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3 novembre 2011 4 03 /11 /novembre /2011 08:39

 

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DebtOcracy - An 1 après FMI : "Oui à la révolte, non à la misère"

Papandréou a rappelé au "groupe de Francfort" que le peuple grec, qui hurle dans les rues mais est absent des négociations, existe. DebtOcracy, documentaire sorti en avril sur internet, a été vu par 500 000 personnes la première semaine, un million après quelques semaines, et a aujourd’hui dépassé les 2 millions de spectateurs sur internet.

Ah, Debtocracy s’appelle en fait XPEOKPATIA et est un film grec, en grec, réalisé par Katerina Kitidi et Aris Hatzistefanou, ancien de BBC World. Il a été sous-titré en 6 langues européennes en mai, et a depuis été diffusé sur plusieurs chaînes de télévision étrangères, dont le Japon. Ce qui donne une idée de son audience dans une Grèce d’un peu moins de 11 millions d’habitants.

 

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Katerina Kitidi et Aris Hatzistefanou, les 2 co-réalisateurs de DebtOcracy 

Une image et un montage soignés y mettent en valeur des entretiens avec des économistes de gauche, mais aussi des multiples interventions publiques d’hommes politiques et de personnalités de tous bords. Un film qui nous apprend ou rappelle beaucoup de choses en écoutant les langues du continent : grec, français, espagnol, allemand…

Sans surprise, ce film est la vidéo de référence numéro 1 de l'Appel à un audit citoyen de la dette publique lancée il y a quelques jours (voir ici), qui posait dans son texte les questions qui sont au cœur du documentaire.

Le constat est simple : dans la crise grecque et la crise de l’euro, on s’occupe avec zèle des créanciers – le premier "paquet" de 110 milliards d‘euros accordé à la Grèce en mai 2010 a été alloué aux banques à hauteur de 108 milliards souligne DebtOcracymais pas du peuple, la démocratie a oublié son δμοςpour devenir une "detto-cratie".

Ségolène Royal l’avait bien compris, elle qui répète depuis des mois, et le 19 juin encore sur France 3 :

« La vraie question c’est de savoir si ce remède de cheval, qui a déjà été imposé à la Grèce et à d’autres pays a donné des résultats. La réponse est non. […] On voit d’ailleurs les peuples se soulever, puisqu’il y a non seulement une crise économique, mais aussi une crise sociale, et maintenant la crise politique dans les pays. […] Qu’est-ce qu’il faut faire dans l’immédiat ? […] C’est d’abord, premièrement, moraliser le capitalisme financier », faire la réforme bancaire, taxer les transactions financières, permettre à l’Europe d’emprunter sur les marchés en se passant des banques, et interdire la spéculation sur la dette des Etats.

Après un rapide panorama de la situation en Grèce, de l’histoire de la dette dans le pays – très ancienne, depuis la Révolution de 1821 contre l’empire ottoman, mais avec une croissance rapide depuis les années 1980, période d’entrée dans l’Europe communautaire, et un ‘cartoon’ made in USA qui retrace l’histoire économique depuis la Guerre, on réalise que la Grèce, dès le départ, comme les autres pays de la "périphérie", n’avait aucune chance.

Aucune chance parce que l’entrée d’un poids-plume sur le ring de l’Union européenne, face au poids-lourd allemand, avec un ‘plan d’accompagnement et d’intégration’ pendant la ‘phase de transition’, ne laissait en réalité aucune chance à la Grèce. Pas d’arbitre, pas de régulateur, pas d’Europe politique, « un canard sans tête », disait il  a quelques mois Ségolène Royal. Pire, la ‘phase de transition’ est devenue une phase de mise au diapason de la mondialisation et a supprimé les "défenses immunitaires" de la Grèce vis-à-vis de l’extérieur.

Car la compétitivité de l’Allemagne est un mythe : DebtOcracy explique : « Les gouvernements allemands ont simplement déclaré la guerre à leurs propres ouvriers et gelé les salaires pendant une décennie. ».

La vice-présidente du parti de gauche radicale Die Linke, Sahra Wagneknecht, souligne : 

« [En Allemagne], ces dernières années, les augmentations nominales de salaires étaient de 7% contre 27% dans la zone euro. Avec une telle différence, c’est logique que les autres pays perdent en compétitivité. Lorsque les salaires baissent dans un pays et montent dans un autre, ne fut-ce qu’un peu, il va de soi que l’économie allemande devient plus compétitive et que les autres pays ne peuvent faire face. Avec l’euro, il n’est plus possible pour les pays de dévaluer leur monnaie. C’est ainsi qu’un mécanisme a été établi qui conduit dès le début exactement aux résultats d’aujourd’hui. »

Et DebtOcracy de comparer la situation de la Grèce vis-à-vis de l’euro à celle, il y a quelques années, de l’Argentine face au néolibéralisme pur sucre du dollar et de Washington : « Le pays vit sa zone euro » explique alors le documentaire. Deux choses à retenir de cette comparaison : il faut absolument lire au sujet de l’Argentine de cette époque l’excellent article de Ségolène Royal : "Ce qu’il faut retenir de la belle histoire de mon amie Cristina Kircher", qui vient d’être réélue (article ici). Et il faut retenir que c’est en hélicoptère que les dirigeants honnis des Argentins s’enfuyaient du pays. Comme Lucio Guttiérez en Equateur. Et comme à la fin du documentaire.

Alors quelle solution ? La réponse était déjà dans l’Appel à un audit citoyen de la dette publique lancé en France il y a quelques jours par un collectif national via Mediapart :

« Cette dette a-t-elle été tout entière contractée dans l'intérêt général, ou bien peut-elle être considérée en partie comme illégitime? »


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Debtocracydéfinit alors la notion, appuyée sur une jurisprudence internationale de 1923 (Arbitrage Grande-Bretagne contre Costa Rica), de "dette odieuse", avec 3 conditions :

1. Le régime du pays a contracté les prêts à l’insu et sans l’assentiment des citoyens du pays.

2. Les prêts ont été gaspillés dans des activités contre les intérêts des citoyens.

3. Le prêteur était au courant de la situation et jouait l’indifférent.

Contrairement à ce qu’on peut penser, cette thèse n’est pas issue du marxisme, ni même de gauche, mais de la nation la plus capitaliste du monde : les Etats-Unis d’Amérique. Pour servir leurs intérêts bien compris, de Cuba en 1898 jusqu’à l’Irak – sans employer alors le terme, par peur de créer une jurisprudence qui pourrait leur nuire – à partir de la ‘libération’ du pays fin 2002.

Le cas de l’Equateur est alors abordé – pays potentiellement riche de ses productions vivrières, de son tourisme, et surtout, de son pétrole – ce blog avait salué l’expérience unique de l‘Equateur moderne du projet Yasuni, pour protéger la biodiversité en n’exploitant pas les 20% des réserves du pays enfouies dans le sol du parc naturel, contre la valorisation des crédits carbones et la mise à contribution des pays occidentaux (article ici).

Un pays « pillé » par les pays du Nord comme le dit Hugo Arias, qui est aujourd’hui le président de la Commission d’audit de la dette de l’Equateur, et plus précisément par ses deux médecins pratiquant la saignée, le FMI et la Banque Mondiale.

Dans les années 1980 et 1900, 50% des recettes pétrolières allaient à la dette, soit 4 milliards d’euros, contre 0,4 milliards à la Santé et 0,8 milliards à l’Education : « Nous assassinions notre peuple. », tranche Hugo Arias.

Entre alors en scène un jeune ministre des Finances, Rafael Correa, formé en Europe et aux Etats-Unis, connaissant bien la Banque Mondiale et le FMI, qui résiste au diktat de la Banque Mondiale et préfère démissionner plutôt que de plier. Immense popularité, et élection à la présidence de la République en 2006. Les cadres de la Banque Mondiale et du FMI sont priés de partir, certains iront en Grèce … « D’abord la vie, ensuite la dette », martèle Rafael Correa. Une Commission d’audit est mise en place et ses travaux sont tous rendus publics, les résultats communiqués au peuple. 70% de la dette est déclarée illégitime et Rafael Correa déclare la cessation de paiement sur cette « dette odieuse ».

La cessation de paiement a un effet bénéfique, alors que les financements ne cessent pas tout à fait, la Chine entrant en scène : les obligations équatoriennes chutent, parfois jusqu’à seulement 20% de leur valeur. L’Etat rachète discrètement 3 milliards de nominal de titres sur le marché pour un quart de sa valeur. Les dépenses sociales augmentent et la vie s’améliore.


D65 GS Sénat


Retour en Grèce. La dette y est entachée de soupçons, entre la dette envers Siemens, qui est englué dans la plus grande affaire de pots de vin d’Allemagne – 1,3 milliards d’euros versés à travers le monde, la dette « cuisinée » (= maquillée) par Goldman Sachs, comparé à un « dealer de crack » par un sénateur américain dans cette histoire, le coût pharaonique des Jeux olympiques de 2004, 9 milliards d’euros, le double de ce qui avait été prévu, sans les recettes en face – les travaux des Jeux ont fait fuir les touristes, le tout aux frais du contribuable grec, ou encore les ventes d’armement français (3 milliards selon Daniel Cohn-Bendit) ou allemand (1 milliard), armement allemand hypocrite car financé par emprunt qui devait être remboursé coûte que coûte pendant que Berlin demandait des baisse de salaire des fonctionnaires, des coupes dans les dépenses sociales et le recul de l’âge de  départ à la retraite. Bien sûr, s’ajoute à cela les agissements des banques, comme Goldman Sachs, conseillant l’Etat grec et spéculant contre lui. Les contrats signés sont-ils légaux ?

Depuis mars 2011, une Commission d’audit de la dette publique a vu le jour, soutenue par des académiciens, des écrivains, des artistes, des syndicalistes, originaires de nombreux pays. Il ne fallait pas que cette Commission d’audit soit une Commission soit une Commission de Sages nommés par le gouvernement, toujours soupçonnés d’être à la solde de ceux auxquels ils doivent leur place. Il fallait que l’initiative vienne du peuple.

Les réalisateurs du film n’envisagent pas de sortie de l’Europe, mais une sortie de l’euro comme il est aujourd’hui, dirigé par un « canard sans tête » à la solde des marchés financiers, livré au libéralisme du « groupe de Francfort » et aux « visiteurs du soir » de l’Elysée, les banques. Ils veulent le départ de la troïka, que le nouvel accord pour ‘sauver’ la Grèce ambitionne d’installer plus durablement encore aux cordons de la bourse à Athènes.

Avec 12% de Grecs soutenant cet accord selon les sondages grecs, le référendum envisagé par le Premier ministre Georges Papandréou semblait voué au ‘non’. Mais le « groupe de Francfort », autour du couple Merkel-Sarkozy, a ‘convoqué’ le Premier ministre grec à Athènes pour qu’il ‘s’explique’. Finalement, le référendum grec aura lieu dans un mois, le 4 décembre, et la question portera sur le maintien ou non de la Grèce dans la zone euro. Georges Papandréou est sur la sellette, autant auprès du peuple que du Parlement et qu’au sein de son gouvernement.

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Dessin de Martin Vidberg (www.martinvidberg.com)

Christian Saint-Etienne, présenté comme un économiste, mais en fait vice-président du groupe Centre et Indépendants au Conseil de Paris (Nouveau Centre + anciens du Modem ralliés), qui est aussi passé au FMI et à l’OCDE, expliquait au JT de France 2 hier soir :

« Il faut quand même se souvenir que nous avons 330 millions d’habitants au sein de la zone euro, il n’y a que 11 millions de Grecs, donc on peut s’interroger sur les quelques 320 milliards de … millions de personnes… »

Une solidarité européenne qui fait chaud au cœur, bâtie sur une rigueur et un néolibéralisme débridé pour tous. « Un canard sans tête » disait Ségolène Royal. Le genre d’animal qui ne va pas bien loin.

Frédérick Moulin

 

Debtocracy International Version par BitsnBytes

 

Transcription par MEAG avec Ségolène Royal / F.M (45 dernières minutes)

 

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« Avec tant de lacrymogènes gratis, plus rien pour l’éducation gratuite. »

Alain Badiou, philosophe : les crises se soldent toujours par des mesures antisociales, antipopulaires, qui peuvent être extrêmement brutales et ça fait partie, naturellement, des moyens, pour le capitalisme, de redresser la situation. Son problème, c’est de les faire accepter, voilà. Son problème, c’est de les faire accepter, en usant … de violence …

À l’occasion du bulletin spécial de tempête économique, la démocratie laisse sa place à la Dettocratie.

« Pauvres ne vous bouffez pas entre vous, bouffez les riches, ils sont mieux nourris. »

Alain Badiou, philosophe : une crise du capitalisme, c’est quand même une énorme destruction de valeur, c’est quand même de la valeur qui part en fumée dans la spéculation financière.

 

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Alain Badiou : "Une crise du capitalisme, c’est quand même une énorme destruction de valeur, c’est quand même de la valeur qui part en fumée dans la spéculation financière"

Donc, cette destruction de valeur, il faut que quelqu’un la paye. Bien, les capitalistes n’ont pas l’intention de la payer eux-mêmes, hein, c’est … on les comprend, d’ailleurs. (Rires) Ils ne sont pas altruistes, ils ne sont pas …

 

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"Pauvres, ne vous bouffez pas entre vous, bouffez les riches, ils sont mieux nourris"

Ceux qui ont provoqué la crise ne sont pas disposés à payer, pourquoi devrions-nous payer, nous ? Dans le passé, des dizaines de pays ont refusé de payer les dettes dont les citoyens n’étaient pas responsables. Le droit international a mis des flèches dans leur carquois. L’une d’elles est la notion de dette odieuse.

L’histoire de la dette odieuse

Notre histoire commence dans les années 1920 avec Alexandre Sack. Ministre de la Russie du Tsar et spécialiste juridique, il est parti après la révolution d’octobre 1917 pour enseigner dans des universités d’Europe et des Etats-Unis d’Amérique.

 

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En 1927, il a présenté une idée géniale : la notion de la dette odieuse.

Pour définir une dette comme odieuse, il a posé 3 conditions :

 

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1. Le régime du pays a contracté les prêts à l’insu et sans l’assentiment des citoyens du pays.

 

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2. Les prêts ont été gaspillés dans des activités contre les intérêts des citoyens.

 

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3. Le prêteur était au courant de la situation et jouait l’indifférent.

L’idée de Sack semble progressiste ou même révolutionnaire. En fait à cette époque elle servait les intérêts d’une puissance naissante : les Etats-Unis d’Amérique.

Cuba

Les Etats-Unis avaient usé du concept de dette odieuse en 1898, quand ils ont gagné leur guerre contre l’Espagne et annexé Cuba. Le problème est qu’avec l’île, ils ont annexé les comptes laissés par le régime colonial espagnol. Et comme l’empire espagnol avait duré quatre siècles, depuis l’époque où Christophe Colomb avait mis le pied en Amérique jusqu’en 1898, la dette était assez importante. Les Etats-Unis, bien sûr, ne comptaient pas payer les pots cassés des régimes précédents.

 

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Ils ont décidé que la dette de Cuba était odieuse, et refusé de la payer.

Le Mexique

Une pareille histoire s’est passée au Mexique quelques décennies plus tôt. Quand l’armée populaire a renversé l’empereur Maximilien Ier, elle a décidé que le dette contractée était odieuse. Maximilien Ier avait emprunté énormément à des taux exorbitants pour affronter les insurrections contre lui. Et comme il devait à ses créanciers, mais beaucoup plus à son peuple, ils l’ont collé au mur et exécuté.

 

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"Mais en fait, une superpuissance naissante était mêlée dans toutes ces renonciations : les Etats-Unis d’Amérique"

La plupart des exemples de dette odieuse du XIXème siècle et du début du XXème semblent concerner des pays sous-développés du continent américain. Mais en fait, une superpuissance naissante était mêlée dans toutes ces renonciations : les Etats-Unis d’Amérique. Et c’est la même superpuissance qui a introduit la notion de dette odieuse au XXIème siècle.

L’Irak

Décembre 2002 : la Maison Blanche se trouve au stade final des préparations pour l’invasion et l’occupation de l’Irak. Mais, avant même l’attaque, les hauts fonctionnaires américains se préparent pour le jour après la chute de Saddam Hussein. Le Département d’Etat sait qu’il va être amené à gérer l’énorme dette publique de l’Irak et pour l’éviter, il va essayer de démontrer qu’il s’agit d’une dette odieuse.

 

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"Le Département d’Etat sait qu’il va être amené à gérer l’énorme dette publique de l’Irak et pour l’éviter, il va essayer de démontrer qu’il s’agit d’une dette odieuse"

Il crée donc un groupe de travail secret. Ce groupe va proposer que le premier gouvernement provisoire déclare une cessation de paiements sous prétexte que le peuple irakien ne peut et ne doit pas payer la dette odieuse du régime.

 

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"Ce groupe va proposer que le premier gouvernement provisoire déclare une cessation de paiements sous prétexte que le peuple irakien ne peut et ne doit pas payer la dette odieuse du régime"

Tout est alors prêt pour l’attaque.

George W. Bush : mes chers concitoyens, à cette heure, les forces américaines et alliées se trouvent au premier stade d’opérations militaires pour désarmer l’Irak, pour libérer son peuple, et pour défendre le monde d’un grand danger qui le menace.

 

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Eric Toussaint, président du Comité pour l'annulation de la dette du Tiers Monde (CADTM) Belgique : rappelez-vous, en 2003 les Etats-Unis, avec leurs alliés, envahissent l’Irak, c’est en mars 2003, et 3 semaines plus tard, le secrétaire au Trésor des Etats-Unis convoque ses collègues du G8 à Washington et leur dit : « La dette de Saddam Hussein est une dette odieuse, le régime de Saddam Hussein est un régime dictatorial, nous devons renoncer à récupérer cette dette odieuse. Le nouveau régime qui va venir en Irak doit être libéré du poids de cette dette. ».

George W. Bush : les opérations militaires majeures en Irak sont terminées. Dans la bataille d’Irak, les Etats-Unis d’Amérique et nos alliés ont prévalu.

 

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"George Bush va confier à l’ex-ministre des Affaires étrangères James Baker le soin de convaincre les pays étrangers que la dette de l’Irak était odieuse"

George Bush va confier à l’ex-ministre des Affaires étrangères James Baker le soin de convaincre les pays étrangers que la dette de l’Irak était odieuse. Celui-ci soutient que Saddam Hussein gaspillait l’argent de son peuple pour construire des palais et acheter des armes. Entre autres, les diplomates américains ont démontré que l’Irak devait des milliards de dollars à la France et à la Russie pour l’achat de missiles Exocet et d’avions de combat Mirage F1 et MIG.

 

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"Les diplomates américains ont démontré que l’Irak devait des milliards de dollars à la France et à la Russie pour l’achat de missiles Exocet et d’avions de combat Mirage F1 et MIG"

En fait, le comportement de Saddam Hussein ne diffère pas tellement de celui de nombreux dirigeants de l’Ouest. Les palais sont pour le monde arabe ce que sont les Jeux olympiques pour nous : une démonstration d’hégémonie économique et géopolitique.

La diplomatie américaine a démontré que a dette de l’Irak est odieuse et que le peuple irakien ne doit pas la payer. Mais du coup, Washington prend conscience d’ouvrir la boîte de Pandore [v.o. : "d’ouvrir les outres d’Eole"]. Pour la première fois au XXIème siècle, la seule superpuissance va légitimer la notion de dette odieuse. Ainsi, ils ont préféré cacher l’affaire et ils l’ont glissée sous le tapis.

 

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Eric Toussaint, président du Comité pour l'annulation de la dette du Tiers Monde (CADTM) Belgique : finalement, les autres pays ont dit : « OK, on supprime 80% de la dette irakienne au sein du Club de Paris, mais », ils ont dit, « s’il vous plaît, n’utilisez pas officiellement la notion de dette odieuse, parce que, si on utilise cette notion, d’autres pays vont faire appel à la jurisprudence ; par exemple, Congo va dire, la dette de Mobutu, il faut pas la rembourser, les Philippines vont dire, la dette du dictateur Marcos, on veut pas la rembourser, l’Afrique du Sud va dire, la dette de l’apartheid, nous ne voulons pas la rembourser. ».

Donc pour éviter une contagion, si vous voulez, une extension de la notion de dette odieuse dans les années 2000, on a pris une solution, une décision ad hoc qui concerne l’Irak. Mais pour nous, c’est clairement la démonstration que la doctrine de la dette odieuse s’applique.

 

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Barack Obama : ce serait une erreur pour l’Irak de continuer de porter les péchés d’un dictateur renversé.

Les Etats-Unis d’Amérique vont continuer d’aider l’Irak à radier ses anciennes obligations. Cependant, à Washington, plus personne ne veut entendre prononcer les mots de dette odieuse.

L’Equateur, Rafael Correa et l’audit de la dette publique

L’Irak a réussi à radier une grande part de sa dette, soutenu par un empire. Mais un autre pays a décidé de se tenir seul sur ses jambes et d’affronter le Fonds Monétaire International et tous ses grands prêteurs banquiers. Il a réussi à démontrer que sa dette était non seulement odieuse mais aussi illégale et anticonstitutionnelle. Bienvenue en Equateur.

Rafael Correa, président de l’Equateur : nous avons des engagements nationaux urgents. On va les satisfaire avant nos engagements internationaux. Au moment opportun, nous les respecterons, mais notre priorité est claire : d’abord la vie et après la dette.

 

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Rafael Correa, président de l'Equateur : "Notre priorité est claire : d'abord la vie et après la dette"

L’Equateur pourrait être un des pays les plus riches de l’Amérique du Sud. À partir du moment où on a découvert du pétrole, le pays n’a connu que dictateurs, pauvreté, accumulation de dettes et assassins financiers.

 

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John Perkins, activiste, ex-assassin financier : "Aux pauvres, il ne restait que l'énorme dette qu'ils ne pouvaient pas payer"

John Perkins – Activiste, ex-assassin financier : mon vrai boulot était les ententes ; de donner des prêts aux autres pays, des prêts énormes, bien supérieurs à ce qu’ils étaient capables de rembourser. Par exemple, je donnais 1 milliard de dollars à l’Indonésie et l’Equateur. Le pays devait donner 90% du prêt à des compagnies américaines pour construire des infrastructures (Halliburton, Bechtel). Les sociétés construisaient des réseaux électriques, des autoroutes, et des ports qui ne servaient qu’aux familles riches. Aux pauvres, il ne restait que l’énorme dette qu’ils ne pouvaient pas payer.

En 1982, le FMI arrive en Equateur avec un Comité des Sages représentant tous les grands créanciers. Le pays est poussé à emprunter de plus en plus pour rembourser ses vieilles obligations.

 

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Hugo Arias, président de la Commission d’audit en Equateur : c’était un pillage permanent de l’Equateur par les pays du Nord. Pour donner un exemple, pendant les années 1980, les années 1990, et jusqu’en 2005, le service de la dette représentait 50% du budget national, soit 3 à 4 milliards de dollars par an.

 

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Seulement 4% du budget allait à la Santé. 4 milliards pour la dette et 0,4 milliard pour la Santé. 4 milliards pour la dette et 0,8 milliard pour l’Education. Nous assassinions noter peuple.

 

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L’Equateur se révolte. Momentanément, ma crise paraît être sous contrôle quand Lucio Guttiérez prend les rênes du pays et promet une politique sociale. Il se présente presque comme un socialiste, mais dès qu’il prend sa charge, il conclut une nouvelle entente avec le FMI et impose de nouvelles mesures d’austérité. Le peuple décide qu’il doit partir avec le même moyen de transport que celui utilisé par les présidents de l’Argentine : l’hélicoptère.

 

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On distingue Lucio Guttiérez s'avançant vers l'hélicoptère sur le toit du palais présidentiel :  "Chute de Guttiérez" titre la chaîne de télévision : "Le peuple décide qu’il doit partir avec le même moyen de transport que celui utilisé par les présidents d’Argentine : l’hélicoptère"

Le vice-président Palacio prend le pouvoir. Il commence avec de bonnes intentions, mais il se soumet rapidement à Washington. Alors le peuple se tourne vers le seul politicien à avoir résisté aux pressions internationales : Rafael Correa.

 

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"Alors le peuple se tourne vers le seul politicien à avoir résisté aux pressions internationales : Rafael Correa"

Una sola vuelta (Chanson)

Au premier tour, Correa,

Au premier tour,

Au premier tour, l’Equateur !

L’espoir triomphe,

Nous sommes un peuple uni

Avance, coalition de l’Equateur.

Lutte pour la justice, lutte pour tes droits,

En avant, Correa, pour l’Equateur !

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Au premier tour, Correa,

Au premier tour,

Au premier tour, l’Equateur !

 

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Rafael Correa à la tribune des Nations Unies à New York

Correa a étudié l’économie en Europe et aux Etats-Unis et il sait comment affronter la Banque Mondiale et le FMI si la volonté politique existe.

 

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"Correa a étudié l’économie en Europe et aux Etats-Unis et il sait comment affronter la Banque Mondiale et le FMI si la volonté politique existe"

Eric Toussaint, président du Comité pour l'annulation de la dette du Tiers Monde (CADTM) Belgique : c’était en 2005, quand il était ministre des Finances, Rafael Correa a dit : « Ce n’est pas normal que le supplément de revenus pétroliers qui arrive dans les caisses du pays reparte entièrement au remboursement de la dette. C’est injuste pour la population. ». Et il a dit : « 80% des revenus pétroliers doivent être destinés à améliorer les dépenses sociales dans l’Education, dans la Santé, dans la création d’emplois. Et seul 20% doit aller dans le remboursement de la dette. ». La Banque Mondiale a dit : « Il n’est pas question que nous continuions à prêter de l’argent à l’Equateur si l’Equateur maintient une telle loi. ». Donc c’était clairement une immixtion de la Banque Mondiale dans les affaires intérieures de l’Equateur. Et ce ministre, Rafael Correa, a dit : « Il n’est pas question que j’accepte, moi, comme ministre, cette imposition de la Banque Mondiale. ». Donc il a préféré démissionner plutôt que de plier devant la Banque Mondiale.


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"Ça l’a rendu extrêmement populaire. Les gens ont dit : « Ah, voilà quelqu’un qui préfère démissionner et perdre son poste de ministre, mais pour défendre la dignité et l’intérêt de la population. »"

Ça l’a rendu extrêmement populaire. Les gens ont dit : « Ah, voilà quelqu’un qui préfère démissionner et perdre son poste de ministre, mais pour défendre la dignité et l’intérêt de la population. ».

Correa a finalement été élu président en 2006. Une de ses premières décisions a été de limoger les représentants de la Banque Mondiale et de demander à ceux du FMI de quitter l’immeuble de la Banque Centrale.

 

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Rafael Correa le soir de son élection en 2006 : "Des cadres du FMI, comme Bob Traa, envoyé par la suite en Grèce, avaient été déclarés "indésirables" par les citoyens de l’Equateur"

Des cadres du FMI, comme Bob Traa, envoyé par la suite en Grèce, avaient été déclarés "indésirables" par les citoyens de l’Equateur.

 

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"Nous nous réservons le droit de faire le nécessaire pour les pertes subies par le pays et de déclarer la dette [avec la Banque Mondiale] illégale"

Rafael Correa : la bureaucratie internationale incapable et malhonnête doit respecter notre pays. Donc nous avons renvoyé le représentant de la Banque Mondiale. Nous nous réservons le droit de faire le nécessaire pour les pertes subies par le pays et de déclarer la dette [avec la Banque Mondiale] illégale.

Six mois plus tard, Correa allait plus loin en satisfaisant la requête des organes sociaux : une Commission d’audit intégral de la dette publique de l’Equateur.

Eric Toussaint, président du Comité pour l'annulation de la dette du Tiers Monde (CADTM) Belgique : moi j’ai été une des personnes désignées par le président Correa pour faire partie de cette commission ; il y avait 18 membres de cette commission, et il y avait aussi 4 organes de l’Etat qui étaient représentés dans cette commission. Et nous étions chargés d’auditer, donc d’analyser tous les contrats qui avaient entraîné l’endettement du pays entre 1976 et 2006. Nous avons travaillé 14 mois, et nous avons analysé les dettes de l’Equateur sous la forme de bons, nous avons analysé les dettes à l’égard du Fonds Monétaire International, de la Banque Mondiale et d’autres organismes internationaux, et nous avons analysé les dette de l’Equateur à l’égard d’autres pays, à l’égard de la France, du Japon, de l’Allemagne, et enfin les dettes intérieures, publiques, de l’Equateur.

 

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Hugo Arias : "La bataille pour l’accès aux éléments de preuve fut terrible"

Hugo Arias, président de la Commission d’audit en Equateur : la bataille pour l’accès aux éléments de preuve fut terrible. Au ministère des Finances, notre collaborateur Alexandro Olmos fils, et moi-même, avons été déclarés persona non grata. Et tous les cadres du ministère des Finances ont envoyé une lettre au ministre pour se plaindre et dénoncer autant ma position que celle d’Olmos, en disant que nous faisions du mal aux employés du ministère. Cela nous faisait rire, mais vous pouvez comprendre nos difficultés du moment qu’on nous accusait d’être les méchants de l’histoire dans ce processus d’audit.

Malgré les obstacles, la Commission a réussi à compléter son œuvre et a constaté qu’une grande partie des dettes n’était pas légitime. Elle a donné ses conclusions à l’Etat, et l’Etat les a données aux citoyens.

 

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Malgré les obstacles, la Commission a réussi à compléter son œuvre et a constaté qu’une grande partie des dettes n’était pas légitime. Elle a donné ses conclusions à l’Etat, et l’Etat les a données aux citoyens. Eric Toussaint : "En fait ce qui était très important au niveau de la Commission d’audit de l’Equateur, c’est que tous nos travaux ont été rendu publics"

Eric Toussaint, président du Comité pour l'annulation de la dette du Tiers Monde (CADTM) Belgique : en fait ce qui était très important au niveau de la Commission d’audit de l’Equateur, c’est que tous nos travaux ont été rendus publics. Donc la population équatorienne a été largement informée de pourquoi la dette qui avait été contractée par le gouvernement antérieur de l’Equateur, notamment au cours de l’année 2000, était une dette frappée d’illégitimité.

Dale Correa Rafael (Chanson)

Frappe-les Rafael Correa,

La patrie revient,

Au Parlement décadent,

Et la bureaucratie qui est une dictature,

Avec les anciens politiciens.

Le pouvoir appartient aux citoyens,

C’est ton frère qui te le dit.

Pour une nouvelle constitution,

Le peuple de l’Equateur,

Frappe-les Correa !

Frappe-les Correa !

Frappe ceux qui croient être les patrons,

Qui nous ont volés et ont rasé le pays.

Frappe-les Correa !

Frappe-les Correa !

Frappe-les Rafael Correa.

 

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"Devant les conclusions de la Commission, le gouvernement a prouvé que la dette est illégitime et a déclaré la cessation de paiement pour 70% de la dette obligataire de l’Equateur"

Devant les conclusions de la Commission, le gouvernement a prouvé que la dette est illégitime et a déclaré la cessation de paiement pour 70% de la dette obligataire de l’Equateur.

 

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Hugo Arias, président de la Commission d’audit en Equateur : les créanciers ont commencé à vendre leurs bon à un niveau très bas, jusqu’à 20% de leur valeur. Le gouvernement a commencé à les acheter en secret ; avec 0,8 milliards de dollars ils ont acheté 3 milliards de dettes. Cette diminution importante a permis l’amélioration des conditions de vie.

 

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Eric Toussaint, président du Comité pour l'annulation de la dette du Tiers Monde (CADTM) Belgique : il faut aussi, dans l’économie faite par l’Equateur, compter les intérêts qu’il aurait fallu payer jusqu’en 2012 ou 2030. Et si on prend tout en compte, ça a été une économie de 7 000 millions, de plus de 7 000 millions de dollars pour l’Equateur, donc une économie très importante pour le pays, ce qui a permis au gouvernement d’augmenter très fortement les dépenses d’Education, de Santé, pour la création d’emplois aussi, pour l’amélioration des infrastructures.

 

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Rafael Correa : l’Equateur n‘est plus à vendre, vous le savez (Sourire)

Retour en Grèce : Siemens ...

En Grèce, historiens, économistes et analystes déversent chaque jour des tonnes d’encre pour expliquer comment faire face à la dette publique. Il existe cependant ne question que peu de gens se posent : le peuple grec doit-il vraiment tout l’argent qu’on lui demande ?

 

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Station du métro berlinois Siemensdamm, au nom de la rue du fondateur de Siemens, Werner von Siemens

Eric Toussaint, président du Comité pour l'annulation de la dette du Tiers Monde (CADTM) Belgique : la dette plus récente de la Grèce, je dirais, c’est une dette frappée d’illégitimité et d’illégalité. Alors quels sont les signes de ça, eh bien quand les autorités d’un pays reçoivent des pots de vin de la part de grandes sociétés transnationales, et c’est le cas de Siemens, qui, avec sa filiale Siemens Hellas, a distribué de l’argent, des pots de vin, à des responsables, à des ministres, à des hauts fonctionnaires depuis plus de 10 ans pour gagner des contrats.

Là, on peut dire qu’il y a clairement une marque d’inégalité et d’illégitimité, et que ces dettes-là doivent être mises en cause, c’est absolument évident pour moi.

 

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"La justice grecque ne s’est pas montrée à la hauteur dans l’affaire Siemens. Elle a prouvé aussi sa lenteur dans d’autres cas d’ententes, dans et sur le dos du peuple, qui augmentent la dette"

La justice grecque ne s’est pas montrée à la hauteur dans l’affaire Siemens. Elle a prouvé aussi sa lenteur dans d’autres cas d’ententes, dans et sur le dos du peuple, qui augmentent la dette.

... Goldman Sachs ...

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"Aide-cuisinier dans cette affaire : encore Goldman Sachs, qui a ainsi gagné des millions avec cet accord"

Avec les swaps de 2001, le gouvernement a largement hypothéqué le futur pour donner une image faussée du présent et le faire apparaître sous un meilleur jour [v.o. : "faire paraître un meilleur présent postiche"]. Il a présenté la dette du pays moins élevée qu’elle n’était réellement en transformant un prêt en yens en un prêt en euros, sur la base d’anciennes valeurs de change. Aide-cuisinier dans cette affaire : encore Goldman Sachs, qui a ainsi gagné des millions avec cet accord.


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"Quand la Grèce s’est mise à l’héroïne des emprunts, Goldman Sachs était le dealer de crack ("crack dealer")"

Mark Kirk, sénateur américain, en commission du Sénat des Etats-Unis : je me sens particulièrement concerné par le rôle des institutions financières, en particulier Goldman Sachs. Quand la Grèce s’est mise à l’héroïne des emprunts, Goldman (Sachs) était le dealer de crack.

 

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Le coup monté marche pendant des années. Et l’élite politique grecque a montré qu’elle sait rémunérer ses alliés. Ils ont réengagé Goldman Sachs comme conseiller, avec les contribuables grecs pour payer la collaboration.

Jean Quatremer, journaliste à Libération : là, Goldman Sachs a conseillé le gouvernement grec, d’une main, et en même temps, de l’autre main, il attaquait le gouvernement grec.

 

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"Le scandale est découvert en 2010. Quelques jours plus tôt, un ex-employé de Goldman Sachs a été nommé chef de l’organisme de gestion de la dette publique grecque"

Le scandale est découvert en 2010. Quelques jours plus tôt, un ex-employé de Goldman Sachs a été nommé chef de l’organisme de gestion de la dette publique grecque.

Jean Quatremer, journaliste à Libération : embaucher quelqu’un qui a été chez Goldman Sachs, pour moi, c’est comme embaucher un criminel pour surveiller votre maison, quelqu’un qui est un braqueur de banque, vous l’embauchez, il va surveiller votre maison. Voilà, c’est la même chose.

 

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Jean Quatremer : "Le risque est quand même plus grand qu’un jour il profite de votre absence pour tout piquer. Et qu’est-ce qui me garantit que ce personnage, passé chez Goldman Sachs, va gérer de façon optimale les affaires grecques ?"

Alors on peut se dire effectivement : il connaît bien les autres braqueurs et il sait comment empêcher qu’on rentre dans votre maison. Mais ça n’a pas … objectivement, on se rend bien compte que ce n’est pas comme ça. Le risque est quand même plus grand qu’un jour il profite de votre absence pour tout piquer. Et qu’est-ce qui me garantit que ce personnage, passé chez Goldman Sachs, va gérer de façon optimale les affaires grecques ?

De nombreux pays accusent la Grèce de ses transactions avec Goldman Sachs. Mais ce sont souvent les mêmes qui utilisent leurs contacts avec les gouvernements grecs pour vendre au mieux pour eux des systèmes de défense.

... les systèmes de défense allemands et français ...

Sahra Wagenknecht, vice-présidente de Die Linke : quand l’Allemagne a négocié son soutien à la Grèce il y a un an, sa condition de base était qu’il n’y aurait pas d’interruption des importations d’équipement allemand.

 

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La Grèce devait faire des économies sur les retraites et la politique sociale, mais pas sur les armes, ce qui montre bien les centres d’intérêts. Le gouvernement allemand est comme le protecteur des intérêts des grandes sociétés d’armement ainsi que des industries qui exportent. Et bien sûr, elles veulent continuer leurs exportations, même pendant la crise.

 

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Daniel Cohn-Bendit, député européen et co-président du groupe Verts/ALE du Parlement Européen : on est quand même hypocrite. Ces derniers mois, la France a vendu 6 frégates à la Grèce pour 2,5 milliards, des hélicoptères pour plus de 400 millions, des Rafales – un Rafale à 100 millions, là, malheureusement, mon espionnage ne m’a pas permis de dire si c’est 10 ou 20 ou 30 Rafales. Ça fait presque 3 milliards. Et puis il y a, l’Allemagne a vendu 6 sous-marins dans les prochaines années, à la Grèce, il y a quelques mois, ça fait 1 milliard.

 

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Daniel Cohn-Bendit : "Mais on est complètement hypocrites ! On leur donne de l’argent pour acheter nos armes !"

Mais on est complètement hypocrites ! On leur donne de l’argent pour acheter nos armes !

Devant l’hypocrisie européenne, des reculs criminels accompagnent des décisions criminelles, toujours sous le couvert de l’intérêt national d’une nouvelle Grand idée qui a laissé des montagnes de dettes.

... les Jeux olympiques d'Athènes en 2004 ...

 

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Georgios Voulgarakis, ministre de l’Ordre public (2004-2006) : nous avons dépensé beaucoup, le double de ce qui a été dépensé à Sydney. Nous connaitrons le coût final bien sûr après la fin des Jeux olympiques [d’été à Athènes de 2004, NdlR]

Journaliste américaine, le Capitole de Washington en arrière plan : vous avez mentionné 1,2 milliards de dollars. D’où vient cet argent ?

Georgios Voulgarakis : nous avons de l’argent.

Journaliste américaine : est-ce que c’est de l’argent grec ou vient-il du Comité olympique, ou une part vient-elle des Etats-Unis ?

 

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Georgios Voulgarakis : non, je parle d’argent grec. Peut-être parle-t-on plus d’argent que ce que nous pouvons supporter. Et cela concerne uniquement la sécurité.

-o-

Eric Toussaint, président du Comité pour l'annulation de la dette du Tiers Monde (CADTM) Belgique : on a fait des dépenses somptueuses, tout à fait exagérées, payées par la population grecque parce que pour rembourser les dettes qu’on a contractées pour réaliser ces Jeux olympiques, bien évidemment on utilise une grande partie des impôts payés par les citoyens grecs pour rembourser cette dette. Il est tout à fait normal que les citoyens grecs demandent qu’on fasse une analyse très claire de pourquoi le budget des Jeux olympiques a explosé, à quoi les dépenses ont servi.

Les Jeux olympiques et les rapports corrompus avec des sociétés comme Siemens ou Goldman Sachs représentent la partie émergée de l’iceberg d’ententes qui se concluaient aux dépens des citoyens. Mais il existe d’autres questions beaucoup plus importantes qui ne concernent pas seulement la Grèce mais aussi d’autres pays de la périphérie européenne.

 

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Costas Lapavistas : "Est-ce qu’il existe des problèmes de légalité en ce qui concerne les banques qui ont joué un rôle essentiel, que ce soit au marché primaire ou au marché secondaire pour l’émission de ces obligations ? Quelles sont ces banques ?"

Costas Lapavistas, professeur d’économie (SOAS, Londres) : est-ce que les règles qui s’appliquent pour l’émission d’obligations ont été suivies ? Est-ce qu’il existe des problèmes de légalité en ce qui concerne les banques qui ont joué un rôle essentiel, que ce soit au marché primaire [=émissions d’obligations] ou au marché secondaire [=gestion du marché organisé d’achats/ventes d’obligations déjà émises] pour l’émission de ces obligations ? Quelles sont ces banques ? Comment ont-elles été rémunérées ? Sous quelles conditions est-ce qu’elles ont participé à ce processus ?

 

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Sahra Wagenknecht, vice-présidente de Die Linke : une grande partie des dette nationales dans la zone euro ne sont pas légitimes, parce qu’elles ont été crées par une politique tenue contre les intérêts du peuple. Pour cette raison, les citoyens ne doivent pas payer ces dettes.

L’exemple de l’Equateur nous a montré que tous ces contrats illégaux ou odieux peuvent être découverts après la création d’une Commission d’audit.

Manolis Glezos, figure historique de la résistance aux nazis et de la gauche grecque : pourquoi ne nous dit-on pas clairement quelle est cette dette ? À combien elle s’élève et comment elle a été créée ? Et où et à qui doit-on ? C’est pour cette raison qu’il est besoin d’un contrôle comptable pour déterminer exactement ce qu’est cette dette. Il faut connaître et refuser toutes les fausses justifications du gouvernement et des sociétés qui ont mis la main sur l’argent du peuple, et aussi des perroquets bien payés pour chanter les louanges du gouvernement.

Une Commission d'audit grecque de la dette publique

Qui cependant va créer cette Commission d’audit ? Et surtout comment s’assurer que ce ne sera pas encore une Commission d’examen du Parlement, composée de ces mêmes personnes qui nous ont mis dans cette situation ?

 

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Costas Lapavistas : "La Commission de contrôle comptable ne doit pas être une Commission de Sages, car [...] formée par le gouvernement, [...] elle risque d’être une marionnette, un simple porte-parole"

Costas Lapavistas, professeur d’économie (SOAS, Londres) : la Commission de contrôle comptable ne doit pas être une Commission de Sages, car s’il se crée une Commission de Sages formée par le gouvernement, même s’ils invitent des personnes de l’étranger, même s’ils nomment des experts, elle risque d’être une marionnette, un simple porte-parole.

 

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Commission d'audit de la dette publique - Hugo Arias : "Le seul ayant le pouvoir et le droit d’exiger un contrôle d’audit, c’est le peuple qui souffre des conséquences"

Hugo Arias, président de la Commission d’audit en Equateur : le seul ayant le pouvoir et le droit d’exiger un contrôle d’audit, c’est le peuple qui souffre des conséquences. Il est important que soient sensibilisés toute la population et tous les organes sociaux, qu’ils sortent dans la rue pour exiger ce contrôle.

Eric Toussaint, président du Comité pour l'annulation de la dette du Tiers Monde (CADTM) Belgique : dans la situation grecque, effectivement, comme le parti de la Nouvelle Démocratie ou le PASOK ont bénéficié eux-mêmes d’avantages en endettant le pays depuis une quinzaine d’années, il est certain que ces partis voient très mal l’idée de faire un audit, parce que leur responsabilité va être démontrée aux yeux de l’opinion publique.

Donc ce qui doit se passer, c’est que l’opinion publique grecque doit se mobiliser, des organisations doivent aussi se mobiliser, des syndicats, la magistrature grecque, des intellectuels, des artistes. Les gens doivent faire connaître leur avis et faire monter la pression sur le pouvoir politique.

 

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"Depuis début mars, un groupe de personnes de tous les horizons politiques et sociaux a pris l’initiative de la création d’une Commission d’audit en Grèce"

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Depuis début mars, un groupe de personnes de tous les horizons politiques et sociaux a pris l’initiative de la création d’une Commission d’audit en Grèce. Académiciens, écrivains, artistes, syndicalistes originaires de nombreux pays se sont pressés pour soutenir cette initiative. La Commission d’audit va évaluer quelles parties de la dette sont odieuses ou illégales et devra démontrer que, sur la base de la jurisprudence grecque et internationale, le peuple grec n’a aucune obligation de les payer.

Cependant, la décision en soi est politique et non pas économique. Même si la dette était légale, aucun gouvernement n’a le droit d’assassiner ses citoyens pour satisfaire ses créanciers.

Costas Lapavistas, professeur d’économie (SOAS, Londres) : même si toute la dette grecque des 350 milliards s’avérait légale, ce qui ne sera pas prouvé, la Grèce ne peut pas en supporter le poids, donc elle doit être radiée. Si pour les besoins de la dette, sa confirmation entraîne et ordonne la dissolution des hôpitaux, de l’éducation, des routes, alors la dette sur une base sociale ne peut pas être confirmée.

 

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David Harvey, scientifique social : ce qu’en fait a signé le gouvernement, c’est qu’il va faire défaut … aux citoyens. Je ne comprends pas comment un gouvernement socialiste, élu démocratiquement, peut se retourner contre ses électeurs et dire qu’il va cesser de les payer au lieu de cesser de payer les institutions financières créancières.

 

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Gérard Duménil, économiste : la seule option des décades à venir est de ne pas payer cette dette qui se base sur les théories du néolibéralisme. Et l’œuvre néolibérale était un crime contre l’humanité.

 

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Samir Amin : "Personne n’a l’obligation de payer sa dette, parce que cette dette a été accumulée à travers un fonctionnement vicieux des marchés financiers"

Samir Amin, économiste : personne n’a l’obligation de payer sa dette, parce que cette dette a été accumulée à travers un fonctionnement vicieux des marchés financiers.

Eric Toussaint, président du Comité pour l'annulation de la dette du Tiers Monde (CADTM) Belgique : il est immoral de payer une dette immorale.

La création d’une Commission d’audit n’est en soi qu’une arme de valeur dans une bataille globale. Un bataille qui se livrera avec des règles classiques avec lesquelles se livrent les batailles depuis des siècles. Sans cette bataille, autant de fois que nous radierons la dette, nous la verrons renaître de ses cendres.

 

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Costas Lapavistas : "La dette est en elle-même une lutte des classes"

Costas Lapavistas, professeur d’économie (SOAS, Londres) : il se formera donc un champ de lutte idéologique, politique, une lutte des classes. La dette est en elle-même une lutte des classes.

Eric Toussaint, président du Comité pour l'annulation de la dette du Tiers Monde (CADTM) Belgique : n’ayez surtout pas peur, en tant que Grecs, de revendiquer vos droits dans l’Union Européenne et par rapport au gouvernement grec. C’est fondamental, c’est en se battant qu’on fait respecter ses droits et ce n’est pas en se soumettant au diktat des créanciers.

 

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Eric Toussaint : "Regardez la Tunisie, regardez l’Egypte, c’est quand une population se met en action qu’elle peut réellement changer la situation"

Regardez la Tunisie, regardez l’Egypte, c’est quand une population se met en action qu’elle peut réellement changer la situation.

Manolis Glezos, figure historique de la résistance aux nazis et de la gauche grecque : délestons-nous du joug, délivrons-nous du FMI, délivrons-nous de la BCE, délivrons-nous en général de la troïka, qui est l’esclavage économique de la Grèce.

Georges Papandréou, Premier ministre : c’est le moment critique. Allons-y …

 

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Published by Militants de l'Espoir à gauche - dans Actualité internationale
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jocegaly 05/11/2011 19:11



Pour info: (extrait d'article)



2009 - UN DUR CONSTAT



A peine élu, en octobre, le gouvernement socialiste grec découvre la réalité des finances publiques. Alors que la droite affichait un déficit officiel à 6 % du PIB, le premier ministre Georges Papandréou révèle qu'il atteint 12,7 %. Malgré ces chiffres alarmants, il maintient son plan
de relance de 2,5 milliards d'euros et renvoie à 2011 la lutte contre les déficits.


Mais la confiance des investisseurs est ébranlée. En décembre, les agences de notation internationales baissent successivement leur note de la dette grecque, ce qui renchérit les taux d'intérêts
auxquels Athènes peut emprunter. Georges Papandréou présente alors un plan de
rigueur pour retourner sous les 3 % de
déficit avant 2013,  incluant une baisse les frais de fonctionnement de l'Etat, un gel des recrutements et des salaires des fonctionnaires et une hausse de la fiscalité. "Il faut
prendre en trois mois des décisions qui
n'ont pas été prises depuis dix ans", relève-t-il. 


 


L'article: http://blogdejocelyne.canalblog.com/archives/grece/index.html 



jocegaly 03/11/2011 14:47



Cher Pierre, les "empapaoutés" sont les grecs: par leur gouvernement de droite qui a protégé les terres (innombrables) de leur église, qui a couvert les évasions fiscales, qui a produit des
comptes falsifiés avant l'arrivée de Papandréou. Bref, qui a vendu le pays du peuple grec. Les empapaoutés sont aussi les abrutis qui boivent comme du petit lait les mensonges destinés aux obtus
qui y prêtent foi.



jocegaly 03/11/2011 13:02



Au fait, à propos d'actu... c'est bien hier, qu'une femme à la rue, a accouché dans la rue, et que le bébé est mort? Ou bien c'était avant hier? en France? ...



jocegaly 03/11/2011 12:58



... et un petit additif pour ceux qui stigmatisent Papandréou: se renseigner sur les mensonges laissés en héritage à Papandréou, et lire ceci: 
http://blogdejocelyne.canalblog.com/archives/2011/11/03/22566221.html 


Daniel Cohn-Bendit, co-président du groupe des Verts au Parlement européen, a estimé ce matin sur France Inter que la tenue d'un référendum était la seule solution
pour provoquer "un électrochoc dans la société grecque". "Je ne vois pas d'autres solutions (que le référendum, ndlr) pour l'instant pour faire un électrochoc dans la société grecque", a déclaré
Cohn-Bendit, qui s'est entretenu au téléphone avec le premier ministre
grec Georges Papandréou  hier soir.

"Papandréou est lucide, il dit c'est difficile mais je n'ai pas d'autres possibilité d'aider les Grecs à sortir de leurs
contradictions", a-t-il raconté, "c'est une société qui a fui les responsabilités depuis des dizaines d'années, qui a accepté toutes les magouilles des forces politiques de droite ou de gauche,
même de son propre parti (le Pasok)". Ce référendum,
qui pourrait se tenir début décembre, est "existentiel pour les Grecs, on leur demande une maturité politique difficile", a estimé l'eurodéputé EELV, qui pense que "beaucoup vont fuir et ne pas
aller voter".

Il a souligné le "sens démocratique" de Papandréou "de dire je ne peux pas continuer comme ça, contre une opposition qui ment, contre une guerre civile latente". A
cet égard, le leader écologiste a regretté que ni Angela Merkel ni Nicolas Sarkozy n'aient parlé au chef de l'opposition grecque "qui fait partie du Parti
populaire européen, dans le même groupe que l'UMP, et qui refuse le plan" de sauvetage de son pays.

Il a enfin souligné le comportement "malpoli" et "incivil" de "Merkozy" (contraction de Merkel et Sarkozy) mercredi à Cannes vis à vis de Papandréou: "faire
attendre un chef d'Etat en difficulté pendant deux heures devant la porte, faire une conférence de presse sans lui, vraiment ça montre qu'il y a un manque de solidarité européenne", c'est la
"mauvaise éducation des grands contre les petits".


 



jocegaly 03/11/2011 12:56



Une analyse globale, historique , contextualisée, et systémique de JM Quatrepoint à l'idhen:   vimeo.com/30857313     ... pour comprendre les mécanismes qui se
jouent autour de la Chine, et de ... la "petite Chine" (l'allemagne). Extêmement instructif...

BALISAGE de cette vidéo (jocegaly):


07.36   John Adams: « il y a deux manières de conquérir une nation , l'une par l'épée, l'autre par la dette»
             Lénine :« les capitalistes nous vendrons jusqu'à la corde pour nous prendre »


11. 30  les perdants et les gagnants : la Chine et l'Allemagne. La crise est un gigantesque transfert de richesses à partir de l'effondrement du communisme,  et de la
globalisation


15. 10  la guerre de l'opium et la Chine


17. 30 la Chine capitaliste, communiste, les nationalistes


19. 10   Chine, États-Unis, Europe... On est délocalisation. Explosion des profits des multinationales, et leur alliance avec la Chine.


24. 13   le déficit et le (faux) raisonnement de Pascal Lamy (OMC)


26. 40   le "scaling" : maîtrise du savoir-faire et sous traitement de la mise en forme de l'innovation


28. 10  vers de 2000 - 2001deux. Entrée de la Chine dans l'OMC et 11 septembre qui ont entraîné les guerres à crédit


30. 19  envolée des dettes publiques. Les multinationales dégraissent et délocalisent. La Chine accroît ses parts de marché


33. 20  les naïves délocalisations: «politique de gribouille »


35. 40  la Chine cherche des points d'entrée dans le monde pour s'assurer des débouchés. Elle sécurise des ports (le Pirée, dans le continent africain et ici à
Châteauroux», elle les finance et les développe.


36. 37  la stratégie de la Chine sur ses matières premières, par exemple les "terres rares". (Elle contrôle 95 % de cette production et et la
garde: elle préfère vendre des produits à valeur ajoutée)


38. 55  le quadruple dumping de la Chine : monétaire... social... environnemental... et sur le capital


41. 23   la mondialisation est une utopie


42. 12  la petite Chine (Allemagne) a développé depuis 2000 une stratégie efficace :délocaliser, mais à proximité de l'Allemagne, dans les pays les plus
proches...
l'Allemagne est tentée aujourd'hui de considérer l'Europe comme un boulet


55. 10  les USA, Obama, et les multinationales : Ex l'histoire de la taxe Holiday


57. 10  la course de la Chine vers l'étranger : elle achète des dettes ... et pas de réévaluation du yuan en vue


59. 23  Singapour va se substituer aux banques suisses, Hong Kong à la City, Shanghai à Wall Street


01. 01. 00  que faire ? Relocaliser, et une reprise en main de la finance. À noter qu'en ce moment le mouvement «OCCUPY WALL STREET » est très
important


01. 05. 10  Questions.... Débat  consécutif à la conférence...


 



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