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25 juin 2010 5 25 /06 /juin /2010 14:32

 

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La réforme des collectivités territoriales a soulevé de vives protestations au sein de la gauche et notamment au sein de députés proches de Ségolène Royal, chez Jean Louis Bianco et Guillaume Garot. Outre l’ « usine à gaz » que cette réforme représente, les deux députés notaient la suppression des moyens d’action des collectivités territoriales, notamment suite à la disparittion de la taxe professionnelle, et une compensation des ressources limitée à 2010 ; « après on ne sait pas ». Ils soulignaient aussi la perte de la liberté de fixer les taux d’imposition, et donc l’opération de « re-centralisation » opérée par le pouvoir sarkozyste. Ils remarquaient que les investissements des collectivités territoriales, liés à 1 million d’emplois, allaient être durement touchés, tout comme l’emploi lui-même dans ces collectivités et dans les services publics locaux.

 

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Le 26 mai 2010, Jean-Louis Bianco intervenait à l’Assemblée Nationale :


« Vous supprimez la taxe professionnelle … et pour son remplacement on verra ensuite.Vous garantissez la compensation des ressources pour 2010 … et après on ne sait pas.[…]


En réalité, pour la première fois depuis les lois Defferre de 1982, vous ne proposez pas une décentralisation, vous opérez une re-centralisation. […]Re-centralisation à travers la perte de liberté pour les élus de fixer les taux d’imposition. Re-centralisation à travers les normes de dépense que vous voulez imposer aux collectivités locales alors que vous avez été incapables de vous les appliquer à vous-mêmes. Le déficit de 140 milliards d’euros du budget de l’Etat, ce n’est pas nous, c’est vous ! La dette de 1500 milliards d’euros, ce n’est pas nous, c’est vous !


Je vous rappelle que les collectivités locales réalisent 73 % des investissements publics. En les étranglant de trois manières : par la perte de liberté fiscale, par la diminution des dotations de l’Etat et par la contrainte sur les dépenses, c’est l’investissement public que vous allez mettre en périlUn million d’emplois directement liés aux investissements réalisés par les collectivités locales sont menacés, en particulier dans les entreprises du bâtiment et des travaux publics. L’emploi dans les collectivités locales et les services publics locaux va lui aussi être atteint.


En imposant une austérité forcée, ne vous y trompez pas, vous serez peut-être applaudis par le FMI, mais vous allez casser la fragile reprise de notre économie. »

 

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Guillaume Garot et Ségolène Royal


Le 15 juin 2010, Guillaume Garot écrivait :


« La nouvelle loi n’est qu’une usine à gaz, au profit de l’Etat, qui dépouille les collectivités locales de leurs moyens d’action. ».


Dans le même temps, les dépenses des collectivités territoriales s’alourdissent, soit du fait de transfert de coûts jusque-là pris en charge par l’Etat, soit du fait de l’impact de la crise économique actuelle : RSA, APA, PCH (Prestation de Compensation du Handicap). Le désengagement de l’Etat du tissu social (milieu associatif, …) est souvent compensé par les collectivités territoriales. Et les collectivités territoriales ne peuvent voter de budget déficitaire, contrairement à l’Etat.


C’est dans ce contexte que 58 présidents de conseils généraux à majorité de gauche lancent un appel au président de la République pour débloquer la situation d’une trentaine de départements dans l’impasse : 11 sont menacés à très court terme, et 28 pourraient l’être d’ici la fin de l’année. Seule solution proposée jusque là par le gouvernement Fillon : des avances remboursables d'urgence pour les 10 départements les plus touchés. Une réponse financière de plus à un problème structurel, comme les prêts verts du Grenelle de l'Environnement : encore faudrait-il pouvoir rembourser! En Seine Saint-Denis, qui a voté un "budget de révolte" déficitaire - interdit  par la loi, la chambre régionale des comptes propose de tailler dans les aides aux plus démunis : aide au transport des personnes âgées, et des collégiens non boursiers!

 

La solidarité nationale est gravement menacée par les manœuvres à courte vue de la majorité UMP.


F.M.

 

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lemonde pet

25 juin 2010

 

Des présidents de conseils généraux lancent un appel solennel au chef de l'Etat

Face à l'augmentation des dépenses sociales, une trentaine de départements se retrouvent dans une " impasse financière "

L'épreuve de force continue entre le gouvernement et les départements. Les 58 présidents de conseils généraux à majorité de gauche en appellent désormais au président de la République, Nicolas Sarkozy, pour débloquer la situation d'une trentaine de départements " dans l'impasse financière ".

D'ici à la fin de l'année, ces collectivités risquent de ne plus assurer le versement des prestations sociales obligatoires, le revenu de solidarité active (RSA) pour les plus démunis, l'allocation personnalisée d'autonomie (APA) pour les personnes âgées et la prestation de compensation du handicap (PCH). Selon Claudy Lebreton, le président de l'Association des départements de France, " le différentiel entre les sommes versées par les départements et celles reçues de l'Etat en compensation se monte, en 2010, à 5,5 milliards d'euros " et devrait dépasser 6 milliards, soit l'équivalent de 10 % des budgets des départements. Onze conseils généraux sont menacés à court terme et vingt-huit risquent de " ne plus pouvoir assurer les fins de mois " d'ici à la fin 2010.

" Auteurs involontaires "

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Claude Bartolone (PS), président du conseil général de la Seine-Saint-Denis et responsable d'un "budget de révolte"

Pour lancer cet appel, les présidents de gauche avaient choisi, mercredi 23 juin, le siège du département de la Seine-Saint-Denis. En avril, ce conseil général, présidé par Claude Bartolone, a, le premier, voté un budget de " révolte ", en déséquilibre de 75 millions d'euros [les déficits budgétaires sont interdits dans les collectivités territoriales, NdlR]. Des départements, comme les Côtes-d'Armor, s'apprêtent à leur tour à voter des budgets supplémentaires " insincères. " Certains présidents d'exécutifs ont commencé à tailler dans les dépenses de la culture, du sport ou de la vie associative et à réduire les investissements dans les routes, les collèges et les aides aux communes. Président du conseil général de Saône-et-Loire, Arnaud Montebourg a adopté un plan d'économies de 56 millions d'euros sur un budget de 640 millions d'euros. " Nous sommes les auteurs involontaires de plans de récession que l'Etat nous impose ", s'indigne-t-il. Dans le Val-de-Marne, Christian Favier, président (PCF), évalue le manque à gagner en 2010 à 70 millions d'euros, soit " le quart du budget d'investissement. L'Etat veut nous obliger à renoncer à nos services publics ", a-t-il déploré.

Des présidents de conseils généraux agitent la menace de suspendre, dès l'automne, le versement des crédits du RSA, lorsque les montants dépassent les sommes transférées par l'Etat. Cette mesure ne vise pas les allocataires, mais les caisses d'allocations familiales qui en assurent le versement. Président du conseil général des Landes, Henri Emmanuelli a ainsi constaté que le montant des prestations a augmenté de 30 % alors que le nombre d'allocataires est lui en hausse de 10 %. " Si les départements ne peuvent plus payer, c'est à l'Etat d'assurer la continuité ", a assuré M. Bartolone. Le 1er juin, le premier ministre François Fillon, a promis des aides d'urgence au profit de la dizaine de départements les plus exposés, sous la forme d'avances remboursables.

Les présidents de gauche qui jugent cette proposition " insuffisante " veulent engager la nouvelle procédure de question prioritaire de constitutionnalité à propos de l'autonomie de gestion des collectivités locales. Avant cela, ils misent sur le dépôt, mi-juillet, d'une proposition de loi qui permettrait de dresser un constat réel des transferts et établir de nouvelles relations entre l'Etat et les départements.

LA SEINE-SAINT-DENIS REFUSE DE RÉDUIRE SES AIDES

Le conseil général de la Seine-Saint-Denis s'apprête à rejeter les conclusions de la chambre régionale des comptes, qui l'enjoint de rétablir l'équilibre de son budget. En avril, l'assemblée départementale présidée par le socialiste Claude Bartolone avait voté un budget de " révolte " jugé " insincère ", en déficit de 75 millions d'euros sur un montant total de 1,5 milliard.

Dans un avis qui devrait être examiné vendredi 25 juin, les magistrats financiers ont formulé diverses propositions pour réduire les dépenses, notamment la limitation aux seuls élèves boursiers de l'aide aux transports des collégiens ou encore la réduction des aides aux transports des personnes âgées.

En cas de désaccord persistant, le préfet pourrait imposer l'exécution d'un budget en équilibre. M. Bartolone a déjà annoncé son intention de saisir le tribunal administratif.

Michel Delberghe


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25 juin 2010 5 25 /06 /juin /2010 11:02

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Un service public de la petite enfance de qualité ne se réduit pas à la garde du jeune enfant. C’est un enjeu de société majeur, comme cela a été décrit dans l’analyse du problème des retraites (Retraites : la place de la femme, plus de jeunes, les bonus, les stock-options et les actions gratuites) basée sur les travaux de Christiane Marty, féministe et membre du conseil scientifique d’ATTAC (cliquez ici pour accéder à son étude d’avril 2010, page 6). En effet, un service public de la petite enfance de qualité touche :

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-au développement de l’éveil social précoce de l’enfant, complémentaire de l’éveil apporté par les parents, permettant à celui-ci de se construire ultérieurement ;

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-à l’égalité hommes-femmes, donnant la possibilité, avec un service d’aide à la dépendance – la garde de nos aînés incombe souvent aux femmes au foyer, aux femmes de travailler si elles le désirent : le taux d’activité des femmes entre 30 et 55 ans est de 15 points inférieur à celui des hommes ;

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-au monde du travail : un service public de la petite enfance de qualité, ce sont des personnes qualifiées et spécialisées pour entourer le jeune enfant, au travail reconnu par la société et payé par un salaire revalorisé, pas un service de garde privé déconsidéré et sous-payé ;

-au problème des retraites : un service public de la petite enfance de qualité, couplé à un service d’aide à la dépendance, ce sont des femmes qui peuvent travailler en plus grand nombre car libérées de contraintes – donc des salaires de plus, ce sont des personnels de ces services plus nombreux et mieux payés – donc des salaires supplémentaires, ces sont des enfants probablement plus nombreux et mieux insérés dans la société donc mieux formés – donc une masse salariales future accrue. L’augmentation de la masse salariales, à court ou à moyen terme, entraînera une hausse des cotisations donc des ressources supplémentaires pour le régime des retraites.

Pour toutes ces raisons, un service public de la petite enfance de qualité est vital pour notre société et notre avenir.

Frédérick Moulin


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lemonde pet

23 juin 2010

 

Petite enfance : le gouvernement fait le choix d'un accueil au rabais

Avec la parution, le 7 juin, du décret " relatif aux établissements et services d'accueil des enfants de moins de 6 ans ", le gouvernement poursuit son entreprise de déréglementation et de déqualification du secteur de la petite enfance au moment même où de nombreuses voix se font entendre pour souligner l'enjeu éducatif, social et même économique de l'accueil des jeunes enfants dès les premières années de la vie.

Le gouvernement est donc resté sourd au vaste mouvement de protestation de ces derniers mois, inédit dans ce secteur, qui a rassemblé des professionnels (puéricultrices, auxiliaires de puériculture, éducateurs et éducatrices de jeunes enfants, psychologues...), des élus, des représentants d'associations professionnelles et des collectivités, des chercheurs et des parents. Des dizaines de milliers de personnes se sont ainsi mobilisées, dans toute la France, avec une certaine idée de l'intérêt des enfants et de l'intérêt général, pour tenter d'enrayer la détérioration programmée des conditions de travail et d'accueil dans les établissements.

Après les déclarations tonitruantes, aujourd'hui enterrées, du président de la République sur l'instauration d'un droit de garde opposable, la baisse des normes d'accueil est donc le moyen paresseux et pernicieux qu'a trouvé le gouvernement pour multiplier des places, comme on multiplie les petits pains, des places au rabais qui introduisent la logique " low cost " dans les établissements d'accueil des jeunes enfants.

Ce décret va en effet permettre un accueil en surnombre des enfants jusqu'à 120 % de la capacité de l'établissement. Ce surbooking ne manquera pas d'accentuer la pression sur les personnels, tandis que les enfants seront priés de se serrer comme des sardines. De plus, plutôt que de se donner véritablement les moyens de répondre à l'absurde pénurie de personnels formés aux différents métiers de la petite enfance, le décret revoit les exigences de qualification des personnels à la baisse (la part obligatoire de personnels qualifiés dans les crèches et haltes-garderies passera de 50 % à 40 %).

Enfin, de nouvelles structures, appelées " jardins d'éveil ", sont créées : ouvertes aux enfants entre 2 et 4 ans, elles offriront un encadrement moindre que les crèches (1 adulte pour 12 enfants contre 1 adulte pour 8 enfants) et elles seront payantes, alors que les écoles maternelles sont gratuites.

Mais ce décret n'est pas un acte isolé, d'autres mesures gouvernementales procèdent de cette même logique d'abaissement des normes de qualité. L'accueil à domicile n'est pas en reste. Citons la décision prise en décembre 2008 (loi sur le financement de la Sécurité sociale pour 2009) de permettre aux assistantes maternelles d'accueillir simultanément à leur domicile jusqu'à quatre enfants et non plus trois : la sécurité des enfants est là clairement mise à mal, notamment lors des déplacements à l'extérieur en milieu urbain. Ou encore la loi du 27 mai portant création de maisons d'assistantes maternelles, qui permet à plusieurs assistantes maternelles (jusqu'à quatre), d'accueillir jusqu'à seize enfants, sans projet collectif ni encadrement spécifique, à la différence de tous les modes d'accueil collectif existants.

Le tableau ne serait pas complet si on n'y ajoutait le refus du gouvernement, en janvier 2010, d'exclure le secteur de la petite enfance du champ de la directive européenne sur les services, qui doit être transposée dans le droit national pour instaurer une mise en concurrence dans le domaine des services. Là aussi, le gouvernement est resté sourd à la vaste mobilisation des professionnels, des associations et des collectivités locales qui demandaient de protéger le secteur de la petite enfance, au même titre que le service d'éducation.

L'ensemble de ces mesures concrétise la volonté gouvernementale de créer des places au rabais, en sacrifiant la qualité de l'accueil et en transférant une partie de la charge financière aux familles et aux collectivités locales. Elles procèdent d'une conception réduisant l'accueil des jeunes enfants à une simple garde.

Une autre approche de la politique de la petite enfance est pourtant nécessaire. Car l'enjeu est éducatif, social, mais aussi économique. De nombreuses études, comme celle du Prix Nobel James Heckman, sont venues confirmer que les capacités d'un individu à s'insérer socialement et à acquérir une qualification sont largement déterminées par sa petite enfance, et que les actions d'éveil menées dans les crèches collectives permettent de lutter contre les inégalités sociales.

De plus, l'absence de solution satisfaisante d'accueil des enfants est un facteur important d'éloignement des femmes du marché du travail ; elle est même destructrice d'emplois. Les chercheurs Eric Maurin et Delphine Roy estiment que 100 000 places de crèche permettent, à l'inverse, de préserver 15 000 emplois, et concluent que la création de places en crèche est économiquement rentable.

Une autre politique de la petite enfance est possible. Des collectivités locales ont fait le choix d'un investissement massif en faveur du développement de l'offre d'accueil sans rogner sur la qualité.

Ainsi, à Paris, en dépit des contraintes financières et foncières, plus de 10 000 places seront créées sur la période 2001-2014, portant le niveau d'accueil en structure collective à plus de 50 % des enfants de moins de 3 ans (contre 10 % au niveau national). Des mesures sont également prises pour développer un accueil à domicile de qualité.

De plus, la Ville de Paris a pris l'initiative en 2008 d'une convention tripartite avec la région et l'académie de Paris pour augmenter le nombre de personnels formés aux métiers de la petite enfance, faciliter les recrutements et contribuer à sortir de cette situation paradoxale de déficit de personnels formés alors que le chômage fait rage, en particulier chez les jeunes.

Au niveau national, les besoins en matière d'accueil des enfants de moins de 3 ans sont évalués à une fourchette comprise entre 300 000 et 500 000 places. Nous appelons donc à un véritable " plan Marshall " de développement de l'accueil collectif, auquel une nouvelle majorité devrait s'atteler dès 2012, pour initier d'autres choix que ceux pris actuellement.

Nous proposons une politique progressiste qui garantit l'égalité femmes-hommes, car aujourd'hui ce sont les femmes qui cessent leur activité professionnelle lorsqu'il n'y a pas de solution d'accueil pour leur enfant, une politique qui assure l'égalité des chances pour les enfants, la période de la prime enfance étant déterminante pour leur développement.

De même, l'expérience de certains pays scandinaves doit nous inspirer : la petite enfance y est considérée comme la première marche du système éducatif. Ce système qui investit le plus dans l'éducation dès la petite enfance est celui qui bénéficie des meilleures comparaisons internationales tout au long de la chaîne éducative.

Il serait temps que nos dirigeants politiques nationaux suivent ces exemples. Nous n'en prenons hélas pas le chemin. Il appartient donc aux forces progressistes de notre pays de proposer une alternative crédible, avec la perspective pour la prochaine législature d'un véritable service public de la petite enfance.

Christophe Najdovski

Adjoint au maire de Paris

 (Les Verts)

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24 juin 2010 4 24 /06 /juin /2010 12:58

Il y a quelque chose de pourri dans le royaume de France. Cela viendrait-il du Palais ? À Radio France, deux humoristes ont été retirés de la grille de programmation : Stéphane Guillon a été remercié, et Didier Porte a été licencié (Après Guillon, Didier Porte renvoyé de France Inter, Le Monde.fr, 23 juin 2010).

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Stéphane Guillon et Didier Porte

Dans le même temps, le PDG de Radio France, Jean-Luc Hees, désigné à ce poste par le président de la  République, accorde une interview au journal Le Monde (Jean-Luc Hees : " Je ne m'appelle pas Domenech ", Le Monde daté du 24 juin 2010), extrait  :

« La saison de France Inter a été ponctuée par les polémiques autour des chroniques de Stéphane Guillon et, dernièrement, de Didier Porte. Les auditeurs les retrouveront-ils dans la nouvelle matinale de septembre ?

Non, car je ne m'appelle pas Raymond Domenech ! J'ai eu de nombreuses discussions avec M. Guillon à propos de ses chroniques. Si l'humour se résume à l'insulte, je ne peux le tolérer pour les autres mais aussi pour moi. Quel patron d'une grande entreprise accepterait de se faire insulter par un de ses salariés sans le sanctionner ? J'ai un certain sens de l'honneur ; je ne peux accepter que l'on me crache dessus en direct.

L'humour ne doit pas être confisqué par de petits tyrans. Je prends cette décision non pas sur une quelconque pression politique mais en m'appuyant sur des valeurs minimales d'éducation et de service public. Je considère que cette tranche d'humour est un échec. Elle a montré une grande misère intellectuelle, dont je ne m'accommode pas. Il n'y aura pas de changement d'horaire ni de remplaçants. Ce qui ne fait pas rire à 7 h 55 ne me fera pas plus rire à 3 heures du matin. Je sais qu'en prenant cette décision il y a un risque. Mais j'assume ! »

Mais les « petits tyrans » ne sont pas ceux qu’on croit : à Jean-Luc Hees, on peut ajouter Philippe Val, directeur de France Inter. Pourtant, ce dernier est également un ancien humoriste, ancien de Charlie Hebdo ; mais sa nature autoritaire et dirigiste, ses méthodes contestées étaient connues de la profession. Déjà, en 2008, il licenciait, causant un scandale parmi les humoristes et les caricaturistes, Siné de Charlie Hebdo, pour avoir osé dire à propos de Jean Sarkozy :

« Jean Sarkozy vient de déclarer vouloir se convertir au judaïsme avant d’épouser sa fiancée juive et héritière des fondateurs Darty […] Il ira loin ce petit ! ».

Philippe Val, après la chronique du 20 mai 2010 de Didier Porte, envoyait une note interne écrite avec Laurence Bloch, nommée par Jean-Luc Hees aux côtés de M. Val suite à des « maladresses », aux producteurs, journalistes et chroniqueurs de France Inter (Val enfonce Porte dans une note interneLibération, 10 juin 2010) :

«À plusieurs reprises, au cours de ces dernières semaines, l’antenne a été instrumentalisée à des fins personnelles, au mépris de l’intérêt général. Récemment encore, un chroniqueur a répondu sur l’antenne de France Inter à des médias extérieurs à Radio France qui le mettaient en cause […]. Ceci est intolérable et sera désormais sanctionné comme il se doit.»

La personne visée était Didier Porte, qui avait lancé dans le Fou du Roi sur France Inter : « J’ai l’impression que je vais avoir du temps libre. »

 

Le sketch de Stéphane Guillon résumant le mieux la situation à France Inter

 

 

Dans le même temps, la tension augmente entre Laurence Bloch et Philippe Val d’une part, et la rédaction d’autre part, deux programmes « emblématiques » selon la société des journalistes (SDJ) étant supprimés dans la grille de rentrée, après l’arrêt sans remplacement de la tranche d’humour de Stéphane Guillon : « Et pourtant elle tourne », décryptage quotidien de l’actualité internationale, et « Esprit critique », magazine culturel. Le 17 juin, les journalistes de France Inter ont voté une motion contre M. Val et Mme Bloch, à plus de 60 voix sur une centaine (Les choix de la direction pour les programmes de rentrée provoquent la colère des journalistes de France Inter, Le Monde.fr, 19 juin 2010).

Les langues commencent à se délier. Guy Bedos, qui se considère comme le « parrain » de Stéphane Guillon, ne reconnaît plus Le Philippe Val qui lui était familier il y a encore quelques années ; il en va de même pour Guy CarlierStéphane Bern, qui anime le Fou du Roi, a apporté son soutien à Didier Porte et a pris rendez-vous avec Jean-Luc Hees pour plaider sa cause ; le public du Fou du Roi a sifflé la direction.

Et tous ces événements sont rapportés dans Le Monde.fr, qui vient de recevoir 2 offres de reprise : dans l’une d’elle, France Télécom, dont le directeur général est Stéphane Richard, l’ancien directeur de cabinet de Christine Lagarde de 2007 à 2009, doit reprendre l’intégralité du journal électronique, Le Monde.fr, pour 20 millions d’euros… (voir l’article Sarkozy pris la main dans «le Monde»)

La nuit dernière, sur 60 réactions à l’article ci-dessous, 80% critiquaient le licenciement des deux humoristes, 18% étaient bien contents, et 2% … n’avaient pas d’avis.

F.M.

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lemondefr pet

23.06.10 | 13h34

 

Stéphane Guillon, deux ans de polémiques

Arrivé en janvier 2008 pour assurer la chronique humoristique de France Inter les lundi, mardi et mercredi, Stéphane Guillon a été remercié par Jean-Luc Hees et ne sera donc pas présent à la rentrée 2010. Depuis sa chronique de février 2009 sur les mœurs de Dominique Strauss-Kahn, l'humoriste était devenu la bête noire de la direction de Radio France. Dès lors, Stéphane Guillon a multiplié les coups d'éclat, tirant aussi bien sur les politiques que sur ses relations avec Jean-Luc Hees et Philippe Val, le directeur de France Inter. Retour sur ces temps forts.

DSK ET AUBRY "LE PETIT POT À TABAC"

Le 17 février 2009, Dominique Strauss-Kahn est présent dans les studios de France Inter. Juste avant le début de son interview, Stéphane Guillon, dans sa chronique, intime aux employées de la radio de se mettre à l'abri, faisant allusion à la liaison du président du FMI avec l'une de ses subordonnées.

 

 

 

Dominique Strauss-Kahn goûte peu ces attaques et le fait savoir au début de son interview. "J'ai assez peu apprécié les commentaires de votre humoriste. Les responsables politiques ou d'action publique comme moi ont le droit – ou même le devoir – d'être critiqués par les humoristes. Mais l'humour, c'est pas drôle quand c'est principalement de la méchanceté..." La direction de France Inter présente ses excuses au président du FMI, tout en rappelant la liberté de l'exercice. Sur Internet, la vidéo est visionnée plus de 36 000 fois en moins de six heures.

Le lendemain, c'est au tour de Martine Aubry d'être de nouveau comparée à un "petit pot à tabac",comme dans une ancienne chronique de Guillon passée alors plutôt inaperçue.

 

 

Avec cette chronique, l'humoriste prévient qu'on ne pourra pas le censurer, et il s'en donnera à cœur joie au cours des mois suivants, imaginant par exemple la mort de Nicolas Sarkozy dans un crash d'avion, après la mort du président polonais Lech Kaczynski.

 

 

 

"LES YEUX DE FOUINE" D'ÉRIC BESSON

"Mata Hari de la politique française", Eric Besson est dépeint par Stéphane Guillon en mars 2010 comme "une taupe"ayant infiltré la gauche puis la droite pour le compte du Front national grâce à ses"yeux de fouine" et son "menton fuyant".

 

 

 

Interviewé sur le plateau quelques minutes plus tard, Eric Besson réagit vivement. Le ministre de l'immigration dénonce une précédente chronique sur les mariages gris :"Venant d'une autre radio et venant d'un autre personnage, on aurait dit qu'elle était raciste." Il enfonce le clou en visant la direction de France Inter. " Lorsque je parle comme je suis en train de le faire, je sais très bien que je lui fais de la publicité, je sais très bien qu'on va le considérer comme un martyr et qu'au nom de l'humour, il a le droit de tout dire. Or, l'époque souffre de ça : il faut arrêter les amalgames, il faut arrêter les anachronismes. La responsabilité de France Inter comme radio de service public, je pense que vous devriez y réfléchir."

La direction de Radio France ne tarde pas à présenter ses excuses au ministre. L'avenir de Stéphane Guillon à l'antenne devient incertain.

"AVERTISSEZ-MOI S'IL VOUS PLAÎT"

Fin mai 2010, Didier Porte, qui réalise la chronique humoristique le jeudi, est au cœur d'une polémiquepour avoir fictivement conseillé à Dominique de Villepin de répéter après lui la phrase "J'encule Sarkozy". Son avenir sur France Inter est remis en question après sa convocation dans le bureau de Philippe Val, où il écope d'un avertissement. Stéphane Guillon, prétextant "bouder" de ne pas avoir été mis à la porte alors que ses chroniques font déjà grand bruit, défie sa direction.

"Si je dis que je sodomise le président ça fait un avertissement. Mais si je dis que je sodomise le président qui a des yeux de merlan frit : attaque physique, deuxième avertissement !"

 

 

 

Le 23 juin 2010,  Jean-Luc Hees révèle au   l'éviction de Stéphane Guillon de l'antenne, et la disparition de la tranche humour dans la matinale. Et Didier Porte annonce son "licenciement" à l'AFP. Ultime provocation, Stéphane Guillon tire sa révérence en évoquant "France Inter en burqa".

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24 juin 2010 4 24 /06 /juin /2010 01:04

 

L'indépendance des médias est le socle de la démocratie

 

L'innovation et l'économie du savoir, qui seront les moteurs de la croissance du XXIe siècle en France et dans les autres pays développés, requièrent un Etat moderne. Or, sans médias libres, il n'y a pas d'Etat moderne.

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Dessin de Martin Vidberg (www.martinvidberg.com)

Des études économiques récentes ont ainsi montré que les pays où les médias sont réellement indépendants et où il existe un pluralisme de l'information sont également les pays où la classe politique est la moins corrompue et, une chose entraînant l'autre, où les gouvernements mettent en oeuvre des politiques publiques plus efficaces et plus favorables au savoir et à l'innovation.

À l’aube du XXIe siècle, la France se trouve à la croisée des chemins : souhaitons-nous entrer pleinement dans la modernité, à l'image de la Suède, universellement reconnue pour son haut niveau de capital humain, le dynamisme de son économie dans la concurrence internationale, l'indépendance de ses médias et son très bas niveau de corruption ? Ou bien veut-on imiter l'Italie ou la Russie, où le pouvoir s'oppose à l'existence de médias réellement indépendants et tire profit de leur mise sous contrôle ?

L'actualité récente - notamment le débat sur les cumuls de rémunérations de certains ministres - nous rappelle, chaque jour, que dès lors que les journalistes sont libres d'exercer leur métier sans craindre d'être licenciés par complaisance à l'égard de l'exécutif, alors la presse peut influer sur le cours des choses et forcer les pouvoirs publics à améliorer l'efficacité de l'action gouvernementale.

Économistes de toutes sensibilités, lecteurs du Monde, contributeurs occasionnels ou réguliers, parfois en désaccord avec ses choix éditoriaux mais attachés à l'indépendance de ce quotidien, indépendance qui fait sa marque de fabrique depuis sa création par Hubert Beuve-Méry à la Libération, nous voulons rappeler l'importance de celle-ci pour notre démocratie mais aussi pour la modernité de notre économie et de notre société.

Or, l'indépendance du Monde est aujourd'hui menacée. Fragilisé par la crise, lesté d'une dette insupportable, le groupe est devenu vulnérable. Tous les pouvoirs, publics ou privés, qui seraient tentés d'en profiter pour attenter à son indépendance et à son histoire doivent réfléchir à leurs responsabilités. Dans quelle société, avec quel niveau de liberté et de prospérité, veulent-ils que nos enfants vivent ? Pour nous, la poursuite de l'indépendance du Monde passe par le respect, par les actionnaires qui participeront à son indispensable recapitalisation, de trois conditions :

1. Mettre des moyens financiers suffisants pour permettre au Monde non seulement de survivre, mais d'investir.

2. S'engager sur la totale indépendance de la rédaction, cela ne préjugeant en rien des contraintes budgétaires que la relance de " notre " quotidien rend incontournables.

3. Plus important encore, dénoncer publiquement toute intervention politique, de quelque bord qu'elle soit, pendant la durée des négociations. Pour nous, l'information libre et indépendante, telle qu'Hubert Beuve-Méry l'a conçue et qui a conduit à l'aventure du Monde, reste un bien public indispensable. Qu'il nous faut défendre aujourd'hui plus que jamais.

 

Philippe Aghion, professeur à Harvard ;

Yann Algan,, professeur à Sciences Po ;

Jean-Paul Betbeze,, professeur à Paris-II ;

Julia Cage, économiste à l'Ecole normale supérieure ;

Pierre Cahuc, professeur à l'Ecole polytechnique ;

Gilbert Cette, professeur à Aix-Marseille ;

Jean-Michel Charpin, inspecteur général des finances ;

Jean-Marie Chevalier, professeur à Paris-Dauphine ;

Daniel Cohen, professeur à l'Ecole normale supérieure ;

Elie Cohen, directeur de recherche au CNRS ;

Mathias Dewatripont, recteur de l'école de commerce Solvay ;

Enisse Kharroubi, professeur à l'Ecole d'économie de Paris ;

Patrick Legros, professeur à l'Université libre de Bruxelles ;

Jean-Hervé Lorenzi ;

Philippe Martin, professeur à Sciences Po ;

Erik Orsenna, Prix Goncourt ;

Olivier Pastré, professeur à Paris-VIII ;

Edmund Phels, Prix Nobel d'économie ;

Thomas Philippon, professeur à New York University ;

Thomas Picketty, directeur d'études à l'Ecole des hautes études en sciences sociales ;

Jean Pisani-Ferry ;

Romain Rancière, professeur à l'Ecole d'économie de Paris ;

Dominique Roux ;

Emmanuel Saez, professeur à Berkeley ;

André Sapir ;

David Thesmar, professeur à HEC.

lemonde pet
23 juin 2010
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23 juin 2010 3 23 /06 /juin /2010 12:08

 

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Ségolène Royal, Vice-Présidente de l’Internationale socialiste, est intervenue à New York le 22 juin en présence de George Papandreou devant le Conseil de l’Internationale socialiste.  

 

On peut retenir de ce discours trois points fondamentaux :

 

1) Pour un ordre international juste

Dénonçant avec précision les mécanismes perfides et les dangers que font courir à la planète « les noces vénéneuses de la mathématique financière, sous l’égide de la cupidité maximale », Ségolène Royal appelle l’Internationale à mener la bataille idéologique en faveur de la régulation et contre la loi du marché.

 « A côté des mœurs inchangées du système financier mondial, l’escroquerie de Madoff passe pour un aimable bricolage ! »

Alors que « la planète tremble parce que des financiers sans vergogne voient dans l’endettement public un nouveau champ d’activités profitables », la socialiste veut rétablir le poids des Etats pour un ordre international juste. Elle soutient les projets de taxation des banques frauduleuses et des transactions financières.

 

2) Pour une politique de relance

Condamnant la politique de recul des Etats face aux injonctions du marché, qui mettent en place des « plans d’austérité punitifs » contre les peuples avec le soutien du FMI, la socialiste veut au contraire favoriser une politique de relance salariale.  Le FMI n’a « rien appris » déclare-t-elle en préférant apporter tout son soutien à la mise en garde lancée par Barack Obama. « Notre priorité commune doit être la relance » contre « les salaires écrasés et la précarité généralisée ». Des salaires qui ont été « excessivement comprimés », « au prétexte d’ une course obsessionnelle à la compétitivité ». On retrouve là tout l’engagement de la socialiste pour redonner un sens au politique en faveur du droit des peuples à exister dignement.   

 

3) Pour un nouveau modèle de société

Prônant une nouvelle donne socialiste, Ségolène Royal refuse un socialisme qui n’offrirait d’autre choix qu’ « une adaptation forcée à une globalisation financière destructrice des solidarités ». Elle appelle au contraire à un nouvel internationalisme car précise-t-elle « nous n’avons pas seulement à atténuer les chocs, à corriger ou adoucir à la marge, mais à combattre pour un nouveau modèle de société et de civilisation ».

Ainsi, Ségolène Royal veut redonner une ambition à l’Internationale socialiste, à la mesure de cette organisation historique, pour défendre un nouveau modèle de développement, qu’elle développe en cinq clefs. « C’est le sens du combat de nous, socialiste ».

 

Philippe Allard


Pour lire le texte complet de son intervention : http://motione.over-blog.com/article-intervention-de-segolene-royal-a-new-york-52816272.html

 

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23 juin 2010 3 23 /06 /juin /2010 11:52
Mardi 22 juin 2010 2 22 /06 /2010 18:52

Chers amis de l'Internationale socialiste, Cher George Papandreou

Je suis heureuse de conduire la délégation française et d'être accompagnée par Jean-Christophe Cambadelis et Guillaume Garot, parlementaires. Nous voici de nouveau dans ce lieu symbolique, l'enceinte des Nations Unies à New York, où nous nous étions déjà retrouvés en septembre 2009, autour de notre Président, George Papandreou, qui était alors engagé dans la dernière ligne droite d'une campagne électorale couronnée, quelques jours plus tard, par une belle victoire dont nous tous, les socialistes, avons été heureux et fiers. Merci de ta présence malgré la lourdeur de ta tache.

A l'époque et depuis déjà plus d'un an, le monde accusait durement le coup de la crise qui ébranlait tout le système financier, impactait violemment nos économies, y réduisait l'investissement et détruisait brutalement nos emplois : 10 millions d'emplois supprimés en priorité aux Etats-Unis et en Europe. Cupidité, irresponsabilité, opacité, cécité des « élites » économiques et politiques, et pour finir extrême vulnérabilité collective aux errements d'une finance ivre d'elle-même : le tableau était sombre et nous pensions avoir vécu le pire. L'avenir, hélas, nous réservait d'autres épisodes.

L'enjeu est aujourd'hui de retrouver la croissance économique. Les politiques de rigueur qui se mettent en oeuvre partout en Europe, et notamment en France avec les sacrifices imposés aux moyens et bas revenus, sont un danger pour la croissance. C'est ce que Barack Obama a écrit aux dirigeants du G20, à quelques jours du sommet de Toronto : « Nous devons agir ensemble pour renforcer la reprise. Nous devons nous engager à rétablir des finances publiques viables à moyen terme; et nous devons parachever l'oeuvre de réforme et d'assainissement financier »

De cette tribune de l'Internationale socialiste, je lance un appel aux dirigeants du G20 pour qu'ils écoutent la mise en garde de Barack Obama : tenons compte des erreurs du passé. Ne provoquons pas la récession par un excès des mesures de rigueur. Notre priorité commune doit être la relance. L'Internationale socialiste doit le soutenir.

1.- Tout a recommencé comme avant : la récidive


Que s'est-il passé depuis le début de la crise ? Tout a recommencé comme avant. Quelques réformettes mineures, plus cosmétiques que réelles, ont touché ici quelques paradis fiscaux, là quelques rémunérations excessives.
On a promis des règles qui tardent à venir or, plus elles tardent, plus elles seront difficiles à mettre en place car les lobbys financiers ont, très vite, repris des forces.
On a renfloué les banques : 2.000 milliards de prêts et garanties dans l'espoir d'éviter le blocage complet du crédit et l'effondrement de l'activité économique.

Et qu'ont-elles fait ? Elles ont récidivé, recommencé à spéculer grâce à l'argent public, à encaisser de super-profits et à se distribuer de super-dividendes. La quantité actuellement en circulation dans le monde de produits financiers dérivés, dont on a vu l'extrême toxicité, est plus importante qu'au moment de la chute de Lehman Brothers ! Les hedge funds devaient être encadrés avant la fin 2009, conformément aux recommandations du G 20 de Londres : il n'en a rien été et les actifs qu'ils gèrent ont explosé ces derniers mois, frôlant le record absolu de 2007.

Selon le patron d'Euronext, l'opacité des transactions financières s'est accrue depuis 2008. Quant aux agences de notation (dont un document de 580 pages récemment remis au Sénat américain détaille l'aveuglement et les turpitudes), leur chiffre d'affaire 2009 a été au zénith, ce qui leur a permis de débourser 3 millions de dollars pour que les meilleurs lobbyistes plaident leur cause à Washington. En France, le responsable d'une grande organisation syndicale, la CGT, les a taxées de « milices privées » du capitalisme financier : le mot est juste. L'Europe réfléchit à la création d'une Agence publique de notation : cela va dans le bon sens mais il y a urgence.

Le marché financier mondial est 10 fois supérieur au PIB mondial : il ne peut donc fonctionner que par bulles et enrichissement artificiel. C'était vrai avant 2008 et ça l'est plus que jamais aujourd'hui. A côté des moeurs inchangées du système financier mondial, l'escroquerie de Madoff passe pour un aimable bricolage !

2.- L'arrogance vite retrouvée des banques


« Circulez, il n'y a rien à voir » : tel a été, très vite, le message des banques à l'égard des Etats qu'elles avaient appelés au secours et qui leur avaient sauvé la mise, nationalisant hélas les passifs plutôt que les actifs et n'assortissant guère leurs largesses d'une prise de contrôle correspondante.

Dans mon pays, dès le mois de novembre 2009, le directeur général d'une des plus grandes banques de la place déclarait avec aplomb : « la crise financière est terminée ». Mensonge : un nouveau coup de grisou était déjà en gestation dans un système remis à flot mais inchangé. On avait bien sécurisé mais oublié de réformer.

3.- Spéculation : de la dette privée à la dette publique


Alors, après les spéculations calamiteuses sur la dette privée, sont venues celles sur la dette publique des Etats. Ahurissant scénario où les fauteurs de la 1ère crise, dont les conséquences récessives ont amputé les recettes fiscales des Etats et creusé leurs déficits, se sont rués sur un nouveau terrain de jeu : les dettes souveraines.

Nos amis grecs en ont été, en février dernier, la première cible. D'autres pays suivent et nul ne sait, aujourd'hui, où s'arrêtera l'effet domino. L'Europe, cette fois-ci, est en première ligne.

Les 6 et 7 mai derniers, on a frôlé la débâcle généralisée des marchés financiers, aggravée par les ratés du système de spéculation automatique ultra-sophistiqué qui travaille au millionième de seconde et que plus personne ne maîtrise. Le prochain krach financier pourrait bien être un accident systémique intégral affectant ce High Frequency Trading (Trading à haute fréquence) qui a traité, en 2009, 73% des actions échangées sur le marché américain et devrait, en Europe, en traiter bientôt 60%.

Jamais la déconnexion de la finance et de la réalité n'a été poussée si loin. Jamais les noces vénéneuses de la mathématique financière et de la révolution informatique, sous l'égide de la cupidité maximale, n'ont fait courir au monde autant de dangers.

4.- Plans d'austérité : les marchés financiers dictent leur loi


Plus arrogants que jamais, les marchés dictent aujourd'hui leur loi aux Etats. On lit dans la presse des phrases surréelles comme « les marchés exigent... les marchés imposent... les marchés vont contraindre tel Etat à telle politique ». On y lit aussi que les marchés ont leurs humeurs : un jour ils sont « nerveux », un jour ils sont « rassérénés », un autre ils « s'impatientent ».

Et la planète tremble parce que des financiers sans vergogne voient dans l'endettement public un nouveau champ d'activités profitables, non seulement en prêtant aux Etats à des taux parfois usuraires mais en recommençant à élaborer sur ces prêts de juteux produits dérivés cependant que l'économie réelle bat de l'aile et s'étouffe. Et les voilà spéculant à la hausse sur les taux d'intérêt des emprunts d'Etat, les forçant à des plans d'austérité qui remettent au goût du jour la vieille rengaine de l'Etat minimal, dont la violence s'abat sur les plus fragiles et dont on peut déjà pronostiquer qu'ils seront un handicap de plus pour le retour de la croissance.

On se croirait revenu aux temps du consensus de Washington ! C'est d'ailleurs pourquoi nos amis d'Amérique latine, brésiliens et argentins en particulier, n'en reviennent pas : c'est à croire, nous disent-ils, que l'Europe et le FMI n'ont rien appris, rien compris des années noires qu'ils ont traversées avant nous, avec leur panique sur la dette, leur spéculation effrénée sur les marchés financiers, leurs rumeurs alarmistes des agences de notation, les prêts tardifs du FMI assortis d'exigences tellement drastiques qu'elles en étaient économiquement contre-performantes, socialement insupportables et ont favorisé la fuite des capitaux organisée par ceux qui savaient que ce n'était pas tenable.

5.- Taxer les banques fauteuses de crise


Une nouvelle régulation doit donc voir le jour sans délai. Et aussi les projets de taxation des banques fauteuses de crise qui doivent impérativement être dissuadées de prendre des risques excessifs que payent ensuite les entreprises, les consommateurs et les contribuables (je parle là en priorité des banques européennes et nord-américaines car je comprends bien, comme me l'a dit le Président Lula, que des banques comme les brésiliennes qui n'ont aucune responsabilité dans la crise trouvent amer d'être taxées comme celles qui l'ont déclenchée).

Et aussi le projet de taxation sur les transactions financières (600 milliards de dollars s'échangent chaque jour sur les marchés financiers), né du côté des mouvements altermondialistes et dont les socialistes doivent être les ardents promoteurs afin que cette taxe soit universelle. Tout cela est nécessaire et doit être fait sans plus tarder.
J'espère que le sommet tout proche de Toronto comme l'a dit georges papendreiy permettra de lever les désaccords et les malentendus qui se sont exprimés au sujet de ces taxes légitimes.

Mais cela ne suffira pas. Il nous faut agir sur la racine de cette folie financière si nous ne voulons pas, comme on disait en 1929, « gâcher une crise » car d'une crise peut sortir le pire ou le meilleur c'est à dire laisser intacts les germes de nouvelles crises plus destructrices encore et nous installer dans une grande instabilité contre laquelle Nouriel Roubini qui, lui, fut clairvoyant, ne cesse de nous mettre en garde.

6.- Capital, Travail : rééquilibrer le partage de la valeur ajoutée


La racine, c'est ce déséquilibre croissant du partage de la valeur ajoutée au bénéfice des revenus du capital et au détriment systématique du travail le poison principal. Car, à l'origine du surendettement des ménages, il y a les salaires écrasés et la précarité généralisée, la rupture de l'ancien pacte fordiste et le mépris de la valeur travail.

Si les comptes sociaux se sont creusés, c'est d'abord parce que les destructions d'emplois et le chômage de masse ont réduit la masse des cotisations. Si les déficits se sont approfondis, c'est aussi parce que le dogme d'une fiscalité anti-redistributrice l'a emporté.

Et s'il faut, évidemment, maîtriser les dépenses publiques et ne pas craindre de tailler dans les dépenses improductives, il ne faut pas suivre les apôtres aujourd'hui requinqués de la réduction aveugle des dépenses publiques qui ne comptabilisent jamais ses dommages collatéraux sur la demande intérieure, la croissance et même la compétitivité.

Les plans d'austérité punitifs qui se mettent actuellement en place sous l'injonction des marchés financiers se trompent de cible. En effet ce sont les inégalités qui sapent la croissance.

7.- Les inégalités sapent la croissance et appauvrissent l'Etat


Il se trouve aujourd'hui quelques économistes moins conformistes que la corporation pour tirer la sonnette d'alarme et plaider pour une croissance soutenue par la consommation intérieure et par un nouveau partage des revenus incluant un relèvement des salaires. Les salaires, en effet, ont été excessivement comprimés toutes ces dernières années, au prétexte d'une course obsessionnelle à la compétitivité dictée par la concurrence des pays à bas salaires, scandée de délocalisations brutales et de déstabilisation des contrats de travail.

Leur constat est intéressant car il ne procède pas de raisons morales ou de justice sociale mais d'un point de vue de pure efficacité économique : les inégalités, qui ont explosé et défigurent de plus en plus nos sociétés, tarissent, disent-ils, la croissance faute de carburant.

James Galbraith le dit lui aussi sans ambages : « les inégalités ne sont pas les conséquences micro-économiques des déséquilibres ; elles en sont la cause macro-économique ».

Le directeur général chilien de l'OIT, Juan Somavia, rappelle lui aussi avec force que ce qu'il nous faut à tous, c'est une croissance riche en emplois et qu'une rigueur psycho-rigide signifierait en réalité appauvrissement et non redressement des finances publiques en même temps que récession économique. « Les normes financières, dit-il, doivent être des instruments au service de normes sociales et environnementales qui sont, elles, des objectifs de société ».

8.- 5 clefs pour un nouveau modèle


Permettez-moi d'évoquer brièvement 5 dimensions à mes yeux fondatrices d'un nouveau modèle de développement et d'un autre monde possible.

A) Faire de l'efficacité économique et de la justice sociale un couple inséparable

Nos amis brésiliens ont exploré cette voie avec succès. Ils ont équilibré l'assainissement de leurs finances, l'accélération volontariste de leur croissance et des bourses pour les familles politiques sociales fortement redistributrices. La justice sociale

Dilma Roussef que j'ai rencontrée plusieurs fois au Brésil et dont nous espérons tous qu'elle sera à l'automne prochain la Présidente de la République brésilienne, parle fort justement de la transformation utile de l'argent public en qualité de vie et en efficacité économique réductrice de pauvreté.

B) Réhabiliter le rôle de la puissance publique

N'en déplaise au regretté Président Reagan, l'Etat n'est pas le problème mais une partie de la solution. C'est à la volonté politique de reprendre la main pour en finir avec les désordres de la finance mondialisée. Ce n'est pas d'Etat brancardier mais d'Etat anticipateur, porteur d'une vision à long terme de l'intérêt général, que les pays malmenés par la crise ont impérativement besoin pour s'en sortir et surtout ne pas y retomber.

Le Président Barack Obama a eu raison de tenir bon face à BP et de lui imposer la mise sous séquestre de 20 milliards de dollars pour réparer les dégâts de son irresponsabilité et de son âpreté au gain, causes d'une marée noire qui est le pire désordre écologique qui ait frappé les Etats-Unis.

Figurez-vous que les très puissantes compagnies pétrolières sont d'une telle désinvolture que, dans les rapports qu'elles ont remis aux autorités américaines pour témoigner de leur « bonne volonté » et de leur sens aigu de l'intérêt général, BP et 2 autres géants des hydro-carbures proposaient de protéger... les morses qui ont disparu du Golfe du Mexique depuis au moins 3 millions d'années !

Le Président Obama a également raison de coupler l'affirmation de la légitimité et de l'autorité de l'Etat avec sa volonté de promouvoir une révolution énergétique qui ne fait peut-être pas l'affaire du lobby pétrolier mais celle, plus importante, du peuple américain.

L'important, contrairement aux justifications actuelles des plans de rigueur qui s'abattent sur l'Europe, ce n'est pas de savoir si l'Etat est trop gros ou trop maigre mais s'il remplit correctement ses missions, épaule efficacement les services publics nécessaires et n'abandonne pas le bien commun aux intérêts particuliers.

C) Accélérer la croissance verte et cette sociale-écologie qui constitue le gisement d'emplois et de qualité de vie de demain.

A Copenhague dont nous savons bien que les résultats ont été décevants, c'est le Président Lula qui est apparu comme un leader prenant la mesure des enjeux, appelant le monde à assumer sa responsabilité et donnant l'exemple par les engagements pris dans la foulée par son pays qui a légiféré pour s'appliquer à lui-même les objectifs ambitieux de réduction des gaz à effet de serre qu'il préconise pour la planète.

A nous de porter haut et fort ses propostions que nous partageons : création d'une Organisation mondiale de l'Environnement et création d'un fonds de soutien à la conversion écologique des pays pauvres qui sont les plus vulnérables aux conséquences du changement climatique et les plus démunis pour y faire face alors qu'ils pourraient, avec l'aide des pays plus riches, tirer parti de leur potentiel d'énergies renouvelables, à commencer par le solaire.

D) Définir et protéger nos biens publics mondiaux

La privatisation effrénée des services publics et la marchandisation de tous les domaines de l'existence n'ont eu nulle part les effets vertueux que promettaient leurs partisans. Ce sont les altermondialistes qui, avec Ricardo Petrella, ont les premiers théorisé la notion de « biens publics mondiaux », applicable par exemple à l'eau, ressource rare et vitale, à l'éducation ou à la santé, tous domaines justiciables d'autres logiques que celles de l'appropriation privée.

Le marché prétendait les valoriser au bénéfice du plus grand nombre. On a vu les résultats : renchérissement, ententes tarifaires, exclusion de ceux qui n'ont pas les moyens d'acquitter les nouveaux péages.

Les tristes péripéties qui portent depuis plusieurs mois atteinte à la crédibilité de l'Organisation mondiale de la Santé illustrent, de la gestion de la grippe A à la recherche jugée non rentable sur les maladies négligées, que la santé des peuples du monde est une chose trop sérieuse pour être abandonnée aux intérêts à court terme des laboratoires pharmaceutiques et aux conflits d'intérêts des experts qu'ils financent.

Les Ministres de la Santé de l'UNASUR, l'organisation inter-gouvernementale de l'Amérique du Sud, ont eu raison de sonner l'alerte et de s'insurger contre la mise au rencard des propositions de taxation des bénéfices des industries pharmaceutiques ou de découplage du financement de la recherche d'avec le prix des médicaments. 9 millions d'enfants meurent chaque année de maladies qui pourraient être prévenues ou guéries et 400.000 femmes enceintes succombent à des complications durant leur grossesse : bref l'accès aux traitements fait partie des droits fondamentaux à garantir à tous, qui ne doivent pas s'apprécier à l'aune de la rentabilité marchande et d'une conception restrictive de la propriété industrielle.

E) La démocratie comme condition de l'efficacité politiques

Nos peuples aspirent à autre chose que ces décisions prises sans eux et du coup mal pensées, mal appliquées, parfois brutales et toujours verticales. Nous devons, nous socialistes, tirer lucidement les leçons de ce qui ne marche plus et aussi comprendre de quelles frustrations se nourrissent les succès des partis qui s'affichent comme anti-système, alternative aux partis traditionnels et à l'écoute des aspirations populaires.

Les errements à l'origine de la crise et la manière dont sont assénés les actuels plans de rigueur renforcent, à l'opposé de ces méthodes, l'exigence d'une association plus directe des citoyens aux décisions qui les concernent et au contrôle de leur application. Budgets participatifs nés en Amérique latine, Jurys Citoyens expérimentés en Europe, référendum d'initiative populaire, réseaux sociaux militants et novateurs tirant parti d'Internet, démocratie sociale renforcée, les voies sont multiples mais une chose est sûre : c'est en faisant de ce siècle celui de la parole et de l'action citoyennes que nous restaurerons les conditions d'un leadership légitime et de politiques publiques efficaces.

Ce n'est d'ailleurs pas un hasard si Friedrich Hayek, l'un des inspirateurs de la révolution néo-conservatrice et l'un des théoriciens de « l'ordre spontané du marché », rêvait d'une « démocratie limitée » tenant le peuple à l'écart des choses sérieuses auxquelles il était supposé ne rien entendre.

9.- Ni adaptation forcée, ni repli égoïste : internationalisme concret


Notre monde commun est en pleine mutation et nous sentons bien que nous sommes à la croisée des chemins : l'un mène vers le chaos, l'injustice et la violence, l'autre vers une nouvelle politique de civilisation qui permettra à l'humanité, à une échelle inédite dans son histoire, de prendre son destin en main. Sous les coups de boutoir de la crise se dissout l'illusion que les uns puissent s'en sortir sans les autres ou contre eux.

Je vois bien les tentations de repli qui accompagnent la période actuelle où l'on perçoit ce qui n'est plus mais où on n'aperçoit pas encore clairement ce qui pourrait être. Certaines élections européennes récentes sont à cet égard symptomatiques, avec l'arrivée au pouvoir de partis xénophobes et populistes.

C'est à nous, socialistes, d'administrer la preuve qu'on n'a pas simplement le choix entre l'adaptation forcée à une globalisation financière destructrice des solidarités et des protections auxquelles chacune aspire légitimement, ou la tentation autarcique des identités au rabais et de leur fausse sécurité.

C'est à nous, socialistes, de montrer la voie d'un internationalisme concret capable de fixer et de tenir des objectifs précis dans les différentes domaines que j'ai évoqués et où, n'en doutons pas, se joue aussi la sécurité du monde.

10.- Contre la violence des marchés et les hégémonies dépassées : construire un ordre juste à plusieurs voix


C'est à nous, les socialistes, de ne pas céder à l'intimidation des marchés et de mettre en oeuvre une nouvelle feuille de route. Car nous n'avons pas seulement à atténuer les chocs, à corriger ou adoucir à la marge, mais à combattre pour un nouveau modèle de société et de civilisation.

Avec radicalité et avec pragmatisme mais sans en rabattre, comme cela nous est parfois arrivé, sur l'alternative globale qu'il nous incombe de porter et de mettre en oeuvre.

A fortiori dans un monde où les cartes sont rebattues, où les rapports de forces évoluent, où nul ne peut plus prétendre à l'hégémonie et où, comme le dit Celso Amorim, Ministre brésilien des relations extérieures, « les centres traditionnels du pouvoir ne partagent pas gracieusement leurs privilèges ». Un monde, ajoute-t-il, où les pays considérés comme des acteurs incontournables lors de la Coupe du Monde de foot ont bien l'intention de faire aussi entendre leurs voix sur d'autres terrains. C'est dire, au passage, combien les 3,13% de voix concédés aux pays dits « en développement » et « en transition » à l'occasion de l'augmentation de capital de la Banque mondiale (contre 52,8% conservés par les pays riches) il y a la aussi beaucoup à faire.

Cette polyphonie du monde multipolaire qui s'affirme, c'est de nous qu'il dépend qu'elle ne doit pas chaotique mais créatrice d'un nouvel ordre international juste et sûr pour chacun.

C'est le sens du combat de nous, socialistes.

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23 juin 2010 3 23 /06 /juin /2010 02:01

La richesse bascule rapidement, depuis 10 ans, du monde occidental vers 65 pays du Sud et de l’Est. L’OCDE et ses 31 membres (le monde occidental y compris le Mexique, la Turquie et le Chili) est rattrapé par l’ensemble des autres pays, et plus particulièrement 65 pays, principalement en Asie et en Afrique. Les pays de l’OCDE représentaient 60% du produit brut mondial en 2000, mais plus que 51% en 2010, et 43% en 2030 (prévisions OCDE).

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Du côté des pays riches, peu d’évolutions entre 2000 et 2007 : l’entrée dans l’Union Européenne et le développement d’une économie de marché ont permis à la République Tchèque, à la Slovaquie, à la Hongrie et à la Slovénie de passer des pays « à la traîne » en 2000 aux pays riches en 2007, ces trois premiers pays étant membres de l’OCDE en 2010. L’Arabie Saoudite, elle, est passée de pays « à la traîne » à pays riche, du fait de l’envolée des cours du pétrole entre 2000 et 2007.

Les surprises viennent d’ailleurs. D’Afrique tout d’abord. Ce continent, qui comptait principalement 36 pays pauvres en 2000, et aucun pays riche ou en rattrapage sauf la Guinée Equatoriale (pétrole à la fin des années 1990), compte désormais 18 pays en rattrapage, en 3 zones :

-une zone autour de la première puissance économique du continent, l’Afrique du Sud : les 3 pays au Nord-Ouest (Angola-Namibie-Botswana) de la zone traditionnelle d’influence sud-africaine ; et les pays de l’Est de l’Afrique : Mozambique-Tanzanie-Rwanda-Ouganda ;

-une ceinture de pays au sud du Sahara : Sierra Leone, Ghana, Nigéria, Tchad, Soudan, Ethiopie ;

-le Maroc et la Tunisie sont devenus les ateliers de l’Union Européenne : le Maroc a mis en place une politique fiscale attractive pour les entreprises délocalisées (principalement européennes) au début des années 2000, et a Tunisie a signé un accord d’association avec l’Union en 1995, entré en vigueur en 1998.

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Deux principales zones de faiblesse persistent néanmoins, qui continuent de regrouper des pays pauvres : d’une part, les pays d’Afrique de l’Ouest qui ne sont pas « en rattrapage », et d’autre part une zone de quelques pays situés autour de la République Démocratique du Congo de Joseph Kabila, pays déstabilisé par les violences des forces rebelles dans l’est du pays.

Le fait marquant reste cependant le « rattrapage » rapide des 16 pays au sud du Sahara. Il est dû à trois éléments : le règne de la paix dans de nombreux pays depuis le début de la décennie, l’exploitation désormais possible de matières premières lucratives (pétrole, diamants, or, café, minerais, …), et le développement des investissements dans ces pays, notamment d’Afrique du Sud et de Chine, en parallèle avec un accroissement des exportations, plus uniquement avec les pays riches de l’OCDE (avec l’Afrique du Sud – Afrique australe principalement – et la Chine notamment).

Le règne de la paix en Afrique

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Les premières élections libres et multiraciales ont lieu en Afrique du Sud le 27 avril 1994 : Nelson Mandela en train de voter

 

Un à un, les conflits et tensions qui minaient les économies africaines disparaissent. En Afrique du Sud, la fin de l’apartheid en 1991 se concrétise par les premières élections multiraciales en 1994 ; l’Afrique du Sud opte alors pour un libéralisme économique tempéré par une forte implication de l’Etat. La SWAPO arrive au pouvoir démocratiquement en Namibie après le retrait de l’Afrique du Sud en 1990, des réformes structurelles ont lieu dans la décennie qui suit. En Angola, l’accord de cessez-le-feu de 2002 met fin à 27 ans de guerre civile entre le MPLA soutenu par Cuba et l’ancien « bloc de l’Est », et l’UNITA soutenu par les Etats-Unis et l’Afrique du Sud. Au Mozambique, la guerre civile avec les rebelles de la ReNaMo, soutenue par l’Afrique du Sud de l’apartheid, prend fin en 1992 ; les premières élections démocratiques ont lieu en 1994.

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 Ethiopie : un char d'assaut devant les grilles du palais présidentiel à la chute du régime du Derg (Addis-Abeba, 9 juin 1991)

En Tanzanie, le multipartisme est autorisé en 1992, et les premières élections multipartites ont lieu en 1995 : l’ouverture et la libéralisation du pays s’accélère. Au Rwanda, une nouvelle constitution est adoptée par référendum en 2003, le président et le parlement sont élus au suffrage universel : 49% des députés sont des femmes, ainsi qu’une forte proportion des sénateurs et des ministres. En Ouganda, après les années sanglantes de pouvoir d’Obote et d’Amin Dada, l’arrivée au pouvoir de Yoweri Museveni en 1986 permet l’autorisation des partis politiques de facto, et en 2005 une modification constitutionnelle autorise le multipartisme. En Ethiopie, la junte militaire du Derg tombe en 1991, et en 1995 une nouvelle constitution entre en vigueur, apportant de nouveaux droits politiques, civiques et sociaux-économiques ; la guerre avec l’Erythrée de 1998 à 2000 est remportée par l’Ethiopie. Au Soudan, après des pourparlers en 2003 et 2004, l’accord de paix signé en 2005 met fin à 21 ans de guerre civile entre l’Etat dominé par les musulmans et les milices chrétiennes. Au Nigéria, les premières élections démocratiques depuis 16 ans ont lieu en 1999. Au Ghana, la constitution de 1992 jette les bases d’un état républicain démocratique. En Sierra Leone, 11 années de guerre civile autour des régions diamantifères se terminent en 2002 ; le pays est en paix depuis.

Avec la paix retrouvée, les 16 pays africains « en rattrapage » peuvent exploiter les lucratives matières premières dont ils disposent.

La recherche pétrolière s’intensifie et progressivement de nombreux pays exploitent cette matière première dont les prix se sont envolés entre 2000 et 2007

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Plate-forme pétrolière offshore de l'enclave de Cabinda (Angola)

Les réserves connues de longue date en Angola sont mises en production grâce à la paix civile retrouvée en 2002 : l’Angola devient membre de l’OPEP en 2007. Le Soudan met en exploitation puis exporte du pétrole à partir de 1999, les réserves ayant été fortement revues à la hausse en 2004 (+115%). Le Tchad devient exportateur de pétrole en 2003 (plus de 80% des exportations nationales), après la construction de l’oléoduc Tchad-Cameroun, projet mené à bien grâce à la hausse vertigineuse du cours du brut entre 2000 et 2007. Le Nigéria, premier pays du continent par la population et deuxième pour le PIB, rejoint l’OPEP dès 1970 et produit un pétrole facile à raffiner. Le pétrole nigérian représente 95% des exportations et 80% des revenus du pays ; il a fortement bénéficié de la hausse du cours du pétrole de 2000 à 2007 ; mais des attentats violents des activistes contre les compagnies pétrolières comme Shell, la corruption, et la fuite illicite vers l’étranger de fonds importants, font que d’une part la production a baissé de 2006 à 2009, et d’autre part qu’une partie des revenus pétroliers est détournée. Des réserves de pétrole ou de gaz ont été détectées en Namibie, en Tanzanie, en Ethiopie (en 2009, 11 compagnies étaient présentes dans le pays et 174 licences d’explorations avaient été accordées) et au Ghana (découverte en 2007, mise en exploitation prévue dans les années à venir), mais ne sont pas encore exploitées.

La production de diamants est maintenant sécurisée et les « diamants de sang » ont disparu

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Diamants bruts

LBotswana est le 2ème producteur de diamants au monde avec 18,4% de la production et 32 milliards de carats (mais premier en valeur, du fait de la qualité de ses pierres), l’Afrique du Sud le 5ème avec 9,1% et 16 milliards de carats, l’Angola le 7ème avec 5,8% et 10 milliards de carats, la Namibie le 8ème (40% des exportations du pays en 2005), et le Ghana le 10ème. Les diamants sont également un des deux principaux produits d’exportation de la Sierra Leone.

La production de minerais en général et d’or en particulier a repris avec la fin des tensions

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Mine d'or de Tau Tona, la plus grande mine d'or du monde (Afrique du Sud)

L’Afrique du Sud est le deuxième producteur d’or mondial (272 tonnes et 15% du total) et possède les premières réserves (environ 25% du total) en 2007 ; elle est le leader incontesté du platine, métal stratégique, avec 75% de la production mondiale. Elle est également parmi les dix premiers pays producteurs d’uranium et de houille ; et elle possède 80% des réserves mondiales de manganèse. La Namibie est le sixième producteur mondial d’uranium (7% du total en 2006). Le Ghana produit 75 tonnes d’or par an, ce qui représente pour ce pays une source de devises non négligeable. L’or est enfin un des deux principaux produits d’exportation de la Sierra Leone.

Certaines grandes productions agricoles fournissent des revenus d’exportations appréciables

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La pêche représente 30% des exportations de la Namibie, surtout vers l’Espagne. L’Ethiopie est le 5ème producteur mondial de café (4% de la production mondiale ; et le premier producteur d’Arabica d’Afrique ; 40% des exportations proviennent du café), l’Ouganda le dixième (2%). L’exportation d’oléagineux éthiopiens est la deuxième exportation derrière le café . L’Ethiopie est devenue le deuxième producteur de fleurs en Afrique (derrière le Kenya) et la production progresse très rapidement (+500% en 2009). 80% de la production de gomme arabique mondiale (E414) provient du Soudan. Le Ghana est le 2ème producteur mondial de cacao avec 18% de la production mondiale, le Nigéria le 4ème avec 12% de la production totale.

Quelques économies africaines se sont diversifiées et développées ; certains systèmes institutionnels et politiques sont devenus des exemples

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Johannesburg, principale ville d'Afrique du Sud

L’Afrique du Sud tient son rang de première puissance économique du continent, avec un PIB à qui provient à 78,5% des services (65% de la population active), et à 20,5% de l’industrie (26% de la population active : exploitation minière, machine, équipements). Le PNB par habitant s’établit à environ 5 500 $ en 2007, soit le milieu de la classe des pays intermédiaires (entre 935 et 11 455 $ en 2007). Le pays est autosuffisant pour l’agriculture et l’électricité. Restent à améliorer le niveau d’éducation et de formation de la population noire, à réduire les inégalités sociales (50% des habitants sous le seuil de pauvreté en 2010) et le chômage (24% en 2009).

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Gaborone, principale ville et capitale du Botswana ; au fond à gauche, le siège du gouvernement

Le Botswana possède une administration démocratique, stable, compétente et peu corrompue – Transparency International le classe régulièrement comme pays le moins corrompu d’Afrique. Sa gestion est prudente et son sous-sol riche en diamants et minéraux : le PIB de l’industrie, principalement minière, représente 52% du PIB 2008 (plus de 10% de la population active) ; le PIB des services 46% (plus de 70% de la population active), avec une forte progression des télécommunications et du tourisme. L’endettement public est faible (18% du PIB en 2009) et le Botswana consacre 10 à 15% des investissements gouvernementaux aux transports ; avec l’appoint de bailleurs externes le réseau routier goudronné est passé de 12 km en 1966 à 9 000 km en 2003. L’entretien pose néanmoins encore des problèmes et une restructuration est en cours. L’épine dorsale africaine ferroviaire héritée de l’Empire britannique Le Caire/Le Cap assure la desserte du Botswana, avec quelques ramifications vers les mines plus récentes. Le réseau de télécommunication est l’un des plus développé d’Afrique (téléphonie mobile, internet, fibre optique, liaison satellite). L’ensemble de ces faits et de ces mesures a permis au Botswana d’être le seul pays au monde à avoir connu une croissance annuelle moyenne du PIB de 9% entre 1970 et 2000 ; le pays est le seul (avec le Cap-Vert en 2007) à être sorti du groupe des pays les moins avancés, en 1984. Son PNB par habitant en 2008 était de 6 678 $, soit plus que l’Afrique du Sud (environ 5 500$) et autant que la Bulgarie. Le taux d’alphabétisation du Botswana est de 83% (presque aussi bien que l’Afrique du Sud), le taux de chômage de 8% et le pourcentage de personnes vivant sous le seuil de pauvreté de 23% au milieu de la dernière décennie (nettement mieux que l’Afrique du Sud). Quatre points noirs seulement : la dépendance encore très grande du PIB industriel et des exportations de la production et du cours du diamant ; la dépendance énergétique en électricité est d’environ 70% et l’Afrique du Sud fournissait jusqu’à ces dernières années les quantités manquantes. La formation de la population active pose également problème : 80% est sans compétences de base. Enfin, le Botswana est le pays le plus touché par le VIH en Afrique avec le Zimbabwe, ce qui entrave son développement malgré un taux de traitement de la population élevé (plus de 80%).

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 Addis-Abeba, la plus grande ville et la capitale de l'Ethiopie, vue sur Churchill Godana en 2005

 

L’Ethiopie possède de nombreux atouts, mais la nouvelle constitution, apportant de nombreux droits, n’est entrée en vigueur qu’en 1995, les deux ans de guerre avec l’Erythrée n’ont cessé qu’en 2000, et la sécheresse sporadique a souvent entraîné la famine dans le pays, dont les habitants restent relativement démunis. Cependant, les années 1990 ont vu l’économie centralisée du régime déchu du Derg se transformer en économie de marché. Le PIB s’est déplacé de l’agriculture (44% en 2009) vers les services (43% en 2009), l’agriculture continuant d’employer 85% de la population active, dans un pays où 65% des terres sont arables (café, fleurs pour les principales cultures d’exportation), et 14 rivières importantes constituent des réserves en eau immenses. Son cheptel de bovins, d’ovins et de caprins le place au premier rang du continent et au 10ème rang mondial. Le réseau routier est important (37 000 km) et de mieux en mieux entretenu ; l’Ethiopie compte 13 aéroports goudronnés et une compagnie d’aviation nationale, Ethiopian Airlines, qui a remporté de nombreux prix. Le réseau de télécommunication progresse fortement ces dernières années (téléphonie mobile, internet, fibre optique). Le potentiel très important en hydroélectricité est mis à contribution pour l’électrification du pays. La croissance s’est élevée à 11,1% en 2007, 11,6% en 2008 et 8% en 2009. Le taux de chômage est de 17% en 2007 et la proportion de personnes vivant sous le seuil de pauvreté de 39% en 2006, ces chiffres étant meilleurs que ceux de l’Afrique du Sud. Seules ombres au tableau pour l’Ethiopie qui recèle un grand potentiel : le revenu par habitant reste très faible, le taux d’alphabétisation n’est que de 36%, car 85% de la population active vit de l’agriculture, qui est touchée de manière sporadique par la sécheresse.

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Centre d'Accra, principale ville et capitale du Ghana, quartier des affaires

Le Ghana est  également un pays prometteur : richement doté en ressources naturelles (cacao, or, diamant et prochainement pétrole), le rééquilibrage se poursuit entre l’agriculture (37% du PIB et 56 % de la population active) d’une part, et les services (38% du PIB et 29% de la population active) et l’industrie (25% du PIB et 15% de la population active) d’autre part. L’industrie manufacturière est relativement développée pour un pays africain : métallurgie, fabrication de pneumatiques, raffinage d’hydrocarbure, minoterie. Le taux d’alphabétisation est de 65%, l’espérance de vie supérieure à 60 ans, le taux de chômage de 11%, la proportion de personnes vivant sous le seuil de pauvreté de 28%. Les route goudronnées comptent 11 600 km pour ce petit pays (moins de la moitié de la France) ; le Ghana dispose de 7 aéroports avec des pistes goudronnées.

En conclusion, l’Afrique est en train de se développer très rapidement depuis le début du siècle. La fin des tensions dans les années 1990 et au début des années 2000 – apartheid, guerres civiles, dictatures – a permis à 16 pays au sud du Sahara d’exploiter à nouveau pleinement leurs ressources naturelles. La production de pétrole a fait son apparition dans de nombreuses économies africaines, et dans certains pays, les réserves en voie d’exploitation ou inexploitées sont importantes. La hausse très significative – multiplication par 3 – du cours du pétrole de 2000 à 2007 a amplifié encore l’importance des revenus pétroliers. La production de diamants, d’or et de minéraux a également tiré l’économie de plusieurs pays. Enfin, le secteur agricole, dans un climat de paix, a contribué également à la croissance, notamment à travers les grandes cultures d’exploitation : café, cacao, fleurs, pêche notamment.

Certains pays en ont profité pour diversifier leurs économies, les rapprochant de celles du monde occidental, tout en démocratisant leurs institutions et en luttant contre la corruption, et en appliquant une gestion prudente impulsée par l’Etat : Botswana, Afrique du Sud. D’autres pays sont en bonne voie pour suivre ces exemples, même si l’élévation du niveau de vie des population reste un défi : Ghana, Ethiopie.

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La vision que Nicolas Sarkozy a de l'Afrique, par Plantu

Cependant, des faiblesses persistent globalement : proportion de personnes vivant sous le seuil de pauvreté, analphabétisme, lacunes importantes dans l’éducation et la formation des populations, étroitesse de la classe moyenne et donc du marché intérieur pour soutenir une industrie manufacturière, dépendance importante de matières premières le plus souvent non renouvelables – sauf pour les productions agricoles, dépendance des investissements étrangers, (OCDE, mais aussi Afrique du Sud et Chine). Les flux commerciaux restent également trop orientés Nord-Sud ou Chine-Sud, alors qu’un rééquilibrage vers le commerce entre pays non membres de l’OCDE serait souhaitable pour réduire la dépendance des pays du Sud.

Enfin, se pose le problème de la part prise par les pays d’Afrique à la gouvernance mondiale : absence de représentation au Conseil de Sécurité de l’ONU, repli des pays de l’OCDE sur eux-mêmes et protectionnisme, alors même qu’il y a quelques années à peine ces mêmes pays de l’OCDE réclamaient aux pays du Sud et de l’Est une ouverture de leurs marchés à tout va.

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Ségolène Royal en visite à Dakar, Sénégal, le 26 septembre 2006, lors de sa campagne pour l'élection présidentielle (HALEY/SIPA)

 Avec les « Etats-Unis d’Europe » que Ségolène Royal appelle de ses vœux, c’est une nouvelle gouvernance mondiale, prenant en compte l’Afrique, chère à la présidente de la Région Poitou-Charentes, qui devra être instaurée. Comme l’écrivait Le Monde dans son éditorial du 20 juin 2010 :

 

« La suffisance du Nord est d’autant plus obsolète que le Sud et l’Est ont pris conscience de leurs jeunes forces ».

À suivre dans les prochains jours : l’Est (Europe de l’Est, Asie) et l’Amérique du Sud.

Frédérick Moulin


-oOo-

À lire aussi :

Le basculement de la richesse vers les pays du Sud et de l'Est s'accélèreLe Monde daté du 19 juin 2010

L'Afrique doit accroître ses échanges avec les pays en développementLe Monde daté du 19 juin 2010

 

Richesse des nations et gouvernance mondialeLe Monde daté du 20 juin 2010

Sur le problème du Sahel :

L'Afrique s'engage pour la "Grande Muraille verte"Le Monde daté du 17 juin 2010

Sources : Wikipédia, Le Monde (cf articles ci-dessus), www.cia.gov/library/publications/the-world-factbook, www.populationdata.net, « Prix du pétrole : vers une poursuite de la hausse ? » (septembre 2008) sur www.univ-paris13.fr

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22 juin 2010 2 22 /06 /juin /2010 17:41

 

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"Ce qui fut probablement le premier casse-tête légal avec ce document historique d’origine" (texte et dessin de Martin Vidberg)


 

L'âge légal de départ à la retraite


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L'appel du 18 juin 1940 vu par Plantu


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Sujet du bac en philosophie selon Martin Vidberg (www.martinvidberg.com)

 


 

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Retraite définitive pour le porte-hélicoptère Jeanne-d'Arc après 46 ans de service, dessin de Nono

 


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Nicolas Sarkozy accuse François Mitterrand d'être responsable des déficits actuels (Martin Vidberg)

 

 

 

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Dessin de Plantu

 


 

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Dessin de Martin Vidberg (www.martinvidberg.com)

 

 

 

La propagande du président Sarkozy et du gouvernement Fillon

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Dessin de Martin Vidberg (www.martinvidberg.com)

 

 

 

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Dessin de Plantu

 


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Dessin de Martin Vidberg (www.martinvidberg.com)

 

 

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Dessin de Martin Vidberg (www.martinvidberg.com)

 

 

 

La retraite des femmes

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La prise en compte de la pénibilité

 

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Dessin de Plantu

 

 

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La grève contre la réforme des retraites

 

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Dessin de Martin Vidberg (www.martinvidberg.com)

 

 

 

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La réforme des retraites et les apéros géants par Plantu


 

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21 juin 2010 1 21 /06 /juin /2010 18:31

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"Communication de crise", dessin et texte de Martin Vidberg

Les promesses de campagne sont comme le sparadrap du capitaine Haddock, impossibles à décoller de la mémoire. L'on ne songe pas à ces multiples engagements que tout candidat sérieux distribue généreusement ; il sera toujours possible - de bonne ou mauvaise foi - de soutenir que la crise n'a pas permis de les honorer.

Non. L'on pense à ces serments solennels qu'aucun changement de conjoncture ne saurait invalider. " Je veux être le président qui va remettre la morale au coeur de la politique. Je veux une démocratie irréprochable. Si l'Etat veut être respecté, il doit être respectable. " C'est à quoi s'engageait Nicolas Sarkozy, le 14 janvier 2007, dans le discours fondateur de sa candidature. Et à quoi assiste-t-on depuis quelques semaines ? À un concours de petits arrangements, de prébendes et de cynisme.

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"Sacrée Christine Boutin!" de Martin Vidberg (www.martinvidberg.com)

Un jour, c'est une ancienne ministre mécontente, Christine Boutin, que l'on ramène à plus d'aménité en lui confiant une mission de la plus haute importance, rémunérée 9 500 euros nets par mois, avant que l'indignation générale ne la contraigne, à contrecoeur, à y renoncer. Le lendemain, c'est la secrétaire d'Etat aux sports, Rama Yade, qui fait la leçon à l'équipe de France de football, trop luxueusement logée en Afrique du Sud à ses yeux, avant que la révélation du prix encore plus élevé de sa propre chambre d'hôtel ne lui coupe le sifflet.

Puis l'on apprend que le secrétariat d'Etat au Grand Paris a réglé une facture de 12 000 euros de cigares pour dix mois. Grand amateur de havanes, le titulaire de la charge, Christian Blanc, mégote, c'est le cas de le dire, s'engage à rembourser le quart de la somme, mais pour le reste se dit victime d'un règlement de comptes et met en cause son ancien chef de cabinet, lequel porte plainte pour diffamation. Ambiance. Et l'on pourrait continuer cette chronique lamentable, du permis de construire très " amical " obtenu pour sa villa provençale par le secrétaire d'Etat à la coopération, Alain Joyandet, jusqu'aux logements de fonction aimablement " prêtés " à leur famille par Fadela Amara, secrétaire d'Etat à la ville, ou Christian Estrosi, ministre de l'industrie.

Sans parler de la situation pour le moins embarrassante où se retrouve le ministre du travail et ancien ministre du budget, Eric Woerth, dès lors que son épouse gère certains actifs de Liliane Bettencourt, héritière de la fortune L'Oréal et soupçonnée d'avoir pris quelques libertés avec le fisc. Sans oublier enfin ces six ministres et non des moindres qui cumulaient jusqu'à présent sans sourciller leur salaire et leur retraite de parlementaire ; c'est parfaitement légal, certes, mais compliqué à faire avaler aux Français au moment où le gouvernement annonce que chacun devra se serrer la ceinture pour réduire la dette publique et présente une réforme des retraites dont chacun a compris qu'elle ne sera pas à son avantage.

Le plus stupéfiant est que - en dépit des appels à l'" exemplarité " lancés par le premier ministre -, les intéressés n'ont pas l'air de mesurer les ravages que provoque leur conduite dans l'esprit public. Tel cacique de la majorité ne peut s'empêcher de comparer son salaire à ceux, beaucoup plus confortables, de ses " camarades de promotion " qui ont réussi dans le privé ; il est vrai que le chef de l'Etat lui-même ne se prive pas de souligner que les grands patrons gagnent " dix fois plus " que lui, en dépit de la vigoureuse augmentation de salaire qu'il avait exigée en 2007 et obtenue du Parlement.

" Arrêtez les concours de vertus, c'était bien pire avant ", soutient tel autre en privé. C'est exact. Depuis 1995 (gouvernement Balladur), la loi interdit le financement des partis politiques et des campagnes électorales par les entreprises et organise un financement public à peu près transparent.

Depuis 2002 (gouvernement Jospin), ont été supprimés les " fonds spéciaux ", cette cagnotte rondelette (plus de 60 millions d'euros en 2001) distribuée en toute opacité à l'Elysée et aux ministres. Depuis 2007 enfin, à l'initiative de son actuel résident, les finances de l'Elysée sont contrôlées par la Cour des comptes. Les avantages personnels que plusieurs de ses éminences s'efforcent de tirer de la République n'en sont que plus déplorables.

Attention à la " démagogie " et au " poujadisme " ! tentent enfin de contre-attaquer Michèle Alliot-Marie ou François Baroin. Facile, trop facile quand l'Etat, ou quelques-uns de ses gouvernants, ne se comporte pas de façon " respectable ", pour reprendre le mot de M. Sarkozy.

Ont-ils déjà oublié les niveaux d'abstention record qui ont marqué les deux derniers scrutins - européen (60 %) et régional (54 %) - et donné la mesure du désabusement démocratique ? N'ont-ils pas pris connaissance du " baromètre de la confiance " réalisé en décembre 2009 par TNS-Sofres, selon lequel 78 % des personnes interrogées - un record depuis trente ans -, jugent que les responsables politiques " ne se préoccupent pas " des gens comme eux ? N'ont-ils pas entendu le cri d'alarme récent du médiateur de la République devant cette société française où " le chacun pour soi a remplacé l'envie de vivre ensemble " et où " un fossé s'est creusé entre le citoyen et l'Etat " ? C'est à craindre.

Tout est dit pourtant sur ce chapitre, depuis deux siècles et demi, par un certain Montesquieu. Et dans quelle langue ! " Il ne faut pas beaucoup de probité pour qu'un gouvernement monarchique ou un gouvernement despotique se maintienne ou se soutienne. La force des lois dans l'un, le bras du prince toujours levé dans l'autre, règlent ou contiennent tout. Mais, dans un Etat populaire, il faut un ressort de plus, qui est la VERTU. "

Et l'auteur de De l'esprit des lois, dans ce chapitre intitulé " Du principe de la démocratie ", ajoute : " Autrefois le bien des particuliers faisait le trésor public ; mais pour lors le trésor public devient le patrimoine des particuliers. La république est une dépouille ; et sa force n'est plus que le pouvoir de quelques citoyens et la licence de tous. " A bon entendeur, salut !


Gérard Courtois

 

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22 juin 2010


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21 juin 2010 1 21 /06 /juin /2010 08:22

Contribution de Jean-Michel Caudron

Je serais né en 1930, j’aurais passé l’adolescence sous l’occupation nazie, mon père en camp de prisonniers en Allemagne, et j’aurai été enthousiasmé dans la vision de la société fraternelle que voulait en 1944 le Conseil National de la Résistance (1)...

J’aurais 80 ans aujourd’hui, je serais horrifié par le dé-tricotage systématique du programme du Conseil National de la Résistance idéologisé par le MEDEF et réalisé par le Président de la République (2), j’aurais signé l’appel des (derniers) résistants aux jeunes générations en 2004 (3), car, bientôt (en montant les parties de la population les unes contre les autres), les jeunes, les aisés, les « en bon santé », accepteront-ils toujours à payer pour les vieux, les pauvres, les malades, condamnant ainsi ceux-ci à la double peine, ajoutant à leur fragilité la précarité sociale ?

Quel pacte républicain laisserais-je à mes petits-enfants, alors que les valeurs de liberté, égalité et de fraternité sont bafouées (4) ?

Quel contrat social laisserais-je à mes petits-enfants, alors que les principes de la Déclaration des Droits de l'Homme et du Citoyen de 1789 (article 13 : « Toute contribution est établie pour l'utilité générale : elle doit être répartie entre les contribuables, en raison de leurs facultés », repris par le Conseil National de la Résistance : « chacun contribue selon ses moyens, chacun bénéficie selon ses besoins ») sont attaqués par un affidé du Président de la République (5) ?

Mais parlons un peu de moi, du haut de mes 80 ans…

J’ai eu la malchance de ne pas faire mon AVC avant 60 ans et il faut que je pense à ne pas le faire avant le 1er janvier 2011, car j’aurai alors 3 fois moins en moyenne -avec 5 fois moins en montant maximal - d'allocation pour payer mes différentes aides à domicile (différence entre l’Allocation Personnalisée d’Autonomie [APA] et la Prestation de Compensation du Handicap [PCH]) que si ma situation de handicap était survenue avant l’anniversaire de mes soixante ans…

Pourquoi pas avant le 1er janvier 2011 : c’est la date-limite (6) pour appliquer la convergence entre les champs du handicap et du vieillissement (7) voulue par le législateur (cf. article 13 : 8)...

Mais j’oubliais que la France avait ratifié (certes en catimini : 9) la convention internationale des personnes handicapées excluant toute discrimination d’âge pour la reconnaissance du handicap, je pourrais donc faire de suite mon AVC…

Je fais donc un rêve, cette France que j’aime est donc fraternelle…

Alors pourquoi le Grand Orient de France a dû écrire un livre blanc sur le 5ème risque (10) et organiser un colloque sur le thème « Prise en charge de la perte d'autonomie ou 5ème risque de protection sociale » (11), le 8 avril à l’Assemblée Nationale (12) ?

Alors pourquoi mon clone, de 28 ans plus jeune, aurait cherché à démontrer qu’un simple alignement de l’APA française sur l’assurance de soins de longue durée allemande ne coûterait que 100€ « bruts » (13) et 24,5€ « nets » (14) supplémentaires par an par Français de 20 ans et + ?

D’ailleurs, pouvons-nous encore parler de 5ème risque, avec le projet que nous mitonne le gouvernement, avec le maintien du montant actuel de l’APA à domicile que pour ceux qui pourront gager leur patrimoine ou se payer une assurance dépendance privée, les autres se la verront diminuer de moitié (15) ?

Cela étant, nombre de communes (16 et 17)et de départements (18, 19, 20 et 21) se préoccupent de mon « bien vieillir », mais cette société du care, tant promue actuellement (22 et 23) n’est-elle pas, d’abord, une société de droit ?

 

1) http://fr.wikisource.org/wiki/Programme_du_Conseil_national_de_la_R%C3%A9sistance

2) http://www.jerpel.fr/spip.php?article173

3) http://www.lamaisondelautonomie.com/index.php/Dernieres-news/resistant-2004-2009.html

4) http://www.lamaisondelautonomie.com/index.php/Dernieres-news/france-que-j-aime.html

5) http://www.lamaisondelautonomie.com/index.php/Dernieres-news/Lettre-de-F.Wone-a-A.-Minc.html

6) http://www.lamaisondelautonomie.com/index.php/Dernieres-news/Soyons-bon-prince.html

7) http://www.lamaisondelautonomie.com/index.php/Dernieres-news/esprits-chafouin.html

8) http://www.legifrance.gouv.fr/affichTexte.do?cidTexte=JORFTEXT000000809647&dateTexte

9) http://www.lamaisondelautonomie.com/index.php/Dernieres-news/la-france-a-ratifie-la-convention.html

10) http://www.lamaisondelautonomie.com/index.php/Dernieres-news/dependance-gof.html

11) http://www.lamaisondelautonomie.com/index.php/Dernieres-news/godf-colloque-dependance.html

12) http://www.lamaisondelautonomie.com/index.php/Dernieres-news/prise-en-charge-perte-autonomie.html

13) http://www.lamaisondelautonomie.com/index.php/Dernieres-news/100-balles.html

14) http://www.lamaisondelautonomie.com/index.php/Dernieres-news/emplois-vieux.html

15) http://www.lamaisondelautonomie.com/index.php/Dernieres-news/elbaum-5-eme-risque.html

16) www.lamaisondelautonomie.com/dmdocuments/Guide_mondial_des_villes_amies_des_aines.pdf

17) http://www.lamaisondelautonomie.com/index.php/Dernieres-news/Vivre-ensemble.html

18) http://www.lamaisondelautonomie.com/dmdocuments/schema-geronto-seine-maritime-76.pdf

19) http://www.lamaisondelautonomie.com/dmdocuments/schema-geronto-seine-maritime-76.pdf

20) http://www.lamaisondelautonomie.com/dmdocuments/fiches-actions-schema-geronto-seine-maritime-76.pdf

21) http://www.lamaisondelautonomie.com/dmdocuments/schemaPA%20indre%20et%20loire.pdf

22) http://www.lamaisondelautonomie.com/index.php/Dernieres-news/Etat-providence-Etat-accompagnant.html

23) http://www.lamaisondelautonomie.com/index.php/Dernieres-news/prendre-soin-c-est-la-fraternite-de-la-republique.html

 

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