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15 juin 2010 2 15 /06 /juin /2010 21:00

 

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Dessin de Plantu

 

Douze personnalités politiques, syndicales ou associatives se sont rassemblées autour de ce texte sur les retraites : il s'agit principalement d'organisations qui ont participé au Comité Retraites Paris 15ème, auquel Désir d'avenir Paris 15ème participe : ATTAC, la Fondation Copernic, Christiane Marty, féministe et membre du Comité scientifique d'ATTAC, Solidaires, NPA, PG, PCF, Les Verts. La présence de deux membres du PS - Razzy Hammadi et Gérard Filoche - est également à soulignerle PS ne s'étant souvent pas engagé dans les Comités Retraites des arrondissements du fait, lors de leur formation, de l'absence de position du Parti sur la question.

 

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lemonde pet

15 juin 2010

 

Réforme des retraites : l'autre solution

 

Il faut réorienter les politiques économiques

 

Après un mois de consultations en trompe-l'oeil, le gouvernement a remis sa copie aux syndicats et au patronat. Ce document d'orientation est précieux, car il renferme toutes les contre-vérités proférées et fausses solutions avancées depuis près de vingt ansChoc démographique, catastrophe des régimes de retraite par répartition et travailler plus longtemps se mêlent dans un projet aussi mystificateur qu'inefficace.

Y a-t-il un choc démographique ? Oui, répond le document d'orientation. Non, a répondu à plusieurs reprises le Conseil d'orientation des retraites (COR) dont les conclusions sont sciemment travesties.

Ainsi, la France connaît un allongement de l'espérance de vie, heureuse nouvelle, et une fécondité qui la place juste au niveau du seuil de renouvellement des générations. Le COR a également établi, sans que cela soit contesté, que l'aggravation des déficits des comptes sociaux était essentiellement due à la crise financière et non pas à l'évolution démographique : en 2006, le déficit de l'ensemble du système de retraite était de 2,2 milliards d'euros ; en 2008, il atteignait 10,9 milliards et il devrait être de 32,2 milliards en 2010. La démographie n'exerce son influence qu'à moyen et long terme, et pas dans une accélération foudroyante en quelques mois.

N'y a-t-il qu'une seule solution ? Oui, répond le document d'orientation après avoir écarté sans examen les autres. Une fois ce coup de force perpétré, la réponse est assénée : " Répondre à un déséquilibre démographique par des solutions démographiques. " Elle vaut ce que vaut le diagnostic : erreur magistrale. Le gouvernement s'engage à " écarter toute solution qui baisserait le niveau de vie des Français ou augmenterait le chômage ". Or, obliger les salariés à travailler plus longtemps (recul de l'âge légal de la retraite, augmentation de la durée de cotisation, ou combinaison des deux) entraîne obligatoirement une baisse du niveau des pensions sans qu'il soit nécessaire de l'annoncer. Nous le savions depuis les réformes de 1993 et de 2003, nous sommes prévenus pour celle de 2010.

Quand la situation économique reste et restera marquée par un chômage très élevé, l'engagement à " écarter toute solution qui baisserait le niveau de vie des Français ou augmenterait le chômage " est un faux-semblant : le travail forcé des seniors se substituera à l'emploi des jeunes en l'absence de création d'emplois en nombre suffisant, et ce surtout en accroissant la durée individuelle du travail.

Les uns travailleront plus. Les autres, jeunes, femmes, sans qualification, quinquas, erreront du chômage à la précarité dans un aller-retour incessant. Ce ne sont pas les velléités de tenir compte de la pénibilité de ceux qui auront déjà été brisés par une longue vie de travail qui atténueront la violence du capitalisme néolibéral exigeant toujours plus de productivité et de rentabilité.

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Les quiquas, victimes du chômage et de la précarité (dessin de Martin Vidberg, www.martinvidberg.com)

La promesse de créer " une contribution supplémentaire de solidarité sur les hauts revenus et les revenus du capital sans restitution au titre du bouclier fiscal " sauvera-t-elle l'ensemble ? Rien n'est moins sûr. On nous annonce une contribution pouvant aller jusqu'à quelques milliards d'euros, alors que le gouvernement n'arrête pas d'apeurer la population avec des déficits de l'ordre de 100 milliards en 2050.

Ce sont des mesures d'une autre ampleur qu'il faut prendre pour développer notre système de retraite par répartition, notamment en réorientant les politiques économiques qui privilégient la finance au détriment de l'emploi, de la formation et des salaires et qui sont au coeur du financement des retraites : un million d'emplois en plus, c'est déjà 5 milliards d'euros de recettes supplémentaires. Il y a aussi des marges d'action importantes en favorisant un plus fort taux d'emploi des femmes, la France se situant au 15e rang de l'Union européenne. La répartition des revenus dans notre pays a, depuis un quart de siècle, tourné à l'avantage décisif des actionnaires et des très hauts salariés managers. Une simple application du taux de cotisation patronale aux dividendes distribués comblerait immédiatement tout le déficit actuel de la Caisse nationale d'assurance-vieillesse.

L'argument éculé de la perte de compétitivité est ici fallacieux, puisqu'il s'agirait de n'amputer que les dividendes nets reçus par les actionnaires et non les capacités d'investissement des entreprises, et parce que cela ne renchérirait pas les coûts de production. La retraite à 60 ans à taux plein peut être garantie à tous les salariés si de tels choix politiques sont faits aujourd'hui.

Pour couronner le tout, le document d'orientation se prononce en faveur d'une réforme systémique prochaine pour aller vers un système " par points " ou " par comptes notionnels ". Là aussi, le gouvernement piétine les conclusions du rapport du COR de janvier qui a montré le risque d'individualisation exacerbée d'une telle réforme et, ce qui n'est pas le moins savoureux, l'incapacité de tels systèmes à surmonter un choc démographique ou économique.

Deux conclusions s'imposent donc. Primo, la crise financière surdétermine la frénésie avec laquelle tous les gouvernements du monde s'acharnent à imposer des plans d'austérité dont les salariés et les retraités font aujourd'hui les frais, tandis que les tenants de la finance se refont une santé sur le compte des budgets publics ou grâce aux garanties accordées par les Etats.

Secundo, la volonté de faire travailler toujours davantage manifeste le refus de reconsidérer la place du travail dans notre société, le refus aussi d'apprécier l'immense contribution des personnes retraitées, en termes de lien social et de création de services utiles à la société. Bref, l'obstination à promouvoir une société engagée dans un cycle productiviste sans fin.

Notre détermination à faire échec au projet du gouvernement est donc intacte : à l'opposé de la valeur pour l'actionnaire et du " travailler plus pour vivre moins ", organisons une juste répartition des richesses, la réduction des inégalités, le partage du travail et une redéfinition des finalités de l'activité économique.

Jean-Marie Harribey, Attac ;

Willy Pelletier, Fondation Copernic ;

Gérard Filoche, inspecteur du travail ;

Christiane Marty, féministe ;

Christophe Delecourt, CGT-Finances ;

Didier Horus, FSU ;

Pierre Khalfa, Solidaires ;

Olivier Besancenot, NPA ;

Martine Billard, PG ;

Marie-George Buffet, PCF ;

Razzy Hammadi, PS ;

Alain Lipietz, Les Verts.


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15 juin 2010 2 15 /06 /juin /2010 12:35

 

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1 - Accédant à la présidence de la République, Nicolas Sarkozy a voulu se mesurer aux plus grands. Son arrogance lui a fait croire qu’il pourrait s’imposer comme l’homme fort du monde. Profitant de la place de la France sur la scène internationale, il a joué sa carte personnelle alors que nous avions besoin d’une vision mitterrandienne pour un renforcement de la coopération européenne. C’est la faute originelle qui a aujourd’hui de lourdes conséquences. Comment l’Allemagne pourrait-elle croire et faire confiance à cet homme malade de l’Europe ? Une autre politique devait être menée. Dans les derniers mois de la présidence Bush, la France aurait dû faire avancer le rapprochement avec l’Allemagne et les principaux partenaires européens pour consolider notre espace régional dans la mondialisation Ce serait aujourd’hui un atout considérable face à la crise. Le renforcement de l’Europe aurait dû conduire la politique de la France. Mais trop imbu de lui-même, préférant parader sur la scène internationale, Narcisse s’admire et laisse passer le train de l’histoire.

 

2Trop sûr de sa belle étoile, Nicolas Sarkozy accédant à la présidence s’est lancé dans une politique de baisse des impôts avec le bouclier fiscal. Dans un dogmatisme libéral, les baisses d’impôt devaient libérer l‘économie française et assurer la croissance. Il n’en a rien été et c’est surtout le déficit structurel qui s’est creusé au détriment de l’investissement. C’était l’un des thèmes de la campagne de 2007 que la candidate socialiste avait mis en avant. « Un euro dépensé doit être un euro utile » martelait la socialiste. Un discours qui n’avait pas séduit toute la gauche à l’époque notamment certains grands économistes de son parti. Mais déterminée, malgré l’accusation de dérive droitière, la socialiste n’avait pas cédé expliquant qu’on ne pouvait pas bâtir une économie solide dans la mondialisation en laissant filer les déficits. Dommage que cette parole sage n’ait pas été entendue. La France fit le choix de la cigale contre la fourmi et quand vint l’hiver la cigale fut bien dépourvue.

 

3S’appuyant sur le cercle de ses amis du Fouquet’s, Nicolas Sarkozy a cru, dans une vision erronée de la mondialisation, qu’en soutenant quelques grandes firmes, il favoriserait l’économie française. L’Allemagne, de son côté, a mené une politique bien différente, comprenant qu’une économie solide reposait d’abord sur le dynamisme des PME soutenues à l’échelle régionale. Dans la mondialisation alors que des secteurs entiers sont délocalisés et que les pays émergents deviennent des pays émergés, c’est sur l’économie de la connaissance que peut reposer l’avenir économique.  Une autre politique économique que la candidate de 2007, Ségolène Royal, s’est appliquée à mettre en place dans sa région Poitou-Charentes. Dépassant le cadre traditionnel de ses fonctions, la socialiste a mené une politique régionale active de soutien aux PME sur son territoire pour porter cette économie de la connaissance. Elle est ainsi apparue pionnière en ce domaine pour faire des régions de nouveaux acteurs économiques en soutenant la création et l’innovation des PME.

 

En somme, si les trois erreurs politiques de Nicolas Sarkozy sont un handicap aujourd’hui pour l’économie française, une autre politique économique est possible. Ce sera l’un des enjeux de 2012.

Forte des ses choix et de ses actions, Ségolène Royal en ce domaine a pris assurément une longueur d’avance pour 2012 dans le cas d'un deuxième tour qui l'opposerait à nouveau au président actuel.

 

Philippe Allard

 

 

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15 juin 2010 2 15 /06 /juin /2010 00:35

turquie

Le point de vue de la Turquie sur les relations avec ses voisins apporte une vision neuve de la situation dans la région, et enrichit le débat.

Sur la question iranienne, le vote contre de la Turquie et du Brésil lors des sanctions décidées par le Conseil de sécurité de l’ONU a permis de laisser un espace pour la diplomatie, de l’aveu même de Barack Obama. Il souligne la non-implication de la Turquie dans le projet d’envoi d’une flottille iranienne d’aide à Gaza.

Concernant les relations avec Israël, M. Gül rappelle que la Turquie a toujours aidé les juifs, contrairement à l’Europe, de l’expulsion des juifs d’Espagne en 1492 à la seconde guerre mondiale. Pour ce qui est du raid meurtrier contre la flottille humanitaire au large de Gaza (9 tués, tous turcs), il salue la préconisation par le secrétaire général de l’ONU d’une commission d’enquête indépendante incluant un Turc et un Israélien et regrette l’abstention de la France lors du vote à la commission des droits de l’homme de l’ONU.

À propos du dossier arménien, M. Gül souhaite continuer les négociations multilatérales avec l’Arménie, l’Azerbaïdjan et la Russie.

Au sujet des négociations d’adhésions à l’Union Européenne de la Turquie, M. Gül estime que la Turquie doit faire tous les efforts nécessaires pour remplir les critères d’entrée dans l’Union, y compris sur la question kurde. Il précise toutefois, à juste titre :

« L'UE se trouve actuellement dans une période où elle n'est pas consciente de son propre poids. Il y a une carence dans le monde qui émane de l'Europe. Prenez les exemples de l'Iran, d'Israël et des questions liées à l'énergie, il y a un joueur qui manque. Ce joueur, c'est l'UE, qui ne sait pas utiliser son " soft power " [pouvoir d’influence, NdlR]. »

Sur les mêmes thèmes, voir aussi :

Place de l’Europe dans le monde : l’Union Européenne a-t-elle encore une politique de voisinage ambitieuse ?

A quoi sert le blocus de Gaza ?

 

F.M.


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lemonde pet

12 juin 2010


M. Gül : privilégier " l'option diplomatique " avec l'Iran

Istanbul Envoyé spécial

Le président turc critique le vote au Conseil de sécurité des Nations unies de sanctions qu'il juge inefficaces

Ancien ministre des affaires étrangères et président de la Turquie depuis 2007Abdullah Gül est membre fondateur du Parti de la justice et du développement (AKP, islamique conservateur), au pouvoir depuis 2002. Il est souvent perçu comme un modéré.

Allié de Washington, pays membre de l'OTAN et candidat à l'adhésion à l'Union européenne, la Turquie est le seul pays (avec le Brésil) à avoir voté, mercredi 9 juin au Conseil de sécurité de l'ONU, contre une résolution sanctionnant l'Iran pour son programme nucléaire.

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Le président turc Abdullah Gül, jeudi 10 juin 2010 à Istanbul (Ahmet Univer pour "Le Monde")

Pourquoi la Turquie n'a-t-elle pas soutenu la résolution des Nations unies sur l'Iran ?

Nous voulons laisser ouverts les canaux diplomatiques, car l'Iran est notre voisin. Nous savons que des développements extraordinaires, susceptibles de se produire dans la région peuvent avoir des répercussions sur la Turquie. Nous l'avons vu pour l'Irak. Nous sommes aussi opposés à la présence d'armes nucléaires dans la région.

Il y a eu les efforts des P5 + 1 - les cinq du Conseil de sécurité et l'Allemagne - , mais c'est l'insistance de la Turquie et du Brésil qui a convaincu l'Iran d'accepter un échange de son uranium - l'accord prévoit l'enrichissement d'uranium iranien hors de ses frontières - . A nous deux, nous avons fait la promesse qu'en cas d'accord nous irions jusqu'au bout. C'est ce que nous avons fait. L'accord signé le 17 mai n'est pas caduc et les canaux diplomatiques restent ouverts. Le président américain a lui-même dit, après ce vote - de l'ONU - qu'il reste un espace pour la diplomatie, et cela grâce à l'élan donné par le Brésil et la Turquie.

Le président brésilien Lula a fortement critiqué le vote des sanctions, parlant d'une victoire à la Pyrrhus pour l'ONU. Etes-vous sur la même ligne ?

Il faut garder son calme. Je ne veux pas parler de victoire ou de défaite. Les embargos ne donnent pas de résultats. On a pu le constater avec l'Iran, avec l'Irak. Ce sont les peuples et les pays voisins qui souffrent de ces embargos. De loin, il est très facile de faire des commentaires, mais de près comme ici, on voit les choses d'une manière différente.

Comment voyez-vous la suite ?

Il faut poursuivre les efforts. Quand on imagine l'alternative à l'option diplomatique, on peut comprendre que nous avons raison.

Avez-vous l'impression de vous éloigner des Occidentaux ?

Ceux qui nous connaissent n'ont pas de telles craintes à notre égard. En revanche, si certains se laissent convaincre par de telles propagandes, il se peut qu'ils s'inquiètent.

Concernant Israël et le raid meurtrier du 31 mai contre la flottille humanitaire destinée à Gaza, vous avez eu - le Premier ministre Recep Tayyip Erdogan aussi - des mots très durs. Avez-vous envisagé de rompre les relations diplomatiques ?

Il faudrait d'abord poser la question au gouvernement israélien. Au regard de l'histoire, la Turquie a toujours aidé les juifs, qu'ils soient venus d'Espagne (au Moyen Age) ou pendant la deuxième guerre mondiale. Des milliers de juifs ont été protégés par des diplomates, des civils et des marchands turcs.

En 1949, la Turquie a reconnu Israël, elle a envoyé un ambassadeur et fait de son mieux pour que ce pays et ses voisins puissent établir de bonnes relations. La Turquie a contribué à ce qu'Israël ne se sente pas isolé et a entrepris des efforts pour un rapprochement avec la Syrie.

Personnellement, je suis allé en Israël une dizaine de fois, le premier ministre, maintes fois aussi. Mais apparemment, Israël n'est pas en position d'apprécier cela. Mettant à mal tous ces efforts, un assaut a été lancé contre un navire turc dans les eaux internationales. A bord se trouvaient des civils, sans armes. Neuf personnes ont été tuées. Un tel crime aurait pu être le fait d'organisations terroristes comme le PKK - Parti des travailleurs du Kurdistan - , l'Asala - Armée secrète arménienne pour la libération de l'Arménie - ou Al-Qaida. Non ! Pour la première fois dans l'histoire, ce sont des soldats d'un pays qui ont agi sur instructions de leur gouvernement qui ont provoqué la mort de civils turcs dans des eaux internationales. Même du temps de la guerre froide, l'URSS n'avait pas commis une chose pareille contre nous ! Il me sera impossible d'oublier ni de pardonner. A moins qu'il n'y ait des initiatives permettant de changer la donne.

Lesquelles ?

D'abord, demander pardon et établir un système d'indemnisations. - Le secrétaire général - des Nations unies a préconisé une commission indépendante dans laquelle devaient figurer un Turc et un Israélien. Nous avons dit d'accord. Les dirigeants israéliens n'ont même pas répondu. A Genève, au sein des Nations unies, la commission des droits de l'homme a également approuvé la mise sur pied d'une commission d'enquête. À ce sujet, je dois dire que j'ai été attristé de voir que la France s'est abstenue lors du vote. Évidemment, nous devons aussi évoquer la levée du blocus et le retour des bateaux, mais il s'agit là de questions techniques.

Mais est-ce qu'une rupture des relations diplomatiques est envisageable si aucune de ces conditions n'est remplie ?

Tout est envisageable.

Pensez-vous qu'il s'agissait d'un acte délibéré contre la Turquie ?

Peut-être s'agit-il d'un acte de politique interne. Il montre en tout cas qu'ils n'ont pas compris la valeur de l'amitié turque.

Les Iraniens ont évoqué l'envoi d'une flottille d'aide à Gaza. Quelle est votre opinion sur cette proposition ?

Je ne suis pas au courant. Nous ne sommes pas impliqués dans une telle initiative.

L'AKP, en soutenant l'IHH, l'organisation turque proche du Hamas et qui fut le principal organisateur de la flottille, ne joue-t-il pas avec le feu ?

Il ne s'agit pas d'une fondation illégale ! N'y a-t-il pas des organisations similaires en France ou en Angleterre ? N'ont-ils pas des organisations de médecins, par exemple, qui, au nom de l'humanité, vont partout dans le monde pour aider les gens ?

Avec l'Union européenne (UE), les négociations d'adhésion piétinent. Aucun chapitre n'a progressé ces derniers mois. Que se passe-t-il ?

Je ne veux pas critiquer l'Union européenne. Elle fait ce qu'elle veut. C'est à la Turquie de faire le nécessaire pour arriver au niveau de l'acquis communautaire. Elle doit le faire à tout prix. L'attitude et le comportement de l'UE ne facilitent pas les choses, mais nous devons accomplir notre part.

Toutefois, si l'UE mettait ses lunettes stratégiques, tout deviendrait plus clair. Les chapitres pourront être ouverts en un rien de tempsL'UE se trouve actuellement dans une période où elle n'est pas consciente de son propre poids. Il y a une carence dans le monde qui émane de l'Europe. Prenez les exemples de l'Iran, d'Israël et des questions liées à l'énergie, il y a un joueur qui manque. Ce joueur, c'est l'UE, qui ne sait pas utiliser son " soft power ".

C'est ce que vous allez dire à Nicolas Sarkozy lors de sa visite en Turquie avant la fin de l'année ?

Nous en avons déjà discuté à de maintes reprises. Qu'il n'y ait pas de malentendu : cela n'est pas un message adressé indirectement à lui, mais à toute l'Europe.

Vous avez été personnellement en pointe sur le dossier arménien, comment expliquez-vous que les négociations soient au point mort ?

Le processus n'est pas mort. Il faut travailler calmement, de manière plus silencieuse. Mais nous restons déterminés. J'ai dit cela à MM. Sarkissian - le président arménien - , - au président azerbaïdjanais -Aliev et - au Premier ministre russe - Poutine - et aussi à M. Medvedev - le président russe - .

L'ouverture en direction de la minorité kurde marque une pause. Le gouvernement a-t-il reculé pour des raisons électorales ?

Non. Comme dans tous les autres domaines, nous devons élever les standards démocratiques du pays.

 

Propos recueillis par Nicolas Bourcier


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14 juin 2010 1 14 /06 /juin /2010 14:00

Depuis la fin de l’apartheid en 1991 et les premières élections multiraciales de 1994, l’Afrique du Sud cherche à mettre fin à bien des injustices. Parmi celles-ci, une injustice très symbolique : la répartition des terres agricoles entre les blancs et les noirs. En 1913, les populations noires avaient été dépossédées, et concentrées sur 8% des terres. En 1994, 88% des terres arables étaient encore la propriété de 60 000 fermiers blancs. Pourtant, en 2008, les populations noires représentaient 79,2% de la population sud-africaine, les populations blanches 9,2%, les métisses 9% et les hindoues 2,6%. Une idée semblait donc s’imposer : la réforme agraire.

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Quelques revendications locales et isolées dans le cadre de la réforme agaire en Afrique du Sud : "Ferme du pouvoir noir"

Mais la situation est plus complexe qu’il n’apparaît. D’abord parce que la part du PIB représenté par l’agriculture, la pêche et la sylviculture est très faible : environ 4%. Ensuite, parce que la part de la population active dans le secteur est également faible pour un pays africain : 10%, soit environ 1,7 millions de personne dans un pays de 49 millions d’habitants.

Et l’African National Congress (ANC) au pouvoir n’a pas manqué de remarquer certains exemples africains qu’il ne fallait pas suivre. En 1980, le futur Zimbabwe obtient son indépendance et Robert Mugabe accède au pouvoir. En 2000Robert Mugabe procède aux premièresexpropriations des 4 500 fermiers blancs qui possédaient encore environ 30% des terres (contre 70% en 1980) : 80% des fermiers blancs sont expulsés et leurs terres redistribuées. Des violences, des brutalités, des mutilations et des meurtres sont commis.  Au final, les principaux bénéficiaires de la redistribution des terres sont les amis du président MugabeLes nouveaux exploitants agricoles noirs n’ayant aucune connaissance technique et aucun moyen pour se procurer engrais et produits phytosanitaires, le matériel agricole ayant été vendu ou n’ayant pas été entretenu, les nouvelles exploitations se recroquevillent sur une culture de subsistance à faible rendement, laissant une partie des terres en jachère.

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En 2000, le président Robert Mugabe lance une vaste réforme agraire. Objectif : reloger 110 000 agriculteurs noirs sur les terres confisquées de 4 500 fermiers blancs. Les plus belles propriétés sont attribuées aux militants du Zanu-PF, parti de Mugabe. Aujourd’hui, les grandes plaines agricoles sont en déshérence et les étals des épiceries du pays sont quasiment vides (Robin Hammond/Panos/REA)

L’agriculture représentait plus de 50% du PIB avant la réforme agraire au Zimbabwe ; les fermiers blancs cultivaient blé, arachide et tabac : on surnommait le Zimbabwe le « grenier à blé de l’Afrique »  et le Zimbabwe fournissait le Programme Alimentaire Mondial (PAM). Suite à la réforme agraire, la production agricole s’est effondrée, le Zimbabwe est devenu client du PAM, et le taux de chômage a bondi à 80%.

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Commerçants indo-pakistanais en Ouganda avant 1972 (BBC)

Autre pays, même type de problème. En 1972Idi Amin Dada donne 90 jours au 80 000 Indo-Pakistanais pour quitter l’Ouganda, qu’ils aient la nationalité ougandaise ou non. 50 000 partent, les autres sont déportés des villes vers la campagne. Les soldats de Robert Mugabe pillent et violent. Les Indo-Pakistanais avaient été « recrutés » dans leur colonie indienne par les Britanniques pour construire le chemin de fer reliant l’Océan Indien (Mombasa, Kenya) au Lac Victoria (Kisumu, Kampala) au début du XXème siècle, puis étaient restés, devenant notamment les commerçants et les entrepreneurs de l’Ouganda et du Kenya. Leur retrait brutal de l’économie ougandaise amène son effondrement, accentué par la chute du cours du café en 1978 : l’Ouganda frôle la faillite mais les Etats arabes amis d’Idi Amin Dada lui apportent leur aide. Les principaux bénéficiaires du retrait des Indo-Pakistanais sont les militaires proches du pouvoir.

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Indo-Pakistanais explulsés montant à bord d’un avion à l’aéroport d’Entebbe (Ouganda), 1972 (Roger St. Vincent)

Le point commun de ces deux exemples, c’est le désir non pas de l’ordre juste mais de la vengeance contre « l’autre », clairement identifiable par sa couleur de peau : le fermier blanc au Zimbabwe, le commerçant indo-pakistanais en Ouganda. Comme le rapporte très justement Jean-Philippe Rémy à propos du Zimbabwe : « Le problème, c'était sa couleur de peau ». Le tout récupéré au final par une poignée de personnes noires proches du pouvoir, la population en sortant globalement appauvrie et/ou affamée.

L’ANC a bien compris l’enjeu : l’autosuffisance alimentaire de l’Afrique du Sud et l’existence d’une agriculture d’exportation performante et renommée. Alors, les 100 à 200 fermiers blancs assassinés par an sont passés sous silence. De façon générale, la population blanche, qui est en baisse depuis 1994, contrairement aux populations noires, métisses et hindoues, commence même à faire l’objet de mesures spécifiques, après la mise en place il y a seize ans de la discrimination positive favorisant systématiquement les noirs. Devant l’exode des blancs - 16% de la population blanche a quitté l’Afrique du Sud entre 1995 et 2005 - la nouvelle administration du président Jacob Zuma, élue en 2009, a promis de prendre en compte cette population hautement qualifiée qui fuit le pays.

L’objectif de 30% de terres redistribuées en 2014 ne sera pas atteint, mais au moins la procédure employée (paiement des terres redistribuées à leurs anciens propriétaires au prix du marché) paraît équitable. Il restera un problème à résoudre : la formation des nouveaux fermiers noirs aux techniques de l’agriculture, et l’attribution des moyens de produire aux nouveaux exploitants : les aides prévues seraient d’environ 1 Md€.

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Carte des vignobles sud-africains, au nord, autour, et à l'est du Cap

Ce sera le prix à payer pour une distribution des terres plus juste, le maintien de l’autosuffisance alimentaire et la poursuite d’une agriculture d’exportation renommée : fruits (3ème exportateur mondial), pâte de bois (5ème), maïs (6ème), vin et laine (8ème), et sucre (15ème).

Frédérick Moulin

 

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lemonde pet

13 juin 2010

 

Campagnes meurtrières

 

Seize ans après la fin de l'apartheid, la répartition des terres entre Blancs et Noirs reste inégale. La réforme annoncée tarde, et les violences se multiplient

  

Ce serait une bombe à retardement si elle ne faisait, déjà, des victimes. Dans les campagnes sud-africaines, dans les fermes les plus reculées du Limpopo, au nord, et aussi aux portes de Johannesburg,des fermiers blancs sont attaqués, tués, violentés. À Potchefstroom, le 25 mai, Johan Strydom a été frappé à coups de barre de fer puis attaché par les chevilles à sa voiture avant d'être traîné dans une course folle. Difficile de savoir avec certitude si sa mort a précédé, ou suivi, ce supplice.

De ces assassinats, il n'est pas beaucoup question dans les médias sud-africains. Surtout pas en période d'euphorie nationale. Combien de fermiers blancs ont été tués sur leurs terres depuis les premières élections multiraciales, en 1994 ? Il n'existe aucune statistique raciale des assassinats. Le principal syndicat des fermiers blancs, Agri SA, évalue le chiffre à 3 000 morts et publie régulièrement des listes de victimes. D'autres sources disent 1 500. Cent à deux cents meurtres par an dans un pays qui compte 18 000 morts violentes chaque année.

Les attaques de fermes pourraient donc être la déclinaison rurale d'une violence qui touche l'ensemble du pays. Ces derniers mois, elles semblent se multiplier. Et les esprits s'échauffent. Des fermiers menacent de réorganiser les " commandos ", structures paramilitaires qui servaient de milice garde-frontière sous l'apartheid, et que Nelson Mandela avait dissoutes en arrivant au pouvoir.

Fin mai, le gouvernement a préféré déployer l'armée pour assurer la protection de la sécurité alimentaire du pays "Des patrouilles militaires, coordonnées avec les fermiers, devraient commencer.

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Des fermiers blancs et leurs employés noirs dans la province du Limpopo, au nord-est (Bénédicte Kurzen/VII NETWORK)

Parallèlement, la nouvelle version de la réforme agraire est toujours attendue. Elle devait être rendue publique fin avril, mais tout ce qui touche à la terre est explosif. Et tout ce qui est explosif attendra bien le lendemain de la Coupe du monde.

Il y avait, en 1994, environ 60 000 fermiers blancs. À la même période, 14 millions de Noirs se serraient sur 1 % des terres [la population active agricole étant de 1,7 millions de personnes, presque uniquement noires, NdlR]. En 1913, les " indigènes ", comme on les appelait alors, avaient été dépossédés de leurs propriétés collectives et entassés sur des confettis de terre (8 % des superficies à l'origine). Après l'arrivée au pouvoir du Congrès national africain (ANC), tous espéraient voir s'inverser le cours de l'histoire coloniale. Au total, 30 % des terres devraient changer de couleur d'exploitant d'ici à 2014. Nul n'estime ce calendrier réaliste.

Une série de mesures devaient organiser le transfert de terres, placées sous le signe de l'achat et de la vente volontairesl'Etat devant aider en partie les petits fermiers à accomplir ces achats. Compte tenu de la modicité de leurs moyens, certains ont dû se grouper à plusieurs centaines, rendant les exploitations ingérables.

Sur cette base, 5,5 millions d'hectares ont été transférés à ce jour, mais ils représentent moins de 6 % des terres. Il reste 34 000 fermiers blancs qui continuent d'exploiter 82 % des terres arables. Plus grave, comme l'a reconnu le gouvernement, plus de 90 % des terres redistribuées et restituées sont en faillite, faute de moyens. Il faut près de huit ans en moyenne pour finaliser un transfert. Dans l'intervalle, la productivité générale baisse, alors que le prix du foncier a triplé en cinq ans, compliquant encore les négociations.

" Deux tiers des pauvres du pays se trouvent dans des zones rurales, où le taux de pauvreté atteint 70 % ", a calculé Nancy Andrew, sociologue du Centre d'études d'Afrique noire dans une étude publiée par l'Institut français des relations internationales.

La faim de terre est-elle le moteur de la violence rurale ? Theo de Jager, le vice-président d'Agri SA, voit une corrélation entre " les pics de violence et les régions où le nombre de procédures de restitution des terres sont les plus nombreux ". Mais la violence subie par les ouvriers agricoles noirs n'entre pas dans ce raisonnement. Personne ne recense les passages à tabac, les vexations. " À peine 3 % des ouvriers agricoles osent se syndiquer, soupire Solly Phetoe, le secrétaire de la fédération syndicale Cosatu pour la province du Nord-Ouest. C'est la loi du silence, ici. Et de la peur. "

Le syndicaliste court d'un tribunal à l'autre, serré dans sa petite voiture pour faire de la place à ses deux collègues gardes du corps. Il s'agit de pousser les procédures judiciaires lorsque les victimes sont des ouvriers agricoles, et donc de se " battre contre les complicités de la justice, de la police avec les fermiers blancs ".

Un coup de fusil ou une agression sont " vite arrivés " dans cette région où les antagonismes sont aussi profonds qu'anciens, où passent sur les routes les fermiers au volant de leur bakkie (pick-up), leur chien à côté d'eux dans la cabine, les travailleurs noirs derrière.

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L'arme à la main,un fermier blanc du Limpopo inspecte la clôture de son exploitation au soleil couchant, près de Marken, au nord de Johannesburg. La plupart des exploitants de la région font partie de groupes d'autodéfense (ASSOCIATED PRESS)

La réforme agraire sud-africaine va-t-elle suivre l'exemple zimbabwéen : une question gelée pendant deux décennies, puis la violence, l'effondrement de l'agriculture et une redistribution des terres au profit d'une élite proche du pouvoir ? La question était débattue, début juin, à l'Université d'Afrique du Sud, à Pretoria.

Tendai Murisa, membre de l'Institut zimbabwéen d'études agraires, défend la politique du président de son pays, Robert Mugabe. Pour lui, " l'aliénation de la terre " a une histoire, celle de la colonisation. Willie Spies, avocat et membre d'Afriforum, organisation de la société civile à dominante afrikaner, rétorque par une projection de photos de fermiers blancs du Zimbabwe dont les terres ont été saisies de force. Visages tuméfiés, doigts arrachés. La victime " n'était pas un colon ", mais un homme ayant acheté sa terre après l'indépendance. Le problème, c'était sa couleur de peau ", commente Willie Spies.

Grands propriétaires blancs contre petits paysans noirs ? Waard Anseeuw, de l'université de Pretoria/Cirad, l'un des meilleurs spécialistes de la question des terres, met en garde contre une lecture simpliste. Dans l'après-1994, quelle était la politique du gouvernement en Afrique du Sud, pays où les fermes, subventionnées pendant l'apartheid, pesaient lourd dans la symbolique nationale, mais de moins en moins dans l'économie ? Favoriser les exportations ", quitte à établir un double discours pour rassurer à la fois les populations noires et blanches, selon le chercheur.

À l’origine, le comité foncier de l'ANC n'était pas très enthousiaste " à l'idée d'une réforme agraire d'ampleur, explique M. Anseeuw : " Lors des négociations avec le pouvoir blanc, c'est Mandela qui a imposé l'idée des 30 % de terres à redistribuer, et la décision est intervenue dans les tout derniers jours. "

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Jacob Zuma, président de l'Afrique du Sud depuis 2009 et de l'ANC depuis 2007 ; derrière lui, le drapeau de l'ANC

Un projet de réforme, en avril, commençait à envisager la nationalisation des terresL'ANC s'y est opposé. " Ce qui menace, c'est une récupération politique des problèmes fonciers, explique M. Anseeuw. C'est arrivé au Botswana, récemment, où il n'y a pas de problème de terres avec les Blancs, ce qui n'a pas empêché que se crée un discours copié sur celui de Robert Mugabe, très antioccidental. " Il insiste sur la nécessité de changement : " Si rien n'est fait, un jour, cela va craquer. "

Aujourd'hui, l'Etat devait 820 millions de rands (80 millions d'eurosaux fermiers dont les terres ont fait l'objet d'un transfert, selon les chiffres d'Agri SA, qui a entamé des procédures pour que les terres transférées soient payées. Avec les aides destinées aux fermiers noirs, la facture se monterait, selon Theo de Jager, à plus de 1 milliard d'euros.

Parallèlement, les fermiers sud-africains partent à l'assaut de terres ailleurs sur le continent. Près de200 sont déjà établis au Mozambique, presque autant au Botswana, la percée vient de commencer en Angola. Et le Congo-Brazzaville pourrait leur offrir jusqu'à 10 millions d'hectares. Theo de Jager corrige prudemment : On n'a signé de préaccords que pour 100 000 hectares. "

Jean-Philippe Rémy (Johannesburg, correspondant)


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13 juin 2010 7 13 /06 /juin /2010 16:03

zoom_foot_esp_penalty_2806.jpgVu sur Canal + dimanche 13 juin 2010 

 

Sur canal +, Ségolène Royal  n’a pas lâché la balle pour marquer cinq buts contre l’équipe de Nicolas Sarkozy  .

 

Dominant le terrain, Ségolène Royal a pu mener une première percée sur une voie qu’elle maîtrise parfaitement, à savoir la reconnaissance de la France métissée. Distançant un pouvoir incapable de mener une réelle action sur le terrain, la présidente socialiste a pris l’adversaire de front pour marquer son premier but. Un but direct tiré avec force contre une politique du laisser faire qui laisse sur la touche beaucoup trop de ses meilleurs joueurs parce qu’ils sont de couleur.  

 

Profitant de la faiblesse du pouvoir en place sur la question des retraites, Ségolène Royal s’est emparée de la balle pour avancer sur la voie de la justice sociale. Brisant la ligne de défense du gouvernement, elle a mené rapidement sur le terrain, imposant à ses adversaires de faire payer le capital et de prendre en compte la pénibilité du travail. Ne lâchant rien, déjouant les diverses tentatives de ses adversaires pour faire diversion, elle a marqué un beau deuxième but. 

 

Frappant un coup terrible à un adversaire trop peu concerné par le jeu, Ségolène Royal a remis la balle au centre du terrain dans un corps à corps contre Nicolas Sarkozy sur la politique agricole. Incapable de trouver sa voie, ce dernier n’a pu résister à ses arguments pour une nouvelle politique agricole permettant de sauver la petite agriculture contre la loi du marché. Une attaque qui lui a valu un superbe troisième but. 

 

Alors que l’adversaire trébuchait sur le terrain de l’Etat impartial, en distribuant  les cadeaux et  les parachutes dorés aux amis, Ségolène Royal a fait une excellente percée sur le milieu du terrain. Face à un jeu beaucoup trop personnel de Nicolas Sarkozy, c’est un carton rouge qu’elle a infligé à son adversaire.  Un quatrième but gagné haut la main contre un adversaire à bout de souffle sur ce terrain.

 

Finissant avec éclat, la candidate socialiste a marqué la dernière balle sur la question de l’Afrique dans cette coupe du monde pour la porter là où ses adversaires ont délaissé le terrain. Menant son équipe à la victoire finale, elle a présidé cette dernière action en sachant anticiper sur  la question du développement de l’Afrique.  Plaçant l’équipe de France parmi les grands, elle a donné, en terrassant son adversaire, une belle victoire à la France

 

Philippe Allard

 

 

 

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http://www.dailymotion.com/video/xdnyl9_segolene-royal-invitee-de-dimanche_news

 

 

 

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12 juin 2010 6 12 /06 /juin /2010 23:24

Pas grand-chose de neuf à signaler cette semaine côté actualité économique. Ou plutôt la routine, avec une Asie qui continue à aller très fort et une Europe à se porter pas bien du tout.

Un excédent commercial de 20 milliards de dollars en mai en Chine, qui s'enrichit à vue d'oeil. Le nombre de millionnaires communistes, en dollars, s'il vous plaît, y a augmenté de 31 % en 2009, un peu moins toutefois qu'à Singapour (+ 35 %), qui détient désormais le taux de concentration de (très) riches le plus élevé au monde (plus d'un habitant sur dix).

En Europe, où les pauvres millionnaires n'ont pas le moral à cause des hausses d'impôts qui les attendent, c'est le train-train ordinaire des rumeurs et des démentis. Non, l'Espagne n'a pas sollicité une aide de l'Union européenne, non, la Grèce n'a pas l'intention de sortir de l'euro. Quant à l'Allemagne, elle annonce un plan d'austérité de grande ampleur, c'est-à-dire très exactement l'inverse de ce que lui demandaient de faire tous les économistes. Là, ce n'est plus de " la stratégie non coopérative ", mais de l'autisme et même peut-être du nihilisme.

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La chancelière allemande Angela Merkel lors de son annonce d'un plan d'austérité de 3 ans lundi 7 juin 2010 (Sipa)

Pas trop étonnant dans ces conditions que l'euro se soit rapproché cette semaine de sa parité de naissance, dont on espère juste qu'elle ne sera pas aussi son cours de décès. Bien sûr, on pourrait être réconforté en écoutant Vladimir Poutine dire toute " sa confiance et sa foi " dans la monnaie unique. Mais il est à craindre que l'expertise monétaire du premier ministre russe soit à la hauteur de son attachement aux droits de l'homme.

Comme tout cela est tout de même un brin répétitif et un rien déprimant, on a décidé cette semaine de faire un voyage dans le temps, un bond en arrière d'une dizaine de siècles avec l'historien Jacques Le Goff et son essai Le Moyen Age et l'argent (Perrin, 244 p., 20 euros). Cela fait du bien d'abandonner quelques heures MM. Trichet, Bernanke et Strauss-Kahn pour côtoyer Théodoric le Grand, Boleslas le Vaillant, saint François d'Assise ou Philippe Auguste. Du bien aussi de se retrouver à une époque où l'économie était encore très peu monétarisée - avec pour inconvénient majeur, toutefois, relevé par Le Goff, d'avoir sérieusement bridé la croissance économique.

À une époque, en tout cas, où l'argent ne servait pas encore à diviser la société en compartiments presque étanches. Les pauvres, au moins jusqu'au XIIIe siècle, ce ne sont pas ceux qui ne sont pas riches, ce sont les faibles, par opposition aux puissants, les humiles face aux potentes. Mais il est de " pauvres chevaliers ".

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Enluminure de la fin du Moyen-Âge : les personnages sont chaussés de poulaines

Dans une société totalement dominée par la religion, il ne fait pas bon être riche, il ne fait pas bon porter les souliers à la poulaine, les Rolex du temps jadis. L'argent est de nature diabolique, symbolisé par une bourse tellement lourde pendue autour du cou du riche qu'elle entraîne celui-ci immanquablement vers l'enfer. Non seulement la richesse monétaire n'est pas considérée, mais elle est au contraire totalement déconsidérée, rejetée, obstacle pour accéder au paradis, comme l'enseigne le Nouveau Testament.

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Le riche avare est pendu, sa bourse au cou, par un démon. Tympan de l'abbatiale Sainte-Foy de Conques, XIe siècle

Matthieu, 19, 23-24 : " Jésus dit alors à ses disciples : "En vérité, je vous le dis, il sera difficile à un riche d'entrer dans le royaume des cieux. Oui, je vous le répète, il est plus facile à un chameau de passer par le trou d'une aiguille qu'à un riche d'entrer dans le royaume des cieux". "

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Parabole du mauvais riche et du pauvre Lazare, Codex Aureus d'Echternach (XIème siècle) : le pauvre, au niveau des chiens, mendie les miettes qui tombent de la table des riches ; Lazare arrive au paradis après sa mort ; le riche est conduit en enfer pour y être torturé

C'est seulement au XIIIe siècle que la perception de la richesse et de l'argent dans la société va commencer à évoluer, avec l'essor du commerce, des villes... et aussi avec les besoins financiers croissants pour mener les croisades ou construire les cathédrales - dont Le Goff nous rappelle que leur construction fut si coûteuse que cela explique la stagnation de l'économie européenne au Moyen Age. À chacun ses cathédrales !

Au XIIIe siècle, donc, les autorités religieuses commencent à se montrer plus indulgentes vis-à-vis de l'usage et de l'accumulation d'argent. Avec le développement de la monnaie vient aussi le temps des débats autour de la légitimité du crédit - ça, on connaît bien -, du prêt à intérêt, de l'usure.

Interdite entre chrétiens, l'usure constitue un péché mortel, un vol, le vol du temps qui n'appartient qu'à Dieu, puisque l'intérêt fait payer le temps écoulé entre le prêt et son remboursement.

" Les usuriers, écrit alors Jacques de Vitry, ne participent pas au travail des hommes et ils ne seront pas châtiés avec les hommes mais avec les démons. Car à la quantité d'argent qu'ils reçoivent de l'usure correspond la quantité de bois envoyé en enfer pour les brûler. " Nos banquiers devraient finalement s'estimer drôlement chanceux de ne pas avoir été envoyés tous au bûcher.

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L'usurier est pendu par les pieds par des démons, convoite la bourse dans la coupelle. Abbatiale Sainte-Foy de Conques, XIe siècle

À partir du XIIIe siècle, le sort des usuriers va s'améliorer. Un peu. Au lieu de l'enfer, c'est le purgatoire qui leur est promis. C'est déjà ça. Et, en 1311, Philippe le Bel dépénalise les usures légères et fixe un taux d'intérêt maximum légal d'environ 20 %.

Au même moment, avec l'expansion monétaire apparaît une richesse nouvelle, qui n'est plus celle des terres et des seigneurs, mais celle des marchands, des bourgeois et des financiers. La richesse, explique bien Le Goff, se situe " entre vice et vertu ", le riche ayant toujours besoin du pauvre pour sauver son âme en se montrant généreux avec lui.

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Masse d'or de 1296 de Philippe le Bel (règne 1285-1314)

Avec le crédit plus répandu et la monnaie plus abondante arrive aussi le temps de l'instabilité monétaire - on connaît ça très bien aussi. Et celui des dévaluations ; on parlait alors de " mutations monétaires ". Pour dévaluer une monnaie, il suffit, rien de plus simple, de diminuer le poids de métal [précieux: or, argent, billon, NdlR] correspondant à une unité donnée. Philippe le Bel, toujours lui, usa et abusa des mutations, au point que la monnaie fut dite " fondante " et qu'il fut surnommé " le Faux-Monnayeur ". Que l'ouvrage de Jacques Le Goff ne tombe jamais entre les mains des monétaristes allemands, sinon Jean-Claude Trichet trouvera vite aussi son surnom : le Philippe le Bel des temps modernes.


Pierre-Antoine Delhommais

 

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13 juin 2010

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12 juin 2010 6 12 /06 /juin /2010 22:21

Prenez le temps et relisez Simenon ! En œuvres complètes, un, deux ou trois tomes au hasard des titres qui vous chanteront ou n format de poche, à l’unité, tout est bon chez Simenon …

 

Idem pour Saint-Exupéry avec, pour ma part, une légère préférence pour COURRIER SUD et Le Petit Prince, deux folies à déguster au calme d’une soirée printanière.

 

Les classiques de la littérature libertine sont publiés chaque semaine avec « Le Monde ». Vingt volumes de Brantôme à Pierre Louÿs. « Les Bijoux indiscrets » de Diderot ouvrent le bal, le suivant étant « La philosophie dans le Boudoir » de Sade que je me souviens avoir lu, en cachette, à seize ans, avec une lampe de poche sous ma couette … ! Chaque tome sera habillé par l’œil coquin de Nathalie Rykiel.

 

 

 

Et pour clore ma petite rubrique, entrez chez votre libraire habituel et emparez-vous au plus vite des « 50 histoire fraîches », 50 arrêts sur images imaginés par Régine Detambel et publiés aux éditions Gallimard. Pensées vagabondes, impressionnistes, petites pièces de puzzle, solitaires et solidaires. J’ai lu, j’ai aimé et j’ai eu envie de partager.

 

A bientôt

 

Mireille  

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12 juin 2010 6 12 /06 /juin /2010 09:45

 

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Pierre Bergé, Xavier Niel et Matthieu Pigasse sont perçus comme un trio « de gauche » par le président Sarkozy, qui veut absolument éviter de les voir « mettre la main » sur Le Monde.

Car les éditos du Monde agacent l’Elysée (voir l’article), et Nicolas Sarkozy souhaiterait que Le Monde tombe dans l’escarcelle de son ami Lagardère (« C’est quoi la liberté de la presse ? Du pipeau. Avant de savoir s’ils sont indépendants, les journalistes feraient mieux de savoir si leur journal est pérenne. », Arnaud Lagardère, l’insolent, Thierry Gadault). Stéphane Richard, directeur général de France Télécom depuis le 1er mars 2010, pourrait prendre une participation dans le journal avec la bénédiction de l'Elysée ; il a été directeur de cabinet du ministre de l’Economie et de l’Emploi de 2007 à septembre 2009 (Jean-Louis Borloo puis Christine Lagarde).

Xavier Niel contrôle le fournisseur d’accès internet Free ; il a investi dans de nombreuses startup comme Médiapart, Bakchich ou Deezer ; il a débuté dans les années 1980 en créant des services de minitel rose.

Mathieu Pigasse, co-directeur général délégué de la banque Lazard France, a été conseiller technique au cabinet du ministre Dominique Strauss-Kahn en 1998 (de qui il est toujours proche), puis directeur adjoint du cabinet du ministre Laurent Fabius en 1999 ; il a été nommé administrateur du Théâtre du Châtelet par Bertrand Delanoë. Il est membre du conseil d’administration de la Fondation Jean Jaurès (think tank du PS) ; en 2007 ce banquier de gauche a conseillé Ségolène Royal.

Quant à Pierre Bergé, son soutien fut précieux à Ségolène Royal en 2007, et il continue de prendre en charge les locaux occupés par Désirs d’avenir boulevard Raspail, à travers l’Association des Amis de Ségolène Royal, qu’il a créée en 2008.

F.M.

 

 -oOo-

 

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vendredi 11 juin 2010


Presse. Le directeur du quotidien confirme l’intervention de l’Elysée dans le dossier de la recapitalisation.

 

Le président de la République, Nicolas Sarkozy, est bel et bien intervenu dans les affaires du Monde.Et il pèse de tout son poids pour que le journal ne tombe pas entre les mains du trio Pierre Bergé-Xavier Niel-Matthieu Pigasse candidat au rachat du groupe (Libération d’hier).

Mardi, lePoint.fr indiquait que Nicolas Sarkozy avait, il y a une dizaine de jours, téléphoné au directeur du Monde, Eric Fottorino, pour se plaindre d’un édito. Rapidement, le Président embraye sur la recapitalisation du groupe Le Monde, et critique la personnalité de Xavier Niel, le taxant d’«homme du peep show», en référence au passé du fondateur de Free dans ce genre d’activité ainsi que dans le Minitel rose. Selon nos informations, Eric Fottorino a confirmé hier le coup de fil présidentiel devant les chefs de service du Monde. Fottorino a même ajouté avoir rencontré cette semaine Nicolas Sarkozy à l’Elysée en présence de Raymond Soubie, son conseiller social. Là, le président de la République a de nouveau déclaré à Fottorino que le trio Bergé-Niel-Pigasse ne lui convenait pas, épinglant ce «drôle d’attelage». Alors que, a-t-il tenté de faire valoir, Le Monde compte en son sein des actionnaires tout à fait présentables, à savoir Lagardère et le groupe espagnol Prisa. Sarkozy aurait même rappelé à Fottorino qu’il y a quelques années Prisa et Lagardère voulaient monter au capital.

Voilà qui accrédite l’hypothèse née de la candidature, mercredi, d’Orange à une entrée au capital du Monde. Hier, Stéphane Richard, le patron du groupe de télécoms et ami de Nicolas Sarkozy, s’est élevé contre cette théorie : «Nous ne sommes pas […] des supplétifs inspirés par je ne sais quelle arrière-pensée.»

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Dessin de Delize

Le remontage de bretelles présidentiel a affecté Eric Fottorino qui, selon un journaliste, «avait l’air secoué». L’affaire a gagné toute la rédaction. Et hier après-midi, lors de l’assemblée générale de la Société des rédacteurs du Monde (SRM, l’actionnaire de référence du journal), le sujet a été abordé. Avec une précision d’importance : au cas où Le Monde serait repris par le trio Bergé-Niel-Pigasse, le président de la République aurait averti Eric Fottorino que l’Etat, via la Caisse des dépôts et consignations (CDC), pourrait ne pas apporter le soutien financier prévu à la modernisation de l’imprimerie du Monde. Laquelle est évaluée entre 20 et 25 millions d’euros. «Si la CDC se retire, ça peut changer la facture de 10 ou 15 millions», raconte un journaliste. C’est ce qu’il en coûterait de ne pas écouter les conseils de Nicolas Sarkozy.

 

RAPHAËL GARRIGOS, ISABELLE ROBERTS


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11 juin 2010 5 11 /06 /juin /2010 13:27

 

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Pourquoi Ségolène Royal a-t-elle choisi de rédiger une contribution à la Convention du Parti socialiste sur le nouveau modèle de développement économique, social et écologique, et pourquoi cette contribution n’a-t-elle pas été intégrée au texte validé par la Convention ?

 

La lecture de la contribution de la présidente de la Région Poitou-Charentes, après celle du texte validé par la Convention, apporte quelques éléments de réponse :

 

-la contradiction est nette entre la vision incitative et innovante de Ségolène (le "bonus vert" et non la "taxe carbone" sans moyen alternatif de transport) et la vision fiscaliste illustrée par la taxe carbone du PS, rebaptisée « contribution climat-énergie » :

 

II Comment produire ? Valoriser le travail et préserver l’environnement

 

C) La société de la création plutôt que la tyrannie de la finance

 

"Les socialistes croient dans les vertus de la fiscalité pour accélérer les indispensables changements de comportement environnementaux."

 

-la croyance de Ségolène en la croissance verte dans toutes ses composantes - elle cite, « faute de pouvoir être exhaustive », 10 filières vertes d’excellence - où le PS n'aborde le sujet que par petites touches à peine effleurées : une réflexion sur les énergies renouvelables, une sur l’agriculture « durable » ou « écologique », les termes « biologique » ou « raisonnée » n’étant pas employés, et une sur la construction de logements sociaux « aux normes environnementales les plus élevées »  ;

 

-l'aspect visionnaire de Ségolène qui se donne les moyens de réduire les Gaz à Effet de Serre (GES) de 30% à l'horizon 2020, ce qui correspond à la déclaration d'intention de l'Union Européenne à la fin du sommet de Copenhague dans la nuit du 18 au 19 décembre 2009, que Merkel ne veut plus appliquer pour "cause de crise" et de la perte de compétitivité que cela entraînerait pour son économie : le PS vise modestement -20% de CO2, l'un des 7 types de GES, soit l'ancien objectif de l'Union, repris dans la loi Grenelle I votée en 2009 ;

 

-la vision très décentralisée (régions, villes) de la croissance verte de Ségolène dans un texte dontPierre Moscovici lui-même disait que les collectivités territoriales n'étaient pas assez intégrées à la réflexion du texte ; Ségolène met en avant de nombreux exemples expérimentés en Poitou-Charentes ;

 

-la mise en avant par la présidente de la Région Poitou-Charentes des véhicules décarbonés sur près d’une page, là où le Parti socialiste ne cite que deux modes de transport alternatifs (« transports collectifs, fret ferroviaire » : 4 mots) ;

 

-la réaffirmation de la démocratie participative par Ségolène, alors que le PS ne la mentionne pas du tout ;

 

-la croyance en l'agriculture raisonnée et l'agriculture biologique, termes qui ne sont pas repris dans le nouveau modèle de développement du PS ;

 

-enfin, d'un point de vue formel, Ségolène a choisi la contribution, distincte du texte, qui lui permet de s'exprimer librement, au lieu de l'amendement, limité en taille, et à raccrocher à un endroit spécifique du texte sans entrer en contradiction avec lui.

 

Cependant, la présentation sur le site du Parti socialiste, sur la même page « Nouveau modèle de développement : revivez le direct »du texte issu de la Convention nationale du 29 mai 2010 et juste en-dessous de « La contribution de Ségolène Royal » témoigne d’une réelle évolution.

 

Frédérick Moulin

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11 juin 2010 5 11 /06 /juin /2010 13:24

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M. Erdogan, le Premier ministre turc, laissait éclater sa colère au cours d'un débat sur Gaza à Davos en janvier 2009, quittant un débat public en reprochant aux organisateurs de l'empêcher de parler après une longue intervention de M. Peres, le président israélien

L'enfant est né samedi 5 juin 2010 dans le sud de la bande de Gaza. Ses parents, un couple de Palestiniens, l'ont appelé " Erdogan ". C'est le nom de famille du premier ministre turc. Le même jour, les Gardiens de la révolution, bras armé du régime iranien, ont fait une annonce tardive, mais fracassante : ils veulent servir d'escorte aux " flottilles humanitaires " décidées à défier le blocus de Gaza.

Qu'y a-t-il de commun entre ces deux informations ? Elles se rapportent, bien sûr, au tragique abordage du navire turc Mavi-Marmara par des commandos israéliens cinq jours plus tôt. La première annonce - longue vie au bébé Erdogan ! - témoigne de l'aura croissante de la Turquie et de son premier ministre, Recep Tayyip Erdogan, dans l'opinion arabe et, particulièrement, chez les Palestiniens.

La seconde, exercice de rhétorique quasi obligé, est une manifestation de solidarité iranienne tardiveavec les Palestiniens de Gaza. Ce qui conduit à poser cette question : y-a-t-il rivalité entre Ankara et Téhéran pour le leadership au Proche-Orient ? [L'Iran et la Turquie sont les deux seuls pays non arabes de la région, NdlR] Au-delà des rapports de bon, très bon voisinage, qu'entretiennent leurs pays, Mahmoud Ahmadinejad et Recep Tayyip Erdogan sont-ils concurrents dans cette partie du monde ?

Les pessimistes affirment : la réponse n'a aucune importance. Ils tiennent la formation de M. Erdogan, l'AKP, Parti du développement et de la justice, pour un parti islamiste déguisé. On a beau le qualifier" d'islamo-conservateur ", l'AKP vient d'une scission du Refah, qui lui-même ne cachait pas ses origines : cette formation s'inspirait de l'idéologie des Frères musulmans égyptiens, la matrice de l'islamisme au Proche-Orient.

Les pessimistes diront encore que la montée en puissance de l'AKP ces dix dernières années correspond à une islamisation accélérée de la Turquie, bref, à un recul de l'héritage de Kemal Atatürk. Ils observent que l'AKP a des contacts avec le Hamas palestinien. Ils font valoir que M. Erdogan use d'un vocabulaire de plus en plus militant : d'un côté, les massacreurs (israéliens), de l'autre les martyrs (palestiniens). Ankara ou Téhéran, même radicalisme, peu de différence au fond ?

Pas sûr du tout. La vraie nature du régime akapiste est beaucoup plus complexe. C'est lui - pas les héritiers de la Turquie laïque fondée par Kemal Atatürk au début des années 1920 - qui a fait progresser la démocratie dans le pays.

Depuis l'arrivée au pouvoir de M. Erdogan en 2003la presse et l'édition sont plus libres ; on tabasse moins dans les prisons et les commissariats ; la justice est plus indépendante ; longtemps martyrisés, les Kurdes ont connu un moment de répit ; les campagnes électorales sont plus ouvertes.

Les défenseurs des droits de l'homme disent qu'il y a encore bien du chemin à faire, mais la Turquie d'Erdogan est le contraire de l'Iran d'Ahmadinejad. L'une progresse - trop lentement, peut-être - vers un Etat de droit qui la rapproche de l'Union européenne ; l'autre régresse vers une dictature militaire national-islamiste depuis le putsch de juin 2009. Erdogan serait l'équivalent musulman d'un démocrate-chrétien d'après-guerre en Europe, une sorte de Giulio Andreotti anatolien ; l'autre, Ahmadinejad, un fasciste des années 1930, ultranationaliste animé d'une idéologie totalitaire, un Mussolini perse, en maigre.

L'étrange diplomatie Erdogan est le reflet d'un profil unique. C'est celui d'un pays musulman, ancré à " l'ouest ", membre de l'OTAN, qui combat les talibans en Afghanistan, est candidat à l'Europe, n'a pas rompu ses relations avec Israël, et ambitionne d'être une puissance dominante au Proche-OrientSi l'on est chef d'Etat ou premier ministre au sein de l'UE, comment ne pas voir l'atout stratégique que représente ce curieux et imposant voisin ? Et si l'on est premier ministre israélien, mieux vaut sûrement avoir la Turquie comme champion de la cause palestinienne que l'Iran.

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Allons plus loin : c'est même cet inclassable pays, au crédit en hausse dans le monde arabe, qui a le plus de cartes pour assurer les médiations dont Israël a besoin dans la recherche de la paix avec ses voisins. Voire pour faire pression sur l'Iran.

L'Etat hébreu manque de ce type de médiateur régional. Il est, en 2010, dans une situation paradoxale. Jamais il n'a autant été connecté au vaste monde. Le tableau des départs et des arrivées à l'aéroport Ben-Gourion affiche toutes les destinations possibles. Mais Israël est toujours en conflit avec ses voisins immédiats, qu'il s'agisse de la Syrie, du Hezbollah libanais ou des Palestiniens du Hamas - avec, en toile de fond, l'ombre d'Ahmadinejad sur le chemin de l'arme atomique.

C'est là qu'intervient la question de la nature du régime Erdogan : un ennemi de plus pour ceux qui le voient en passe de se ranger dans le camp islamiste (hypothèse pessimiste) ; un intermédiaire évident, unique pour ceux qui jugent l'ambition turque plus sophistiquée et plus pacifique (hypothèse optimiste).

Pour ces derniers, dont je suis, le retour à de bonnes relations israélo-turques est important. Il y a un prix à payer pour Israël, somme toute modique : Ankara réclame une enquête internationale sur les événements du Mavi-Marmara. L'argument serait plus facile à vendre aux Israéliens si la machine à indignation était moins sélective. Si les Israéliens n'avaient pas l'impression d'être, dans cette affaire, jugés plus durement que d'autres - plus sévèrement que la Corée du Nord, bien sûr, quand elle coule une vedette sud-coréenne, faisant 49 morts, et même que les Américains lorsqu'ils tuent des villageois afghans " par erreur ".

Post-scriptum " Rencontre de deux démocraties ". C'était le thème d'un forum franco-israélien organisé la semaine dernière à Tel-Aviv par le journal Haaretz et le service culturel de l'ambassade de France en Israël, que dirige notre ancienne consoeur de Libération, Annette Lévy-Willard. Une première. Et deux jours de débats denses, riches et sans complaisance et sur lesquels nous reviendrons.


Alain Frachon

 

lemonde pet

11 juin 2010


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Published by Militants de l'Espoir à gauche - dans Actualité internationale
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