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10 septembre 2010 5 10 /09 /septembre /2010 14:19

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Ségolène Royal était l'invitée d'Arlette Chabot dans l'émission "À vous de juger" sur France 2 hier à 20h35, sur le thème des retraites. Elle était également interviewée par l'économiste et journaliste Jean Boissonnat.

Elle s'est employée avec brio à démonter les 3 arguments de François Fillon, intervenu plus tôt et séparément dans l'émission :

-les Français doivent avoir la liberté de pouvoir partir à la retraite à 60 ans, contrairement à ce que le premier ministre veut faire croire ; 300 000 personnes partent actuellement chaque année à la retraite avec une durée de cotisation complète (ouvriers, petits employés, ...) et auront une retraite à taux plein ;

-la France est, avec 40,5 annuités de cotisations nécessaires aujourd'hui, 41 en 2012 et 41,5 en 2020, le pays où l'on cotise le plus longtemps en Europe, et donc où la réforme est la plus dure (35 ans en Espagne et en Allemagne, 40 ans après la réforme en cours en Italie), contrairement à ce que dit le premier ministre ;

-"On vit plus longtemps, il faut travailler plus longtemps" : Ségolène Royal s'est employée à démonter cette maxime du premier ministre et du gouvernement, mettant en avant l'intensité croissante du travail (augmentation de la productivité), et en exigeant que la pénibilité résultant de cette intensification, et non la seule incapacité ou invalidité, soit prise en compte, calculée et défalquée de la durée complète de cotisation.

F.M.

-oOo-

(Extrait)

Jean Boissonnat : la gauche est venue au pouvoir au début des années 80, elle a pris un certain nombre de décisions dont la retraite à 60 ans.(…) Est-ce que vous, Madame Royal, vous feriez voter la retraite à 60 ans ?

Ségolène Royal : Monsieur Boisonnat, je vais vous raconter un souvenir politique, qui ne dira peut-être pas grand-chose aux jeunes générations, mais, moi, qui a marqué mon histoire politique. C’était le dernier conseil des ministres, en 1993, avec François Mitterrand, qui était d’ailleurs très fatigué, déjà, à ce moment-là, il perdra la vie quelques temps plus tard, et il nous a transmis un talisman politique. Il nous a dit ceci, il nous a dit : « Vous verrez, chaque fois que la droite arrive au pouvoir, elle a comme préoccupation de mettre à mal la sécurité sociale, et écoutez bien ce que je vais vous dire parce que vous allez le vivre, et en particulier la droite fera toujours des tentatives pour remettre en cause la liberté de prendre sa retraite à 60 ans, parce que c’est un des grands acquis de la gauche etsymboliquement cet acquis, elle ne le supporte pas. ».

Et il avait ajouté ceci : « Vous verrez, vous vous battrez le dos au mur, vous aurez parfois l’impression que ce combat est perdu d’avance. Eh bien moi, je vous demande même quand vous êtes le dos au mur » – et c’est le sentiment que nous avons aujourd’hui, puisqu’on nous dit que même avec 2 millions et demi de personnes dans les rues, rien ne va changer – « eh bien, nous devons continuer à nous battre le dos au mur, car », ajoutait-il et ça reste étonnamment d’actualité, « si la droite veut remettre en cause la liberté de prendre sa retraite à 60 ans, c’est parce qu’elle veut faire en sorte que ceux qui sont tapis dans l’ombre, les banques, les assurances, les fonds de pension attendent de faire main basse sur ce pactole pour que la solidarité s’affaiblisse, et que les Français fuient vers des assurances privées parce qu’ils auront peur de ne pas avoir leur retraite garantie. ».

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Dessin de Martin Vidberg (www.martinvidberg.com)

Et d’ailleurs, dans le reportage que vous avez montré tout à l’heure, vous avez vu, et on l’a entendu dans les manifestations, ceux qui ont moins de 40 ans, ceux qui ont moins de 30 ans, qu’est-ce qu’ils disent ? Ils disent : « Nous n’aurons pas de retraite, et nous allons devoir nous débrouiller tous seuls. ». Et donc si on accepte la réforme de la droite, mais elle a gagné, les fonds de pension auront gagné, et quand vous comparez la France à d’autres pays, pourquoi vous ne dites pas que dans ces pays, les petits retraités ont été ruinés, ils sont restés sur le carreau, parce qu’ils ont donné leur argent à des fonds de pension qui ont fait faillite ? Eh bien moi je ne veux pas de cela pour mon pays, et la gauche ne veut pas de cela.

Arlette Chabot : François Fillon a dit la même chose, tout à l’heure. Il a défendu la retraite par répartition, en disant : nous ne voulons pas, justement, de retraite par capitalisation ; il a dit ça. Donc vous ne le croyez pas, et vous ne croyez pas que la réforme du gouvernement aujourd’hui va permettre d’assurer le système des retraites, la pérennité de ce système, par répartition, vous n’y croyez pas ?

Ségolène Royal : est-ce que vous y croyez, vous ?

Arlette Chabot : ah non mais moi je vous demande une réponse, c’est votre réponse à vous qui est intéressante.

Ségolène Royal : si c’était vrai, entrons dans son raisonnement, s’il voulait vraiment protéger le système par répartition, on entendrait protester le MEDEF. Car vous ne trouvez pas qu’il y a quand même quelque chose de très étrange, dans ce débat, on n’entend pas le MEDEF. Pourquoi est-ce qu’on n’entend pas le MEDEF ? Parce que la réforme de François Fillon EST la réforme du MEDEF ! Je l’ai là, la réforme du MEDEF. C’est quoi la réforme du MEDEF ? C’est en effet mettre à bas la retraite à 60 ans, et mettre à bas l’accès à la retraite à taux plein à 65 ans, et c’est taxer les salariés. C’est exactement ce que fait le gouvernement. Car lorsque l’on reporte l’âge de la retraite, ça revient à quoi ? Ça revient à taxer les salariés, et seulement les salariés. Est-ce que c’est juste ? Est-ce que c’est durable ? Non. C’est pourquoi, dans le projet des socialistes, nous acceptons un certain allongement de la durée de cotisation. Quand j’entends dire que nous ne bougeons pas, ce n’est pas exact, ce n’est pas juste. Nous acceptons le passage à 40 ans, nous acceptons le passage à 41 ans en 2012…

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Arlette Chabot : c’est la réforme de 2003, quoi, en fait, c’est dans le prolongement de la réforme de 2003.

Ségolène Royal : non, non, pas la réforme de 2003.

Jean Boissonnat : … la réforme Balladur.

Ségolène Royal : pas la réforme Balladur, ni la réforme Fillon. Pourquoi ni l’une ni l’autre ? Parce que ces deux réformes cumulées ont abouti à baisser le niveau des pensions de 20%. 20% ! Alors que les retraites ne sont déjà pas très élevées, et que M. Fillon avait dit – vous lui avez d’ailleurs presque rappelé tout à l’heure – lorsqu’en 2003, il a présenté sa réforme, il a dit : « C’est une réforme qui est financée jusqu’en 2020, et vous allez voir qu’ensuite, dormez tranquilles, les retraites sont sauvées. Aujourd’hui il nous fait le même discours, il nous dit : « Dormez tranquilles, les retraites sont sauvées. ». Alors que la présidente de la Caisse Nationale d’Assurance Vieillesse a vivement protesté, elle a dit : il manque 4 milliards ; c’est-à-dire que ce n’est financé que jusqu’après, comme par hasard, l’élection présidentielle, et elle a ajouté ceci : comment se fait-il que le capital, les revenus du capital ne soient pas appelés en cofinancement des retraites, et cela d’autant plus qu’il y a 30 milliards,30 milliards d’exonérations de cotisations sociales dont profitent les entreprises.

Arlette Chabot : alors on va revenir avec Jean sur les entreprises, je voudrais juste que ce soit clair…

Jean Boissonnat : je voudrais tout de même avoir la réponse à la question, s’il vous plaît, que j’ai posée : si vous venez au pouvoir dans 2 ans, est-ce que vous rétablissez la retraite à 60 ans ?

Ségolène Royal : solennellement, je vous dis OUI. Pourquoi oui ? Parce que contrairement aux embrouillaminis, aux embrouillaminis qui sont régulièrement avancés – on en a eu encore un exemple tout à l’heure avec M. Fillon qui nous dit : on ne peut pas partir à 60 ans à la retraite. Mais les Français ne partent pas à 60 ans. C’est quoi la retraite à 60 ans ? C’est la liberté de pouvoir profiter de son travail lorsque l’on a cotisé pendant 40 ans. Est-ce que c’est injuste ? Non. Quand vous remettez en cause la liberté – non pas l’obligation – la liberté de prendre une retraite à 60 ans, vous frappez qui ? Vous frappez les ouvriers, vous frappez les petits employés, vous frappez les femmes, qui ont déjà des durées de vie [professionnelle] incomplète ; quand vous remettez en cause l’accès à 60 ans, vous frappez qui ? Vous frappez encore les femmes, qui ont des durées de vie [professionnelle] incomplètes, vous frappez les cadres, qui ont eu des durées d’études longues, et donc qui souvent sont entrés tard dans la vie active. Est-ce qu’il est juste, au moment où nous devons sauvez le système de répartition, de frapper les catégories populaires, et les catégories moyennes ? La réponse est non.

Arlette Chabot : Ségolène Royal, pour être très clairs, donc, vous reviendrez sur la réforme d’aujourd’hui en 2012, vous rétablirez le droit de partir…

Ségolène Royal : la liberté.

Arlette Chabot : la liberté de partir, mais pas à taux plein, forcément, pas à taux plein, pour que les gens qui nous écoutent, comme c’est compliqué, comprennent bien ?

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Ségolène Royal : mais à taux plein, si vous la durée de cotisation. C’est le cas aujourd’hui. C’est le cas aujourd’hui, quel procès d’intention fait-on aux socialistes ? Mais aujourd’hui, ceux qui partent à 60 ans – 300 000 salariés et ouvriers qui partent à 60 ans – vous croyez qu’ils ont les moyens de partir avec des durées de cotisation incomplètes ? Non. Ils partent avec des durées de cotisations complètes. Au nom de quoi les plus riches qui s’enrichissent en dormant et qui ont des revenus du capital, des stock options, des retraites chapeaux, de l’intéressement, des actions, au nom de quoi ceux-là ne cotiseraient pas pour cette retraite – qui est un salaire différé, finalement…

Jean Boissonnat : c’est pas une masse de Français, hein, ces gens là…

Ségolène Royal : ce n’est pas une masse… mais ça fait beaucoup d’argent, ça fait beaucoup d’argent M. Boissonnat. Savez-vous que la Cour des Comptes a évalué à 25 milliards le montant des fraudes fiscales des plus riches dans ce pays ? 25 milliards, c’est presque le besoin de financement – 30  milliards – pour financer les retraites cette année. Vous ne croyez pas que ça vaudrait quand même la peine ?

Quant aux ouvriers sur lesquels on frappe en remettant en cause la retraite à 60 ans et les petits employés, à quoi a abouti leur travail ? Leur travail, ça a quand même enrichi les actionnaires, leur travail a permis de revaloriser le capital de l’entreprise, leur travail a enrichi les détenteurs du capital de l’entreprise, et c’est tant mieux, si cet enrichissement a permis de créer à nouveau des emplois et de la croissance économique. Donc la partie du salaire qui s’est transformée en capital ou en revenus pour les actionnaires doit contribuer au financement des retraites. Il est absolument intolérable qu’un gouvernement puisse faire une réforme des retraites [sans] la faire financer [par] les revenus du capital, et sans répartir équitablement les choses.

Alors la garantie (…), ce que je vous dis aujourd’hui solennellement, parce qu’on entend les ricanements (…) quand les socialistes disent qu’ils rétabliront la liberté de partir à 60 ans, on les traite soit de menteurs, soit d’irresponsables. Eh bien je vais vous dire, je pense que le camp des menteurs et des irresponsables n’est pas de ce côté-ci. Nous, nous sommes conscients de ce que représente la sécurité sociale pour les Français. Nous estimons que nous rentrons dans un contexte économique très difficile, où il va falloir des sacrifices et des efforts, et les Français veulent la garantie que ces sacrifices et que ces efforts soient équitablement répartis, et c’est ça, la garantie que leur donne le projet des socialistes.

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10 septembre 2010 5 10 /09 /septembre /2010 14:09

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Des Roms expulsés par avion de Lille en octobre 2009 (AFP/Philippe Hugen)

Le Parlement européen a voté aujourd’hui une résolution demandant à la France de « suspendre immédiatement toutes les expulsions de Roms ». Après le Conseil de l’Europe et ses diverses émanations, l’ONU à travers le CERD, la presse américaine, européenne et internationale, le pape Benoît XVI et des membres éminents du clergé français, c’est au tour du Parlement européen, la seule partie du pouvoir législatif de l’Union Européenne élue au suffrage universel, de condamner la politique de Nicolas Sarkozy et du gouvernement Fillon envers les Roms.

Eric Besson, en visite officielle à Bucarest, a déclaré qu'il n'était « pas question » que la France suspende les reconduites à la Frontières de Roms.

La résolution, présentée par les sociaux-démocrates, par les libéraux-démocrates, et par les Verts, respectivement 2ème, 3ème, et 4ème force politique du Parlement européen, a obtenu 337 voix (58%) contre 245, et 51 abstentions.

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Le Parlement européen de Strasbourg, actuellement en séance plénière (6-9 septembre 2010)

La résolution, qui s’adressait à tous les Etats membres, mais où seule la France était citée nommément, demandait à ces Etats de « suspendre immédiatement toutes les expulsions de Roms ».

Dans la résolution, le Parlement « s'inquiète vivement en particulier de la rhétorique provocatrice et ouvertement discriminatoire qui a marqué le discours politique au cours des opérations de renvoi des Roms dans leur pays, ce qui donne de la crédibilité à des propos racistes et aux agissements de groupes d'extrême droite ».

Le Parlement se déclare également « vivement préoccupé par les mesures prises par les autorités françaises ainsi que par les autorités d'autres Etats membres à l'encontre des Roms et des gens du voyage prévoyant leur expulsion ».

La résolution critique par ailleurs la récente réunion sur l’immigration et la libre circulation organisée par le gouvernement français à Paris, ces sujets relevant « de la compétence de l’Union Européenne ». Elle souligne aussi que « cette attitude est allée de pair avec une vague de stigmatisation des Roms et de dénigrement général des Tsiganes dans le discours politique. Le droit de tous les citoyens de l'Union et des membres de leurs familles de circuler et de séjourner librement dans toute l'Union constitue un pilier de la citoyenneté de l'Union telle qu'elle est définie par les traités ».

Le Parti populaire européen (PPE), 1ère force politique du Parlement européen, allié avec les eurosceptiques de l’ECR (Réformistes et conservateurs européens, rassemblant principalement les conservateurs britanniques et les élus polonais du PiS de Jaroslaw Kaczynski), ont tenté de faire diversion en déposant une résolution ne condamnant pas la politique française à l’égard des Roms, mis la résolution a été rejetée par le Parlement.

Ces derniers jours, la France avait fait l’objet de nombreuses attaques au Parlement européen, tandis que les groupes préparaient leurs résolutions pour le vote d’aujourd’hui jeudi.

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Livia Jaroka, Hongroise, seule eurodéputée rom, membre du PPE (1er groupe du Parlement, droite)

La seule élue rom au parlement européen, Livia Jaroka, hongroise et membre du PPE (droite), déclarait mardi dernier : « Personne ne doit être expulsé au seul motif d’être Rom », tout en souhaitant éviter, à droite comme à gauche, « toute tentative d’instrumentalisation de la question rom ».

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Martin Schulz à la tribune du PSE à Toulouse lors de la campagne pour les élections pour le Parlement européen de 2009

La matin même, Martin Schultzprésident allemand du groupe social démocrate, et futur président du Parlement à mi-mandat suite à un accord droite/gauche à l’issue du dernier scrutin de 2009, avait martelé : « Ce qui se passe en France est inacceptable. ». Il avait ensuite dénoncé une « chasse aux sorcières ».

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Guy Verhofstadt, Belge, président des libéraux-démocrates au Parlement européen

Le président du groupe des libéraux-démocrates, le Belge Guy Verhofstadt, avait dénoncé la « tentation populiste, parfois raciste » qui se manifeste en France.

Plusieurs eurodéputés français sont également intervenus mardi. « Le gouvernement fait un usage extensif de la notion de trouble à l'ordre public » pour justifier les expulsions, estime l’écologiste Hélène Flautre. Le Front National s’est fait ironique ; Bruno Gollnisch a déclaré : « Sarkozy et Hortefeux auraient dû savoir que les traités allaient ouvrir les frontières. L'angélisme est une autre forme de racisme. ».

Rares ont été les voix qui se sont élevées pour défendre la position du gouvernement français. Bien sûr, Jean-Pierre Audy, chef de file des eurodéputés UMP, a dénoncé l’ « hypocrisie » des positions des autres pays, comme Pierre Lellouche, secrétaire d’Etat aux affaires européennes, dans un entretien accordé au journal Le Monde dans son édition datée du 10 septembre 2010 ; M. Lellouche étant en visite officielle à Bucarest avec Eric Besson aujourd’hui et demain. La seule autre voix qui a défendu la position de Nicolas Sarkozy et du gouvernement français est celle de Manfred Weber, eurodéputé allemand de la très conservatrice CSU, qui dirige la riche Bavière.

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José Manuel Durao Barroso, président de la Commission européenne, s'est montré discret

Mais derrière les critiques de la France, c’est la relative passivité de la Commission Européenne qui est visée. Est-elle due une équipe Barroso marquée plus à droite que le Parlement ? Ou à la légitimité qu’ils tiennent uniquement des gouvernements qui les ont nommés ?

L’Autrichien Hannes Swoboda, vice-président du groupe social-démocrate, est « profondément déçu, car Barroso a émis très peu de critiques »« Nos concitoyens veulent savoir si le gouvernement français a violé ou non la législation communautaire. »

Sur ce point, Viviane Reding, la Commissaire à la Justice, aux Droits fondamentaux et à la Citoyenneté, reste très prudente, malgré ses positions passées vigoureusement en faveur des Roms. Elle a demandé « davantage d’informations » au gouvernement français sur « un certain nombre de points », après avoir pris note des « garanties » données par le gouvernement français au regard du droit européen –  « La France a bien expliqué qu'il n'y avait pas d'action ciblée contre les Roms. », et avoir regretté la non-intégration dans le droit français de la jurisprudence européenne découlant d’une directive de 2004 : délais d’un mois pour les personnes visées par une expulsion, procédure écrite, principe de « proportionnalité » entre la décision et la situation de la personne, et possibilité de faire appel de la décision d’expulsion.

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Viviane Reding, Commissaire européenne luxembourgeoise à la Justice, aux Droits fondamentaux et à la Citoyenneté

Viviane Reding communiquera son analyse à ses collègues de la Commission européenne « la semaine prochaine ». Elle a suggéré qu’elle n’hésiterait pas à engager des poursuites contre la France ou tout autre Etat membre en cas de traitement discriminatoire des Roms.

Viviane Reding a appelé de ses vœux une réunion ministérielle de « haut niveau » sur le thème de la « non utilisation ou la mauvaise utilisation » des fonds européens destinés à l’intégration des 10 à 12 millions de Roms européens. La Suède avait émis de façon appuyée, à travers deux de ses ministres, le même souhait il y a quelques semaines, appelant même à un plan d’envergure pour résoudre la question des Roms au niveau européen.

Viviane Reding a constaté : « Les fonds sont disponibles. Ils ne sont pas utilisés pour régler le problème parce qu'il se pourrait qu'il ne soit pas très populaire au sein des Etats membres d'utiliser les fonds européens pour aider la population rom. »

De fait, la solution semble en effet passer par un vaste plan européen concerté utilisant les fonds européens jusqu’à présent non utilisés. Mais les gouvernements européens veulent-ils favoriser l’insertion des Roms dans l’Union, donc aussi chez eux ? À écouter Nicolas Sarkozy et Silvio Berlusconi, rien n’est moins sûr. Reste qu’après la résolution adoptée par le Parlement européen, un rapport de la Commissaire Viviane Reding condamnant la France et la traînant devant la justice européenne aurait certainement quelques effets, cette fois. Prochain épisode la semaine prochaine…

Frédérick Moulin

Sources : Le Monde daté du 9 septembre 2010 ; LeMonde.fr des 7 et 9 septembre 2010, Reuters le 9 septembre 2010, Wikipédia

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10 septembre 2010 5 10 /09 /septembre /2010 00:01

h-20-2213728-1284066062-1-.jpgDans l’émission « A vous de juger » sur France 2 :

Après la séance dendormissement collectif menée par le premier ministre, François Fillon, qui a joué la scène classique du répertoire gouvernemental : « tout va très bien braves gens, dormez tranquille ! » Ségolène Royal est intervenue pour réveiller les Français et lancer lassaut contre le palais des mille et une nuits

 

De suite, elle a replacé le débat sur l'enjeu essentiel : la remise en cause de notre système des retraites vise à offrir aux rapaces de la finance la main mise sur les retraites des salariés. Cest la réforme du Medef !La socialiste a très clairement expliqué que progressivement, les Français ne feront plus confiance en la retraite par répartition et se tourneront vers des officines privées.

 

Puisque l'entrée dans la vie active recule, puisque les phases de chômage se multiplient, puisque les seniors sont virés des entreprises, progressivement les Français ne croiront plus à la retraite par répartition. Nous allons entrer alors dans le chacun pour soi en donnant aux prédateurs financiers nos retraites.

 

Faisant référence à François Mitterrand, elle a rappelé que « le dos aux murs » la gauche doit résister pour maintenir, face à la droite et au grand capital, notre capital commun.



Condamnant la réforme injuste du gouvernement faite sans réelle concertation avec les partenaires sociaux et les Français, Ségolène Royal, avec les socialistes, sest engagée « solennellement » à restaurer la liberté de partir à la retraite à 60 ans. Pour financer nos retraites et notamment la prise en compte de la pénibilité du travail, la socialiste veut taxer davantage le capital pour une réforme plus juste qui garantisse une meilleure répartition des richesses produites dans notre pays.

 A la remarque d’Arlette Chabot  « taxer les riches, c'est le miracle ? », sa réponse a fait mouche : "et taxer les pauvres, c'est le miracle ?"

 

Philippe Allard

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9 septembre 2010 4 09 /09 /septembre /2010 12:16

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"Des députés communistes ont déposé face aux bancs du gouvernement des milliers de signatures de leur pétition contre la réforme des retraites", Le Point.fr (AFP)

Quelles leçons peut-on tirer de la première journée de débat ?

D'abord, c'est un élément de contexte mais il ne faut pas le négliger, la faible mobilisation de l'UMP. Ou plus exactement, le soutien très frileux qu'elle a chichement apporté à son ministre. Constamment interpellé par la Gauche, Eric Woerth n'a été applaudit qu'à la toute fin de son intervention, et s'est trouvé ainsi abandonné à la contestation de l'opposition, tout le temps que dura son discours.

Ensuite, la mise ne place progressive des arguments utilisés par les deux camps. Le ministre du Travail a voulu rappeler les données comptables, multiplier les comparaisons avec les autres pays européens, clamer son attachement au régime par répartition. Les orateurs socialistes ont pour leur part pu souligner combien l'équilibre financier promis était précaire (la présidente de la CNAV, l'avait d'ailleurs rappelé la veille) et plus encore combien certaines des mesures les moins « visibles » du projet allaient pénaliser d'abord les jeunes. La prolongation de trois ans de la CNDS aura pour effet de reporter sur les générations futures la charge fiscale d'une dette sociale étalée dans le temps ; la disparation du fonds de réserve des retraites privera la puissance publique des ressources indispensables pour lisser le choc démographique qui surviendra à partir de 2020. Il faudra donc se tourner à nouveau vers l'impôt.

Joseph Macé-Scaron, sur le site de Mariannereproche au groupe socialiste de ne pas « avoir été à la hauteur ». Mais à bien lire les commentaires qui accompagnent son texte, on a plutôt le sentiment qu'il déplore que nous n'ayons pas fait le choix de porter des « coups bas » au ministre du Travail. Pour ma part j'assume cette orientation. Il ne fait aucun doute que le gouvernement s'affaiblit lui-même en persistant à confier ce dossier à un ministre pris dans une tourmente médiatique et peut-être demain judiciaire. Et l'opposition s'affaiblirait elle-même si elle devait concevoir sa tâche comme paradoxalement complémentaire de celle que semble s'être donné le Président de la République, à savoir, à toute force, et par tous les moyens, abaisser le débat public !

Mon regret portera plus sur le fond. Nous n'avons pas suffisamment insisté sur deux points.

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BEP/Claude Prigent/Le Télégramme

Alors que le Gouvernement ne cesse de prendre argument des réformes rigoureuses intervenues partout ailleurs en Europe, nous ne lui avons pas suffisamment rappelé que de telles symétries n'étaient pas fondées dans la mesure où la démographie française est la plus dynamique du continent. Le taux de fécondité est en effet voisin de 2 alors qu'il est très inférieur à ce niveau en Allemagne, en Italie, en Grande-Bretagne, etc. ce qui change naturellement considérablement les paramètres du débat...

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"La protection sociale dans sa globalité"

Ensuite, nous avons omis d'insister sur la nécessité d'aborder cette question du financement de la protection sociale dans sa globalité. Dire ce que l'on fera pour équilibrer notre régime de retraite, sans par ailleurs indiquer quel type de ressources (économies, ressources fiscales, etc.) seront consacrés au déficit de notre système de santé et aux besoins en matière de dépendance, revient à occulter l'essentiel. Ce qui sera en effet mobilisé pour l'un, ne  pourra pas l'être pour les autres, sauf à mettre en péril la compétitivité de notre pays ou le pouvoir d'achat de nos concitoyens. C'est donc un plan d'ensemble destiné à assurer l'avenir de notre système de protection sociale qu'il faudrait aujourd'hui discuter. À choisir la tactique des Horaces, peut-être un seul restera vivant, mais au prix de la mort des deux autres...

Gaëtan Gorce

Blog de Gaëtan Gorce, 8 septembre 2010

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8 septembre 2010 3 08 /09 /septembre /2010 16:35

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"La retraite à 20 ans" : texte et dessin de Martin Vidberg (www.martinvidberg.com)

Suite à la manifestation d’hier pour la défense des retraites, qui aurait réuni 2,7 millions de personnes selon la CGT, Nicolas Sarkozy n’a pas cédé sur l’essentiel, le point le plus injuste :  l’âge de départ à la retraite repoussé à 62 ans, et à 67 ans pour une retraite à taux plein. Il a avancé aussi plusieurs propositions, dont deux principales, sur les carrières longues – les personnes ayant commencé à travailler avant 18 ans pourront partir à 60 ans – et sur la pénibilité.

Sur la pénibilité, le projet de loi prévoit que pour tout assuré ayant un taux d’incapacité supérieur ou égal à 20%, l’âge de départ en retraite restera fixé à 60 ans. La nouvelle proposition est double : étendre le dispositif aux agriculteurs d’une part, et donner la possibilité à toute personne ayant un taux d’incapacité de 10% de faire valoir ses droits devant une commission, qui « pourra décider de lui accorder le bénéfice d’un départ à la retraite à 60 ans » d'autre part.

À juste titre, Olivier Picard, dans Les Dernières Nouvelles d’Alsace (DNA), parle de « condescendance programmée » de Nicolas Sarkozy au sujet des concessions annoncées. Une programmation de « mesurettes » quel que soit le succès de la manifestation préparée à l’avance, qui est dénoncée par Benoît Hamon, porte-parole du Parti socialiste dans son interview pour le JT de 13 heures sur France 2.

Tout est douloureux dans ces propositions sur la pénibilité : les chaînes de télévision qui présentent la proposition sarkozyste en faisant un raccourci à la limite du contresens – « une extension de la prise en compte de la pénibilité pour le taux d’incapacité de 10% » : il n’en est rien, tout dépendra d’une commission qui « pourra décider » de l’extension au cas par cas et sur dossier : on voit les limites de l’exercice, et on remarquera qu’aucune information n’est donnée sur la commission

L’inclusion dans la prise en compte de la pénibilité des agriculteurs : d’où on comprend qu’ils n’étaient pas inclus… Ce qui laisse songeur, pour des exploitants éprouvés par l’effort physique, les rythmes infernaux, les pesticides, les engrais, les hydrocarbures, les matériaux de construction, les infections et maladies transmises par les animaux (maladie de Lyme, brucelloses, tétanos, leptospiroses, tularémie, psittacose, …), et les accidents du travail (machines agricoles, matériel, …).

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Haut-fourniste devant un trou de coulée où la fonte sort à 1 500 °C en Lorraine

 Et la « générosité » de Nicolas Sarkozy est sans borne : les personnes ayant une incapacité du travail se verront accorder le « privilège » de travailler jusqu’à 60 ans. Soit, s’ils ont commencé à travailler à 18 ans, 42 ans de travailMichèle Delaunay publiait hier sur son blog une courte note scandalisée, reprenant un article du journal Le Monde daté du 8 septembre 2010 :

« "Qu'ils viennent les voir, nos haut-fournistes, les Woerth et compagnie ! Après trente ans de feu continu, les types sont à bout. Huit heures par jour en service posté devant un trou de coulée où la fonte sort à 1500 degrés, je peux vous dire que ça use. Et on voudrait leur en resservir une louche? C'est scandaleux", s'emporte Xavier Phan-Dinh, 56 ans, agent de maintenance au laminoir à couronnes et barres, la dernière installation du groupe encore en activité à Gandrange.

"De toute façon, les vieux, on les met à la porte, soupire ce militant de la CGT. À Gandrange, on a commencé par virer les ouvriers de plus de 57 ans. Alors, quel est le sens de tout ça ?" »

Et Michèle Delaunay de publier une note en miroir sur la « pénibilité » du métier de ministre du Travail, sous le titre ironique « Double sens » :

« Deux députés dans les couloirs de l'Assemblée :

- Et Eric Woerh, ça va ?

- Il encaisse… »

Mais le point le plus inique est sans doute celui qui n’est pas mentionné. Pour avoir un taux d’incapacité, il faut entrer dans le cadre d’une maladie professionnelle, ou d’un accident du travail tels que définis par la Sécurité Sociale. Seule la pénibilité physique est donc prise en compte. La pénibilité psychique, le stress, le harcèlement ne sont pas pris en compte.

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Dessin de Rodho

Le Monde daté du 8 septembre 2010 cite les cas les plus frappants :

« Gilles travaille également dans l'industrie automobile, à l'usine PSA de Metz-Borny, où le groupe Peugeot-Citroën produit les boîtes de vitesse de ses petits modèles. (…) "En plus des machines, on a des tas de papiers à remplir, ajoute cet ouvrier. On est constamment épié, contrôlé, infantilisé. Pour augmenter les rendements à la chaîne, ils nous ont soumis récemment à un test de dextérité, c'est dire ! Si j'arrive à 60 ans sans péter une pile, ça sera beau !"

Il y a quelques mois, l'usine a passé un accord sur le stress au travail. "Parlons-en !, s'emporte-t-il. J'ai fait le test, j'étais dans l'orange avec 126 points – à 130, j'étais bon pour le rouge. Le médecin du travail m'a dit : 'Vous êtes limite, faites attention !' Merci du conseil !" (…)

"Dans notre métier, on ne risque pas de tomber d'un échafaudage, les maladies sont essentiellement psychiques, même si un coup de couteau se perd parfois. Et pourtant, le métier d'enseignant peut être très pénible", évoque Patrick Fusil, secrétaire académique du syndicat FO lycée et collèges. "L'histoire du maître qui part en retraite la larme à l'œil, c'est dans les films. Franchement, j'ai du mal à m'imaginer prof à 67 ans", confirme Régis Morbach, 33 ans, certifié de mathématiques et "titulaire sur zone de remplacement" dans la région messine.

Infirmière en psychiatrie au CHS de Sarreguemines, Kathia Scheuer se voit mal, elle aussi, "travailler jusqu'à 66 ans""Les nuits, au début, on les gère, mais avec les années et la vie de famille, c'est difficile. La souffrance des patients, la violence, il faut l'encaisser. On se blinde mais jamais totalement et il y a un moment où le corps ne suit plus. Dans les hôpitaux aussi, la pénibilité, on connaît." »

Ségolène Royal a raison de continuer à demander, notamment, la prise en compte de la pénibilité dans la réforme des retraites. Le chemin est encore long, sur le terrain de la pénibilité physique et surtout sur le terrain de la pénibilité psychique (stress, harcèlement, …), qui pose clairement la question de l’organisation du travail.

Avec la défense de la retraite à 60 ans et du taux plein à 65 ans, Ségolène Royal aura matière à débattre demain dans « À vous de juger » sur France 2, face à un Premier ministre que les propos de Claude Guéant sur Europe 1 dimanche dernier ont placé sur un siège éjectable, comme le remarquait hier Jean-Michel Aphatie dans Le Grand Journal sur Canal +. François Fillon remplacera Eric Woerth initialement prévu...

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"Quelles concessions sur le dossier des retraites?", texte et dessin de Martin Vidberg (www.martinvidberg.com)

Car pour les éditorialistes de Ouest-France, de L’Alsace, de Les DNA, de Rue 89 et de Libération, comme l’écrit LeMonde.fr« Nicolas Sarkozy ne pliera pas », notamment sur les points essentiels, malgré une mobilisation hier dans les manifestations inconnue depuis mars 2009.

Pierre Hasky de Rue 89 conclut : « À un moment aussi crucial, au moment où chacun en France s'interroge sur son avenir, individuel et collectif, dans un pays en crise, le gouvernement envoie le plus mauvais des signaux : celui du mépris. »

Frédérick Moulin

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8 septembre 2010 3 08 /09 /septembre /2010 11:37

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Manifestation intersyndicale du 19 mars 2009, place de la Nation

Le contexte politique et social offre à la Gauche une formidable opportunité de reprendre l'initiative sur les questions du travail :

En 2007, Nicolas Sarkozy n'avait-il pas promis de s'occuper de « ceux qui travaillent dur et se lèvent tôt »? Force est de constater, trois ans plus tard,  qu'il a préféré revenir à ses « amis de toujours » et que le bouclier fiscal l'a plus préoccupé qu'un quelconque bouclier social que la crise aurait pourtant justifié.

Plus sérieusement, des drames comme ceux de France Telecom ont conduit également à replacer la question des conditions de travail au centre d'un débat jusqu'alors exclusivement tourné autour de la durée hebdomadaire du temps de travail.

Enfin, le projet de réforme des retraites fait ressortir crûment l'injustice qu'il y aurait à allonger la durée du travail de ceux qui ont été, tout au long de leur vie professionnelle, confrontés à des situations particulièrement pénibles.

De slogan électoral, propice à la démagogie d'un candidat sans véritable scrupule, le Travail est en passe de redevenir le centre d'un débat de société  qui porte sur une nouvelle articulation entre travail et emploi. L'organisation du travail dans une économie soumise à de fortes contraintes (démographiques, environnementales, etc.) conditionnera en effet de plus en plus la capacité à embaucher et la performance des entreprises.

Aussi ne peut-on qu'inviter la Gauche à pointer et à combattre les causes du malaise actuel du et au travail.

Qui ne voit que la concentration de l'emploi sur les 30-49 ans, et l'effort excessif demandés à ces salariés sont liés à la structure de financement de notre protection sociale, assise principalement sur le travail et qui conduit les entreprises à écarter les moins productifs ?

Qui ne comprend que loin d'encourager le retour à l'emploi, nos politiques sociales consacrent trop de moyens à l'indemnisation, ce qui suppose une nouvelle réforme de la formation dans et hors l'entreprise pour garantir à tous un droit à l'avenir qui passe par l'accès à la qualification et la reconnaissance des savoir-faire ?

Qui n'a observé que les collectifs de travail ont éclaté, ce qui suppose d'articuler désormais négociation collective (nouveaux contrats de progrès au niveau des branches) et reconnaissance de nouveaux droits individuels GARANTIS : à la formation, au respect de la vie familiale, au temps partiel, etc. y compris à la protection de la vie privée sur le lieu de travail (cf. problème des mails). Sans oublier naturellement le renforcement des CHSCT et de la médecine du travail.

Qui n'est prêt enfin à conduire la véritable bataille « intellectuelle » qu'appellent les méthodes actuelles de management, à l'origine du malaise au travail, en s'efforçant en parallèle de donner l'exemple de nouvelles pratiques dans l'administration comme dans les entreprises publiques.

Au total, disons-le tout net, la question du travail a été trop longtemps délaissée au profit de celle de l'emploi qui n'en est pourtant que la conséquence. Il appartient à la gauche, dans l'effort de réflexion qu'elle effectue sur elle-même, de retrouver le bon ordre des priorités.

Gaëtan Gorce

Blog de Gaëtan Gorce, 7 septembre 2010

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7 septembre 2010 2 07 /09 /septembre /2010 13:58

manifestation_paris_2_8855b-1-.jpgAlors  que les Français descendent dans la rue pour se faire entendre et s’opposer à une réforme des retraites injuste, Ségolène Royal veut redonner espoir en une France d’avenir.

Certes le pouvoir en place englué dans les affaires jusqu’au sommet de l’Etat, incapable de relancer la croissance, est « irresponsable » et « incompétent », mais la présidente de région socialiste refuse de tomber dans la sinistrose. Elle veut défendre une autre politique.

 

Dans son intervention, lundi, sur Europe 1, face à un Jean-Pierre Elkabbach plus partisan que journaliste, Ségolène Royal est revenue sur cette autre politique :

 

(1) Pour une autre gouvernance :

Car pour Ségolène Royal, « les Français veulent des réformes mais ils veulent des réformes justes, sérieuses et crédibles. »

Depuis l’élection présidentielle de 2007, Ségolène Royal prône une autre gouvernance totalement opposée à cette manière de faire de la politique que mène Nicolas Sarkozy, une forme dépassée ne permettant pas à la France d’avancer. Au contraire, Ségolène Royal veut une gouvernance moderne qui soit davantage à l’écoute des partenaires sociaux et des citoyens pour les associer aux réformes nécessaires. C’est un réel dialogue social qu’elle veut mettre en place et rompre avec cette forme de pouvoir bonapartiste qui ne fonctionne plus.

 

(2) Pour soutenir les potentiels de la France :

Ségolène Royal veut remettre les priorités « sur les secteurs d’avenir » pour la croissance verte. Car pour Ségolène Royal la France a énormément de potentiels ». « La France a de la matière grise, a des laboratoires de recherche, a des entreprises qui ne demandent qu’à aller de l’avant … ».

Ainsi dans la gestion de sa région Poitou-Charentes, Ségolène Royal a pu démontrer qu’une autre politique est possible pour soutenir les secteurs d’avenir. Elle a réussi à faire de cette région un laboratoire pour dynamiser ces nombreux nouveaux secteurs.

Très largement réélue à la présidence de cette région, elle doit cette réélection à cette politique menée et aux résultats obtenus.

 

Dans ses propositions et dans son action régionale, Ségolène Royal apparaît, dans la classe politique française, comme la personnalité la plus tournée vers l‘avenir. D’ailleurs, les attaques ne lui furent pas épargnées par ses adversaires conservateurs à droite comme dans son propre Parti. Des attaques qui ont pu faire douter certains électeurs. Il n’en reste pas moins vrai, que la socialiste incarne mieux que quiconque cette France tournée vers l’avenir capable d’accomplir les mutations nécessaires au monde contemporain.

A la veille d’une échéance électorale importante, l’élection présidentielle, si la socialiste a prévenu qu’elle ne voulait pas d’une bataille destructrice au PS, on peut toutefois s’interroger. Qui peut incarner avec autant de force un projet progressiste ? Qui d’autre en a réellement la volonté et la crédibilité ?

 

Philippe Allard

 

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7 septembre 2010 2 07 /09 /septembre /2010 10:03

 

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"Saturne [Cronos en grec] dévorant un de ses enfants" de Francisco Goya

 Comme Cronosla société française « dévore » ses enfants, elle les sacrifie au profit de ceux qui la dominent : les seniors et les adultes déjà insérés dans la vie active.

Dans un des entretiens récemment mis en ligne (consultable en cliquant ici), Bruno Laforestrie, PDG de la radio des quartiers Générations 88.2 et soutien de Ségolène Royal en 2007, déclarait à propos du « conflit d’intérêts » entre les classes d’âge de la société française :

« Sur le plan économique d'abord : notre société se caractérise par la concentration du patrimoine dans les mains des plus de 60 ans, d'un côté, et l'endettement public pour les nouvelles générations, de l'autre. Sur le plan des élites ensuite : le pouvoir politique, économique et culturel reste aux mains des plus vieux, notamment des baby-boomers. »

Un constat qu’on retrouve au niveau des retraites : Louis Chauvel, professeur à Sciences Po, expliquait dans Le Monde daté du 27 mai 2010 :

« C'est la force des idéologies que de fourvoyer les plus faibles, ceux qui n'y ont aucun intérêt, dans des directions qui leur seront néfastes. Le débat sur les retraites correspond bien à cela, puisque, à droite comme à gauche, les positions semblent en profonde contradiction avec la logique qui devrait guider les deux camps, à la défaveur des jeunes travailleurs, groupe social sans support politique. Du point de vue de la justice sociale, les retraités aisés doivent contribuer, mais, d'un point de vue pragmatique, ils en seront exonérés. C'est ici la conséquence du fonctionnement politique français, fondé sur un faux libéralisme qui réserve la liberté à ceux qui peuvent l'acheter et sur un faux socialisme qui a oublié ses enfants.

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Le scénario gris foncé de l'avenir des générations de jeunes actifs d'aujourd'hui se confirme. Il en résultera que les jeunes travailleurs d'aujourd'hui sont destinés à se contenter de faibles salaires nets, à rester les victimes d'un coût du travail exorbitant, à bénéficier au bout du compte de maigres pensions, à un âge tardif, dans un contexte où les négociations sur l'aménagement de postes de travail et de conditions moins pénibles pour les actifs vieillissants seront esquivées. »

Christiane Marty, du Conseil scientifique d’ATTAC (voir l’article Retraites : la place de la femme, plus de jeunes, les bonus, les stock-options et les actions gratuites), remarquait d’ailleurs dans sa note « L’enjeu de l’égalité entre les hommes et les femmes pour financer les retraites » d’avril 2010 :

« Dans son rapport de 2001, le COR insistait sur le fait que « Les taux d’activité et d’emploi ont une influence forte sur l’équilibre des régimes de retraite ». Il notait l’influence des « taux  d’activité de catégories particulières de la population, dont les évolutions ne sont pas simples à appréhender et qui pourraient être notables : les jeunes, les femmes et les salariés âgés » et pointait qu’il y avait là des marges de manœuvre. Depuis, il focalise sur le seul taux d’emploi des seniors, suivant en cela les préconisations de la stratégie européenne de l’emploi et de l’OCDE ».

Et les inégalités sont cumulatives, car la plus grande inégalité touche la catégorie « femmes » + « jeunes » : Bruno Palier et Najat Vallaud-Belkacem soulignent ainsi : « Notre société a fait de la jeune femme seule avec enfant la figure moderne du nouveau pauvre. »

De même, les jeunes cumulent les handicaps. Les conditions d’attribution du RSA « jeunes » récemment annoncé sont iniques : il faut voir moins de 25 ans et avoir travaillé 2 ans sur les 3 dernières années ! De même, Sarkozy et le gouvernement Fillon ont d’abord pensé s’attaquer aux niches fiscales concernant l’aide au logement étudiant et la demi-part fiscale, avant de reculer et de diriger leur réflexion vers le produit d’épargne phare des baby-boomers : l’assurance-vie. Tout un symbole.

Mais comme pour Cronos, qui fut précipité dans le Tartare par son jeune fils Zeus, le retour de balancier pourrait être sévèreBruno Laforestrie soulignait dans son entretien :

« Il faut s'attendre à une explosion de la "dynamite générationnelle" dans les prochaines annéesparce que le conflit d'intérêts entre générations est trop flagrant. Les partis politiques n'ont pas pris conscience de cette évolution. (…) Le PS ne s'est pas encore remis de la génération Mitterrand. A l'époque, il avait fait son marché chez les énarques - ils sont toujours là. (…) Côté UMP, il y a eu l'intuition, ces dernières années, de l'existence d'une fibre entrepreneuriale chez les jeunes des quartiers. Mais l'UMP s'est explosée à travers les débats sécuritaires et identitaires. »

Frédérick Moulin

-oOo-

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7 septembre 2010

Ne sacrifiez pas la jeunesse !

Il faut placer la solidarité entre les générations au coeur de la justice sociale

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Najat Vallaud-Belkacem

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Bruno Palier

Qui va payer la réforme des retraites ? La gauche et les syndicats l'ont martelé, et ils ont raison : les salariés modestes. La réforme est marquée du sceau de l'injustice sociale. Mais - on l'a moins entendu - elle est aussi injuste pour les jeunes générations. Elles vont payer trois foisCotiser plus, avec le recul de l'âge légal. Percevoir des retraites plus faibles, avec la montée en puissance des réformes Fillon et Balladur. Et, cerise sur le gâteau, le gouvernement siphonne les 34 milliards d'euros du Fonds de réserve des retraites qui leur étaient destinés : on prend ainsi aux actifs de demain pour donner aux retraités d'aujourd'hui...

A l'inverse, les retraités d'aujourd'hui voient, seuls, leur pouvoir d'achat préservé. Il y avait pourtant légitimité à leur demander de contribuer à proportion de leurs ressources, comme tous les autres, au bouclage financier du système : leur niveau de vie est désormais (légèrement) supérieur, en moyenne, à celui des actifs. Et il y avait un moyen juste : l'alignement de la fiscalité dérogatoire des retraités aisés sur celle des actifs. Est-il juste qu'Antoine Zacharias - ancien PDG de Vinci - , titulaire d'une retraite chapeau de 2,5 millions d'euros par an, paie une CSG minorée (6,6 %), inférieure à celle du salarié au smic (7,5 %) ?

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Les retraites chapeau de d'aujourd'hui, les retraites Sarko des jeunes demain

Il s'agirait d'un épiphénomène si cette iniquité entre générations était un cas isolé. Elle est au contraire une nouvelle manifestation de notre renoncement à investir dans l'avenirLe gouvernement sacrifie les jeunes générations qui n'ont pas voté pour lui et les générations futures au profit des générations actuelles. Toutes les politiques publiques en témoignent, et la mascarade du RSA jeunes ne saurait masquer cet état de fait.

Retraite, dépendance, santé : la collectivité investit toutes ses marges de manoeuvre financières dans des réformes au profit des générations âgées. Sans sous-estimer l'importance de ces sujets, est-il vraiment sain que la réforme des retraites soit " la réforme majeure du quinquennat ", comme l'a dit Eric Woerth ? La même semaine où le premier ministre confirmait que la réforme des retraites ne concernerait en rien les retraités actuels, y compris les plus aisés, le ministre de l'éducation diffusait une circulaire suggérant aux recteurs de réduire la scolarisation des enfants de 2 ans, d'augmenter le nombre d'élèves par classe, de mettre en oeuvre la suppression des intervenants en langues étrangères, etc.

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L'augmentation du nombre d'élèves par classe (dessin de Plantu)

Nous n'investissons plus dans les générations futures. Nous n'avons toujours pas démocratisé notre enseignement supérieur : à peine 30 % d'une classe d'âge sort diplômée de l'enseignement supérieur en France, contre plus de 50 % aux Etats-Unis, 80 % dans les pays les plus avancés - pays nordiques, Corée du Sud, Japon. Nous consacrons peu de financements à la recherche et au développement, à peine 2 % du PIB contre un objectif de 3 % prévu par l'Union européenne, plus de 3 % aux Etats-Unis, près de 4 % en Suède. Pire, l'effort éducatif global de la nation recule : 6,5 % du PIB en 2010, contre 7,5 % il y a dix ans - une baisse de près de 15 % !

La politique de l'emploi prend comme variable d'ajustement les moins de 30 ans. Face au chômage de masse, on a sacrifié les flux d'entrants pour préserver les stocks d'insiders. Résultat : un taux de chômage des jeunes exceptionnellement élevé (25 %), la multiplication des stages et des emplois précaires. Et une baisse des prétentions salariales : en moyenne, en 1975, les salariés de 50 ans gagnaient 15 % de plus que les salariés de 30 ans ; l'écart est aujourd'hui de 40 %. Depuis deux ans, ce sont d'abord les jeunes qui subissent les conséquences de la crise.

La politique du logement a aussi évincé les jeunes. L'immobilier a été capté par les générations âgées. 76 % des retraités sont propriétaires de leur logement. Par rapport à 1984, les jeunes d'aujourd'hui doivent travailler deux fois plus longtemps pour acheter ou louer la même surface dans le même quartier.

La politique fiscale est plus discrète mais encore plus inique : c'est une essoreuse à pouvoir d'achat pour les jeunes. Le quotient conjugal et le quotient familial sont des niches fiscales qui redistribuent 37 milliards d'euros par an des célibataires sans enfants (les jeunes, pour l'essentiel) vers les couples et les familles nombreuses. Le quotient familial organise une redistribution vers les familles les plus aisées. Lionel Jospin avait eu le courage de le plafonner. La déclaration par foyer fiscal (" quotient conjugal ") est une exception française : le passage à un paiement individualisé de l'impôt, comme partout ailleurs dans l'OCDE, redistribuerait 24 milliards d'euros par an vers les célibataires.

La dette publique achève de préempter l'avenir des jeunes, et donc de la société française dans son ensemble. 97 % du budget de l'Etat est consacré au fonctionnement. Autrement dit, la dette ne sert pas à préparer l'avenir mais à soutenir artificiellement le train de vie des générations actuelles. On a souvent dit que les générations futures paieraient. Ce n'est plus exact : le surendettement guette, on ne peut plus continuer cette cavalerie, ce sont donc les jeunes générations qui vont régler la facture : 1 700 milliards d'euros fin 2010, soit 27 000 euros par habitant.

dette publique

On rétorque souvent que les inégalités générationnelles sont moins importantes que les inégalités sociales ou de genre. Sans doute. Mais cela ne justifie pas de les ignorer. D'autant plus qu'inégalités sociales, inégalités entre les sexes et inégalités entre les générations tendent à se confondre : le taux de pauvreté des hommes âgés de 60-69 ans était en 2007 de 8,3 % et de 8,8 % pour les femmes tandis qu'il est de 17,2 % chez les jeunes garçons de 18 à 24 ans et 19,7 % chez les jeunes filles. Notre société a fait de la jeune femme seule avec enfant la figure moderne du nouveau pauvre, avec, dans ces conditions, toutes les chances de le rester.

A la veille d'une réforme à la hussarde des retraites et à la hache du financement de la dépendance qui devrait être largement confié aux assurances privées, nous voulons réaffirmer la valeur et l'importance de la solidarité intergénérationnelle comme coeur de la solidarité nationale. On ne peut continuer à diviser ainsi la société, en opposant toujours les intérêts des uns à ceux des autres : il n'y aura ni réforme juste sur le plan social ni respect de l'intérêt général sans un nouvel esprit de justice entre les générations, car c'est tous ensemble, ou pas du tout, que nous construirons la France de demain.

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"Les mères seules sont fortement exposées à la pauvreté [Keystone]", www.tsrinfo.ch

Nous appelons donc à une rénovation copernicienne des politiques publiques. Avec comme priorité une politique d'investissement social dans les générations futures : petite enfance, éducation, université, politique active de premier emploi, fiscalité et politique sociale projeunes... Investir dans notre capital humain est un impératif humaniste plus encore qu'économique : c'est ainsi que le pays s'est reconstruit après la seconde guerre mondiale. Une société qui, tel Cronos, dévore ses enfants, est une société qui signe son déclin et sa perte.

Bruno Palier, enseignant à l'Institut d'études politiques de Paris, membre du conseil scientifique de Terra Nova et auteur de " La Réforme des retraites " (PUF, 2010, 128 p., 9 €)

Najat Vallaud-Belkacem, adjointe au maire de Lyon, conseillère générale du Rhône, secrétaire nationale du PS chargée des questions de société 

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6 septembre 2010 1 06 /09 /septembre /2010 19:00

europe_ensemble-1-.jpgL'organisation du monde est aux grands ensembles : Chine, Inde, États-Unis, Brésil.

 

Face à ses grands ensembles la France ne peut faire face seule, il y a donc besoin d'Europe pour

construire le monde de demain car il n'y a pas de solution nationale seule. Nous avons besoin de

plus d'Europe, plus d'Europe politique, plus de fraternité entre les États membres. C'est pourquoi

nous devons défendre l'idée d'une fédération d'États nation si bien définie par Jacques Delors, et

aller vers les États-Unis d'Europe.

 

Les États-Unis d'Europe, dont Victor Hugo fut sans conteste l'inspirateur originel, constituent le

premier échelon d'une entreprise se voulant universelle.

 

L'idéal est de tendre vers une fédération européenne, mais nous sommes obligés de tenir compte de

la réalité historique et politique de notre vieux continent. Nous ne pouvons pas d'un revers de main

effacer 2000 ans d'histoire, chaque pays à sa propre histoire, ses propres cultures, ses propres

spécificités, c'est ce qui fait la richesse de l'Europe.

 

En revanche, il est tout à fait concevable de parler de fédération d'États nations et en cela le terme

d'États-Unis d'Europe reste parfaitement approprié et politiquement défendable. A mon avis, la

perspective la plus appropriée et certainement la plus aboutie est celle développée par Jacques

Delors.

 

Ségolène Royal a pris de court tous les autres responsables politiques en évoquant cette formidable

idée, elle est allée plus loin que le Manifesto et plus loin que le Traité de Lisbonne.

 

L'Europe traverse (notamment) une crise de sens depuis 1992, je crois que relancer ce débat de fond

est une très bonne opportunité pour apporter des réponses à cette crise et redonner enfin une

impulsion forte à la construction européenne qui stagne depuis des années.

 

Ce projet États-Unis d'Europe doit être bien ficelé pour qu'il recueille une majorité d'adhérents. Ce

projet est certes institutionnel mais c'est également, et peut-être avant tout, un projet politique. Je

pense que c'est comme cela qu'il faut le présenter pour qu'il soit approuvé par l'opinion. (Nous

savons que les projets institutionnels ne rencontrent guère de succès auprès de nos concitoyens).

Qui dit États-Unis d'Europe dit Constitution. L'Europe du XXIème siècle ne peut plus se contenter

de traités, il est temps de passer à la vitesse supérieure, de passer à une nouvelle étape de la

construction européenne, les Européens doivent y être préparés.

 

Bien entendu cette étape ne marquera pas la fin de l'Histoire de la construction européenne, mais

elle marquera la fin d'un processus, celui des crises institutionnelles qui bloquent les projets

politiques. Ce n'est certainement pas le traité de Lisbonne qui règlera les choses.

 

Viendra donc le temps de la rédaction de cette Constitution et du choix de ses auteurs. Soit on

préconise la mise en place d'un groupe de travail ad hoc comme la Convention qui a été chargée de

rédiger le Traité Constitutionnel Européen, soit on préconise la mise en place d'une véritable

Assemblée Constituante.

 

Cette Constitution ne peut être écrite loin des peuples, il faut lui donner une véritable légitimité. Le

Parlement européen transformé en Assemblée Constituante serait un symbole fort pour les peuples

d'Europe.

 

En 1988 François Mitterrand, dans sa Lettre à tous les Français, écrivait déjà : « On assiste à

l'immense brassage d'une Europe qui revient d'une longue absence. Aucune occasion d'aller plus

loin ne doit être manquée. Le rêve d'États-Unis d'Europe qui, depuis près de quatre siècles, hante

l'imagination de quelques visionnaires, commence d'éveiller la conscience des peuples.

Il n'est pas indifférent pour les Français de savoir si leur Président y pense ou non. Eh bien, j'y

pense et je le veux ».

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6 septembre 2010 1 06 /09 /septembre /2010 09:53
 
www.dailymotion.com
‎"Rassurez-vous, nous serons prêts pour 2012", a insisté, lundi sur Europe 1, Ségolène Royal.

 

Interrogée ce matin par Jean-Pierre Elkabbach sur Europe 1, Ségolène Royal appelle à l’efficacité gouvernementale.

Pour cela, elle a insisté sur trois points fondamentaux :

 

1) Le dialogue : un gouvernement moderne, comme dans les pays d’Europe du Nord, doit être à l’écoute des partenaires sociaux, de la population. Ségolène Royal a dénoncé « la brutalité », la violence » des mesures du gouvernement qui ne sait pas entendre les Français. Il n’est pas normal que les Français soient obligés de « descendre dans la rue » pour se faire entendre.

 

2) La justice : toute réforme doit montrer une réelle volonté de justice pour que les efforts soient bien répartis. Ainsi pour la réforme des retraites, Ségolène Royal demande au gouvernement de « retirer cette mauvaise réforme » pour garantir plus de justice en faisant notamment davantage participer les revenus du capital et en prenant davantage en compte la pénibilité du travail et le travail des femmes.

 

3) La responsabilité : pour la présidente de région, ce gouvernement est « irresponsable » avec la crise institutionnelle provoquée par l’affaire Woerth dont Nicolas Sarkozy est responsable , avec également l’absence de dynamique économique faute d’une réelle politique industrielle. Ségolène Royal demande au pouvoir en place de prendre des initiatives dans les secteurs d’avenir. Elle a insisté sur les potentiels de la France qui ne sont pas aidés, ne sont pas soutenus par le pouvoir actuel principalement pour la croissance verte.

 

Philippe Allard

 

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