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19 mai 2011 4 19 /05 /mai /2011 19:46

 

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Ségolène Royal au milieu des agriculteurs à Aslonnes (Vienne) ; à gauche, le conseiller régional et agriculteur durable Benoît Biteau

Ségolène Royal pallie aux carences d’un Etat impotent et apporte des aides d’urgence aux agriculteurs et aux éleveurs désespérés, propose « un nouveau modèle agricole ». Des agriculteurs de la Région Poitou-Charentes, par leur ingéniosité, développent une agriculture durable, économe en eau et respectueuse de la préservation de cette ressource et de sa qualité, jusqu’au sein du Conseil régional, où, avec le conseiller Benoît Biteau, un nouveau modèle agricole, de fait, émerge.

La politique par la preuve, une fois de plus, est illustrée de manière éclatante en Poitou-Charentes. Que fait l’Etat pendant ce temps ? Rien. Il est inerte.

Ce soir, le site de la Région Poitou-Charentes annonçait :

« Ségolène Royal s’est rendue le jeudi 19 mai 2011 dans une exploitation à Aslonnes dans le sud Vienne, particulièrement touché par la sécheresse. Elle a annoncé que la Région Poitou-Charentes prenait ses responsabilités avec un plan d’actions et des premières mesures d’urgence :

- la mise en place d’un fonds d'aide d’urgence aux éleveurs et de soutien aux cultures beaucoup plus résistantes à la sécheresse de 5 millions d’euros, dont la première action sera la prise en charge de l’achat du fourrage et des frais de transport.

- la mise en place d’un numéro vert : 0800 009 086. Ce numéro vert s’adresse aux éleveurs qui ont besoin de fourrage ; aux agriculteurs et aux personnes (collectivités, entreprises, associations et particuliers) qui ont des surfaces de fourrage à offrir. »

Et sur Facebook (13:11) et Twitter, Ségolène Royal tapait :

 "Réunion avec les éleveurs sur les conséquences dramatiques de la sécheresse. Pourquoi tant d'inertie du gouvernement alors que nous avons, en région Poitou-Charentes, fait remonter des alertes sur le niveau très bas des niveaux d'eau dès le mois de janvier ? Je vais annoncer plusieurs décisions."

 

Ségolène Royal
Échanges avec 80 agriculteurs chez un éleveur victime de la sécheresse en Vienne. La Region décide d'un fonds d'urgence pour les éleveurs.

 

 

Ségolène Royal
À condition que le gouvernent bloque enfin le prix du fourrage, de la paille, et réquisitionne les céréales spéculatives à l'exportation.


 

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Déjà, mercredi 11 mai, Ségolène Royal se prononçait « pour un nouveau modèle agricole » et dénonçait dans un communiqué sur le site de la Région Poitou-Charentes, l’inaction du gouvernement face à la sécheresse qui touche en premier lieu, en France, les 4 départements de la Région, alors que le ministre de l’Agriculture visitait une ferme dans la Vienne :

« Alors que les nappes d'eau souterraine et les rivières sont à un niveau très bas et que la sécheresse touche durement les territoires, notamment en Poitou-Charentes, le gouvernement continue de soutenir une agriculture toujours plus dépendante en eau, en pesticides et en engrais de synthèse. Il s’agit d’un modèle agricole, dont les orientations sont fixées par l’Etat, qui ne survit qu’avec de l’argent public, mais dont la société ne veut plus. Cette agriculture forte consommatrice d'eau impacte aussi dans notre région les productions conchylicoles sur le littoral et les capacités touristiques.

Je demande au gouvernement de prendre la réelle mesure de son échec et de s’engager fortement dans la promotion d’une agriculture responsable, plus respectueuse de la ressource en eau et de l’environnement, saine et de qualité. Il n'est plus temps "d'évaluer" les conséquences de la sécheresse dans l’agriculture, mais de mettre en place des actions concrètes et efficaces, notamment en matière de désirrigation. Chaque printemps, depuis plus de 10 ans, la situation dégradée de la ressource en eau se répète en Poitou-Charentes, malgré les alertes et les propositions des associations environnementales et de la Région. L'Etat n'anticipe pas : pour 2011, dès cet hiver, les indicateurs des nappes d'eau souterraine étaient au rouge. La mutation écologique de l'agriculture doit être engagée maintenant. Les agriculteurs la demandent, les collectivités la veulent, les citoyens la soutiennent et ont déjà mis en place des actions concrètes, c'est désormais au gouvernement d'agir. »

Le ministre de l’Agriculture, Bruno Le Maire, n’avait alors pris aucune mesure d’urgence concrète, en dehors de l’autorisation pour les éleveurs de récolter des fourrages sur les jachères pour nourrir les animaux, notamment rien sur « la maîtrise du prix des aliments du bétail », et, bien sûr, absolument aucune mesure à moyen et long terme ou de vigilance, de surveillance, d’anticipation et de prévention.

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Communes soumises à restrictions d'eau au 14 mai 2011

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Communes soumises à restrictions d'eau au 19 mai 2011

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Lundi 16 mai, l’AFP reprenait l’information, ajoutant :

« [Ségolène Royal] a estimé que face à l'inaction et l'inefficacité du gouvernement, les acteurs de terrain se tournent vers les collectivités locales. Elle a ajouté que la Région Poitou-Charentes prenait ses responsabilités et réunirait cette semaine les acteurs pour identifier les mesures régionales à mettre en place dans les tout prochains jours. »

Hier mercredi 18 mai, Ségolène Royal, comme l’Etat restait inerte, a donc décidé d’aller sur le terrain et de rendre visite à une ferme dans la Vienne aujourd’hui jeudi 19 mai, comme elle l'indique dans ces messages Facebook (12:59) et Twitter (15:56 et 15:57) :

"Grande souffrance des agriculteurs-éleveurs. La sécheresse après la crise des prix, la situation est très grave. Envoi des troupeaux à l’abattoir faute de fourrage. Je serai demain dans une ferme de la Vienne. Les alertes ont été données. Inertie et manque d’anticipation du gouvernement scandaleux."

 

Ségolène Royal
Les agriculteurs-éleveurs envoient leurs troupeaux à l’abattoir faute de fourrage. Je serai demain avec eux dans une ferme de la Vienne.

18 May via web


 

Ségolène Royal
Grande souffrance des agriculteurs-éleveurs. La sécheresse après la crise des prix. Inertie et manque d’anticipation du gouv. scandaleux.
18 May via web


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Mardi 17 mai, le JT de 13h sur France 2 nous révélait l’intelligence citoyenne et écologique de certains agriculteurs de Poitou-Charentes, qui n’ont, heureusement, pas attendu Bruno Le Maire pour se prendre par la main et entamer leur révolution agricole durable, et leur adaptation à la sécheresse.

Le premier cas exposé était celui de Benoît Biteau, agriculteur de Charente-Maritime, mais aussi – et ce n’était pas précisé sur France 2 – conseiller régional PRG appartenant donc à la majorité régionale menée par Ségolène Royal. Aux régionales de mars 2010, il était 3ème sur la liste de la Charente-Maritime, juste après Françoise Mesnard.


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Benoît Biteau est un membre actif de l’ARDEAR Poitou-Charentes (Association pour le Développement de l’Emploi Agricole et Rural), et donc du réseau InPACT PC (Initiatives pour une Agriculture Citoyenne et Territoriale Poitou-Charentes), et de la Confédération Paysanne. Il a repris en 2007 la ferme de son père, 180 hectares cultivés jusqu’alors en monoculture de maïs, sur le bassin-versant de la Seudre, en amont du bassin ostréicole de Marennes-Oléron.

Il a réorienté complètement le projet de la ferme : abandon de la monoculture de maïs irriguée, conversion à l’Agriculture Biologique, rotations longues, sorgho présent dans l’assolement, agroforesterie, élevage de races animales menacées : chèvres poitevines, vaches maraîchines, juments poitevines mulassières, baudet du Poitou, installation d’un maraîcher sur quelques hectares de la ferme.

Un projet atypique pour la profession. 2 ans plus tard, le ministère de l’Agriculture a reconnu le sérieux d’un « travail d’aménagement du territoire citoyen et responsable » en lui attribuant le Trophée de l’Agriculture Durable 2009.

Le 9 février 2010, Benoît Biteau parlait de son engagement auprès de Ségolène Royal et, déjà, de la gestion de l’eau et des risques de pénurie ; sur ses motivations pour briguer un mandat de conseiller régional, il expliquait :

« Elles sont multiples. Mon engagement vers une forme d’agriculture un peu différente a retenu l’attention de Ségolène Royal. Pratiquer une agriculture responsable, c’est respecter l’environnement et la ressource en eau. C’est aussi tenir compte des contribuables puisque cette activité, soutenue par la PAC, est alimentée par des fonds publics. Avec 55 milliards d’euros, l’agriculture représente 43% du budget de l’Europe. Aujourd’hui, on constate que les attentes de la population ne concordent pas avec l’agriculture qui est généralement pratiquée. Les élections régionales sont l’occasion d’ouvrir le débat. Ségolène Royal est favorable à une agriculture solidaire et équitable.

Les trois axes qui me tiennent à cœur sont l’agriculture, l’environnement et la gestion de l’eau. En ce qui concerne la ressource en eau, le niveau actuel des nappes est correct, mais est-ce une raison pour que les volumes prélevés atteignent les proportions que l’on constate ? Tous les scientifiques – BRGM, Solagro, ministère de l’Environnement – s’accordent sur une réalité : le bassin moyen et en aval de la Seudre est nul. Or, on continue à prélever sans se soucier de ces études. Et que dire de l’ostréiculture qui pâtit de l’irrigation, voire qui agonise...


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Quand on s’engage dans la vie politique, il faut être à l’écoute de citoyens. C’est ainsi que je conçois mon engagement. Il ne faut pas gaspiller l’argent public sur des projets qui sont aux antipodes de l’attente citoyenne. Je pense en particulier aux réserves de substitution que finance le Conseil général [de Charente-Maritime, dirigé par l’UMP, NdlR]. Il s’agit de creuser des cuvettes de plusieurs mètres de profondeur et d’élever des digues sur des parcelles de dix à douze hectares. Les cuvettes sont recouvertes de bâches et l’eau vient des forages. On légitime cette démarche pour des motifs économiques. En fait, elle sert en premier les maïsiculteurs. Ces réserves sont financées à 70 % par de l’argent public et le Département apporte 16 millions d’euros. Si on cumule, on doit être à 50 ou 60 millions d’euros pour la Charente-Maritime. La maïsiculture, soutenue par des fonds publics, est une économie plus que discutable et pourtant, on va encore lui apporter une aide. »

Mardi dernier, dans le JT de 13h de France 2, il déclarait :

« Ici on est dans une parcelle qui était intégralement cultivée en maïs, moi je fais d’autres productions, là cette année je vais faire du sorgho, et sur la partie basse, j’ai installé des prairies pour y développer de l’élevage. »

« Pas question de cultiver 110 hectares de maïs comme son père. », commentait la journaliste de France 2.


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Champ de maïs en Charente-Maritime actuellement : le maïs résiste mal à la sécheresse

Et pour cause : le maïs cumule tous les inconvénients pour ce qui est de la ressource en eau : il nécessite énormément d’eau, au plus mauvais moment – le maïs est une culture d’été, quand l’eau manque le plus,  contrairement aux autres céréales qui sont semées à l’automne ou au printemps. De plus, il a besoin de nutriments, et si le sol n’est pas riche, il nécessite des doses importantes d’engrais. Enfin, le maïs est fragile : il est attaquées par plusieurs insectes dont la pyrale, par des champignons (charbon du maïs), et a donc besoin de doses importantes de pesticides et de fongicides : tous ces additifs polluent les ressources en eau.


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Sorgho

Le sorgho, à l’inverse, d’origine africaine, dispose d’un appareil racinaire plus profond qui lui permet de mieux résister à la sécheresse ; il est beaucoup utilisé comme fourrage pour les animaux d’élevage (sorgho fourrager), mais aussi comme céréale (sorgho grain), utilisé en Occident dans les biscuits pour le goûter, ou pour moitié dans « l’herbe à chat » commercialisée. Loin d’être une céréale de second rang,  elle est la 5ème céréale mondiale après le maïs, le riz, le blé et l’orge, mais devant l’avoine et le seigle. Preuve qu’elle est importante : les premiers producteurs de sorgho grain sont les Etats-Unis, qui sont seconds producteurs mondiaux de sorgho fourrager, derrière l’Argentine et ses troupeaux bovins.

France 2 poursuit : 

« Benoît Biteau pratique la rotation d’autres cultures, moins gourmandes en eau. Et dans ses champs, il associe des rangées d’arbres tous les 28 mètres, comme ici au milieu des pois. Résultat, une parcelle mieux irriguée qui produit 5% de plus. »


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Un arbre tous les 28 mètres : il semble s'agir de robiniers ou faux-acacias, qui enrichissent la terre naturellement, en fixant dans des nodules sur les racines l'azote atmosphérique!

Benoît Biteau explique :

« Tous ces systèmes racinaires d’arbres va remplir le rôle de pompe à eau, c’est-à-dire que ces racines très en profondeur vont remonter l’eau, et vont rendre cette eau disponible pour que les cultures puissent la valoriser derrière. »


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En Région Poitou-Charentes, un tiers de la surface cultivée l’est en maïs, 10 fois plus qu'en 1939.

En Région Poitou-Charentes, un tiers de la surface cultivée l’est en maïs. Aujourd’hui, en France, la culture du maïs est 10 fois plus importante qu’en 1939. Une aberration pour Benoît Biteau qui prend pour exemple la station de pompage que son père a installé au pied d’un petit cours d’eau.


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Une pompe de la station de pompage installée par le père de Benoît Biteau

« On a 4 forages qui sont répartis un peu partout autour de la station de pompage qui est là, qui est la station de pompage qu’utilisait mon père pour irriguer du maïs, et ces 4 points de captage-là impactent lourdement cette ressource-là, ce qui fait qu’aujourd’hui on est à la veille d’un ‘à sec’ complet de ce cours d’eau. »


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Benoît Biteau : "On est à la veille d’un ‘à sec’ complet de ce cours d’eau"

 

Ailleurs en Charente-Maritime, pour certaines cultures de fruits et légumes, il existe aussi des techniques pour limiter la consommation d’eau.


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Avec ses tomates, ses courgettes ou ses salades, Kristen Piel, maraîcher pratique le goutte à goutte :

« Donc il y a un goutte à goutte à chaque salade pratiquement, et on arrose pendant une demi-heure, une heure. Il faut savoir que les goutte à goutte, eh bien c’est 3 litres d’eau par goutte à goutte et par heure, donc contrairement à un système en aspersion, eh bien, on économise la moitié en eau, quoi, sur les cultures. »


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Moitié moins d’eau pour le maraîcher, mais 20 fois moins d’eau pour Benoît Biteau, qui a même décidé de fermer définitivement la moitié des forages de son père.

Ségolène Royal pallie aux carences d’un Etat impotent et apporte des aides d’urgence aux agriculteurs et aux éleveurs désespérés, propose « un nouveau modèle agricole ». Des agriculteurs de la Région Poitou-Charentes, par leur ingéniosité, développent une agriculture durable, économe en eau et respectueuse de la préservation de cette ressource et de sa qualité, jusqu’au sein du Conseil régional, où, avec le conseiller Benoît Biteau, un nouveau modèle agricole, de fait, émerge.

La politique par la preuve, une fois de plus, est illustrée de manière éclatante en Poitou-Charentes. Que fait l’Etat pendant ce temps ? Rien. Il est inerte et impotent. À un an de la présidentielle, le gouvernement n’agit plus. Vivement 2012, vive le changement !

Frédérick Moulin

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19 mai 2011 4 19 /05 /mai /2011 10:25

 

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(@Denis/REA)

Ségolène Royal a accordé une interview au magazine Les Inrockuptibles, dans son dernier numéro, sorti hier en kiosque, et qui n’existe pas en version électronique.

La candidate aux primaires du Parti socialiste fait plus que répondre aux questions des trois journalistes qui l’interrogeaient, elle esquisse les grandes lignes de ce qui pourrait être un « projet d’avenir » pour la France. Elle aborde le sujet des primaires, mais c’est une ébauche de programme présidentiel dont elle donne les pistes, un pacte qu’elle propose aux Français, en formulant de nombreuses propositions et en s’engageant à les mettre en place si elle est élue :

« En 2012, deux conceptions de l’Etat s’affronteront : celle que je défends, un Etat présent et actif  sur l’orientation de l’économie créatrice, et celle que l’on voit à l’œuvre actuellement, l’Etat inerte. »

Frédérick Moulin

PS : achetez le dernier numéro des Inrockuptibles et retrouvez les photos en pleine page et l’interview intégral ! Merci à Elisabeth pour son aide précieuse.


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les inrocks niou

"Je suis pour un Etat très volontariste dans l’économie"

Une décennie après la fameuse phrase de Lionel Jospin, "l’Etat ne peut pas tout", Ségolène Royal prône l’entrée de l’Etat dans le capital des banques et des entreprises stratégiques. Rencontre avec une candidate à la primaire du PS sereine, convaincue de créer la surprise avec ses propositions. par Hélène Fontanaud, Marion Mourgue et Thomas Legrand.

 

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(@Denis/REA)

Quel bilan faites-vous du quinquennat de Nicolas Sarkozy, à un an de l’élection présidentielle ?

Ségolène Royal – Quand on me demandait, il y a quelques semaines, de trouver quelque chose de positif dans le bilan, je citais la sécurité routière. Or comme chacun sait, le nombre de tués sur la route a considérablement augmenté à cause de la réforme du permis à points, pour céder à je ne sais quel lobby.

Mais je retiens surtout l’explosion des inégalités et par voie de conséquence la précarité généralisée, même pour les classes moyennes qui se croyaient à l’abri. Face à cette crise, on ne sent aucune volonté du pouvoir de peser sur les grands choix économiques, sociaux, écologiques qui doivent être faits. Cela a fait gravement reculer la France. Si j’avais été élue, j’aurais par exemple fait de la France, avec la révolution verte, l’une des premières puissances écologiques du monde.

Il n’est pas trop tard, c’est ce que je ferai si je suis élue en 2012, comme je l’avais proposé en 2007. Avec moi, la France aurait relevé ce défi, qui est une chance, de la mutation écologique.

Vous auriez développé les éoliennes, les énergies renouvelables ?

Oui, mais pas seulement. Tous les secteurs industriels sont concernés.

La droite a-t-elle péché par manque de volontarisme ou par manque de sincérité ?

Les deux. Une grande partie de la droite n’a pas fait sa révolution écologique comme le prouve l’abandon du Grenelle de l’environnement et la déclaration du président de la République : "L’environnement, ça commence à bien faire". Il est clair que ce gouvernement obéit à une logique ultralibérale. Il y a à la fois une forme d’incompétence et de désorganisation gouvernementales qui s’appuient sur des choix à contresens de l’histoire : par exemple les reculs dans l’éducation et la santé.

Il y a une privatisation rampante et dangereuse. En 2012, deux conceptions de l’Etat s’affronteront : celle que je défends, un Etat présent et actif  sur l’orientation de l’économie créatrice, et celle que l’on voit à l’œuvre actuellement, l’Etat inerte. Par exemple, qu’il n’y ait eu aucune contrepartie au renflouement des banques par l’Etat n’est pas acceptable. C’est de plus une occasion manquée d’aider les PME à trouver enfin les appuis bancaires à leur développement. C’est ce que je ferai.

Pensez-vous qu’en 2012 les Français retiendront ce qui n’a pas été fait, par exemple ce déficit de gouvernance, ou plutôt des mesures ou des réformes contestées ?

Les Français subissent la baisse du pouvoir d’achat, la précarité du travail, la dégradation des conditions de travail, l’affaiblissement des services publics, sans parler de l’injustice des écarts de revenus qui se creusent.

"J’autoriserai toutes les Régions

à entrer au capital d’une entreprise

privée. Il faut simplifier

le processus de l’économie mixte"

 

L’accès à la santé et à l’éducation qui paraissaient des acquis du modèle français ne le sont plus. D’où l’inquiétude et l’insécurité généralisées. Nous savons qui vous renverse et vous casse une jambe et qui vous dit : de quoi vous plaignez-vous, j’aurais pu vous casser les deux jambes, ou même pire !

Et ils attaqueront les socialistes… Ce qui nous conduit à la primaire. Pour vous, c’est à la fois une compétition de projets, de personnalités, ou les deux ?

C’est un événement politique majeur. Les choses ont d’ailleurs beaucoup évolué. Au départ, la droite dénigrait la primaire en parlant de machine à perdre. À gauche aussi, beaucoup de gens étaient contre la primaire en disant qu’il fallait choisir un candidat sérieux entre gens sérieux… Mais l’idée de la primaire a fait son chemin. Plus personne ne la conteste, en tout cas en public.

Les enquêtes ont montré que les gens avaient soif de participer. Après, combien de personnes vont venir voter ? Je pense qu’il y en aura beaucoup.

Mais, entre vous, Dominique Strauss-Kahn, François Hollande et Martine Aubry, il n’y a pas de divergences fondamentales. Cette primaire ne va-t-elle pas se réduire à un choix de personnes ?

Je ne le crois pas du tout. Je suis par exemple pour une conception de l’Etat très volontariste dans l’économie. La création d’une banque publique d’aide aux PME figurait déjà dans mon projet présidentiel de 2007 et est inscrite aujourd’hui dans le projet du PS. Sur ce point comme sur d’autres, si cela avait été fait en 2007, la crise serait moins profonde.

Martine Aubry, François Hollande l’ont repris…

Mais comme convenu, chacun fera valoir ses priorités. J’ajoute que je suis déjà passée à l’action dans la Région que je préside pour prouver que des solutions concrètes marchent, notamment dans le domaine de la croissance verte ou de l’aide au financement public des PME. C’est la politique par la preuve.

Martine Aubry va plus loin en prônant l’abandon du nucléaire.

Il faut préparer l’après-nucléaire comme il faut préparer l’après-pétrole. Mais je suggère que l’on puisse garder un ou deux réacteurs bien contrôlés, car je suis convaincue qu’il faut conserver la maîtrise de cette technologie afin de trouver une solution pour le retraitement des déchets nucléaires. J’organise un grand débat public sur cette question le 23 mai à l’université de Poitiers.

Cette entrée de l’Etat dans les entreprises, vous la chiffrez à combien ?

Avant de répondre précisément, il faudra définir quelles sont les filières stratégiques. Je l’ai fait ave Heuliez en faisant entrer la Région au capital d’une entreprise privée, exemple unique en France, pour sauver la voiture électrique. Donc je sais que c’est possible. Conformément à cette action, j’autoriserai toutes les Régions à faire de même. C’est courant en Allemagne. Il faut simplifier le processus de l’économie mixte.

Et vous appelez ça nationalisation ou pas ?

J’appelle cela entrée de l’Etat dans le capital. En voilà assez des subventions publiques ou d’exonérations de charges qui vont aux grands groupes sur lesquels l’Etat n’a aucun contrôle ! Regardez Total, ce n’est pas acceptable que l’Etat ne contrôle pas le prix de l’essence.


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(@Denis/REA)


"Si je suis élue, je ferai de la France

l’une des premières puissances écologiques du monde"

 

 

Sans dévoiler toutes les propositions, y a-t-il un autre domaine ou l’Etat pourrait être plus interventionniste ?

Il y a par exemple le conditionnement des aides aux entreprises. Avec l’interdiction pour l’entreprise de délocaliser ou de licencier si elle fait des bénéfices.

Sinon, elle rembourse toutes les aides, et même l’allègement des charges sociales sur les bas salaires. On est aujourd’hui soumis à un capitalisme financier qui exige une rentabilité à deux chiffres alors que la croissance est en panne. Rien ne s’est fait après les annonces tonitruantes de Nicolas Sarkozy sur la régulation du capitalisme financier. Barack Obama, lui, a disjoint au sein du système bancaire américain les fonds spéculatifs et les fonds liés à l’économie réelle. Nous devons faire pareil en Europe.

Vous aviez dit peu de temps après vous être déclarée à la primaire : "On verra en juin mais pourquoi Dominique Strauss-Kahn ne serait-il pas mon Premier ministre ?" C’est toujours valable ? Et l’inverse serait-il possible ?

Je répondais à une question à laquelle il n’y avait aucune raison de répondre par la négative. Avant d’aller imaginer des scénarios pour l’après-présidentielle, concentrons-nous déjà sur la primaire.

Mais vous êtes toujours dans l’état d’esprit d’un rassemblement général des socialistes après la primaire ?

C’est indispensable, sinon c’est l’échec assuré. La désunion fait la défaite, l’union fait la victoire. C’est la règle d’airain de la politique. On l’a vu en 2007.

Êtes vous rassurée sur la façon dont la primaire est organisée ?

Je serai complètement rassurée quand je connaîtrai le dispositif définitif. Il y a une commission qui travaille. Avec la hausse du prix de l’essence, si les bureaux de vote sont trop éloignés, s’il n’y en a pas suffisamment, il y aura une barrière financière et des gens ne pourront pas participer à la primaire. Je serai très vigilante là-dessus.

Que pensez-vous du climat entre socialistes dans la pré-primaire, les images des uns et des autres ? Comment voyez-vous cela par rapport à 2006 ?

On n’est pas encore dans le débat. Il y a eu la phase du projet qui s’est bien déroulée. Tout le monde a fait preuve de responsabilité. Maintenant, il va y avoir le dépôt des candidatures. Je pense que les gens attendent le débat. C’est pour cela que les sondages actuels n’ont aucun sens puisqu’on ne sait pas qui va venir voter et qui sera candidat. Ce ne sont que des effets d’image, pour l’instant.

Pensez-vous qu’on peut faire campagne de la même manière en 2011-2012 qu’en 2007 ? La technique du "prop agenda" est-elle encore d’actualité ?

Ce n’était pas une technique mais des convictions. Elles ont d’ailleurs été absorbées par le PS. J’ai eu raison avant l’heure, j’ai ouvert un chemin. En 2007, le parti était très sclérosé, je me souviens de certains socialistes disant que quand je parlais de la valeur travail, j’étais pétainiste. Cela a affaibli la gauche dans l’opinion car les gens se disaient : elle a raison mais comment va-t-elle faire si elle est critiquée par son propre camp.


"On est soumis à un capitalisme

financier qui exige une

rentabilité à deux chiffres

alors que la croissance

est en panne"

 

Cela a permis à Sarkozy de récupérer le thème de la valeur travail. Je ne cherche pas à soulever des tabous à tout prix, je veux dire des choses justes sur l’état de la société, sans rester enfermée dans les anciens dogmes. Dix-sept millions d’électeurs s’y sont d’ailleurs reconnus et au premier tour de l’élection, j’ai fait le même pourcentage que François Mitterrand au premier tour en 1981, à savoir 26%.

Mais aujourd’hui votre originalité est moins saillante ?

Vous verrez !

François Kalfon, proche de Dominique Strauss-Kahn, estime qu’il faut aller conquérir les plus de 65 ans, qui ont massivement voté pour Nicolas Sarkozy en 2007…

Mais ceux-là comme les autres ! Tout le monde peut bouger, tout le monde peut changer. Les femmes, les jeunes, les cadres, les classes moyennes. Maintenant, il y a un zapping politique. Il n’y a plus de socle électoral affermi, il y a une montée de l’individualisme et donc les gens vont regarder très attentivement ce qui va changer pour eux lors de la prochaine élection.

On sent aussi naître à gauche un discours sur la priorité à la jeunesse. Est-ce là aussi du clientélisme ou la volonté de s’attaquer à un problème qui finalement touche tout le monde ?

C’est d’abord le constat que le chômage des jeunes est le plus élevé d’Europe. Il y a un vrai déclassement des jeunes en France. On est une société très fermée. Les jeunes diplômés galèrent. Quand on voit le niveau de salaire pour les bac + 8 !

Dans votre Région, vous avez mis en place des mesures spécifiques pour les jeunes ?

Ce qui marche le plus, c’est l’engagement première chance. C’est fait pour ceux qui sortent sans qualification du système scolaire. Ils ont 16, 17 ans, ont quitté l’école en troisième. Ils sont complètement paumés. Je finance la chambre des métiers pour que les petites boîtes, les artisans prennent pendant trois mois ces jeunes, même ceux qui sont un peu déglingués, avachis, avec des crêtes de coq, les cheveux en pétard, les piercings partout : moi je continue à leur faire confiance et je veux leur donner leur chance. On leur verse un salaire de 300, 400 euros, on les accueille dans les internats, ils ont une carte de TER pour circuler gratuitement, on leur paie le permis de conduire. Et ils s’arrangent, ils s’intègrent.

Ceux qui sont entrés il y a six mois sont transfigurés, on dirait qu’ils sortent de l’université, impeccables, se tenant droit, parlant correctement. Et 60% d’entre eux trouvent du boulot à la sortie !

Il y a un autre domaine sur lequel la gauche est très attendue, c’est la culture. Or le projet du PS est quasiment muet sur le sujet.

Il faudra compléter. Pour moi, l’éducation, la culture, c’est un tout. Et c’est une filière économique à part entière. En période de crise économique, paradoxalement, je pense qu’il faut encore plus d’efforts. J’ai continué à augmenter le budget de la Culture en Poitou-Charentes.

Il y a le scandale des intermittents du spectacle, qu’il faudra régler. Il faut créer des métiers nouveaux.

Dans tous les lycées, j’ai mis en place un poste d’animateur culturel. J’en ai recruté une centaine, ils font merveille. J’organise ainsi la Créateuf, le samedi 21 mai à Niort, qui rassemble 8 000 lycéens pour assister aux spectacles de 60 groupes créés dans les lycées, dans tous les domaines de la création artistique.

Quel spectacle vous a marquée récemment ?

Je suis allée voir L’Opéra de quat’sous de Brecht à la Comédie-Française. Exceptionnel. Cette pièce des années 20 est d’une actualité criante.

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18 mai 2011 3 18 /05 /mai /2011 16:38

 

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Ségolène Royal était ce matin l’invitée de Roland Sicard dans Les 4 Vérités sur France 2. Elle a tout d’abord été interrogée sur les dernières actualités sur Dominique Strauss-Kahn et sur la victime présumée.

Mais Ségolène Royal a rapidement rappelé qu’il fallait s’atteler à sortir la France de l’ornière dans laquelle elle est tombée avec Sarkozy : « Il faut que la politique française revienne à ses responsabilités. »

Et elle a pointé du doigt les problèmes graves et urgents : « Il y a plusieurs sujets très graves en ce moment, il y a la question de l’économie financière, que va devenir la dette grecque ? Ça c’est une question centrale. »

Ségolène Royal a rappelé l’impact de « la mondialisation financière » sur l’emploi er le pouvoir d’achat et la nécessité de mettre en place « un gouvernement économique » européen, car actuellement « l’euro est comme un canard sans tête ».

« Des solutions concrètes existent », a souligné la candidate aux primaires du PS, appelant à un « changement » de politique et de président de la République pour « incarner l’espoir », mettant en avant la solution pour réaliser ce changement : les primaires organisées par le PS et les propositions des candidats.

Et de conclure :

« Il est très important que les Français aient une liberté de choix entre plusieurs candidats, ils vont choisir en écoutant très attentivement les projets des uns et des autres, les priorités des uns et des autres, ils vont évaluer les tempéraments des uns et des autres par rapport à leur capacité » « d’être au second tour de l’élection présidentielle », « et ensuite [de] donner des garanties sur la morale de l’action, parce que les Français vont sortir de 5 ans de promesses politiques qui n’ont pas été tenues, et donc ils vont être très vigilants sur la crédibilité et la parole des engagements politiques qui leur seront donnés. »

Frédérick Moulin

 

Ségolène Royal invitée des "4 vérités" Vidéo Leila-Agic sélectionnée dans Actualité

 

 

Retranscription par Militants de l’Espoir À Gauche / F.M.

Roland Sicard : bonjour à tous, bonjour Ségolène Royal.

Ségolène Royal : bonjour.

Roland Sicard : il y a un sondage qui montre ce matin que 57% des Français pensent que l’affaire Strauss-Kahn est un complot. Est-ce que vous faites partie de ces 57%, est-ce que vous pensez vous aussi que c’est un complot ?

Ségolène Royal : il ne faut pas écarter cette hypothèse. Ce que je crois, que traduit ce sondage, c’est que les Français attendent des preuves. C’est-à-dire, tout naturellement, ils sont pour la présomption d’innocence, ils n’ont pas encore entendu la ligne de défense, voilà. Donc c’est aussi une affaire tellement stupéfiante qu’ils sont dans le doute.

En tout cas, je crois qu’il faut maintenant attendre le déroulement des procédures judiciaires, et peut-être laisser tout cela un peu tranquille parce qu’on arrive à une sorte de saturation, j’allais dire même de harcèlement médiatique, et moi je peux vous dire que sur le terrain, les problèmes des Français continuent, plus durement que jamais, et ils n’accepteront pas que l’actualité soit totalement occultée par ce drame, hein, aussi grave soit-il.

Roland Sicard : mais justement. Les socialistes depuis le début défendent la présomption d’innocence de Dominique Strauss-Kahn, c’est d’ailleurs tout à fait légitime, mais est-ce que cette présomption d’innocence existe en politique ? Est-ce que Dominique Strauss-Kahn n’est pas politiquement déjà condamné ?

Ségolène Royal : il ne faudrait pas en tout cas, hein, je crois que, c’est vrai qu’on exige des responsables politiques beaucoup de rigueur, ils sont sous le feu des projecteurs permanents, leur vie est sans arrêt auscultée, donc c’est vrai que nous avons, responsables politiques, une responsabilité particulière, puisque nous sommes censés mettre des règles dans la société, affirmer les fondamentaux, faire en sorte que les Français puissent se projeter vers l’avenir, apporter des solutions concrètes aux problèmes qui se posent, et donc il est normal que les citoyens attendent de nous des comportements irréprochables.

Roland Sicard : et là vous pensez qu’il y a un doute qui s’est peut-être immiscé ?

Ségolène Royal : je ne veux pas entrer, je crois, dans… une fois de plus, commenter dans le commentaire. Moi je voudrais dire aussi qu’il y a parfois beaucoup maintenant de voyeurisme dans les conversations, dans la façon, je le disais à l’instant, du harcèlement des images. Je crois vraiment maintenant il faut un petit peu de sérénité, laisser tout cela aux mains de la justice, attendre que la procédure se déroule, vendredi, il y a encore une étape judiciaire, et vraiment, il faut que la politique française revienne à ses responsabilités.

Il y a plusieurs sujets très graves en ce moment, il y a la question de l’économie financière, que va devenir la dette grecque ? Ça c’est une question centrale. Il y a une continuité de la politique, il y a la question de l’euro dont on voit bien aujourd’hui les fragilités par rapport à la faiblesse de l’Europe, ça c’est un enjeu crucial pour les Français, puisque la mondialisation financière a un impact direct sur l’emploi en France et sur le pouvoir d’achat donc on attend du gouvernement qu’il soit au travail et des autorités européennes qu’elles prennent rapidement des décisions pour qu’enfin un gouvernement économique se mette en place.


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Ségolène Royal : "Pourquoi il y a tant de difficultés aujourd’hui en Grèce et dans d’autres pays européens ? C’est parce que l’euro est comme un canard sans tête"

Pourquoi il y a tant de difficultés aujourd’hui en Grèce et dans d’autres pays européens ? C’est parce que l’euro est comme un canard sans tête, c’est-à-dire qu’avec l’euro, comme le disait très justement Jacques Delors, il n'y a toujours pas de mise en place de politique européenne commune. Or nous avons besoin d’une relance économique dans les secteurs qui sont les plus porteurs d’avenir, dans le domaine de l’environnement, de l’écologie, de la santé, de l’enseignement supérieur, des savoir-faire technologiques, et que cette relance n’est pas là.

Donc des solutions, moi ce que je voudrais dire aux Français, c’est que des solutions concrètes existent, nous n’avons pas à subir une mondialisation comme nous la subissons aujourd’hui, et nous attendons de nos gouvernants qu’ils prennent des décisions pour nous sortir de l’ornière de la crise. Voilà ce que je crois important aujourd’hui.

Roland Sicard : alors je disais que les socialistes ont beaucoup défendu Dominique Strauss-Kahn, on les a moins entendus sur la victime présumée. Est-ce que vous, en tant que femme, ça vous gêne pas un petit peu ?

Ségolène Royal : mais j’ai eu un propos très équilibré. Il y a à la fois la présomption d’innocence, c’est-à-dire l’attente des preuves, avant de condamner, avant d’accabler, et la victime, bien évidemment, la victime présumée, vous savez, moi j’ai engagé toute ma vie contre les violences faites aux femmes, toute ma vie politique, j’ai fait voter des lois contre les violences sexuelles faites aux femmes ou aux personnes fragiles, aux enfants aussi, et donc bien évidemment si les faits sont avérés, c’est un crime absolument odieux, et d’autant plus odieux, on le sait, qu’il est très répandu, et que beaucoup de femmes n’osent pas porter plainte.

En France, on estime que seulement 10% de femmes victimes de viols et d’abus sexuels osent porter plainte, parce qu’elles ont peur du scandale, parce qu’elles ont honte, parce qu’elles ont peur de perdre leur emploi, et qu’il y a encore beaucoup à faire sur la lutte contre les violences faites aux personnes vulnérables.

Roland Sicard : sur les primaires du Parti socialiste, tout est changé. Hier une radio annonçait que vous étiez prête à retirer votre candidature en faveur de Dominique Strauss-Kahn. C’est vrai ou c’est faux ?

Ségolène Royal : écoutez, moi je crois que les primaires socialistes ne doivent pas devenir un feuilleton. Je veux dire, il y a des rumeurs qui circulent, qui n’ont aucun fondement. De quoi s’agit-il ?

Roland Sicard, l’interrompant : celle-là en est une ?

Ségolène Royal : oui, bien sûr. Mais de quoi s’agit-il aujourd’hui ? Vous savez, ce n’est pas un jeu, les primaires. C’est une étape politique essentielle qui va définir l’avenir de la France. Nous avons pris cet engagement, donc le 9 octobre, tous les Français qui le veulent vont pouvoir venir voter, je dis bien tous les Français qui le veulent, puisqu’un certain nombre de personnes que je rencontre me disent : « Mais nous ne sommes pas membres du Parti socialiste, pourrons nous venir voter ? » ; je dis oui, tous les Français qui veulent que ça change, que la France change de président de la République, change de politique, retrouve un avenir, quelqu’un qui va incarner l’espoir et qui va apporter des solutions, et des valeurs fondamentales.


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Ségolène Royal : "Dans cette crise économique, sociale, morale, écologique, il faut faire du « gagnant-gagnant » ou du « donnant-donnant » "

Parce que je crois que globalement, dans cette crise économique, sociale, morale, écologique, il faut reposer la France sur des bases structurées et bien fermes, hein, remettre des droits et des devoirs dans notre politique, faire du « gagnant-gagnant » ou du « donnant-donnant » à partir du moment où le pays s’engage pour aider un certain nombre de personnes ou un certain nombre d’entreprises, ou par exemple pour aider le secteur bancaire, il faut en contrepartie des obligations et c’est cela qui manque cruellement puisqu’on voit se creuser des inégalités insupportables entre un système bancaire qui n’a jamais gagné autant d’argent, une économie financière qui veut un rendement à 2 chiffres, et en dessous, des petites et moyennes entreprises qui ont beaucoup de difficultés.

D’où la proposition que j’ai fait inscrire dans le projet socialiste, et d’ailleurs que je réalise déjà dans la Région Poitou-Charentes que je préside, c’est-à-dire que nous mettrons en place une banque publique d’aide à l’investissement des PME, parce que c’est là que se créent des activités, des emplois, et que les salaires doivent augmenter.

Roland Sicard : autrement dit, votre candidature elle ira jusqu’au bout, jusqu’au vote des militants et des Français qui veulent voter ?

Ségolène Royal : mais permettez-moi de dire que je n’ai pas à répéter tous les jours que ma candidature repose sur une détermination politique, c’est un chemin politique droit, que j’ai engagé bien avant 2007, il y a eu les résultats de 2007, dès le soir du 6 mai, j’ai dit que je continuerais à assumer mes responsabilités.

Et de toute façon il est très important que les Français aient une liberté de choix entre plusieurs candidats, ils vont choisir en écoutant très attentivement les projets des uns et des autres, les priorités des uns et des autres, ils vont évaluer les tempéraments des uns et des autres par rapport à leur capacité non seulement d’être au second tour de l’élection présidentielle, alors qu’il y a, vous avez vu, une dispersion de candidats, donc c’est ça la première exigence.

Et ensuite donner des garanties sur la morale de l’action, parce que les Français vont sortir de 5 ans de promesses politiques qui n’ont pas été tenues, et donc ils vont être très vigilants sur la crédibilité et la parole des engagements politiques qui leur seront donnés.

Roland Sicard : merci Ségolène Royal. William, c’est à vous !

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18 mai 2011 3 18 /05 /mai /2011 10:59

Sans-titre.png       Ségolène Royal était ce mercredi matin l’invitée des 4 vérités sur France 2. Interrogée une nouvelle fois sur l’affaire DSK, la socialiste souhaite maintenant attendre, face à ce drame, « le déroulement des procédures judiciaires » car « on arrive à une sorte de saturation ». Elle appelle à la « sérénité », que « la politique française revienne à ses responsabilités ».

 

 « Des sujets très graves » doivent aujourd’hui être débattus pour la socialiste et le pouvoir en place de Nicolas Sarkozy doit être au travail.

 

 Pour l’Europe, il y a la question de la dette grecque. Il y a aussi la question fondamentale de l’euro qui est selon la socialiste « un canard sans tête » car il n’y a toujours pas de politique européenne commune. Pour Ségolène Royal, il faut « un gouvernement économique » de l’Europe car on ne doit pas « subir la mondialisation » sans réagir. La mondialisation financière a en effet un impact direct sur l’emploi en France et sur le pouvoir d’achat explique la candidate socialiste.  Avec un gouvernement économique européen mis en place, Ségolène Royal prône une politique européenne de relance dans « les secteurs les plus porteurs d’avenir » comme l’écologie, la santé, l’enseignement supérieur, les savoir-faire technologiques.

 

Pour la France, il faut aussi agir dans la mondialisation et mettre en place une autre politique avec un pouvoir plus entreprenant. La socialiste veut lutter contre le creusement des inégalités. Il ne peut pas y avoir d’aides de l’Etat, notamment aux banques, sans un « donnant /donnant ». Il faut créer une banque publique d’aide aux investissements des petites et moyennes entreprises pour créer de l’emploi et de l’innovation. Il faut que les salaires augmentent pour redonner du pouvoir d’achat.

 

La socialiste face à l’abattement des dirigeants socialistes avec l’affaire DSK veut redonner espoir pour 2012, pour une autre politique, car « des solutions existent » à gauche. C’est tout l’enjeu des Primaires du 9 octobre. Tous les Françaises et les Français pourront venir voter rappelle la socialiste. Ségolène Royal sera candidate jusqu’au bout pour proposer aux Françaises et aux Français « un chemin politique droit », un « tempérament » pour mener cette bataille politique, « une morale politique » pour « une crédibilité dans la parole politique donnée » alors que tant de promesses n’ont pas été tenues.

 

Philippe Allard

 

 

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18 mai 2011 3 18 /05 /mai /2011 09:57

 

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« Mais rien ne peut me faire renoncer, je suis candidate depuis le 6 mai 2007 […], je n’ai pas besoin de crier tous les matins sur les toits que je suis candidate, c’est un devoir, je ne suis pas candidate pour vaincre qui que ce soit, je suis candidate d’abord pour convaincre » : avec le titre, s’il fallait retenir deux passages de l’interview de Ségolène Royal sur le plateau du JT de 20h de TF1 hier soir, ce seraient ces deux-là. Laurence Ferrari interrogeait la candidate aux primaires organisées par le Parti socialiste.

Ségolène Royal a donc répondu aux questions qu’on lui posait sur l’actualité sur Dominique Strauss-Kahn.

Puis très vite, elle est passée à la nécessité de « tourner la France vers l’avenir », grâce à un « changement de politique », qui ne pourra passer que par l’union et le rassemblement à l’issue des primaires derrière la candidate ou le candidat ayant remporté les primaires :

« La responsabilité des socialistes, aujourd’hui, je le fais ce soir, c’est de dire à tous les Français qui attendent désespérément un changement de politique, un changement de président, une alternance en 2012, que les socialistes seront prêts, et que nous pouvons à nouveau incarner l’espoir, et répondre aux préoccupations des gens. »

Et pour conclure :

« La victoire, elle se fera dans le rassemblement, dans la force de notre projet, et dans notre volonté de tourner la France vers l’avenir. »

Frédérick Moulin

 

S.Royal invitée de Laurence Ferrari au jt de 20h... par eric3362

 

Transcription de l’interview de Ségolène Royal par MEAG avec SR / F.M.

Laurence Ferrari : et notre invitée ce soir, c’est Ségolène Royal. Bonsoir Madame Royal.

Ségolène Royal : bonsoir.

Laurence Ferrari : d’abord les faits : Dominique Strauss-Kahn a passé sa première nuit dans la prison de Rikers Island, est-ce que vous avez été surprise de la décision de la justice américaine de le maintenir en détention ?

Ségolène Royal : oui, bien sûr, de nombreux Français d’ailleurs ont été surpris, puisqu’il y avait apparemment des garanties pour qu’il ne quitte pas le territoire américain. Enfin bon respectons les décisions de la justice, je crois…

Laurence Ferrari, lui coupant la parole : vous parlez aussi de respecter la dignité humaine de Dominique Strauss-Kahn. Est-ce que vous avez une pensée pour la victime présumée, la femme de chambre ?

Ségolène Royal, immédiatement : bien sûr. Vous savez, je crois qu’il faut en revenir aux principes fondamentaux. Quels sont-ils ?

D’abord toute personne a droit à la présomption d’innocence, c’est-à-dire, tant que les faits ne sont pas prouvés, il est considéré comme innocent, donc il va maintenant pouvoir dire sa vérité, pouvoir se défendre.

Et bien évidemment, si ces faits sont avérés, ils sont abominables, ils sont dramatiques, autrement dit, si c’est un coup monté, c’est dramatique pour lui, pour sa famille, pour ses proches, si les faits sont vrais, ce sont des faits abominables.


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Et vous connaissez mon engagement contre les abus sexuels que subissent les femmes ou les enfants, toutes les personnes vulnérables, j’ai agi contre ce fléau quand j’étais ministre de la Famille,  on sait aussi que beaucoup de femmes n’osent pas porter plainte, et donc bien évidemment ces faits sont totalement répréhensibles et condamnables.

Laurence Ferrari : donc vous pensez aussi à cette victime présumée…

Ségolène Royal : … présumée… bien sûr…

Laurence Ferrari : … cette femme de chambre, qui elle n’est pas, effectivement encore, qui n’a pas encore donné sa version des faits, du moins publiquement. Alors on va parler du président Sarkozy, qui lui a demandé hauteur et dignité sur l’affaire Dominique Strauss-Kahn. En revanche, le Premier ministre, lui, a estimé qu’il n’y aurait aucune excuse pour DSK si les faits sont avérés. Comment jugez-vous l’attitude de la droite ?

Ségolène Royal : elle est très variable, cette attitude, puisque certains responsables de droite l’ont déjà accablé avant même toute décision. Moi ce que je veux dire ce soir, c’est que je pense d’abord aux Français, il y a beaucoup de Français qui espéraient dans la nouvelle dynamique de la gauche que l’alternance en 2012 était à portée de main. Donc aujourd’hui, bien évidemment, c’est un coup, c’est un choc, qui est porté.

Donc la responsabilité des socialistes, aujourd’hui, je le fais ce soir, c’est de dire à tous les Français qui attendent désespérément un changement de politique, un changement de président, une alternance en 2012, que les socialistes seront prêts, et que nous pouvons à nouveau incarner l’espoir, et répondre aux préoccupations des gens.


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Vous savez, j’étais encore il y a quelques jours auprès des gens : pour les Français, la vie n’a pas changé. C’est vrai qu’il va y avoir une surdose d’informations concernant cette affaire dans les médias, vous faites votre métier, mais pour les Français, la vie n’a pas changé. Et quand ils me disent : nous, ce que nous voulons, c’est vivre et non pas seulement survivre, lorsque je rencontre cette femme à Nancy qui dit qu’elle gagne 980 euros en travaillant, avec un enfant, et qui met déjà 200 euros dans son réservoir pour aller à son travail, c’est-à-dire moins que le SMIC parce que …

Laurence Ferrari, lui coupant la parole : ça ce sont effectivement les préoccupations des Français.

Ségolène Royal : oui, et je crois que c’est ça qui est essentiel, parce que des millions de Français…

Laurence Ferrari, lui coupant la parole : absolument. Malgré cela, c’est une mauvaise nouvelle pour le Parti socialiste, vous en convenez ?

Ségolène Royal : bien sûr, c’est un coup très rude pour le Parti socialiste, mais nous avons du ressort, nous avons…

Laurence Ferrari, l’interrompant : et l’unité socialiste, elle va durer, selon vous, cette unité, qui perdure encore aujourd’hui, même si elle se fissure un peu, Jean-Marc Ayrault disait ce matin : « Nous ne savons pas si la victime est DSK ou bien la plaignante. ».

Ségolène Royal : les socialistes, je crois, ont eu un comportement exemplaire, nous sommes unis, rien ne serait pire que de relancer aujourd’hui la guerre des egos. Nous avons un projet, nous avons un calendrier, les Français vont venir voter le 9 octobre prochain pour choisir celui ou celle qui va représenter la gauche à l’élection présidentielle, et qui j’espère va l’emporter en 2012, il est clair qu’il faut aujourd’hui remettre la France sur ses bases morales, c’est-à-dire sur les valeurs d’honnêteté, sur les valeurs familiales, sur les valeurs éducatives, sur l’accès à la santé, sur l’accès à l’éducation, sur la lutte contre les injustices.


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Et donc si on remet la France sur ces fondamentaux, solides, à ce moment-là je crois que les Français reprendront confiance et que nous pourrons à nouveau redonner un élan à notre pays.

Laurence Ferrari : est-ce qu’il ne vaudrait pas mieux avoir un seul candidat socialiste aux primaires, c’est quelque chose qu’on commence à entendre, plutôt que de se déchirer lors de ces primaires et affronter donc le présidentielle en situation défavorable ?

Ségolène Royal, immédiatement : en politique, je pense qu’il faut tenir parole. Et nous avons donné notre parole d’organisation des primaires, c’est-à-dire un libre-choix démocratique donné aux Français pour qu’ils comparent les candidats, qu’ils comparent les projets et les priorités des candidats, pour qu’ils comparent les tempéraments des candidats, et ce droit-là, nous l’avons donné aux Français et nous leur garantirons. Nous devons tenir parole.

Laurence Ferrari : une autre question rapide, Madame Royal, qu’est-ce qui pourrait vous faire renoncer à vous présenter à ces primaires ?

Ségolène Royal : mais rien ne peut me faire renoncer, je suis candidate depuis le 6 mai 2007, j’ai beaucoup travaillé, je me suis préparée, je n’ai pas besoin de crier tous les matins sur les toits que je suis candidate, c’est un devoir, je ne suis pas candidate pour vaincre qui que ce soit, je suis candidate d’abord pour convaincre, et je suis candidate pour servir mon pays et dire aux Français que pour relever la France et pour incarner une espérance et un nouvel espoir, c’est parce que chaque Français aura la certitude qui’il peut à sa place jouer un rôle pour redresser la France.

Laurence Ferrari : est-ce que vous aviez rendez-vous avec Dominique Strauss-Kahn ce matin-même pour lui annoncer votre décision de le rallier, est-ce que c’est vrai ou c’est totalement faux ?

Ségolène Royal : c’est totalement faux. J’avais, c’est vrai, ce rendez-vous qu’il avait d’ailleurs sollicité, mais c’est normal, je parle avec tous les grands dirigeants du Parti socialiste, nous parlons entre nous. Pourquoi nous nous parlons ? Pour préparer le rassemblement après les primaires.

Et moi je ne veux pas que se reproduise ce qui s’est passé en 2007, où après avoir été désignée avec un score massif, ensuite chacun est allé vaquer à ses occupations. La victoire, elle se fera dans le rassemblement, dans la force de notre projet, et dans notre volonté de tourner la France vers l’avenir.

Laurence Ferrari : merci beaucoup Madame Royal d’avoir été notre invitée ce soir sur TF1.

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17 mai 2011 2 17 /05 /mai /2011 23:05

 

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Ségolène Royal s'est rendue aujourd’hui au siège du Parti socialiste, où se tenait à midi un Bureau National. Dans la cour de Solférino, où 200 journalistes étaient amassés et se bousculaient, rares ont été les personnalités socialistes qui ont répondu à leurs questions.

 

 

 

 

Ségolène Royal s’est exprimée brièvement, entourée de deux de ses proches, Dominique Bertinotti, la maire du IVème arrondissement de Paris, et Guillaume Garot, le député-maire de Laval, en Mayenne :

« C’est une épreuve collective très lourde que nous vivons aujourd’hui, et c’est bien que les socialistes soient rassemblés, restent unis. Je voudrais dire aussi que face à l’épreuve que subit Dominique et au déferlement d’images toutes plus violentes les unes que les autres, je voudrais simplement rappeler qu’il n’[y] a pas eu encore la parole de la défense.

Et c’est vrai que la procédure américaine est très différente de la procédure française, on a vu des images d’un homme comme s’il avait été condamnéCes images sont d’une extrême violence, d’une extrême souffrance, et je voudrais rappeler que Dominique a toujours la présomption d’innocence, et n’a pas encore eu le droit à la parole pour se défendre, puisque le prochain jury se réunira vendredi prochain seulement.

Donc je pense que d’ici là nous devons respecter la dignité humaine de Dominique Strauss-Kahn, respecter la souffrance de ses proches, et rappeler qu’il a encore le droit à la présomption d’innocence, et que ce n’est que vendredi qu’il pourra commencer à faire connaître sa vérité et à accéder au droit à la défense que toute démocratie a le devoir de garantir. »

Frédérick Moulin

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17 mai 2011 2 17 /05 /mai /2011 22:26

231041_2003310250228_1467755058_32217240_824318_n-1-.jpg  Ségolène Royal était l’invitée ce soir au journal de 20 heures de TF1. Loin des visages défaits des leaders socialistes depuis l’affaire DSK, la socialiste est apparue plus déterminée que jamais à mener la bataille contre la droite pour une autre politique en 2012.

 

Sur l’affaire DSK, Ségolène Royal a rappelé l’importance de la présomption d’innocence. Pour autant, si les faits sont avérés « ils sont abominables » selon la socialiste qui a lutté, quand elle était ministre de la famille, contre le fléau des abus sexuels contre les femmes dont beaucoup n‘osent pas porter plainte. Il faut donc pour la socialiste respecter « les décisions de la justice ».

 

 Mais Ségolène Royal a surtout voulu sortir de cette sinistrose actuelle au Parti socialiste qui voudrait que le PS et la gauche soient à terre pour 2012. Refusant de se contraindre à une mine défaite comme beaucoup de socialistes, Ségolène Royal a relevé la tête pour porter l‘espérance de l‘alternance. « Les socialistes seront prêts » lance-t-elle aux Françaises et aux Français, « nous avons du ressort ». Un avertissement en quelque sorte à la droite qui se réjouit un peu vite de l’abattement du PS.

 

 La socialiste a rappelé que depuis cette affaire « la vie des Français n’a pas changé » donnant l’exemple de cette femme rencontrée à Nancy qui travaille et doit vivre avec 980 euros avec un enfant à charge. Pour ces hommes et ces femmes, la socialiste veut continuer son combat. « Rien ne peut me faire renoncer » lance la socialiste pour « redresser la France », pour « tourner la France vers l’avenir ».

 

Qui peut réellement penser que cette femme puisse renoncer ? Elle a en tout cas pris ce soir la tête de la reconquête pour l'alternative en 2012 !

 

Philippe Allard

  

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16 mai 2011 1 16 /05 /mai /2011 19:54

 

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Ségolène Royal était hier l’invitée du JT de 20 heures sur sur France 2, où elle a été interrogée par Laurent Delahousse sur l’actualité sur Dominique Strauss-Kahn.

 

Ségolène Royal invitée du 20h sur fr2 - 15/05/2011 par eric3362

 

Retranscription de l'intervention de Ségolène Royal par MEAG avec Ségolène Royal / F.M.


Laurent Delahousse : et avec nous, ce soir, Ségolène Royal. Bonsoir. Merci d’avoir accepté notre invitation. On est ce soir en face d’une affaire grave. Beaucoup de monde sont, en tout cas, sous le choc.

Ségolène Royal : bien sûr.

Laurent Delahousse : qu’est-ce que vous ressentez personnellement ?

Ségolène Royal : beaucoup de tristesse, d’abord, devant cette tragédie d’abord personnelle, hein, pour un homme. Mes pensées vont d’abord à cette épreuve personnelle, à celle de sa famille, à celle de ses proches, à celle de ses compagnons de route aussi, et puis à tous les Français, bien sûr, qui regardent cela, cette accumulation d’informations, alors même, je le rappelle, hein, qu’aucun fait n’est encore démontré. Moi je demande vraiment qu’il y ait un peu de dignité et qu’on respecte la présomption d’innocence. Tout reste encore à démontrer dans cette affaire dramatique.

Laurent Delahousse : quand vous dites « tout reste à démontrer », « tout reste à vérifier », cela veut dire que vous pouvez envisager l’hypothèse d’une manipulation ?


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Ségolène Royal : tout reste à démonter, je crois que les choses sont dites. Vous avez vu que la procédure américaine est très différente de la procédure française, puisque là, il y a une mise en examen, aux Etats-Unis, cette mise en examen intervient, cette inculpation intervient très rapidement, c’est ce qui donne justement à la personne concernée la possibilité d’accéder à son dossier, et de se défendre. Donc maintenant Dominique va pouvoir se défendre, et je pense que dans cette attente, je crois que chacun respecter les règles fondamentales de fonctionnement d’une démocratie, qui fait que lorsqu’on n’est pas condamné, on est présumé innocent.

Laurent Delahousse : Madame Royal, on est en face d’un calendrier politique qui existe, et il n’est pas le même que le calendrier judiciaire américain. Pensez-vous que Dominique Strauss-Kahn puisse ne pas être candidat à la prochaine primaire socialiste ? Est-ce que c’est une hypothèse qu’il faut envisager ce soir ?

Ségolène Royal : il est le seul à pouvoir répondre à cette question. Et je crois que rien ne serait plus détestable que de lui mettre la pression sur cette question-là. Les socialistes ont un projet, les socialistes ont un calendrier, les socialistes ont décidé des primaires, et les socialistes vont garder leur maîtrise, nous n’ajouterons pas la crise à la crise. Je crois que justement, par les temps qui courent, il est absolument indispensable de garder notre sérénité et la maîtrise des choses, et donc le calendrier se déroulera comme prévu, il n’y a actuellement aucune raison de le changer, et d’ailleurs il ne commence pas dès demain, puisque nous avons jusqu’à fin juin, et donc cela permet de donner du temps au temps, et de voir les choses avec beaucoup de calme et de sérénité.

Laurent Delahousse : du temps au temps. Merci Ségolène Royal.


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16 mai 2011 1 16 /05 /mai /2011 15:39

 

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Déclaration de Ségolène Royal à i>TELE à la sortie d’Europe 1 hier dimanche à 11 h

(transcription par MEAG avec Ségolène Royal / F.M.)

Il faut laisser la justice faire son travail en toute sérénité, et en aucun cas ne chercher ni à accabler l’homme, ni à instrumentaliser la situation. Ma pensée va bien sûr à l’homme, pour l’épreuve qu’il traverse, à ses proches, à sa famille, et je crois que rien d’autre ne peut être dit pour l’instant tant que la justice n’a pas fait son travail.


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Journaliste LCI : vous le soutenez clairement, Madame ?

Je viens de dire ce que j’ai à dire : je dis il a droit à la présomption d’innocence, donc c’est à la justice d’établir la vérité des faits, et en attendant, je demande qu’on respecte l’homme, sa famille, ses proches, voilà, et que les choses se déroulent, en attendant le dénouement et la vérité des faits, ce que personne ne peut aujourd’hui ni exploiter, j’entends déjà des propos qui le condamne, des propos qui l’accablent, des propos qui l’injurient. Je demande à chacun un minimum de respect, le respect des principes de la justice, auquel on a droit dans toute démocratie, et donc que la justice fasse sereinement son travail et que chacun se calme et retourne à ses occupations.

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16 mai 2011 1 16 /05 /mai /2011 12:27

 

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Ségolène Royal était hier matin l’invitée du Grand Rendez-vous sur Europe 1, où elle a été interrogée, dans cette première partie, principalement par Jean-Pierre Elkabbach et par Thierry Guerrier d’Europe 1, mais aussi par Thierry Borsa du Parisien, sur un thème presque unique, l’actualité sur Dominique Strauss Kahn.

Ségolène Royal a sur ce sujet martelé encore et encore les grands principes de base de la démocratie devant des journalistes qui encore et encore posaient les mêmes questions :

« Il y a des principes extrêmement clairs dans toute démocratie. Je les répète, le principe, c’est la présomption d’innocence, Dominique Strauss-Kahn a dit qu’il allait plaider ‘non coupable’, le principe, c’est d’attendre que les faits soient avérés, que la justice se prononce, le principe, c’est de ne pas s’acharner sur un homme tant qu’il n’a pas eu l’occasion et l’opportunité de se défendre, comme la loi lui en donne le droit, le principe, c’est de respecter ses proches, sa famille, qui traversent une épreuve terrible, et le principe ce n’est pas d’instrumentaliser un événement aussi grave pour des raisons de politique intérieure. »

Par ailleurs, des informations importantes ont été rappelées ou dévoilées par Ségolène Royal dans la seconde moitié et à la fin de cette première partie.

Frédérick Moulin

 

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AUDIO INTEGRAL : le Grand Rendez-vous avec Ségolène Royal : cliquez sur la flèche

  (Safari déconseillé)

 

Retranscription de l'interview de Ségolène Royal par Militants de l’Espoir à Gauche / F.M. 

Thierry Borsa, Thierry Guerrier et Jean-Pierre Elkabbach…

Jean-Pierre Elkabbach : … et invitée exceptionnelle aujourd’hui, Ségolène Royal, bonjour.

Ségolène Royal : bonjour.

Jean-Pierre Elkabbach : et bienvenue, Ségolène Royal, au Grand Rendez-vous. Quel choc, vous l’avez entendu comme nous, Dominique Strauss-Kahn présenté à un juge, probablement dans la matinée aux Etats-Unis, et inculpé par le parquet de New-York d’agression sexuelle, de tentative de viol, et de séquestration, c’est un tremblement de terre en France et dans le monde, un directeur du FMI dans cette situation, ça ne s’est jamais vu, et en plus, en temps de crise mondiale.

L’événement de la nuit est aussi un cauchemar pour ses proches, sans doute, pour sa famille, pour ses amis politiques, alors qu’il était donné candidat PS favori pour la présidentielle de 2012, les sondages aujourd’hui le donnent encore favori dans Le Parisien ou dans Le Journal du dimanche.

La nouvelle change la donne politique au-delà du Parti socialiste. Evidemment, il faut respecter la présomption d’innocence, et attendre que Dominique Strauss-Kahn s’exprime et donne sa propre version des faits. Son avocat new-yorkais a expliqué tout à l’heure que Dominique Strauss-Kahn va plaider ‘non coupable’.

Pour vous interroger, Ségolène Royal, et encore une fois, merci d’être là, Thierry Borsa du Parisien-Aujourd’hui en France, et Thierry Guerrier d’Europe 1 qui ouvre ce Grand Rendez-vous avec la première question.

Thierry Guerrier : bonjour Ségolène Royal.

Ségolène Royal : bonjour.

Thierry Guerrier : très simplement, on imagine que ça a été un choc aussi pour vous d’apprendre cette nouvelle, cette nuit. Comment réagissez-vous à ce coup de théâtre politique ?

 

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Extrait du Grand Rendez-vous avec Ségolène Royal : (d) début et (f) fin de l'extrait par Europe1fr

 

Ségolène Royal : (d) justement, comte tenu de ce que vous venez de dire, c’est vrai que c’est un choc, permettez-moi de lire une brève déclaration écrite, et de m’en tenir là :


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« J’ai appris cette nouvelle bouleversante à propos de laquelle tout reste à vérifier. Dominique Strauss-Kahn a droit, comme tout citoyen, à la présomption d’innocence tant que les faits ne sont pas prouvés. Ma pensée en cet instant va à sa famille, à ses proches, et aussi à l’homme qui traverse cette épreuve. »

Thierry Guerrier : Jean-Pierre.

Jean-Pierre Elkabbach : vous l’avez entendu, son avocat va plaider non coupable. C’est vrai que jusqu’à présent, seule la version de la femme de chambre est connue et est enregistrée par la police new-yorkaise, et vous avez raison de le dire qu’il faut attendre la version des faits telle que lui va la raconter.

Ségolène Royal : voilà, j’ai dit tout ce que j’avais à dire sur ce sujet, et vous avez parfaitement raison de dire ce que vous venez de dire.

Thierry Guerrier : on ne peut pas ne pas évoquer, évidemment, les conséquences pour la vie politique française, est-ce qu’aujourd’hui, il peut être candidat aux primaires encore ?

Ségolène Royal : écoutez, vraiment, hein, je pense qu’il serait indécent aujourd’hui de commenter le sujet que vous venez d’évoquer, c’est-à-dire les conséquences sur la vie politique française, il y a aussi, bien évidemment, d’abord les conséquences sur la vie internationale, mais une fois de plus, comme vous venez de le dire, hein, Dominique va plaider non coupable, donc je demande quand même à chacun de se maîtriser, de garder son calme, de ne pas chercher à profiter de la situation sur le plan national, ni sur le plan international, on sait qu’au sein d’une organisation comme le Fonds Monétaire International, forcément, il y a aussi des conflits d’intérêts, des rapports de force.

Donc je crois qu’aujourd’hui c’est la crédibilité d’un homme qui est en cause, que cet homme doit être respecté, que sa famille doit être respectée jusqu’à ce que la justice établisse la vérité des faits.

Jean-Pierre Elkabbach : vous avez dit, Ségolène Royal, que c’était bouleversant, de quelle façon, et comment vous l’avez appris vous-même ? Dans la matinée, ce matin … ?

Ségolène Royal : écoutez, la façon dont je l’ai appris n’a aucun intérêt par rapport à la gravité de l’événement, et je préfère m’en tenir là.

Thierry Guerrier : est-ce que vous avez appelé Martine Aubry, est-ce que vous pensez qu’il faut une réunion de crise de la direction du Parti socialiste, compte tenu de la gravité des faits ?


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Ségolène Royal : je vous ferai la même réponse : je ne veux pas tirer des conséquences ou instrumentaliser ce qui vient de se passer. Je crois qu’il y a un moment de respect par rapport à ce qui se passe aujourd’hui, pour l’homme, pour sa famille, pour ses proches. Attendons que la justice fasse son travail, et ne transformons pas cet événement en feuilleton politique. Pour l’instant, chaque chose en son temps, et je pense vraiment, hein, qu’il serait indécent d’en faire un feuilleton toute la journée, toute la semaine, tous les 15 jours, je crois qu’il faut en revenir…

Jean-Pierre Elkabbach : mais malheureusement, vous allez voir qu’on ne va pas y échapper, quand on voit le nombre de réactions, celles de Jean-Marie Le Guen, celle de Marine Le Pen, de…

Thierry Guerrier : … Bernard Debré, le député UMP, qui dit que c’est un homme qui n’est pas recommandable et que c’est une honte pour la France.

Ségolène Royal : eh bien écoutez, je trouve qu’ils vont vite en besogne, voilà. Et je les appelle vraiment à respecter les principes. Les principes, c’est la présomption d’innocence, les principes, c’est le droit à la défense, les principes, c’est le fonctionnement de la justice, et tous ceux qui vont au-delà de ces principes, eux-mêmes ne sont pas dignes des mandats qu’ils exercent.

Thierry Guerrier : mais est-ce que de fait, votre processus interne des primaires n’est pas suspendu ?

Ségolène Royal : je vous le répète, le moment n’est pas venu de commenter les conséquences de cette affaire sur la politique [Jean-Pierre Elkabbach : « Et quand viendra-t-il, le moment ? »], sur la politique intérieure.

Jean-Pierre Elkabbach : quand il viendra, ce moment ?

Ségolène Royal : mais il viendra lorsque la justice aura fait son œuvre !

Jean-Pierre Elkabbach : la justice américaine ? Mais vous savez qu’elle est longue. Les affaires judiciaires avec des charges de cette importance durent longtemps aux Etats-Unis.

Ségolène Royal : qu’en savez-vous ?

Jean-Pierre Elkabbach : ah, ben, l’expérience, euh, la lecture, la connaissan…


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Ségolène Royal, lui coupant la parole : vous avez une expérience de la justice américaine ?

Jean-Pierre Elkabbach : ah oui, à travers les lectures, euh, vous n’avez jamais rien lu sur euh…

Ségolène Royal : moi je ne… [Jean-Pierre Elkabbach : « … la manière dont elle fonctionne. »] je n’ai pas d’expérience à travers des lectures, je…

Jean-Pierre Elkabbach : mais pas de cas, pas de cas précis personnel, évidemment.

Thierry Guerrier : Ségolène Royal, on peut comprendre l’embarras des socialistes, on peut comprendre votre embarras, mais le PS peut-il rester dans cette position de principe, tout à fait louable et légitime ? Longtemps ?

Ségolène Royal : je ne suis absolument pas embarrassée ! Pourquoi je ne suis pas embarrassée ? Parce qu’il y a des principes extrêmement clairs dans toute démocratie. Je les répète, le principe, c’est la présomption d’innocence, Dominique Strauss-Kahn a dit qu’il allait plaider ‘non coupable’, le principe, c’est d’attendre que les faits soient avérés, que la justice se prononce, le principe, c’est de ne pas s’acharner sur un homme tant qu’il n’a pas eu l’occasion et l’opportunité de se défendre, comme la loi lui en donne le droit, le principe, c’est de respecter ses proches, sa famille, qui traversent une épreuve terrible, et le principe ce n’est pas d’instrumentaliser un événement aussi grave pour des raisons de politique intérieure. Voilà.

Et ceux qui se prononcent de façon précipitée comme vous venez de nous l’apprendre, je crois, ne sont pas dignes de représenter un fonctionnement démocratique. Si des parlementaires s’expriment de la façon que vous venez d’évoquer, ce n’est pas acceptable,

Jean-Pierre Elkabbach : François Bayrou : « Tout cela est confondant, navrant, et infiniment troublant. ». D’ailleurs, un des avocats français de Dominique Strauss-Kahn vient de dire, comme vous d’ailleurs : « Il faut attendre que les choses soient décantées, voir si c’est réel ou une provocation. ». Est-ce que ça peut être un coup monté ? Contre lui ? Un complot ?

Ségolène Royal : mais tout est possible, bien sûr, tout est possible. Attendons le déroulement de l’enquête et les conclusions de l’enquête.

Thierry Guerrier : est-ce que ça veut dire que si Dominique Strauss-Kahn était … s’il y avait le moindre doute sur cette dimension, ou sur son innocence, ou… est-ce qu’il y aurait pour vous absolue nécessité qu’au contraire, il soit candidat aux primaires, dans ce cas-là, oui, et qu’il revienne dans le jeu politique français, pour bien montrer que… ?


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Ségolène Royal : écoutez, attendez, je le répète, franchement, hein, attendez, attendez que la justice se prononce, attendez que la justice se prononce. Voilà.

Jean-Pierre Elkabbach : est-ce que vous pensez qu’il est envisageable que pendant la procédure américaine, il puisse être candidat aux primaires ? Es-ce que vous souhaitez qu’il soit présent dans les primaires ? S’il le peut ?

Ségolène Royal : écoutez, je viens de vous répondre, j’ai dit tout ce que j’avais à dire sur ce sujet-là, voilà.

Jean-Pierre Elkabbach : mais vous pouvez souhaiter qu’il soit là si c’est possible, ou est-ce que vous vous dites comme certains, ben c’est un candidat de moins, et c’est une voie ouverte ?

Ségolène Royal : écoutez, ce serait particulièrement indécent de penser de cette façon-là.

Thierry Guerrier : est-ce qu’un socialiste peut encore, à la faveur d’une telle affaire, gagner en 2012 ?

Ségolène Royal : écoutez, je trouve que vous faites des ramifications étranges et étonnantes, hein, je respecte tout à fait les questions que vous posez, mais écoutez, je crois qu’il faut totalement déconnecter cette nouvelle, bouleversante, je l’ai dit, des échéances présidentielles. Et quand je vois la droite se précipiter pour exploiter ce qui vient de se passer, les informations, qui ne sont pas encore avérées, pour tout de suite essayer d’en tirer le bénéfice par rapport aux échéances présidentielles, je trouve ça particulièrement indigne. (f)

Jean-Pierre Elkabbach : mais est-ce que vous pensez pas que la donne pour 2012, la donne politique, change, en France, avec ce qui s’est passé cette nuit ou ce matin ? Même si on ne sait pas tout ? Même si on ne sait pas tout ? Est-ce qu’il ne restera pas quelque chose ? Comme une trace ?

Ségolène Royal : je l’ai dit et je le répète, il est beaucoup trop tôt pour tirer des conclusions et des conséquences de cette information, qui une fois de plus…

Thierry Guerrier : quel est le risque pour le futur candidat socialiste ?

Ségolène Royal : … qui une fois de plus mérite d’être vérifiée.

Jean-Pierre Elkabbach : alors Thierry Borsa.

Thierry Borsa : effectivement, vous dites que tout ça mérite d’être vérifié, que la présomption d’innocence doit être respectée. Il n’empêche qu’on est aujourd’hui dans une situation totalement inédite dans la vie politique française, et que tout ça va forcément susciter un certain nombre d’interrogations dans l’ensemble de la population française, dans l’ensemble des électeurs français. Il y a quand même quelques éclaircissements sans doute qui sont nécessaires pour eux aujourd’hui.

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Ségolène Royal : eh bien ils attendront les éclaircissements que donnera la justice. Voilà. Et bien sûr, vous avez raison, c’est une interrogation, bien sûr, je comprends cette interrogation. Eh bien, je dis à chacun d’attendre que la justice fasse son travail, fasse son œuvre, et que chacun garde son calme, je crois, et sa sérénité. La justice a besoin de sérénité pour trancher les choses. Donc je crois que chacun doit être responsable et être à l’image de la sérénité dont la justice a besoin pour mettre à jour la vérité ou au contraire l’éventuelle manipulation.

Jean-Pierre Elkabbach : mais à court terme, à votre avis, qui, avec votre expérience, qui peut profiter des difficultés, des épreuves, des malheurs de Dominique Strauss-Kahn ? Est-ce que c’est le Front national, est-ce que c’est d’autres, à droite, ou même dans votre propre parti ?

Ségolène Royal : mais personne, personne ne peut profiter de ses difficultés.

Thierry Guerrier : compte tenu du trouble qui saisit toute la classe politique, qui saisit la population, et que vient d’évoquer Thierry Borsa, est-ce qu’il ne faut pas que Dominique Strauss-Kahn lui-même, s’il est relâché parce que caution payée alors qu’il est mis en examen, inculpé aux Etats-Unis, est-ce qu’il ne faut pas qu’il prenne la parole, face aux Français ?

Ségolène Royal : écoutez, laissez-le, déjà, vous vous rendez compte, ne précipitez pas les événements, là, il subit une épreuve terrible, si en plus ces accusations sont infondées, vous imaginez ce que cela représente, donc laissez la justice faire son travail.

Jean-Pierre Elkabbach : en tout cas, de notre part, je voudrais vous rassurer, il n’y a pas d’emballement, il y a le respect de la personne, et l’attente de ce que la justice dira. Mais on est dans la situation obligatoire de vous poser des questions sur à la fois l’événement, et en même temps ce qu’il peut avoir comme conséquences, à la fois sur la vie politique française et peut-être même le destin personnel politique de Dominique Strauss-Kahn. On marque une pause de publicité on vous retrouve pour essayer de comprendre quelle est votre stratégie à vous.

-oOo-

Jean-Pierre Elkabbach : invitée de ce Grand Rendez-vous exceptionnel, Ségolène Royal, et merci d’être là dans une matinée un peu agitée, on voit les réactions de tous côtés, celle de Jean Veil, l’avocat, qui précise ce qu’il disait tout à l’heure, faut attendre que les choses soient décantées, voir si c’est réel ou une provocation, et il ajoute : il faut pas entrer dans le spectacle médiatique, et attendre que les choses soient éclaircies, comme vous le disiez vous-même, il ne faut pas paniquer et rester serein, ça il le dit probablement à l’égard et à l’intention des strauss-kahniens. Est-ce que vous l’avez vu récemment, vous, Dominique Strauss-Kahn, Ségolène Royal, quand il est venu à Paris ou quand il va venir à Paris ? Est-ce que vous avez le projet de le voir ?


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Ségolène Royal : écoutez, c’est un peu délicat dans le contexte actuel d’évoquer ces sujets-là, mais bon, j’ai l’habitude de dire franchement les choses telles qu’elles sont. C’est vrai que nous avons un contact, puisqu’il m’a contactée après mon meeting de dimanche dernier, et le discours que j’ai fait en particulier sur la République, sur la réappropriation du drapeau français, donc il m’a en effet contactée, il m’a demandé la totalité du texte de ce discours, voilà, et nous devions nous voir mardi prochain.

Jean-Pierre Elkabbach : pour parler de la situation générale, mondiale, française ?

Ségolène Royal : voilà, pour parler de la situation, et absolument, du déroulement des échéances à venir, voilà, parce que nous travaillons en bonne intelligence avec les uns et les autres, et chaque fois qu’on me contacte pour un dialogue, bien évidemment, j’accepte, c’est la responsabilité des dirigeants socialistes de se parler pour que les échéances prochaines se passent bien.

Thierry Guerrier : vous deviez vous voir à Paris ?

Jean-Pierre Elkabbach : et si.. à Paris ?

Ségolène Royal : à Paris.

Jean-Pierre Elkabbach : oui. Et s’il vous avait demandé, s’il y a des primaires, est-ce que vous seriez présente, qu’est-ce que vous lui auriez répondu ?

Ségolène Royal : eh bien écoutez, ce rendez-vous, on verra…

Jean-Pierre Elkabbach : …  est compromis ?

Ségolène Royal : je ne sais pas. Peut-être qu’on peut avoir un contact téléphonique, on verra, de toute façon, les liens de respect mutuel sont là, et il n’y a aucune raison que cela change.

Jean-Pierre Elkabbach : mais sur les primaires, quels que soient les compétiteurs, est-ce que vous serez présente, vous ?

 

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Ségolène Royal : c’est compliqué, hein, ce que vous me demandez, compte tenu du contexte, et compte tenu de ce que je viens de dire, c’est vrai que nous faisons une émission dans un contexte tout à fait particulier, je me rend bien compte que ce que j’avais à vous dire en effet sur les perspectives politiques changent totalement d’éclairage par rapport à ce qui se passe.

Je ne veux pas, par des déclarations, laisser penser que la situation étant ce qu’elle est, j’accélère je ne sais quelle stratégie politique, si je ne vous réponds pas, ça fait aussi étrange au sens où je suis une responsable politique, engagée politiquement, donc bien évidemment j’ai une responsabilité politique.

Vous voyez, je réfléchis tout en, tout en, tout en vous parlant donc je suis consciente, vous savez, de la gravité de la situation, de la délicatesse du sujet, à la fois du respect par rapport aux personnes, et en même temps de votre légitime curiosité par rapport aux échéances politiques à venir.

Donc ce que je peux vous dire, c’est qu’il n’y a aucune raison là que le chemin politique s’arrête. Pourquoi ? Parce que les Français, leur situation n’est pas impactée par ce qui se passe, la situation sociale, la gravité de la situation économique, l’explosion des inégalités.

 

Ségolène Royal
J'ai invité à parler les ouvriers en grève de l'usine voisine. Après onze ans d'ancienneté ils gagnent 960 euros car on leur retire le repas!

 

Dimitri d'Alfange
 Le repas! C'est vraiment une honte...
14 May via web

 

Vous voyez, je reviens hier d’une journée passée en Lorraine, où j’ai été une fois de plus, hein, confrontée à la situation économique dramatique de certains salariés, puisque certains grévistes sont intervenus dans la réunion publique que je faisais, et rendez-vous compte que dans cette entreprise d’appels téléphoniques, il y a des salariés qui ont 10 ans d’ancienneté dans l’entreprise, et qui gagnent 980 euros par mois. Vous allez me dire, pourquoi gagnent-ils moins que le SMIC ? C’est parce qu’on retient sur leur salaire, malgré leurs 10 ans d’ancienneté, les tickets restaurants.


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Donc vous voyez quelle est la situation économique de certaines personnes, il y avait là des femmes avec enfant, qui travaillent dans cette entreprise, qui font plus de 100 kilomètres par jour, et même parfois davantage, donc qui ont déjà une dépense de 300 euros par mois pour mettre dans leur réservoir, il leur reste donc 700 euros pour vivre avec leurs enfants, ce qui veut dire qu’elles doivent aller chercher de la nourriture à la banque alimentaire pour pouvoir survivre.

Est-il normal que dans la France d’aujourd’hui, il y ait tant de salariés pauvres, alors que d’un autre côté tant d’entreprises, notamment les grandes entreprises du CAC40, dont cette entreprise est une sous-traitante, gagnent autant d’argent, et qu’on assise une fois de plus à l’augmentation indécente, indécente des salaires des patrons et des banquiers ?

Jean-Pierre Elkabbach : ces gens que vous avez vus hier comme d’autres, parce que vous tournez en France et vous faites des meetings, est-ce qu’ils ne vont pas recevoir comme un choc ce qui se passe à l’égard d’un des candidats potentiels et peut-être favori du Parti socialiste, Dominique Strauss-Kahn ?

Mais est-ce que vous ça vous donne la détermination d’y aller, une détermination encore plus marquée ? Mais je veux dire deux remarques : la première, je vous remercie d’être là, vous l’avez dit tout à l’heure, c’est une matinée un peu compliquée, et c’est une forme de courage politique de venir répondre alors que d’autres se seraient plutôt cachés, et deuxièmement, vous avez répondu à l’invitation de Thierry Guerrier et de moi il y a une vingtaine de jours pour parler ce matin. Vous voyez les coïncidences. Est-ce que ça renforce votre détermination d’y aller, vous ?

Ségolène Royal : si vous le permettez, je voudrais que, avec votre accord bien sûr, que l’on puisse cesser de faire un lien entre ce dont nous venons de parler, et la situation politique en France, j’observe que dans votre question vous refaites à nouveau ce lien. Si vous faites ce lien, je ne pourrai plus vous parler, là, dans notre entretien, des perspectives politiques, parce qu’on pensera que c’est lié très directement. Donc vous faites le choix : soit vous considérez qu’il faut, pour des raisons médiatiques faire ce lien, et entre ce grave événement dont on vient de parler, et ma volonté politique, ma perspective politique, ma pensée politique, la situation des Français pour qu’à la fin de l’émission on puisse dire : « Eh bien vous voyez Ségolène Royal a profité de la situation pour avancer ses pions. ». Si c’est ça, je n’accepte pas, je n’accepte pas d’être instrumentalisée dans cette façon de voir les choses.


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Donc nous parlerons d’autre chose, nous pourrons parler de croissance verte, d’écologie, de ce que je fais dans la région, qui sont d’ailleurs des sujets absolument cruciaux et passionnants. Mais je ne vous parlerai plus à ce moment-là des problèmes de la perspective de l’élection présidentielle qui de toute façon arrivera, j’aurai d’autres occasions de prendre la parole, je fais un grand meeting à Toulouse le 22 mai, donc j’airai l’occasion de m’exprimer à nouveau sur des perspectives politiques qui sont tracées, et que je ne vais pas fixer en fonction de ce qui vient de se passer.

Donc je fais un grand meeting politique le 22, c’était fixé avant, je fais une Université Populaire avec Jean-Pierre Chevènement le 8 juin, c’était fixé avant, j’ai l’intention de faire un débat avec Marine Le Pen quand les échéances se présenteront, c’était…

Ségolène Royal
Echo paru dans la presse disant que j'allais débattre avec Mme Le Pen. J'ai dit non car on ne me proposait pas le même temps de parole.


Jean-Pierre Elkabbach : sur Europe 1 ?

Ségolène Royal : pourquoi pas, nous verrons, c’était fixé avant parce que je pense qu’il y a là un enjeu politique majeur. J’ai un déplacement par semaine dans les territoires français comme j’ai fait hier en Lorraine, c’était fixé avant. Et en aucun cas je n’accepterai que l’on puisse dire qu’il y a une quelconque accélération de ma part, à cause des difficultés de l’un des nôtres.

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