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23 juillet 2010 5 23 /07 /juillet /2010 17:52

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63 ans après la création de l’UNICEF, la création d’ONU Femmes (« UN Women ») a été annoncée le 2 juillet 2010 à New York. Elle regroupera 4 entités onusiennes, dont la plus importante est le Fonds de développement des Nations unies pour les femmes (Unifem), instauré en 1976, et la personnalité qui la dirigera aura grade de secrétaire général adjoint, sous l’autorité directe du secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-Moon.

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L’agence sera voué à la « lutte contre les inégalités entre les sexes et à l'autonomisation des femmes », les champs d’action seront donc très vastes.

Le secrétaire général de l’ONU s’est personnellement impliqué dans la lutte contre les violences faites aux femmes. En 2008, il a lancé la campagne « Tous unis pour mettre fin à la violence à l’égard des femmes ». Nicole Kidman, nommée ambassadrice de l’Unifem en 2006, apporte son soutien à cette lutte.

L’ONU souligne que jusqu’à 70% des femmes sont victimes de la violence au cours de leur vie ; selon les données de la Banque mondiale, le viol et la violence conjugale représentent un risque plus grand pour une femme âgée de 15 à 44 ans, que le cancer, les accidents de la route, la guerre et le paludisme réunis. La violence et l’absence de choix de bien des femmes impliquent une plus grande vulnérabilité : les femmes battues par leur partenaire ont 48% de probabilité de plus d’être infectées par le VIH ; en Europe, en Amérique du Nord et en Australie, plus de la moitié des femmes handicapées sont victimes de maltraitance contre un tiers pour les femmes non handicapées.

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Nicole Kidman, nommée ambassadrice de l’Unifem en 2006, apporte son soutien à la lutte contre la violence des femmes (ONU)

Une femme sur cinq sera victime de viol ou de tentative de viol au cours de sa vie ; et entre 500 000 et 2 millions de personnes font l’objet de traite tous les ans, à des fins de prostitution, il s’agit de femmes à 80%.

Selon l’ONU, plus de 130 millions de filles et de femmes vivant aujourd’hui ont subi une excision, principalement en Afrique et dans quelques pays du Moyen-Orient, et on considère que 2 millions de filles par an courent le risque de mutilation.

Selon une étude de l’ONU, les coûts directs (soins, soutien des familles, justice) et indirects (productivité) des violences faites aux femmes est très élevé : plus de 5,8 Md$ par an aux Etats-Unis, et 23 Md£ par an au Royaume-Uni en y ajoutant l’impact et le traitement de la douleur et des souffrances, soit 440 £ par personne.

Le budget de la nouvelle agence ONU Femmes sera de 500 M$, plus du double des budgets des quatre entités réunies, alors même que les budgets des entités avaient triplé les trois dernières années.

Mais malgré cette progression très significative, la question des moyens alloués à l’agence suscite bien des interrogations. Car les 500 M$ budgétés pour ONU Femmes, c’est 6 fois moins que le budget qui fait référence en la matière, celui de l’UNICEF (3 Md$), et 10 fois moins que le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD) (5 Md$).

C’est aussi notoirement insuffisant pour mettre en œuvre l’Objectif du Millénaire numéro 3, « Promouvoir l’égalité des sexes et l’autonomisation des femmes », dont les besoins de financement ont été estimés en 2008 par la Banque Mondiale à un montant compris entre 60 et 80 Md$.

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Pour parvenir à atteindre cet objectif, l’ONU s’est donnée pour cible d’ « éliminer les disparités entre les sexes dans les enseignements primaire et secondaire d’ici à 2005, si possible, et à tous les niveaux de l’enseignement en 2015 au plus tard ». La cible sera difficile à atteindre, et l’ONU énonce dans son point d’étape de septembre 2008 trois faits :

-« seulement 18 des 113 pays qui ne sont pas parvenus à la parité des sexes dans les écoles primaires et secondaires avant la date butoir de 2005, ont des chances d’atteindre cet objectif d’ici 2015 » ;

-par ailleurs, si les filles comptent pour « seulement » 55% de la population non scolarisée, cette moyenne cache d’importantes disparités, une grande inégalité entre les sexes persistant pour l’enseignement primaire dans certaines zones, notamment en Afrique subsaharienne, en Asie occidentale et en Océanie. De plus, dans ces zones, le problème de l’eau a un impact important sur les femmes et les filles : ce sont elles qui passent le plus clair de leur journée à aller puiser de l’eau, et nombres de filles ne vont pas à l’école faute de sanitaires privés et décents ;

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Photo : ONU

-d’autre part, entre 2000 et 2008, le pourcentage de sièges parlementaires tenus par des femmes n’est passé que de 13,5% à 17,9%, et ce taux n’est supérieur à 40%, tout en restant inférieur à 50%, que dans 5 pays au monde, dans l’ordre : le Rwanda, la Suède, Cuba, la Finlande, et l’Argentine. En janvier 2008, seulement 7 des 150 chefs d’Etat élus et huit des 192 chefs de gouvernement étaient des femmes.

Car au-delà du budget alloué à ONU Femmes, on le voit bien, c’est l’action sur le terrain qui sera primordiale. Or au budget d’ONU Femmes correspond actuellement un effectif de 284 personnes, contre 7 200 pour l’agence de référence pour les associations, l’UNICEF (soit 25 fois plus !), 3 334 pour le PNUD et même 900 pour Onusida, qui chapeaute les diverses agences spécialisées dans la lutte contre le sida. C’est tout à fait insuffisant pour être présent sur le terrain ; les 330 ONG qui avaient mené une campagne pour la création d’une agence onusienne des femmes, la « Gender Equality Architecture Reform Campaign », estimaient qu’il fallait au minimum 1 Md$. Cet objectif sera difficile à atteindre, nombre des pays membres de l’ONU ne voulant pas d’un « Unicef bis », regrette Daniela Rosche d’Oxfam, confédération de 14 organisations qui agissent contre les injustices et la pauvreté dans plus de 100 pays. À défaut d’avoir ses propres structures, ONU Femmes devrait s’appuyer, au moins temporairement, sur les structures du PNUD, présent dans (seulement) 135 pays. Une béquille pour les premiers pas d’ONU Femmes…

Au niveau des soutiens, le Royaume-Uni et les Pays-Bas, malgré la crise qui risque de refroidir bon nombre de pays contributeurs, verseront à ONU Femmes le double de ce qu’ils versent aujourd’hui à l’Unifem. La France de Nicolas Sarkozy est, on s’en doute, un mauvais élève : elle reste au 17ème rang des pays donateurs.

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Dessin de Muzo

Reste à connaître le nom de celle qui prendra les rênes de l’agence : une liste de 10 noms circulent dont 7 Africaines, mais la favorite, qui n’est pas dans la liste, est Michelle Bachelet, présidente socialiste chilienne de mars 2006 à mars 2010, et première femme à être élue présidente au suffrage universel direct en Amérique du Sud. Ségolène Royal était venue la soutenir lors du second tour de l’élection présidentielle en janvier 2006. Dès le 30 janvier 2006, Michelle Bachelet avait tenu une promesse faite lors de sa campagne en instaurant la parité dans son gouvernement, annonçant la nomination de 10 ministres femmes et de 10 ministres hommes.

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Michelle Bachelet et Ségolène Royal en janvier 2006 (photo : Patrick Bruchet)

D’autres rumeurs évoquent aussi le nom de Mamphela Ramphele, militante anti-apartheid et ancienne directrice générale de la Banque Mondiale.

Frédérick Moulin

Rapport 2010 sur les Objectifs du Millénaire - objectif n°3 : promouvoir l'égalité des sexes et l'autonomisation des femmes

Fiche d'information sur l'objectif n°3

Sources : www.un.org/fr, Mission difficile pour l'agence ONU Femmes, Le Monde daté du 22 juillet 2010, LeMonde.fr du 2 juillet 2010, Wikipédia

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23 juillet 2010 5 23 /07 /juillet /2010 00:03

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Contrairement à ce que prétendait Dominique Paillé samedi 17 juillet 2010 sur France Info, Désirs d’avenir n’est pas à l’origine des micropartis. Selon Le Monde, les personnalités politiques de droite se sont souvent inspirée de leur chef incontesté, Nicolas Sarkozy, qui a créé dès 2001 « L’Association de soutien à l’action de Nicolas Sarkozy », à une époque où il était « marginalisé par la Chiraquie ».

À la lecture de l’article du Monde daté du 22 juillet 2010, Micropartis et maxistratégie, plusieurs caractéristiques semblent se dégager de ces micro-partis.

Une caractéristique spécifique à l’UMP tout d’abord, de la bouche même d’Hervé Mariton, député UMP de la Drôme et proche de Dominique de Villepin : « L'émergence des micropartis est révélatrice de la volonté d'exister en dehors de l'UMP. ». Les hommes politiques de droite veulent « veulent vivre leur vie sans être écrasées par l'UMP et l'Elysée », « être libre » : c’est le revers de l’hyperprésidentialisation de Nicolas Sarkozy, qui par ailleurs se conduit plus comme un chef de parti, l’UMP, que comme un président de tous les Français.

Car contrairement à ce que prétendait Dominique Paillé samedi 17 juillet sur France Info, Désirs d’avenir, créé fin 2005, n’est pas à l’origine des micropartis - Désirs d’avenir, à sa création comme aujourd’hui, n’est d’ailleurs pas un parti politique mais une association loi 1901 enregistrée auprès de la préfecture de Paris. D’après Le Monde daté du 22 juillet 2010, « L'Association de soutien à l'action de Nicolas Sarkozy », fondée par ce dernier en 2001, à l’époque où il était marginalisé par la Chiraquie, est la source d’inspiration de bien des micropartis de droite. Après tout, Nicolas Sarkozy est le leader incontesté de la droite, il est bien plus logique que les personnalités politiques de droite se soient inspirées de lui plutôt que de la présidente, « hystérique » à leurs yeux, de la Région Poitou-Charentes !

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Valérie Pécresse, pendant les élections régionales en Ile-de-France (Thomas Padilla/MAXPPP)

Le financement de ces micropartis poursuit notamment un but : « mettre de côté un petit pécule » écrit Le Monde, que ce soient par exemple le microparti de Valérie Pécresse, « Changer, c’est possible ! », qui sert à financer ses activités diverses hors élections officielles et profite des élections régionales pour récolter auprès des candidats UMP élus près de 360 000 euros, ou « L'Association de soutien à l'action de Nicolas Sarkozy », en sommeil depuis l’élection présidentielle mais qui détient « 200 000 euros », ou encore « l’Association de soutien à l’action d’Eric Woerth », qui a dégagé en 2008 un excédent de 44 126 euros selon la Commission nationale des comptes de campagne et des financements politiques.

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Nicolas Sarkozy et Eric Woerth : "À l'UMP, on multiplie les petits partis. Pour mieux se financer?", LExpress.fr, 1er juillet 2010

 

Les termes employés, ou non employés dans l’article du Monde, sont à cet égard intéressants : « financer », « chèques », « payer », « donateurs ». Ainsi, les micropartis sont financés par des dons, et non par des cotisations (plus de 50% du financement de Désirs d’avenir), et ces dons ne sont pas, la plupart du temps, effectués par des « adhérents » ou des « militants », comme à Désirs d’avenir : pas une seule fois ces termes ne sont prononcés pour les micropartis de la droite dans l'article du Monde.

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Quand Jean-François Copé, avec son « club » - on est tout de suite dans la catégorie supérieure, les militants n’ont pas de « club » – « Génération France.fr », réunit « toute une partie de la droite » en Provence début juillet pour avoir  « une réflexion intellectuelle, des débat », il annonce tout de suite la couleur : c’est uniquement pour grossir les rangs de ses « donateurs », pas pour faire de la démocratie participative avec des militants (où sont-ils d’ailleurs ?). Et de poursuivre par une petite réplique mercantile et assassine à propos de Laurent Wauquiez : « Ce n'est pas parce que vous allez une fois dîner à Londres que vous récupérez des mille et des cents. » Tout cela rappelle un peu les galas de charité organisés par la haute société internationale, qui a le cœur le plus souvent du côté du portefeuille. Un point commun : la haute société internationale et les donateurs du microparti de M. Copé adorent les déductions fiscales qu’apportent les dons, qui permettent la « défiscalisation » comme l’énonce M. Mariton.

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"François Fillon, actuellement à Nouméa, s'est déclaré favorable au financement public des micro-partis politiques" (AFP)  

Il est également  intéressant de noter que François Fillon et la Sarkozie en général défendent ces micropartis – François Fillon est récemment intervenu de Nouméa pour voler au secours du principe du microparti et de son financement – alors que la gauche et la Parti socialiste en particulier y sont opposés, bien que Manuel Valls, électron libre du PS, ait créé le sien « À gauche, besoin d’optimisme ! ». Mais M. Valls s’est dit prêt à envisager de changer de type de structure, et le porte-parole du PS, Benoît Hamon, a rappelé qu’il s’agissait d’un cas « unique » dans la mouvance du PS, Manuel Valls ayant créé cette structure pour pouvoir financer sa candidature aux primaires de la gauche organisées à l’automne 2011 par le PS.

Le Monde énonce l’argument de la droite :

« En contre-attaque, l'UMP accuse la gauche, notamment Ségolène Royal, d'avoir recours à des associations simples, pour échapper à cette limitation des dons. ».

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Cet argument est stupide : le financement de Désirs d’avenir, des cotisations surtout, mais aussi des dons, est englouti par le fonctionnement de l’activité intense et d’envergure nationale de l’association, et ne sert pas à accumuler un trésor de guerre en vue d’une campagne électorale ; d’ailleurs dans quel but ? L’accusation est sans fondement : en tant qu’association de loi 1901, les dons faits à Désirs d’avenir ne bénéficient d’aucun avantage fiscal et l’association ne présente aucune candidate ni aucun candidat, car elle n’est justement PAS un parti politique.

Enfin, la droite fait remarquer que les dons faits par l’UMP aux micropartis et aux partis politiques satellites s’élevaient à 2,3 M€ en 2008 contre 178 000 € versés par les micropartis à l’UMP. Ce n’est qu’un effet d’optique : en période de vaches grasses pour le parti majoritaire, qui détient la présidence de la République, a la majorité absolue à l’Assemblée Nationale, est le premier parti du Sénat, et détient de nombreux sièges de conseillers municipaux, généraux, et régionaux, il est plus judicieux de redescendre une partie du financement qu’il reçoit, public ou privé, dans des micropartis, qui pourront amasser un « petit pécule » et ensuite appuyer l’action de l’UMP et de son candidat/ses candidats en toute discrétion, par exemple quand un élu local met systématiquement la photo du président Sarkozy sur ses tracts pour des élections ou des actions locales, ou publie un petit journal de propagande. En 2008, pour un excédent dégagé par « l’Association de soutien à l’action d’Eric Woerth » de 44 126 euros, LExpress.fr du 1er juillet 2010 indique que le micro parti n’a reçu « aucune cotisation d'adhérent » (quelle surprise !) mais  a pu compter sur de « généreux donateurs qui ont versé 19 650 euros » et sur « une confortable contribution venue de l'UMP: 66 250 euros ». « Heureux hasard, le trésorier de l'UMP s'appelle... Eric Woerth. » !

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Dessin de Chimulus

Il faut enfin rappeler de quel côté se placent les « généreux donateurs », en général des particuliers fortunés : « En 2007, Nicolas Sarkozy avait récolté plus de 9 millions d'euros de dons de personnes physiques contre... seulement 743 000 euros pour Ségolène Royal. » rappelle LExpress.fr. Soit un rapport de 1 à plus de 12 ! Au casino UMP, les jeux sont faits, rien ne va plus !

Frédérick Moulin

Micropartis et maxistratégie, Le Monde daté du 22 juillet 2010

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22 juillet 2010 4 22 /07 /juillet /2010 17:36

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Ségolène Royal lors de la cérémonie d'ouverture du 13e Symposium de Symi à Poros, en Grèce, le 12 juillet 2010 

Ségolène Royal est intervenue lors de la cérémonie d’ouverture du 13ème Symposium de Symi à Poros, en Grèce, le 12 juillet 2010, à l’invitation du premier ministre Georges Papandréou, en tant que présidente de la région Poitou-Charentes, ancienne ministre et ancienne députée.

Vous trouverez ci-dessous le texte intégral, et la vidéo rendue publique avant-hier soir, de l’intervention de la présidente de la Région Poitou-Charentes.

En relation avec le titre du symposium « Europe’s future as a global player » - « L’avenir de l’Europe en tant qu’acteur mondial », Ségolène Royal revient en détail sur de nombreux thèmes qui lui sont chers :

-la crise du système mondial, où l’Europe joue sa survie politique et où de nouveaux pôles de puissance émergent, et la nécessité d’avancer et de refonder le système : remettre la finance à sa place, et choisir le rôle que l’Europe entend jouer dans le monde qui vient,

-la tentation néfaste du « chacun pour soi »,

-l’insuffisante rapidité et solidarité européenne pour voler au secours de la Grèce, qui a coûté cher à la Grèce et à l’Europe,

-la nécessité d’une Europe politique, pour faire face aux défis budgétaires, financiers, économiques et sociaux :

« Si l’Europe est petitement gestionnaire, elle n’a pas d’avenir dans le monde, qui se dessine sous nos yeux, et c’est pourquoi nous avons besoin de nous battre pour une Europe politique. »,

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Les intervenants de la cérémonie d'ouverture du Symposium le 12 juillet 2010 : Georges PapandréouToomas Hendrik Ilves, président de la République d'Estonie, Catherine Ashton, Ségolène Royal, et Ivan Svejvoda, directeur exécutif du Balkan Trust for Democracy (photo : Fondation Andréas G. Papandréou)

-le débat sur les retraites : chômage des jeunes, pénalisation des femmes, nécessité de prendre en compte tous les aspects de la pénibilité du travail,

-la réaffirmation de la présidente de la Région Poitou-Charentes de son attachement à la « maîtrise des dépenses publiques » ou à la « suppression des dépenses improductives », bien que les marchés financiers soient « plus arrogants que jamais »,

-la reprise des 5 valeurs importantes pour « reposer les bases d’une autre fondation, d’un nouveau chemin » :

.faire de l’efficacité économique et de la justice sociale un couple inséparable,

.réhabiliter le rôle de l’Etat,

.accélérer la croissance verte et la social-écologie,

.protéger les biens publics mondiaux : la santé, l’éducation, l’environnement, les droits élémentaires qui doivent être garantis à tous et échapper au marché,

.l’exigence démocratique, associer les peuples, par la démocratie participative,

-et pour répondre à toutes ces exigences, la nécessité de construire, malgré les obstacles, les Etats-Unis d’Europe.

Frédérick Moulin

-oOo-


 

 

Monsieur le Premier Ministre, très cher Georges,

Nous sommes très heureux à nouveau d’être réunis grâce à la Fondation Papandréou. Je vous salue, Madame la Ministre, Monsieur le Président, merci de me donner la parole pour quelques mots très simples à propos de cette thématique, « Europe’s future as a global player ».

D’abord où en est l’Europe, quels sont les dangers, et quels nouveaux chemins peut-on imaginer, quels nouveaux systèmes, à partir de quels nouveaux principes. Chacun voit bien, et nous sommes, dans chacun de nos pays européens très durement secoués, en France également, dans la crise du système qui continue à secouer le monde, et qui frappe sans exception l’ensemble des pays européens, nous devons regarder les choses en face, l’Europe vit aujourd’hui sa survie politique, elle joue sa capacité à peser, dans les vastes recompositions du monde post-occidental, où émergent de nouveaux pôles de puissance que vous avez d’ailleurs très bien décrits tout à l’heure, Catherine [Ashton, Haut représentant de l’Union Européenne pour les affaires étrangères et la politique de sécurité et première vice-présidente de la Commission européenne, NdlR].

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Catherine Ashton lors de la cérémonie d'ouverture du 13e Symposium de Symi à Poros, en Grèce, le 12 juillet 2010 

Moi je crois que qui n’avance pas recule, c’est une leçon de l’histoire, et Georges [Papandréou, NdlR] le disait tout à l’heure à sa façon en disant qu’il s’impliquait très fortement pour que la Grèce change, et qu’à partir du moment où le mouvement est là il faut absolument avancer, et la crise que nous vivons ne fait pas exception à ce principe, il y a toujours des moments de vérité, des moments charnières, dont on ne sort par le haut qu’à une condition, en reposant les base d’une nouvelle fondation. Et d’ailleurs le mot crisis, qui nous vient du grec ancien, exprime bien cette nécessité de séparer ce qui est confus, de faire preuve de discernement, et de choisir entre deux possibilités antagoniques, qui symbolisent soit la mort, soit la vie.

Et cela vaut aussi pour le monde, où l’ancien système a fait la preuve de sa faillite, sans qu’encore un modèle alternatif prenne suffisamment le relais, et c’est ce qui fait la souffrance de nos pays et de nos peuples, cette interrogation sur l’avenir. Et donc l’Europe est confrontée à un double enjeu, non seulement remettre la finance à sa place, et rien qu’à sa place, mais aussi choisir le rôle que l’Europe entend jouer dans le monde qui vient, et force est de constater qu’aujourd’hui l’Europe est à la peine, elle est à la peine pour empoigner son destin, et pour transformer la menace de la crise en opportunité.

On a l’impression de vivre le paradoxe du prisonnier, je ne sais pas si vous connaissez le paradoxe du prisonnier, qui est issu de la théorie des jeux, ce paradoxe montre comment des protagonistes, qui ont pourtant le même objectif, et qui sont placés devant une alternative – faut-il s’aider ou ne faut-il pas s’aider – en arrivent très souvent à ne pas s’aider, au motif que celui qui va faire le premier pas en direction des autres, va perdre plus que les autres. Et dès lors, ils sacrifient collectivement les bienfaits d’une coopération pour un bénéfice collectif supérieur. Et finalement, c’est ce qu’on est en train de vivre, ce « chacun pour soi », qui revient sur fonds de crise, avec cette tentation à courte vue de ceux qui imaginent tirer tous seuls leur épingle du jeu, et je pense que c’est un mauvais calcul, parce que quand on cherche à tirer son épingle du jeu, on risque de se retrouver hors jeu.

Et je vous le dit comme je le pense, je l’ai d’ailleurs déjà dit à Georges, l’Europe a eu tort de ne pas faire preuve d’une rapidité et d’une solidarité exemplaires pour serrer les rangs plus rapidement avec nos amis grecs. Et ce temps perdu a coûté cher à la Grèce, mais aussi aux finances européennes, et je voudrais saluer une fois de plus le courage et le sens stratégique du Premier Ministre Georges Papandréou, qui est engagé avec son gouvernement dans un effort considérable, à la fois pour entraîner son peuple, pour répartir équitablement aussi les efforts.

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Georges Papandréou lors de la cérémonie d'ouverture du 13e Symposium de Symi à Poros, en Grèce, le 12 juillet 2010 

La presse française s’est fait l’écho de tout le travail que tu fais, Georges, pour lutter contre la fraude fiscale, et je crois que c’est un effort en effet très important, parce que si les gens ont le sentiment que les efforts ne sont pas justes et équitablement répartis, alors en effet, ils se soulèveront, et je crois que c’est cette exigence, cette force autour de la justice, qui permet d’avancer.

Bien sûr l’Europe a fini par agir, je crois qu’il serait injuste de dire qu’elle n’a rien fait, mais on l’aurait voulue plus ardente, plus volontaire, plus consciente que le défi de la crise n’est pas seulement budgétaire ou financier, ou économique ou social, mais que cette crise englobe toutes ces dimensions, et que c’est un défit à relever en tant que tel. Si l’Europe est petitement gestionnaire, elle n’a pas d’avenir dans le monde, qui se dessine sous nos yeux, et c’est pourquoi nous avons besoin de nous battre pour une Europe politique. Et de cette difficulté à nous projeter ensemble dans un avenir commun, et au-delà, de cette difficulté à en prendre réellement les moyens, on voit bien que le dernier G20 de Toronto a été décevant, évasif, velléitaire. Les Européens y sont apparus divisés, sans stratégie commune, comme à Copenhague, où seuls les Etats-Unis et la Chine, puissances sans états d’âme, ont tiré leur épingle du jeu.

Je voudrais saluer ici la récente décision prise par le Parlement européen, malgré tout, qui a voté le 7 juillet dernier, donc c’est très récent, et à une forte majorité, le plafonnement de ces bonus scandaleux, dont les montants astronomiques sont autant d’incitations aux prises de risques inconsidérées. Il paraît que la Fédération bancaire européenne pousse des cris, déjà, il faut tenir bon. Ce plafonnement des surrémunérations n’est pas une révolution, mais c’est un premier pas qui va dans le bon sens, et il faut espérer qu’en dépit des pressions des lobbys bancaires et financiers, nos différents Etats auront à cœur de se conformer à cette directive d’intérêt général, surtout au moment où ceux qui paient le prix le plus fort des errements de la finance, ce sont les peuples, les salariés, les chômeurs, et parmi eux en priorité les jeunes, les femmes, les petites et moyennes entreprises qui ont du mal à trouver le crédit, c’est aussi le recul du service public.

Mais voilà que l’un après l’autre nos pays passent dans le désordre sous les fourches des plans d’austérité, dont nous avons de sérieuses raisons de craindre, que tels que Bruxelles et le FMI les dictent, ils fassent obstacle à une croissance européenne qui est déjà la plus faible du monde.

On le voit bien dans le débat sur les retraites, parce qu’à la fois il faut donner satisfaction aux marchés, augmenter la durée de cotisation, et en même temps on sait bien qu’on est confrontés à un chômage des jeunes jamais égalé, donc d’un côté on va donner des contraintes supplémentaires, et de l’autre on va creuser le chômage des jeunes. On va aussi considérablement disqualifier les femmes. En France, par exemple, si la réforme des retraites est faite, il faudra que les femmes travaillent jusqu`à 67 ans, 67 ans pour avoir une retraite à taux plein parce qu’elles s’arrêtent pour élever leurs enfants, elles ont des durées de carrière incomplètes, etc. L’intégration de la pénibilité des tâches aussi n’est pas achevée alors qu’il y a des propositions qui doivent pouvoir être prises en compte.

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James K. Galbraith, lors d'un atelier de travail du 13e Symposium de Symi à Poros, en Grèce (Fondation Andréas G. Papandréou)

Je suis naturellement partisane de la maîtrise des dépenses publiques, là n’est pas la question, ou de la suppression des dépenses improductives, mais force est de constater qu’on est passés dans l’excès et dans la rapidité, sous la pression des marchés financiers, plus arrogants que jamais, et qui à nouveau dictent leur loi aux Etats. Il y a pourtant peu de temps, on célébrait la restauration de la puissance publique, on semblait tirer un trait sur ce que James Galbraith a admirablement décrit dans « L’Etat prédateur », le mythe d’un marché naturellement bénéfique, la dérégulation à outrance, l’accaparement de l’Etat à des fins privées, bref, toutes ces fables du catéchisme libéral, dont d’ailleurs la gauche de gouvernement ne fut pas toujours exempte. On semblait réaliser ce que depuis longtemps Joseph Stiglitz dénonçait, les ravages du triomphe de la cupidité et du fanatisme du marché. Et il ne s’est rien passé, tout a recommencé comme avant ; aujourd’hui, à l’heure où nous sommes rassemblés, il y a davantage de produits dérivés qu’au moment de la chute de Lehman Brothers.

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Georges Papandréou et Joseph Stiglitz, lors d'un atelier de travail du 13e Symposium de Symi à Poros, en Grèce

Alors que faire, comment ne pas « gâcher la crise » comme on le disait en 1929 ? Il faut agir sur des causes profondes, et je voudrais relever 5 valeurs, moi, qui me semblent très importantes pour reposer les bases d’une autre fondation, d’un nouveau chemin.

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Dilma Rousseff, le président brésilen Lula et Ségolène Royal le 30 janvier 2009 à Bélem, au Brésil

Les deux premières, je les emprunterai au Président Lula, que j’ai rencontré récemment en participant à la campagne présidentielle de Dilma Rousseff, qui d’ailleurs remonte dans les sondages, et d’ici nous lui souhaitons d’être élue. Il disait ceci d’abord : j’ai agi en étant arcbouté sur deux principes fondamentaux. Le premier c’est que j’ai fait de l’efficacité économique et de la justice sociale un couple inséparable. Et pour moi l’un ne va pas sans l’autre – et je pense que c’est une de nos valeurs sur lesquelles aussi nous devons absolument nous attacher. La seconde chose, c’est la réhabilitation du rôle de l’Etat – réhabiliter l’Etat, la puissance publique à l’échelle nationale, à l’échelle européenne, et à l’échelle mondiale.

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Les trois autres valeurs auxquelles je voudrais faire référence, Georges en a parlé tout à l’heure, c’est accélérer la croissance verte, et ce que j’appelle la social-écologie, qui peuvent être notre nouvelle frontière européenne. Encore faudrait-il coopérer. Quand je vois que dans la région que je préside, nous venons avec la voiture Heuliez mettre sur le marché la première petite voiture populaire grand marché, je me dis qu’il y a des filières de développement de la voiture électrique à mener conjointement en Europe, plutôt que d’aller se faire des concurrences effrénées qui ne profitent qu’à d’autres continents émergents. ça c’est pour la croissance verte, il y aurait bien sûr bien d’autres exemples à prendre.

Ensuite c’est protéger les biens communs, d’autres parlent de biens publics mondiaux, les protéger, c’est-à-dire la santé, l’éducation, l’environnement, les droits élémentaires qui doivent être garantis à tous, et pour ces droits publics mondiaux les faire échapper au marché.

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Et enfin, je crois que c’est la dernière exigence, c’est l’exigence démocratique, car rien ne peut se faire, rien ne peut se construire de façon durable sans associer les peuples dont nous avons la responsabilité. Je crois profondément à la démocratie participative, je crois profondément que les citoyens peuvent comprendre des choses complexes, et que si on leur explique les choses complexes au lieu de leur dire qu’ils n’ont pas la capacité de comprendre et de leur confisquer leur pouvoir, à ce moment là, ils s’opposeront aux réformes difficiles. Nous devons avoir confiance dans l’action citoyenne, car c’est l’idéal aussi qui est le nôtre, et c’est la seule façon je crois de lutter contre le repli, contre les nationalismes et les populismes les plus haineux.

En conclusion, je voudrais dire que plus que jamais nous avons besoin de définir des objectifs clairs, et les travaux aussi qui nous rassemblent sont des moments extrêmement précieux et uniques, je voudrais te le dire à nouveau Georges, pouvoir se rassembler entre responsables politiques de très haut niveau, universitaires de très haut niveau, avec la diversité des expériences et des compétences, ce sont des lieux uniques qui permettent, je crois, vraiment, d’avancer.

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Parce que je crois que nous avons besoin de construire un avenir très très clair, je parle souvent des Etats-Unis d’Europe, ça choque parfois, mais je crois que c’est un idéal, c’est notre nouvelle frontière. Les Etats-Unis d’Europe nous avons à les construire. Ce n’est pas la négation de nos nations, mais c’est leur prolongement nécessaire, et leur union renforcée, dans un monde que nous devons équilibrer ensemble. Je sais bien qu’il y a aujourd’hui beaucoup d’obstacles, que de nos jours il y a beaucoup de résistances, beaucoup d’Etats que leur souveraineté est menacée par l’Europe, ou serait menacée par les Etats-Unis d’Europe : moi je crois tout le contraire. Je pense que les pays ne doivent pas penser qu’ils sont trop grands pour de petites choses, ou trop petits pour de grandes choses. Je crois en revanche que l’Europe est une force commune, que nous avons besoin d’elle pour civiliser l’avenir, et plus que jamais, que les générations futures, que les jeunes générations, ont besoin de notre imagination, de notre créativité, de notre volonté politique, et de notre courage.

Je vous remercie. »

 

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21 juillet 2010 3 21 /07 /juillet /2010 09:42

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Certains députés ont décidé de passer outre le huis clos imposé par Pierre Méhaignerie, président UMP de la commission des affaires sociales de l’Assemblée Nationale, sur le débat du projet de loi de réforme des retraites voulu par Nicolas Sarkozy.

Comment ? En racontant pendant les 3 journées du débat, du 20 au 22 juillet, le débat sur leur compte twitter en direct. Les débats recommencent à 9h30 aujourd’hui et durent toute la journée. Gaëtan Gorce communique en direct de la salle ou siège la commission. Hier, son premier tweet #retraites fut, vers 15h05, « ça commence bien, Woerth improvise une conférence de presse dans la salle de la commission alors que le huis clos était convoqué ».

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Suivez le débat et brisez le à huis clos de l’intérieur grâce aux tweets de Gaëtan Gorce en cliquant sur le lien :

http://twitter.com/GGorce

Jean-Marc Ayrault, chef de file des socialistes à l’Assemblée nationale, utilise aussi twitter :

http://twitter.com/jeanmarcayrault

Cet absence de transparence des débats de l’Assemblée Nationale pour une réforme aussi importante que celle sur les retraites a provoqué la colère de la presse, Le Monde qualifiant cette mesure de « ridicule », et d’ « absurde », rappelant que le huis clos est en contradiction « avec l’esprit même de la réforme constitutionnelle de 2008 » voulue par le président Sarkozy , qui devait apporter une revalorisation du Parlement.

Certains font d’ailleurs remarquer que le gouvernement Fillon mène une campagne publicitaire de grande ampleur dans la presse et à la télévision, alors même que la loi n’a pas été débattue et donc votée, mais que le débat en commission sera, lui, calfeutré et interdit de toute publicité. Ce huis clos a été maintenu malgré les demandes répétées de la presse parlementaire.

Le débat en commission est crucial, car c’est le texte issu des travaux de la commission qui sera débattu en séance ; environ 400 amendements ont été déposés, la plupart émanant de l’opposition, mais pas uniquement.

La délégation aux droits des femmes (voir l'article Le projet de loi sur la réforme des retraites, actuellement en commission à l’Assemblée Nationale, creuse encore plus les inégalités hommes-femmes) a notamment souligné l’impact particulièrement pénalisant pour les femmes du report de l’âge de la retraite à taux plein de 65 à 67 ans, et sa présidente UMP, Marie-Jo Zimmermann (Moselle), a déposé plusieurs amendements, dont une demande du maintien du taux plein à 65 ans.

La gauche accuse le gouvernement et la majorité de vouloir un débat « tronqué » ; d’autant plus qu’une instruction a été donnée aux députés de la majorité de ne présenter leurs amendements qu’en séance, et non pas en commission, ce qui fausse le débat. Mais tous dans la majorité ne semblent pas suivre cette consigne…

Frédérick Moulin

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20 juillet 2010 2 20 /07 /juillet /2010 19:00

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Eric Woerth devant la commission des affaires sociales de l'Assemblée Nationale, présidée par Peirre Méhaignerie, le 16 juin 2010

Le projet de loi sur la réforme des retraites est actuellement en débat accéléré (3 jours !) à huis clos à la commission des affaires sociales de l’Assemblée Nationale. Il va encore davantage creuser les injustices dont sont victimes les femmes. Le rapport de la délégation aux droits des femmes de l'Assemblée nationale, pourtant présidée par une députée UMP, Marie-Jo Zimmermann (Moselle), fustige cet accroissement des inégalités :

" Un creusement des inégalités est à craindre et elles affecteront en priorité les retraites des femmes. "

Mais Jean-François Copé a indiqué vouloir " veiller aux grands équilibres du projet de loi ", et il est probable que le projet de loi ne bougera pas et ne corrigera pas cette injustice.

Comme le met en évidence l'article du Monde, les femmes touchent de plus petites retraites car elles n'ont pas la même carrière professionnelle que les hommes (voir l'article Retraites : la place de la femme, plus de jeunes, les bonus, les stock-options et les actions gratuites).

Ainsi, l’écart de salaire hommes/femmes pour un temps complet est, selon Christiane Marty, membre du Conseil scientifique d’ATTAC, de 20%, dont au moins 5 points sont imputables à de la discrimination, comme le reconnaît le MEDEF.

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Les inégalités hommes-femmes dans la vie active, et ses implications sur la retraite des femmes (dessin de Plantu)

Par ailleurs, les femmes sont les premières victimes du temps partiel imposé ou « choisi ». Ainsi, la grande distribution, importante utilisatrice de temps partiels, emploie surtout des femmes, avec des horaires éclatés qui rendent impossibles une vie familiale normale : c’est le temps partiel imposé. Le temps partiel « choisi », lui, est un leurre : de nombreuses femmes « choisissent » le temps partiel pour pouvoir s’occuper de leurs enfants, tout en faisant bien souvent le travail de 5 jours en 4 : ce sont les « quatre cinquièmes ».

D’autre part, la moitié des enfants âgés de 4,5 mois à 2,5 ans sont gardés par un parent qui ne travaille pas, le plus souvent la mère (étude de Chritiane Marty) : pendant la période d’activité des Français, entre 30 et 55 ans, les femmes ont un taux d’activité inférieur de 10 points à celui des hommes. Ainsi, les femmes sont triplement pénalisées pour le service qu’elles rendent à la nation : plus elles ont d’enfants, moins perçoivent de salaires durant leur vie active, donc plus faibles est leur pension de base, et plus grande est la proportion de femmes n’ayant pas de retraite à taux plein.

La réforme que prépare Nicolas Sarkozy, le gouvernement Fillon, et le ministre du Travail Eric Woerth, actuellement en débat accéléré (3 jours) à huis clos en commission à l’Assemblée Nationale, va encore aggraver les inégalités hommes-femmes au niveau des retraites. Pourtant, des solutions existent, qui demandent une volonté politique et un souci de la solidarité et de l'équité sociale que n'a pas Nicolas Sarkozy, notamment la mise en place d'un véritable service public à la petite enfance, doté d'un budget à la hauteur de ses ambitions, et de personnels correctement formés et rémunérés ; et la taxation du temps partiel imposé, par exemple en asseyant les cotisations sociales sur un salaire à temps complet.

F.M.

-oOo-

lemonde pet

21 juillet 2010

La réforme des retraites ne corrige pas les inégalités hommes-femmes

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La commission des affaires sociales de l'Assemblée nationale examine le texte à huis clos

À la veille de l'examen en commission du projet de loi sur les retraites, qui débute mardi 20 jusqu'à jeudi 22 juillet, la délégation aux droits des femmes de l'Assemblée nationale réaffirme une évidence : " Un creusement des inégalités est à craindre et elles affecteront en priorité les retraites des femmes. "

Le rapport de la délégation, présidée par Marie-Jo Zimmermann (UMP, Moselle), mesure l'impact - négatif - de la réforme de 2003 sur les pensions servies aux femmes et évalue celui de la réforme à venir. Tout en approuvant l'inscription par la loi de l'" impératif d'équité " et donc de réduction des inégalités de pension entre les hommes et les femmes, elle constate que celle-ci va à rebours de l'objectif annoncé.

En 2004, les femmes ont perçu un montant moyen de retraite représentant 62 % de celui des hommes (1 020 euros contre 1 636). Les droits directs qu'elles ont acquis (hors réversion et avantages accessoires) ne représentaient encore, en 2008, que 58 % de ceux des hommes. La moitié des femmes ont une retraite inférieure à 900 euros contre 20 % des hommes.

Le gouvernement se défend en expliquant que les inégalités des niveaux de pension résultent des écarts persistants dans le déroulement des carrières professionnelles. Certes, mais les projections effectuées par le Conseil d'orientation des retraites (COR) montrent que les pensions des femmes vont rester significativement inférieures à celles des hommes. " Au vu de ces projections, note le rapport, il est indispensable d'agir à la fois sur la réduction des inégalités entre les hommes et les femmes pendant la vie professionnelle, mais aussi d'adopter des mesures correctrices ayant des effets plus immédiats pour traiter la situation des femmes qui vont liquider leurs droits à la retraite dans les cinq à dix ans qui viennent. "

Pour la délégation aux droits des femmes, la principale mesure pénalisant les femmes est le recul à 67 ans de l'âge permettant de bénéficier de la retraite à taux plein. " Ce sont les femmes qui vont devoir travailler jusqu'à 67 ans ou qui partiront avec des retraites incomplètes ", souligne le rapport. Dans la mesure où leurs carrières sont en moyenne plus courtes que celles des hommes, elles sont contraintes de liquider plus tard leurs droits afin d'éviter une décote du montant de leur retraite.

Les chiffres parlent d'eux-mêmes : pour la génération de 1943 - qui a eu 60 ans en 2003 et 65 ans en 2008 -, 67 % des hommes ont liquidé leur retraite à 60 ans contre seulement 48 % des femmes. Moins de 15 % des hommes ont dû attendre l'âge de 65 ans contre 37 % des femmes. Parmi celles-ci, 30 % avaient moins de trente-cinq ans de cotisations, majorations comprises. Les femmes liquident leurs pensions plus tard pour éviter l'application d'une décote sur une pension faible.

Le projet de loi ignore les conséquences du temps partiel sur les retraites, qui, insiste le rapport, " va peser de plus en plus fortement sur les pensions des femmes ", en raison de sa progression. Actuellement 82 % des travailleurs à temps partiel sont des femmes : 30 % des femmes actives n'ont pas d'emploi à temps plein contre 5,7 % des hommes. " Le temps partiel retentit de façon évidente sur le salaire de référence sur la base duquel la pension est calculée ", note la délégation. Or cet effet n'est ni pris en compte ni corrigé par les dispositifs existants.

Aussi la délégation aux droits des femmes demande-t-elle des " correctifs indispensables ". En premier lieu, considérant que le report de 65 à 67 ans de l'âge du bénéfice de la retraite à taux plein affectera particulièrement les femmes, elle demande le maintien à 65 ans de l'âge du taux plein pour tous.

Sa présidente, Mme Zimmermann, a déposé d'autres amendements. Ils visent à renforcer les droits des salariés à temps partiel et à rendre effective l'obligation de négocier sur l'égalité professionnelle. Toutefois, la majorité ne semble pas prête à les faire siens.

Le président du groupe UMP, Jean-François Copé, qui s'était présenté en ardent défenseur des droits des femmes pour l'interdiction du voile intégral, a annoncé vouloir " veiller aux grands équilibres du projet de loi ". Celui-ci, par conséquent, ne bougera quasiment pas.

L'examen en commission, de toute façon, se tiendra à l'abri des regards. Le président (UMP) de la commission des affaires sociales, Pierre Méhaignerie, a maintenu, en dépit des demandes répétées de la presse parlementaire, le huis clos sur ces travaux.

Patrick Roger

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19 juillet 2010 1 19 /07 /juillet /2010 17:49

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Photo des participants au 13ème Symposium de Symi à Poros (Fondation Andréas G. Papandréou)

Outre les thèmes évoqués, principalement la Grèce et la crise (voir l’article La Grèce et le 13ème Symposium de Symi), et le fait que le symposium dans l’île de Poros a permis de constituer un réseau politique d’amitiés pour les forces progressistes (voir l’article Retour sur le 13ème Symposium de Symi – un réseau politique d’amitiés pour les forces progressistes), le 13ème Symposium de Symi, auquel a participé Ségolène Royal, a également été l’occasion de créer et renforcer un réseau d’amitiés dans le monde des affaires, des universitaires, des économistes, et des associations.

La représentation de The Economist, de la London School of Economics, de Greenpeace, de la Banque Mondiale notamment sont significatives à cet égard de l’importance du symposium.

La présence de la trésorière du Comté de Cook, Illinois, aux Etats-Unis, doit être souligné : le comté de Cook est le deuxième comté le plus peuplé des Etats-Unis après celui de Los Angeles, avec 5,3 millions d’habitants en 2008 ; il fait partie de l’aire urbaine de Chicago. C’est aussi un fief démocrate américain, et le comté où Barack Obama a été Sénateur du Sénat de l’Illinois de 1996 à 2004, date à laquelle il est devenu Sénateur des Etats-Unis à Washington.

Parmi les nombreux participants du monde économique, universitaire et associatif, on note la présence de :

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La ministre grecque de l'Economie Louka Katseli et Joseph Stiglitz (Fondation Andréas G. Papandréou)

-Joseph Stiglitz, professeur d’économie à l’Université de Columbia et prix Nobel d’économie en 2001,

-James K. Galbraith, économiste, professeur à la Lyndon B. Johnson School of Public Affairs et au Département de Gouvernement de l’Université du Texas, à Austin,

-Maria Pappas, trésorière du comté de Cook, Illinois, Etats-Unis,

-Mats Karlsson (voir vidéo et texte), suédois, directeur pays pour l’Afrique centrale, de l’Est et du Nord pour la Banque Mondiale,

-Mary Kaldor (voir vidéo et texte), anglaise, professeure de gouvernance mondiale à la London School of Economics et directrice de son Centre d’étude de la gouvernance mondiale,

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Dimitri Zenghelis (Fondation Andréas G. Papandréou)

-Dimitri Zenghelis, anglais, conseiller du gouvernement anglais et de Lord Stern à la London School of Economics (Grantham Research Institute), conseiller économique de l’innovation à long terme du groupe américain d’électronique, de logiciels et de solutions technologiques Cisco,

-Clark Bruce, éditeur de la section « International » de The Economist et journaliste du département Affaires Internationales du journal,

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Au centre, Kumi Naidoo et Cem Özdemir (Fondation Andréas G. Papandréou)

-Kumi Naidoo, sud-africain, directeur exécutif international de Greenpeace International, premier Africain à ce poste,

-James Fishkin, professeur et directeur du Centre pour la Démocratie Délibérative à l’université de Stanford,

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Paul Cheng (Fondation Andréas G. Papandréou)

-Paul Cheng, chinois, directeur des investissements du fonds Venturesome qui apporte de façon innovante son soutien à des organisations à caractère social de petite et de moyenne taille,

-Anthony Barnett, anglais, fondateur d’openDemocracy.net (voir vidéo et texte), qui publie des analyses de haute qualité, des débats et des blogs sur le monde et la façon dont nous sommes gouvernés ; les valeurs d’openDemocracy sont la démocratie, les droits de l’homme, et le droit à l’expression des points de vues marginalisés,

-Misha Glenny, anglais, écrivain et journaliste audiovisuel – il a été correspondant de la BBC pour l’Europe centrale et continue à être régulièrement consulté sur les Balkans.

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Cérémonie de clôture du 13ème Symposium de Symi à Poros le 15 juillet 2010 (Fondation Andréas G. Papandréou)

La cérémonie de clôture du 13ème Symposium a eu lieu sur une terrasse, les cinq intervenants – Joseph Stiglitz, Mary Kaldor, Georges Papandréou, Misha Glenny et Cem Özdemir – étant assis autour d’une table basse et devant un large public. Elle a duré une heure et demie et s’est achevée à 21h30 heure locale (20h30 en France), jeudi 15 juillet 2010. Elle pouvait être suivie en direct sur internet (pour voir une des 5 vidéos, cliquez sur le chiffre : 1 2 3 4 5 ).

Ségolène Royal, qui est intervenue lors de la cérémonie d’ouverture cette année à Poros, était intervenue lors de la cérémonie de clôture du 12ème Symposium de Symi à Skiathos en 2009. Vous trouverez ci-dessous son intervention lors de la cérémonie de clôture de l’an dernier, dont les thèmes sont – hélas – toujours d’actualité, hormis pour M. Papandréou, qui est devenu – heureusement ! –  premier ministre grec depuis.

 

 

En voyant ces images, une question vient à l’esprit : où sera Ségolène Royal l’an prochain à la même époque, quelques jours avant la mi-juillet ? À ce moment là, la période des dépôts de candidature pour la primaire organisée par le Parti socialiste viendra juste de s’ouvrir…

Frédérick Moulin

-oOo-

 

 

James K. Galbraith – traduction française pour Militants de l'Espoir à Gauche avec Ségolène Royal par F.M & F.M.

« Pour ceux qui font seulement un court séjour en Grèce, les rencontres de Symi représentent une opportunité extraordinaire de savoir en détail ce que l’actuel gouvernement grec est en train de faire et de comprendre comment il essaie de faire face à la crise économique, avec les difficultés financières et l’extraordinaire pression extérieure à laquelle sont soumis le gouvernement, l’économie et le peuple grecs en ce moment. C’est ce qui, pour moi, est l’apport majeur de ces derniers jours. Il s’agit d’un groupe de personnes extraordinaires, avec une intention internationale très affirmée, et bien que je participe à cette rencontre pour la première fois, c’est aussi un groupe de gens dont beaucoup ont été présents à ces rencontres et ont discuté les uns avec les autres au fil des ans, donc une sorte de but commun et de compréhension mutuelle existe autour de la table, et cela permet la discussion. »

Transcription originale en anglais par Militants de l'Espoir à Gauche avec Ségolène Royal

 

 

 Mary Kaldor – traduction française pour Militants de l'Espoir à Gauche avec Ségolène Royal par F.M. & F.M.

« Pour moi, deux points ont été importants lors de la rencontre de Symi. Tout d’abord, ça a été une découverte, la découverte de la Grèce, géographiquement, politiquement, culturellement, mais je pense que nous avons également exposé notre propre point de vue intellectuel, ce qui est très important à la fois au niveau des idées et de la politique ; il s’agit de notre point de vue sur la croissance verte, sur la démocratie délibérative et la consultation civique, sur une politique étrangère basée sur la société civile. » 

Transcription originale en anglais par Militants de l'Espoir à Gauche avec Ségolène Royal

 

 

Anthony Barnett – traduction française pour Militants de l'Espoir à Gauche avec Ségolène Royal par F.M. & F.M. 

« Je m’appelle Anthony Barnett ; j’ai créé openDemocracy, qui est un site internet qui traite de sujets mondiaux. Je participe aux rencontres de Symi depuis 2004. Les rencontres de Symi sont de merveilleux séminaires, des mélanges étonnants de gens, et il y a l’importante question de savoir comment rendre le monde meilleur, comment être plus démocratique, comment rendre le monde plus équitable et son développement plus durable.

Aux rencontres de Symi les discussions sont d’un genre particulier, par exemple, lors de la première session, ici au 13ème Symposium de Symi, nous avons eu une discussion avec Joseph Stiglitz à propos de la nature de la crise, puis une intervention de Leif [Pagrotsky, NdlR] sur la façon dont il se débrouille en Suède, et de Kemal [Dervis, NdlR] sur la façon dont il a travaillé avec les banques dans une crise équivalente en 1991 en Turquie : il nous a raconté comment il a obtenu des conseils du Mexique, sur le besoin de communiquer, et la volonté est venue avec les débats inhérents à la politique.

Alors la question du développement d’idées nouvelles se pose vraiment, et je pense que nous commençons maintenant à en voir les effets sur la politique menée par la Grèce, mélangés à la réelle expérience des décideurs politiques quant à ce qu’ils ont réussi et aux leçons qu’ils en ont tiré. Et ils tirent ensemble les conclusions de cette découverte de pistes inconnues quant à la façon dont nous créons un monde plus démocratique et au développement plus durable. »

Transcription originale en anglais par Militants de l'Espoir à Gauche avec Ségolène Royal

 

 

Mats Karlsson – traduction française pour Militants de l'Espoir à Gauche avec Ségolène Royal par F.M. & F.M.

« J’ai participé aux rencontres de Symi au fil des années, et ai trouvé l’inspiration qu’on en tirait extraordinaire. Par ailleurs, ceux qui viennent ici forment une grande famille, ils rassemblent une somme d’expériences individuelles énorme, et au cours de ces années, ils ont abordé des sujets très difficiles comme la coopération internationale en matière de paix et de sécurité, mais cette année est spéciale car c’est une année très importante pour la Grèce, tout à fait déterminant pour l’économie grecque, pour la création d’emplois et pour que l’avenir soit positif. Alors maintenant nous espérons réellement pouvoir partager nos expériences pour exercer une influence sur les nombreux choix difficiles auxquels la Grèce doit faire face. Georges Papandréou a été une source d’inspiration pour nous par le passé, et le pouvoir qu’il exerce en tant que premier ministre est très important pour la Grèce en ce moment, alors essayons de voir si nous pouvons lui apporter notre expérience en matière économique alors qu’il dirige le pays.

Vous savez, je pense que d’une certaine façon c’est de l’accumulation de défis dont il est question. M. Papandréou dit, vous savez que nous avons besoin de mettre de l’ordre dans la maison, et cela a de nombreuses conséquences pour le gouvernement mais aussi pour l’économie. Ce matin nous avons entendu la ministre de l’Economie Louka Katseli parler des nombreux défis auxquels doivent faire face le secteur privé et le monde des affaires. Et de toute évidence, quand vous en discutez, l’objectif final se résume à la création d’un plus grand nombre d’emplois, et cela peut uniquement être réalisé avec le secteur privé. D’après ce que je comprends, il y a un léger retournement de tendance actuellement, mais cela prendra du temps avant que des emplois soient créés à grande échelle, et je crois que la définition des priorités et la mise en place des mesures seront les clés pour mener à bien les réformes nécessaires. Il ne s’agit pas uniquement de nouvelles lois, il faut aussi examiner en profondeur le système administratif pour simplifier et ouvrir la dynamique des créations d’emplois. »

Transcription originale en anglais par Militants de l'Espoir à Gauche avec Ségolène Royal

 

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19 juillet 2010 1 19 /07 /juillet /2010 17:31

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Cérémonie d'ouverture de la 18e Conférence internationale sur le sida à Vienne (IAS/Marcus Rose/Workers' Photos)

La 18ème Conférence mondiale consacrée sur le sida (« AIDS 2010 ») s’est ouverte hier, dimanche 18 juillet, à Vienne pour 6 jours, rassemblant plus de 20 000 chercheurs, médecins et membres d’associations.

Au-delà de la détection, du suivi et du traitement de la maladie, c’est l’impact de la crise sur le financement des programmes qui inquiète le plus. La plupart des populations non encore correctement traitées et suivies se trouvant dans des pays en voie de développement, et les financements venant principalement des pays riches du Nord, la crise économique et financière dans laquelle sont plongés ces derniers inquiète.

À l’heure actuelle, pour 2010, les financements, en hausse ces dernières années, couvrent à peine plus de la moitié des besoins selon Onusida : 13,7 Md$ sur 25 Md$, soit 55%. Or si l’inquiétude est grande de voir les financements diminuer, les besoins, eux, vont croissant : quand deux personnes sont mises sous traitement dans le monde, cinq autres contractent le VIH.

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 Le vice-président sud-africain Kgalema Motlanthe à la 18e Conférence internationale de Vienne (IAS/Marcus Rose/Workers'Photos)

Les plus touchés sont les plus démunis

L’Afrique subsaharienne est la plus touchée, elle représente les deux tiers des 33,4 millions de séropositifs, et les trois quarts des 2 millions de morts recensés chaque année. L’Asie est également très touchée avec 14% des personnes vivant avec le VIH. 2,1 millions d’enfants de moins de 15 ans vivent avec le VIH, soit 6% du total, et ce chiffre augmente.

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Carte et données Onusida/Le Monde

 La politique mondiale répressive de « guerre contre la drogue » est incapable de faire diminuer le trafic mais ostracise les toxicomanes, qui vivent leur dépendance le plus discrètement possible, s’échangent les seringues et ne bénéficient la plupart du temps d’aucun service ni traitement ; ce qui a pour effet de contribuer à la propagation du VIH : hors de l’Afrique subsaharienne, une contamination sur trois est liée à l’injection de drogue, principalement dans les pays d'Asie centrale et d'Europe de l'Est, en Russie et en Ukraine notamment. Les femmes et les enfants sont de plus en plus touchés.

La Déclaration de Vienne

Un appel à signatures pour une réorientation complète des politiques publiques en ce domaine a été lancé à la veille de la Conférence mondiale,  « La Déclaration de Vienne » (« The Vienna Declaration »), déjà signée par Françoise Barré-Sinoussi, prix Nobel de médecine 2008 et codécouvreuse du VIH, par Fernando Henrique Cardoso, président du Brésil de 1995 à 2003, par le Professeur Julio S.G. Montaner, président de la Société internationale sur le sida, par Norm Stamper, chef de la police de Seattle à la retraite, et par bien d’autres.

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Le professeur S.G. Julio Montaner, président de la Société internationale sur le sida (IAS/Marcus Rose/Workers' Photos)

Des plans d’austérité dans les pays du Nord

Du côté des pays qui financent les programmes, l’heure est aux plans d’austérité. Les Pays-Bas ou l’Espagne ont clairement affiché leur volonté de baisser tous leurs budgets.

À l’inverse, le Royaume-Uni et les Etats-Unis ont confirmé leur volonté de maintenir le budget dédié à l’aide publique et au développement. C’est heureux quand on sait que le plan d’urgence du Président des Etats-Unis contre le sida (Pepfar) a contribué à la lutte contre cette maladie à hauteur de 26 Md$ depuis sa création en 2003, alors que le Fonds mondial de lutte contre le sida, la malaria et la tuberculose a lui réalisé un effort global de 11 Md$ depuis son lancement en 2002.

La France de Nicolas Sarkozy n’a pas encore précisé ses intentions, mais comme le budget du Quai d’Orsay va être touché plus sévèrement que d’autres, il y a fort à parier que la France ne se dirigera pas vers un renforcement de ses financements – c’est un euphémisme.

Un défi pour les grands pays émergents : Chine, Inde, Brésil

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L’exposition des rubans rouges sur le “Nid d’oiseau”, le stade où se sont tenus les Jeux olympiques d'été de 2008, met en évidence l’adhésion de la Chine à la riposte au sida

Les regards se tournent actuellement vers la Chine, qui a reçu plus d’1 Md$ depuis la création du Fonds mondial de lutte contre le sida, la malaria et la tuberculose, mais n’a contribué qu’à hauteur de 16 M$. Va-t-elle continuer à se comporter comme un pays en voie de développement ou assumer son nouveau costume de superpuissance, avec les responsabilités que cela impose, notamment au niveau du financement du Fonds mondial, en devenant un contributeur net important ? Si elle choisit cette dernière option, l’Inde et le Brésil devraient lui emboîter le pas.

La lutte contre le sida, la malaria et la tuberculose au milieu du gué

Au moment où les programmes du Fonds mondial commencent à porter leurs fruits – le quintuplement de l’accès aux thérapies les plus efficaces entre 1996 et 2009 a permis de baisser de 52% le nombre de nouveaux diagnostics, et de sauver 2,8 millions de vies depuis 2002 – il est indispensable que les pays riches ne relâchent pas l’effort, et que les pays émergents comme le Brésil, l’Inde et la Chine accroissent leur contribution significativement.

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Zones de prévalence de la malaria/du paludisme :  Prévalence élevée de la chloriquino-résistance ou multi-résistance  Chloriquino-résistance présente  Pas de plasmodium falciparum ou de chloriquino-résistance  Pas de paludisme (Carte : Percherie)

Parmi les grandes pandémies que traite le Fonds mondial, il faut noter la tuberculose, notamment maladie opportuniste du sida, en recrudescence en Russie notamment, et la malaria ou paludisme, maladie délaissée par les laboratoires pharmaceutiques car les populations touchées sont considérées comme peu solvables – 90% des cas en Afrique, où la maladie cause 1 à 3 millions de morts par an, principalement en Afrique subsaharienne. Pour ces deux maladies, le Fonds mondial a sauvé 2,9 millions de vie depuis 2002.

Quel type de gouvernance mondiale voulons nous ?

Au-delà du sida, de la tuberculose et de la malaria, il importe maintenant de savoir quel type de mondialisation nous souhaitons : une mondialisation libérale dure du chacun pour soi, ou une mondialisation plus équilibrée et solidaire, fraternelle.

À l’automne 2010 se tiendra la prochaine conférence de reconstitution du Fonds mondial, pendant laquelle la communauté internationale s’engagera pour les 3 années à venir sur le sida, la malaria et la tuberculose.

Frédérick Moulin

Sources : Le Monde daté du 18 juillet 2010, www.ladeclarationdevienne.com, www.viennadeclaration.com, www.iasociety.org, www.aids2010.org

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18 juillet 2010 7 18 /07 /juillet /2010 16:00

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Ségolène Royal à la Fête de la Fraternité de Désirs d'avenir à Montpellier en septembre 2009 (AFP/Pascal Guyot)

Trop, c’est trop. Désirs d’avenir est attaquée par les amis de Nicolas Sarkozy !

Les révélations dans l’affaire Woerth-Bettencourt s’enchaînent. Et Laurent Wauquiez a relancé la polémique sur les micros-partis politiques, créés surtout, notamment à droite, pour contourner la loi sur le plafonnement des financements privés par les particuliers à 7 500 euros par an, avec son démarchage en pleine visite officielle à Londres de banquiers français installés outre-manche, sollicités pour la formation politique « Nouvel Oxygène » que M. Wauquiez a créée en 2008.

Pour faire diversion, les amis de Nicolas Sarkozy tentent de diriger les regards vers le Parti socialiste et vers Ségolène Royal et son association Désirs d’avenir, allant même jusqu’à laisser entendre que Ségolène Royal est à l’origine du développement des micro-partis ! Samedi 17 juillet au matin, on pouvait entendre Dominique Paillé, porte-parole de l’UMP, s’exprimer sur France Info à propos des micros-partis politiques en ces termes, repris à 14h59 dans une bande sonore sur le site internet de la radio :

« Là je ne vois pas ce qui pourrait être choquant. Il faut rendre à César ce qui lui appartient, Madame Royal a réussi à conquérir le leadership du Parti socialiste pour la dernière élection présidentielle grâce à sa structure Désirs d’avenir. Cela inspire tous ceux qui ont de très grandes ambitions nationales, à gauche comme à droite. Désirs d’avenir a été l’élément déclenchant, c’est une évidence. »

Deux jours auparavant, sur LeMonde.fr, des propos d’Eric Raoult étaient repris suite aux rebondissements de l’affaire Woerth-Bettencourt :

« Il faut que le PS s'arrête. (…) Quand on veut être critique, il faut avoir les cuisses propres. Pensez-vous que Pierre Bergé ait financé Désirs d'avenir à hauteur de 7 500 euros ? (…) Est-ce que le Parti socialiste veut encore jouer à 'stop ou encore' ? Parce que des scuds, nous aussi, on en a un certain nombre. »

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François Fillon à l'Assemblée Nationale (AFP/P. Verdy)

Fin juin, François Fillon s’écriait à l’Assemblée Nationale :

« Je ne vous demande pas si M. Bergé finance les campagnes de Mme Royal, ou qui finance les campagnes du Parti socialiste »

Lors de cette première attaque, la présidente de Désirs d’avenir avait répondu, dans un communiqué :

« En réponse à la question qu’a posée le Premier ministre à l’Assemblée nationale, Ségolène Royal précise que Pierre Bergé ne finance pas et n’a jamais financé ses campagnes électorales, qu’elles soient locales ou nationales, comme cela peut être vérifié dans tous ses comptes de campagne »

Les amis de Nicolas Sarkozy devraient arrêter la démagogie et mieux préparer leurs pauvres diversions. Les sujets qu’ils essaient de faire oublier, eux, sont sérieux, contrairement aux allégations perfides faites sur le dos de Désirs d'avenir : « l’Association Nationale de financement de l’UMP (ANFUMP) » et son micro-parti satellite « l’Association de soutien à l’action de Nicolas Sarkozy » dans l’affaire Woerth-Bettencourt (Le Nouvel Observateur du 15 juillet 2010, page 43), ou « Nouvel Oxygène » (!) le micro-parti de Laurent Wauquiez (France Info), mais aussi les micro-partis de François Fillon (France 9), Christian Estrosi (Alliance Méditerranée Alpes), Michèle Alliot-Marie (Le Chêne), Jean-François Copé (generationfrance.fr), etc (Lexpress.fr du 1er juillet 2010).

 

 

Que dit la loi ? L’article 5 de la loi n°2005-1719 du 30 décembre 2005, promulguée sous la présidence de Jacques Chirac, a modifié les dispositions antérieures d’une loi de 1988 et du code électoral :

« Les dons consentis par des personnes physiques dûment identifiées à une ou plusieurs associations agréées en qualité d'association de financement ou à un ou plusieurs mandataires financiers d'un même parti politique ne peuvent annuellement excéder 7 500 Euros. » (article 11-4 de la loi n° 88-2274 du 11 mars 1988 modifié)

« Les dons consentis par une personne physique dûment identifiée pour le financement de la campagne d'un ou plusieurs candidats lors des mêmes élections ne peuvent excéder 4 600 euros. » (Code électoral, article L52-8 modifié)

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Qu’en est-il pour Désirs d’avenir ? Désirs d’avenir est une association loi 1901, enregistrée en décembre 2005 (selon le site du Greffe du Tribunal de Commerce : « Association déclarée - Autres organismes fonctionnant par adhésion volontaire »), et non un parti politique comme le PS ou l’UMP (« Autre personne morale de droit privé - Activités des organisations politiques »). Certes, pendant la période de la présidentielle de 2007, l’association a brièvement été une « formation politique », comme le relate Le Parisien du 4 février 2009, mais cette période est close depuis 2008. À la lecture des statuts de Désirs d'avenir, l’objet de l’association est clair, Désirs d’avenir n’est pas un parti politique, mais une association loi 1901 et un laboratoire d’idées :

« Article 1er

II est constitué, conformément à la loi du 1er Juillet 1901 entre tous ceux qui adhéreront aux présents statuts et seront régulièrement admis, une association dénommée : Désirs d'avenir,

L'objet de l'association est de réfléchir à la situation sociale, politique et économique en France, en Europe et dans le Monde et de contribuer, notamment par ses propositions, à son amélioration, dans un esprit de justice sociale.

Pour cela, elle réunit les personnes qui souhaitent contribuer à cette réflexion et conduit toutes les actions permettant d'atteindre ces objectifs. »

Les allégations de M. Raoult sur le non-respect de la limite de 7 500 euros de dons par an à un parti politique concernant Pierre Bergé et Ségolène Royal sont donc non fondées, car Pierre Bergé ne fait que soutenir l’association loi 1901 Désirs d’avenir, et non Ségolène Royal femme politique. Non fondées et injustes : M. Bergé héberge gracieusement à travers l’Association des amis de Ségolène Royal qu’il a créée en 2008 l’association Désirs d’avenir boulevard Raspail, soit un soutien évalué à 96 000 € par an (Lexpress.fr, 8 octobre 2009) ; il ne soutient pas l’association par un versement d’argent par chèques comme dans le cas des micro-partis des amis du président Sarkozy.

Quant aux allégations de Dominique Paillé, elles font également l’amalgame entre les micro-partis politiques de la droite et l’association loi 1901 Désirs d’avenir. Le comble du ridicule est atteint quand il martèle : « Désirs d’avenir a été l’élément déclenchant, c’est une évidence. ». Il devrait lire Le Nouvel Observateur plus souvent, et il saurait alors que le mémo mentionnant « l’Association de soutien à l’action de Nicolas Sarkozy » est daté du 29 septembre 2006, alors que Désirs d’avenir n’avait que 9 mois… et cette structure devait préexister au mémo.

Par ailleurs, la presse a largement relayé le fait que Ségolène Royal n’a pas conquis « le leadership du Parti socialiste » grâce à Désirs d’avenir « structure de financement », contrairement à ce que dit M. Paillé, mais grâce au seul vote des militants (60,65% des suffrages des militants du PS), qui lui a été acquis grâce à ses idées novatrices et fédératrices.

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Enfin, Désirs d’avenir est une structure légère mais qui couvre la France entière ; cette structure, comme Militants de l'Espoir à Gauche avec Ségolène Royalproduit et agit beaucoup (UPP, réunions des Comités locaux, vie intense des blogs, initiatives citoyennes comme récemment sur les retraites, Assemblée Générale et événements connexes, Fête de la Fraternité, …) contrairement aux micro-partis de droite : le budget de l’association, qui selon LeParisien.fr du 4 février 2009 proviendrait à 50% des cotisations et à 45% des dons, avec une cotisation minimale de 5 € et une cotisation moyenne comprise entre 20 et 30 €, va entièrement en frais de fonctionnement.

Il ne permet pas de constituer de « cagnotte » pour une éventuelle campagne, contrairement aux micros-partis de droite : en 2008, « l’Association de soutien à l’action d’Eric Woerth », supposée aider le maire de Chantilly – Eric Woerth – dans ses campagnes locales en Picardie, a dégagé un excédent de 44 126 euros selon la Commission nationale des comptes de campagne et des financements politiques. Et cette somme n’est destinée qu’à un soutien local dans l’une des 22 régions métropolitaines françaises… Si l’on multipliait cet excédent par 22 régions, pour s’ajuster à la zone couverte par Désirs d’avenir, on atteindrait plusieurs fois le budget de l’association présidée par Ségolène Royal !

En bref, Ségolène Royal est la femme à abattre, et la Sarkozie est prête à toutes les contre-vérités, y compris concernant Désirs d’avenir, pour éviter que la présidente de la Région Poitou-Charentes puisse continuer à souligner aux yeux des Français l’évidence :

« Le système Sarkozy est aujourd’hui corrompu »

Frédérick Moulin

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17 juillet 2010 6 17 /07 /juillet /2010 15:27

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Georges Papandréou, premier ministre grec, Ségolène Royal, et Catherine Ashton, Haut représentant de l’Union Européenne pour les affaires étrangères et la politique de sécurité et première vice-présidente de la Commission européen (photo : Fondation Andréas G. Papandréou)

Le 13ème Symposium de Symi, dans l’île de Poros, qui s’est achevé jeudi 15 juillet au soir, a notamment permis de constituer un véritable réseau d’amitiés, ainsi qu’une boîte à idées où pourront piocher les participants selon les problématiques auxquelles ils sont confrontés dans leurs fonctions au cours des années.

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Ségolène Royal lors d'un atelier de travail à Poros (photo : Fondation Andréas G. Papandréou)

Adrian Severin, roumain, vice-président du groupe « Alliance progressiste des socialistes et démocrates » au Parlement européen, disait à ce propos :

« Je pense que ce groupe a mis en place un réseau d’amitiés politiques, et ça, c’est important. Des membres de ce groupe ont avancé ou ont eu des missions importantes au niveau mondial, au niveau européen, et au niveau national. D’autres, en utilisant leur position, ont pu aider certains de nos amis à faire face aux défis dans ces pays. (…) Pendant notre séjour à Poros, nous avions (…) la possibilité de nous pencher sur les problèmes d’un monde qui change. »

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Ségolène Royal, lors de son intervention à la cérémonie d'ouverture (photo : Fondation Andréas G. Papandréou)

 Ségolène Royal a eu l’honneur d’être parmi les quelques personnalités à intervenir lors de le cérémonie d’ouverture du Symposium, avec Georges Papandréou, Catherine Ashton, Toomas Ilves – président d’Estonie – et Ivan Vejvoda – directeur exécutif serbe du Balkan Trust for Democracy.

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Cérémonie d'ouverture à Poros : Georges Papandréou, Toomas Hendrik Ilves, président d'Estonie, Catherine Ashton, Ségolène Royal et Ivan Vejvoda (photo : Fondation Andréas G. Papandréou)

Les personnalités politiques étaient de fait très nombreuses, outre Ségolène Royal, Georges Papandréou, le premier ministre grec, et l’organisateur et le créateur du Symposium, et les ministres grecs invités au symposium (Finances, Education, Culture et Tourisme, Energie / Environnement / Changement Climatique, Economie) :

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Toomas Hendrik Ilves, Catherine Ashton et Georges Papandréou (photo : Fondation Andréas G. Papandréou)

-Catherine Ashton, anglaise, Haut représentant de l’Union Européenne pour les affaires étrangères et la politique de sécurité et première vice-présidente de la Commission européenne ;

-Adrian Severin (voir vidéo et texte), roumain, vice-président de l’Alliance progressiste des socialistes et démocrates au Parlement européen, chargé de la Politique extérieure et de la Défense ; l’Alliance est la deuxième force politique du Parlement – elle est issue, suite aux élections de 2009, de la fusion du PSE et du Parti démocrate italien – et la première force d’opposition à la majorité de droite (PPE) ;

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Au milieu, en T-shirt "Socrates" : Cem Özdemir, à droite : Victor Benoît (photo : Fondation Andréas G. Papandréou)

-Cem Özdemir, co-président des Verts allemands ; il fut l’un des deux premiers députés du Bundestag d’origine turque à accéder à ce poste dans les années 1990, puis a été député européen entre 2004 et 2009 ;

-Toomas Hendrik Ilves, président de la République d’Estonie issu du Parti social-démocrate estonien ;

-Jutta Urpilainen (voir vidéo et texte), jeune dirigeante (34 ans) du Parti social-démocrate finlandais, principal parti d’opposition au parlement finlandais depuis les élections de 2007, et parti auquel appartient l’actuelle présidente finlandaise, Tarja Halonen, en poste depuis 2000. Les sociaux-démocrates occupent la présidence de la République depuis 1982 sans interruption ;

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Victor Ponta et à droite : Adrian Severin (photo : Fondation Andréas G. Papandréou)

-Victor Ponta, dirigeant du Parti social-démocrate roumain ; le Parti social-démocrate roumain est la principale force d’opposition à la chambre des députés, et au sénat roumains ;

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Leif Pagrotsky (photo : Fondation Andréas G. Papandréou)

-Leif Pagrotsky, ancien ministre suédois du Commerce et de l’Industrie, puis de l’Education et des affaires culturelles, conseiller de Georges Papandréou lors de la crise sur la dette souveraine grecque en 2010. Avant d’occuper des fonctions ministérielles il avait travaillé à la banque centrale suédoise et au ministère des Finances ;

-Victor Benoît, président de l’Union des sociaux-démocrates haïtiens ;

-Edi Rama, dirigeant du Parti socialiste albanais (au pouvoir jusqu’en 1992, puis de 1997 à 2005), et maire de Tirana, la capitale ;

-Ivan Vejvoda (voir vidéo et texte), serbe, directeur exécutif du Balkan Trust for Democracy, important projet soutenu par le German Marshall Fund, fonds créé en 1972 à l’initiative du chancelier allemand Willy Brandt en mémoire du soutien américain 25 ans auparavant (plan Marshall) : l’objectif du Balkan Trust for Democracy est de promouvoir la démocratie, la bonne gouvernance et l’intégration de l’Europe du Sud-Ouest dans le concert des nations européennes et transatlantiques.

Frédérick Moulin

 

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Ségolène Royal lors d'un atelier de travail à Poros (photo : Fondation Andréas G. Papandréou)

 

 -oOo-

 

 

Adrian Severin – traduction française pour Militants de l'Espoir à Gauche avec Ségolène Royal par F.M & F.M.

« Je pense que le Symposium de Symi a déjà une longue histoire, et sont importance est de deux ordres : d’une part, il y a l’effort intellectuel, le brainstorming, et la réflexion sur des questions importantes d’ordre local, régional, européen et mondial. Au cours des années, je pense que ce groupe a donné le jour à de nombreuses idées importantes, et je crois que ces idées ont aussi apporté une aide précieuse au gouvernement grec actuel pour faire face à la crise au niveau local et au niveau mondial. D’autre part, je pense que ce groupe a mis en place un réseau d’amitiés politiques, et ça, c’est important. Des membres de ce groupe ont avancé ou ont eu des missions importantes au niveau mondial, au niveau européen, et au niveau national. D’autres, en utilisant leur position, ont pu aider certains de nos amis à faire face aux défis dans ces pays. Alors je crois que les dimensions intellectuelles et politiques de cette amitié sont les principales caractéristiques prouvant la nature positive de cette réunion.

Pendant notre séjour à Poros, nous avions d’un côté la possibilité de nous pencher sur les problèmes d’un monde qui change, sur la nécessité de faire face à une crise structurelle qui appelle des réformes majeures dans le monde entier, y compris, et peut-être même en premier lieu, au niveau de l’Union Européenne. D’un autre côté, nous avions une excellente opportunité pour en savoir plus sur les politiques et stratégies de l’actuel gouvernement grec, qui a été à même de rassembler un nombre impressionnant d’hommes et de femmes  politiques et de ministres compétents, afin de faire face à une épreuve particulièrement difficile en ces temps eux aussi très difficiles. Je crois donc qu’en premier lieu leurs idées et leurs approches nous ont beaucoup appris, et c’était très important pour nous ; et qu’en second lieu nous avons été capables de leur restituer certaines de nos réflexions, certaines de nos idées, et je pense et j’espère que cet échange de points de vues a été mutuellement bénéfique. »

Transcription originale en anglais par Militants de l’Espoir à Gauche avec Ségolène Royal

  

 

 

Jutta Urpilainen – traduction française pour Militants de l'Espoir à Gauche avec Ségolène Royal par F.M & F.M.
 

« Je m’appelle Jutta Urpilainen et je suis la dirigeante du Parti social-démocrate de Finlande. C’est la première fois que je participe au Symposium de Symi en Grèce, et franchement, c’est un grand privilège que de participer à ce symposium. C’est un concept formidable, parce qu’ici nous pouvons discuter avec les dirigeants et spécialistes du monde entier de problèmes comme la crise financière, qui est une question très, très importante et difficile dans le monde entier en ce moment.

Mais bien sûr, c’est aussi une opportunité pour nous tous de discuter, de nous amuser, et de nous constituer un réseau de nouveaux amis parmi les dirigeants expérimentés, car bien sûr je fais partie des jeunes dirigeants [Mme Urpilainen a 34 ans, et a accédé à la direction du Parti social-démocrate à 32 ans, NdlR]. Je trouve que M. Papandréou a réalisé un remarquable travail d’organisation pour ce symposium pour les dirigeants et je lui apporte tous mes vœux de réussite dans sa très importante et très difficile fonction de premier ministre de la Grèce actuellement. »

Transcription originale en anglais par Militants de l’Espoir à Gauche avec Ségolène Royal

 

 

Ivan Vejvoda – traduction française pour Militants de l'Espoir à Gauche avec Ségolène Royal par F.M & F.M.

« J’ai eu la chance de participer aux rencontres de Symi depuis ses tous premiers débuts, et c’est véritablement une réunion et un symposium uniques en leur genre – et beaucoup d’entre nous assistent à des dizaines de symposiums, de conférences et de séminaires au fil des années – ce qui rend les rencontres de Symi uniques réside dans le fait que ce sont des discussions très ouvertes, mais aussi centrées sur des thématiques qui sont liées à des problèmes mondiaux, locaux et régionaux. Je viens des Balkans, j’y travaille, et la Grèce est le principal pays balkanique, ainsi que le plus riche, et cette année je dirais qu’il a été particulièrement intéressant pour nous de voir comment la Grèce faisait face, non seulement à la crise économique, mais aussi aux profondes réformes structurelles qui ressemblent à ce que nous subissons dans les pays du nord des Balkans, au moment où les pays postcommunistes essaient de devenir plus démocratiques et d’ouvrir leurs économies, d’être plus transparents, de combattre la corruption et le crime organisé, et je pense que l’exemple que nous donne la Grèce de cette profonde réforme macro-économique et structurelle est très exaltant. »

Transcription originale en anglais par Militants de l’Espoir à Gauche avec Ségolène Royal 

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17 juillet 2010 6 17 /07 /juillet /2010 00:45

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Photo : Fondation Andréas G. Papandréou

Le 13ème Symposium de Symi, cette année dans l’île de Poros, s’est achevé jeudi soir vers 20h30. Cette année encore, cette rencontre internationale au plus haut niveau des forces progressistes, sous l’égide du premier ministre grec Georges Papandréou, a permis des échanges fructueux, autour du thème central de la crise grecque. Ségolène Royal a participé à plusieurs ateliers de travail et a prononcé un discours, et le seul article mis en ligne sur le site du Symposium de Symi est celui diffusé aux adhérents de Désirs d’avenir et daté du 13 juillet 2010 ; le nom de Ségolène Royal et de son association y apparaissent explicitement.

Le premier ministre grec avait notamment invité Kemal Dervis, économiste et politicien turc, et c’est un élément notable dans les relations greco-turques. Kemal Dervis est vice-président de la Brookings Institution, l’un des plus anciens think tanks américains, basé à Washington D.C., qui traite notamment des divers aspects des sciences sociales. Il intervient aussi auprès de l’Organisation Internationale du Travail (OIT, ILO en anglais) à Genève. Il a été jusqu’en 2009 responsable du Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD).

Il retrace dans cette première vidéo de Poros les principaux thèmes abordés : crise grecque, réforme du système financier et des banques, conditions d’un système fiscal équitable, priorité donnée aux plus démunis (« vulnerable »), mise au point sur la densité du travail en Allemagne d’une part et en Grèce et Turquie d’autre part, nécessité pour les habitants des pays méditerranéens de concrétiser leur lien de responsabilité à la société dans laquelle ils vivent. Il évoque aussi ce qui fait la spécificité des Symposiums de Symi.

Frédérick Moulin

-oOo-

 

 

Traduction française pour Militants de l'Espoir à Gauche avec Ségolène Royal par F.M & F.M.

 « Je m’appelle Kemal Dervis ; il y a neuf ans pendant la crise j’étais ministre de l’Economie en Turquie, puis j’ai été responsable du Programme des Nations Unies pour le Développement. Maintenant, je travaille pour quelqu’un de généreux à Istanbul et pour la Brookings Institution [l’un des plus anciens think tanks américains en sciences sociales à Washington D.C., NdlR], et aussi pour l’OIT à Genève.

C’est bon d’être de retour, pour le séminaire de Symi, cette année à Poros, en ces temps de difficulté pour la Grèce mais aussi d’opportunité. Et je pense que le volet « opportunité » est très important. Il y a neuf ans, nous avons également eu une crise vraiment terrible en Turquie. La dette atteignait presque 100% du PIB, les gens étaient démoralisés, le pessimisme et l’inquiétude régnaient, et il fallait mettre en place un programme de réformes très sévère. La seule chose importante en effet est de réaliser de profondes réformes structurelles. Quand les choses vont bien, les gens n’ont pas vraiment la volonté de mettre en place des réformes profondes. Quand les problèmes surgissent, je crois que les citoyens de chaque pays s’unissent face à l’adversité et j’espère que c’est ce que la Grèce est en train de faire pour mettre en œuvre des réformes vraiment profondes.

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Kemal Dervis, James K. Galbraith et le premier ministre grec Georges Papandréou (photo : Fondation Andréas G. Papandréou)

Bien sûr, la crise n’est pas seulement la faute de la Grèce. La gestion des affaires par le passé a malheureusement rendu la Grèce très vulnérable, mais les circonstances économiques mondiales ont aussi contribué à la crise. Mais la Grèce n’a pas d’influence sur ces dernières, malheureusement. C’est le monde qui doit lui-même se réformer, se doter de règles financières plus strictes, notamment bancaires, pour empêcher les attaques spéculatives qui ont été une des causes de la crise. Mais une autre partie du problème vient bien sûr de la structure de l’économie grecque, de sa capacité de croissance, de l’équité du système fiscal, du fait que chaque citoyen contribue équitablement au budget de la nation, tout particulièrement les citoyens les plus riches, mais aussi de sa capacité à organiser un nouveau système dans lequel les contributions au budget de la nation seront bien plus équitables, et où les pistes pour la croissance seront modernisées, dans l’économie verte, dans le secteur des services, et du tourisme, qui sera toujours une spécificité de l’économie grecque. Je crois que la période que nous traversons est très importante.

Il y a eu beaucoup de bonnes idées ; les idées sont débattues, ce n’est pas facile, la science économique n’est pas comme la science physique, ce n’est pas une science exacte, mais je crois qu’un consensus s’est dégagé pour dire que ce n’est pas tant l’austérité mais la responsabilité et la discipline qui sont importantes. La responsabilité, et la responsabilité signifie bien sûr que tous ceux qui participent à l’économie grecque doivent apporter leur contribution. Je propose aussi que le secteur bancaire fasse l’objet d’une attention particulière. Il a été touché par la crise, mais c’est un secteur bancaire globalement fort, et je pense qu’il est important de s’assurer qu’il puisse financer l’investissement. Il est également important d’en avoir une bonne appréhension, d’avoir les bonnes règles, et de faire dans ce domaine tout ce qui est nécessaire rapidement.

Je pense qu’un autre point important est de s’assurer que les plus vulnérables, ceux qui sont le plus durement touchés, les populations les plus pauvres de la société, soient pris en charge. Je crois que dans le programme global des réformes, le point le plus important, l’initiative visible de tous, est la prise en charge des plus vulnérables. Bien sûr, chacun mérite d’être aidé, pas uniquement les plus pauvres, aussi les contribuables des classes moyennes, mais l’argent manque pour atteindre ce but, c’est pourquoi le destiner prioritairement aux plus pauvres est important. Et un autre point que tant de gens soulignent est le système d’imposition, le fait que ceux qui peuvent payer, qui font des profits, qui ont de bons revenus, paient réellement leurs impôts. Personne n’aime le faire, mais cela doit être fait dans tous les pays. Et unir le pays autour d’un système fiscal qui fonctionne, où ceux qui peuvent payer payent, et bien sûr où ces paiements sont utilisés par le gouvernement pour des services tout à fait tangibles et visibles rendus aux citoyens, des infrastructures aux services sociaux, c’est très important.

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George Papaconstantinou, ministre grec des Finances, Kemal Dervis, et Joseph Stiglitz, prix Nobel d'économie 2001 

Les pays du Nord ont tendance à considérer les pays méditerranéens comme des pays où il fait bon vivre : et bien vivre est agréable ; en fait, c’est quelques fois un peu exagéré. Les chiffres de l’OCDE montrent que les Grecs et les Turcs ont un temps de travail quotidien supérieur à celui des Allemands, et il en va de même pour le nombre d’heures travaillées chaque année. Mais, vous savez, c’est quelques fois plus complexe. Les Allemands prennent plus de vacances, ils ont de nombreux jours fériés. En fait, nous devons travailler plus car nous ne sommes pas tout à fait aussi riches qu’eux.

Mais vous avez raison, quelques fois dans les pays méditerranéens, les règles ne sont pas appliquées. Nous sommes très flexibles, nous nous entraidons, mais quelques fois cette flexibilité nous amène à ne pas être responsables vis-à-vis de la société. Je pense qu’ici il y a un bon équilibre et un mauvais équilibre. Si chacun est irresponsable, alors cela devient très difficile de désigner une personne ou une famille comme responsable. Alors, c’est une sorte de bond en avant. Il faut faire ce bond en avant afin que chacun sache que cette société est une société de citoyens responsables. Si un trop grand nombre de citoyens échappent à cette responsabilité, il sera alors difficile d’attendre des autres qu’ils soient responsables. Donc il faut franchir le pas, non pas graduellement, mais d’un seul coup. Et la crise donne à la Grèce une occasion de le faire, comme dans la crise turque il y a neuf ans.

 Les discussions sont très franches et informelles, ces deux aspects étant importants, car si vous êtes trop formel, alors parfois vous risquez de ne pas être totalement honnête. Je crois qu’à la façon dont c’est organisé, les participants disent réellement ce qu’ils pensent, et le premier ministre Papandréou encourage cela. Il n’étouffe pas la discussion, il l’encourage, donc les participants peuvent avoir des points de vue divergents, et ils peuvent librement exprimer leurs divergences, ce qui est un point important. L’autre point important est la diversité ; il y a des valeurs communes mais des opinions diverses, et je pense que c’est également une bonne chose que de rassembler diverses opinions.

 Et puis il y a au cœur du groupe des gens qui se connaissent, qui ont suivi les réunions au fil des ans, qui peuvent parfois voir les erreurs de jugement que nous avons faites en nous forgeant notre propre opinion, et qui peuvent nous permettre de les corriger. La continuité du symposium est aussi un bon élément. Et bien sûr il y a aussi le fait que nous puissions amener nos familles, que l’amitié qui nous lie n’est pas seulement professionnelle, mais a des racines qui s’enfoncent plus profondément, dans nos familles, nos enfants, nos partenaires, et ça rend l’événement très spécial . »

Transcription originale en anglais par Militants de l'Espoir à Gauche avec Ségolène Royal

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