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16 septembre 2010 4 16 /09 /septembre /2010 18:52

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Denis Weisser, conseiller régional et adjoint PS au maire d’Arcueil chargé du développement urbain et des finances, contact privilégié de Désirs d’avenir auprès de la mairie pour l’organisation de la 3ème Fête de la Fraternité, a accordé un entretien à la rédaction de Militants de l'Espoir à Gauche avec Ségolène Royal.

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La mairie d'Arcueil (FM pour MEAGSR)

C’était mardi en fin d’après-midi, à J-4 ; le  temps était splendide, un temps comme tout le monde en souhaite un pour samedi prochain. Du point de rendez-vous, la mairie, nous nous sommes rendus sur le principal site de la Fête : le parc départemental du Coteau. Nous y avons retrouvé Benoît Joseph Onambele, coordinateur national de Désirs d’avenir, et Jean Grillon, militant de Désirs d’avenir et du PS, pour quelques prises d’images. Le sujet de la Fête a longuement été abordé, mais aussi celui de la ville d’Arcueil et de la vie d’un élu en banlieue comme la conçoit Denis Weisser : politique par la preuveréduire la fracture urbaineêtre au service des autres et non se servirdynamique municipaledynamique du projet de la Fête, mobilisation et fédération, alors que le modèle social français est cassé par la Sarkozyetout cela en attendant la visite de Ségolène samedi à 16h…

Frédérick Moulin

-oOo-

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À gauche, la ligne jaune de la D61 par laquelle on arrive en venant du RER, on passe devant la mairie puis on tourne à gauche dans l'avenue François-Vincent Raspail ; après l'intersection avec l'Autoroute du Soleil, le rectangle vert bronze du parc du Coteau.

 

Avec tous mes remerciements à Denis Weisser pour son accueil chaleureux et amical, et à Benoît et Jean pour leur bonne humeur

 

MEAGSR : dans un des articles de votre blog vous avez écrit : « hier, nous étions plusieurs membres de l’équipe d’organisation de Désirs d’avenir », pourtant dans l’invitation de Ségolène à la 3ème Fête de la Fraternité, elle ne vous présente pas comme un adhérent de Désirs d’avenir, elle vous présente en tant que conseiller régional ?

Denis Weisser : oui, ça c’est normal. Mais je suis à Désirs d’avenir. Comme je dis souvent à mes amis, j’ai la chance, comme dit Ségolène,  d’être un pied dedans, un pied dehors. Un pied dedans c’est au PS, je suis effectivement conseiller régional, adjoint au maire à Arcueil, et puis je suis secrétaire fédéral du 94, ça c’est toute la machine interne de la maison Parti socialiste. Et puis j’ai la chance aussi d’être à l’intérieur de Désirs d’avenir, et Désirs d’avenir 94. J’y suis depuis l’origine, et on a travaillé pas mal depuis plusieurs années avec les amis de DA, depuis que DA est parti dans les différents territoires, et le 94 a été un des territoires qui est parti le plus tôt possible. J’ai fait partie de l’équipe, j’ai travaillé avec les amis et la dynamique sur la Fête de la Fraternité avec DA 94. C’est un vrai bonheur parce qu’on n’a pas à les motiver, puisqu’ils sont là dès le départ, ils trouvent ça valorisant.

J’ai été très séduit par le discours de Ségolène dès l’origine, c’est la seule personne qui pour moi, au sein du PS, est capable de faire bouger les lignes, comme le dit Jean-Louis Bianco dans son dernier article [Var Matin du 10 septembre et Le Dauphiné Libéré du 5 septembre 2010, NdlR], de relancer une dynamique. Alors évidemment, ça change les habitudes, ça pète un peu les repères, mais je pense qu’à gauche, on a besoin de tout ça aujourd’hui. Je suis quelqu’un qui reste très attaché aux valeurs, qui est loyal, certains de mes mais diraient maintenant Royal ! Loyal, c’est-à-dire qu’il faut beaucoup de cohérence dans ce qu’on fait, et quand Ségolène part sur un travail autour de la politique par la preuve, moi je me reconnais dans cet axe de vie politique

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Vu depuis les piliers de l'A6, l'espace de la scène principale, avec le chemin d'arrivée des artistes au fond (FM pour MEAGSR)

Vous arrivez sur le site. Donc vous allez avoir la scène principale qui va être là.

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Des tentes vont être dressées pour couvrir cet espace (FM pour MEAGSR)

Des tentes qui vont être dressées pour couvrir un peu tout cet espace-là. C’est la banlieue, avec la fracture urbaine qu’on peut connaître.

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Des tentes tout le long des piles de l'A6 (FM pour MEAGSR)

Là c’est pareil, on va mettre des tentes ici le long pour faire un accompagnement, mettre de la moquette ici, pour que les mamans et papas puissent pousser les landaus, et puis vous arrivez sur ce parc. Dans la continuité des tentes, là-bas on va avoir une estrade sur laquelle on va faire le coin dialogue, discussions, etc. Voilà. Et donc la scène principale, c’est marrant, là vous voyez, il n’y a rien, vous allez voir quand ça va arriver…

MEAGSR : oui c’est vrai que ça fait un peu vide pour le moment.

Denis Weisser : oui, ça fait vide, mais on voulait un espace aussi qui correspond à la banlieue. Ça, ce truc, c’est l’autoroute du soleil, c’est l’A6. Tout le monde se dit l’A6 c’est quoi ? Vu du dessus, c’est ce qui vous amène au soleil ; ils ont le bonjour d’Arcueil à chaque fois qu’ils vont dans le Sud ; et vu de la porte d’Arcueil, des Arcueillais, c’est ce qui a coupé la ville en 2 entre la partie du haut et la partie du sud, et donc il y a une fracture urbaine.

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L'A6, "l'autoroute du soleil", symbole de la fracture urbaine à Arcueil (FM pour MEAGSR)

Mon travail en tant qu’élu à l’urbanisme, c’est justement de raccrocher toute cette fracture urbaine qui a été vécue comme un traumatisme par nos habitants. Là, il y a le stade synthétique, où il y aura les enfants.

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Le gymnase et les vestiaires vus depuis les piliers de l'A6 (FM pour MEAGSR)

Il y a des gymnases qui sont là, des vestiaires qui sont là sur lesquels on fera un petit accueil, on a la piste ici qui remonte par le dessus, sur laquelle on fera arriver les artistes.

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Le gymnase et les vestiaires vus du côté du terrain de sport (FM pour MEAGSR)

MEAGSR : vous avez écrit dans un de vos articles qu’en fait Ségolène Royal vous avait téléphoné le 4 août, vers midi ?

Denis Weisser : c’est vrai ! J’étais chez ma mère en vacances. J’ai la chance d’être bien accompagné en terme familial. Je pense que quand on fait de la politique, vous avez différentes personnalités. Moi j’ai la chance d’avoir des gens, dans mon proche entourage, qui sont issus du monde ouvrier, du monde employé, attachés aux valeurs. Et quand Ségolène m’a appelé, j’ai pris le portable, j’ai décroché, et ma mère m’a dit juste avant de passer à table : « C’était qui ? ». Je lui répond : « C’était Ségolène Royal. ». Elle me répond : « Mais qu’est-ce qu’elle te voulait ? », vous voyez. Et je pense que quand on a la chance d’être accompagné par de la famille comme ça, ça vous permet … de rester à votre place.

MEAGSR : quelles ont été les principales étapes du projet pour la Fête depuis le 4 août ?

Denis Weisser : on avait toute la structure de comment on concilie le projet, ce qu’on avait déjà monté au niveau de la ville, c’était : « Pourquoi Arcueil ? ». Le premier coup de fil que j’ai reçu c’est bien évidemment Ségolène qui m’a donné le feu vert. Son message, ça a été simple : « Denis, c’est chez toi, tu fédères, tu appelles tout le monde, je vais faire une déclaration de presse dans l’après-midi, je veux que tout le monde soit au courant. » Donc j’ai pris mon téléphone et j’ai appelé tous les élus socialistes du secteur, en leur donnant l’exclusivité bien sûr, ce qui me paraissait tout à fait légitime. Il n’y a pas un élu socialiste qui a bloqué l’opération. J’ai bien évidemment appelé le maire d’Arcueil qui m’a dit que Ségolène l’avait appelé pour le remercier ; il n’était pas disponible, mais il a eu le message ; et tout ce vous avez trouvé sur la presse derrière. Et puis après, il y a eu toute la période travail, c’est-à-dire la mobilisation des gens, regarder ce que nous on pouvait faire, les contacts avec les fournisseurs, travailler avec les villes environnantes, regarder qui pouvait nous accompagner, travailler en relais avec la ville.

À partir de là, c’est une dynamique : on avait un peu réfléchi, après il fallait associer tout le monde. Donc la logique projet, comment on met en route aussi bien les élus, comment on peut bénéficier des dynamiques de ville, comment on peut à la fois bénéficier des conseils des amis. Arcueil n’a jamais fait une opération aussi forte, donc il faut se nourrir des expériences des uns et des autres pour pouvoir réussir cette opération-là. Le maire a été très clair, il a porté un certain nombre d’obligations, en disant : « Je ne reporterai pas les activités de ma ville pour la venue de Ségolène Royal et de Désirs d’avenir, donc mes gymnases resteront mes gymnases dédiés au sport, s’ils sont libres, je te les passe. ». Donc ils n’étaient pas libres, ils ont un match régional de basket je crois, et ça a été laissé en activité.

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Le cinéma Jean Vilar, ans le centre historique d'Arcueil

MEAGSR : on nous avait dit à un moment qu’il y aurait plusieurs sites à Arcueil ?

Denis Weisser : ici, c’est le site de la Fête. On sort du cinéma Jean Vilar, où là, le matin, il va y avoir des ateliers de 10h30 jusqu’à 12h30, au sein du cinéma Jean Vilar, le cinéma Jean Vilar étant le vieux centre d’Arcueil, le centre historique. Il y aura des ateliers dans deux salles, la grande salle, la plénière, où on a 220 personnes, et la petite salle à côté où on a 80 personnes. L’idée, c’est d’essayer de faire des débats et des explications un peu animés, militants, qui nous permettent d’accueillir 300 personnes, ça c’est le côté cocoon de la maison Désirs d’avenir. Après on a le centre Barbusse, où il y a le lieu de restauration si le gens veulent manger des sandwiches, puis il y a la ballade dans la ville. Moi je trouvais que c’était pas mal d’avoir un lieu excentré pour permettre aux gens de traverser la ville et puis de regarder. C’est une ville de banlieue, il faut la découvrir, en profiter, si les gens veulent s’arrêter, pour s’arrêter dans une pizzeria, un restaurant. On a prévu de mettre la liste des restaurants à côté, ça fait marcher le commerce local, les gens sont très contents. Il y a un petit marché des potiers samedi, pour la journée du patrimoine, beaucoup de choses se font sur Arcueil, il faut que les gens ils arrivent à s’immerger complètement dans la ville. Vous voyez, ce n’est pas une ville qui accueille seulement ; c’est plutôt une ville qui vit, elle accueille, et les gens la découvrent. Je pense que c’est bien dans le concept de la Fête de la Fraternité. C’est une ville de banlieue, c’est une ville qui vit et qui s’arrête pas. C’est comme ça qu’on fonctionne dans notre ville, et c’est aussi ce que j’ai essayé de faire passer le message et a priori le message a été reçu.

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Terrain de sport du parc du Coteau, avec au fond le viaduc de l'autoroute du soleil et la partie arcueillaise (DA Paris 15/FM)

MEAGSR : vous ne rencontrez pas de problème dans la dernière ligne droite pour la Fête ?

Denis Weisser : non ; vous savez, l’organisation d’un projet comme ça, ce qu’il faut c’est être dans une dynamique. La dynamique, elle existe. Ségolène est rentrée dans une phase médiatique, il y a aujourd’hui une phase d’unité, de rassemblement, il y a un côté : « Ça suffit ! », quoi, il faut qu’on s’arrête, ça casse de partout, le modèle social, et je pense que la coordination des élus de gauche actuellement va dans ce sens-là, et ça c’est une bonne chose. Il y a vraiment une dynamique. Avec la Fête, on arrive « just in time », juste au bon moment, et cette Fête de la Fraternité, je pense que c’est un moment qui peut marquer. Il faut amener de la vie, du bonheur aux gens, c’est ça l’essentiel du message qu’on a envie de faire passer : « Une ville vous accueille, c’est une ville comme une autre. ». C’est vrai qu’on a des particularités, c’est vrai qu’on est un peu en pointe, vous l’avez soulevé, sur la démarche participative. Je disais tout à l’heure, la démarche participative, elle est bien quand on a les moyens. Quand vous avez des moyens, vous pouvez offrir des choses aux gens, et vous pouvez leur donner des perspectives. C’est pour ça que c’est important que les collectivités locales puissent avoir des moyens, puissent avoir des partenariats, puissent travailler avec les départements, les agglomérations, la région. C’est ça la bonne dynamique qu’il faut entreprendre, c’est ça qu’on a envie de voir, ce ne sont pas une ville qui pleure et des gens qui sont tristes.

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Fête de la Fraternité : aller à la rencontre des Arcueillais, à l'occasion du Forum des sports et de la vie associative (FM pour MEAGSR)

MEAGSR : comment les Arcueillais perçoivent-ils la Fête de le Fraternité ? Comment la perçoivent-ils ?

Denis Weisser : on s’est réparti un peu les tâches sur la ville, parce qu’il risque d’y avoir pas mal de monde, donc il ne faut pas que les gens d’Arcueil aient l’impression d’avoir été oubliés. D’abord, on a commencé par ce qu’on fait habituellement toujours sur la ville, c’est-à-dire qu’on va à la rencontre des Arcueillais. On avait une opportunité sur le forum des associations, et donc on y a été, on a discuté, et puis comme ça a fait bouger les lignes, là aussi. Le Parti communiste a fait un certain nombre de remarques, qu’il a adressées au maire directement. En réponse j’ai préféré faire un article sur mon blog, ce qui correspond à dire : moi je suis pour une ville ouverte, je ne suis pas pour une ville s’opposant, je ne suis pas pour une ville sectaire, la ville, elle ne m’appartient pas, elle n’appartient pas au maire, elle n’appartient pas aux gens qui étaient avant ni qui étaient après nous. Je dis toujours aux gens : « Nous, on est de passage. ». Quand on est là, il faut agir, faire avancer, et il y aura des femmes, des hommes qui seront après nous pour faire certainement mieux que nous.

Arcueil Denis Weisser et Benoit Joseph Onambele

Denis Weisser et Benoît lors d'une prise de vue côté Gentilly (à l'opposé de l'A6 par rapport au terrain de sport) (FM pour MEAGSR)

Je suis joueur de rugby : on marque pas un essai tout seul. Moi je dis : jouer dans les lignes arrière. Je dis toujours à Benoît, mon truc, c’est de voir le trou. Voir le trou, passer les bras, me faire chopper aux jambes, passer la balle et ce sont les potes qui allaient mettre l’essai. Et je disais, il faut préparer les jambes, il faut avoir la vista, il faut avoir le coup de rein pour passer dans le trou, il faut passer la balle, et puis voir le copain qui va mettre l’essai. Et là vous prenez du plaisir, parce que vous savez que si le copain il va mettre près des barres, c’est parce que vous avez fait tout le boulot. Et c’est ça je pense, une équipe municipale. Le maire, il a une autre expression, il dit : « Etre dans une équipe municipale, c’est être dans un bateau. » Alors, on est parfois à la barre, on est souvent dans la soute. On monte ou on ne monte pas sur le bateau. La vie de nos villes, de nos départements, de nos régions, ce sont des vies avec une mer qui est plus ou moins agitée, qui bougent beaucoup. Si on ne veut être qu’à la barre, ça ne va pas le faire, parce que des fois, il faudra laisser le pilotage automatique puis descendre écoper. Et puis il faut avoir beaucoup d’humilité devant les éléments.

MEAGSR : avez-vous un message à passer à tous ceux qui vont venir à la 3ème Fête de la Fraternité ?

Denis Weisser : que la Fête soit belle, comme je l’ai écrit dans le blog ! Oui c’est du boulot, oui c’est comme tous les projets, on s’engueule, même avec mes amis les plus proches, et ça fait partie des projets. Après, il faut savoir où sont les valeurs. Les amis, c’est les amis, on n’est pas toujours là pour leur faire plaisir quand ça commence à ne pas aller. Et puis chacun sa place, c’est toute cette dynamique là qu’on met au service des autres, de la Fête de la Fraternité. Je fais partie des gens qui sont au PS depuis 1995, je ne suis pas un fanatique réputé, j’ai plutôt la tête préparée à raisonner, à travailler, c’est cette dynamique-là  qu’il faut mettre au service des autres. Ségolène dit une très belle phrase : « Quand on est élu, on est au service des autres, et on n’est pas là pour se servir. ». Il faut garder ça en tête quoi. Moi ma phrase c’est « On est de passage. ». Ça revient au même. C’est très difficile, la vie d’élu devient de plus en plus compliquée.

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15 septembre 2010 3 15 /09 /septembre /2010 16:57

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Viviane Reding, vice-présidente de la Commission européenne, lors de la conférence de presse le 14 septembre 2010 à Bruxelles

Après le vote par le Parlement européen, jeudi 9 septembre 2010, d’une résolution demandant à la France de « suspendre immédiatement toutes les expulsions de Roms » et condamnant une « rhétorique provocatrice et discriminatoire », après les fanfaronnades du gouvernement – Eric Besson avait déclaré ne pas avoir à se « soumettre à un diktat », car la « France applique scrupuleusement le droit communautaire » (!)le ton est monté à Bruxelles. La Commission, après débat approfondi, a pris la parole à travers sa vice-présidente Viviane Reding, la Commissaire luxembourgeoise à la Justice, aux Droits fondamentaux et à la citoyenneté.

Mme Reding a réalisé une intervention surprise hier lors de la conférence de presse accordée régulièrement par la Commission : la salle était presque videSes mots ont été sévères et durs pour la France, la langue française ne parvenant à retranscrire qu’imparfaitement la fermeté dont elle a fait preuve, et les journalistes ont pu entendre son poing taper sur le pupitre, alors qu’elle martelait « ma patience a des limites, trop c’est trop ».

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 Une salle de presse presque vide le 14 septembre 2010...

Deux éléments se trouvent au centre des critiques de la Commission : principalement les actions et le comportement des autorités françaises en France d’une part, avec comme élément révélateur d’autre part la non communication de la circulaire du 5 août 2010 (cliquez ici pour la lire), signée de la main du directeur de cabinet de Brice Hortefeux, et qui stigmatise les Roms ligne après ligne : le mot « Roms »  ou « roms » est cité 8 fois, notamment dans des expression comme « en priorité ceux des Roms ». L’attitude de Pierre Lellouche a également été épinglée, ainsi que la contradiction entre les dires de MM. Besson et Lellouche à Bruxelles et l’action du gouvernement français en France.

Viviane Reding a été très claire : la nouvelle circulaire signée de Brice Hortefeux, qui remplace celle du 5 août,  ne résout rien, il faut que les comportements, attitudes et actions du gouvernement français changent. Bien que les autorités françaises aient « le droit de soumettre dans les prochains jours leurs commentaires sur les nouvelles évolutions »Viviane Reding ne croit pas en la capacité du gouvernement français de changer de comportement dans ce laps de temps. Elle est « personnellement convaincue que la Commission n'aura pas d'autre choix que celui d'ouvrir une procédure d'infraction à l'encontre de la France », pour « application discriminatoire de la Directive sur la libre circulation par la France », ainsi que pour « défaut de transposition par la France des garanties procédurales et matérielles prévues par [cette] Directive ». Deux points qui sont des « valeurs fondamentales » de l’Union Européenne, la Commission étant la « gardienne des Traités de l’Union »La Commission devrait, selon Viviane Reding, finaliser sa position dans les 15 prochains jours.

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 La Commission européenne, "gardienne" des traités de l'Union

De fait, la machine judiciaire de l’Union Européenne est déjà enclenchée : si la déclaration de Mme Reding est un avertissement solennel avant action, elle est aussi l’exposé des motifs d’une éventuelle action en justice devant la Cour de Justice de l’Union Européenne, dans le cadre d’un recours en manquement (d’un Etat à ses obligations découlant des traités et du droit dérivé de l’Union). Les recours en manquement se sont multipliés au fil des ans ; dorénavant, la sanction au terme d’une procédure généralement longue peut être la condamnation à remplir ses obligations, et si les obligations de l’Etat membre persistent à ne pas être remplies, l’amende forfaitaire ou l’astreinte calculée. Le cas le plus célèbre pour la France est l’arrêt merluchon de juillet 2005, au terme de 14 ans de procédures, pour pêche de merlu de taille non conforme aux normes européennes : la France a été condamnée à une amende de 20 M€, plus 57 761 250 € d’astreinte par période de 6 mois de non conformité à compter de l’arrêté.

 Sans surprise, la France est sur le podium pour les recours en manquement : elle est sans gloire deuxième après l’Italie de Silvio Berlusconi  (615 recours, soit 18% du total), parmi les 6 membre fondateurs, et parmi les 27, entre 1952 et 2009, avec 389 recours sur 3420 (11,4%). À eux deux, la France et l'Italie représentent près de 30% des recours en manquement depuis 1952. Le 3ème pays est la Grèce (365 recours, 10,7% du total).

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 Viviane Reding interrogée par les journalistes français après la conférence de presse du 14 septembre 2010 (image France 2)

Viviane Reding, dans son bureau, face aux journalistes français après sa déclarations, a déclaré : « Je suis très en colère, il s’agit des valeurs fondamentales sur lesquelles depuis la deuxième guerre mondiale, on a construit notre Europe : plus de déportations en masse, on n’expulse pas un groupe ethnique ou un groupe racial, demain peut-être un groupe religieux, ou que sais-je, ça . ne . va . pas. Stop ! ».

Frédérick Moulin

 

Extrait de l'intervention de Viviane Reding (traduction française, BFM TV), vidéo intégrale en fin de texte

 

 

Viviane Reding

Vice-Présidente de la Commission européenne responsable de la Justice, des droits fondamentaux et de la citoyenneté

Déclaration sur l'évolution de la situation concernant les Roms

Bruxelles, le 14 septembre 2010

"La Commission européenne a suivi de très près l'évolution de la situation concernant les Roms en France, au cours des dernières semaines.

J'ai été personnellement choquée par des circonstances qui donnent l'impression que des personnes sont renvoyées d'un Etat membre de l’Union Européenne uniquement parce qu'elles appartiennent à une certaine minorité ethnique. Je pensais que l'Europe ne serait plus le témoin de ce genre de situation après la seconde guerre mondiale.

J'ai très clairement exprimé mes doutes concernant la légalité des mesures françaises, dans ma déclaration publique du 25 août, faite de commun accord avec le Président de la Commission, avec qui j'ai travaillé étroitement sur cette question pendant l'été.

Le 1er septembre dernier, j'ai, présenté avec le commissaire Andor et la commissaire Malmström, une analyse juridique préliminaire des mesures françaises, au Président Barroso et au Collège des commissaires.

Cette analyse préliminaire a souligné, entre autres, que la France serait en violation des lois de l'Union européenne si les mesures prises par les autorités françaises lors de l'application de la Directive sur la libre circulation, ciblaient un groupe particulier de personnes sur base de la nationalité, de la race ou de l'origine ethnique.

Le Collège des commissaires a tenu un débat approfondi sur cette question la semaine dernière à Strasbourg.

Lors d'une réunion formelle avec les ministres français Eric Besson et Pierre Lellouche, la Commission européenne, représentée par la commissaire Malmström et moi-même, a reçu des assurances politiques qu'aucun groupe ethnique spécifique n'avait été ciblé en France. Cela n'a pas permis de dissiper nos doutes.

C'est pourquoi mardi dernier, j'ai aussi envoyé une lettre formelle au ministre français Besson demandant des informations supplémentaires à envoyer rapidement à la Commission.

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Je regrette profondément que les assurances politiques données par deux ministres français mandatés officiellement pour discuter de cette question avec la Commission européenne, sont maintenant ouvertement contredites par une circulaire administrative de ce même gouvernement.

Le rôle de la Commission en tant que gardienne des Traités est rendu extrêmement difficile si nous ne pouvons plus avoir confiance dans les assurances données par deux ministres lors d'une réunion formelle avec deux commissaires et en présence de 15 fonctionnaires de haut niveau de part et d'autre de la table.

Vu l'importance de la situation, il ne s'agit pas d'un affront mineur. Après 11 ans d'expérience à la Commission, je dirais même plus, c'est une honte.

Soyons clairs : la discrimination basée sur l'origine ethnique ou la race, n'a pas de place en Europe. Elle est incompatible avec les valeurs sur lesquelles l'Union européenne est fondée. Les autorités nationales qui discriminent des groupes ethniques lors de l'application du droit de l'Union européenne violent aussi la Charte des droits fondamentaux de l'Union européenne, que tous les Etats membres ont signée, y compris la France.

Je trouve donc extrêmement troublant que l'un de nos Etats membres, à travers des actes de son administration, remette en question, de manière aussi grave, les valeurs communes et le droit de l'Union européenne.

Je souhaite aussi exprimer mon désaccord avec les déclarations faites hier par le Secrétaire d'Etat chargé des affaires européennes mettant en cause le rôle de la Commission européenne en tant que gardienne des Traités. Permettez-moi de rappeler le rôle de la Commission en tant que gardienne des Traités, qui est un des fondements de l'Union européenne – une Union qui existe, non pas par la force, mais à travers le respect des règles de droit adoptées par tous les Etats membres, y compris la France.

Je note que les autorités françaises elles-mêmes semblent prendre conscience que les événements de ce week-end les mettent dans une situation intenable. Je note également qu'hier après-midi, le ministre français de l'Intérieur a signé une nouvelle circulaire éliminant les références à un groupe ethnique spécifique. Nous sommes en train d'en examiner les conséquences juridiques. Il est important que ce ne soient pas seulement les mots qui changent mais aussi le comportement des autorités françaises. Je demande donc aux autorités françaises une explication rapide.

La Commission tiendra compte de l'ensemble des évolutions ainsi que de toute autre documentation pertinente, dans son analyse juridique définitive de la situation. Cette analyse juridique est conduite en étroite coopération par mes services, les services des commissaires Malmström et Andor, ainsi que le Service juridique du Président. Je m'attends à ce qu'elle soit finalisée dans les jours qui viennent.

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Je suis personnellement convaincue que la Commission n'aura pas d'autre choix que celui d'ouvrir une procédure d'infraction à l'encontre de la France, sur la base de deux motifs :

·       le premier : application discriminatoire de la Directive sur la libre circulation par la France ;

·       le second : défaut de transposition par la France des garanties procédurales et matérielles prévues par la Directive sur la libre circulation.

Bien sûr, je donnerai aux autorités françaises le droit de soumettre dans les prochains jours leurs commentaires sur les nouvelles évolutions. Toutefois, soyons clairs, ma patience a des limites, trop c'est trop. [en tapant du poing sur le pupitre]

Aucun Etat membre n'est en droit de s'attendre à un traitement spécial lorsque les valeurs fondamentales et le droit de l'Union européenne sont en jeu. Aujourd'hui cela s'applique à la France. Et cela s'appliquera de la même manière à tout autre Etat membre, grand ou petit, qui serait dans une situation comparable. Vous pouvez compter sur moi. "

 Ci-dessous, vidéo intégrale (ici en anglais, ces mots étant les seuls à faire foi en droit européen) : 

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15 septembre 2010 3 15 /09 /septembre /2010 15:08

6c25ef7d72bf1f6e508a84d2be5ea230-2-.jpgSégolène Royal,

 

j'étais très heureuse de vous écouter hier soir sur la 2, j'ai très bien compris tout ce que vous avez dit et c'est très important pour 2012 ; seulement quand j'ai entendu qu'ils avaient voté tout ça cette nuit, malgré tout ce qui s'est passé dans la rue, j'ai eu un grand crève-coeur ; j'ai 66 ans et j'ai eu ma retraite suivant les aménagements de rafarin et fillon, j'ai 675 euros de retraite en ayant mes 40 années puisqu'avant, c'était 37ans et demi, j'ai élevé mes enfants 9 ans et j'ai eu des petits boulots après, donc pour nos enfants ce sera pire ; je vous approuve donc pour continuer à combattre cette secte gigantesque, vous êtes formidable et je vous admirerai toujours, et vous soutiendrai également toujours, votre dévouée.

 

René

 

Courrier reçu sur le blog militant

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15 septembre 2010 3 15 /09 /septembre /2010 09:26

Principale voix de la fronde contre le pouvoir sarkozyste depuis plusieurs semaines, Ségolène Royal était l’invitée ce matin de Christophe Barbier sur LCI. Elle a pu revenir sur les trois crises qui secouent le pouvoir en place :

 

- Les affaires, « avec une affaire par jour, parfois même plusieurs affaires par jour » … « ni la France, ni les Français ne doivent couler avec ce gouvernement » selon la Présidente de région. Quant à la défense du pouvoir, revenant sur les affaires sous Mitterrand, la socialiste a rapidement renversé l’argument en constatant « l’aveu » du pouvoir pour se justifier.

 

- Sur l’expulsion des Roms, la socialiste est restée ferme alors que la France de Sarkozy « va sans doute être condamnée par la cour européenne de justice ». La France « puissance fondatrice » de l’Europe doit revenir aux valeurs de l’Europe. Ségolène Royal a vivement condamné « un gouvernement en campagne » qui préfère jouer « sur la peur » plutôt que de régler les vrais problèmes des Français dans la crise «  de la baisse du pouvoir d’achat, de la destruction des retraites, du chômage, de la peur des jeunes de ne pas trouver du travail et de la peur des anciens ». Elle a également insisté sur une autre politique possible contre les migrations de la misère.

 

- Sur la bataille des retraites, Ségolène Royal dénonce « une réforme injuste et dangereuse ». Dangereuse car la réforme va favoriser « la fuite vers les fonds de pension », « l’augmentation du chômage des jeunes » et « l’appauvrissement des seniors », principalement des femmes. Sur la réforme proposée par les socialistes, elle a invité "amicalement" les partis de la gauche à bien étudier les propositions socialistes et notamment la prise en compte de la pénibilité du travail pour permettre à ceux qui travaillent durement de pouvoir partir plus tôt à la retraite.

Ségolène Royal appelle les citoyens à venir nombreux à la fête de la Fraternité, samedi  à Arcueil, autour des valeurs de la République. Elle a annoncé que son discours porterait sur le redressement de la France et sur la jeunesse des quartiers populaires abandonnée par le pouvoir.

 

Philippe Allard

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14 septembre 2010 2 14 /09 /septembre /2010 20:16

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Pourquoi ?

 

Pour dire NON au désordre actuel, à cette politique injuste, à ce pouvoir de l’argent roi, à ces politiques qui se servent au lieu de servir, à ces paroles racistes, à cette France qui n’est plus France des droits de l’homme.

Il faudrait tout l’art d’un Claude Chabrol pour dépeindre cette famille sarkozienne, nous faire passer la porte et nous inviter à la table de cette comédie bourgeoise. Ils sont si propres au premier regard avec leurs costumes bien taillés, leurs belles paroles sur les plateaux de télévision, ce monde si bien, si policé à première vue. Mais, très vite, le décor devient beaucoup moins net et les beaux atours s’évanouissent derrière la peinture des êtres avec leurs mensonges, leurs trahisons, leur amour de l’argent, leur manque d’humanité et leur vilenie.

 

Dire Non et fraternité avec ces ouvriers jetés de leurs usines, avec ces femmes exploitées, avec ces jeunes qu’on oublie au fond d’un ghetto ou que l’on emprisonne, avec ce jeune dont le CV ne sera pas lu parce qu’il n’a pas la bonne adresse ou le bon profil, avec ces familles que l‘on chasse sous le regard de la presse, avec ce père qu’on arrête sous les yeux de son fils, avec ce travailleur sans droit parce qu’il vient d’ailleurs sans papiers. Et au-delà de nos frontières, dire non et fraternité avec ces peuples que l’on exploite pour servir la finance, avec ces familles qui ont perdu leur enfant dans les flots pour un rêve de France ou d‘Europe, avec ces hommes et ces femmes emprisonnés pour leurs pensées ou pour ce qu’ils représentent d’espoir, avec ce journaliste pris en otage, avec cette femme que l’on voudrait lapider.

 

Pour dire OUI à la volonté de combattre pour une société plus juste, oui à celles et ceux qui ne se résignent pas, oui à cette femme qui n’a jamais accepté de se taire depuis Charlety acceptant de casser une image pour condamner, s’élever et convaincre.

Il nous faudrait tout l’art d’un Claude Sautet pour dépeindre toute l’humanité de ce combat, pour accompagner cette vie politique avec ses petites et ses grandes trahisons, ces moments de peines dans la défaite et ces moments de joie dans la victoire. Suivre cette colère lorsque les politiques oublient l’humain derrière les chiffres, les codes et les lois. Cette colère saine qui redonne au mot socialisme toute la force d’un Jean Jaurès qui a su concilier combat et humanité. Suivre ces regards face à ces hommes qui voudraient l’abaisser pour mieux détruire sa force, ce regard vers ce journaliste qui lui propose une question « simpliste » pour une femme de combat.

Dire Oui et fraternité avec tous les individus, les groupes et les peuples en lutte pour un monde plus juste, avec ces ouvriers qui résistent pour maintenir leur emploi, avec cette femme qui ose dire non pour rester digne, avec ce député qui prendra la parole pour s’opposer, avec ces ouvriers sans papiers qui osent faire grève malgré la menace de l‘expulsion, avec ces jeunes qui dénoncent l’exclusion et le racisme, avec cet homme et cette femme qui se battent pour être acceptés malgré leur handicap, avec tous ceux et celles qui luttent et ne veulent pas lâcher prise. Et au-delà de nos frontières, dire oui et fraternité avec ces ouvriers en grève malgré la dictature, avec ces peuples en lutte pour la liberté, avec ces anonymes qui ont su d’un geste ou d’un mot montrer le chemin de l’humanité en dénonçant la barbarie, l’aveuglement, l’indifférence.

 

Samedi, je serai à la fête de la Fraternité à Arcueil.

 

Philippe Allard

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13 septembre 2010 1 13 /09 /septembre /2010 15:42

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Ségolène Royal était l'invitée de Dimanche soir Politique, l'émission politique de France Inter en partenariat avec I>TéléLe Monde et Dailymotion. Elle était interviewée par Jean-François Achilli de France InterFrançoise Fressoz du quotidien Le Monde, et Jean-Jérôme Bertolus d'I>Télé. Elle a repris ce qui avait fait la force de son intervention dans l'émission "À vous de juger" sur France 2 jeudi 9 septembre au soir : un discours pédagogique et explicatif, clair et logique, articulé autour de phrases comme "Pourquoi...?"/"Parce que...", de "Est-ce juste? Non." démonstratifs et explicatifs.

Les arguments défendus dimanche soir ont été repris, et développés sur certains points : le détail des revenus du capital susceptibles d'être taxés (suppression d'avantages fiscaux et de niches fiscales : bonus, stock options, intéressement et participation qui sont en fait des salaires, niche Copé - exonération d'impôt pour les plus-values sur cessions de filiales, ...). Elle a aussi précisé sa pensée sur la remise en cause des exonérations sociales accordées aux entreprises, se basant sur la Cour des Comptes : ce sont 15 milliards d'euros d'exonérations qui seront supprimés, soit la moitié du total. Une taxation accrue de la valeur ajoutée sera également mise en place.

D'autre part, Ségolène Royal s'est employée avec succès à démonter les critiques de l'UMP qui ont fait suite à son intervention dans l'émission "À vous de juger", comme l'assertion assénée par le gouvernement : « C'est le miroir aux alouettes parce que ça fera des petites pensions, parce qu’on ne peut plus financer le régime en restant à 60 ans. »

F.M.

 

 

 

(Extrait)

Jean-François Achilli : alors Ségolène Royal, parlons des retraites. Vous avez fait sensation jeudi soir dans l’émission « À vous de juger » sur France 2. On attendait d’ailleurs Martine Aubry, et c’est vous qui êtes apparue, pour annoncer un retour aux 60 ans, on va s’expliquer là-dessus, si d’aventure la gauche est élue en 2012. « Miroir aux alouettes » vous a dit ce matin Eric Woerth, qu’est-ce que vous lui répondez ?

Ségolène Royal : je crois que ce qui vient de se passer est extrêmement grave à l’échelle de l’histoire de la sécurité sociale, puisque c’est la première fois depuis 1945 que la roue de l’histoire tourne à l’envers et qu’il y a aujourd’hui une telle régression, c’est à dire que la droite est revenue sur un des acquis sociaux très importants pour les Français, et cela sans raison. Et il faut que la droite sache aujourd’hui, que les Français sachent, qu’au moment où cette majorité, ce gouvernement en place a le sentiment d’avoir signé l’arrêt de mort de la retraite à 60 ans, et l’arrêt de mort de la retraite à 65 ans, car n’oublions pas aussi la régression sur ce plan là, il faut qu’il sache, que les Français sachent que nous ne laisserons pas faire, et que bien évidemment, nous rétablirons le droit pour tous les travailleurs, à pouvoir partir à l’âge de 60 ans, parce que ça n’est que justice.

Jean-François Achilli : justement, Françoise Fressoz.

Françoise Fressoz : alors, le gouvernement dit : « C'est le miroir aux alouettes parce que ça fera des petites pensions, parce qu’on ne peut plus financer le régime en restant à 60 ans. » Qu’est-ce que vous répondez à ça ?

Ségolène Royal : alors de quoi s’agit-il ? D’abord qu’a fait le gouvernement là, dans cette réforme, si on résume ? D’abord, il a taxé le travail, puisqu’il demande aux Français de travailler plus longtemps pour ne pas avoir une retraite supérieure. C’est d’ailleurs tout le contraire de ce qu’avait dit Nicolas Sarkozy, il y a un double reniement, le reniement car il avait dit qu’il ne toucherait pas à la retraite à 60 ans, qu’il n’avait pas reçu mandat des Français pour le faire, et double reniement aussi puisqu’il avait dit : « Les Français pourront travailler plus pour gagner plus ». Là c’est le contraire puisqu’il impose aux Français de travailler plus longtemps, et aux plus modestes d’entre nous, ceux qui ont des petits salaires ou des moyens salaires, qui vont gagner donc une retraite inférieure s’ils s’arrêtent de travailler plus tôt, et une retraite équivalente à condition de travailler plus longtemps. Donc c’est une taxe sur les salaires…

Françoise Fressoz : oui mais en même temps le projet du Parti socialiste prévoyait un prélèvement aussi sur les salaires pour financer la retraite ?

Ségolène Royal : mais il y a deux choses aujourd’hui. Il y a le gouvernement qui agit, et il y a le Parti socialiste qui agira, je l’espère, après 2012. Regardons d’abord ce que les Français subissent aujourd’hui. Ils subissent donc une taxe sur les salaires, ils subissent ensuite une baisse des retraites, or depuis la réforme Fillon, il y a déjà eu 20% de baisse des retraites, 20% c’est considérable. Rappelons que l’actuel président de la République avait promis pendant la campagne présidentielle, vous vous en souvenez, d’augmenter le minimum vieillesse et d’augmenter les retraites de 25%. Là, il ne les a pas augmentées, il a baissé déjà, avec la réforme Fillon, de 20%, et là, avec cette réforme qui vient d’être adoptée par l’Assemblée Nationale – et manifestement, il ont l’intention de ne pas bouger – c’est une nouvelle baisse de 15% des retraites qui vient d’être imposée par le gouvernement. Donc finalement les salariés, ils sont condamnés à la triple peine. Triple peine parce que déjà ils subissent la crise économique, donc ils subissent les licenciements, ils subissent là, avec cette réforme, une taxe sur les salaires, et ils subissent une baisse du niveau des retraites, et c’est la raison pour laquelle les socialistes ont dit qu’ils rétabliront la retraite à 60 ans, ça n’est que justice.

Françoise Fressoz : et pour tout le monde ?

Jean-François Achilli : ce sera un argument de campagne, non ?

Ségolène Royal : mais ce qui m’étonne, c’est que vous soyez étonnés. Ce qui m’étonne, c’est que des arguments aussi peu honnêtes que ceux de Monsieur Fillon…

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Françoise Fressoz : oui, mais il y a d’autres argument qui est l’allongement de la durée de l’espérance de vie, on se dit que finalement, ce n’est pas une régression sociale de demander à ceux qui le peuvent plus de travailler plus longtemps, puisqu’on vit plus longtemps, ce n’est peut-être pas forcément une remise à …

Jean-François Achilli : est-ce que vous les validez, ces arguments là, vous êtes d’accord avec ça ?

Ségolène Royal : mais, attendez, mais de quoi parle-t-on ? Qui part aujourd’hui à la retraite à 60 ans ? Qui part à la retraite à 60 ans ? Je vous écoute.

Françoise Fressoz : pas beaucoup de monde.

Ségolène Royal : 300 000 personnes. Pourquoi partent-ils à la retraite à 60 ans ?

Jean-Jérôme Bertolus : parce qu’ils ont fait toute leur carrière. Mais Ségolèn Royal, justement, vous êtes très polarisée sur les 60 ans. Vous savez que par exemple, au sein des syndicats, au sein de la gauche, au sein même de la droite, certains se disent que la mesure la plus injuste, ce n’est pas de passer de 60 à 62 ans, c’est de passer de 65 ans à 67 ans pour la retraite à toux plein. Ma question est très simple : est-ce que sur cette borne d’âge, de 65 à 67 ans, vous pourriez trouver, avec peut-être la droite modérée, ou en tout cas la droite qui s’interroge, un terrain d’entente, que ce soit à l’Assemblée ou peut-être au Sénat ?

Ségolène Royal : allons jusqu’au bout de l’explication, parce que les auditeurs qui nous écoutent et les téléspectateurs qui nous regardent ont été pris par une propagande gouvernementale qui ne correspond pas à la réalité et qui n’a eu que pour seul objectif que de faire peur aux Français, en leur faisant croire qu’il n’y avait pas d’autre solution que de remettre en cause la liberté d’accéder à 60 ans et le droit d’accéder à 65 ans, les deux régressions sont étroitement liées. Et quand je parle de plus grande régression sociale depuis 1945, j’inclus bien évidemment le report de 65 à 67 ans, la possibilité d’accéder à taux plein. Ça va frapper qui ? Derrière les chiffres, il y a qui derrière les chiffres ? Il y a les femmes, qui ont déjà des retraites très inférieures à celles des hommes, qui ont des durées de carrière incomplète, et qui vont devoir travailler jusqu’à 67 ans pour avoir accès. Est-ce que c’est juste ? C’est profondément injuste.

Jean-Jérôme Bertolus : mais est-ce que tout le monde…

Ségolène Royal : attendez, attendez, laissez-moi s’il vous plaît, c’est très important. Pourquoi c’est très important ? Parce que quand le gouvernement dit : la retraite à 60 ans, c’est la baisse des retraites, ça n’est pas la vérité, c’est ce ce qui vient de se passer aujourd’hui qui correspond à une baisse du niveau de retraite. Et nous remettrons la retraite à 60 ans, et l’accès à la retraite à 65 ans à taux plein, tout simplement parce que ceux qui prennent leur retraite à 60 ans sont ceux qui ont les durées de cotisations complètes. Est-ce injuste de pouvoir profiter de la retraite après avoir cotisé 40 années, 40 années et demie, 41 années ?

Françoise Fressoz : c’est pas un problème de justice, c’est un problème de financement aussi, c’est un problème de financement, vous l’alternative, dans votre financement, c’est quand même des prélèvements en plus sur les revenus du travail et sur les revenus du capital. Et la droite vous répond : est-ce qu’on peut taxer massivement le capital et le travail alors que l’emploi est faible, et que la croissance est faible ?

Jean-François Achilli : est-ce que cela signifie impôts en plus à terme ?

Ségolène Royal : mais pas du tout. Ce n’est pas un impôt en plus que de demander aux gens de travailler plus longtemps ? Là il y a une taxe qui est en train d’être mise sur le salaire, et sur les bas et moyens salaires. Est-ce que c’est juste ? Nous, nous disons, il y a d’autres sources de financement. Là, nous avons un besoin de financement pour les retraites de 35 milliards d’euros, 35 milliards d’euros c’est l’équivalent de la totalité des exonérations sociales dont bénéficient les entreprises. C’est la Cour des Comptes qui vient de le dire.

Jean-Jérôme Bertolus : il faut remettre à plat ces exonérations sociales dont bénéficient les entreprises ?

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Ségolène Royal : il faut remettre à plat ces exonérations sociales, et ce que propose la Cour des Comptes, c’est d’en récupérer la moitié, c’est-à-dire 15 milliards, c’est-à-dire plus que le coût de la remise en cause de la retraite à 60 ans, et de la retraite à 65 ans. Donc quand le gouvernement dit pour faire peur aux Français, et on verra pourquoi on cherche à faire peur aux Français, quand il dit, c’est incontournable, le système est en faillite, il ne dit pas la vérité. Ce qu’ils veulent c’est 3 choses.Pourquoi est-ce qu’il y a une remise en cause de la retraite à 60 ans et de la retraite à 65 ans ? D’abord parce que c’est idéologique. Cette droite-là, cette droite libérale, je pense d’ailleurs qu’elle n’est pas suivie par la droite qui a participé au Conseil National de la Résistance, par la droite gaulliste, qui n’accepte pas la remise en cause de la sécurité sociale. Donc il y a une remise en cause symbolique d’un droit social fondamental.

Françoise Fressoz : mais Ségolène Royal, quand vous entendez Dominique Strauss-Kahn dire : la retraite à 60 ans, ça ne peut pas être un dogme, qu’est-ce que vous répondez ?

Ségolène Royal : je réponds que la destruction de la retraite à 60 ans et de la retraite à 65 ans ne doivent pas non plus être un dogme. Et je réponds que ce qui compte, c’est la justice sociale et le droit des salariés qui ont travaillé longtemps, qui ont leur durée de cotisation, c’est le pacte social, quand il sont entrés dans la vie active, on leur a dit au bout de 40 ans et demi vous pourrez partir [à la retraite] à l’âge de 60 ans, ils ont commencé à travailler à 16 ans, à 17 ans, à 18 ans, à 20 ans.

Jean-François Achilli : mais tout le monde est d’accord avec vous à gauche, Ségolène Royal ? tout le monde est d’accord avec vous à gauche ? Françoise Fressoz citait à l’instant DSK, il y en a d’autres qui se sont exprimés également là-dessus.

Ségolène Royal : mais pas seulement à gauche. Bien sûr que tout le monde est d’accord à gauche. [« Ah non apparemment non » JFA « M. Collomb n’est pas d’accord avec vous, enfin… » JJB] Mais ce sont surtout les Français qui sont massivement d’accord avec ce sauvetage d’un droit fondamental.

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Ségolène Royal face à Jean-Jérôme Bertolus

Jean-Jérôme Bertolus : justement, vous dites effectivement, la plus grande attaque sur la sécurité sociale depuis 1945. On voit quand même en face un gouvernement, notamment par la voix de François Fillon, on va dire pour user d’une expression connue, relativement droit dans ses bottes, est-ce qu’on peut craindre une véritable crise sociale, est-ce vous avez cette même, je dirais, crainte, ou je ne sais pas s’il faut l’appeler crainte, que Bernard Thibault, qui a dit qu’on arrivait véritablement à un blocage ?

Ségolène Royal : il faut une très forte mobilisation. C’est un combat social majeur. Les Français sont massivement révoltés par ce qui se passe. Pourquoi est-ce que ce gouvernement de droit ne recherche-t-il pas d’autres sources de financement ? Pourquoi ne recherche-t-il pas d’autre source de financement ? Parce qu’il ne veut pas faire payer les détenteurs du capital.

Jean-Jérôme Bertolus : vous pensez que la rue peut faire fléchir le gouvernement, Ségolène Royal ?

Ségolène Royal : il faut mener tous les combats, et je pense que si nous sommes très, très nombreux dans les prochains mouvements sociaux, le gouvernement reculera. Et je vais vous dire, si le gouvernement ne recule pas, à ce moment-là c’est en 2012 qu’il faudra le faire reculer parce que nous nous rétablirons ce qui correspond à la justice élémentaire, à l’équilibre entre le travail et le capital, et parce que surtout d’autres solutions existent. Alors, j’entends dire François Fillon, dire, mais nous faisons une réforme … ils ont dit 3 choses : nous faisons une réforme courageuse, nous faisons une réforme qui finance la totalité des besoins de retraite jusqu’à 2050 [« Non, non, 2018 » JJB] et nous faisons une réforme juste. Prenons le premier point. Est-ce que c’est une réforme courageuse ? Est-ce que vous trouvez que c’est courageux de s’en prendre aux salariés et parmi eux, aux plus petits salariés, aux petits et aux moyens ? Non. Est-ce qu’il n’y a pas même une forme de lâcheté à s’en prendre aux plus faibles ? À ceux qui ne peuvent pas se défendre ? À ceux pour lesquels la retraite est le seul patrimoine ?

Françoise Fressoz : [il a pris] un tas de dispositions pour les petites retraites…

Ségolène Royal : un tas de dispositions… ce qui aurait été courageux [« Pour les carrières longues » FF] Je vais vous dire ce qui aurait été courageux de la part de ce pouvoir. C’est de s’en prendre à ceux qui les soutiennent. C’est de supprimer le bouclier fiscal. C’est enfin de regarder quels sont les revenus du capital. [Ségolène Royal couvre la voix de Françoise Fressoz] C’est enfin de faire en sorte que ce pouvoir financier, qui a aujourd’hui le pas sur le pouvoir politique, puisse rendre des comptes, [« Mais c’est quoi les revenus du capital ? » JJB] puisse être soumis à la même exigence que les revenus du travail et puisse contribuer simplement au pacte social.

Jean-François Achilli : Dominique de Villepin parle aujourd’hui de faire un effort supplémentaire sur les dernières tranches de l’impôt sur le revenu – 7 milliards dit-il – sur les revenus du capital, les stock options, vous partagez ce point de vue ? Vous seriez d’accord avec lui là-dessus ?

Ségolène Royal : mais, c’est ce que je vous disais tout à l’heure, je pense qu’il y a une partie de la droite républicaine qui n’accepte pas que la sécurité sociale, qui a été mise en place après la guerre, se retrouve ainsi fragilisée.

Jean-Jérôme Bertolus : vous répondez pas à Jean-François Achilli, c’est quoi les revenus du capital, c’est les stock options ? c’est l’assurance vie ? les Français aimeraient bien savoir quand même parce que c’est pas… alors dites nous un petit peu c’est …

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Ségolène Royal : mais les Français le savent, les Français le savent, les revenus du capital – d’ailleurs c’est intéressant de voir que le projet gouvernemental est à ce point vide de sens, ne résout absolument pas la question du financement puisque vous l’avez vu, même la présidente de la Caisse Nationale d’Assurance Vieillesse a souligné que la réforme Fillon ne finançait les retraites que jusqu’en 2013, c’est à dire juste au lendemain comme par hasard de l’élection présidentielle, et j’observe que maintenant tout le monde se tourne vers les socialistes pour connaître quel seriat le contenu d’une réforme juste.

 Jean-François Achilli : alors qui allez-vous taxer et comment ?

Ségolène Royal : alors, ce que nous taxons, nous l’avons dit, ça n’est pas nouveau, d’abord nous taxons tous les bonus et les stock options ; c’est pas d’ailleurs des taxes supplémentaires contrairement à ce qui a été dit, c’est la suppression d’avantages fiscaux, de niches fiscales et d’avantages fiscaux…

Françoise Fressoz : alors il y a une polémique sur le financement, vous dites : « Ça rapporte 2 milliards. », et on dit que l’assiette c’est 2 milliards, donc ça ne peut pas rapporter autant.

Ségolène Royal : non il n’y a pas de polémique … il n’y a pas de polémique, ce n’est pas la peine de s’embrouiller, il n’y a aucune polémique. Il s’agit, d’ailleurs la Cour des Comptes l’a dit, il s’agit de supprimer tous les avantages fiscaux, niches fiscales dont bénéficient les revenus du capital. C’est quoi très concrètement ? Les bonus et les stock options, qui échapperaient ainsi aux exonérations, l’intéressement et la participation, 3 milliards d’euros…

Françoise Fressoz : qui frappe les salariés…

Jean-Jérôme Bertolus : donc là vous frappez l’intéressement et la participation, quand même qui …

Ségolène Royal : mais ce n’est pas qu’on les frappe. D’ailleurs il y a un consensus…

Jean-Jérôme Bertolus : il y a certains salariés qui considèrent que c’est une conquête sociale quand même.

Ségolène Royal : pas du tout. Pas du tout. Attendez, si vous parlez tous ensemble… vous dites à la fois que les Français ont besoin de connaître, et en même temps vous parlez tous ensembles.

Jean-François Achilli : allons-y.

 Ségolène Royal : sur ce point concernant l’intéressement et la participation, les représentants des salariés sont d’accord. Pourquoi ? Parce qu’il s’agit simplement de supprimer un avantage fiscale qui est un avantage indu. C’est un salaire, l’intéressement et la participation. Donc la question de savoir si ce salaire doit participer aux cotisations, c’est la cohérence et la justice élémentaires. Ensuite, nous remettrons en cause la niche Copé. C’est qui la niche Copé ? C’est la défiscalisation des plus-values sur les cessions de filiales. Avouez qu’il y a là quand même un enrichissement sans cause qui n’est pas justifié. Et enfin, nous augmenterons la contribution sur la valeur ajoutée.

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13 septembre 2010 1 13 /09 /septembre /2010 02:15

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Photo : Flickr/mattingham

L’avion pollue-t-il plus que la voiture, et a fortiori le train ? Audrey Garric, pigiste pour Le Monde Economie, LeMonde.fr et Libération (voir sa présentation en fin d’article) réalise une courte analyse sur la question, suite à une étude publiée récemment dans Environmental Science & Technology, une courte analyse dont il ressort surtout que le problème est bien plus complexe qu’il n’y paraît.

Ainsi, Audrey Garric effectue un calcul comparatif d’équivalent CO2 avion/voiture sur le trajet aller-retour Paris-Toulouse, aboutissant à un écart de 25% en faveur de la voiture. Mais la réalité est plus complexe : la voiture parcourt 1 360 km contre 1 178 km pour l’avion au trajet plus rectiligne. L’écart au km parcouru est donc supérieur à 25%...

Autre facteur : les Gaz à Effet de Serre (GES). Le CO2 n’est pas le seul GES : le principal GES est … la vapeur d’eau (72%) ! L’aviation a un impact sur l’ozone (O3), un GES, et émet « de nombreux gaz et matières polluantes ».

Enfin, comme souvent en matière d’écologie, le facteur temps est primordial : l’écologie nécessite une réflexion à long ou très long terme, le contraire de notre société de profit à court terme.

F.M .

-oOo-

Quel est l’impact des avions sur le changement climatique ?

Par Audrey Garric

D’après vous, quel est le moyen de transport le plus polluant ? 1/ L’avion. 2/ La voiture. 3/ Le train. Vous choisissez la première option ? Moi aussi ! Combien de fois n’a-t-on pas lu que les oiseaux de fer sont les vilains petits canards des transports, la faute aux tonnes de carburant qu’ils consomment avant de les régurgiter sous forme de CO2 ? Pour s’en convaincre, un petit tour par le site Action Carbone permet de calculer qu’un aller-retour Paris-Toulouse émet 350 kg d’équivalent CO2 en avion contre 280 kg pour la voiture. Sans compter les traînées de condensation ou les oxydes d’azote qui augmentent la concentration d’ozone. Eh bien, ces résultats ne sont valables qu’à court-terme. Sur le long-terme, les trajets en voiture contribuent davantage au réchauffement climatique que les vols sur une même distance parcourue.

Ces résultats pour le moins étonnants proviennent d’une étude que j’avais totalement manquée… Ces recherches, publiées en juillet dans la revue Environmental Science & Technology et financées par l’Union européenne, comparent les effets sur le climat des différents modes de transport à l’échelle mondiale.

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Sur le court-terme, à savoir dans les cinq années qui suivent un déplacement, l’impact de l’avion sur le changement climatique est en moyenne cinq fois pire que celui de la voiture alors même qu’il représente seulement 16% du volume total de tansport des passagers contre 51% pour la voiture et qu’il consomme 4,5 fois moins de carburants que les automobiles en volume total sur une année. Mais si l’on prend une période de vingt ans comme référentiel, les résultats s’inversent et l’avion provoque une augmentation des températures moindre.

La raison ? L’impact sur l’ozone et les nuages des avions est très élevé du fait qu’ils volent à haute altitude et qu’ils émettent de nombreux gaz et matières polluantes. Mais les particules de pollution finissent par se dissiper avec le temps. Au contraire, “les déplacements en voiture émettent davantage de CO2 que les voyages par avion par voyageur-kilomètre. Le CO2 reste dans l’atmosphère plus longtemps que tout autre gaz, aussi les voitures ont-elles un impact plus dangereux sur le changement climatique à long terme”, explique Jens Borken-Kleefeld, l’auteur principal de l’étude. A long-terme, l’impact de l’avion et de la voiture reste toutefois environ trois fois supérieur à celui du bus ou du train.

Au-delà de l’intérêt purement scientifique, ces résultats prouvent que l’empreinte écologique doit se comprendre dans un large rapport au temps.

Audrey Garric

Blog éco(lo) - chroniques pour une économie sociale et durable d’Audrey Garric, vendredi 10 septembre 2010

-oOo-

À propos d’Audrey Garric

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Ici, vous ne trouverez ni théoricienne de l’économie, ni écolo pure et dure. Mais l’économie et l’écologie m’interpellent.

De quelle manière les évolutions technologiques peuvent-elles nous permettre de réduire notre empreinte écologique tout en maintenant notre qualité de vie ? Comment augmenter la productivité d’une entreprise tout en respectant les salariés et l’environnement ? A partir de reportages, interviews, portraits, analyses et même jeux, je tenterai de relayer l’actualité économico-écologique. Sans aucune prétention d’exhaustivité. Juste une sensibilité. Et beaucoup d’histoires.

Graines de bio…

Originaire de la Ville rose, j’ai passé deux ans à l’Ecole supérieure de journalisme (ESJ) de Lille après des études à l’Institut d’études politiques (IEP) de Toulouse. Un CDD de trois mois au service Eco-Terre de Libération a été une sorte de catalyseur de cette volonté de marier économie et écologie. Je suis actuellement pigiste pour Le Monde.frLe Monde EconomieLibération et Terra Eco.

Audrey Garric

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12 septembre 2010 7 12 /09 /septembre /2010 22:49

 

La socialiste Ségolène Royal est revenue longuement ce dimanche, sur France Inter et Itélé, sur la réforme des retraites du gouvernement, la « plus grave régression sociale depuis 1945 ». Réfutant les arguments du gouvernement « pour faire peur » , la socialiste a insisté pour rappeler à la réalité des hommes et des femmes derrière les chiffres. La socialiste a dénoncé cette régression « profondément injuste ».

Elle a à nouveau précisé que les socialistes reviendront sur cette réforme en 2012, qu’ils rétabliront la liberté de prendre la retraite à 60 ans, et pour les financer mettront à contribution les profits du capital.

 

 

 Mais c‘est surtout contre les dangers qui menacent les Français que la Présidente de région est revenue . Déjà sur France 2, face à Arlette Chabot, elle avait expliqué aux Français la volonté de ce pouvoir libéral de remettre en cause la sécurité sociale des retraites en les amenant à recourir progressivement à des assurances privées. Les prédateurs de la finance espèrent mettre la main « sur le pactole » des retraites, « le patrimoine des Français » .

 

« Tenez bon, … n’ayez pas peur », Ségolène Royal a appelé les Français à résister contre les assurances privées qui lancent leur propagande pour les racketter.

  Scandalisée par les publicités lancées actuellement par ces grands groupes de la finance alors que le gouvernement veut remettre en cause un droit des Français, la socialiste a vivement condamné la connivence entre le pouvoir politique et la finance.

 

Contre un pouvoir du mensonge, alors que « le pouvoir financier a pris le pas sur le pouvoir politique », Ségolène Royal se tourne vers l’ensemble des Français, y compris la droite républicaine pour les avertir du danger actuel. Elle leur demande de s’unir pour sauvegarder un droit des Français, mis en place après la seconde guerre mondiale sous l’autorité du général De Gaulle, et ainsi éviter que nous ne connaissions, dans un système libéralisé, la même situation qu’ont connu ces retraités qui ont tout perdu.

Brisant les tentatives des journalistes de revenir sur les divisions au PS, la socialiste a balayé leurs digressions pour mettre toute la force de son engagement au service du combat majeur pour la sécurité sociale.

 

Philippe Allard 

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12 septembre 2010 7 12 /09 /septembre /2010 16:07

C’est un peu comme si, soudainement, tout le monde, dans le camp du progrès, comprenait pourquoi de si nombreux militants, de toutes origines géographiques, sociales, culturelles, soutenaient aussi ardemment Ségolène Royal. Comme si nous nous retrouvions dans une normalité que nous n’aurions jamais du quitter : une gauche soudée derrière ses leaders, une gauche incarnée qui critique, qui propose, qui offre de nouvelles perspectives.

Ce soir-là, Arlette Chabot proposait son antenne au premier ministre, à l’opposition et aux syndicats pour que chacun –enfin !- explique sa position sur la réforme des retraites.

Et ce soir-là, devant nos écrans (de télévision et d’ordinateur) nous étions tous, ensemble, avec Ségolène Royal. Accrochés à ses paroles (« Solennellement, je vous dis oui »). Heureux de ses réparties («Parce que taxer les pauvres, c’est le miracle ? »). Attentifs à ses arguments (« C’est cela la pénibilité »). Satisfaits de sa capacité à ne rien lâcher. Certains d’être défendus par sa force et son assurance.

 

Comme toujours, elle était notre avocate, porte-parole de la France populaire et des classes moyennes. Comme toujours, elle défendait le peuple face aux élites (politiques et journalistiques) de droite. Mais ce soir-là, ce sont tous les progressistes qui étaient avec elle, de Gérard Filoche (militant de l’aile gauche du PS) qui sur Facebook se déclarait Ségoléniste, jusqu’à certains Gaullistes qui sur Twitter disaient se reconnaitre dans les arguments et le discours de Ségolène Royal. Tous ceux qui accordent de l’importance au rôle de l’Etat et lui confèrent ce rôle de bouclier social était unis derrière Ségolène Royal.

Et pour cause. Au-delà de la dénonciation de l’injustice de la réforme, elle a, pour la première fois, replacé ce combat dans sa dimension historique. Car une fois de plus, avec Sarkozy et Fillon, c’est bel et bien l’héritage d’un siècle de luttes sociales qui vole en éclat.

 

Ce soir-là, restera comme une soirée à part. C’est à ce moment-là qu’est née pour beaucoup, l’envie de sentir un nouvel élan de mobilisation pour construire les conditions d’un vrai changement, pour construire le projet d’une autre France, plus juste, dans laquelle les plus faibles sont protégés et respectés. Ce soir-là, beaucoup ont compris le besoin si profond de vivre dans un pays où la devise Liberté, Egalité, Fraternité reprendrait son sens ; la nécessité de rendre à nouveau la France fière et digne de ses valeurs de laïcité, de solidarité et de justice. C’est cette France que défend sans relâche Ségolène Royal, la France d’après-Sarkozy.

 

Rémi

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11 septembre 2010 6 11 /09 /septembre /2010 20:15

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Dessin de Plantu, première page du journal Le Monde daté du 12 septembre 2010

Alors qu’il y a peu encore, la presse boudait Ségolène Royal, il semble que les journalistes redécouvrent la candidate à l’élection présidentielle depuis quelques jours. Après une chronique dans Le Monde daté d’aujourd’hui (« À nous de juger » de Franck Nouchi en page 26), c’est en première page du quotidien que Ségolène Royal apparaît, dans le dessin de Plantu de l’édition datée de dimanche 12 septembre, souriante à côté d’une Martine Aubry au visage neutre, les deux socialistes courant vers les urnes de vote de 2012.

À La Rochelle, les médias avaient parlé de Ségolène Royal, région Poitou-Charentes et discours d’ouverture obligent. L’émission « À vous de juger » jeudi dernier sur France 2 a permis à Ségolène Royal de marquer des points, dans un débat sur les retraites qu’elle maîtrise parfaitement, ayant adopté sur ce thème une position claire bien avant que le PS n’arrive, malgré des tiraillements, à émettre des propositions sur le sujet.

Les partisans de Martine Aubry essayent de se rassurer, disant que Ségolène Royal avait « travaillé (…) à la préparation de l’émission, avec Martine Aubry, Marisol Touraine, et Benoît Hamon », mais Ségolène Royal a joué une partition qui lui est propre, tout en défendant les positions du parti socialiste : elle a par exemple mis en avant l’idée d’un référendum d’initiative populaire sur les retraites, point qui ne figure pas dans les propositions socialistes. Elle a également dénoncé les puissances de l’argent, « les banques, les assurances, les fonds de pension » « tapis dans l’ombre », une position qu’elle renouvelle depuis plusieurs années, et qu’elle avait prise à nouveau à Montpellier lors de la 2ème Fête de la Fraternité en 2009.

Les partisans de Martine Aubry notent aussi que les régionales ont remis en selle la première secrétaire du PS, lui rendant « sa légitimité ». Mais de fait, la victoire des régionales est avant tout la victoire des présidents de régions… et Ségolène Royal, présidente de la Région Poitou-Charentes a enregistré le 2ème meilleur score en France métropolitaine (60,61% au second tour), dans une région dominée par la droite de Jean-Pierre Raffarin jusqu’en 2004, le meilleur score étant détenu par le président de la région Midi-Pyrénées ancrée à gauche.

Mais que les partisans de Martine Aubry veuillent croire que les élections de 2012 n’auront pas la même tête d’ « affiche qu’en 2007 », qu’ils disent que Martine Aubry « est un diesel », ou qu’ils clament que les ténors forment « une équipe » qui « fait circuler la balle », les faits sont là : Le Monde note « le succès de la prestation de Ségolène Royal, sur France 2 », alors qu’il note que Martine Aubry « avait décliné l'invitation, arguant d'un impératif à Lille avec deux ministres belge ». Le quotidien note même : « Contactée par Arlette Chabot, Ségolène n’a pas hésité »En matière de passage de balle, 1 point pour Ségolène Royal, la balle au centre.

Frédérick Moulin

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lemonde pet

12 septembre 2010

Aubry-Royal, l'entente cordiale

C'est le couple surprise de l'année : la première secrétaire du PS et la candidate de 2007 ne cessent d'afficher leurs accords. Jusqu'à quand ?

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Martine Aubry et Ségolène Royal le 29 août 2010 à La Rochelle (Jean-Claude Coutausse pour Le Monde)

Leur animosité était si grande, leur détestation si forte, leur rivalité si cruelle, que la réconciliation garde un soupçon d'improbable. Martine Aubry et Ségolène Royal se reparlent en tête à tête, s'affichent ensemble comme à La Rochelle et se partagent les rôles, comme jeudi soir, sur France 2, lorsque Ségolène Royal a remplacé Martine Aubry, pour livrer bataille au nom du Parti socialiste contre le projet de réforme des retraites. La première secrétaire avait décliné l'invitation, arguant d'un impératif à Lille avec deux ministres belges. Contactée par Arlette Chabot, Ségolène Royal n'a pas hésité.

Nul ne sait ce que les deux anciennes rivales du congrès de Reims se disent. Tout juste connaît-on le rituel de leur rencontre, presque protocolaire : la première secrétaire se rend, seule, une fois par mois dans les bureaux parisiens de l'ancienne candidate à l'élection présidentielle, boulevard Raspail. Les conversations ne dépassent pas le huis clos, ou en tout cas l'oreille des confidents les plus proches. " A force, elles vont finir par se trouver sympathiques ", persiflent les entourages respectifs.

Lorsqu'il a vent des rencontres, François Hollande, l'ancien premier secrétaire, rival de Martine Aubry et ancien compagnon de Ségolène Royal, a souvent les oreilles qui sifflent ! " Elles partagent au moins leur détestation de François ", se désole un proche du député de la Corrèze.

Le rapprochement est encore frais. C'était au printemps, au sortir des élections régionales, première victoire électorale de Martine Aubry. Ségolène Royal, confortablement réélue dans son fief de Poitou-Charentes, reçoit un message de félicitations de la première secrétaire. Elle décroche son téléphone. " Merci Martine, nous devrions nous voir. " Le 31 mars, Mme Aubry se fait déposer au pied du boulevard Raspail par son chauffeur. Depuis, l'habitude a été prise.

Les deux rivales ont fait promesse de se ménager. Finies les mauvaises manières, oubliées les soupçons de tricherie, Mme Royal et Mme Aubry ont chacune mesuré l'intérêt d'une pacification. " Je suis dans une dynamique de sagesse mais je veux être respectée ", assure Ségolène Royal. " Elle a rassuré tout le monde en promettant qu'elle ne jouerait pas contre les intérêts du parti et elle s'est en même temps réintégrée dans le jeu des présidentiables ", décryptent ses partisans. " Martine Aubry avait du mal avec Ségolène Royal, trop insaisissable. Elle avait peur qu'elle ne se place en dehors des primaires du parti ", observe un membre de la direction. " Les régionales ont tout changé. La victoire a donné à Martine sa légitimité. Ségolène Royal l'a reconnue. Aujourd'hui, Martine est la garante de l'unité du parti. En deux ans, elle a remis debout un parti à la renverse ", défend Claude Bartolone, un proche de Mme Aubry.

Mais la mise en scène de leur union est trop appuyée pour ne pas relever les rivalités persistantes des deux " camarades ". Ségolène Royal n'a renoncé à rien et continue d'entretenir par petites touches l'ambiguïté sur ses ambitions. " Je me sens une dette vis-à-vis des Français. En campagne, je ne suis pas la plus mauvaise. J'aime ça ! L'évolution du parti montre que j'étais en avance. Mes idées diffusent, l'ordre juste, la fraternité ", a-t-elle confié, rayonnante dans les couloirs de La Rochelle. Tout juste s'autorise-t-elle un doute : " Les Français voudront-ils la même affiche qu'en 2007 ? "

" Non,affirme Claude Bartolone, député PS de Seine-Saint-Denis. 2007 c'était la campagne des enfants de la télé. La crise est tellement grave que nous n'aurons pas en 2012 une campagne d'images. "Michel Sapin, proche de François Hollande, partage l'analyse : " 2007 était un moment très particulier, les deux candidats principaux étaient nouveaux, le ressort c'était la rupture. L'absence de réponse face à la crise fait qu'on recherchera un autre profil en 2012. "

Les deux femmes, au caractère et au profil si différents, se disputent le même registre, le statut de première opposante. Mais quand Martine Aubry joue la prudence, pèse ses mots, Ségolène Royal sonne la charge, comme en pleine affaire Woerth-Bettencourt ou elle pourfend au " 20 heures " de TF1 " le système corrompu " de Nicolas Sarkozy. Aubry, c'est un diesel, il lui faut du temps pour monter en puissance, trouver ses marques. Elle avance une haie après l'autre ", analyse un proche de la première secrétaire.

Jeudi soir 9 septembre, devant le succès de la prestation de Ségolène Royal, sur France 2, saluée par les partisans, comme les contempteurs de l'ancienne candidate de 2007, la Rue de Solférino a dû affûter ses arguments. " Martine Aubry a voulu montrer à travers ce moment qu'il faut faire vivre le collectif, plaide la direction du parti. Ségolène s'est exprimée au nom du parti. Nous avons travaillé avec elle à la préparation de l'émission, avec Martine Aubry, Marisol Touraine et Benoît Hamon. Le format de l'émission, le fait qu'il n'y avait pas de dialogue avec le premier ministre, mais une succession d'intervenants n'obligeait pas la première secrétaire à être là. "

" Nous sommes une équipe, insiste François Lamy, le conseiller politique de Martine Aubry. Nous ne sommes pas dans les primaires. Pour l'instant on fait circuler la balle. Nous ne sommes pas à savoir qui marquera le but. " La première secrétaire a bien l'intention de reprendre la balle au bond : dès samedi, et durant toute la semaine, elle compte s'exprimer sur les retraites et enfiler son brassard de capitaine.

Sophie Landrin

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