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5 juillet 2010 1 05 /07 /juillet /2010 01:32

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Ségolène Royal et Gaëtan Gorce lors d'une UPP en 2009

À peine a-t-elle repris la parole que déjà on s'interroge : que devient et que deviendra Ségolène Royal ?

Pour quiconque a bien observé lucidement la situation, la réponse est simple : incontournable.

De tous les dirigeants du Parti socialiste, elle est la seule à avoir visiblement tiré toutes les leçons de Reims, en proposant un accord auquel elle n'était nullement contrainte et qui vise à neutraliser pour les prochains mois les querelles de personnes. Ce faisant, elle apporte un démenti formel a celles et ceux qui l'accusaient déjà d'être prête à se présenter en dehors du parti.

De tous les candidats potentiels, elle est la seule ensuite à avoir adopté une position claire. Elle ne renonce à rien, elle sera candidate si se recréent des conditions politiques favorables à sa candidature.

Elle admet que tel n'est pas le cas aujourd'hui. Nul ne peut présager de ce qu'il en sera dans douze mois. À cet égard, son attitude tranche, et c'est un avantage, avec les attitudes, le comportement de chattemites de certains.

Enfin, de tous les socialistes, Ségolène est la seule à présenter un projet original. On lui a d'ailleurs par le passé suffisamment reproché. Sur son projet et sa personnalité, elle rassemble mieux qu'un réseau de notables ou d'apparatchiks : des soutiens venant de toutes les catégories sociales et notamment des plus modestes!

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Ségolène Royal lors de la campagne présidentielle de 2007

Tout cela pour arriver à la conclusion que j'énonçai au début de mon propos. Ségolène est incontournable, il serait utile que chacun s'en s'aperçoive. Soit elle jouera à nouveau le premier rôle, et cela veut dire qu'elle aura su corriger certaines des erreurs commises en 2007 et depuis lors. Elle s'y emploie. Soit, un ou une autre portera les couleurs socialistes et, dans cette hypothèse, il ou elle devra s'associer à elle pour donner toutes ses chances à la gauche. Quoiqu'il arrive Ségolène Royal fera partie de la formule gagnante en 2012. Si tel n'était pas le cas, c'est que nous nous serions à nouveau éloigné de ce que commande la sagesse politique.

Gaëtan Gorce

Blog de Gaëtan Gorce, dimanche 4 juillet 2010

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4 juillet 2010 7 04 /07 /juillet /2010 13:13

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Fernandel dans "Ali Baba et les Quarantes voleurs" (1954)

L’année dernière, Tracfin a reçu 18 104 informations, dont 17 310  « déclarations de soupçon » transmises par les établissements financiers. Y avait-il dans le nombre une note concernant les liasses de billets retirées chaque semaine du compte bancaire de Mme Bettencourt ?

Si ce n’est pas le cas, son banquier devrait se faire taper sur les doigts, car il a l’obligation de déclarer les déplacements d’argent liquide (de mémoire, à partir de 8 000 €).

Mais si c’est le cas…

Pour comprendre le processus, il suffit de se souvenir des mésaventures de Julien Dray. La banque attire l’attention de Tracfin sur des mouvements de fonds suspects. Rien à voir avec Bettencourt. Le député socialiste ne joue pas dans la cour des grands : seulement 300 000 euros étalés sur trois ans.

Après une enquête poussée, la cellule antiblanchiment pond un rapport de 37 pages (qu’on retrouve dans la presse) qui est transmis au procureur de la République. Lequel, derechef, ouvre une enquête préliminaire.

Il semble que l’interprétation du droit soit différente dans l’affaire Bettencourt. Si l’on comprend bien, le procureur de Nanterre était au courant de possibles fraudes fiscales de la milliardaire (avait-il été informé par Tracfin ?), et il n’a pas ouvert d’enquête, se contentant d’en aviser le fisc. Le parquet ne pouvant, d’après ses dires, « décider seul de se saisir d’un fait de fraude fiscale ».

Puis, finalement, on apprend par le JDD, qu’il vient de transmettre « une analyse juridique » à son supérieur hiérarchique, le procureur général de Versailles. Autrement dit, on attend à présent le feu vert de la chancellerie.

Et un petit mot de MAM ?

Je ne sais pas vous, mais moi, je m’y perds un peu. La fraude fiscale est un délit puni de cinq ans de prison. Et le procureur ne serait pas compétent pour engager des poursuites ? Oui, oui, me dit-on, il faut que l’administration fiscale dépose plainte. Mais ici, s’agit-il vraiment de fraude fiscale ? Ne peut-on pas imaginer qu’il se cache autre chose derrière ces mouvements considérables d’argent liquide ? Un autre délit, peut-être.

Ah, les arcanes de la justice…

50 000 € d’argent de poche par semaine ! Pour nous, 50 000 €, c’est un, deux, trois… cinq ans de salaire ou de retraite… Forcément, on s’indigne, et l’on s’interroge : Que pouvait bien faire Liliane Bettencourt de tout cet argent en liquide ?

Des emplettes ? Impossible au-delà de 3 000 € en espèces.

Arroser les partis politiques ? Interdiction de dons en espèces supérieurs à 150 €.

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Alors ? Alors, il nous vient un doute. Et si cette vieille dame n’avait jamais vu la couleur de ces billets ? Et si elle était entourée d’une bande d’aigrefins en train de consciencieusement  piller sa fortune ?

Et si la fifille n’avait pas tout à fait tort ?

Il y a comme un parfum nauséabond autour de l’héritage de l’Oréal. Les milliards de Bettencourt, c’est un peu la caverne d’Ali Baba, il ne reste plus qu’à identifier les quarante voleurs.

Dimanche 4 juillet 2010, blog POLICEtcetera de Georges Moréas, Commissaire principal honoraire de la Police Nationale

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4 juillet 2010 7 04 /07 /juillet /2010 11:48

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Défilé du 14 juillet 2007 sur les Champs-Elysées à Paris (Patrick Peralta)

Depuis que l’Europe existe, son destin est lié à celui de son armement, à celui de sa défense. Ce vaste espace géographique aux nombreuse plaines, très ouvert sur les mers et l’océan Atlantique, a toujours été armé, car il a vu se succéder les envahisseurs. Les derniers à partir ont été les Ottomans, entre les années 1820 (Grèce) et la veille de la Première Guerre Mondiale (Bulgarie), et la Russie, qui se retire de la Pologne après avoir mené une guerre de 2 ans (1919-1921).

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Au lendemain de la Seconde Guerre Mondiale, c’est la menace d’une avancée fulgurante et décisive de l’Union Soviétique qui cristallise les inquiétudes. Au lendemain de l’entrée en guerre des troupes nord-coréennes contre la Corée du Sud, en juin 1950, les Etats-Unis, sous l’égide des Nations Unies, envoient des troupes en Corée pour rétablir la situation, mais aussi en Allemagne, par crainte d’une attaque sur ces deux fronts, le Pacte atlantique signé en avril 1949 n’étant pas encore opérationnel.

La Communauté Européenne de Défense (CED)

Dès lors, les Etats-Unis demandent à la France le réarmement de l’Allemagne, qui ne sera accepté par cette dernière qu’en étant fortement encadrée. En octobre 1950, le président du Conseil René Pleven présente à l’Assemblée nationale le projet de Jean Monnet, « la création pour la défense commune, d'une armée européenne rattachée à des institutions politiques de l'Europe unie. » ; « les contingents fournis par les pays participants seraient incorporés dans l'armée européenne, au niveau de l'unité la plus petite possible », le tout sous contrôle de l’OTAN.

Le « plan Pleven » a une vision très fédérale, puisqu’elle prévoit la création d’un poste de ministre européen de la défense, placé sous le contrôle d'une assemblée européenne, avec un budget militaire commun. L’incorporation des contingents « au niveau de l'unité la plus petite possible »devait permettre, pour Jean Monnet, de « dissoudre » les effectifs allemands dans l’ensemble des bataillons formés, empêchant le réarmement effectif de l’Allemagne en tant que nation souveraine.

Mais le « plan Pleven » ne convient pas aux Américains et aux Allemands, et il va être amendé sur plusieurs points :

-même si elle sont sous commandement commun, création de 12 divisions allemandes de 13 000 hommes sur un total de 40 divisions ;

-remplacement du ministre européen de la défense par un conseil des ministres des Etats membres : on passe d’une instance supranationale à une coordination des nations ;

-égalité des droits des états membres, donc une pleine souveraineté retrouvée pour l’Allemagne et la fin de son statut d’occupation ; mais aussi l’abandon du programme nucléaire français, les Allemands s’étant vu refusé le droit d’en avoir un.

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Le 27 mai 1952, les 6 gouvernements des membres fondateurs de la Communauté Européenne du Charbon et de l’Acier (CECA) signent le traité instituant la Communauté Européenne de Défense (CED) à Bonn. Le traité est ratifié par l’Allemagne et le Benelux, mais le débat fait rage en France, notamment à cause de la présence au sein de la CED de contingents allemands – les Français craignent un réarmement – mais aussi des pressions insistantes des Etats-Unis et de la subordination de la CED à l’OTAN, donc aux Etats-Unis.

Après un débat législatif sans cesse reporté par les présidents du Conseil successifs, un vote écarte la CED définitivement, par 319 voix contre 264 le 30 août 1954. L’Italie, qui attendait la ratification de la France pour se prononcer, décide alors de ne pas ratifier le traité instituant la CED. La CED est morte.

La Communauté Economique Européenne (CEE)

Le réarmement de l’Allemagne s’étant finalement effectué dans le cadre de l’Union de l’Europe Occidentale (UEO, CECA et Royaume-Uni) et sous l’égide des Etats-Unis fin 1954-début 1955, et Staline étant mort en mars 1953, la nécessité d’une Europe de la Défense est moins pressante.Pendant 40 ans, jusqu’au traité de Maastricht en 1992, l’Europe s’intéresse plus à l’économie qu’à l’armement et à la politique étrangère en tant qu’entité : c’est l’époque de la Communauté Economique Européenne (CEE, 1957-1992).

L’Union Européenne et le « soft power »

Et encore, le traité de Maastricht, amplifié par celui de Lisbonne (2007), accouche plus d’un service diplomatique en la personne du Haut représentant de l’Union Européenne pour les affaires étrangères et la politique de sécurité, plus que d’une Europe de la Défense véritable. D’ailleurs, la première personne nommée à ce poste est une personne inconnue en dehors du Royaume-Uni, Catherine Ashton, et son grand oral devant le Parlement européen en janvier 2010 met en évidence son incompétence en matière de politique européenne de Défense.

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Catherine Ashton, baronne Ashton of Upholland, Haut représentant de l'Union pour les affaires étrangères et la politique de sécurité

65 ans de paix relative sur le continent européen ont fait oublier ce qu’était la guerre aux générations actuellement au pouvoir. Et on se rassure en se disant que l’Allemagne ne nous attaquera pas militairement, pas plus qu’aucun des autres membres de l’Union Européenne. Comme le dit l’éditorial du Monde daté du 3 juillet 2010l’Europe se croit « une sorte de Suisse à l'abri des tumultes du XXIe siècle - ce qui relève d'une conception angélique de l'histoire ».

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Deux enquêtrices de l'ICMP (International Commission on Missing Persons - Commission Internationale sur les Personnes Disparues) en train d'examiner des restes humains dans une fosse commune à Srebrenica (Bosnie-Hérzégovine)

C’est un peu vite oublier les conflits récents dans l’ex-Yougoslavie, en plein milieu de l’Union Européenne aujourd’hui, et entre deux Etats membres d'alors, l’Italie et la Grèce. C’est aussi oublier que les conflits récents ou potentiels sont nombreux à faible distance des frontières orientales de l’Union, comme la Transnistrie, la Géorgiel’Azerbaïdjan et l’Arménie (Haut Karabagh), l’Iran, la Syriel’Etat palestinienle banditisme de la mer Noire, et les visions russes sur le contrôle de l’Ukraine. Or à travers nombre de ces pays et ces zones transite une bonne partie de notre approvisionnement en gaz et en pétrole. La Turquie pourrait jouer un rôle clé dans nombre de ces dossier, mais on la relègue au rang d’éternelle candidate.

Du fait de cette paix interne, l’Union Européenne aimerait espérer une paix universelle ; elle se contente de conserver des forces de « maintien de la paix ». Nombre des pays de l’Union ont déjà abaissé leur garde, leurs dépenses militaires représentent souvent moins de 1,5% du PIBDes coupes sont prévues un peu partout en raison de la crise et des politiques de rigueur : en France, 3,5 Md€ seront économisés sur 3 ans, même si notre pays sent au fond de lui-même que tout danger n’a pas disparu en maintenant « la dissuasion - "l'assurance-vie de la nation" » (Le Monde daté du 3 juillet 2010). Au Royaume-Uni les coupes pourraient atteindre 20% des crédits, posant la question du « rôle global » du pays. L’Allemagne prévoit 1,2 Md€ d’économies avec une réduction des effectifs de 40%. L’Italie a annoncé une baisse de 10% de son budget. Le Danemark renonce à des engagements dans l’OTAN, la Roumanie à l’achat de matériel. L’Europe est devenu un géant aux pieds d’argile, avec une politique de « soft power » à bout de souffle (voir l’article Place de l’Europe dans le monde : l’Union Européenne a-t-elle encore une politique de voisinage ambitieuse ?).

Pendant ce temps, la Russie consacre 5% de son PIB à ses dépenses militaires ; l’Amérique et l’Asie font progresser leurs budgets de défense : 4% du PIB pour les Etats-Unis, beaucoup plus pour la Chine.

Aujourd’hui, à nouveau, l’avenir repose en Europe sur une mutualisation des dépenses militaires et une plus grande coordination. Le nécessaire mais laborieux projet d’avion de transport militaire européen, l’A400M, permet de se passer des appareils américains, mais le projet traîne en longueur et le cœur n’y est pas.

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Une maquette de l'avion de transport européen A400M (Marc Chaumeil/Fedephoto pour "Le Monde")

Pourtant, l’Union Européenne  a un PIB de 18 394 Md$ en 2008 (première place mondiale), contre 7 916 Md$ pour la Chine et 2 109 Md$ pour la Russie (2009) ; seuls les Etats-Unis sont proches de l’Union avec un PIB de 14 264 Md$. Ainsi, si les dépenses militaires étaient coordonnées et mutualisées en Europe, si une Europe de la Défense existait réellement, l’Europe devrait faire un effort en part de son PIB 2,3 fois moins important que la Chine pour dépenser autant, et 8,7 fois moins important que la Russie. Le coefficient pour les Etats-Unis est de 1,3 : pour arriver aux mêmes dépenses, il faudrait que l’Union fasse plus que doubler son effort d’armement et le fasse passer en moyenne à 3% du PIB (il est de 4% pour les Etats-Unis).

Ce qui fait conclure à l’éditorial du Monde daté du 3 juillet 2010 :

« Les contraintes budgétaires nationales devraient inciter les Européens à mutualiser leur effort militaire. Cela a un nom : l'Europe de la défense. Elle présente nombre de difficultés, mais il faut moins que jamais l'abandonner. Aux armes, Européens, formez votre défense ! »

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G20 de Pittsburgh en septembre 2009 : un monde multipolaire : Angela Merkel, Gordon Brown, Recep Tayyip Erdogan (Turquie), Manmohan Singh (Inde), Lula (Brésil), Barack Obama, Hu Jintao (Chine)

Il est temps que, dans le monde multipolaire qui est en train de se former et que l’administration américaine appelle de ses vœux depuis plusieurs années, l’Union Européenne reprenne sa place politique comme elle a pris sa place économique : la première.

Frédérick Moulin

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3 juillet 2010 6 03 /07 /juillet /2010 17:29

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La nouvelle premier ministre australienne Julia Gillard lors d'une conférence de presse à Canberra, le 2 juillet 2010

Julia Gillard dirige l’Australie depuis une semaine au poste de premier ministre. Elle a remplacé son collègue travailliste (social-démocrate) Kevin Rudd, pourtant donné favori jusqu’au début du mois de juin 2010, mais qui a brusquement chuté dans les sondages suite à son projet de taxe sur les « superprofits » miniers. Les groupes miniers, appuyés par l’opposition libérale, ont violemment attaqué ce projet qui a déchiré l’Australie.

La nomination de Mme Gillard est une (bonne) surprise, dans ce pays où si 40% des députés travaillistes sont des députées, et deux femmes dirigent deux Etats, « le héros reste un homme », entre le mateship– la camaraderie virile – et la mentalité du « old boys club » : l’adversaire libéral de Julia Gillard est Tony Abott, père de famille catholique, qui aime se montrer en train de surfer devant les caméras,« l’image typique du mâle australien ».

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Tony Abbott, le candidat libéral pour les élections de l'automne, en tenue de surfeur sur le site www.mesurf.com.au

L’Autralie, pour mémoire, est une monarchie parlementaire, dont le chef d’Etat est la reine Elisabeth II, représentée en Australie par un Gouverneur général, Quentin Alice Louise Bryce, première femme à occuper ce poste ; cependant le pouvoir exécutif réel se situe au niveau du poste de premier ministre. Des élections auront lieu au plus tard au début de l’automne, d’où le changement de premier ministre, pour présenter une équipe capable de refaire son handicap, et d’emporter les élections, ce qui était prédit par les sondages il y a encore un mois.

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 Quentin Alice Louise Bryce, Gouverneur général d'Australie

Autre point important : les 12 premières banques mondiales par leur chiffre d’affaires  en 2009 sont soit américaines, soit de l’Union Européenne. Si l’Australie n’a pas de grande banque mondialement connues, ses entreprises minières sont parmi les toutes premières au monde et engrangent des« superprofits ».

Ainsi, les deux principaux groupes miniers d’Australie sont australo-anglais. BHP Billiton, résultant de la fusion en 2001 de l’australien BHP et de l’Anglais Billiton, notamment présent en Afrique du Sud, donne naissance au premier producteur minier mondial. Rio Tinto a deux sièges sociaux, l’un à Melbourne, Australie, et l’autre à Londres ; l’entreprise a racheté le canadien Alcan (aluminium) en 2007.

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BHP Billiton et Rio Tinto contrôlent à eux deux 40% de la production de minerai de fer mondiale, principalement en Australie, et sont très sollicités par la Chine proche, qui consomme à elle seule 50% des exportations de minerai de fer.

L’Australie est par ailleurs le 4ème producteur et le 1er exportateur mondial de charbon, le 2ème producteur d’uranium (19% de la production), le 1er producteur de plomb (24% de la production), et le 3ème producteur d’or.

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L'ancien premier ministre australien Kevin Rudd

Le projet de M. Rudd était de taxer à 40% les profits dépassant en moyenne 6% sur les 10 dernières années, niveau jugé « normal » par l’ancien premier ministre. Mais c’est là que le bât a blessé : les groupes miniers visent un retour de 15% pour les meilleures années, pour compenser les « mauvaises » année ; ils n’étaient pas fondamentalement hostiles à la taxe, mais le niveau leur semblait trop élevé, d’où la levée de boucliers. Tom Albanese, directeur de Rio Tinto, a prévenu qu’il existait d’autres pays que l’Australie pour réaliser ses investissements ; ce à quoi des analystes ont rétorqué qu’il sera difficile de trouver pays plus propice à l’investissement que la riche et stable Australie.

Il faut reconnaître que les profits des groupes miniers en Australie sont très importants : 57 Md€ par an, dont seuls 9 reviennent à l’Etat. Kevin Rudd espérait dégager 7 Md€ supplémentaires par an dès 2013, pour financer les infrastructures et les fonds de retraites, ce qui est en partie le but du projet de Taxe sur les Transactions Financières d’ATTAC ou de Taxe sur les Banques (FAT) du FMI en Europe et outre-atlantique.

Julia Gillard, après l’attaque frontale de M. Rudd, a négocié et obtenu la participation des groupes miniers aux débats, ce qui lui a permis de trouver un accord avec les principales compagnies minièresL’opposition s'est trouvée privée de l’un de ses principaux arguments.

La méthode participative de la nouvelle premier ministre a réussi là ou l’attaque frontale de son collègue masculin avait échoué, permettant de taxer les « superprofits » des entreprises minières et de financer les infrastructures et les fonds de retraites.

Les prochaines élections australiennes, au plus tard au début de l’automne,  entre Julia Gillard, travailliste, et Tony Abbott, libéral, promettent d’être passionnantes.

Ah, si nous avions une femme à la tête de la France…

Frédérick Moulin

Sources : En Australie, la nouvelle premier ministre, Julia Gillard, non mariée, non croyante, affiche sa singularité, Le Monde daté du 3 juillet 2010 ; En Australie, la taxation des superprofits des miniers oppose droite et travaillistes, Le Monde daté du 23 juin 2010 ; Wikipédia


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2 juillet 2010 5 02 /07 /juillet /2010 16:17

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"On n'y comprend plus rien", texte et dessin de Martin Vidberg

« Jamais la déconnexion de la finance et de la réalité n'a été poussée si loin. Jamais les noces vénéneuses de la mathématique financière et de la révolution informatique, sous l'égide de la cupidité maximale, n'ont fait courir au monde autant de dangers. » martelait Ségolène Royal le 21 juin 2010 dans son intervention devant le Conseil de l’Internationale socialiste. À juste titre !

La déconnexion de la finance de la réalité est devenue la règle, et non plus l’exception.

À l’origine, les produits dérivés étaient relativement simples et connectés à l’économie réelle : les contrats à terme, ventes ou achats d’une quantité donnée de matière première à un prix donné et à un date donnée, sont apparus au XVIe siècle. Ils permettaient au producteur de bloquer un prix longtemps à l’avance et de se protéger d’un effondrement des cours : maïs, blé, avoine, et plus récement or, argent, pétrole, gaz, soja, bétail, coton, … Le vendeur (qui réalisait la « vente à terme ») était le producteur, l’acheteur (« achat à terme ») le consommateur ou l’industriel. Les produits dérivés avaient un but principal à l’origine : la couverture. On les appelait « instruments de couverture ».

Les instruments de couverture sont maintenant l’exception, et les produits dérivés spéculatifs la règle.

Jérôme Kerviel, à la Société Générale, avait accumulé lors de sa mise à pied le 20 janvier 2008 près de 50 milliards de positions « nominales » (bases sur laquelle on calcule les flux d’argent réellement échangés), soit l’équivalent des recettes de l’impôt sur le revenu du budget de la France ; en trois jours, les pertes latentes sur sa position sont passées de 1,5 Md€ à 4,9 Md€, position qui a alors été soldée.

En février 1995, alors que l’informatisation n’était pas encore très poussée, le portefeuille de produits dérivés sur les indices boursiers asiatiques de Nick Leeson n’a pas été géré pendant quelques jours, le temps que la Barings en découvre l’étendue et en comprenne la complexité : la perte a été multipliée au moins par deux du fait de la non gestion de la position pendant ce laps de temps, passant à 860 M£ en estimation initiale ; plus tard elle sera revue à la hausse à 1Md£.

Le 8 décembre 2005, une jeune employée de la société de courtage Mizuho, à Tokyo, vend 610 000 actions J-Com (recrutement) à 1 ¥ au lieu d’une action à 610 000 ¥ . Perte pour Mizuho : 350 M$ ; la jeune employée est licenciée.

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"Rions un peu avec les traders : un trader aurait très "malencontreusement" passé un ordre pour vendre des milliards d’actions Proctor & Gamble à la place de petits millions. Ah ah ah !", texte et dessin de Martin Vidberg du 7 mai 2010 (www.martinvidberg.com)

Le 6 mai 2010, un trader passe un ordre sur les actions Procter & Gamble en tapant des milliards d’actions (« b » pour « billion ») au lieu de millions (« m » pour « million ») : Procter et Gamble chute de 37% et le Dow Jones de 9% avant de se reprendre. Anecdote « amusante » : le capital de Procter & Gamble est composé de 2,73 milliards d’actions seulement… et le cours de l’action oscille à environ 60 $ : l’ordre représentait une part disproportionnée du capital, et était valorisé à plusieurs dizaines de milliards de dollars.

Dernière anecdote en date : dans la nuit du 29 au 30 juin 2010, après un week-end de golf bien arrosé, un verre d’alcool à la main, un courtier de la compagnie PVM Oil Futures (Londres) achète en deux heures depuis son salon 7,125 millions de barils de pétrole, alors que la production maximale quotidienne fixée par l’OPEP est de 24,84 millions de barils : l’opération représente 30% de la production maximale fixée ! Dans le même ordre de grandeur, le premier exportateur mondial , l’Arabie Saoudite, exporte 8,52 millions de barils par jour. Coût de l’opération : 500 M$ (409 M€). Le courtier alcoolique a été condamné à 5 ans d’interdiction d’exercer et à une amende de 90 000 €. Il faut dire qu’il a fait « peu de  dégâts » : le cours du pétrole n’a augmenté le lendemain « que » de 4%, passant de 71 $ le baril à 73,5 $, et le courtier a été contraint de revendre à perte, à 69 $ : une perte d’environ 30 M$ « seulement ».

Mais la déconnexion de la réalité s’est doublée d’une cupidité maximale.

Les banques n’ont pas montré l’exemple, certaines développant résolument une activité de marché spéculative pour compte propre comme centre de profit, comme la Société Générale (qui fait un peu plus profil bas depuis sa déconvenue en 2008) en France ou Goldman Sachs aux Etats-Unis.

Cela s’est doublé d’une stratégie du « winner » : les grandes banques de marché embauchent des « gagnants », des « loups », prêts à se battre pour enrichir la banque. Dès lors, ils voient passer des dizaines ou des centaines de millions de nominaux tous les jours, voire de milliards. Aussi en arrivent-ils à se poser la question : « Pourquoi n’aurais-je pas ma part ? »

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Jérôme Kerviel

Cependant, est-il normal qu’un trader comme Jérôme Kerviel touche un « petit » bonus de 300 000 € en 2007, alors que son salaire est de 50 000 € par an, soit 6 fois moins ? Plus piquant : il avait demandé 600 000 €, mais cela lui avait été refusé. Mais le bonus de M. Kerviel n’a rien d’extraordinaire. Certains traders vedettes touchent 10 à 12 millions d’euro de bonus par an ; Daniel Bouton, ex-PDG de la Société Générale aimait rappeler qu’il n’était que « le quarantième salaire de la banque ». Le record actuel est attribué au trader maroco-aurichien Driss Ben-Brahim, qui lorsqu’il travaillait pour Goldman Sachs à Londres a touché en 2007 50M£ de bonus.

Le mariage de la déconnexion de la réalité et de la cupidité maximale a été explosif : ils ont donné le jour à une bulle de folie en dehors de la réalité, qu’on pourrait appeler « le syndrome du casino ».

Les marchés financiers sont devenu un immense casinoles banques et les traders sont ses « joueurs ». Pris par leur passion, les traders vivent en dehors de la réalité, tiennent des rythmes parfois infernaux, sont stressés, boivent de l’alcool ou prennent de la cocaïne. Ils utilisent des termes de casino : « gagner », « perdre », « se refaire ». Nick Leeson voulait se refaire : la Barings a fait faillite. Jérôme Kerviel voulait se refaire : 5 milliards d’euros de pertes pour la Société Générale. Comme au casino, le but est gagner vite et beaucoup ; mais si certains gagnent beaucoup, d’autres perdent autant, et inversement. C’est hypnotisant comme un jeu vidéo.

Comment en est-on arrivé là ? De nombreux facteurs entrent en jeu, notamment :

-le développement des banques universelles et/ou d’affaire, surtout au XIXe siècle, le mot « banque » étant apparu dans la langue française au XVe siècle en même temps que les banquiers lombards en Italie ;

-le développement fulgurant des échanges de marchandises et de capitaux, et des moyens de communication et de transport de par le monde au cours des deux derniers siècles ;

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Crise de la tulipe : une variété de tulipe, Semper Augustus

-ces deux derniers points ayant pour conséquence une plus grande vitesse et facilité de déplacement des gens, des informations et des capitaux, doublées d’une plus grande taille des capitaux échangés, des marchés et des banques : si la « crise de la tulipe » (1634-1637 : bulle spéculative sur les oignons de tulipe) est considérée comme la première crise spéculative mondiale, elle ne dépassa guère les frontières de la Hollande (quelques implications en France), et toucha relativement peu de gens. À l’inverse, les spéculations actuelles (dettes souveraines des Etats de l’Union Européenne) ou les scandales (Lehman Brothers) ont des répercussions sur de nombreux pays, voire sur le monde ;

-le passage progressif, sans que ces types d’opérations soient exclusifs les uns des autres, d’instruments de financement, d’instruments de couverture de l’économie (prêts/emprunts, actions, obligations, contrats à terme), à des instruments d’arbitrage (profiter des écarts de cotation entre deux places boursières pour réaliser un gain en achetant le moins élevé et en vendant le plus cher), puis à des instruments de spéculation. L’arbitrage et la spéculation sont grandement aidés par le point précédent.

Deux facteurs aggravants : le développement débridé des mathématiques financières tout d’abord. Une des révolutions a été la mise en équation d’un modèle de détermination du prix d’une option, le modèle de Black & Scholes de 1973.

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Fischer Black et Myron S. Scholes (1975 et 1970, MIT Museum)

Depuis, l’imagination des traders est débordante. Les subprimes le prouvent, et les produits dérivés qui vont avec : Fabrice Tourre, trader de ces derniers chez Goldman Sachs aux Etats-Unis, écrivait le 29 janvier 2007 :

« Quand je pense que c'est un peu moi qui ai participé à la création de ce produit (qui, soit dit en passant, est un pur produit de masturbation intellectuelle, le genre de truc que tu inventes en te disant : et si on créait un machin qui ne sert absolument à rien, qui est complètement conceptuel et hautement théorique et que personne ne sait pricer [dont personne ne sait déterminer le prix, NdlR] ?, ça fait mal au coeur de voir que ça implose en vol... C'est un peu comme Frankenstein qui se retourne contre son inventeur »

L’informatisation ensuite. Depuis 1987, il n’existe plus de lieu physique d’échange des actions à Paris (la « corbeille » du Palais Brongniart). Le « Trading à haute fréquence », cité par Ségolène Royal dans son intervention à New York le 21 juin dernier, géré automatiquement par des logiciels d’ordinateurs, permet de réaliser des opérations à la vitesse de la lumière, dans des conditions plus ou moins opaques : ce « Trading à haute fréquence » est certainement un facteur aggravant dans le mini-krach du Dow Jones et de l’action Procter & Gamble du 6 mai dernier à New York.

Dans ces conditions, comment réguler ces activités financières devenues folles ? Des garde-fous existent, mais les mailles du filet sont encore trop larges. Dans nombre de banques, les contrôles sont quotidiens, mais est-ce suffisant quand une opération peut causer de très importantes pertes en quelques fractions de secondes ? Des limites par trader, par activité, par portefeuille ou par contrepartie existent, mais certains trouvent le moyen de les contourner, comme Jérôme Kerviel, qui a été au contrôle des risques (middle-office) avant d’être trader (front-office), pouvant alors facilement « maquiller » les contrôles du middle-office.

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Barack Obama a lancé une réforme historique du système de régulation financière en mai 2010 :

-restriction des « opérations pour compte propre » des établissements bancaires et des hedge funds,

-limite aux actions trop risquées des établissements dont la chute entraînerait un risque systémique,

-régulation plus stricte de l’immense marché des produits dérivés : échanges sur des plates-formes transparentes et non plus de gré à gré, à la seule vue des deux parties ; interdiction aux banques de conclure des swaps : échanges d’actifs et plus particulièrement de taux d’intérêt fixes contre des taux d’intérêt variables, les banques étant aujourd’hui les principaux intervenants ;

-séparation plus grande des activités de banque de dépôt et de celles d’affaire.

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Alors que le gouvernement Sarkozy n’avance pas sur la réforme de la régulation financière en France, que le G20 de Toronto, après le G20 de Londres et avant celui de Séoul s’en tient aux déclarations de principe, Ségolène Royal déclarait le 21 juin à New York :

« Une nouvelle régulation doit donc voir le jour sans délai. […]. Il nous faut agir sur la racine de cette folie financière si nous ne voulons pas, comme on disait en 1929, « gâcher une crise ». »

Pour réformer et réguler la finance en France (et en Europe), il n’y a pas trois voies, il n’y en a qu’une : c’est la voie Royal.

Frédérick Moulin

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2 juillet 2010 5 02 /07 /juillet /2010 01:42

 

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Les députés de la majorité ont validé cette semaine la proposition de loi du député UMP Éric Ciotti visant à suspendre les allocations familiales en cas d’absentéisme scolaire.

 La fausse bonne idée par excellence, comme la droite en a souvent le secret.

 

Retour aux fondamentaux pour une formation politique qui essaie depuis plus de 30 ans, et par tous les moyens, de se désengager sur le plan politique, financier, mais aussi philosophique, de sa place dans la société.  Même la crise sans précédent que nous connaissons aujourd’hui, qui appellerait au contraire à renforcer son rôle, n’y changera rien.

Mais qu’en pensent les institutions et organismes concernés ? « Un triste retour en arrière » pour l’Union nationale des associations familiales et une mesure « socialement injuste » pour la Fédération de parents d’élèves pour n’en citer que quelques-uns. Peu importe donc que l’ensemble des organismes officiels, les associations ou les syndicats concernés, de gauche comme de droite, aient clairement et publiquement tous désavoués cette idée, Xavier Bertrand a été clair : la majorité a décidé de sanctionner les parents qui oublient que « leur première responsabilité, c’est l’éducation de leurs enfants ». Les parents qui travaillent tous les jours, y compris le dimanche, et pourquoi pas bientôt jusqu’à 63 ans pour nourrir leur famille apprécieront sûrement.

Cette idée est non seulement mauvaise, elle est aussi vieille. Les politiques de responsabilisation parentale sont nées à la fin des années 1980. Elles sont fondées sur l’idée, simpliste, que la famille étant le premier lieu de socialisation, ses défaillances doivent être corrigées y compris sous la contrainte pour éviter les désordres de la société. États-Unis, Angleterre, Canada ou Belgique : tous les pays qui ont expérimenté cette politique en sont revenus après des bilans catastrophiques.

Malgré ces « antécédents », le principe de responsabilité parentale a été introduit en droit français en 2006 par le Ministre de l’Intérieur de l’époque, un certain… Nicolas Sarkozy. Depuis cette date, les conseils généraux peuvent déjà suspendre les allocations familiales des familles dites « démissionnaires ». En quatre ans, aucune suspension n’a été appliquée. Même les 43 conseils généraux de droite ont estimé cette mesure injuste et inutile.

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Dessin de Plantu

Si la droite (une certaine droite) et la gauche se sont mises d’accord dans les conseils généraux pour ne pas appliquer cette mesure, c’est d’abord parce qu’elle rajoute de la misère à la misère. Suspendre les allocations familiales pénalisera brutalement les familles déjà fragilisées par la crise, dont beaucoup sont dépassées elles-mêmes par le comportement de leur enfant.

C’est aussi parce qu’une telle  mesure est dans la droite ligne d’une stigmatisation permanente à laquelle beaucoup refusent de prêter main-forte. Se servir des allocations pour lutter contre l’absentéisme revient clairement à suggérer que seules les familles bénéficiaires de prestations sociales ont des enfants qui ne vont pas en cours. C’est non seulement écœurant mais aussi absolument faux : le rapport Machard remis en 2003 au gouvernement constatait certes un absentéisme élevé chez les jeunes dont les parents connaissent une situation sociale précaire mais montrait également que « les jeunes des classes moyennes et aisées sont eux aussi absents, même si leurs absences ne donnent pas lieu aux mêmes repérages et au même traitement ».

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Au delà, le plus inquiétant dans cette affaire, ce sont sans doute les petites avancées idéologiques sur fond de faits divers que fait ainsi passer l’UMP. Lesquelles ? D’abord que les parents des absents ont toujours tort. Non, la plupart des parents ne sont pas complices de l’absentéisme scolaire de leurs enfants. Ensuite, que les allocations familiales sont réservées aux « bons parents ». Non, les allocations familiales qui ont été instaurés en 1938, ne sont pas un gadget de rééducation mais une vraie mesure de politique familiale : elles ne sont pas destinées à récompenser les parents que les autorités jugent bons mais à alléger les charges financières liées aux enfants. Cette suppression d’allocation ne touche ainsi, par définition,  que les familles d’au moins deux enfants, fondant une sévère  punition collective comme si frères et sœurs pouvaient être sanctionnés des comportements d’un seul des enfants.

M. Ciotti aurait bien été inspiré de s’interroger sur les causes de l’absentéisme : faibles liens des parents avec l’institution scolaire, difficultés personnelles des enfants, conflits avec les enseignants, ratés de l’orientation plus ou moins choisie, temps de transports plus élevé, souffrance médicale, ruptures familiales… Autant de pistes de réflexions plus complexes à appréhender que de démagogiques sondages.

École publique, associations de terrain, sécurité au sein de la famille : c’est tout cela que la droite est en train de casser et qu’il nous faudra réparer et reconstruire.

Blog de Najat Vallaud-Belkacem, jeudi  1er   juillet 2010

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1 juillet 2010 4 01 /07 /juillet /2010 20:21

80314 royal-une Après son intervention sur TF1 et sa charge contre le pouvoir en place, « un système corrompu » avait-elle déclaré, Ségolène Royal a subi les attaques de la horde UMP. Mais, elle est revenue sur BFM, ce jeudi matin, plus forte et déterminée.

Comme sur la taxe carbone, le plan de destruction d’habitations décidé sans concertation après la tempête Xynthia, la retraite à 60 ans, Ségolène Royal a décidé d’user de son poids politique pour défendre ses convictions.

 

Femme libre, femme engagée, elle s’est beaucoup consacrée à la gestion de sa région, délaissant son courant au Parti socialiste. C’était plus important à son sens. Cette femme se reconnaît plus dans le travail de terrain que les petites stratégies d’appareil. C’était aussi le moyen pour elle, de réagir aux attaques qu’elle avait durement subies lors de la campagne présidentielle de 2007. La remise en cause de ses compétences l’avait assurément touchée. Il fallait qu’elle montre ce dont elle était capable. Sa région devint rapidement son laboratoire, la vitrine d’une autre politique possible, une politique plus volontaire en faveur de l’innovation et la croissance verte, une politique plus sociale, une politique en faveur des cultures. Dépassant le champ des fonctions habituelles d’un président de région, Ségolène Royal donnait à cette région une dynamique, une position première dans beaucoup de domaines. Plébiscitée lors de la dernière élection régionale, elle a su faire la preuve, selon son expression, qu’avec des convictions on peut gouverner autrement.

 

Forte de cette réussite, inutile de laisser un pouvoir à Paris, dilapider les fonds publics alors que la crise frappe de plus en plus de familles. Indignée, comme beaucoup de Français, par ce pouvoir complaisant avec les grandes fortunes et dur avec le peuple, la socialiste ne pouvait laisser faire. Mais il ne s’agit pas seulement de dénoncer et faire reculer le pouvoir en place. Il faut aussi agir pour le changement. Certes, elle l’a dit si les Français le veulent, elle ne sera pas candidate à la présidentielle car il faut rassembler pour assurer l’alternance. L’essentiel pour elle est de débarrasser la France du système Sarkozy pour une autre politique. Mais si les Français la soutiennent, elle est prête. Prête pour le changement avec une équipe renouvelée, c’est qu’elle a pu mesurer depuis 2007 la valeur de l’engagement des uns et des autres. Prête pour prendre les commandes de la République qu’elle veut plus impartiale, plus juste, plus volontaire et innovante, plus écologique, une République qui donne à chaque enfant sa place quelques soient ses origines. Elle est prête pour porter ce changement et donner à la France un coup de jeune, une nouvelle dynamique et une nouvelle image dans le monde. Elle est prête à assumer les responsabilités de la République et moi simple citoyen je la soutiens.

 

Philippe Allard

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1 juillet 2010 4 01 /07 /juillet /2010 11:45

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Les nouveaux repreneurs apportent 13,1 millions d'euros et s'engagent à reprendre 80 salariés sur les 120 licenciés

Heuliez est sauvée.

« Enfin, après deux ans de promesses non tenues, l’argent était là. » constatait Me de Mauléon, conseil des repreneurs allemands ConEnergy, Procar et Kohl.

Ségolène Royal, qui a défendu bec et ongles la société dans ces périodes difficiles - la Région Poitou-Charentes étant devenue seule actionnaire d’Heuliez début 2010 suite à la défaillance de ses partenaires - était présente hier au tribunal de commerce de Niort à 11 heures, où elle s’entretenait avec les responsables syndicaux d’Heuliez.

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Ségolène Royal signe le nouveau pacte d'actionnaires le 30 juin 2010 à Cerizay avec ConEnergy (au centre) et BGI (à droite) 

Quelques heures plus tard, elle signait à Cerizay le nouveau pacte d’actionnaires avec le français Baelen Gaillard Industrie (BGI) pour la reprise de l’activité emboutissage, que BGI détiendra à 100%, et les allemands ConEnergy, Procar et Kohl pour la reprise d’Heuliez Véhicule électrique (HVE) : la Région détiendra 31,2% du capital et ses partenaires 68,8%. La Région Poitou-Charentes reste donc un actionnaire important de la voiture électrique produite par la société. ConEnergy, Procar et Kohl ont déposée une somme de 10 M€, placée sous séquestre, en vue d’une augmentation de capital de HVE. 10 M€, ça ne vous rappelle rien ? De fait, le FSI ne participera pas à la reprise de HVE.

« Le Dr Kohl et ses associés ont les moyens de soutenir leur projet aux côtés de la région […] Il fallait aussi simplifier autant que possible la structure du projet de reprise. »

Ségolène Royal, donc, était dans l’action, sur le terrain, hier.

Christian Estrosi, ministre de l’Industrie, lui, était à Paris. À 8h20, il était interviewé par Jean-Pierre Elkabach sur Europe 1, qui attaquait fort :

« Christian Estrosi, bonjour, merci d’être là. Payez-vous votre logement de fonction ? » pour poser sa deuxième question 30 secondes plus tard : « Est-ce que les jets privés c’est bien fini et comment vous faites Paris-Nice ? »

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Christian Estrosi sur Europe 1 mardi 30 juin 2010 à 8h20

Nullement démonté, M. Estrosi écartait ces questions d’un revers de main, il préférait concentrer ses propos sur  le discours de la veille de Ségolène Royal et sa phrase : « Le système Sarkozy est corrompu » :

« C’est une attitude qui est inqualifiable » martelait-il, rappelant les affaires de l’ère Mitterrand, époque où Ségolène Royal travaillait à l’Elysée, et osant sans sourciller renvoyer dos-à-dos la femme politique d’alors et Eric Woerth aujourd’hui, sans nommer ce dernier.

Puis il abordait le dossier Heuliez, mais s’étant complu dans la critique, il débita ses dernières phrases au pas de charge, alors que le jingle de l’émission commençait à retentir :

« J’annonce à cette occasion que sur Heuliez l’Etat apportera 10 M€ ; je serais curieux d’ailleurs, parce que Madame Royal est une truqueuse et une menteuse et qu’elle l’a démontré sur ce dossier, combien elle fera d’effort par rapport à ce que fera l’Etat.

[10 M€], nous les donnerons. Ce sera de l'argent de mon ministère, à la fois sur des primes vertes pour baisser la facture énergétique, c'est aussi une prime à l'aménagement du territoire et sans doute une participation du FSI [Fonds stratégique d'investissement, NdlR]. On sera sans doute même à plus de 10 millions d'euros ».

Or qu’en est-il de ces annonces fanfaronnes faites au pas de course en fin d’interview ?

Les « primes vertes pour faire baisser la facture énergétique » ne nous éclairent pas beaucoup : certains journalistes ont été curieux, et ont posé la question (M6 & MSN) :

« Les primes vertes, ce sont les aides dans le cadre des aides au développement du véhicule électrique » , a-t-on précisé au ministère.

Ce qui n’est pas vraiment limpide. Il semble donc qu’il puisse s’agir des primes à la casse, qui auront disparu en 2011 lors de la commercialisation de la Mia de HVE.

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Il semble qu’il puisse aussi s’agir des bonus écologiques de 5 000 € accordés notamment aux véhicules électriques (pas d’émissions) ; cependant ces bonus arrivent pour le moment à échéance en 2012, un an après la mise en circulation de la Mia. Par ailleurs, les bonus écologiques ne coûtent, en théorie, rien à l’Etat, les malus étant supposés les financer. Certes, une certain succès des petits véhicules faiblement polluants a amené l’Etat à devoir verser jusqu’à 200 M€ par an. Mais le bonus écologique et la prime à la casse sont versés aux clients, pas aux industriels : encore faut-il pouvoir produire ! VHE estime le projet Mia achevé à 40% et les coûts restants à 18 M€.

La « prime à l’aménagement du territoire » (PAT) de la DATAR : là encore, la déception est au rendez-vous. Le budget annuel national de la PAT est de 40 M€ par an environ : en 2009, 34 M€ de PAT ont été accordés pour 51 projets, soit une moyenne de 670 000 € par projet, très loin des millions de M. Estrosi.

Enfin, « sans doute une participation du FSI » : on appréciera la valeur des deux premiers mots au regard des promesses passées non tenues. Mais, au-delà, le pacte d’actionnaires semble ne pas laisser de place pour le FSI : les Allemands « ont les moyens » et n’estiment pas avoir besoin du FSI ; BGI veut détenir 100% du capital de l’emboutissage d’Heuliez, investissant 2 M€ en fonds propres et 1,1 M€ en compte-courant ; le ministre de l’Industrie ayant promis à BGI un soutien de l’Etat de l’ordre de « 2 à 3 M€ ».

Résumons : alors que Christian Estrosi fanfaronne en annonçant « plus de 10 M€ » d’argent frais et accuse Ségolène Royal d’être une « menteuse » et une « truqueuse », il ne débloquera en réalité probablement pas plus de 2, 3 ou 4 M€ aux sociétés de l’ancien groupe Heuliez, s’il tient ses promesses, contrairement à ce qu’il a fait dans le passé. Dans le même temps, la Région Poitou-Charentes et sa présidente ont été les seuls à aider Heuliez à survivre ces 6 derniers mois (prise de participation de 5 M€), après la défection des autres actionnaires. Et la région détiendra 31,2% de VHEQui est dans l’action, qui est dans le mensonge ?

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La Mia d'Heuliez Véhicule Electrique au salon automobile international de Genève en mars 2010

Ce matin sur BFM TVSégolène Royal rappelait que la région accordait une prime de 6 000 € pour l’achat de la Simplicity, un petit véhicule utilitaire, réduisant le prix à 5 000 € ; et de 4 000 € pour le Pélican, petit scooter électrique, dont le prix est ramené à 3 500 €. Elle déclarait :

« [La Mia] est la première voiture électrique qui sera mise sur le marché en juillet prochain [2011, NdlR]. […]

C’est facile de venir voler au secours de la victoire. Ces 10 M€ […] s’ils viennent tant mieux, mais je n’y crois plus guère. »

Elle ajoutait, après que Jean-Jacques Bourdin lui ait rappelé les propos du ministre de l’Industrie la qualifiant de « menteuse » et de « truqueuse » :

« Il ferait mieux de se calmer, Christian Estrosi, parce qu’il a été pris aussi la main dans le pot de confiture, avec ses deux appartements de fonction ; il ferait mieux de se taire et de se mettre au travail. »

Du côté du projet de reprise, l’offre paraît solide. BGI est un spécialiste de la machine-outil, dont les dirigeants ont été formés à l’école allemande, celle des PME performantes de ce secteur. L’entreprise réalise un chiffre d’affaires de 125 M€ et emploie 1 000 salariés, et a racheté une entreprise de carrosserie performante en 2007, Buisard, qui s’est spécialisée dans les cabines pour engins agricoles et de chantier. Les synergies avec le pôle emboutissage d’Heuliez devraient être importantes, et BGI est intéressé par les clients d’Heuliez dans le ferroviaire (Alstom) et l’aéronautique (Eurocopter). BGI réalisera la carrosserie de la Mia.

ConEnergy, vedette des énergies propres et du solaire à la bourse de Francfort, même si sa capitalisation boursière a fondu avec la crise, s’est spécialisée dans les services liés à l’énergie. Elle dispose en la matière d’une réputation incontestable. Elle s’est alliée avec la famille Kohl, active dans ladistribution pharmaceutique, et le distributeur automobile allemand Procar au sein de Mia Electric GmbH, futur détenteur des 68,8% allemands de HVE. Déjà en mars 2010, au salon automobile international de Genève, où Heuliez et la Mia étaient présents, ConEnergy projetait une alliance avec le distributeur de pneus et de services automobiles Top Service Team et ses 380 succursales en Allemagne et en Autriche pour distribuer la Mia.

Les rôles devraient donc être : à BGI la carosserie de la Mia ; aux Allemands la vente, la distribution et la coordination ; à HVE le développement technologique de la voiture électrique (batterie, …). Il est probable que la Mia ne porte que son nom, la marque Heuliez appartenant désormais à BGI.

Côté emploi, Ségolène Royal est optimiste : 485 emplois sont sauvés sur 600, et elle estime que les personnes licenciées devraient toutes être réembauchées dans les prochains mois ; les repreneurs s’étant déjà engagés à reprendre dans les 15 prochains mois, une fois la Mia mise en production, 80 salariés.

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Un des rares nuages qui assombrissait un peu la croissance verte chère à la présidente de Désirs d’avenir vient de disparaître. Le ciel est bleu. C’est l’été en Poitou-Charentes, et la Mia va devoir mettre les bouchées doubles pour rattraper le retard de ces derniers mois et tenir les délais qu’elle s’est fixée : juillet 2011. Le ciel sera bleu aussi, ce sera encore l’été, et les candidates et candidats aux primaires de gauche seront connus…

Sources : Les détails du plan de reprise d’Heuliez, LesEchos.fr, 30 juin 2010 ; Heuliez repris par un trio franco-allemand, LeMonde.fr, 30 juin 2010 ; www.baelengaillardindustries.fr ; www.conenergy.com ; news.fr.msn.com/m6-actualite/ ; www.datar.gouv.fr ; interview de Ségolène Royal sur BFM TV, mardi 1er juillet 2010

Frédérick Moulin

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1 juillet 2010 4 01 /07 /juillet /2010 11:20

 

Fête de la musique, fête de l’été ! Ma moisson de livres est toute prête, mais très diverse et éclectique, peut-être à cause de la météo changeante, sûrement en raison de la morosité ambiante … Depuis quelques jours, je me suis calfeutrée et j’ai lu, comme en automne ou en hiver à la campagne.

 

Pour vous ce que j’ai aimé :

 

Dans le désordre, un poche aux éditions 10/18 n°4307, auteur Shumpa Lahiri, titre : « Un nom pour un autre ».

Shumpa Lahiri est née à Londres de parents bengalis et vit actuellement à New York. Elle a reçu en 2000 le prix Pulitzer (notre Goncourt !) pour son premier roman. Dans celui que je vous recommande, « Un nom pour un autre », l’auteur nous émeut par l’évocation du déracinement et des conflits liés à la double culture. 

 

L'heure de pointe : Roman en quatorze lignesPlus facile en apparence, mais non moins profond, aux éditions Actes Sud, un recueil de nouvelles « L’Heure de pointe » roman en quatorze lignes (de métro !), étrange, où l’auteur Dominique Simonnet parle de l’amour, de la vie, des hommes, des femmes, jetés dans le grand brassage des lignes du métro parisien, avec émotion, finesse et surtout talent … !

 

Ces derniers temps, j’ai retrouvé sur ma table de chevet deux ouvrages que j’avais, à tort, laissés de côté et qui ont eu depuis des prix, des lauriers :

 

Prix des lectrices de « Elle » : « Ce que je sais de Vera Candida », de Véronique Ovaldé (éd. De l’Olivier), de mon point de vue un livre qui ne passera pas de mode de sitôt …

 

De même, toujours prix des lectrices de « Elle », catégorie documents, « L’Homme qui m’aimait tout bas » d’Eric Fottorini, aux éditions Gallimard. Cet homme était son père … bouleversant.

 

Enfin pour terminer cette chronique, plus longue qu’à l’accoutumée, mais je saute juillet et ne vous retrouverai qu’au moins d’août :

Un témoignage de Pierre Daix ; « Avec Elsa Triolet », éditions Gallimard. Elsa est la muse, l’épouse en 1945 de Louis Aragon ; pour l’auteur, elle devient « une grande sœur ». Récit-portrait d’une femme de lettres et des espoirs, souvent déçus, du PCF.

 

A bientôt

 

Mireille  

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30 juin 2010 3 30 /06 /juin /2010 14:27

 

 

 

 

 

  De Sarkozy à Nicolas Ier ...

 

 

 

 

C'est tout un système mis en place insidieusement que Ségolène Royal a dénoncé au journal de 20 heures de TF1 mardi 29 juin. En utilisant les quelques minutes de son intervention, précipitant les mots, jaillissant les phrases, elle s'est adressée aux Françaises et aux Français pour les prendre à témoin du changement en cours. Une intervention préparée en forme de déclaration des droits contre le système Sarkozy qui replonge la France dans l'ancien régime :

 

- Par le type de pouvoir « corrompu » dans le sens de Montesquieu, philosophe des Lumières :

"C'est un pouvoir qui mélange les biens privés et les biens publics", "c'est un pouvoir qui perd tout sens du bien commun" et "c'est un pouvoir qui profite d'une totale impunité"

La République a permis en effet de faire réellement de l'Etat la chose publique, le bien de tous. Pour la présidente de région, c'est tout un ordre moral républicain qu'il convient de rappeler face à la conduite du président et des siens. Un homme n'est ni propriétaire, ni héréditaire de l'Etat. Ceux qui ont été élus par le peuple pour gérer l'Etat se doivent de dissocier leur intérêt privé, et ceux de leurs amis, de l'intérêt collectif qu'ils ont en charge pour le bien de tous.

- Par le type de société, une société d'ordres et de privilèges :

La République a permis d'instaurer un Etat de droit. La loi est la même pour tous et il ne peut y avoir de privilèges. Or avec le pouvoir actuel, il s'avère que ce principe fondamental est remis en cause. Avec le bouclier fiscal, avec les liens d'un petit nombre, une nouvelle aristocratie au-dessus du peuple se constitue. C'est le retour à une sorte de noblesse mais la noblesse du fric.

Ce qui apparaît d'autant plus condamnable c'est qu'alors que le pouvoir veut remettre en cause un droit social avec la retraite à 60 ans, le petit cercle dispose de privilèges dûs à la proximité du pouvoir.

 

La charge est donc forte contre le système Sarkozy. On comprend les réactions vives de sa cour suite aux propos de Ségolène Royal qu'il s'agit à nouveau de dévaloriser. D'autant que pour la socialiste face à cette grave dérive, il ne faut pas se résigner, il ne faut pas laisser faire. Elle en appelle à la capacité de résistance du peuple et lance une pétition pour un référendum d’initiative populaire sur la retraite à 60 ans.

Forte de sa candidature à l'élection présidentielle et des millions de voix recueillies, la socialiste a su prendre la hauteur nécessaire dans cette déclaration pour rappeler chacun à la raison et redonner le sens de l'Etat républicain.

 

Philippe Allard

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