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11 août 2010 3 11 /08 /août /2010 18:44

 

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Dessin de Plantu

Deux études abondement instrumentalisées par le gouvernement laissent croire que l’action du gouvernement en matière de lutte contre la délinquance serait approuvée par les Français…

En réalité, il s’agit de l’appréciation de projets de mesures d’exception, pas de l’appréciation par les Français de la politique de sécurité ni de la délinquance percue par les Français.

Car lorsqu’on interroge les Français sur l’action du gouvernement en matière de sécurité, les jugements sont radicalement différents :

Entre Août 2007 et décembre 2009, la confiance dans l’action du gouvernement sur la sécurité est passée de 78% à 49%, soit -29 % (Baromètre IFOP/Ouest France).

En juillet dernier, à l’affirmation « Vous constatez que la délinquance a augmenté », 59% des Français répondaient positivement (France Soir/Ifop) contre seulement 43% en février 2007 soit +16 points.

Des résultats très loin de la propagande du gouvernement…

Maintenant, revenons à la réalité. 5 chiffres démontrent l’échec de la droite :

1) + 22% : c’est la hausse depuis 2002 des atteintes aux personnes. Atteintes de plus en plus violentes.

2) + 40% : c’est la hausse depuis 2004 du nombre de blessés dans les forces de l’ordre.

3) – 11 000 : c’est le nombre de suppressions de policiers et de gendarmes que nous atteindrons en 2010.

4) – 20% : c’est la baisse en moyenne du budget de fonctionnement du ministère de l’Intérieur.

5) 30 000 : c’est le nombre de peines non effectuées, notamment par manque de moyens alloués au ministère de la Justice. On préviendra la récidive en condamnant les premiers actes, mais surtout en s’assurant que les peines des primo délinquants sont bien effectuées. Il n’y a quasiment aucune récidive lorsque dès la première infraction il y a condamnation et que la peine est effectuée.

« De près, de loin », le blog personnel de Jean-Louis Bianco, 10 août 2010

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11 août 2010 3 11 /08 /août /2010 15:00

  Je suis rentrée, de nouveau parisienne, après avoir été mamie en juillet en Auvergne. Pas de télé, j’ai donc eu le temps de lire, une fois les petits-enfants endormis, tous les livres que j’avais soigneusement sélectionnés avant mon départ. Oh, surprise ! Aucun ne m’a déçue, cinq bonheurs qui m’ont accompagnée et que je vous recommande avec chaleur et sincérité, dans l’ordre de mes préférences :

 

  Ludmila Oulitskaïa : Les sujets de notre tsar - Editions Gallimard, collection du monde entier.

Trente sept nouvelles, histoires sombres ou lumineuses de destins brisés mais surtout tableau poignant de l’Histoire russe, ces pages témoignent de la tendresse de l’auteur pour le genre humain avec le talent d’une écrivaine arrivée au sommet de son art.

 

  Kazuo Ishiguro : Nocturnes, cinq nouvelles de musique au crépuscule - Editions des 2 Terres.

Je connaissais l’auteur, né à Nagasaki et arrivé en Grande Bretagne à l’âge de cinq ans, surtout pour le roman qui l’a rendu célèbre, les Vestiges du jour, et dont l’adaptation au cinéma fut, à la fin du deuxième millénaire, un véritable événement. Le temps a passé, le ton a changé et je demeure éblouie par la virtuosité de la pensée et du style d’Ishiguro. Il est vrai que la traductrice est de mes amies proches … !

Amoureux de jazz, amoureux de musique classique, amoureux de l’amour, lisez et savourez ce cycle de nouvelles sur le temps qui passe et le désenchantement.

 

 Lorrie Moore : la passerelle - Editions de l’Olivier.

J’attendais son nouveau roman, il vient de paraître après une décennie - Lorrie Moore nous livre ici une chronique de l’Amérique contemporaine, lucide, ironique : histoire d’une « country girl » du Midwest qui découvre la ville et la vie estudiantine aux Etats-Unis de nos jours. Tassie sera aussi, pour gagner sa vie, baby-sitter dans une famille totalement atypique … Dans la lignée de Alison Luries et Grace Paley … !

 

  Alexander McCall Smith : Vérité et feuilles de thé , éditions 10/18, collection Grands Détectives. 

L’auteur est anglais, né au Zimbabwe, et vit aujourd’hui à Edimbourg, où il est professeur de droit à l’Université.

Dernier en date d’une série mondialement connue, ce 10/18 inédit relate la suite des aventures du personnage, désormais illustre, la première femme détective du Botswana, Mme Précious Ramotswe très perspicace patronne de l’Agence n°1. Tableau gourmand d’une société en pleine mutation, le livre nous promène dans la campagne et la capitale du Botwana, Gaborone, où se livrent des matches de foot équivoques … Mme Ramotswe a du pain sur la planche !

 

 

  Irène Nemirovsky : Le Malentendu - Edition Denoël.

Irène Nemirovsky est née en 1903 à Kiev et mourût à Auschwitz en août 1942. Elle vécut en France jusqu’à sa déportation. Le Malentendu, paru en 1926, est sa première œuvre, avant le succès de David Golder, puis du Bal.

Etude sentimentale aux ressorts mélodramatiques, le roman mêle adroitement et avec brio très mature une analyse de la société de l’entre-deux-guerres et l’anti-conte de fées. Idéale lecture à savourer à lamer, à la montagne et/ou dans le train.

 

A bientôt

Mireille.

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10 août 2010 2 10 /08 /août /2010 20:04

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Parcs d'éoliennes offshore Horns Rev 1 et Horns Rev 2 au Danemark

Dans sa contribution à la convention du Parti socialiste sur le nouveau modèle de développement « Pour la croissance verte et la social-écologie »Ségolène Royal mettait en avant deux points :

« Les collectivités territoriales, et particulièrement les Régions et les villes, jouent un rôle majeur d’impulsion qui doit inspirer l’Etat dans les prochaines années.(…)

Des choix budgétaires doivent être faits. Ils ne sont pas faciles (…). S’ils ne sont pas faciles, ces choix sont acceptés par les citoyens dès lors qu’ils sont associés à la compréhension des enjeux et aux décisions prises. C’est le rôle de la démocratie participative. (…)

La croissance verte et la conversion écologique de l’économie ne sont pas que l’affaire des développeurs publics et privés. Pour s’ancrer durablement et de façon harmonieuse, la croissance verte doit être l’affaire de tous.

L’émergence d’un nouveau modèle de développement social-écologique doit passer par l’appropriation des enjeux et des actions à l’échelle des citoyens, avec la démocratie participative et avec le renforcement du lien social. »

Ce sont exactement les principes qui ont permis le développement vertueux de l’énergie éolienne et de la filière industrielle liée au Danemark.

Dans ce pays scandinave, 22% de l’électricité produite est d’origine éolienne, que les installations soient terrestres ou maritimes. L’histoire de ce succès est simple.

« Le mouvement pour les éoliennes est parti du terrain. Les premières petites éoliennes ont été installées par des coopératives issues de communautés ou de municipalités », explique Ann Pedersen Bouisset du ministère des affaires étrangères danois et spécialiste auprès de son gouvernement des questions d’énergie renouvelable.

En février 2008 le gouvernement et le Parlement danois ont élaboré un accord de politique énergétique définissant la stratégie du pays dans ce domaine. Cet accord permet aux habitants de participer financièrement à des projets de parcs éoliens proches de chez eux ; et un fonds aide les associations de propriétaires locaux de turbines à financer les études préliminaires de projets d’implantation. Aujourd’hui, plus de 100 000 familles danoises sont actionnaires de parcs éoliens dans ce pays de 5,5 millions d’habitants.

Cet accord a amené les Danois à se sentir directement concernés par l’éolien. Selon un récent sondage, 90% des Danois interrogés citent en priorité l’éolien pour le développement des énergies renouvelables. Les projets de parcs éoliens installés en mer n’ont pas été combattus par les pêcheurs : par la discussion, les pêcheurs ont réussi à faire déplacer le schéma d’implantation originellement prévu, et ils ont reçu 1 M€ d’indemnisation.

La simplification maximale du processus d’instruction des projets a aussi contribué au succès de l’éolien. La Danish Energy Authority a mis en place un guichet unique rassemblant les différents ministères concernés et Energinet, l’organisme qui gère le transport d’électricité. Ce guichet sélectionne les régions où seront développées les capacités de production, coordonne les études et audits environnementaux, puis procède à des appels d’offre. Energinet connecte tout projet avalisé dès qu’il est installé et paie une pénalité au cas où cela n’est pas fait quand la production d’électricité commence.

Aujourd’hui, le Danemark voit plus grand et plus structuré, et pense déjà à renouveler son parc éolien vieillissant.

L’histoire de l’éolien au Danemark est très ancienne, et toujours en constante adaptation et en constante amélioration, à l’image du danois Vestas, premier fabricant d’éoliennes au monde. Fondée en 1898, l’entreprise était alors une forge. Après avoir fabriqué bien des équipements (chambranles de fenêtres, électroménager, urnes à lait réfrigérantes, grues), Vestas commence à expérimenter en secret des systèmes éoliens en 1971. En 1979, Vestas installe sa première turbine productrice d’électricité, d’une puissance de 30 kW. En 1991, Vestas vend sa 1 000ème turbine, et en 1994, la turbine T44 atteint 600 kW. En 2003, la turbine V90 a une puissance de 3 MW.

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Le parc d'Horns Rev 1 au large du port danois d'Esbjerg

Actuellement, le plus grand champ d’éoliennes au monde se trouve au large des côtes danoises, dans le double champ Horns Rev 1 (2002) et Horns Rev 2 (2009).

Horns Rev2 se situe à 30 km de la côte ouest danoise. 91 turbines, qui tournent jour et nuit et par tous les temps, sont déployées sur 35 km2 pour 209 MW de puissance. Horns Rev 1, plus proche de la côte, compte 80 machines d’une puissance totale de 160 MW.

Le développement du réseau éolien en mer constitue le principal objectif du Danemark, qui compte par ce moyen produire 50% de l’énergie électrique consommée d’ici à 2025. Par ailleurs, selon Ann Pedersen Bouisset, il existe déjà un groupe de 10 pays qui étudie, à Bruxelles, la connexion via un réseau électrique sous-marin de toutes les éoliennes offshore de la mer du Nord, le North Sea Grid. Le but : livrer une énergie propre et peu coûteuse aux pays d’Europe du Nord.

Car au-delà de l’aspect écologique et énergétique de l’éolien danois, il existe aussi un important aspect économique et social. Au Danemark, 30 000 personnes travaillent dans la filière de l’éolien. Le Danemark est le pays du leader mondial des fabricants d’éoliennes, Vestas, et Siemens, un important acteur du secteur, fabrique également des éoliennes au Danemark. En 2010, les ventes de technologie éolienne devraient représenter 10% des exportations du pays, constituant ainsi le 3ème poste d’exportation. Au-delà des emplois directs, la filière éolienne danoise génère des milliers d’emplois indirects, de sous-traitance : transport des éoliennes, maintenance ou sécurisation des éoliennes par exemple.

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Le transport de turbines est un des métiers connexes à la filière éolienne où des milliers d'emplois sont créés

La base portuaire de Vestas et de Siemens au Danemark est Esbjerg. Ce port, ressuscité une première fois grâce à la manne pétrolière et gazière de la mer du Nord, profite désormais pleinement de son rôle de « première plate-forme logistique du pays pour les équipements offshore », souligne John Snedker, un des élus de la ville : il vit du pétrole et du gaz (9 Md€ de chiffre d’affaires, 13 000 emplois) , et de l’éolien (11,3 Md€ de chiffre d’affaires et 30 000 salariés).

Ce modèle a donné des idées au Royaume-Uni, qui pense à reconvertir son activité côtière de la mer du Nord : les gisements de pétrole s’épuise, et le pays veut soutenir l’activité de ces régions. D’importants appels d’offre ont été lancés, et l’objectif est de produire 32 000 MW dans les années à venir, la moitié de la puissance des centrales nucléaires françaises. Le projet le plus avancé est celui de London Array, à l’embouchure de la Tamise ; le parc devrait permettre au Royaume-Uni d’organiser en 2012 des jeux olympiques alimentés en électricité 100% renouvelable.

En France, la situation est nettement plus défavorable ; quelques initiatives existent néanmoins. Une association bretonne, Eoliennes en pays de Vilaine, souhaite promouvoir « l’éolien citoyen ». « L’énergie éolienne est une énergie décentralisée. Il faut permettre aux collectivités et aux riverains d’en prendre la maîtrise. En gérant des projets, les gens s’aperçoivent que produire de l’électricité coûte cher, et il est ensuite plus facile de faire passer le message sur la nécessité des économies d’énergie », explique son président Michel Leclercq.

Des études ont été menées par l’association autour de Redon (Ille-et-Vilaine) pour identifier des sites propices. Leur coût, 300 000 euros, a été partagé entre certains membres, le groupe de finance solidaire Cigales, et le Conseil général de Loire-Atlantique. Deux sites adéquats ont été identifiés et des permis de construire ont été déposés en 2008. Un site se trouve à Béganne (Mobihan), où l’autorisation d’installer 4 éoliennes de 2 MW a été obtenu en juillet 2009. L’opération de 12 M€ sera financée en grande partie par emprunt bancaire, ainsi que par le Conseil régional, la communauté de communes et la Caisse des Dépôts et Consignations. Un apport en fonds propres par appel public à l’épargne des particuliers est envisagé, mais il devra d’abord obtenir l’aval de l’Autorité des marchés financiers. Si tout va bien, en 2011 ou 2012, Béganne devrait être le premier parc éolien « citoyen » de France.

Un parcours du combattant donc pour réaliser ce projet somme toute de taille moyenne – 8 MW, très loin des 160 MW de Horns Rev 1 ou des 209 MW de Horns Rev 2. Et une procédure bien plus compliquée et démotivante qu’au Danemark. Des élus, alsaciens notamment, avaient convaincu au printemps 2010 un député UMP, Antoine Herth, de déposer un amendement à la loi Grenelle 2 pour avoir la possibilité, au niveau des collectivités territoriales, de créer des sociétés d’économie mixte qui investiraient dans des parcs éoliens.

Mais ces propositions n’ont pas été discutées. Le rapporteur du texte de loi, Serge Poignant, et le président de la commission des affaires économiques de l’Assemblée nationale, Patrick Ollier, ont estimé selon M. Herth « qu’elles impliquaient de trop lourdes obligations pour les porteurs de projet ».

Hélas, la France, pour l’éolien, n’est pas le Danemark, et Ségolène Royal préside la Région Poitou-Charentes, pas la France. Comme l’écrivait Michèle Delaunay hier sur son blog en parlant de la Sarkozye :

« Notre malheur, c'est cette pérennité à Paris d'une équipe de malheur. »

Frédérick Moulin

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10 août 2010 2 10 /08 /août /2010 16:53

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Infographie Le Monde

Alors que Désirs d’avenir a été l’objet d'attaques et d'amalgamesun bilan du mode de financement et du financement des partis politiques et des micropartis en France a été dressé par Le Monde. Les conclusions qui découlent de ce bilan sont particulièrement édifiantes : les pratiques de la gauche se distinguent nettement de celles de la droite sarkozyste au sujet de laquelle LeMonde.fr écrivait :

« Les échanges financiers que nous avons pu analyser sont révélateurs de pratiques qui, si elles restent légales, posent des problèmes éthiques. »

Pour 2008, la Commission Nationale des Comptes de Campagne et des Financements Politiques (CNCCFP) recensait, dans son rapport publié au Journal Officiel du 19 décembre 2009, 283 partis politiques (partis et « micropartis ») dont les comptes avaient été revus par des commissaires aux comptes. Il n’en existait que 23 en 1990.

Sur les 283 partis politiques revus, 215 ont « satisfait à leurs obligations légales pour l’exercice 2008 » selon la CNCCFP (76% du total), 211 sans réserve de la part des commissaires aux comptes (74,6%), et 4 avec réserves. 68 n’ont « pas satisfait à leurs obligations légales pour l’exercice 2008 »selon la CNCCFP (24% ; refus de certification des commissaires aux comptes). La CNCCFP ne donne pas les noms des partis politiques recalés…

7 (micro-)partis politiques sur 10 ne sont ni de gauche ni écologistes

Sur les 211 partis politiques dont les comptes ont été certifiés sans réserve par le commissaires aux comptes, 123 représentent l’UMP, ses alliés (Nouveau centre, Parti radical, Gauche moderne de Jean-Marie Bockel), leurs élus ou les « divers droite », soit 58,3% du total.

Ainsi, les partis qui n’appartiennent pas à la gauche ou au mouvement écologiste représentent les deux tiers des partis politiques en 2008.

35 représentent le Parti socialiste, ses alliés, leurs élus ou les « divers gauche » (16,6%). 19 représentent« l’extrême gauche » (Le Monde) ou ses élus (9%).

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Cécile Duflot (Europe Ecologie), Martine Aubry (PS) et Marie Georges Buffet (PC) (Reuters/Philippe Wojazer)

Ainsi, la mouvance du Parti socialiste et de la gauche radicale représentent un quart des partis, et la mouvance écologiste environ 5%.

En 2009, le parti ayant les recettes les plus importantes était le Parti socialiste, malgré sa défaite aux législatives de 2007 (59 166 852 €). Suivait l’UMP (52 108 172 €), et le Parti communiste français (31 559 485 €). Les autres partis avaient des recettes inférieures à 6 M€, dans l’ordre : MoDem, Les Verts, Front national, Lutte ouvrière.

Cependant, l’UMP a dû éponger en 2008 le déficit de 2007 laissé par la campagne 2007 : « 29 millions » révèle Le Monde. Ainsi, les charges de l’UMP ont diminué de 26 709 548 € entre 2007 et 2008, et la différence 2008 (recettes – charges) s’est soldée par un solde positif de 10 304 531 €. Rien de tel au Parti socialiste ou au Parti communiste, où l’année 2008 s’est soldée, respectivement, par un solde de -17 139 € et de +752 272 € : les recettes et les charges se sont à peu près équilibrées.

Par ailleurs, la structure de financement des partis est radicalement différente entre le PS et le PC d’une part, et l’UMP d’autre part.

Cotisation des adhérents et contributions des élus à gauche,

financement public et dons des personnes privées à droite

Le PS et le PC sont des structures où, au moins sur les points fondamentaux comme le financement, la solidarité adhérents-élus-parti est la plus forte, et de loin. À l’opposé se trouve le « chacun pour soi et tous pour moi » des élus et des adhérents de l’UMP. Si les élus et les adhérents de l’UMP ont plus de moyens financiers que ceux du PS et du PC, ils préfèrent les dons, gestes individuels, aux cotisations des adhérents et contributions des élus, geste collectif et solidaire, choisi par le PS et le PC.

Il est aussi possible que la différence observée soit due à la perte par l’UMP, entre 1998 et 2010, comme l’observe Dominique Reynié, dans Le Monde du 3 août 2010, de 744 cantons, 34 départements et 18 régions ; et à la perte de 53 circonscriptions aux législatives de 2007, malgré l’élection peu auparavant de Nicolas Sarkozy.

Ainsi, le total (cotisation des adhérents + contributions) des élus est égal à  43,2% au PS (20,9% + 22,3%) et 60,1% au PC (9,8% + 50,3%, importance des contributions des élus), contre seulement 13,7% à l’UMP (10,4 + 3,3%, les élus contribuent très peu). Le total des cotisations des adhérents et des contributions des élus de l’UMP sont 3 fois inférieures à celles du PS, et près de 4,5 fois inférieures à celles du PS.

Notons que la LCR, qui a peu d’élus, est financée en premier lieu par les cotisations des adhérents (34,2% des recettes), cotisations qui représentent également une ressources importante pour LO (28,6% des recettes).

L’UMP compense tout d’abord cet écart en étant le parti de France touchant le plus important financement public, calculé sur la base du nombre de voix obtenues et de candidats présentés par le parti (« première fraction ») aux législatives de 2007, et du nombre de parlementaires (« deuxième fraction »). À lui seul, l’UMP a touché en 2008 34 484 473 € de financement public, soit 48% de l’ensemble du financement public de 2008. Le PS a touché 22 702 818 € (31,6%). Ainsi, le financement public représente 66,2% des recettes de l’UMP en 2008, mais presque moitié moins pour le PS : 38,4%.

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Eric Woerth et Xavier Bertrand, mardi 6 juillet 2010 au Raincy, ancien et nouveau trésorier de l'UMP (AFP/Bertrand Langlois)

L’UMP est condamné à obtenir les suffrages des Français, mais encore plus, à avoir des élus au Parlement, faute de quoi les deux tiers de ses recettes sont menacés. En effet, la principale explication de la différence entre le financement public du PS et de l’UMP (11,8 M€) provient de la différence du nombre de députés élus en 2007, qui implique un écart de financement en la défaveur du PS de 8,9 M€. L’UMP pourrait perdre des recettes s’il ne retrouvait pas ses 151 sièges de sénateurs après les élections de 2011…

Un seul parti est encore plus dépendant : le MoDem (72,2% de ses recettes proviennent du financement public) ; lui aussi est en sursis.

Importance des dons des personnes physiques pour la droite sarkozyste

Autre différence importante entre le PS et l’UMP : l’importance des dons des personnes physiques. Les dons des personnes physiques ne représentent que 2,9% des recettes du PS, contre 14,2% pour l’UMP. De ce fait, l’UMP a reçu, en 2008, 7 409 001 € de dons de personnes physiques, contre 1 697 237 € pour le PS (4 fois moins). Mais cette pratique ne s’arrête pas à l’UMP, elle est très utilisée par les partis et micropartis de la mouvance de l’UMP.

« Il est possible, en toute légalité, à une même personne de donner une, deux, cinq ou dix fois des sommes qui reviendront au même parti. » en donnant à différents (micro-)partis, qui peuvent ensuite « contribuer » au financement d’un même parti avec ces fonds, remarque la CNCCFP. Dans les faits, les micropartis accumulent les dons avant de les remonter au parti central, l’UMP, lors des élections nationales.

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Jean-Claude Gaudin, maire de Marseille (AFP/Martin Bureau)

Ainsi, L’Union républicaine et d’actions communautaires (les micropartis des personnalités de la majorité sarkozyste sont en bleu) de Jean-Claude Gaudin a elle dégagé un « bénéfice » 2008 de 64 898 €, principalement dû à 81 000 € de dons de personnes physiques, portant les réserves du microparti à 377 59 € qui forment la plus grosse partie du total (valeurs mobilières de placement + disponibilités) de 384 230 €, égal au total du bilan.

En 2008, Nouvel Oxygène, de Laurent Wauquiez a récolté 34 235 € de dons de personnes physiques, permettant de dégager un « bénéfice » de 52 547 €, mis en réserve, et correspondant à peu de chose près au total (valeurs mobilières de placement+ disponibités) de 53 869 €, soit le total du bilan de la structure.

 

En 2006, l'Association de soutien à l'action de Nicolas Sarkozy recevait des chèques des époux Bettencourt à côté des chèques directement destinés à l'UMP...

L’Association de soutien à l’action d’Eric Woerth a enregistré 19 650 € de dons de personnes physiques, qui ont contribué à dégager un « bénéfice » 2008 de 44 126 € mis en réserve, et constituant la plus grande partie des 47 714 € de disponibilités (compte chèque, espèces) de  la formation politique.

L'UMP finance les (micro-)partis de droite, qui constituent des réserves

Une autre différence notable : un système organisé de financement des campagnes futures par des mises en réserve dans des partis alliés et des micropartis des contributions venant de l’UMP. Une enquête du journal Le Monde montre que « contrairement à l’UMP (…) la gauche ne finance pas de « micro-partis » pour ses élus ». L’association de financement politique fondée fin 2009 par Manuel Valls, À gauche, besoin d’optimisme (le microparti de gauche de Manuel Valls est en rouge), n’est pas financée par les partis de gauche. Désirs d’avenir, qui avait été en 2007, le temps de la campagne présidentielle, considérée par la CNCCFP comme une « formation politique », ne l’est plus depuis les décisions du Conseil d’Administration de Désirs d’avenir des 10 et 25 septembre 2008, qui redonne à Désirs d’avenir son statut d’association de loi 1901, comme le rapporte la CNCCFP (JO du 19 décembre 2009). Au titre de 2008, elle n’a reçu aucune contribution d’aucun parti politique.

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Principaux (micro-)partis de la droite sarkozyste ; (infographie Le Monde)

L’UMP, donc, est le plus généreux contributeur au financements de « clubs » et de petites formations politiques, dont les fameux micropartis. Malgré son déficit de 29 M€ résultant de la campagne de 2007, il a trouvé, en 2008, 2 405 147 € à donner à ces formations politiques diverses.

On note dans l’ordre : 1 000 000 € donnés au Parti radical de Jean-Louis Borloo, 200 000 € donnés au Nouveau Centre d’Hervé Morin, « grand adepte des financements complexes » comme le note à raison Le Monde, 160 000 € pour le Rassemblement pour la France et l’indépendance de l’Europe de Charles Pasqua, 150 000 € pour le Forum des républicains sociaux de Christine Boutin, 123 426 € pour la Droite libérale chrétienne de Charles Million, 100 000 € pour La Gauche Moderne de Jean-Marie Bockel, 100 000 € pour les Progressistes d’Eric Besson, 100 000 € pour Dialogue et initiative de Jean-Pierre Raffarin, 76 000 € pour L’Association pour la réforme d’Edouard Balladur, 60 000 € pour France 9 de François Fillon. Eric Woerth a touché, en 2008, 66 250 € pour L’Association de soutien à l’action d’Eric Woerth (Asaew), selon la CNCCFP. Michèle Alliot-Marie, un temps candidate à l’élection présidentielle en 2007, avait reçu cette année-là  95 000 € de l’UMP pour sa structure Le Chêne ; elle n’a rien reçu en 2008.

L’ensemble des 11 contributions énumérées ci-dessus représentent 88,8% des contributions de l’UMP à d’autres formations politiques. Les 269 471 € restants se répartissent entre de nombreuses petites structures.

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François Logerot, premier président honoraire de la Cour des comptes, invité de France Info le 20 juillet 2010

François Logerot, premier président honoraire de la Cour des comptes, explique la mécanique mise en place par l’UMP :

« Chaque année, ces partis thésaurisent de l’argent, cumulent en attendant l’échéance électorale, puis au moment venu, transfèrent les sommes vers le parti central. »

Prenons un exemple : le Parti radical de Jean-Louis Borloo. Grâce à la contribution de 1 000 000 € de l’UMP en 2008, il dégage un « bénéfice » de 424 560 €, qui vient s’ajouter aux réserves déjà existantes de 546 693 €, soit des « réserves » totales de 971 253 €. Le gros de ces sommes, soit 639 585 € est « liquide », soit sur un compte bancaire, soit investi en valeurs mobilières de placement (SICAV, …).

Autre exemple, la structure sans activité depuis 2007, n’ayant reçu aucune contribution d’un parti politique en 2008, L’Association de soutien à l’action de Nicolas Sarkozy : sur le compte de résultat, peu à dire sur 2008, sinon que des dons de 7 474 € ont été reçus de personnes physiques. Côté bilan, 197 486 € de « réserves », résultat de 2008 inclus. Et en face, 197 722 € de disponibilités (compte bancaire et argent liquide) et de valeurs mobilières de placement. Une poire pour la soif, au cas où…

Même chose pour L’Association de soutien à l’action d’Eric Woerth : 44 126 € de réserves, et en face 47 714 € de disponibilités…

Au total, de très nombreuses personnalités de la majorité présidentielle possède leur « microparti » : des ministres – François Fillon, Laurent Wauquiez, Eric Woerth, Christian Estrosi, Jean-Marie Bockel, Brice Hortefeux, Jean-louis Borloo ; des députés – Jean-François Copé, Patrick Balkany, Claude Goasguen ; d’anciens premiers ministres – Jean-Pierre Raffarin, Edouard Balladur, Alain Juppé ; et bien sûr Nicolas Sarkozy (L’Association de soutien aux actions de Nicolas Sarkozycréée dès 2001, et L’Association nationale des amis de Nicolas Sarkozy).

En conclusion, les partis de gauche se distinguent nettement par la solidarité des adhérents et des élus avec leur parti (prépondérance des cotisations des adhérents et des contributions des élus), et par l’absence de financement de « micro-partis » pour ses élus.

À l’inverse, la droite sarkozyste et l’UMP en particulier se singularisent :

-par une grande dépendance au financement public en général et au nombre de sièges de parlementaires détenus en particulier – ce qui risque de lui coûter cher en 2011 lors des sénatoriales,

-par un certain égoïsme du « chacun pour soi et tous pour moi » reflété par la faiblesse des cotisations des adhérents et des contributions des élus,

-par l’importance des dons des personnes physiques – acte individuel et ponctuel,

-par le nombre important des partis et micro-partis qui sont dans sa mouvance – 58% du total pour la seule UMP,

-et par la constitution de « pécules » dans les petites structures, notamment grâce à des contributions de l’UMP, pour pouvoir agir les échéances électorales venues.

Frédérick Moulin

Prochainement : Accords électoraux à gauche, montages et financement à l’éthique douteuse dans la droite sarkozyste

CNCCFP – Publication générale des comptes des partis et groupements politiques au titre de l’exercice 2008, Journal Officiel du 19 décembre 2009

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9 août 2010 1 09 /08 /août /2010 17:29

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"Je ne vois rien de comparable dans notre Histoire proche ou lointaine à ce qu'il se passe en ce moment. Jamais les conséquences d'une politique n'ont accablé ses auteurs dans un délai aussi court".

Le bloc-notes de Mauriac en 56. C'est Guy Mollet qui va prendre un lourd paquet dans les lignes qui suivent ces deux-là. C'est aujourd'hui à un autre qu'on pense.

Les unes après les autres, à un rythme qui s'accélère, les lois qui nous ont été imposées se dégonflent. Leurs effets attendus, ou du moins promis à grande publicité, se montrent ou néfastes ou nuls. La cathédrale de papiers de la rupture s'effondre pans après pans.

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Publicité pour la loi : colloque "Vive la loi!", image du site du Sénat, www.senat.fr

La première votée a été aussi la première à s'écrouler. Des trois volets de la loi TEPA, que reste-t-il de crédible ? Le bouclier fiscal est rapidement devenu le boulet fiscal et il est aujourd'hui le boomerang fiscal que l'affaire Woerth renvoit à la tête de ses auteurs. Remboursement de 40 millions d'euros à la plus généreuse donatrice de l'UMP et autres arrangements ne laisseront pas le gouvernement indemne. La défiscalisation des heures supplémentaires qui devaient doper l'emploi et récompenser ceux qui voulaient "travailler plus pour gagner plus" n'a produit ni relance, ni confiance et pas davantage de pouvoir d'achat. L'exonération d'impôts pour les intérêts d'emprunts pour l'achat d'un logement a si fortement alourdi la dette que le gouvernement lui-même est contraint de revoir la copie et d'accepter avec trois ans de retard ce que nous plaidions à l'Assemblée : la mise sous condition de ressources et la réservation aux seuls primo accédants à la propriété.

La loi sur la récidive, pilule particulièrement amère n'a pas davantage fait diminuer la récidive que la délinquance. Elle n'a fait qu'engorger les prisons : moins cependant qu'on pouvait le craindre, la majorité des juges se faisant une règle de ne pas l'appliquer.

La diminution de la taxe sur la restauration de 19,6 à 5,5% a fait un coûteux flop. Flop en terme de création d'emplois, de baisse des tarifs et de sauvetage des petites entreprises en difficulté. Une inconnue : son impact sur les adhésions à l'UMP, puisqu'un bon d'adhésion était joint par le Ministre à la lettre d'annonce de cette mesure qui nous a coûté la paille de 4 milliards d'euros.

Le travail du dimanche devait lui-aussi permettre aux salariés "volontaires" d'arrondir fortement leurs fins de mois puisque le salaire devait être doublé le dimanche. Il n'en a rien été : comme nous l'avions prévu, les volontaires du dimanche n'ont guère le choix et peu fréquents sont les cas où leur salaire est effectivement doublé.

Je cherche sans trouver des lois pour lesquelles nous ayons connaissance d'un bilan positif. Elles existent sans doute, ne soyons pas manichéens, mais sont à l'évidence si marginales que même la droite ne pense pas à s'en glorifier.

"Notre malheur, c'est cette pérennité à Paris d'une équipe de malheur. Le constater ce n'est pas céder à la passion politique. La chute de Monsieur Woerth ne sauvera rien puisqu'il sera remplacé par un autre lui-même".

C'est Mauriac de nouveau qui parle, à deux mots près.

Blog de Michèle Delaunay, lundi 9 août 2010

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8 août 2010 7 08 /08 /août /2010 16:41

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Un sondage Ifop pour Le Figaro sur les mesures présentées par Nicolas Sarkozy les 28 et 30 juillet derniers, publié le 5 août, montrant soit disant un « plébiscite » par les Français de droite comme de gauche des mesures annoncées, a fait couler beaucoup d’encre et a suscité de nombreuses polémiques.

Étrangement, on a beaucoup moins parlé d’un sondage CSA réalisé pour L’Humanité, publié le 6 août 2010 et donnant des résultats sensiblement différents.

Beaucoup a été dit sur le sondage de l’Ifop pour Le Figaro, qui titrait « Sécurité : les annonces de la majorité plébiscitées ». On a parlé de la méthode utilisée, des choix de l’Ifop pour la catégorie  « Ne se prononce pas » ou de la marge d’erreur inhérente aux sondages. Mais deux facteurs fondamentaux expliquent, sur le fonds, le « plébiscite » du sondage de l’Ifop : la collusion de la presse de droite, du MEDEF et de la Sarkozie d’une part, et les questions biaisées du sondage de l’Ifop d’autre part.

La méthode utilisée

Les critiques ont d’abord porté sur la méthode utilisée. L’Ifop et CSA ont utilisé des méthodes radicalement différentes, celles employées par CSA étant de loin les plus sures, même si elle ne sont pas infaillibles.

Le principe de base sous-tendant les 2 sondages est très différent. CSA interroge des « panélistes » recrutés à l’avance et donc pré-filtrés selon la méthode des quotas, par téléphone, les panélistes sont aussi choisis en fonction de leur appétence à répondre aux sondages politiques.

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 "Ecran CAWI" sur le site cawi.fr

L’Ifop achète des listings d’adresses e-mail, réalise à l’aveugle son sondage sur des milliers de personnes par internet (10 000 mails envoyés selon l’Ifop, d’après Rue89), avec le système CAWI (cf ci-dessous), puis applique la méthode des quotas : une fois un quota rempli, tant pis pour les opinions des sondés surnuméraires, elles sont ignorées. L’Ifop communique le nombre de personnes retenues pour le sondage satisfaisant à la méthode des quotas (ici 1 003), pas le nombre de personnes réellement sondées, bien supérieur. La méthode des quotas n’est pas infaillible : par exemple, elle reprend pour la décomposition entre partis et entre droite et gauche le résultat du scrutin présidentiel de 2007…

L’Ifop a utilisé la méthode du « questionnaire auto-administré en ligne (CAWI – Computer Assisted Web Interviewing) », précise cet institut. Ce qui exclut donc, rappelle Intox 2007, les personnes n’ayant pas d’ordinateur ou de connexion internet, soit 25% des Français selon l’Ifop (31% selon l’ITU). Qu’à cela ne tienne, l’institut « redressera » ce biais en supposant que ces Français se comportent comme ceux qui ont répondu au sondage.

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 Exemple "d'élément multimédia" d'un questionnaire CAWI

Autre « petite subtilité » du CAWI :

« Comme n’importe quel autre site web, le questionnaire peut contenir des éléments multimédias : images, clips-vidéos, extraits sonores, … », indique l’éditeur.

Intox 2007 développe ce point : « On peut donc mettre une vidéo d’actualité pour expliquer au sondé le contexte de la question. Il suffit de bien choisir la vidéo et hop Sarkozy semble plus sympathique au sondé et l’action du gouvernement plus efficace. ».

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 Qu'est-ce qu'un geek? Indice n°1

Par ailleurs, le CAWI favorise le geek ou l’internaute hyperactif et intéressé/motivé par le sondage : les blogueurs UMP par exemple. En revanche, deux catégories sont notoirement mal représentées, comme le note Jean-Daniel Lévy, dirigeant de CSA : « les personnes âgées et les catégories populaires de la population. ».

Enfin, le questionnaire étant administré en ligne, personne ne vérifie que c’est le détenteur de l’adresse mail qui répond. Personne ne vérifie non plus que la réponse est sérieuse : les réponses au hasard, les réponses bâclées par lassitude, les réponses représentant l’opinion du copain à côté à ce moment-là sont enregistrées. Ce qui serait beaucoup plus difficile par téléphone ou en face-à-face.

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 Qu'est-ce qu'un geek? Indice n°2

 D’autre part, l’Ifop a enfreint un « commandement traditionnel » du parfait petit sondeur : « Tu ne sonderas pas du 14 juillet au 15 août ». Là encore, l’Ifop a ses propres statistiques : selon l’institut, 60% des Français ne partent pas en vacances (30% selon le Credoc). Frédéric Micheau, directeur adjoint du département opinion de l’Ifop précise, selon Rue89 « La société a évolué, et il est aujourd’hui moins difficile de toucher les gens, notamment grâce à l’Internet mobile. »Il faudrait que M. Micheau se frotte un peu plus à la vraie vie, tout le monde n’est pas un vrai geek ! Par ailleurs, dans la torpeur de l’été, même les geeks peuvent avoir la tête (un peu) ailleurs, ne pas répondre, ou répondre au hasard, vite fait mal fait.

Les choix du sondeur pour les « Ne se prononcent pas »

Un choix de l’Ifop a fait couler beaucoup d’encre : l’institut a choisi de ne pas créer de rubrique« Ne se prononce pas » (« nspp »), contrairement à CSA dans son sondage pour L’Humanité. L’Ifop explique, selon Owni.fr, que si un sondage « face-à-face » – rencontre physique ou sondage par téléphone – obtient sur ce type de sondage des taux réduits de « nspp » (3 à 8 % selon l’Ifop), le taux passe à 10, 15 ou 20% pour les sondages réalisés par internet : le sondé se sent bien moins stupide de ne pas se prononcer sur des questions importantes derrière un ordinateur que devant un sondeur…

Les personnes qui auraient répondu « nspp » se réfugient donc, parfois au hasard, dans les deux catégories de « centre mou » : « plutôt favorable » et « plutôt opposé », biaisant d’autant le sondageOn-nous-prend-pour-des-cons.fr propose d’ailleurs de réécrire le sondage en recréant une catégorie« nspp » à partir des deux catégories « plutôt … » : on obtiendrait alors un sondage Ifop avec une majorité de « nspp » pour 4 questions sur 7.

La marge d’erreur inhérente aux sondages

La marge d’erreur inhérente aux sondages, en dehors de toute autre considération, est des plus ou moins 3,5 à 4,5 points, soit une fourchette de 7 à 9 points, selon On-nous-prend-pour-des-cons.fr 

Premier facteur fondamental : la collusion de la presse de droite,

 de l'Ifop de Laurence Parisot et de la Sarkozie

Le mélange des genres est saisissant dans le cas du sondage de l’Ifop commandé par Le FigaroLe Figaro est une filiale de la Socpresse, dont le président est l’industriel et sénateur UMP de l’Essonne, Serge DassaultLe Monde du 12 décembre 2004 transcrivait les paroles de M. Dassault : « Les « journaux doivent diffuser des idées saines. (…) Les idées de gauche ne sont pas des idées saines. Nous sommes en train de crever à cause des idées de gauche qui continuent.».

Parallèlement, l’Ifop a pour vice-présidente Laurence Parisot, présidente du MEDEFCanal Plus explique comment les amis de Nicolas Sarkozy, Laurence Parisot de l’Ifop et les personnalités de la Sarkozie qui commandent les sondages peuvent s’entendre pour biaiser les questions du sondage afin d’atteindre le résultat voulu par la Sarkozie, et de permettre au journal Le Figaro de titrer :« Sécurité : les annonces de la majorité plébiscitées ».

 


 

Deuxième facteur fondamental : les questions biaisées du sondage de l’Ifop

 

Le biais introduit par le sondage de l’IFOP saute aux yeux. Les questions comportent toutes (sauf une, cf. ci-dessous) des termes agressifs, du registre sécuritaire, qui créent un climat anxiogène : souvent la réponse est dans la question !

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Par exemple, à la question 4 « [Etes-vous] très favorable, plutôt favorable, plutôt opposé ou très opposé [au] démantèlement des camps illégaux de Roms ? »est-il possible de répondre autre chose que « très favorable » ou « favorable », puisqu’il s’agit de savoir si on est pour que la loi soit appliquée ou non, quelle que soit la question (« illégaux ») ?

Il en va de même pour la question 1 (« délinquants multirécidivistes »« leurs peines [de prison, NdlR] »), 2 (« coupables de polygamie »« incitation à l’excision »), 3 (« les assassins »), 4 (cf. ci-dessus), 5 (« délinquants d’origine étrangère »« atteinte à la vie ») et 7 (« mineurs délinquants »,« injonctions de la justice »« interdiction »« condamnation »).

La question 6 ne contient pas de terme « agressif » et sécuritaire, mais on est déjà à la fin du questionnaire : le sondé est déjà bien imprégné des valeurs sécuritaires et anxiogènes véhiculées par le reste du sondage.

En fait, dans le sondage Ifop, c’est la gravité des problèmes qui est plébiscitée, pas la pertinence des solutions proposées par Nicolas Sarkozy.

À l’inverse, les questions du sondage CSA sont bien plus neutres, plus factuelles, et ne sont que 2 au lieu de 7 :

« Le ministre de l’Intérieur, Brice Hortefeux, a annoncé la semaine dernière plusieurs mesures concernant les gens du voyage et les Roms, parmi lesquelles le démantèlement rapide de 300 campements illégaux et des reconduites à la frontière quasi-immédiates pour les Roms qui auraient commis des atteintes à l’ordre public ou des fraudes. Estimez-vous que ces mesures sont tout à fait, plutôt, plutôt pas ou pas du tout… ? »

« Nicolas Sarkozy a annoncé la semaine dernière vouloir retirer la nationalité française à toute personne d'origine étrangère qui aurait volontairement porté atteinte à la vie d'un policier, d'un gendarme, ou de toute autre personne dépositaire de l'autorité publique. Estimez-vous que cette mesure est tout à fait, plutôt, plutôt pas ou pas du tout… ? »

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Et les différences apparaissent clairement entre les deux sondages sur les 2 questions communes, le sondage CSA montrant un clivage bien plus grand entre la droite et la gauche, et un taux global d’adhésion bien moindre, même s’il reste majoritaire.

Sur la question concernant l'atteinte à la vie de représentants de l'ordre par des personnes d'origine étrangère, Ifop/Le Figaro atteint 70% d'opinions « favorables » au retrait de la nationalité de ces dernières, et 50% chez les sympathisants de gauche. Pour CSA/L'Humanité57% de l'ensemble des Français estiment que c'est « nécessaire », et 37% des « sympathisants de gauche ».

Sur la question concernant le démantèlement des camps « illégaux » de Roms, 79% des Français y sont « favorables » pour Ifop/Le Figaro, et 60% à gauche. Pour CSA/L'Humanité62% des Français jugent cette mesure « nécessaire », et 45% des « sympathisants de gauche ».

Par ailleurs, se pose la question de savoir pourquoi d’autres questions n’ont pas été poséesRue 89suggère de demander « si les gens sont favorables au respect de la loi qui oblige certaines communes à aménager des terrains d’accueil pour les Roms ». L’Ifop répond :

« C’est vrai, on aurait pu la poser. Mais on est obligé de faire des choix, et tous les choix sont mutilants [sic]. »

La République des Pyrénées propose :

« Dans le domaine de la sécurité, le bilan de la droite au pouvoir vous paraît-il positif ? »

Et d’ajouter : « La réponse aurait sans doute assombri le ciel du Cap Nègre. »

C’est tout ce que nous pouvons espérer aussi : que le président Sarkozy se montre un peu moins en train de faire du jogging au Cap Nègre, qu’il pleuve, et que Nicolas Sarkozy apporte enfin de vraies réponses aux vrais problèmes des Français. De tous les Français. Mais ce vœu pieu a aussi peu de chance de se réaliser que le ciel du Cap Nègre a de chance de rester durablement sombre en ce mois d’août.

Frédérick Moulin

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8 août 2010 7 08 /08 /août /2010 16:25

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Un premier "camp rom illégal" a été évacué vendredi matin à Saint-Etienne (AFP/Jean-Philippe Ksiazek)

Suite à l’annonce par Brice Hortefeux, le 28 juillet 2010, du démantèlement de 200 campements illégaux de Roms dans les 3 mois, le premier campement illégal de Roms, sur un terrain municipal de Saint-Etienne (Loire), a été évacué vendredi 6 août au matin. Une centaine de Roms originaires de Roumanie, pays membre de l’Union Européenne, y vivaient.

Selon Marie-Pierre Manevy de l’association Réseau Solidarité Roms« il faut à chaque fois que le propriétaire du terrain fasse la demande [de l’expulsion], puis c’est le préfet qui prend la décision. Ce terrain-là appartient à la municipalité (…) des demandes similaires ont été faites pour l’occupation d’anciens logements d’instituteurs et d’une maison de retraite. ».

Le maire de Saint-Etienne est Maurice Vincent (Parti socialiste). Ironie du sort, le terrain, placé entre le cimetière et la SPA (!), avait été proposé par la mairie deux ans auparavant à l’association Réseau Solidarité Roms, qui l’avait refusée en raison des conditions sanitaires. Cependant, en mai 2010, suite à l’expulsion de deux squats de la ville, des Roms sont allés s’y installer. La mairie a alors fait mettre deux points d’eau, des WC chimiques et un container poubelle, mais les conditions de vie y étaient plus que précaires : habitations de fortune et tentes.

« Sur ce terrain, il y avait énormément d’enfants qui étaient scolarisés et vivaient dans une situation lamentable », selon un membre de Réseau Solidarité Roms, ce que les photos prises lors de l’évacuation attestent.

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Le camp de Roms roumains évacué le 6 août 2010 hébergeait de nombreux enfants scolarisés (AFP/Jean-Philippe Ksiazek)

Le plan de développement des aires d’accueil des populations nomades ne concernent pas les Roms : ils ne sont pas nomades, n’ont pas de caravane en état rouler et encore moins de véhicule.

Les Roms sont donc dans l’impasse. Car contrairement à ce que voudrait nous faire croire Nicolas Sarkozy, les démantèlements de campements « illégaux » occupés par des Roms ne résolvent rien : elles ne font que déplacer le problème un peu plus loin. Avant le campement expulsé, les Roms occupaient deux squats de la ville. Avant encore, ils dormaient au bord d’un étang, après avoir été expulsés d’une maison de retraite. Aujourd’hui ils occupent la place de l’hôtel de ville. Réseau Solidarité Roms espère que la mairie prêtera un gymnase inoccupé, le temps des vacances scolaires.

L’expulsion n’a pas permis aux Roms d’emporter le matériel, laissé au camp : l’association souhaite obtenir une benne pour récupérer ce matériel. La municipalité ne répond pas aux appels lancés.

Tziganes

"Les Bijoux de la Castafiore", Hergé, éditions Casterman, 1963 : les conditions de vie des "tziganes"...

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... sont semblables à celles des Roms en 2010, 47 ans plus tard : campement Rom à Lyon le 30 juillet 2010 (AFP/Jeff Pachoud)

Il faut rappeler deux éléments. Le premier, c’est le droit pour les ressortissants de l’Union Européenne à la libre circulation sur le territoire de l’Union.

Ce droit est absolu pour les séjours de moins de 3 mois, la seule condition, la détention d’une pièce d’identité, n’étant pas un obstacle puisque « l'État membre d'accueil fournit à la personne concernée tous les moyens raisonnables afin d'obtenir ou de se faire parvenir les documents requis » (site de l’Union Européenne, europa.eu).

Pour les séjours de plus de trois mois, le ressortissant doit par exemple « exercer une activité économique en qualité de travailleur salarié ou non salarié » ou bien « disposer de ressources suffisantes et d'une assurance maladie (…) les États membres ne pourront pas fixer le montant des ressources qu'ils considèrent comme suffisantes, mais ils doivent tenir compte de la situation personnelle de la personne concernée »Le cas par cas est donc de rigueur, et il est bien difficile pour un Etat membre n’ayant jamais eu affaire à un ressortissant de l’Union Européenne (arrestation, …) de vérifier si la personne est présente depuis moins de trois mois ou non.

Ce matinLeMonde.fr titrait de façon pertinente : La situation des Roms à Saint-Etienne n'est « pas réglée ». Sur la centaine d'occupants du campement démantelé, une bonne quarantaine est dorénavant libre. Une quarantaine a reçu un avis d'obligation de quitter le territoire français (OQTF) et 18 ont « demandé » à bénéficier d'une aide au retour (le Conseil de l'Europe a plusieurs fois noté que ces « demandes » étaient faites sous la pression des forces de l'ordre) ; mais les OQTF n'ont pas été accompagnées de mesures de reconduite à la frontière, et les Roms roumains étant des ressortissants de l'Union Européenne, ils ont le droit, dès demain, de revenir à Saint-Etienne s'ils le souhaitent.

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"Au lendemain de leur expulsion, une trentaine de Roms s'apprêtaient samedi soir à dormir place de l'Hôtel de ville à Saint-Etienne. Une centaine d'autres auraient trouvé une place dans d'autres squats." (LeMonde.fr)

Hier matin, les Roms expulsés s'étaient regroupés place de l'hôtel de ville ; puis ils ont voulu occuper une clinique désaffectée, et un terrain de sport non loin de leur campement démantelé : la préfecture est intervenue pour les déloger sans décision de justice car l'occupation était effective depuis moins de 48 heures. Hier soir, une trentaine est revenue dormir place de l'hôtel de villeles autres ayant « disparu dans la nature », allant « un peu plus profond dans les rues ou dans les autres squats qui subsistent », écrit LeMonde.fr.

Cependant, Nicolas Sarkozy pourrait avoir trouvé la parade en rendant les conditions de vie des Roms si précaires qu’il leur devienne impossible de survivre sans commettre de délit, car ils sont ostracisés dans leur droit au logement, leur droit au travail, leur droit à l’éducation et leur droit à la santé.

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Deuxième élément, ces évacuations de Roms et la discrimination dont ils sont victimes en France ont déjà été sanctionnées par le Comité des Ministres du Conseil de l’Europe dans sa résolution adoptée en date du 30 juin 2010 :

« [Le Comité des Ministres] rappelle également que « les Etats parties doivent s’assurer que les procédures d’expulsion soient d’une part justifiées, d’autre part exécutées dans des conditionsrespectant la dignité des personnes concernées, enfin assorties de solutions de relogement ». La loi doit également préciser les modalités de procéder à l’expulsion indiquant par ailleurs les moments dans lesquels elles ne peuvent pas avoir lieu (nuit ou hiver), définir des voies de recours juridiques, offrir une assistance juridique à ceux qui en ont besoin pour demander réparation en justice, et assurer une indemnisation en cas d’expulsion illégale ».

Le Commissaire aux droits de l’homme du Conseil de l’Europe a constaté dans son mémorandum que la question des expulsions est particulièrement problématique et plonge les familles dans un climat de crainte. « Ces expulsions sont souvent caractérisées par le recours à des méthodes brutales, au gaz lacrymogène et à la destruction de biens personnels ». À la suite de certaines expulsions, la Commission nationale de déontologie et de sécurité (CNDS) a conclu à des actes de violences injustifiés et disproportionnés. ».

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La Commission Européenne est mise sous pression par certains pays membres sur la question des Roms, comme la France ou l’Italie ; elle a néanmoins rappelé les directives en vigueur, « très claires »selon elle. « À savoir que tout citoyen européen a le droit de circuler ou de séjourner dans un Etat membre à condition de disposer de ressources suffisantes et de ne pas menacer la sécurité publique. Ensuite chaque cas doit être examiné individuellement par les Etats et il ne peut, en tout cas, y avoir d’expulsions en raison de l’appartenance à un groupe déterminé, a souligné un porte-parole », rapporte Le  Monde daté du 3 août 2010. Quant à la question de savoir si la mendicité à laquelle se livrent les Roms constitue une menace pour la sécurité publique, la Commission Européenne botte en touche : « C’est aux Etats d’apprécier ».

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Viviane Reding, Commissaire européenne chargée de la justice et des droits fondamentaux des citoyens

Le son de cloche est « légèrement » dissonant chez le porte-parole de la Commissaire chargée de la justice et des droits fondamentaux des citoyens, Matthew Newman, qui s’exprimait le 29 juillet 2010 : « L’expulsion d’un citoyen européen au sein d’un pays membre doit se faire après examen, par les autorités du pays, de la réalité des crimes commis par la personne, et des conditions de son intégration dans le pays où elle sera expulsée ».

Le 30 juillet, une vingtaine d’associations a envoyé une lettre au secrétaire d’Etat français aux affaires européennes, Pierre Lellouche, l’invitant – non sans humour (noir) – à visiter les communautés roms de Roumanie pour y voir les conditions « dignes du Moyen Âge » dans lesquelles vit cette minorité.« Nous espérons que vous aurez ainsi une image plus claire des conditions réelles de vie des Roms et comprendrez leur besoin de mobilité à travers l’Europe », écrivent les associations. De fait, la Commissaire chargée de la justice et des droits fondamentaux des citoyens, Viviane Reding, avait déclaré en avril, avant un sommet européen sur les Roms : « Il est inacceptable que cette minorité ethnique subisse des discriminations. ».

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Birgitta Ohlsson, ministre suédoise des affaires européennes

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Nyamko Sabuni, ministre suédoise de l'Intégration et de l'Egalité des genres, également responsable de la Démocratie, de la Jeunesse, des Grandes villes et de la Consommation

La Suède, de son côté, demande à la Commission européenne un « plan d’action contraignant » pour résoudre la « situation alarmante » des Roms en Europe. La ministre des affaires européennes suédoise, Birgitta Ohlsson, et sa collègue chargée de l’intégration, Nyamko Sabuni, demandent à Viviane Reding, d’agir « immédiatement » ; à défaut la Suède entend saisir le conseil des ministres européen.

Nicolas Sarkozy, en décidant de procéder au démantèlement de 200 campements roms dans les trois mois, n’apporte aucune solution au problème des camps roms roumains ou bulgares illégaux, qu’il ne fait que déplacer. À moins que, cyniquement, Nicolas Sarkozy ne cherche à pousser les Roms à commettre des délits pour pouvoir les expulser plus facilement ? Leur situation avant tout démantèlement systématique des camps est déjà tellement précaire !

Ce faisant, Nicolas Sarkozy bafoue un peu plus une résolution du Conseil de l’Europe, sème la discorde avec son ami Silvio Berlusconi au sein de l’Union Européenne, et risque de voir la Suède l’épingler en Conseil des ministre européen après qu’une sanction ait déjà été adoptée contre la France sarkozyste par le Comité des Ministres du Conseil de l’Europe en juin 2010.

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En bref, Nicolas Sarkozy, en plus de stigmatiser la population rom déjà discriminée et d’être inefficace dans la résolution des problèmes qui lui sont posés, salit et abîme l’image que la France a d’elle-même, et qu’elle donne au monde entier, jusqu’aux Etats-Unis et au très prestigieux New York Times (Xénophobie : expulser les non-français, édition du 5 juillet 2010).

Frédérick Moulin

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7 août 2010 6 07 /08 /août /2010 16:45

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Une fois de plus, la filière lait s’embrase et les producteurs de lait, étranglés, crient leur ras-le-bolUn accord avait été signé le 3 juin 2009 entre les industriels du secteur et la FNPL, branche laitière de la Fédération Nationale des Syndicats d’Exploitants Agricoles (FNSEA,  majoritaire dans le secteur laitier), elle-même proche des Jeunes Agriculteurs (JA). Elle a joué jusqu’à il y a peu son rôle de partenaire de l’accord, se désolidarisant de la « grève du lait » de septembre 2009, qui s’est soldée par des épandages spectaculaires, et qui avait été menée par l’Association des Producteurs de lait indépendant (APLI).

12.10.09 APLI basse Normandie

"Grève du lait" : rassemblement en Basse-Normandie, octobre 2010 : "Le lait, la vie, EMB/APLI, le lait équitable"

L’APLI, créée en décembre 2008, revendique 12 000 producteurs de laits représentant 20% de la production française.

L'ultimatum du 12 août 2010 lancé par les syndicats majoritaires

Le 4 août 2010 cependant, la FNSEA, la FNPL et les JA ont lancé un ultimatum aux industriels, suite à l’échec de la réunion de juin 2010 des partenaires de l’accord du 3 juin 2009, censée fixer les prix du lait pour le 3ème trimestre 2010. Les industriels ont jusqu’au 12 août pour revenir à la table des négociations.

Pourtant, cette fois, la situation est bien différente de celle connue jusqu’au début de l’année 2010. La conjoncture n’a plus rien à voir avec la crise de 2009, où la demande était en chute libre, et où le prix du lait vendu par le producteur était descendu « jusqu’à moins de 200 € les 1 000 litres » : selon l’INSEE, le prix du lait dans le commerce a augmenté de 3% sur un mois et de 12,4% sur un an.

De ce fait, les syndicats majoritaires de la profession demandent une revalorisation à 341 € les 1 000 litres, comme prévu par l’accord du 3 juin 2009, selon les propos rapportés par La Voix du Nord. Lactalis ne propose jusqu’à présent que 313,68 €.

Les agriculteurs estiment par ailleurs que leur équilibre financier s’établirait à environ 340 € les 1 000 litres de lait. Un agriculteur de Sempy, Pas-de-Calais, estime qu’il a perdu en 2009 60 € par tonne de lait sur sa production de 300 000 litres (300 tonnes), soit au total 18 000 € en moins.

Mais selon les agriculteurs cités par LaNouvelleRepublique.fr, même la remontée du prix au 3ème trimestre au point d’équilibre, à 340 € les 1 000 litres, ne permettra pas d’équilibrer les comptes pour l’année 2010 : on devrait arriver à atteindre 300 € seulement, continuant à creuser les pertes, l’endettement des agriculteurs et entraînant de nouvelles disparitions d’exploitations laitières.

Un avenir sombre pour les producteurs de laits de la FNSEA, de la FNPL et des JA

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Les producteurs de lait réclament une augmentation des prix à 341 € la tonne (AFP/Mychèle Daniau)

De fait, l’avenir est sombre pour les agriculteurs de la FNSEA, de la FNPL et des JA. Selon François Purseigle, sociologue, l’action est menée pour le moment par les seuls syndicats majoritaires, soucieux de « ne pas laisser de marge à l’APLI », et qui passent, pour ce faire, d’un statut de partenaire de l’accord du 3 juin 2009 à un statut de syndicat revendicatif. Elle est limitée : mur de briques de lait dans les préfectures et sous-préfectures du Nord-Pas-de-Calais (Arras, Boulogne-sur-Mer, Montreuil-sur-Mer), information des clients des grandes surfaces et dialogue avec les directions de ces magasins, apposition d’autocollants sur les produits faits à partir de lait « non équitable ». Les trois principaux producteurs de produits laitiers, crémiers, et fromagers, BelLactalis et Bongrain, sont visés. Mais aucune action précise n’est encore prévue par la FNSEA, la FNPL, et les JA en cas d’échec de l’ultimatum du 12 août.

Parallèlement, les industriels campent sur leurs positions, arguant de la non-compétitivité des prix du lait français, notamment en comparaison de leurs équivalents allemands :

« La question est de savoir combien de temps on va continuer à surpayer le lait, notamment par rapport à l’Allemagne », souligne le porte-parole de Lactalis, Luc Morelon, qui estime la différence à« 40 euros par tonne ».

Ce à quoi les agriculteurs rétorquent que la situation outre-Rhin n’est pas comparable. Dans Le Bien Public, le responsable de la FRSEA Bretagne, Pascal Clément, explique ainsi que les producteurs laitiers allemands « bénéficient d’un accompagnement de leur gouvernement au travers de régimes fiscaux et sociaux privilégiés », ce qui n’est pas le cas en France.

D’autre part, selon plusieurs responsables syndicaux de Bretagne et des pays de la Loire, « concernant les règles de paiement de la qualité, les exigences sont supérieures en France », les produits français sont « mieux valorisés, avec des fromages à pâte molle, l’emmenthal, les yaourts fermentés, … », ce qui jette une pierre dans le camps des 3 grands industriels, Lactalis (Président, Bridel, la Laitière),Bongrain (Le Vieux Pané, Fol Epi, Elle et Vire, Cœur de lion) et Bel (Leerdammer, Babybel, La Vache qui rit). Selon ces responsables syndicaux, cette valorisation des produits français « est supérieure de 8% à celle de l’Allemagne ».

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Bruno Le Maire, ministre de l'Agriculture

Bruno Le Maire, ministre de l’Agriculture, est intervenu le 4 août sur RTL pour apporter son soutien aux agriculteurs : « Les prix remontent, je souhaite que les producteurs soient correctement rémunérés. Ils ne le sont pas aujourd’hui. ». Son entourage annonce un plan de développement de la filière laitière pour la rentrée, et la Commission européenne doit rendre public un paquet législatif à l’automne avec des mesures spécifiques au secteur du lait.

Reste qu’en période de disette budgétaire et en absence de volonté politique, M. Le Maire devrait se cantonner à des déclarations d’intentions, où à un saupoudrage d’aides, là où une refonte de l’organisation du secteur est nécessaire ; et que la Commission européenne, de tendance libérale, et ne traitant le secteur laitier que comme la partie d’un tout, ne va pas plus faire avancer la nécessaire réorganisation du secteur. Et que d’ici là, le problème du 3ème trimestre 2010 sera enterré, et qu’un certain nombre d’exploitations aura disparu.

La Région Poitou-Charentes et Henri Emmanuelli contre-attaquent

Henri Emmanuelli, député du Parti socialiste et président du Conseil général des Landes, a « déploré »le 5 août l’échec des négociations entre les producteurs de lait et les industriels, et jugé « pas acceptable » que le ministre de l’Agriculture « se contente de souhaiter l’aboutissement des discussions », selon Sud Ouest.

La Région Poitou-Charentes, présidée par Ségolène Royal, a été plus critique, selon LaNouvelleRépublique.fr du 6 août :

« En Poitou-Charentes, la cogestion entre le gouvernement, la FNSEA et le président de l’association centrale des laiteries, Jean-Pierre Raffarin, est à l’origine de la disparition de plus de la moitié des producteurs en 15 ans.

Les éleveurs laitiers et leurs familles subissent depuis près de deux ans les conséquences de cette crise et paient l’incapacité du gouvernement à apporter des solutions concrètes, notamment un prix rémunérateur pour les producteurs. »

La région ajoute que la disparition des petits producteurs « s’est faite au détriment de la qualité des produits, de leur lien au terroir et à l’identité laitière régionale ».

La filière "Lait équitable Poitou-Charentes"

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La Région Poitou-Charentes, sous l’impulsion de sa présidente, Ségolène Royal, a annoncé après les élections régionales de 2010 la création d’une filière « Lait équitable Poitou-Charentes », avec pour objectif de garantir « un revenu décent pour tous les acteurs de la filière, notamment pour les producteurs », d’assurer « le maintien du potentiel de production agricole et industriel régional ainsi qu’une alimentation saine, accessible au plus grand nombre ». L’organisation de la filière s’appuie sur :

-« la création d’un office régional du lait »,

-« la création de coopératives laitières », « dans la démarche « lait équitable Poitou-Charentes » assurant une juste rémunération des producteurs ainsi que la production d’un lait de très bonne qualité »,

-« le développement d’une filière « lait équitable » nationale »,

-« la maîtrise de la production laitière » (maintien de « quotas laitiers »),

-« la régionalisation des aides du premier pilier de la PAC, comme l’ont fait de nombreux pays européens » : ce dernier point est une revendication récurrente de Ségolène Royal, qui estime à juste titre que les aides européennes doivent être administrées au plus près des besoins, c’est-à-dire au niveau des régions, et non du pouvoir central parisien, comme c’est le cas en France, ce qui entraîne une gestion inadaptée de ces aides.

L'APLI construit une "filière lait équitable nationale", souhaitée par Ségolène Royal

Dans cette lutte pour la création « d’une filière « lait équitable » nationale », seul l’Association des Producteurs de Lait Indépendants, l’APLI, a répondu présente. De même que seule la Région Poitou-charentes a décidé d’appuyer le développement d’une telle filière par l‘APLI. L’APLI revendique 12 000 producteurs de lait et représente 20% de la production française. Elle fait parti du European Milk Board (EMB), qui souhaite  le développement du lait équitable au niveau européen. L’EMB a des membres dans 14 pays européens (Union Européenne, Croatie et Suisse) et représente environ 100 000 producteurs de lait.

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Pascal Massol, président de l'APLI

L’APLI et son président Pascal Massol ont accordé un entretien à LaNouvelleRepublique.fr. M. Massol établit y des constats sur la situation actuelle et explique les objectifs de l’APLI : 

« Dans toutes les régions au sud de la Loire, le lait pourrait être consommé sur place. Or aujourd’hui, le lait fait en moyenne 8 000 kilomètres pour arriver au consommateur. (…)

Aujourd’hui nous sommes insuffisamment payés et le consommateur paye un produit trop cher. Nous voulons démontrer, par notre action, qu’on peut nous payer le lait 400 € la tonne alors qu’il n’est qu’à 310 actuellement. La crise dure depuis un an et demi et il y a 1 000 fermes laitières qui ferment chaque mois en France.

Si l’on prend du recul, il faut montrer qu’on est capable de faire preuve d’entraide et d’organisation pour discuter d’égal à égal avec les industriels. Sinon le rapport de force qui est toujours en notre défaveur ne nous permet pas d’avancer. »

Avec un prix du lait de 400 € la tonne (les 1 000 litres), les exploitations laitières pourraient enfin faire plus qu’équilibrer leurs comptes, touchant une juste rémunération de leur travail après des années très difficiles et dans un contexte d’augmentation des coûts. Ce n’est pas impossible : le litre de lait est vendu un peu moins d’1 € le litre dans le commerce, le prix payé au producteur serait de 40 centimes, laissant aux intermédiaires 60 centimes pour couvrir leurs coûts et faire des bénéfices.

Et M. Massol d’ajouter à l’attention des syndicats majoritaires (FNPL, FNSEA, JA) :

« Ce n’est pas cette mascarade sans nom, d’aller dans les supermarchés coller des étiquettes sur des produits d’industriels qui changera les choses. La filière laitière est riche, ce sont les producteurs qui sont pauvres, mais c’est uniquement parce qu’elle s’est mal défendue. C’est tout. »

Lait

La campagne d'étiquetage en cours dans les grandes surfaces (FNSEA/JA/FNPL) : "une mascarade sans nom" déplore M. Massol

En mai dernier, l’APLI a déposé les statuts d’un Office du lait national allant dans le sens de l’organisation de la filière « lait équitable » souhaité par la Région Poitou-Charentes. Le lait équitable devrait être commercialisé à partir de la fin de l’année, en Poitou-Charentes, seule région à avoir signé un partenariat avec l’APLI. M. Massol espère ensuite pouvoir distribuer son lait équitable « un peu partout en France à travers notamment la grande distribution ». Parmi ses autres projets, un partenariat avec Pierre Priollet, qui a lancé une confédération pour créer des épiceries de proximité en ville afin de vendre du lait, et des fruits et des légumes « équitables ». « Des sortes d’Amap mais en plus dynamiques et plus puissantes », conclut M. Massol.

L'European Milk Board (EMB), dont est membre l'APLI, agit au niveau européen

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Réunion de l'EMB à Bruxelles en février 2008

L’EMB, dont l’APLI est membre, poursuit les mêmes buts au niveau européen. Son siège est à Hamm, en Westphalie (Allemagne). La base de sa stratégie est  le « regroupement des producteurs laitiers sous une enseigne pour affronter le secteur des laiteries et les commerces alimentaire de détail en position de force ». Comme Ségolène Royal, l’EMB prône la maîtrise de la production laitière : « mise en place d’une régulation souple des volumes afin d’adapter les volumes de ait à la demande du marché ».

Ainsi, les opérations symboliques des syndicats majoritaires des producteurs de lait en France – FNPL, FNSEA, JA – et le discours du ministre de l’agriculture ne doivent pas faire illusion : la sortie de crise, qui passe par la création et le développement d’une filière « lait équitable » nationale, ne peuvent se faire qu’avec l’APLI, qui, malgré son jeune âge (moins de 2 ans) entame la construction de l’édifice, Ségolène Royal et la Région Poitou-Charentes posant en la première pierre.

Une fois de plus, Ségolène Royal, présidente de la Région Poitou-Charentes, innove et est en avance sur son temps : qui la suivra ? Pour le moment, les autres régions, dans la torpeur de l’été, ne se sont pas exprimées…

Frédérick Moulin

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6 août 2010 5 06 /08 /août /2010 18:33

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Faut-il même en sourire ? La première zélote de Nicolas Sarkozy ne prend, avant ses déclarations tonitruantes, pas même le soin de demander à son cabinet de vérifier ce qu'elle va dire. Elle est à bon exemple : Nicolas Sarkozy lui-même aligne sans sourciller les fausses vérités, les chiffres arrangés et les comparaisons fautives. Sa dernière intervention télévisée en a donné un florilège.

Concernant Nadine, Elisabeth et Alain, de quoi s'agit-il ? Du sujet très sensible de la déchéance de nationalité. Voulant une fois encore soutenir les paroles imprudentes du Président, Nadine s'est référée à Elisabeth Guigou qui aurait en 1998 étendu cette possibilité aux actes de terrorisme.

Double erreur. EG a au contraire limité cette possibilité en l'interdisant pour toute personne que la mesure rendrait apatrideEt en abrogeant un décret du mémorable Charles Pasqua qui permettait de l'étendre aux crimes de droit commun.

Celui qui a étendu la possiblité de déchéance de la nationallité, c'est Alain Juppé. Qui doit aujourd'hui vivre avec tristesse que Nadine Morano ne l'ait pas considéré comme une caution morale suffisante et lui ait préféré Elisabeth Guigou. Je ne me prononcerai sur ce point, d'autant que c'est Jacques Toubon qui officiait alors au Ministère de la justice dans le gouvernement d'Alain Juppé.

Intentionnels ou pas, ces quiproquos, ces bricolages destinés à enfumer le débat, atteignent une fois encore la force de la parole publique. A laquelle on devrait pouvoir se référer.

Blog de Michèle Delaunay, 5 août 2010

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5 août 2010 4 05 /08 /août /2010 15:44

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Jeu et dessin de Martin Vidberg (www.martinvidberg.com)

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