Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
19 décembre 2010 7 19 /12 /décembre /2010 14:34

6xfk7lyr[1]

                            C‘est une chronique un peu particulière aujourd’hui. Dévorée par l’actualité politique, artistique, journalistique, théâtrale, cinématographique etc …etc… ique, ique, que sais-je encore ! je n’ai pas trouvé le temps de lire, à ma grande honte, d’ailleurs chaque soir, je tente de rogner sur mon temps de sommeil en jetant un coup d’œil sur ma pile de vrais livres en attente ; un événement nouveau, un article du Monde, du Nouvel Obs, de Télérama s’empare alors de moi, me tient en haleine dans la nuit, tandis que mes 62 livres et futurs compagnons, sont toujours là, dans ma chambre, attendant …

 

 

Ma chronique de décembre … : des films, des expos, du théâtre, en veux-tu, en voilà !

 

) Deux films toujours à l’affiche et vrai rayon de soleil pour nos cœurs et nos corps livrés au froid et à la morosité :

 Potiche (de François Ozon), une comédie ironique sur le Pouvoir, dans un décor et des costumes années 75, époustouflant de vérité et de pittoresque. Une pléiade d’acteurs que nous aimons s’amusant manifestement autant que nous, Catherine Deneuve, Depardieu, Fabrice Lucchini, Karine Viard etc … etc…

Le Nom des gens, excellent pour le moral, un film grave, léger et profond tout à la fois, concocté par M Leclerc avec en tête d’affiche Sara Forestier, Jacques Gamblin et … Lionel Jospin ! Comédie à gauche toute …

 

2°) Deux expositions

Impossible, sans réserver, de visiter l’impressionnante rétrospective Claude Monet au Grand Palais.

Prenez du temps et du plaisir à l’ouest de Paris, en bordure du Bois de Boulogne, un hôtel particulier plein de charme, « Le musée Marmottan, Claude Monet », dans le 16° arrondissement, ouvre lui aussi ses portes au maître impressionniste jusqu’au 20 février 2011 (tél : 0144965033).

Vous y découvrirez les fameuses toiles peintes à Londres ainsi, qu’entre autres, les différentes versions des Nymphéas.

La France de Raymond Depardon, jusqu’au 9 janvier à la BNF François Mitterrand. Vision d’une France urbaine, provinciale par Depardon dans son camping-car.

 

3° Deux pièces de théâtre

« Inconnu à cette adresse », d’après une nouvelle de Kressmann Taylor, Dix-neuf lettres échangées entre deux amis retracent la montée du nazisme. Emmenez vos ados.

Aketon Théâtre, 11 rue du g. Blaise 75011 Paris (0143387462)

Lulu, auteur Frank Wedekind, mise en scène de Stéphane Braunschweig, somptueuse pièce baroque. Richesse d’un texte restitué dans son intégralité - Lulu, fantasme, mythe du sexe féminin réinventé par les hommes. Attention le spectacle dure quatre heures.

Théâtre national de la Colline, 15 rue Malte-Brun, 20° / 0144625252

 

Bonnes fêtes à toutes et tous

A la revoyure début 2011

Mireille

Repost 0
Published by Militants de l'Espoir à gauche - dans Les chroniques littéraires de Mireille
commenter cet article
19 décembre 2010 7 19 /12 /décembre /2010 00:52

53377_segolene-royal-le-18-decembre-2010-a-paris-1-.jpg         On ne la connaissait pas sous ce jour. Décidément Ségolène Royal saura toujours surprendre et elle a plus d’un tour dans son sac !

 

Dans une salle pleine à craquer de ses partisans réunis à Paris, Ségolène Royal a ironisé sur les déplacements en France du président Nicolas Sarkozy en hélicoptère, provoquant à plusieurs reprises les éclats de rire de la salle.

Et la socialiste de raconter les voyages du président dans ce beau pays de France. Arrivant en hélicoptère dans des villages déserts, évacués, sous une nuée de forces de l’ordre, alors que certains habitants sont mis en résidence surveillée, le président « ne risque pas de rencontrer des Français qui lui posent quelques questions … ». La socialiste ne boude pas son plaisir et la salle rit de ce président qui a tellement peur des Français !

 

C’est de bonne guerre pour l’ancienne candidate présidentielle qui avait subi de lourdes attaques, des troupes de son adversaire, remettant en cause sa crédibilité pour mieux l’affaiblir.

 

Que de chemin parcouru depuis … alors que les mots de la campagne se sont envolés, que reste-t-il, selon la socialiste, de la compétence de Nicolas Sarkozy ? Ségolène Royal passe alors en revue les échecs : les atteintes à la démocratie, le recul de l’école, l’abandon des services publics, l’absence de politique pour la jeunesse, le désastre de la politique industrielle, l’affaiblissement de la voix de la France dans le monde. Dans la perspective de 2012, Ségolène Royal, portée par la salle, croit fermement à la victoire de la gauche, « non pour la gauche mais pour la France », car il faudra « rendre aux Français ce qui a été pris ».

 

La socialiste a pu ainsi brocarder la politique menée par Nicolas Sarkozy pour ouvrir de nouvelles perspectives, pour proposer une alternative, une autre politique qu'elle veut mettre en oeuvre. Elle en appelle à « une politique par la preuve » qui puisse donner des résultats concrets. Car pour la socialiste la parole politique est aujourd’hui décrédibilisée par un pouvoir qui « a trahi toutes ses promesses » notamment celle de réhabiliter la valeur travail.

La socialiste s’est mise en mouvement pour 2012. Elle a montré samedi qu’elle dispose d’un capital de soutiens intact et qu’elle a la ferme volonté d’affronter, cinq ans après, Nicolas Sarkozy pour donner à la France sa victoire.

 

Philippe Allard

Photo : AFP/Fred Dufour

 

Ecouter

Repost 0
Published by Militants de l'Espoir à gauche - dans Parti socialiste
commenter cet article
18 décembre 2010 6 18 /12 /décembre /2010 08:41

D1.jpg

Delphine Batho, proche de Ségolène Royal, députée des Deux-Sèvres, était l’invitée de Nicolas Demorand, assisté du journaliste Claude Askolovitch, sur Europe 1 jeudi soir.

Elle a répondu aux questions des deux journalistes sur Ségolène Royal, les licenciements boursiers et la croissance verte, remettant à sa place Claude Askolovitch qui tenait pour négligeables la Région Poitou-Charentes et son action, ainsi que les Deux-Sèvres : « Il ne faut pas mépriser ce qui est l’action concrète des collectivités territoriales. ».

Puis la députée des Deux-Sèvres a répondu aux questions de Claude Askolovitch sur le « rythme des primaires » du PS et sur le « calendrier DSK ».

Enfin, elle a parlé sécurité, un domaine qu’elle connaît bien en tant qu’ancienne secrétaire nationale du PS chargée de ce dossier, abordant le thème de la sécurité dans la présidentielle de 2012, et des incidents de Bobigny où des policiers ont manifesté leur mécontentement suite à la condamnation de 7 de leurs collègues pour mensonge, ce que le ministre de l’Intérieur avait qualifié de décision « disproportionnée », ravivant les tensions entre police et justice.

Elle a conclu en rappelant l’empilement des lois sans aucune amélioration notable (17 lois depuis 2002 !) et le fait que les ministres de l’Intérieur devaient respecter la déontologie de leur fonction, soulignant :

« Brice Hortefeux est un ministre de l’Intérieur faible, parce que tous les ministres de l’Intérieur qui ont imprimé leur marque sur cette institution, y compris Nicolas Sarkozy en 2002, ont toujours été intransigeants en matière de déontologie. »

1432292_3_7355_le-ministre-de-l-interieur-brice-hortefeux.jpg

Brice Hortefeux, ministre de l'Intérieur (AFP/Thomas Coex)

 Hier, Brice Hortefeux a été condamné par le tribunal de grande instance de Paris pour atteinte à la présomption d'innocence à l'encontre de David Sénat, ancien conseiller de Michèle Alliot-Marie au ministère de la justice. Le ministre de l'Intérieur devra verser un euro de dommages et intérêts à Monsieur Sénat. Il devra en outre s'acquitter du versement de 3 000 euros pour frais de procédure.

Frédérick Moulin

 

Nicolas Demorand : mon cher Claude Askolovitch, notre invitée ce soir est Delphine Batho, députée socialiste des Deux-Sèvres, elle fut secrétaire nationale du PS à la Sécurité de 2004 à 2008.

Claude Askolovitch : et Delphine Batho qui accuse le gouvernement et la droite d’être incapable de protéger les policiers, c’est à l’Assemblée Nationale que vous avez dit ça Delphine Batho. Vous parliez au nom des socialistes, dans les débats sur la loi d’orientation et de programmation sur la sécurité intérieure. Delphine Batho, au PS vous jouez un rôle très particulier, vous êtes la jeune femme de gauche qui aime les flics, et de fait vous avez beaucoup travaillé avec les syndicats de police. Pourtant vous vous êtes opposée à l’aggravation des peines contre les meurtriers de policiers, ça fait partie des légères contradictions de la gauche, qui comptent moins que votre constance sécuritaire.

Autre constance Delphine Batho qui vous honore quand tellement de gens ont abandonné l’ex-candidate socialiste de 2007, députée des Deux-Sèvres vous avez repris le siège de Ségolène Royal dont vous êtes une fidèle sans faiblir. Donc entre la police qu’il faut regagner à la gauche et les Français qu’il faut reconquérir pour Ségolène Royal, vous voilà avec nous au cœur de deux combats difficiles.

Nicolas Demorand : bonsoir Delphine Batho.

Delphine Batho : bonsoir.

Nicolas Demorand : et comment elle va, Ségolène Royal, est-elle heureuse d’être enfin entrée en campagne ?

Delphine Batho : oui, parfaitement, elle est pleinement mobilisée. Vous l’avez vue cette semaine en déplacement à Ris-Orangis auprès des salariés de LU qui ont gagné un combat important contre les licenciements boursiers, elle est aujourd’hui en Région Poitou-Charentes et donc elle est …

Nicolas Demorand : c’est ce qu’elle préfère, la campagne ?

D15.jpg

Delphine Batho : ah oui, ça, Ségolène Royal aime faire campagne, je vous le confirme.

Claude Askolovitch : Ségolène Royal, présidente, interdira les licenciements boursiers ?

Delphine Batho : la proposition qu’elle a avancée, c’est qu’en effet cette décision judiciaire qui est tombée, qui oblige quand même le groupe Danone à rembourser les salariés qui ont été licenciés injustement, c’est que la justice reconnaît qu’il y a une différence entre un licenciement économique qui est lié à une difficulté d’entreprise, et un licenciement boursier quand un groupe financier va bien, donc oui, il faut tirer les conséquences de cette loi…

Claude Askolovitch, lui coupant la parole : Delphine Batho, ça c’est la justice, comment le législateur, vous êtes députée, comment Ségolène Royal, présidente éventuelle, et sa majorité, interdiraient les licenciements boursiers par avance ?

Delphine Batho : eh bien là, le problème, c’est que la justice l’a interdit a posteriori, mais entre temps les salariés ont été licenciés, donc le problème c’est d’avoir une interdiction a priori, et d’empêcher le licenciement lorsqu’il est boursier, lorsqu’il s’agit d’une entreprise qui fait des profits et qui a aucun problème économique.

Claude Askolovitch : la question c’était : comment on ferait, sur quels critères, voilà, mais on va pas s’étendre, vous n’avez pas encore de projet de loi prêt, là-dessus ?

Delphine Batho : non, en terme de projet de loi ça reste à définir, mais le principe il est extrêmement clair, il faut que ce type de licenciement ne soit plus possible.

Nicolas Demorand : mais est-ce que d’ailleurs elle a un programme, Ségolène Royal aujourd’hui ?

D8.jpg

Delphine Batho : ce qu’a dit Ségolène Royal, c’est qu’il y a une certaine urgence à ce que la gauche se mette en mouvement et s’engage dans la préparation des échéances de 2012, en effet, pour avoir un projet. Ce projet, elle ne veut pas le construire toute seule. Comme vous le savez il y a d’abord les réflexions qui sont conduites par le Parti socialiste

Nicolas Demorand : mais aujourd’hui, elle n’en a pas plus, enfin, ni plus ni moins que d’autres au Parti socialiste ?

Delphine Batho : Ségolène Royal a des propositions fortes, sur la croissance verte, sur le pacte pour l’emploi des jeunes, sur le redressement de la France aussi sur un plan…

Claude Askolovitch, l’interrompant brutalement : par exemple… pardon Delphine Batho, par exemple, croissance verte, et ne nous parlez pas des entreprises vertes de Poitou-Charentes, on connaît. En dehors du Poitou-Charentes, quoi par exemple pour la croissance verte ?

Delphine Batho : pourquoi « en dehors du Poitou-Charentes » ?

Claude Askolovitch : parce qu’on revient toujours, quand on parle de Ségolène Royal, à cette estimable région qui ne résume pas toute la France. Qu’est-ce qu’il y aurait comme projet de loi nationale pour la croissance verte ?

Nicolas Demorand : Delphine Batho ?

Delphine Batho : d’abord, je suis élue des Deux Sèvres et donc je vois …

Claude Askolovitch, lui coupant la parole, et riant : c’est encore plus petit que Poitou-Charentes !

D10.jpg

Delphine Batho : eh bien, c’est plus petit, mais tout à fait respectable, c’est un territoire rural où je vois aujourd’hui l’impact concret des actions de la Région Poitou-Charentes en matière de croissance verte, en matière de soutien aux énergies propres, que ce soit l’énergie solaire notamment, donc il ne faut pas mépriser d’abord ce qui est l’action concrète des collectivités territoriales. Ensuite moi je crois profondément qu’on peut s’inspirer justement de ce qui est fait concrètement aujourd’hui, pour organiser quoi ? La conversion de l’industrie française autour des enjeux qui sont ceux de la voiture électrique, qui sont ceux de l’énergie propre, qui sont ceux, par exemple, de l’is… j’allais dire de l’isolement, c’est peut-être pas le terme correct, excusez-moi, le mot me manque, de l’isolation des logements, et notamment des logements sociaux. Pour quoi faire ? Pour réduire aussi la facture énergétique des Français.

Nicolas Demorand : Claude ?

Claude Askolovitch : on a du mal à suivre. Je suis désolé, hein, on va faire de la politique politicienne, on est forcés, Ségolène Royal veut accélérer, si on a bien compris, le rythme des primaires socialistes. Vous en revanche il y a 15 jours à peu près vous disiez qu’il valait mieux attendre et ne pas brusquer Dominique Strauss-Kahn. Contradiction ? Complémentarité ?

Nicolas Demorand : Delphine Batho.

Delphine Batho : alors d’abord Ségolène Royal ne veut pas accélérer le rythme des primaires, ce que nous voulons c’est …

Claude Askolovitch : elle dit que d’expérience de 2007, vaut mieux désigner le candidat avant l’été.

Delphine Batho : ce que nous voulons, c’est avoir le bon calendrier. C’est-à-dire, ce qui est prévu pour l’instant c’est que les candidatures aux primaires soient déposées au mois de juin, et par contre que le vote ait lieu au mois de novembre, mais ça ça nous semble trop tard, parce que c’est exactement le même calendrier que celui qu’on avait en 2006-2007

Claude Askolovitch : mais c’est le calendrier DSK, Delphine Batho, tout le monde le sait. On sort de ce calendrier DSK pour prendre un autre calendrier, pourquoi pas ?

D11.jpg

Delphine Batho : je pense que c’est un petit peu plus compliqué que ça, puisque par exemple vous avez dû remarquer que le sommet du G20 a lieu à Cannes les 3 et 4 novembre 2011, donc ce n’est pas aussi simple de dire que ce calendrier est calé sur l’agenda du Fonds Monétaire International. Et je maintiens ce que j’avais dit concernant Dominique Strauss-Kahn, c’est-à-dire qu’il faut arrêter de lui mettre la pression, aujourd’hui il n’est pas candidat et il est libre de s’exprimer le moment où lui le jugera bon sur ce qui sera sa décision.

Nicolas Demorand : passons maintenant à l’autre dossier qu’évoquait Claude, et dont vous avez la charge et la responsabilité à gauche, celui de la sécurité. Est-ce que d’après vous la présidentielle de 2012, comme bien d’autres, va se jouer là-dessus, sur la sécurité ?

Delphine Batho : en partie oui bien sûr, puisqu’il y a une situation de violence installée qui perdure, qui n’est pas résolue, et même qui s’aggrave. Vous avez vu ce rapport cette semaine de l’Observatoire des zones urbaines sensibles, c’est-à-dire des quartiers difficiles, qui montre qu’il y a une augmentation significative de l’insécurité dans ces quartiers, puis on le voit tous les jours malheureusement avec un certain nombre de drames, comme ce qui s’est passé à Aulnay cette semaine, avec ces malfaiteurs qui tirent à la kalachnikov sur des policiers, ou ce qui s’était passé à Marseille, à Grenoble, enfin, je n’allonge pas la liste. Oui bien sûr ça fera partie de ce qui sera en débat dans l’élection présidentielle de 2012, puisqu’il y a un échec dramatique de ce qu’a été la politique de Nicolas Sarkozy, et honnêtement, personne ne s’en réjouit.

Nicolas Demorand : Claude ?

Claude Askolovitch : est-ce que la gauche est encore l’amie des policiers comme vous, ou est-ce qu’une partie de la gauche, mon dieu, c’est un peu réjouie de ce qui est arrivé à Bobigny, c’est-à-dire des policiers qui sortent du rail et qui sont sanctionnés par la justice ?

Nicolas Demorand : Delphine Batho ?

Delphine Batho : je pense que personne ne s’est réjoui de ce qui s’est passé à Bobigny.

Claude Askolovitch : vous êtes sure que personne à gauche n’est content de voir des policiers aller en prison ? Ça existe pas, ça, cette culture là ?

D4

Delphine Batho : je pense d’abord qu’aucun républicain ne devrait être content de voir des policiers manifester en arme et en uniforme alors qu’ils ont la liberté syndicale. Et ça, ça pose quand même un problème. Donc non, je pense que personne ne devrait se réjouir de ce qui s’est passé à Bobigny. On peut comprendre l’émotion qui est celle des policiers qui travaillent dans un département où franchement la situation est extrêmement difficile, où ils sont pris pour cible, où on leur tire dessus, on l’a vu encore cette semaine, mais confondre cette situation avec la faute qu’on commise des policiers, faire ce qu’ont fait le ministre de l’Intérieur et le préfet, c’est-à-dire apporter un soutien à des policiers qui ont commis un délit et qui ont accompli une faute, d’un certain point de vue c’est une injure aux policiers qui font tous les jours leur travail de façon exemplaire.

Nicolas Demorand : Claude ?

Claude Askolovitch : quand Benoît Hamon, porte-Parole du PS, dit que Brice Hortefeux se comporte comme un syndicaliste policier, et dans la bouche de Benoît Hamon ce n’est pas un compliment, est-ce qu’il se trompe d’injure ? Et ça, ça vous pose un problème, les syndicalistes flics vous les connaissez.

Delphine Batho : j’aurais pas employé la même expression que Benoît, moi je pense que…

Claude Askolovitch, l’interrompant : ce qui montre que culturellement, il y a un léger hiatus.

Delphine Batho, sur un ton goguenard : je pense surtout, si vous voulez, ce que ça traduisait pour Brice Hortefeux, c’est que c’est un ministre de l’Intérieur faible. Parce que tous les ministres de l’Intérieur qui ont imprimé leur marque sur cette institution, y compris Nicolas Sarkozy en 2002, ont toujours été intransigeants en matière de déontologie.

Claude Askolovitch : comment expliquer aux policiers que la gauche les soutient quand vous vous opposez à l’aggravation des peines proposées, votées par la droite contre les meurtriers de policiers ?

D17.jpg

Delphine Batho : nous demandons que les policiers soient réellement protégés. Et en fait cette aggravation des peines est une mesure d’affichage, qui pour le gouvernement consiste à essayer de masquer son impuissance, son incapacité à résoudre les problèmes que j’évoquais. Il faut savoir que les peines pour les peines pour les agresseurs de policiers ont déjà été durcies en 2007, dans une précédente loi, notamment avec la réclusion criminelle à perpétuité, donc si vous voulez on ajoute des lois et des lois, on en est à la 17ème depuis 2002, et malheureusement ça n’a aucun impact sur la situation de terrain.

Nicolas Demorand : on en reste là, merci Delphine Batho, députée socialiste des Deux-Sèvres, secrétaire nationale du PS à la Sécurité de 2004 à 2008, merci d’avoir été au micro d’Europe 1.

 

Repost 0
Published by Militants de l'Espoir à gauche - dans Actualité
commenter cet article
18 décembre 2010 6 18 /12 /décembre /2010 00:00

Flickr-23-07-2009-Hadopi-2.jpg

Delphine Batho à l'Assemblé Nationale en juillet 2009 (Flickr/Richard Ying)

Delphine Batho, proche de Ségolène Royal, députée des Deux-Sèvres dans l’ancienne circonscription de celle-ci, ancienne secrétaire nationale du PS chargée de la Sécurité, dont les idées avaient été remarquées et intégrées dans « l’ordre juste » par l’ex-candidate à la présidence de la République en 2007, dresse un portrait sans concession et bien senti de la Loi d’Orientation et de Programmation pour la Performance de la Sécurité Intérieure 2 (LOPPSI 2), en discussion en séance publique à l’Assemblée Nationale en 2ème lecture du 14 au 21 décembre 2010.

Le texte a « enflé » entre le projet initial (46 articles) et la version sortie de la première lecture au Sénat en septembre 2010 (142 articles), notamment suite à la trentaine d’amendements ultrasécuritaires déposés cet été après le discours de Grenoble de Nicolas Sarkozy, avec l’appui du « Monsieur Sécurité » de l’UMP à l’Assemblé Nationale, Eric Ciotti, également rapporteur du texte, et des « durs » de l’UMP, regroupés sous le label Droite populaire. Les amendements annoncés relèvent plus de la politique spectacle que de l’action de terrain : dans cette loi d’orientation et de programmation, il n’y a ni orientation, ni programmation, c’est-à-dire ni moyens. C’est pour l’ensemble de ces raisons que Delphine Batho est intervenue, pour demander le vote d’une motion de rejet préalable.

F.M.

-oOo-

LOPPSI 2 : vos lois sont à la lutte contre la délinquance ce que la ligne Maginot était à la défense du territoire !

Madame la Présidente, Monsieur le Ministre, Monsieur le Rapporteur, Chers collègues,

Quel désordre ! Des policiers qui manifestent en uniforme et en arme, ce spectacle du désordre public au sommet de l’Etat, où l’on affaiblit l’autorité de la République et on piétine la séparation des pouvoirs jusqu’au sein du gouvernement. Et puis il y a cette réalité, terrible, dont je ne prendrai quelques exemples. Des habitants fouillés par les dealers et même soumis au détecteur à métaux lorsqu’ils veulent simplement rentrer chez eux,… Des policiers, des pompiers, qui se font tirer dessus avec des armes à feu,… Des policiers exfiltrés du territoire où ils travaillaient parce qu’on ne peut plus les protéger… On pourrait hélas multiplier les exemples, comme cet après-midi à Aulnay-sous-Bois où l’employé d’une agence bancaire a été blessé et où les policiers se sont fait tirer dessus à la kalachnikov.

article_Aulnay.jpg

Policiers relevant des indices le 14 décembre 2010 à Aulnay-sous-Bois dans une agence braquée à la kalachnikov et autour d'un DAB attaqué à l'explosif (Michel Médina/AFP)

Quel bilan pour l’équipe qui est aux responsabilités et qui avait fait de la sécurité son atout maître, la pierre angulaire de sa politique comme l’a rappelé ici même le Premier ministre récemment dans son discours de politique générale ! Une chose est de parler de sécurité, de se faire applaudir dans les meetings, une autre de montrer son efficacité en responsabilité.

Et quand je pense à tout ce qu’on a entendu, nous, la gauche, sur notre prétendue incapacité à être lucides, sur notre prétendue incompétence, à tout ce qu’on a entendu nous l’opposition alors que depuis des mois et des années nous dénonçons ici sans relâche les effets dramatiques de votre politique parce que nous avons les yeux ouverts sur la montée de la violence, nous dénonçons l’abandon du terrain, les dégâts de la politique du chiffre, nous dénonçons le manque de moyens qui frappe la police et la gendarmerie, je veux dire ceci au nom de l’opposition : la vérité en politique, elle est dans les faits, dans les résultats. La vérité d’une politique, elle est dans les actes, et non pas dans les paroles.

Cette vérité est la suivante : cette majorité sait exploiter l’insécurité, mais elle ne sait pas la résoudre et son bilan est pitoyable.

Oui, le bilan est pitoyable. Et, rassurez vous Monsieur le Ministre vous n’êtes pas le seul en cause, puisque c’est aussi le bilan de votre prédécesseur, et même d’abord celui du Président de la République en charge de la sécurité des Français depuis 2002.

Preuve supplémentaire de ce grand écart permanent entre les discours et les actes, la LOPPSI, qui devait être le premier texte de la législature en matière de sécurité, sera sans doute le dernier du quinquennat – à moins, ce qui est probable, que la campagne présidentielle nous réserve encore et toujours de nouvelles propositions de lois.

Ce texte, qui est celui d’une équipe gouvernementale qui s’était constituée autour de cette prétendue priorité à la sécurité, et qui devait fixer les orientations pour la période 2009-2013, il a fallu l’attendre trois ans et demi après bien des atermoiements.

Plus de trois ans, pour qu’au bout du compte cette loi d’orientation et de programmation pour la performance de la sécurité intérieure porte bien mal son nom, raison pour laquelle je veux défendre cette motion de rejet préalable.

D’abord, la LOPPSI n’est pas une loi d’orientation.

Ce qui aurait du être au cœur d’une nouvelle loi d’orientation dont nous avons toujours dit qu’elle était nécessaire, c’est une autre stratégie territoriale, c’est une nouvelle doctrine d’emploi pour les forces de sécurité à même d’endiguer la concentration territoriale de la criminalité.

Les événements récents ont fait apparaître un basculement : on est passé de la petite délinquance au grand banditisme. Désormais nous sommes confrontés à ce qu’il faut bien appeler de véritables gangs à la française.

1292613368.jpeg

De jeunes hommes, le visage caché, font face à la police, le 17 juillet 2010 dans le quartier de Villeneuve, à Grenoble (AFP/Ph. Merle)

Trop de terrain leur a été abandonné depuis plusieurs années. À Grenoble, à Marseille, en Seine-Saint-Denis et ailleurs, chaque fois qu’il y a un drame, et que l’on examine l’évolution des effectifs de police déployés sur le terrain, le constat est éloquent. À Grenoble, on est passé de 720 à 600. A Marseille il en manque au moins 250. En Seine-Saint-Denis, on parle de 300 à 400.

Et je ne parle pas là des suppressions d’effectifs. Non, en fait, un rapport d’Alain Bauer et Christophe Soullez a montré qu’au cours des dix dernières années plus de 9 000 policiers de la sécurité publique ont été retirés des circonscriptions territoriales pour être affectés dans des unités spécialisées et donc loin du terrain.

La LOPPSI ne comporte aucun élément qui traduirait une volonté de redéployer ces forces sur le terrain, aucune doctrine d’intervention nouvelle pour les forces de l’ordre.

Pire, vous annoncez que les UTEQ – créées il y a à peine plus de deux ans – sont transformées en BST, ce qui ne sera pas un simple changement de nom puisque si nous avons bien compris, il s’agira en fait d’un dispositif à mi-chemin entre les unités qui existaient et les compagnies de sécurisation, et ces brigades devront désormais intervenir sur un périmètre plus large.

Autrement dit, le Gouvernement continue de privilégier une police de maintien de l’ordre à la façon des années 60, avec des formes d’intervention superficielles, des forces de projection complètement extérieures aux cités, alors qu’il faudrait créer une véritable police de quartier pour occuper le terrain de façon pérenne et s’attaquer réellement à l’économie souterraine.

h-4-1100583-1247838025

Opération coup-de-poing le 18 février 2008 à Villiers-le-Bel : 1000 policiers mobilisés aux allures de Robocop (G. Fuentes/Reuters)

Des opérations coups-de-poing éparses et médiatisées, avec d’ailleurs une publicité tout à fait contre-productive, ne remplaceront jamais une stratégie territoriale digne de ce nom.

Et comme l’écrit Jean François Herdhuin, ancien directeur départemental de la Seine-Saint-Denis, je cite :

« Le cœur de l’organisation des services de sécurité devrait être l’échelon local. (…) Aujourd’hui nous disposons d’une police d’état-major et de maintien de l’ordre. Tout est contrôlé de manière artificielle sans considération pour les observations des chefs de circonscription et des commissariats au détriment du traitement local de la délinquance. (…) Je suis persuadé que dans leur for intérieur, ceux qui sont aujourd’hui au pouvoir reviendraient volontiers à la police de proximité s’ils ne craignaient pas de se déjuger. En effet, c’est le seul moyen de gérer les graves problèmes de sécurité qui se posent aujourd’hui à moyens constants. Le premier métier de la police, c’est de réprimer et employer la force, ce n’est pas honteux. On doit pouvoir concilier ce besoin de réforme dans la police avec cette notion de force publique dans une société démocratique. »

Tout est dit et voilà ce qui est au cœur de l’échec de votre politique et que vous ne voulez toujours pas regarder en face pour des raisons purement idéologiques.

L’autre différence notable avec la LOPSI de 2002, c’est que cette LOPPSI 2 n’est pas une loi de programmation.

Elle ne comporte pas ce qui était l’article 2 de la loi de 2002, à savoir une programmation des moyens et à l’époque 13500 créations d’emplois.

La LOPPSI 2 ne comporte ni réelle programmation budgétaire, ni aucune donnée sur l’évolution des effectifs des forces de sécurité. On nous demande de voter une loi à l’aveugle !

Il y aura d’ailleurs matière à interroger le Conseil constitutionnel sur l’intitulé trompeur de ce texte puisque dans une précédente décision, le Conseil avait souligné qu’un rapport annexé à un article de loi n’a aucune portée normative. Autrement dit la LOPPSI 2 ne comportant pas d’article à proprement parler sur les moyens, mais un simple rapport annexé, elle n’est pas une loi de programmation !

Bon nombre de collègues sont comme nous, je le sais, convaincus qu’il faut stopper l’application de la révision générale des politiques publiques concernant la sécurité intérieure.

Pour la quatrième année consécutive, le Gouvernement a présenté un budget qui prouve que la lutte contre la délinquance n’est plus au cœur de ses priorités. Les effectifs ont diminué Monsieur le Ministre de 9 564 ETPT pour l’ensemble de la mission « Sécurité ». Il est prévu de supprimer encore 8000 postes de policiers et 3000 de gendarmes.

Quant au tableau d’engagement budgétaire qui figure dans le rapport annexé à l’article 1er, il est faux et d’ailleurs Monsieur le Ministre, vous êtes obligé de présenter un amendement pour revoir à la baisse les crédits de la LOPPSI et supprimer 317 millions d’euros sur 3 ans. C’est l’amendement n°329 du gouvernement.

Faute de moyens, une logique est à l’œuvre : celle du tout technologique au détriment de la présence humaine, et celle du désengagement de l’Etat, du désengagement de ses missions régaliennes.

police municipale

Désengagement sur le dos, j’aillais dire comme d’habitude, des collectivités territoriales puisque pour vous, comme vous venez de le dire cher collègue, la police de proximité ce sont les polices municipales que vous annexez en quelque sorte en leur transférant des compétences judiciaires.

Désengagement au profit du secteur de la sécurité privée. Mais les sociétés de sécurité privée qui ont la part belle dans ce texte ne sont pas des philanthropes qui ont pour but l’intérêt général. Elles prospèrent et font commerce de l’insécurité pour vendre leurs services. Elles ont besoin que l’insécurité augmente pour faire des profits. Elles ont besoin que la demande de sécurité explose et leur ouvre de nouvelles parts de marché.

Le mélange des genres que ce texte organise, qu’il s’agisse du secteur de l’intelligence économique, de la vidéosurveillance sur le domaine public par le secteur privé, ou encore du nouveau conseil national des activités privées de sécurité auquel vous transférez des compétences de police administrative, tout cela traduit une confusion qui fait craindre certaines formes de privatisationTout cela traduit une politique libérale de sécurité qui affaiblit l’autorité de l’Etat.

photo_1265956353729-2-0_zoom-5-juill-2007-ParisClemens-Bila.jpg

"La vidéosurveillance sur le domaine public par le secteur privé traduit une politique libérale de sécurité qui affaiblit l’autorité de l’Etat." (Clemens Bilan/AFP)

Privée de sa raison d’être, organisant le désengagement de l’Etat, pour sauver les apparences votre projet est donc devenu un texte fourre-tout, un texte d’affichage. Un de plus, le 17ème depuis 2002.

Alors que le projet de loi initial du gouvernement comportait 46 articles, il en avait à l’issue de la première lecture à l’Assemblée le double et le triple, soit 142 articles, à l’issue du débat au Sénat où le gouvernement a présenté pas moins d’une trentaine d’amendements.

Nous pourrons discuter de l’utilité de certaines dispositions précises, et parfois même nous retrouver – par parenthèse ce ne sera pas le cas s’il s’agit d’affaiblir les dispositifs de lutte contre l’insécurité routière -, mais quoi qu’il en soit bon nombre de dispositions ne sont que des mesures d’affichage qui relève de la seule communication.

À l’image des 16 lois précédentes, une mesure chasse l’autre : à peine en a-t-on fini avec les dispositions introduites en première lecture qu’on en rajoute d’autres concernant les peines plancher, les périodes de sûreté, les bracelets électroniques, et j’en passe.

Au regard du bilan pitoyable que je rappelais en introduction, vos lois sont à la lutte contre la délinquance ce que la ligne Maginot était à la défense du territoire.

Cette inflation législative n’a ni fait reculer l’insécurité, ni améliorer l’efficacité de la justice, au contraire, elle a aggravé la crise du système judiciaire que vous avez beau jeu ensuite de pointer du doigt.

Cette surenchère suscite par contre de plus en plus un malaise jusque dans les rangs de la majorité. Ainsi nous nous opposerons vigoureusement aux dispositions introduites par le Gouvernement au Sénat, et ce contre l’avis de la Commission des Lois de la Haute Assemblée qui dans sa sagesse avait repoussé ou réécrit des articles que le rapporteur Eric Ciotti a rétabli dans le texte dont nous débattons aujourd’hui.

photo_1292502527071-1-0-Ciotti-Eric-rapporteur-texte-.jpg

Brice Hortefeux, ministre de l'Intérieur et Eric Ciotti, rapporteur du texte et "M. Sécurité" de l'UMP à l'Assemblée Nationale, le 30 août 2010 lors de la visite d'un "camp d'hébergement pour les gens du voyage"

En défendant cette motion de rejet, je veux d’ailleurs souligner que certaines dispositions de ce texte sont contraires à la Constitution, qu’il s’agisse du respect de la vie privée alors que des sociétés privées vont être autorisées à organiser la vidéosurveillance sur la voie publique, de la tendance à donner aux préfets des prérogatives réservées aux juges, – mais c’est chez vous un leitmotiv -, ou encore de l’affaiblissement des garanties de procédure réservées aux mineurs ou de l’extension des peines planchers en dehors de toute circonstance de récidive, ce qui est tout à fait contraire aux principes définis par le Conseil constitutionnel. Et Jean Jacques Hyest, Président de la Commission des Lois du Sénat avait pourtant mis en garde je cite : « Il ne faut jamais tenter de passer en force quand on est à peu près sûr de subir la censure du Conseil constitutionnel. ».

C’est pourquoi la majorité étant majoritaire et à défaut d’adoption de cette motion de rejet, nous saisirons le Conseil Constitutionnel pour qu’il exerce ses prérogatives.

Chacun a bien compris que le fameux discours prononcé par le Président de la République le 30 juillet dernier n’ouvrait pas une nouvelle phase du quinquennat, mais sonnait plutôt sa fin et l’ouverture de la campagne électorale de 2012.

udc-pour-plus-de-secu

Affiche de l'UDC, premier parti de Suisse, ultraconservateur, populiste et xénophobe / amendement n°308 de la LOPPSI 2 "prévoyant que le président d’une cour d’assises doit informer le jury de la possibilité de prononcer, lorsqu’elle est encourue par un accusé étranger, la peine complémentaire d’interdiction du territoire français"

À cet égard, bien des collègues sur tous les bancs devraient être heurtés par l’amendement n°308 dont le seul but est de s’inspirer des mesures xénophobes approuvées en Suisse parce que je cite, selon les auteurs de cet amendement, il ne faudrait pas « laisser le monopole à d’autres ». La majorité vient d’adopter cet amendement en commission. On aurait pu penser que les déclarations nauséabondes que l’on a entendu la fin de semaine vous en aurait dissuadé de voter cet amendement, chers collègues car ce n’est pas en s’inspirant de ses thèses que l’on combat l’extrême-droite.

Pour conclure mon propos chers collègues, je veux dire un mot des hommes et des femmes de la police et de la gendarmerie nationales.

Ils font preuve de professionnalisme, de courage, ils prennent des risques dans des conditions d’intervention de plus en plus difficiles. Ils méritent qu’on les soutienne ; oui, assurément. Et c’est même, pour le gouvernement, pour la représentation nationale, une obligation morale de les soutenir.

Mais confondre le soutien qui leur ait dû avec l’attitude de quelques uns qui ont commis une faute grave qui doit être sanctionnée comme telle, c’est faire injure au sens du devoir et à l’exemplarité qui est celle de l’ensemble des policiers. Quel curieux retour d’une forme de culture de l’excuse !

1143888_8733098-bobigny-20101211-t103a-AFP.jpg

Policiers rassemblés devant le tribunal de Bobigny (93) le 10 décembre 2010 après la condamnation de 7 de leurs collègues pour mensonge : ils ont accusé à tort un automobiliste d'avoir renversé l'un d'eux. Brice Hortefeux a relancé les tensions entre policiers et magistrats en qualifiant la condamnation de "disproportionnée" (AFP) 

On peut comprendre l’émotion dans un département très difficile où les policiers sont en permanence sous pression. Mais la règle absolue est qu’un délit est un délit, une faute est une faute. En défendant l’indéfendable Monsieur le Ministre, vous n’avez pas rendu service aux policiers, vous avez abîmé la police nationale.

Les Ministres de l’Intérieur qui ont le plus marqué cette institution, de gauche comme de droite, ont été ceux qui ont toujours été particulièrement intransigeant sur le plan de la déontologie. Que vous ayez cru utile de vous livrer à ce commentaire inapproprié, c’est le signe d’un manque d’autorité.

C’est aussi révélateur de votre impuissance face à la délinquance. En fait, le gouvernement a fait un choix cynique. Vous n’êtes plus que dans une gestion à très courts terme des événements et des drames. Peu vous importe les victimes, peu vous l’importe la sécurité des Français, désormais ce qui compte c’est seulement la gestion médiatique et électorale de l’insécurité.

La LOPPSI en est malheureusement une nouvelle illustration. Ce projet est dans la continuité d’une politique qui a échoué. C’est pourquoi chers collègues, nous vous proposons d’adopter cette motion de rejet préalable.

Blog de Delphine Batho, 14 décembre 2010

Repost 0
Published by Militants de l'Espoir à gauche - dans Parti socialiste
commenter cet article
17 décembre 2010 5 17 /12 /décembre /2010 23:07

33728 168919796468268 100000507464177 549171 289502 n[1]

      Ségolène Royal interviendra samedi 18 décembre à 14 heures, dans une réunion publique, au patronage laïque du quinzième arrondissement parisien.

Tout un symbole pour la socialiste quand on sait que ce patronage laïque a été créé en 1892 par des militants ouvriers et instituteurs pour offrir des loisirs éducatifs aux enfants des catégories populaires.

 

 Ainsi depuis son entrée en campagne, il y a quelques semaines, la socialiste a multiplié les signes pour donner clairement l’orientation de son engagement. Après deux déplacements en banlieue pour promouvoir une autre politique davantage tournée vers la réussite des quartiers populaires, " une politique par la preuve ", la socialiste intervient à Paris, mais pas dans n’importe quel lieu : au patronage laïque chargé d‘histoire !

Dans la compétition internationale, au profit d’un capitalisme financier, qui conduit à la fermeture d’usines et à la mise à la porte des salariés, dans ce monde où les inégalités progressent, dans cette société qui ne sait plus donner un avenir à sa jeunesse, alors que dans les quartiers populaires le nombre d’échecs scolaires et celui des jeunes au chômage deviennent alarmants et inacceptables, la socialiste a décidé de mener le combat pour une autre société.
Reprenant le flambeau des grands leaders socialistes depuis Jaurès, la socialiste parle de la condition humaine dans notre siècle qui se veut avancé. Certes les richesses existent, certes le niveau de confort du plus grand nombre a augmenté mais tout cela ne doit pas nous faire oublier l’envers du décor, cette misère réelle et combien scandaleuse, cette jeunesse dans la galère, ces vies broyées pour l’intérêt d’un petit nombre.

 

Alors que le pouvoir en place voit cette jeunesse, ces classes populaires, venues souvent de loin dans l’espoir de vivre mieux, comme les classes dangereuses qu’il faut repousser, contrôler, réprimer, la socialiste veut faire entendre une autre voix.

Cette histoire du socialisme, cette lutte pour la dignité de toutes les femmes et de tous les hommes au nom de la justice n’est pas une histoire achevée. Ségolène Royal écrit cette histoire au présent contre les inégalités criantes de notre monde contemporain, un beau combat pour l’humanité.

Philippe Allard

Ségolène Royal au Patronage laïque, 72 avenue Félix Faure (Paris 15e, Métro Boucicaut - ligne 8 - ou Bus 62 - arrêt Félix Faure).

Repost 0
Published by Militants de l'Espoir à gauche - dans Parti socialiste
commenter cet article
16 décembre 2010 4 16 /12 /décembre /2010 09:03

S2.jpg

Ségolène Royal était l’invitée des 4 Vérités sur France 2 hier matin. Elle a répondu aux questions de Roland Sicard sur la faible augmentation du smic, sans « coup de pouce », et de la moralisation le capitalisme financier dans une France où les « patrons des grands groupes », eux, touchent 200 fois ce smic, en citant la victoire des « p’tits LU » dans la décision de la cour d’appel de Paris le 2 décembre dernier, et en appelant à plus de « justice dans la répartition des revenus ».

Interrogée sur « les heures difficiles »à venir annoncées par François Fillon, elle a attaqué sur l’Etat qui n’est « plus en mesure de répondre aux situations de crise », entraînant une « perte de crédibilité de la parole politique ».

Sur le thème du budget 2011, la présidente de la Région Poitou-Charentes a fustigé l’absence de justice de la répartition des recettes, et l’absence de priorité définies : elle en a proposé quatre, la croissance verte, l’emploi des jeunes, l’emploi des seniors, et l’éducation et la formation.

Questionnée sur le calendrier des primaires soutenu par Martine Aubry, elle a souligné que l’important était de se tourner maintenant vers les Français qui souffrent et se battent, pour construire un projet avec eux.

Enfin, interrogée sur Dominique Strauss-Kahn, elle a indiqué qu’elle ne souhaitait « pas que les socialistes continuent à se parler trop les uns aux autres », pour concentrer leurs efforts à construire et à être dans l’action pour regagner la confiance des Français, ajoutant tout juste qu’elle se plaçait toujours dans le cadre d’un « dispositif gagnant » avec DSK.

F.M.

 

Retranscription par MEAGSR/F.M. et Ségolène-Royal-Vidéos

Roland Sicard : bonjour à tous, bonjour Ségolène Royal.

Ségolène Royal : bonjour.

Roland Sicard : hier, il y a deux chiffres qui sont tombés à peu près en même temps, d'une part l'augmentation du smic, qui sera au minimum, et d'autre part, le salaire des grands patrons qui représentent 190 fois le smic même si il est un petit peu en baisse. Est-ce que dans le rapprochement de ces deux chiffres il y a quelque chose qui vous choque ?

Ségolène Royal : bien sûr, on a la dans ce rapprochement de ces deux chiffres, le smic a 1073 €, comment peut-on vivre aujourd'hui avec 1073 € nets par mois, alors que les prix de l'alimentation augmentent, et que les loyers flambent. Et d'un autre côté on apprend que les patrons des grands groupes se payent 200 fois le smic, c’est-à-dire en moyenne 200 000 € par mois, sans compter bien évidemment tous les avantages, les stock-options, etc. Donc on est dans une société profondément inégalitaire. Moi je vais vous dire, une société inégalitaire est une société qui cours à sa perte, et qui est de toute façon très inefficace. Souvent on se demande pourquoi l'Allemagne par exemple est plus efficace que la France, il est évident qui si les Français ont le sentiment que les efforts sont inégalement répartis, alors ils perdent confiance, et moi je veux construire une société de confiance.

Roland Sicard : est-ce qu'il faut encadrer les salaires des grands patrons?

Ségolène Royal : je pense qu'il faut de toute façon, ça a été maintes fois promis, moraliser le capitalisme financier, et hier j'étais auprès des ouvriers de LU qui illustrent très bien ce que vous venez de dire. Puisque ces ouvriers viennent d'obtenir après 10 ans de procédure une condamnation de leur groupe, du CAC 40, le groupe LU/Danone, qui les avaient licenciés alors qu'ils faisaient de superprofits. Et la cour d'appel vient de leur donner raison, c’est-à-dire de déclarer illégaux ces licenciements boursiers. Il faut là que tous les ouvriers, tous les salariés qui m'entendent, sachent que désormais ils n'ont plus à accepter que des grands groupes qui font des profits mettent les salariés sur le carreau. Donc vous voyez la brutalité et la violence de ces inégalités.

Roland Sicard : mais je reviens à ma question, est-ce que vous pensez qu'il faut encadrer le salaire des grands patrons ou pas?

S5.jpg

Ségolène Royal : mais oui bien sûr, mais ça a été dit maintes fois. On avait dit que les hauts salaires seraient taxés, on avait dit que les stock-options seraient limitées, on avait dit que les revenus financiers seraient autant taxés que les revenus du travail. Ce qu'il faut, c'est passer des discours aux actes. Or même le président de la République avait promis cela, rien ne s'est passé depuis. Ce qui est anormal dans une société c'est que le travail soit davantage taxé que les revenus du capital, et c'est possible de le faire, donc il faudra le faire.

Roland Sicard : et le smic, il fallait l'augmenter davantage selon-vous ?

Ségolène Royal : là, le smic ne va augmenter que de 1,6% au 1er janvier. Ça fait cinq années consécutives qu'il ne reçoit pas ce qu'on appelle le coup de pouce. Or on a vu récemment les résultats de l’augmentation des prix de l'alimentation, je les ai évoqués tout à l'heure. Donc il faut au moins que le smic ne perde pas de pouvoir d'achat, et que les bas salaires soient avantagés par rapport aux très hauts revenus. Et ce qui est plus grave, c'est que le gouvernement vient de supprimer la sanction sur les entreprises qui ne vont pas répercuter cette petite augmentation de 1,6%. Pourquoi ? Pourquoi est-ce que, en plus, le gouvernement donne le signal aux entreprises qu'elles pourront ne même pas respecter cette augmentation contractuelle salariale ? Donc on est dans un pays qui marche sur la tête, parce que tout ce qui avait été promis en termes de réduction des inégalités, c'est le contraire qui est fait, et je crois que cela décourage les Français. Quand les Français sont découragés alors l'économie est moins performante. Moi je pense que plus de justice dans la répartition des revenus donne plus de pouvoir à une société, parce qu'elle a envie d'aller de l'avant dès lors que les gens se sentent sécurisés, et ce qui n'est pas le cas aujourd'hui.

Roland Sicard : hier soir François Fillon a annoncé des heures difficiles, est-ce que vous êtes aussi de cet avis?

S13.jpg

Ségolène Royal : écoutez, c'est très inquiétant parce que les heures sont déjà très difficiles, des millions et des millions de Français souffrent très cruellement de la précarité. 25% des jeunes sont au chômage, 17% d'entre eux sont en dessous du seuil de pauvreté, les familles monoparentales, notamment les femmes seules qui élèvent des enfants, sont en très grande difficulté. Et je pense qu'au lieu d'annoncer des heures difficiles, le gouvernement ferait mieux de se retrousser les manches et de se mobiliser pour que les Français connaissent des heures moins difficiles, c'est cela qu'on attend d'un gouvernement.

Roland Sicard : mais François Fillon justement on le voit de plus en plus depuis le remaniement, est-ce que vous le trouvez dans son rôle?

Ségolène Royal : il est davantage dans son rôle, avant on voyait tout le temps le président de la République, qui a un peu disparu. Aujourd’hui on voit le Premier mi…

Roland Sicard, l’interrompant : vous trouvez que Nicolas Sarkozy a disparu?

Ségolène Royal : en tout cas, il laisse plus d'espace à son Premier ministre, peut être parce que les choses vont de plus en plus mal. On ne voit guère les ministres, d'ailleurs je crois que globalement ça reflète une forme de dysfonctionnement de l'État. C’est-à-dire, on sent que les services publics sont fragilisés, on voit des zizanies entre le ministre de l'Intérieur et le ministre de la Justice, mais surtout ce qui me frappe, c'est que l'État n'est plus en mesure de répondre aux situations de crises. On l'a vu avec la crise Xynthia, où il y a eu plusieurs dizaines de morts avec un État qui n'est pas intervenu à temps. On l'a vu avec les intempéries. On le voit aussi dans la France des outre-mers, puisque peut-être [que] c'est passé inaperçu mais hier il y avait une très grosse manifestation en Guadeloupe, avec Élie Domota. Et on voit que sur des engagements que l'État a pris en mars 2009, avec les accords sur la Guadeloupe, aucun de ces points d'accord n'est actuellement encore appliqué, donc on se demande si la parole de l'État a encore un sens. Et globalement je crois qu'il y a une perte de crédibilité de la parole politique, donc il y a un gros travail de reconquête de la crédibilité de la parole politique, c’est-à-dire que l'État doit tenir parole tout simplement.

Roland Sicard : aujourd'hui les députés votent le budget 2011, c'est un budget que vous diriez de rigueur, d'austérité ?

S11.jpg

Ségolène Royal : mais qu'est-ce que c'est que le budget d'une nation ? Le budget d'une nation c'est d'abord des recettes et des dépenses. Donc des recettes, normalement on doit avoir des recettes équitablement réparties avec de la justice, on a vu à l'instant qu'il n'en était rien, il n'y a pas de réforme fiscale, en tous cas celle qui avait été promise n'est pas faite puisqu'on aurait du voir les hauts revenus taxés davantage que les petits, et c'est le contraire qui est fait encore dans ce budget. Et du côté des dépenses, qu'est-ce que c'est que le budget d'une nation ? C'est de voir apparaître des grandes priorités. On ne voit pas ces grandes priorités. Moi je propose que les grandes priorités ce soient la croissance verte, or c'est le contraire qui vient d'être fait avec cette décision aberrante de gel de tous les projets liés à l'énergie photovoltaïque et à l'énergie solaire par exemple. Donc j'aurais fait moi un budget avec une priorité sur la croissance verte parce que c'est là qu'on crée des emplois, une priorité sur l'emploi des jeunes, avec un pacte de confiance pour l'emploi des jeunes et l'emploi des seniors, et puis une priorité sur l'éducation et la formation puisque on vient malheureusement d'apprendre que le rang de la France a reculé dans ce domaine, puisqu'on est passé en dessous de la moyenne des pays européens, il n'y a pas de fatalité, là aussi il faut un combat de reconquête de l'éducation.

Roland Sicard : sur les primaires du Parti Socialiste, vous êtes candidate, vous demandez que ces primaires soient avancés, Martine Aubry a dit non, est-ce que vous espérez la convaincre?

S16.jpg

Ségolène Royal : vous savez, je crois qu'il ne faut pas entretenir le feuilleton de la date. J'ai dit ce que j'avais à dire en fonction de l'expérience et je suis la seule dans ce contexte à avoir l'expérience de la précédente campagne. Je crois que maintenant il faut se tourner vers les Français, c'est ce que je fais en tout cas parce que je crois qu'un projet politique se construit avec les citoyens et non pas contre eux ou sans eux. Et aujourd'hui je crois qu'il y a une France qui souffre, une France qui a envie aussi de réussir, une France qui se bat, des Français qui veulent voir leur pays se relever, et c'est ce que j'ai vu encore récemment en allant visiter des jeunes qui viennent de créer leur entreprise et qui se demandent pourquoi les banques ne leur font pas confiance et ne leur prête pas pour les aider à créer des emplois par exemple donc il y a énormément de choses positives à faire.

Roland Sicard : vous aviez dit que vous discuteriez avec Dominique Strauss-Kahn, est-ce que vous lui avez parlé?

Ségolène Royal : bien sûr je lui ai parlé, vous le savez. Je lui ai parlé récemment, voilà, maintenant je pense qu'il réfléchit, et puis qu’il donnera sa décision quand il le souhaitera. Donc n'y revenons pas non plus, je crois que toutes les choses ont été dites sur les questions internes, il faut pas que les socialistes continuent à se parler trop les uns aux autres, mais que compte tenu d'ailleurs de tous les sujets que vous venez d'évoquer, nous avons beaucoup à dire, beaucoup à faire, beaucoup à construire pour que les Français en 2012 nous fasse confiance.

Roland Sicard : mais s’il est candidat, vous le serez quand même?

S3.jpg

Ségolène Royal : nous discuterons, moi j'ai toujours été pour un dispositif gagnant, ce qui est important, c’est que la gauche gagne, la gauche alliée aux écologistes et aux centristes humanistes, c’est-à-dire à tous ceux qui en ont assez de souffrir avec le pouvoir qui est actuellement en place et qui ne pense qu'à lui au lieu de penser aux Français.

Roland Sicard : merci.

Repost 0
Published by Militants de l'Espoir à gauche - dans Actualité
commenter cet article
15 décembre 2010 3 15 /12 /décembre /2010 22:37

161940_177198112298978_1244748_n-1-.jpg Cher(e)s ami(e)s, cher(e)s camarades,

 

"Le moment est venu d'avancer dans la clarté et la simplicité. Je sais d'expérience qu'il faut plus que quelques mois pour se préparer et pour rassembler. Qui ne voit que la droite est déjà en campagne - et d'ailleurs elle ne s'en cache pas ?" (Ségolène Royal, le 29 novembre).

 

Nous vous invitons à participer au prochain Rassemblement de la Fraternité, avec Ségolène Royal,


Samedi 18 décembre à 14h,
au Patronage laïque, 72 avenue Félix Faure (Paris 15e, Métro Boucicaut - ligne 8 - ou Bus 62 - arrêt Félix Faure).

 

Soyons nombreux à apporter notre soutien à la candidature de Ségolène Royal aux primaires socialistes ! N'hésitez pas à faire circuler largement cette invitation.

Merci de nous indiquer votre participation, sur la Coopol, en cliquant sur le lien suivant (puis sur "je participe") :
www.lacoopol.fr/evenement/rassemblement-la-fraternite-avec-segolene-royal.

 

Amitiés socialistes,

Philippe Moine
Coordinateur MEAG75

 

Repost 0
Published by Militants de l'Espoir à gauche - dans Actualité
commenter cet article
15 décembre 2010 3 15 /12 /décembre /2010 19:57

1445524_3_4905_segolene-royal-le-25-novembre-a-poitiers.jpg

(Reuters/Régis Duvignau)

Pendant trois quarts d’heure, Ségolène Royal répondu ce matin aux Français au cours d’un "chat" sur le site du journal électronique LeMonde.fr, avec fluidité et avec aisance. Elle répondait brièvement dans un premier temps, puis développait souvent sa réflexion dans un ou deux messages courts et qui ne manquaient pas de répartie. Les chiffres ont fusé aussi, sur le smic notamment, où sa prestation a largement été reprise par l’AFP dans l’après-midi. 

Incontestablement, Ségolène Royal a changé depuis 2007. Elle a mûri son projet dans sa Région Poitou-Charentes et avec Désirs d’avenir, et a comblé ses 'handicaps' supposés : les relations internationales et l’économie. Wikileaks nous apprend, par l’intermédiaire de l’ancien ambassadeur américain Craig Roberts Stapleton, que Dominique Strauss-Kahn déclarait en mai 2006 que « des militants du parti [socialiste] « devinaient » que Royal ne pouvait s’imaginer sur la scène internationale en train de négocier des traités gaziers avec Poutine ; car de bons conseillers ne pourraient pas rattraper sa faible expérience ».

Aujourd’hui, les chiffres tombent, précis, quand il faut, tant dans À vous de juger sur les retraites que dans ses nombreuses interventions dans les médias, dont celle d’aujourd’hui sur le site du journal électronique Le Monde.fr.

11jpg.preview.jpg

George Papandreou, Premier ministre grec et président de l'Internationale Socialiste, Ségolène Royal et Catherine Ashton, Haut représentant de l'Union Européenne pour les affaires étrangères et la politique de sécurité au 13ème Symposium de Symi à Poros en juillet 2010

Mieux encore, sa présence sur la scène internationale est fréquente, et de haut niveau : Michelle Bachelet au Chili en 2006, Cristina Kirchner en Argentine en 2007 ; Lula et Dilma Rousseff au Brésil, notamment au Forum Social Mondial de Belem ; le symposium de Symi en 2009 et en 2010, avec George Papandreou, Catherine Ashton, le président de l’Estonie, le président des Verts en Allemagne, ou la présidente du parti social-démocrate finlandais ; et la vice-présidence de l’Internationale Socialiste pour ne citer que quelques exemples.

Comme Ségolène Royal le tapait elle-même sur son clavier ce matin :

« J'ai beaucoup travaillé, je me suis beaucoup déplacée pour écouter les Français, j'ai échangé au niveau international pour comprendre le monde, j'ai bâti une région laboratoire pour la croissance verte et les valeurs démocratiques, j'ai rassemblé des équipes, inventé les universités populaires avec Désirs d'avenir, etc. En un mot, je fais mon travail et j'avance. »

F.M.

-oOo-

Olaf : Mêmes candidats qu'en 2007, mêmes méthodes de chaque côté, le résultat sera donc le même. Comment comptez-vous changer ?

Ségolène Royal : Vous êtes visionnaire, monsieur, puisque tous les candidats ne se sont pas encore déclarés. Et ensuite, ce sont les élections aux primaires qui choisiront le candidat des socialistes et des sympathisants de gauche ! J'espère que vous viendrez voter.

Les choses seront forcément très différentes : beaucoup de choses ont changé depuis 2007, et en particulier la situation des Français. La France s'est beaucoup dégradée, les classes populaires se sont paupérisées, les catégories moyennes se sentent déclassées, et jamais l'argent n'a été aussi insolent pour les capitalistes financiers.


Plok : Qu'est-ce qui, pour le PS, est le plus important : un programme consensuel ou un candidat charismatique capable de faire l'unanimité ?

Ségolène Royal : Pour gagner, il faut trois choses : un candidat, une équipe et un projet. Il faudra le moment venu, dès que la dynamique de la bataille électorale commencera, que tout cela soit en cohérence. Et c'est bien évidemment le candidat ou la candidate entouré(e) de son équipe solidaire et combative qui donnera de la crédibilité et de l'enthousiasme au projet.

Plok : Quel sera, pour vous, le thème prioritaire de la campagne ?

Ségolène Royal : Il y en aura plusieurs. C'est évident. Mais vous comprendrez qu'il soit encore un peu tôt pour les définir publiquement. En ce moment, je me bats pour trois thèmes : l'emploi des jeunes, la croissance verte et la lutte contre la crise morale.

Sego-5-FM-MEAGSR.jpg

Ségolène Royal lors de son discours sur le pacte de confiance pour l'emploi des jeunes et sur les discriminations dont ils sont victimes à la Convention pour l'Egalité Réelle du PS le 11 décembre 2010 (MEAGSR/F.M.)

socialisme : Qu'est-ce qui vous distingue politiquement de Dominique Strauss-Kahn ?

Ségolène Royal : Ce qui m'intéresse, ce n'est pas ce qui distingue les socialistes entre eux, mais ce qui les rapproche ou la façon dont ils se complètent les uns les autres. Pour construire une équipe solide, diverse, offensive, qui veut gagner. S'il y a des différences, elles se verront au cours des primaires.

Abécé : La gauche française n'a-t-elle pas surtout besoin de clarification ? Un clivage entre son aile gauche et son aile sociale libérale n'est-il pas inévitable aujourd'hui ? Le PS d'antan n'a-t-il pas vécu ?

Ségolène Royal : Je vois la diversité des gauches comme une richesse, et pas comme un handicap. Car nous avons à résoudre des problèmes complexes et je pense que certains ont besoin d'une forme de radicalité et d'autres, de la construction d'une convergence. Il faut donc puiser dans les deux – ou trois – identités du PS pour bâtir l'avenir.

Ardicus : Si le président Sarkozy revient au débat classique sur la sécurité, quelle sera la stratégie du PS ?

Ségolène Royal : Je considère que la question de la sécurité est essentielle pour la gauche, car ce sont les Français les plus précaires qui subissent aussi l'insécurité au quotidien. Les insécurités se cumulent : insécurité sociale, insécurité éducative, insécurité sanitaire, et insécurité dans la rue, dans le quartier ou dans l'école. Donc c'est au coeur du combat pour la justice.

C'est un tort d'avoir laissé ce sujet à la droite. Pour ma part, je ne le lui ai jamais laissé, même si j'ai été dénigrée dans mon propre camp lorsque j'ai proposé l'encadrement militaire de délinquants. Le Parti socialiste a évolué, il est beaucoup plus conscient de l'urgence. Mais il reste du travail à faire.


Rémi : Bonjour Madame Royal. Concernant le thème de l'immigration, ne vaut-il pas mieux que le PS prenne les devants et ne laisse pas l'intégralité de ce thème à l'UMP et au FN ?

Ségolène Royal : Aucun thème n'est tabou. Mais c'est à nous d'être à l'offensive et pas sans arrêt en réponse. Aucun sujet ne me gêne. Il faut construire notre projet, y compris sur la question des migrations internationales, sinon, on est piégé dans un discours d'indignation qui ne fait que valoriser les thèses que l'on combat.

wilfried : Sur le fond, que pensez-vous de "l'occupation" de la rue Myrha par des musulmans qui prient dans la rue (pour reprendre les termes de Marine Le Pen – NDLR) ? Quelles solutions proposeriez-vous ?

Ségolène Royal : Je pense que la laïcité telle qu'elle a été inscrite dans la Constitution s'accompagne de la liberté d'exercice du culte. Par conséquent, les convictions religieuses doivent pouvoir s'exercer dignement dans des lieux suffisamment grands.

SR-chat-LMfr-15-12-2010-0124.jpg

La mosquée de la rue Myrah, trop petite pour accueillir tous les habitants du quartier

Bonobo : Bonjour. Quelle politique budgétaire mènerait le PS s'il était invité par les Français à gouverner en 2012 ?

Ségolène Royal : Ma principale priorité, c'est l'emploi, encore l'emploi, toujours l'emploi. Et bien évidemment, les salaires qui vont avec. Donc le principal levier, c'est la croissance verte, le volontarisme pour l'emploi des jeunes et celui des seniors, et l'investissement dans la formation et l'éducation.

Au risque de trop parler de ma région, je voudrais quand même dire que je viens de faire voter le budget de Poitou-Charentes. Sans augmentation d'impôts depuis six ans, avec une baisse de la dette, et en mobilisant des moyens financiers importants pour la croissance verte et pour le pacte de confiance pour l'emploi des jeunes.

Il faut dépenser mieux en construisant des partenariats avec les entreprises. J'ai signé avec les réseaux d'entreprises de la région un engagement qui conditionne les aides économiques à l'obligation de prendre des jeunes en formation par alternance. Nous donnons des bourses "Désir d'entreprendre" à tous ceux qui veulent créer leur activité. Bien d'autres exemples pourraient être pris.

BRDE.gif

melajara : Le smic ne sera pas revalorisé en 2011. Que vous inspire cette décision ? Qu'auriez-vous fait ?

Ségolène Royal : La non-augmentation du smic est un scandale. Qui peut vivre dignement avec 1 073 euros net par mois, alors même que tous les prix augmentent ? Un salarié sur dix est concerné. Il y a aussi tous ceux – et surtout toutes celles – qui sont à peine au-dessus du smic. Dans le même temps, on vient d'apprendre que la rémunération des patrons des groupes du CAC 40 s'élève en moyenne à 200 fois le smic, soit 200 000 euros par mois. Sans compter, bien sûr, tout le reste – stock-options, etc.

Est-ce vivable ? Non. Est-ce tolérable ? Non. Est-il possible de faire autrement ? Oui. La preuve : lorsque j'ai rencontré hier les ouvriers licenciés par le groupe Danone, les "Lu", et ils viennent d'obtenir, dix ans après, une décision de la Cour d'appel qui annule ces licenciements qualifiés de "licenciements boursiers", j'ai dit qu'il fallait inscrire dans la loi cette jurisprudence, qui permettra de contrôler les licenciements et les délocalisations dans les groupes qui font des profits importants et qui en veulent toujours plus.

7df3d4ce-07bb-11e0-bcb5-f86a1b4ac373.jpg

Ségolène Royal et les "p'tits LU" à Ris-Orangis le 14 décembre 2010 (AFP/Joël Saget)

Dans ces groupes, c'est par un nouveau partenariat, comme cela se fait dans d'autres pays, qui donne plus de pouvoir aux organisations syndicales, que l'on peut rendre transparente la hiérarchie des salaires et donc augmenter les bas salaires.

jean f : Proposeriez-vous un smic à 1 500 euros comme en 2007 ?

Ségolène Royal : Je défends la hausse du smic et des bas salaires. Comme vous le  savez, la formulation d'un montant précis doit s'accompagner de l'engagement de la façon dont on va s'y prendre pour l'obtenir. Sinon, une fois de plus, on ferait des promesses auxquelles les gens ne croient pas. Dans les petites entreprises, un bond de 50 % du smic sera difficile à mettre en place, et peut même menacer leur avenir. Dans les grands groupes, il est évident que c'est plus que possible.

C'est pourquoi, pour que ce soit possible pour tous les salariés de voir les bas salaires augmenter, il faut faire une réforme fondamentale, celle qui consiste à moins taxer le travail que le capital. C'est là que se trouve la clé d'une autre répartition des richesses. Si, par exemple, on pouvait, dans les petites entreprises, verser aux salariés le smic brut au lieu du smic net, on aurait déjà une augmentation de 300 euros par mois. Ce qui supposerait de faire contribuer les revenus financiers à la protection sociale.

Olivier V : Faut-il légaliser la gestation pour autrui en France ? Le PS semble divisé sur ce point.

Ségolène Royal : Je pense que ces sujets méritent une réflexion approfondie, qu'on ne peut pas les régler par des impressions ou par des a priori. Et c'est bien qu'il y ait une diversité des opinions au PS, parce que ce sont des sujets complexes. D'une façon générale, les Français sont plus ouverts que les politiques sur ces questions.

Je n'ai pas de position arrêtée sur cette question précise.

domtom : Quelle stratégie pour éviter l'éparpillement des voix au premier tour [de la présidentielle 2012] et ne pas recommencer le scénario de 2002 ? Que faire face à M. Mélenchon, avec lequel il faudra peut-être compter ?

Ségolène Royal : Plus nous serons rassemblés au premier tour, plus la dynamique de victoire de l'entre-deux-tours sera forte. L'idéal serait d'avoir un candidat ou une candidate et une équipe commune rassemblant la gauche radicale, les écologistes, les socialistes, et certains centristes humanistes. Bref, tous ceux qui veulent en finir avec le sarkozysme.

Paul : Si vous passez les primaires en tête et la présidentielle, tendriez-vous la main à des élus de droite ? Si oui, lesquels ? Et au centre ?

Ségolène Royal : L'élargissement doit se faire sur le projet et sur les valeurs que l'on aura défendus. La France souffre, les Français sont très inquiets, on sent un vrai rejet des discours et des promesses politiques, un doute profond sur la capacité de cesser de courber l'échine devant la puissance des logiques financières. Il faut donc bâtir une vision alternative et rassembler sur cette base tous les républicains qui n'acceptent plus de voir la France abîmée.

Johan : Pensez-vous être la bonne candidate étant donné votre échec en 2007 ? Quelles leçons avez-vous tirées et en quoi avez-vous changé ?

Ségolène Royal : Ce sont les électeurs qui vont dire si je suis la bonne candidate. Je rappelle que tout le monde peut venir voter, cette question m'est souvent posée. Il suffit d'être inscrit sur les listes électorales.

les annees mitterrand 2

François Mitterrand le 21 mai 1981, premier jour de son premier septennat, après 3 candidatures, sur les marches du Panthéon

François Mitterrand a été trois fois candidat, Lula, au Brésil, quatre fois. Avoir été candidate une fois ne donne aucun droit, mais non plus aucun interdit. J'ai conduit les socialistes au second tour de l'élection présidentielle dans des conditions difficiles, et obtenu 17 millions de voix.

600px-Brazil.LulaDaSilva.02.jpg

Le président Lula le 6 novembre 2003, au début de son premier mandat, et qui a été élu après 4 tentatives (Ricardo Stuckert/PR)

 

Depuis, il s'est passé beaucoup de choses. J'ai beaucoup travaillé, je me suis beaucoup déplacée pour écouter les Français, j'ai échangé au niveau international pour comprendre le monde, j'ai bâti une région laboratoire pour la croissance verte et les valeurs démocratiques, j'ai rassemblé des équipes, inventé les universités populaires avec Désirs d'avenir, etc. En un mot, je fais mon travail et j'avance.

Chat modéré par Alexandre Piquard et Nabil Wakim : les réponses et les questions n'ont pas été modérées, mais toutes les questions n'ont pas fait l'objet d'une réponse publiée, comme c'est la règle lors des chats du Monde.fr, NDLR.

Repost 0
Published by Militants de l'Espoir à gauche - dans Actualité
commenter cet article
15 décembre 2010 3 15 /12 /décembre /2010 12:24

ok-1-.jpg

          Deuxième déplacement en banlieue, après Cergy, Ségolène Royal s’est rendue mardi à Ris-Orangis, entraînant les médias pour mieux illustrer son combat pour les Français. Avec ces deux déplacements, le signe politique est donné : la justice sera le premier de ses combats. La candidate place ainsi sa campagne au cœur des luttes du socialisme et de la gauche après un quinquennat de Nicolas Sarkozy très à droite, tourné au profit du grand capital.

 

Ségolène Royal à Ris-Orangis a souhaité donner deux signes forts illustrant son combat pour plus de justice.

Rencontrant des jeunes dans une école de la deuxième chance, elle a rappelé sa ferme détermination à agir pour donner à chaque jeune de France sa chance dans la société.

Se rendant ensuite à l’entrée de l’ancienne usine de biscuits Lu, transformée en vaste friche, la socialiste est venue apporter son soutien aux salariés de toute la France en lutte contre l’abus des licenciements boursiers. Elle propose, pour stopper ce type inacceptable de licenciements, d’inscrire dans la loi, après la décision de la cour d’appel, un contrôle préalable sur les entreprises du CAC 40 et de conditionner les aides de l’Etat "à l’interdiction de licencier ou de délocaliser si elles font des profits".

Alors que les combats à gauche paraissent trop souvent éloignés de la vie des Français, ces visites sur le terrain, à la rencontre directe des habitants, en font la force de la candidate socialiste.

 

Mais si la socialiste place la justice au premier ordre de ces combats, elle ne conçoit pas la justice sans croissance économique définissant ainsi une ligne politique. Pour la socialiste, il faut en effet prendre en compte la réalité économique pour assurer une croissance dans un monde globalisé. Forte des réussites dans sa région, la socialiste entend mener une réelle politique industrielle pour sauver, le plus possible, les industries de main-d’œuvre en France, pour soutenir les entreprises qui investissent dans l’innovation et la croissance verte.

Liant justice sociale et croissance économique, la socialiste considère qu’il ne peut y avoir dans un pays développé comme le nôtre, d'efficacité économique sans justice sociale. Elle remet ainsi l’entreprise au cœur de la vie sociale pour la réussite économique et pour le progrès social.

 

Ségolène Royal associe, comme aucun autre candidat à gauche, justice et réussite économique. Entre les partisans du tout à gauche mettant en avant la justice contre les patrons et les partisans du réalisme économique avant le social, Ségolène Royal offre une troisième voie aux socialistes et à la gauche.

Dans le combat démocratique qui s’ouvre à gauche avec les primaires, Ségolène Royal, en défendant cette troisième voie,  lance le débat des idées, enfin !

 

Philippe Allard

Repost 0
Published by Militants de l'Espoir à gauche - dans Parti socialiste
commenter cet article
14 décembre 2010 2 14 /12 /décembre /2010 23:05

ALeqM5ioAQKAe5V8woR-CbTvx3ODzWedzg-AFP-Joel-Saget.jpeg

Ségolène Royal rencontre des ex-salariés de l'usine LU à Ris-Orangis mardi 14 décembre (AFP/Joël Saget)

Ségolène Royal vient de lancer un symbole fort aujourd’hui à Ris-Orangis, dans l’Essonne, « sur le terrain à l’invitation des gens qui souffrent et qui se battent ». Femme de combat, elle est allée à la rencontre des ex-salariés de LU de Ris-Orangis, dont la fermeture de l’usine avait été annoncée en janvier 2001. Le 2 décembre dernier, près de 10 ans après, la cour d’appel de Paris a condamné LU à des dommages et intérêts pour licenciement sans cause réelle et sérieuse.

En ce début 2001, Lionel Jospin, Premier ministre, avait demandé la raison de ces licenciements « boursiers » lors d’une réception officielle. « Je dois répondre devant mes actionnaires. », avait répondu Franck Riboud, PDG de Danone, maison mère de LU à l'époque. « Et moi devant mes citoyens. », avait rétorqué Lionel Jospin. 

 

Puis avait eu lieu la déplorable journée du 13 mars 2002, un mois avant l’élection présidentielle de 2002. Lionel Jospin allait rencontrer la fine fleur de la recherche française au Génopole d’Evry, avec Jean-Paul Huchon, président de la région, et Manuel Valls, maire d’Evry. Mais à l’approche du Génopole, un petit attroupement de salariés LU. Lionel Jospin n’esquivera pas, et il sera le symbole de l’impuissance de la gauche au pouvoir face aux licenciements boursiers : le délégué FO, Philippe Aoune, en colère, tiendra tête au Premier ministre, répondant notamment à l’argument bredouillé des emplois-jeunes : « Vous pourriez, vous, vivre avec 4 000 francs par mois ? ».

Le 13 février 2002, parmi les LU se trouvait Farid Djitli, élu CGT majoritaire, sympathisant socialiste actif. Il ne dira pas un mot, « par peur d’en rajouter ». Le 21 avril 2002, il n’a pas été voter, pour sanctionner « l’impuissance de la gauche » à faire plier Danone.

LU, filiale « biscuits »  du groupe du CAC 40 Danone, a été cédée pour ‘créer de la valeur pour les actionnaires’ au géant américain de l’agroalimentaire Kraft Foods en 2007.

Aujourd’hui, Farid Djitli était présent à Ris-Orangis pour la visite de Ségolène Royal, venue rencontrer les ex-salariés de LU : « Il faut que la gauche s’empare enfin de ces problèmes. Que pouvez-vous faire, si vous êtes élue présidente de la République, pour empêcher ce genre de situation néfaste pour tout le monde? », a-t-il demandé à l’ex-candidate à l’élection présidentielle de 2007.

 

Devant les caméras de LExpress.fr, Ségolène Royal a répondu :

« Ca fait des années qu’on nous promet la moralisation du capitalisme financier, et il ne se passe rien. Tous les chefs d’Etat et de gouvernement ont fait des discours sur la moralisation du capitalisme financier, eh bien voilà une solution concrète pour moraliser le capitalisme financier, c’est d’inscrire dans la loi ce que la cour d’appel vient de décider, c’est qu’il y a deux formes de licenciement, les licenciements pour des raisons économiques dans les entreprises qui ont de vraies difficultés, et des licenciements boursiers qui viennent d’être déclarés illégaux, et qui eux doivent donc pouvoir ne pas exister, et donc être soumis à un contrôle préalable.

Tous les salariés doivent entendre aujourd’hui que vous vous avez combattu pendant des années pour obtenir satisfaction, et ça ne s’est pas assez dit, ça ne s’est pas suffisamment entendu. Et c’est votre victoire qui va aider les salariés du grand capital financier à pouvoir se défendre. »

Autre proposition de Ségolène Royal : conditionner l’octroi des aides publiques de l’Etat aux entreprises « à l’interdiction de licencier ou de délocaliser si elles font des profits », car « les entreprises ont des droits et des devoirs ».

Ségo LU MEAGSR FM Pepito

Les "LU" racontent à Ségolène Royal une anecdote sur les biscuits Pépito : ils ont perdu leur goût dans leur nouvelle usine...

Plus tôt dans la journée, Ségolène Royal a rendu visite à l’Ecole de la deuxième chance (E2C), qui a vu passer 650 stagiaires depuis 2004, dont 90% ont trouvé un travail.

Dans une classe de l’école, entourée d’une trentaine d’élèves, l’ex-candidate à l’élection présidentielle de 2007 a déclaré devant les caméras de LExpress.fr :

« Je sais que ce n’est pas évident pour vous parce qu’avec toutes les caméras et tout ça mais voilà, je donne de la visibilité grâce à la presse qui est là à tout ce qui se passe de bien et d’important sur le pacte de confiance avec les jeunes. Voilà. Parce qu’il y a des talents cachés dans chaque être humain et c’est important de les faire surgir, ces talents, ce potentiel, et de montrer que si on a échoué une fois, eh bien la deuxième fois ça va être la bonne. »

Sego---Sam-2.jpg

Ségolène Royal et Samir qui essaie de ne pas rire, à l'E2C de Ris-Orangis

« Comme vous à l’élection. », a alors constaté Samir, son voisin de gauche, et l’un des 10 jeunes fraîchement sortis du cursus scolaire. Surprise un instant, Ségolène Royal a ri de bon cœur, et dialogué avec les élèves : elle a commencé par interroger Samir à sa gauche : « Qu’est-ce qui vous plait dans l’animation sociale ? ».

Seg---Sam-3.jpg

Ségolène Royal et Samir à l'E2C, après juste avant la première question de la présidente de la Région Poitou-Charentes

Samir a répondu succinctement, et la présidente de la Région Poitou-Charentes a conclu : « C’est bien, c’est bien, bonne réussite alors, vous allez réussir. ». « Oui… eh bien vous aussi, peut-être… en 2012. », a répondu Samir, déclenchant à nouveau les rires. Puis Ségolène a poursuivi : formation en informatique, dressage canin dont rêve Alexandre, raisons de leur décrochage scolaire. Elle a conclu en soulignant : « 80 % de la réussite, c'est de s'intéresser à ce que l'on fait, quand on a la passion de quelque chose, on réussit ».

Venue en 2010 avec des propositions concrètes rencontrer les ex-salariés de LU là où l’impuissance de la gauche face aux licenciements boursiers s’était étalée au grand jour en 2002, Ségolène Royal aura aussi rencontré à l’Ecole de la deuxième chance Samir, qui aura fait couler beaucoup d’encre, Les Echos, Libération et L’Express (vidéo sur l’E2C et les "p'tits LU") ayant couvert l’événement, en plus de tous les autres journaux alimentés par l’AFP et Reuters. Les Echos, pôle médias du groupe LVMH, un des fleurons du CAC 40, dirigé par Bernard Arnault, 7ème fortune mondiale, témoin au second mariage de Nicolas Sarkozy et invité au Fouquet’s au soir de l’élection de l’actuel locataire de l’Elysée. Une journée riche en symboles, vraiment.

Frédérick Moulin

Bonus-track ajoutée mercredi 15 décembre à 11h : Ségolène Royal avec les "p'tits LU" contre les licenciements boursiers :


envoyé par segolene-royal
Repost 0
Published by Militants de l'Espoir à gauche - dans Actualité
commenter cet article

Page D'accueil

  • : Militants de l'Espoir à gauche
  • Militants de l'Espoir à gauche
  • : Militants de l'Espoir à gauche réunit toutes celles et tous ceux qui soutiennent la ligne politique de Ségolène Royal pour une gauche démocratique, sociale, et écologique.
  • Contact

La fabrique AGIS !

dominique bertinotti (2)Dominique BERTINOTTI (75), Philippe ALLARD (75), Amale CHEBIB (75), Fabien SECHERRE (75), Françoise DEGOIS (75), Cyril CIBERT (86), Cécile FORTINEAU (23), christian CHOTARD (91), Eliane LEMAGNEN (64), esfand KHALAF (90), Laure BARGUILLET (87), Ahmed LAARAJ (30), Isabelle MALBERTI (75), Guy VERDIER (13012), catherine CANTAU (40), gilles CAILLET (91), Noëlle PLANCHAIS (56250), Gérard JABUT (69), Jocelyne BERDU (75), Jean-Pierre GUILBERT (75), Hélène MERMBERG, , Eric BRUN (63), Stéphanie SMANIOTTO,Eric CORNIER (33), Joelle FERAL, Gerard RAISER, Catherine RUBIO (33), Didier ANTONELLI, Nabil SANTO (75), Eliane LEMAGNEN (64), Céline LOOT, Pierre NSIMBA-DELEZAY (93), Marianne-Ségolène GINDREY (62), , Monique BONNIN (37), Jean-François THILLET (43), Jacqueline BOULET, Alain MAIRE (76), Caroline BERTRAN, Jacques MAZELLA (44), Christiane CHIROL, Rodrigue KOKOUENDO (77), Robert SIMON (75), francoise LALLIER (78), Sylvette GIRARD (28), claudine MOURET (41000), alban GUAY (37), roland ASTIER (38), mirella GOULOIS (62300), Michel CHARPENTIER (73), marie-neige PHILIPPE (44), Jean Jacques BAUGÉ (37), rachida MAZARIE (94), jacqueline LAKSANDER (2), pierrette LARDREAU (19100), martial LEHOUX (24), Rene PHILIPPEAU (91), Jean-Pierre HERY (2), Christine MALCOR (91), Jean KOMOROWSKI (33), , , Patricia VAN HALUIDYN (86), Claude BILLARDON (75), J-RAYMOND MAGUEUR (29), Claire CLAUDE (49), David VIEILLE, Laetitia DE WARREN (69), Georges RAULT (35), Michel CHATAIGNER (76), Chantal DEPUERS (6), YOLANDE PAVAN (93270), Maïté CAZAUX (33), Colette CHARBONNE (31), Hiroko KOMORI (75), M.J. SINAT (77), France-Marie NESPO-BIAIS (78000), Elisabeth HUSSON (75), Martine TREGRET (91), Andrée & Marie-Paule AUFAURE (3), Bernard JANODET (69), Yves FRUCHON (69), christiane NOUGARET (30), véronique SAINT-PAUL (75020), Marie-Noëlle VIBERT (94), Annick LE ROY (91), micheline HAREL (75), francoise QUELIN (77), jean baptiste TROUPLIN (75020), Elisabeth ARNAUD (33), Jean BRUNEL (13), Maryse MARTIN (17), Jacques ERNEST (92), Maurice BUTTIN (75015), Alain DRONEAUD (72430), Norel Houda AUMONT-GHÉDIR (75), Vanessa BAUDAT SLIMANI (45), CLAUDE TARRIERE (92500), Gérard PARCOT (91), FRANCK DAGORNE (56890), Ariane MATHIEU (77), Philippe POIGNANT (50), , Nadine AMIEL (75), Bernard FERRÉ (78), José THIOLLET (86), jerome DOUADY (38), Marcel AMIEL (75), arsene BOUTERFA (93500), sylvie SAINT PIERRE (95100), , Aurélien LONGÉ-LÉTANG (86), Fabrice BERARDI (13), Hubert TERRIGHI (47), Martine LEBRUN (94130), jean BURNELEAU (85), Marie FARRET (16), Janine CRESPIN (75013), sandrine PIERRON (86), cartier FLAVIEN (86), Dominique MENNESSON (94), Pierre BRUSSELLE (94), Eric DUCROS (86), , Romain ZARKA (75), Brigitte BEAUMANOIR (95), Olivier SALVANO-LUBESPÈRE (75), francoise ROZAN (12), Francine GILBERT REULIER (92), Christian AGON (75003), alain PIQUET (76), Laetitia CHEVROT (63), CHRISTIANE GOMEZ (86), Marc BONNICHON (33), Joëlle DE CORTE (17), Nadjet BOUCHIKHI (13), Yves FRUCHON (69), maryleine SIGRIST (5), Françoise CLEOSTRATE (34), Sébastien COUDRY (25), nicolas METIVIER (86), pierre HUYARD (17), Cécile GUILBERT (63), Bonaventure MBAYA (91), Bernard JANODET (69), Régis COTTET (86), martial LEHOUX (24), anthony ROUSSEAU (86), jean claude MAURIN (30), Jean-Claude CHEBROU (63), bruno OLIVIER (78), Jean-François VIONNET (26), ...

Pour rejoindre la fabrique socialiste AGIS : link