Militants de l'Espoir à gauche réunit toutes celles et tous ceux qui soutiennent la ligne politique de Ségolène Royal pour une gauche démocratique, sociale, et écologique.
Georges Papandréou et Ségolène Royal au Monténégro en juin 2009 (Stéphane Lemouton/Abaca)
À l’invitation de Georges Papandréou, premier ministre de Grèce depuis octobre 2009 après 5 années où la Grèce a été gouvernée par la droite, Ségolène Royal participe, du 12 au 15 juillet 2010, au 13ème Symposium de Symi sur l’île de Poros. Les Symposiums de Symi ont été créés à l’initiative de Georges Andréas Papandréou en 1998. Pour donner aux participants la possibilité de participer aux travaux loin des contraintes de leurs activités professionnelles, ils se tiennent chaque été dans une île ou une station balnéaire grecque différente ; le premier Symposium tenu dans l’île de Symi ayant donné son nom à ces rencontres.
Les Symposiums de Symi rassemblent des personnalités politiques et universitaires, des intellectuels, des personnalités engagées, et des leaders d’opinion du monde entier, dans un seul but : développer des solutions innovantes et progressistes pour répondre aux défis mondiaux.
Vidéo de présentation des Symposiums de Symi (images d'archive)
M. Papandréou a souligné que la Grèce sera cette année au centre des travaux du symposium ; il a souligné que l’objectif du gouvernement grec est de changer tout ce qui n’a pas changé depuis des décennies lors de l’ouverture du symposium lundi.
Selon le premier ministre grec, la situation actuelle provient d’une « escroquerie » du système financier et de l’impuissance des responsables politiques à le contrôler, d’où l’urgence de « faire quelque chose pour ne pas être les subalternes du marché ».
M. Papandréou a précisé que la distribution des richesses doit s’associer à un renforcement des contrôles institutionnels et de la transparence, relevant que la taxe sur les transactions financières est discutée à l’heure actuelle au plan international, et que l’Internationale Socialiste est prête à soutenir cette initiative pour permettre aux Etats de réaliser des investissements.
Le premier ministre grec a nié que l’Etat-providence soit responsable de la crise et a soutenu au contraire que la compétitivité peut aller de pair avec un Etat social organisé.
23 personnalités internationales participent au 13ème Symposium de Symi à Poros, dont :
-Ségolène Royal ;
-Joseph Stiglitz, prix Nobel d’économie 2001 ;
-Catherine Ashton, Haut représentant de l’Union Européenne pour les affaires étrangères et la politique de sécurité ;
-Toomas Ilves, président de l’Estonie, l’Estonie devant intégrer la zone euro en 2011, et étant un des premiers pays du monde dans l’innovation et les nouvelles technologies (« l’e-Stonie » est le berceau de Skype et de Kazaa) ;
-James K. Galbraith, économiste hétérodoxe américain proche de l’aile gauche du parti démocrate ;
-Gerd Leipold, président de Greenpeace International jusqu’en 2009 ;
-Cem Özdemir, co-président des Verts allemands, élu au Bundestag en 1994 et un des deux premiers parlementaires allemands d’origine turque ;
-Kemal Dervis, économiste et homme politique turc, administrateur des Nations Unies pour le développement de 2005 à 2009 ;
-le ministre adjoint grec à l’Education ; les ministres grecs du Tourisme, de l’Economie , des Finances, et de l’Energie, de l’Environnement et du Changement Climatique.
Ségolène Royal au Symposium de Symi à Skiathos en 2009
Ségolène Royal apparaît dès la page d’accueil du symposium, dans la rubrique Témoignages (« Testimonials ») :
« Je dois souligner qu’il est vraiment rare de voir de grands dirigeants politiques (…) prendre le temps de travailler, dans la situation actuelle, avec une telle ardeur et une telle humilité. »
Lundi, Le Monde publiait une chronique laudative de Reuters Breakingviews sur les travaux d’ampleur que Georges Papandréou est en train de mener en Grèce :
« La Grèce est désormais le bon élève de la classe européenne ».
F.M.
Sources : www.symisymposium.org, Athens News Agency (ANA)/Macedonian Press Agency (MPA) – lundi 12 juillet 2010, Wikipédia
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13 juillet 2010
La Grèce est désormais le bon élève de la classe européenne
Le point de vue des chroniqueurs de l'agence économique Reuters Breakingviews
De mémoire récente, aucun autre gouvernement européen n'a tenté ce qu'ils sont en train de faire simultanément : réduire les dépenses publiques, combattre la fraude fiscale, transformer l'appareil d'Etat et réformer l'économie en profondeur, tout en réduisant le déficit budgétaire massivement - une baisse équivalant à 5 % du PIB en l'espace d'un an. On est en Grèce, berceau de la crise de la dette qui frappe l'Europe depuis plus de six mois.
Un rapport publié la semaine dernière par les services de la Commission européenne confirme qu'il y a bien à Athènes un gouvernement fort et déterminé qui prend au sérieux les problèmes du pays, et qui a commencé de montrer qu'il respecte ses promesses. Le pays est loin d'être sorti d'affaire, mais à l'évidence il est gouverné par une équipe qui dit ce qu'elle fait, et qui fait ce qu'elle dit.
Courage de dire la vérité
Tout n'est pas facile pour le gouvernement de Georges Papandréou, le premier ministre, qui a eu le courage de dire d'abord la vérité sur la profondeur des problèmes de son pays, de voir ensuite qu'il n'y aurait pas de solution facile pour les surmonter. Les syndicats grecs appelaient ainsi la semaine dernière à une journée de grève générale - la sixième cette année - la veille du jour où le Parlement votait une loi augmentant l'âge de la retraite, diminuant le montant des pensions et salaires garantis, et réformant le droit du travail pour faciliter embauches et licenciements.
Comme l'indique le rapport de la Commission européenne, il reste des zones à problèmes, notamment l'inflation, la collecte de l'impôt et la réforme de l'appareil statistique. Ce n'est pas surprenant, compte tenu de l'ampleur de la tâche. Le moins qu'on puisse dire est que d'autres gouvernements de l'Union, que les marchés contraignent à la responsabilité budgétaire, ne font pas preuve du même esprit de décision.
Même si la Grèce met en oeuvre jusque dans ses derniers détails son plan de redressement économique, il lui sera peut-être difficile d'éviter une restructuration de sa dette publique, qui devrait atteindre près de 150 % du PIB en 2016. Il en coûte toujours au pays 8 % de plus qu'à l'Allemagne pour s'endetter à dix ans, ce qui montre le scepticisme persistant des marchés. On comprend que les dirigeants de la zone euro n'aient pas envie d'évoquer publiquement cette perspective, compte tenu des incertitudes. Mais si la restructuration devient inévitable dans quelques années, l'autorité acquise par M. Papandréou pendant ces années noires renforcera sérieusement sa crédibilité vis-à-vis de ses créanciers.
Sur Breakingviews.com
Pierre Briançon