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27 octobre 2011 4 27 /10 /octobre /2011 03:27

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Cliquez sur le dessin pour accéder à la taille réelle - "Le seigneur de l'euro", texte et dessin de Martin Vidberg, 25 octobre 2011 (www.martinvidberg.com)

Je n’ai pas pu résister à vous faire partager la mini-saga en dessins de Martin Vidberg de lundi et mardi, inspirée du Seigneur des Anneaux de J.R.R. Tolkien.

On y suit les tribulations, dans des Terres du Milieu revisitées, de la « communauté de l’euro », étrangement réduite à 3 personnages : un Sarkozy-Frodon-porteur de l’euro aux mimiques faciales toujours agressives, habillé en bleu-blanc-rouge, une Europe personnifiée, les 12 étoiles bien visibles, apeurée et craintive, et une Angela Merkel-Sam Gamegie – Sam est le fidèle compagnon de Frodon dans sa quête tortueuse - pas très contente d’être de la partie, habillée en noir-rouge-jaune d’or, les couleurs de l’Allemagne.


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Angela Merkel et Nicolas Sarkozy en conférence de presse commune au Conseil européen ce dimanche à Bruxelles : une certaine ressemblance avec les dessins de Martin Vidberg ... (@sipa/isopix)

Dans un premier temps, Sarkozy-Frodon se dirige à contrecœur vers la Comté, d’où Sam et Frodon sont originaires : un pays verdoyant, fraternel ou tous les peuples vivent en bonne intelligence, dans la bonne humeur, profitant des bonheurs simples du quotidien.

« Vous êtes sûr qu’il faut se diriger dans cette voie pour sauver la monnaie unique … ma précieuse ? » : ça y est, Sarkozy-Frodon a le cerveau dévoré par le pouvoir de l’euro, par le pouvoir de l’argent !

Non loin de là, des contrées prometteuses pour Sarkozy : CAC 40, BOURSE, La City, Wall Street…

Heureusement, l’œil de Sauron-Agence Moody’s 24/24 7j/7 veille du haut de Barad-dûr.

« Puis enfin sa vue se trouva retenue : mur sur mur, créneau sur créneau, noire, incommensurablement puissante, montagne de fer, porte d'acier, tour de diamant, il la vit : Barad-dûr, Forteresse de Sauron. Tout espoir l'abandonna. », Le Seigneur des Anneaux 

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"Sauront-ils sauver l'euro?", texte et dessin de Martin Vidberg, 25 octobre 2011 (www.martinvidberg.com)

Puis pour convaincre Sarkozy-Frodon, une petite attaque des triples AAAzgül – Nazgül, les terrifiants serviteurs d’Agence Moody’s – Sauron, mi hommes-mi spectres, opportunément ramenés à trois pour être triples…

« Il faut retourner vers le Moody’s, je vous l’avais dit », lâche Sarkozy – Frodon, l’esprit de plus en plus dévoré par l’unique, la monnaie unique, « L’euro sera bien plus en sécurité dans les contrées du Moody’s », conclut Sarkozy-Frodon.

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"Sauront-ils sauver l'euro?", texte et dessin de Martin Vidberg, 25 octobre 2011 (www.martinvidberg.com)

Grave erreur, car l’anneau veut retrouver le doigt de Sauron son maître, l’euro veut retrouver le giron de l’Agence Moody’s sa maîtresse à la main gantée de fer.

L’Europe conclut : « J’ai un mauvais pressentiment. » … En effet !

185 boum"Comment sauver l'Europe ?", texte et dessin de Martin Vidberg, 20 septembre 2011 (www.martinvidberg.com) 

Concluons par une citation du Seigneur des Anneaux :

« Tout ce que nous avons à décider, c'est ce que nous devons faire du temps qui nous est imparti. » / « All we have to decide is what to do with the time that is given us. »

Pour donner un destin à l’Europe, la volonté et l’action politique dans le temps qui nous reste, toujours et encore, contrairement à l’inaction, à la paralysie de Nicolas Sarkozy et du couple franco-allemand.

Appliquons dès maintenant la taxe sur les transactions financières votée par le Parlement européen le 8 mars 2011, mettons en place un ministère franco-allemand de l’Economie et de la Relance économique, première pierre d’un véritable gouvernement européen, négocions avec l’Allemagne et nos autre partenaires européens, puis installons les eurobonds, et réalisons la réforme bancaire pour mettre les banques au service de l’économie réelle, et non le contraire comme actuellement !

Frédérick Moulin

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25 octobre 2011 2 25 /10 /octobre /2011 13:44

 

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À la Convention d'investiture samedi, Ségolène Royal a fait un discours de près de 18 minutes, et a eu le privilège d’intervenir juste avant notre candidat François Hollande, devant une Halle Freyssinet pleine – LCP parlait de 4500 personnes présentes. Son discours, où on a retrouvé la Ségolène Royal combative, presque guerrière, de la campagne du premier tour des primaires, a été un soutien sans cesse renouvelé à « François ». Il y a beaucoup été question aussi d’un autre François, François Mitterrand, bien sûr.

RichardTrois
Ségolène Royal a dit du candidat plus de bien en qq jours que tous les dirigeants du parti pendant toute une campagne présidentielle.

22 Oct via web


Ségolène Royal a été énormément applaudie et acclamée, sur la France métissée, sur l’éducation, sur les banlieues, sur les  « brevets de présidentialité » du ministre de l’Intérieur « englué dans les affaires », et bien sûr, sur les citations de François Mitterrand, notamment à la fin de son discours :

« Ils nous diront qu’ils ont compris leurs erreurs. « Revotez pour moi ! », nous dira-t-il, « Je vais corriger mes erreurs. ». Eh bien nous ne laisserons pas faire, et nous mènerons ce combat, car comme disait François Mitterrand : « C’est une affaire de volonté, de continuité, de clarté d’esprit dans la fidélité aux engagements. La chance, c’est vous qui la forgerez de vos mains. ». Cette victoire nous allons la forger avec toi, François, nous irons la chercher tous ensemble pour te faire gagner et faire gagner la France ! »

 

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Ségolène Royal souriante, sous les regards d'Arnaud Montebourg et du président du Sénat, Jean-Pierre Bel, assis à la droite du candidat du PS, pendant l'hommage rendu à sa personne par le PRG Jean-Michel Baylet

Ségolène Royal a reçu de nombreux hommages des candidats, dont celui, peu attendu mais très chaleureux de Jean-Michel Baylet, président du PRG, qui pendant les débats s’était souvent opposé à Ségolène Royal, sur son volontarisme économique justement, et qui dans ses hommages aux candidats a commencé par Ségolène Royal :

« Nul n’a été désavoué, et le peuple de gauche a entendu aussi les messages des autres candidats, et rien de ces apports, de chacune et de chacun d’entre nous, ne devra être rejeté. Il faut bien sûr intégrer le volontarisme politique de Ségolène, (Déferlement d’acclamations et d’applaudissements, qui se poursuit pendant le reste de l’intervention) qui nous a, oui, Ségolène, rappelé, les plus belles journées d’une campagne de 2007, que les radicaux avaient, pour leur part, menée sans aucune arrière-pensée. Bravo et merci, Ségolène ! (Tonnerre d’acclamation et d’applaudissements) »

 

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Première allusion à Ségolène Royal pendant le discours de Martine Aubry ...

Puis Martine Aubry a salué par deux fois l’autre candidate du premier tour des primaires ; et dans son énumération des candidats a également commencé par Ségolène Royal  :

« La primaire a été, je crois, le premier acte citoyen de la démocratie contre les marchés qui veulent nous limiter nos marges d’action, et contre les cercles du pouvoir qui veulent confisquer le débat public. Parce qu’elles ont illustré par l’exemple avant, cher à Ségolène Royal, (Applaudissements nourris) la manière dont nous gouvernerons après, pour les Français, les primaires sont une promesse d’avenir, et nous ne devons pas la décevoir. »

 

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Deuxième hommage de Martine Aubry à Ségolène Royal, qui sourit sous les applaudissements et les acclamations du public

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Suite au deuxième hommage de Martine Aubry, Bertrand Delanoë se penche vers Ségolène Royal pour lui dire quelques mots, et la présidente de la Région Poitou-Charentes sourit... Pas de doute, le rassemblement est en marche.

« Et puis bien sûr, ces primaires n’auraient rien été sans nos candidats, je suis heureuse d’en avoir fait partie, et je suis heureuse d’avoir eu les débats que nous avons eu ensemble. Je voudrais saluer chacun et chacune, Ségolène, qui fut notre candidate en 2007 … (Tonnerre d’acclamations et d’applaudissements pendant près de 40 secondes, nombreux « Ségolène ! ») et qui a … Ségolène donc, qui a … (Martine Aubry reprend la parole alors que la foule acclame et applaudit encore) une place particulière dans notre parti, vous le montrez, encore, à l’instant. »

 

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Gros plan des caméras du PS sur Myriam, foulard rouge au tour du cou, ségoléniste de coeur, qui appaludit Martine Aubry sur le non-cumul

À noter aussi le court passage du discours de Martine Aubry sur le non-cumul des mandats, où la caméra du PS a fait un gros plan dans le public sur les applaudissements de Myriam, militante ségoléniste, qui arborait fièrement son écharpe rouge. Tout un symbole.

« Nous sommes prêts, aussi, avec un parti qui se rénove, avec le non-cumul des mandats, (Déferlement d’acclamations) avec la parité, avec la diversité et avec ces primaires. »

 

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Ségolène Royal pendant l'hommage de François Hollande et sous les appludissemenst du public

François Hollande a égrené les hommags aux candidats en allant crescendo, et finissant par Ségolène Royal et par Martine Aubry : « Ma gratitude va ce soir à vous tous, mais plus particulièrement aux candidats des primaires. […] À toi, Ségolène, qui a inspiré tant d’approches nouvelles, et qui fut notre candidate valeureuse à l’élection présidentielle de 2007. (Tonnerre d’acclamations et d’applaudissements pendant 10 secondes) »

 

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Stéphane Hessel écoute l'hommage que lui rend François Hollande, à lui et aux indignés ; à gauche Aurélie Filipetti

Puis notre candidat a salué Stéphane Hessel, présent dans la salle :

« À toute époque, il convient d’entendre les indignés. Ils n’ont pas d’âge, cher Stéphane Hessel, (Applaudissements nourris) ils sont simplement des hommes, des femmes, qui considèrent qu’à un moment, quand trop de désordres, quand trop d’injustices, quand trop de conservatismes de toutes sortes menacent, il faut se lever.

 

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François Hollande : "Celui ou celle qui néglige les indignés, les rejette, est un conservateur"

Celui ou celle qui néglige les indignés, les rejette, est un conservateur. »

 

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Stéphane Hessel écoute attentivement Manuel Valls lui parler d' "indignation"

Plus tôt, c’est Manuel Valls qui le premier avait fait remarquer la présence de l’auteur d’Indignez-vous ! dans la salle. Stéphane Hessel, songeur et attentif au début, s’est ensuite levé et a été fortement applaudi ; dans la joie, il a applaudi avec le public :

« Nous sommes […] à tes côtés pour répondre au désespoir, mais aussi à la radicalité présente dans la société française, à l’indignation, et laissez moi saluer notre ami Stéphane Hessel qui est avec nous (Déferlement d’acclamations et d’applaudissements qui se poursuivent pendant le reste du discours) et qui les a incarnés partout en France, en Europe, et dans le monde. [Stéphane Hessel se lève et au public : « Merci. » ] Nous sommes à tes côtés …  (Redoublement des acclamations, « Sté-phane ! Sté-phane ! Sté-phane ! ») (Manuel Valls, après 30 secondes d’interruption) Nous sommes à tes côtés pour reconstruire un projet européen et une politique industrielle pour notre pays. »

 

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Après s'être levé, Stéphane Hessel se rassoit, et applaudit avec le public ... "l'indignation" et lui-même

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Le "rassemblement joyeux" : les jeunes applaudissent Stéphane Hessel et brandissent les drapeaux du PS, des MJS et du Changement

À la Halle Freyssinet, samedi, la grande fête du rassemblement, le « rassemblement joyeux » battait son plein.

Frédérick Moulin

 

 

Transcription par Militants de l’Espoir À Gauche avec Ségolène Royal / F.M.

La parole est à présent à Ségolène Royal.

(Acclamations, puis applaudissements ; Ségolène Royal monte sur scène)

Cher François,

Tu es aujourd’hui notre candidat. Et si nous sommes là tous ensemble, rassemblés, c’est pour que demain, tu sois notre président ! (Applaudissements)

Et comme tu viens de l’entendre, et je le redis ici devant vous, nous sommes tous engagés sans réserve. Et moi qui ai eu l’honneur de porter notre drapeau pour l’élection présidentielle, je suis aujourd’hui engagée sans réserve, animée par l’intérêt général dans ce combat majeur pour l’avenir de notre pays. (Applaudissements)

Oui, engageons-nous, appuyés sur les forces citoyennes de tous ceux qui veulent le changement à gauche, et l’on ressent, ici ce soir, entre nous, que ce changement, à gauche, il est à portée de main, et que nous pouvons dire aux Français et aux Françaises qui le veulent que ce changement, ils l’auront ! (Acclamations, applaudissements)

Ils l’auront, et les Français ont rendez-vous avec l’histoire en mai 2012. Ils l’auront et ils l’attendent, l’alternance à gauche. Nous allons leur répondre, courageux, déterminés, et surtout unis, à leur service, pour la victoire.

Et nous sommes heureux d’être aujourd’hui rassemblés, et surtout d’avoir accompli ce qu’il fallait faire pour cela. Ce rassemblement autour de toi, François, est porté par un élan citoyen, on l’a dit, celui des primaires, mais il est surtout porté par l’espoir de millions de Français, ceux qui souffrent, ceux qui espèrent, pour en finir avec une droite qui a gravement abîmé notre pays, une droite qui s’est d’abord servie au lieu de servir, et qui veut continuer à le faire. Non, nous ne la laisserons pas faire, notre devoir est double : gagner pour réussir ! (Applaudissements)

 

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"Non, nous ne la laisserons pas faire, notre devoir est double : gagner pour réussir ! (Applaudissements)"

Nous l’avons vu, d’ailleurs, au cours de cette campagne, au contact de tous les Français : la misère est là, les inégalités ont explosé, la peur du lendemain tenaille les parents. « Ce pouvoir nous a menti, il nous a tout pris. », nous ont dit des milliers de Français rencontrés partout. Il nous a pris nos retraites, notre Sécurité sociale, il nous a pris le peu de pouvoir d’achat qui nous restait. Il nous a pris notre dignité au travail. Il a pris la sécurité quotidienne, avec les violences de toutes sortes. On n’arrive plus à se faire soigner, et même notre école se sent abandonnée. Ajoutez à cela l’Europe en panne, les indignés qui se lèvent partout, la Grèce en révolte face aux injustices, la crise écologique, la crise morale.

Oui, la tâche est immense, mais nous serons à sa hauteur. Nous devons changer un système dans lequel la loi de l’argent décide de tout. Nous avons le devoir d’inventer un nouveau modèle français dans lequel les valeurs humaines l’emporteront sur le cynisme du système financier.

Nous, socialistes … (Applaudissements) Nous, socialistes, nous en avons la force, parce que la cause que nous défendons est plus grande que nous, et cela, nous ne l’oublions jamais.

Oui, François, nous devons comme tu l’as dit, continuer le rêve français, celui qui ne s’est pas éteint depuis la révolution et l’abolition des privilèges, depuis la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen, dont on se demande parfois d’ailleurs en parcourant le pays si celle-ci a encore un sens, et dont nous mesurons toute la tâche qu’il y a à accomplir pour lui donner toute sa portée. (Applaudissements)

Tel fut le combat incessant de nos ancêtres, incarner les rêves dans la réalité, transformer l’idéal dans le réel, mener les combats avec courage, celui qui nous rassemble aujourd’hui.

 

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"Ce sont les mêmes espérances, portées aujourd’hui par les Printemps arabes, qui nous regardent. (Acclamations et applaudissement) À nous tous ensemble, avec toi François, tu l’as dit, de porter un rêve français à la mesure du temps présent ! (Applaudissements)"

De la Commune au Front populaire, et à l’œuvre du Conseil national de la Résistance que la droite s’acharne à détruire jour après jour, de la décolonisation à l’abolition de la peine de mort et au 10 mai 1981, ce sont les mêmes espérances, portées aujourd’hui par les Printemps arabes, qui nous regardent. (Acclamations et applaudissement renouvelés pendant toute la phrase suivante) À nous tous ensemble, avec toi François, tu l’as dit, de porter un rêve français à la mesure du temps présent ! (Applaudissements)

(Ségolène Royal reprend la parole, les applaudissements cessent progressivement)

 

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"Et un grand poète écrivait ceci : « Ne faites pas de trop petits rêves, car ils n’ont pas le pouvoir de mettre les hommes en mouvement. » "

On entend déjà la droite, étriquée, reprocher ce rêve. Peu importe, car plus nous serons nombreux à rêver ensemble, c’est comme cela que commence à se construire une autre réalité. Et un grand poète écrivait ceci : « Ne faites pas de trop petits rêves, car ils n’ont pas le pouvoir de mettre les hommes en mouvement. ». Et c’est pourquoi, pour relever la France, il nous faut la rêver, une nouvelle fois, pionnière, une nouvelle fois inspiratrice, celle qui ouvre le chemin, car « quand la France rencontre une grande idée », disait François Mitterrand, « elles font ensemble le tour du monde », (Applaudissements nourris) alors faisons, à nouveau, avec toi, ensemble, le tour du monde ! (Acclamations et applaudissements nourris)

Et nous voilà, à notre tour, à ce rendez-vous de l’histoire, dans une France, une Europe et un monde auxquels il faut fixer de nouveaux repères, de nouvelles règles, de nouvelles frontières. Le peuple français, c’est évident, veut la continuation d’une histoire dont il sera à nouveau fier.

À nous d’en écrire, avec toi, une nouvelle page, avec tous ceux qui n’en peuvent plus, avec tous ceux qui n’en veulent plus de ce pouvoir écrasant de l’argent, de son arrogance et de sa violence, construisons une France fraternelle, à nouveau confiante dans son avenir, protectrice de tous les siens, convaincue que l’égalité et la justice ne sont pas un obstacle, mais une condition essentielle de l’efficacité économique et écologique. (Applaudissements nourris)

Tendons la main à la France métissée, (Explosion d’acclamations) forte de tous ses enfants, (Applaudissements nourris) tous ses enfants qui doivent trouver une place dans notre République. Oui, il faut que les quartiers populaires, qui ne sont pas venus voter aux primaires puissent croire à nouveau dans la promesse républicaine afin de ne pas finir, par désespoir, dans le vote des extrêmes, et en particulier, de l’extrême-droite. (Tonnerre d’applaudissements et d’acclamations qui se poursuit pendant toute la phrase suivante) Voilà le défi qu’il va falloir relever avec cette France métissée qui fait partie de la République française ! (Acclamations redoublées, applaudissements nourris qui se poursuivent)

 

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Alors, toutes les idées qui ont été défendues dans ces primaires par l’ensemble des candidats, que je salue, toutes les idées qui sont portées par le projet des socialistes font désormais partie de notre patrimoine commun pour t’aider, François, à porter le meilleur projet pour la France de demain.

Et si je me suis engagée dans ces primaires, c’est parce que j’ai voulu que la France renoue [avec] ou crée un ordre social juste, qui s’est aujourd’hui brisé sous les coups des désordres qui ont tout envahi : le désordre financier international, le désordre bancaire, le désordre social, le désordre de la sécurité, le désordre de l’école, le désordre environnemental, le désordre industriel, le désordre éducatif, j’en passe et des meilleures. Et les Français ont droit, ont droit à ce nouvel ordre social juste qui leur apportera des protections, et qui leur permettra de se tourner avec confiance vers l’avenir. Je … (Applaudissements)

 

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"Je me suis engagée aussi parce que je voulais faire de la France un pays d’entrepreneurs, que l’Etat devienne un Etat stratège, qui donne un cap à la politique industrielle de la France de demain"

Je me suis engagée aussi parce que je voulais faire de la France un pays d’entrepreneurs, que l’Etat devienne un Etat stratège, qui donne un cap à la politique industrielle de la France de demain. Je me suis engagée contre la vie chère, je me suis engagée pour faire obéir les banques et pour lutter contre les licenciements boursiers. Je me suis engagée parce que je voulais faire de la France la première puissance écologique d’Europe, c’est à notre portée. (Applaudissements, acclamations, qui se poursuivent au début de la phrase suivante)

 

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"Je me suis engagée parce que je voulais remettre l’éducation, encore l’éducation, toujours l’éducation, au cœur de notre pacte républicain. (Tonnerre d’acclamations et d’applaudissements)"

Je me suis engagée parce que je voulais remettre l’éducation, encore l’éducation, toujours l’éducation, au cœur de notre pacte républicain. (Tonnerre d’acclamations et d’applaudissements)

Je me suis engagée parce que j’affirme que les banlieues ne sont pas un problème, mais une partie essentielle de la solution. (Déferlement d’acclamations et d’applaudissements)

Je me suis engagée pour parler à tous ceux qui sont invisibles, ceux qui ne parlent jamais, au résignés, aux indignés, je me suis engagée pour être la voix des sans-voix, en donnant un nouveau souffle à une démocratie dans laquelle chacun aura le droit de se faire entendre.

J’ai défendu toutes ces idées. Toutes ces idées et toutes ces valeurs, comme toutes celles des autres candidats, sont aujourd’hui dans notre patrimoine commun, elles sont aujourd’hui, demain, dans le projet, de toi, François, de notre candidat, elles t’appartiennent, et nous aurons à les mettre collectivement en mouvement. Et c’est parce que je crois profondément à ces idées, parce qu’elles ont engagé le combat de 30 ans de ma vie politique qu’aujourd’hui je fais confiance à François Hollande pour porter l’ensemble de nos idées et pour faire gagner la France. (Acclamations et applaudissements nourris)

Et nous resterons soudés face à notre adversaire commun. Oh, nous avons un adversaire coriace. La droite n’a pas dit son dernier mot. La droite est en embuscade. Ils sont là. Ils se joueront de la moindre de nos divisions, du moindre de nos désaccords. La vérité, c’est qu’aujourd’hui ils ne savent plus quoi dire. Pour l’instant.

 

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"Avec les primaires, ils ont vu passer le train de la démocratie, sans pouvoir monter dedans. Heureusement ! (Applaudissements)"

Avec les primaires, ils ont vu passer le train de la démocratie, sans pouvoir monter dedans. Heureusement ! (Applaudissements) Ils ne peuvent d’ailleurs contrer cette formidable réussite. Ils n’ont pas de mot pour critiquer ce formidable élan démocratique et cette soif de changement. Ils n’ont que deux armes : la mauvaise foi et le dénigrement. (Applaudissements)

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"Ah, le dénigrement ! J’en sais quelque chose ! (Applaudissements) Et nous n’en sommes qu’au début. La droite sarkozyste doit en effet à tout prix maquiller son bilan désastreux"

Ah, le dénigrement ! J’en sais quelque chose ! (Applaudissements) Et nous n’en sommes qu’au début. La droite sarkozyste doit en effet à tout prix maquiller son bilan désastreux. Elle doit masquer la corruption, occulter l’injustice, faire oublier les promesses jamais tenues, détourner l’attention de ses abus de pouvoir. Alors, elle dénigre.

Et voilà ceux qui ont échoué, ceux qui ont creusé la dette et les inégalités, ceux qui ont laissé exploser les déficits, ceux qui ont renfloué les banques sans contrepartie, ceux qui ont dilapidé l’argent public au profit de leurs amis, ceux qui ont baissé nos institutions, paupérisé, humilié notre service public, notre école, notre hôpital public, ceux qui ont remis en cause la laïcité, ceux qui ont renié leurs engagements écologiques sous la pression des lobbies, ceux qui n’ont même pas été capables d’assurer la sécurité publique dont ils ont revendiqué le monopole, (Applaudissements) ceux-là mêmes qui en 5 ans ont administré la preuve de leur incompétence et de leur malhonnêteté, les voilà tous les jours pour instruire contre nous un procès en incompétence, eh bien nous rendrons coup pour coup ! (Tonnerre d’acclamations et d’applaudissements)

  

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"Ceux-là mêmes qui en 5 ans ont administré la preuve de leur incompétence et de leur malhonnêteté, les voilà tous les jours pour instruire contre nous un procès en incompétence, eh bien nous rendrons coup pour coup ! (Tonnerre d’acclamations et d’applaudissements)"

Nous rendrons coup pour coup, car je connais d’expérience les ressorts de ce dénigrement permanent par la droite. Le ministre de l’Intérieur s’en est même mêlé ce matin. Il décerne des brevets de carrure. Ça me rappelle quelque chose.

 

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Jean-Louis Bianco, visiblement ému, applaudit, alors que Ségolène Royal déclame : "Mais je voudrais lui dire, à lui qui est englué dans les affaires, que ce n’est pas lui qui va donner des brevets de présidentialité, non, ce n’est pas lui, ce sera le peuple français et lui seul ! (Tonnerre d’applaudissements et d’acclamations)"

Mais je voudrais lui dire, à lui qui est englué dans les affaires, que ce n’est pas lui qui va donner des brevets de présidentialité, non, ce n’est pas lui, ce sera le peuple français et lui seul ! (Tonnerre d’applaudissements et d’acclamations)

 

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Oui, ils feront tout pour la disqualification personnelle de notre candidat, et pour la disqualification collective de notre projet pour la France. Ils tenteront de faire croire aux Français que nous sommes le danger et qu’ils sont le moindre mal. Ils nous diront qu’ils ont compris leurs erreurs. « Revotez pour moi ! », nous dira-t-il, « Je vais corriger mes erreurs. ». Eh bien nous ne laisserons pas faire, et nous mènerons ce combat, car comme disait François Mitterrand : « C’est une affaire de volonté, de continuité, de clarté d’esprit dans la fidélité aux engagements. La chance, c’est vous qui la forgerez de vos mains. ». Cette victoire nous allons la forger avec toi, François, nous irons la chercher tous ensemble pour te faire gagner et faire gagner la France ! (Déluge d’acclamations et d’applaudissements, puis « Fran-çois, président ! Fran-çois, président ! »)

 

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Carillon « Cinq, quatre, trois, deux, un. François Mitterrand est élu président de la République. Monsieur François Mitterrand est élu ce soir président de la République avec 51,7% … »

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Published by Militants de l'Espoir à gauche - dans Actualité
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25 octobre 2011 2 25 /10 /octobre /2011 12:31

310615_2517171336434_1467755058_32748731_2055373500_n-1-.jpg Ségolène Royal est intervenue, samedi dernier, à la convention du parti socialiste pour apporter tout son soutien à François Hollande.

Dans son intervention, elle a également rappelé ses engagements dans cette campagne. C’est une des forces de Ségolène Royal, son engagement politique. Moins disposée, pour les stratégies d’appareil politique, elle a toujours été à la pointe du combat politique pour porter et défendre avec force ses choix sans peur de bousculer les conformismes. C’est une femme engagée.

 

Samedi, elle est revenue sur les 7 engagements de sa campagne :

Ø  1- Pour un ordre social juste contre tous les désordres actuels, pour apporter les protections et se tourner vers l’avenir.

Ø  2 - Pour faire de la France un pays d’entrepreneurs avec un Etat stratège qui donne un cap à la politique industrielle.

Ø  3 - Pour faire obéir les banques et lutter contre les licenciements boursiers.

Ø  4 - Pour faire de la France la 1ère puissance écologique d’Europe

Ø  5 - Pour remettre l’éducation, encore l’éducation, toujours l’éducation au cœur du pacte républicain.

Ø  6 - Pour rappeler que les banlieues ne sont pas un problème mais une partie essentielle de la solution.

Ø  7 - Pour donner un nouveau souffle à notre démocratie et permettre à ceux qui ne parlent jamais de pouvoir se faire entendre.

« Je crois profondément à ces idées, parce qu’elles ont engagé le combat de trente ans de ma vie politique » Ségolène Royal.

 

Au-delà de cette campagne, Ségolène Royal en rappelant ses combats, ses engagements, reste l’une des forces au Parti socialiste sur laquelle il faudra compter.

 Elle ouvre une troisième voie. Les deux voies classiques, on les connaît. François Hollande représente un socialisme plus réformiste face à un socialisme plus « à gauche », en lutte contre le capitalisme et le système du libre-échange dont Martine Aubry a prêté sa voix dans cette campagne des Primaires « à gauche, à gauche, à gauche ! ». Ce n’est pas une bataille nouvelle, entre ces deux socialismes, mais une bataille bien inscrite dans l’histoire du socialisme.

Entre ces deux socialismes, Ségolène Royal ouvre une troisième voie. Elle s’est engagée dans la rénovation de la vie politique et du fonctionnement du Parti socialiste pour ouvrir les portes et les fenêtres, permettre la parité et le renouvellement. Elle représente un socialisme humaniste qui n’a pas peur de s’adresser directement au peuple pour condamner les injustices, un socialisme volontariste défendant un ordre social juste, un socialisme progressiste pour répondre aux enjeux de notre temps et, notamment dans la mondialisation, pour faire de la France un pays d’entrepreneurs et réussir la révolution écologique.

Face aux deux autres forces, bien installées, Ségolène Royal ouvre une autre voie, plus novatrice entre interventionnisme et réalisme. Une belle bataille en perspective …

 

Philippe Allard

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Published by Militants de l'Espoir à gauche - dans Parti socialiste
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24 octobre 2011 1 24 /10 /octobre /2011 10:36

 

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TEXTE/VIDEO– Dans cette 3ème partie du Grand Jury RTL – Le Figaro – LCI, Ségolène Royal, après avoir cherché à éluder les questions plusieurs fois, s’est exprimée tout d’abord sur son retour à la direction du PS :

« Je rentrerai en effet à la direction du parti, pour aider le Parti socialiste à épauler le candidat à l’élection présidentielle, notre candidat. »

Puis, interrogée sur un possible poste à la présidence de l’Assemblée nationale, et donc sur le fait de briguer un poste de députée, Ségolène Royal a ajouté :

« J’irai là où je serai le plus utile pour le pays. [...] j’ai l’intention, en effet, de participer au combat législatif, puisque je n’ai pas été retenue pour l’exécutif, et c’est vrai que je suis une femme politique engagée, donc sans doute, oui, je serai candidate aux élections législatives. » « Vous serez candidate aux législatives dans les Deux-Sèvres ? » « Dans … ma Région »

Enfin sur le respect du non-cumul des mandats que Ségolène Royal s’impose à elle-même, la présidente de Poitou-Charentes a été très précise : décision collégiale avec les équipes de Poitou-Charentes et pas d’abandon des Picto-Charentais, dans le contexte spécifique d’un mandat raccourci – il restera moins de 2 ans à courir lors des législatives du printemps 2012, du fait de la réforme territoriale :

« J’ai toujours appliqué [le principe du non-cumul des mandats], avant même qu’il soit rendu obligatoire par la loi. Voilà, donc il y aura 2 hypothèses : ou j’exerce mon mandat jusqu’à son terme, puisque les électeurs me font confiance, et c’est un mandat très raccourci puisque c’est un mandat de 4 ans, ou je l’exerce jusqu’à son terme, ou je le transmets à un vice-président, puisqu’à ce moment-là il y a un vote interne, donc je verrai à ce moment-là avec mes équipes, ce qu’il convient de faire. »

Ségolène Royal, pour finir, a abordé 3 thèmes suite à des questions : elle a parlé de la confiance qu’elle accordait à notre candidat « pour mettre fin au cumul des mandats, dans la loi », comme le demandait le journaliste ; puis s’est exprimée sur l’élection de 2012 « imperdable » pour le PS selon Etienne Mougeotte du Figaro :

« Aucune élection n’est imperdable. Aucune. Et d’ailleurs je mets en garde quiconque s’exprime de cette façon-là, parce que c’est le meilleur moyen de perdre une élection, de penser qu’elle est gagnée avant même d’avoir respecté les électeurs »

Enfin, interrogée sur le rassemblement, dues aux circonstances ou à François Hollande, la candidate du PS de 2007 a souligné :

« Je crois qu’il y a les deux. […] En tout cas, moi je fais aujourd’hui dans la dynamique de rassemblement et d’union et de soutien ce que j’aurais aimé avoir en 2007 ; donc vous voyez, je crois que ces comportements-là sont directement liés à ce qui s’est mal passé en 2007, et donc aujourd’hui tout le monde est conscient, à la fois de la fragilité des désaccords ou des désunions, et en même temps de la force que donnent l’union et le rassemblement. »

Frédérick Moulin

 

  Ségolène Royal sera candidate aux législatives Vidéo elisa6666

 

   

Lien: S.Royal était l'invitée du Grand Jury RTL-LCI-Le Figaro

 

Transcription par Militants de l’Espoir À Gauche avec Ségolène Royal / F.M.

La suite du Grand Jury RTL – Le Figaro – LCI ; invitée, la présidente de la Région Poitou-Charentes, Ségolène Royal. Le débat est dirigé par Jérôme Chapuis.

Jérôme Chapuis : avec Etienne Mougeotte et Frédéric Delpech, retour dans le Grand Studio de RTL pour la deuxième partie de ce Grand Jury, toujours en compagnie de Ségolène Royal, on va parler du Parti socialiste, de son projet, puis si vous le voulez bien, de vous. On a vu vos larmes au soir du premier tour de la primaire, et on a vu également que très vite vous étiez revenue au combat, vous avez dit : je n’ai pas tiré un trait sur ma vie politique. Quelle forme va prendre votre vie politique dans les mois qui viennent ?

Ségolène Royal : vous savez, mon itinéraire personnel n’a pas grande importance, hein, par rapport à ce que les Français vivent aujourd’hui, et par rapport à ce qu’ils attendent.

Jérôme Chapuis : on est curieux de savoir quelle sera votre place dans le dispositif de …

Ségolène Royal, l’interrompant : vous êtes sûr que les … (puis en riant) vous êtes curieux de savoir quelle est ma place, mais écoutez … (sans rire) Moi ce que je vais vous dire, c’est que les Français attendent l’alternance. Voilà. La France a rendez-vous avec son histoire en mai prochain, et je veux que la France retrouve la fierté de cette histoire.

Le bilan de Nicolas Sarkozy est catastrophique, d’ailleurs la première partie de l’émission l’a montré, en filigrane. Il est catastrophique sur tous les plans, et ce que l’on a beaucoup entendu d’ailleurs au cours de ces derniers mois, c’est une très forte inquiétude des Français, qui nous ont dit : finalement, on nous a tout pris, pendant ces 5 ans.

On nous a pris notre système de retraite, on nous a fragilisé la Sécurité sociale, on ne nous a même pas garanti la sécurité au quotidien, alors que c’était présenté comme un monopole de savoir-faire de la droite, on nous a pris notre pouvoir d’achat, jamais il n’y a eu autant de familles en situation de surendettement qu’aujourd’hui, on nous a même fragilisé noter école, mais qu’est-ce qui reste du modèle français ?

Et donc notre responsabilité à gauche, c’est de redéfinir les valeurs et les fondamentaux d’un modèle français qui va permettre aux citoyens de reprendre confiance dans leur avenir. Donc il y a un travail formidable à faire. Le succès des primaires a montré qu’il y avait une force citoyenne, un élan démocratique pour le faire, qui a donné la légitimité à notre candidat, François Hollande, et aujourd’hui nous avons à nous remettre au travail pour l’aider à présenter le meilleur projet présidentiel possible, et je participerai à ce travail collectif.

Jérôme Chapuis : Frédéric Delpech.

Frédéric Delpech : pardon de vous reposer des questions sur votre … implication personnelle dans la campagne, qu’est-ce que … il se doit par exemple que vous pourriez faire une entrée un peu plus forte au Secrétariat national, être dotée d’une mission qui porterait sur une des grandes réformes d’un éventuel gouvernement Hollande.

Qu’en sera-t-il donc de votre rôle dans la campagne, et puis, d’autre part, est-ce que, par exemple, vous souhaiteriez, juste après la présidentielle, vous présenter aux élections législative et revenir en quelque sorte à l’Assemblée national ?

 

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Ségolène Royal : mais je vous le dis, hein, une fois de plus, c’est très embarrassant de parler des itinéraires personnels. En même temps, je ne veux pas non plus passer à côté de vos questions, je suis une responsable politique de premier plan, et c’est normal que vous me posiez cette question. Donc effectivement, j’ai eu des discussions avec les uns et avec les autres. Effectivement, on m’a demandé d’aider à la campagne en rentrant dans la direction du parti. Donc j’ai eu une discussion avec Martine sur ce sujet, et je rentrerai en effet à la direction du parti, pour aider le Parti socialiste à épauler le candidat à l’élection présidentielle, notre candidat.

Jérôme Chapuis : alors est-ce que vous serez candidate aux législatives ?

Ségolène Royal : écoutez, vous êtes bien, vous êtes bien curieux, (Rire) surtout s… (Rire) pourquoi est-ce que vous voulez savoir tout ça ?

Jérôme Chapuis : ça va venir … ça va venir … ça arrive, oui.

Frédéric Delpech : eh bien parce qu’il se disait, par exemple, avant la campagne des primaires que vous auriez pu être intéressée, par exemple, par la présidence de l’Assemblée nationale, donc pour être présidente de l’Assemblée nationale, il faut d’abord redevenir députée ?

Ségolène Royal : oui …

Frédéric Delpech, lui coupant la parole : donc est-ce que, par exemple vous …

Ségolène Royal, l’interrompant : mais le problème … le problème politique, vous savez, moi je suis engagée depuis 30 ans en politique. Je l’ai toujours fait avec une très grande hauteur de vue, avec le sens de l’intérêt général. Ce qui explique d’ailleurs le choix que j’ai fait entre les deux tours des primaires : je n’ai été dictée que par l’intérêt supérieur du pays, et savoir qu’est-ce qui est le mieux pour le pays. Et donc je vous ferai la même réponse pour ce qui me concerne. J’irai là où je serai le plus utile pour le pays.

Et puisque vous me posez la question, c’est vrai que j’ai l’intention, en effet, de participer au combat législatif, puisque je n’ai pas été retenue pour l’exécutif, et c’est vrai que je suis une femme politique engagée, donc sans doute, oui, je serai candidate aux élections législatives.

Jérôme Chapuis : vous serez candidate aux législatives dans les Deux-Sèvres ?

Ségolène Royal : dans … ma Région

Jérôme Chapuis : dans votre Région ?

Frédéric Delpech : et si on va dans la logique jusqu’au bout, pour appliquer le non-cumul des mandats, est-ce que vous quitteriez, par exemple, la présidence de Poitou-Charentes, si vous étiez élue députée ?


SR2 non cum"J’ai toujours appliqué ce principe [du non-cumul des mandats], avant même qu’il soit rendu obligatoire par la loi. Voilà, donc il y aura 2 hypothèses : ou j’exerce mon mandat jusqu’à son terme, puisque les électeurs me font confiance, et c’est un mandat très raccourci puisque c’est un mandat de 4 ans, ou je l’exerce jusqu’à son terme, ou je le transmets à un vice-président, puisqu’à ce moment-là il y a un vote interne, donc je verrai à ce moment-là avec mes équipes, ce qu’il convient de faire"

Ségolène Royal : bien de toute façon, j’ai toujours appliqué ce principe, avant même qu’il soit rendu obligatoire par la loi. Voilà, donc il y aura 2 hypothèses : ou j’exerce mon mandat jusqu’à son terme, puisque les électeurs me font confiance, et c’est un mandat très raccourci puisque c’est un mandat de 4 ans, ou je l’exerce jusqu’à son terme, ou je le transmets à un vice-président, puisqu’à ce moment-là il y a un vote interne, donc je verrai à ce moment-là avec mes équipes, ce qu’il convient de faire.

Jérôme Chapuis : puisqu’on en parle est-ce que vous faites confiance à François Hollande pour mettre fin au cumul des mandats, dans la loi ?


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"Puisqu’on en parle est-ce que vous faites confiance à François Hollande pour mettre fin au cumul des mandats, dans la loi ?" "Oui, puisqu’il s’y est engagé"

Ségolène Royal : oui, puisqu’il s’y est engagé.

Jérôme Chapuis : Etienne Mougeotte.

Etienne Mougeotte : c’est … c’est l’euphor… c’est l’euphorie au PS, et on entend beaucoup, on entend beaucoup (Rires de Ségolène Royal) : « 2012, c’est imperdable ! Im-impossible de perdre. ». Alors, est-ce que vous le pensez, et éventuellement, le cas échéant, qu’est-ce qui pourrait vous faire perdre, si jamais la question est aujourd’hui pertinente, je me le demande, par moments ?

Ségolène Royal : écoutez, moi je n’ai entendu pour l’instant personne au Parti socialiste …

Etienne Mougeotte, lui coupant la parole : ah moi je n’entends que ça !

Ségolène Royal : eh bien ils ont tort.

Jérôme Chapuis : vous-même avez dit dans Le Parisien, je crois : « C’est bien parti. ».

Ségolène Royal : ah, « c’est bien parti, » ça ne veut pas dire que c’est une élection imperdable.

Etienne Mougeotte : non, non. Non, on entend : « c’est imperdable ».

Ségolène Royal : non, non, non.

Etienne Mougeotte : on l’entend, on l’entend.

Ségolène Royal : aucune, aucune élection n’est imperdable. Aucune. Et d’ailleurs je mets en garde quiconque s’exprime de cette façon-là, parce que c’est le meilleur moyen de perdre une élection, de penser qu’elle est gagnée avant même d’avoir respecté les électeurs.

En revanche, c’est vrai que les choses se présentent plutôt positivement, non seulement parce qu’il y a un rejet terrible de l’équipe qui est en place, qui pendant 5 ans s’est servie au lieu de servir le pays, que la crise profonde est là, on l’a vue, la crise économique, la crise sociale, la crise écologique, la crise morale, qu’il y a une confusion des pouvoirs, et donc les Français ne veulent plus de ce système, ne veulent plus de ce régime, et donc nous devons être à la hauteur de cette alternance.

Ensuite parce que nous avons un bon candidat à l’élection présidentielle, que nous avons un projet, et surtout que les socialistes sont rassemblés. Et ça, c’est la force principale aujourd’hui de la gauche, c’est le rassemblement des socialistes, qui sont unis, et qui vont devoir ensuite construire un programme de gouvernement avec d’autres forces politiques …

Jérôme Chapuis, lui coupant la parole : ce rassemblement, est-ce que ce sont juste les, les circonstances, ou est-ce que c’est lié aussi à la personnalité de François Hollande ?

Ségolène Royal : je crois qu’il y a les deux, il y a les circonstances, il y a les mauvais souvenirs de 2007, que chacun reconnaît aujourd’hui, où la division a affaibli la candidate. En tout cas, moi je fais aujourd’hui dans la dynamique de rassemblement et d’union et de soutien ce que j’aurais aimé avoir en 2007 ; donc vous voyez, je crois que ces comportements-là sont directement liés à ce qui s’est mal passé en 2007, et donc aujourd’hui tout le monde est conscient, à la fois de la fragilité des désaccords ou des désunions, et en même temps de la force que donnent l’union et le rassemblement.

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20 octobre 2011 4 20 /10 /octobre /2011 19:56

6227919756_c1b41aa07b-1-.jpg Désolé pour ceux qui ont cru que le ségolénisme n’était qu’une passade, le regroupement de fanatiques derrière une diva des médias … Il y a longtemps que les médias ne jouent plus la carte de Ségolène Royal, ils ont même plutôt joué le contraire dans les dernières batailles. Non, désolé, le ségolénisme, c’est un engagement politique fait pour durer.

Pour éclairer la lanterne de ceux qui décidément n’ont rien compris, il faudrait expliquer simplement les principaux fondements du ségolénisme.

 

(1) L’engagement parce que nous pensons que la politique peut changer les choses.

La mondialisation bouscule le monde et remet en jeu les rapports de force. Le capitalisme financier profite et mène sa danse macabre. Nous défendons contre cela un ordre juste. L’expression avait soulevé des contestations à gauche. L’ordre appartiendrait au langage de la droite. Mais à qui profite le désordre actuel ? Les Etats sont faibles. Pas un jour sans que Nicolas Sarkozy ne rencontre la chancelière allemande pour se mettre d’accord sur de nouveaux plans et, à chaque fois, les décisions ne sont pas à la hauteur. Quel monde voulons-nous ? Le Parti socialiste doit répondre aux enjeux de notre temps et porter avec force le projet de la régulation. Il faut en effet un ordre juste, nous y sommes engagés.

 

(2) L’engagement sur des valeurs humanistes et sociales.

L’Homme est au centre du projet socialiste. L’égalité ce sont les droits que chaque homme et chaque femme doit pouvoir revendiquer. Nous refusons l’indifférence. Au nom des intérêts de quelques uns, pour quelques petits profits, peut-on accepter qu’on jette à la rue des salariés alors qu’une entreprise fait des bénéfices ? Au nom des peurs de quelques uns, peut-on accepter les ségrégations actuelles, laissant à l’écart une partie de notre jeunesse ? Au nom du laisser-faire de quelques-uns, peut-on laisser des jeunes en prison sans espoir d’une deuxième chance ? Ségolène Royal a souvent été bien seule à porter notre indignation. Se taire assurerait les victoires, alors plutôt perdre maintenant pour mieux gagner demain ! Face aux injustices actuelles, nous avons encore tant de combats à mener ensemble. Cela mérite notre engagement.

 

(3) L’engagement pour un parti socialiste progressiste.

L’économie n’est pas une simple gestion d‘un capital acquis. Il faut être capable de porter les innovations pour préparer les progrès d’avenir. Lorsque nous nous sommes engagés, avec Ségolène Royal, pour la mutation écologique la question n’était pas encore d’actualité au Parti socialiste. Le sujet appartenait à d’autres écoles. Or cette mutation est fondamentale  pour notre environnement, pour notre santé, pour relancer notre économie par le développement de nombreux nouveaux secteurs, pour la justice sociale car la mutation ne doit pas se faire dans n’importes quelles conditions. La révolution écologique impose des choix, des investissements. Ce sont les conditions de la réussite.  Elle est aujourd’hui au premier plan de notre engagement.

 

(4) L’engagement pour plus de démocratie.

Le peuple est souverain, c’est le principe de la démocratie. La démocratie, ce n’est pas se démettre de son pouvoir souverain pour le profit d’une nouvelle aristocratie du savoir. La démocratie parlementaire permet son fonctionnement. Mais quelle est la place du peuple dans nos démocraties ? Doit-il se résigner à venir seulement élire des représentants sans savoir si la parole donnée ne sera pas trahie. Les trahisons ont été si nombreuses. Qu’est devenu le travailler plus pour gagner plus ? Il faut rendre au peuple sa voix. On ne peut pas accepter que de plus en plus de voix se portent vers des partis extrêmes faute d’être entendues. Défendre la démocratie, faire davantage participer le peuple aux prises de décisions, c’est notre engagement.

 

(5) L’engagement dans la rénovation pour un  grand parti socialiste.

La rénovation du Parti n’est pas achevée loin de là. Le Parti s’est trop refermé. Le rejet du rapport Montebourg en est une illustration. On pourrait aussi ajouter : le non cumul des mandats toujours repoussé, la parité toujours pas appliquée, le renouvellement pour laisser place aux jeunes générations dans la diversité resté dans le fond des notes pour les discours. Il y a donc encore du travail. Les batailles de courants, les combinaisons d’appareil, ces jeux de places sont encore bien en fonctionnement et rendent notre Parti souvent inaudible car trop tourné sur lui-même. Les verrous n’ont pas sauté. Nous sommes bien trop peu nombreux, les portes et les fenêtres restent à ouvrir. Nous avons du travail camarade.

 

Cette histoire avec Ségolène Royal, ce sont tous ces combats politiques que nous avons menés ensemble, parmi bien d'autres,  et cette histoire est loin de s’achever …

 

Philippe Allard

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20 octobre 2011 4 20 /10 /octobre /2011 09:00

 

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Ségolène Royal et le Dalaï-Lama à Nantes en août 2008 (@Ségolène Royal)

Philippe Bilger écrit :

« L’humanité n’est pas une sorte de denrée inutile. Mais une chance. Celle qu’on donne et qu’on offre. Celle qui vous envahit. Les politiques devraient l’essayer plus souvent. »

Ces lignes lui ont été inspirées par la profonde émotion qui vous a submergée au soir du 9 octobre.

Eh bien, elle est là la différence, dans le courage de l’humanité, cette humanité qui fait que dans vos réseaux Désirs d’Avenir, par exemple, la parole est respectée, l’écoute est de mise, l’émotion a aussi sa place, parce qu’elle est partie intégrante de la nature humaine et que cette nature ne disparaît pas sous prétexte de rôle ou de mission politique qui ne devrait, d’ailleurs, jamais perdre son statut de « mission ».

Cette humanité qui devrait tous nous rapprocher est trop souvent absente de ce monde de froideur et de cynisme que se veut être le monde de la politique.

La différence est là ! L’humanité fait chanter dans vos meetings, l’humanité fait que les places non attribuées permettent à tous les âges mêlés de se retrouver dans la même ferveur.

Ségolène Royal  
Belle interview du dalaï Lama qui s'imagine même réincarné en femme, pour la compassion. Je l'avais rencontré à Nantes et sa joie intérieure

 Elle est là la différence, l’humanité qui vous a fait aller plus loin que le vous-même d’il y a quelques années, qui vous a rapprochée de ceux que l’on exploite outrageusement, qui vous a permis de mieux connaître ces célèbres « quartiers » dont vous avez rappelé qu’ils ne sont pas la spécificité des abords des grandes villes ; cette humanité qui vous a menée vers ces salariés dans la détresse et qui vous a conduite à vous interroger sur les moyens les meilleurs à mettre en œuvre, fussent-ils étrangers.

 

La voilà, la différence, qui fait qu’un soir, parce que l’on a tout donné pour le meilleur de tous, on ne peut aller au-delà de sa souffrance, poursuivie par les micros de ceux qui vous ont tout arraché.

Ce qui me frappe dans la lecture des commentaires de votre site pour 2012, que je viens de faire, c’est le nombre de personnes qui ne sont pas allées voter… au regard des mots qui vous sont adressés on se pose une seule question : pourquoi ?

Ce qui me frappe encore ce sont les personnes qui s’adressent à vous en disant : « Je suis de droite » ou : « Je n’ai pas les mêmes idées mais… » ...

Vous êtes, Madame Royal, une rassembleuse, mais de ces rassembleurs qui fondent la communauté dans laquelle ils s’expriment en se reposant sur des idées-force, des idées qui construisent, qui assemblent, qui invitent à se prendre en main, qui poussent dans leurs retranchements ceux qui n’y croyaient plus.

Votre place s’impose ! Alors que, trop novatrices, vos idées, vos propositions ont été brocardées, à peine deux jours après ce triste 9 octobre, pas un seul de vos « ami(e)s », ne s’exprime sans reprendre une des idées fondatrices de votre beau programme de gouvernance.

Comment ne pas s’interroger sur ces comportements ? Comment ne pas s’interroger sur la place de la "compétition avant tout" alors que LE BIEN DE TOUS devrait guider la MISSION POLITIQUE et non son bien propre ?!

Rien n’est jamais parfait dans l’être humain mais, l’entreprise de destruction à laquelle nous avons assisté est difficile à comprendre pour le commun des mortels : au nom de l’appétit du pouvoir, l’éviction du gêneur ! MAIS, votre positionnement, digne, sans ambiguïté, sans calcul, au service de la France, fait éclater au grand jour le respect de la parole donnée, la droiture, l’honnêteté en politique !

Madame Royal, qu’on le veuille ou non, vous êtes incontournable pour l’avenir de la France ! Il faudra bien que tous le comprennent ! Il y aura d’autres échéances…

Un ami belge écrit : "J’ai envie de vous dire : « Venez dans les nations européennes, faites vous connaître » et peut-être ainsi devenir un des hauts responsables de la communauté européenne. Son président, le Belge Van Rompuy est insignifiant, gris, et terne… Ce serait immense que quelqu’un comme vous lui succède… ".

Un ami espagnol : "Querida Ségolène: lo siento por los franceses, esos compatriotas europeos. Ellos se han perdido una magnífica Presidenta, la que tu habrías sido sin ninguna duda, y en su mejor momento. ¡C´est dommage!. …" (Chère Ségolène, je suis désolé pour les Français, nos compatriotes européens. Ils ont perdu une magnifique Présidente, celle que, sans aucun doute, tu aurais été, au meilleur moment (de ton parcours) C’est dommage !...)

Vous êtes suivie et entendue au-delà de nos « frontières ».

Les portes s’ouvriront, il ne peut en être autrement, car votre Humanité, Madame Royal, est nécessaire à notre avenir ! Nécessaire à l’avenir de l’Europe dont vous vouliez unir les états ! Nécessaire à l’avenir de nos enfants !

Mireille JOSSELIN-BOMO

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18 octobre 2011 2 18 /10 /octobre /2011 20:36

 

Lionel Francois

François Hollande et Lionel Jospin à La Rochelle le 26 aout 2006 (@duvignau/reuters)

Permettez-moi ce billet d’humeur.

L’être humain suscite de ma part, comme pour nombre d’entre vous je suppose, parfois joie et espoir mais parfois une profonde affliction.

Je dois dire que la déclaration de Lionel Jospin de proposer ses services à François Hollande relève de cette deuxième catégorie.

Battu historiquement en 2002 et avoir ainsi provoqué un duel Le Pen / Chirac au deuxième tour puis en 2007, avoir consciencieusement savonné la planche de Ségolène Royal, le voilà prêt à donner des conseils.

 

Jospin 2007

Lionel Jospin en 2007

« Je rêve, c’est hallucinant !! »

M. Jospin a été à mon sens un bon Premier ministre mais il a subi un échec fort qui a entraîné 5 ans de Chirac puis en a partiellement provoqué un autre aux lourdes conséquences, 5 ans de Nicolas Sarkozy.

Eh bien, qu’à cela ne tienne, il montre encore le bout de son nez. Sidérant !

Comme pour Fabius, qui sur les vingt dernières années a toujours soutenu le perdant, je suggère bien amicalement à Hollande de s’abstenir de leurs conseils, de l’un et de l’autre.

Pour lester sa campagne et la décrédibiliser, c’est l’idéal.

Lionel Jospin a souhaité se retirer en 2002 après son naufrage. On peut le comprendre et cette décision, même si elle a été à mon avis bien trop précipitée et surtout complètement unilatérale, reste malgré tout respectable.

Mais pourquoi continuer d’intervenir …

De même, Michel Rocard que j’ai longtemps apprécié comme homme politique puis comme premier ministre adopte lui aussi cette même attitude. Il donne son avis et le plus souvent pour envoyer des scuds à son propre camp. Ségolène Royal en a là encore subi les dégâts.

 

Rocard SR

Ségolène Royal reçoit le rapport sur les enjeux du numérique qu'elle avait commandé à Michel Rocard, le 5 avril 2007 ... (@meyer/afp)

Messieurs, je vous lance un appel :

Un peu d’humilité s’il vous plait, un peu de retenue ! Pour qui vous prenez-vous ?

Votre passé ne vous autorise aucune posture de donneur de leçons ni aucune attitude arrogante qui affaiblit la gauche.

On me dit que la nature humaine est ainsi faite. Certes, mais cela permet de bien voir à travers ces quelques épisodes, combien notre marge de progression comportementale est grande.

Patrick Ardoin

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18 octobre 2011 2 18 /10 /octobre /2011 12:46

 

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Ségolène Royal à droite de François Hollande dimache soir (@thomas samson/afp)

TEXTE/VIDEOS – Après 3 jours de larmes on a assisté à la résurrection de Ségolène Royal.

Mercredi 12 octobre, elle annonçait son ralliement, et apportait toutes ses forces dans la dynamique de campagne de François Hollande au candidat et la femme politique, la « combattante » comme dit Olivier Mazerolle, reprenait le dessus.

Puis elle enchaînait à un rythme aussi soutenu que celui de sa propre campagne les interviews télévisées pour soutenir entièrement « notre candidat », François Hollande, pour qu’il bénéficie d’une forte avance dans les urnes dimanche et cloue le bec à la droite et pour que les primaires soient réussies, dépassent le nombre de votants du premier tour : le JT de 20h de France 2 jeudi soir, le traits encore un peu tirés, puis, un peu plus détendue, coup sur coup, une interview par Arlette Chabot sur Europe 1 à 18h15 vendredi et juste derrière Elysée 2012 sur i>TELE à 19h.

Puis un petit message sur BFMTV à Melle en fin de matinée dimanche, en pullover rose, accompagnée d’Yves Debien, le maire de la commune : unité du PS, rassemblement, indications sur le respect de sa consigne de vote par ses électeurs du premier tour.

Mais là où elle a été brillante, ça a été lors de la soirée électorale dimanche à Solferino : avec un art de la politique consommée, elle a été la première des 6 candidats à s’exprimer, une première fois, lors de son arrivée au siège du PS avec Jean-Louis Bianco, ce qui n’est pas passé inaperçu des commentateurs : « avance incontestable » de « notre candidat », appel au « rassemblement joyeux » des hommes et surtout des idées, « double légitimité » du candidat face à la droite, du fait de la large avance et de la participation très élevée, supérieure à celle du premier tour malgré une abstention de certains votants du premier tour, compensée par un afflux de nouveaux votants (environ 15%), ce qui constitue un « socle » sur lequel s’appuyer pour passer de cette première étape réussie aux suivantes de la campagne présidenteille pour notre candidat :

« Ce qui me conduit est plus fort que chacune de nos personnes individuelles, c’est un engagement qui nous dépasse, c’est l’engagement au service du pays pour un avenir meilleur que les Français attendent ».

Brillantissime sens du timing et du positionnement, sûrement minutieusement préparé à l’avance avec le candidat vainqueur : Ségolène Royal a bien souvent été la reine de la soirée, elle, la « faiseuse de roi » de François Hollande comme dit Olivier Mazerolle. 

Ségolène Royal a été la première candidate à la primaire à féliciter François Hollande, soutenant résolument le candidat du PS à la présidentielle, près de 10 minutes avant Martine Aubry, voix blanche et visage tiré, qui admettait sa défaite.

 

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Ségolène Royal, première à saluer François Hollande sur le perron de Solférino devant les militants après Martine Aubry, lui a fait la bise

Ségolène Royal a été la première - après Martine Aubry -  à venir à la rencontre de François Hollande sur le perron de Solferino face aux journalistes et aux militants, et a fait à François Hollande la première bise publique depuis longtemps.

Dans le ballet des embrassades qui a suivi, Ségolène Royal a agi avec élégance et intelligence, et a eu droit à la meilleure place à côté du candidat ; elle était à sa main droite alors que Martine Aubry était à sa main gauche.

 

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Une photo de famille sans Arnaud Montebourg, arrivé en retard (@fuentes/reuters)

Au même moment, Arnaud Montebourg était étrangement absent de la photo de famille pour apparaître quelques minutes plus tard, mais ne prenant que bien plus tard la place de Martine Aubry aux côtés de François Hollande, alors que Ségolène Royal restait toujours à la main droite du candidat du PS désigné par le scrutin.

 

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Ségolène Royal salue les militants et bat les autres candidats à l'applaudimètre

Ségolène Royal, en dehors du candidat, a été la seule à saluer la foule des sympathisants du perron étant acclamée et applaudie. Et à l’applaudimètre, dimanche soir, elle a été la première à Solferino.

Ségolène Royal a aussi été celle qui s’est la plus démenée ce soir là pour soutenir François Hollande et la dynamique de la présidentielle pour battre la droite : au moins 3 interventions, 2 sur BFMTV à son arrivée à Solferino à 20h32, et puis sous les chapiteaux du jardin, flanquée de Dominique Bertinotti et de Jean-louis Bianco à 21h07, et une sur LCI à 21h12. Elle a repris les thèmes développés lors de sa première intervention, a remis les pendules à l’heure après l’intervention pleine de mauvaise fois de Nadine Morano, et a parlé licenciements boursiers et démondialistation.

Les commentateurs de BFMTV n’ont pas tari d’éloges sur Ségolène Royal, mais il n’ont pas été les seuls.

Ils ont décerné la palme de l’applaudimètre à Ségolène Royal, due au « ralliement décisif » à François Hollande, à la « logique politique » et à « l’aspect stratégique » qu’elle a été la seule à défendre :

« BFMTV : vous avez noté, on a tous souri, quel(le) a été le plus … la plus applaudie ? C’est Ségolène Royal qui à l’applaudimètre a remporté la palme. Ah si ; si, si, si, si, Olivier Mazerolle …

Olivier Mazerolle : Martine Aubry a été acclamé parce qu’il a insisté, d’ailleurs …

BFMTV : il a insisté parce que c’était Ségolène Royal qui était devant à l’applaudimètre.

Ruth Elkrief : non mais c’est logique, on l’a dit tout à l’heure, elle a apporté un ralliement décisif qui a été un tournant, qui a montré que, voilà, c’était celui autour duquel ils allaient se rassembler, et ça, ils s’en souviendront toujours.

 

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François Hollande, à sa main droite, Ségolène Royal, et à sa main gauche, Martine Aubry (@fuentes/reuters)

 Christophe Ono-Dit-Biot : et elle a apporté la touche politique, hein, elle parle de logique politique, elle était la seule à le dire. Elle parlait de logique politique, donc l’aspect stratégique, c’est elle, en disant : « Je veux, je me rallie à lui parce que je veux lui donner une avance incontestable. ». »

Un ralliement décisif aussi également souligné par Bernard Sananes de CSA - quelques minutes avant l’intervention de Ségolène Royal - qui a permis la réinsertion de Ségolène Royal dans le jeu politique alors que dans le même temps, Selon les commentateurs de BFMTV, Arnaud Montebourg a tergiversé et dilapidé le capital acquis avec ses 17% au premier tour, et qui a commis l’impair d’arriver en retard sur le perron de Solferino, quand François Hollande faisait une photo de famille où il ne figure donc pas, puis de se tenir en marge de la photo, avant de prendre enfin la place de Martine Aubry, à la gauche de François Hollande :

« BFMTV : Bernard Sanane, est-ce que cette consigne [de vote] de Ségolène Royal aura été décisive ?

Bernard Sananes : elle est importante dans la dynamique de la campagne, parce qu’elle empêche le piège dans lequel pouvait tomber François Hollande, c’était d’apparaître à un moment comme le candidat de la seule gauche réformiste social-démocrate, laissant à Martine Aubry la ‘vraie gauche’. Et donc quand Ségolène Royal, à quelques heures du débat fait ce choix, évidemment, c’est très important dans la dynamique du second tour de François Hollande.

Olivier Mazerolle : oui, et ça montre aussi que Ségolène Royal, malgré la vigueur du choc qu’elle a ressenti dimanche dernier, est également une femme de combat, une femme politique, bon, aujourd’hui elle avait un visage très marqué, certainement par l’épreuve qu’elle a subi, mais elle a su réagir, effectivement prendre une initiative qui l’a réinsérée dans le jeu politique, et donc, si en plus, parmi les grands leaders socialistes, c’est elle qui réagit la première ce soir, elle sera vraiment, évidemment, présente. [Ce qui a été le cas quelques minutes plus tard, NdlR]

Ruth Elkrief : ce qui est intéressant, c’est par rapport à Arnaud Montebourg, qui avait 17% et qui était l’homme de la semaine, et qui a mis un temps fou à se prononcer à titre personnel, avec des précautions sans arrêt…

Un autre journaliste : avec les fameuse ‘lettres aux impétrants’, une espèce de ciné»ma qui peut-être s’est retourné contre lui d’ailleurs.

Ruth Elkrief : en tout cas, elle, elle a montré en apportant,  comme ça, ce soutien [Olivier Mazerolle : « Oui. »] qui a pu être un tournant, elle peut jouer encore un rôle très important, alors que lui, eh bien dans le fond, ses 17%, on ne sait pas très bien ce qu’il va en faire. »

Et Olivier Mazerolle et Bernard Sananes d’ajouter après sa première intervention :

« Olivier Mazerolle : et elle [Ségolène Royal, NdlR] a insisté, à plusieurs reprises, sur la victoire de – je la cite – de « notre candidat », montrant par là, qu’elle avait [Ruth Elkrief : « Joué un rôle »] comme disait Bernard tout à l’heure, joué un rôle extrêmement important dans le résultat de ce soir en mettant sur la table pour la première fois la logique, effectivement, qui veut qu’on renforce celui qui est arrivé en tête au premier tour, elle en a payé quelque chose a contrario à Reims, elle était en tête, elle a été laminée par les « Tout Sauf Ségolène », eh bien voilà, elle a fait un peu la faiseuse de roi, et elle rappelait aussi, fort élégamment : nous sommes maintenant à 1 639 000 bulletins dépouillés, 56,47/43,53 vous voyez, on reste toujours dans le même équilibre. […] 20h32, ça y est, elle a entériné le résultat, voilà.

 Bernard Sananes : […] Le soutien de Ségolène Royal est important, parce que, le soutien de Ségolène Royal, il apporte aussi la garantie à François Hollande que l ‘électorat populaire, un électorat que parfois le Parti socialiste avait du mal à reconquérir, […] cet électorat populaire qu’avait capté Ségolène Royal peut être utile pour François Hollande et pour le candidat de la gauche. »

Puis enfin Olivier Mazerolle de conclure sur l’extraordinaire apport au PS des idées de Ségolène Royal, des idées souvent conspuées et qu’aujourd’hui le parti a faites siennes :

« Olivier Mazerolle : Ségolène Royal, il faut rappeler qu’en dehors de ce qu’elle a fait cette semaine, c’est vrai qu’elle a donné un autre visage au Parti socialiste, qu’elle a implanté [Christophe Ono-Dit-Biot : « Bien sûr. »] dans le Parti socialiste des idées, des opinions que jusqu’alors ils ne voulaient absolument pas traiter. »

Une petite anecdote significative pour finir : Martine Aubry n’est pas allée saluer ses militants, accablés par la défaite  à son QG, alors que François Hollande se rendait à la Maison de l’Amérique Latine sur laquelle il nous a raconté une petite anecdote. Raison personnelle ou inconscience politique de l'ex-nouvelle Première secrétaire ? Vivement une vraie rénovation du PS !

Autre anecdote, plus significative : la Région Poitou-Charentes a voté à plus de 65% pour François Hollande, plus de 10 points au-dessus de la moyenne nationale, le meilleur score étant atteint dans les Deux-Sèvres (72,22%) où Ségolène Royal vote dans le village de Melle, suivies par la Charente (67,53%), par la Vienne (66,82%), et par la Charente-Maritime (65,92%, chiffres provisoires, un bureau sur 70 n'ayant pas été validé).

 

royal-416865-jpg_276367-1-.jpgSégolène Royal à Solferino en quittant le perron et les militants dimanche 16 octobre ; à ses côtés Najat Vallaud-Belkacem (@Revelli-Beaumont-Chamussy-Sipa)

Premier signe du retour Royal : Ségolène Royal réintégrera dès demain soir le bureau national du Parti socialiste. C’est le seul point d’accord du « rassemblement joyeux » que Ségolène Royal a appelé de se vœux sur lequel Martine Aubry et François Hollande ont trouvé un accord hier dans la journée selon Le Point. Pour François Hollande, le bureau national sera l’organe politique de la campagne, « la présidente de Poitou-Charentes jouera donc un rôle éminent en 2012 », conclut Le Point :

« Ségolène Royal est de retour au bureau national du PS. Elle fera sa rentrée mercredi soir, pour la première réunion de la direction du PS depuis la victoire de François Hollande à la primaire. Parmi les multiples négociations qui ont lieu depuis lundi matin entre les partisans de nouveau candidat à la présidentielle et ceux de Martine Aubry, c'est le seul point sur lequel un accord est intervenu avec certitude. Dans l'esprit de François Hollande, le bureau national, qui se tient habituellement le mardi, sera l'organe politique de la campagne. La présidente de Poitou-Charentes jouera donc un rôle éminent en 2012. »

 Frédérick Moulin

 

 

Transcription par Militants de l’Espoir À Gauche avec Ségolène Royal / F.M.

20h32

BFMTV : Graziella, je vous interromps, parce que Ségolène Royal est en train d’arriver rue de Solferino avec Jean-Louis Bianco, les premiers mots de Ségolène Royal.

Ségolène Royal : […] de satisfaction, de grande joie, je félicite François Hollande.

Ce qu’il est important de comprendre, c’est que ce soir, la première étape vers la victoire de l’élection présidentielle est réussie. Il y aura d’autres étapes, c’est un chemin difficile jusqu’en mai 2012, mais la première étape, celle que les socialistes ont organisée, est un grand succès : d’abord le succès de la participation citoyenne, et le succès de notre candidat, François Hollande, qui arrive nettement en tête, c’est-à-dire qui, ce soir, recueille une grande légitimité que la droite ne peut pas mettre en cause.

Alors l’heure, maintenant, est à l’union, est au rassemblement, est à la force d’accompagnement de ce vaste rassemblement qui vient de se traduire ce soir dans les urnes avec cette avance qui est aujourd’hui incontestable. Le candidat recueille donc une marque de confiance très forte, un souffle, aussi, pour s’engager dans la campagne présidentielle, et ce soir, c’est le candidat de tous les socialistes, et au-delà, de tous ceux, à gauche, qui veulent que ça change, de tous les citoyens, non seulement ceux qui sont venus voter, qui ont été très nombreux, mais au-delà, ceux qui attendent vraiment que l’alternance arrive dans notre pays en mai de l’année prochaine.

BFMTV : Madame Royal, vous avez été candidate, est-ce que vous avez donné des conseils au candidat François Hollande ?

Ségolène Royal : écoutez, chaque chose en son temps, je pense que ce soir, l’heure est au rassemblement joyeux autour du candidat qui arrive largement en tête. [À] tous ceux qui ont appelé à ce que se rassemblent le plus grand nombre possible de voix autour du candidat pour qu’il soit largement en tête, c’est-à-dire que sa légitimité ne puisse pas être contestée, ce soir les urnes ont raison à cette logique politique, et donc c’est une première étape vers l’élection présidentielle qui est aujourd’hui réussie.

Les socialistes peuvent être très fiers d’avoir organisé les primaires, de les avoir réussies, d’avoir donné envie à des millions de gens de venir voter, et maintenant l’heure est à l’union et l’heure est au rassemblement.

L’élection présidentielle, c’est une étape, une échéance difficile, la droite ne va pas rester inerte, chacun le sait, mais cette étape est franchie, vraiment, avec un succès, et c’est sur le socle de cette étape réussie qui donne notre candidat nettement en avance, avec une forte légitimité, qui est double, cette légitimité : elle est là, cette légitimité, parce qu’il y a une forte participation, et elle est forte parce qu’il y a une forte avance.

Donc les deux conditions, les deux conditions de base pour franchir cette étape sont aujourd’hui réussies. Donc maintenant, le candidat peut passer aux autres étapes.

BFMTV : voilà, vous avez vécu donc en direct sur BFMTV, on continue de suivre, hein, Ségolène Royal, qui est arrivée rue de Solferino, au siège du Parti socialiste, la première, la première de l’ensemble des 6 candidats à prendre la parole, à féliciter François Hollande, elle a appelé au « rassemblement joyeux », la logique politique a été respectée, maintenant, pensons à l’union a dit Ségolène Royal.

Ruth Elkrief : elle a beaucoup insisté sur l’aspect « large » victoire, « légitimité », « incontestable », hein, il y a les stigmates du Congrès de Reims, vous vous souvenez, les discussions, tout ça, il faut effacer à tout prix ces souvenirs.

 

S104

Ségolène Royal, Jean-louis Bianco et Dominique Bertinotti

21h07

BFMTV : Ségolène Royal est maintenant en direct sur BFMTV. Bonsoir Madame Royal.

Ségolène Royal : bonsoir.

BFMTV : on sent que la campagne présidentielle a bel et bien commencé, vous avez peut-être entendu la fin de l’intervention de Madame Morano, qui disait : « De toutes les manières, maintenant, on sait que François Hollande est le candidat, mais il n’a pas la carrure internationale. ». Donc ça y est, nous sommes de plain-pied dans la campagne présidentielle, Madame Royal.

Ségolène Royal : en effet, ça n’a pas tardé, et je voudrais dire que Monsieur Sarkozy n’est quand même pas le mieux placé pour donner des leçons d’efficacité internationale, parce qu’aujourd’hui les Français ont manifesté par leur très forte participation aux primaires citoyennes qu’ils avaient envie de l’alternance en mai 2012.

Ruth Elkrief : Madame Royal, est-ce que vous redoutez les cicatrices, les stigmates des échanges assez rudes de ces deux dernières semaines, dans l’entourage de François Hollande, mais aussi, on voit bien, déjà, à droite, on commence à utiliser les mots « gauche molle », « flou », cohabitation difficile à prévoir entre Martine Aubry et François Hollande ?

Ségolène Royal : ça prouve que dans une campagne interne, c’est vrai, il faut toujours faire très attention, on le voit là dans les reprises de vocabulaire par la droite, mais tout cela sera balayé positivement parce que l’événement de ce soir, c’est la double légitimité de notre candidat.

Pourquoi double légitimité ? D’abord, avec plus de 2 700 000 votants, ce qui dépasse vraiment toutes les prévisions que l’on pouvait faire, le candidat aujourd’hui, François Hollande, s’appuie sur une véritable force citoyenne d’hommes et de femmes qui sont venus lui donner une très forte avance.

C’est la seconde légitimité, c’est cette très forte avance, qui fait qu’aujourd’hui la droite est très embarrassée, parce qu’elle ne peut contester ni l’avance, donc la légitimité de notre candidat, ni le succès des primaires.

 

S108.

Ruth Elkrief : quel rôle jouerez-vous dans l’équipe du candidat, désormais ?

Ségolène Royal : mais vous savez, j’ai dit que je mettrai toutes mes forces et toute mon expérience au service de la victoire de la gauche, et je le ferai vraiment de la façon la plus déterminée possible, et je crois que c’est dans le rassemblement et dans l’union que les socialistes vont être forts, et aujourd’hui dans l’union au-delà des socialistes, puisque des hommes et des femmes par millions sont venus voter, il n’y a donc pas que les militants socialistes, donc ça veut dire qu’on a déjà une dynamique de rassemblement citoyenne qui s’est mise en mouvement, et ça, c’est la première étape de l’élection présidentielle qui est déjà remportée.

Bien sûr, c’est un long cheminement, l’élection présidentielle, mais cette première étape est déjà un succès, un socle sur lequel notre candidat va pouvoir s’appuyer.

Olivier Mazerolle : Madame Royal, bonsoir, on vous a vue désemparée, c’était seulement il y a une semaine, ces soir, vous êtes de nouveau très combattante, qu’est-ce qui vous a redonné ce tonus ?

Ségolène Royal, immédiatement : c’est la France, et l’intérêt des Français. Vous savez, moi je suis engagée depuis des années en politique, avec toujours le même objectif, être au service de l’amélioration de la vie des Français, et du nouveau souffle donné à la démocratie. Et donc j’ai un profond respect pour le scrutin, le moment où les Français se prononcent, c’ets un moment que j’ai toujours respecté.

Et donc cette épreuve, qui a été très douloureuse, évidemment, hein, pour moi, compte tenu de cet engagement, de ce travail considérable, eh bien j’ai la force de le surmonter parce que ce qui me conduit est plus fort que chacune de nos personnes individuelles, c’est un engagement qui nous dépasse, c’est l’engagement au service du pays pour un avenir meilleur que les Français attendent.

BFMTV : merci Madame Royal, merci Ségolène Royal d’avoir été en direct avec nous sur BFMTV.

 

 

21h12

LCI : oui, Ségolène Royal est avec nous au siège du Parti socialiste. Madame Royal, qu’est-ce qui explique cette victoire de François Hollande à 56-57% ? Martine Aubry est quand même loin derrière.

Ségolène Royal : oui. Eh bien écoutez, les citoyens qui sont venus voter ont voulu donner au candidat socialiste, au candidat de la gauche, une légitimité. Et cette légitimité est double ce soir : d’abord par le nombre très élevé de citoyens qui sont venus voter, de cette force citoyenne, plus de 2 700 000 personnes sont venues, c’est un succès extraordinaire pour les primaires citoyennes, et deuxièmement cette avance, qui lui donne cette légitimité, et aujourd’hui on voit d’ailleurs que la droite est très embarrassée, parce qu’elle ne peut ni contester la légitimité de notre candidat, François Hollande, ni contester la réussite des primaires, et ça c’est un premier socle, c’est une première étape.

LCI : et comment vous qualifieriez la campagne de Martine Aubry ? 43%, c’est quand même assez faible par rapport à François Hollande.

Ségolène Royal : je crois, écoutez, tout cela est derrière nous maintenant. Ce qui est important aujourd’hui, c’est le résultat, c’est cette forte avance, c’est cette légitimité, c’est la réussite des primaires, c’est cette mise en mouvement. J’ai souvent dit que les primaires, c’était le premier tour de l’élection présidentielle d’une certaine façon, c’est-à-dire qui allaient poser les bases du rassemblement des socialistes.

LCI : alors justement, ce rassemblement ; comment va faire François Hollande pour rassembler d’Arnaud Montebourg à Manuel Valls, en passant par vous-mêmes ?

Ségolène Royal : mais c’est ce que viennent de dire les urnes. Ce sont les citoyens qui nous rassemblent.

LCI : et sur les idées ?

Ségolène Royal : mais sur les idées aussi.

LCI : la démondialisation, c’est un thème que peut porter François Hollande ?

Ségolène Royal : ah bien écoutez, ça, on le verra, c’est certainement peut-être pas sous ce vocabulaire, mais en tout cas le fait qu’il faut des règles plus justes dans l’ordre international, tous les socialistes sont d’accord.

LCI : l’interdiction des licenciements boursiers, par exemple ?

 

SR 2e tour soir LCI sourire

 

Ségolène Royal : mais ça a été également évoqué dans cette fin de campagne, et j’en suis très heureuse, et aujourd’hui François Hollande a prouvé sa capacité non seulement à rassembler les plus grand nombre possible de citoyens avec ce score très important, mais aussi sa capacité à rassembler des idées, et donc demain à rassembler les meilleures idées que les Français auront pour redresser le pays. Et ce soir, moi j’en appelle au rassemblement, à l’union, à cette dynamique qui a été donnée par les urnes, et c’est la dynamique citoyenne dans les urnes qui aujourd’hui est décisive pour le rassemblement de tous les socialistes qui vont devoir ensuite rassembler toutes celles et ceux qui autour d’eux veulent que l’alternance

LCI, lui coupant la parole : rassemblement, rassemblement, rassemblement.

Ségolène Royal : ah oui, c’est très …

LCI, lui coupant la parole : dernière question Madame Royal, excusez-moi, pardonnez la formulation de cette remarque, vous avez l’air d’avoir repris du poil de la bête depuis la semaine dernière, qu’est-ce qui … ?

Ségolène Royal : eh bien, écoutez, c’était un moment très douloureux, hein, que j’ai … qui perdure encore un peu, parce que c’est vrai qu’un tel engagement politique, un tel travail, une telle campagne, ça a été très difficile, vous le savez.

Et en même temps comme ma motivation politique a toujours été le service des Français et la préparation de l’alternance, et la croyance que les Français méritent vraiment mieux que ce qu’ils ont aujourd’hui, et qu’ils peuvent à nouveau croire dans l’avenir de leur pays, espérer une vie meilleure, eh bien c’est au nom de cette hauteur de vue et de ce qui a toujours fondé les convictions de mon engagement, que j’arrive à trouver en moi-même les forces qui me permettent de dépasser, de comprendre que la cause que nous servons est plus grande que nous.

Donc quand nous sommes au service d’une cause, on oublie sa personne, et on continue à se mettre au service de cette cause.

LCI : pourquoi pas en 2012 un ministère ou en haut d’un perchoir ?

Ségolène Royal : écoutez, franchement, ce n’est pas le moment aujourd’hui, parce que vous savez pourquoi ? Parce que les Français ont besoin aussi que nous soyons joyeux, de ce soir, mais modestes par rapport à tout ce qu’il reste à faire, d’abord pour gagner, et ensuite pour faire réussir le pays.

LCI : face à Nicolas Sarkozy.

Ségolène Royal : voilà.

LCI : merci beaucoup Madame Royal d’avoir répondu à nos questions.

Ségolène Royal : merci à vous. Merci.

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17 octobre 2011 1 17 /10 /octobre /2011 17:01

1586460_3_8fdd_segolene-royal-et-francois-hollande-a-la-1-.jpg La victoire est écrasante, avec près de 57% des voix, François Hollande a réussi à s’imposer largement, 14 points le séparent de sa rivale.

C’est cette victoire large, incontestable, donnant une totale légitimité au candidat socialiste pour affronter Nicolas Sarkozy que voulait obtenir Ségolène Royal après sa défaite au 1er tour.

 

Ecartée de l’élection présidentielle, malgré une campagne très active sur le terrain, la socialiste avait paru, dans un  premier temps, abattue. Mais c’était sans compter sur sa force de réaction.

La vidéo des larmes de Ségolène Royal circulait encore largement sur la toile, lorsque celle-ci, prenant tout le monde de court, vint apporter son soutien, deux jours après le 1er tour, en appelant à voter massivement pour François Hollande.

«Nous devons donner un élan à notre candidat avec une nette avance qui ne laissera aucune prise à la droite» déclarait-elle.

 

Sans chercher à négocier quoi que ce soit, la candidate socialiste de 2007, se rangeait derrière le vainqueur du 1er tour, lui apportant tout son soutien, pour permettre une large victoire au 2ème tour.

Cette prise de position rapide avait été saluée par François Hollande parlant de "l'élégance et la responsabilité de celle qui fut notre candidate en 2007 et qui sait combien le rassemblement est indispensable pour donner de la force dans la bataille électorale".

 

Cette prise de position claire de Ségolène Royal, cet engagement politique pour la bataille décisive contre la droite de Nicolas Sarkozy, afin de permettre le changement en 2012, allait permettre cette large victoire.

Arnaud Montebourg, rejoindra cet appel. Sans donner de consigne de vote, il fit savoir à son tour qu’il voterait pour François Hollande.

En politique, il est toujours nécessaire pour assurer les victoires, qu’il y ait à un moment, ces prises de position qui éclairent et donnent un sens au choix à faire. Ce sens politique, Ségolène Royal a su le donner au bon moment et avec force.

 

Philippe Allard

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17 octobre 2011 1 17 /10 /octobre /2011 13:00

francois_hollande.jpg Je sais, certains me diront : après le bilan catastrophique à la tête de l’Etat, va-t-il être capable de mener à bien la nouvelle tâche que la France va lui donner ?

Piètre Président de la République, sera-t-il cette fois à la hauteur pour se montrer un bon père, digne et respectueux ?

 

Certes durant son mandat, Nicolas Sarkozy aura montré une image bien négative, son amour de l’argent, du clinquant, de l’apparat, ses écarts de langage, son naturel instable, brusque et nerveux, son penchant pour l’injustice, pour diviser, son incapacité à tenir sa parole …  Tout ceci ne font pas les qualités requises pour être un bon père.

Etre un bon père, réclame tout le contraire. Il faut montrer de la patience, de l’écoute, être attentif. Il faut savoir être juste et donner sans rien attendre en échange.

 

Mais parce que nous sommes des femmes et des hommes de gauche nous devons savoir donner une seconde chance à ceux qui ont échoué. Si la fonction qu’il a occupée durant cinq n’était pas celle qui lui convenait, s’il s’est montré incapable dans cette tâche, il saura se montrer plus digne dans une autre fonction. Il faut lui donner cette seconde chance. 

 

Depuis le 1er janvier 2002, le congé de paternité, créé par Ségolène Royal, alors ministre déléguée à la Famille, est un droit.

Durant 11 jours, Nicolas Sarkozy, qui aura laissé à François Hollande la tâche de diriger la France, va se consacrer à sa nouvelle fonction. Le nouveau Président de la République, lui accordera ce congé de paternité.

Soyons assuré, Nicolas va se montrer un bon père et se consacrer totalement à l’éducation de son enfant. Il montrera cette fois qu’il sait être attentif, respectueux de sa parole, digne, à la hauteur.

Nous comptons sur toi Nicolas, 2012 sera pour toi un nouveau départ, dans cette nouvelle fonction, tu vas réussir.

 

Philippe Allard

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