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11 mai 2011 3 11 /05 /mai /2011 17:31

 

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Ségolène Royal participait ce matin à L’invité du matin, sur France Info, où elle répondait aux questions de Raphaëlle Duchemin. Peut-être était-ce dû au fait que la journaliste était une femme, toujours est-il que l’entretien a été mené avec sérieux et professionnalisme, et Ségolène Royal a pu exposer ses idées dans un climat apaisé.

Bien sûr, on n’a pas échappé à une question sur les sondages et sur l’intention de la candidate  - « Vous vous dites que c’est encore possible pour vous ? » - mais ces points ont été abordés en fin d’émission et rapidement.

Le thème de la fiscalité a été longuement abordé : ‘réforme’ de l’ISF et du bouclier fiscal de Sarkozy, « effets d’annonce » pour faire croire à une contrepartie à la réforme ; mais aussi les grands principes de la Révolution fiscale voulue par Ségolène Royal : taxation des revenus du capital, de la rente, « au moins » au même niveau que les revenus du travail, simplicité, transparence et progressivité de l’impôt.

Second thème abordé, « l’affaire Tapie-Crédit Lyonnais-Adidas [qui] est désormais en quelque sorte devenue l’affaire Lagarde » :

« C’est un arrangement, c’est le paiement sans doute d’un soutien pendant la campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy. C’est un ordre de Nicolas Sarkozy. […] Et ce qui est le plus choquant dans cette histoire, c’est que Bernard Tapie a reçu des indemnisations pour préjudice moral de plus de 45 millions d’euros le pauvre, le pauvre Bernard Tapie, 45 millions d’euros, mais les victimes de l’amiante, elles, ont reçu, tenez-vous bien, 15 000 euros ; les victimes du Mediator, celles qui sont mortes parce qu’il y a des gens malhonnêtes qui ont diffusé un médicament qui était un poison, elles, ne sont toujours pas indemnisées. »


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Troisième thème évoqué, le RSA et Laurent Wauquiez. Ségolène Royal a rappelé son attachement au « donnant-donnant » : « c’était déjà un de mes thèmes de campagne de 2007 : non à l’assistanat, oui au donnant-donnant ».

Mais elle a aussitôt précisé le fond de sa pensée : « Que l’on demande à toute personne qui reçoit une aide de l’Etat, mais à toute personne, que ce soient les plus riches, les grandes entreprises, les banques […] »

Elle a également dit ce qu’elle pensait des tirades de Wauquiez :

« Ce qui est détestable dans la façon dont le débat est posé par Monsieur Wauquiez, c’est de dresser les pauvres contre les très pauvres. C’est absurde, alors qu’en effet toute personne, par dignité, a besoin de s’intégrer dans une activité au service de la collectivité. ».

Et de citer l’exemple d’une mère de famille monoparentale rencontrée 2 jours auparavant :

« Elle a trouvé un travail de caissière à 20 ou 30 kilomètres de chez elle, elle n’a pas de voiture, […] donc finalement ça lui coûtait plus cher d’aller travailler que de rester au RSA »

D’où Ségolène Royal conclut : « Le vrai problème, c’est que les bas salaires sont trop bas. […] Ce qui ne va pas, on en revient à ce qu’on disait tout à l’heure, ce sont les revenus qui sont trop inéquitablement redistribués d’une part, et d’autre part c’est l’assistanat des riches, auxquels on ne demande rien. »

Quatrième et dernier thème abordé : les sondages et l’intention de la candidate d’aller jusqu’au bout. Ségolène répond royalement :

« Les Français ont besoin de quoi aujourd’hui ? D’une présidente de la République qui tient parole, qui soit efficace, qui avance des solutions concrètes, qui soit honnête, et qui ait fait la preuve dans sa vie que chaque fois qu’elle a eu des responsabilités, elle a utilisé ce pouvoir-là pour agir, pour améliorer la vie des gens, et pour faire avancer le pays. »

Frédérick Moulin

 

 

 

Transcription de Militants de l’Espoir À Gauche avec Ségolène Royal / F.M.

Raphaëlle Duchemin : bonjour Ségolène royal.

Ségolène Royal : bonjour.

Raphaëlle Duchemin : merci d’être avec nous ce matin en direct sur France Info, on va bien sûr évoquer l’ISF puisqu’il est au menu aujourd’hui du conseil des ministres. C’est un symbole du sarkozysme qui va en même temps être enterré aujourd’hui puisque le bouclier fiscal vit, visiblement, ses toutes dernières heures, il fait les frais de son impopularité et va disparaître englouti dans cette réforme, hein, présentée aujourd’hui, mais ce ne sera effectif que l’année prochaine. Entre temps, on a décidé, au gouvernement de ne pas démanteler l’ISF, on l’allège simplement. Est-ce que c’est une mesure juste, Ségolène Royal ?

Ségolène Royal : vous l’avez vu, c’est une mesure très injuste puisque les chiffres publiés ce matin sur l’impact de cette réforme montrent que les plus grandes fortunes vont encore payer moins d’impôt. Pourquoi ? Parce que le bouclier fiscal est maintenu encore pendant un an, alors que l’ISF est allégé immédiatement.

Donc à un moment où il y a un débat dans le pays sur l’assistanat des plus pauvres, voilà quel est le véritable ‘cancer’, pour reprendre le mot qui a été utilisé récemment. Le cancer de notre société aujourd’hui, ce sont les inégalités sociales parce qu’une société inégalitaire est une société inefficace dans laquelle les Français perdent confiance dans l’avenir de leur pays.

Raphaëlle Duchemin : qu’est-ce qu’il aurait fallu faire, justement, pour que ça soit plus équitable, pour qu’il y ait davantage de justice fiscale, qu’est-ce que vous, vous auriez proposé, par exemple, concernant cet impôt sur la fortune ?

Ségolène Royal : eh bien j’aurais proposé d’abord globalement que le capital soit autant taxé que le travail, ce qui n’est pas le cas aujourd’hui en France. Il faut que les revenus du capital, c’est-à-dire la rente, soient autant prélevés que le travail. Donc il faut intégrer tous les revenus de la rente, tous les revenus du capital, dans un impôt progressif, ce qui permettra aux Français de savoir exactement qui paye, combien [on] paye, et surtout, ce qui permettra de sécuriser la société française, car le pays, vous savez, est très lourdement, dramatiquement endetté.

Et donc si l’on veut réussir des réformes importantes, il faut que les Français aient la garantie que les efforts sont équitablement répartis, ce qui n’est pas le cas aujourd’hui, bien au contraire, puisque tout le monde le sait, toutes les expertises publiées le prouvent, tous les observateurs étrangers observent la France avec stupéfaction, c’est le seul pays d’Europe où le gouvernement a creusé les inégalités en avantageant les riches et les grandes fortunes.

Raphaëlle Duchemin : pour compenser, Bercy a dit qu’il souhaitait taxer les grosses successions, celles qui dépassent, hein, précisément, les 4 milliards d’euros, plus lourdement, les résidences secondaires, les exilés fiscaux aussi. Ça va dans le bon sens, ça, pour le coup ?

Ségolène Royal : écoutez, pourquoi alors reprendre d’une main ce que l’on donne de l’autre ? Pourquoi alléger l’impôt sur la fortune ? Pourquoi ? Donc il y a d’un côté des effets d’annonce qui nous promettent un allègement…

Raphaëlle Duchemin, l’interrompant : donc il est bien comme il est, l’impôt sur la fortune, finalement, aujourd’hui ?


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Ségolène Royal : "C’est globalement la fiscalité qu’il faut remettre à plat pour appliquer un principe très simple que les Français attendent : que la rente et les revenus du capital soient au moins autant taxés que les revenus du travail"

Ségolène Royal : mais c’est globalement, je viens de vous le dire, c’est globalement la fiscalité qu’il faut remettre à plat pour appliquer un principe très simple que les Français attendent : que la rente et les revenus du capital soient au moins autant taxés que les revenus du travail.

Raphaëlle Duchemin : alors puisqu’on parle d’argent, Ségolène Royal, l’affaire Tapie-Crédit Lyonnais-Adidas est désormais en quelque sorte devenue l’affaire Lagarde. La ministre est menacée d’une enquête pour abus d’autorité dans ce dossier. Elle dit ce matin qu’on essaie de la salir, elle dit aussi que tout ça c’est l’héritage des petits arrangements de l’époque Mitterrand ?

Ségolène Royal : c’est une ligne de défense pour le moins surprenante. Qui a fait cet arrangement pour Bernard Tapie ? Qui Bernard Tapie a-t-il soutenu lors de la précédente élection présidentielle ? [Raphaëlle Duchemin : « C’est un arrangement, c’est un arrangement pour vous ? Y’a pas de doute ? »]


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Ségolène Royal : "C’est le paiement sans doute d’un soutien pendant la campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy. C’est un ordre de Nicolas Sarkozy, c’est vrai que Christine Lagarde est sans doute victime des ordres de Nicolas Sarkozy"

Excusez moi de le dire, mais je m’en souviens. (Rire) C’est un arrangement, c’est le paiement sans doute d’un soutien pendant la campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy. C’est un ordre de Nicolas Sarkozy, c’est vrai que Christine Lagarde est sans doute victime des ordres de Nicolas Sarkozy, elle n’a pas décidé toute seule une procédure judiciaire adaptée, spécifique, sur mesure, pour Bernard Tapie.

Et ce qui est le plus choquant dans cette histoire, c’est que Bernard Tapie a reçu des indemnisations pour préjudice moral de plus de [Raphaëlle Duchemin : « 45 »] 45 millions d’euros le pauvre, le pauvre Bernard Tapie, 45 millions d’euros, mais les victimes de l’amiante, elles, ont reçu, tenez-vous bien, 15 000 euros ; les victimes du Mediator, celles qui sont mortes parce qu’il y a des gens malhonnêtes qui ont diffusé un médicament qui était un poison, elles, ne sont toujours pas indemnisées.


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Ségolène Royal : "Une fois de plus, on à faire à des inégalités sociales, à des inégalités de traitement, à des connivences de pouvoir et d’argent qui minent la confiance des Français dans leur pays, et tout cela nous devrons y remettre bon ordre, et mettre fin à cette crise morale profonde"

Vous avez vu aussi les familles désespérées et victimes de l’hormone de croissance qui n’ont rien eu du tout, donc c’est cela qui est très choquant, et une fois de plus, on à faire à des inégalités sociales, à des inégalités de traitement, à des connivences de pouvoir et d’argent qui minent la confiance des Français dans leur pays, et tout cela nous devrons y remettre bon ordre, et mettre fin à cette crise morale profonde.

Raphaëlle Duchemin : vous parlez des inégalités, on va évidemment évoquer ensemble le RSA puisque c’est l’un des sujets qui agite le débat en ce moment, débat politique notamment. Laurent Wauquiez était-il, d’après vous, en service commandé quand il a parlé de l’assistanat comme du cancer de la société, même si hier il a été recadré par François Fillon ?

Ségolène Royal : je le pense. Je crois que c’est un des conseillers de l’Elysée qui lui a soufflé cette idée-là. Mais de quoi s’agit-il ? Moi il ne me paraît pas choquant de construire, je l’ai même toujours défendue, une société du ‘donnant-donnant’. Je le fais d’ailleurs : les aides économiques que je donne aux entreprises de ma Région, en contrepartie, je leur demande par exemple de prendre des jeunes en alternance. Et ça me semble normal que toute personne…

Raphaëlle Duchemin : ça veut dire que les 5 heures demandées c’était peut-être une bonne idée, ou en tout cas une idée à creuser ?


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Ségolène Royal : "Que l’on demande à toute personne qui reçoit une aide de l’Etat, mais à toute personne, que ce soient les plus riches, les grandes entreprises, les banques"

Ségolène Royal : que l’on demande à toute personne qui reçoit une aide de l’Etat, mais à toute personne, que ce soient les plus riches, les grandes entreprises, les banques que l’Etat a renflouées avec l’argent du contribuable, en contrepartie de ces subventions on ne leur a rien demandé, alors qu’on aurait dû leur demander de faire un effort pour financer par exemple les petites et moyennes entreprises de notre pays. Je veux dire par là que moi je veux une société du donnant-donnant : on reçoit…

Raphaëlle Duchemin, l’interrompant : et ce sera un thème de campagne pour 2012 ?


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Ségolène Royal : "Ce qui est détestable dans la façon dont le débat est posé par Monsieur Wauquiez, [...] c’est de dresser les pauvres contre les très pauvres. C’est absurde, alors qu’en effet toute personne, par dignité, a besoin de s’intégrer dans une activité au service de la collectivité"

Ségolène Royal : c’était déjà un de mes thèmes de campagne de 2007 : non à l’assistanat, oui au donnant-donnant. Ce qui est détestable dans la façon dont le débat est posé par Monsieur Wauquiez, c’est de dire, finalement, à ceux qui souffrent, aux travailleurs pauvres, c’est la faute encore des plus pauvres, autrement dit c’est de dresser les pauvres contre les très pauvres. C’est absurde, alors qu’en effet toute personne, par dignité, a besoin de s’intégrer dans une activité au service de la collectivité.

Je vais vous donner un exemple pas plus tard que 2 jours. J’ai rencontré une mère de famille, une femme seule avec enfant, il y a beaucoup de femmes seules avec enfant au RSA. C’était dans le quartier du Clou Bouchet à Niort. Et cette femme me dit, d’ailleurs elle faisait du travail d’intérêt général auprès d’une association d’insertion, son enfant est à l’école, donc elle a besoin de s’insérer. Elle a trouvé un travail de caissière à 20 kilomètres de chez elle, 20 ou 30 kilomètres de chez elle, elle n’a pas de voiture, si elle en avait une, l’essence coûte horriblement cher, il faut qu’elle trouve une gardienne pour son enfant, donc finalement ça lui coûtait plus cher d’aller travailler que de rester au RSA.

Donc c’est quoi le vrai problème ? Le vrai problème, c’est que les bas salaires sont trop bas, car pour faire un différentiel entre les revenus de l’assistance et les revenus du travail, il y a 2 façons : soit on baisse les revenus de l’assistance, c’est-à-dire on rejette les gens encore plus dans la misère, soit on augmente les bas salaires. Le vrai problème en France…

Raphaëlle Duchemin : … c’est la revalorisation des salaires.


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Ségolène Royal : "Mais oui, c’est que le SMIC est beaucoup trop bas, et que les bas salaires sont beaucoup trop bas, et qu’effectivement quand quelqu’un qui travaille dur voit son voisin qui est au RSA avec 200 euros de moins seulement que son travail, il se dit qu’il y a quelque chose qui ne va pas"

Ségolène Royal : mais oui, c’est que le SMIC est beaucoup trop bas, et que les bas salaires sont beaucoup trop bas, et qu’effectivement quand quelqu’un qui travaille dur voit son voisin qui est au RSA avec 200 euros de moins seulement que son travail, il se dit qu’il y a quelque chose qui ne va pas. Et ce qui ne va pas, on en revient à ce qu’on disait tout à l’heure, ce sont les revenus qui sont trop inéquitablement redistribués d’une part, et d’autre part c’est l’assistanat des riches, auxquels on ne demande rien.

Raphaëlle Duchemin : Ségolène Royal, vous vous posez je crois en héritière aujourd’hui du mitterrandisme, c’était il y a 30 ans, tout le monde finalement se réclame de cette filiation, comme si on avait besoin de chercher cet héritage absolument. Vous dites aussi qu’un an avant personne ne croyait à Mitterrand pour cette présidentielle, manière de dire que vous, vous y serez, alors que personne ne vous y voit ?

Ségolène Royal : peut-être. (Riant) Peut-être. La réalité est là, pourquoi ne pas la voir ? C’est vrai que les sondages, 1 an avant toute élection présidentielle, se sont trompés. Donc le matraquage sondagier aujourd’hui n’a pas de sens, et il faut surtout que les Français se disent que c’est à eux de décider. Personne ne privera les Français de leur vote, et notamment du débat de projets. Les Français vont choisir, non seulement une personnalité, une équipe, mais ils vont choi…

Raphaëlle Duchemin, lui coupant la parole : et ce sera vous ?

Ségolène Royal : eh bien écoutez on verra, ils n’ont pas encore voté ! Donc respectons-les, respectons ce vote, respectons le débat public et le débat d’idées.

Raphaëlle Duchemin : mais vous y croyez toujours, (Sourire radieux de Ségolène Royal) vous vous dites que c’est encore possible pour vous ?

Ségolène Royal : mais bien évidemment. D’abord je porte des idées très importantes, j’ai une vision de la société française, j’ai partout démontré que là où j’étais, j’avais la capacité d’action. Les Français ont besoin de quoi aujourd’hui ? D’un président de la République.. D’une présidente de la République qui tient parole, qui soit efficace, qui avance des solutions concrètes, qui soit honnête, et qui ait fait la preuve dans sa vie que chaque fois qu’elle a eu des responsabilités, elle a utilisé ce pouvoir-là pour agir, pour améliorer la vie des gens, et pour faire avancer le pays.

Raphaëlle Duchemin : merci Ségolène Royal d’avoir été en direct ce matin sur France Info, 8h26.

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11 mai 2011 3 11 /05 /mai /2011 15:23

images-11-.jpgLe bouclier fiscal visait à éviter que les riches ne paient trop d’impôt ! Il devait permettre de favoriser la croissance, une vision très libérale : plus les riches s’enrichissent plus la société se porterait bien !

Dans la réalité, c’est bien loin d’être le cas. Le bouclier fiscal n’a pas permis de relancer la croissance, il a surtout aggravé les inégalités. Une mesure qui est apparue de plus très inopportune en pleine crise économique, alors que beaucoup de Françaises et de Français en subissent les lourds effets.

 Finalement, Nicolas Sarkozy a décidé de mettre fin à cette mesure phare de sa politique, sans toutefois oublier les riches ! Il offre un dernier cadeau aux grandes fortunes avant les élections présidentielles. Les grandes fortunes vont bénéficier d’un fort allègement fiscal puisque le bouclier fiscal est maintenu encore pendant un an alors que l'ISF est allégé immédiatement ! Merci qui ?

 

 Après le bouclier fiscal Nicolas Sarkozy lance le bouclier social !

 

 Dans la même veine idéologique, la conception libérale, l’actuel Président de la République décide de s’en prendre à l’assistanat des plus pauvres. Si hier il ne fallait pas trop demander aux riches, maintenant il s’agit de ne pas trop donner aux pauvres !

Le premier Scud a été lancé par le ministre Laurent Wauquier pour plafonner les minimas sociaux provoquant une levée de boucliers à gauche !

 Déjà en 1798, dans cette vision libérale naissante, Malthus écrivait « Un homme qui naît dans un monde déjà occupé, si sa famille ne peut le nourrir ou si la société ne peut utiliser son travail, n’a pas le droit de réclamer une portion de nourriture ; au grand banquet de la nature, il n’y a pas de place pour lui. La nature lui commande de s’en aller et elle ne tarde pas à mettre cet ordre à exécution ».

 

Après le bouclier pour les riches Sarkozy prépare le bouclier contre les pauvres !

 

Ségolène Royal a répliqué ce matin sur France Info à cette nouvelle orientation du pouvoir.

Elle a d‘abord, tout simplement, au travers d’un exemple, expliqué quelle est la réalité concrète de ces hommes et de ces femmes :

 « Pas plus tard qu'il y a 2 jours, j'ai rencontré une femme seule. Il y a beaucoup de femmes seules avec enfants au RSA. C'était dans le quartier du Clos-Boucher à Niort. Et cette femme, qui d'ailleurs faisait des travaux d'intérêt général auprès d'une association d'insertion, a son enfant allant à l'école, donc elle a besoin de s'insérer. Elle a trouvé un travail de caissière à 20 ou 30 km de chez elle. Elle n'a pas de voiture. Si elle en avait une, l'essence coûte horriblement cher. Il faut qu'elle trouve une gardienne pour son enfant. Donc au final ça lui coutait plus cher d'aller travailler que de rester au RSA.

La socialiste a ensuite renvoyé le pouvoir au vrai problème : « Donc c'est quoi le vrai problème ? Le vrai problème c'est que les salaires sont trop bas. Car pour faire un différentiel entre les revenus de l'assistance et les revenus du travail, il y a deux façons : soit on baisse les revenus de l'assistance, et on rejette encore plus les gens dans la misère, soit on augmente les bas salaires ».

 

A ceux qui pensent qu’une politique de gauche ou de droite c’est la même chose, la socialiste, en quelques mots simples vient de démontrer tout le contraire ! A bon entendeur, salut !

 

 Philippe Allard

 

 

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11 mai 2011 3 11 /05 /mai /2011 09:19

 

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Dans la seconde partie d’En route vers la présidentielle sur i>TELE hier matin, Ségolène Royal était interrogée par Michaël Darmon, ce qui n’a pas empêché Guillaume Durand de poser de nombreuses questions.

Pour lire la première partie cliquez ici.

N’ayant pu mettre KO Ségolène Royal lors de la première partie et n’ayant pas eu de révélation croustillante, les deux journalistes ont changé de stratégie : ils sont carrément passés aux insinuations malveillantes et à la dénégation.

Darmon d’emblée a ouvert le feu en questionnant Ségolène Royal sur une phrase qu’elle a prononcée récemment : « J’entends des choses que d’autres n’entendent pas. » ; et en faisant le rapprochement avec un discours que la candidate aurait prononcé « à Domrémy face à Jeanne d’Arc en [s’] adressant pratiquement à Jeanne d’Arc » et en parlant de la « mystique de la présidentielle ». On entendait presque déjà une des insultes de 2007, « la folle du Poitou », qui a causé tant de tort à la candidate socialiste alors.

En réponse, Ségolène Royal a été très concrète :

« Qu’est-ce que ça veut dire ? Ça veut dire que tous les jours lorsque je suis auprès d’eux, en effet, j’entends ce que les Français disent, avec beaucoup d’attention, beaucoup d’humilité. »

Quand ensuite la candidate aux primaires a parlé concrètement de sa Région pour montrer que certaines choses étaient possibles, Durand s’est enfermé dans la dénégation : « Mais c’est pas forcément transposable, hein ». Ségolène Royal lui a montré à partir de l’exemple de l’engagement Première Chance que « donc vous voyez que c’est généralisable ».

Face au scepticisme des deux journalistes, Ségolène Royal a été imperturbable et a nettement dominé la seconde partie de l’émission. Elle a rarement laissé ses interlocuteurs lui couper la parole, malgré des tentatives incessantes de leur part, et inlassablement, en gardant la maîtrise de soi, elle a exposé ses idées.

Le premier thème abordé a été celui des « jeunes décrocheurs décrocheurs scolaires » et de l’engagement Première Chance : à l’issue de cette action de la Région Poitou-Charentes, « 60% des jeunes trouvent un emploi ».

Le second thème abordé par Darmon a été l’incapacité du PS à « juguler le Front national ». Ségolène Royal a pointé du doigt la mondialisation : « Qu’est-ce qu’ils me disent les gens ? Ils me disent : la mondialisation se fait sur notre dos. »


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Le troisième thème a été longuement développé par Ségolène Royal : comme Ségolène Royal avait cité François Mitterrand et le 10 mai 1981, parlant de « l’espoir », qui se manifestait par un « besoin de protection » et en même temps un devoir de projection vers l’avenir pour accomplir les réformes nécessaires, Darmon a cru bon de glisser : « protection et projeté vers l’avenir, ce sont exactement les deux termes de Nicolas Sarkozy pour sa campagne ».

Ségolène Royal a réagi avec force, moquant le journaliste – « Ah bon, vous avez déjà le slogan de campagne de Nicolas Sarkozy, il est donc en campagne ? » - puis dressant le bilan catastrophique des 4 années de présidence de Sarkozy :

« Il a encore 1 an, au lieu d’être en campagne, il doit être au travail. On lui a confié la maison France. Aujourd’hui, la maison France, elle est totalement détruite. La France est dans le ravin, est dans le fossé. Et donc il faut ressortir la France de cette ornière. »

Darmon a alors parlé du « thème de l’insécurité, ou des insécurités », Ségolène Royal a répondu sur les insécurités car l’insécurité, « elle est dans tous les domaines ».

Durand a utilisé de la dénégation à nouveau : « Il n’a pas du tout peur de vous, visiblement », parlant des socialistes.

Ségolène Royal a alors parlé de la stature et du lien aux gens de François Mitterrand, et la comparaison avec l’actuel président a été saignante :

« François Mitterrand avait de l’allure, du charisme, du respect, de la tenue dans l’exercice de la fonction présidentielle. C’était une façon de nous respecter. Il avait autant d’allure et de tenue sur la scène internationale que pour parler à un agriculteur du Salon de l’agriculture. […]

Souvenez vous de la façon dont [Nicolas Sarkozy] s’est adressé aux Français tout au long de son [quinquennat] : les petits, on les insulte et on leur dit n’importe quoi, et les grands on les respecte et on les caresse. François Mitterrand traitait aussi bien les petits, les gens de peu, ceux qu’il rencontrait dans la rue, ceux qu’il rencontrait dans les campagnes, avec autant d’allure, je le répète, que la prestance qu’il avait sur la scène internationale. Eh bien c’est cette présidence là qu’il faut retrouver. »

Frédérick Moulin

 

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Seconde partie à partir de 10 min 45 s - S.Royal est l'invitée de "En route vers la... par eric3362

  


Transcription de Militants de l’Espoir À Gauche avec Ségolène Royal : F.M.

Guillaume Durand : Michaël. D’abord bonjour.

Michaël Darmon : bonjour. Alors justement, vous dites vous : « J’entends des choses que d’autres n’entendent pas. ». Alors moi ça m’a rappelé le discours que vous avez prononcé un jour à Domrémy face à Jeanne d’Arc en vous adressant pratiquement à Jeanne d’Arc. Est-ce qu’il y a une mystique dans la présidentielle, et qu’est-ce que vous entendez que les autres n’entendent pas ?

Ségolène Royal, éclatant de rire : je ne me souviens plus. À quelle occasion ai-je prononcé cette …

Michaël Darmon : il y a pas longtemps, là où vous l’avez dit d’ailleurs dans un journal : « J’entends des choses que d’autres n’entendent pas. ».

Ségolène Royal : oui, ce que je voulais… oui, parce que j’ai une capacité d’écoute qu’on a parfois moquée d’ailleurs, que j’ai appelée la démocratie participative, aujourd’hui la Force Citoyenne.

Qu’est-ce que ça veut dire ? Ça veut dire que l’avenir de la France ne peut pas se faire sans les Français et encore moins contre eux. Et que tous les jours lorsque je suis auprès d’eux, en effet, j’entends ce que les Français disent, avec beaucoup d’attention, beaucoup d’humilité, et je crois que cette façon-là de faire de la politique, c’est-à-dire écouter avant d’agir, c’est une façon d’être efficace, c’est-à-dire de donner la garantie aux Français que lorsque je dis quelque chose, je le fais.

Et c’est si vrai que, lorsque les Français me voient travailler en proximité, ils m’élisent massivement, c’est le cas dans la région que je préside, 61% des voix dans cette région, il y a des gens de droite qui ont voté pour moi, 61% des voix, alors que c’est une région 50/50 : il y a deux départements de droite, deux départements de gauche. Pourquoi est-ce que je suis plébiscitée à la tête de ma région ? Parce que je fais ce que je dis, parce que j’écoute les gens, et parce que j’apporte…

Guillaume Durand : mais c’est pas forcément transposable, hein.


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Ségolène Royal : "J’étais hier aux rencontres des jeunes décrocheurs scolaires, 100 000 jeunes qui sortent tous les ans en France sans qualification du système scolaire, qui sont totalement paumés, totalement rejetés et qui ne savent pas de quoi demain sera fait"

Ségolène Royal : … et parce que j’apporte des solutions concrètes aux problèmes. Il y a beaucoup de problèmes transposables, je vais vous donner un exemple. J’étais hier aux rencontres des jeunes décrocheurs scolaires, 100 000 jeunes qui sortent tous les ans en France sans qualification du système scolaire, qui sortent à la fin de la 4ème, qui sortent à la fin de la 3ème, qui sont totalement paumés, totalement rejetés et qui ne savent pas de quoi demain sera fait.

Nous avons créé l’engagement Première Chance, et nous avons conditionné les aides aux entreprises à l’obligation de recruter des jeunes en apprentissage en alternance s’ils reçoivent des aides de la Région. Je recrutais hier une vingtaine de jeunes, savez-vous combien de jeunes décrocheurs qui n’ont rien, qui sortent à 15-16 ans, 17 ans de l’école, sans aucune qualification, retrouvent un emploi à l’issue de cette action de la Région, qui est l’engagement Première Chance, c’est-à-dire main dans la main avec des employeurs qui s’engagent, des chambres des métiers, des artisans, des commerçants ? 60% des jeunes trouvent [Michaël Darmon tente d’interrompre Ségolène Royal], 60% des jeunes trouvent un emploi ! Non mais laiss…

Michaël Darmon : Ségolène Royal, vous allez… vous allez beaucoup dans les quartiers populaires, je vous écoute, mais…


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Ségolène Royal : "60% des jeunes trouvent un emploi à l’issue de ce travail donc vous voyez que c’est généralisable"

Ségolène Royal : 60% des jeunes trouvent un emploi à l’issue de ce travail donc vous voyez que c’est généralisable.

Michaël Darmon : on a entendu… justement… alors justement… vous allez beaucoup dans les quartiers populaires, là où aussi le Front national fait des scores importants…

Ségolène Royal : oui.

Michaël Darmon : … pourquoi le Parti socialiste n’arrive-t-il pas à juguler le Front national ?

Ségolène Royal : attendez, attendez les élections déjà.

Michaël Darmon : c’est une tendance.

Ségolène Royal : mais c’est vrai, c’est vrai qu’il y a une partie de notre électorat qui est tenté par le Front national. Pourquoi ? Parce que les gens en ont assez de souffrir, c’est tout, qu’est-ce qu’ils voient, qu’est-ce qu’on voit, qu’est-ce qu’on nous dit ?

Michaël Darmon : ou aussi que le PS n’apporte pas de solution à leurs problèmes ?


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Ségolène Royal : "Qu’est-ce qu’ils me disent les gens ? Ils me disent : la mondialisation se fait sur notre dos"

Ségolène Royal : mais bien sûr, mais bien sûr. Et notamment quoi ? Notamment sur la mondialisation. Qu’est-ce qu’ils me disent les gens ? Ils me disent : la mondialisation se fait sur notre dos. Comment se fait-il que ce soient les salariés et les petits salariés qui subissent l’effet de la mondialisation alors que les grandes entreprises et que les grandes fortunes continuent à s’enrichir ?

(En tapant du poing sur la table) Et par rapport à ça, il faut changer de système. Or le Front national propose un changement de système, un mauvais changement de système, puisque c’est la sortie de l’euro, etc.

Guillaume Durand : ben oui, c’est la sortie de l’Europe, la sortie de l’euro…

Ségolène Royal : la situation de la France serait encore bien plus dramatique que celle qu’elle est aujourd’hui. Mais les gens, ils veulent quoi ? Ils veulent un changement de système. Et donc ils ne voient pas les socialistes aujourd’hui proposer un changement de système. Ça sera l’enjeu de la campagne présidentielle. Moi je pense que sur certains domaines, il faut faire comme François Mitterrand : conserver ce qui doit l’être, conserver nos valeurs fondamentales, et en même temps changer radicalement un certain nombre de choses, et par exemple, moi je veux que l’Etat entre dans le capital des entreprises stratégiques pour que ces entreprises se mettent au service du pays.

Michaël Darmon : ce que proposait également Nicolas Sarkozy pendant la crise, et d’ailleurs à ce propos…

Ségolène Royal, lui coupant la parole : ah bon ?

Michaël Darmon : … à ce propos, tout à l’heure au début de l’entretien…

Ségolène Royal : … il ne l’a pas fait en tout cas.

Michaël Darmon : … au début de l’entretien vous disiez : protection et projeté vers l’avenir, ce sont exactement les deux termes de Nicolas Sarkozy pour sa campagne, vous êtes encore…

Ségolène Royal, l’interrompant : quelle campagne ?

Michaël Darmon : sur la campagne qu’il prépare pour 2012.

Ségolène Royal : ah bon, vous avez déjà le slogan de campagne de Nicolas Sarkozy, il est donc en campagne ?

Guillaume Durand : dans L’Express il a dit : je… y…y…y…


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Ségolène Royal : "Ecoutez, il a encore 1 an, au lieu d’être en campagne, il doit être au travail. On lui a confié on lui a confié la maison France à Nicolas Sarkozy. Aujourd’hui, la maison France, elle est totalement détruite. La France est dans le ravin, est dans le fossé. Et donc il faut ressortir la France de cette ornière"

Ségolène Royal : il est donc en campagne ? Eh bien écoutez, il a encore 1 an, au lieu d’être en campagne, il doit être au travail. On lui a confié la voiture France à Nicolas Sarkozy, on lui a confié la maison France. Aujourd’hui, la maison France, elle est totalement détruite. La France est dans le ravin, est dans le fossé. Et donc il faut ressortir la France de cette ornière. Voilà ce que j’entends moi, vous me dites que j’entends des choses que les autres n’entendent pas. L’autre jour j’ai entendu cette phrase-là, textuellement : « La France est dans le fossé. Qui va nous sortir de l’ornière ? ». Voilà ce que disent les gens.

Michaël Darmon : mais vous pensez aussi que c’est sur le thème de l’insécurité, ou des insécurités, que se jouera la campagne 2012 ?


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Ségolène Royal : "Mais les Français vivent une insécurité terrible, une insécurité en plus globalisée, bien plus forte qu’il y a 4 ans. Elle est dans tous les domaines"

Ségolène Royal : mais les Français vivent une insécurité terrible, une insécurité en plus globalisée, bien plus forte qu’il y a 4 ans. Elle est dans tous les domaines, elle est même maintenant dans les services publics et à l’école. Donc il y a l’insécurité dans la rue, l’insécurité au travail avec la précarité, l’insécurité dans les salaires avec la hausse des prix, oui, l’insécurité des petits retraités, vous avez vu qu’il y a une explosion du nombre de petits retraités surendettés, ce sont les derniers chiffres de la Banque de France, des gens qui ont trimé toute leur vie, qui ont une petite retraite, et qui aujourd’hui sont obligés d’emprunter, tenez-vous bien, d’emprunter à la fin du mois pour pouvoir manger, c’est ça, ce que Nicolas Sarkozy a fait de la France.

Guillaume Durand : dans L’Express, il dit j…

Ségolène Royal : plus l’insécurité, pardon, l’insécurité à l’école. Aujourd’hui il y a des milliers d’écoles qui sont occupées parce que l’Education nationale ne remplit même plus son rôle. Mais quand les gens perdent tout, y compris l’école de leurs enfants, mais il y a la panique.

Guillaume Durand : Ségolène Royal, il n’a pas l’air de vous redouter, Nicolas Sarkozy, dans L’Express, on notait ça avec Michaël, il a dit : « Je doute beaucoup, mais je redoute peu. ». En gros, ‘je redoute peu les candidats socialistes’.

Ségolène Royal : oui, c’est la méthode Coué, ça.

Guillaume Durand : ben il a dit : « Cette élection, je la sens bien. », aussi.

Ségolène Royal : vous savez, il y a une grande différence entre Nicolas Sarkozy, pour r…

Guillaume Durand, l’interrompant : donc il n’a pas du tout peur de vous, visiblement.

Ségolène Royal : … pour revenir à François Mitterrand, François Mitterrand avait de l’allure, du charisme, du respect, de la tenue dans l’exercice de la fonction présidentielle. C’était une façon de nous respecter. Il avait autant d’allure et de tenue sur la scène internationale que pour parler à un agriculteur du Salon de l’agriculture.

Guillaume Durand : ce qui n’est pas le cas, ce qui ne sera pas le cas de Nicolas Sarkozy ?


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Ségolène Royal : "François Mitterrand traitait aussi bien les petits, les gens de peu, ceux qu’il rencontrait dans la rue, ceux qu’il rencontrait dans les campagnes, avec autant d’allure, je le répète, que la prestance qu’il avait sur la scène internationale. Eh bien c’est cette présidence là qu’il faut retrouver"

Ségolène Royal : eh bien, souvenez vous de la façon dont il s’est adressé aux Français tout au long de son [quinquennat] : les petits, on les insulte et on leur dit n’importe quoi, et les grands on les respecte et on les caresse. François Mitterrand traitait aussi bien les petits, les gens de peu, ceux qu’il rencontrait dans la rue, ceux qu’il rencontrait dans les campagnes, avec autant d’allure, je le répète, que la prestance qu’il avait sur la scène internationale. Eh bien c’est cette présidence là qu’il faut retrouver.

Guillaume Durand : alors, un mot Michaël, c’est vraiment la fin, on a déjà débordé.

Michaël Darmon : un mot, vous l’avez dit le 8 janvier : « J’ai envie de succéder à François Mitterrand. ». Qu’est-ce que vous dites aujourd’hui ?


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Michaël Darmon : "Un mot, vous l’avez dit le 8 janvier : « J’ai envie de succéder à François Mitterrand. ». Qu’est-ce que vous dites aujourd’hui ?" - Ségolène Royal : "Mais bien sûr, c’est vraiment l’idéal de tout candidat à l’élection présidentielle"

Ségolène Royal : mais bien sûr, c’est vraiment l’idéal de tout candidat à l’élection présidentielle. Je ne veux pas dire comme d’autres : moi je, moi je, moi je. Je suis au service d’une cause. Et je retiens cette phrase de François Mitterrand : « La cause que nous défendons est plus grande que nous, nous avons la responsabilité d’être à la hauteur de cette cause, et ce n’est pas un itinéraire d’ego, ou un chemin personnel, c’est un enjeu et une mission pour les Français et pour la France. ».

Guillaume Durand : merci Ségolène Royal, et bonne soirée à la Bastille ce soir, puisque vous y serez.

Ségolène Royal : bien sûr.

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10 mai 2011 2 10 /05 /mai /2011 21:53

 

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Ségolène Royal était ce mardi 10 mai 2011 au matin l’invitée de Guillaume Durand dans l’émission En route vers la présidentielle, sur i>TELE, et diffusée sur Radio Classique. Pendant la première partie de l’émission, Ségolène Royal était interrogée par Guillaume Durand, alors qu’en seconde partie Michaël Darmon a pris le relai, ce qui n’a pas empêché Guillaume Durand d’intervenir fréquemment.

Chez Ségolène Royal, « quelque chose a changé », « c'est indéfinissable », comme chantait Barbara dans Regarde, passé à l’UPP sur François Mitterrand et le 10 mai 1981 dimanche dernier. Ségolène Royal était bien rentrée en campagne pour la présidentielle, et sa combativité s’en trouvait décuplée.

Face à un Guillaume Durand qui cherchait le scoop ou qui feignait de ne rien comprendre, Ségolène Royal, la voix forte et assurée, a martelé ses idées, au propre comme au figuré parfois, tapant du poing sur la table quand elle était interrogée sur Wauquiez et le RSA :

« Mais est-ce que Laurent Wauquiez peut vivre avec 400 euros ? Soyons sérieux ! »

Inévitablement, Durand est tombé dans les questions à sensation dont certaines avaient déjà été posées et avaient déjà obtenu une réponse ailleurs. : François Hollande et le « concours d’héritiers de François Mitterrand » ; « Est-ce que vous avez rencontré Dominique Strauss-Kahn lorsqu’il est venu à Paris ? » ; « Est-ce que vous irez jusqu’au bout, quoi qu’il arrive, malgré cette conversation ? »

Enfin, autre thème sans surprise venant de Durand : l’importance que Ségolène Royal accorde aux sondages. Sur ce thème comme pendant toute l’émission, Ségolène Royal a fait référence à François Mitterrand. Elle a aussi adopté un angle de défense légèrement différent :

« 34% des Français ne savent pas s’ils vont aller voter aux primaires ! Et vous êtes capable de faire un sondage ? Ils sont bien malins ces instituts de sondages, ils gagnent bien de l’argent sur la naïveté des journaux, et parlant de l’élection présidentielle, attendez, plus de 20% des gens n’ont pas fait leur choix. Or les écarts entre nous, entre les différents candidats, ils sont de quelques points. »

Parmi les points et thèmes à retenir, on notera que ce soir, Ségolène Royal devrait être place de la Bastille, là où les socialistes avaient fêté leur victoire le 10 mai 1981.

Deuxième point, les idées de gauche qui ont marqué Ségolène Royal ce 10 mai 1981, c’est d’abord « l’espoir », qui se caractérise par un « besoin de protection dans un monde violent », mais « nous savons aussi que nous devons nous projeter vers l’avenir pour accomplir les réformes dont nous avons besoin ».

Troisième point très symbolique sur le thème des valeurs républicaines : « Je ne veux pas que le drapeau tricolore reste le monopole du Front national et de l’extrême droite ».

Quatrième point, longuement développé, « l’affaire Laurent Wauquiez » comme dit Durand : « Ce n’est pas acceptable d’avoir l’idée de faire travailler les pauvres sans les payer, alors qu’il y a tant d’assistanat des riches et des plus fortunés dans le système actuel. », a martelé la candidate aux primaires.

De là a découlé le cinquième et dernier point de la première partie : le financement des PME, la « banque publique de financement des petites et moyennes entreprises », et le nécessaire rééquilibrage fiscal travail/capital, PME/CAC 40 : « une entreprise du CAC 40 paye beaucoup moins d’impôt qu’une PME, entre 8 et 22% alors que les PME, c’est plus de 30% d’impôt ».

Frédérick Moulin

 

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Première partie jusqu'à 10 min 45sS.Royal est l'invitée de "En route vers la... by eric3362

 

Transcription de Militants de l’Espoir À Gauche avec Ségolène Royal / F.M.

Guillaume Durand : bonjour à vous tous, bienvenue sur nos antennes, bonjour Ségolène Royal…

Ségolène Royal : bonjour.

Guillaume Durand : … on est ravi de vous recevoir avec Michaël Darmon. Est-ce que vous serez à la Bastille ce soir, vous qui avez travaillé avec François Mitterrand ?

Ségolène Royal : oui, je pense.

Guillaume Durand : au concert ?

Ségolène Royal : oui.

Guillaume Durand : et quel est le sens pour vous de cette commémoration dont on souligne l’importance partout dans les journaux, est-ce que c’est l’idée que la gauche, ce 10 mai 1981, a gagné, qui l’emporte sur toutes les autres ?

Ségolène Royal : vous savez, François Mitterrand disait, dans son discours d’investiture, il n’y a qu’un vainqueur du 10 mai c’est l’espoir. Et je pense que si aujourd’hui François Mitterrand retrouve autant d’impact dans l’opinion, à gauche comme à droite d’ailleurs, c’est parce que jamais la France n’a eu autant besoin de se tourner vers l’avenir et de retrouver un souffle d’espoir.

Alors on recherche pourquoi François Mitterrand avait incarné cet espoir : je crois parce qu’il synthétisait en lui-même ce qu’était la France, c’est à dire qu’il était à la fois conservateur, il savait qu’il fallait garder un certain nombre de choses qui font l’identité du pays, ce pays, notre pays qu’il aimait passionnément, et en même temps il avait la passion de la transformation, c’est-à-dire qu’il y avait des accélérations de l’histoire

Guillaume Durand, l’interrompant : oui, socialiste, humaniste, catholique.

Ségolène Royal : voilà. Et donc les Français sont encore comme ça aujourd’hui, c’est-à-dire que nous avons à la fois besoin de protection dans un monde violent, avec un système de sécurité qui a reculé, donc nous avons à la fois besoin de protection, et nous savons aussi que nous devons nous projeter vers l’avenir pour accomplir les réformes dont nous avons besoin.


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Guillaume Durand : est-ce que vous avez le sentiment qu’il n’y a pas quand même, à gauche, dans la perspective de ces primaires auxquelles vous allez participer, une sorte de concours d’héritiers de François Mitterrand, par exemple, François Hollande, pour prendre un exemple, il a été avec Lionel Jospin l’un des partisans du ‘droit d’inventaire’ qui a été très mal pris par les mitterrandistes historiques. Alors est-ce qu’on peut se revendiquer de François Mitterrand tout en ayant dressé son droit d’inventaire ?

Ségolène Royal : là vous avez tout dit, donc je n’en rajouterai pas.

Guillaume Durand : bien si, justement.

Ségolène Royal : en tout cas, en tout cas moi je me souviens de tous ceux en effet qui ont tourné le dos, qui ont abandonné celui qui ne pouvait plus rien distribuer. Ça n’est pas mon cas, j’ai toujours été [Guillaume Durand essaie de l’interrompre] j’ai toujours été fidèle parce que moi je n’oublie jamais, par fidélité, d’où je viens et à qui je dois la chance aujourd’hui de pouvoir agir en politique.

Et j’ai appris ce métier pendant 7 ans auprès de lui, après avoir fait la campagne présidentielle, puis il m’a nommée sa ministre de l’Environnement, sans doute parce que nous avions mené ensemble le combat de la sauvegarde du Marais Poitevin, il était écologiste avant l’heure, disons-le. Et puis ensuite il m’a accompagnée…

Guillaume Durand, lui coupant la parole : vous n’avez pas tout à fait répondu sur François Hollande, quand même, la manière, il va à Château-Chinon, il revendique cet héritage…

Ségolène Royal : écoutez, je pense que vous avez tout dit dans la phrase, donc ne…

Guillaume Durand, l’interrompant : je préfèrerais que ce soit vous qui le disiez.

Ségolène Royal : oui, je sais bien ce que vous voulez me faire dire, eh bien au risque de vous décevoir je ne le ferai pas.

Guillaume Durand : mais vous le pensez, quand même, qu’il y a une certaine forme illégitimité, pour certains, à revendiquer son héritage ?


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Ségolène Royal : "Je ne veux pas que le drapeau tricolore reste le monopole du Front national et de l’extrême droite"

Ségolène Royal : mais il n’est jamais trop tard pour reconnaître ses erreurs et pour adhérer à des valeurs qui font la solidité de ce que voudrait la France demain, c’est d’ailleurs la raison pour laquelle aussi j’ai repris le drapeau tricolore, je ne veux pas que le drapeau tricolore reste le monopole du Front national et de l’extrême droite. Je considère que plus que jamais ces valeurs de liberté, d’égalité, de fraternité, auxquelles il faut ajouter, dans les temps présents, la laïcité et la solidarité, plus que jamais les Français ont besoin de se raccrocher à ces valeurs, et j’entends bien les défendre, et j’espère, les incarner.

Guillaume Durand : l’affaire Laurent Wauquiez, est-ce que vous considérez que les propositions qu’il fait concernant le RSA sont des  propositions scandaleuses ?

Ségolène Royal : vous savez, moi j’ai été la première à gauche qui ait dénoncé l’assistanat parce que je considère que les catégories populaires, ceux qui travaillent dur et qui gagnent peu ne peuvent pas accepter que les minimas sociaux fassent gagner autant que le fruit du travail.

Guillaume Durand : RSA, CMU, plus les aides au logement…

Ségolène Royal, immédiatement et avec fermeté : seulement, Laurent Wauquiez se trompe sur deux points. C’est que d’une part maintenant, la loi a été suffisamment claire, et les minimas sociaux ne permettent pas de gagner autant que ceux qui travaillent, puisqu’il y a un système de plafonnement.

Guillaume Durand : et si c’est presque la même chose, il y a une démotivation qui existe quand même ?


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Ségolène Royal : "Eh bien que la société donne du travail"

Ségolène Royal, du tac au tac et avec force : eh bien que la société donne du travail. Parce qu’il y a plein de gens aussi qui sont aux minimas sociaux et qui voudraient avoir la dignité de travailler, donc le vrai combat, c’est de faire en sorte que ceux qui veulent travailler puissent le faire.

Et d’ailleurs Laurent Wauquiez connaît assez mal son dossier si j’ose dire, puisque dès aujourd’hui, les titulaires du RSA peuvent travailler, mais ils sont payés pour travailler. Alors ce n’est pas acceptable d’avoir l’idée de faire travailler les pauvres sans les payer, alors qu’il y a tant d’assistanat des riches et des plus fortunés dans le système actuel.

Est-ce qu’il n’est pas choquant que les banques aient été assistées, et qu’aujourd’hui, elles refusent toujours de faire leur métier, c’est-à-dire de prêter aux petites et moyennes entreprises ? Est-ce qu’il est acceptable que les grandes fortunes soient assistées, c’est-à-dire qu’en cumulant le maintien du bouclier fiscal et la baisse de l’impôt de solidarité sur la fortune, le Trésor public va encore faire les plus gros chèques aux grands détenteurs des grandes fortunes ? [Guillaume Durand tente de lui couper la parole] Tous ceux qui, comme disait François Mitterrand, s’enrichissent en dormant, est-ce qu’ils ne sont pas assistés ?

C’est là qu’est le vrai scandale ! Ce n’est pas pour quelques milliers de pauvres gens, qui heureusement ont 400 euros [Guillaume Durand tente de l’interrompre], ont 400 euros. (en tapant du poing sur la table) Mais est-ce que Laurent Wauquiez peut vivre avec 400 euros ? Soyons sérieux !

Guillaume Durand : mais il parle de ‘cancer de la société française’.

Ségolène Royal : est-ce que c’est un cancer de gagner 400 euros ? Est-ce qu’on peut manger, élever ses enfants, se loger, payer son électricité avec 400 euros ? Alors moi je demande 2 choses, je propose 2 choses, d’abord pour augmenter le pouvoir d’achat des Français, que l’on puisse bloquer le prix de l’essence, le prix de l’énergie, et le prix de 50 produits de première nécessité, je l’ai proposé plusieurs fois et je pense que nous devons faire cela. Ensuite, donner du travail, donner du travail aux Français !


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Ségolène Royal : "Ensuite, donner du travail, donner du travail aux Français !"

Guillaume Durand : mais ça veut dire quoi donner du travail ?

Ségolène Royal : donner du travail ça veut dire mieux répartir les richesses.

Guillaume Durand : c’est pas l’Etat qui …

Ségolène Royal, l’interrompant : mais si, l’Etat doit faire son rôle. Pourquoi avons nous un Etat inerte par rapport au fait que les grandes entreprises du CAC 40 aient augmenté leurs profits de 80%, et que toutes les entreprises sous-traitantes, toutes ces PME qui font le tissu vivant de notre pays, tous ces patrons de petites et moyennes entreprises, eux, galèrent, souffrent, n’arrivent pas à embaucher, n’arrivent pas à augmenter les salaires parce qu’ils sont pressurés par les entreprises du CAC 40 et par les banques, qui n’ont jamais fait autant de profits, et qui n’ont jamais autant rémunéré leurs dirigeants qui aujourd’hui gagnent 200 fois le SMIC, voilà quel est le vrai scandale, et …

Guillaume Durand : mais justement, comment la gauche intervient dans ce dossier ? Alors je sais bien que c’est un peu un… c’est très compliqué d’aborder tous ces problèmes le matin, comme ça, lors d’un entretien, mais comment vous allez faire, justement, pour qu’il puisse y avoir une redistribution du CAC 40 vers les PME, du CAC 40 et des patrons du CAC 40 vers ceux qui gagnent le moins ? [Guillaume Durand croise les bras et attend]


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[Guillaume Durand croise les bras et attend]

Ségolène Royal : eh bien écoutez, il y a des solutions très simples…

Guillaume Durand, lui coupant la parole : c’est quoi, c’est la fiscalité ?

Ségolène Royal : … il y a des solutions très simples et très efficaces à faire. D’abord la création d’une banque publique de financement des petites et moyennes entreprises, qui sera financée par les banques.

Guillaume Durand : et ça c’est dans le programme du PS ?

Ségolène Royal : c’est dans le programme du PS, c’est une chose que je demande depuis longtemps et que j’ai mis en place dans ma région, où nous avons mis en place des fonds pour permettre le financement, et c’est nous qui prêtons aux PME, c’est quand même extravagant, les banques n’ont jamais gagné autant d’argent, ce sont les collectivités territoriales, et en particulier je vous le dis, Poitou-Charentes Expansion, qui prêtent aux entreprises pour qu’elles se développent. Est-ce que c’est normal ? Non.


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Ségolène Royal : "C’est quand même extravagant, les banques n’ont jamais gagné autant d’argent, ce sont les collectivités territoriales, et en particulier je vous le dis, Poitou-Charentes Expansion, qui prêtent aux entreprises pour qu’elles se développent"

Donc ça il faut changer les choses, et ça c’est un Etat fort et juste qui pourra faire les choses. Ensuite nous pouvons faire en sorte que les règles du jeu, les règles économiques soient plus justes entre les grandes entreprises du CAC 40, les gran…

Guillaume Durand, lui coupant la parole : c’est la fiscalité, ça ?

Ségolène Royal : c’est la fiscalité, mais savez-vous qu’aujourd’hui une entreprise du CAC 40 paye beaucoup moins d’impôt qu’une PME, entre 8 et 22% alors que les PME, c’est plus de 30% d’impôt. Est-ce que c’est juste ça ? Est-ce que c’est juste qu’une entreprise, juste encore un exemple, une entreprise qui a beaucoup de salariés, a des prélèvements beaucoup plus importants puisque le travail est encore aujourd’hui beaucoup plus taxé que le capital. Lorsque nous rétablirons un juste équilibre entre les prélèvements sur le capital et les prélèvements sur le travail, les entreprises seront incitées à créer des emplois et à augmenter les salaires, voilà le nouveau modèle économique que nous devons mettre en place.

Guillaume Durand : est-ce que vous avez rencontré Dominique Strauss-Kahn lorsqu’il est venu à Paris ? Discrètement ? La réponse oui ou non ?

Ségolène Royal : mais écoutez, ce feuilleton de qui rencontre qui, qui téléphone à qui, je pense que ça – pardon mais …

Guillaume Durand : c’est important.

Ségolène Royal : … ça dégrade un peu le débat présidentiel. Le problème, ce n’est pas de savoir qui rencontre qui, le problème c’est de savoir…

Guillaume Durand : de quoi on parle.

Ségolène Royal : … qui sera candidat et quels seront les projets présentés par les candidats.

Guillaume Durand : mais vous l’avez rencontré ?


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Ségolène Royal : "Je lui ai parlé"

Ségolène Royal, après un blanc : je… je lui ai parlé. (silence)

Guillaume Durand : alors vous lui avez dit quoi ?

Ségolène Royal : mais écoutez, nous avons très peu de temps, nous avons 13 minutes, parlons aux Français.

Guillaume Durand : mais non, mais on a 17 minutes d’interview…

Ségolène Royal : mais nous parlons, et ça n’a rien d’extravagant, oui, nous nous parlons.

Guillaume Durand : est-ce que ça veut dire que dans ces conversation, il y a une manière d’organiser, j’allais dire, d’une façon concrète les primaires, ou est-ce que vous irez jusqu’au bout, quoi qu’il arrive, malgré cette conversation ?

Ségolène Royal : mais j’irai jusqu’au bout, bien sûr, du dépôt de ma candidature aux primaires ! Mais c’est ma responsabilité, c’est ma responsabilité politique. François Mitterrand s’y est pris à 3 fois, vous avez vu, pour être élu président de la République.

Guillaume Durand : ça vous inspire ?

Ségolène Royal : ça m’inspire, parfaitement. Et comme il le disait également : « Je suis charentais, donc je prends du temps pour réfléchir, mais quand j’ai réfléchi je vais vite. ». Vous voyez, je me retrouve totalement dans cette façon de faire les choses.

Guillaume Durand : donc les sondages ne jouent aucun rôle dans la manière dont vous percevez cette présidentielle ? Parce que ces sondages jusque, en tout cas, ça, ce matin, sont des sondages qui vous mettent plutôt derrière Dominique Strauss-Kahn et François Hollande.


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Ségolène Royal : "Tous les sondages qui ont eu lieu un an avant une échéance présidentielle se sont trompés. Tous ! Et vous voudriez aujourd’hui que les jeux soient faits ?"

Ségolène Royal : mais vous vous souvenez bien, parce que vous êtes un fin observateur de la vie politique, que c’était aussi le cas pour François Mitterrand un an avant l’élection présidentielle. Tous les sondages qui ont eu lieu un an avant une échéance présidentielle se sont trompés. Tous ! Et vous voudriez aujourd’hui que les jeux soient faits ? [Guillaume Durand : « Et donc ça ne vous trouble pas ? »] Mais c’est pas respectueux pour les Français. Non seulement ça ne me trouble pas, mais je trouve que c’est plutôt bon signe par rapport à ce que je viens de vous dire. Donc le droit de vote appartient au peuple français.


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Ségolène Royal : "Arrêtons-nous un instant, parce que c’est vrai qu’il y a un matraquage quotidien"

Et si vous regardez de près d’ailleurs, arrêtons-nous un instant, parce que c’est vrai qu’il y a un matraquage quotidien, tant pis pour les journaux et les chaînes de télévision qui achètent ces sondages, ça doit leur coûter très cher, mais [qu’] elles regardent ce qui se passe aussi dans ces sondages.


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Ségolène Royal : "Ils sont bien malins ces instituts de sondages, ils gagnent bien de l’argent sur la naïveté des journaux, et parlant de l’élection présidentielle, attendez, plus de 20% des gens n’ont pas fait leur choix"

Je vois encore ce matin un sondage qui a été publié : 34% des Français ne savent pas s’ils vont aller voter aux primaires ! Et vous êtes capable de faire un sondage ? Ils sont bien malins ces instituts de sondages, ils gagnent bien de l’argent sur la naïveté des journaux, et parlant de l’élection présidentielle, attendez, plus de 20% des gens n’ont pas fait leur choix.

Or les écarts entre nous, entre les différents candidats, ils sont de quelques points. Donc laissez les Français observer qui est candidat, ce que nous avons à dire, se dérouler la campagne, quels sont les différents projets, qui incarne le mieux la France d’aujourd’hui et de demain, et nous aurons la réponse dans un an.

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10 mai 2011 2 10 /05 /mai /2011 20:40

Photo Razak[1]C’est replacer la démocratie sur son socle environnemental, mais aussi reconnaître que les problèmes humains posés par les crises environnementales relèvent de l’inégalité sociale et ne peuvent donc être résolus que démocratiquement, et d’abord au niveau des territoires..

Car la dimension sociale du risque environnemental  apparaît désormais clairement. Parce qu’ils combinent la vulnérabilité à l’alea, les risques environnementaux se superposent de plus en plus nettement aux inégalités de revenu, générant une véritable inégalité environnementale. Caractère désormais mondial des sociétés riches comme des sociétés pauvres, l’inégalité environnementale est bien documentée dans l’ouvrage d’Eric Laurent «  Social-écologie » (Paris, Flammarion, 2011).

Par inégalité environnementale, il faut entendre certes exposition aux risques naturels, technologiques, industriels ou sanitaires , mais évidemment aussi  exposition aux nuisances ordinaires : bruit et pollution, accès insuffisant aux ressources de l’urbanité et à un cadre de vie de qualité, et enfin capacité faible ou inexistante pour les groupes concernés à agir sur l’environnement et à interpeller la puissance publique ou les décideurs privés pour qu’ils le fassent.

Ainsi se dessine une double forme d’inégalité environnementale, celle quotidienne qui est inscrite dans les conditions ordinaires de la vie des pauvres et celle qui explose avec chaque crise environnementale. Si le combat contre la première forme d’inégalité est clairement social, en revanche il est moins habituel de considérer qu’une politique sociale démocratique constitue le meilleur instrument de prévention et de réparation des risques environnementaux.

Car il est facile de dire que la politique n’est pour rien dans les tremblements de terre . Mais le coùt des crises environnementales des dernières décennies découle, directement ou indirectement, de la décision humaine. Effets directs : les accidents  des entreprises industrielles telles que la centrale nucléaire de Tchernobyl, les usines d’Union Carbide à Bhopal ou d’AZT à Toulouse, effets indirects : des phénomènes naturels tels que le tsunami de Fukushima, le séisme chinois de 2006, celui d’Haîti en 2010, l’ouragan Katrina de la Nouvelle-Orléans ou de Tuscaloosa hier, ou encore la canicule européenne de 2003. Certains diront que la canicule a quelque chose à voir avec le réchauffement climatique, en revanche séismes et tsunamis sont de toute évidence an-historiques. Mais dans tous les cas, les conséquences humanitaires de ces crises environnementales sont largement imputables aux décisions humaines d’évaluation du risque.

Implanter des centrales nucléaires dans des régions à haute activité sismique, bâtir en négligeant les normes para-sismiques, économiser sur l’entretien des digues,  dans des pays où règne la corruption des décideurs, laisser  des populations démunies et désinformées s’entasser à proximité d’activités potentiellement dangereuses, c’est préparer les catastrophes humanitaires que nous vivons désormais.

Au-delà de l’impéritie ou de la corruption des gouvernements locaux, au-delà de la soif de profit des grandes entreprises, au-delà donc de déficiences des décideurs somme toute plutôt courantes quand un contrôle démocratique ne s’exerce pas, l’enquête sociologique nous apporte chaque fois la même information : les victimes ne sont pas également réparties dans la société. Ceux qui souffrent, ce sont majoritairement les pauvres, ceux qui n’ont pas les moyens de vivre ailleurs ou de se loger autrement, et ceux qui sont isolés, exclus des réseaux de sociabilité et d’influence . Les survivants, ce sont les détenteurs d’un capital économique , culturel ou social leur permettant de vivre à l’abri, de concevoir ou de financer des systèmes privés de protection, ou encore de mobiliser les décideurs au service de leurs intérêts. L’inégalité des sociétés  se retrouve dans chaque catastrophe, que les effets destructeurs de celle-ci soient directement ou indirectement liées à des décisions humaines.

Comment lutter contre cette forme d’inégalité aggravée par la marchandisation du monde?

Là où la responsabilité du politique prend toute sa dimension, c’est lorsqu’il s’agit de passer de la notion de danger objectif  ou de danger perçu par les populations locales concernées, c’est-à-dire de passer de l’information,  à l’évaluation du risque. Celle-ci  appellera peut-être des choix d’intérêt général , mais elle appelle d’abord des décisions politiques immédiates qui ne peuvent être prises que sur le terrain. Ici encore, et même dans les pays qui bénéficient de régimes démocratiques, comme le Japon ou les Etats de l’Union Européenne, l’Etat, communément appelé Etat-providence, s’est montré incapable ou peu désireuxd’effectuer ce calcul du risque : information tardive, approximative ,parcellaire ou peu objective , et finalement  manque de réactivité de la  structure technocratique centralisée de la décision (rappelez-vous la canicule: c’était l’été, des tas de congés d’été paralysaient la courroie de la décision, qui ne pouvait être que centrale, de mettre des moyens à disposition des urgences qui ne pouvaient, être elles,  que locales).

C’est pourquoi la démocratie environnementale doit s’enraciner dans la démocratie locale participative parce que celle-ci est riche de l’expertise quotidienne des citoyens et parce que c’est au niveau local que les transformations du monde se lisent le plus clairement là où surgissent les périls.

A partir de l’expertise citoyenne des territoires, démasquons l’inégalité environnementale . Relevons le  défi de la démocratie environnementale participative avec Ségolène Royal en 2012.

Lucile Bourquelot

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9 mai 2011 1 09 /05 /mai /2011 15:50

 

Yvette-Roudy-FrederickMoulinMEAGSR-2.jpg

(@Frédérick Moulin)

Hier après-midi une invitée surprise nous attendait à l’UPP organisée à l’occasion du 10 mai 1981 sur l’actualité des combats de François Mitterrand pour aujourd’hui et pour demain, à Paris.

Il s’agissait d’Yvette Roudy, ardente « défenseuse » - le terme qui avait fusé de sa bouche quand Dominique Bertinotti demandait si on disait « défenseur(e) » ou « défenseuse »­ - de la cause des femmes, et qui fut ministre déléguée auprès du Premier ministre, ministre des droits de la femme sous les gouvernements de Pierre Mauroy de 1981 à 1985, avant de devenir ministre des droits de la femme en 1985 et 1986 (gouvernement de Laurent Fabius).

Yvette Roudy, avec son franc-parler et son langage coloré, a beaucoup fait rire et beaucoup été applaudie, dans une salle qui commençait à être chauffée à blanc, tant par la température qui montait avec un soleil radieux dehors, que par les esprits enflammés par les discours imprégnés de souvenirs et pleins de promesses déclamés par les intervenants.

Elle a aussi beaucoup parlé, bien sûr, de la cause des femmes, donnant des pistes à la seule qu’elle voit « succéder à François Mitterrand » : Ségolène Royal. Elle lui a notamment confié à la fin de son discours :

« L’an prochain, si comme je le suppose, vous vous préparez à travailler sur un projet, n’oubliez pas de relire les 110 propositions, de voir qu’elles étaient très en avance, dites-vous qu’on a simplement besoin de 7 ou 8 propositions, on en a pas besoin d’une masse, mais des propositions fortes et que nous allons nous engager à tenir parce que bien évidemment, celle qui doit succéder à François Mitterrand, forcément, naturellement, bien sûr, évidemment, cela doit être Ségolène. »

Frédérick Moulin

 



Transcription de Militants de l’Espoir À Gauche avec Ségolène Royal / F.M.

Merci, chère Ségolène pour cette invitation, à laquelle j’ai répondu avec beaucoup de plaisir, surtout en ce moi de mai, aujourd’hui. C’était donc il y a 30 ans, le 10 mai 1981, cela a été évoqué, et, jusque là, après 23 ans d’opposition, la gauche n’avait jamais gouverné, et surtout pas sous les institutions de la Vème République. Alors Charles Fiterman se souvient effectivement de cette émotion qui a été la nôtre, quand nous sommes arrivés pour la première fois dans ce Conseil [des ministres], mais nous savions que nous avions avec nous François Mitterrand qui a fait de son premier acte un acte symbolique, il a dissous l’Assemblée, ce qui a amené à l’Assemblée nationale une forte majorité – j’ai failli dire une horde ! – une forte majorité de socialistes, très barbus, (Rires) très excités et très joyeux qui étaient là, et qui naturellement assuraient la majorité. Ils étaient 247 hommes et 17 femmes, je les ai comptés. (Rires, murmures)

Alors, la gauche, depuis lors, n’a jamais réussi à gagner de nouvelles élections sauf les élections intermédiaires, c’est-à-dire qu’on est très bons pour gagner les élections régionales, même législatives, intermédiaires, mais je ne sais pas pourquoi, on n’arrive pas à gagner les élections présidentielles, même, même la dernière, qui pourtant, normalement, aurait dû nous revenir, et je crois que là Pierre Bergé a très bien compris pourquoi on n’avait pas réussi. (Applaudissements)

Il reste que François Mitterrand, lui a su, a su tout à fait faire avec ces institutions dont Pierre Mendès France ne voulait pas, parce qu’il disait que les institutions que nous avions ne collaient pas avec le caractère des socialistes. Peut-être, c’est possible, n’empêche que François Mitterrand, lui, s’en est accommodé. Nous sommes arrivé et une de ces phrases qu’il répétait était : « Je peux jeter les bases du socialisme, mais je ne vais pas le réaliser tout entier. Ce sont ceux qui viendront après moi qui le réaliseront. ». Et ça, nous en sommes tous convaincus, c’est pour ça qu’il ne faut pas se tromper.


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(@Frédérick Moulin)

« Changer la vie » était un magnifique slogan que nous avions emprunté à Rimbaud, et pour ce qui me concernait, j’avais pour moi la tâche redoutable de changer la vie des femmes. Ce que je me suis employée à faire (« Bravo ! », applaudissements)

Nous étions prêts, nous étions prêts. N’oublions pas qui avaient [précédé] – en 1971 François Mitterrand était porté à la tête du Parti socialiste, et pendant 10 ans, nous n’avons cessé de nous préparer. Et il disait : « sans trêve ni repos », c’était une de ses expressions. Effectivement, en dépit des échecs et des difficultés, son principe était : on tombe, on repart le lendemain. Et sans se décourager.

Donc on s’était préparés soigneusement à cela, je me souviens notamment d’un séminaire qui s’était tenu à Chantilly, où nous avions passé 3 jours avec Olof Palme et ses amis suédois qui venaient de perdre les élections en Suède. La discussion avait été très enrichissante.

Mais il y avait eu autre chose. Il y avait eu pendant ces années 1970 tout le mouvement des femmes, certaines d’entre nous s’en souviennent, je vois des visages qui doivent s’en souvenir (Applaudissements), certaines d’entre nous s’en souviennent, il y avait le Mouvement des femmes, et nous étions souvent dans la rue, et qu’est-ce que nous disions ? On disait : « Nous voulons la maîtrise de notre corps. ». (Applaudissements)


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(@Frédérick Moulin)

Et c’était à ce moment-là une revendication très forte que François Mitterrand comprenait très bien, et qui nous avait permis, effectivement, qui nous a permis effectivement de franchir un certain nombre d’obstacles. Ce que j’ai fait, je n’ai fait que finalement remplir mon engagement, c’est-à-dire prendre dans les 110 propositions les 11 qui concernaient les femmes.

Mon premier acte a été effectivement celui qui concernait le corps des femmes avec une campagne pour la contraception, en faveur de la contraception, et le remboursement de l’IVG, qui a certainement été le plus difficile à obtenir. (Applaudissements, acclamations)

Après quoi s’en est suivi toute une série de mesures, qui étaient prévues dans les 110 propositions, mais d’autres qui n’ont pas pu passer, et [dont], vraiment, la personne qui viendra après Mitterrand, chère Ségolène, devra s’emparer, évidemment, c’est-à-dire l’application de la loi sur l’égalité professionnelle, la loi anti-sexiste, et la parité. (Applaudissement)

L’an prochain, si comme je le suppose, vous vous préparez à travailler sur un projet, n’oubliez pas de relire les 110 propositions, de voir qu’elles étaient très en avance, dites-vous qu’on a simplement besoin de 7 ou 8 propositions, on en a pas besoin d’une masse, mais des propositions fortes et que nous allons nous engager à tenir parce que bien évidemment, celle qui doit succéder à François Mitterrand, forcément, naturellement, bien sûr, évidemment, cela doit être Ségolène. (Acclamations chauffées à blanc, applaudissements nourris puis en rythme)

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9 mai 2011 1 09 /05 /mai /2011 10:44

 

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(@Frédérick Moulin)

Hier après-midi avait lieu l’UPP organisée à l’occasion du 10 mai 1981 sur l’actualité des combats de François Mitterrand pour aujourd’hui et pour demain, dans la salle des Blancs Manteaux, à Paris, dans le IVème arrondissement.

La réunion était placée sous le thème des couleurs de la République, et on pouvait lire sur le pupitre lors de l'intervention de Ségolène Royal « La Force Citoyenne », des termes qui marqueront le rassemblement, et la campagne de Ségolène Royal.


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La salle étaient comble, et des drapeaux émaillaient l'assistance : tricolores, rouges, Désirs d'avenir, Brésil... (@Frédérick Moulin)

La salle était comble, 900 personnes étaient présentes selon certaines sources, pas uniquement des militants ségolénistes, et des drapeaux tricolores émaillaient l’assemblée ; des carrés de tissu bleus, blancs, ou rouges avaient été distribués aux spectateurs, et on pouvait également voir des drapeaux Désirs d’avenir, des drapeau rouges, symboles du mouvement ouvrier et des luttes sociales, ainsi, notamment, qu’un drapeau brésilien – symbole du pays ou des racines de la spectatrice qui le tenait.


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Pendant l'intervention de Ségolène Royal, un écriteau "La Force Citoyenne" avait été ajouté au pupitre ; derrière, les trois grandes voiles tricolores (@Frédérick Moulin)

Derrière l’estrade, trois grandes toiles triangulaires tricolores, éclairées par les fenêtres et le temps radieux qu’il faisait dehors, rendaient un hommage aux couleurs républicaines, telles les voiles d ‘un grand navire, propulsé par « le mot espoir », paroles qui étaient les trois dernières de la chanson Regarde de Barbara, passée au début du rassemblement, et chantée au cirque Jean Richard, Porte de Pantin en novembre 1981 par cette grande artiste. La chanson évoquait le changement et « Un homme, / Une rose à la main, / A ouvert le chemin /Vers un autre demain. »


les annees mitterrand 2

François Mitterrand le 21 mai 1981, sur les marches du Panthéon

 

 Après une introduction de Dominique Bertinotti, maire du IVème arrondissement, historienne et mandataire des archives présidentielles de François Mitterrand, Pierre Bergé est intervenu. D’emblée, la salle a été enthousiaste, et il a été énormément applaudi tout au long de son intervention.

Mais bien sûr, 3 phrases retiendront tout particulièrement l’attention. Après avoir parlé de sa grande amitié avec François Mitterrand, il a déduit :

« C’est pour ça que je crois pouvoir dire que le vrai successeur de François Mitterrand s‘appelle Ségolène Royal. »

Après avoir souligné : « François Mitterrand n’était affilié à aucun camp, à aucun clan, à aucun mouvement, et, tout juste au Parti socialiste […] il avait dépassé tout cela. », Pierre Bergé a immédiatement fait le rapprochement :

« Et Ségolène n’est affiliée à rien. »

Enfin, pour conclure, il a lancé, avec un élan du cœur, qu’il a bien à gauche :

« Je vais terminer, avec un seul mot : bonne chance, Ségolène ! »

Tonnerre d’applaudissements et d’acclamations…

Frédérick Moulin

 

 


Transcription de Militants de l'Espoir À Gauche avec Ségolène Royal /F. M.

Chère Ségolène, mes chers amis, bonjour. (Applaudissements)

Nous fêtons aujourd’hui un anniversaire important puisque c’est la fin de la guerre. Le 8 mai 1945, les Alliés et la France allaient enfin gagner. Dans deux jours nous allons fêter un autre anniversaire ô combien important, la victoire de la gauche en [1981] et l’arrivée de François Mitterrand.

François Mitterrand a dit, Dominique [Berntinotti, NdlR], j’appartiens à la France, oui. Je pense que le général de Gaulle aujourd’hui n’appartient plus à la droite seulement, il appartient à la France toute entière. Et je pense que François Mitterrand n’appartient pas seulement à la gauche et pas seulement au Parti socialiste, il est un moment de la France, et il appartient à la France toute entière. (Applaudissement, acclamations)

Ce qu’a fait François Mitterrand, et plusieurs sont là pour en témoigner, puisqu’ils étaient à ses côtés, travaillaient à ses côtés, est considérable. Dans plus de 100 propositions qui avaient été faites au peuple français, quatre-vingt et quelques ont été réalisées. C’est absolument considérable.

Mais je voudrais dire qu’il ne faut pas aborder ce 10 mai 1981 avec nostalgie. Il ne faut pas aborder ce jour-là en se disant : « Quelle chance nous avons eue il y a 30 ans ! ». Moi je pense qu’il faut transformer les souvenirs en projets. (Applaudissements)


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 Arrivée de Pierre Bergé à l'UPP, avec derrière lui Laurianne Deniaud, présidente des MJS et Jean-Louis Bianco (@Frédérick Moulin)

 Moi je pense qu’il faut se servir de cette date pour se retrouver, pour que tous ceux qui aujourd’hui sont oubliés, sont délaissés, sont abandonnés, sont humiliés, tous ceux-là se retrouvent, et en effet, et en effet pensent à l’avenir, cet avenir qui nous attend, cet avenir qui nous est proche, puisque c’est l’année prochaine.

François Mitterrand, je l’ai, c’est vrai, beaucoup connu à la fin de sa vie, il m’a beaucoup honoré, beaucoup de son amitié que je ne peux oublier, de sa confiance, de son affection. C’est pour ça que je crois pouvoir dire que le vrai successeur de François Mitterrand s‘appelle Ségolène Royal. (Acclamations de la foule, applaudissements nourris, spontanés puis en rythme).

Comme Dominique Bertinotti le rappelait tout à l’heure, François Mitterrand n’était affilié à aucun camp, à aucun clan, à aucun mouvement, et, tout juste au Parti socialiste (Rire surpris et amusé de la salle), même s’il a été un socialiste, même si sa dernière visite a été pour la rue Solférino, nous ne l’oublierons pas, comment l’oublierions nous, mais il avait dépassé tout cela.

Et Ségolène n’est affiliée à rien. (Acclamations, applaudissements) Elle a d’ailleurs bien raison, car je suis de ceux qui pensent que si elle avait été soutenue par les siens… (Clameur, applaudissements, huées) car je suis de ceux qui pensent que si elle avait été soutenue par les siens, et d’abord par les siens, et toujours par les siens, elle aurait gagné cette élection.


Pierre Bergé FrédérickMoulinMEAGSR 4

 (@Frédérick Moulin)

 L’année prochaine, c’est au tour de la gauche de revenir au pouvoir. C’est au tour de la gauche de mettre fin à cette situation insupportable où les riches sont encore plus riches et les pauvres encore plus pauvres. C’est au tour de la gauche, c’est au tour de la gauche de mettre fin à ces humiliations insensées, c’est au tour de la gauche de faire taire un ministre de l’Intérieur qui ose dire que les Français ne se sentent plus chez eux. (Huées) C’est au tour de la gauche d’empêcher et de réfuter ce qu’a dit un président de la République, à savoir qu’un prêtre élève mieux les enfants que des instituteurs. (Huées, applaudissements) C’est au tour de la gauche de défendre les valeurs de la laïcité, les valeurs de la liberté, les valeurs de l’humanisme, les valeurs de la gauche. (Acclamations et applaudissements)

Je vais terminer, avec un seul mot : bonne chance, Ségolène ! (Applaudissements nourris, « Bravo ! », acclamations)

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8 mai 2011 7 08 /05 /mai /2011 23:13

 

DSC06664[1]             « Le vrai successeur de François Mitterrand s’appelle Ségolène Royal », par ces mots, le mitterrandien Pierre Bergé vient d’adouber Ségolène Royal ce dimanche 8 mai.

 

Les ministres, Charles Fiterman et Yvette Roudy, et le secrétaire général à l’Elysée de François Mitterrand, Jean Louis Bianco, lui ont également renouvelé leurs soutiens.  

Voici, la socialiste armée pour mener la bataille de 2012 !

 

 Ségolène Royal et son association Désirs d’avenir organisaient, ce dimanche 8 mai, une Université Participative, introduite par Dominique Bertinotti, maire du IVè arrondissement parisien, sur les combats de François Mitterrand dans le cadre des commémorations du 10 mai 1981. La socialiste a rappelé les « leçons » de l’homme d’Etat qui sont toujours d’actualité et notamment l’attachement « aux valeurs » et la « volonté » pour permettre de rendre l’espoir possible en accédant au pouvoir.

 

Dans la continuité des combats politiques de François Mitterrand, la socialiste a ouvert la bataille de 2012 en lançant sa « force citoyenne ».

 C’est toute la différence de Ségolène Royal par rapport à ses camarades socialistes. Elle n’est ni la candidate d’un parti, ni d’un clan à gauche, elle s’appuie sur la force populaire, « la force citoyenne ». C’est d’ailleurs vers le peuple qu’elle s’est tournée l’appelant directement, « c’est à vous que je demande », prenez « votre responsabilité » lance-t-elle, car « rien ne peut se construire sans les Français ». Un appel direct au peuple sous les drapeaux tricolores que la socialiste a souhaités, car jamais elle n’acceptera de céder ce symbole du peuple pour la liberté, l'égalité et la fraternité, à la droite ou l’extrême droite.

 

Comme Jean Louis Bianco l’a rappelé dans son intervention, ce qui fait la force d’une candidature à l’élection présidentielle, c’est cette capacité à porter « un destin ». Il faut ouvrir un chemin, une ambition pour la France. Ségolène Royal l’a très bien compris. Contre la droite et l’extrême droite qui divisent, la socialiste veut d’abord rassembler le peuple, tout le peuple dans cette France métissée. Contre la droite et l’extrême droite qui ne cessent de dresser les uns contre les autres, la socialiste, sous les drapeaux tricolores, appelle au rassemblement de tout le peuple car « tous les talents de la France métissée doivent nous faire avancer » déclare-t-elle. Ce drapeau doit d’ailleurs redevenir le symbole de cette unité. « Ce drapeau est aussi le vôtre » lance la socialiste aux jeunes des quartiers populaires. Elle s’engage à combattre à leurs côtés, avec cette force citoyenne, toutes les discriminations, « je vous aiderai à le faire ». « Agissez et combattez » appelle-t-elle en sachant que rien ne sera facile, il faudra des efforts et du travail.

 

Philippe Allard

Photo de Christine Pichette.

 

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8 mai 2011 7 08 /05 /mai /2011 13:28

 

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« Cinq, quatre, trois, deux, un : François Mitterrand est élu président de la République. (Blanc) Nous répétons, donc, estimation CII-Honeywell-Bull, Monsieur François Mitterrand est élu président de la République, 51,7%.. Valéry Giscard d’Estaing, 48,3%. »

C’est ainsi, par un extrait de la soirée de l’élection présidentielle à la télévision, que débute l’interview-documentaire de Ségolène Royal au JT 19/20 sur France 3 Poitou-Charentes hier soir (à voir en cliquant ici).


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Ce qui avait marqué beaucoup de Français à l’époque, dont moi, c’était l’apparition, ligne à ligne du visage du nouveau président à la télévision… un front dégarni… Valéry Giscard d’Estaing ?!? Quelques secondes de temps suspendu… Non, François Mitterrand ! Incroyable !


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Ségolène Royal racontait dans le JT du soir de la chaîne régionale, dans le Marais Poitevin où elle a rendu hommage à François Mitterrand vendredi,  comment elle a vécu le 10 mai 1981, elle qui avait « la chance d’être dans son équipe de campagne » :

« C’est d’abord une émotion extrêmement profonde, intense, presque muette, parce que d’abord j’avais la chance d’être dans son équipe de campagne, donc j’avais suivi de très près tout le déroulement de la campagne, je lui avait organisé un certain nombre de débats, répondu à des tonnes de courriers, et donc c’était vraiment un moment d’une très, très forte intensité. »


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« Nous étions donc tous là, rassemblés, exténués, bien sûr, à la suite de cette campagne, et tout d’un coup, François Mitterrand, qui était si proche pendant la campagne électorale incarnait la France, et donc il y a eu immédiatement aussi une distance par rapport au personnage historique que tout d’un coup il devenait.


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François Mitterrand saluant ses supporters sur le toit d'un appentis à Château-Chinon, avec Danièle Mitterrand, le 10 mai 1981 : "Tout d’un coup, François Mitterrand incarnait la France, et donc il y a eu immédiatement aussi une distance par rapport au personnage historique que tout d’un coup il devenait"

Nous étions conscients parfaitement de ce changement immédiat de dimension, et surtout, de la lourdeur de la tâche qui l’attendait. »


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« Cette victoire est d’abord celle des forces de la jeunesse, des forces du travail, forces de création, forces du renouveau qui se sont rassemblées dans un grand élan national. », martelait François Mitterrand.


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Ségolène Royal remarquait au JT d'hier soir :

« Comme il l’a dit d’ailleurs très justement, c’étaient les forces de la jeunesse qui avaient permis ce changement. Et en même temps, il y avait beaucoup d’interrogations. Et puis la droite, souvenez vous, menaçait, il devait y avoir les chars russes place de la Concorde, il y a eu la fuite des capitaux, les gens faisaient passer des lingots, à pied, dans les sacs à dos à travers Chamonix, vous vous souvenez de ces histoires extravagantes, donc il y avait l’incertitude du futur et en même temps, je crois que c’est ça qui le passionnait, c’est d’avoir la possibilité extraordinaire d’inventer à la France un avenir. »


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François Mitterrand dans le Marais Poitevin à Arçais en 1992, avec Ségolène Royal, ceinte d'une écharpe tricolore de députée, à sa gauche : en 1988, il lui disait : « Bon, allez dans les Deux-Sèvres, c’est une région que je connais bien, je connais le Marais Poitevin, il y a beaucoup d’agriculteurs, ça va être difficile pour une femme, bon, vous ne réussirez pas du premier coup, mais vous recommencerez, et puis vous ferez comme moi, eh bien vous serez persévérante. » Ségolène Royal fut élue députée des Deux-Sèvres au second tour des législatives de 1988 avec 50,57% des voix.

« C’est lui qui ensuite me nommera ministre de l’Environnement, à la suite de mon combat sur la protection du Marais Poitevin, et puis entre temps, en 1988, je suis élue députée des Deux-Sèvres, et voilà il me dit : « Bon, allez dans les Deux-Sèvres, c’est une région que je connais bien, je connais le Marais Poitevin, il y a beaucoup d’agriculteurs, ça va être difficile pour une femme, bon, vous ne réussirez pas du premier coup, mais vous recommencerez, et puis vous ferez comme moi, eh bien vous serez persévérante. »

Frédérick Moulin

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8 mai 2011 7 08 /05 /mai /2011 10:42

 

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La scène s'est déroulée devant la gare da la Part-Dieu à Lyon, au-dessus de cette station de taxis (Philippe Juste/Le Progrès)

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Deux mineurs d'un groupe d'une quinzaine de jeunes obligent la jeune fille de 14 ans à les suivre en contrebas de la gare, jusqu'à cet escalier en béton, au-dessus de la borne de taxis

 

Message de Ségolène Royal sur Twitter du samedi 7 mai à 11:55

 

Ségolène Royal
Viol par des gamins de quatorze ans. Gravité de la destruction des repères. Gravité de la dégradation de l'image des femmes sur internet.

 

Un exemple de réaction au message de Ségolène Royal :

 

Sylvain Vaucher
@ internet a bon dos...

 

Message de Ségolène Royal sur Twitter du samedi 7 mai à 16:42

 

Ségolène Royal
Bcp de questions sur mon tweet. Il ne s'agit pas d'internet mais des images pornographiques accessibles aux ados qui en perdent les repères.

 

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Publié le 06/05/2011 à 18:07

 

Rhône - Viol collectif d’une adolescente à Lyon : la scène a été filmée

Quatre adolescents de 14 à 16 ans ont été présentés aujourd'hui au parquet de Lyon après le viol collectif mercredi d’une jeune fille de 14 ans devant la gare de la Part-Dieu, sous les yeux d’une dizaine d’autres mineurs dont certains ont filmé la scène avec leurs téléphones portables.

Une information judiciaire a été ouverte pour « viol aggravé » et le parquet a requis la « mise en détention » des quatre adolescents, désignés par la victime comme étant ses agresseurs.

Au total, quinze jeunes avaient été interpellés mercredi par la police à la suite de ce viol, auquel a assisté le petit frère de l’un d’entre eux, âgé de six ans. Deux garçons de 13 ans, qui ont filmé la scène avec leurs téléphones portables, ont effectué une garde à vue avant d’être libérés. 
Les quatre agresseurs présumés, interpellés mercredi « en flagrant délit », ont reconnu les faits lors de leur garde à vue, et d’autres adolescents du groupe feront l’objet de « convocations, voire de mise en examen ».

La victime, une « jeune fille fragile » habitant Villeurbanne, en banlieue lyonnaise, a été agressée « en pleine ville, en plein après-midi », dans un lieu de passage, souligné une source judiciaire.

« Rien ne permet en l’état de dire que ce viol était prémédité » par les adolescents, qui ont profité de leur situation de force, sans avoir besoin de recourir à la « violence physique » pour arriver à leurs fins, selon la même source.

Le maire (PS) de Villeurbanne, Jean-Paul Bret, s’est pour sa part déclaré « choqué » par le fait « qu’un acte aussi grave ait pu se dérouler à quelques pas de la foule de la Part-Dieu ». 
C’est finalement le salarié d’un bureau donnant sur la place où s’est déroulée la scène qui, apercevant la jeune fille en difficulté, a appelé la police.

« Je suis convaincu que le respect du corps de l’autre s’éduque et s’apprend », a ajouté M. Bret, estimant que « la circulation d’images agressives sur internet tend à banaliser des gestes d’une grande violence ».


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