donc voilà tout un pan d’une profession qui est en train de disparaître, d’agoni[se]r, dont plus personne ne s’occupe, alors qu’il y a des solutions à mettre en place, comme par exemple la réquisition des céréales qui, aujourd’hui, sont exportées parce qu’il y a une spéculation sur le prix, on pourrait réquisitionner ces céréales pour permettre aux éleveurs de nourrir leur troupeau.

Il faudrait bloquer tout de suite le prix de la paille et le prix des fourrages parce qu’il y  a une spéculation, donc qui aggrave la crise dans nos campagnes. Donc c’est une identité de la France qui est en train de s’écrouler, et le gouvernement ne bouge pas.

Et comme il n’y a plus de rapport d’opinion, à cause de l’affaire dont vous parlez qui occulte la totalité de l’actualité, je pense que ça devient grave pour la démocratie, pour l’efficacité de la politique

Jean-Jacques Bourdin : on va revenir sur la sécheresse, effectivement, sur ces propositions, et sur ce que vous, vous demandez au…

Ségolène Royal, lui coupant la parole : et il y a bien d’autres problèmes, hein, le creusement des inégalités en France, le chômage, la précarité, les bas salaires, les retraites trop basses, etc.

Jean-Jacques Bourdin, pendant qu’elle parle : oui, oui, non, non, mais je, je…mais je suis bien d’accord avec vous… mais on vous en parle ! Oui mis Ségolène Royal, on vous en parle, non ?

Ségolène Royal : non, eh bien justement.

Jean-Jacques Bourdin : on vous a pas parlé de l’affaire Strauss-Kahn ? À aucun moment ?


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Ségolène Royal : mais il n’y a pas eu… pas un seul, pas un seul paysan hier ne m’a parlé de cette affaire, pas un seul.

Jean-Jacques Bourdin : oui, ils sont préoccupés, oui, par autre chose.

Ségolène Royal : mais faites… faites… il faut faire attention parce qu’il peut y avoir même une exaspération de l’opinion qui se dit finalement qu’il y a un décalage, un fossé, qui est en train de se creuser entre un système médiatique, je le comprends, hein, qui est fasciné par cette histoire quand même incroyable…

Jean-Jacques Bourdin, lui coupant la parole : ça vous fascine pas ? Elle ne vous fascine pas cette histoire ?

Ségolène Royal : non, elle m’attriste profondément. Non, ça ne me fascine absolument pas, c’est-à-dire, moi j’attends la vérité, dans le respect d’ailleurs de la victime présumée, et puis vraiment que l’on passe à autre chose, parce qu’on a besoin que les médias en Fran…

Jean-Jacques Bourdin, lui coupant la parole : vous pensez qu’on a oublié de parler de la victime - présumée ? Justement ? Qu’on n’en parle pas suffisamment ou pas ?

Ségolène Royal : non, absolument pas, je pense qu’on n…

Jean-Jacques Bourdin, sans marquer de pause après ses précédentes questions : … parce que certains le disent, Marine Le Pen hier nous disait : « Mais on ne parle pas de la victime présumée ! » ; elle était très sévère avec Dominique Strauss-Kahn d’ailleurs, et avec les médias, et a…


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Ségolène Royal : "Il y a d’ailleurs un système qui est exceptionnel dans la justice américaine, et qu’on devrait bien mettre en place en France, c’est le droit à la protection des victimes"

Ségolène Royal : ce n’est pas exact. C’est vrai que dans les premières heures avant d’avoir le rapport de police, forcément, on est tellement effaré de ce qui se passe qu’on ne peut pas ne pas être touché par la chute d’un homme qui avait toutes ces responsabilités, en plus. Mais au contraire, je crois que la victime, tout le monde y a pensé, il y a d’ailleurs un système qui est exceptionnel dans la justice américaine, et qu’on devrait bien mettre en place en France, c’est le droit à la protection des victimes, vous avez vu que cette femme, fort modeste d’ailleurs, est protégée…

Jean-Jacques Bourdin, sans que Ségolène Royal s’interrompe : on n’a pas vu son visage.

Ségolène Royal : … est protégée par la police, a été relogée par la police, est sortie de son quartier pour qu’elle ne subisse pas non plus des pressions directes, qu’on ne puisse pas venir la voir à domicile, etc. Cela n’existe pas en France, malheureusement, ce qui fait que seulement 10% des femmes victimes de violences sexuelles osent porter plainte.


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Ségolène Royal : "Pourquoi ? Parce qu’elles retournent dans leur quartier, donc elles subissent parfois des mesures de punition, de rétorsion ; si elles retournent dans leur entreprise et qu’elles ont porté plainte contre un supérieur hiérarchique, elles ont peur de perdre leur emploi..."

Pourquoi ? Parce qu’elles retournent dans leur quartier, donc elles subissent parfois des mesures de punition, de rétorsion ; si elles retournent dans leur entreprise et qu’elles ont porté plainte contre un supérieur hiérarchique, elles ont peur de perdre leur emploi ; donc il y a une réforme considérable à faire en France, en regardant ce qui se passe dans la justice américaine, sur la protection des victimes quelles qu’elles soient. C’est vrai pour les victimes qui prennent des coups et des blessures, qui retournent dans leur quartier, elles peuvent en effet subir des mesures de rétorsion.

Donc je crois que cet enseignement sur la protection des victimes, et des victimes modestes en particulier, est vraiment quelque chose qui mériterait d’être appliqué en France.

Jean-Jacques Bourdin : hmm hmm. Bien. C’est vrai qu’à l’occasion de cette affaire Strauss-Kahn, on a beaucoup parlé vie privée, vie publique, faut-il tout dire, ne faut-il pas tout dire, quel est le rôle des journalistes, on va en parler, Ségolène Royal, et évidemment, on parlera aussi du Part socialiste, évidemment, et des conséquences politiques, avec, tiens, bah j’vais vous poser la question tout de suite, ce matin, j’avais Manuel Valls, qui nous disait, il était en direct sur RMC, qui nous disait : « Il faut mettre les primaires entre parenthèses. », les primaires du PS. Vous pensez qu’il faut mettre les primaires entre parenthèse ?

Ségolène Royal : je pense surtout qu’il faut maintenant remettre les choses en place, en ordre, éviter toute décision prise sous le coup de l’émotion. La politique, c’est de la maîtrise de soi, de la maîtrise des procédures, de la parole tenue, et de la volonté d’avancer.

Jean-Jacques Bourdin : donc on n’y change rien ?


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Ségolène Royal : mais non ! Bien évidemment, il faut continuer à avancer, les choses sont mises en place, un calendrier est précisé, des engagements ont été pris envers les Français sur l’organisation de ces primaires, les dépôts de candidature doivent avoir lieu à la fin du mois prochain, donc que chacun reprenne ses esprits, et que nous organisons les choses comme nous nous y sommes engagés, comme d’ailleurs ça a été voté par les militants socialistes.

Vous savez, la démocratie, c’est le respect des règles. Là, il y a des règles, il n’y a aucune raison de remettre en cause ces règles, il faut avancer sereinement, et surtout passer, vraiment, je le répète, passer vraiment au débat d’idées, à la confrontation des idées, à la comparaison des priorités, à l’imagination de la gouvernance de ce que sera la France demain, aux solutions qui vont permettre à la France de sortir de l’ornière dans laquelle elle est aujourd’hui, à la façon dont nous allons réduire les inégalités qui n’ont jamais été aussi fortes en France aujourd’hui qu’au cours de toute l’histoire de notre pays, à la crise économique, au chômage, à la précarité, à la baisse du pouvoir d’achat.

J’ai proposé par exemple que l’on bloque le prix de 50 produits de première nécessité, que l’on bloque le prix de l’énergie, que l’on baisse les taxes sur l’essence et sur le gasoil pour que le prix de l’énergie baisse, donc voilà des solutions, d’abord, que le gouvernement devrait mettre en place, et qu’en tout cas nous mettrons en place si nous arrivons aux responsabilités, et je pense que c’est absolument nécessaire de changer de politique parce que globalement, la France est en train de décliner, et ça on ne peut pas l’accepter avec le potentiel, en plus, que nous avons.

Jean-Jacques Bourdin : bien. Ségolène Royal, vous êtes notre invitée ce matin, nous vous retrouvons dans 2 minutes, il est 8h43 sur BFM TV et sur RMC. À tout de suite.

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20 mai 2011 5 20 /05 /mai /2011 08:15

200px-Emmanuelli.jpgLes militants ont la parole ...

 

Militant socialiste, j’ai de plus en plus de mal à suivre le jeu des alliances au sein du Parti Socialiste ! Pas vous ? Le mode d’emploi me paraît de plus en plus obscur ! Essayons de comprendre, attention il faut suivre …

 

Acte 1
La scène se situe lors du Congrès de Reims en 2008, Martine Aubry s’allie avec Laurent Fabius pour écarter la candidature de Ségolène Royal considérée comme trop réformatrice. C’est le mariage « de la carpe et du lapin », qui unit les « oui » et les « non » à la constitution européenne. Pas facile ensuite de débattre sur le fond pour fixer une ligne politique claire, rôle que devrait en principe se donner un Congrès s’il se voulait vraiment utile. Quelle sera la politique européenne du PS ? Il est préférable de ne pas trop aborder cette question comme d’autres thèmes d’ailleurs … Le Congrès de Reims est une catastrophe. Quant à l’élection qui suivit pour élire la première secrétaire, il est préférable d’oublier !

 

Acte 2
Laurent Fabius, qui ne sait pas tenir sa langue lorsqu’il est en scène, dévoile l’existence du pacte de Marrakech entre Martine Aubry et Dominique Strauss Kahn, auquel il tient à se rajouter pour en faire un pacte à trois, en espérant ne pas se faire oublier. Ce pacte devait préparer la prochaine élection présidentielle de 2012. Tout s’éclaire sur la stratégie du Congrès. Après tout c’est une alliance plus claire que la précédente, puisqu’elle unit en somme ce qu’on peut appeler les « jospiniens » sur une ligne social-démocrate. Aubry tiendra le PS jusqu’en 2012 et DSK se préparera pour la présidentielle… Mais quid de cet accord depuis l’affaire DSK !

 

Acte 3
L’aile dite « gauche » du Parti, sans bien être clair sur le terme, avec pour acteurs principaux Henri Emmanuelli et Benoît Hamon, appelle à la candidature de Martine Aubry pour la présidentielle. Ca se complique vraiment ! Sur quelle ligne politique défendent-ils cette candidature ? Visiblement pas celle de Marrakech. Il y aurait donc un autre pacte, le pacte secret, ou «plan B» ! Ce pacte serait sur une ligne plus « gauche - gauche », en tout cas dans les termes, avec pour but de faire échouer le premier pacte (celui de Marrakech pour ceux qui ne suivent plus !). Mais Martine Aubry restant toutefois attachée à ses premiers amours, le pacte secret semblait donc voué à l’échec. Benoît Hamon menaçait de présenter sa candidature aux Primaires ! Mais rebondissement avec l’affaire DSK, le pacte de Marrakech est mort et le pacte secret est relancé. Hamon et Emmanuelli appellent, à grands cris, Martine, à déclarer sa candidature.

 

On résume cette triple alliance : Martine Aubry d’abord soutenue par les Non à la constitution européenne soutient le Oui. Elle s’accorde avec Dominique Strauss Kahn sur une ligne social-démocrate tout en s’appuyant pour diriger le parti sur l’aile gauche opposée à la ligne social-démocrate qui réclame sa candidature pour faire tomber Dominique Strauss Kahn l'allié de Martine Aubry ! C’est clair ?

 

Henri Emmanuelli qui a été particulièrement odieux pour les militants soutenant Ségolène Royal, par ses propos de dénigrement, devrait sérieusement méditer sur l’engagement politique. Autant ces petits jeux d’alliances au sein d’un Parti peuvent amuser et sans nul doute beaucoup occuper certains, autant pour gagner une élection présidentielle il faut prendre un peu plus de hauteur. S’engager sur des idées, convaincre pour faire progresser la société c’est tout de même d’une autre portée qu’une balle de trop dans un fusil de chasse !

Philippe Allard

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