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10 mai 2010 1 10 /05 /mai /2010 17:06

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Mme Kraft (SPD) et M. Rüttgers (CDU) lors des résultats du scrutin en Rhénanie-du-Nord-Westphalie (INA FASSBENDER/REUTERS)

 

Dimanche 9 mai 2010 avait lieu un scrutin régional en Rhénanie-du-Nord-Westphalie, l'état le plus peuplé (18 millions d'habitants, 23% de la population allemande) et le plus puissant d'Allemagne (23% du PIB, 1ère région d'Europe pour le PIB parité pouvour d'achat).

 

Ce scrutin avait fait coulé beaucoup d'encre ses derniers temps, Angela Merkel ayant demandé le report du sommet européen sur la Grèce au lendemain du  scrutin, le 10 mai, pour prendre un minimum de risques électoraux.

 

Le résultat du vote est une sanction nette pour le parti de la chancelière, la CDU, qui, avec 67 sièges, en perd 22 sur 89 dans l'ancienne assemblée. L'allié de la CDU, le FDP (parti pivot du centre) décroche 13 sièges (+2) mais son score de 6,7% n'est que la moitié de celui qui était le sien au Bundestag en 2009 (14,6%). La CDU fait jeu égal avec son principal rival le SPD (34,6% des voix contre 34,5% au SPD), et les 2 partis obtiennent le même nombre de siège.

 

Pour le SPD, c'est le soulagement : il ne perd "que" 7 siège, après une "claque" au Bundestag en 2009 (23% des suffrages). Les grands vainqueurs du scrutin sont les Verts, qui doublent presque leur score de 2005 avec 12,1% des voix, et 23 sièges contre 12 dans l'ancienne assemblée.

 

Le parti de gauche radicale Die Linke fait une percée remarquée, et franchit pour la première fois le seuil de 5% dans un état de l'Ouest de l'Allemagne, avec 5,8% des voix (11 sièges).

 

Au final, bien que de nombreuses alliances soient possibles au sein de l'assemblée régionale de 181 sièges, on s'orienterait vers une alliance SPD/Verts (90 sièges). Mais cette alliance échouerait d'un siège à constituer une majorité. Une alliance avec un troisième partenanire, Die Linke (11 siège), serait alors nécessaire.

 

Cette alliance de gauche entraînerait la perte de la majorité absolue au Bundesrat. Actuellement, la CDU et ses alliés détiennent 37 sièges sur 69 ; les 6 sièges de la Rhénanie-du-Nord-Westphalie passant à gauche, la coalition d'Angela Merkel n'en détiendrait plus que 31 (majorité à 35 sièges). Ce qui impliquerait une "cohabitation" à l'allemande, un sérieux coup de frein à la politique libérale de la chancelière, et, espérons-le, une vision de l'Europe moins frileuse et moins égoïste.

 

F. M.

Sources : Le Monde du mardi 10 mai 2010, Wikipédia

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10 mai 2010 1 10 /05 /mai /2010 10:50

Ségolène Royal et Ariane Mnouchkine au Théatre du Soleil par Ségolène Royal  Contribution de Patrice Marie, metteur en scène. 

 

Pour que la culture soit l’affaire de tous

 

C’est grâce à la gauche que la France occupe aujourd’hui la première place dans le domaine culturel : premier réseau d’équipements culturels, musées rénovés, dispositifs performants d’aides aux artistes, à l’édition, au cinéma, la liste serait longue de nos réussites. L’impulsion de Jack Lang dans les années 80 a été suivie par les collectivités territoriales, qui ont relayé l’élan tout en l’amplifiant : l’idée culturelle s’est durablement imposée en France.

 

Mais qu’en fait-on aujourd’hui ?

 

  • Le démantèlement annoncé de la culture

 

Avec habilité, Nicolas Sarkozy n’a pas pris le milieu culturel de front. Mais en réalité, c’est toute la politique culturelle, construite pierre par pierre depuis des années, qui est menacée. Le ministère de la culture est peu à peu vidé de sa substance. La politique du non remplacement d’un fonctionnaire sur deux qui part à la retraite y fait, dans l’ombre, des ravages, car le ministère de la culture, qui avait doublé ses crédits en 1982, a beaucoup embauché à cette époque, et les départs à la retraite sont nombreux dans ses rangs. La restructuration du ministère fait de celui-ci une administration de gestion, d’où toute idée de projet est évacuée, à tel point qu’il a fallu créer la commission Karmitz pour donner l’illusion qu’on voulait encore innover.

 

Les directions régionales des affaires culturelles se désespèrent des baisses de subventions pour la vie culturelle locale, et de l’absence d’orientations, au point qu’elles craignent leur suppression prochaine. La politique de la ville, l’éducation artistique à l’école, l’éducation populaire sont des secteurs non seulement sinistrés, mais en voie de disparition. Et cela dans l’indifférence générale car ce qui est modeste et local ne se voit pas.

 

Les coups annoncés contre les collectivités territoriales – notamment la suppression de la taxe professionnelle – vont pénaliser de façon massive les acteurs culturels. L’action en faveur du mécénat, pourtant prometteuse, a été stoppée. Et le développement de la pauvreté exclut de plus en plus de personnes de la fréquentation culturelle, jugée, parfois à juste titre, trop chère. 

 

Le démantèlement massif de la culture s’annonce. L’idée du gouvernement est de ne réserver à l’Etat que la culture institutionnelle et de prestige, et de laisser aux collectivités l’action de terrain : sauf que, privées de moyens, celles-ci ne pourront pas prendre le relais.

Et ce serait priver l’Etat de ses responsabilités en matière d’innovation. C’est tout le tissu culturel et artistique local qui risque ainsi de s’effondrer.  

 

Face à une attaque d’une ampleur sans précédent, il s’agit de faire des propositions qui aillent au-delà du seul discours sur l’indispensable restitution des marges de manœuvre financières. Les grands changements espérés après l’ère Sarkozy sont l’occasion de réfléchir à un nouvel élan pour la culture en France.

 

 

  • Ouvrir la culture au plus grand nombre

 

Il est temps d’agir : malgré l’augmentation considérable de l’offre culturelle depuis trente ans, rien n’a vraiment changé en termes de fréquentation : c’est toujours à une minorité de la population (seulement 22% des Français ont une pratique au moins occasionnelle de la culture, par exemple aller au théâtre une fois par an) que profitent les quelques 10 milliards de budgets publics consacrés à la culture.

 

Pourquoi ? Tout simplement parce que les politiques publiques de la culture se préoccupent de l’offre, non de la demande. La question des publics a toujours été une question marginale.

 

Proposer un nouvel élan culturel, c’est réfléchir à la façon dont l’offre culturelle peut profiter à la population dans son ensemble. C’est se demander comment les citoyens peuvent y participer directement, et non seulement comme un public passif, voire comme une clientèle.

 

En période de crise, et pour que la population accepte une augmentation des budgets culturels, il est indispensable de travailler à une culture plus accessible, plus partagée, qui soit l’affaire de tous, en un mot à une culture démocratique. Pour cela, quelques propositions, simples, peu coûteuses, pourront constituer les axes forts d’une politique de la culture réellement participative :

 

  • Redonner à la culture sa dimension sociale

 

Proposition n°1 : systématiser les résidences afin de permettre aux artistes qui le souhaitent de créer en lien avec la population.

                                                                                             

S’impliquer dans des projets avec des artistes confirmés, participer à un processus de création, se « frotter » aux œuvres d’art avec les outils pour les comprendre, de telles activités sont extraordinairement puissantes pour construire chez l’individu la confiance en soi, la sociabilité, la compréhension du monde.

 

Il faut permettre à chacun de s’impliquer dans une démarche culturelle et artistique en multipliant, sur tout le territoire, les occasions de collaboration entre artistes et citoyens, à travers un programme de résidences d’artistes dans les lieux de la cité : centres culturels, écoles, universités, hôpitaux, prisons…

 

Exemple :

Un plasticien, artiste reconnu, réalise des statues monumentales en plâtre. Il s’installe pendant un mois dans le centre culturel d’une petite ville. Il propose aux artisans de la ville qui utilisent le plâtre dans leur travail, de s’associer avec lui. Une équipe d’une dizaine de personnes se forme. L’œuvre se construit peu à peu, les artisans apportent au plasticien leur connaissance du maniement du plâtre, le plasticien reste pleinement l’artiste. Le jour de l’inauguration, les artisans sont fiers du travail accompli, et sont en mesure d’expliquer la démarche de l’artiste, alors que l’œuvre aurait peut-être été rejetée si elle avait été simplement installée dans l’espace public, sans ce travail de médiation. Les artisans sont également mieux reconnus dans leur profession, car les métiers manuels sont souvent dévalorisés. L’artiste, les artisans, la population : tout le monde y gagne.

 

 

  • Valoriser la pratique amateur

 

Proposition n°2 : Doter la pratique amateur d’un vrai statut, et encourager les relations artistiques entre la pratique amateur et la pratique professionnelle.

 

C’est un problème franco-français : la pratique amateur est dévalorisée en France. Elle n’a pas de statut et la frontière entre amateurs et professionnels est floue, ce qui ne favorise pas la collaboration entre les deux secteurs. Pourtant, alors que la fréquentation culturelle stagne, la pratique amateur est en plein essor : nous avons tous, autour de nous, quand ce n’est pas nous-mêmes, des amis qui écrivent, dansent, font de la photo, de la musique, du théâtre…

 

La pratique amateur est un vecteur essentiel d’apprentissage de la sociabilité, et elle constitue aussi un chemin vers la fréquentation des œuvres, à condition que des passerelles existent entre pratique amateur et pratique professionnelle.

 

Le ministère de la culture, qui a axé son action sur le tout professionnel, doit s’intéresser à la pratique amateur, d’abord en lui donnant enfin un statut, ensuite en multipliant les lieux et les moments de relations entre praticiens professionnels et praticiens amateurs, dans le respect de l’identité de chacun.

 

Exemple :

Une compagnie de théâtre professionnelle souhaite monter « Comme il vous plaira » de Shakespeare… dans les Ardennes (la pièce se passe en effet dans cette région). Il faut 20 comédiens : la compagnie ne peut pas les payer tous. Elle décide alors de confier les rôles les plus importants à des professionnels, qu’elle rémunère, et les autres rôles à des amateurs, bénévoles. Le groupe d’amateurs participe ainsi à une expérience théâtrale de haut niveau. Sans le recours aux amateurs, le projet ne pouvait pas se faire : les artistes professionnels sont donc heureux de pouvoir travailler, sans pour autant que le projet artistique soit amoindri.

La pièce est donnée, en plein air pendant l’été, dans la forêt des Ardennes. La population locale vient, nombreuse, assister à un spectacle qu’elle ne serait peut-être pas allé voir dans le théâtre municipal : tout le monde y gagne.

 

 

  • Développer la culture à l’école :

 

Proposition n°3 : Convaincre l’éducation nationale de s’ouvrir enfin à l’éducation artistique, afin que chaque enfant ait reçu une sensibilisation approfondie aux arts et aux pratiques artistiques au cours de sa scolarité.

 

L’éducation artistique à l’école est un serpent de mer : toujours annoncée, jamais réellement mise en place. C’est dommage : c’est un vecteur extraordinaire de développement pour l’enfant, quelle que soit son origine sociale.

 

A condition qu’il ne s’agisse pas d’enseigner la culture comme une matière parmi d’autres, mais bien de permettre à l’enfant de participer concrètement à un projet culturel. Il faut développer sur tout le territoire, et même systématiser, les jumelages entre établissements scolaires et établissements culturels, et développer à grande échelle les résidences d’artistes dans les écoles.

 

 

Exemple :

Une pièce de théâtre est montée au cours de l’année scolaire dans une classe de CM2 d’un établissement culturel d’une banlieue difficile, avec une compagnie professionnelle locale. Parmi les élèves participants, un enfant d’une famille immigrée, mal intégrée. Les résultats scolaires de cet enfant sont mauvais : mais voilà que le jour de la représentation, il est excellent dans son rôle : il est le meilleur ! Pour lui qui ne connaît que l’échec, c’est un vrai moment de réussite, d’autant plus valorisant qu’il s’agit de culture. Il est fondamental, pour un enfant, que le regard que portent sur lui les autres, et qu’il porte sur lui-même, ne soit pas toujours négatif. La pratique artistique est un outil de premier plan pour y parvenir. Et tout le monde y gagne.

 

  • Favoriser la participation des habitants

 

Proposition n°4 : Amener les établissements culturels à ouvrir leurs conseils d’administration aux habitants de la cité, dont certains faisant partie du «non-public.

 

La culture apparaît à beaucoup comme quelque chose « qui n’est pas pour moi » : combien de personnes passent chaque jour devant un musée, un théâtre, sans jamais y entrer, ni même penser à le faire. Il s’agit pourtant d’équipements publics, financés par tous. Il est vrai que les codes utilisés par la plupart des établissements culturels laissent à penser que ceux-ci sont réservés à la couche la plus cultivée de la population. Le résultat est une culture qui risque de fonctionner « entre soi ».

 

Pour casser cela, il faut permettre aux habitants de s’associer de façon concrète et active à la vie des établissements culturels. Il ne s’agit pas d’intervenir sur les choix artistiques : ceux-ci sont de la responsabilité des équipes dirigeantes, dont c’est le métier. Mais les habitants participants peuvent, par leurs conseils, rendre ces équipes plus attentives à l’accueil de leur public réel et potentiel.

 

Ainsi, un panel diversifié d’habitants pourrait siéger au CA des établissements culturels, et être ainsi source de conseils sur la politique à mener, sur l’administration de la structure, sur les stratégies de développement, et sur toutes les questions concernant l’organisation des activités.

 

Exemple :

Le musée d’une ville moyenne constate une fréquentation insuffisante et ne parvient pas à intéresser une grande partie de la population, que l’idée même de musée n’attire pas.

 

Il propose alors à une dizaine de personnes, dont certaines ne sont jamais entrées dans ses locaux, de rejoindre le conseil d’administration. On demande à ces personnes de parcourir le musée et de noter tout ce qui, à leurs yeux, « ne va pas ». Le résultat : une mine d’information pour l’équipe du musée, et l’obligation de tenir compte, dans le mesure du raisonnable bien sûr, des propositions faites. Peu à peu, même le programme d’expositions temporaires évolue : sans perdre en qualité et en innovation, il s’enrichit des remarques et des propositions des habitants. La fréquentation augmente et se diversifie. Tout le monde y gagne.

 

 

  • Développer le mécénat de proximité

 

Proposition n°5 : Développer le mécénat de proximité sur les territoires, en favorisant l’implication des PME dans la vie culturelle locale.

 

Longtemps un thème « de droite », le mécénat commence à se répandre au sein du milieu culturel, encore modestement cependant.

 

Développer davantage le mécénat (des entreprises et des particuliers), c’est ouvrir la culture à un cercle plus large. En pratiquant le mécénat, un établissement culturel crée des liens entre le public, le milieu artistique, le milieu économique et beaucoup d’autres.

 

L’enthousiasme partagé donne une réelle dynamique : l’institution est plus forte, elle est davantage prête à prendre des risques. Un acte de mécénat réussi, c’est un échange qui ne se limite pas à un chèque, mais qui implique une réelle collaboration où les compétences du mécène deviennent bénéfiques pour l’établissement. C’est un véritable outil pour l’ouverture culturelle. C’est aussi, pour l’entreprise, un outil de développement économique.

 

  Exemple :

Un centre d’art tisse un lien avec une banque locale. La banque accorde une aide financière au centre d’art, et bénéficie d’une réduction d’impôt de 60%. Mais elle ne s’arrête pas là. Par des mailings, elle fait connaître à sa clientèle les activités du centre, Elle fait l’acquisition d’œuvres d’art contemporain pour ses locaux. De son côté, le centre d’art propose des activités (visites guidées, ateliers) pour le personnel de la banque et leur famille.

 

Ces opérations contribuent au rayonnement du centre d’art par des effets de relais de notoriété, grâce à la diffusion en réseau hors du champ culturel. Les résultats se traduisent par une augmentation de la fréquentation et une augmentation du rayonnement local, ce qui renforce l’intérêt des décideurs locaux et donc l’attribution de subventions publiques. Les services rendus à la population sont mieux identifiés. Tout le monde y gagne.

 

 

  • Faire de la culture un vecteur d’intégration.

 

Proposition n° 6 : Favoriser l’organisation d’évènements sur le thème des cultures immigrées, associant création contemporaine et expressions traditionnelles, et impliquer les associations d’immigrés dans l’élaboration de leur programmation.

 

Les personnes immigrées ne fréquentent guère nos équipements culturels, car ce qui y est proposé ne leur correspond pas. Pourtant, la culture doit être le lieu de la rencontre, de la curiosité partagée et de la tolérance.

 

Les équipements culturels doivent proposer de façon régulière des programmations susceptibles d’intéresser cette population, et contribuer à faire connaître leurs cultures d’origine.

 

 

 

 

 

 

Exemple :

Une scène nationale, implantée en banlieue parisienne, décide d’organiser un festival africain.

Le noyau dur de la programmation est constitué de productions contemporaines, africaines ou françaises sur l’Afrique, du niveau artistique correspondant aux exigences de ce type d’équipement. Mais à cela s’ajoutent divers événements qui vont donner une image d’ouverture à la manifestation : à l’extérieur du bâtiment, sur le parking, s’organise un marché africain géant. Au café du théâtre, on joue de la musique africaine. Des conférences de géopolitiques sont organisées afin de débattre du contexte politique des pays africains. Pour organiser l’événement, des associations africaines sont sollicitées. Des ateliers de danse africaine sont organisés. Le festival attire des familles africaines qui, jusqu’à présent, n’étaient jamais entrées dans le théâtre, et certaines personnes parmi elles assistent à des spectacles. Tout le monde y gagne.

 

 

 

  • En conclusion (provisoire) : créer un nouvel esprit

 

Ces quelques exemples montrent que la culture, sans se renier, peut avoir une dimension sociale de premier plan, sans pour autant qu’il s’agisse, comme on en brandit souvent la menace, du retour au « socioculturel ».

 

 

L’erreur serait de demander à l’artiste de jouer un rôle social : tel n’est pas notre propos. L’artiste doit rester fondamentalement indépendant de toute instrumentalisation. C’est le responsable culturel, le médiateur, qui a le rôle de créer le lien entre l’art et la population. Beaucoup peut être fait dans cet esprit : c’est un vrai changement de société qui devient alors possible.  

 

 

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9 mai 2010 7 09 /05 /mai /2010 17:58

Danielle Mitterrand se bat pour la santé... de l'eau

Dans son bureau de la Fondation France-Libertés, rue de Milan, à Paris. Photo M. Limoges

Rencontre par MICHEL LIMOGES

Madame Mitterrand, vous avez créé la Fondation France-Libertés en 1986. Quels sont ses objectifs ?

Notre objectif est la défense du droit des peuples à disposer d'eux-mêmes, de leur environnement, de leurs richesses. De toutes leurs richesses : les richesses naturelles, du sol, du sous-sol, et les richesses humaines, le patrimoine, la culture.

 

Pour cela, de quels moyens disposez-vous ?

Notre fondation travaille avec un effectif très réduit : dix salariés et trois bénévoles. Elle peut agir dans le monde entier grâce à un réseau de partenaires importants, tant en France qu'à l'étranger : les Porteurs d'eau au Canada par exemple...

Nous sommes aussi bien représentés en Amérique latine (Brésil, Chili...) en Inde, en Afrique, en Asie.

 

Votre voix est entendue mondialement ?

Oui, notre fondation a obtenu un statut 2 auprès de l'ONU, ce qui nous donne accès périodiquement à la tribune des Nations Unies où nous pouvons évoquer les thématiques qui nous sont chères, par exemple les OGM, la bio-piraterie et l'eau.

 

L'eau ? C'est aujourd'hui le thème numéro un de votre action ?

Oui. L'eau... Le manque d'eau saine est l'un des grands dangers qui menacent aujourd'hui certains peuples, et partant la totalité de l'humanité à terme. Car il n'y a qu'une humanité sur cette planète, tous les peuples sont solidaires.

 

Aujourd'hui la santé de l'eau, si l'on ose dire, est menacée ?

C'est évident. Elle est menacée par la politique économique mondiale. Par la politique industrielle avec les rejets en tous genres dans la nature. Par la politique agricole aussi, avec ses débauches d'engrais et tous les pesticides... Actuellement les fleuves du monde sont très pollués. Les fleuves et rivières de France aussi ; 70 % des rivières et des fleuves de France sont atteints. Et nous ne sommes pas dans le sens d'une amélioration.

 

Quelles solutions préconisez-vous pour inverser cette tendance ?

Il faut d'abord regarder d'où vient le mal.

Pour nous, il vient de la privatisation des services de l'eau. Privatisation signifie recherche de profits avant tout. On ne retrouvera une meilleure qualité de l'eau qu'en déprivatisant, car l'eau n'est pas une marchandise qu'on peut s'approprier; elle appartient à tous, forcément à tous.

 

Quand vous parlez déprivatisation de l'eau, on vous écoute ?

Mais oui. D'abord parce que déprivatiser l'eau n'est pas une idée saugrenue : la ville de Paris le fait. Et puis ensuite, bien des Etats dans le monde se rendent compte que l'accès de tous à l'eau (à l'eau saine, s'entend) est un droit.

 

Et comment comptez-vous faire encore avancer cette idée ?

Par la tchatche ! (superbe sourire) La tchatche, j'y crois. Il y a douze ou quinze ans, quand je parlais de cela, de ce problème de l'eau, peu de gens m'écoutaient, et encore moins m'entendaient.

Quand je faisais, ici ou là, une réunion, il n'y a avait pas un seul élu dans la salle. Aujourd'hui, où que j'aille, je fais des salles pleines.

 

Vous avez une action forte, actuellement, en route ?

Oui. Une grande campagne justement sur la santé de l'eau. La Fondation travaille là-dessus depuis plusieurs mois. Nous voulons sensibiliser les collégiens, les lycéens et les universitaires, et tout le monde en finale bien sûr, sur la nécessité et l'urgence de "sauver" notre eau. Le lancement de cette campagne a été fixé au 5 juin. Je ne peux pas en dire plus pour le moment.

 

Une question, Madame, si vous le permettez, sur François Mitterrand, votre mari. De laquelle de ses décisions de président êtes-vous particulièrement fière ?

L'abolition de la peine de mort, sans aucun doute. Parce que cette décision est la plus importante de ses deux septennats et parce qu'elle est le symbole de l'immense respect de la vie, principe que François plaçait au-dessus de tous les autres principes... La vie... La nature... Il fallait le voir caresser les chênes quand nous nous promenions en forêt.

 

Pour l'abolition de la peine de mort, le président était en avance sur son temps ?

Il était en avance sur bien d'autres points. François, aujourd'hui, ce serait autre chose... Il est venu trente ans trop tôt.

 

Danielle Mitterrand est née le 29 octobre 1924. Mariée en 1944, à 19 ans, avec François Mitterrand, elle sera la « première dame de France » de 1981 à 1995.

Elle a fondé France- Libertés en 1986 dont elle est aujourd'hui présidente et porte-parole . Elle prépare avec cette Fondation, un grand mouvement en faveur de l'eau. Lancement début juin.

Publié dans le journal de Saône-et-Loire le 09/05/2010

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9 mai 2010 7 09 /05 /mai /2010 05:18

 

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Le président Barack Obama en Louisiane le dimanche 2 mai 2010


La marée noire au large des côtes américaines du Golfe du Mexique illustre les carences américaines en écologie sociale. La cohabitation des hommes et de ses activités souvent destructrices (forage et industrie pétrolière, surpêche, …) et d’un écosystème riche et vulnérable montre ses limites. Dans ce dossier, 3 sujets ressortent :

 

-l’explosion de la plate-forme et les conséquences pour l’état de Louisiane et les autres états côtiers du Golfe du Mexique (Mississipi, Alabama, Floride) ;

 

-le rôle du britannique British Petroleum (BP) et de ses partenaires dans le Golfe du Mexique : lobbyisme et capitalisme financier ;

 

-la position inconfortable de l’administration Obama et son action : impact du système institutionnel américain et lobbyisme.

 

 

-oOo-

 

 

Barack Obama empêtré dans une situation embarrassante par le système politique américain

 

 

« Drill, baby, drill » (« Fore, bébé, fore ») : tel était le slogan scandé par les partisans de la candidate républicaine à la vice-présidence, Sarah Palin, lors de la dernière campagne présidentielle. Bien sûr, Barack Obama et son colistier Joe Biden étaient contre, mais tout était dans la nuance : les républicains voulaient développer l’exploitation pétrolière et gazière au maximum partout où c’était possible, tandis qu’Obama n’excluait pas de nouveaux forages s’inscrivant dans une politique énergétique globale.

 

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"La Convention Nationale Démocrate n'était pas la seule convention où un afro-américain a prononcé des phrases des plus mémorables - "Fore, bébé, Fore" - Ancien gouverneur adjoint du Maryland, Michael Steele - Convention Nationale Républicaine - Ai-je fait exprès d'être drôle? Honnêtement? Je passais juste une audition pour le poste de Ministre américain de l'environnement de MacCain."


Car le problème de fond demeure : les Etats-Unis restent marqués par les choix énergétiques qu’ils ont faits au cours des dernières décennies. Actuellement, le pétrole et le gaz fournissent 62,1% de la consommation énergétique américaine ; le charbon 22,4% ; et les énergies renouvelables, hydraulique inclus, seulement 6,7%. Et ce, alors que la démographie augmente les besoins du pays de 0,8% par an.

 

Dans ce cadre, Barack Obama a opté pour un rééquilibrage visant à réduire la part du charbon, plus nocive pour le réchauffement climatique, en faveur d’une relance des forages pétroliers offshore, et du nucléaire civil : les Etats-Unis sont déjà propriétaires du premier parc de centrales nucléaires du monde (104 réacteurs, 99GW), devant la France (59 réacteurs, 63 GW). Ce rééquilibrage a aussi l’avantage de permettre une réduction des importations de pétrole étranger, et donc une moins grande dépendance et une baisse du déficit commercial américain. En 2006, les Etats-Unis étaient encore de loin les premiers importateurs nets de pétrole du monde (12,7 milliards de barils), et les premiers consommateurs (19,4 milliards de barils). Les principaux producteurs et détenteurs de réserves étaient d’abord l’Arabie Saoudite, puis l’Iran, l’Irak et le Koweït, suivis du Venezuela, tous ces pays ayant nationalisé leurs producteurs pétroliers.

 

Les dures réalités des institutions américaines

 

Aux Etats-Unis, la chambre haute, le Sénat, est l’institution considérée comme la plus importante, et comme ayant le plus de pouvoir. Or le 19 janvier 2010, moins d’un mois après le vote en première lecture de la réforme de la santé, le parti démocrate perd un siège dans cette assemblée : celui, emblématique, du sénateur démocrate du Massachusetts Ted Kennedy, mort le 25 août 2009. Et là tout bascule : les démocrates, qui détenaient au Sénat exactement la majorité qualifiée – 60 sièges sur 100 avec l’apport de 2 indépendants – la perdent. Ce qui permet à la minorité républicaine d’envisager de faire de l’obstruction sur tout projet de loi  de Barack Obama, notamment sur les 3 dossiers les plus lourds : la couverture médicale, la réforme financière et la lutte contre les gaz à effet de serre/contre le réchauffement climatique.

 

800px-111th United States Senate Structure.svg

     Parti démocrate (57)       Parti républicain (41)       Indépendant (2)


Dès lors, le président Obama cherche à obtenir l’appui d’un petit groupe de sénateurs républicains, sans que cela heurte frontalement sa propre politique, qui ne remet pas en question la reprise des forage pétroliers offshore.

 

Barack Obama lève le moratoire sur les forages offshore qui s’exerçait depuis plus de 20 ans

 

Le 31 mars 2010, Barack Obama décide de lever le moratoire sur les forages offshore qui s’exerçaient depuis plus de 20 ans. Cette mesure a mécontenté des démocrates, comme le président de la commission sur l’indépendance énergétique et le réchauffement climatique, Ed Markey, et les écologistes : Greenpeace, l’Alliance pour la protection climatique, et le Sierra Club, la plus grande association environnementale américaine (1,4 millions de membres). Mais Obama ne s’en soucie guère, après l’adoption le 24 décembre 2009 au Sénat en première lecture de sa réforme de la santé.

 

Linsdey Graham

Le sénateur républicain pro-business Lindsay Graham et Barack Obama, janvier 2010.

 

D’autant que cette décision est une concession au sénateur républicain Lindsey Graham, responsable des questions énergétiques pour son groupe au Sénat, qui négocie au nom d’un groupe de sénateurs républicains pro-business un compromis susceptible de donner au projet de loi sur le changement climatique une chance de réunir une majorité. Selon Le Monde daté du 2 avril 2010, le chef de la minorité républicaine au Sénat a reconnu dans la décision du 31 mars « un pas dans la bonne direction », et Lindsey Graham « a été encore plus laudatif ».

 

Une trop longue confiance en British Petroleum (BP)

 

Même si l’agence fédérale Minerals Management Service avait relevé plusieurs fuites importantes sur le gisement de la plate-forme Deepwater Horizon (BP) provoquant des pollutions marines de 2002 à 2005, un rapport optimiste lui avait été transmis par BP en 2009, qui n’avait déclenché aucune réaction de la part de l’agence. « Il est improbable qu’un accident de pollution pétrolière en surface ou en profondeur puisse se produire en raison de la distance des côtes et des procédures d’intervention rapides mises en place. » pouvait-on lire dans le rapport de BP.

 

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"Agence fédérale Minerals Management Service - Honnêtement, bébé, tu n'es pas qu'une jolie fille de plus pour moi. Tu es aussi une bureaucrate qu'on corrompt facilement, avec une perspective de plusieurs milliards [de dollars] dans des concessions pétrolières - Toutes les cartes de crédit des principales compagnies pétrolières sont acceptées." (Ed Stein, 2008)


Le 2 avril 2010, 2 jours après la levée du moratoire vieux de plus de 20 ans sur les forages offshore aux Etats-Unis par le président Obama, celui-ci assurait que les plates-formes de forage étaient fiables :« Elles ne provoquent généralement pas de fuites. La technologie est très avancée. ».

 

Le jeudi 22 avril 2010, lorsque la plate-forme Deepwater Horizon coule, le président fait encore confiance à BP. Pendant une semaine, l’administration Obama laisse les coudées franches à BP, même quand le lundi 26 avril BP échoue à fermer les vannes de sécurité à l’aide de robots sous-marins des grandes profondeurs. Le président se contente d’envoyer trois membres de son cabinet sur place. Officiellement, l’administration présidentielle répète : « BP est responsable. BP paiera. ». Pendant ce temps, le pétrole léger échappé, autant que l’Exxon Valdez, évolue, devient plus lourd et se mélange à l’eau de mer pour former une émulsion beaucoup plus difficile à faire disparaître, la « mousse au chocolat ».

 

Au Sénat, l’attention n’est plus focalisée sur la couverture médicale ou le changement climatique : la nouvelle loi sur l’immigration est au centre des préoccupations. Cette nouvelle situation donne la possibilité au président Obama et aux démocrates de rebondir.

 

Jeudi 29 avril 2010, la ministre de l’intérieur déclare l’événement « catastrophe nationale »

 

Jeudi 29 avril, Janet Napolitano, ministre de l’intérieur, déclare la marée noire du au naufrage de la plate-forme Deepwater Horizon « catastrophe nationale » , et l’état d’urgence est déclaré en Louisiane. L’armée se prépare en vue d’une éventuelle intervention.

Le même jour, le sénateur démocrate de Floride Bill Nelson dépose un projet de loi interdisant la mise en œuvre du plan de forages offshore autorisé par la levée du moratoire sur ces forages le 31 mars. Dès le 23 mars, il faisait déjà partie d’un groupe de 10 élus des régions côtières et des Grands Lacs qui avaient alerté le Congrès sur les risques pour la pêche et le tourisme.

 

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Le sénateur de Floride Bill Nelson, un proche de Barack Obama.


Par ailleurs, toujours le 29 avril, 3 sénateurs démocrates, Frank Lautenberg, à nouveau Bill Nelson et Robert Menendez, ont également déposé un projet de loi visant à relever le montant maximum d’indemnisation par les compagnies pétrolières de 75 millions à 10 milliards de dollars. La loi sur le montant maximum de 75 millions de dollars d’indemnisation avait été adoptée en 1990 après le naufrage de l’Exxon Valdez, en 1989, en Alaska : George Bush senior venait d’être élu président, après 8 années de pouvoir de Ronald Reagan.

 

Des positions contrastées face à la marée noire : écologistes et républicains

 

Pendant ce temps, les républicains sont fatalistes : pour eux, l’autonomie énergétique des Etats-Unis entraîne forcément des catastrophes qui ne peuvent être empêchées. Il y a presque trois semaines, 29 mineurs trouvaient la mort dans une mine de charbon en Virginie-Occidentale, mais « personne ne dit qu’il faut arrêter l’extraction du charbon. Depuis l’Exxon Valdez, il y a eu sept autres fuites de tankers encore plus graves. » a précisé le commentateur Gorge Will, sceptique sur le réchauffement climatique.

Les écologistes, eux, et la principale association environnementaliste en tête, le Sierra Club, espèrent au contraire voir Washington revenir sur sa position sur les forages offshore, surtout après le choc dans la population causé par l’ouragan Katrina en 2005.

 

Timide retour de Barack Obama sur la scène à partir du week-end dernier

 

Le dimanche 2 mai, les critiques commençant à monter, Barack Obama s’est rendu en Louisiane. « Le président était sombre », écrit Le Monde. La visite fut modeste, empêchée par une très forte tempête.

 

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Le président Obama à l'embouchure du Mississipi à Venice (Louisiane) le 2 mai 2010 (AFP Saul Loeb)


Lundi 3 mai 2010, Barack Obama, rentré à Washington, a eu une conférence téléphonique avec 51 maires de la région sinistrée pour faire le point.

Le ton est monté d’un cran : le porte-parole de la Maison Blanche, parallèlement aux initiatives des sénateurs américains, notamment sur le relèvement du plafond d’indemnisation des compagnies pétrolières, a assuré que l’administration « maintiendra le pied sur la gorge » de BP.

Le président Obama a envoyé les équipes SWAT (unités d’intervention) pour contrôler les 47 plates-formes du Golfe du Mexique. Et Carol Browner, responsable de l’environnement à la présidence, a mis en relief les nuances de la position d’Obama du 31 mars 2010 : le président a donné son accord à l’extension des zones agréées pour effectuer des forages, mais ce n’est que « le début d’un long processus », nécessitant l’avis d’experts et des consultations ; la marée noire « va certainement être prise en considération ».

« La proposition d’Obama d’autoriser de nouveaux forages en mer est morte » estimait le sénateur démocrate de Floride Bill Nelson après avoir déposé avec des collègues plusieurs projets de loi (relèvement du plafond d’indemnisation, interdiction du plan de levée du moratoire des forages offshore).

 

Le vendredi 7 mai 2010, BP annonçait sur son site que le dôme de confinement de près de 100 tonnes était arrivé sur place. Une fois déposé au fond de la mer, le dôme devra être connecté à un vaisseau en surface pour mesurer l’efficacité de la solution. Le puits de secours dont le forage a commencé dimanche 2 mai 2010 ne devrait être achevé que dans 3 mois selon BP !

 

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Départ du bateau transportant le batardeau contenant le dôme de confinement le 5 mai 2010.


Pendant ce temps, le Sénat a commencé à planifier ses auditions. Le 12 mai, la Commission de l’Energie et du Commerce a prévu d’auditionner le patron de BP America, Lamar McKay, ainsi que celui de Transocean (production et sécurité de la plate-forme), Steven Newman, et de celui de Halliburton (cimentage des appareils de sondage), David Lesar.

 

F. Moulin

 

Sources : Le Monde, éditions datées du 2 avril, du 2 mai, du 4 mai et du 5 mai 2010. Wikipedia. Site www.bp.com. Site www.challenges.fr. Site www.liberation.fr.

 

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8 mai 2010 6 08 /05 /mai /2010 12:08

Ségolène Royal le 28 juin 2008 à la Maison de la chimie (Audrey Cerdan/Rue89).

En novembre, Luc Chatel, ministre de l'Education nationale, avait interdit la distribution du Pass contraception dans les lycées du Poitou-Charentes. Confortée par le préoccupant rapport de l'Igas sur la prévention des grossesses non désirées, Ségolène Royal distribue le Pass aux médecins généralistes.

La présidente de la région Poitou-Charentes a adressé le 24 avril à Nicolas Sarkozy les mille premières signatures d'une pétition exigeant l'autorisation de la distribution du Pass contraception par les infirmières scolaires.

En novembre 2009, le lancement de ce « chéquier », qui donne droit à une première consultation gratuite chez le médecin et à six mois de contraception orale, avait fait des remous. Arguant que « l'Education nationale n'a pas à se substituer au Planning familial », le ministre de l'Education Luc Chatel avait interdit le dispositif.

Le rapport de l'Igas change la donne

Un rapport alarmant de l'Igas (Inspection générale des affaires sociales) sur la prévention, la contraception et l'IVG, rendu public en février, pourrait avoir rendu le terrain plus favorable à la proposition de Ségolène Royal.

L'Igas rapporte des chiffres préoccupants :

« On constate depuis 2002 une progression significative du nombre des IVG chez les mineures dont le taux de recours à l'IVG est passé de 8,9 à 11,5 pour mille [en 2006, ndlr]. »

Le rapport évoque les difficultés d'accès des jeunes à la contraception :

« Ces centres [du Planning familial, ndlr] sont loin d'être accessibles partout et à tout moment : la densité des implantations varie fortement selon les départements et laisse à découvert nombre de territoires ruraux.

[…] Pour les jeunes […], le prix de la consultation médicale constitue un réel problème.

De plus, pour ceux qui n'ont pas de couverture sociale autonome, le remboursement de la consultation entre en conflit avec la confidentialité souhaitée vis-à-vis des parents. »

Pour Marie-Pierre Martinet, secrétaire générale du Planning familial, la publication du rapport a toutes les chances de servir la cause de Ségolène Royal.

« Le rapport de l'Igas a tiré la sonnette d'alarme en pointant les nombreuses insuffisances en terme de prévention et de contraception.

C'est une institution sérieuse. Les politiques seront désormais plus sensibles à ce type de proposition. »

Outre le soutien du Planning familial, et celui d'une des deux principales fédérations de parents d'élèves, Ségolène Royal peut désormais compter sur l'appui de Simone Veil, symbole majeur de la lutte pour les droits des femmes. L'ex-ministre de la Santé, à l'origine de la loi autorisant l'IVG en 1974, a déclaré début mars :

« Les Pass contraception de Ségolène Royal me semblent constituer une initiative intéressante. […] Les adolescentes sont souvent démunies, ce qui est fait à l'école n'est pas suffisant. »

Contourner l'interdiction en distribuant les Pass aux médecins

Décidée à utiliser le dispositif coûte que coûte, Ségolène Royal a décidé de confier son application aux médecins. Chacun des 1 700 généralistes de la région recevra prochainement cinq exemplaires du Pass contraception.

Le 8 mars dernier, lors de la journée de la femme, Ségolène Royal déclarait :

« Nous avons décidé de récupérer les chèques contraception qui sont dans les lycées et de les mettre à disposition des médecins-généralistes en milieu rural et urbain. Nous avons leur accord. »

Philippe Boutin, président de l'Union régionale des médecins libéraux de Poitou-Charentes confirme :

« On ne peut pas être contre le principe ! Mais venir consulter reste un obstacle pour une partie de la population. Le dispositif doit être mis en place dans d'autres structures : au lycée, par exemple ! »

Le Pass contraception pourrait également faire école. Inscrit sur le programme commun du PS lors des élections régionales, il commence à être « copié » plus ou moins fidèlement dans d'autres régions.

En Haute-Normandie, un projet similaire -le Pass prévention-contraception- a été lancé par Charlotte Goujon, une jeune colistière du président Alain Le Vern, lors de la campagne des régionales. Elle ne fait pas partie des élus, mais Charlotte Goujon l'affirme :

« Le Pass verra tout de même le jour à la rentrée prochaine, en espérant que le gouvernement évoluera sur le sujet d'ici-là. »

En Ile-de-France, l'équipe de Jean-Paul Huchon confirme travailler activement sur leur propre Pass contraception. Il fera l'objet d'un rapport et d'un vote le 17 juin lors de la première séance plénière du conseil régional depuis les élections.

Pour prévenir une interdiction, le président de la région a pris les devants, en écrivant aux recteurs des trois académies franciliennes pour obtenir leur accord. Des « solutions alternatives » sont également à l'étude.

Photo : Ségolène Royal le 28 juin 2008 à la Maison de la chimie, lors de la présentation de sa contribution « Combattre et proposer » (Audrey Cerdan/Rue89).

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7 mai 2010 5 07 /05 /mai /2010 19:45

Quand ils sont venus jeter à la rue des familles américaines, je n’ai pas protesté parce que je ne suis pas Américain.

Quand ils sont venus piller la Grèce, je n’ai pas protesté par ce que je ne suis pas Grec.

Quand ils sont venus s’attaquer au Portugal et à l’Espagne, je n’ai pas protesté parce que je ne suis ni Portugais, ni Espagnol.

Et lorsqu’ils sont venus me dépouiller, il n’y avait plus personne pour protester. »


Dans ce contexte de crise internationale provoquée par la montée d’un capitalisme financier sauvage et arrogant, nous avons besoin à la tête de l’Etat d’une personnalité forte qui ne se résignera pas, d'une personnalité qui ira jusqu’au bout.

Nous avons besoin d’idéalisme pour changer ce monde à la dérive, ce monde fou qui jette à la rue des familles, qui plonge dans la misère des peuples alors qu’il n’a jamais autant produit de richesses.

Nous avons besoin de détermination, d’une force de conviction, d’une réelle volonté pour transformer ce monde.

En somme, nous avons besoin d’Elle :

 

«  Entre nos Nations et le monde, l’Europe est aujourd’hui à la croisée des chemins. Or nos peuples n’ont plus guère confiance en elle, et c’est cette confiance qu’il faut rebâtir, sur d’autres bases pour qu’elle ne soit plus regardée comme, au pire la complice du capitalisme sans foi ni loi qui est à l’origine du désastre humain d’aujourd’hui, au moins pire comme une entité lointaine, et peu démocratique…

Je crois profondément que nous pouvons vaincre l’ensauvagement du monde en transformant l’Europe pour en faire un modèle de civilisation…

Oui je crois qu’il faut se battre, donner de la voix, mener le rapport de force jusqu’au bout lorsqu’une situation est parfaitement injuste et qu’elle résulte d’un cynisme absolu de quelques prédateurs financiers. »

Ségolène Royal, discours d’Athènes le 12 mai 2009.


Pour lire l’intégralité du discours d’Athènes :

http://motione.over-blog.com/pages/discours-d-athenes-de-segolene-royal-le-12-mai-2009-3044957.html

 

MARTIN NIEMÖLLER est arrêté en 1937 et envoyé au camp de concentration de Sachsenhausen. Il fut ensuite transféré en 1941 au camp de concentration de Dachau. Libéré du camp par la chute du régime nazi, en 1945 on lui doit ces mots :

 « Quand ils sont venus chercher les communistes, je n’ai pas protesté parce que je ne suis pas communiste.

Quand ils sont venus chercher les Juifs, je n’ai pas protesté parce que je ne suis pas Juif.

Quand ils sont venus chercher les syndicalistes, je n’ai pas protesté parce que je ne suis pas syndicaliste.

Quand ils sont venus chercher les catholiques, je n’ai pas protesté parce que je ne suis pas catholique.

Et lorsqu’ils sont venus me chercher, il n’y avait plus personne pour protester. »

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6 mai 2010 4 06 /05 /mai /2010 22:30

Pour les lecteurs du Nouvelobs.com, de toutes les femmes et hommes politiques, la plus compétente, la plus expérimentée, la plus proche des Français, la plus apte à réformer la France et à réduire les inégalités sociales c'est : Ségolène Royal

 

Consultation : votre candidat pour 2012

Après la victoire de la gauche aux régionales, plus de 1.000 lecteurs du Nouvel Obs et une soixantaine de personnalités ont fait part de leurs choix pour 2012 à l'hebdomadaire. Nouvelobs.com a, dans la foulée, demandé à ses lecteurs ce qu'ils en pensaient. Voici le résultat de cette consultation, qui si elle n'a rien de scientifique, donne une tendance de vos préférences.

 

Le ou la plus compétent(e)

Ségolène Royal, en tête du classement, a, pour nos lecteurs, "un franc-parler qui est celui du peuple." Elle est vue comme "la plus charismatique dirigeante politique de gauche". "Il faut changer la façon de faire la politique : elle seule en est capable", estime un lecteur.

 

Le ou la plus expérimenté(e)


Ségolène Royal apparaît pour nos lecteurs la plus expérimentée à gauche, en particulier en raison de sa première expérience de candidate à la présidence de la République. "Elle a montré qu'elle pouvait gérer sa région et elle a déjà mené une campagne présidentielle avec succès", lit-on dans les commentaires. "Son premier échec l'a excellemment expérimentée pour affronter l'adversité."

 

 

Le ou la plus proche des Français

Ségolène Royal arrive largement en tête pour cette catégorie en particulier grâce à son expérience en Poitou-Charentes et sa défense de la mise en place d'une démocratie participative. "Dans sa région, elle est capable d'écouter, d'être disponible pour les gens, même pour les petites gens. Elle a un parler vrai. Elle connait les problèmes et sait aborder les vraies questions", peut-on lire dans les commentaires à cette question.

 

Le ou la plus apte à réformer la France


"Elle a des idées, n'est pas sectaire et a envie de faire bouger les choses" lit-on à propos de Ségolène Royal. "C'est la seule capable de réformer le pays en faisant participer les citoyens", estime certains lecteurs de l'Obs qui ont répondu à cette consultation.

 

Le ou la plus apte à réduire les inégalités sociales

Ségolène Royal est considérée comme une "partisane de l'équité et de la fraternité" par nos lecteurs qui estiment qu'elle "a fait ses preuves de compétences et de rassemblement autour d'une politique régionale".

 

Votre candidat pour la gauche en 2012

 

Céline Lussato - nouvelobs.com

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5 mai 2010 3 05 /05 /mai /2010 14:37

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Tony Hayward, directeur général de BP (à gauche), et le Responsable des garde-côtes à Houma, Louisiane, mercredi 28 avril 2010. 

 

La marée noire au large des côtes américaines du Golfe du Mexique illustre les carences américaines en écologie sociale. La cohabitation des hommes et de ses activités souvent destructrices (forage et industrie pétrolière, surpêche, …) et d’un écosystème riche et vulnérable montre ses limites. Dans ce dossier, 3 sujets ressortent :

 

-l’explosion de la plate-forme et les conséquences pour l’état de Louisiane et les autres états côtiers du Golfe du Mexique (Mississipi, Alabama, Floride) ;

 

-le rôle du britannique British Petroleum (BP) et de ses partenaires dans le Golfe du Mexique : lobbyisme et capitalisme financier ;

 

-la position inconfortable de l’administration Obama et son action : impact du système institutionnel américain et lobbyisme.

 

 

-oOo-

 

 

British Petroleum (BP) aux Etats-Unis, ou la World Company au pays de l’Oncle Picsou

 

 

Standard Oil

Raffinerie de la Standard Oil en 1899 (Cleveland)

 

Un peu d’histoire. Au début était la Standard Oil, fondée en 1863 par John D. Rockefeller et ses associés. Dès 1868, la Standard Oil était la plus grande entreprise pétrolière du monde. En 1904, la compagnie contrôlait 91% de la production américaine. Suite à un procès pour ses méthodes choquantes, l’état fédéral américain lui intenta un procès, et en 1911 la compagnie fut condamnée à être divisée en 34 sociétés séparées.

Mais cette situation n’était pas faite pour durer : rapidement, 7 compagnies pétrolières contrôlent la majeure partie de la production et de l’exploitation pétrolière mondiale : ce sont les « Sept Sœurs », qui forment un cartel de fait, et contrôlaient encore en 1998 50% de la production mondiale, le solde se partageant entre la Régie russe, la Chine, et une multitude de petites compagnies.

Les Sept Sœurs, qui ont été créées à partir de, ou ont absorbé, certains des 34 morceaux de la Standard Oil, sont aujourd’hui 4, suite à de nombreuses fusions. BP est la troisième, et a son siège à Londres. Son chiffre d’affaires 2009 consolidé était de 240 milliards de dollars, pour un résultat net de 17 milliards de dollars.

 

La World Company après le Roi-Soleil

 

Lord Browne est devenu Directeur Général en 1995 après 29 ans de carrière dans la compagnie. Autoritaire et conflictuel, connu pour sa soif d’un pouvoir absolu, il a été l’un des directeurs généraux les mieux payés du Royaume-Uni ; il était surnommé le « Roi-Soleil ». Il a été à l’origine, en 2007, de la tentative de faire de BP une « green company » (création d’une branche énergie solaire, réduction de 10% des émissions de CO2 à l’horizon 2010).  Il a dû démissionner en mai 2007, suite à la révélation de sa vie privée dans la presse people.

À sa place a été propulsé Tony Hayward, qui a mis en place une direction collégiale et un travail en équipe.

 

Mais M. Hayward, tout comme Lord Browne, n’en a pas moins mené une politique purement capitaliste. La direction générale de BP a cherché à assurer le renouvellement de ses gisements en mettant l’accent sur les forages offshore, dont la part dans la production mondiale a cru de 10% en 1960 à 30% en 2008, à cause des nationalisations décidées depuis les années 1970 (Arabie Saoudite, Koweït, Mexique, Iran, Venezuela, …) :  BP détient des actifs offshore de 37 milliards de dollars (28 milliards d’euros) dans le golfe du Mexique, devant tous ses concurrents. Elle a dépensé des sommes importantes en lobbyisme à Washington pour obtenir la levée du moratoire vieux de 20 ans sur la construction de nouvelles plates-formes offshore. Elle a supprimé 5 000 emplois et jusqu’à 4 niveaux hiérarchiques.En 2009, elle a promis aux actionnaires 3 milliards de livres (3,4 milliards d’euros) d’économies supplémentaires. Le tout pour compenser la stagnation de la production de pétrole, et la baisse des résultats des branches raffinage et distribution.

 

Réductions des coûts et sécurité des installations

 

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Explosion de la plate-forme Deepwater Horizon (avril 2010)

 

M. Hayward a assuré que le budget « sécurité » n’avait pas été touché par les divers plans de réduction des coûts. Cependant, les organisations écologiques et les ONG sont sceptiques sur ce point. En effet, BP n’a pas une conduite exemplaire en matière de sécurité, notamment pour la plate-forme Deepwater Horizon : en 2000, des défauts de fonctionnement ont été découverts pour cette installation ; et entre 2002 et 2005, le gisement de la plate-forme a subi plusieurs fuites importantes selon l’agence fédérale Minerals Management Service, qui administre les concessions pétrolières offshore. Or en 2009 BP écrivait dans son rapport à l’agence fédérale : « Il est improbable qu’un accident de pollution pétrolière en surface puisse se produire en raison de la distance des côtes et des procédures d’intervention rapides mises en place. ».

De manière générale, les fuites ne sont pas exceptionnelles sur les plates-formes offshore américaines, même si elle n’ont jamais l’ampleur de la catastrophe du 22 avril : selon le sénateur démocrate de Floride Ben Nelson, 40 fuites ont eu lieu depuis 1964, totalisant 42 000 gallons (159 000 litres).

Et BP a déjà été pointée du doigts à maintes reprises : explosion de la raffinerie de Texas City en 2005 (15 morts, 800 blessés), pollution de Prudhoe Bay en Alaska (corrosion d’un oléoduc), et critiques surle vieillissement des plates-formes offshore de mer du Nord, en Europe.

 

Connivence avec la finance et lobbyisme politique.

 

La connivence avec la finance est manifeste : Lord Browne, ancien directeur général, est administrateur de Goldman Sachs aujourd’hui ; Peter Sutherland, ex-président de BP, préside Goldman Sachs International. Et les analystes financiers de Goldman Sachs sont les meilleurs analystes du secteur pétrolier… Même la City perçoit bien que Goldman Sachs est juge et partie !

 

Linsdey Graham

Le sénateur républicain pro-business Lindsay Graham et Barack Obama, janvier 2010.


BP fait aussi du lobbyisme à Washington. Le groupe de républicain pro-business au Sénat mené par Lindsey Graham, qui a obtenu fin mars du Président Obama la levée du moratoire sur la construction de nouvelles plates-formes pétrolières contre un vote sur le projet de loi sur le changement climatique, n’est probablement pas sans lien avec les 16 millions de dollars dépensés en lobbyisme à Washington par BP en 2009.

 

BP paiera-t-il, et combien ?

 

Depuis la catastrophe, le 22 avril, l’administration Obama martèle : « BP est responsable, BP paiera. » Dans les faits, BP dépense déjà environ 6 millions de dollars par jour pour trouver et mettre en place des solutions au casse-tête que constitue cette catastrophe. Mais BP traîne un peu des pieds pour encadrer l’aide parfois. Ainsi Connie Moran, maire d’Ocean Springs sur la côte du Mississipi, a dû persévérer pour que les 6 000 nettoyeurs volontaires aient une formation par BP. Désormais la compagnie fournit cette assistance dans tous les comtés.

 

BP a ouvert un bureau et enregistre les plaintes. Mais déjà, les éleveurs de crevettes de Louisiane ont engagé une plainte en collectif contre la compagnie pour réclamer au minimum 5 millions de dollars (3,7 millions d’euros), et au lundi 3 mai, 7 autres plaintes en collectif étaient déposées. Selon les estimations, le coût de la pollution serait compris entre 3 et 12,5 milliards de dollars. Un courtier new-yorkais, Sanford Bernstein & Co, a estimé le montant à plus de 8 milliards de dollars.

 

BP essaie de fait de diviser et de minimiser son risque financier dans cette affaire

 

La compagnie divise et minimise son risque financier depuis toujours. Les acteurs sont divers dans cette affaire, et BP n’est que la figure emblématique qui surnage : BP détient le gisement à 65% seulement, l’américain Anadarko (25%) et le japonais Mitsui (10%) se partageant le reste. La plateforme était louée au suisse Transocean qui assurait la production et la sécurité. Halliburton, qui avait décroché des contrats dans le domaine pétrolier juteux en Irak lors de sa « libération » par les Américains, a cimenté les appareils de sondage. Cameron International et Hydroil ont fourni les obturateurs antiéruption. Selon la loi américaine, BP et ses 2 associés du gisement paieront, et pourront ensuite se retourner contre des tiers.

 

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BP, Anadarko et Mitsui, les 3 propriétaires du gisement de Deepwater Horizon


D’autre part, BP est assuré par une compagnie d’assurance « captive », c’est à dire filiale du groupe BP : officiellement, cette solution a été retenue pour indemniser plus vite les victimes des « accidents » dus à BP.

Enfin, et surtout, une loi américaine adoptée en 1990, après le naufrage de l’Exxon Valdez, prévoit une indemnisation maximum de 75 millions de dollars (57 millions d’euros). La Maison Blanche a assuré que l’administration leur « maintiendra le pied sur la gorge », mais il apparaît que pour l’instant la loi est favorable à BP.

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Le sénateur démocrate du New Jersey Frank Lautenberg (mars 2010).

 

Lundi 3 mai, les sénateurs américains démocrates Frank Lautenberg, Bill Nelson (Floride) et Robert Menendez ont déposé un projet de loi pour relever de 75 millions à 10 milliards de dollars (7,6 milliards d’euros) le plafond des indemnisations dues par les compagnies.

 

Pour faire retomber un peu la pression, BP annonce aujourd’hui sur son site web que le forage d’un puits de secours a commencé dimanche 2 mai à 15h heure locale….

 

F.M.

 

Sources : Le Monde, éditions datées du 2 mai, du 4 mai et du 5 mai 2010. Wikipedia. Site www.bp.com

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5 mai 2010 3 05 /05 /mai /2010 01:56

Interviewé dans France Soir sur la question des retraites, Jean-Louis Bianco a rappelé au quotidien qui s'étonnait du silence de Ségolène Royal, la position de la présidente de la région Poitou-Charentes sur le sujet : pas question de toucher à la retraite à 60 ans et taxation des revenus financiers. Et d'ajouter : "Je sais qu’elle réfléchit sur les retraites, mais elle veille à ne pas apparaître comme une voix divergente. Elle ne veut pas donner l’impression qu’elle divise".h-3-1503229-1240236167.jpg

Effectivement, Ségolène Royal avait abordée la question dans l'émission Bourdin Direct du 1er avril dernier sur BFM TV et RMC dont voici la vidéo (voir à 11min54) :

 


Ségolène Royal (01/04/2010) :"Il ne faut pas toucher à l'âge légal du départ à la retraite qui est à 60 ans. Ca n'a pas de sens d'aller toucher aujourd'hui à des règles auxquelles les français sont très attachés, sans avoir mis d'abord sur la table, la totalité des données d'une véritable réforme du système des retraites.La retraite c'est le patrimoine de ceux qui n'en ont pas. Vous savez combien coûtent les niches fiscales, les aubaines fiscales dont bénéficient les grandes fortunes ? 75 milliards d'euros, on est pas très loin du besoin de financement des retraites. Un pays se réforme si on met sur la table des décisions justes, et si on met sur la table l'ensemble des données, et si on associe les français aux décisions qui doivent être prises. Ce sont les français qui doivent concevoir, avec les responsables politiques en charge de ces questions, le modèle de société dans lequel ils veulent vivre et dans lequel ils veulent élever leurs enfants. Je ne veux pas que des décisions qui concernent des sujets aussi lourds que la réforme du système de retraite (et de la fiscalité) soient confisquées par quelques technocrates qui seront une nouvelle fois en décalage avec l'évolution de la société.".

Une position qui permettrait à Ségolène Royal de marquer des points selon Julien Dray, dans une vidéo qui circule sur le net depuis plusieurs jours. Voir la vidéo (dès les premières secondes) :
Julien Dray (01/04/2010): "Il y en a une que moi je ne sous-estime jamais, contrairement à ce que tout le monde pense. C'est Ségolène. Ce matin, elle a tapé comme une brute sur la question des retraites, et je vais vous dire, elle a marqué des points. Parceque c'est la première qui est arrivée et qui a dit : pas d'augmentation de l'âge de la retraite, pas d'augmentation des côtisations. Elle a tapé. Boum. L'inverse de ce qu'a fait Manuel Valls hier à la tv. Ségolène, ce n'est pas quelqu'un qui est formatée idéologiquement parlant. Elle est empiriquement en phase avec une partie de la société qui souffre, notamment dans les classes populaires". 

Ségolène Royal répondait déjà à Marie Françoise Colombani en 2007 (dans un livre d'entretien "Maintenant", édition Hachette) que "la retraite à 60 ans doit rester un droit" (page 279). Et d'ajouter : "Cela n'empêche pas de laisser davantage de choix aux individus et de réexaminer la retraite couperet qui oblige à tout arrêter d'un coup ou partir alors qu'on aimerait conserver une activité". Toujours sur la question des retraites, dans son livre "Si la gauche veut des idées" (avec Alain Touraine, Editions Grasset, 2008), Ségolène Royal proposait de s'inspirer de la réforme suédoise et proposait déjà toute une série de pistes et de propositions (lire pages 236 à 240).
Alors, Ségolène Royal silencieuse sur les retraites ?
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4 mai 2010 2 04 /05 /mai /2010 22:08

04 mai 2010 


 
Ségolène Royal dénonce un grave recul et appelle le Président de la République à tenir ses promesses car la croissance verte est une nouvelle chance pour la France

 

Le Grenelle 2 est un grave recul par rapport aux promesses faites. Or, la croissance verte constitue le moteur du développement des emplois et de la croissance. La marée noire d’une ampleur inégalée qui commence à souiller les côtes des Etats-Unis et qui est regardée avec inquiétude par le monde entier, donne à l’examen du projet de loi Grenelle 2 une importance encore accrue. Les promesses du Grenelle 1, positif sur les objectifs fixés même s’il ne s’agissait que de rattraper le retard pris par la France par rapport à ses voisins européens, doivent maintenant se concrétiser. Le texte de loi du Grenelle 2 tel qu’il est présenté constitue à ce stade, en plus du retard déjà pris, un rendez-vous manqué avec l’Histoire.

 

                     Sur tous les sujets le Gouvernement recule par rapport aux objectifs affichés : aucun enjeu majeur comme le climat, la préservation des ressources naturelles dont l'eau, les sols, les pollutions et leurs effets sur la santé humaine, le développement des énergies renouvelables, l'habitat économe en énergie, n'échappe au « rabotage » :

- pour l'éolien, toute est fait pour que la dynamique s'arrête et décourage investisseurs, entreprises et collectivités locales (distance minimum 500m par rapport aux habitations, classement Installation Classée Pour l'Environnement, minimum de 15 MegaWatts par site ...) ;

- pour les pesticides, le Grenelle 2 s'éloigne du Plan Ecophyto 2018, adopté en 2008. Dérogations , échéances plus éloignées, délais supplémentaires installent durablement le principe d'une pollution chronique acceptée ;

- dans l'habitat en location, les locataires ne peuvent plus se prévaloir à l'encontre du bailleur des données du Diagnostic de Performance Energétique ; les obligations de performance énergétiques sont en grande partie annulées ou reportées dans des délais de près de 10 ans ;

- pour les collectivités, seules les actions sur leur propre patrimoine donnent lieu à récupération des certificats d'économie d'Energie CEE, limitant leur effet levier, sur les autres actions qu'elles soutiennent ;

- sur l'eau, les abonnés à l'eau potable, c'est à dire les particuliers vont supporter des charges supplémentaires alors que les irrigants intensifs sont encore proportionnellement moins contributeurs.

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