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14 avril 2011 4 14 /04 /avril /2011 23:27

DSC00227-1--copie-1.jpg        La question est récurrente de la part de mes camarades du Parti socialiste. Cet engagement autour d’une personnalité les dérange et je les comprends. Mais je me suis toujours beaucoup plus intéressé aux combats et aux engagements des femmes et des hommes dans l’histoire qu’aux stratégies d’appareil des partis. Les combinaisons internes au PS pour savoir quelle motion dirigera telle ou telle section me " barbe ", que de temps perdu alors qu’il y a temps à faire pour convaincre les Françaises et les Français qu’une autre politique est possible.

 

 Oui je soutiens Ségolène Royal parce que ses combats sont aussi les miens.

 

 Je soutiens son engagement pour toute la jeunesse des banlieues. Nicolas Sarkozy a totalement échoué mais voulait-il réellement réussir ? Ségolène Royal est la personnalité qui a été le plus loin, souvent seule d’ailleurs, pour condamner cet immobilisme qui laisse dans la précarité et le chômage tous ces jeunes dont la France a tant besoin pour assurer son dynamisme. Cette jeunesse nous manque cruellement. Quel gâchis ! Oui cette jeunesse n’est pas le problème mais une partie de la solution.

 

Je soutiens son engagement pour l’école, fondement de l’égalité républicaine. Je l’ai soutenue lorsque dans la dernière campagne présidentielle, elle avait remis en cause la carte scolaire qui du fait de l’organisation de l’espace urbain favorise une ségrégation sociale. Je la soutiens lorsqu’elle dénonce aujourd’hui la politique de Nicolas Sarkozy qui casse l’école de la République pour satisfaire une idéologie libérale réduisant le nombre des fonctionnaires. Je soutiens sa volonté de réformer l'école pour restaurer l'égalité républicaine.  

  

Je soutiens son engagement pour l’écologie. La protection de l'environnement impose des mutations. Elle a su aussi donner toute la dimension économique et sociale à ce combat. La mutation verte peut en effet favoriser une nouvelle croissance. La France perd du temps avec une politique qui manque de volontarisme en ce domaine. Nous aurions beaucoup plus vite avancé avec Ségolène Royal à la tête de l’Etat. Mais pourquoi les Françaises et les Français ne lui ont-ils pas fait confiance ?

 

Je soutiens son engagement en faveur de la décentralisation. Il faut en effet donner encore plus de moyens aux territoires notamment dans le domaine économique. Les dynamiques régionales sont une des réponses pour relancer la machine économique. Aux régions de soutenir tout le tissu de ces petites et moyennes entreprises sur leur territoire qui produisent, qui créent et qui innovent. Contre un Nicolas Sarkozy beaucoup trop centralisateur, Ségolène Royal défend le bon cap. Elle a toute l’expérience pour relancer cette décentralisation.

 

Je soutiens son engagement humaniste qui ne lui fait pas baisser les bras. On ne peut rien contre la force du marché, il faut se résigner ! Je l‘ai entendu chez certains camarades socialistes et ça je ne peux pas l’accepter. Non ce socialisme réaliste, ce socialisme comptable n’est pas le mien, il ne correspond pas au combat de Jaurès. Ségolène Royal voit derrière les chiffres, derrière les données économiques, les hommes et les femmes avec leurs souffrances et leurs luttes. Lorsqu’elle va à la rencontre des ouvrières et ouvriers, lorsqu’elle se bat pour les salariés d’Heuliez, lorsqu’elle défend la retraite à 60 ans pour les métiers les plus pénibles, lorsqu’elle réclame un blocage de la hausse du prix de l’essence parce que pour beaucoup de ménages en France la voiture est obligatoire pour se rendre à son travail, j’aime être socialiste.

 

Je soutiens son engagement pour un nouvel ordre mondial face à un système capitaliste qui se croit tout permis. Il faut une plus forte régulation du système mondial et le rôle des Etats doit être affirmé. J’ai suivi ses déclarations à l’étranger pour mener ce combat. Elle sera aux côtés de celles et ceux qui veulent bâtir un autre monde parce qu‘elle porte un idéal de progrès. Il faut l’encourager dans ce sens. Nous avons besoin de son dynamisme, de sa volonté, de ses convictions pour participer, avec beaucoup d’autres dirigeants, à la construction d’un monde plus humain.

 

Oui, je soutiens Ségolène Royal, pour tous ces combats. Désolé, mais je ne vois pas d’autre leader pour les mener.

 

Philippe Allard

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14 avril 2011 4 14 /04 /avril /2011 08:30

 

A25

 

Ségolène Royal faisait son « retour cathodique » sur i>TELE hier, comme l’affichait la chaîne. Elle était l’invitée de l’émission Elysée 2012 à 21h15, animée par Léa Salamé et Michel Dumoret.

Très en forme, mordante, elle a rappelé certaines réalités aux deux animateurs, parfois un peu trop éloignés des préoccupations des Français, notamment quand ils on diffusé un petit clip avec les candidats et candidats potentiels à la candidature du PS, sur fond de petites phrases et de « On ira tous au paradis » de Michel Polnareff : « qu’une fois de plus la politique est un peu tournée en dérision », « d’un côté on voit effectivement cette mise en scène un peu légère, et de l’autre, on voit la souffrance des gens, on voit tout ce qui ne va pas, on voit l’exaspération, on voit la colère, on voit des gens qui restent sur le carreau »

Cependant, de nombreux thèmes de fond on pu être abordés, ainsi que certains thèmes d’actualité ou parmi les idées et valeurs de la candidate aux primaires. Dans la première moitié de l’émission retranscrite ici, ont notamment été abordés les thèmes suivants :

-Ségolène Royal n’a pas renoncé – « Certainement pas ! » – et a expliqué son silence : « lorsqu’on se prépare à une campagne présidentielle, je pense qu’il faut maîtriser son temps, son tempo »,

-commentaire sur une petite phrase de Nicolas Sarkozy, et proposition de Ségolène Royal : un décret pour bloquer la hausse de l’essence,

-la candidature de Nicolas Hulot à la présidentielle de 2012, « une candidature intéressante »,

-la social-écologie et la Région Poitou-Charentes,

-la politique tournée en dérision, avec « une mise en scène un peu légère » d'un côté, « la souffrance des gens » de l'autre,

-et la primaire socialiste, « un formidable moment démocratique ».

Un terme nouveau à retenir dans le vocabulaire de Ségolène Royal : la densification de la vie politique.

Le premier thème de la seconde partie portera sur le programme/ le projet du Parti socialiste.

Pour conclure la première partie, Ségolène Royal a eu ces mots très forts sur les primaires organisées par le Parti socialiste :

« Je pense que s’il y a déjà 1 million d’électeurs qui se déplacent, ce sera déjà un très beau succès, mais le chiffre que vous évoquez [30% des Français, NdlR] permettra beaucoup plus. 1 million de Français, 1 million de citoyen, je crois que ce serait déjà un moment démocratique extrêmement fort.

Et ça veut dire quoi ? Ça veut dire que les Français aussi ont le sentiment aujourd’hui de n’être associés à rien. Alors quand une organisation politique, la première force d’opposition, leur propose de venir choisir leur avenir à travers une personnalité politique, je crois que ça les intéresse. C’est la soif de démocratie, c’est très encourageant. »

Frédérick Moulin

 

 

 

Interview de Ségolène Royal dans ‘Elysée 2012’ retrancrite par MEAG/F.M.


Léa Salamé : elle a choisi i>TELE pour faire sa rentrée médias, Ségolène Royal est notre invitée. Bonsoir, merci d’être avec nous ce soir dans Elysée 2012, bonsoir à Michel Dumoret.

Michel Dumoret : bonsoir Léa Salamé, bonsoir à vous Ségolène Royal.

Ségolène Royal : bonsoir.

Ségolène Royal n’a pas renoncé

Michel Dumoret : on vous avait presque portée disparue, en tout cas disparue des écrans de télé, des ondes radio, un silence qui parfois était interprété comme un renoncement de votre part. Est-ce que vous pouvez nous dire, ce soir, si vous avez renoncé ?

Ségolène Royal : certainement pas ! Et d’ailleurs si j’ai fait ce choix en effet de prendre un peu de distance par rapport à la pression médiatique, c’est au moins pour deux raisons. La première, c’est que je me rends compte dans ce tour de France que j’ai entamé, y compris pendant la campagne des élections cantonales, qu’il y a un fossé de plus en plus grand, vous le sentez d’ailleurs sans doute vous-même aussi, entre l’image caricaturale qui est donnée de la politique, notamment dans les conflits de personnes, dans les petites phrases y compris, pardon de le dire, mais dans les émissions humoristiques, je ne vais pas me faire que des amis…

Léa Salamé : surtout qu’on a un extrait du zapping

 

A12

 

Ségolène Royal : … oui… qui dévoie ou qui détruisent la politique, c’est comme cela. C’est comme ça, il faut en prendre acte, mais en même temps il ne faut pas se laisser ballotter par ce système médiatique qui dévore, qui jette aussi vite qu’il a encensé, et lorsqu’on se prépare à une campagne présidentielle, je pense qu’il faut maîtriser son temps, son tempo, il faut avoir la capacité de réfléchir, à l’écoute des Français, sur les raisons pour lesquelles on va s’engager, pour que la parole qui sera prise à ce moment-là puisse être claire sur les raisons pour lesquelles on s’engage, puisse être dense, et surtout puisse permettre de changer d’époque dans le domaine de l’action politique.

Pourquoi changer d’époque ? Parce que je crois, et on le sait, on le voit, on le sent, on me le dit tous les jours, les Français sont fatigués par les effets d’annonce, ils sont angoissés par le creusement des inégalités, insupportables, ils sentent que l’insécurité est généralisée, et les catégories populaires et les catégories moyennes disent très clairement, et ont le sentiment, et d’ailleurs c’est une réalité, que la mondialisation se fait sur leur dos. Et moi je pense que la politique a encore une marge de manœuvre, et c’est la raison pour laquelle je prends des moments de réflexion et de densification de la parole politique.

Léa Salamé : ce que vous demandais également Michel, c’est : rassurez nous, vous êtes toujours candidate pour les primaires ? Vous n’avez pas changé d’avis pendant cette période de réflexion ?

Ségolène Royal : écoutez, moi je n’abandonne jamais les combats dans lesquels je m’engage, je n’abandonne jamais. Je suis persévérante. Pourquoi ? Parce que je m’engage au nom d’une vérité, au nom de convictions, au nom d’un certain nombre de valeurs et non de solutions que les Français attendent.

Une petite phrase de Nicolas Sarkozy …

Léa Salamé : alors Nicolas Sarkozy a invité les députés de la majorité aujourd’hui à déjeuner pour les rasséréner, pour dédramatiser les mauvais sondages, et il leur a dit une phrase, qui a été sortie dans la presse, on va la voir, elle est écrite : « Moi, la situation, je la sens bien pour 2012. ». Est-ce que vous aussi, Ségolène Royal, vous la sentez bien, la situation pour 2012 ?

 

A13

 

Ségolène Royal : je ne crois pas que la politique puisse se réduire, une fois de plus, à ce genre de petite phrase. Vous savez, le rendez-vous de l’élection présidentielle, c’est le rendez-vous majeur de la démocratie et de la République française.

Michel Dumoret : vous la qualifiez comment cette phrase, d’ailleurs, du chef de l’Etat ?

Ségolène Royal : oh, je crois qu’elle est un peu anecdotique. J’aurais bien voulu qu’il se… je l’aurais volontiers invité hier soir avec moi sur le terrain, à Nanterre, où je rencontrais, sans médias d’ailleurs…

Michel Dumoret : et sans caméra, absolument.

Ségolène Royal : sans caméra, une association qui aide les élèves à la réussite scolaire, donc qui est en partenariat avec l’école, et qui s’appelle l’association Zy’Va, et qui regroupe une cinquantaine de bénévoles, enseignants, anciens chefs d’entreprise, cadres, enseignants à la retraite, qui prennent les enfants à la sortie de l’école, et qui…

Michel Dumoret, lui coupant la parole : pourquoi vous l’auriez invité avec vous ?

Ségolène Royal : parce qu’il aurait entendu cette enseignante qui m’a dit ceci, parce qu’elle s’était faite agresser par un enfant de 10 ans, et qui m’a dit : « La violence progresse à l’école comme une carie dans une dent. ». Et moi je considère que cette dégradation du service public de l’école est insupportable, parce que l’école est au cœur de la lutte contre les inégalités, l’école est au cœur du pacte républicain, la République doit à tous ses enfants une égalité dans la réussite scolaire, et la première des égalités, c’est de pouvoir aller à l’école sans avoir la peur au ventre. Et l’une de mes premières priorités, ce sera d’éradiquer la violence de l’école pour que les enfants commencent la journée en ayant envie de travailler : c’est dire, si pour Nicolas Sarkozy ça va bien, pour les Français ça ne va pas bien, et ça fait 4 ans que ça dure, et il est vraiment temps que cela change.

Michel Dumoret : quand il dit qu’il la sent bien, ça veut dire qu’il pense qu’il va la gagner, est-ce que vous croyez qu’il peut encore gagner cette élection ?

…et la proposition de Ségolène Royal :

un décret pour bloquer la hausse de l’essence

Ségolène Royal : écoutez, moi je crois que cette façon-là de faire de la politique, je le dis à l’instant, n’est pas sérieuse. Ce qu’on lui demande, là, il est président de la République, il a encore un an pour agir, il a encore un an pour améliorer ce qu’il peut améliorer pour les Français.

Il a le pouvoir encore pendant un an, et quasiment tous les pouvoirs, alors la France va mal, nous subissons une crise terrible de la flambée du prix de l’énergie. J’ai une proposition à lui faire. S’il veut que la France aille mieux, voilà une décision très simple : il peut demander à son Premier ministre de prendre un décret bloquant la hausse du prix de l’essence.

Le gouvernement a dit que ça n’était pas possible, ce n’est pas vrai, j’ai vérifié avant de venir vous voir, bien évidemment, et cette décision, elle a été prise par le Premier ministre en 1990, c’est dans le Code du Commerce, et pour protéger contre toutes les formes d’abus, d’explosion des prix, et notamment du prix de l’énergie, vous avez vu que le patron de Total, de façon scandaleuse, vient d’annoncer que le prix du litre de l’essence allait atteindre les deux euros [Ségolène Royal et les deux animateurs en chœur, synchrones] [Michel Dumoret ajoute : « Absolument, on va y revenir. »], mais c’est scandaleux, je le vois dans ma région, qui est une région …

Léa Salamé : Nicolas Sarkozy aussi a dit que c’était indécent, il a réagit aux propos de Christophe de Margerie, il a dit que c’était indécent.

Ségolène Royal : alors qu’il agisse, qu’il agisse. Je vais vous dire une chose : quand on a la chance d’avoir la responsabilité politique, de détenir le pouvoir suprême, alors on utilise ces pouvoirs, non pas dans un obsession de la réélection, d’ailleurs c’est assez malsain cette obsession de la réélection, parce qu’on fait, en effet, un peu n’importe quoi, et on dit un peu n’importe quoi. Donc quand on a la chance d’avoir cette responsabilité, alors on prend des décisions, et voici un exemple très concret d’une décision que Nicolas Sarkozy peut commander à son gouvernement pour protéger les Français contre cette forme d’insécurité qui est la flambée des prix et qui panique, qui panique de nombreuses familles en France.

La candidautre de Nicolas Hulot à la présidentielle de 2012 :

"une candidature intéressante"

Michel Dumoret : on va y revenir, Ségolène Royal, mais il y avait une autre actualité, Léa, aujourd’hui aussi, qui était extrêmement politique.

Léa Salamé : il y en a un autre qui fait de la politique différemment, c’est un animateur de télé, vous voyez de qui on parle ?

Ségolène Royal : oui, la candidature de Nicolas Hulot.

Léa Salamé : voilà, on va l’écouter.

Michel Dumoret : absolument, déclarée aujourd’hui en région parisienne, on va l’écouter, et vous nous direz ce que vous pensez de cette candidature, peut-elle être dangereuse pour la gauche, ou est-elle un chance pour la France ? Nicolas Hulot.

 

A299

 

Léa Salamé : alors Nicolas Hulot, vous le connaissez bien…

Ségolène Royal : oui.

Léa Salamé : … vous avez tenté de le séduire de la même manière…

Ségolène Royal, en riant, surprise : le séduire ! N’allons pas jusque là !

Léa Salamé : non, de la même manière que Nicolas Sarkozy pour, en 2007…

Ségolène Royal : le Pacte écologique.

Léa Salamé : oui, tout à fait.

Ségolène Royal : j’ai signé le Pacte écologique, oui.

Léa Salamé : est-ce que sa candidature, vous y croyez ?

Ségolène Royal : j’ai signé le Pacte écologique sauf sur un point : sur la taxe carbone. Et je suis très contente d’avoir résisté à la taxe carbone parce que je crois que c’est grâce à moi, parce qu’à un moment j’ai élevé la voix contre un consensus politique, une espèce de rapport de force politique.

Moi je considère que l’écologie ne doit pas être punitive, et qu’en tout état de cause, elle doit toujours avoir une dimension égalitaire, une dimension sociale, et vous voyez, on parlait du prix de l’essence tout à l’heure, heureusement que nous n’avons pas eu la taxe carbone, que Nicolas Hulot voulait, parce que le prix de l’essence aurait été encore plus élevé, et je considère que l’écologie doit permettre le libre choix, doit orienter les consommations, à partir du moment où on n’a pas la voiture électrique, il est impossible d’imposer aux gens des taxes nouvelles, parce qu’ils n’ont pas le choix de rouler propre.

 

A32

 

Léa Salamé, l’interrompant : la candidature de Nicolas Hulot, Ségolène Royal, qu’est-ce que vous en pensez ?

Ségolène Royal : je pense que c’est une candidature intéressante au sens où la compétition avec Nicolas Hulot est une compétition intéressante.

Pourquoi ? Parce que je considère que le levier de la croissance verte, que d’ailleurs j’ai mis en place dans ma région, depuis 6 ans, région qui a été reconnue au plan européen comme une région des plus en avance sur le plan des énergies renouvelables, notamment avec le plan photovoltaïque, avec la voiture électrique, puisque je suis rentrée au capital d’Heuliez, vous savez, pour produire la voiture électrique, la Mia électrique, qui sort en juin, la mutation écologique de l’industrie de la région, la création du pôle de l’écologie industrielle, qui tient un Salon de la Croissance Verte au mois de septembre prochain, et qui rassemble aujourd’hui 600 entreprises et laboratoires de recherche, et qui démontre que tous les jours, grâce à cette croissance verte, il y a en effet des marges de manœuvre que nous pouvons retrouver pour relancer la croissance, l’activité des petites et moyennes entreprises, l’innovation, et la création des métiers nouveaux. Donc…

Michel Dumoret, lui coupant la parole : « candidature intéressante », dites-vous « de Nicolas Hulot », qu’est-ce que ça veut dire, concrètement ? Ça veut dire que vous pourriez, par exemple, le rencontrer dans les prochains jours, ou lui proposer un nouveau pacte ?

Ségolène Royal : alors ça veut dire deux choses. Ça veut dire que les socialistes ont vocation à rassembler, à se rassembler avec les écologistes, au moins au deuxième tour de l’élection présidentielle. Ça veut dire aussi que l’élaboration d’un projet alternatif  à ce que nous subissons aujourd’hui dans le cadre de la crise économique et financière, il y a en effet des voies de convergence très intéressantes avec les écologistes, et que enfin…

La social-écologie et la Région Poitou-Charentes

Léa Salamé : quand vous dites « les écologistes », c’est Europe Ecologie-Les Verts ? Parce qu’on ne sait pas très bien s’il va rouler avec eux ou pas, Nicolas Hulot.

 

A35

 

Ségolène Royal : on ne sait pas, c’est c’est à eux de régler leurs problèmes internes. Ce que je veux dire par là, c’est que la dimension, ce que j’appelle moi la social-écologie, qui permet de trouver de nouveaux leviers de développement économique, de réduction des inégalités, et de création d’activités et d’emplois nouveaux, notamment pour les jeunes, avec tous les nouveaux métiers, permet à la fois de progresser sur le plan de la lutte contre le réchauffement planétaire, c’est un élément majeur pour la protection de la paix dans le monde, puisque l’on sait que les prochains conflits sur la planète auront lieu à cause des déplacements massifs de population dus au réchauffement planétaire, donc ça c’est une véritable inquiétude, ça veut dire que les pays riches doivent remettre en cause leur mode de développement et leur gaspillage d’énergie, et que deuxièmement, à l’intérieur du pays France, l’écologie est un outil essentiel de réduction des inégalités.

Pourquoi ? Par exemple, donnons un exemple concret, la région que je préside, j’ai lancé une action auprès des petits retraités, donc qui sont très frappés directement par la hausse du prix de l’énergie, qui n’arrivent plus à se chauffer, et donc nous allons isoler gratuitement les combles, isoler les logements des petits retraités pour leur permettre de récupérer une partie de leur pouvoir d’achat. Donc vous voyez que dans l’énergie solaire gratuite ou dans l’énergie éolienne, ou dans les filières bois, ou dans la géothermie, c’est vrai en France, c’est vrai dans les pays les plus pauvres, il y a là des filières de développement économique, économes en énergie, qui vont redonner du pouvoir d’achat aux gens, s’il y a vraiment une volonté politique pour accompagner cette mutation écologique.

Michel Dumoret : bon, en tout cas la question : « Est-ce que vous êtes candidate ? » ; vous êtes en campagne, on l’a bien compris…

Ségolène Royal, l’interrompant : « en campagne », le mot est parfois (riant) presque péjoratif, « en campagne » !

Michel Dumoret : pourquoi ?

 

A49

 

Ségolène Royal : non, il y aura un calendrier, une campagne qui aura lieu cet automne, moi je n’ai jamais cessé, de toute façon, d’être tournée vers les Français, de me déplacer, de faire de ma région un laboratoire qui montre que d’autres solutions existent, qu’il y a des raisons d’espérer, qu’il y a des raisons d’avancer, qu’il y a des marges de manœuvre, et puis bien évidemment, la rencontre avec les experts, les Universités Populaires, et donc tout cela fait en effet un cheminement politique, qui permet d’acquérir une densité, et de savoir le moment venu, donc au mois de juin prochain, au nom de quoi je parle et pour quelle vérité je m’engage.

Léa Salamé : alors justement, Ségolène Royal, vous parliez de cette campagne qui va commencer cet automne, est-ce que l’automne sera meurtrier rue de Solférino, en tout cas, la valse des prétendants a commencé, on va le voir.

Michel Dumoret : en clip, en images, avec une chanson qui va vous parler.

Léa Salamé : et vous réagissez.

-oOo-

Michel Dumoret : quand vous regardez ce clip, Ségolène Royal, est-ce que vous vous dites : « Il y a un peu trop de candidats aujourd’hui au PS. » ?

La politique tournée en dérision, "une mise en scène un peu légère"

d'un côté, et "la souffrance des gens" de l'autre

Ségolène Royal : je dis d’abord qu’une fois de plus la politique est un peu tournée en dérision. Donc nous devons, c’est très difficile vous savez, un engagement…

Michel Dumoret : là vous trouvez que c’est de la dérision, là ce qu’on vient de vous montrer ?

Ségolène Royal : oui, c’était un peu de la dérision.

Michel Dumoret : pourquoi ?

Ségolène Royal : eh bien parce que c’est la chanson, parce que…

Michel Dumoret : c’est un clin d’œil.

 

A58

 

Ségolène Royal : … c’est une compétition de personnes. Oui c’est un petit clin d’œil, mais bon, c’est votre liberté aussi, journalistique, mais nous devons aussi faire avec ça, c’est-à-dire d’un côté on voit effectivement cette mise en scène un peu légère, et de l’autre, on voit la souffrance des gens, on voit tout ce qui ne va pas, on voit l’exaspération, on voit la colère, on voit des gens qui restent sur le carreau, on voit une mondialisation qui délocalise des entreprises, on voit des gens sans gêne comme le patron de Total qui met l’essence à 2 euros et son entreprise ne paye aucun impôt sur le territoire français, on voit les banques qui se livrent toujours à leurs abus, on voit les petites et moyennes entreprises qui n’arrivent pas à avoir des prêts, on voit tout cela !

Michel Dumoret : enfin, Ségolène Royal, la course des éléphants du Parti socialiste, ceux qu’on appelle les éléphants du Parti socialiste, ce ne sont pas les journalistes, ce n’est pas l’invention des journalistes, c’est bien la réalité aujourd’hui du parti ?

La primaire socialiste, "un formidable moment démocratique"

Ségolène Royal : mais est-ce que vous voulez un débat démocratique, (silence sur le plateau) avec différents candidats, ou est-ce que vous voulez autre chose ? C’est une force extraordinaire qu’un mouvement politique puisse faire émerger plusieurs personnalités présidentiables. Et c’est un choix extraordinaire de la part des militants socialistes d’avoir décidé que tous les Français qui le souhaitaient allaient venir choisir le candidat ou la candidate qui allait représenter la gauche à l’élection présidentielle. C’est une révolution, c’est une révolution !

Donc moi ce que je pense, c’est qu’on ne doit pas tourner ce formidable moment démocratique en dérision. Mais c’est peut-être aussi la nôtre,  notre responsabilité à nous de prendre la parole toujours sur des questions de fond, de laisser entrevoir, et même plus que cela, les solutions qui sont possibles pour sortir la France de l’ornière dans laquelle elle est aujourd’hui, sauf pour une minorité de privilégiés qui, eux, s’en sortent toujours plus, mais la grande majorité des Français, catégories populaires et catégories moyennes, aujourd’hui, ont peur du lendemain, ont peur pour leurs enfants, sentent que même l’école se délite, n’ont plus accès à la santé comme avant, voient même les droits à la retraite remis en cause alors que plus d’un salarié de plus de 50 ans sur deux est au chômage. Les Français voient tout cela, ils se demandent où est passé le modèle social français, l’Etat-providence…

Michel Dumoret, interrompant Ségolène Royal : excusez-moi, mais qui va incarner cette alternative ?

Ségolène Royal : et voilà, la compétition viendra, elle sera loyale, elle sera intelligente, cette compétition, parce que nous sommes conscients de notre responsabilité. Et en tout cas la garantie que nous donnons aux Français, pour qu’ils viennent voter très nombreux à l’élection présidentielle

Léa Salamé, l’interrompant : est-ce que vous savez combien il y a de Français qui comptent voter aux primaires socialistes ?

Ségolène Royal : je crois que la qualité du débat que nous aurons entre nous déterminera très directement le nombre de Français qui viendront.

 

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Léa Salamé : on a un premier sondage, on a un premier sondage, qui va sortir demain dans Le Nouvel Observateur, 30% des Français ont l’intention de participer à cette primaire socialiste, on va vous demander de réagir, et puis il y a les intentions de vote, bon, évidemment, la campagne n’a pas commencé, mais on les regarde quand même : 32% pour Dominique Strauss-Kahn, 15% pour Martine Aubry, 14% pour François Hollande, 11% pour vous, et 2% pour Arnaud Montebourg.

 

A63

 

À savoir, et c’est également présent dans ce sondage, que chez les jeunes, vous arrivez devant Dominique Strauss-Kahn, chez les jeunes, à égalité avec Martine Aubry à 28% des intentions de vote chez les moins de 25 ans, et ça on l’avait déjà vu la semaine dernière dans le sondage qui concernait Marine Le Pen. On voit que chez les jeunes, vous mobilisez énormément à gauche. 30% des Français qui comptent intervenir aux primaires, vous trouvez que c’est un bon chiffre, vous espériez plus, moins ?

Ségolène Royal : c’est formidable. Si ça se transforme en déplacements réels pour le vote pour les primaires, c’est extraordinaire, ça veut dire que, ça veut dire la responsabilité qui est la nôtre pour que ces primaires permettent déjà au cours des primaires d’entrevoir la façon dont la France va repartir sur un bon chemin.

Michel Dumoret : pour qu’elles réussissent ces primaires, Ségolène Royal, c’est combien, c’est 800 000 Français qui viennent voter ? C’est 200 000 Français ? C’est quoi le chiffre à atteindre pour vous, pour que cette mayonnaise prenne ?

 

A67 a

 

Ségolène Royal : je pense que s’il y a déjà 1 million d’électeurs qui se déplacent, ce sera déjà un très beau succès, mais le chiffre que vous évoquez permettra beaucoup plus. 1 million de Français, 1 million de citoyen, je crois que ce serait déjà un moment démocratique extrêmement fort. Et ça veut dire quoi ? Ça veut dire que les Français aussi ont le sentiment aujourd’hui de n’être associés à rien. Alors quand une organisation politique, la première force d’opposition, leur propose de venir choisir leur avenir à travers une personnalité politique, je crois que ça les intéresse. C’est la soif de démocratie, c’est très encourageant.

(Thème suivant : le programme du Parti socialiste)

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14 avril 2011 4 14 /04 /avril /2011 01:45

154887_1704051008934_1467755058_31709094_1389634_n-1-.jpgIntervenant mercredi soir, 14 avril, sur i>TELE, Ségolène Royal a déclaré trouver la candidature de Nicolas Hulot « intéressante », car la compétition sera « intéressante ».  

 

 En effet, la plus écologique des socialistes, qui a longtemps bataillé pour imposer ce thème au sein de son propre parti, défend une ligne globale : « la social-écologie ».    

 

 Elle a pu rappeler les trois dimensions de son combat :

 

 (1) Son combat d’abord contre le réchauffement planétaire, pour la protection de l'environnement, combat qu’elle partage avec les écologistes, mais pas seulement. La socialiste a rappelé qu'il s'agit aussi d’un élément majeur pour la paix dans le monde car le réchauffement planétaire entraînera des déplacements massifs de population d’où l’importance pour les pays riches de remettre en cause leur mode de développement et leur gaspillage d’énergie.

 

(2) Son combat ensuite pour la croissance verte car, pour la socialiste, cette mutation est « un nouveau levier de développement économique » permettant de relancer la croissance, l’innovation, de donner des marges de manœuvre aux petites entreprises et de créer de nombreux nouveaux métiers notamment pour les jeunes. Cette mutation, qu’elle a déjà lancée dans sa région, la socialiste souhaite, si les Françaises et les Français lui font confiance, la mener au niveau national.

 

(3) Mais c’est aussi un combat social pour l’égalité. Ségolène Royal a rappelé que si elle avait signé le pacte écologique, elle avait refusé la taxe carbone défendue par Nicolas Hulot. Malgré le consensus sur ce sujet à l'époque, elle a résisté contre cette taxe car la socialiste ne veut pas d'une écologie punitive. Elle ne conçoit pas l’écologie sans la dimension sociale, égalitaire. Elle veut se battre pour cette mutation écologique mais avec le souci qu’elle favorise aussi une plus grande égalité.

 

On l’aura compris, si Ségolène Royal revient sur la scène médiatique, après plusieurs semaines d’absence, ce n’est pas pour jouer le jeu des petites phrases contre ses camarades socialistes mais pour porter le débat de fond. Elle veut participer à ce temps démocratique que sont les Primaires pour faire progresser le débat des idées afin de proposer une alternative en 2012 aux Françaises et aux Français.

 

La candidature de Nicolas Hulot est « intéressante » pour Ségolène Royal, car cette confrontation va lui permettre de défendre sa vision globale de « l’écologie sociale ».



Philippe Allard

 

 

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13 avril 2011 3 13 /04 /avril /2011 01:32

 

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Centrale de Fessenheim

 

Fessenheim : j'avais demandé, en janvier 2007, la fermeture de la centrale

Le Conseil municipal de Strasbourg a demandé aujourd'hui, à la quasi-unanimité, la fermeture de la centrale de Fessenheim.

Lors de la campagne présidentielle, en janvier 2007, je m'étais prononcée favorablement pour la fermeture de cette centrale dans une lettre adressée à l'association "Stop Fessenheim", pour des raisons de sécurité de ces installations, exploitées bien au-delà de la durée initialement prévue.

Le débat sur l'après-pétrole et l'après-nucléaire est plus que jamais d'actualité. Nous le poursuivons en Région.

Message Facebook de Ségolène Royal le mardi 12 avril 2011 à 23:50

 

 

Ségolène Royal
Strasbourg veut fermer Fessenheim ! Pendant la présidentielle, en janvier 2007, je m'étais prononcée en faveur de cette fermeture.


-oOo-

 

Vous trouverez ici une copie de l’archive de la lettre de Ségolène Royal du 15 janvier 2007. Cette lettre, qui s’inscrivait dans un contexte spécifique, permet d’esquisser certaines des grandes lignes possibles de discussion du débat national « sur l’après-pétrole et l’après-nucléaire » qui aura lieu sur le sujet fin mai dans le lycée régional Kyoto à Poitiers :

-risque d’accident (2006 avait marqué le « 20ème anniversaire de l'accident de Tchernobyl ») ,

-politique énergétique : « économies d’énergie »« efficacité énergétique »,

-politique énergétique : « développement dynamique des énergies renouvelables diversifiées et décentralisées »,

-afin de rééquilibrer le « "mix" énergétique »,

-développement de l’emploi et de l’activité économique (énergies renouvelables, économies d’énergie, …) et gestion de la reconversion des emplois.

Frédérick Moulin

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12 avril 2011 2 12 /04 /avril /2011 11:21

215943_214215995271981_100000507464177_903026_7050177_n-1-.jpg  Ségolène Royal lance son blog officiel, un nouvel outil de communication, plus direct, plus précis.

 

Pour toutes celles et ceux qui veulent un changement en 2012

 

Pour toutes celles et ceux qui veulent un débat sur le fond des idées

 

Pour toutes celles et ceux qui veulent une autre politique plus humaniste, plus sociale, plus volontariste, plus décentralisatrice, plus écologique

 

Pour toutes celles et ceux qui veulent une politique plus accessible, plus proche et plus digne

 

Pour toutes celles et ceux qui veulent l'alternance en 2012

 

 

Abonnez-vous :

http://www.leblogdesegoleneroyal.fr/

 

 Ils y sont déjà tous ... 

 

 

 

 

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12 avril 2011 2 12 /04 /avril /2011 10:12

 

pict 68869[1]Interrogé au Grand Jury de RTL, François Hollande candidat aux Primaires socialistes a lancé une forte charge contre le Pacte conclu entre Martine Aubry et Dominique Strauss Kahn.

 

Ce pacte avait pour but, à son origine, d’empêcher Ségolène Royal de prendre la direction du Parti socialiste lors du dernier Congrès. La socialiste apparaissait en effet dangereuse pour les cadres du Parti habitués à contrôler les décisions prises par de petits arrangements, tractations entre vieux habitués où chacun trouvait au final sa place. Or, en proposant d’ouvrir largement le Parti sur la société, Ségolène Royal allait mettre fin aux petites combinaisons d’arrière cuisine. Avec un trop grand nombre de militants, il ne serait plus possible de contrôler les décisions. Finis les achats de cartes, les truquages d’élections, les clientélismes, le parti allait devenir un parti démocratique. La campagne d’adhésion de 2006 à 20 euros en avait déjà été l’illustration. Avec Ségolène Royal à la tête du Parti, les éléphants perdraient tout contrôle, panique à bord chez les cadres du parti !

 

Mais avec les soutiens de Laurent Fabius et de la gauche du parti, le Pacte allait réussir à écarter la tentative de réforme. Une réussite toutefois incomplète, il faudra encore recourir à quelques arrangements dans la soirée avec la fédération des Bouches-du-Rhône, pour annuler la victoire de Ségolène Royal et mettre à la tête du Parti Martine Aubry. La contre-réforme l’emportait, les éléphants maintenaient leur mainmise sur le Parti. Ouf ! Tout allait pouvoir continuer. Les décisions pourront être prises, comme avant, combinaisons de quelques cadres, les militants viendraient sagement confirmer lors des votes « arrangés ». Dernièrement, la direction ne s’est même plus donnée la peine de feindre un fonctionnement démocratique pour l‘annonce du projet des socialistes. Inutile ainsi d’attendre le vote des militants pour le présenter à la presse. Le vote des militants interviendra plus tard. Mais quelle importance puisque le résultat est connu d’avance !

 

Mais voilà, les protagonistes du Pacte ont voulu peut être aller trop loin en l’élargissant à la désignation du candidat à l’élection présidentielle. Pour Fabius, deux candidatures seulement sont sérieuses : celles des deux signataires du Pacte. Le Pacte devait permettre une fois de plus, par les petits arrangements habituels, de désigner le candidat socialiste à la Présidentielle. Les Primaires serviraient seulement à confirmer ce choix.

Or cette fois ci, tous ne sont pas d’accord. S’ils ont laissé faire hier, cette fois ci, des voix s’élèvent contre ce procédé.

Arnaud Montebourg est monté en premier au front pour dénoncer certaines pratiques dans la fédération des Bouches-du-Rhône qui ne pouvaient pas garantir la transparence des votes aux Primaires. Affolement au sommet du PS, depuis on ne l’entend plus Montebourg !

François Hollande a sonné la seconde charge ce week-end. Celui-ci dans des termes durs a dénoncé ces petits arrangements, ces « conclaves ». Il ne veut pas « rentrer dans cette Eglise ». La désignation du candidat socialiste ne doit pas se faire à quelques uns, selon l‘ancien secrétaire du PS. François Hollande ne veut pas attendre « une fumée rose » pour connaître le nom du candidat socialiste.

 

Alors que les dernières élections cantonales ont révélé une forte poussée de l’abstention et du vote en faveur du Front national, on peut s’interroger sur la stratégie choisie par les éléphants du Parti socialiste.

Cette stratégie est-elle la bonne pour reconquérir le vote populaire ?

Les sondages ne durent qu’un printemps.

La Cigale,

ayant chanté
Tout l'été,
Se trouva fort dépourvue
Quand la bise fut venue …

 

 

Philippe Allard

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12 avril 2011 2 12 /04 /avril /2011 07:45

 

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Chers amis, chères amies,


Pour la défense du projet socialiste (et dans la mesure où l’on est sorti des questions de personnes), j’ai accepté les invitations suivantes:

- Elysée 2012 sur i>TELE le mercredi 13 avril à 21h10,

- 19h Ruth Elkrief sur BFM TV le mardi 19 avril à 19h00,

- C politique sur France 5 le dimanche 1er mai à 17h40

Par ailleurs, une université populaire participative sur le pouvoir d’achat et la hausse intolérable des prix, notamment de l’énergie, aura lieu le mardi 26 avril.

Aujourd’hui j’organisais en Région un séminaire de travail sur l’après-pétrole et l’après-nucléaire qui donnera lieu à un débat national sur le sujet fin mai dans le lycée régional Kyoto à Poitiers. Ma région continue à être un laboratoire de l’excellence environnementale.

 

La question de l’éducation, très présente dans le projet du Parti socialiste, revient en force avec les nombreuses occupations d’écoles. Les 16 000 suppressions de postes pour la rentrée prochaine font énormément de dégâts et creusent les inégalités scolaires.

 

Ce mardi 12 avril, je ferai un déplacement de terrain, sans médias, à l’invitation d’une association qui se bat pour la réussite scolaire. Une vidéo de cette réunion de travail sera publiée sur ce blog.

 

Amicalement

 

Ségolène Royal

Ségolène Royal – Le Blog officiel, lundi 11 avril 2011 au soir

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11 avril 2011 1 11 /04 /avril /2011 21:21

 

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La centrale nucléaire de Three Mile Island continue à fonctionner aujourd'hui, 32 ans après l'accident (Michael S. Williamson/TWP)

 

Message Facebook de Ségolène Royal à 18:13

J'ai présidé une réunion avec les élus de ma majorité régionale sur l'après-nucléaire. Nous avons auditionné Joël Mazet délégué EDF, Eric Virvaux de France Energie Eolienne.

La reconversion de l'industrie nucléaire pourrait durer entre quarante et quatre-vingt ans selon la volonté politique en cours. Les stratégies utilisées pourraient tripler le nombre d'emplois y compris dans les économies d'énergie.


 

Ségolène Royal
Réunion de travail à Poitiers pour préparer grand débat sur après pétrole et après . Passionnant. On en reparle très vite.

 

 

bandeauNL

[...]

Par ailleurs, nous organisons dans les deux mois qui viennent trois nouvelles Universités Populaires sur les thèmes suivants :

  • la vie chère et le pouvoir d’achat
  • l’énergie et la question de la sécurité nucléaire
  • la fiscalité en partenariat avec la Fondation Terra Nova

 

[...]

 

(Extrait de la lettre d'actualité de Ségolène Royal du 5 avril 2011)

 

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11 avril 2011 1 11 /04 /avril /2011 00:10

 

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Au pied de 19 marches, Yves Debien, le maire PS de Melle, et Ségolène Royal, vendredi pour l'inauguration (Diocèse de Poitiers)

Vendredi dernier Ségolène Royal participait en un hommage républicain à l’inauguration du chœur de l’église Saint-Hilaire de Melle, fruit réussi de la commande publique. En janvier, le chœur avait été consacré par l’archevêque de Poitiers.

 

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Christiane Barret, préfète des Deux-Sèvres, ancienne présidente de l'Association Soeur Emmanuelle (Asmae, 1996-2002)

La préfète des Deux-Sèvres, Christiane Barret, qui a orienté sa fonction dans la lutte contre la précarité après plusieurs rencontres avec Sœur Emmanuelle depuis 1987, et a même été présidente de son association de 1996 à 2002, a salué « un événement exceptionnel pour un site exceptionnel ».

 

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Ségolène Royal pendant son allocution lors de l'inauguration du  chœur de l'église Saint-Hilaire vendredi dernier (Diocèse de Poitiers)

Ségolène Royal a cité un extrait de l’homélie prononcée le 23 janvier 2011 par Monseigneur Rouet, archevêque de Poitiers. Nul doute qu’elle aura choisi les phrases fortes et symboliques du début de l’homélie et qui sont terriblement d’actualité face aux valeurs de la Sarkozye et du FN :

« Prenez le temps de bien regarder où vous êtes ! Nous sommes dans une des plus belles églises romanes connues, à travers le monde entier. Cependant, ce matin, cette église il faut la voir comme un lieu très symbolique très fort. Quand elle a été construite, la misère était chez nous et des hommes ont eu l’idée de faire ce bâtiment admirable, trop haut, trop grand, même pas pour eux puisqu’il était destiné aux pèlerins et aux passants. A tous ceux qui n’étaient pas du pays mais qui transitaient par là. Cette église était un lieu de pèlerinage, on circulait en elle, on s’y rencontrait.

 

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L'église Saint-Hilaire de Melle vendredi dernier : "Ce bâtiment était destiné à tous ceux qui n’étaient pas du pays mais qui transitaient par là. Cette église était un lieu de pèlerinage, on circulait en elle, on s’y rencontrait." Mgr Albert Rouet (Diocèse de Poitiers)

A quel moment a-t-elle cessé d’être comprise ? A quel moment avons-nous estimé le cubage d’air, le coût des échafaudages ? A quel moment est-on passé d’un idéal à des calculs ? C’est au moment où la cohésion sociale s’est déchirée. A partir du moment où des hommes ne sont plus capables de vivre ensemble, cela signifie qu’ils n’ont plus d’idéal à soutenir ensemble. Quand les gens ne se rencontrent plus pour se donner la main et bâtir quelque chose, ils se rencontrent pour se faire du mal et se tuer. Voilà pourquoi les mêmes édifices, dans ce pays du Mellois, qui ont été construits au moment où la foi chrétienne était en cohésion, en harmonie avec la population, ces mêmes endroits sont devenus un pays de guerre, de violence et de sang.

Derrière cette histoire, apparaît la même leçon : l’homme grandit quand il est capable de se lier à d’autres hommes et l’homme se rapetisse et devient violent quand il ne sait plus tendre la main aux autres. Votre pays en porte l’histoire, c’est donc un avertissement. »

 

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Yves Debien, maire socialiste de Melle, pendant son allocution vendredi dernier (Diocèse de Poitiers)

Le maire de Melle, le socialiste Yves Debien, a souligné « le prochain défi : rendre l’église Saint-Hilaire accessible ».

 

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Samedi 2 juillet 2011, c’est à Melle, à l’église Saint-Hilaire, que s’ouvrira la 6ème édition des Nuits Romanes, avec 100 concerts et spectacles gratuits.

Frédéric Mitterrand, le ministre de la Culture, ne s’étant pas donné la peine de se déplacer, Jean-Paul Godderidge, directeur régional des affaires culturelles (DRAC) du Poitou-Charentes - l’antenne locale du ministère, Delphine Batho, députée des Deux-Sèvres, le président de l’Association du Mellois, celui du Pays mellois, la communauté de communes du Lezayen, le Cœur du Poitou, le canton de Melle, le Père Jacques Lefebvre, initiateur du projet, et le designer rochefortais Mathieu Lehanneur, créateur du nouveau chœur, étaient présents ou représentés.


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Le Père Jacques Lefèbvre, initiateur du projet, pendant son allocution vendredi (Diocèse de Poitiers)

Mathieu Lehanneur a répondu à un appel d’offres de la DRAC pour renouveler le mobilier vieillissant de ce joyau de l’art roman, classé Monument Historique depuis 1887, et classé au patrimoine mondial de l’Unesco depuis 1998 en tant qu’étape des Chemins de Saint-Jacques de Compostelle.

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Inauguration du chœur de l'église Saint-Hilaire de Melle : on reconnait Christiane Barret, le préfète, Ségolène Royal, Delphine BathoMathieu Lehanneur, et derrière Christiane Barret et Ségolène Royal, Yves Debien (Diocèse de Poitiers)

La spécificité de l’église Saint Hilaire de Melle réside dans son « enfoncement » dans le sol, du fait de la déclivité : on accède au portail par un escalier de 17 marches, puis on descend de la première travée aux 5 travées suivantes par un second escalier de 19 marches.

 

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Mathieu Lehanneur, le designer rochefortais créateur du projet, pendant son allocution vendredi (Diocèse de Poitiers)

Mathieu Lehanneur explique le concept de son œuvre dans la brochure remise aux personnes présentes à l'inauguration :

« L'église de Melle se découvre singulière. Elle donne en effet le sentiment d'être blottie dans son territoire, à l'image d'une « boite » enfoncée dans le sable. Cette église n'est pas un simple bâtiment posé sur le sol, elle fait corps avec la région elle-même et se révèle à vous en descendant.

L'idée centrale du projet est d'accentuer cette sensation de découverte progressive et d'ancrage terrestre en imaginant que lorsque cette « boite » s'est enfoncée dans le sol, est alors venue émerger la face visible d'une forme minérale massive. Une révélation qui semble antérieure – et non postérieure - à la construction de l'église elle-même ; une présence minérale qui pourrait même justifier que l'église fut construite là. »

 

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Nouveau chœur de l'église Saint-Hilaire de Melle avant l'inauguration et après la consécration (Diocèse de Melle)

De grandes plaques de marbre ont été juxtaposées pour obtenir un effet « mille-feuille » : « Ce bloc est formé de strates successives dont le but n'est pas d'imiter un rocher mais plutôt de rappeler la formation sédimentaire des minéraux. », indique le designer rochefortais.

Dans le mobilier liturgique, le siège du célébrant est un clin d’œil à l’histoire, à Hilaire de Poitiers, issu de l’aristocratie gallo-romaine de Lemonum (Poitiers), qui deviendra évêque de la ville, puis Saint-Hilaire. Il partagea sa vie entre l’Asie Mineure et Poitiers, et fut désigné par le titre étonnant d’ « Athanase de l’Occident », pour son action énergique et pastorale dans sa lutte pour l’orthodoxie chrétienne ; Athanase (d’Alexandrie) était un patriarche d’Alexandrie du IVème siècle.

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Nouveau chœur de l'église Saint-Hilaire : à droite, contre le pilier, en surélévation, le siège du célébrant, comme si le sol s'était soulevée pour former un siège (Diocèse de Poitiers)

« Le siège du célébrant n'est que le sol surélevé. Certains y voient un clin d'œil à la légende de Saint-Hilaire qui veut qu'au Concile de Séleucie [au sud de la Turquie actuelle, près de la frontière syrienne, au bord de la Méditerranée, NdlR], la place étant refusée à l'évêque de Poitiers, la terre se souleva pour lui fournir un siège. », explique Gil Beucher (NR Niort).


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Christiane Barret, Ségolène Royal et Yves Debien à côté du portail de Saint-Hilaire, sur le mur latéral nord (Diocèse de Poitiers)

Frédérick Moulin

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10 avril 2011 7 10 /04 /avril /2011 11:31

 

Ségolène 2

 

Hier à 11h30, Ségolène Royal était l’invitée de « La Voix est Libre » sur France 3 Poitou-Charentes. Pendant 25 minutes, elle a répondu aux questions de Jean-Jacques Théodore, qui a été coriace, surtout dans la première partie de l’émission, sur le financement du plan digues et de la LGV SEA. Mais tout s’est bien terminé, Ségolène Royal avait appris que c’était la dernière émission de Jean-Jacques Théodore, et lui a offert une paire de charentaises et une bouteille de cognac, « et le cognac, pour le déguster en charentaises, devant les téléspectateurs, c’est important, c’est la valorisation de la région », a-t-elle précisé. À la fin de l’émission, ils se sont levés tous les deux, ont traversé le plateau et se sont fait la bise. Le charisme de Ségolène avait encore frappé…

Les thèmes abordés ont été nombreux, avec deux témoignages :

-élections cantonales et abstention ;

-plan digues et allégations mensongères de Dominique Bussereau (témoignage de Dominique Bussereau) ;

-financement de la Ligne à Grande Vitesse Sud Europe Atlantique (LGV SEA) et mécontentement de Jean-Paul Denanot, le président PS de la région Limousin (témoignage), que Ségolène Royal a rassuré ;

-« plan de résistance photovoltaïque » et biocarburants ;

-le Pacte pour l’emploi des jeunes, la grande cause régionale et maintenant nationale avec le programme du PS ;

-le projet du parti socialiste – « c’est un socle, c’est une base, c’est une boîte à outils » ;

-la réforme des retraites (et en passant un mot sur la réforme territoriale) – « mais c’est dans le projet socialiste ! » ;

-des questions restées, on s’en doute, sans réponse sur les candidats du PS ;

-et une remarque sur les candidatures de Jean-Louis Borloo et de Nicolas Hulot : « qu’est-ce qu’ils ont à proposer, je crois que c’est cela qui est important ».

Sur sa propre candidature, Ségolène Royal n’a pas répondu aux questions pressantes de l’animateur : « Mais est-ce que vous êtes toujours déterminée à poser votre candidature, oui ou non ? » ; renvoyant à ses prises de positions antérieures, notamment juste avant l’UPP « Justices et Pouvoirs », dans la cour de la Mairie du IVème arrondissement de Paris, où la maire est une proche, Dominique Bertinotti (lire l’article en cliquant ici) :

« Je ne commente pas, je ne commente pas les autres initiatives à l’intérieur du PS. Je suis tournée vers les Français pour le moment venu leur expliquer clairement quelle analyse je fais de la situation, et quel projet nous pouvons porter avec eux. J’ai dit ce que j’avais à dire et je redirai le moment venu, au moment du dépôt de candidature, le sens de cette candidature, mais il n’y a aucune raison, avant, que je participe à ce feuilleton dans lequel les socialistes ne s’occupent que d’eux-mêmes. »

Frédérick Moulin

 

 

  

Transcription de l’intervention de Ségolène Royal sur France 3 par MEAGSR/F.M.

Jean-Jacques Théodore : bonjour Madame la présidente.

Ségolène Royal : bonjour.

Elections cantonales et abstention

Jean-Jacques Théodore : alors on va évidemment évoquer avec vous une actualité politique qui s’est brusquement accélérée ces derniers jours avec la publication du programme du Parti socialiste, avec aussi la multiplication des annonces de candidature, celle de François Hollande, celle de jean-Louis Borloo, celle de Nicolas Hulot, celle aussi de Martine Aubry qui s’est curieusement dévoilée à l’occasion d’un lapsus un peu bizarre, et puis votre candidature à vous, Madame Royal, puisque, même si les sondages ne semblent pas décoller en votre faveur, je crois savoir que vous n’avez renoncé à rien, et c’est probablement ce que vous nous confirmerez dans la seconde partie de l’émission, car pour l’instant, c’est sur la situation ici, en Poitou-Charentes qu’on voudrait vous entendre, et d’abord sur le résultat des cantonales qui n’ont sans doute pas été à la hauteur de ce que vous pouviez espérer. Vous pensiez être en mesure de faire basculer le département de la Vienne, et peut-être même celui de la Charente-Maritime ; en fait, il n’en a rien été comme chacun sait. En termes de sièges, la gauche a même perd un petit peu de terrain à l’occasion de cette élection. Est-ce que vous ressentez ça comme un échec ?

Ségolène Royal : non, pas du tout. Je crois que ce qu’il est important de souligner, d’abord c’est le fort taux d’abstention, donc ça, personne ne peut se satisfaire du fait que plus de 55% des Français qui pouvaient venir voter ne sont pas venus voter, et c’est un signal fort, dont on doit tenir compte. Ça veut dire qu’ils considèrent qu’il n’y avait pas d’enjeu, ou c’est aussi une façon de protester, c’est aussi l’expression d’une souffrance…

Jean-Jacques Théodore : mais c’est… c’est… c’est aussi votre électorat qui s’est abstenu, hein ? Voilà, donc euh,

Ségolène Royal : bien sûr, bien sûr, c’est aussi … bien sûr, il y a une part de l’électorat de gauche

Jean-Jacques Théodore : c’est aussi peut-être l’expression d’une certaine déception à votre endroit ?

Ségolène Royal : je crois surtout que c’est l’expression d’une attente que la politique devienne efficace, d’une part. D’autre part, la position de la gauche lors des élections cantonales en région n’a pas été si mauvaise que cela, même si ça ne s’est pas traduit en terme de nombre de cantons conquis, puisque par exemple en Charente-Maritime nous avons 4000 voix d’avance, en Deux-Sèvres 6000 voix d’avance, dans le département de la Vienne 1300 voix d’avance, donc nous sommes devant la droite, et pourtant, compte tenu de la configuration des cantons, et puis, il faut le dire aussi, hein, de l’implantation des élus, qu’ils soient de droite ou de gauche, un élu qui fait bien son travail, il y a aussi une dimension très fortement locale, et à ce moment-là les électeurs lui sont fidèles.

Plan digues et allégations mensongères de Dominique Bussereau

Jean-Jacques Théodore : d’accord. Alors, il ne vous a sans doute pas échappé tout de même qu’en Charente-Maritime, certains avancent une autre explication, et on dit là-bas que votre position concernant le refus de financer le plan digues a pu jouer en votre défaveur, et c’est en tout cas, évidemment, un argument qui a été développé par votre ex-rival des régionales, qui préside aujourd’hui le Conseil général de Charente-Maritime, le député UMP Dominique Bussereau. On l’écoute, si vous voulez bien, et puis vous réagissez tout de suite après.

 

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Dominique Bussereau : on y arrivera pas. Euh… l’Etat va mettre 40%, nous, Charente-Maritime 20-25, on arrive à 65. [… coupure montage…] Il faut que a Région Poitou-Charente participe, ‘fin, on nous rebat les oreilles du participatif, de la citoyenneté et de la solidarité, on a eu 13 morts l’année dernière, on voit ce qui se passe au Japon, et notre région qui dit : « Je ne viens pas aider la Charente-Maritime et les communes et les habitants à se protéger, je n’arrive pas encore à y croire.

Jean-Jacques Théodore : alors franchement, Ségolène Royal, question de solidarité, question de sécurité, pourquoi est-ce que vous ne voulez pas aider la Charente-Maritime à reconstruire ses digues ?

Ségolène Royal : mais c’est tout à fait faux, vous savez que la Région a été la première collectivité à être présente auprès des sinistrés, puisque nous avons engagé 12 millions d’euros pour aider très directement sous forme de chèque, sous forme de mobil homes …

Jean-Jacques Théodore : mais ça c’étaient des aides personnelles, hein, …

Ségolène Royal : …attendez… mais c’est très important, vous savez

Jean-Jacques Théodore : …pour reconstruire, pour racheter une voiture, etc.

Ségolène Royal : mais, si nous n’avions pas fait ça, si nous n’étions pas venus directement sur le territoire, si je n’avais pas été présente le lendemain de cette catastrophe terrible, les gens auraient été en situation de désespoir, et il y a quand même eu plusieurs suicides, des gens qui sont actuellement encore très profondément touchés par ce qu’ils ont vécu. Le lendemain, j’étais sur le terrain pour distribuer des aides en espèces, prêter des véhicules, reloger des gens, en liaison d’ailleurs avec toutes les communes, et je pense, et je le dis à Monsieur Bussereau très correctement qu’il est indigne d’exploiter la misère des gens pour faire des discours politiciens.

 

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Ségolène Royal : "Quand on vient avec un représentant de l’Etat et quand on a été ministre pendant 8 ans, et que les digues ne sont pas entretenues et que cela a expliqué l’aggravation des conséquences de la tempête, je crois qu’on n’a pas à faire le fanfaron"

De quoi s’agit-il aujourd’hui ? Monsieur Bussereau est venu avec la ministre de l’Environnement annoncer 500 millions d’euros sur le terrain, en pleine campagne électorale, donc aujourd’hui il faut passer des discours aux actes. Vous savez les gens en ont assez des effets d’annonce donc quand on vient avec un représentant de l’Etat et quand on a été ministre pendant 8 ans, et que les digues ne sont pas entretenues et que cela a expliqué l’aggravation des conséquences de la tempête, je crois qu’on n’a pas à faire le fanfaron… alors…

Jean-Jacques Théodore, qui essaie depuis quelques secondes de couper Ségolène Royal : oui mais… oui mais, justement, justement, est-ce que vous ne pouvez pas aider une petit peu à la reconstruction de ces digues, parce que vous avez…

Ségolène Royal : mais c’est ce que nous faisons, c’est …

 

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Ségolène Royal sur le plan digue : "Mais c’est ce que nous faisons"

Jean-Jacques Théodore : comme toutes les collectivités, vous avez la clause de compétence générale, vous allez me dire : « Les digues, c’est pas de notre travail, c’est pas de notre ressort, c’est le ressort de l’Etat »…

Ségolène Royal : pas du tout, je n’ai pas dit cela.

Jean-Jacques Théodore : mais, vous avez la clause de compétence générale, vouas pouvez, si vous le souhaitez…

Ségolène Royal : je vais vous répondre, je vais vous répondre, parce que je crois que dans la vie, comme en politique, le concept de responsabilité, c’est quelque chose d’important.  Chacun doit faire son devoir et accomplir ses responsabilités, donc la Région va venir aider, vient déjà aider les petites communes qui ont des digues municipales, et qui n’ont pas beaucoup d’argent, donc la Région aide les petites communes, aide les particuliers qui ont aussi des digues privées, puisqu’il y a des digues privées, notamment pour protéger les ostréiculteurs, et l’Etat doit intervenir sur les digues qui lui appartiennent, c’est comme si un propriétaire n’avait pas entretenu sa maison qui se fissure, et demandait à son voisin de les réparer.

Donc je crois, chacun ses responsabilités, l’Etat doit être là, et c’est l’Etat qui doit assurer la solidarité, et la Région est là aux côtés des petites communes qui n’ont pas les moyens et aux côtés des particuliers, qui n’ont pas le moyens. Et ça, je crois que c’est très important, que tout le monde travaille ensemble, et que vraiment une telle souffrance ne donne pas lieu à des polémiques politiciennes. J’ajoute d’ailleurs que contrairement à ce que dit Monsieur Bussereau, et à la question que vous avez posées, pour y répondre très directement, sur les 13 communes sinistrées, il y en a 10 qui ont mis la gauche devant lors des élections cantonales. Donc les gens sont très intelligents, et ont vu sur le terrain qui avait travaillé et qui avait polémiqué.

Financement de la LGV SEA et réaction du président PS du Limousin

Jean-Jacques Théodore : d’accord. Alors autre refus de financement de votre part, le financement de la LGV Sud Europe Atlantique. L’Etat et RFF demandent aux collectivités locales de participer pour la construction de cette ligne à grande vitesse, euh, on vous demande à vous 103 millions d’euros, je crois, euh, vous voulez pas les donner, ou plutôt vous acceptez de les donner, à condition qu’on vous les rembourse ensuite. Mais c’est pas ce que l’Etat vous demande, évidemment. Donc quelles vont être les conséquences de votre, euh, de votre prise de position, est-ce que ça risque pas de retarder le chantier, voire d’amener l’Etat à dire : « Ben voilà, on va, on va contourner, au lieu de passer par Poitiers, ben on va passer plus à l’est, ou plus à l’ouest » ? Nan ?

 

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Ségolène Royal : alors, non, je  ne pense pas, je pense que les conséquences seront très positives. D’abord, parce que j’applique les principes sur lesquels je me suis engagée, donc je tiens parole. J’ai dit aux habitants de la Région, premièrement, que je n’augmenterai pas les impôts, et depuis le début de mon mandat, je suis la seule présidente de Région, la seule chef d’un exécutif qui n’ait pas augmenté les impôts parce que le pouvoir d’achat est ma première préoccupation.

Deuxièmement, un euro dépensé est un euro utile.

Et troisième principe, chacun doit payer ce dont il est responsable. Moi, j’investis puissamment, et les habitants de la Région le savent, dans les TER, et je viens vous le savez de créer le principe du coût du trajet domicile-travail pour 1 euro. À un moment en plus, où, le prix de l’essence flambe, je puis vous dire qu’aujourd’hui les TER rencontrent un succès extraordinaire…

Jean-Jacques Théodore : oui, oui, la fréquentation est en hausse etc.

Ségolène Royal : … la qualité du transport est en hausse, donc nous avons 40% de plus de personnes qui prennent le TER : c’est considérable. [Jean-Jacques Théodore : « Mais pour autant, Madame Royal, tout… »] Attendez, je termine. L’État est responsable des TGV et des lignes à grande vitesse. Pourquoi voulez-vous que j’aille prélever des impôts sur le contribuable régional alors que nous sommes une région traversée par la LGV, pour payer ce dont l’État est responsable ? Non, ce n’est pas juste. Ce n’est pas équitable.

Jean-Jacques Théodore, commençant avant que Ségolène Royal ait fini : non, mais ça j’ai bien compris Madame Royal, mais pourquoi est-ce que tous vos collègues, pourquoi est-ce que tous vos collègues ont accepté, eux, de financer l’chantier de la LGV, Alain Rousset en Aquitaine, Jean-Paul Denanot en Limousin, Martin Malvy en Midi-Pyrénées, sans compter les départements, les agglomérations, tout le monde y va de son obole, et puis, il y a que le Poitou-Charentes qui dit : « Ben non, nous on veut pas participer. » ?

Ségolène Royal : non, le département des Deux-Sèvres non plus n’a pas participé, la communauté d’agglomération de …

Jean-Jacques Théodore, lui coupant la parole : ouais… le département des Deux-Sèvres, vous n’y êtes pas sans influence.

 

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Ségolène Royal : "Mais parce que je suis très rigoureuse dans la gestion des fonds publics, moi"

Ségolène Royal : mais parce que je suis très rigoureuse dans la gestion des fonds publics, moi je…

Jean-Jacques Théodore, lui coupant la parole : les autres, y sont trop dispendieux, euh…?

Ségolène Royal : non, mais ils font des choix, que je respectent tout à fait, ils estiment peut-être que pour eux la LGV est très importante, ils ont peut-être négocié autre chose avec l’État, moi j’ai décidé de faire un prêt. Donc la LGV va pouvoir se faire, puisque si l’État a vidé ses caisses, c’est quand même assez paradoxal qu’une région modeste comme Poitou-Charentes, modeste par le budget mais grande par les idées, et par la volonté politique, en soit contrainte à prêter, à prêter à l’État pour qu’il assume ses responsabilités, c’est ce que nous faisons.

Jean-Jacques Théodore : et vous avez une réponse du ministère des transports, de Monsieur Mariani, ou …

Ségolène Royal : oui, je suis en contact avec lui, bien sûr, donc les choses avancent, les conventions…

Jean-Jacques Théodore : il a accepté le principe de l’avance remboursable ?

Ségolène Royal : écoutez, les choses avancent, en tout cas, moi l’ai mise en place, puisque j’ai signé les textes administratifs correspondant à ce prêt. J’ajoute pour que ceux qui nous écoutent soient bien informés, que la construction de cette LGV a été sous-traitée à une entreprise privée, donc si une entreprise privée construit la LGV, [Jean-Jacques Théodore : « Vinci, pour ne pas la citer »], Vinci, c’est qu’à un moment il va y avoir des bénéfices. Donc, il est important que le contribuable régional qui va prêter pour construire la ligne, soit remboursé, avec des taux d’intérêts.  Est-ce que c’est de la bonne gestion, ça ? Est-ce que c’est de la bonne gestion des deniers publics ? Oui, c’est de la bonne gestion [des deniers publics]. Moi je protège les habitants de la Région et les ressources financières de la Région, et je crois que c’est de la très bonne gestion régionale.  

Jean-Jacques Théodore : en tout cas y’en a qui comprennent pas du tout votre, euh, attitude, ce sont vos collègues du Limousin, qui appartiennent pourtant à la même formation, politique que vous, mais eux, ils attendent le TGV comme le messie, et franchement, y sont pas très contents de vous, je vous propose d’écouter ce que nous disait il y a quelques semaines votre collègue président du Conseil régional du Limousin, le socialiste Jean-Paul Denanot.

 

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Jean-Paul Denanot : c’est pas sympathique, on va dire, voilà. C’est pas, c’est, je vais pas dire que c’est un coup de couteau dans le dos, mais on ne peut pas dire que ce soit sympathique, entre collègues de la même sensibilité politique de deux régions voisines.

Jean-Jacques Théodore : voilà. Vous savez, il avait même dit : « Ségolène est une mauvaise copine. »

Ségolène Royal, riant : eh  bien écoutez, je peux le rassurer, je peux le rassurer puisque j’ai signé comme je vous l’ai dit le texte administratif, l’arrêté correspondant au prêt débloqué pour l’État, donc les travaux commencent, d’ailleurs, vont commencer, tout est engagé, et je crois qu’il n’y a vraiment aucune inquiétude…

Jean-Jacques Théodore, l’interrompant : il n’y aura pas de conséquence, pas retard sur le chantier ?

Ségolène Royal : aucune conséquence, aucun retard sur le chantier. Et croyez moi, sur des ouvrages de cette importance-là, lorsque le « coup est parti » si j’ose dire, il ne s’arrête pas en si bon chemin, et d’ailleurs la Région va accompagner toutes les actions de formation professionnelle pour les nombreux emplois qui seront créés sur les travaux de cette ligne.

Jean-Jacques Théodore : d’accord. Alors on avance un petit peu, pas d’argent pour les digues, pas d’argent non plus , euh, en tout cas…

Ségolène Royal, lui coupant la parole : non, non, ce n’est pas ce que j’ai dit ; non, non, non, non, mais vous schématisez, vous schématisez !

Jean-Jacques Théodore : … pour les digues à la charge de l’Etat, voilà, pas d’argent donné, non plus, mais de l’argent prêté, pour la LGV…

Ségolène Royal : en revanche, nous faisons beaucoup de choses, hein, nous faisons le fonds de résistance photovoltaïque, nous investissons massivement…

« Plan de résistance photovoltaïque » et biocarburants

Jean-Jacques Théodore : eh bien voilà, c’est de ça… Eh bien figurez vous que c’est de ça que je voulais vous parler…

Ségolène Royal : eh bien c’est parfait !

Jean-Jacques Théodore : … le plan de résistance photovoltaïque. Là vous êtes prêt[e] à ouvrir la bourse…

Ségolène Royal : bien sûr !

Jean-Jacques Théodore : … à mettre beaucoup d’argent. En quoi ça va consister exactement, ce plan de ‘résistance’ ?

Ségolène Royal : alors c’est un plan qui fait face aux mauvaises décisions qui, vous le savez, ont mis un frein injuste, et très problématique, sur la filière solaire et la filière photovoltaïque, ce qui est quand même paradoxal.

Jean-Jacques Théodore : voilà, EDF rachète l’électricité solaire moins cher, hein, qu’auparavant, voilà. Donc c’est moins intéressant pour les particuliers et les entreprises.

 

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Ségolène Royal : voilà, c’est-à-dire que l’État a mis un coup d’arrêt à la filière photovoltaïque en baissant deux fois de suite les tarifs de rachat d’électricité, en supprimant l’avantage fiscal pour les particuliers, en plafonnant aussi le volume des investissements, et suite à ça, vous savez que l’usine qui devait s’installer dans la Région Poitou-Charentes, Solairedirect, sur le bassin de Châtellerault, avait arrêté ses projets. Or moi, je veux que dans la Région, qui a été la première région d’Europe à mettre en place un fonds, grâce à la Banque Européenne d’Investissement, de 400 millions d’euros pour développer puissamment la filière verte, photovoltaïque, et donc préparer l’après-pétrole et l’après-nucléaire, je n’accepte pas que les entreprises soient mises en grande difficulté à cause de décisions qui sont mauvaises.

Jean-Jacques Théodore : donc vous allez compenser un petit peu le, euh… hein ? L’argent que l’Etat ne met pas, c’est vous qui allez le mettre, quoi. Grosso modo.

Ségolène Royal : exactement. Exactement, c’est-à-dire qu’en attendant que les choses redémarrent sur la filière photovoltaïque, et j’espère en 2012 qu’il y aura une autre politique énergétique, je fais en sorte que les entreprises et les PME notamment puissent continuer à fonctionner, à embaucher, à investir, et donc il y a un fonds de 10 millions d’euros avec un appel à projets et du coup le patron de Solairedirect a décidé qu’il reprenait son projet de construction d’une usine de panneaux photovoltaïques dans la Région, donc vous voyez des conséquences très concrètes : la Région résiste, et continue à se battre pour qu’un autre modèle énergétique se mette en place.

Jean-Jacques Théodore : avec aussi, je crois, une unité de fabrication de biocarburants qui doit s’installer à Melle, hein ?

 

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Ségolène Royal : oui, bien sûr, d’ailleurs il y a le salon « Croissance verte » au mois de septembre prochain, qui est le premier salon maintenant européen de la croissance verte avec l’ensemble des entreprises et des nouveaux brevets sur cette dynamique de la croissance écologique, et donc c’est très puissant …

Jean-Jacques Théodore, l’interrompant : et donc à Melle, on va faire du carburant je crois à partir de la paille, hein, c’est ça ?

Ségolène Royal : voilà ; partir de la paille, des chiffons, des déchets ; on fait déjà des biocarburants à partir des algues, vous savez, dans la Région, et la Région est la seule, la seule à être entrée aussi au capital de l’entreprise privée qui fabrique la voiture électrique qui sortira des chaînes d’Heuliez le 9 septembre prochain, et je serai dans l’usine à ce moment-là.

Pacte pour l’emploi des jeunes, une grande cause régionale et nationale

Jean-Jacques Théodore : d’accord. Encore un mot sur les politiques que vous menez, avant d’en venir à la politique nationale, pour quand même évoquer le pacte pour l’emploi, là aussi c’est quelque chose qui vous est très cher, hein, avec les engagements à venir, il y en a 500 actuellement, je crois, grosso modo, vous avez décidé de passer à 1000…

Ségolène Royal : oui, c’est ça.

Jean-Jacques Théodore : … c’est beaucoup d’argent, évidemment, qu’il faut mettre là-dedans, est-ce que ça va se recouper avec les…

 

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Ségolène Royal : ce n’est pas seulement de l’argent, c’est une dynamique collective. C’est-à-dire que les chefs d’entreprise aussi sont mobilisés pour prendre des jeunes par alternance. Normalement, vous savez que normalement, il y a un quota obligatoire dans les entreprises, qui est souvent pas respecté parce que c’est difficile parfois pour un patron, un petit patron, à la fois de se battre pour son marché, pour ses produits, pour être compétitif, et en même temps de tendre la main aux jeunes pour qu’ils viennent en alternance.

Donc la Région a décidé de faire du Pacte pour l’emploi des jeunes la grande cause régionale, d’ailleurs cette proposition se retrouve dans le projet du Parti socialiste, puisque l’emploi des jeunes devient une grande cause nationale dans le projet du Parti socialiste, et parce qu’il n’y a pas de raison que la France ait le taux de chômage des jeunes le plus important.

Il va d’ailleurs falloir faire le même effort sur les seniors, où le taux de chômage, là aussi, est aussi très important, est en train d’augmenter de façon considérable, et cela m’inquiète beaucoup parce qu’à la fois le Gouvernement actuel a reculé [l’âge de départ à] la retraite à 67 ans, et en même temps le chômage des salariés de plus de 50 ans est en train d’exploser et ça, ce n’est pas acceptable. Donc, nous allons en région faire en sorte que dans les entreprises, il y ait un contrat de tutorat, de parrainage entre des salariés de plus de 50 ans et des jeunes qui arrivent, et par exemple les jeunes en alternance qui arrivent – nous avons créé plus de 3000 places en apprentissage et en alternance dans la Région, en demandant à des entreprises de s’engager – des entreprises sont en train de parrainer dans une dynamique gagnant-gagnant parce qu’on n’ oppose pas ici dans la Région les salariés aux employeurs, au contraire on est dans un partenariat offensif pour sauvegarder l’emploi et le dynamique des entreprises, et j’espère que nous aurons des résultats d’ici la fin de l’année.

Le projet du parti socialiste, « un socle », « une base », « une boîte à outils »

Jean-Jacques Théodore : d’accord. Alors ce sont des pistes qui sont reprises justement, hein, on le voit, [Ségolène Royal : « Ah, exactement ! »] dans le projet du PS, qui a été rendu public mardi dernier. Est-ce que, globalement, par rapport aux propositions que vous aviez faites vous-même dans votre campagne de 2007, est-ce que, j‘allais dire, vous retrouvez vos petits là-dedans ? Vous avez été consultée, d’abord, sur le contenu du projet du PS, vous avez donné votre aval, vous êtes d’accord avec tout ça ?

Ségolène Royal : mais oui, puisqu’il y a eu un travail collectif, hein, avec des réunions régulières, des contributions écrites, et moi j’ai veillé…

Jean-Jacques Théodore, lui coupant la parole : donc vous y avez participé, vous y avez été entendue aussi ?

 

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Ségolène Royal : oui, bien sûr, eh bien regardez la grande cause nationale sur l’emploi des jeunes, la question aussi de l’installation des jeunes médecins en milieu rural, puisque nous faisons déjà dans la Région Poitou-Charentes, vous le savez avec un grand succès, puisque  nous accompagnons des jeunes et nous avons multiplié par dix le nombre des jeunes qui viennent faire des stages en milieu rural, nous avons créé les maisons de santé, donc toute cette dynamique de rapprocher les services publics des citoyens pour qu’il y ait une égalité de service notamment dans le domaine de la santé auprès des citoyens, la question aussi de la croissance verte puisque nous faisons la proposition dans le projet socialiste de moduler la TVA en fonction du degré de pollution des process industriels, ce que nous faisons déjà en Région avec les « bonus verts », la nécessité aussi de contrôler les entreprises qui reçoivent des aides publiques, nous le faisons déjà en région depuis plusieurs années, puisque nous conditionnons les aides…

Jean-Jacques Théodore, l’interrompant : d’accord, donc le projet du PS, c’est un peu le projet de Ségolène Royal, quoi, hein ?

Ségolène Royal : non, c’est un projet collectif, mais je crois que ce à quoi j’ai veillé, et comme d’autres, comme tout ceux qui ont participé à cela, c’est que ce projet soit à la fois crédible et en même temps montre qu’il y a une autre façon de s’organiser, une autre façon de procéder, qu’il y a par exemple dans les propositions l’encadrement des loyers, une préoccupation très forte sur le pouvoir d’achat. Sur le logement, par exemple, nous le faisons en Région puisqu’en Région nous avons 8000 logements sociaux Haute Qualité Environnementale, aujourd’hui 70% des logements sociaux construits permettent aux gens de payer moins d’énergie, alors que la moyenne nationale n’est que de 25%, donc vous voyez qu’à partir de la politique par la preuve, nous pouvons faire en sorte d’intégrer dans un projet des propositions qui sont crédibles.

Et ça je crois [Jean-Jacques Théodore : « Alors rassur… »] juste une seconde, je crois que c’est très important parce que depuis 4 ans, les Français ont surtout assisté à des effets d’annonce. Et demain, ils se disent, de tout responsable politique quel qu’il soit : est-ce qu’un responsable politique, lorsqu’il parle, lorsqu’il promet des choses, et-ce qu’il va passer à l’action ? Donc quand nous proposons des choses qui sont déjà en voie d’être appliquées ou d’être réalisées sur un territoire, c’est encore beaucoup plus crédible.

La réforme des retraites (et la réforme territoriale) « dans le projet du PS »

Jean-Jacques Théodore : d’accord. D’accord. Bon, il nous reste que 4 minutes. Rassurez-moi simplement sur un point : il y a deux dossiers sur lesquels les socialistes s’étaient beaucoup engagés, avaient beaucoup lutté contre deux réformes, c’était la réforme territoriale, portée par le gouvernement, et puis la réforme de la retraite, et là, sur le projet socialiste, on n’en parle pas beaucoup de ces deux. Vous êtes toujours pour l’annulation de la réforme territoriale, et pour la retraite à 60 ans, on est toujours sur cette ligne là, ouais ?

 

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Ségolène Royal : mais c’est dans le projet socialiste. Le retour à la retraite à 65 ans, n’oublions jamais qu’il y a deux bornes : le départ à 65 ans et le départ à 60 ans pour tous ceux qui ont la durée de cotisation, bien évidemment, c’est dans le projet, écoutez, regardez, regardez, on vient de parler de la question du chômage des seniors qui vient d’augmenter cette année de plus de 13 % : les salariés de plus de 50 ans, +13% de chômage, et ils vont attendre jusqu’à 67 ans ? Mais de quoi vivent-ils entre les deux ? Ils tombent dans la misère ? Dans la précarité ? Ça, je crois que ce n’est pas acceptable. Donc il faut une préoccupation d’égalité par rapport à la répartition des ressources, et par rapport à la répartition des sacrifices, parce que la situation de la France est en grande difficulté. Donc c’est un socle, [Jean-Jacques Théodore, qui bout depuis quelques instants : « Madame Royal, il nous reste juste… »] juste un mot, c’est un socle, c’est une base, c’est une boite à outils, mais il y a encore du travail à faire sur le projet, bien évidemment, j’entends ici ou là …

Jean-Jacques Théodore, lui coupant la parole : et le candidat ou la candidate qui sera désigné fera un petit peu son marché là-dedans.

Ségolène Royal : par exemple sur la question de la mondialisation, sur la question de la régulation financière mondiale, il y a encore des propositions à faire, voyez la situation du Portugal…

Les candidats du PS

Jean-Jacques Théodore : il nous reste que 3 minutes, alors je… Un mot quand même sur les candidatures, la vôtre d’abord, euh bon, tout le monde a vu que les sondages décollent pas, tout le monde dit : « Ségolène Royal, c’est la seule qui peut faire perdre la gauche », etc. Euh, bon, vous maintenez votre candidature aujourd’hui ?

Ségolène Royal : c’est agréable ce que vous me dites là ! (suivi d’un rire)

Jean-Jacques Théodore : ben c’est ce qui se dit, c’est ce qu’on dit, vous le savez aussi bien que moi, hein, peut-être même mieux

 

Ségolène 2

Ségolène Royal : mais vous savez très bien aussi que les sondages ne font pas une élection. [Jean-Jacques Théodore : « Toujours aussi déterminée, donc ? »] Ecoutez, les questions de personne seront posées au mois de septembre prochain. Voilà. Donc moi, d’ici là, vous ne m’entendrez pas évoquer les questions de personne, d’abord parce que les Français sont exaspérés de voir les socialistes à nouveau mettre en place je ne sais quelle guerre des égos. La situation de la France est tellement difficile qu’aujourd’hui nous sommes au service du redressement de la France, et pas … en tout cas je parle pour moi…

Jean-Jacques Théodore : d’accord, mais vous êtes toujours dans la course des primaires, vous y êtes toujours dans cette course des primaires, avec François Hollande , avec Dominique Strauss-Kahn, avec Martine Aubry, avec … oui ?

Ségolène Royal : je me refuse aujourd’hui à évoquer la question

Jean-Jacques Théodore : vous ne confirmez pas votre candidature aux primaires ?

Ségolène Royal : je me refuse…écoutez moi bien ce que j’ai à vous dire, parce que je suis une responsable politique qui suis consciente, et notamment je l’ai encore vu lors de ces élections cantonales, on a parlé du taux d’abstention aujourd’hui. Les socialistes viennent de présenter un projet, qui est très important, qui est crédible, qui nécessite encore beaucoup de travail pour répondre à l’ensemble des questions, donc notre priorité, elle est là. Donc ce travail là, il va continuer. Ensuite, il y a un calendrier, la campagne pour les primaires : les dépôts de candidature, la campagne pour les primaires, et la question des personnes sera posée à ce moment-là. [Jean-Jacques Théodore, revenant à la charge : « Mais est-ce que vous êtes toujours déterminée à poser votre candidature, oui ou non ? »] Je vois bien ce que vous voulez me faire dire, je me suis déjà exprimée sur cette question-là, donc je suis désolée de vous décevoir mais vous n’aurez pas de ma part une petite phrase sur la question des personnes et des candidatures. Je vous donne rendez-vous au mois de juin.

Les candidatures de Jean-Louis Borloo et de Nicolas Hulot

Jean-Jacques Théodore : d’accord. Deux mots en 20 secondes sur deux candidatures qui ont été annoncées cette semaine, celle de Jean-Louis Borloo, celle de Nicolas Hulot, ce sont des choses qui vous surprennent pas, ça change un peu le paysage ou pas ? De votre point de vue ?

Ségolène Royal : alors je vais vous faire une réponse dans la continuité de ce que je viens de vous dire : je ne m’exprime pas sur la question des candidats. Tout dépend sur les noms que vous venez de citer, qu’est-ce qu’ils ont à proposer, qu’est-ce qu’ils ont à proposer, je crois que c’est cela qui est important. Il peut y avoir de bonnes idées, qui peuvent être ensuite reprises ou vers lesquelles on peut ensuite converger, ce qui est important n’est pas les candidatures de tel ou tel, c’est qu’est-ce qu’ils ont à proposer aujourd’hui pour qu’il y ait plus d’égalité, plus de sécurité, et plus d’efficacité dans notre pays.

Jean-Jacques Théodore : d’accord. Merci beaucoup Ségo…

Ségolène offre à Jean-Jacques pour son départ charentaises et cognac

Ségolène Royal, l’interrompant : c’est votre dernière émission, paraît-il ?

Jean-Jacques Théodore : c’est ma dernière émission.

 

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Ségolène Royal : alors j’ai un petit cadeau pour vous, vous ne partirez pas comme ça.

Jean-Jacques Théodore : alors attendez, on va d’abord remercier les téléspectateurs, leur indiquer qu’ils peuvent revoir cette émission sur notre site internet poitou-charentes.france3.fr, et puis je voudrais vous dire aussi que la semaine prochaine, Jérôme Vilain ici-même recevra Jean-Marc de Lacoste-Lareymondie, le patron du Front national dans le Poitou-Charentes

Ségolène Royal : mais vous ne partirez pas sans les charentaises !

Jean-Jacques Théodore : je vois pendant ce temps-là que Madame Royal déballe ses petits cadeaux…

Ségolène Royal, riant : et le cognac, pour le déguster en charentaises, devant les téléspectateurs, c’est important, c’est la valorisation de la Région

Jean-Jacques Théodore : merci beaucoup Madame Royal, et bon courage pour les mois qui viennent. Au revoir.

Ségolène Royal : (riant en même temps) merci.

Ségolène Royal, puis Jean-Jacques Théodore se lèvent et se font la bise.

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