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Contribution pour MEAG sur l’écologie et l’énergie

par Thierry Perran, 13ème Est, CFCF

 

Situation énergétique actuelle et défi énergétique pour l’avenir en France

 

Poussé par la commission de l’Union Européenne, la France s’est vu donner l’objectif de faire passer sa consommation globale d’énergies renouvelables à 23 % d'ici 2020. D’ici le 31 mars 2010, la France doit fournir à la commission son plan d’action national pour y arriver. Ce plan doit comprendre les trois secteurs que sont :

L’électricité

Le chauffage et le refroidissement

Les transports

 

La confusion est souvent faite, mais l’objectif de 23% d’énergies renouvelables est à calculer par rapport à la consommation énergétique totale et non par rapport à la production électrique (569,8 TWh en 2007) répartie ainsi :

dont 77,2% soit 439,7 TWh pour l'énergie nucléaire

dont 10,9% soit 61,9 TWh pour l'énergie fossile 

dont 11,2% soit 64,2 TWh pour l'énergie hydraulique (énergie renouvelable)

dont 0,7% soit 4,05 TWh pour l'énergie éolienne (énergie renouvelable)

dont 0,6% soit 3,7 TWh pour le bois, les déchets domestiques et les biogaz (énergie renouvelable)

dont 0,003% soit 0,02 TWh pour l'énergie photovoltaïque (énergie renouvelable)

 

Pour information, la consommation énergétique française en 2007 était de 162,1 Mtep (1 tep (tonne équivalent pétrole) = 11 670 kWh = 41,6 milliards de joule, soit1 Mtep = 1 000 000 tep = 11,67 TWh):

dont 71 Mtep soit 43,8% pour le pétrole

dont 37,3 Mtep soit 23,0% pour l'électricité

dont 35 Mtep soit 21,6% pour le gaz

dont 12,2 Mtep soit 7,5% pour les énergies renouvelables et les déchets

dont 6,6 Mtep soit 4% pour le charbon

 

Ainsi, en 2007, les énergies renouvelables ne représentaient que 13% de la production électrique française (essentiellement grâce à l’énergie hydraulique) alors qu’elles ne pèsent que 7,5% de la consommation énergétique française. On est bien loin des 23% à l’horizon 2020. Pour plus que tripler la part des énergies renouvelables dans notre consommation, il faudra changer de paradigme en aménageant notre sortie du pétrole.

 

Des éoliennes et des panneaux solaires, onéreux et pas si verts que cela

 

Contrairement à ce qu’on pourrait penser à priori, les panneaux solaires contribuent directement à l’émission de gaz à effet serre et leur quantité varie selon la source d’énergie utilisée pour la fabrication des panneaux, sans oublier la grande quantité de gaz industriel, contribuant largement à l’augmentation des émissions de gaz à effet de serre. Cela est en grande partie dû à l’étape de cuisson à haute température pour la fabrication des wafers en silicium. Donc l’énergie photovoltaïque n’est pas aussi propre qu’on pourrait le croire a priori.

 

Concernant les éoliennes, il faut savoir qu’elles ne délivrent leur puissance maximale (dite encore nominale) que dans une fourchette de vitesses de vent assez restreinte. Cela semble peut-être une évidence, mais le vent n'est constant ni en force ni en direction. En conséquence des vents qui sont rarement optimum, la puissance instantanée délivrée est souvent loin du maximum, et surtout varie très rapidement. L'observation montre alors que pour passer de la puissance nominale installée d'une éolienne (en W) à l'énergie fournie sur une année (en W.h) il faut considérer qu’elle tourne à plein régime moins d’un quart du temps, et qu’elle est à l’arrêt le reste du temps.

 

Cela étant dit, ces deux types d’énergie renouvelables partagent également un inconvénient majeur pour fournisseur d’énergie électrique, lui-même contraint de livrer ses kWh à ses clients coûte que coûte. Dame nature reste avant tout imprévisible. Certaines journées sont moins ensoleillées ou ventées que d’autres, et donc les kWh photovoltaïques ou éoliens ne sont pas toujours disponibles. Pour assurer une pleine livraison à ses clients à tous instants, le fournisseur d’électricité est donc obligé de faire appel à des moyens de production complémentaires flexibles en fonction de la météo. Cela induit d’une part un coût supplémentaire, qui n’est pris en compte dans les coûts du kWh solaire ou éolien. Mais d’autre part, le recours à cette flexibilité électrique implique l’utilisation de centrale thermique fonctionnant au gaz, au pétrole ou au charbon. GDF travaille activement à une alternative faisant appel à un réseau de piles à combustible alimenté par des pipelines d’hydrogène sous haute pression, mais voie comporte encore des problématiques de sécurité non résolus, surtout en milieu fortement peuplé

 

Pour un pays comme la France ayant fait le pari de l’énergie nucléaire, un plan massif sur l’énergie éolienne ou solaire signifierait à terme l’essor de l’énergie d’origine fossile (gaz, charbon, pétrole) et donc une augmentation des émissions de gaz à effet de serre (CO2), d’où une pollution indirecte pour l’éolien et le solaire.

 

Le bois, une énergie renouvelable sous-utilisée et sous-estimée

 

A dire vrai, ces deux énergies ne changeront rien au défi énergétique à relever pour la France, tant les niveaux sont faibles. Pour remplir l’objectif de 23% d’énergies renouvelables dans la consommation énergétique française en 2020, le bois est probablement le candidat ayant le plus de potentiel. La France bénéficie de nombreuses forêts et on pourrait coupler l’entretien de ces forêts au bois de chauffage pour l’hiver. On coupe des arbres à un coin, on en replante d’autres à un autre coin, et on se chauffe l’hiver. L’opération généralisée aurait un grand rendement pour un coût carbone quasi-nul, puisque la combustion du bois dégage du CO2 qui est lui-même consommé par photosynthèse au niveau des arbres que l’on vient de planter pour produire de l’oxygène. Il s’agit bien d’entretien des bois et forêts et non de déforestation. Outre les emplois crées, cela permettrait également de se débarrasser des vieux arbres secs, qui sont les premiers à s’enflammer l’été, d’où une notable réduction des hectares de forêts brûlés chaque année.

 

Les économies d’énergies, le véritable vivier

 

L’énergie la moins chère restera toujours celle que l’on n’a pas consommée. La flambée du pétrole en 2008 a montré la tragédie à laquelle on sera potentiellement exposé à l’avenir si rien n’est fait, mais surtout elle a montré comment les comportements pouvaient spontanément évoluer pour diminuer notre consommation en pétrole (covoiturage, conduite routière économe, etc..). La preuve a été faite ! Il est largement possible de réduire notre premier poste de consommation qu’est le pétrole, en mettant en œuvre une ambitieuse politique d’éducation des  mentalités sur les économies d’énergie. Les compteurs  intelligents (smart grids) ont déjà montré que les gens réduisaient de plus de 10% leur consommation, simplement en étant informés. Le politique devrait pousser davantage cette voie, et contrecarrer toutes les velléités d’EDF de facturer aux clients sa basse de consommation !

 

Le politique peut également largement contribuer au respect du cadre de vie. Il faut rappeler que construire des habitations en haute qualité environnementale (grande isolation thermique, chauffage économique, etc..) ne représente qu’un surcoût de 7% par rapport à des habitations, d’où l’idée de renforcer les normes sur les nouvelles constructions, ce qui commence à être fait.

 

Telles seraient les pistes les plus prometteuses à explorer même si on peut comprendre qu’il est plus aisé pour les politiques de communiquer sur l’écologie auprès d’une éolienne et des panneaux solaires.

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