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17 janvier 2011 1 17 /01 /janvier /2011 07:51

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Ségolène Royal était l’invitée hier midi de Dimanche+ sur Canal+, un magazine d’une heure mêlant reportages d’actualité et interview d’une personnalité politique présenté par Anne-Sophie Lapix.

Elle est intervenue sur cinq thèmes, dont certains qu’elle abordait pour la première fois de façon détaillée devant des millions de téléspectateurs : l’élection de Marine Le Pen à la présidence du Front National, la Révolution de jasmin en Tunisie et l’attitude de Nicolas Sarkozy et du gouvernement français, « l’affaire criminelle » du Mediator, les primaires organisées par le Parti socialiste, et enfin, suite aux déclarations pessimistes de Daniel Cohn-Bendit hier dans le JDD, le fait que la gauche doive gagner en 2012, car « rien ne serait pire que de laisser la France entre les mains de ceux qui la gouvernent si mal ».

Frédérick Moulin

 


envoyé par segolene-royal

 

Transcription des interventions de Ségolène Royal au cours de Dimanche+ réalisée par MEAGSR/F.M.

L’élection de Marine Le Pen à la présidence du Front National

Anne-Sophie Lapix : bonjour Ségolène Royal […] et ça fait 35 point d’avance pour Marine Le Pen [sur son rival à la présidence du Front National, Bruno Gollnisch]. Pour vous, Ségolène Royal, Marine Le Pen est pire que son père, ou c’est blanc bonnet et bonnet blanc ?

Ségolène Royal : oh, je crois que c’est le même projet, la même politique recommandée et défendue. En tout cas ce qui est clair, c’est qu’on a là maintenant un parti en ordre de marche, avec une candidate, avec un projet, et le Front National va prospérer sur trois idées simples : d’abord sur la trahison de toutes les promesses politiques de Nicolas Sarkozy, donc il y a un discours sur le problème de manque de crédibilité de la politique. Il y a ensuite la paupérisation des Français qui souffrent de précarité dans tous les domaines, et donc le thème de la sécurité est un thème essentiel pour les catégories populaires. Et puis enfin la crise de l’Europe puisque vous le savez le Front National recommande le retour au franc. Et donc face au Front National, les socialistes doivent être en ordre de marche, parce que le combat idéologique il est essentiel, et nous devons absolument répondre aux préoccupations de ceux qui souffrent le plus dans notre pays, qui sont les victimes d’une politique d’une droite brutale et injuste.

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Anne-Sophie Lapix : quelle est votre arme pour lutter contre le Front National ?

Ségolène Royal : notre arme, c’est de montrer que d’autres solutions sont possibles pour répondre aux problèmes que j’évoquais tout à l’heure, c’est à dire en particulier la juste répartition des richesses au niveau national, puisqu’on voit qu’au bout de 4 ans maintenant de bilan de Nicolas Sarkozy les riches sont toujours plus riches, les classes moyennes se sont déclassées, et les classes populaires se sont paupérisées, donc…

Anne-Sophie Lapix, l’interrompant : ça c’est pour lutter contre Nicolas Sarkozy mais pour le Front National, par exemple sur le thème de la sécurité, qui est quand même son thème privilégié ?

Ségolène Royal : vous dites pour lutter contre Nicolas Sarkozy, le combat, le combat est le même, le combat politique c’est de pouvoir proposer aux Français un projet crédible, qui va leur démontrer que ça vaut le coup de venir voter, parce qu’enfin la politique va pouvoir changer quelque chose, et bien s’occuper des gens, et aller dans le bon sens. On a là au pouvoir des gens qui ne s’occupent que d’eux-mêmes au lieu de s’occuper des Français, et donc en effet, les Français se tournent vers ceux qui leur proposent des solutions simplistes. Aujourd’hui le Front National propose des solutions simplistes, et lorsqu’en face il n’y a pas de solution sérieuse, crédible, à ce moment-là en effet, eh bien l’électorat peut parfaitement aller vers le Front National, d’autant en effet que la candidate a éliminé tout ce que l’on vient de voir, toutes les caricatures de son père, donc forcément elle est beaucoup plus dangereuse dans sa force de conviction.

Anne-Sophie Lapix : elle est plus crédible ?

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Ségolène Royal : elle est plus crédible que son père, bien sûr, dans sa force de conviction. Et donc le combat politique il est essentiel, parce que la question centrale, d’abord c’est de lutter contre les abstentions. Or aujourd’hui les Français sont dégoûtés de la politique et ne croient plus aux promesses politiques parce qu’elles ont été trahies. Ensuite, ils vivent très douloureusement ce qui se passe aujourd‘hui, et notamment l’effondrement du pouvoir d’achat des salaires, jamais les salaires n’ont été aussi bas, aujourd’hui on annonce une flambée des prix de l’alimentation après avoir subi aujourd’hui une flambée du prix de l’essence par exemple. Et en face il y a une inertie du pouvoir, alors que d’autres pays s’en sortent beaucoup mieux, c’est donc bien que d’autres solutions sont possibles, et justement je suis le 20 janvier à Bully-les Mines dans le Pas-de-Calais, et c’est bien ces sujets-là qui émergent face à la mise en mouvement du Front National, que j’aborderai, auxquels je répondrai.

La Révolution de jasmin en Tunisie et l’attitude de Nicolas Sarkozy

et du gouvernement français

Anne-Sophie Lapix : on en vient à la Tunisie […] il faut s’en remettre à l’armée, selon vous, pour rétablir l’ordre ?

Ségolène Royal : d’abord je voudrais dire que ce qui arrive en Tunisie n’est dû qu’au courage du peuple tunisien. C’est le peuple tunisien qui a réussi à conquérir sa liberté au prix, bien évidemment, ne l’oublions jamais, de plusieurs centaines de … on ne sait pas le chiffre exact, et je voudrais dire ici, partager toute le douleur des familles des victimes qui ont donné leur vie pour que la Tunisie vive libre et démocratique. Donc aujourd’hui il y a urgence, il faut d’abord libérer les prisonniers politiques, rétablir la liberté de la presse, organiser rapidement des élections, libres et démocratiques, et je crois que la France qui s’est très m… le GOUVERNEMENT français, ne mélangeons pas la France et le gouvernement français, qui s’est très mal comporté au cours de ces derniers temps, devrait rattraper les erreurs commises et sans doute là, pourquoi pas, contribuer à la protection des citoyens et des magasins, parce qu’on sait …

Anne-Sophie Lapix, lui coupant la parole : en envoyant des forces ?

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Deux véhicules blindés abandonnés dans une rue tunisienne : Ségolène Royal : "Qu’est-ce qui se passe traditionnellement, hélas, dans les transitions démocratiques? C’est qu’il y a des forces nostalgiques de l’ancien régime qui sèment la pagaille pour que le peuple se dise : finalement, c’était mieux avant, qu’est-ce qui se passe ? "

Ségolène Royal : au service de la protection du peuple. Qu’est-ce qui se passe traditionnellement, hélas, dans les transitions démocratiques? C’est qu’il y a des forces nostalgiques de l’ancien régime qui sèment la pagaille pour que le peuple se dise : finalement, c’était mieux avant, qu’est-ce qui se passe ? Donc il est absolument crucial qu’aujourd’hui la paix civile soit respectée et revienne dans les rues de la Tunisie, parce que sinon, sinon je suggère que si…

Anne-Sophie Lapix : … que la France envoie des forces sur place pour assurer le maintien… ?

Ségolène Royal : c’est pas à la France de décider, hein. Madame Alliot-Marie a eu une position scandaleuse en proposant, alors même que l’armée tirait à balles réelles sur le peuple tunisien, elle a proposé de venir en soutien d’une dictature, quand on tire à balles réelles sur le peuple…

Anne-Sophie Lapix : et pour empêcher les morts, hein, c’était sa motivation, c’était pour que justement on gère au mieux ces manifestations.

Ségolène Royal : écoutez, à un moment où on tire, à un moment où on tire sur la foule, proposer de venir en soutien à ceux qui tirent sur la foule, ça dit bien son nom, donc il y a une connivence insupportable, intolérable. Donc aujourd’hui si le gouvernement français veut se rattraper de cette erreur impardonnable, il doit d’abord proposer d’accompagner la mutation démocratique en apportant un soutien pour l’organisation d’élections afin qu’il n’y ait pas de contestation, parce qu’on voit déjà surgir des contestations sur qui va avoir le droit de se présenter ou pas, et puis peut-être en effet, apporter, pourquoi pas, des solutions pour que, je le répète, la paix et la prospérité puissent revenir en Tunisie, ça c’est l’urgence.

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Anne-Sophie Lapix : Nicolas Sarkozy s’est rendu en Tunisie au début de son mandat. Vous n’auriez pas fait la même chose ?

Ségolène Royal, immédiatement : certainement pas. Je crois que c’est une faute politique majeure, d’ailleurs on voit bien aujourd’hui les résultats. Il faut rester fidèle à l’histoire de la France, et commencer par visiter les pays qui défendent les valeurs de liberté, d’égalité, et de fraternité. Alors on voit aussi la suite…

Anne-Sophie Lapix, l’interrompant : mais ces relations… ces relations ne datent pas de Nicolas Sarkozy. François Mitterrand avait des relations chaleureuses aussi avec la Tunisie, et Jacques Chirac aussi…

Ségolène Royal, l’interrompant : oui mais il n’a pas fait son premier déplacement en Tunisie, donc…

Anne-Sophie Lapix : oui mais il l’a accueilli à bras ouverts …

Ségolène Royal : mais il a aussi je crois beaucoup pesé pour qu’évolue la question des droits de l’homme, et dans tous les pays où il se rendait, je crois que François Mitterrand avait très, très fidèlement marqué l’ensemble de sa politique diplomatique sur des valeurs fondamentales et sans jamais se détourner de ces valeurs fondamentales. [« Sans succès avec la Tunisie. », interjette Anne-Sophie Lapix] La diplomatie, ce n’est pas seulement un échange d’argent ou de commerce, comme c’est le cas malheureusement aujourd’hui. Quant à la venue de Ben Ali, je crois qu’il faut regarder toute l’hypocrisie aujourd’hui, moi j’ai horreur de l’hypocrisie. Qu’est-ce qui se passe ? On nous dit aujourd’hui que Nicolas Sarkozy a refusé l’arrivée de Ben Ali, mais est-ce exact ? Est-ce un mensonge ou pas ? On sait bien qu’il a accepté l’arrivée en catimini de sa famille jeudi, et donc forcément Monsieur Ben Ali, quand il est parti, on voit bien que son avion se destinait vers Paris pour rejoindre sa famille. Que s’est-il passé ?

Anne-Sophie Lapix : quel est votre explication ?

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Ségolène Royal : eh bien nous avons la réponse dans les images que vous venez de montrer avec l’ensemble des Tunisiens, des amis des Tunisiens, qui sont là massivement venus dans la rue manifester leur joie. Que se serait-il passé si Ben Ali était venu sur le sol français ? Je crois qu’il y aurait eu un soulèvement populaire dans les quartiers et dans les cités et une grande violence, un grand rejet de cette arrivée, et je crois que Nicolas Sarkozy a eu peur lorsqu’il a compris que les Tunisiens en France et que les amis des Tunisiens et que les amis de la liberté, les Français amis de la liberté, n’auraient pas accepté cet atterrissage. Et donc on a dû sans doute lui proposer poliment d’aller trouver une autre destination, et sans doute d’ailleurs que sa famille va le rejoindre.

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Ségolène Royal : "Que se serait-il passé si Ben Ali était venu sur le sol français ? Je crois qu’il y aurait eu un soulèvement populaire dans les quartiers et dans les cités et une grande violence, un grand rejet de cette arrivée, et je crois que Nicolas Sarkozy a eu peur lorsqu’il a compris que les Tunisiens en France et que les amis des Tunisiens et que les amis de la liberté, les Français amis de la liberté, n’auraient pas accepté cet atterrissage."

Alors si le gouvernement français veut se rattraper, là aussi, on peut toujours faire des erreurs, l’important c’est de se rattraper, moi je lui demande de geler les avoirs de la famille, de la famille au sens large, puisque l’on sait que cette famille gouvernante en Tunisie a pillé le pays, puisque tous les chefs d’entreprise qui s’installaient en Tunisie pour créer des emplois devaient obligatoirement passer par la famille des dirigeants pour pouvoir payer… C’était la corruption, c’était un système, et le peuple tunisien le sait, puisqu’ils savent bien que l’ensemble de l’industrie, du commerce, étaient propriété de la famille, et donc ça, ça s’appelle un régime corrompu. Donc il faut que la France aide à ce que l’argent du peuple tunisien retourne au peuple tunisien pour pouvoir donner de l’emploi aux jeunes en particulier, car le chômage des jeunes, et même des jeunes diplômés, a aussi été un élément détonateur de la révolution.

[François Baroin : « [les fonds de la famille Ben Ali] seront bloqués dans le cadre de l’application du Code monétaire et financier, ils seront bloqués administrativement et ensuite, en fonction de l’analyse que Tracfin fera, l’autorité judiciaire, c’est-à dire une procédure judiciaire, sera engagée. »]

Anne-Sophie Lapix : alors vous avez été entendue, on va faire une…

Ségolène Royal, l’interrompant : oui, il faudra un contrôle quand même parce que vous savez, on a tellement eu de déclarations gouvernementales non suivies d’effet, et j’entends « bloqués », c’est pas tout à fait le concept juridique, normalement c’est le GEL des avoirs. Donc il y a une expression et une action juridique très précise, ce n’est pas le blocage, c’est le gel des avoirs, et j’espère que le Parlement, et l’opposition au Parlement pourra contrôler l’efficience de ce gel des avoirs.

« L’affaire criminelle » du Mediator

Anne-Sophie Lapix : et dans son rapport remis hier au ministre de la santé, l’IGAS dénonce une « incompréhensible tolérance » pour ce médicament, qui aurait pu être retiré en 1999, alors pour vous cette affaire du Mediator, est-ce que c’est une question de négligences, de dysfonctionnements, ou de corruption ?

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Ségolène Royal : d’abord il faut mettre les mots justes sur cette affaire : c’est une affaire criminelle de première importance, puisque 5 millions de Français ont pris pendant 30 ans du Mediator. Donc vous avez aujourd’hui 5 millions de gens très inquiets, vous avez plusieurs centaines de morts, plus de 4000 personnes hospitalisées, donc c’est une affaire criminelle, c’est-à-dire que des autorités ont donné un feu vert à un médicament qui tue, et on voit à quoi conduit la cupidité, la voracité de l’argent, et la collusion des pouvoirs entre le pouvoir de donner l’homologation de la Sécurité sociale, ce qui permet à des laboratoires de gagner beaucoup d’argent et surtout d’exporter parce que ça donne une crédibilité, et en même temps le pouvoir d’empêcher ces puissances d’argent, liées à un pouvoir politique corrompu, puisque là c’est une forme de corruption très, très grave, d’édulcorer des rapports pour cacher la nocivité d’un médicament que les Etats-Unis ont retiré dès 1997, que l’Espagne a retiré dès les années 2000, et que a France non seulement a continuer à commercialiser, les rapports médicaux ont été dissimulés, et en plus, il y a eu la remise d’une décoration comme vous venez de le voir, et d’ailleurs permettez-moi de saluer le courage de votre reportage, où vous dites des choses qui sont édulcorées, que les Français ne connaissent pas vraiment, et dans un autre pays on se dit qu’un scandale comme celui-ci devrait conduire l’actuel gouvernement et l’actuel président de la République à s’expliquer. Il a été avocat, donc pouvait-il ignorer les rapports de force et l’influence de Servier sur les décisions politiques ?

Anne-Sophie Lapix : il était avocat bien avant cette affaire-là.

Ségolène Royal : oui mais il a toujours son cabinet d’avocat, même s’il n’exerce pas actuellement, il y a toujours le cabinet d’avocat qui est là.

Anne-Sophie Lapix : enfin ça fait pas de lui le responsable, peut-être, de ce scandale…

Ségolène Royal, l’interrompant : non, mais écoutez, ce n’est pas le problème d’être responsable, c’est le problème de savoir ce qui se passe et d’empêcher les choses. Et en 2009, donc c’est quand même très récent, il lui remet la Grand-croix de la Légion d’honneur en le félicitant d’avoir délocalisé son entreprise, j’ai là effectivement la déclaration qui complète celle que vous avez donnée, il le félicite d’avoir délocalisé son entreprise d’Orléans à Neuilly, et il lui dit ceci : « Vous êtes une publicité vivante pour les médicaments Servier, parce que franchement, l’âge n’a pas de prise sur vous. ». Sans doute que Monsieur Servier, lui, n’a pas pris le Mediator, et moi je voudrais dire juste une chose par rapport aux victimes, à leur désarroi, et à leur grande détresse, et à leur grande solitude, parce qu’elles se battent toutes seules face aux tribunaux, je demande au gouvernement et au président de la République de donner les moyens à la justice de faire toute la lumière sur cette affaire criminelle du siècle.

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Ségolène Royal, parlant de M. Servier : Nicolas Sarkozy "lui dit ceci : « Vous êtes une publicité vivante pour les médicaments Servier, parce que franchement, l’âge n’a pas de prise sur vous. ». Sans doute que Monsieur Servier, lui, n’a pas pris le Mediator, et moi [...] je demande au gouvernement et au président de la République de donner les moyens à la justice de faire toute la lumière sur cette affaire criminelle du siècle."

Anne-Sophie Lapix : d’un mot, Martin Hirsch préconise ce matin d’interdire les visiteurs médicaux, qui démarchent donc les médecins au nom des laboratoires. Est-ce qu’il faut aller jusque là ?

Ségolène Royal : c’est une bonne idée mais il faut faire bien plus, puis qu’on a vu dans votre reportage que les laboratoires formaient même certains médecins en formation professionnelle continue. Il faut absolument déconnecter le domaine de la pharmacie et des laboratoires pharmaceutiques, de la décision politique. Souvenez vous aussi du scandale…

Anne-Sophie Lapix : et de la formation ?

Ségolène Royal : … souvenez vous aussi du scandale …

Anne-Sophie Lapix : et de la formation ?

Ségolène Royal : et de la formation.

Anne-Sophie Lapix : les laboratoires ne doivent plus contribuer à la formation des médecins ?

Ségolène Royal : mais on peut prélever, on peut prélever, c’est la fiscalité, la justice de la fiscalité qui permet de financer le service public. Et certainement pas le parrainage d’entreprises privées qui ont intérêt à un certain nombre de décisions qui doivent être prises uniquement dans l’intérêt général. Donc taxons les bénéfices des laboratoires pharmaceutiques et avec cela, finançons, dans l’intérêt général, la formation des médecins, à la fois initiale et continue.

Anne-Sophie Lapix : c’est le projet de Xavier Bertrand, alors on va parler des primaires…

Ségolène Royal : ah bon ?

Anne-Sophie Lapix : oui, c’est ce qu’il a annoncé hier.

Les primaires organisées par le Parti socialiste

Anne-Sophie Lapix : la bonne nouvelle pour vous c’est que le calendrier des primaires n’a pas été retardé, donc les candidatures vont devoir être déposées avant le 13 juillet. Vous allez faire la tournée des plages ?

Ségolène Royal : ah pas exactement, il fait un peu frais, vous ne trouvez pas, en ce moment, pour faire la tournée des plages ?

Anne-Sophie Lapix : le 13 juillet.

Ségolène Royal : ah ! Vous voulez dire… (Rires)

Anne-Sophie Lapix : à partir du 13 juillet, ça veut dire que tous les candidats commenceront en plein été. C’est une bonne date ?

Ségolène Royal : oui, mais vous savez ce n’est pas un jeu, la campagne présidentielle. C’est quelque chose d’essentiel, c’est de savoir si la France va enfin avoir un autre destin, et si les Français vont pouvoir croire à nouveau en leur avenir, si l’on va pouvoir construire…

Anne-Sophie Lapix, lui coupant la parole : et qui la considère comme un jeu, pourquoi dites-vous ça ?

Ségolène Royal : non, je veux dire dans la façon dont vous posez les questions, et c’est vrai…

Anne-Sophie Lapix, l’interrompant : non, c’est quelque chose d’essentiel, ce point de départ dans la campagne au milieu de l’été, est-ce que c’est le bon moment pour aller chercher les Français, pour les convaincre ?

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Ségolène Royal : mais le moment est toujours venu, dès 2007, dès la fin de la précédente campagne présidentielle, il faut recommencer à repartir avec les valeurs auxquelles nous croyons, avec la capacité de proposer aux Français la construction d’une société de confiance. Qu’est-ce qui se passe aujourd’hui en France ? Pourquoi les Français sont-ils le pays le plus pessimiste d’Europe ? Est-ce qu’on peut accepter ça ?

Moi je n’accepte pas que les Français soient désignés comme étant les plus pessimistes du monde, même pas d’Europe, du monde, avec le potentiel que nous avons, l’énergie que nous avons, la capacité des petites et moyennes entreprises, la croissance verte que nous pouvons développer, les jeunes qui sont au chômage et qui ne demandent qu’à travailler.

Donc on voit bien que le pays est mal gouverné, qu’il y a d’autres façons de faire, qu’il y a des priorités à installer, et en particulier, je crois que la bataille principale, il y en a deux : c’est d’abord de faire en sorte que la nation noue un pacte avec les jeunes, pour que tous les jeunes qui se lèvent le matin aient une bonne raison de se lever le matin, c’est à dire soit trouvent un emploi, une formation ou un service civique, c’est ce que je fais d’ailleurs dans la région que je préside, parce que je crois que la politique c’est de passer des discours aux actes [« Du local au national. », ajoute Anne-Sophie Lapix en souriant], du local au national, oui. Et la seconde priorité, on le sait, c’est l’éducation et c’est la formation, parce que c’est un levier clé de la reprise économique.

Anne-Sophie Lapix : alors en 2007 il y a eu un élan pour vous, vous étiez portée par les sondages, par l’effet de surprise, l’attrait de la nouveauté, vous n’avez plus ces atouts-là, est-ce que vous comptez les compenser uniquement par votre volonté ?

Ségolène Royal : je n’ai plus ces atouts mais j’en ai d’autres. D’abord j’ai l’expérience de cette campagne

Anne-Sophie Lapix : de cette campagne ?

Ségolène Royal : bien sûr, et puis j’ai beaucoup travaillé

Anne-Sophie Lapix : une campagne qui n’a pas … qui n’a pas… qui n’a pas porté ses fruits pour le coup ?

Ségolène Royal : non, mais au moins j’étais au second tour de l’élection présidentielle, ce qui n’était pas évident, ce qui ne sera peut-être pas évident non plus en 2012, il y a un vrai combat à conduire. Donc j’étais là au second tour avec un potentiel considérable, et puis j’avais aussi la vérité de ma parole politique. Regardez le basculement pour la victoire de Nicolas Sarkozy s’est fait chez l’électorat de plus de 70 ans, de plus de 65-70 ans. Qu’avait-il promis aux retraités ? Il avait promis l’augmentation de 25% des retraites.

Où en est-on aujourd’hui ? On en est à une diminution dramatique du pouvoir d’achat des retraites, avec une retraite moyenne des femmes qui s’élève à 950 €. Est-ce que l’on peut vivre dignement avec 950 € ? Alors évidemment, moi dans cette campagne, j’avais promis 5% d’augmentation des retraites, parce que je savais que la France ne pouvait pas tenir et ne pouvait pas promettre plus. Eh bien aujourd’hui, si j’avais été présidente de la République, le pouvoir d’achat des retraités n’aurait pas baissé, j’aurais tenu parole, et le pouvoir d’achat des retraites aurait augmenté de 5%.

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Ségolène Royal : "Ce qui est important, c’est la vérité, et je suis une femme de vérité, c’est la crédibilité de la parole politique, c’est l’expérience politique, et c’est avoir tiré les leçons, en toute modestie, de ses échecs, et c’est d’avoir envie de reprendre le flambeau à partir des valeurs que nous a laissé François Mitterrand."

Donc vous voyez qu’à partir de cet exemple, ce qui est important, c’est la vérité, et je suis une femme de vérité, c’est la crédibilité de la parole politique, c’est l’expérience politique, et c’est avoir tiré les leçons, en toute modestie, de ses échecs, et c’est d’avoir envie de reprendre le flambeau à partir des valeurs que nous a laissé François Mitterrand. Voilà, les choses sont assez simples, et au moins moi j’ai l’honnêteté de dire les choses et d’avancer.

Anne-Sophie Lapix : alors celui qui a le vent en poupe aujourd’hui, vous pensez que je vais parler de DSK, mais non je parle de François Hollande, parce qu’il fait un bond dans les sondages, il a gagné 6 points selon l’Ifop quand vous en avez perdu 3. Est-ce que c’est un sérieux rival ?

Ségolène Royal : vous savez, je me suis imposé une règle, c’est de ne pas parler des autres candidats à la primaire, ce qui évite d’ailleurs de la part des petites phrases méchantes ou déplacées, parce que je n’en tiendrai aucune et je ne répondrai pas d’ailleurs à celles qui me sont adressées.

Anne-Sophie Lapix : oui mais vous parlez par exemple de Dominique Strauss-Kahn en disant que vous pourriez vous allier à lui s’il reprenait vos idées, s’il vous semblait qu’il était le mieux placé. Ce serait la même chose avec François Hollande ?

Ségolène Royal : j’ai dit cela parce qu’on m’a posé la question et parce que Do…

Anne-Sophie Lapix, l’interrompant : eh bien je vous pose la question.

Ségolène Royal : mais vous savez que Dominique Strauss-Kahn est dans une position, dans les sondages, faites attention, les sondages ne font pas une élection, on l’a vu tout au cours de l’histoire de la Vème République, donc faisons attention. Mais je ne veux pas en…, je ne veux pas en dire…, vous savez ce qui est imp…

Anne-Sophie Lapix, lui coupant la parole : vous voulez bien répondre à la question pour Dominique Strauss-Kahn, mais pas pour François Hollande

Ségolène Royal : mais parce qu’il est évident que c’est celui qui est au plus haut dans les sondages, vous le savez bien, puisqu’il est désigné aujourd’hui comme étant le meilleur candidat qui pourrait battre tous les autres et qui pourrait battre le plus fortement Nicolas Sarkozy, donc il n’est pas, il n’est pas…

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Anne-Sophie Lapix, l’interrompant : donc vous ne donnez pas crédit à la progression de François Hollande ?

Ségolène Royal : je ne veux pas tomber dans ces commentaires qui sont secondaires, et qui peuvent être ou disgracieux ou désobligeants, et moi je m’en tiens aussi à une certaine conception de la politique, qui est une certaine dignité de la politique. Et ça commence, cette dignité de la politique, cette dignité du comportement politique et de la parole politique, ça commence dans le bon déroulement des primaires puisque là où je peux vous répondre, c’est que de toute façon, contrairement à ce qui s’était passé en 2007, où à peine avais-je été désignée, un certain nombre de responsables politiques se sont éparpillés dans la nature, voire m’ont combattue, c’est une des raisons majeures, vous le savez bien, de l’échec de 2007, là ça ne sera pas le cas parce que je crois que les socialistes sont conscients de l’urgence qu’il y a à réformer la France et à la mettre sur un autre chemin, et donc nous serons de toute façon rassemblés autour de celui ou celle qui sera désigné(e).

Anne-Sophie Lapix : quel qu’il soit.

La gauche doit gagner en 2012, car « rien ne serait pire que de laisser

la France entre les mains de ceux qui la gouvernent si mal »

Anne-Sophie Lapix : Daniel Cohn-Bendit explique ce matin dans le Journal du Dimanche qu’il est assez pessimiste pour la gauche, qu’il ne la voit pas gagner en 2012. Est-ce que vous partagez ce pessimisme, cette inquiétude ?

Ségolène Royal : pas du tout. D’abord je pense que c’est un combat que je veux gagner avec toute la gauche, et c’est un combat indispensable parce que ça voudrait dire, si Daniel Cohn-Bendit, qui est bien pessimiste, faut qu’il aille voir un bon film ou qu’il se requinque un peu, hein, quand même, c’est pas comme ça qu’on ne gagne des batailles politiques, en étant comme ça, en baissant les bras, au contraire, et je crois que rien ne serait pire que de laisser la France entre les mains de ceux qui la gouvernent si mal, et c’est pour ça que ce combat politique nous devons le mener tous ensemble, socialistes, écologistes, gauche, extrême-gauche, et les centristes humanistes, et tous les déçus du sarkozysme, qui doivent pouvoir nous rejoindre.

Anne-Sophie Lapix : merci beaucoup, Ségolène Royal.

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Published by Militants de l'Espoir à gauche - dans Actualité
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16 janvier 2011 7 16 /01 /janvier /2011 16:02

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(MEAGSR/F.M.)

 L’UPP « Quel avenir pour l’éducation ? » s’est tenue hier à La Cartoucherie de Vincennes, dans les locaux du Théâtre du Soleil, fondé par Ariane Mnouchkine. Une douzaine d'intervenants étaient présents, dont une enseignante« désobéisseuse », Véronique Decker, directrice de l’école primaire Marie-Curie à Bobigny (Seine-Saint-Denis), et membre du réseau des enseignants en résistance pédagogique, ceux qu’on appelle les « désobéisseurs ». La résistance pédagogique a pour but de « faire échec aux lois qui déconstruisent l’Education Nationale », et de « penser pour construire une école démocratique de la solidarité et de la réussite pour tous ».

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Sur le site de Résistance pédagogique on peut lire :

« La résistance pédagogique est un choix clair, assumé, responsable

En conscience, nous ne pouvons accepter d'être les instruments d'une politique gouvernementale qui déconstruit les fondements de l'Education Nationale.

En conscience, nous refusons d'obéir à des injonctions qui remettent en cause l'identité de notre métier d'enseignant.

En conscience, nous voulons construire une autre école, dynamique, démocratique, coopérative, conviviale qui permette aux enfants d'apprendre en s'épanouissant. »

Sur le site des « désobéisseurs », les citations changent avec les pages. Retenons celle-ci, de Georges Bernanos, écrivain, qui a mis sa plume au service de Charles de Gaulle dès le 18 juin 1940, du Brésil où il s’est exilé dès 1938, après l’infamie des accords de Munich, invité à rentrer en France par le général en 1945 (« Votre place est parmi nous »), qui décline l’offre d’entrer alors au gouvernement :

« Il faut beaucoup d’indisciplinés pour faire un peuple libre. » (Les enfants humiliés, 1949)

Frédérick Moulin

 


envoyé par Jean_d_Arcueil

 


Transcription des interventions réalisée par MEAGSR/F.M.

Pendant un siècle, en France, l’école publique a avancé, c’es-à-dire qu’elle est passée d’une scolarisation de 10 à 12, de 12 à 14, de 14 à 16, et de 16 à 80% des élèves au bac, et en 2008, à un moment, elle s’est mise à reculer.

Elle s’est mise à reculer d’abord avec des campagnes idéologiques, trompeuses, dans lesquelles même une partie des forces de gauche ont pu aller se fourvoyer. Sur l’école maternelle à 2 ans, et puis est-ce que c’était bon, finalement, pour les enfants, si jeunes, et patati, et patata. Et les chercheurs passaient à la télé, pour dire que les petits méritaient mieux, et sans doute qu’ils méritaient mieux. Mais maintenant que les classes ont fermé, et qu’ils sont devant la télé chez la nourrice non déclarée de la tour de la cité d’en face, on ne voit plus les chercheurs, et plus personne n’en parle à la télé. (Applaudissements, « Bravo ! »)

Sur l’IUFM, dans lequel les ‘pédado-gogogistes’ (Rires) auraient régné en maîtres, pour enseigner des savoirs inutiles sur les référentiels bondissants, (Rires) et les institutrices clandestines, obligées de cacher qu’elles enseignaient des syllabes aux élèves, déjà que la gauche avait transformé l’Ecole normale, où les instituteurs étaient payés 3 ans comme salariés pour apprendre leur métier, quand l’IUFM ne l’était plus qu’un an, la droite a supprimé la formidable promotion sociale qui permettait à des milliers de jeunes d’origine populaire de financer leurs études supérieures.  (Applaudissements)

Sur l’échec scolaire. On nous rebat les oreilles de l’échec scolaire. Tout le monde doit trembler devant le spectre terrifiant d’avoir des enfants qui ne sont pas performants, en réussite, et tous se mettent à avoir besoin d’un soutien. Les officines privées, remboursées par nos impôts, pas déduites des impôts, remboursées par nos impôts, (Applaudissements) fleurissent, et dès 4 ans, un enfant peut être soutenu en anglais, en musique. Il faut aller en prépa, il faut que jusque dans les quartiers, quelques jeunes aillent à Science Po sans se soucier du chômage et de l’avenir des milliers d’autres. (Applaudissements)

Et PISA. PISA qui descend. PISA qu’on analyse. Il faut évaluer, il faut ficher, il faut informatiser, dans ‘Base élèves’, relier les résultats es enfants compilés dès le CE1, il faut stocker les données, il faut les relier à un livret personnel de compétences qui suivra l’enfant jusqu’à Pôle emploi (Rires et applaudissements) et au B2II [Brevet Informatique et Internet, NdlR], pour vérifier qu’ils sauront bien se servir d’internet et promouvoir du matin au soir une égalité des chances, comme si l’existence de l’école et de la transmission des savoirs étaient devenus une chance et non un droit. (Applaudissements)

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(MEAGSR/F.M.)

Mais voilà : tout au long du XXème siècle, ce que la gauche défendait, syndicats et partis ensemble, c’était le progrès, c’était le progrès social, c’était le progrès scolaire, un progrès qui visait à faire avancer tout le monde, et non une réussite qui ne vise que quelques uns pendant qu’un échec les menacerait tous.

Alors là, on était en 2008 et la saignée commence, et l’accusation de l’inefficacité de l’école publique élémentaire : dans toutes les écoles primaires, on supprime 2 heures de classe, c’est-à-dire quand même une demi-année d’école. Et à la place il aurait fallu faire du soutien dont l’objectif n’était, et n’a jamais été, de soutenir les élèves, mais de supprimer les postes RASED. (Applaudissements)

Et personne ne réagit réellement, ni les syndicats qui cherchent à négocier, ni les partis, qui ne perçoivent pas l’enjeu et la nécessité d’organiser une résistance radicale à la situation. En novembre 2008, dans ce désert silencieux, la résistance s’organisera autour des listes pédagogiques qui vont se substituer aux listes syndicales pour relancer la résistance. Résistance à la mise en place du fichier ‘Base élèves’ autour de la liste CNRBE [Collectif national de résistance à ‘Base élèves’, NdlR], résistance à la mise en place de l’aide personnalisée et de la suppression des RASED autour de l’Appel d’Alain Refalo : en conscience, je refuse d’obéir. Un certain nombre d’instituteurs et d’institutrices, de directeurs et de directrices, vont dire publiquement qu’ils ne feront pas ce qui leur est demandé, et que cela constitue pour eux une forme de résistance radicale, plus efficace que des grèves de 24 heures, des promenades de Bastille à Nation, de Nation à République, qui ne permettent plus de changer le cours des choses. (Applaudissements, « Bravo ! »)

V Decker 4

(MEAGSR/F.M.)

Alors l’administration et le gouvernement Sarkozy se mettent à taper fort, très fort, et pour la première fois depuis Pétain, un directeur d’école, Jean-Yves Le Gall, va perdre son poste de directeur pour des raisons politiques. Il refuse d’inscrire les enfants dans ‘Base élèves’, il préfèrera perdre son poste que de le faire. (Applaudissements)

Alain Refalo refuse de choisir 6 élèves en difficulté, et fait avec ces élèves un atelier-théâtre en demi-groupe durant les deux heures de l’aide dite personnalisée. Il perd 2 jours de salaire par semaine et l’administration est persuadée que cela va le faire reculer, sa femme est enceinte de leur troisième enfant, et tout le monde pense qu’il va plier. Mais là, de la France entière et même jusqu’à Tahiti, des milliers de chèques vont venir jusqu’à nous et rembourser intégralement l’ensemble des pertes financières de désobéissance. (Applaudissements)

Alors ils envoient des inspecteurs, et Ninon Bivès se retrouve avec une note pédagogique déplorable, empêchant désormais son avancement. Mais là non plus, elle ne plie pas.

Nous avons fait le choix de résister publiquement pour alerter l’ensemble de la population, les partis politiques, les syndicats, de l’urgence d’une lutte radicale qui ne saurait attendre 2012 pour sortir l’école publique, qui est un acquis du progrès social, de la logique du pilotage libéral qui détruit progressivement la qualité de son action.

Nous ne substituons pas cette action à la lutte syndicale, et massivement les désobéisseurs sont syndiqués, à la FSU, à Solidaires, à la CGT, il y a même un syndicat des inspecteurs de l’UNSA qui a pris contact avec nous et que nous avons rencontré.

Il ne s’agit pas de nos conditions de travail, il s’agit de la vie de nos élèves, ici et maintenant. Entre 2008 et 2012, c’est presque une scolarité primaire qui sera passée. Nous l’avons donc fait parce que nous avons besoin de refuser de mettre en œuvre le plan de destruction de l’école organisé par le gouvernement, et que cela c’est l’éthique de notre métier d’enseignants publics de l’école. Nous ne défendons pas une école du passé, au contraire, comme militants pédagogiques, nous sommes pour une transformation de l’école, pour sa transformation par une formation accrue des enseignants, par de meilleures conditions de travail pour les élèves, par la construction d’établissements à taille humaine, le recul des grands ensembles scolaires, et pour la promotion de pratiques pédagogiques au service des progrès de tous les enfants ensemble.

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(MEAGSR/F.M.)

Nous appelons tous les enseignants à nous rejoindre, à signer l’appel public qu’on peut trouver sur le site de Résistance pédagogique. Nous appelons toutes les personnalités à faire part publiquement de leur soutien à notre action. Vous trouverez sur la table à la sortie quelques tracts pour avoir nos coordonnées. S’il n’y en a plus, en cherchant dans un moteur de recherche ‘Résistance pédagogique’, vous trouverez notre site, vous pourrez signer en ligne notre appel. Je vous remercie de votre présence. (Applaudissements)

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16 janvier 2011 7 16 /01 /janvier /2011 09:37

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L'entrée du Théâtre du Soleil à La Cartoucherie

L’UPP « Quel avenir pour l’éducation ? » s’est tenue hier à La Cartoucherie de Vincennes, dans les splendides locaux du Théâtre du Soleil, fondé et animé par Ariane Mnouchkine. Une douzaine d'intervenants étaient présents, mais l’Université Populaire a commencé par une brève intervention de Ségolène Royal sur la Tunisie – « Que vive la Tunisie libre et démocratique ! » – suivie d’une courte intervention d’Ariane Mnouchkine, puis d’une introduction de Ségolène Royal. Dominique Bertinotti, maire du IVème arrondissement et proche de Ségolène Royal, animait les débats.

Le Théâtre du Soleil joue actuellement Les Naufragés du Fol Espoir, pièce de théâtre « librement inspirée d’un mystérieux roman de Jules Verne » :

« Et si nous y allions ? Si nous cherchions la lune sur la terre ? De quoi aurait-elle l’air ? Elle serait blanche, brillante et vierge. Ce serait une île. Imaginons. On pourrait y tracer le modèle de l’humanité future. On dessinerait la démocratie idéale trois mille ans après Eschyle. », explique Hélène Cixous, qui a « mi-écrit » la création. Sur la page du site du Théâtre du Soleil présentant la pièce, un billet daté du 13 novembre 2010 qui commence par cette citation, qu’un intervenant de l’UPP reprendra :

« Si vous trouvez que l’éducation coûte cher, essayez l’ignorance. », Abraham Lincoln, 16ème président des Etats-Unis, assassiné en 1865 à la sortie d'un théâtre de Washington par un activiste sudiste esclavagiste et nativiste, c'est-à dire opposé à toute immigration aux Etats-Unis.

Frédérick Moulin

Sego-intro-1.jpg

(MEAGSR/F.M.)

Transcription des interventions réalisée par MEAGSR/F.M.

Ségolène Royal : bonjour mes chers amis.

Je salue l’ensemble des participants à cette belle Université Populaire sur l’éducation et bien sûr je remercie très chaleureusement Ariane à qui je vais passer dans quelques instants la parole pour cet accueil. (Applaudissement, acclamations)

Je voudrais tout d’abord saluer la victoire du peuple tunisien … (Applaudissements, acclamations) la victoire du peuple tunisien qui ne doit qu’à son courage la fin d’un pouvoir brutal et corrompu. (Applaudissements)

Que vive la Tunisie libre et démocratique ! (Applaudissements)

 


envoyé par segolene-royal

 

 

J'exprime aussi du fond du cœur mes condoléances attristées aux familles des victimes tombées pour défendre la liberté du peuple tunisien.

 Je demande au gouvernement transitoire de libérer immédiatement les prisonniers politiques, (Applaudissements) de rétablir la liberté de la presse et d'organiser sans tarder des élections libres et démocratiques. 

(Applaudissements)

La France, pays de la Révolution de 1789, se doit de soutenir efficacement le processus démocratique et d'aider le peuple tunisien à retrouver paix et prospérité.

Je vous propose donc maintenant de passer à notre Université Populaire et je passe tout de suite la parole à Ariane Mnouchkine. Merci beaucoup. (Applaudissements)

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(MEAGSR/F.M.)

Ariane Mnouchkine : bon écoutez, d’abord soyez vraiment les très bienvenus. Nous sommes très heureux de vous accueillir, Ségolène Royal, et d’accueillir une des sessions des Universités Populaires et Participatives de Désirs d’avenir, particulièrement celle-ci, dont le thème, l’éducation, est certainement celui qui nous tient le plus à cœur, car il contient tous les autres, y compris ceux de la justice sociale et de la lutte contre la violence.

En effet, pour nos enfants, ces enfants que nous prétendons éduquer, ceux que nous avons la responsabilité et l’impératif d’éduquer, car ils sont l’avenir de notre pays et du monde, pour eux, de quoi s’agit-il ?

Il s’agit de forme et de fond. Il s’agit de la langue, de la langue française, et des autres. Il s’agit de compréhension. Il s’agit d’aspiration au beau, de discipline et de pratique de la liberté. Donc il s’agit d’apprentissage de la démocratie, et donc de la responsabilité.

Il s’agira de la préservation de notre air, de notre eau, de nos arbres. Il s’agira de notre nourriture, de nos médicaments, de nos maisons, de nos rivages, de nos élevages, de nos trains, de nos navires, de nos futurs avions, de nos théâtres, de nos cinémas et bibliothèques, de la musique, oui, car il s’agit aussi d’esthétique et d’art.

Il s’agit du progrès réel de chaque jour. Il s’agit du pain de chaque jour, celui de l’esprit et du corps. Il s’agit de bienveillance, de bon vouloir, d’effort, de prévoyance, de providence réciproque, de Sécurité sociale, de retraite, de partage. Il s’agit de morale.

Il s’agit de temps, offert aux professeurs pour permettre la contemplation, et éveiller la compréhension, et stimuler les forces pour l’action, car pour eux, pour nos enfants, il va s’agir de faire de grandes découvertes.

S’ils savaient combien nous comptons sur eux pour cela, ils seraient fiers, j’en suis sûr. Nous devrions leur dire mieux et plus souvent.

J’ai été voir dans le Robert, « Education nationale », et j’ai vu que lorsque nous disons « Education nationale », énoncé qui date du XVIIIème siècle, de quoi s’agit-il ? Eh bien il s’agit justement des lumières. Il s’agit d’éduquer les citoyens d’une nation véritablement républicaine.

Certains disent maintenant que c’était un grand rêve. Moi, je préfère dire que c’est un grand projet. Soyez les bienvenus. (Applaudissements, « Bravo ! »)

Dominique Bertinotti : Ségolène Royal, pour quelques mots d’abord, sur justement ce thème de l’éducation.

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(MEAGSR/F.M.)

Ségolène Royal : je voudrais d’abord remercier une nouvelle fois très, très chaleureusement Ariane de nous accueillir ici dans ce lieu magique bien sûr baigné de mots… (Applaudissements) de mots et de phrases toujours d’une très grande profondeur qu’elle vient de nous adresser une fois de plus. Je vous encourage à aller voir son spectacle Les Naufragés du Fol Espoir, pour ceux qui ne l’ont pas encore fait, c’est un spectacle extraordinaire qui circule dans la France entière et dans le monde entier.

Et c’est vrai qu’il y a un lien très étonnant entre l’éducation et la culture. Je voudrais juste dire quelques phrases, parce que nos invités sont nombreux, sont d’immense qualité, et je les en remercie, dans leur diversité, en plus de prise de parole. C’est avec vous qu’ils sont venus dialoguer, vous connaissez le sens de nos Universités Populaires Participatives à Désirs d’avenir, c’est notre ambition de mettre à la portée de tous l’excellence du savoir et de la connaissance. L’excellence du savoir et de la connaissance que nous avons ici rassemblée sur cette table ronde va se dérouler en deux parties, avec la première partie sur le malaise éducatif, et la seconde sur quel avenir et quel espoir pour l’école de la République.

C’est bien sûr un chantier qui ne sera pas achevé aujourd’hui, que nous avons déjà commencé depuis longtemps, que nous poursuivrons après ce débat, mais aujourd’hui c’est un moment très fort, très dense, passionnant, qui est retransmis bien sûr intégralement sur le site de Désirs d’avenir, qui nourrit ensuite des forums de discussion, et c’est à partir de tout cela que nous progressons ensemble pour pouvoir faire des propositions.

Juste un mot pour rappeler à quel point l’éducation est l’un des piliers de la République, et ça rejoint ce que nous disions tout à l’heure à propos de l’aspiration des peuples à plus de liberté, plus de démocratie, plus de maîtrise sur leur vie, plus de contrôle, plus de participation aux décisions qui les concernent, tout cela serait impossible sans l’éducation.

Sans accès à l’éducation pour tous, il ne peut pas y avoir de civilisation humaine.

Et ici je crois que nous nous reconnaissons tous dans l’idéal d’une République, où comme le disait Jaurès aux lycéens d’Albi, tous les citoyens seraient à la fois des praticiens et des philosophes, et c’est la raison pour laquelle la liberté de l’école et la liberté d’opinion sont les deux piliers républicains de la formation du jugement qui nous tiennent tant à cœur, et nous refusons ici bien sur, si nous sommes là, ce que fait le gouvernement actuel à l’école et de l’école, aggravant les dysfonctionnements et démoralisant les enseignants.

Et donc le débat est aujourd’hui ouvert. Merci de votre présence, de votre intelligence, de votre dialogue, et à tout à l’heure puisque nous en tirerons les conclusions après ce débat extrêmement riche et extrêmement fructueux. À tout à l’heure. (Applaudissements)

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15 janvier 2011 6 15 /01 /janvier /2011 22:56

6443_martine-aubry_440x260-1-.jpg          Face à la représentation nationale, une ministre de la République peut se permettre aujourd’hui de proposer la collaboration de la France avec un dictateur sans que le  premier parti d’opposition ne réagisse !

 

 Où était la première secrétaire du Parti socialiste, Martine Aubry, ce mardi 12 janvier ? A-t-elle entendu parler des propos d’Alliot-Marie, ministre des affaires étrangères, proposant d’apporter le soutien des forces françaises de sécurité à Ben Ali contre le peuple tunisien en lutte pour la liberté ? Existe-t-il un lien entre les députés socialistes et Solferino ? Lui ont-ils fait remonter ce qu’ils avaient entendu ?

 Existe-t-il encore une opposition ?

 

 Avez-vous entendu la voix de la principale force de la gauche pour condamner avec force ces propos ignobles ? Avez-vous entendu la réaction de celle qui devrait être la voix du Parti socialiste pour condamner ces propos inqualifiables ? Pourquoi ce silence complice ? Faut-il rappeler à Martine Aubry qu’il n’y a pas si longtemps un pouvoir décidait d’apporter le soutien de la police française pour arrêter des résistants ! La leçon de l’histoire est-elle oubliée ?

 Pourquoi la direction du Parti socialiste est-elle restée muette après les propos de la ministre des Affaires étrangères ?

 

Pourtant Martine Aubry aura tout fait pour prendre la direction du Parti Socialiste et ravir la victoire à sa rivale Ségolène Royal y compris en acceptant des élections truquées ! Pourtant elle aura tout fait pour écarter celle qui avait porté la voix de la gauche en 2007 contre Nicolas Sarkozy ! Mais dans quel but ? Car ce n’est pas la première fois malheureusement que Martine Aubry reste la grande muette face au pouvoir en place !

Que cherche Martine Aubry ? Pourquoi refuse-t-elle de jouer son rôle de principale voix de l’opposition alors qu’elle a accepté ce jeu de pouvoir ?

Nous avons tant besoin face à un pouvoir sans scrupule d’une voix forte pour dire NON et proposer une alternative !

Alors pourquoi ces silences ? Martine Aubry est-elle là seulement pour garder une place ? Est-elle là seulement pour garantir un pacte pour 2012 avec Dominique Strauss-Kahn ?

 

Mais alors, dans ce cas, se rend t’elle compte qu’elle est en train de tuer la voix de l’opposition face à un pouvoir sans retenu prêt à tous les abus, à toutes les ignominies ?

 

 

Philippe Allard

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14 janvier 2011 5 14 /01 /janvier /2011 22:45

 

20070824.FIG000000166_27582_1-1-.jpg    Alors que le peuple tunisien descendait, avec courage, dans les rues pour manifester son opposition au pouvoir dictatorial et corrompu, la ministre française des Affaires étrangères proposait à ce pouvoir d’apporter son concours !

Mardi 12 janvier, devant les représentants de la nation, à la chambre des députés, Michèle Alliot-Marie déclarait :  

"Nous proposons que le savoir-faire, reconnu dans le monde entier, de nos forces de sécurité, permette de régler des situations sécuritaires de ce type". "C'est la raison pour laquelle nous proposons effectivement aux deux pays [l'Algérie et la Tunisie] de permettre dans le cadre de nos coopérations d'agir pour que le droit de manifester puisse se faire en même temps que l'assurance de la sécurité."

 

Comment admettre alors que le président tunisien utilisait les forces de l’ordre pour tirer sur le peuple, que la France ait pu proposer une telle coopération ?

 

Comment admettre qu’après des propos aussi ignobles, le Premier ministre, François Fillon, ne soit pas intervenu pour désavouer sa ministre ?

 

Comment admettre que le président de la République Nicolas Sarkozy, garant de notre République, ne soit pas intervenu pour rappeler les principes de la patrie des droits de l’homme ?

 

Certes ce n’est pas la première fois que le pouvoir en place se permet de bafouer les principes de notre République, mais avec de tels propos il a commis l’irréparable. Une salissure pour l’image de la France placée non aux côtés des peuples en lutte pour la liberté, mais aux côtés des dictateurs et leur répression criminelle.

 

Le peuple de France soutient la révolution tunisienne au nom de l’article 2 de la Déclaration des droits de l’homme de 1789, le droit de « résistance à l’oppression ».

 

Le peuple de France, dans ce printemps des peuples, soutient tous les peuples en lutte pour la liberté, pour le respect des droits y compris des droits sociaux.

 

Le peuple de France considère que le pouvoir en place n’ayant pas respecté les principes fondamentaux de notre République doit démissionner !

 

Que les têtes tombent !

 

Philippe Allard

 

 


 
ALLIOT-MARIE propose d'aider la Tunisie dans la répression !
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13 janvier 2011 4 13 /01 /janvier /2011 18:41

 

thumbnail-3-.jpg   En visite à Tunis en novembre 2008, le patron du FMI, Dominique Strauss-Kahn, prévoyait un avenir radieux à la Tunisie :

"l’économie tunisienne va bien … la politique économique qui est conduite est saine et je pense que c’est un bon exemple à suivre pour beaucoup de pays qui sont des pays émergents… En Tunisie, les choses continueront de fonctionner correctement ».

 

 Les indices économiques sont bons mais quelle est la vie des gens ?

Quel est l'intérêt d'une croissance économique si elle ne permet pas aux populations de vivre mieux ? Quel est l'intérêt de savoir qu'un pays est un peu plus riche si la population vit mal ?

 

Comment un homme de gauche peut-il oublier de voir l'essentiel : l'Humanité ?

La politique ce n’est pas des résultats économiques, des chiffres alignés dans des tableaux, des rapports !

La politique c’est d'abord s’intéresser à la vie des gens, sentir les difficultés, prévoir les réactions et proposer des solutions à temps.

 

Alors faisons un rêve pour un désir d’avenir : si on parlait un peu moins de chiffres, qui cachent tant de misères, mais un peu plus de la vie des gens !

 

   " On a tout avec de l'argent, hormis des moeurs et des citoyens " Jean-Jacques Rousseau

 

Philippe Allard

 

 

 

 

 

Déclaration de Dominique Strauss-Kahn, Directeur général du FMI, à l'issue de

sa visite en Tunisie

Communiqué de presse n° 08/291 (F)
Le 18 novembre 2008

M. Dominique Strauss-Kahn, Directeur général du Fonds monétaire international, a fait aujourd'hui la déclaration ci-après à Tunis à l'issue de sa visite en Tunisie :

« C'est avec plaisir que j'ai visité la Tunisie à l'occasion du cinquantième anniversaire de la création de la Banque Centrale de Tunisie. Cette institution, un pilier de la gestion dynamique de l'économie tunisienne, a contribué à l'accélération de la croissance et à la stabilité économique. La crise financière très grave que connaît le monde requiert l'action claire et globale de tous nos pays ainsi qu'une coordination étroite des politiques conduites par chacun d'eux, et le rôle des banques centrales est à cet égard fondamental.

« Au cours de mon séjour à Tunis, j'ai eu le privilège de rencontrer Son Excellence le Président Ben Ali et le Gouverneur de la Banque centrale de Tunisie, M. Taoufik Baccar.

« Les entretiens que nous avons eus ont témoigné de notre vision commune des réalisations de la Tunisie et de ses principaux défis à relever. Les politiques économiques mises en ouvre par les autorités et leur approche pragmatique des réformes structurelles ont produit des gains sensibles et la crise financière mondiale n'a pas eu d'impact financier direct sur la Tunisie. Dans l'immédiat, le défi principal est de limiter l'impact d'un ralentissement prévu de l'économie mondiale. A moyen terme, la création d'emplois et la croissance du revenu seront déterminantes pour le relèvement du niveau de vie.

« Nos entretiens ont également confirmé que le programme de réforme de la Tunisie progressait à rythme soutenu et que les perspectives du pays étaient favorables. J'ai félicité les autorités tunisiennes pour la création d'un comité qui suivra les impacts de la conjoncture économique et financière mondiale et prescrira des mesures pour en atténuer d'éventuels effets négatifs sur l'économie tunisienne ainsi que pour la célérité qui a caractérisé l'action de la Banque Centrale de Tunisie dès l'apparition de la crise. J'ai noté la bonne poursuite du renforcement de la situation du secteur bancaire et encouragé les autorités à persévérer dans cette réforme hautement prioritaire, compte tenu de la libéralisation graduelle du compte de capital. J'ai félicité les autorités pour leurs efforts d'avancement de l'intégration régionale qui pourrait potentiellement aider les pays du Maghreb à affronter l'adversité de l'environnement international actuel. »



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12 janvier 2011 3 12 /01 /janvier /2011 15:21

invitation-upp-education-1-.jpg   Ils sont enseignants et depuis quelques années mais surtout depuis deux ans, ils ôsent dire non à leur Ministère de tutelle. C'est nouveau, risqué et donc, courageux. Il s'agit pour l'immense majorité d'entre eux de professeurs des écoles qui, à la suite d'Alain Refalo et du mouvement des "désobeisseurs", sont entrés en résistance pédagogique, résistance provoquée par les évaluations en primaire. Evaluation placée en janvier (??!!) et portant sur des compétences pour certaines non encore approchées à cette période de l'année. En fait, ces évaluations permettent surtout aux parents informés de connaître le niveau de telle ou telle école et de faire ainsi leur choix.
http://resistancepedagogique.blog4ever.com/blog/index-252147.html
http://resistancepedagogique.org/site/

Avec Alain Refalo, d'autres sont allés plus loin encore en appelant au refus de l'inspection telle qu'elle se déroule actuellement et qui est une infantilisation des enseignants.

Ces mouvements de résistance, de réveil des consciences sont dispersés, parfois solitaires mais de plus en plus solidaires et construits. Ils sont représentatifs de ce qu'Elisabeth Weissman appelle la désobéissance éthique. Cette désobéissance éthique refuse la casse organisée et méthodique du service public d'éducation, refuse la course permanente à la performance, refuse la mise en compétition stressante des élèves, des professeurs, des personnels de direction, refuse et dénonce le fichage et la répression des personnels "désobéisseurs", refuse de voir leur "maison-école" transformée en machine à produire du prêt-à-employer immédiat, refuse de voir leur éthique piétinée...

D'autres résistances s'organisent peu à peu. Des collectifs par exemple se créent pour demander des changements radicaux dans la manière d'évaluer nos élèves. La note chiffrée n'est pas refusée. Il est simplement demandé que les enseignants soient FORMES (retour de la formation!!) à d'autres formes d'évaluation qui ne pointent plus SEULEMENT l'échec mais valorisent les succès.

Et puis il y a la résistance de l'Ecole et des parents d'élèves à une politique qui ôse utiliser des pratiques d'un autre temps. Récemment on a vu trois gendarmes en civil aller interpeller, DANS l'école, un enfant de 6 ans acheminé ensuite vers un centre de rétention. Je ne peux passer sous silence le formidable travail du mouvement RESF (Réseau Education Sans Frontières: http://www.educationsansfrontieres.org/ qui s'oppose, qui résiste pafois physiquement à l'ignominie de certaines pratiques.

Enfin, de nombreux mouvements pédagogiques se battent au quotidien pour démontrer qu'une autre école est possible. Ce n'est pas mon sujet ici mais il s'agit d'un acte de résistance à un discours communément admis, y compris d'ailleurs par beaucoup d'enseignants et de syndicats, affirmant que seules des réformes de "moyens" permettront d'améliorer un système qui produit 150 000 élèves par an (!!) sans diplômes, un système qui provoque l'un des stress les plus importants au monde si l'on compare les écoles à l'échelle internationale. Oui une autre école est possible!

A condition d'écouter et d'aider ces mouvements de résistance
A condition d'écouter et d'aider ces mouvements pédagogiques

Ce serait là une forme magnifique de courage politique...

Christophe Chartreux
Professeur
www.profencampagne.com

 

 

          Ségolène Royal vous invite à l'Université Populaire Participative qu'elle organise avec Ariane Mnouchkine au Théâtre du Soleil samedi prochain à 14h30 sur le thème "Quel avenir pour l'éducation?". Ce sera un grand moment de débat ouvert avec des interventions que Ségolène Royal a souhaité diverses et pluralistes.

Ainsi nous apporterons leur connaissance et leur vision de l'avenir de l'éducation dans notre pays :

- Jack Lang,

- Bruno Julliard (secrétaire national du PS, éducation),

- Victor Colombani (président de l'UNL),

- Patrick Gonthier (secrétaire général UNSA éducation),

- Yves Dutercq (professeur à l'université de Nantes, sociologue de l'éducation),

- Bernard Hugonnier (directeur adjoint à l'éducation de l'OCDE - enquête PISA 2009),

- Paul Robert (agrégé de lettres classiques, auteur de La Finlande, un modèle éducatif pour la France?),

- Véronique Decker (enseignante, réseau des enseignants en résistance pédagogique),

- Pascal Griffoul (proviseur),

- Alice La Penna (ancienne élève "décrocheuse").

L'entrée est libre. La Cartoucherie se trouve Route du Champ de Manœuvres à Vincennes.


Si vous vous rendez à l'Université en voiture, un parking gratuit sera à votre disposition.


Si vous nous rejoignez en métro, descendez à la station Château de Vincennes, ligne 1. Vous pourrez prendre la navette "Cartoucherie" gratuite située en face des bus et à côté des arrêts de taxi. La navette passera toutes les 15 minutes à partir de 13h15.

 

 

 




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12 janvier 2011 3 12 /01 /janvier /2011 08:26

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Ségolène Royal, Jack Lang et Matine Aubry à Jarnac samedi dernier (SIPA)

Jack Lang était l’invité de C à vous, sur France 5, lundi 10 janvier pour présenter son dernier livre, Les batailles du Grand Louvre, qui retrace la transformation de l’ancien palais des rois de France en le plus grand musée du monde, lancée en juillet 1981 sur la proposition de Jack Lang. Prestigieux grand travaux de François Mitterrand s’il en est !

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C’est en fin d’émission que la présentatrice, Alessandra Sublet, attaque Ségolène Royal sur son interview au journal Le Monde, « J’ai envie de succéder à François Mitterrand », puis sur les chances de la candidate aux primaires à la présidentielle, « un défi impossible pour elle ? » s’interroge Alessandra Sublet. La réaction de Jack Lang ne sera pas celle escomptée par la présentatrice :

 


envoyé par RichardTrois

 

"Alessandra Sublet : je voulais juste vous entendre réagir là-dessus, parce que le titre du Monde de ce week-end était quand même assez énorme, on va le voir : [photo du titre en première page du journal] : « J’ai envie de succéder à François Mitterrand », et ça c‘est Ségolène Royal qui le dit, vous qui l’avez côtoyé de près, ça vous a choqué ou pas ?

Jack Lang, sincère : non. Je la connais assez pour ne pas être choqué. (Rire du plateau et large sourire de Jack Lang)

Alessandra Sublet, se méprenant sur le ton de l’ancien ministre : ça veut dire que vous ne portez pas de crédit à ce quelle dit ou a ce qu’elle raconte ?

Jack Lang, sérieux : ah je ne dis pas, je ne dit pas, non mais, d’abord, je ne peux pas reprocher à quelqu’un d’avoir l’envie, d’être pugnace, combatif, elle l’est, d’avoir de l’audace, elle a de l’audace.

Alessandra Sublet : et ça [la présidentielle] c’est un défi impossible pour elle ?

Jack Lang : nous verrons, je pense que c’est pas si facile pour elle aujourd’hui, non. Mais justement, elle n’en est que plus remarquable de s’entêter à ce point, de… de… Vous voyez par exemple, je ne la soutiens pas, je soutiens personne aujourd’hui, mais elle m’a invité samedi prochain à participer à un débat sur l’éducation, sujet qui m’intéresse beaucoup, et j’ai accepté. Ça ne veut pas dire que je la soutiens pour la présidence de la République, mais je trouve qu’elle organise des assemblées, des universités, des rencontres : c’est une bonne chose. Si tous les socialistes avaient cette pugnacité, alors, fffffffffft ! [Jack Lang lève le bras haut et vite dans un irrésistible mouvement d’ascension] "

Le même jour, le site de Désirs d’avenir donnait une nouvelle version du flyer sur l’UPP « Quel avenir pour l’éducation ? » de samedi à La Cartoucherie de Vincennes, au Théâtre du Soleil d’Ariane Mnouchkine, ajoutant en tête d’affiche Jack Lang, député PS du pas de Calais (d’où le fait peut-être que Martine Aubry ne lui est pas étrangère), et surtout ministre de l’Education nationale sous le gouvernement Bérégovoy – il était donc présent au dernier conseil des ministres de ce gouvernement – puis de 2000 à 2002 sous le gouvernement Jospin.

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Les amitiés de Jack Lang, flamboyant ministre de la Culture de tous les gouvernements de gauche de François Mitterrand, comme nous le rappelle son livre sur le Grand Louvre, ont varié au fil de ces dernières années. Lors de l’élection présidentielle de 2007, il soutient Ségolène Royal et devient son « conseiller spécial », notamment pour l’international auquel il s’intéresse beaucoup. Moins d’un an et demi après, il soutient Martine Aubry au Congrès de Reims.

Depuis, il avait pris ses distances vis-à-vis du Parti socialiste, et pour 2 missions est devenu « émissaire spécial » de Nicolas Sarkozy : il se rend à Cuba en février 2009, puis en Corée du Nord en octobre 2009. Depuis août 2010, il est conseiller spécial le secrétaire général de l’ONU sur les questions juridiques liées à la piraterie au large de la Somalie.

On notera que Jack Lang, proche de François Mitterrand et administrateur de l'association des amis de l'Institut François-Mitterrand, ministre de la Culture et de l’Education nationale de Pierre Bérégovoy, n’a pas critiqué l’interview de Ségolène Royal au Monde, « J’ai envie de succéder à François Mitterrand ». On remarquera aussi qu’il n’a jamais contredit les propos rapporté par Ségolène Royal, tenus par François Mitterrand lors du dernier Conseil des ministres du gouvernement Bérégovoy et la phrase récurrente du discours de Ségolène, « vous vous battrez le dos au mur ».

Samedi dernier, le ballet socialiste de Jarnac aura été instructif : sur la photo devant le caveau ou repose le président socialiste, Ségolène Royal est à côté de Gilbert Mitterrand, le fils cadet du président défunt, alors que Martine se trouve à côté de Mazarine Pingeot. Las, Mazarine lâchera la Première secrétaire pour la visite de la maison natale de François Mitterrand, alors que Ségolène Royal sera guidée par Gilbert. Ce sera Jack Lang qui accompagnera Martine Aubry dans sa visite, finalement.

Jack Lang

Mais devant les caméras des journalistes de TF1, Jack Lang déclarera à propos de la candidate ou du candidat PS choisi désigné par les primaires pour la présidentielle de 2012 :

« La question n’est pas de choisir celui ou celle qui serait le plus conforme à la mode du moment ou aux sondages du temps, il faut choisir quelqu’un ou quelqu’une qui saura donner à ce pays le souffle, l’élan, la force, comme Mitterrand avait su le faire. »

La leçon qu’on retiendra, c’est que la raison et le raisonnement seuls ne suffisent pas : il faut à la candidate ou au candidat socialiste le "souffle", cet élément qui fait bouger et avancer les choses, un peu de l’ ‘anima’ latine (‘souffle’), qui a donné à la langue française les dessins animés mais aussi l’âme : « on gouverne un pays par le souffle, pas seulement par le raisonnement », écrivait François Mitterrand, comme l’a rappelé Ségolène Royal dans son interview au Monde daté de dimanche dernier.

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Les supporters de Ségolène Royal massés devant Solférino, où Ségolène Royal parle de victoire future depuis les toits, après l'annonce des résultats du 2ème tour de la présidentielle, le 6 mai 2007

Or précisément, qu’admire Jack Lang en Ségolène Royal ? Son envie d’y aller, sa pugnacité, sa combativité, son audace, et les assemblées, les universités, les rencontres qu’elle organise. Et on sait combien l’énergie de Ségolène Royal peut être communicative, comme à Charléty ou le 6 mai 2007 sur les toits de Solférino, la foule de ses supporters massée devant le siège du PS se projetant toute entière dans les victoires futures malgré la défaite présente. Ce qui ressemble bel et bien au « souffle » mitterrandien, et n’est pas de l’ordre du raisonnement.

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Alors comme disait et mimait Jack Lang dans un irrésistible mouvement d’ascension du bras droit : « Fffffffft ! » !

Frédérick Moulin

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12 janvier 2011 3 12 /01 /janvier /2011 00:32

invitation UPP éducation 15 janvier

Ségolène Royal vous invite à l'Université Populaire Participative qu'elle organise avec Ariane Mnouchkine au Théâtre du Soleil samedi prochain à 14h30 sur le thème "Quel avenir pour l'éducation?". Ce sera un grand moment de débat ouvert avec des interventions que Ségolène Royal a souhaité diverses et pluralistes.

Ainsi nous apporterons leur connaissance et leur vision de l'avenir de l'éducation dans notre pays :

- Jack Lang,

- Bruno Julliard (secrétaire national du PS, éducation),

- Victor Colombani (président de l'UNL),

- Patrick Gonthier (secrétaire général UNSA éducation),

- Yves Dutercq (professeur à l'université de Nantes, sociologue de l'éducation),

- Bernard Hugonnier (directeur adjoint à l'éducation de l'OCDE - enquête PISA 2009),

- Paul Robert (agrégé de lettres classiques, auteur de La Finlande, un modèle éducatif pour la France?),

- Véronique Decker (enseignante, réseau des enseignants en résistance pédagogique),

- Pascal Griffoul (proviseur),

- Alice La Penna (ancienne élève "décrocheuse").

Afin de préparer au mieux cette nouvelle Université Populaire Participative, vous trouverez en cliquant sur ces liens, sur le site de Désirs d’avenir :

- une bibliographie accompagnée de documents à lire,

- une webographie des sites consacrés à l'éducation,

Un forum participatif  "Quel avenir pour l'éducation?" est ouvert sur le site pour vous permettre de faire partager vos contributions et propositions ainsi que vos questions qui seront discutées à l'Université Populaire Participative :

- Forum "Quel avenir pour l'éducation?".

 

Venez nombreux et diffusez à vos proches !


L'entrée est libre. La Cartoucherie se trouve Route du Champ de Manœuvres à Vincennes.


Si vous vous rendez à l'Université en voiture, un parking gratuit sera à votre disposition.


Si vous nous rejoignez en métro, descendez à la station Château de Vincennes, ligne 1. Vous pourrez prendre la navette "Cartoucherie" gratuite située en face des bus et à côté des arrêts de taxi. La navette passera toutes les 15 minutes à partir de 13h15.

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11 janvier 2011 2 11 /01 /janvier /2011 04:17

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Dimanche dernier, Ségolène Royal était l’invitée de la nouvelle émission BFMTV 2012/Le Point/RMC, diffusée notamment sur la chaîne BFMTV. Divisée en 5 parties, après une interview par Olivier Mazerolle de BFM en première partie, la candidate aux primaires organisées par le Parti socialiste était interrogée en seconde partie par Christophe Ono-Dit-Biot, directeur adjoint de la rédaction du journal Le Point, toujours en présence d’Olivier Mazerolle qui est intervenu à quelques reprises.

Ses questions ont porté sur des thèmes institutionnels et sociaux : le pessimisme des Français, les trois années de sarkozysme et son absence de règles ; la responsabilité que porte Nicolas Sarkozy.

Puis Christophe Ono-Dit-Biot a demandé à Ségolène Royal : « Comment vous allez, vous, restaurer l’optimisme chez les Français ? » : la président de la Région Poitou-Charentes a répondu rétablissement de la promesse républicaine de liberté, d’égalité et de fraternité, « fonctionnement démocratique de notre pays », « bon fonctionnement des institutions », et surtout justice sociale.

Interrogée sur l’islam, Ségolène Royal a expliqué la laïcité et développé ce thème, souligné que l’islam n’avait « rien à voir » avec l’intégrisme et le terrorisme qu’elle souhaite combattre, répondu sur la loi de 1905, et conclu que la solution pour les lieux de cultes musulmans résidait probablement au niveau de locations ou de prêts de salles par les collectivités locales.

Enfin exercice imposé par le journaliste du Point, « en une phrase » pour rendre espoir aux jeunes, Ségolène Royal a martelé : « Je dirais à chaque jeune, chaque jeune fille, chaque jeune homme, que je veux que lorsqu’il se lève le matin, il ait une bonne raison de se lever le matin. », annonçant son intention de faire « de l’activité des jeunes la grande cause nationale ».

Et de conclure : « Je veux que les jeunes aient aussi de bonnes raisons de faire un effort, de travailler, de se lever, parce qu’ils sauront que la société leur tend la main au lieu de leur fermer la porte. »

Frédérick Moulin

 


Retranscription de l'intervention de Ségolène Royal sur BFMTV le 9 janvier par MEAGSR/F.M.

Christophe Ono-Dit-Biot : bonsoir.

Olivier Mazerolle : Christophe Ono-Dit-Biot, directeur adjoint de la rédaction du Point. C’est à vous.

Christophe Ono-Dit-Biot : bonsoir Ségolène Royal.

Ségolène Royal : bonsoir.

Christophe Ono-Dit-Biot : je voudrais qu’on essaie de parler un petit peu des Français, parce que les Français, ils vont pas bien du tout. [« Oui. », opine Ségolène Royal] Vous avez vous-même parlé de pessimisme. Un sondage récent dit que 61% des Français…

Ségolène Royal : oui, c’est énorme, c’est énorme, oui.

Christophe Ono-Dit-Biot : … – c’est énorme – voient 2011 comme une année vraiment inquiétante. La moyenne mondiale, c’est 28%. Comment, puisque vous voulez présider aux destinées des Français, expliquez-vous qu’une Française ou un Français soit plus pessimiste qu’un Afghan ou un Irakien. Est-ce que c’est juste une question de pouvoir d’achat et de licenciement boursier ?

Ségolène Royal : d’abord comme vous venez de l’observer c’est extrêmement grave. Pourquoi est-ce que c’est extrêmement grave ? C’est parce que la France et un grand pays, une grande nation qui était regardée, observée, admirée dans le monde entier. C’est nous, les Français, qui avons apporté au monde les grandes idées de la Révolution française. C’est nous qui avons soulevé aussi des peuples, qui leur ont permis d’accéder à la liberté. C’est nous qui avons donné des leçons de civilisation. C’est nous qui avons aussi une tradition culturelle…

Christophe Ono-Dit-Biot, interrompant Ségolène Royal : et on a oublié tout ça ?

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Ségolène Royal : "depuis 3 ans, il n’y a plus de règle dans notre pays. On ne sait plus qui a des droits et qui a des devoirs, ou ce sont toujours les mêmes qui ont les droits : les grandes fortunes, ceux qui sont proches du pouvoir, François Mitterrand parlait de « clan »"

Ségolène Royal : … et on a… vous venez de le dire. Comment se fait-il, alors que malgré tout cela, 61% des Français soient pessimistes ? Qu’est-ce qui s’est passé depuis 3 ans, disons-le très clairement ? D’abord, il n’y a plus de règle dans notre pays. On ne sait plus qui a des droits et qui a des devoirs, ou ce sont toujours les mêmes qui ont les droits : les grandes fortunes, ceux qui sont proches du pouvoir, François Mitterrand parlait de « clan », je crois que jamais nous n’avons subi une telle domination d’un clan sur le pays, qui se sert avant de servir les Français. Donc il n’y a plus de règle. Les Français ne savent plus où sont les droits …

Christophe Ono-Dit-Biot, lui coupant la parole : et ces trois ans-là expliqueraient ce pessimisme ? Il n’y a pas quelque chose de fond, lié à… à l’identité, au fait qu’on ne sait plus très bien où on se situe, où les Français se situent ?

Ségolène Royal : mais ce pessimisme n’existait pas pendant la campagne présidentielle. On a vu l’engouement populaire, l’engagement populaire dans cette campagne d’hommes et de femmes, de millions d’hommes et de femmes qui attendaient des jours meilleurs. Or que s’est-il passé depuis ? D’abord, toutes les promesses présidentielles de Nicolas Sarkozy ont été trahies. Donc il y a désormais un grand doute sur la crédibilité de la parole politique. Là c’est très grave, parce que les gens se disent : mais si la parole politique est à ce point dévalorisée, si les promesses ne sont faites que pour ceux qui les donnent, alors, il n’y a plus qu’une seule chose qui dirige le monde, c’est le pouvoir financier. Et la grande interrogation que se posent les Français, c’est de savoir si on a encore la capacité de contrôler les logiques financières, c’est-à-dire d’imposer des valeurs humaines et des valeurs morales face à la rapacité et à la cupidité du monde.

Olivier Mazerolle : Nicolas Sarkozy n’est pas le seul responsable de cette situation.

Ségolène Royal : il est grandement responsable de cette situation, parce qu’il avait entre les mains… Quand on a entre les mains la responsabilité de présider un pays aussi magnifique, avec autant de talent et de potentiel, et de visibilité internationale que la France, on ne gâche pas une opportunité comme celle-ci. Or, citez moi une seule réforme, une seule réforme, une seule décision qui a contribué à la grandeur de la France depuis 3 ans. Citez m’en une. Lorsque l’on interroge les Français, ils ne savent pas citer une seule réforme. On nous a tout pris : on nous a pris la protection sociale issue de la libération, on a mis à bas le système de retraite, on a mis en cause…

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À gauche, Olivier Mazerolle, à droite, Christophe Ono-Dit-Biot. Ségolène Royal : "Nicolas Sarkozy est grandement responsable de cette situation. Quand on a entre les mains la responsabilité de présider un pays aussi magnifique, avec autant de talent et de potentiel, et de visibilité internationale que la France, on ne gâche pas une opportunité comme celle-ci."

Christophe Ono-Dit-Biot, l’interrompant : oui mais vous allez hériter de ça. Vous êtes candidate aux primaires. Si vous êtes présidente, vous allez hériter [de ça]. Comment vous allez, vous, restaurer, justement, l’optimisme chez les Français ? Vous aviez, et je voudrais qu’on reparle de ça, parlé lors des précédentes présidentielles, parlé d’identité nationale, d’ailleurs vous aviez vous-même prononcé le mot, et cette fameuse idée de drapeau tricolore dans chacun des foyers français. Est-ce que par exemple vous maintenez cette proposition-là ?

Ségolène Royal : cette proposition …

Christophe Ono-Dit-Biot : parce que ça avait beaucoup intrigué.

Ségolène Royal : oui. Cette proposition fait partie d’une vision globale de notre pays. Quelle est la valeur fondamentale de la France ? C’est la valeur, c’est la valeur républicaine. C’est la promesse républicaine. Et aujourd’hui les Français se demandent si la République tient encore ses promesses. Eh bien, ma volonté politique si je suis élue, c’est de rétablir la promesse républicaine, c’est-à-dire la promesse de liberté, aujourd’hui on voit que même par rapport à la liberté de la presse, il y a d’énormes problèmes qui se posent, donc les libertés. L’égalité, et les Français ont parfaitement conscience que depuis 3 ans les inégalités se sont profondément creusées, puisqu’aujourd’hui, non seulement il y a une dégradation, une paupérisation, mais il y a un basculement même dans la misère. Est-il normal que 25% des jeunes soient en dessous [« La question de Christophe, quand même, Ségolène Royal, c’est de savoir si tout n’est qu’exclusivement économique… », tente Olivier Mazerolle, alors que Ségolène Royal continue] du seuil de pauvreté ? Et puis enfin la fraternité. C’est quoi la fraternité ?

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Ségolène Royal : "Ma volonté politique si je suis élue, c’est de rétablir la promesse républicaine, c’est-à-dire la promesse de liberté, [...] l’égalité[...] et puis enfin la fraternité."

Juste un mot, pour bien comprendre ce que c’est que la promesse républicaine, c’est la mise en application de ces trois grands principes de la République. Or ces 3 principes de la République ont été considérablement affaiblis depuis 3 ans : les libertés ont reculé, on le sait bien, même avec la confusion des pouvoirs, que ce soit du côté de la justice, de la presse, je l’ai évoqué tout-à-l’ heure, la réduction des libertés des collectivités territoriales, donc il va falloir restaurer aussi un vrai fonctionnement démocratique de notre pays, avec un bon fonctionnement des institutions, de vrais contre-pouvoirs. Et puis sur la question de la justice sociale, c’est le point crucial, c’est le point majeur aujourd’hui pour les Français, et je l’ai dit tout-à-l’ heure, il n’y a pas de confiance possible sans justice sociale. Et donc tout ce qui est à reconstruire, c’est une société de confiance [« Et une communauté. Et une communauté. », coupe Christophe Ono-Dit-Biot] et de respect. Et une communauté de confiance.

Christophe Ono-Dit-Biot : quand on voit que 42% des Français trouvent que l’islam aujourd’hui – bon, vous avez parlé d’islam avec Olivier Mazerolle – est une menace, est-ce que ça vous choque ?

Ségolène Royal : oui ça me choque. Ça me choque profondément, parce que ça choque profondément aussi tous les musulmans qui ont envie d’exercer tranquillement et discrètement leur culte. [« Discrètement, il y a eu une polémique, vous savez, sur les prières dans la rue. », interjette Christophe Ono-Dit-Biot] Et pourquoi c’est… pourquoi c’est choquant, oui, justement, pourquoi c’est choquant ? C’est parce que je pense qu’il y a besoin d’une pédagogie. Il faut expliquer aussi aux Français ce qu’est la laïcité. La laïcité, c’est le respect de toutes les croyances et de toutes les convictions, mais c’est aussi la neutralité de l’espace public, la neutralité du service public, et donc il faut expliquer et défendre la laïcité, et c’est en défendant la laïcité qu’on pourra redonner confiance aux Français sur la capacité qu’a la République française de faire coexister toutes les libertés religieuses, ainsi que les non-croyants d’ailleurs, et ça c’est un pacte social aussi qui est rompu. Autrement dit, il y a beaucoup de pactes sociaux qui ont été rompus depuis 3 ans, et en particulier celui-ci, qui fait partie d’une valeur fondamentale, qui est inscrit dans notre Constitution, celui du respect de la laïcité, et donc du respect de toutes les pratiques.

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Ségolène Royal : "La laïcité, c’est le respect de toutes les croyances et de toutes les convictions, mais c’est aussi la neutralité de l’espace public, et donc il faut expliquer et défendre la laïcité, et c’est en défendant la laïcité qu’on pourra redonner confiance aux Français sur la capacité qu’a la République française de faire coexister toutes les libertés religieuses, et ça c’est un pacte social aussi qui est rompu."

Christophe Ono-Dit-Biot : oui mais vous savez que la loi de 1905, par exemple, les musulmans réclament plus de lieux de culte, plus de mosquées. Est-ce qu’il faut plus de mosquées dans notre pays, et comment le faire, étant donné que la loi de 1905 interdit que l’Etat se mêle de financer des lieux de culte ? Ets-ce qu’il faut revenir sur cette loi de 1905 ?

Ségolène Royal : certainement pas. Je crois que la loi de 1905 au contraire est un socle, est un socle de la laïcité sur lequel nous devons absolument nous mettre ensemble, nous mettre d’accord, et certainement pas bouger et rouvrir des débats qui seraient des fractures dans notre pays, et tout ce qui désunit d’ailleurs les Français n’est pas responsable. Donc au contraire tout ce qui les unit est responsable.

Olivier Mazerolle : alors comment on fait, pour avoir plus de mosquées ? Plus de lieux de culte pour les musulmans ?

Ségolène Royal : ce qui n’est pas normal en effet c’est que certains musulmans soient obligés de prier dans la rue. Mais vous savez dans les communes où les choses se passent sans être forcément instrumentalisées, on peut très bien imaginer – et ça se fait, hein – des prêts de salles, des locations de salles avec des baux à long terme. Donc je pense que vraiment si ce problème peut être résolu, il doit l’être avec les collectivités locales. Cela fait référence avec ce que je disais tout à l’heure d’ailleurs : si on fait une réforme institutionnelle aussi qui va développer les libertés locales, on pourra permettre aux maires, aux présidents de Conseils généraux, aux présidents de régions, de régler en intelligence et en proximité ce type de question.

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Ségolène Royal : "En revanche, ce que l’on ne doit pas tolérer, c’est la provocation intégriste. Vous voyez, c’est pour ça qu’il faut bien expliquer aux Français que l’islam n’a rien à voir avec l’intégrisme ou avec le terrorisme, et c’est l’amalgame entre ces mots-là qui suscite le rejet de la différence, et ça c’est inacceptable."

En revanche, ce que l’on ne doit pas tolérer, c’est la provocation intégriste. Vous voyez, c’est pour ça qu’il faut bien expliquer aux Français que l’islam n’a rien à voir avec l’intégrisme ou avec le terrorisme, et c’est l’amalgame entre ces mots-là qui suscite le rejet de la différence, et ça c’est inacceptable. Et moi je m’engagerai pleinement et très fortement pour défendre le respect et la liberté religieuse, parce que c’est au cœur du pacte de la laïcité. Et s’il y a des provocations, parce qu’il y a des provocations, c’est-à-dire qu’il y a des intégristes qui ont repéré les endroits où en effet certains musulmans étaient obligés de prier à l’extérieur, ce qui n’est pas normal, donc il faut régler le problème comme je viens de le dire, et qui viennent en nombre les jours de prière pour faire masse, dans la rue, sous forme de provocations. Les musulmans sont les premières victimes de ce type de provocations, et moi je ne les tolèrerai pas, c’est-à-dire que je pense que sur ces questions-là, il doit y avoir le renseignement qui fonctionne, l’intervention qui fonctionne, et que l’on ne tolère pas ce genre de provocations publiques dans l’intérêt même des musulmans, qui demandent à être protégés contre ce type de pratiques.

Christophe Ono-Dit-Biot : en une phrase Ségolène Royal, vous, vous êtes candidate aux primaires, vous voulez présider aux destinées de ce pays, en une phrase, si vous deviez essayer de rendre espoir à un jeune Français, à une jeune Française, qui est inquiétée par ce monde moderne qui fait peur, qu’est-ce que vous leur diriez, en une phrase ?

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Ségolène Royal, les yeux dans les yeux avec les Français : "En une phrase, je dirais à chaque jeune, chaque jeune fille, chaque jeune homme, que je veux que lorsqu’il se lève le matin, il ait une bonne raison de se lever le matin. Je ferai de l’activité des jeunes la grande cause nationale."

Ségolène Royal : en une phrase, je dirais à chaque jeune, chaque jeune fille, chaque jeune homme, que je veux que lorsqu’il se lève le matin, il ait une bonne raison de se lever le matin. Et si je vous le dit là, c’est parce que je l’ai dit aussi dans la région que je préside, où j’ai fait de la question de l’activité des jeunes la grande cause régionale, et je ferai de l’activité des jeunes la grande cause nationale. Trop de jeunes d’ailleurs se lèvent en début d’après-midi, parce que finalement, ils n’ont rien à faire. Je n’accepte pas que tous les jeunes n’aient pas soit une formation professionnelle, soit un emploi, soit une place en apprentissage, soit une place en alternance, et je lancerai un appel aux entreprise comme je l’ai fait dans la région que je préside en leur expliquant que tendre la main aux jeunes pour un apprentissage, pour une alternance, pour un emploi, c’est se rendre service aussi à elles-mêmes, parce que les jeunes d’aujourd’hui ne doivent pas voir les portes fermées devant eux. Pour les jeunes qui ne trouvent pas, à cause de la crise économique, d’emploi immédiatement, il y a le service civique, et donc nous en avons en effet mis en place 2000, 2000, nous allons mettre en place 2000 places de service civique pour ces jeunes…

Olivier Mazerolle : en Poitou-Charentes. Eh bien ça tombe très bien parce que…

Ségolène Royal : …pour qu’ils puissent, pour qu’ils puissent je le répète, je veux que tous les jeunes se lèvent le matin [« Avec une bonne raison ! », s’exclame Christophe Ono-Dit-Biot, satisfait de lui] en se disant que la France attend d’eux des efforts, avec une bonne raison, parce que c’est pas, c’est pas… Là aussi, c’est des droits et des devoirs, je n’ai aucun discours [« Alors, Ségolène Royal, on va… allez, on va passer... », interjette Olivier Mazerolle], juste un mot, je n’ai aucun discours misérabiliste sur les jeunes, je veux aussi qu’ils aient aussi de bonnes raisons de faire un effort, de travailler, de se lever, parce qu’ils sauront que la société leur tend la main au lieu de leur fermer la porte.

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Ségolène Royal : "Je veux aussi que les jeunes aient aussi de bonnes raisons de faire un effort, de travailler, de se lever, parce qu’ils sauront que la société leur tend la main au lieu de leur fermer la porte."

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