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25 décembre 2010 6 25 /12 /décembre /2010 06:05

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Le président Obama, à la Maison Blanche le mercredi 8 décembre, regagne la confiance des indépendants et des classes moyennes, électorat le plus nombreux et le plus volatil, qui lui a fait défaut lors des élections du 2 novembre dernier (Doug Mills/TNYT)

Durant la « lame duck session », ou « session du canard boiteux », la période où le Congrès américain sortant siège encore alors que le Congrès élu le 2 novembre n’entrera en fonction que le 3 janvier, le président Obama a bouclé avec succès quatre dossiers importants. Il a ainsi déjoué tous les pronostics qui ont fait écrire le 7 décembre à The Nation, l’organe de la gauche démocrate : « En route vers une présidence ratée ? », et a fait taire les critiques qui s’exprimaient ouvertement jusqu’à l’intérieur du Parti démocrate. Ainsi, depuis le lundi 15 novembre, Barack Obama a remporté la bataille du « paquet fiscal », liant la reconduction des réductions d’impôt de George W. Bush arrivant à échéance le 31 décembre, et des mesures d’aide sociales aux sans-emploi et aux plus démunis ; puis la bataille de la couverture santé et de l’indemnisation des sauveteurs et des équipes de nettoyage des attentats du 11 septembre 2001 contre le World Trade Center, gravement intoxiqués ; ensuite la bataille pour la levée du « tabou gay » dans l’armée américaine (« Don’t ask, don’t tell. ») ; et enfin la bataille de la ratification du Nouveau Traité de désarmement nucléaire Start avec la Russie.

Première bataille : paquet fiscal et indemnisation des chômeurs

en fin de droit, aide aux plus démunis, aménagements fiscaux

pour les petites entreprises

La première bataille de Barack Obama pendant la « lame duck session » a porté sur la reconduction des réductions d’impôt consenties par George W. Bush en 2001 et en 2003, qui arrivaient à échéance le 31 décembre 2010. Le président Obama souhaitait reconduire les réductions pour les seuls ménages disposant d’un revenu annuel inférieur à 250 000 $ (environ 183 000 €) ; les revenus plus élevés, les « riches », soit 2% des Américains ne devant pas en bénéficier. Les Républicains voulaient que la mesure soit pérennisée pour tous les Américains, y compris les plus riches, ce qui représentait, selon le président Obama, une dépense – et une somme à emprunter – de 700 Md$ sur 10 ans pour ces 2% d’Américains les plus riches.

Avant même l’ouverture de la « lame duck session », le lundi 15 novembre 2010, un compromis semblait se dessiner à l’initiative de Barack Obama : une reconduction pour une durée courte et non une pérennisation, et un éventuel compromis sur la question de la limite de 250 000 $, mais qui n’irait pas sans concessions de la part des Républicains. Après un cheminement au Congrès parsemé de tentatives d’amendements, un compromis entre Démocrates et Républicains a été adopté par la Chambre des Représentants par 277 voix (139 Démocrates et 138 Républicains) contre 148 (112 Démocrate et 36 Républicains, surtout du Tea Party) vendredi 17 décembre, après avoir été adopté sans encombre au Sénat par 81 voix (43 Démocrates, 37 Républicains et 1 Indépendant) contre 19 (13 Démocrates, 5 Républicains et 1 Indépendant) mercredi 15 décembre.

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Le président Obama s'est adressé aux journalistes lundi 13 décembre après un premier vote du Sénat sur son "paquet fiscal" : "Cela prouve que les deux camps peuvent de facto travailler ensemble pour faire prospérer notre économie et pour s'occuper des Américains", a-t-il souligné (Drew Angerer/TNYT)

En quoi a consisté le compromis voulu par le président Obama ? En la défense de « l’intérêt général, celui d’une majorité d’Américains », répond le journal Le Monde. Le président Obama a cédé sur un point : les réductions d’impôt de George W. Bush seront reconduites pour tous les Américains, même les 2% les plus riches, ceux dont le foyer gagne plus de 250 000 $ par an. « La question est de savoir ce que M. Obama a obtenu en contrepartie des concessions faites aux républicains. Beaucoup, nous semble-t-il. », écrit Le Monde. Et à juste titre.

Tout d’abord, les reconductions de réduction d’impôt, pour un montant total de 801 Md$, sont limitées à deux ans… soit jusqu’à fin 2012.  C’est-à-dire peu après les élections du Congrès et du président des Etats-Unis de novembre 2012… Une clause prévoit que l’ensemble du « paquet fiscal » issu du compromis sera revu à cette date.

Ensuite, et c’est le plus important, les chômeurs en fin de droit voient leurs indemnités, qui arrivaient à échéance fin novembre, prolongées de 13 mois, pour un montant total de 57 Md$. Une mesure plus que bienvenue au cœur de l’hiver américain, alors que l’emploi aux Etats-Unis ne redémarre pas, et que les Républicains, désormais majoritaires dans les instances dirigeantes de nombreux Etats (Congrès, poste de gouverneur), ont entrepris au niveau local des coupes drastiques dans les budgets sociaux et les ‘avantages’ des fonctionnaires des Etats, à commencer par leurs salaires et leurs retraites. Autre compensation obtenue par le président américain : des aides aux étudiants les moins fortunés, le maintien de nombreux dispositifs anti-pauvreté, et une série d’aménagements fiscaux pour les petites entreprises. Au total, c’est un mini-plan de relance, favorable à une classe moyenne qui a beaucoup boudé le camp démocrate aux dernières élections, qui est mis en place.

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Juillet 2009 : les soins à domicile sont sur la liste des coupes sombres de l'État de Californie dans l'espoir de contenir un déficit budgétaire estimé à 26 milliards de dollars sur 2010 et 2011 (Justin Sullivan/Getty Images North America)

Dans un premier temps, une partie non négligeable du camp démocrate a hurlé à la trahison, critiquant ouvertement l’abandon du seuil de 250 000 $, trouvant le compromis trop généreux vis-à-vis des Américains les plus riches et estimant que les concessions faites aux Républicains étaient inacceptables : on s’en rend immédiatement compte quand on voit que le vote final à la Chambre des représentants a vu 139 Démocrates voter pour le texte, et 112 voter contre : 45% des votes de représentants démocrates étaient des votes contre le projet ! Mais 10 jours plus tard, ces voix se sont tues. Les sondages montrent que les Américains ont approuvé le président Obama pour son compromis avec l’opposition, le « paquet fiscal » : l’opinion publique estime que la prolongation du versement des indemnités pour les chômeurs en fin de droit, qui représentent 45% des sans-emploi, valait tous les compromis, d’autant plus qu’elle a été accompagnée d’autres victoires, dont l’acquis social que représente la couverture santé et l’indemnisation des sauveteurs et des équipes de nettoyage gravement intoxiquées par les émanations se dégageant des gravats suite aux attentats du 11 septembre 2001 contre le World Trade Center.

Seconde bataille :  couverture santé et indemnisation des sauveteurs

gravement intoxiquées par les émanations se dégageant des gravats

suite aux attentats du 11/09/2001 contre le World Trade Center

Seconde bataille donc, Barack Obama a également souhaité faire adopter lors de la « lame duck session » une loi destinées à couvrir les dépenses de santé et à compenser les pertes de revenu (décès, incapacité, …) des sauveteurs des services publics qui, après les attentats du 11 septembre 2001 et l’effondrement des tours jumelles du World Trade Center, ont cherché les corps puis nettoyés les lieux, sans protection, respirant les poussières nocives émanant des gravats. En 9 ans, plusieurs centaines de sauveteurs sont morts, et 60 000 personnes sont toujours suivies pour des affections liées aux émanations toxiques respirées. Par ailleurs, 10 000 sauveteurs et personnes affectées au nettoyage des lieux en 2001 ont récemment signé un accord avec la ville de New York pour accéder au Fonds de Compensation des Victimes, à hauteur des sommes qui y seront versées.

Jeudi 9 décembre 2010, les Démocrates n’ont pu compter que sur les voix des sénateurs de leur parti, avec l’appoint des 2 sénateurs indépendants, le leader démocrate au Sénat, le sénateur du Nevada Harry Reid, sur la corde raide dans son Etat, ayant voté contre le projet de loi : les Démocrates ont vu leur projet de loi de 7,4Md$ (5,6 Md€) rejeté par le Sénat par 57 voix pour et 42 contre, la majorité étant de 60 voix sur 100.

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Les sénateurs démocrates Kirsten E. Gillibrand et Charles E. Schumer de l'Etat de New York parlant du projet de loi sur la couverture des sauveteurs gravement intoxiqués suite aux attentats du 11 septembre sur le World Trade Center  (Drew Angerer/TNYT)

Mais depuis, les Républicains ont essuyé une pluie de critiques, notamment de la part de l’ancien maire républicain de New York, Rudolph Giuliani (1994-2001). Les sénateurs démocrates de New York Charles E. Schumer et Kirsten E . Gillibrand, ainsi que les sénateurs républicains Tom Coburn de l’Oklahoma et Michael B. Enzi du Wyoming ont abouti à un compromis, qui abaisse de 40% le financement de la loi, à 4,3Md$, mais a permis mercredi 22 décembre le vote par acclamation, sans aucune objection, de la loi par le Sénat. Dans les heures qui ont suivi, la Chambre des représentants a voté la loi par 206 voix pour (175 Démocrates et 31 Républicains) et 60 contre (59 Républicains et 1 Démocrate), 168 représentants étant absents lors du vote.

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Wendy Flammia avec une photo du mari de son amie Jenn McNamara, John McNamara, un pompier de New York et un volontaire le 11 septembre qui mourut plus tard d'un cancer, à une conférence de presse mercredi 22 décembre sur la colline du Capitole (Brendan Smialowski for TNYT)

Pour les 5 prochaines années, 1,8 Md$ iront à la couverture santé, à la surveillance et au traitement des lésions causées par la poussière toxique et les débris à Ground Zero. Et 2,5 Md$ iront alimenter le Fond de Compensation des Victimes du 11 septembre sur 5 ans pour permettre la compensation des pertes d’emploi et des pertes économiques ; les versements commenceront en janvier.

Troisième bataille : la levée du « tabou gay » dans l’armée américaine

Troisième bataille pour Barack Obama, la levée du « tabou gay » dans l’armée américaine. Le président américain avait promis dès sa campagne pour l’élection présidentielle de 2008 de lever l’interdiction faite aux hommes et aux femmes soldats d’afficher leur homosexualité sous peine d’être renvoyé, appelée directive « Don’t ask, don’t tell », « Ne rien demander, ne rien dire », et héritée du début de la présidence du Démocrate Bill Clinton (1993). Joseph Lieberman, sénateur indépendant du Connecticut et ancien candidat à la vice-présidence en 2000 sur le ticket du Démocrate Al Gore, et Susan Collins, sénatrice du Maine, féministe, opposante-clé républicaine à la directive « Don’t ask, don’t tell », ont mené les forces favorables à la levée de l’interdiction ; ils ont été notamment suivi par la seconde sénatrice républicaine du Maine, Olympia J. Snowe, partisane du droit à l’IVG et du droit des homosexuels, et par le sénateur républicain du Massachusetts Scott Brown, qui a arraché aux Démocrates le siège d’Edward Kennedy en janvier dernier. Samedi 18 décembre, le Sénat a donc voté la levée du « tabou gay », par 65 voix (55 Démocrates, 8 Républicains et 2 Indépendants) contre 31 (31 Républicains), 1 Démocrate et 3 Républicains n’ayant pas pris part au vote.

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Dans le sens des aiguilles d'une montre en partant de la gauche au fond : les sénateurs Mark Udall (démocrate), Joseph I. Lieberman (indépendant), Susan Collins (républicaine) and Kirsten Gillibrand (démocrate) après une conférence de presse sur la levée de l'interdiction “Don’t ask, don’t tell.” (Drew Angerer/TNYT)

Le président Obama a déclaré après le vote : « En tant que commandant en chef [de l’armée des Etats-Unis], je suis aussi convaincu que réaliser ce changement ne fera que souligner le professionnalisme de nos troupes, les révélant comme les forces de combat les mieux dirigées et les mieux entraînées que le monde ait connu. ».

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Bara Obama signe, mercredi, la loi abrogeant le tabou « gay » dans l’armée (P. Martinez Monsivais/AP)

Le sénateur Lieberman a révélé que 14 000 soldats avaient été obligés de quitter l’armée à cause de l’interdiction « Don’t ask, don’t tell » : « Quelle perte pour notre pays ! », a-t-il conclu. Plus tôt dans la semaine, mercredi 15 décembre, la levée du « tabou gay » avait été votée par la Chambre des Représentants par 250 voix (235 Démocrates et 15 Républicains) contre 175 (15 Démocrates et 160 Républicains). Il faudra au moins 60 jours après la signature de la loi par le président Obama pour que celle-ci entre en vigueur, le temps pour l’armée et le secrétaire à la Défense de réorganiser ses procédures internes.

Quatrième bataille : ratification du Nouveau Traité Start avec la Russie

Enfin, quatrième et dernière bataille pour Barack Obama, la ratification par le Congrès du Nouveau Traité Start de désarmement et de non-prolifération nucléaire avec la Russie, la plus emblématique et la plus difficile des batailles. Car le Sénat, en matière de traités internationaux et dans le domaine des affaires étrangères, dispose aux Etats-Unis de pouvoirs renforcés : il faut une majorité des deux tiers, soient 67 sénateurs sur 100 pour ratifier un traité international. Le président américain s’est fixé pour but de faire ratifier le traité avant la fin de la session du « canard boiteux ».

Car l’objet du traité est important et stratégique. L’accord signé en avril avec le président russe Medvedev prévoit un maximum de  1 550 têtes nucléaires et de 700 vecteurs déployés pour chaque pays 7 ans après l’entrée en vigueur du traité. Par ailleurs, la non-ratification de l’accord serait perçue comme un aveu de faiblesse par M. Medvedev et par la nomenklatura russe. Cela pourrait amoindrir les chances de M. Medvedev d’être réélu en 2012, et renforcer le camp de ceux qui veulent garder des liens avec l’Iran. La vente par la Russie d’un système anti-aérien sophistiqué S-300 à l’Iran, qui a été suspendue, pourrait reprendre, et Israël pourrait déclencher des frappes préventives contre les installations nucléaires iraniennes, frappes, qui seraient rendues inefficaces une fois le système mis en place en Iran.

Avant même les élections du 2 novembre, Barack Obama avait commencé à négocier avec l’influent Jon Kyl, sénateur républicain de l’Arizona et vice-président du groupe des sénateurs républicains au Sénat. Mais celui-ci réclamait des contreparties, et faisait monter les enchères. Après les élections du 2 novembre, il a résolument tourné le dos au président Obama, et s’est rangé du côté du leader républicain au Sénat, Mitch McConnell, qui ne cachait pas son but de tout faire pour que Barack Obama ne soit pas réélu en 2012.

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Le sénateur démocrate et président de la commission des Affaires étrangères du Sénat John Kerry, à gauche, et le sénateur républicain Richard G. Lugar, s'exprimant à une conférence de presse après la ratification du traité par le Sénat (Michael Reynolds/European Pressphoto Agency)

Finalement, le sénateur démocrate du Massachusetts John Kerry, président de la commission des Affaires Etrangères au Sénat, ancien candidat démocrate à l’élection présidentielle de 2004 face à George W. Bush, et le sénateur républicain de l’Indiana Richard G. Lugar, se sont chargés de rallier les votes pour la ratification du Nouveau Traité Start.

Mercredi 22 décembre, le Sénat a voté la ratification du Nouveau Traité Start par 71 voix (56 Démocrates, 2 Indépendants et 13 Républicains) contre 26, 3 Républicains n’ayant pas pris part au vote. Le vote étant considéré comme crucial par le président Obama, Joe Biden, le vice-président, présidait la session du Sénat, ce qu'il fait très rarement. Hillary R. Clinton, Secrétaire d'Etat des Etats-Unis, ancienne sénatrice, assistait également à la session.

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Le sénateur démocrate John Kerry, oeuvrant pour la ratification du traité, s'est arrêté mercredi 22 décembre pour dicuter avec le sénateur républicain Jon Kyl, farouche opposant du traité (Brendan Smialowski for TNYT)

Quelques modifications proposées parle sénateur Jon Kyl ont tout de même été apportées au traité, notamment en ce qui concerne la réaffirmation du projet américain de construire en Europe un réseau défensif antimissiles et de moderniser les armes nucléaires des Etats-Unis afin de s’assurer qu’un arsenal de taille plus réduite est néanmoins toujours efficace, ainsi que sur l’interprétation des Américains des dispositions du préambule du traité qui, pour ces derniers, ne créent pas d’obligation juridique pour la Russie et les Etats-Unis.

Ces modifications ont irrité le Parlement russe, qui a approuvé vendredi 24 décembre le texte initial du Nouveau Traité Start, mais a averti qu’elle apporterait en seconde lecture des amendements aux conditions ajoutées par le Sénat américain, qu’elle estime en contradiction avec le texte.

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Barack Obama et Dimitri Medvedev à Moscou en juillet 2009 (AFP/Yuru Kadobnov)

Cependant la Maison Blanche s’est réjouie du succès enregistré : « Le président Medvedev a félicité le président Obama pour l'approbation par le Sénat du nouveau traité Start et les deux dirigeants ont convenu qu'il s'agissait d'un événement historique pour les deux pays et pour les relations américano-russes. ». De son côté, le président Medvedev a déclaré, en parlant de son homologue américain : « Bien joué, il a réussi à imposer [au Sénat] dans des conditions difficiles un document extrêmement important. », appréciant un président américain « qui sait écouter et entendre, n'est pas en proie à des stéréotypes et remplit ses promesses. Il a fait très bien son boulot. Je lui ai dit : 'Barack, repose-toi'. ».

Il faut souligner que le président Obama a réussi là où deux de ses illustres prédécesseurs démocrates avaient échoué : à la fin des années 1970, Jimmy Carter n'avait pas pu faire voter la ratification du traité Salt II ; et à la fin des années 1990, Bill Clinton n'avait pas su convaincre le Sénat d'entériner un accord sur l'interdiction des essais nucléaires souterrains.

Obama et les Démocrates contre les Républicains et le Tea Party : 4-0

De fait, la « lame duck session » aura permis de découvrir les talents du président Obama pour former des majorités bipartisanes, ce qu’on ne voyait plus depuis longtemps au Capitole. Sur chacun des quatre grands dossiers bouclés par Barack Obama et le camp démocrate, les Républicains ont montré leurs divisions internes : schématiquement, on a les Républicains du centre-droit, qui refusent de diaboliser le président Obama ; et on a les Républicains les plus radicaux, placés sous l’influence ultraconservatrice du Tea Party, des Républicains qui n’ont qu’un seul objectif : empêcher à tout prix la réélection du président Obama en 2012, prônant dès lors une opposition systématique et sans concession.

Mais avec les réformes de l’assurance-santé et de la régulation financière, auxquelles il faut maintenant ajouter les 4 dossiers bouclés pendant la « lame duck session », l’œuvre législative du président Obama réalisée en 2 ans « pourrait dépasser celle du 89ème Congrès en terme d’accomplissements », selon un analyste politique du groupe néoconservateur American Enterprise Institute, Norman Orenstein, c’est-à-dire dépasser celle du président Lyndon Johnson de 1965 à 1967, qui mit en place la Sécurité sociale américaine, dont Medicare et Medicaid, ainsi que d’autres avancées civiques et sociales.

« « Obama est de retour », clame aussi Charles Krauthammer, idéologue prééminent de la droite conservatrice. En un tour de main, "il a récupéré les indépendants qui l'avaient fui", note-t-il, faisant, dès lors, de lui "le favori probable" pour 2012. Et de le comparer à Ronald Reagan, dont "l'erreur récurrente de ses adversaires a toujours été de le mésestimer". », conclut Le Monde.

Le lundi 15 novembre, jour d’ouverture de la « lame duck session, » le Washington Post titrait dans un de ses articles : « Pour être un grand président, Obama ne doit pas chercher à être réélu en 2012 ». Beaucoup d’autres articles autour de cette date auront pour titre le même thème. Mais aujourd’hui, à la fin de cette « session du canard boiteux », le président Obama a marqué des points sur 4 dossiers importants. Tandis que les Républicains se divisaient, il a su trouver des compromis bipartisans. Un signe encourageant pour la ‘cohabitation’ avec le nouveau Congrès qui prendra ses fonctions le 3 janvier, où les Démocrates auront une majorité affaiblie au Sénat et seront minoritaires à la Chambre des représentants. Une leçon à méditer aussi pour tous, même si le système politique américain est différent du nôtre :  avec de la volonté politique, des compromis sont parfois possibles autour de valeurs partagées par des personnalités politiques de bords différents.

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Dessin de Martin Vidberg (www.martinvidberg.com)

Et en ce jour de Noël, Barack Obama s’offre un beau cadeau : à nouveau dans la course vers 2012 moins de deux mois après la défaite des Démocrates aux élections du Congrès du 2 novembre, c’est un score sans appel qu’il obtient : Obama et les Démocrates contre les Républicains et le Tea Party : 4-0.

Frédérick Moulin

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