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15 mai 2011 7 15 /05 /mai /2011 22:40

226986_1715683367263_1093574772_31437781_4177190_n-1-.jpg Elle a beau être solidement arrimée au bitume du 4e arrondissement, la vaste salle des Blancs Manteaux avait en ce dimanche 8 mai des allures de grand voilier impatient de prendre le large. Sur fond de voiles latines aux trois couleurs du drapeau français,  Ségolène Royal, toute droite devant son pupitre comme le capitaine à sa barre, fait monter de la salle, littéralement et figurativement chauffée à blanc, un vent de clameur, lorsqu’elle lui lance :  « c’est notre force citoyenne, je vous le dis aujourd’hui, qui forcera le destin… ».

 

L’image nautique est facile, dira-t-on… Peut être mais elle est opportune. Voir naviguer un grand voilier sous des vents de force 7 permet d’apprécier l’énergie, l’esprit d’équipe, la solidité et la rigueur qu’il faut pour garder le cap et mener le navire à bon port – sans compter le cœur bien accroché ! C’est ce défi-là que Ségolène Royal a lancé à son auditoire le 8 mai, choisissant de prendre pour boussole les leçons de l’exemple donné par François Mitterrand, lui qui disait que « de nouveaux orages surgissent du plus clair horizon, d’autres dominations se substituent à celles que l’on avait détruites, qu’apparaissent d’incessantes ruptures entre l’idéal et le réel ».

 

Et des ruptures, cette semaine, il y eu eut. Rupture (apparente) entre Laurent Wauquier et son gouvernement, rupture (réelle) entre le même L. Wauquier et la simple décence quand il n’hésite pas à employer le mot « cancer » dans la même phrase que  RSA, « dressant les pauvres contre les plus pauvres », dira Ségolène Royal à France Info. Face à cette loi de la jungle qui menace l’économie et donc la vie même des Français, la réponse qu’elle livre samedi à l’Est Républicain de Nancy, «  c’est la force citoyenne, un Etat interventionniste qui remet des règles ». Une vraie intervention de l’Etat, et surtout une intervention utile et intelligent, c’est aussi ce qu’elle réclame face à la sécheresse qui menace le travail et donc, là aussi, la vie des agriculteurs : « il est temps de mettre fin à une aberration scandaleuse : l’argent public est utilisé pour subventionner l’irrigation et donc pour soutenir directement le gaspillage de l’eau » dénonce mercredi le communiqué signé de Ségolène Royal et Delphine Batho.

Quant à la « rupture » entre telle ou telle catégorie de l’électorat de gauche, qui a fait couler beaucoup d’encre cette semaine à plus ou moins bon escient avec plus ou moins de bonne foi, notamment à l’UMP et au FN, Ségolène Royal y répond par l’exemple de sa propre expérience politique « Mon souci, toujours, a été le même : faire, par mon travail acharné, par une morale de l’action, que les problèmes soient résolus ». Le cap est donné, alors bon vent à la force citoyenne !

 

Laetitia

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15 mai 2011 7 15 /05 /mai /2011 15:50

 

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Ségolène Royal était hier soir l’invitée du 19/20 de France 3 Lorraine, le JT titrait : « Ségolène Royal prête au combat ».

La candidate aux primaires du PS était en déplacement en Lorraine hier toute la journée, une quinzaine de militants de Désirs d’avenir Grand Nancy l’ont notamment accompagnée dans les visites que la candidate a effectuées à Bainville-sur-Madon et à Maxéville.

À Bainville, dans la ferme de la Faisanderie, Ségolène Royal a pu assister à la réussite d’une belle intégration d’une trentaine d’handicapés mentaux qui assurent la rentabilité économique d’une exploitation, qui vend ses propres produits et se prépare à ouvrir un restaurant.

Ségolène Royal souligne : « On a la démonstration de ce que je crois énormément, c’est-à-dire qu’on peut réconcilier l’efficacité sociale, en remettant l’humain au cœur des décisions, et l’efficacité économique, puisque cette ferme vend ses produits, et vit de son travail. »

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Ségolène Royal en Lorraine : une dame a même demandé si un bouquet de fleurs pouvait faire partie de la liste des 50 produits de première nécessité...

À Maxéville, Ségolène Royal a assisté à une réunion avec des associations caritatives et de soutien aux familles qui ont travaillé sur la liste des 50 produits de première nécessité dont elle souhaite voir les prix bloqués. Elle a eu un débat intéressant pour savoir si les biens culturels devaient être intégrés à cette liste. Une dame a même demandé si un bouquet de fleurs pouvait en faire partie.

Au JT 19/20 de France 3 Lorraine, un reportage sur les déplacements de Ségolène Royal et des militants de Désirs d’avenir a été tourné, suivi d’une interview de Ségolène Royal sur le plateau du JT.

Dans le reportage, on a demandé à Fouzia Delaite, une des figures emblématiques de Désirs d’avenir Grand Nancy, après avoir cité le chiffre de 10 000 adhérents au niveau national, combien de militants Désirs d’avenir il y avait à Nancy.

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Fouzia Delaite a répondu : « On forme une équipe assez soudée de, allez, on va dire 12 personnes, mais on est en contact avec d’autres par le biais d’internet, on n’est pas forcément dans la rencontre physique. ».

De fait, dans un département comme la Meurthe-et-Moselle, on ne peut pas être dans la rencontre physique avec tous, on se demande ce que le journaliste cherchait à prouver… ou plutôt on devine…

Une autre militante du comité local de Désirs d’avenir, Marie-Christine Rebmann, a expliqué au journaliste la « méthode » Désirs d’avenir : « On part de la société, avec les problèmes de la société, les besoins de la société, et on essaye de construire quelque chose, de trouver une solution, et effectivement d’apporter aussi à Ségolène de quoi nourrir son programme, quoi. ».

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Enfin, Noël Nel, grande plume de Désirs d’avenir Grand Nancy et de Désirs d’avenir tout court, a expliqué pourquoi il soutenait Ségolène Royal, le journaliste ayant souligné que la candidate n’avait « pas ou plus le soutien des médias [Quels médias ? NdlR] et des sondeurs » : « Je crois que le pays a besoin de quelqu’un, d’une forte personnalité comme elle, qui en plus en a pris plein la poire, d’avoir vraiment une forte personnalité qui n’oublie jamais le cap. ».

 Noël Nel a notamment écrit la pensée politique de Ségolène Royal, la politique internationale selon Ségolène Royal, ou la politique de civilisation de Ségolène Royal.


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Illustration de DA Grand Nancy pour la pensée politique de Ségolène Royal

Enfin, Ségolène Royal a été interrogée par Céline Tognazzi, de France 3 Lorraine, sur le plateau du JT.

Frédérick Moulin

 

S. Royal : reportage et interview à France 3... par segolene-royal

 

Transcription de l'interview de Ségolène Royal Militants de l'Espoir À Gauche / F.M.

Céline Tognazzi : et on retrouve Ségolène Royal en direct avec nous sur ce plateau. Ségolène Royal, bonsoir.

Ségolène Royal : bonsoir.

Céline Tognazzi : merci d’être avec nous. Si on se réfère au reportage qu’on vient de voir, on voit beaucoup de couleurs dans ce reportage. Quelles sont vos couleurs préférées à vous ?

Ségolène Royal : ah, ce sont les couleurs du drapeau français puisque comme vous le savez, je fais toutes mes réunions publiques sur fond de drapeau bleu-blanc-rouge, parce que je considère qu’on ne doit pas en laisser le monopole au Front national. Les trois couleurs de notre drapeau, c’est le principe de la République : la Liberté, l’Egalité, la Fraternité, auxquelles il faudrait rajouter d’ailleurs la solidarité et la sécurité, et je crois qu’aujourd’hui ce que les Français attendent, c’est que la République tienne ses promesses, et en particulier, lutte contre les inégalités.

Et vous voyez, tout à l’heure j’étais à Bainville, et à Maxéville, là où on a vu votre petit reportage, sur le thème de l’emploi. Donc à Bainville j’ai vu dans la ferme de la Faisanderie, l’intégration de personnes en situation de handicap, de handicap psychique, et on a la démonstration de ce que je crois énormément, c’est-à-dire qu’on peut réconcilier l’efficacité sociale, en remettant l’humain au cœur des décisions, et l’efficacité économique, puisque cette ferme vend ses produits, et vit de son travail.

Céline Tognazzi : ça veut dire en allant voir les acteurs de terrain, en comprenant, en les écoutant, en les écoutant proposer des solutions pour que ça fonctionne encore mieux, c’est ça ?

Ségolène Royal : mais oui, c’est très important d’être au contact des Français, des Français qui souffrent, mais aussi des Français qui espèrent, des Français qui créent, des Français qui imaginent.

Et ensuite j’avais une rencontre à Maxéville avec toutes les associations qui s’occupent des familles en difficulté, qu’est-ce que j’ai vu ? Que ma proposition de limiter le prix des 50 produits de première nécessité rencontrait une large adhésion, donc ça me permet aussi de tester, [« C’est aussi simple… c’est aussi simple… »] de tester pardon les solutions concrètes que je propose.

Céline Tognazzi : c’est aussi simple que ça ?

Ségolène Royal : mais vous savez, pour répondre à des problèmes douloureux de la vie quotidienne, il faut des solutions efficaces et parfois simples. Oui, c’est simple de bloquer l’augmentation du prix de l’essence ou du prix de l’énergie, oui, encore faudrait-il une volonté politique. Oui, c’est simple de dire : voilà, il y a 50 produits de première nécessité, à la fois alimentaires, et des produits d’entretien, qui pourraient permettre aux familles et aux petits retraités de continuer à faire leurs courses sans voir disparaitre les billets de 20 euros comme par enchantement parce que, avec 20 euros, maintenant, on a presque plus rien, on n’achète plus rien. Est-ce que c’est normal dans la France d’aujourd’hui ? Non, ce n’est pas normal. Donc il y a des solutions.

Céline Tognazzi : Ségolène Royal, vous êtes en Lorraine, région que vous connaissez bien. Un mot sur la candidature de Christian Pierret aux primaires socialistes ?

Ségolène Royal : ah, écoutez, moi je ne m’occupe pas des autres candidats, je m’occupe des Français. Voilà. Et c’est vrai, vous avez raison…

Céline Tognazzi : pas de commentaire sur les autres candidats ?

Ségolène Royal : non, je suis en Lorraine et je suis très heureuse d’y être, puisque vous savez que c’est là que j’ai fait mes études supérieures, à Nancy, ou j’étais tout à l’heure, en réunion publique, le lycée à Epinal, le collège à Charmes, l’école rurale à Chamagne, et donc je dois beaucoup à la Lorraine, et c’est sans doute ici aussi que j’ai appris la solidité de mes racines, qui me permet de poursuivre ce long chemin malgré les difficultés.

Céline Tognazzi : alors, on l’a bien compris, pas de commentaire sur les autres candidats, néanmoins, l’un des principaux fait beaucoup parler de lui, Dominique Strauss-Kahn. Comment vous réagissez par rapport à la polémique autour de son train de vie ?

Ségolène Royal : eh bien ça prouve la dureté d’une campagne présidentielle. Rendez-vous compte, avant même qu’il n’ait déposé sa candidature, il est déjà l’objet de toutes les attentions, si je puis utiliser ce mot modéré. Voilà, c’est une campagne présidentielle, je le sais d’expérience, c’est une campagne très dure, il faut savoir répondre à tout, s’expliquer, on est mis comme ça, sur la place publique, c’est à la fois la démocratie, c’est le combat politique, et voilà, il ne faut pas avoir peur de répondre et de s’expliquer, mais l’essentiel, c’est quand même le débat d’idées, et vraiment la confrontation autour des idées sur lesquelles les Français auront à choisir.

Céline Tognazzi : et vous êtes là pour ça. Merci, Ségolène Royal, d’avoir été notre invitée ce soir. Une interview enregistrée en fin d’après-midi en raison de l’emploi du temps de Ségolène Royal.

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15 mai 2011 7 15 /05 /mai /2011 11:33

 

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(@Razak)

Invitée ce matin sur Europe 1, interrogée dès la première question par Thierry Guerrier sur l’actualité concernant Dominique Strauss-Kahn, Ségolène Royal a immédiatement lu la déclaration suivante, et s’en est tenue ensuite à cette déclaration quand les 3 journalistes présents, dirigés par Jean-Pierre Elkabbach, n’ont cessé de revenir sur celui que Ségolène Royal, solidaire, a appelé « Dominique », comme c’est de coutume entre camarades du Parti socialiste :

Déclaration écrite lue par Ségolène Royal au "Grand Rendez-vous" d’Europe 1 ce matin

"J’ai appris cette nouvelle bouleversante à propos de laquelle tout reste à vérifier. Dominique Strauss-Kahn a droit, comme tout citoyen, à la présomption d’innocence tant que les faits ne sont pas prouvés. Ma pensée en cet instant va à sa famille, à ses proches, et aussi à l’homme qui traverse cette épreuve."

Frédérick Moulin

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14 mai 2011 6 14 /05 /mai /2011 15:04

 

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(@A. Marchi/Est Républicain)

 

Message Facebook de Ségolène Royal le vendredi 13 mai à 23:13

Oui, Sarah, c'est moi qui tweet. Je suis dans le train revenant de Poitiers pour repartir demain au train pour Nancy. A lire interview dans l'Est Républicain demain.

 

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logo estrepublicain

le 14/05/2011 02:01

« J’ai la capacité de rassembler »

Interview recueillie par Jean-Pierre Tenoux - En Meurthe-et-Moselle aujourd’hui, Ségolène Royal affirme être la mieux placée pour mobiliser toute la gauche.

À propos de la primaire socialiste, vous avez déploré la trop grande part faite aux sondages. Avez-vous le sentiment que votre critique a porté ?

Je pense que, tant que le débat de fond n’aura pas commencé, tout sera sujet à manipulation de l’opinion par les sondages. Alors qu’ils ne sont pas représentatifs puisqu’on ne sait pas qui va aller voter et qu’on ne connaît pas encore la liste des candidats ! Il est très important que le peuple français ne se laisse pas voler sa liberté de vote par un matraquage qui ne correspond à rien, notamment parce que les catégories très modestes ne figurent pas dans ces panels.

Cette page est tournée, donc ?

Je l’ai dit et ma préoccupation, maintenant, est d’élever le débat et de faire des propositions concrètes pour améliorer la vie quotidienne. En Meurthe-et-Moselle, je vais évoquer l’emploi et le pouvoir d’achat. J’ai proposé le blocage du prix de l’essence et de cinquante produits de première nécessité pour permettre aux gens de continuer à vivre et pas seulement de survivre. Voir tellement de richesse d’un côté et de pauvreté de l’autre, dans un pays comme la France, est tout à fait anormal.

Les propos de Laurent Wauquiez sur l’assistanat ont divisé la droite. À votre avis, s’agit-il d’une cacophonie ou d’une stratégie réfléchie ?

Je pense qu’il y a une stratégie, lancer des ballons d’essai pour voir ce que ça donne. Le plus choquant, dans cette histoire, c’est qu’on ne parle jamais de l’assistanat dont profitent les plus riches, comme la baisse de l’impôt de solidarité sur la fortune. Le gouvernement s’en prend aux plus pauvres. C’est vrai qu’il y a parfois trop peu d’écart entre les revenus de soutien et les bas salaires. Mais la réponse, c’est d’augmenter les bas salaires et le SMIC ! Quant au ‘A’ de RSA, qui signifie activité et pas assistanat, il doit se traduire par des actions d’insertion et de formation pour un retour réel à l’emploi.

Ces publics fragilisés sont tentés par le vote Front national. Que pourriez-vous leur proposer pour qu’ils fassent confiance à la gauche ?

Ils subissent de telles épreuves qu’ils doutent de la capacité de la politique à retrouver des marges de manœuvre. Il faut leur démontrer qu’il y a d’autres façons de créer des richesses, de les répartir mieux, d’encourager les jeunes à trouver le chemin du travail par l’alternance, l’apprentissage. Il faut pratiquer le « donnant-donnant » avec les entreprises, leur imposer l’obligation de prendre des jeunes en formation en contrepartie des aides qu’on leur accorde. Il ne faut pas laisser la loi de la jungle être la règle dans l’économie.

En pratique, comment procéder ?

C’est la force citoyenne, un Etat interventionniste qui remet des règles. Aujourd’hui, rien n’a été fait pour lutter contre un système financier qui écrase la production de biens et de services. Les gens sont dégoûtés, exaspérés. Ils entendent les discours de l’actuel président de la République qui leur dit : « Vous allez voir ce que vous allez voir ! » Mais il ne se passe rien. Alors, ils se tournent vers des votes extrêmes qui leur promettent de changer le système, mais d’une façon qui n’est pas crédible. C’est un vote protestataire que je traduis pour ma part comme une demande d’exigence à l’égard des partis de gouvernement afin qu’ils soient beaucoup plus audacieux sur des propositions de réformes.

Ces réformes impliquent que la gauche se rassemble. Croyez-vous être la mieux placée pour y parvenir ?

Je pense avoir la capacité de rassembler, de la gauche radicale aux centristes républicains en passant par les écologistes… pour la bonne raison que je l’ai déjà fait dans la région que je préside, malgré les cris des appareils ! La politique par la preuve, il n’y a rien de tel. Certains font beaucoup de discours mais, quand ils sont aux responsabilités, rien ne change. J’ai été ministre, députée, je suis présidente de région. Mon souci, toujours, a été le même : faire, par mon travail acharné, par une morale de l’action, que les problèmes soient résolus. Je suis convaincue que la France peut sortir de l’ornière, se remettre debout et avancer.

Lien vers l'article du site de L'Est Républicain ici.

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14 mai 2011 6 14 /05 /mai /2011 10:57

 

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Message de Ségolène Royal sur Facebook le mercredi 11 mai 2011 à 18:54

Face à la sécheresse et pour répondre à la crise des éleveurs, je demande au gouvernement d'autoriser en urgence la récolte en fourrage sur les jachères pour nourrir les animaux et la maîtrise du prix des aliments du bétail. La mutation écologique de l'agriculture doit être engagée maintenant. Les agriculteurs la demandent, les citoyens la soutiennent, c'est désormais au gouvernement d'agir.

 

Ségolène Royal
Sécheresse, crise de l'élevage: le gouvernement doit prendre des mesures d'urgence et maitriser les prix des aliments pour le bétail

 


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Ségolène Royal et Delphine Batho proposent un nouveau modèle agricole

Depuis la mi-avril, la sécheresse sévit en France. L’anticyclone campe sur l’Europe et repousse les nombreuses dépressions venant de l’Atlantique. Selon les météorologues de Météo-France, la situation pourrait perdurer des semaines, voire des mois, avant que les précipitations tant attendues n’arrivent. À ce stade, ces sont plusieurs jours de pluie sans discontinuer qui seraient nécessaires pour éviter la catastrophe.

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On remarque les 2 tâches rouges au centre du Poitou-Charentes (Infographie La Nouvelle République)

La zone des restrictions sur la consommation d’eau s’étend : 9 départements au 29 avril, 17 au 6 mai, 23 au 12 mai 2011.


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Etats des arrêtés de limitation des usages de l'eau au 29 avril (à gauche), au 6 mai et au 12 mai (à droite)

La région la plus touchée, dont les 4 départements sont concernés depuis le 29 avril, c’est la Région Poitou-Charentes : les mesures de limitation des usages de l’eau y sont appliqués 5 jours ou plus par semaine sur nombre de bassins versants. En France, seuls les départements du Val-de-Marne (depuis le 29 avril)  et du Gers (depuis le 12 mai) sont aussi dans cette situation.

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Communes soumises à restriction d'eau au 14 mai 2011 (Observatoire Régional de l'Environnement Poitou-Charentes)

Le problème, ce ne sont pas les températures ou l’ensoleillement, c’est la précocité dans l’année de ces phénomènes. « En France, on a un état de sécheresse des sols superficiels qui correspond à ce qu'on a normalement courant juillet, avec des records jamais atteints depuis 1959 à cette période de l'année sur une partie du pays », note Michel Schneider de Météo-France.

Les nappes phréatiques n’ont pas fait le plein cet hiver – même si le manque n’est pas très sévère en moyenne, il est estimé à 10%, avec des disparités importantes. Mais le soleil augmente dangereusement l’évaporation, transformant les prairies en paillassons, tarissant les cours d’eau avec des conséquences immédiates : le pompage n’est plus possible pour l’irrigation (intensive), des céréales notamment, et EDF a baissé sa production d’hydroélectricité de 20%. Le refroidissement des centrales thermiques et nucléaires, consommateur d’eau (de rivière), ne serait pas touché selon EDF, un problème suivi de très près par l’entreprise. Le mois d'avril se situe « au second rang des mois d'avril les plus chauds depuis le début du XXème siècle », souligne Michel Schneider.

Dans le monde agricole, les céréaliers sont touchés – le maïs ou l’orge semé ne lève pas ou peu cette année, le blé pourrait voir son rendement baisser jusqu’à 50%.

 

Vidéo du lundi 9 mai 2011 - Sécheresse : 17 départements en alerte par BFMTV

 

Mais les premières victimes de la sécheresse, ce sont les éleveurs, qui subissent une double peine, pris en tenaille entre la disparition des prairies pour leurs troupeaux, la hausse du prix des fourrages d’une part, et la hausse des céréales, à la base des farines données aux animaux, d’autre part. Sans compter que la paille des céréaliers était jusqu’ici souvent broyée pour, notamment, enrichir le sol du champ où elle avait été récoltée.

Le ministre de l’Agriculture, Bruno Le Maire, est venu visiter une exploitation agricole dans la Vienne (Poitou-Charentes) mercredi 11 mai, où il a annoncé de soit-disantes ‘mesures’ : il a principalement annoncé que les éleveurs français pouvaient désormais faucher librement et « sans paperasserie », leurs surfaces en jachère, y compris les bandes enherbées, afin de nourrir leurs animaux, une des mesures d’urgence demandées par Ségolène Royal et Delphine Batho, députée des Deux-Sèvres.

Pour le reste, des promesses, mais, comme on dit « l’enfer est pavé de bonnes intentions », et la température monte en Poitou-Charentes. Le ministre a déclaré, promis, il a aussi prévu des réunions, il a invité les céréaliers à ne plus broyer la paille et à la fournir aux éleveurs, a dit que la question de l’irrigation serait examinée. Bref, rien, absolument rien de concret. Et aucune remise en cause de l’agriculture intensive gourmande en eau et en poisons hydrosolubles, aucun respect pour l’eau, « un bien commun et un bien public », relevant de « l’intérêt général » comme le souligne à juste titre Delphine Batho.


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Le niveau du Clain au Pont-Joubert laisse apparaître des touffes d'herbe. Il fournit le tiers de la consommation en eau du Grand Poitiers. Le débit était au 21 avril inférieur au seuil d'alerte de 5m3/s : 4,28 m3/s contre 12,6 à la même époque l'an dernier, 7,8 en 2009 et 28,8 en 2008 (La Nouvelle République)

Face à cette situation, Ségolène Royal et Delphine Batho ont toutes deux tiré la sonnette d’alarme, et proposent un nouveau modèle agricole.

Vous trouverez ci-dessous le communiqué de Ségolène Royal du 11 mai 2011 sur le site de la Région Poitou-Charentes, et l’article de Delphine Batho sur son blog à la même date.

Frédérick Moulin

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Pour un nouveau modèle agricole


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Un champs de maïs irrigué de façon intensive près de Lyon, le 5 mai 2011. Le maïs, dont la culture nécessite beaucoup d'eau, des pesticides (pyrale), des fongicides (charbon du maïs), des désherbants, est l'exemple-même de la culture intensive nocive à l'environnement

Face à la sécheresse, Ségolène Royal demande au gouvernement d'autoriser en urgence dès ce jour la récolte en fourrage sur les jachères agricoles pour nourrir les animaux et la maîtrise du prix des fourrages pour les éleveurs.

Face à l'absence d'anticipation par le gouvernement de la sécheresse et de la crise agricole, Ségolène Royal réagit à la venue aujourd'hui de Bruno Le Maire, Ministre de l’Agriculture, de l’Alimentation, de la Pêche, de la Ruralité et de l’Aménagement du Territoire, en Vienne.

« Alors que les nappes d'eau souterraine et les rivières sont à un niveau très bas et que la sécheresse touche durement les territoires, notamment en Poitou-Charentes, le gouvernement continue de soutenir une agriculture toujours plus dépendante en eau, en pesticides et en engrais de synthèse. Il s’agit d’un modèle agricole, dont les orientations sont fixées par l’Etat, qui ne survit qu’avec de l’argent public, mais dont la société ne veut plus. Cette agriculture forte consommatrice d'eau impacte aussi dans notre région les productions conchylicoles sur le littoral et les capacités touristiques.

Je demande au gouvernement de prendre la réelle mesure de son échec et de s’engager fortement dans la promotion d’une agriculture responsable, plus respectueuse de la ressource en eau et de l’environnement, saine et de qualité. Il n'est plus temps "d'évaluer" les conséquences de la sécheresse dans l’agriculture, mais de mettre en place des actions concrètes et efficaces, notamment en matière de désirrigation. Chaque printemps, depuis plus de 10 ans, la situation dégradée de la ressource en eau se répète en Poitou-Charentes, malgré les alertes et les propositions des associations environnementales et de la Région. L'Etat n'anticipe pas : pour 2011, dès cet hiver, les indicateurs des nappes d'eau souterraine étaient au rouge. La mutation écologique de l'agriculture doit être engagée maintenant. Les agriculteurs la demandent, les collectivités la veulent, les citoyens la soutiennent et ont déjà mis en place des actions concrètes, c'est désormais au gouvernement d'agir. »

Ségolène Royal demande en urgence d'autoriser dès ce jour la récolte en fourrage sur les jachères agricoles pour nourrir les animaux, et la maîtrise du prix des aliments du bétail pour les éleveurs. De nombreux éleveurs sont touchés par la crise et ne peuvent plus acheter de fourrage avec la sécheresse. Il est urgent que le gouvernement prenne des mesures d'urgence.

Site de la Région Poitou-Charentes, mercredi 11 mai 2011

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Pendant la sécheresse l’irrigation continue ?

De façon désormais récurrente le Sud Deux-Sèvres est touché par la sécheresse et cette année on va droit à la catastrophe.

En urgence, comme le demande la Région Poitou-Charentes présidée par Ségolène Royal, il faut autoriser exceptionnellement l’utilisation des jachères pour récolter du fourrage et nourrir les animaux. C’est aussi au gouvernement de prendre des mesures immédiates pour les éleveurs et les agriculteurs qui subissent déjà les conséquences de la sécheresse.

Bien sûr, cette situation est directement liée à la faible pluviométrie, avec un printemps excessivement sec. Mais nul doute que l’état des nappes phréatiques et la dégradation continue de nos rivières résultent aussi d’une surconsommation de la ressource qui depuis des années affaiblit structurellement les milieux aquatiques, qui ont perdu leur capacité de résistance face au moindre épisode de sécheresse. Les seuils d’alerte ont été franchis depuis bien trop longtemps. Ce n’est pas un hasard si ce sont les départements les plus concernés par les grandes cultures irriguées qui sont ceux où les restrictions d’eau sont en moyenne deux fois plus nombreuses depuis plusieurs années.

Il est temps de mettre fin à une aberration scandaleuse : l’argent public est utilisé pour subventionner l’irrigation et donc pour soutenir directement le gaspillage de l’eau.Les contribuables financent ainsi à leur corps défendant un système de subvention qui épuise la ressource et dégrade l’environnement. Au coût de ces aides publiques s’ajoute le coût des indemnisations et des garanties contre les calamités agricoles qu’il faut bien sûr versé aux victimes de la sécheresse, comme en 2003 et 2005.

L’eau est un bien commun et un bien public. De nouvelles règles doivent donc être fixées pour faire prévaloir l’intérêt général.

 

 

Reportage du 9 mai 2011 dans les Deux-Sèvres et sur le Marais Poitevin :  Delphine Batho : "les prélèvements ont des impacts très importants sur les débits des cours d’eau, les réserves souterraines mais aussi sur leur fonctionnement écologique, notamment pour la zone humide du Marais Poitevin"


 C’est pourquoi, au-delà des mesures d’urgence, je demande au gouvernement :

1) Que les seuils d’alerte soient relevés bien en amont pour anticiper la baisse des niveaux tandis que les arrêtés préfectoraux, même s’ils vont dans le bon sens, sont actuellement pris trop tard, quand la sécheresse sévit déjà.

2) Qu’il soit mis fin aux subventions massives à l’irrigation qui poussent les agriculteurs dans ce système économiquement et écologiquement absurde. Est-il acceptable que les primes de la PAC puissent être et la dégradation de l’environnement à l’hectare supérieures de 60% pour du maïs irrigué, par rapport à du maïs non-irrigué ? Le système d’aides de la Politique agricole commune (PAC) doit être entièrement repensé pour soutenir les pratiques vertueuses et sécuriser les revenus agricoles.

3) Que le ministère de l’Ecologie revoit sa circulaire autorisant le financement à hauteur de 70% sur fonds publics des projets de retenues dites “de substitution” car leur remplissage nécessite des prélèvements qui ont des impacts très importants sur les débits des cours d’eau, les réserves souterraines mais aussi sur leur fonctionnement écologique, notamment pour la zone humide du Marais Poitevin.

Blog de Delphine Batho, mercredi 11 mai 2011

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13 mai 2011 5 13 /05 /mai /2011 21:00

 

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Hors-série de l'Humanité "1981 - L'histoire d'une espérance"


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Message Facebook de Ségolène Royal du vendredi 13 mai 2011 à 19:40

1984 : les ministres communistes quittent le gouvernement. Une conseillère du président invite Anicet Le Pors à déjeuner. Il s'en souvient : « Elle s'appelait Ségolène Royal. Elle m'a dit : « Je suis très contrariée que vous quittiez le gouvernement car vous étiez les représentants de la classe ouvrière ». Je me suis dit : celle-là, elle ira certainement très loin... » Témoignage hors-série de l'Humanité "1981..."


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Hors-série de l'Humanité "1981 - L'histoire d'une espérance"

 

Ségolène Royal
Lisez le hors-série consacré par l'Humanité sur 1981 avec les témoignages passionnants des 4 ministres communistes des gouvernements Mauroy.

Il y a 1 heure via Twitter for iPhone

 

 

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Hors-série de l'Humanité "1981 - L'histoire d'une espérance"


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13 mai 2011 5 13 /05 /mai /2011 18:26

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(@Frédérick Moulin)

Dans la deuxième partie de son discours à l’UPP de dimanche dernier, Ségolène Royal a longuement détaillé La Force Citoyenne en marche qu’elle appelle, que nous appelons tous de nos vœux, pour sortir la France de l’ornière en 2012.

À cette occasion, elle a évoqué la droite, ces « faiseurs d’effets d’annonces » de 2007, « qui aujourd’hui sont en train de nous ont inventer d’autres slogans », 3 slogans, dont celui-ci, copieusement hué par la salle, après l’avoir fait rire, dont Ségolène a dit que « ce sera à mon avis le slogan de la campagne présidentielle du candidat de droite » :

« Votez pour moi, je vais réparer mes erreurs. »

« Savez vous que cette phrase, vous voyez l’Histoire est un éternel recommencement, que cette phrase a été prononcée à propos de Valérie Giscard d’Estaing par François Mitterrand et il a fini par gagner 1981 ? », a souligné la candidate aux primaires socialistes.

Mais s’il y a une leçon à retenir du discours de Ségolène Royal, c’est : à nous, militants, Français, d’agir !

« Nous allons dans quelques secondes nous séparer, mais n’oubliez pas la mission que je vous ai confiée, car il y a beaucoup à réparer, beaucoup à inventer, beaucoup à transformer. La tâche est exaltante lorsque l’on a comme vous, puisque vous êtes là, l’amour de son pays, et qu’on ne consent ni à son abaissement, ni à ses déchirements.

Soyons prêts à relever la France dans la fidélité aux valeurs de la République. D’autres l’ont fait, dans des circonstances infiniment plus difficiles. », a martelé Ségolène Royal à la fin de son discours, avant d’ajouter 4 citations de François Mitterrand à retenir :

« Il n’est de révolution pour la justice que permanente. »

« C’est dans les moments les plus difficiles, que l’on doit faire preuve de la plus grande force morale »

Et pour finir, juste avant les acclamations et la chanson I Gotta Feeling des Black Eyed Peas, déjà passée avant et après l'intervention de Ségolène Royal à la Fête de la Fraternité 2010  à Arcueil :

« En bon Charentais, je mets longtemps à me décider, mais quand je me décide alors je vais vite. »

« Nous sommes au début d’une bataille, et comme en sport, seul le résultat final compte. »

 

Frédérick Moulin

 

S. Royal : Hommage à F. Mitterrand et Force... par segolene-royal

 

 

EXCLUSIF - retranscription intégrale de l’intervention de Ségolène Royal à l’UPP du 8 mai 2011 

par MEAG avec SR /F.M. correspondant exactement au discours prononcé

  

Chers amis,

Bien sûr depuis 1981, La France a changé, le monde a changé. Mais pas le sens des valeurs et des actions à conduire.

À nous d’en inventer et d’en faire vivre les formes adaptées au temps présent, et de trouver les nouveaux enjeux et les nouveaux combats.

Dans un an, nous devons renouer avec la victoire de la gauche et de tous les républicains qui veulent que ça change.

Car jamais les inégalités n’ont à ce point disloqué le pays, mis en péril son avenir, et miné la confiance.

Le chômage de masse et de longue durée, antérieur à la crise et aggravé par elle, et aggravé par les politiques gouvernementales, la précarisation généralisée. Aujourd’hui savez-vous que plus de 85 % des intentions d’embauche des entreprises concernent des contrats à durée déterminée, dont 60 %  des intentions d’embauches, des contrats inférieurs à un mois ? La survie en dessous du seuil de pauvreté, tant de jeunes cherchant en vain à forcer la porte du marché du travail et tant d’autres y renonçant, le surendettement des familles, les chiffres viennent d’être publiés, et qui touche de plus en plus de petits retraités. La difficulté de se loger, de payer son loyer, ses charges, tout simplement de boucler les fins de mois, sont devenus une menace pour plus de deux Français sur trois.

 

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(@Frédérick Moulin)

Alors de plus en plus de Français veulent vivre, et pas seulement survivre, c’est cela l’enjeu de 2012. (Applaudissements)

Jamais le partage de la valeur ajoutée n’a autant favorisé le capital au détriment des salaires, comme le prouve le rapport du Sénat qui vient d’être publié. Ce n’est pas seulement des slogans que je vous énonce. Ce sont des preuves, des faits, dans tous les rapports qui viennent d’être publiés quelques soient les organismes concernés. Oui jamais le partage de la valeur ajoutée n’a autant favorisé le capital au détriment des salaires.

Les écarts croissants entre les revenus du patrimoine et ceux du travail nous ramènent des décennies en arrière : les uns s’enrichissent, les autres voient leur pouvoir d’achat stagner ou s’appauvrissent.

La France redevient une société profitable aux rentiers et dure à tous les autres. Et Charles Fiterman l’a dit excellemment tout à l’heure.

Les patrons du CAC 40 ont gagné en moyenne l’an passé 200 fois le SMIC. Le total des rémunérations des dirigeants de ces grandes entreprises, comme Total qui ne paye même pas d’impôts en France, a atteint une hausse de 25 % en moyenne, quand tant d’autres salariés, mais aussi de patrons de petites et moyennes entreprises, d’artisans, de commerçants, de paysans, sont en grande difficulté. Le gouvernement soumet à l’impôt, tenez-vous bien, les indemnités des accidentés du travail, mais le Trésor Public continue de faire de gros chèques aux plus fortunés sous l’effet cumulé de l’ISF et du bouclier fiscal et fait cela en toute impunité. Et pendant ce temps-là, les services publics, de l’Education à la justice, de la police à la santé en passant par la Poste sont, eux, durement rationnés, et de moins en moins en mesure d’assumer leur mission.

 

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(@Frédérick Moulin)

Et bien tout cela n’est pas fatal !

La France doit saisir toutes ses chances !

Nous pouvons résister aux crises et reconquérir notre pouvoir d’agir.

Les Français le veulent, ce changement.

Les Français l’attendent, ce changement.

Et chacun doit s’en emparer.

C’est notre force citoyenne, je vous le dis aujourd’hui, qui forcera le destin,  qui sera capable de donner une vie meilleure à ceux qui souffrent, à ceux qui doutent, à ceux qui espèrent, qui accompagnera aussi ceux qui réussissent pour que cette réussite profite au Pays.

 

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(@Frédérick Moulin)

Et vous ici dans cette salle, vous en êtes, chacun, personnellement responsables.

Participez à cette force citoyenne, parlez, argumentez, expliquez, fédérez.

Nous avons une responsabilité individuelle et collective vis-à-vis de la France. (Applaudissements, acclamations)

Ne nous replions pas sur nous-mêmes, la tentation est  très forte. Et comment ne pas comprendre ceux qui sont

dans la précarité, qui se replient sur eux-mêmes et qui n’ont même plus envie d’imaginer un destin collectif.

Alors c’est de votre responsabilité, vous qui êtes venus là pour écouter, vous qui êtes engagés, qui vous interrogez dans cette salle, et au delà de cette salle. C’est à vous que je demande d’organiser et de mettre en mouvement cette force citoyenne car rien de sérieux ne peut se construire pour la France sans les Français et encore moins contre eux. On l’a vu. (Applaudissements, acclamations, « Bravo ! ») Oui, rien de sérieux ne peut se construire sans les Français, et encore moins contre eux. Et la force citoyenne, c’est la continuité de la démocratie participative.

Et d’ailleurs on l’a bien vu. En 2007, on a été trompé par des promesses artificielles et fallacieuses, inventées par des faiseurs d’effets d’annonces, qui aujourd’hui sont en train de nous ont inventer d’autres slogans. Certains vous les avez entendus, d’autres pas encore, mais je vais vous les donner. (Rires)

 

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(@Frédérick Moulin)

Le premier slogan : « C’est pas de ma faute, c’est  la faute à la crise ». (Rires, huées) C’est vrai que la crise est là, mais où est le potentiel de développement économique des Français ? Où est la force de transition dans un nouveau modèle de développement écologique et social? (Applaudissements nourris) Où est l’investissement dans la recherche et dans l’enseignement supérieur? (Applaudissements, acclamations) Où est l’investissement dans la formation professionnelle ? Que font les banques aujourd’hui alors que tant de petites et moyennes entreprises souffrent de ne pas avoir accès au crédit bancaire ?

Le deuxième slogan : « Heureusement que je suis là parce que sans moi, ça aurait été bien  pire ». (Rires, huées) Celui-ci, on l’a déjà entendu. Tout le gouvernement est sorti lors du bilan des quatre ans de Nicolas Sarkozy. Ils avaient tous le mot d’ordre. : «  Ce bilan est bon parce que sans lui ça aurait pu être pire ». Alors si les Français, cette fois, n’ont pas accès à l’information, ou si les Français n’ont pas la force citoyenne que vous allez mettre en mouvement pour leur expliquer que d’autres solutions sont possibles, alors oui, ce slogan peut peut-être entendu. J’en doute, parce que moi je crois à l’intelligence des Français.(Applaudissements, acclamations, « Bravo ! »)

Et le troisième slogan, ce sera à mon avis le slogan de la campagne présidentielle du candidat de droite, c’est le suivant :

« Votez pour moi, je vais réparer mes erreurs. »

(Rires, huées, applaudissements)

 

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(@Frédérick Moulin)

« Votez pour moi, je vais réparer mes erreurs. », eh bien savez vous que cette phrase, vous voyez l’Histoire est un éternel recommencement, que cette phrase a été prononcée à propos de Valérie Giscard d’Estaing par François Mitterrand et il a fini par gagner 1981 ? (Huées, applaudissements, acclamations, puis scandé par la salle « Ségolène, présidente ! »)

Oui mes amis, je mets en garde les Français.

L’élection présidentielle, ce n’est pas un combat de gladiateurs ou de gladiateuses, dirait Yvette. (Rires) C’est d’abord, et plus que jamais, une volonté populaire qui se reconnaît dans des valeurs qu’elle contribue à forger.

Et je voudrais vous dire que partout où je vais, je rencontre des citoyens accablés de prendre autant de coups sur la tête, et tantôt découragés, pour reprendre leur destin en main, tantôt impatients de pouvoir le faire. Eh bien c’est pour lutter contre le découragement et contre l’abstention, et pour soutenir l’impatience des Français qui veulent que ça change, que je vous demande de vous mettre en mouvement partout dans la force citoyenne qui nous apportera le changement.

Je leur dis oui, à tous ces citoyens, nous pouvons le faire, tout cela, et 2012 nous permettra de changer d’époque en apportant aux Français la sécurité globale, la garantie de l’égalité, la solidarité d’un ordre juste décidé ensemble. C’est comme cela que nous réussirons à surmonter les peurs et les replis.

Voilà le sens de la présidence que je vous propose. (Acclamations, applaudissements, puis scandé par la salle « Ségolène, présidente ! »)

C’est le sens, c’est la force, c’est la puissance, c’est la force citoyenne pour être imaginatif et audacieux et pour porter des idées conformes à l’intérêt général. Redonnons au pays confiance dans ses talents et les savoir-faire.

 

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(@Frédérick Moulin)

- La Force Citoyenne pour que la justice sociale et l’efficacité économique marchent ensemble.

- La Force Citoyenne pour défricher le gisement d’emplois durables, de pouvoir d’achat et de bien-être, qu’apportera la révolution écologique.

- La Force Citoyenne pour mettre en place une véritable politique industrielle, qui donnera un nouvel élan au désir d’entreprendre pour tous ceux qui veulent créer, et qui fera reculer les déficits et les dettes.

- La Force Citoyenne pour aider nos entreprises à anticiper, à innover, à accéder plus facilement au crédit par une banque publique d’investissement.

- La Force Citoyenne pour soutenir les formes coopératives de production, et de ce que l’on appelle les circuits courts qui permettent aux paysans de recevoir le juste prix (Applaudissements, acclamations) de leur travail, sans qu’il soit confisqué par les circuits de distribution.

- La Force Citoyenne pour ne pas accepter que la santé et que l’hôpital public soient sournoisement privatisés pour rapporter de l’argent aux assurances privées  (Applaudissements, acclamations) par une privatisation rampante qui remet en cause le droit d’accès égal aux soins et les conditions de travail des personnels soignants.

- La Force Citoyenne pour défendre, en l’améliorant, notre système de protection sociale que convoitent les assurances privées, qu’ils s’agissent de la retraite ou de la dépendance. Regardez donc le nom des personnes qui possèdent ces fonds de pensions et ces assurances privées. (Applaudissements, acclamations, « Bravo ! »)

- La Force Citoyenne pour penser un nouvel équilibre des temps de la vie familiale, de la vie professionnelle. Des temps de formation et de repos, des temps de culture et de loisirs.

- La Force Citoyenne pour remettre l’école au cœur de la République  (Applaudissements, acclamations) car là doit être le premier investissement de la nation et la plus exigeante de ses obligations de résultat pour l’égalité des chances et pour la lutte implacable contre toutes les formes de violence scolaire.

- La Force Citoyenne pour remettre d’aplomb le fonctionnement de nos institutions, d’en bannir la confusion des rôles et des genres, et de veiller à l’équilibre des droits et des devoirs de chacun.

Oh, je pourrais allonger la liste, tant il y aura de choses à faire.

Mais mon propos ici n’est pas de dresser un catalogue. C’est de donner un sens profond à la citoyenneté politique. Les propositions concrètes je les fais, vous le savez, à chaque réunion de travail, sur le terrain, et à chacune de nos Universités Populaires.

 

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(@Frédérick Moulin)

Mais je voudrais quand même dire un mot aux jeunes, à tous les jeunes, à leur éducation, à leur emploi. J’ai proposé dans le projet des socialistes que nous en fassions une grande cause nationale, comme j’en ai fait une grande cause régionale, pour que chaque jeune ait une bonne raison de se lever le matin et de faire un effort. Mais je veux vous dire aussi à vous les jeunes, sans démagogie, la responsabilité qui est la vôtre. Je veux que vous soyez respectés et accompagnés, dans l’éducation et vers l’emploi. Je veux que cesse toute forme de discrimination, et que la République considère à égalité tous ses enfants, d’où qu’ils viennent.

Mais vous aussi les jeunes, vous avez une responsabilité à prendre, et je ne tiens pas de discours larmoyant ou condescendant à l’égard de la jeunesse. Je vous demande de prendre vos responsabilités, et de vous comporter avec respect dans la société qui, demain, vous tendra la main, car il n’y a pas de droit sans devoir. Je ne veux pas vous plaindre  (Applaudissements), mais vous motiver, vous dire que pour réussir vous devez travailler, et travailler dur, et d’abord à l’école. Faites-le, dites-le à vos frères et sœurs, on n’a rien sans effort, (Applaudissements) vous le savez parfaitement. Je veux vous dire surtout que ce travail et cette réussite ne sont pas seulement importants pour vous et pour votre avenir, c’est déjà considérable. Mais je veux vous dire que ce que vous ferez de votre éducation compte dans l’avenir de notre pays. Oui l’avenir de la France dépend en partie de vous.

Tout le travail et les talents de la France métissée doivent nous faire avancer. (Applaudissements, acclamations)

 

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(@Frédérick Moulin)

Et vous toutes et tous, jeunes Français qui habitez dans les quartiers populaires, pour lesquels on attend toujours le plan Marshall, annoncé, là aussi, à grand renfort d’annonces. Vous tous, dont les parents, les grands-parents et mêmes les arrière-grands-parents sont nés ailleurs, mais qui sont venus aider à la libération de la France puis à son développement économique, ne vous sentez pas exclus par notre drapeau à trois couleurs. Ce drapeau, c’est aussi le vôtre. (Applaudissements, acclamations) Soyez-en fiers et soyez-en dignes. Je sais qu’en apprenant qu’ici j’allais reprendre à l’extrême droite le drapeau français, certains dans les quartiers ont été inquiets, ils me l’ont dit, ils m’ont écrit, ils ont communiqué avec moi sur internet. Eh bien je vous le dis très clairement, soyez fiers et soyez dignes de ce drapeau tricolore car c’est aussi le vôtre, et la France a besoin de vous, comme elle a besoin de tous ses talents, et de toutes ses intelligences. (Applaudissements, acclamations, puis scandé par la salle « Ségolène, présidente ! »)

Et c’est pourquoi, je le dis ici fermement, la fierté du drapeau français et de l’hymne national chanté et hissé devant des millions de spectateurs lorsque nos équipes gagnent, ne peut absolument pas tolérer des quotas de couleurs dans les centres de formation. (Applaudissements, acclamations)

Et puis vous le savez, les discriminations ne vont pas disparaître du jour au lendemain. Ce n’est pas vrai. Eh bien, au risque de vous surprendre, là non plus, je ne veux pas vous plaindre pour ne pas vous enfermer dans un statut de victime. Et je vais vous surprendre plus encore. Saisissez cet obstacle des discriminations, regardez-le en face, et franchissez-le. On ne veut pas vous embaucher à cause de votre nom, de votre adresse ou de la couleur de votre peau ? Et bien regroupez-vous, et créez vous-mêmes votre activité et votre petite entreprise. Ce ne sont pas les idées qui manquent. (Tonnerre d’applaudissements et d’acclamations)

 

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(@Frédérick Moulin)

Partout où je suis passée dans les quartiers populaires et dans ma région, j’en ai eu la preuve de ces énergies, de ces talents, de cette volonté d’avancer et bien sûr souvent, c’est la confiance qui n’est pas là, c’est la banque qui n’est pas au rendez-vous, c’est le crédit qui manque, c’est le coup de pouce initial. Eh bien nous créerons dans tous les quartiers populaires, que ce soit dans les villes ou dans le milieu rural où il y a aussi beaucoup de potentiel et beaucoup de pauvreté, et beaucoup de discrimination à l’égard des jeunes, dans le milieu rural. Nous créerons partout des Bourses Désirs d’Entreprendre pour que ceux qui subissent cette discrimination et qui veulent aller de l’avant puissent le faire. (Tonnerre d’applaudissements et d’acclamations)

L’autre jour, j’étais je crois dans un quartier de Nanterre et où j’ai rencontré des jeunes qui s’acharnaient à créer leur entreprise, qui avaient toutes ces difficultés, et qui me disaient « mais avec la couleur de notre peau, de toutes façons on trouve pas de clients ». Eh bien il faudra que cela change, parce que c’est votre volonté de créer et de préparer le tissu économique de demain. Partout sur ces territoires oubliés de la République, c’est ce qui fera la reprise économique de la France, vous verrez, vous me dites que vous n’en êtes pas capables. Moi je vous dis que vous en êtes capables, je vous aiderai à le faire et vous le ferez !

 (Tonnerre d’applaudissements et d’acclamations, puis scandé par la salle : « Ségolène, présidente ! »)

Oui, ne vous plaignez plus, agissez et combattez. Rejoignez la force citoyenne, et d’ailleurs n’oubliez jamais que d’autres discriminations frappent, aliènent, humilient. On en parle moins souvent, je voudrais quand même en dire un mot. On les appelle les minorités invisibles, figurez-vous. Les personnes d’abord en situation de handicap qui viennent de dénoncer par la voix de l’Association… (Début d’applaudissements) écoutez cela ! Qui viennent de dénoncer par la voix de l’Association des paralysés de France, d’habitude très modérée, qui viennent de dénoncer la faillite de la politique actuelle et la cruauté de la dégradation de leur condition. Eh bien, je redonnerai, je donnerai aux personnes en situation de handicap la place et la visibilité dans la société française auxquelles ils ont droit. (Tonnerre d’applaudissements et d’acclamations)

 

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(@Frédérick Moulin)

Autres minorités invisibles : les femmes seules, mères de famille, qui sont comme vient de le montrer l’incroyable enquête sociologique des mères seules, mères de familles qui travaillent,  et qui sont au travail, à cause de leur fragilité, les proies du harcèlement moral et sexuel sur le lieux du travail. Tout cela aussi sera dit et les combats seront menés.

Je voudrais vous parler aussi des travailleurs, et surtout des travailleuses âgées, dont on ne parle jamais, que l’on pousse vers la sortie et qui partent en rasant les murs parce qu’elles ne correspondent plus à la norme. (Applaudissements) Les personnes âgées parce qu’elle ne vont pas assez vite. Les personnes âgées qui s’étaient vues promettre, souvenez-vous, en 2007, 25% de hausse des retraites, et qui se retrouvent aujourd’hui, majoritairement des femmes, dans le dénuement le plus complet, et dans l’insécurité la plus globale parce que tous les services publiques reculent, et en particulier parce que l’accès à l’égalité de la santé s’effondre.

Et enfin, mais il y en aurait d’autres, des minorités invisibles, mais je vous en parlerai la prochaine fois, les enfants qui échouent à l’école, très tôt, qui n’ont pas eu la chance d’être encadré par une autorité parentale structurante, qui sont traités de bons à rien, ce qui les rend prêts à tout et à n’importe quoi. À tous ceux-là, qui ne sont plus ni écoutés, ni entendus par personne, qui se demandent si la République française à encore un sens, s’ils vont trouver une main à laquelle se raccrocher, à tous ceux-là je dis que la République française fera son devoir d’intégration pour que chacun fasse le sien. (Applaudissements) Et qu’en contrepartie de chaque soutien, c’est un effort qui sera demandé à l’effort collectif, pour que chacun puisse assumer ses responsabilités à égal de droits et de devoirs. Voilà la réalité, voilà la France. (Tonnerre d’applaudissements et d’acclamations)

Chers Amis,

Nous allons dans quelques secondes nous séparer, mais n’oubliez pas la mission que je vous ai confiée, car il y a beaucoup à réparer, beaucoup à inventer, beaucoup à transformer. La tâche est exaltante lorsque l’on a comme vous, puisque vous êtes là, l’amour de son pays, et qu’on ne consent ni à son abaissement, ni à ses déchirements.

Soyons prêts à relever la France dans la fidélité aux valeurs de la République. D’autres l’ont fait, dans des circonstances infiniment plus difficiles.

 

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(@Frédérick Moulin)

Ces valeurs auxquelles nous sommes attachés ne furent jamais affaire de routine, mais toujours de vigilance, car comme le disait François Mitterrand, c’est à lui que reviennent les dernières phrases que je voudrais partager avec vous. Comme le disait François Mitterrand :

« Il n’est de révolution pour la justice que permanente ». Mais comme, il ne manquait pas d’humour, je veux aussi, avant que vous ne repartiez, vous livrer ces deux phrases que j’aime beaucoup. D’abord l’une, très sérieuse, qui est dans la continuité de ce que je viens de dire : « C’est dans les moments les plus difficiles, que l’on doit faire preuve de la plus grande force morale », souvenons-nous en.

Et il disait aussi ceci : « En bon Charentais, je mets longtemps à me décider, mais quand je me décide alors je vais vite. ». Et il disait ceci : « Nous sommes au début d’une bataille, et comme en sport, seul le résultat final compte. » (Tonnerre d’applaudissements et d’acclamations)

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12 mai 2011 4 12 /05 /mai /2011 22:09

 

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Message Facebook de Ségolène Royal du lundi 9 mai 2011 à 16:42

Déjeuner dans un restaurant solidaire, aidé par la Région, créé dans une friche et tout le temps plein, dans le quartier du Clou Bouchet à Niort. Rencontre avec des associations : conditions difficiles, mais des projets, des idées, de la volonté et du courage. Dans ce quartier, la Région finance un potager familial. D’autres entreprises sont en voie d’être créées.

 

Ségolène Royal
Déjeuner dans un restaurant solidaire aidé par la Région, créé dans une friche et tout le temps plein, dans le quartier Clou Bouchet a Niort
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12 mai 2011 4 12 /05 /mai /2011 14:14

 

Ségolène Royal FMitt FrédérickMoulinMEAGSR 3

(@Frédérick Moulin)

L’intervention de Ségolène Royal à l’UPP de dimanche dernier a été introduite par Dominique Bertinotti, qui a repris les résultats d’une étude récente d’Harris Interactive, sur laquelle Philippe Allard, sur ce blog, avait fait un billet bien senti : « Le portrait Harris Interactive ouvre la voie Royal ! » :

« Vous savez, il a été demandé très récemment dans une étude aux Français de tracer le portrait idéal du futur président de la République, et de définir les qualités majeures de ce futur président de la République. Et dans cette étude, vous savez ce qui est venu en tête ? C’est l’honnêteté, c’est être à l‘écoute des Français, c’est être sincère, c’est être franc, c’est être proche de son peuple : nous, nous avons la réponse, à toi Ségolène ! »


Tonnerre d’applaudissements, d’acclamations, sifflets qui fusent, puis Regarde de Barbara est diffusé tandis que la salle applaudit en rythme… la salle était chauffée à blanc, et applaudissements et acclamations ont scandé tout le discours de la candidate aux primaires socialistes, qui a duré près d’une heure : on n’était plus vraiment dans une UPP, mais plus dans une ambiance de meeting de campagne pour 2012 : c’était  !

Dans cette première partie d’une demi-heure, Ségolène Royal nous a exposé les 10 leçons d’Histoire de François Mitterrand qu’elle avait choisies : « Il a bien fallu faire des choix, tout cela n’a pas vocation à être exhaustif. ».

Frédérick Moulin

 

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Première partie jusqu'à 30 min et 30 sS. Royal : Hommage à F. Mitterrand et Force... par segolene-royal

 

 

Retranscription intégrale de l’intervention de Ségolène Royal à l’UPP du 8 mai 2011

travaillée par MEAG avec SR /F.M. pour correspondre exactement au discours prononcé

 

Chers amis,

Vous êtes venus très nombreux dans cette salle chaleureuse et parfois de très loin. Il fait jour en cette belle après-midi de mai, et je vous vois bien. Nous sommes à deux jours du 10 mai 1981, trentième anniversaire de la victoire de François Mitterrand auquel nous avons décidé, en reconnaissance, de lui accorder cette Université Populaire Participative, et ma reconnaissance va à tous ceux qui viennent à l’instant de s’exprimer et de le faire revivre à travers ses valeurs. (Applaudissements) Alors sommes-nous là par nostalgie ? Non. François Mitterrand d’ailleurs n’aurait pas aimé la nostalgie, lui qui nous poussait toujours à aller vers l’action. Y a-t-il récupération ? Mais qui peut récupérer une vie si longue, faite de tant d’épreuves, de ralentissements et d’accélérations, de chutes et de renaissances. Et quatorze ans d’exercice du pouvoir, le plus long mandat de la Cinquième République. Ce que je vous propose, au contraire, c’est d’avoir l’humilité de discerner ce qui reste d’actualité dans les combats d’hier, pour bien préparer ceux de demain. Et je ne ferai pas ce que j’entends trop au cours des jours qui viennent de s’écouler, où parfois des personnes qui ont eu un rôle somme toute fort modeste auprès de François Mitterrand, saisissent l’occasion pour parler d’eux-mêmes avant de parler de lui. Ce soir, rassurez-vous, ce n’est pas de moi que je viens parler. Mais c’est d’abord de la France.

Et comment la France peut renouer avec la promesse républicaine de Liberté, d’Egalité, de Fraternité ? Trois valeurs, trois couleurs dont vous vous êtes aujourd’hui emparés et vous avez bien fait. (Applaudissements, acclamations) Nous pourrions d’ailleurs ajouter à ces trois valeurs, celle de la laïcité et de la solidarité. En tout cas, oui, nous avons mis les couleurs de la France, car elles appartiennent à tous, et je ne veux plus que l’extrême droite s’en attribue le monopole.
 (Applaudissements, « Bravo ! »)

Car notre drapeau est né d’une Révolution qui renversa un ordre injuste, où le peuple était affamé, et privé d’instruction. Nos valeurs ont fait le tour du monde, et continuent aujourd’hui  d’inspirer les levées d’espérance à travers le monde.


Républicains, Résistants, Patriotes, refusant la soumission et l’abaissement de la France, ils furent nombreux à lutter, parfois au prix de leur vie, au nom des cette volonté d’union et d’émancipation qu’exprime notre drapeau.


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(@Frédérick Moulin)

Alors je sais que la gauche n’a pas toujours été à l’aise avec cela, parce que le drapeau tricolore a parfois été détourné par les mouvements nationalistes et xénophobes.

Raison de plus, pour ne pas leur laisser.


Et le drapeau rouge, celui des luttes sociales, et de l’amélioration de la condition ouvrière, n’est en rien contradictoire, bien au contraire, avec le drapeau tricolore, car il n’y a pas de République sans Egalité, il n’y a pas de République sans Liberté de vivre dignement de son travail et de sa retraite après une vie de labeur, il n’y a pas de République sans la Fraternité, qui s’oppose à un système économique et financier où l’Homme est un loup pour l’Homme. (Applaudissements)

Alors maintenant que vous l’avez pris, notre drapeau, ne le lâchez plus et engagez-vous pour que la République tienne ses promesses avec la force citoyenne que les Français attendent.(Applaudissements, acclamations)

Car c’est la Révolution Française qui a fait la République, et c’est la première leçon de François Mitterrand que je veux ici rappeler, et qu’il a donné dans un discours magnifique prononcé à l’occasion du 200ème anniversaire du Serment du Jeu de Paume le 20 juin 1989.


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Arrivée de Ségolène Royal à l'UPP ; à droite on distingue Delphine Batho, Pierre Bergé et Kamel Chibli (@Frédérick Moulin)

La Révolution a fait la République, disait-il, quelle leçon tirer, s’il en est une, de ce tourbillon d’événements, sinon que rien n’est achevé, que rien ne s’achève jamais. Que le combat change de forme mais pas de sens. Que de nouveaux orages surgissent du plus clair horizon, d’autres dominations se substituent à celles que l’on avait détruites, qu’apparaissent d’incessantes ruptures entre l’idéal et le réel. Il citait Victor Hugo : « « Il y a » écrivait Victor Hugo », disait François Mitterrand, « dans ce que la Révolution nous a apporté, encore plus de terres promises que de terrains gagnés ». (Applaudissements) Et d’ajouter : « Ayons une si fière façon de nous en souvenir qu’il en sorte la liberté du monde, car un peuple sans mémoire n’est pas un peuple libre. Les dictatures commencent par effacer l’Histoire des faits qui les encombrent, pour museler toute pensée, toute parole rebelle. Souvenez-vous, chaque fois que l’on a chez nous voulu brouiller la trace de la Révolution, les libertés ont été menacées.

Alors occupons la place qui nous revient, celle d’héritiers, fidèles et fiers. Déployons le drapeau », disait-il, « et donnons à la République l’élan auquel aspire notre peuple. ». Et enfin il ajoutait ceci. Je ne peux vous livrer que quelques extraits de ce texte magnifique que je vous invite à relire. Ecoutez ceci, l’actualité de sa parole :

« À grands traits, je vois dans le refus des exclusions le vrai chantier qui nous attend. La République a besoin de compter son monde : les exclus du travail, les exclus du savoir, les exclus du bien-être, les exclus de la dignité, les exclus de la santé, les exclus du logement, les exclus de la culture, doivent disposer de tous leurs droits. L’Egalité passe par là, la Liberté aussi. Il n’est pas de République sans espoir. Quant à la pauvreté, au racisme et à l’ignorance, ils sont les pires ennemis de la démocratie. Alors si les Français doutent parfois d’eux-mêmes, qu’ils écoutent la rumeur qui monte des quatre coins de la planète. Partout où l’on se bat pour l’indépendance nationale, pour le droit d’un peuple à disposer de lui-même, pour l’avènement des pays pauvres au partage des richesses, pour la liberté de penser, pour l’égalité des droits, c’est le message de la Révolution française qu’on entend et chacun dans le monde le sait. » (Applaudissements, acclamations)


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(@Frédérick Moulin)

Alors, permettez-moi ici, et vous y avez d’ailleurs pensé, j’en suis sûre, au fur et à mesure que vous entendiez ces mots puissants de François Mitterrand, permettez-moi ici de saluer au nom des mêmes principes les peuples des pays arabes qui se dressent pour être libres et avoir du travail (Applaudissements, acclamations), et tout particulièrement ceux, qui en Syrie,  subissent une répression sanglante. Est-ce excessif de penser que
 jamais François Mitterrand n’aurait invité dans nos tribunes du 14 juillet le dictateur syrien, (Huées) et aujourd’hui, au lieu de se taire, qu’il ferait comprendre au monde entier, que l’accès à la liberté et à la prospérité des peuples opprimés est une chance pour la paix et la prospérité de tous. C’est cela le message de François Mitterrand, répondre à l’espoir. (Applaudissements, acclamations)

Alors, dans les leçons d’Histoire que je voudrais partager avec vous, j’en ai choisi une dizaine dont le choix n’a pas été facile. Il y aurait tant de choses à dire. Ce que j’ai voulu identifier dans ces dix leçons d’Histoire, je l’ai dit tout à l’heure, c’est la force des valeurs qui restent puissamment d’actualité, et qui peuvent nous permettre de nous mobiliser pour l’avenir, et de comprendre à chaque fois que la cause que nous défendons est plus grande que nous, que nous sommes au service de cette cause, et que c’est bien cela qui nous fait avancer avec la force citoyenne.

La première de ces leçons, c’est la volonté, c’est la continuité de ce que je viens d’exprimer, c’est la volonté pour porter l’espoir, et vous la connaissez, cette belle phrase de François Mitterrand dans sa déclaration d’investiture :


« Il n’y a qu’un vainqueur le 10 mai, c’est l’espoir »

Et c’est ainsi qu’il a rendu hommage à ces millions et ces millions de femmes et d’hommes qui, deux siècles durant, dans la paix et dans la guerre, ont façonné l’Histoire de France sans y avoir accès autrement que par de brèves et glorieuses fractures de notre société.

Porteur d’espoir, le premier Président socialiste de la Vème République l’était, pour cet homme  âgé qui confiait, dans une place de la Bastille en liesse : « Cela fait 45 ans que j’attendais cela, depuis le Front Populaire, et maintenant, je peux revivre »


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(@Frédérick Moulin)

Porteur d’espoir, François Mitterrand l’était pour ces jeunes et ces ouvriers qui lui avaient massivement apporté leurs suffrages.

Pour ces cadres moyens et ces employés qui avaient majoritairement voté pour lui.

Pour tous ces citoyens et ces citoyennes qui avaient soif de justice.

Pour ces Républicains qui, d’ordinaire, faisaient davantage confiance à la droite, mais s’étaient cette fois détournés d’elle.

Plus d’un million de votes supplémentaires par rapport à 1974 : François Mitterrand avait eu raison de tenir bon et de garder son cap, sans jamais douter que l’histoire est aussi ce que la volonté en fait.(Applaudissements, acclamations)

Au soir de sa vie, en 1994, c’était encore le message qu’il adressait aux socialistes réunis à Liévin, au cœur du bassin minier : « La victoire », nous disait-il, « vous ne la rencontrerez que si vous la forcez. C’est une affaire de volonté, de continuité, de clarté d’esprit dans la fidélité aux engagements. La chance, c’est vous qui la forgerez de vos mains ». Voilà la première leçon d’histoire de François Mitterrand.

Et la seconde, c’est la fidélité à des valeurs solidement ancrées.

Pour qu’advienne ce 10 mai, il a fallu d’abord à François Mitterrand l’audace de croire aux chances de la gauche quand elle était au plus bas, et de rebâtir un nouveau Parti Socialiste en phase avec son temps.

Pour qu’advienne ce 10 mai, il a fallu vouloir avec la même détermination les socialistes unis et toute la gauche unie.

Il lui fallut affronter la calomnie, et avec elle, l’épreuve de la solitude, quand même les amis doutent et s’écartent.


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(@Frédérick Moulin)

Il lui fallut ne pas s’en laisser compter par les prédictions qui à un an de sa victoire, l’assignaient à la défaite. (Applaudissements)

Il lui fallut l’ample vision et la fidélité à quelques idées forces pour triompher de l’adversité et ouvrir un nouveau chemin.

Et l’essentiel, c’est la constance  frappante de convictions tôt forgées et auxquelles, quelles que fussent les embûches du moment, il ne renonça jamais : une ambition pour la France, le souci de son indépendance, un engagement européen enraciné dans l’expérience de la guerre, l’intelligence des bouleversements du monde, un socialisme de liberté et de justice sociale, qu’il voulait capable de prendre en compte les évolutions de la société.

Il le disait lui-même : « Je n’ai pas toujours été socialiste. Je le suis devenu, et cette évolution-là est plus honorable que la trajectoire inverse. » (Applaudissements, acclamations)

La troisième leçon c’est le courage de ne jamais renoncer. De la jeunesse à la vieillesse, François Mitterrand fut un homme de courage. Et même ceux qui contestent ses choix lui en donnent acte.

Courage dans les évasions, obstinément recommencées jusqu’à la réussite.

Courage dans le combat politique. Courage pour l’abolition de la peine de mort.

Courage face à la maladie.

Courage d’évoquer au Kremlin les dissidents emprisonnés, et à la Knesset le droit des Palestiniens à un Etat. (Applaudissements, acclamations)

Courage, il y aurait tant de situations à évoquer.

Courage de faire de la cohabitation, imposée par la défaite aux législatives, non pas un temps subi, mais l’amorce d’une reconquête que couronnera la victoire de 1988. (Applaudissements, acclamations)

Ce courage est nourri chez lui d’un amour de la France d’autant plus vif, qu’il l’avait connue abaissée, et ne s’y était pas résigné. « Je ne me sentais pas né », écrira-t-il plus tard, « pour vivre citoyen d’un peuple humilié ».


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(@Frédérick Moulin)

Et l’amour de la France, c’est la quatrième leçon d’Histoire de François Mitterrand.

Il ne fut jamais de ceux qui attisent les peurs. Notre pays qu’il aimait tant.

« On ne peut rien faire avec la France », disait-il, « si on ne l’aime pas.»

Il en incarnait personnellement, et en comprenait profondément bien des facettes différentes, convaincu que les contraires ne sont pas forcément contradictoires, et peuvent être complémentaires, dès lors qu’un intérêt supérieur est en jeu. Oui, il ne fut jamais de ceux qui attisent les peurs.

Il préférait en appeler « à la part noble, à la part fraternelle, à la part généreuse que le peuple français porte en lui ».

Il rappelait souvent que la France n’est jamais aussi grande, entendue, respectée que lorsqu’elle porte un message universel, et y conforme ses actes. (Applaudissements, acclamations)

La cinquième leçon d’Histoire c’est l’artisan inlassable de libertés nouvelles. Il fut l’artisan d’une extension sans précédent des libertés publiques, le défenseur sourcilleux de l’équilibre de nos institutions, les grandes lois de décentralisation, le garant intraitable de la liberté d’expression. Nous sommes plusieurs ici à nous souvenir de courtisans qui se réclamant abusivement de lui, avaient voulu empêcher  la publication d’un ouvrage critiquant les célébrations du bicentenaire de la Révolution auquel il était très attaché. Averti, il mit immédiatement le holà  à cette forme de censure indigne de l’idée qu’il se faisait du débat démocratique, fut-il très vif.

Il fut en effet le gardien d’un Etat de droit, aujourd’hui d’ailleurs malmené par celui qui nous promettait une République irréprochable.


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(@Frédérick Moulin)

Il fut le gardien de la séparation des pouvoirs, bien éloignée de leur actuelle confusion. Nous nous souvenons aussi de la parole donnée aux radios libres. Il n’avait pas hésité à accueillir au siège du PS une émission pirate qui lui valut d’être inculpé. Et nous nous souvenons aussi de la dépénalisation de l’homosexualité en un temps (Applaudissements, acclamations) où l’opinion majoritaire y voyait au mieux une maladie.

La sixième leçon, Yvette l’a dit, c’est le soutien indéfectible au combat des femmes, et au droit à l’égalité. On se souvient de l’appui qu’il apporta toujours à  ce combat, pour leur émancipation. Et Yvette Roudy a fort bien raconté dans ses écrits comment, dès la convention des institutions républicaines, elle put compter sur François Mitterrand contre un machisme ambiant qui n’épargnait pas les socialistes. Il ne savait pas tout de la condition et de la souffrance des femmes mais il savait écouter, et trancher, toujours, en faveur de l’égalité des droits.

Il nomma, en mai 81, la première femme Ministre d’Etat, puis plus tard, la première femme chef de gouvernement. Je sais d’expérience combien lui était étrangère l’idée qu’une femme fût moins capable qu’un homme. Jamais il n’aurait pensé une chose pareille.

Et nul doute, que si Yvette Roudy était encore aux responsabilités, le Pass’contraception n’aurait pas été bloqué pendant 20 ans ! (Applaudissements prolongés, acclamations, « Bravo ! »)


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Arrivée de Ségolène Royal à l'UPP (@Frédérick Moulin)

La septième leçon est la suivante. François Mitterrand avait de la tenue, de l’allure (Rires, applaudissements, acclamations, « Bravo ! ») et du charisme dans l’exercice du pouvoir.

Il avait le trait parfois féroce, mais uniquement contre les puissants. En revanche, il détestait les vulgarités de langage, les familiarités déplacées, le laisser-aller.

Il avait de la tenue dans le débat politique, et dans ses rapports avec les Français. C’était une  manière de nous respecter tout en conservant intactes sa proximité et sa curiosité pour la vie quotidienne des citoyens. Il avait le même charisme sur la scène internationale que pour s’adresser, à un paysan, fut-il de la Nièvre, ou du Salon de l’agriculture. (Rires, applaudissements prolongés, acclamations, « Bravo ! »)

Huitième leçon, François Mitterrand fut écologiste avant l’heure. Le mot n’était même pas connu. Et cela n’était pas commun non plus pour un homme de sa génération et pour un socialiste d’alors : à la différence de ceux qui n’y voyaient qu’un sujet périphérique – la protection de la nature – ou  qui s’accrochaient à  une vision dogmatique et productiviste, François Mitterrand avait déjà lui pris la mesure de l’enjeu de civilisation et du potentiel économique des questions écologiques. J’ai vu, nous avons vu avec Jean-Louis à l’Elysée l’attention qu’il y portait.

Etait-ce parce qu’il était familier d’une nature qu’il aimait passionnément contempler, qu’il était fidèle à son enfance, qu’il savait façonnée, pour le meilleur et pour le pire par le travail humain ?

Pour la filière bois et  la forêt, il a voulu la conférence Sylva.


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(@Frédérick Moulin)

Pour sauver le Marais Poitevin d’une autoroute destructrice, j’étais élue, députée des Deux-Sèvres à ce moment-là, je fus surprise de sa décision rapide et convaincue. Il connaissait fort bien la fragilité de cet écosystème unique, menacé par cette destruction. Il est venu sur place dans le petit village d’Arçais, évoquer merveilleusement les lentilles d’eau  qui se referment dans les conches, après le passage des barques qu’on appelle les plates. Il fit de la protection et du développement de cette « Venise verte », la cathédrale de verdure, le seul projet rural inscrit au nombre des grands travaux présidentiels. (Applaudissements)

Et comme Ministre de l’Environnement, où j’eus  modestement la chance de l’accompagner au Sommet de la Terre a Rio, en 1992, j’ai vu à quel point beaucoup plus que d’autres chefs d’Etats, il mesurait le risque déjà du changement climatique, en appelait à une action volontariste réunissant le Nord et le Sud dans un partage des efforts assumant les responsabilités de l’Histoire.

Contre les lobbies dressés vent debout, contre les lois et les règlements protecteurs de l’environnement, contre ceux mêmes qui, au gouvernement, relayaient ces résistances, la protection de l’environnement et la transmission du patrimoine naturel aux générations suivantes ont toujours pu compter sur son appui, et voilà quelle est là la huitième leçon d’Histoire de François Mitterrand. (Applaudissements)

La neuvième leçon, c’est François Mitterrand l’Européen visionnaire, mais lucide. On sait avec quelle détermination inflexible François Mitterrand a relancé la construction d’une Europe qu’il avait trouvée quasi-paralysée.

Je voudrais rappeler ici que sa ferveur européenne n’a jamais aveuglé François Mitterrand et qu’il avait une conscience vive, très vive de ce qui risquait d’advenir si l’Europe échouait à protéger les siens et à peser dans le monde.


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(@Frédérick Moulin)

Son volontarisme européen, et retenons cette histoire, aujourd’hui où l’Europe est si faible, son volontarisme européen allait de pair avec une grande lucidité.

Ses mises en garde sont plus actuelles que jamais.

Il connaissait la dimension tragique de l’histoire. Il savait qu’en période de crise, les occasions gâchées débouchent vite sur les implosions dangereuses, voire sur les confrontations violentes.

Une Europe déséquilibrée, livrée aux marchands, sans être suffisamment politique et maîtresse de ses choix, trop timorée en matière de progrès social et de protection due à ses peuples, s’exposerait, disait-il de manière prémonitoire, à ce que « les travailleurs détournent la tête et leurs regards absents livrent la Communauté à la solitude des mourants ». Nous y sommes, c’est dire le combat européen qui nous avons à construire. (Applaudissements)

À trop tarder, à trop tergiverser, l’Europe, prédisait-il, s’exposerait au réveil funeste des nationalismes et des xénophobies haineuses.

À voir ce qu’il en est de l’Europe du moment, solidaire à reculons, mal-aimée de ses peuples, attaquée par les marchés financiers, en proie aux crispations identitaires et aux tentations de repli, comment ne pas être frappé par la force des avertissements de François Mitterrand ?

Alors regardons, comme lui, les choses en face : le temps presse.

Raison de plus, non pour baisser les bras, mais pour redonner à la France, en 2012, les moyens de jouer, dans le contexte d’aujourd’hui, le rôle moteur que François Mitterrand voulut pour elle. À nous de redonner les moyens de peser pour une autre Europe au service de ses peuples et de leur bien-être, et non pas qui se fait contre eux. (Applaudissements, acclamations)


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(@Frédérick Moulin)

La dixième leçon de François Mitterrand que je voudrais partager avec vous, je l’ai dit tout à l’heure, il y en aurait bien d’autres. Il a bien fallu faire des choix, tout cela n’a pas vocation à être exhaustif, c’est donner du temps au temps.

François Mitterrand disait que l’Histoire n’est pas toujours au rendez-vous : il lui arrive de prendre son temps, de faire faux bond aux impatients. Mais aussi, disait-il, de surprendre ceux qui ne l’attendaient pas. Nulle boussole infaillible en la matière, car il faut à la fois, comme il y excellait, savoir laisser du temps au temps sans perdre de vue l’objectif, mais savoir  aussi empoigner l’événement quand il permet d’accélérer le mouvement pour assurer la transformation de ce qui doit l’être pour améliorer la vie quotidienne des Français, pour renforcer la force de la France, et c’est cela le cœur et la raison de l’action politique. (Applaudissements, acclamations, « Bravo ! »)

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Published by Militants de l'Espoir à gauche - dans Actualité
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12 mai 2011 4 12 /05 /mai /2011 07:54

Photo Razak[1]"Mondialistes contre nationaux", éructe avec trop de succès Marine Le Pen... Les Français redoutent la globalisation... Au grand bonheur de l'extrême droite. D'abord parce que, comme l'a écrit Ségolène Royal, "la mondialisation a échoué". Les pays pauvres se sont appauvris tandis que dans les pays développés, la mondialisation est vécue comme une menace pour l'emploi des classes populaires et moyennes. L'ex-candidate socialiste à la Présidentielle disait à  Alain Touraine, dans Si la gauche veut des idées, en 2008 : "nous devons faire objectivement le bilan de la mondialisation à ce jour" et "notre seule option est de la faire fonctionner dans le sens de l'intérêt général".

Comment faire de la mondialisation un atout pour un développement économique harmonieux,  une source d'enrichissement pour tous les peuples avec au coeur l'épanouissement de la personne humaine? Tel est l'enjeu, rien de moins.

1989 : la dite "fin des idéologies" avec l'effondremement du bloc soviétique débouchait en fait sur le consensus néolibéral de Washington... L'Organisation Mondiale du Commerce (OMC), la Banque Mondiale et le Fonds monétaire international (FMI) imposaient une stricte discipline budgétaire, le désendettement et la déflation à tout prix, la libéralisation du commerce, l'abaissement des taxes douanières, la facilitation de l'entrée de capitaux étrangers, des privatisations tous azimuts et des politiques antisociales de rigueur. C'est ainsi que le FMI, avec le Trésor américain, obtint la calamiteuse privatisation de la Sécurité sociale en Argentine. C'est ainsi que son Directeur général, Dominique Strauss-Kahn, salua les réformes libérales en Tunisie 2 ans avant la révolution puis se félicita de la suppression de l'âge légal de la retraite à 60 ans en France. Les aides accordées par le FMI sont en effet toujours conditionnées à des "ajusements structurels" prévoyant la réduction du budget des Etats et donc la saignée des services publics sanitaires, éducatifs, d'aménagement du territoire, etc.

Les pays du Sud sont les premières victimes de ce que Ségolène Royal appelle "les désordres du libéralisme". Les firmes multinationales cherchent à maximiser leurs profits en s'alimentant en matières premières au Sud. La recherche de l'avantage compétitif a condamné des régions entières à une hyper-spécialisation artificielle. Les productions locales disparaissent, les savoir-faire et les solidarités traditionnelles aussi, le potentiel éco-industriel de la croissance verte reste lettre morte. Désindustrialisation massive, délocalisations, développement inégalitaire de l'économie de la connaissance et du secteur tertiaire, course à la consommation dans les pays dits développés, production manufacturière et exploitation des travailleurs en Asie, exploitation des matières premières en Afrique : toujours plus d'inégalités ici, d'écarts salariaux béants là, de chômage et de pauvreté, de misère ailleurs, d'exploitation et de pillage, de gaspillage et de pollution. Les grandes puissances font preuve d'un protectionnisme implacable face aux pays du Sud.

En outre, la financiarisation du capitalisme a déconnecté la finance de l'économie réelle, la recherche du profit immédiat à l'intérieur d'une bulle spéculative tentaculaire fait prévaloir les intérêts boursiers sur la valeur travail. En 1996, dans La vérité d'une femme, Ségolène Royal s'indignait déjà : "peut-on, par exemple, accepter plus longtemps le cynisme de la logique boursière, récemment illustrée par cette action Moulinex qui monte de 21% dès que la suppression de 2600 emplois est annoncée?". Les "licenciements boursiers" sont légion tandis que les délocalisations se multiplient, la main-d'oeuvre exploitée dans les pays pauvres promettant d'augmenter encore les profits et donc, les dividendes des actionnaires. Après le Mexique, la Russie, l'Asie du Sud-Est, c'est des Etats-Unis d'Amérique que la dangerosité de ce système apparaît dans toute sa perversité. En 2008, la crise des prêts hypothécaires – subprimes – a jeté à la rue des milliers d'Américains endettés tandis que les banques en faillite étaient partout renflouées par les contribuables. "Cette crise, déclarait Ségolène Royal à Athènes, est [...] une preuve de l'échec de la régulation par elle-même". Et pourtant, en France notablement, les règles du jeu n'ont pas changé et les grands dirigeants des banques et autres traders, comme les grands patrons, continuent de s'engraisser en jouant l'argent ou le labeur des plus modestes d'entre nous...

Les calculs abstraits des experts-économistes enfermés dans leurs laboratoires ont en vérité des effets humains, sociaux et politiques dévastateurs. Les "révolutions arabes" ont un terreau social évident. Etre diplomé et au chômage pendant des années est devenu courant. Les contrées les plus pauvres se sont appauvries, les infrastructures économiques ou technologiques dont elles auraient besoin ne s'érigent pas, faute d'argent public et les portes du marché occidental leur demeurent fermées trop souvent. Le scandale du prix des médicaments est peut-être l'illustration la plus cruelle de l'immoralité de laboratoires en quête de profits juteux. La stabilité géopolitique de régions entières peut même être remise en cause, tant par le règne d'intérêts prédateurs que par le maintien de conditions de "survie" intolérables. Les "migrations de la misère" en sont la conséquence évidente. Tout comme la montée des fanatismes politico-religieux.

Au Nord, en Europe et en France, la crise économique a été accélérée par la dernière crise financière et accompagnée par les mesures de la droite au pouvoir. Elle provoque des dégâts sociaux incommensurables. La misère de masse se répand, les classes moyennes dégringolent, l'angoisse monte et les frustrations concomitantes d'une société de consommation éhontée provoquent une indéniable montée du nihilisme et des violences. Le chômage structurel n'est absolument pas combattu par le gouvernement. Selon l'Observatoire des inégalités, entre 1996 et 2006, les 10% des salariés les moins bien payés avaient gagné 131 euros de plus, les 0,1% les mieux rémunéré 5426... Une société oligarchique semble se mettre en place. Le monde du travail, régi par les standards post-fordistes, par les fluxs tendus et la maximisation des profits est devenu source d'isolement et de souffrance de masse.

En conformité avec les dogmes néolibéraux de la mondialisation, les services publics sont, en pleine crise, saignés à vif. Les droits sociaux reculent, la privatisation de la Sécurité sociale est commencée tandis que le code du travail est détricoté... Partout, hormis chez les plus fortunés, la colère et le désespoir grondent. Les politiques de droite et la contamination de la social-démocratie par la greffe néolibérale, dixit Jacques Julliard, favorisent l'extrême-droite en Europe. La mondialisation semble se faire contre les peuples et le manque de radicalité des gauches de gouvernement conduit au vote protestatire ou à l'abstention. L'absence de transparence relative aux politiques économiques mondiales, décidées dans des cénacles internationaux opaques, vient s'ajouter à l'arrogance des dits "spécialistes" aujourd'hui au pouvoir. Ceux qui promettent tout et n'importe quoi avant d'expliquer qu'il faut accepter les "lois de l'économie" comme des fatalités naturelles. Le refus de Nicolas Sarkozy de procéder à un nouveau référendum remplaçant le Traité pour une Constitution pour l'Europe, rejeté en 2004, et son choix d'imposer un Traité dit simplifié mais quasiment identique, sont emblématiques de ce mépis pour le peuple.

 

Alors comment politiser, démocratiser et donc humaniser la mondialisation?

 Comment avancer vers des politiques de civilisation respectant la planète, à l'heure où le Japon connaît une catastrophe nucléaire d'une ampleur inégalée? Comment orienter la mondialisation vers l'intérêt général au-dessus des intérêts privés, claniques, oligarchiques? Tels sont les défis que Ségolène Royal est prête à relever. "Contre ce droit inventé par ceux qui s'opposent à l'intervention de l'Etat [...] il y a un autre système, c'est celui du droit des citoyens, imposé par des normes réglementaires", affirmait-elle à la veille du G 20 de 2009. Seule la réhabilitation de la puissance publique et citoyenne, seul le recours à l'Etat stratège, préventif et citoyen permettront d'ériger un "ordre  mondial juste", en imposant par la loi un frein aux désordres du néolibéralisme mais aussi en révolutionnant la notion de croissance, en l'orientant vers l'après-pétrole, le post-nucléaire ou encore l'économie solidaire. Les discours lénifiants sur la "moralisation du capitalisme" doivent laisser place à une véritable révolution des institutions mondiales. De nouveaux "indicateurs de développement humain" remplaceront enfin l'archaïque PIB indifférent aux normes sociales, environnementales et éducatives qui font pourtant aussi la richesse d'une société.

Pionnière, Ségolène Royal appelait de ses voeux, en 1996, la création d'un "Conseil de sûreté du commerce mondial". Il faudra en fait intégrer dans les règles de l'Organisation mondiale du commerce (OMC) le respect des normes sociales et environnementales", l'humain, le social et la social-écologie devant, à la source, orienter la croissance et les échanges commerciaux. Il faudra encourager une nouvelle économie en circuits courts, où producteurs et consommateurs d'une même région – pensons à la question des produits laitiers par exemple – garantissent une autosuffisance alimentaire en même temps que l'écoulement de leurs produits sans passer forcément par les grands trusts mondiaux. De même, comme Ségolène Royal réclame la régionalisation des aides publiques européennes en matière de développement économique, d'emploi et de formation professionnelle, il faudra imposer le conditionnement de ces aides et des exonérations fiscales accordées aux entreprises à de nouveaux critères sociaux, environnementaux, éducatifs et humains   – c'est déjà le cas en Poitou-Charentes.

Une Organisation mondiale de l'environnement  veillera en toute transparence à l'état de la planète, réconcililant enfin la "croissance" avec le respect de la nature. La gestion des taxes douanières devra elle aussi répondre à ces critères afin que les fractures Nord-Sud ou Ouest-Sud-Est soient réduites. Une Politique agricole commune mondiale veillera à intégrer harmonieusement les régions agricoles des pays en voie de développement. Il en va de la résorbtion du gaspillage d'un côté, de la misère voire de la disette de l'autre. L'enjeu est aussi de prévenir tout risque de crise alimentaire.

De même, le FMI et la Banque mondiale devront devenir "des instruments au service du développement humain". Mettre fin aux funestes politiques de rigueur et au contraire créer une "Banque mondiale de l'investissement" permettraient de remettre la finance au service de l'économie réelle et donc d'un travail reconsidéré à sa juste valeur. Au niveau national, les prêts d'une Banque nationale d'investissement seront orientés vers les PPE, les PME, les entreprises stratégiques, innovantes et respectueuses de normes sociales et environnementales.  Comme l'a relevé Ségolène Royal dans Obama, Lula, Forum social, dix leçons convergentes, le système bancaire doit être remodelé. Les tarifications bancaires seront ajustées, à commencer par l'annualisation des agios. Les missions de dépôt et d'investissement dans l'économie réelle seront découplées des activités spéculatives. Des règles prudentielles strictes seront mises en place, les intérêts d'emprunts encadrés pour lutter contre le surendettement, le micro-crédit social gratuit sera développé. Un système bancaire universel permettra d'en finir avec l'exclusion des plus pauvres. Pour cela, il aurait fallu procéder lors de la crise à la nationalisation partielle des banques comme à l'intégration aux commandes de représentants des usagers, au lieu de dégoiser sur une chimérique "moralisation de la finance". Faire participer la finance au bien commun demandera une juste taxation des fluxs financiers avec une répartition juste et un réinvestissement  stratégiques des recettes ainsi engrangées. Ségolène Royal interdira les licenciements boursiers. L'argent qui dort dans les paradis fiscaux ne dormira plus longtemps !

Les nouvelles institutions mondiales au service de l'humain définiront, avec les Etats, les associations ou fédérations d'Etats – imaginons des Etats-Unis d'Europe en paix économique ! -, avec les ONG, les entreprises, les syndicats, les associations et les citoyens concernés, "des biens publics mondiaux" auxquels tous auront droit. Sanctuariser l'air non pollué, l'eau, l'environnement, la santé, l'éducation, l'hygiène, la protection de l'enfance et de toutes les formes de solidarités familiales, la justice, "tout ce qui est lié à la vie humaine", serait le prélude d'une politique de civilisation responsable. Des secteurs productifs entiers doivent être considérés comme non marchandisables : pensons à la prise en charge de maladies comme le sida, à la décontamination des sols, au traitement des eaux, au recyclage des déchets, etc.

Le Forum social de Belém en 2009, celui de Dakar cette année démontrent, nous dit Ségolène Royal, que des milliers de citoyens venus de plus de cent pays différents ont soif de participer à l'élaboration de ces grands chantiers. Comme à l'échelle d'une région ou d'un Etat, tel le Brésil, la démocratie participative, alliant local et global, peut être le moyen de passer enfin de la seule mondialisation économique à la mondialisation politique et citoyenne. Une planification participative des investissements régionaux prioritaires devra permettre de revigorer, au plus près du tissu productif et des bassins d'emplois, les économies locales, régionales, le tout dans la dynamique d'une politique éco-industrielle nationale, continentale voire internationale. De même, les co-partenariats régionaux, infra-étatiques, échappant à la corruption ou aux lenteurs bureaucratiques des Etats, devront se multiplier à travers le monde, dans une logique égalitaire, "donnant-donnant". A chaque fois, l'intérêt général prévaudra sur les intérêts particuliers ou claniques.

La prévention des conflits liés à l'exploitation des ressources naturelles – on sait que l'eau est déjà un enjeu géopolitique majeur – sera aussi au coeur des actions, des décisions et des politiques de ces nouvelles organisations garantes d'une "chose publique mondiale".

Ces grands chantiers d'avenir que Ségolène Royal a ouverts dans sa Région - pensons au partenariat agro-éco-industiel noué entre le Poitou-Charentes et la région sénégalaise de Fatik - au plan national, comme ministre de l'Environnemnt, au plan international à la vice-Présidence de l'Internationale socialiste, tous ces chantiers doivent être d'urgence accélérés. Dans un monde multipolaire et désoccidentalisé, des Etats-Unis d'Europe doivent se constituer pour compter et agir de concert comme partenaires de l'Afrique, de l'Inde, des Etats-Unis et de toutes les autres "régions-monde". Il en va de la lutte pour la dignité humaine et pour l'égalité des droits et des devoirs, de la réconciliation des peuples, de la lutte contre les tentations xénophobes ou protectionnistes, de la paix aussi. Il s'agit de saisir, à l'heure d'Internet, les formidables opportunités d'une alter-mondialisation respectueuse de nos précieuses ressources naturelles. Il en va d'un co-développement humain, économique et social harmonieux, plus fort parce que plus juste, dans le respect de chacun et des autres. Il en va de l'affiliation des plus pauvres – populations et pays - à une mondialisation politique, démocratique et citoyenne. En 2012, avec Ségolène Royal, les Français n'auront plus peur d'une mondialisation qui deviendra, au lieu d'une menace, un atout.

Tel est le défi d'un "ordre mondial et internationl juste" et d'une mondialisation citoyenne !

 

José-Raphaël Lévy-Cochaud

 

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