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2 décembre 2010 4 02 /12 /décembre /2010 19:45

logoCher(e) camarade,

 

Il est bon que Ségolène Royal ait annoncé qu'elle sera candidate aux primaires. Restant dans le cadre de la discipline de son parti, elle incite fortement les socialistes à accélérer leur mise en ordre de bataille. C' est indispensable, alors que Sarkozy vient de déclencher sa grande offensive de printemps - en pleine période de froid, le mal élevé ! - bien plus tôt que prévu, et avec des troupes de choc regroupant les éléments de sa majorité les plus rétrogrades, les plus brutaux, les plus combatifs.
 

Que ça nous convienne ou pas, il faut passer à la vitesse supérieure, ici et maintenant.

Les gens de droite s'en tiennent à un commentaire : " Ça va faire du mouvement à l'intérieur du PS ". Comme si une accélération de cadence pouvait n'avoir aucune répercussion dans la vie d' une organisation. Que les hommes du président feignent de confondre l'effet et la cause, c'est de bonne guerre. Que des politologues avisés nous délivrent des analyses analogues, c'est surprenant.

Si des militants socialistes s' y laissaient prendre, ce serait dommage. Il conviendrait dans de tels cas de garder son sang froid ( sans renoncer, bien sûr, à répondre à d'éventuelles calomnies );  toutes nos forces doivent être réservées à la lutte contre la droite, et non à des disputes de cour de récréation ( même si, avant la primaire, il y a la maternelle et ses turbulences ).

Je ne suis pas un inconditionnel de Ségolène Royal. Depuis quatre ans, j'ai régulièrement approuvé son action et ses propositions, et j'ai bien l'impression que, dans les prochains mois, je vais continuer. Cependant, si, avant ou pendant la primaire, une candidature inattendue apparaît, qui me semble en meilleure capacité de conduire la gauche à la victoire, je m' y rallierai sans honte et sans scrupules. Mais, pour l'instant, je n'en vois pas.      

 

Fraternellement


Daniel Mitrani

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2 décembre 2010 4 02 /12 /décembre /2010 08:50

Manif-jeunes-a-Toulouses-12102010.jpg

Manifestation des jeunes contre la réforme des retraites le 12 octobre à Toulouse : une touche d'humour sur leur avenir (Reuters)

Ségolène Royal a déposé une contribution à la Convention nationale pour l’Egalité réelle, qui sera présidée par Benoît Hamon, et qui aura lieu samedi 11 décembre 2010 à la Halle Freyssinet dans le XIIIème arrondissement de Paris, de 9h à 16h30.

En cohérence avec le thème qu’elle a développé depuis les dernières manifestations contre la réforme du gouvernement Fillon sur les retraites et la participation des jeunes au mouvement, mais également avec sa participation samedi 27 novembre dernier à la Convention Perspectives 2012 du Mouvement des jeunes socialistes, la contribution de Ségolène Royal  porte sur le « pacte national de confiance pour l’emploi de jeunes », thème qui lui tient à cœur et qui s’inscrira pleinement dans le redressement de la France si la gauche remporte les échéances électorales de 2012, comme en témoigne la dernière phrase de la contribution de Ségolène Royal.

Frédérick Moulin

-oOo-

Proposition de Ségolène Royal pour la Convention Egalité :

Faire de l’emploi des jeunes une grande cause nationale

par un pacte national de confiance pour l’emploi des jeunes

 

La situation des jeunes en France

La population des 15-24 ans compte 8 130 000 personnes qui se répartissent de la manière suivante :

Scolarisés   4 315 000

Actifs en emploi  2 687 000

Chômeurs   778 000

Autres situations d'inactivité 350 000

Le taux de chômage des jeunes en âge de travailler s’élève à 23,7% en France. Selon Eurostat, la moyenne de l’Union Européenne est de 19,7%, celle de l’Allemagne de 10,4%. La France se distingue donc par ses très mauvais résultats en la matière.

Pour un « Pacte national de confiance pour l’emploi des jeunes »

Cette situation dure depuis de nombreuses années et s’aggrave sous l’effet de la crise économique. La réforme des retraites que vient d’adopter le Parlement comporte un risque fort de dégradation de la situation des jeunes vis-à-vis de l’emploi. Ce n’est plus acceptable et le Gouvernement actuel n’en prend pas la mesure.

Ce n’est pas une fatalité à la condition que l’emploi des jeunes devienne une grande cause nationale.

Chaque jeune de notre pays doit avoir une bonne raison de se lever le matin et donc ne pas être dans le désœuvrement : il doit être soit en emploi, soit en formation initiale, soit en formation par en alternance ou en apprentissage, soit en position de créateur de son entreprise, soit enfin en service civique.

Pour y parvenir, une mobilisation nationale de tous les acteurs est nécessaire sous l’égide de l’Etat : associations de jeunesse, organismes de formation, entreprises, commerçants et artisans, élus, missions locales pour l’emploi des jeunes, etc.

Ce Pacte national de confiance pour l’emploi des jeunes reposera sur 4 piliers :

1) Instauration d’une obligation pour les entreprises de plus de 50 salariés bénéficiant d'aides publiques ou bénéficiaires de marches publics de recruter des jeunes de moins de 25 ans.

2) Mise en place d'un plan national de développement des formations en alternance et en apprentissage avec obligation pour les entreprises de plus de 50 salariés d'accueillir des jeunes inscrits dans de telles formations. Les entreprises de plus de 250 salariés ont aujourd’hui une obligation de réserver au moins 3% de ses effectifs à des salariés en alternance. Les entreprises de plus de 250 salariés ne représentant que 12% des emplois salariés du secteur concurrentiel, il est proposé d’abaisser le seuil de cette obligation, en la modulant, aux entreprises de 50 salariés et plus.

3) Mise en oeuvre d'un plan national de créations d'entreprises grâce à la mobilisation de bourses tremplin pour l’emploi ‘désir d'entreprendre’ pouvant atteindre 10 000 euros par jeune créateur. L’objectif doit être de susciter ainsi 500 000 créations de petites entreprises. La seule Région Poitou-Charentes a réussi en 6 ans à créer grâce a ce dispositif 8000 entreprises pour 12000 emplois dont 40% de jeunes.

4) Pour tous les jeunes n’étant ni en emploi, ni en formation, ni en création d’entreprises, instauration d’une obligation d'effectuer un service civique au profit de la collectivité en échange d’un revenu d’activité.

La nouvelle majorité issue des élections de 2012 fera de cette question de l’emploi des jeunes son premier chantier et réunira à cet effet avant l’été 2012 une conférence sociale nationale.

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1 décembre 2010 3 01 /12 /décembre /2010 09:45

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Martine Aubry, arrivée à la tête du parti socialiste dans une situation pour le moins trouble, s’était déclarée, à l’université d’été de la Rochelle en 2009, pour la rénovation du parti. Promettant de « passer du discours aux actes », elle se prononçait pour une rénovation totale de « A à Z »  

 Reprenant ainsi une partie des propositions de son adversaire au congrès de Reims, la rénovatrice Ségolène Royal, la nouvelle première secrétaire lançait un signe aux militants et militantes du parti espérant faire oublier les conditions de son élection et d’éviter l’hémorragie interne avec le départ en masse des militants.

 

 Qu'en est-il depuis ?

 

 Certes les primaires sont annoncées et vont apporter une nouveauté au parti. La désignation du ou de la candidate ne se fera pas par dans des arrières cuisines, avec les tractations habituelles de cadres gonflant le torse et se donnant des airs d’important. La désignation se fera démocratiquement.

 L'annonce de la candidature de Ségolène Royal aux primaires vient d'ailleurs de briser l'espoir de celles et de ceux qui manigançaient pour empêcher son bon déroulement.

 

Mais au-delà qu'en est-il ?

 

La désignation des candidates et candidats socialistes aux sénatoriales permet d’observer s’il existe réellement une rénovation au parti dans son fonctionnement. Hélas, le discours de Martine Aubry semble bien loin …et les mots prononcés sont déjà oubliés. On est loin d’une rénovation de « A à Z », encore des promesses non tenues, la rénovation s'arrête à la lettre B ...

 

L’exemple parisien en est frappant. Les chefs locaux, réunis en conclave, loin des militants, ont pu renouer avec ce fonctionnement archaïque des partages entre courants. Au final, l’élue de terrain, Dominique Bertinotti, a été sacrifiée. Elle avait contre elle : la qualité d’être appréciée et reconnue pour son travail sur le terrain, pour sa fidélité aux électeurs et électrices parisiens, pour son engagement aux côté de Ségolène Royal et surtout pour sa volonté de faire l’unité en refusant d’entrer dans cette cuisine politique.

Ils lui ont préféré, dans ces tractations d’arrière cuisine, une politique à leur hauteur : Marie-Noëlle Lienemann.

Après avoir débuté comme maire-adjointe de Massy dans l’Essonne, Marie-Noëlle Lienemann a obtenu un poste de député européen qu’elle a abandonné pour être député de l’Essonne. Battue aux élections, elle deviendra maire d’Athis-Mons et retrouvera avec la bienveillance du Parti une place de député européen. Puis elle annoncera vouloir briguer un siège de député à Béthune provoquant la colère des militants. Discréditée dans l’Essonne, elle deviendra conseillère régionale dans le Nord-Pas-de-Calais.

L’histoire devait s’achever là avec la RENOVATION du parti promise par Martine Aubry. Mais rien de cela, la voilà aujourd’hui parachutée candidate sénatoriale à Paris !!!

Marie Noël Lieneman, portée par Benoît Hamon, vient par ailleurs de se prononcer contre les primaires. On appréciera à l’approche de ce rendez-vous démocratique le signe adressé aux électeurs.

 

Le vote des militants est jeudi, beaucoup voteront CONTRE.

Mais avec peu d’électeurs leur poids comptera-t-il dans un parti d’élus où la règle du partage s’impose comme ligne politique ?

 

Philippe Allard

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1 décembre 2010 3 01 /12 /décembre /2010 05:29

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Ségolène Royal était l’invitée de Patrick Cohen dans Le 7/9 sur France Inter hier matin. Elle est longuement revenue sur sa déclaration de candidature aux primaires du PS, répondant aux questions de Patrick Cohen en première partie, avant la revue de presse de France Inter, mais également aux questions de Thomas Legrand et des auditeurs en seconde partie.

 

 

Retranscription par Militants de l’Espoir À Gauche avec Ségolène Royal / F.M.

Patrick Cohen : Ségolène Royal est l’invitée de France Inter ce matin jusqu’à 8h55. Je résume pour les auditeurs qui n’étaient pas à l’écoute tout à l’heure de la [« Oh, ils étaient tous là, rassurez vous ! », s’exclame Ségolène Royal en riant] première partie de l’interview. Il peut y en avoir qui étaient éventuellement distraits. Vous êtes candidate, Ségolène Royal, aux primaires présidentielles socialistes, mais pas contre les autres prétendants du PS, si je vous ai bien suivie, vous me corrigez, hein, [« Non, c’est tout à fait ça. », confirme Ségolène Royal] si je me trompe. Vous avez parlé d’une alliance amicale avec Dominique Strauss-Kahn, que vous avez rencontré la semaine dernière à Paris, et avec qui vous pourriez former un ‘ticket’, vous avez dit qu’il serait un très bon chef de gouvernement, c’est une hypothèse que vous avez évoquée librement avec lui dans votre discussion ?

Ségolène Royal : vous permettrez de ne pas donner en public le contenu des conversations que j’ai à ce niveau-là. Je ne vous dis rien de ce que dit Dominique au cours de ces conversations, je ne me permettrais pas de rapporter à l’extérieur ce qu’il me dit. Je vous donne simplement mon point de vue, celui qui est le mien, et les responsabilités que je prends en tant que celle qui prend une initiative, là, de me mettre en mouvement, et de [ne] me mettre en mouvement contre personne, et d’avoir dit, je vais vous dire, moi, ce que je lui ai dit, je le répète, et pas le mettre en difficulté sur ce qu’il aurait dit, sur ce qu’il penserait, etc. Puisque précisément, j’ai dit tout à l’heure que ce qui le gênait, c’est qu’on puisse interpréter ses propos, les moindres mouvements, etc…

Patrick Cohen : et son obligation de réserve vis-à-vis du FMI.

Ségolène Royal : exactement.

Patrick Cohen : alliance amicale, ai-je dit, avec Dominique Strauss-Kahn, et avec Martine Aubry, dont vous ne nous avez pas parlé jusqu’à présent ? Là aussi, vous avez eu des discussions avec elle sur votre entrée en campagne, sur votre annonce de candidature ?

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Ségolène Royal : "Martine pense que le candidat ou la candidate doit se déclarer le plus tard possible pour subir le moins d’attaques possible de la droite. Moi je pense qu’on ne rentre pas dans une bataille à reculons."

Ségolène Royal : mais je vois Martine très souvent. Et c’est vrai que sur cette question-là, nous avons eu un point de vue un petit peu différent. Là je ne romps aucun secret puisqu’elle l’a dit même publiquement, Martine pense que le candidat ou la candidate doit se déclarer le plus tard possible – d’ailleurs c’est le sens du calendrier qu’a choisi le parti – pour subir le moins d’attaques possible de la droite. Moi je pense qu’on ne rentre pas dans une bataille à reculons, et qu’à un moment, peut-être parce que j’ai l’avantage, si j’ose dire, d’avoir l’expérience de la campagne présidentielle précédente, d’avoir pris beaucoup de coups, avant, pendant, après, et je sais que c’est une campagne extrêmement dure. Il vaut mieux connaître, donc, assez tôt la forme des attaques et la dureté de la campagne pour pouvoir avoir le temps, précisément, d’y répondre, et de ne pas passer tout son temps à répondre aux attaques, mais de consacrer l’essentiel de son temps à parler aux Français pour conquérir leur conviction selon laquelle il faut qu’ils viennent voter, et il faut qu’ils viennent voter pour que ça change vraiment et que le pays se redresse, et pour faire tout cela…

Patrick Cohen, interrompant Ségolène Royal : sauf que la désignation du candidat interviendra à peine plus tôt qu’en 2006, Ségolène Royal, compte tenu du calendrier des primaires qui vient d’être adopté.

Ségolène Royal : c’est bien la raison pour laquelle j’entre en campagne maintenant, pour prendre le temps de lever l’envie des citoyens de venir voter aux primaires. Si les citoyens viennent voter aux primaires, c’est parce qu’ils auront pris part à un débat sur l’avenir du pays, sur ce qui les attend, sur ce qu’ils veulent, sur leurs espoirs, sur leurs craintes. Regardez, nous sommes la cinquième puissance du monde, il n’y a jamais eu autant de misère qu’aujourd’hui en France. Je m’occupe, dans les régions que je traverse, je vois dans les régions que je traverse les maires en train de distribuer du bois parce que les gens n’arrivent pas à payer les 600 euros pour remplir leur cuve de fioul. On voit un quart des jeunes qui ne sont plus chez leurs parents vivre en situation de grande pauvreté. À tout cela il faut des réponses et des solutions concrètes, comme par exemple le pacte national de confiance pour l’emploi et l’activité des jeunes, pour que pas un jeune qui se lève le matin puisse se dire qu’il n’a rien à faire, pas de formation professionnelle, pas d’apprentissage, pas d’alternance. Non. Tous les jeunes qui se lèvent le matin doivent savoir que la société leur ouvre les bras dans l’emploi, dans l’alternance, dans la formation professionnelle, dans l’apprentissage, ou dans le service civique. Voilà, un projet de société.

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Ségolène Royal : "Tous les jeunes qui se lèvent le matin doivent savoir que la société leur ouvre les bras dans l’emploi, dans l’alternance, dans la formation professionnelle, dans l’apprentissage, ou dans le service civique.Voilà, un projet de société."

Patrick Cohen : les auditeurs piaffent au standard de France Inter, ils ont raison, on va les entendre dans un instant, mais d’abord, et je vous lance, Thomas, une demande de précision de Thomas Legrand.

Thomas Legrand : d’abord, oui, une demande de précision. Tout ce que vous venez de nous dire ça veut vraiment dire que, pendant les primaires, il n’y aura pas de concurrence entre vous, Dominique Strauss-Kahn, ou Martine Aubry, ce sera l’un de vous trois ?

Ségolène Royal : c’est pas ce que j’ai dit. [« Comme quoi c’est pas clair. », glisse Thomas Legrand] Chacun, chacun a la liberté… [« Il peut y en avoir deux ? », interrompt Thomas Legrand] attendez, attendez. Chacun a la liberté de se présenter aux primaires. Jusque là vous me suivez ?

Thomas Legrand : oui.

Ségolène Royal : bon. Ce qui compte, c’est l’état d’esprit qui est le nôtre. C’est-à-dire que, imaginons que nous soyons tous les trois aux primaires. Il n’y aura pas de compétition, de guerre des ego, entre nous. Nous parlerons aux Français, et ensuite les Français choisiront. L’hypothèse la plus probable, c’est que nous ne serons peut-être pas tous les trois candidats aux primaires. Martine a déjà dit, elle, qu ‘elle ne serait pas candidate contre Dominique, et moi j’ai dit que j’étais là pour faire gagner mon camp, et que si le moment venu, et si Dominique revient, contrairement à ce qu’il a dit, mais il a la liberté de le faire, si Dominique revient et dit au mois de juin : « Ecoutez, finalement, j’ai envie d’être candidat à l’élection présidentielle. » ; nous nous verrons, et nous mettrons en place le meilleur dispositif gagnant. Voilà. Donc pour moi c’est extrêmement clair. Et si Dominique ne revient pas, la responsabilité qui est la mienne si je suis candidate aux primaires, si ensuite je suis élue présidente de la République, c’est de vous dire aujourd’hui que le meilleur Premier ministre, le meilleur chef de gouvernement, un vrai chef de gouvernement, aujourd’hui le meilleur, c’est Dominique pour diriger le gouvernement de la France. Voilà. C’est très clair, c’est très simple, et maintenant la politique va écrire…

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Ségolène Royal : "Si ensuite je suis élue présidente de la République, c’est de vous dire aujourd’hui que le meilleur Premier ministre, c’est Dominique pour diriger le gouvernement de la France. Voilà. C’est très clair, c’est très simple."

Thomas Legrand : s’il ne revient pas pour être président, on voit pas comment il pourrait revenir pour être Premier ministre, ça c’est un petit peu mystérieux, mais bon…

Ségolène Royal : ah, bien je n’ai pas…  je ne connais pas…

Thomas Legrand : … à moins que vous ayez des informations que vous ne voulez pas nous dire sur euh…. votre conversation…

Ségolène Royal : non, je n’ai aucune information, c’est une cohérence par rapport à ce qui s’est passé depuis 2007, et la responsabilité d’un président de la République, c’est de prendre le meilleur pour diriger, pour gouverner la France. Maintenant il ne m’a fait aucune confidence sur ce sujet-là, c’est moi, qui prend cette responsabilité-là, et je sais que cette responsabilité et ce que je vous dis là est souhaité et partagé par de nombreux Français, comme d’ailleurs cela est reflété dans les enquêtes d’opinion.

Patrick Cohen : des Français qui vous écoutent Ségolène Royal ce matin sur France Inter et qui nous appellent au standard que l’on rejoint. Jean-Marc nous appelle de Vincennes. Bonjour Jean-Marc.

Jean-Marc : bonjour France Inter, Bonjour Ségolène Royal.

Ségolène Royal : bonjour.

Jean-Marc : j’entends beaucoup de militants socialistes dire que Dominique Strauss-Kahn n’est pas de gauche, qu’il représente surtout le grand capital, et même, qu’il est plus à droite que Nicolas Sarkozy. Alors que répondez-vous à ces socialistes-là, Ségolène Royal ?

Patrick Cohen : Ségolène Royal ?

Ségolène Royal : oh, je pense que c’est peut-être un manque d’information de leur part qui leur fait dire cela. On ne peut pas dire cela. Dominique s’est engagé à gauche, et c’est un socialiste de longue date, qui a prouvé par son engagement politique qu’il était socialiste, qu’il était de gauche, il l’a même redit récemment. Maintenant il a des responsabilités à la tête du Fonds Monétaire International qui l’obligent aussi à faire des compromis dans un contexte de crise extrêmement dure, et ce qui prouve aussi que, dans le cadre de la composition demain d’un gouvernement qui sera chargé de redresser la France, il est évident qu’il faudra faire une alliance très large entre la gauche radicale, parce que sur certains sujets, il faut avoir une action radicale, en rassemblant bien évidemment les communistes, les socialistes, les écologistes, les radicaux, et en allant aussi jusqu’aux centristes humanistes. [« Lesquels ? », coupe Patrick Cohen]

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Ségolène Royal : "Dominique a des responsabilités à la tête du Fonds Monétaire International qui l’obligent aussi à faire des compromis dans un contexte de crise extrêmement dure, dans le cadre de la composition demain d’un gouvernement qui sera chargé de redresser la France, il faudra faire une alliance très large entre la gauche radicale, lescommunistes, les socialistes, les écologistes, les radicaux, et jusqu’aux centristes humanistes."

Si je me permets de dire cela, c’est parce que, là aussi, j’en ai fait la preuve dans la région que je préside, et malgré tous les reproches et toutes les critiques des appareils politiques, j’ai rassemblé aussi largement dès le premier tour de l’élection régionale. On m’avait prédit que ce vaste rassemblement me conduirait à ma perte… [« On vous a accusée surtout de faire des débauchages individuels en fait, d’aller puiser dans les troupes du Modem euh…. des gens qui d’ailleurs ne sont plus aujourd’hui au Modem. », interjette Patrick Cohen] Oui. On m’a accusée surtout de ne pas obtempérer aux appareils politiques.

Moi j’ai fait ce que je croyais bien pour les gens, c’est-à-dire pour l’efficacité de la politique que nous avions à conduire, c’est-à-dire pour rassembler dans la diversité celles et ceux qui se retrouvent sur des valeurs communes, sur les valeurs de justice sociale et d’efficacité économique, sur les valeurs qui consistent à remettre la personne humaine au cœur de toutes les décisions politiques, sur des gens qui veulent diriger en respectant des principes démocratiques, en consultant les citoyens, en ne s’enfermant pas dans une sorte de bulle, de bulle d’ivoire. Et pour redresser un pays aujourd’hui il faut être à l’écoute des gens, il faut écouter pour agir juste, et aujourd’hui plus que jamais.

Patrick Cohen : alors justement, à propos de programme, Jean-Jacques nous appelle de Nîmes. Bonjour Jean-Jacques.

Jean-Jacques : bonjour.

Patrick Cohen : nous vous écoutons.

Jean-Jacques : bonjour Madame la présidente.

Ségolène Royal : bonjour.

Jean-Jacques : oui, les militants socialistes vont voter le 3 décembre une convention qui est intitulée « Convention pour l’Egalité Réelle ». Cette convention comporte deux grands principes. Un premier principe où on passerait donc de l’égalité en droit à l’égalité en condition. Et un deuxième principe où la répartition des revenus serait différente puisqu’on passerait du principe de « chacun selon ses moyens » à « chacun selon ses besoins ». Alors c’est quand même très important. C’est presque je dirais un petit peu révolutionnaire. Est-ce que cette convention et toutes les conventions qui ont été adoptées par le Parti socialiste engageront les candidats et le candidat du Parti socialiste aux présidentielles ?

Patrick Cohen : merci Jean-Jacques. Je précise que le texte auquel vous faisiez allusion c’est celui élaboré par Benoît Hamon et qui a été récemment adopté dans un Conseil National où on a vu quand même quelques dissensions puisqu’il y a eu une série d’abstentions, Pierre Moscovici, François Hollande, et d’autres. Ségolène Royal ?

Ségolène Royal : les conventions du Parti socialiste engageront le candidat ou la candidate dans leur état d’esprit, dans les valeurs qu’il représente. Il y a, cela dit, dans ces conventions un certain nombre de mesures concrètes qui méritent d’être encore approfondies, d’être chiffrées, d’être examinées parce que nous ne devons pas promettre ce que nous ne pourrons pas tenir.

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Ségolène Royal : "Nous ne devons pas promettre ce que nous ne pourrons pas tenirNous devrons hiérarchiser ces propositions, analyser leur impact, sur la capacité qu’elles ont à redresser le pays sur tous les plans, et c’est cela la responsabilité du candidat lorsqu’il sera désigné."

Nous devrons hiérarchiser ces propositions, analyser leur impact, sur la capacité qu’elles ont à redresser le pays sur tous les plans, et c’est cela la responsabilité du candidat lorsqu’il sera désigné, avec bien sûr l’équipe qui l’entoure, pour qu’il y ait à la fois une cohérence entre ce que disent les socialistes, et en même temps une crédibilité à l’égard de ce que les Français comprennent. J’ai donné l’exemple tout à l’heure, lorsque nous disons, et nous le ferons que nous rendrons la retraite à 60 ans aux salariés qui ont travaillé dur, et qui ont déjà leur durée de cotisation, et je le répète, c’est justement ce qui vient de se faire chez Renault la semaine dernière, donc on doit être crus sur ce que l’on dit.

Ça demande donc du temps d’explication, du temps de chiffrage, du temps de conviction, pour que les Français comprennent bien ce qui va se passer. Et force est de constater, ayons l’humilité de le reconnaître, on le voit dans les enquêtes d’opinion, qu’aujourd’hui les Français ne savent pas clairement ce que les socialistes feront lorsqu’ils reviendront aux responsabilités. C’est pour ça qu’il reste un travail considérable à accomplir, un travail de prise de responsabilités, nous ne pourrons pas tout faire, mais nous devons dire par quoi nous commencerons et comment nous financerons.

Patrick Cohen : les sondages, vous l’avez rappelé tout à l’heure, sont aujourd’hui au plus bas pour Nicolas Sarkozy. Qu’est-ce qui à votre avis pourrait faire battre la gauche en 2012, Ségolène Royal ?

Ségolène Royal : la division. Je pense que si nous sommes divisés, nous ne gagnerons pas. Le manque de conviction. Si nous ne croyons pas à ce que nous disons nous ne gagnerons pas. Le fait de partir trop tard aussi. Parce que si nous partons trop tard, nous n’aurons pas le temps de convaincre, et les gens veulent être respectés, ils veulent qu’on prenne le temps de leur expliquer ce que nous ferons, et les raisons pour lesquelles la France est dans cette situation-là. Si nous savons nous rassembler, non seulement socialistes, mais gauche, avec les écologistes, avec la gauche radicale, avec les centristes humanistes, c’est-à-dire avec tous ceux qui veulent que ça change et qui n’en peuvent plus de ce que la France est devenue aujourd’hui sous la férule de Nicolas Sarkozy, ceux qui n’acceptent pas cette crise sociale, cette crise économique, cette crise morale, et même cette crise spirituelle d’une certaine façon, ceux qui ne tolèrent pas que la France soit tirée vers le bas et soit maintenant si peu respectée sur la scène internationale, tous ceux-là devront se rassembler pour que nous puissions engager une nouvelle étape, pour que la France se relève et que les Français puissent à nouveau croire en leur avenir, et non pas comme aujourd’hui avoir peur du déclassement social.

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Ségolène Royal : "rassembleceux qui ne tolèrent pas que la France soit tirée vers le bas et soit maintenant si peu respectée sur la scène internationaleDessin de Plantu

Patrick Cohen : la division, avez-vous dit, au Parti socialiste, ou la division de la gauche. Vous avez échoué à conquérir le PS il y a deux ans dans un vote militant entaché de fraudes, tous les camps l’ont reconnu depuis. Est-ce que vous faites confiance aujourd’hui à la direction de votre parti pour l’organisation des primaires qui sont à venir et qui auront lieu l’an prochain ?

Ségolène Royal : si les conditions qui ont été précisées dans la dernière commission d’organisation des primaires sont respectées, oui, il n’y a pas de raison d’en douter puisqu’il y a une commission indépendante qui doit se mettre en place, présidée par une personnalité indépendante, on parle de Pierre Joxe, je pense que ça se fera, et à ce moment-là si en effet [il y a] le moindre doute ou le moindre dérapage, eh bien cette commission pourra être saisie immédiatement. Donc je crois que ça n’est l’intérêt de personne de donner à nouveau l’image d’un parti qui ne respecte pas les règles. Car comment pourrait-on demain prétendre organiser la justice, l’ordre juste, la sécurité, le respect des droits et des devoirs, qui sont des valeurs structurantes dans une société, si nous-mêmes ne respectons pas ces règles ?

Patrick Cohen : …avec de la triche….

Ségolène Royal : … et nous les respecterons parce que nous mettrons cette commission indépendante en place. Et puis, comme l’a précisé le comité éthique, les dirigeants du parti qui sont candidat aux primaires, eh bien devront quitter la direction du parti pour que nous soyons tous à égalité de débat dans le cadre de ce grand mouvement démocratique, qui je l’espère va soulever les espérances des Français parce qu’ils vont comprendre que contrairement à ce qu’ils subissent aujourd’hui, ils vont pouvoir prendre en main leur destin et peser sur les projets que les socialistes et la gauche mettront en œuvre lorsqu’on nous aura fait confiance.

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1 décembre 2010 3 01 /12 /décembre /2010 00:42

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Ségolène Royal était l’invitée de Patrick Cohen dans Le 7/9 sur France Inter hier matin. Elle est longuement revenue sur sa déclaration de candidature aux primaires du PS, répondant aux questions de Patrick Cohen en première partie, avant la revue de presse de France Inter, mais également aux questions de Thomas Legrand et des auditeurs en seconde partie.

Retranscription par Militants de l’Espoir À Gauche avec Ségolène Royal / F.M.

Patrick Cohen : bonjour Ségolène Royal.

Ségolène Royal : bonjour.

Patrick Cohen : vous avez choisi d’annoncer aujourd’hui voter candidature aux primaires présidentielles socialistes. Vous le faites dans une interview à la presse régionale, La Nouvelle République du Centre, et ce matin sur France Inter. D’abord pourquoi maintenant, pourquoi avec 6 mois d’avance sur le calendrier du PS ?

Ségolène Royal : et pourquoi pas maintenant ? Moi j’ai observé pendant le mouvement social les interrogations profondes des Français sur le doute qu’ils avaient à l’égard de ce que ferait la gauche et les socialistes de retour aux responsabilités. Ce qui m’a le plus marquée, en particulier, c’est le doute qu’ils avaient lorsque nous leur disions que nous allions rétablir la retraite à 60 ans. Et donc c’est dire la gravité de la crise économique, la crise sociale, la crise morale, et le temps qu’il faut pour convaincre les Français, non seulement que l’alternance est possible, mais surtout qu’elle va changer profondément les choses. Or là…

Patrick Cohen : mais vous auriez pu les convaincre de façon collective, puisque le discours qui était développé ces dernières semaines, ces derniers mois par les responsables socialistes, c’était d’abord le projet, ensuite les candidatures, il y aura le temps ensuite pour se déclarer suivant le calendrier arrêté pour les primaires. Pourquoi maintenant, donc ?

Ségolène Royal : mais nous… mais nous le ferons de façon collective. Pourquoi maintenant ? Pour 3 raisons. D’abord les règles du jeu des primaires ont été posées, donc nous avons maintenant la garantie que ces primaires vont être organisées, il y avait un doute quand même il y a quelques temps, ça c’est une bonne chose [« Avec un dépôt de candidature prévu, je le rappelle, pour le mois de juin prochain. », coupe Patrick Cohen]. C’est cela, oui, mais il n’est interdit à personne de se positionner dès maintenant pour se préparer pour cette campagne des primaires.

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Ségolène Royal : "Le temps est très court aujourd’huiLes Français doutent de l’efficacité de la politiqueIl y a eu tellement de mensonges, tellement de promesses non tenues, qu’ils croient aux actes, qu’ils croient à ce qu’ils voient, qu’ils croient à l’efficacité de la politique concrète sur le terrain."

Je crois que le temps est très court aujourd’hui, la politique s’accélère, la droite est également en campagne, et surtout, surtout, comme je le disais à l’instant, les Français doutent de l’efficacité de la politique. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle aussi j’ai choisi une presse régionale.

Aujourd’hui les gens ne croient plus dans les discours politiques. Il y a eu tellement de mensonges, tellement de promesses non tenues, qu’ils croient aux actes, qu’ils croient à ce qu’ils voient, qu’ils croient à l’efficacité de la politique concrète sur le terrain. Et je crois qu’une des façons de rénover la politique, c’est de regarder ce qui se passe sur les territoires, ce qui peut être efficace, ce qui peut faire avancer la France, et de le généraliser à l’échelle nationale tout en tirant des conclusions idéologiques.

Je ne prendrai qu’un exemple : je crois que nous pouvons construire en France un capitalisme d’Etat, un Etat qui intervient beaucoup plus vigoureusement dans l’efficacité économique. Je crois que l’on peut créer en France une banque publique destinée à aider les petites et moyennes entreprises, à innover et à se développer. Je crois, moi, que la France peut devenir la première puissance mondiale pour la croissance verte. Je le vois. Parce que je le fais dans la région que je préside.

Alors vous allez me dire, mais c’est pas à partir d’une région qu’on peut gérer le pays. Eh bien je pense au contraire qu’il faut avoir la modestie de regarder ce dont on est capable, quelles sont les marges de manœuvre de la politique, et quand j’empêche l’entreprise Heuliez de fermer ou de délocaliser en entrant dans le capital de cette entreprise avec la Région, en créant la Sécurité sociale professionnelle pour que les salariés qui ne sont pas repris dans la nouvelle entreprise ne soient pas au chômage mais puissent continuer à gagner 90% de leur salaire pendant 18 mois en contrepartie d’une formation professionnelle, et quand on me disait mais tout cela est impossible, et qu’aujourd’hui les voitures sortent des chaînes d’Heuliez, je me dis qu’on aurait pu sauver la totalité de l’industrie automobile en France, et même être les premiers à conquérir le marché de la voiture électrique sur le marché mondial, alors que l’on vient de voir une grande entreprise la semaine dernière mettre 3 000 salariés en préretraite à l’âge de 58 ans parce qu’ils ont travaillé… [« Vous parlez de Renault à Sandouville ? », interrompt Patrick Cohen] je parle de Renault à Sandouville – parce qu’ils ont travaillé pendant 15 ans – et écoutez bien cela – lorsque moi j’ai dit solennellement que l’on reviendrait à la retraite à 60 ans, on ne m’a pas crue, et aujourd’hui on voit des salariés mis à la porte de l’entreprise à 58 ans, parce qu’ils ont travaillé 15 ans à la chaîne.

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Ségolène Royal : "Lorsque moi j’ai dit solennellement que l’on reviendrait à la retraite à 60 ans, on ne m’a pas crue, et aujourd’hui on voit des salariés mis à la porte de l’entreprise à 58 ans, parce qu’ils ont travaillé 15 ans à la chaîne." Dessin de Plantu

Donc vous voyez qu’il faut du temps, à la fois pour expliquer, pour convaincre, et pour donner envie aux Français de venir voter à l’élection présidentielle, parce que je peux vous dire une chose, c’est qu’aujourd’hui l’abstention menace, tellement les Français souffrent, sans trouver de réponse parmi les hommes politiques qui sont pourtant chargés de s’occuper d’eux.

Patrick Cohen : et on vous entend ce matin sur France Inter, Ségolène Royal, déjà en campagne. On peut d’ailleurs se demander d’ailleurs si vous n’avez jamais cessé d’être en campagne depuis, euh, 2007, depuis votre – échec – au second tour de l’élection présidentielle face à Nicolas Sarkozy. Cette décision…

Ségolène Royal : depuis bien plus longtemps, même, puisque j’ai été élue 4 mandats de suite députée, j’ai été trois fois ministre…

Patrick Cohen : en campa…. en campagne nationale, voulais-je dire.

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Ségolène Royal : "Qu’est-ce que c’est que la politique ? La politique, c’est d’être sans arrêt au service de ses concitoyens, ne pas se replier sur soi, être sans arrêt en train de regarder ce qui se passe, quelles sont leurs attentes, quelles sont leurs souffrances, quelles sont leurs espérances ."

Ségolène Royal : mais qu’est-ce que c’est que la politique, qu’est-ce que c’est que la politique ? La politique, c’est d’être sans arrêt au service de ses concitoyens, ne pas se replier sur soi, être sans arrêt en train de regarder ce qui se passe, quelles sont leurs attentes, quelles sont leurs souffrances, quelles sont leurs espérances [« Mais tout dépend … mais… mais tout dépend de l’échelon aussi. Tout dépend de l’échelon et du niveau de l’ambition qu’on se fixe… », interjette Patrick Cohen]. Voilà.

Patrick Cohen : Là, en l’occurrence, il s’agit de l’Elysée. Cette décision de vous porte candidate, Ségolène Royal, vous l’avez prise seule ?

Ségolène Royal : non. Je ne l’ai pas prise seule. J’ai bien sûr consulté toutes mes équipes. J’ai aussi écouté, hein, tout ce qui remonte de la base. D’ailleurs depuis cette annonce hier je suis très heureuse parce que je vois un déferlement de citoyens, d’adhérents de Désirs d’avenir, de militants socialistes, mais même au-delà, pas que les socialistes, qui sont très heureuses et très heureux de cette mise en mouvement…

Patrick Cohen : et la direction du Parti Socialiste, Martine Aubry, en l’occurrence?

Ségolène Royal : bien sûr. Non seulement je l’ai consultée, mais j’ai consulté aussi Dominique Strauss-Kahn, lorsque je l’ai vu le jeudi 18 novembre. Donc ça n’est pas comme j’entends dire ici ou là une décision par surprise. Au contraire, nous avions, vous le savez, et nous avons, une alliance fraternelle entre nous pour qu’il n’y ait pas de guerre des chefs, pour que nous nous respections, pour permettre le moment venu de nous rassembler, au service des Français.

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Ségolène Royal : "J’ai consulté Martine Aubry, mais j’ai consulté aussi Dominique Strauss-Kahn. Donc ça n’est pas une décision par surprise. Nous avons une alliance fraternelle entre nous pour qu’il n’y ait pas de guerre des chefs, pour permettre le moment venu de nous rassembler, au service des Français."

Patrick Cohen : et cette alliance permettait une candidature de votre part aussi précoce ?

Ségolène Royal : bien sûr, d’ailleurs je le leur ai dit. Pourquoi ?

Patrick Cohen : c’est-à-dire que vous avez fait part à Dominique Strauss-Kahn et Martine Aubry de votre intention d’annoncer votre candidature aux primaires ocialistes pour la présidentielle, là, en cette fin novembre ?

Ségolène Royal : mais oui. Et c’est tout à fait normal. D’ailleurs la date butoir du mois de décembre avait été évoquée pour la première fois par Martine. Elle avait même demandé  à Dominique de nous donner des indications avant la fin de décembre, et vous savez que Dominique est pris par des fonctions extrêmement importantes à la tête du Fonds Monétaire International. Il a dit lui-même qu’il ne fallait pas que d’autres parlent à sa place ou lui mettent la pression, parce que ça le fragilisait dans sa mission. Il a d’ailleurs recadré les choses il y a quelques jours en déclarant qu’il restait à la tête du Fonds Monétaire International jusqu’en 2012. Et par conséquent, en effet, je fais mouvement dans le respect de tout le monde. On ne peut pas dire…

Patrick Cohen : mais dans le… dans le respect et dans une éventuelle compétition avec ceux que vous venez de citer, si on vous suit bien, Ségolène Royal ?

Ségolène Royal : mais je viens de vous préciser que la compétition ne se fait pas les uns contre les autres. La compétition, elle se fait en regardant les Français, en leur parlant, pour qu’ils puissent choisir au cours des primaires le meilleur ou la meilleure d’entre nous, capable, capable de gagner, capable de rassembler, et capable de changer.

Patrick Cohen : pardon, on avait cru comprendre ces derniers mois que vous ne vous présenteriez pas les uns contre les autres ?

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Ségolène Royal : "Mais je viens de vous préciser que la compétition ne se fait pas les uns contre les autresVous faites semblant de ne pas comprendre."

Ségolène Royal : mais c’est le cas. C’est le cas. Vous faites semblant de ne pas comprendre.

Patrick Cohen : bah, écoutez, une compétition, on a des adversaires, des concurrents, des challengers, appelez ça comme vous voulez, mais enfin, c’est une compétition, euh….

Ségolène Royal : mais ce n’est pas une compétition les uns contre les autres, puisque nous nous sommes engagés au cours de ces primaires à ne pas nous attaquer les uns les autres, nous allons, nous, parler aux Français, en fonction de ce que nous avons à leur dire. Et ensuite nous nous rassemblerons dans une équipe. Donc pour Dominique, c’est très simple : là, il a déclaré qu’il était là jusqu’en 2012, et en aucun cas une candidature aujourd’hui ne doit être interprétée comme une façon de barrer la route, comme j’entends dire ici ou là, à Dominique. Ce serait absurde, puisque aujourd’hui il est le mieux placé dans les enquêtes d’opinion, ce serait absurde de la part des socialistes d’aller lui barrer la route, d’ailleurs…

Patrick Cohen, l’interrompant : pardon, vous faites allusion à cette interview au magazine Stern, où Dominique Strauss-Kahn disait qu’il irait jusqu’au bout de son mandat du FMI, jusqu’en 2012. Vous l’interprétez comme une déclaration de non-candidature à la présidentielle française ?

Ségolène Royal : je l’interprète comme une volonté d’accomplir jusqu’au bout cette mission difficile et très utile à la tête du Fonds Monétaire International. Je l’interprète comme une façon de respecter son mandat et de tenir sa parole. [« Donc ? », demande Patrick Cohen ] Maintenant [« Donc ? », demande Patrick Cohen ] attendez – maintenant il peut fort bien changer d’avis, tout être humain a le droit de changer d’avis en cours de…

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Ségolène Royal : "Mais pourquoi vous riez ? Ça n’est pas une plaisanterie, nous parlons là de l’élection présidentielle."

Mais pourquoi vous riez ? Ça n’est pas une plaisanterie, nous parlons là de l’élection présidentielle. [« Oui, oui. », interjette Patrick Cohen] Nous nous respectons les uns les autres. Le Parti socialiste, et c’est tout à son honneur, est en train d’organiser des primaires, ce qui n’a jamais eu lieu, pour qu’un maximum de Français puisse venir voter, que ça puisse faire mouvement, et que ce moment démocratique fort donne la crédibilité aux socialistes pour que les Français sachent que demain, ils feront les réformes démocratiques dont le pays a besoin.

Donc parlons de Dominique puisque c’est lui qui est aujourd’hui – c’est vrai, pourquoi ne pas le reconnaître – le mieux placé dans les enquêtes d’opinion. S’il décide de changer d’avis, c’est-à-dire de revenir, mais il le fera en toute simplicité, mais il sera le seul à prendre cette décision, et je puis vous dire qu’il est particulièrement contrarié lorsque d’autres parlent à sa place, ou lorsque d’autres lui mettent une pression publique, parce que ça le gêne à la tête du Fonds Monétaire International. Donc de deux choses l’une, ou il revient au mois de juin, parce qu’il ne peut pas se prononcer maintenant, il a demandé, j’imagine, un délai, puisqu’il ne le fait pas maintenant, donc il a le droit de réfléchir, même si dans son esprit il reste au Fonds Monétaire International jusqu’en 2012. Soit il revient au mois de juin : mais à ce moment là nous déciderons, nous parlerons, et nous verrons comme je l’ai toujours dit, quel est le meilleur dispositif gagnant, à ce moment-là !

Patrick Cohen : c’est-à-dire que vous pourriez, à ce moment-là, éventuellement, retirer votre candidature, Ségolène Royal ?

Ségolène Royal : je ne vais pas vous dire aujourd’hui, alors que je m’engage dans cette candidature, vous dire que je vais la retirer !

Patrick Cohen : non… mais c’est une éventualité ? c’est une éventualité ?

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Ségolène Royal : "Dominique Strauss-Kahn est le meilleur chef de gouvernement que la France pourrait avoir en pleine crise monétaire internationale."

Ségolène Royal : j’ai, et je m’en tiens à cela parce que je réfléchis intensément à ce que je dis pour pouvoir le tenir, j’ai dit que le moment venu, je verrai avec Dominique quel est le meilleur dispositif gagnant s’il revient, et s’il est toujours dans cette situation à l’égard de l’opinion, nous verrons quel est le meilleur dispositif gagnant. S’il ne revient pas, de toute façon, il sera indispensable à notre équipe, et vous le savez très bien, puisque ça avait été évoqué en 2007, Dominique Strauss-Kahn est le meilleur chef de gouvernement que la France pourrait avoir en pleine crise monétaire internationale. Donc il a une liberté de choix par rapport à cela. Moi je crois qu’aujourd’hui il faut le laisser tranquille par rapport aux responsabilités qui sont les siennes. Ces deux possibilités-là lui sont ouvertes et de toute façon, Dominique Strauss-Kahn est un responsable politique éminent dont nous aurons besoin, non seulement pour gagner, mais aussi pour réussir à relever la France.

Patrick Cohen : Ségolène Royal invitée de France Inter ce latin jusqu’à 8h55, on a encore beaucoup de questions, et les auditeurs aussi qui appellent au 01 45 24 7000, on y revient après la revue de presse, il est 8h30.

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29 novembre 2010 1 29 /11 /novembre /2010 23:17

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Dominique Bertinotti, maire du IVème arrondissement de Paris et coordinatrice de Désirs d'avenir dans la capitale, proche de Ségolène Royal, est intervenue ce soir sur BFM TV, où elle a répondu à quelques questions au pied levé de Thomas Sotto et d'Olivier Mazerolle.

 

 

Thomas Sotto : alors, Dominique Bertinotti, ça tombe bien, vous la connaissez bien, vous la soutenez, vous allez nous expliquer un petit peu sa démarche, parce que là, est-ce que ça s’appelle pas mettre un coup de pied dans la fourmilière et faire sauter toute forme d’union et d’esprit d’équipe ?

Dominique Bertinotti : non, pas du tout, les socialistes ont promis des primaires et pour que les primaires aient un véritable sens, il faut qu’elles soient ouvertes. Et cette candidature de Ségolène Royal s’inscrit dans cette ouverture des primaires. Je pense qu’il est important qu’une personne comme Ségolène Royal qui a l’expérience déjà d’une candidature à la présidentielle, et d’une campagne présidentielle, qui dans sa région Poitou-Charentes en a fait un véritable laboratoire d’expériences novatrices, puisse apporter toute cette expérience dans le cadre des primaires et présenter des mesures et des initiatives qui permettront à la gauche d’avoir un excellent projet.

Olivier Mazerolle : mais Madame Bertinotti, quand même on a le sentiment d’une accélération du cours des événements au sein du Parti Socialiste, qu’est-ce qui a poussé Ségolène Royal à faire maintenant sa déclaration de candidature aux primaires ?

Dominique Bertinotti : parce que, comme elle le dit elle-même dans l’interview, une candidature, ça se prépare, ça demande du temps, et si l’on veut crédibiliser un projet et une candidature, cela exige plus de temps peut-être que ne le pensent certains, et je crois qu’il était important qu’elle puisse très clairement indiquer ce qu’elle souhaitait.

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Ségolène Royal à la convention Perspectives 2012 du Mouvement des jeunes socialistes ; au premier plan Laurianne Deniaud

Olivier Mazerolle : d’une certaine manière, c’est indiquer que Dominique Strauss Kahn a tort de traîner et ça va peut-être empêcher sa propre candidature ?

Dominique Bertinotti : Ségolène Royal ne s’est jamais positionnée par rapport aux autres. Elle a toujours été très claire en disant qu’il fallait qu’ensuite, à l’issue des primaires tous les socialistes puissent se rassembler autour du candidat ou de la candidate, c’est ça qui est important, mais dans le même temps si on veut que les primaires créent une véritable dynamique et c’est pour cela que les primaires ont un sens, il faut que toutes les sensibilités et les expériences puissent s’exprimer.

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29 novembre 2010 1 29 /11 /novembre /2010 22:08

FRATR C RAW 398[1]   Inutile de convoquer la presse, inutile d’en faire un événement médiatique, pas besoin de caméras, de nombreux journalistes, pas de cela entre nous, car le rendez-vous était pris depuis longtemps entre Ségolène Royal et le peuple de France. 

 En 2007, n’avait-elle pas promis : " quelque chose s’est levé qui ne s’arrêtera pas "  La candidate de la gauche, et un peu plus, s’y était engagée et la promesse est tout simplement tenue, elle est au rendez-vous de l’Histoire.

 

 C’est d’ailleurs directement au peuple de France qu’elle s’adresse « nous devons et pouvons ensemble prendre notre destin en mains, avec un espoir de progrès … pour relever la France".

 

Tout est dit dans cette simple phrase, sa volonté politique pour mettre fin à une période peu glorieuse, sa volonté de construire autre chose, sa volonté d’espoir et de progrès.

 

Alors que certains voudraient se compter et convoquent les médias, alors que d’autres espèrent exister, alors que quelques uns sortent déjà leur calculette pour se construire un programme, parlent de gestion, de programmation, d’efficacité, d’exemplarité, de nécessité, de conjoncture, oubliant toujours et encore dans ces beaux programmes en papier glacé, les hommes et les femmes, ce peuple de France .

 

Surtout pas de cela pour ce rendez-vous là. Ce rendez-vous attendu par toutes celles et ceux qui n’en peuvent plus de ces mots, de ces chiffres, de ces beaux discours de campagne, de ces équipes de salon qui peuvent pour les intérêts de ceci ou de cela accepter un plan social sans mot au nom des intérêts des autres, de ce mur de l’argent qui fera toujours dire qu’on ne peut pas, qu’on ne peut rien.

 

Espoir d’autre chose, un espoir s’est levé pour ce jeune, pour cette femme, pour cet homme et pour changer la France, avec la volonté d’y croire, avec la volonté d’avancer, la volonté d’agir malgré les considérations, malgré les difficultés, malgré les handicaps, cette rage de bâtir pour plus de justice.

 Nous sommes au rendez-vous, enfin … car ça suffit !

 

 Philippe Allard

 

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29 novembre 2010 1 29 /11 /novembre /2010 20:38

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Ségolène Royal à l'UPP Liberté de la presse de Désirs d'avenir le 23 novembre dernier (MEAGSR/F.M.) 

29/11/2010 20:00

La présidente PS du conseil régional Poitou-Charentes annonce dans les colonnes de Centre Presse qu'elle est candidate aux primaires du Parti socialiste. À la question : "Êtes-vous candidate aux primaires du parti socialiste ?", l'ex-candidate à l'élection présidentielle répond :

«J’ai longuement réfléchi et beaucoup consulté. Le moment est venu d’avancer dans la clarté et la simplicité : ma réponse est oui.

Je sais d’expérience qu’il faut plus que quelques mois pour se préparer et pour rassembler. Qui ne voit que la droite est déjà en campagne d’ailleurs elle ne s’en cache pas.

Je vais continuer à faire de ma région un laboratoire économique, social, écologique, éducatif, je vais accepter les invitations à la rencontre des Français, ceux qui souffrent comme ceux qui espèrent.

Écouter les Français - ils l’ont si peu été ces derniers temps alors qu’ils ont tant à dire ! - Pour agir juste, et les convaincre que nous devons et pouvons ensemble prendre notre destin en main, avec un espoir de progrès pour eux, pour leurs enfants, et pour relever la France.»

Rédaction Centre Presse

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29 novembre 2010 1 29 /11 /novembre /2010 04:03

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Alors que les Restos du Cœur lancent aujourd’hui leur 26ème campagne d’hiver dans toute la France, la fédération des banques alimentaires s’est mobilisée dans  à travers tout le pays vendredi 26 et samedi 27 novembre, pour leur 26ème campagne de collecte d’hiver. Depuis la « petite idée » de Coluche lancée sur Europe 1 en septembre 1985, la faim n’a pas disparu en France.

 

 

La collecte de ce week-end a mobilisé près de 100 000 bénévoles sur 9 000 points de vente, ce qui représente un effort considérable quand on sait que les banques alimentaires en France, ce sont 4 000 personnes dont 90% de bénévoles. « On estime que 750 000 personnes sont aidées par les banques alimentaires », souligne Alain Seugé, président de la fédération. En 2009, les 79 banques alimentaires de France métropolitaine et d’outre-mer ont permis de servir 176 millions de repas et ont ainsi assuré une aide alimentaire à 740 000 personnes en situation de précarité, ce qui représente l’équivalent des besoins en nourriture des habitants de Montpellier pendant 1 an.

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Source : "Rapport annuel 2009 du réseau des Banques Alimentaires"

D’après les premières estimations communiquées par la fédération des banques alimentaires, la collecte a été un succès avec près de 12 000 tonnes de denrées non périssables collectées, l’équivalent de 24 millions de repas, contre environ 11 000 l’an dernier, soit une augmentation d’environ 9%  : cette hausse vient à point nommé, pour une double raison. D’abord, parce que les banques alimentaires font face à une demande sans cesse croissante : « Cette demande devrait augmenter de 8 à 10% cette année », indique Alain Seugé. Ensuite, parce que les denrées non périssables collectées faisaient cruellement défaut aux banques alimentaires depuis quelques temps : « Ces denrées n'ont pas de date de péremption. La grande distribution et les industriels ne nous donnent donc pas ces produits. J'espère que les consommateurs vont nous permettre de refaire nos stocks. », expliquait Bruno Monraisse, le président de la banque alimentaire d’Auvergne, la veille de la collecte. Les grandes surfaces donnent en effet notamment des fruits et légumes dont la date de péremption est proche.

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Affichette distribuée aux clients d'une grande surface à Paris samedi 27 novembre 2010 par la Banque Alimentaire de la région

« Cette année, les banques alimentaires se réjouissent d'avoir reçu plus de conserves de légumes et de fruits et de poisson, ainsi que des pots pour bébés. Toutes les denrées offertes pendant ces deux jours seront ensuite distribuées intégralement dans le département ou la région où elles ont été collectée. », précise un communiqué de la fédération des banques alimentaires.

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Source : "Rapport annuel 2009 du réseau des Banques Alimentaires"

En 2009, les banques alimentaires ont collecté 92 678 tonnes de denrées alimentaires, dont environ 13 000 tonnes à l’occasion des collectes d’hiver et de printemps (14%), 30 600 tonnes auprès de l’Union Européenne (Programme Européen d’Aide aux plus démunis, PEAD) (33%), 26 000 tonnes auprès de la grande distribution (28%), 19 500 tonnes auprès des industries agroalimentaires et des producteurs comme les coopératives agricoles (21%), et 3 700 tonnes auprès de l’Etat (Programme National d’Aide Alimentaire (PNAA) et programme d’aide alimentaire exceptionnel) (4%).

Les denrées collectées sont notamment redistribuées à travers des conventions de partenariat alimentaire, avec la Croix Rouge (12 312 tonnes en 2009), les Centres Communaux d’Action Sociale (CCAS, 9 328 tonnes), la Société Saint-Vincent-de-Paul (5 374 tonnes), le Secours Catholique (3 365 tonnes), l’Entraide Protestante (1 606 tonnes), Emmaüs (1 271 tonnes), les Equipes Saint Vincent (1 097 tonnes) et l’Armée du Salut (535 tonnes).

Par ailleurs, les banques alimentaires cherchent à créer des liens avec les Epiceries Sociales, qui offrent 3 avantages : une meilleure alimentation par un libre choix qui respecte les goûts et les envies, un accompagnement social (accueil, activités communes), et une plus grande autonomie du comportement. Actuellement, les banques alimentaires travaillent avec 285 Epiceries Sociales.

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Le Monde daté du 28 novembre 2010 racontait l’histoire de l’épicerie sociale de Vernouillet, en Eure-et-Loire, dans l’agglomération de Dreux, 12 000 habitants, 12% de chômage contre 9,3% en moyenne en France, un taux de chômage des jeunes qui a bondi de 150% avec la crise, et de 37% pour les chômeurs longue durée. La ville a perdu 5 000 emplois industriels en 4 ans ; Philips, Renault et leurs sous-traitants sont partis. Seul un pôle pharmaceutique de 600 personnes résiste encore, mais « les licenciés de l'électronique ou de l'automobile ne sont pas ceux qui ont été embauchés dans la pharmacie », déplore le maire.

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À l'épicerie sociale de Vernouillet, en Eure-et-Loire, le 12 novembre 2010 (Marlène Awaad/IP3 pour Le Monde)

Beaucoup ont subi un déclassement social, comme Patrick Podevin, 55 ans, ancien chef d’atelier chez Philips, aujourd’hui ‘bénéficiaire’ de l’Allocation de Solidarité Spécifique (ASS) et d’un bout de RSA, qui fait quelques heures de garde d’enfant. Budget du ménage avec 2 enfants à charge : 800 euros, contre 3 000 autrefois. Alors heureusement, il y a l’épicerie sociale Les quatre saisons : les denrées, fournies par la banque alimentaire, sont à 10% de leur valeur d’origine, un panier de 30 euros se paie 3 euros.

Comme l’écrit Le Monde, « à Vernouillet, seule l'épicerie sociale ne connaît pas la crise ». Isabelle Le Quellec, responsable du service social du CCAS, analyse : « En cinq ans, nous sommes passés d'un public de bénéficiaires de minima sociaux "classique" à celui de familles qui n'arrivent plus à joindre les deux bouts. ». Le médecin libéral qui vient deux fois par mois de Dreux assurer une permanence d’accès aux soins (PASS) dans le petit bureau installé à l’entrée de l’épicerie s’inquiète de la montée des frustrations et de la haine de l’autre : « Le Front national a encore ici de beaux jours devant lui », déplore-t-il. Aux élections régionales de mars 2010, la liste d'extrême droite réalisé un score de 18,48 %.

La collecte réalisée ce week-end par les banques alimentaires va permettre de constituer un « filet de sécurité » : « Cette constitution de stocks nous permettra, dans l'attente des aides substantielles de l'Etat et du Parlement européen, de continuer le flux de distribution. », indique la fédération des banques alimentaires.

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Répartition par pays du PEAD en 2008 : 305 M€ ont été répartis entre 19 pays, la France a donc touché environ 25 M€

C’est en effet là le grand problème : les denrées données par l’Union Européenne à travers le PEAD et celles données par l’Etat (PNAA notamment) fluctuent en quantité d’une année à l’autre et arrivent souvent en retard : « Nous attendons parfois un an, et puis soudainement, tout est livré en même temps. J'ai dû contingenter la distribution de certains produits au printemps et maintenant j'en ai par-dessus les oreilles. », explique Bruno Monraisse, le président de la banque alimentaire d’Auvergne. « Cette année, nous avons 10%  d'aide en plus de la part de la grande distribution mais 20% en moins de la part des industriels. », ajoute la fédération.

À l’occasion du lancement de leur 26ème campagne, les Restos du Cœur ont demandé au gouvernement, pour le PEAD, de « se battre pour sauver ce programme contre les coups de boutoirs de l’Allemagne et de l’Angleterre », « à l’occasion de la réforme de la PAC prévue pour 2013 ». Ils ont aussi demandé à ce que « l’aide complémentaire de l’État (PNAA) [soit] absolument maintenue », « au coeur de la crise économique et de la remontée des prix des matières premières », alors qu’ils « n’ont jamais eu autant de personnes à aider ».

Selon le Baromètre 2010 Banques Alimentaires/CSA auprès de 1 771 personnes accueillies au sein d’un échantillon national représentatif de 150 associations et CCAS partenaires des banques alimentaires, le profil des personnes bénéficiant a changé depuis 2006. La part des chômeurs a quasiment doublé, passant de 10 à 19 %. Si 25 % des personnes étaient seules avec des enfants en 2006, cette proportion a plus que doublé, à 53 %, en 2010. Encore plus flagrant, si en 2008, 47 % des personnes interrogées étaient divorcées, séparées, veuves ou célibataires, ces catégories représentent aujourd’hui plus de 72 % des personnes accueillies. « Une des causes de la précarisation est la rupture familiale ou une situation personnelle instable », selon les conclusions de l'enquête.

Les bénéficiaires de l'aide alimentaire ne sont pas des « exclus » de la société, des SDF ou des migrants : ils disposent d’un logement  fixe à 65 %, et cette proportion grimpe même à 71% si l'on prend en compte ceux qui sont hébergés. Le fait notable c’est qu’ils vivent à une très large majorité, 70 %, avec moins de 1000 € par mois de revenu.

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Source : Baromètre 2010 Banques Alimentaires/CSA réalisé en novembre 2010

Selon les personnes interrogées, ce sont les dépenses de loyer et d’énergie qui sont les causes de leur déséquilibre financier et par là même du recours qu’elles font à l’aide alimentaire.

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Source : Baromètre 2010 Banques Alimentaires/CSA réalisé en novembre 2010 (variation en points par rapport à 2008)

Et l’étude de conclure : « L’aide alimentaire constitue donc très souvent une aide budgétaire en nature. »

« L'aide alimentaire est une aide budgétaire en nature pour les foyers très modestes, déstabilisés par un accident de la vie, comme une voiture en panne, les obsèques d’un parent qu'il faut payer, la maladie. Cette aide permet aux gens de sortir la tête de l'eau, d'éviter un recours au crédit revolving qui mène au surendettement. Pour une famille avec deux enfants, cette aide représente une valeur de 100-120 euros par mois, ce qui permet de rembourser une facture d'eau, d'électricité. », indique Alain Seugé.

Selon l’INSEE, en 2008, 13% de la population française vivait en dessous du seuil de pauvreté, soit 7,8 millions de personnes. Au niveau de l’Union Européenne, les Restos du Cœur évaluent ce chiffre à 80 millions d’habitants, soit 16% de la population.

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Les Restos du Cœur, qui commencent leur 26ème campagne aujourd’hui, font partie des associations d’aide aux plus démunis auxquelles les banques alimentaires redistribuent leur collecte : « Il existe une synergie entre les restos du coeur et les banques alimentaires. Localement, il arrive très souvent qu’on s'aide mutuellement. », explique la fédération des banques alimentaires.

Les Restos du Cœur, ce sont 103 millions de repas équilibrés distribués,
830 000 personnes accueillies,
30 000 bébés de moins de 12 mois aidés,
58 000 bénévoles,
2 056 centres et antennes,
70 Restos Bébés du Cœur et
13 000 sans-abris aidés chaque semaine par 98 camions, points repas chauds ou maraudes.

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Dessin de Chimulus

En ces temps où l’Etat démissionne de ses missions de solidarité – la Fraternité, troisième mot de la devise nationale – les Restos du Cœur lancent pour leur 26ème campagne un avertissement sans frais aux élus démissionnaires de leurs missions de service public :

« Les exemples ne manquent pas d’élus qui confondent les Restos du Coeur avec les services publics qu’ils administrent. Nous avons toujours répondu par une neutralité politique indéfectible et une indépendance jalousement conservée, car les 58 000 bénévoles des Restos sont au seul service des plus démunis.

Les Restos ont toujours démontré qu’avec un euro d’argent public confié, ils permettaient au moins cinq fois plus d’aides directes, ce qu’aucune administration ne pourrait faire à si faible coût. Mais l’association fondée par Coluche a toujours refusé, et continuera de le faire, de devenir une institution ou une simple délégation de service public. »

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Dessin de Martin Vidberg (www.martinvidberg.com)

Il ne faudrait pas que la perspective des fêtes et les premiers flocons de neige fassent oublier aux Français les problèmes qui s’accumulent sous l’épais manteau blanc d’unimmaculé : au premier rang desquels la crise, donc le chômage et le chômage des jeunes, dont une des conséquences peut être la faim. En France. En 2010.

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Un président déconnecté des réalités... (dessin de Chimulus)

Samedi 27 novembre 2010, une SDF est morte de froid à Marseille – en fait le froid a achevé ce que le mauvais était général avait commencé. C’est la première victime de l’hiver.

Frédérick Moulin

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28 novembre 2010 7 28 /11 /novembre /2010 17:44

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          Je vous avais promis, juste avant les vacances de la Toussaint, une chronique consacrée à des livres pour la jeunesse. Voici donc, en prévision de vos achats de fin d’année, quelques titres que je vous recommande pour nos chères têtes blondes de 3 à 13 ans environ, des tout-petits aux ados pour qui l’ouverture à la lecture est une des clés non seulement à l’imaginaire mais aussi au monde de la culture, des mots et des images qui expriment les émotions et le rire.

 

 

Pour les tout-petits de 0 à 3 ans

 

1°) Album - Mini Presque Tout / Joëlle Jolivet (Seuil jeunesse 6.50 euros)

Profusion d’images superbement gravées et colorées, univers foisonnant, pages cartonnées, arbres et fleurs, corps humain - costumes -engins de chantier …

 

5161SEZG4RL._SS500_-1-.jpg2°) Album - Alors ? Kitty Crowther (Ecole de loisirs / Pastel, 9.00 euros)

 

Dans une chambre, des jouets entrent tour à tour : « Alors ? Rien. Est-il là ? » L’espace vide se comble peu à peu et s’anime jusqu’au dénouement final : l’arrivée de l’enfant …

  

 

 

 

 

De 3 à 6 ans

 

58862634-1-.jpg3°) Album - Je t’aime tous les jours - Malika Doray - (Didier jeunesse, 11.90 euros)

Un texte poétique, un petit lapin, une maman qui part, l’attente légère d’un nouveau Petit Poucet - Le temps qui passe …

 

4°) Documentaire : Le Musée en 10 couleurs / Sophie Curtil (Milan jeunesse, 9.90 euros)

A découvrir 10 œuvres monochromes du Musée d’Art Moderne. Démarche simple, textes poétiques éveillant le regard par un détail puis l’ensemble de l’œuvre cachée.

 

 

De 6 à 9 ans

 

5°) Roman - La glu - J.M. Mathis (Thierry Magnier, 5 euros)

Depuis que leur père est mort, Lucas 11 ans, est l’homme de la maison, responsable de son petit frère qu’il surnomme « la glu ». Il n’y a personne pour protéger Lucas ! Un beau texte, une fine analyse.

 

6°) Poésie - Rondeaux et poésies / J. Roubaud (Folio Cadet, 5 euros)

28 rouleaux, illustrés par trois délicates illustratrices, mettent en images de simples saynètes de la nature, sources de la poésie et de l’enfance.

 

 

Et pour terminer quelques pistes pour les 10 - 13 ans, romans juniors et ados :

 

9782211097949-1-.jpg7°) Les Anglaises / Marie Chartres (Ecole des loisirs 8.50)

Roman épistolaire dans lequel l’auteur réussit à restituer le point de vue d’une enfant sur un monde qu’elle ne parvient plus à comprendre : « j’ai été atteinte de la maladie des mauvais yeux, d’autres enfants ont peut-être la maladie des mauvaises oreilles, moi c’étaient les yeux ».

 

8°) Poil au nez / Cécile Chartre (Editions du Rouergue 6.50 euros)

Ce roman, non dénué d’humour, en dépit de thèmes sensibles (disparition, absence, reconstitution de soi) intriguera par son titre et plaira autant aux garçons qu’aux filles. Des copains, un réveillon surprise, une boîte mystérieuse. A lire absolument pour le plaisir.

 

 

A bientôt, juste avant les fêtes - Eh oui, Noël approche …

 

Mireille

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