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23 décembre 2010 4 23 /12 /décembre /2010 14:00

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Ségolène Royal au Teil en Ardèche, à la rencontre des ouvrières de l'usine Lejaby (Le Dauphine Libéré/Stéphane Marc)

 Ségolène Royal s’est rendue hier en début d’après-midi au Teil en Ardèche, pour aller rencontrer la soixantaine d’employées de l’usine de lingerie féminine Lejaby le jour où le centre de production fermait, la totalité des salariées étant licenciée.

La détresse des ouvrières était palpable, et Pascal Terrasse, président du Conseil général de l’Ardèche et député PS de ce département, qui avait invité Ségolène Royal au Teil, est intervenu auprès des salariées pour leur expliquer la démarche de la présidente de la Région Poitou-Charentes avant son arrivée, car certaines ouvrières auraient souhaité sa présence ou un courrier lors de leur occupation du siège de l’entreprise à Rillieux-la-Pape, en septembre, et comprenaient mal que Ségolène Royal arrive « trop tard », le jour de la fin de la production. Pascal Terrasse était accompagné du maire PS du Teil, vice-président du Conseil Général, Olivier Pévérelli, et de Jean-Jack Queyranne, président du Conseil régional de Rhône-Alpes mais qui était présent à titre privé.

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Ségolène Royal discute avec les ouvrières de l'usine Lejaby au Teil, en Ardèche (AFP)

 Finalement, les ouvrières ont accepté de recevoir Ségolène Royal, et pendant une heure et demie, de l’ex-candidate à la présidentielle de 2007 a discuté avec les employées, puis a visité l’entreprise. La visite s’est déroulée dans un climat d’écoute, en vue de préparer « l’après ». Ségolène Royal a notamment évoqué la possibilité de transformer le centre de production en Société coopérative et participative (Scop).

Ségo au magasin Lejaby

Ségolène Royal visite le magasin de l'usine, guidée par une ouvrière

Elle est revenue également sur des mesures plus dissuasives : « une taxe sur les entreprises qui délocalisent puis réimportent leur production » : « Il n’y a aucune raison que des entreprises qui disparaissent avec des marques, se délocalisent, puissent réimporter en France comme si de rien n’était. », a-t-elle martelé devant les caméras du Dauphiné Libéré (pour voir la vidéo, cliquez ici).

Puis « une suppression des exonérations de charges » pour les sociétés qui délocalisent, reprenant ainsi une proposition développée à Ris-Orangis devant les « p’tits LU » la semaine dernière : Lejaby maison mère fait un bénéfice net sur l’année écoulée (exercice clos au 31 janvier 2010) de 1,2 M€ pour 57,6 M€ de chiffre d’affaires et un résultat d’exploitation de 2,6 M€. Il ne s’agit donc pas d’une société qui connaît de graves difficultés financières, juste d’une société qui délocalise sa production au Maghreb et en Europe de l’Est, en supprimant 193 emplois sur 653 et en fermant deux autres sites aussi dans l’Ain, dont le site historique de Bellegarde-sur-Valserine, où dans les années 30 Gabrielle Viannay, dite Gaby, fabriquait les premiers soutiens-gorges de la légende de la maison, dans l’arrière-salle du cinéma de sa sœur et de son beau-frère, Marcel Blanchard, fondateur de Lejaby : le succès des sous-vêtements est alors tel qu’on les surnomme les soutiens-gorges à la Gaby, les soutiens-gorges Lejaby.

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Ségolène Royal discute avec les ouvrières de l'usine Lejaby« Il n’y a aucune raison que des entreprises qui disparaissent avec des marques, se délocalisent, puissent réimporter en France comme si de rien n’était. », puis : « Je me suis assurée que les machines n’allaient pas être déménagées, parce que moi j’ai connu ça à Aubade, du jour au lendemain, les machines ont été déménagées. Donc je peux vous apporter en tout cas cette garantie, que les machines ne seront pas déménagées. »

Ségolène Royal a également apporté l’assurance aux ouvrières qu’on ne « déménagerait » pas leur outil de production ; selon l’AFP elle a joint le patron de Lejaby au téléphone sur ce point. Aux ouvrières, et devant les caméras du Dauphiné Libéré (pour voir la vidéo, cliquez ici), elle a assuré : « Je me suis assurée que les machines n’allaient pas être déménagées, parce que moi j’ai connu ça à Aubade [usine de lingerie dans la Vienne, fermée fin 2006, NdlR], du jour au lendemain, les machines ont été déménagées. Donc je peux vous apporter en tout cas cette garantie, que les machines ne seront pas déménagées. ».

 Enfin, la candidate à la primaire du Parti socialiste a donné rendez-vous aux ouvrières en janvier, pour discuter des possibilités de faire redémarrer une activité sur le site.

Puis Ségolène Royal a quitté le Teil dans l’Ardèche pour se rendre à Valence, où elle a visité un magasin Leroy Merlin que ses concepteurs ont voulu représentatif du principe de développement durable et dont le recrutement a donné leur chance à de nombreux jeunes de la région.

Enfin, elle a rencontré les militants au bar à vin « Le Sarment », à côté de la gare Valence-TGV. Désirs d’avenir Orange était présent, et a réalisé une vidéo de la rencontre ; vous retrouverez sous la vidéo la retranscription de l’intervention de Ségolène Royal qui est revenue sur la recherche de solutions pour Lejaby, sur la visite de l’entreprise Leroy Merlin à Valence, exemplaire tant sur le plan du développement durable que de management social, et sur la visite de Nicolas Sarkozy dans un petit village d’Ardèche, en hélicoptère :

 



 

Retranscription de l’intervention de Ségolène Royal à Valence réalisée par MEAGSR/F.M.

Lejaby au Teil

Mais c’est aussi l’idée qu’il y a peut-être des solutions possibles et qu’il n’est plus acceptable d’accepter ce modèle économique qui est en train de broyer les individus, alors que des entreprises gagnent de l’argent, continuent à délocaliser, et réimportent les produits qui étaient fabriqués sur notre territoire. Donc c’est un combat. Il y a un combat qui doit s’engager de cette France qui souffre et qui n’accepte pas d’être sacrifiée, nous non plus, élus socialistes, élus de gauche, engagés aux côtés de leurs luttes, nous n’acceptons pas ces sacrifices, qui sont même absurdes sur le plan économique, voilà. Parce qu’entre temps, le consommateur, il rachète aussi ce qui est réimporté au même prix. Donc il y a bien entre les deux quelque chose qui se passe au profit des actionnaires, au profit des grands groupes, qui n’ont aucun respect pour les territoires. Et c’était important d’identifier que grâce à un partenariat entre nos collectivités locales, en particulier entre nos deux régions, hein, Jean-Jack, on puisse voir comment on pourrait monter des coopératives ouvrières de production, avec des salariés qui seraient volontaires pour repartir sur des bases positives à partir d’un savoir-faire qui est exceptionnel, il n’y a aucune raison que ce savoir-faire disparaisse, et donc je pense que des solutions sont possibles, et les ouvrières de ma région, qui ont réussi à remonter des Scop dans le secteur textile, ont proposé de venir, rencontrer les ouvrières de Lejaby. Donc je vais revenir à la mi-janvier, puisque j’ai promis de revenir avec elles, et d’ici là on va regarder quelles solutions sont possibles. Entretemps j’ai appelé le patron pour que les machines ne soient pas déménagées, donc on a au moins cet engagement-là, mais il faut vraiment qu’on surveille, parce qu’on sait ce que valent les promesses orales. Voilà.

Leroy Merlin à Valence

Et après c’était très important de voir des entreprises qui marchent. Vous voyez, il y a la France qui souffre, et il y a aussi la France qui réussit. Et à Valence, grâce à tout le travail d’Alain [Maurice, maire socialiste de Valence, NdlR] aussi, on est allés voir donc Leroy-Merlin, et Jean-Jack rappelait que vous y étiez pour la pose de la première pierre, maintenant, effectivement, c’est un bâtiment qui est sorti de terre, alors qui a deux exemplarités.

Exemplarité en matière de développement durable, puisque c’est un bâtiment qui produit plus d’énergie qu’il n’en consomme, ce qu’on appelle les bâtiments à énergie positive, donc ça je crois que c’est très bien et que les bâtiments industriels qui ont tellement défiguré la France dans les années précédentes, se mettent là dans la dynamique de la croissance verte et du développement durable.

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Ségolène Royal avec les militants au bar à vin "Le Sarment" : au bord gauche, Jean-Jack Queyranne, et à la droite de Ségolène, Alain Maurice, maire socialiste de Valence (image vidéo DA-Orange)

Et d’ailleurs, il y a des panneaux photovoltaïques sur ce bâtiment, ce qui prouve que le moratoire qui vient d’être prononcé par le gouvernement est une absurdité économique, c’est même un scandale économique, et heureusement que certaines entreprises ont anticipé, et que moi je demande une nouvelle fois la levée de ce moratoire absurde qui est en train de couler des petites et moyennes entreprises. Moi j’ai deux entreprises industrielles qui sont menacées, qui devaient s’installer pour construire des panneaux photovoltaïques français, et qui aujourd’hui ont les ailes coupées, parce qu’on a un gouvernement qui non seulement a menti sur le Grenelle de l’Environnement, mais qui en plus fait le contraire de ce qui a été promis et qui est en train de couper les ailes de la France dans le domaine de la croissance verte, du développement durable, de l’excellence environnementale, qui est j’en suis sûre une des conditions de sortie de crise, et une façon de renouer avec la croissance.

Et le deuxième aspect, c’était le management social, là aussi qui était très intéressant, parce qu’on a eu la démonstration que la qualité des relations humaines est un élément-clé aussi de l’efficacité économique. Et ça quand on a des directions d’hommes et de femmes qui font attention à la qualité du relationnel au travail, au refus de toute forme de stress, à la volonté de développer les qualités humaines dans cette force de vente, et pas seulement le fait de faire du chiffre d’affaires ou de truander les clients, parce qu’on a encore des formations de ce type, où vous êtes là pour truander les clients, pour leur raconter n’importe quoi, donc là c’est très important dans ces métiers de service qu’on se rende compte enfin, et en matière de formation professionnelle c’est un élément qui est en train de changer aussi de façon très importante, y compris dans le management des pays, des structures, des associations, partout on se rend compte qu’enfin, la qualité du relationnel humain est aussi un facteur d’efficacité économique, l’efficacité économique ne va pas sans la valeur humaine des relations.

La politique, c’est le contact avec les citoyens

Ça je crois que c’est très important et que certains, placés là-haut, feraient bien d’en prendre de la graine. Et enfin on comparait avec Alain, puisque je crois que le président de la République est venu il n’y a pas longtemps, hein ? (Rires) Qu’il y avait autant de forces de l’ordre que d’habitants ? (« Ah oui ! » répond la salle) À peu près, hein, c’est ça, avec des citoyens maintenus à résidence. (Brouhaha joyeux dans la salle) Voilà.

Alors que je crois que la politique, c’est le contact, c’est le contact avec les hommes et les femmes, c’est le contact avec les citoyens, même quand ça va mal, même lorsque les gens nous disent au visage que ça va mal, qu’il faut que ça change, etc. Et même dans cette usine Lejaby où les femmes souffraient terriblement, parce que c’était la fin d’une histoire, il y a une femme qui était là qui travaillait depuis 40 ans, et en plus qui se faisait voler 2 années de travail pour la retraite. Donc elle se fait voler son travail, elle se fait voler son outil de travail, elle se fait voler sa retraite, c’est quand même lourd quand même, hein, pour les plus défavorisés de notre pays. Après on s’étonne que les extrêmes montent.

Il y a un autre modèle économique possible,

et c’est pour ça que nous sommes en mouvement

Eh bien moi je pense qu’il faut apporter des réponses aux gens qui souffrent et qui ne comprennent pas qu’il y ait tant d’argent d’un côté, tant de grands groupes d’un côté, les entreprises du CAC 40 n’ont payé que 8% d’impôt cette année, alors que les PME en payent 50%. Est-ce que c’est normal ? Non, ça n’est pas normal. (Applaudissements) Est-ce qu’il y a un autre modèle économique possible ? Oui, il y a un autre modèle économique possible (Applaudissements), et c’est pour ça que nous sommes en mouvement. 

Frédérick Moulin

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