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3 octobre 2010 7 03 /10 /octobre /2010 23:19

h-20-1183880-1208772305-1-.jpg  En déclarant, ce dimanche 3 octobre sur France 2, qu’il n’y a que deux socialistes qui aient la « carrure » pour l’élection présidentielle : Dominique Strauss Kahn et Martine Aubry, et peut être un troisième : lui-même, Laurent Fabius a pris le risque de relancer la guerre des chefs au Parti socialiste. En provoquant les autres socialistes qui se sont ou pourraient se déclarer, il risque d’ouvrir les hostilités. Un positionnement étonnant quand on sait les dégâts pour la gauche que provoque ce type de guerre interne.

Mais la guerre du PS n’aura pas lieu … dommage pour Nicolas Sarkozy !

Ségolène Royal, invitée de Nicolas Demorand dans l’émission C-politique, lui a en quelque sorte répondu. Appelant, comme elle a pu le faire avec Martine Aubry, tous les socialistes à l’unité, et au dialogue même " Fabius s’il le souhaite … », la socialiste a condamné toute nouvelle guerre des chefs qui serait fatale à la gauche en 2012. Renvoyant les socialistes, férus de ces petites guerres à leurs soldats de plomb, Ségolène Royal a surtout voulu redonner l’espoir aux Français dans la politique.

Car si « la droite joue sur les peurs, … la gauche doit incarner l’espoir ».

Prenant de la hauteur, elle a souhaité montrer qu’une autre politique est possible, « un autre chemin » pour la France. Prenant exemple sur les réussites du Président Lula au Brésil, alors que prend fin son deuxième mandat, la socialiste a insisté sur les trois grands axes à retenir de cette politique à gauche.

1- La politique sociale « est une condition de l’efficacité économique ». Lula a réussi à développer son pays tout en apportant plus de justice sociale. C’est tout le contraire de la politique actuelle qui plonge le peuple dans la rue avec l’injuste réforme des retraites sans efficacité économique.

2- Il faut réhabiliter le rôle de l’Etat, la socialiste veut un « Etat fort » pour fixer des règles permettant de soutenir l’économie réelle contre la finance. Sur la voiture électrique, la socialiste a regretté l’absence d’un volontarisme industriel qui aurait pu faire de la France le leader en ce domaine.

3 La démocratie pour associer le peuple dans la démocratie participative et ainsi permettre des réformes difficiles.

Refusant de déclarer sa candidature aux primaires socialistes, malgré l’insistance de Demorand, Ségolène Royal veut d’abord un Parti socialiste en ordre de marche pour 2012, des socialistes unis pour construire le projet d’alternance. C’est tout l’effort qu’elle partage avec Martine Aubry. Elle a su aussi redonner espoir à toutes celles et ceux qui la soutiennent dans son projet politique en ne fermant pas la porte à sa candidature « le moment venu ».

 

Philippe Allard

 

 Pour suivre l'émission :
http://www.france5.fr/c-politique/IMG/asx/cpolitique_em1.as

 

 

 

 

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3 octobre 2010 7 03 /10 /octobre /2010 15:18

 

A priori, ça n’a rien de vraiment surprenant. Qu’un leader incontournable de la gauche parle d’économie, ça semble aller de soi. Qu’une personnalité qui dirige une région et a représenté la gauche au second tour de l’élection présidentielle, défende son approche de la fiscalité, quoi de plus naturel. Et pourtant, quel événement !

Pour une fois, cette semaine, les lecteurs du journal économique Les Echos ont eu accès à une analyse de l’économie qu’ils n’ont pas l’habitude de lire. Pour une fois, les éternelles visions libérales du monde et le mépris pour ses dysfonctionnements ont laissé un peu d’espace. Suffisamment rare pour qu’ils le lisent. Suffisamment rare pour qu’on le dise. Cette semaine, Les Echos sont allés interviewer Ségolène Royal.

 

Et ces messieurs en cravates et ces dames en tailleur en ont pour leur argent.

Comme toujours, en quelques phrases finement ciselées, c’est une logique de gauche qui s’impose : avec le budget à venir, « les intérêts de la nation sont sacrifiés à l'intérêt électoral ».

Pour la droite, timide dans la remise en cause des niches et obstinée dans son maintien du bouclier fiscal couteux, injuste et inefficace, la loi des finances en discussion, c’est un budget de précampagne.

L’économie ? C’est effectivement le cadet des soucis de Sarkozy et du gouvernement Fillon agonisant. Seul compte le marketing électoral pour regagner des points sur des segments d’une population sondée en permanence.

 

Alors, Les échos osent LA question : « qu’aurait-il fallu faire ? »

« Comme d'autres pays l'ont fait, il faut tout d'abord remettre à plat tout notre système fiscal. »

 Bien sûr, la gauche défend les PME exposées à la concurrence internationale et qui créent des emplois contrairement à Sarkozy qui leur supprime les exonérations de cotisations.

Bien sûr, il faut encadrer correctement les nouvelles taxes, pour qu’elles ne soient pas répercutées sur les clients.

Bien sûr, nous devons enclencher, enfin, la conversion écologique de l’économie, « enjeu de croissance et de compétitivité pour la France. »

Mais c’est l’ensemble de la fiscalité que Ségolène Royal propose de reconstruire. Transparence, égalité, progressivité, pour Ségolène Royal, ça devrait être la nouvelle devise de la fiscalité française.

Progressivité : en fusionnant l’impôt sur le revenu et la CSG à prélèvement constant. Egalité : à revenu égal, impôt égal pour les revenus du travail, des placements et du patrimoine. Transparence parce que notre système fiscal, devenu parfaitement incompréhensible, est devenu logiquement très inégalitaire.

 

Les lecteurs des Echos devaient en revanche s’attendre à ce que Ségolène Royal s’oppose à la fameuse suppression d’un poste de fonctionnaire partant en retraite sur deux. Mais là où elle a du les bluffer, c’est sur les arguments.

Car comme elle le dit très justement, supprimer 30.000 postes de fonctionnaires en 2011, ça revient à fragiliser nos services publics alors qu’ils sont en France peut-être plus qu’ailleurs, des leviers du développement économique, « comme le soulignent régulièrement les investisseurs étrangers ». « Ne détruisons pas cet atout du modèle français. »

Mais Sarkozy peut être très constant. Méthodiquement, quelque soit le domaine, il abîme la France. C’est vrai aussi en matière économique.

 

Rémi

 

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3 octobre 2010 7 03 /10 /octobre /2010 14:34

Monique P-C 2

Edwy Plenel, au sujet du couple de sociologues Pinçon-Charlot, parlait lors d’une réunion publique le 13 septembre de la « démonstration au scalpel » qu’il faisait. Monique Pinçon-Charlot et Michel Pinçon ont dressé un portrait au vitriol de Nicolas Sarkozy et du pouvoir politique et économique en place dans leur livre publié début septembre 2010, « Le président des riches – Enquête sur l’oligarchie dans la France de Nicolas Sarkozy ».

Le 20 septembre dernier, France 2 traitait à 22h05 dans l’émission Complément d’enquête, de Benoît Duquesne, d’un thème aux ramifications multiples ces derniers mois : « Affaire Bettencourt : que font les riches de leur pouvoir ? ». Monique Pinçon Charlot était invitée pour déchiffrer et analyser les reportages de l’émission. Son analyse sur la quatrième et dernière partie, Des fondations en or, a été tout particulièrement intéressante, car elle répond à une question soulevée par Ségolène Royal ces dernières semaines : pourquoi la Sécurité Sociale, pourquoi l’Etat providence, pourquoi cet héritage de l’après-guerre ? L’exemple des Etats-Unis à cet égard est particulièrement instructif.

Bradford K. Smith, président du Foundation Center, l’organisme qui contrôle tous les projets des fondations américaines, dans le monde entier, nous explique qu’aux Etats-Unis le don est une vieille pratique, encouragée par l’Etat, toutes les fondations bénéficiant d’exonérations fiscales. En 2009, ces fondations ont déboursé au total 45 Md$, dont 136,2 M$ en France ; l’Institut Pasteur par exemple est soutenu par la Fondation Bill & Melinda Gates.

Mais au-delà de cette « philanthropie » américaine, Monique Pinçon-Charlot nous rappelle à la situation française dans son entretien avec Benoît Duquesne.

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 Monique Pinçon-Charlot face à Benoît Duquesne dans l'émission Complément d'enquête diffusée le 20 septembre 2010 sur France 2

Benoît Duquesne : nous vous retrouvons, Monique Pinçon-Charlot, toujours dans cette Folie Saint-James, ici, au cœur de Neuilly, on voit ces fondations. C’est nouveau, le fait de faire des fondations, de vouloir donner, ou, comme je disais tout à l’heure, c’est somme toute une autre façon de donner, comme dans le temps les grands bourgeois ou les nobles, etc, avaient leurs pauvres, est-ce que c’est un peu le même genre de procédé ?

Monique Pinçon-Charlot : oui, c’est un petit peu le même genre de processus, mais aujourd’hui on a les médias, et puis je pense que dans la réalité, c’est devenu beaucoup plus important, parce qu’actuellement le système capitaliste disons, pour dire les choses rapidement, est passé à la phase néo-libérale, ce qui veut dire que le monde des affaires, le monde des riches, le monde de ceux qui détiennent les rênes de l’économie et de la finance ont investi le système politique, le sang politique. Et on l’a vu, on a vu que le 6 mai 2007, ce sont les patrons du CAC 40 qui sont venus au Fouquet’s, ce qui était quand même une victoire électorale. Et donc aujourd’hui, ce système essaye d’éliminer tous les collectifs, les syndicats, les partis, mais aussi l’Etat, l’Etat-Nation. Et au fond toutes ces fondations sont là pour investir …

Benoît Duquesne : avec des patrons ou des propriétaires d’entreprises qui ont la puissance d’Etats, tellement leur richesse est forte, et qui maintenant, effectivement, peuvent se substituer aux Etats, les faire plier.

Monique Pinçon-Charlot : voilà, eh bien vous dites très bien les choses, dans la politique de l’éducation, en essayant par exemple de repérer les jeunes dans les quartiers difficiles qui pourraient rentrer dans les classes préparatoires…

Benoît Duquesne : ce n’est pas négatif non plus de vouloir redonner un petit peu de ce qu’on a gagné ?

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Monique Pinçon-Charlot : je ne dis pas que c’est négatif, mais si vous voulez, moi je dirais que un, les riches ne payent pas leurs impôts aujourd’hui en France, en tout cas ils ne payent pas ce qu’ils doivent, beaucoup s’exilent. Et peut-être d’ailleurs que s’il doit y avoir une déchéance de la nationalité française, on pourrait peut-être réfléchir à ça. Même Mme Bettencourt, dont on a parlé, elle paye ses impôts pratiquement au niveau d’un cadre moyen, ça n’est quand même pas normal

Benoît Duquesne : elle les paye en France, hein, parce qu’elle n’est pas exilée fiscale

Monique Pinçon-Charlot : je suis d’accord, je préfèrerais que les riches payent tous les impôts qu’ils doivent.

Benoît Duquesne : plutôt que redonner, par un mode de redistribution par des fondations ?

Monique Pinçon-Charlot : voilà, parce que ces fondations, c’est eux qui choisissent. Et ce n’est pas le contribuable, ce n’est pas le citoyen français qui élit un président de la République, qui élit des députés, pour faire une certaine politique.

Benoît Duquesne : vous, vous préféreriez que ce soit l’Etat protecteur qui redistribue, selon des schémas politiques et des choix politiques, dans une démocratie, plutôt que ce soient des riches, des grandes fortunes qui redistribuent directement ?

Monique Pinçon-Charlot : exactement, exactement, au bon vouloir, comme au XIXème siècle où les très riches à la fois exploitaient le peuple, et puis après, à la sortie de la messe, on donnait la petite aumône, là c’est pareil avec ce système de fondations qui sont en plus très défiscalisées.

-oOo-

Car c’est bien là que le bât blesse : quand des fondations se substituent à la Sécurité Sociale ou à l’Etat-Nation, ce sont les intérêts privés qui remplacent l’intérêt général.

Salim 1

Salim Abdelmadjid à la Frat'2010 à Arcueil (FM pour MEAGSR)

Comme le disait Salim Abdelmadjid à la Fête de la Fraternité 2010 à Arcueil :

« L’Etat est le seul acteur suffisamment puissant qui tienne compte de l’intérêt général, à la différence des entreprises, des différents types de compagnies, des associations privées, qui tiennent compte, par définition, d’intérêts privés. »

D’ailleurs, pour ce qui est des Etats-Unis, Bradford K. Smith le dit clairement :

« L’Etat en Amérique est moins présent en termes de protection sociale et de services publics, comparé à l’Europe. Une grande partie de ces activités est prise en charge par les associations, et les philanthropes aident ces associations. »

Car tous aux Etats-Unis ne peuvent pas se payer une assurance médicale privée par exemple, d’où la réforme de la Santé engagée par le président Obama.

Complément d’enquête nous livre trois éléments de réflexion illustrant parfaitement la différence entre intérêts privés et intérêt général.

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Bill & Melinda Gates prennent la pose pour l'annonce du lancement officiel de "The Giving Pledge" (Reuters)

Le premier est l’initiative conjointe de Bill & Melinda Gates d’une part et de Warren Buffet d’autre part, les deux premières fortunes des Etats-Unis – respectivement 53 Md$ pour Bill Gates et 47 Md$ : ils ont écrit aux 400 milliardaires américains pour leur demander de donner de leur vivant ou après leur mort au moins la moitié de leur fortune : c’est « The Giving Pledge », « La Promesse de Don ».

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À ce jour, 40 ont répondu à l’appel, soit 10% des ultra-riches contactés : c’est très peu. Et encore beaucoup rechignent-ils à donner de leur vivant. De plus, quand ils donnent, c’est à travers des fondations, donc avec une exonération fiscale à la clé. L’intérêt n’est pas absent. L’intérêt médiatique et narcissique aussi : la presse internationale couvre largement ces événements. « MM. Buffet et Gates prêchent la charité aux riches chinois » titrait Le Monde daté du 1er octobre 2010, lors de la visite des deux initiateurs de « The Giving Pledge ». China Youth Daily expliquait dans ses pages : « Les invités ne vont pas savoir quoi faire. S'ils participent et font une donation, ils vont apparaître comme des lâches radins, à qui on a fait la morale. S'ils refusent, c'est encore pire. ». Même en Chine, l’hédonisme des ultra-riches américains s’exporte bien.

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George Soros dans son bureau de Manhattan, au cours de l'interview accordée à Complément d'enquête

Le second est abordé au détour d’un entretien de 30 minutes avec le financier et donateur George Soros, 13ème fortune américaine avec 14 Md$, qui a créé sa propre fondation, et qui a refusé de participer à « The Giving Pledge » :

« D’abord moi, j’ai déjà donné la moitié de ma fortune [plus de 8 Md$ déjà donnés de son vivant selon France 2]. J’ai participé à cette réunion, c’était au moment du krach financier, et j’ai proposé qu’on fasse quelque chose pour les victimes de la crise, parce que ça allait causer beaucoup de dégâts notamment aux Etats-Unis. Et je leur ai dit de se joindre à moi pour faire quelque chose, tous ensemble, mais ils n’ont eu aucune réaction. Alors ils aiment dire qu’ils donnent, mais quand on leur propose quelque chose de concret, il n’y a plus personne. Laissons les faire de leur côté, moi je fais les choses de mon côté. »

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Albina du Boisrouvray en Inde, lors d'un de ses voyage pour la fondation qu'elle a créée, AFXB, en mémoire de son fils François-Xavier, mort en 1986 sur le Paris-Dakar, lors de l'accident qui a aussi coûté la vie à Daniel Balavoine et Thierry Sabine (photo : Michel Setboun)

Le troisième est donné lors de la rencontre dans son pied-à-terre parisien avec Albina du Boisrouvray, dont le père est le cousin du Prince Rainier de Monaco, et dont la mère était une héritière de la famille Platino, qui à la fin des années 1930 traitait 60% de la production d’étain dans ses fonderies en Bolivie. Albina du Boisrouvray a déjà donné les trois quarts de sa fortune, environ 100 M$, et compte donner le reste avant sa mort. Elle propose que les grands donateurs de la planète s’unissent dans un même but. Elle vient d’écrire une lettre aux 40 milliardaires du « Giving Pledge » pour les inciter à donner tout de suite et maintenant au Pakistan, dévasté par les inondations. Pour le moment, il ne semble pas qu’elle ait reçu de réponse ; elle souligne :

« Je ne comprends pas qu’on ait beaucoup d’argent, qu’on soit assis dessus, qu’on n’en fasse rien pour l’époque dans laquelle on vit et les autres qui ont des problèmes, pour essayer d’améliorer le monde dans un domaine ou dans un autre. Je trouve ça étrange et surtout maintenant, je veux dire, on serait encore au XVIIIème siècle, mais je veux dire, au XXème, au XXIème siècle… »

Vidéo des interviews de Monique Pinçon-Charlot et de George Soros (7'56'') :

 

envoyée par reconquista2012


Pour mieux comprendre le fossé entre les ultra-riches et l’intérêt général, Monique Pinçon-Charlot explique dans Complément d’enquête ce qu’est l’unique classe sociale qui subsiste en France aujourd’hui : « la classe dominante », « l’oligarchie qui est à la tête de l’Etat et aussi de l’économie, et qui forme une seule classe » :

Benoît Duquesne : cette île d’Arros, ça correspond à quoi ?

Monique Pinçon-Charlot : eh bien les très riches vivent toujours, recherchent toujours des espaces nutritifs, c’est-à-dire des espaces qui sont jolis, qui sont toujours à l’écart des autres.

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Benoît Duquesne : nutritifs vous dites ?

Monique Pinçon-Charlot : oui, nutritifs, parce qu’ils sont beaux, ils sont jolis, ils sont agréables à vivre, et ils sont à l’écart des promiscuités sociales gênantes.

Benoît Duquesne : c’est le nec plus ultra de la richesse, c’est un signe distinctif, c’est avoir ce que ne peuvent pas avoir tous les riches encore ?

Monique Pinçon-Charlot : le pouvoir de l’argent donne du pouvoir sur l’espace et sur le temps, donc là on est sur le pouvoir sur l’espace, et c’est énorme. Avec Mme Bettencourt, on voit cette île à l’autre bout du monde, parce que c’est loin les îles Seychelles, on voit votre reporter qui a vraiment du mal. Votre reportage montre la distance physique et sociale pour accéder, pour voir un petit peu.

Benoît Duquesne : vous dites, il y a, avoir un lieu d’excellence, un lieu rare, un lieu unique, comme une île, comme une maison incroyable dans un quartier très chic, ça c’est un signe distinctif de grande richesse, et qu’est-ce qu’il y a d’autre ?

Monique Pinçon-Charlot : c’est plus que distinctif. C’est absolument nécessaire pour la reproduction des rapports de domination, c’est-à-dire qu’il faut que les privilèges les plus arbitraires et les plus insensés demeurent dans les mêmes familles, et ce de génération en génération, d’où des dynasties familiales, d’où cette transmission. Et l’entre-soi des beaux quartiers, l’entre-soi d’une île comme l’île des Seychelles, c’est nécessaire pour ne pas faire de mauvaises fréquentations.

Benoît Duquesne : parce qu’effectivement sur une île qui vous appartient vous n’allez croiser que les gens que vous voulez bien croiser.

Monique Pinçon-Charlot : voilà ! Vous êtes tranquille physiquement et vous êtes tranquille socialement.

Benoît Duquesne : bon, mais aussi, qu’est-ce qu’il y a d’autre, quand on est très, très riche comme ça, parce qu’on va voir, notamment dans cette affaire Bettencourt, qu’il y a M. Banier, qu’il y a les entourages, qu’il y a des relations avec le pouvoir, comment ça évolue les riches ?

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Monique Pinçon-Charlot : eh bien c’est à dire que la richesse, elle est pas seulement économique. Elle est économique – vous avez donné les chiffres ahurissants pour Mme Bettencourt [17 Md€ de fortune personnelle, 270 M€ de revenus par an, soit 700 000 à 750 000 € par jour et 500 à 550 € par minute, NdlR], mais elle est aussi sociale. C’est-à-dire qu’on ne reste pas longtemps riche tout seul, il faut rentrer dans des réseaux pour que votre fortune soit gérée, prospère, etc. Il faut que vous ayez un gestionnaire de fortune comme Patrice de Maistre, dont la famille a quand même 34 mentions dans le Bottin Mondain, lui-même il est membre de l’Automobile Club et du Jockey Club. Donc le pouvoir de chacun est démultiplié par le pouvoir de tous les autres. On est face à une véritable classe sociale, à un groupe, à une bande, à des gens qui sont très soudés et qui se voient très souvent par la médiation de la sociabilité mondaine. On est toujours entre un cocktail et un dîner, on est toujours entre une partie de golf et un rendez-vous au Cercle.

Benoît Duquesne : ça fait partie effectivement de cette façon de gérer sa fortune d’ailleurs, de gérer son image.

Monique Pinçon-Charlot : exactement, oui.

Frédérick Moulin

Voir aussi sur le même sujet (clique sur le titre) :

 Michelle Bachelet, nouvelle dirigeante d’ONU Femmes, soutenue en 2006 par Ségolène Royal au Chili, définit les grandes lignes de son action, loin de la médiatisation de Melinda Gates

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3 octobre 2010 7 03 /10 /octobre /2010 14:21

25201 385627702356 801597356 3718491 6060085 aChères amies, chers amis,


 

 

L'événement politique majeur de ce dimanche, ce sont les élections présidentielles au Brésil, ce grand pays amené à jouer un rôle croissant sur la scène internationale et qui devrait constituer, pour le Nord autant que pour le Sud, une source d'inspiration féconde.


 

« L'espoir a vaincu la peur » déclarait Lula au soir de sa première élection à la Présidence de la République en 2002. Oui, l'espoir peut l'emporter sur la peur : c'est le cas, au Brésil, depuis huit ans. Cette belle leçon brésilienne est aujourd'hui plus que jamais d'actualité dans un monde où beaucoup s'emploient à attiser
et à instrumenter les peurs car ils ne sont capables de porter aucun espoir partageable par tous.


 

Le Brésil n'est pas seulement le berceau de ces budgets participatifs qui, depuis une vingtaine d'années, essaiment peu à peu sur tous les continents. C'est aussi un pays qui administre la preuve que les performances économiques et les réussites sociales vont de pair à condition que l'Etat pilote, au service et à l'écoute de tous, des politiques publiques volontaristes et efficaces.


 

 

La presse internationale dresse aujourd'hui un bilan unanimement élogieux des deux mandats du Président Lula : des finances assainies ; une inflation durablement maîtrisée ; une puissance agricole et industrielle qui place le Brésil au 8ème rang mondial et lui permet de viser le 5ème rang pour bientôt ; une croissance soutenue et fortement créatrice d'emplois ; un impact très réduit de la crise financière de 2008 (du fait notamment de règles prudentielles qui encadrent la finance brésilienne et de politiques contra-cycliques judicieuses de soutien à la consommation populaire) ; un recul spectaculaire de la pauvreté et du chômage ; un essor constant de la classe moyenne (désormais majoritaire) ; un salaire minimum et des retraites fortement revalorisés qui ont tiré la demande et accru les débouchés des entreprises brésiliennes ; un effort massif d'investissements publics ; une démocratisation de l'accès à l'université ; une diplomatie de plus en plus active.


 

Avec, pour couronner le tout et en dépit des ombres qui subsistent (état de l'école publique, violences, inégalités), un chef de l'Etat qui bat, en fin de mandat, tous les records de popularité (plus de 80% ! de quoi faire pâlir d'envie son homologue français...), un peuple brésilien fier de son président et de l'oeuvre accomplie, confiant dans son avenir, affichant un optimisme fondé sur des résultats concrets et des améliorations tangibles de sa vie quotidienne.


 

Là-bas, en effet, l'ascenseur social n'est pas en panne. Et l'écrasante majorité des Brésiliens a le sentiment que ses enfants vivront mieux car le bilan des années Lula autorise tous les espoirs.


 

 

Le temps est révolu où, comme en 2002, la droite prédisait le chaos si Lula était élu et où l'affolement des marchés financiers conduisait au bord de la banqueroute un pays affligé d'une dette extérieure en perpétuelle augmentation et dont la machine économique était enrayée. Comme aujourd'hui, ces marchés financiers rêvaient d'un gouvernement capable de mettre la main à la poche... des plus pauvres.


 

Le redressement a été spectaculaire mais cet assainissement nécessaire s'est accompagné d'une politique industrielle de grande ampleur et d'un effort sans précédent de redistribution sociale. Le Président brésilien fit le choix de remettre de l'ordre dans les finances publiques et de restaurer la confiance des marchés, il le fallait, mais en même temps de stimuler la croissance et de combattre énergiquement la pauvreté. Lula l'a souvent répété : la justice sociale n'est jamais le résultat mécanique d'un accroissement de la richesse produite car une croissance mal pilotée peut être pauvre en emplois et accroître les inégalités. La justice sociale est un choix politique qui suppose un fort engagement de l'Etat. C'est aussi un facteur supplémentaire de croissance comme l'a prouvé le programme des Bolsas Familia (Bourses Famille) qui a bénéficié à 13 millions de foyers les plus pauvres.


 

 

Cette allocation, dont le versement est subordonné à des conditions de scolarisation et de suivi médical des enfants, a non seulement arraché à l'extrême dénuement un Brésilien sur quatre et permis aux familles qui en étaient exclues d'accéder à une consommation de première nécessité (ce qui a aussi été vécu par elles comme une entrée dans la citoyenneté). Elle a également dynamisé une nouvelle économie de proximité, favorisé la création d'emplois locaux et ouvert un nouveau marché solvable aux entreprises brésiliennes. C'est l'exemple même de ce cercle vertueux économique et social auquel le Brésil doit ses succès d'aujourd'hui.


 

Le Président Lula s'amuse parfois à rappeler l'avalanche de critiques « expertes » qui s'abattirent sur ce projet lors de son lancement : « assistanat », « dépense insupportable pour les finances publiques », « incitation à la paresse »...

La Bolsa Familia est aujourd'hui unanimement saluée comme une grande réussite sociale et économique. Au point que Jose Serra, principal concurrent de Dilma Rousseff dans l'actuelle élection présidentielle, en est réduit à promettre qu'il n'y touchera pas et même en augmentera le montant.


 

 

La justice sociale n'est pas l'ennemie de la performance économique mais l'une des conditions d'une croissance durable : c'est la première leçon qui nous vient du Brésil.


 

La seconde leçon, c'est la nécessité de restaurer et de renforcer le rôle anticipateur et moteur de l'Etat. Nombre de gouvernements européens et celui de la France en particulier seraient mieux avisés de s'en inspirer plutôt que de céder aux diktats des agences de notation et de s'acheminer ainsi vers un double échec : croissance insuffisante et inégalités en hausse.


 

Troisième leçon de nos amis brésiliens : la nécessité d'un dialogue permanent avec les citoyens, les mouvements sociaux et les syndicats. A l'opposé, en somme, de ce refus du dialogue social dont l'actuelle « réforme » sarkozyste des retraites porte la marque. Comme nous l'a expliqué Paulo Maldos, conseiller spécial du Président Lula, lors de l'université internationale organisée cette semaine à Poitiers avec Edgar Morin et l'Institut Politique de Civilisation dont la Région Poitou-Charentes est partie prenante, ce dialogue constant a directement influé sur les politiques publiques mises en place au Brésil et leur a permis d'obtenir de meilleurs résultats, à l'écoute des premiers concernés.


 

 

Ce 3 octobre, 90 millions d'électeurs brésiliens sont appelés à choisir leur chef de l'Etat mais aussi 531 députés fédéraux, les 2/3 des sénateurs ainsi que les gouverneurs et les députés des 27 Etats de la fédération. L'enjeu n'est donc pas seulement de désigner le successeur de Lula mais aussi d'assurer au Parti des Travailleurs une majorité « pour que le Brésil continue de changer », comme le dit un slogan de campagne de Dilma Rousseff.


 

 

Dilma, activement soutenue par Lula, n'a cessé durant ces derniers mois de creuser l'écart avec son principal concurrent, Jose Serra, candidat du PSDB déjà battu en 2002 par l'actuel Président brésilien. Tout porte à penser qu'elle gagnera haut la main cette élection, que ce soit dès ce dimanche ou lors du second tour prévu le 31 octobre.


 

Je le souhaite de tout coeur car cette femme courageuse, compétente et déterminée saura, j'en suis sûre, poursuivre et approfondir la métamorphose du Brésil qu'a conduite avec audace et sagesse, volontarisme et pragmatisme, le Président Lula.


 

Je l'ai rencontrée à l'occasion de mes derniers voyages au Brésil, lors du forum social de Belem en 2009 puis à Brasilia en avril dernier. J'ai été à chaque fois impressionnée par la force qui se dégage de celle qui a fermement piloté le Programme d'Accélération de la Croissance, vaisseau-amiral des gigantesques investissements que réalise le Brésil pour développer et moderniser ses infrastructures économiques et sociales. Après avoir été Ministre de l'Energie, elle occupait auprès de Lula des fonctions équivalant à celles d'un Premier Ministre et coordonnait avec autorité l'action du gouvernement.


 

 

Sa vie est émaillée de combats qui témoignent de ses convictions et de sa force de caractère. Jeune étudiante, elle milite dans les rangs d'une organisation d'extrême-gauche contre la dictature issue du coup d'Etat militaire de 1964. Arrêtée en 1970, elle subit 22 jours de tortures et ne parle pas. Elle sera emprisonnée durant trois ans. « Nous étions, dira-t-elle plus tard, naïfs et généreux. Nous voulions changer le monde. J'ai appris depuis l'importance de la démocratie. Mais je suis fière de ne pas avoir changé de camp ».


 

Quand, en 2009, elle est atteinte d'un cancer du système lymphatique, elle fait le choix de la transparence, plaisante sur la perruque que les conséquences de sa chimiothérapie l'obligent alors à porter, se bat courageusement contre la maladie tout en sillonnant le pays avec Lula.


 

En discutant avec elle et en l'écoutant intervenir en public, j'ai mesuré pourquoi Lula voyait en elle la Présidente qu'il faut au Brésil. « Je connais ses qualités et je dois en convaincre le peuple brésilien » m'avait-il confié à Belem. Il s'y est employé de manière exemplaire.


 

Certains auraient aimé que Lula, assuré d'être réélu, brigue un troisième mandat. Mais cela supposait un changement de la Constitution qui interdit plus de deux mandats successifs et le Président brésilien s'y est refusé, à la différence d'autres dirigeants d'Amérique latine et d'ailleurs qui ont cédé à ce qu'on appelle là-bas « la tentation continuiste ».


 

« L'une des choses qu'un bon gouvernement doit savoir faire, expliquait-il en février dernier, c'est de conduire son successeur à la victoire ».


 

 

Après le premier ouvrier élu Président de la République du Brésil, Dilma sera, je l'espère, la première femme à entrer au Planalto comme chef de l'Etat. Que ce soit le 3 ou le 31 octobre, sa victoire sera une bonne nouvelle pour le peuple brésilien et pour tous ceux qui veulent construire un ordre juste à l'échelle planétaire.


 


 

 

Ségolène Royal

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1 octobre 2010 5 01 /10 /octobre /2010 23:42

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C’est une deuxième procédure d’infraction, sur la « taxe télécom » cette fois, au cœur de la réforme du financement de France Télévision dessinée par Nicolas Sarkozy, qui se dessine, 24 heures seulement après le lancement par la Commission d’une procédure d’infraction pour non transposition en droit français des garanties procédurales liées à la libre circulation des personnes, problème soulevé par le dossier des Roms cet été.

De quoi s’agit-il ? La suppression de la publicité après 20 heures sur les chaînes télévisuelles publiques, décidée par Nicolas Sarkozy le 25 juin 2008, et appliquée à partir du 5 janvier 2009, devait être compensée par une dotation de l’Etat de 450 M€ par an. Parallèlement, au budget de l’Etat, en face de la dotation de 450 M€ (dépense) devait se trouver une ressource fournie par deux taxes, une sur la publicité à la télévision pour les chaînes privées, pour compenser « l’effet d’aubaine », et une sur les opérateurs de télécommunications électroniques, qui fournissent en général des offres dites « triple play ». Suite à des modifications au cours du parcours parlementaire de la loi, à la crise économique, et à la promulgation de la loi le 5 mars 2009 seulement, les montants encaissés pour les deux taxes se sont élevés respectivement à 28 et 186 M€ en 2009, soit un total de 214 M€ seulementPour 2010, un rapport du Sénat du 30 juin 2010 prévoit des encaissements de 36 et 330 M€, soit un total de 366 M€, loin des 450 M€ de dotation dépensés – les prévisions de taxes pour 2010 représentent 81% de la dotation de l’Etat.

C’est dans ce contexte que le 20 juillet, la Commission européenne a validé le nouveau mode de financement de France Télévisions, la dotation de l’Etat, sous l’angle de l’éventuelle distorsion de concurrence qui serait induite. Mais cette décision ne préjugeait en rien de l’avis sur la compatibilité de la « taxe télécom » avec le droit européen.

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Emmanuel Barroso, président de la Commission européenne, le 30 septembre 2010 (AFP)

Et c’est sur ce point que la Commission européenne s’est prononcée hier, à travers un « avis motivé », première étape avant le lancement d’une procédure d’infraction. Sur la base, notamment, de l’article 12 de la directive 2002/20/CE dite directive « Autorisation » des opérateurs, « les taxes imposées aux opérateurs de télécommunications ne peuvent couvrir que certains coûts administratifs et réglementaires (essentiellement liés aux régimes d'autorisation et aux travaux de réglementation) ». Moyennant quoi la Commission estime que les « taxes télécom » sont « incompatibles avec le droit de l'UE dans le domaine des télécommunications », et donne 2 mois à la France et à l’Espagne pour « abolir » ces taxes – la Commission chiffre à « 400 millions d’euros » le montant des taxes françaises. Après ce délai, la Commission peut décider de traduire la France et l’Espagne devant la Cour de justice de l’Union européenne.

Selon Le Monde.fr avec AFP, un porte-parole du ministère de l’économie a clairement affiché hier la volonté française de ne pas abolir la taxe, et donc de voir une procédure d’infraction déclenchée contre la France, devant la Cour de justice de l’Union :

« On n'a pas du tout l'intention de modifier la législation française en conséquence de cet avis motivé »,  a indiqué le porte-parole, indiquant que le ministère ne « partageait pas le point de vue de la Commission européenne » sur ce dossier.

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Christine Lagarde, ministre de l'Economie, à Bruxelles le 30 septembre 2010 (AFP/Belga)

Une fois de plus, le gouvernement Fillon et la Sarkozye se raidissent quand la Commission européenne épingle la France. Comme un enfant colérique qui boude.

Pourtant, l’infraction au droit européen et la condamnation de la France étaient prévisibles depuis plusieurs mois. En effet, un sénateur UMP, Claude Belot (Charente-Maritime) et une sénatrice de l’Union centriste (Seine-Maritime), tiraient la sonnette d’alarme dès le 30 juin dans un rapport complet : « Les comptes de France télévisions : quelle ambition pour la télévision publique ? » :

« La taxe sur la publicité à la télévision » et « la taxe sur la publicité à la télévision » : « Outre que leur produit est insuffisant, le fondement juridique de ces taxes est fortement contesté. (…)

La Commission européenne estime que l'article 302 bis KH du CGI, qui instaure une taxe sur les prestations fournies par les opérateurs de communications électroniques, établit un lien direct entre le fait d'être assujetti à la taxe et le fait de posséder l'autorisation générale prévue par la directive « autorisation » 2002/20 qui harmonise les conditions administratives de l'accès au marché des opérateurs fournissant des services ou des réseaux de communications électroniques. (…)

Sans entrer dans le débat juridique, vos rapporteurs observent cependant que la contestation de la Commission est sérieuse et fait peser un risque réel sur la viabilité de la taxe instituée sur les opérateurs de télécommunication à l'article 302 bis KH du CGI. »

Si la « taxe télécom » était supprimée, sur la base des chiffres prévisionnel 2010, 90% des recettes – 366 M€ – qui sont mises en face de la dépense que constitue la dotation publique de 450 M€ à France Télévisions disparaîtraient. Déjà insuffisantes, les recettes deviendraient dérisoires, et la suppression de la publicité sur les chaînes publiques après 20h ne serait plus financée. À fortiori, la suppression totale de la publicité sur les chaînes publiques deviendrait totalement impossible.

Frédérick Moulin

Ci dessous : communiqué de la Commission européenne du 30 septembre 2010.

-oOo-

Bruxelles, le 30 septembre 2010

Stratégie numérique: la Commission demande à la France et à l'Espagne

de mettre fin aux «taxes télécoms»

La Commission européenne a décidé aujourd'hui de demander à la France et à l'Espagne d'abolir les taxes spécifiques sur le chiffre d'affaires des opérateurs de télécommunications que ces États membres ont introduites quand ils ont décidé de mettre un terme à la publicité payante sur les chaînes publiques de télévision. Dans les deux cas, la Commission estime que ces «taxes télécoms» sont incompatibles avec le droit de l'UE dans le domaine des télécommunications, qui prévoit que les taxes imposées aux opérateurs de télécommunications doivent être spécifiquement et directement liées à la couverture des coûts de la réglementation du secteur des télécommunications. Ces demandes prennent la forme d’«avis motivés» dans le cadre des procédures d'infraction de l'UE. La France et l'Espagne disposent d'un délai de deux mois pour informer la Commission des mesures prises pour se conformer aux règles de l'UE dans le domaine des télécommunications, faute de quoi la Commission peut décider de les traduire devant la Cour de justice de l'Union européenne.

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Neelie Kroes, Commissaire à la Stratégie numérique, sur la page de laquelle le communiqué a été publié (Thierry Roge/Reuters)

Selon la Commission, les taxes introduites en France et en Espagne pour compenser le manque à gagner dû à la suppression des revenus publicitaires des chaînes publiques de télévision sont incompatibles avec le droit de l'UE dans le domaine des télécommunications. En effet, conformément à ces règles (et en particulier à l'article 12 de la directive 2002/20/CE, dite directive «Autorisation»), les taxes imposées aux opérateurs de télécommunications ne peuvent couvrir que certains coûts administratifs et réglementaires (essentiellement liés aux régimes d'autorisation et aux travaux de réglementation) et doivent être objectives, transparentes et proportionnées. En outre, les parties intéressées doivent aussi être consultées de manière appropriée avant toute modification des taxes imposées aux opérateurs de télécommunications.

France

En France, la taxe sur les opérateurs de télécommunications a été introduite en mars 2009, après que le gouvernement a décidé de supprimer la publicité payante sur les chaînes publiques de télévision. Cette taxe est imposée aux opérateurs de télécommunications autorisés qui fournissent des services en France. Elle se monte à 0,9 % des revenus totaux des opérateurs dont les encaissements sont supérieurs à 5 millions d'euros. Cette nouvelle taxe, qui sera versée à l'État français, devrait rapporter environ 400 millions d'euros par an.

Espagne

En septembre 2009, une nouvelle loi sur le financement de l'organisme public espagnol de radiodiffusion RTVE est entrée en vigueur. Imposant une taxe de 0,9 % sur les recettes brutes des opérateurs de télécommunications, elle était destinée à compenser la perte des revenus provenant de la publicité sur les chaînes de télévision publiques. Un petit nombre d'opérateurs a été exempté du paiement de cette taxe en raison de la portée géographique et du type de services de télécommunications qu'ils fournissent. Cette taxe devrait rapporter quelque 230 millions d'euros en 2010.

Contexte

Le 20 juillet 2010, la Commission avait déclaré que les nouveaux systèmes de financement des organismes publics nationaux de radiodiffusion France Télévisions, en France (IP/10/979), et RTVE, en Espagne (IP/1O/978) étaient compatibles avec les règles de l'UE en matière d'aides d'État, notamment parce qu'ils n'entraînaient pas de distorsions de concurrence disproportionnées entre radiodiffuseurs publics et privés puisqu'il n'y aurait pas de surcompensation des coûts de la mission de service public. Cependant, ces décisions relatives aux aides d'État ne préjugeaient en rien de la compatibilité des «taxes télécoms» avec le droit de l'UE dans le domaine des télécommunications, et notamment avec la directive «Autorisation» (2002/20/CE).

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1 octobre 2010 5 01 /10 /octobre /2010 22:58

article_dsk-1-.jpgA la veille des manifestations pour la défense des retraites, le mythe d’une candidature DSK à gauche a du plomb dans l’aile …

 

Selon le dernier baromètre politique d’octobre de l’étude TNS Sofres, si Martine Aubry conserve une avance, Dominique Strauss-Kahn et Ségolène Royal sont au coude-à-coude 53% contre 52% chez les sympathisants de gauche.  

 

 

Ces chiffres à risque, très loin de ce que certains ont annoncé, feront sûrement réfléchir le locataire de Washington avant une éventuelle candidature pour les primaires socialistes. Martine Aubry, l’a promis, malgré les appels affolés de certains de ses conseillers qui préféreraient « une primaire de confirmation », la désignation du candidat socialiste se fera par des primaires « exemplaires et transparentes ».

 

Or, malgré les tentatives pour booster la candidature de Dominique Strauss-Kahn les chiffres, si l’on s’en tient à l’électorat de gauche, sont loin d’être sûrs. D’autant qu’on maîtrise mal le scénario de ces premières primaires à la française. Un scénario à l’américaine obligeant à une vaste campagne pour capter l’électorat de gauche ne serait pas des plus faciles pour le directeur du FMI qui a pris des positions difficiles à défendre. Ne déclarait-il pas il y a quelques mois "Si on arrive à vivre 100 ans, on ne va pas continuer à avoir la retraite à 60 ans, il va bien falloir que, d'une manière ou d'une autre, ça s'ajuste", une position plus proche du gouvernement actuel que des propositions socialistes.

 

Mais alors …, si on écarte la candidature Strauss Kahn trop risquée, quelles seront les têtes d’affiche de ces primaires socialistes ?

 

On comprend, à l’observation de ce dernier sondage, l’importance des signes de l’unité que souhaitent donner les deux dames du PS. Il s’agit bien d’éviter à tout prix une guerre des deux roses qui serait fatale à la gauche et ouvrirait grand la porte à Nicolas Sarkozy. C’est-ce que redoutent les deux socialistes sur qui repose en grande partie la responsabilité de la victoire en 2012.

 

Philippe Allard

 

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30 septembre 2010 4 30 /09 /septembre /2010 19:41

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Eric Besson à l'Assemblée Nationale mercredi 29 septembre 2010 : "La France sort la tête haute dans l’échange qu’elle avait avec la Commission." (AFP/Boris Horvat)

« C’est l’histoire du verre à moitié vide ou à moitié plein », concluait François Beaudonnet depuis Bruxelles dans le journal de 20h de France 2. Le pouvoir sarkozyste en place en France était triomphant et voyait le verre plutôt plein. « La France sort la tête haute dans l’échange qu’elle avait avec la Commission. », exhultait Eric Besson lors des questions orales à l’Assemblée Nationale. « Une deuxième procédure pour « discrimination », un temps envisagée par la commissaire à la justice, Viviane Reding, a été abandonée. », écrivait LeMonde.fr avec AFP et Reuters à 20h16 hier. « Il n’y aura finalement pas de procédure d’infraction. », annonçait Marie Drucker dans le JT de 13h de France 2 avant même la fin de la réunion de la Commission européenne ; « Ce qui est sûr c’est que la France ne sera pas épinglée pour discrimination à l’encontre des Roms. », renchérissait François Beaudonnet de Bruxelles dans le même JT.

Au JT de 20h sur France 2, le ton avait changé et était beaucoup plus circonspect. Entre temps, le communiqué de la Commission était tombé, et la Vice-présidente Viviane Reding, qui a toujours, dans ses discours officiels, repris les conclusions du collège des 27 commissaires européens, accordait un entretien exclusif à France 24.

 

Concernant les garanties procédurales qui sont liées à une directive de 2004 : procédures d’expulsion individualisées (cas par cas), écrites, préavis d’un mois, possibilité de faire appel de la décision d’expulsion (procédure de recours) ; une procédure d’infraction est lancée contre la France :

« La France n’a pas transposé en droit français les garanties procédurales lors de problèmes avec la libre circulation. Donc la France n’a pas appliqué le droit européen comme il se devrait et donc nous avons décidé de lancer une procédure d’infraction contre la France. »

Concernant la deuxième procédure d’infraction, la discrimination envers les Roms, la Commission a décidé de charpenter solidement son argumentaire contre la France, notamment suite aux réactions colériques du président français lors du Conseil européen du 16 septembre 2010. La procédure n’est nullement abandonnée, elle passe d’une phase théorique – bonnes paroles, engagements et textes officiels – à une phase pratique : étude du dossier sur pièces. Une lettre a été envoyée hier au gouvernement français. Si les pièces étayent suffisamment le dossier, une deuxième procédure d’infraction sera ouverte :

« Il y a deux choses différentes. Il y a la directive européenne qui est une garantie pour tous les citoyens européens, ça n’a rien à faire avec les Roms. Depuis longtemps, on a dit à la France qu’en matière de garantie, si quelqu’un est pris par la justice, cette personne a des garanties. Eh bien ces garanties ne sont pas dans la loi française. Elles doivent l’être pour protéger les citoyens européens en général.

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Viviane Reding lors de son interview exclusive sur France 24 hier

Maintenant la question des Roms, ce qu’on a vu pendant les mois de juillet et d’août, c’est une question : est-ce qu’il y a eu discrimination ou non d’une ethnie ? Et là, la Commission a eu, au plus haut niveau, des assurances politiques que non, il n’y a pas eu de discrimination, et non, la fameuse circulaire du 5 août n’a pas été appliquée de façon discriminatoire, et d’ailleurs maintenant, depuis le 13 septembre, elle a été changée. Nous sommes d’avis que ces assurances sont bien, mais nous voudrions voir les détails. Qu’est-ce qui est arrivé à ces citoyens européens ? Est-ce que véritablement ils ont été discriminés ou non ? Alors nous demandons à la France de nous fournir les preuves, les documents, de l’expulsion, les documents du passage devant le juge, de toutes ces personnes qui ont été expulsées pendant l’été en France.

Donc ce sont deux choses qu’il faut séparer : une chose est l’application du droit européen, la France est en faute ; l’autre chose est : discrimination ou non ? Nous avons besoin de plus d’informations.

Nous avons les preuves pour la non application de la directive ; nous n’avons pas les preuves objectives, matérielles, concrètes, pour la discrimination de citoyens.

Nous allons demander des preuves matérielles, dans un sens ou dans un autre, là où nous n’en disposons pas. Cette lettre est partie, donc c’est très clair que ce n’est pas un dossier clos pour la Commission. La Commission a eu les assurances politiques, mais elle voudrait avoir les preuves que ces assurances politiques ont été suivies dans les faits. »

Interrogée pour savoir s’il s’agissait d’un compromis par France 24, Viviane Reding a été très claire :« Il n’y a aucun compromis parce que nous ne pouvons pas faire un compromis sur le droit européen. ». Elle a ajouté qu’agissant dans le cadre du droit, elle devait maintenant réunir des preuves.

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Dernier volet, non évoqué par les médias français, mais dans le texte du communiqué, la Commission « présentera un Cadre au niveau de l'UE pour des stratégies nationales d'intégration des Roms en Avril de l'année prochaine ». Il s’agira d’une action étroitement suivie par la Commission, déclinée dans les Etats membres, à qui on demande d’être « explicites et ambitieux » dans les domaines de l’emploi, de l’éducation et de la réduction de la pauvreté. L'Agence européenne des droits fondamentaux sera associée à ce travail, et « la Commission fera rapport des progrès réalisés au Parlement européen et au Conseil européen avant l'été 2011. ». L’action sera menée selon « Les 10 principes de base communs pour l’inclusion des Roms » (cliquez ici pour accéder au document):

-des politiques constructives, pragmatiques et non discriminatoires ;

-un ciblage spécifique mais pas exclusif sur les Roms ;

-une approche interculturelle ;

-un objectif final de pleine inclusion des Roms dans la société ordinaire ;

-une attention à la question des femmes ;

-un transfert des politiques fondées sur les faits (partages des expériences) ;

-un recours aux instruments communautaires ;

-l’implication des collectivités régionales et locales ;

-la participation de la société civile ;

-la participation active des Roms.

Quoi qu’il en soit, l’ensemble des procédures (d’instruction ou d’infraction) et des actions (d’inclusion des Roms) prendra du temps.

Vous trouverez ci-après le texte de la déclaration de la Commission européenne suite à sa réunion d’hier (diffusé par Viviane Reding).

Frédérick Moulin


-oOo-


La Commission européenne évalue les récents développements en France,

discute la situation générale des Roms et le droit de l'UE

sur la libre circulation des citoyens de l'UE

Comme annoncé en début de ce mois, la Commission européenne a évalué aujourd'hui les récents développements en France et discuté la situation générale des Roms et le droit de l'UE sur la libre circulation des citoyens de l'UE.

La Commission a entendu les présentations de la Vice-présidente Viviane Reding, responsable de la Justice, Droits Fondamentaux et Citoyens, du Commissaire Lászlo Andor, responsable de l'Emploi, Affaires Sociales et Inclusion, et de la Commissaire Cecilia Malmström, responsable des Affaires Intérieures.

La Commission a conclu dans les termes suivants:

1. Le droit de chaque citoyen de l'UE à la libre circulation à l'intérieur de l'Union est un des principes fondamentaux de l'UE. En tant que gardienne des Traités, il est du devoir de la Commission de s'assurer de son application complète et effective dans tous les Etats membres.

2. Les Etats membres sont responsables et ont le droit de prendre des mesures pour s'assurer du respect de l'ordre public et de la sécurité publique dans leur territoire. Ce faisant, ils doivent respecter les règles établies par la directive de 2004 sur la libre circulation, les droits fondamentaux des citoyens de l'UE et éviter toute discrimination, en particulier sur la base de la nationalité ou de l'appartenance à une minorité ethnique.

3. Les récents événements en France ont amené à un échange détaillé entre la Commission et les autorités françaises sur l'application du droit de l'UE à la libre circulation des personnes. La Commission a pris note aujourd'hui des assurances apportées par la France au plus haut niveau politique le 22 Septembre 2010 sur le fait que:

·       les mesures prises par les autorités françaises depuis cet été n'ont pas eu comme objectif ou comme effet de viser une minorité ethnique spécifique, mais ont traité tous les citoyens de l'UE de la même manière ;

·       la circulaire du 5 août 2010 qui n'était pas conforme avec cette orientation, a été annulée et remplacée par une autre circulaire adoptée le 13 septembre 2010 ;

·       les autorités françaises assurent une application totalement effective et non-discriminatoire du droit de l'UE, en conformité avec les Traités et avec la Charte de l'UE sur les Droits Fondamentaux.

4. La Commission a également noté que la France réaffirme son engagement à une coopération étroite et loyale sur ces questions. La Commission continuera l'échange avec les autorités françaises etenvoie aujourd'hui une lettre aux autorités françaises avec des questions détaillées concernant l'application dans la pratique des assurances politiques qu'elles ont données.

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La Vice-présidente de la Commission, Viviane Reding, à Bruxelles mercredi 29 septembre 2010

5. Dans le but d'apporter une certitude juridique aux Etats membres et aux citoyens de l'UE, en particulier dans des situations controversées, il est extrêmement important de s'assurer que les sauvegardes procédurales et substantielles, prévues par la directive de 2004 sur la libre circulation, soient correctement transposées dans sa totalité par les Etats membres. À ce stade, la Commission considère que la France n'a pas transposé la directive sur la libre circulation en droit national de manière à rendre ces droits complètement efficaces et transparents. Par conséquent, la Commission a décidé aujourd'hui qu'elle enverra une lettre de mise en demeure à la France en demandant la transposition complète de la directive, à moins qu'un projet de mesure de transposition ainsi qu'un calendrier précis pour son adoption ne soit transmis avant le 15 Octobre 2010. La lettre de mise en demeure serait envoyée dans le contexte du paquet du mois d'Octobre 2010 [avec les infractions des autres pays et sur d'autres directives, NdlR] sur les procédures d'infraction.

6. En même temps, la Commission est en train d'analyser la situation dans tous les autres Etats membres en ce qui concerne la transposition de la directive sur la libre circulation pour évaluer la nécessité ou pas d'entamer des procédures d'infraction également à l'encontre d'autres Etats membres. Si tel était le cas, elle enverra une lettre de mise en demeure pour tous les cas similaires également dans le contexte des prochains paquets sur les procédures d'infraction.

7. La Commission a réitéré aujourd'hui que l'intégration sociale et économique des Roms représente un défi commun et une responsabilité partagée de tous les Etats membres. La Communication de la Commission sur cette question, adoptée le 7 Avril 2010, énumère une série de mesures importantes qui doivent être prises au niveau national et de l'UE dans le but d'améliorer la situation des Roms au plus vite.

8. À cet effet, et sur la base du travail de la Plateforme sur les Roms et de la Task Force sur les Roms, établie par la Commission le 7 Septembre 2010, avec l'objectif d'analyser l'utilisation et l'efficacité des fonds nationaux et de l'UE de la part des Etats membres pour l'intégration des Roms, la Commission présentera un Cadre au niveau de l'UE pour des stratégies nationales d'intégration des Roms en Avril de l'année prochaine. Ce Cadre de l'UE, qui se basera sur le rapport de la Task Force sur les Roms, évaluera en particulier l'utilisation nationale et européenne du financement et fera des propositions pour une meilleure application des fonds de l'UE de façon à viser l'exclusion des Roms lors des actuels et des prochains périodes de programmation. Les problèmes multidimensionnels de la minorité Rom seront traités dans le contexte des dix principes de base de la Communication sur l'intégration des Roms et dans le cadre d'une coopération renforcée entre toutes les parties prenantes. De plus, le Cadre au niveau européen visera à assurer un suivi plus efficace et un soutien aux efforts nationaux et européens en ce qui concerne l'intégration des Roms. Dans ce but, et dans le contexte de la Stratégie Europe 2020, la Commission invitera les Etats membres à présenter leurs propres stratégies nationales pour l'intégration des Roms comme un élément de leurs programmes nationaux de réformes. La prochaine initiative phare sur la "Plateforme contre la pauvreté" constituera un cadre intégré d'actions en soutien des priorités horizontales comme celle de l'intégration des citoyens Roms. La Commission européenne considère aussi que les Etats membres doivent être explicites et ambitieux sur les Roms lors de l'adoption des objectifs nationaux Europe 2020 dans le domaine de la réduction de la pauvreté, de l'emploi et de l'éducation.

9. La Commission travaillera étroitement ensemble avec tous les Etats membres dans la préparation du Cadre au niveau de l'UE pour des stratégies nationales d'intégration des Roms. L'Agence européenne des droits fondamentaux sera associée à ce travail.

10. La Commission fera rapport des progrès réalisés au Parlement européen et au Conseil européen avant l'été 2011.

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30 septembre 2010 4 30 /09 /septembre /2010 00:54

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"Une idée royale" : échec de la "Répulique irréprochable" (les enveloppes) et de la "démocratie exemplaire" (autisme du pouvoir) avec l'exemple de la réforme des retraites (titre et dessin de Chimulus)

Gérard Courtoisdirecteur éditorial du journal Le Mondeancien directeur de la rédaction du quotidien de 2004 à 2006 – il avait succédé à Edwy Plenel lors du déménagement du Monde du Vème arrondissement dans le XIIIème – dresse un portrait sans concession du « grand chantier institutionnel » de Nicolas Sarkozy. Les points épinglés sont ceux que Ségolène Royal en particulier et beaucoup de socialistes en général pointent du doigt : une réforme des retraites sans débat, bâclée en 65 heures, avec des amendements « calibrés avec l’Elysée » et une opposition muselée, avec un référendum d’initiative populaire dont la loi organique dort dans un tiroir. Une réforme de la Constitution qui a échoué dans ses principes, la « République irréprochable » et la « démocratie exemplaire ». Et une réforme des collectivités territoriales au « résultat déplorable ».

-oOo-

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28 septembre 2010

La règle du jeu : pile, je gagne, face, tu perds !

Il sera bien temps, d'ici au printemps 2012, de faire le bilan de toutes les réformes annoncées, amorcées, engagées, contrariées, ensablées ou oubliées depuis trois ans. Ne retenons pour l'heure, puisque l'actualité y invite, que le grand chantier institutionnel ouvert dès l'été 2007 par Nicolas Sarkozy.

Il comportait deux volets : la réforme de la Constitution, entérinée par le congrès le 23 juillet 2008, puis celle des collectivités territoriales dont l'examen arrive à son terme, cette semaine, à l'Assemblée nationale. Au niveau national, comme au niveau local, les mêmes principes devaient présider à cette ambitieuse " modernisation " : " Ceux d'une démocratie exemplaire, d'une République irréprochable, d'une vie publique placée sous le signe de la clarté et de la responsabilité et gouvernée par l'intérêt général ", selon les termes du chef de l'Etat, le 22 octobre 2008, à l'Elysée.

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"Les aveux de Woerth" : échec de la "République irréprochable"

Qu'en est-il deux ans plus tard ? Non pas de la République irréprochable dont on constate tous les jours ou presque qu'elle ne l'est pas ; pas davantage du pouvoir nouveau donné aux citoyens de défendre leurs droits face à la loi, grâce à la question prioritaire de constitutionnalité, dont le Conseil constitutionnel s'est emparé avec efficacité et qui restera, probablement, une réforme en profondeur de notre Etat de droit. Mais qu'en est-il de la " démocratie exemplaire " ?

L'affaire des retraites témoigne qu'elle reste un voeu pieux. Voilà pourtant une réforme essentielle qui, au-delà des contraintes financières, touche chacun dans sa vie personnelle et professionnelle, dans son rapport au travail, à la solidarité, à l'âge et à la mort : une réforme de civilisation, si l'on ose employer l'expression, un peu galvaudée. A-t-elle fait l'objet d'un grand débat national, à l'occasion de la campagne présidentielle de 2007 ? L'on sait bien que non puisque Nicolas Sarkozy avait alors assuré, et répété en 2008, qu'elle n'était pas à l'ordre du jour ?

A-t-elle fait l'objet, depuis qu'elle est engagée, d'un débat national organisé par le pouvoir, afin de convaincre chacun de sa justesse et de sa justice ? Non, si l'on en juge par les enquêtes d'opinion et par les manifestations dans les rues de l'Hexagone.

Pourrait-elle faire l'objet d'un tel débat, à l'occasion d'un référendum que certains réclament ? Encorenon, puisque la nouvelle procédure de référendum d'initiative mi-parlementaire mi-populaire, introduite à l'article 11 de la Constitution par la révision de 2008, est restée lettre morte : la loi organique censée en préciser les règles dort prudemment dans un tiroir. A-t-elle au moins fait l'objet d'une négociation approfondie avec les syndicats ? Toujours non.

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Réforme des retraites et manifestations des 7 et 23 septembre 2010 : autisme de Nicolas Sarkozy et de son gouvernement, absence de toute forme de débat et de négociation réelle, échec de la "démocratie exemplaire" (dessin de Chimulus)

Restait le Parlement. On a vu ce qu'il en était à l'Assemblée : 65 heures de débat verrouillé pour tout potage et l'opposition privée de dessert, le 15 septembre, lorsqu'elle a voulu inaugurer le droit nouveau offert à chaque député d'expliquer son vote durant cinq minutes. Le président de l'Assemblée, Bernard Accoyer, a poliment attendu que le vingt-troisième orateur socialiste, Laurent Fabius, se soit exprimé, avant de mettre fin brutalement à la séance.

Inacceptable obstruction, s'est-il défendu. Sans doute. Mais modeste réplique au passage en force voulu par le gouvernement. Le vote eût été retardé de quelques heures, la face de la réforme n'en aurait pas été changée, et l'honneur de l'opposition aurait été sauf ; cette opposition dont le président souhaitait, le 12 juillet 2007, à Epinal, qu'elle " puisse mieux jouer son rôle dans une démocratie apaisée "... On en sourit - jaune.

L'ultime recours est le Sénat, dont le président joue les " gentils " après que son homologue de l'Assemblée eut joué les " méchants ". Mais chacun sait bien, là encore, que les amendements qu'il esquisse ont été soigneusement calibrés avec l'Elysée pour pouvoir dire, si la mobilisation dans la rue ne faiblit pas, que l'on a su en tenir compte. Au fond, la règle du jeu est simple : pile je gagne, face tu perds !

Elle va, à nouveau, s'appliquer le 28 septembre, lors du vote en deuxième lecture, à l'Assemblée, de la réforme des collectivités territoriales. Un grand oeuvre était annoncé, destiné à simplifier nos institutions locales, clarifier les responsabilités et les compétences de chacun, réduire dysfonctionnements et redondances. Pour le coup, le Parlement a pris le temps : une année entière d'allers et retours entre sénateurs et députés.

Mais, à l'arrivée, un résultat déplorable : faute d'accord avec le Sénat, l'Assemblée aura le dernier mot - c'est la règle - et rétablira le texte voulu par le chef de l'Etat. Tant pis si la création du conseiller territorial (mi-départemental mi-régional) rend le paysage encore plus confus qu'aujourd'hui ; tant pis si son élection future au scrutin uninominal à deux tours écorne sérieusement le principe de la parité entre femmes et hommes, pourtant inscrit dans la Constitution ; tant pis si ce texte, de l'aveu même des présidents des deux Assemblées, est devenu " inapplicable ". Il sera voté, pour permettre au président de la République d'ajouter une ligne - même creuse - à son bilan et d'appliquer fermement sa devise : pile je gagne, face tu perds !

Le comble est que cette singulière conception de la démocratie semble gagner les esprits à gauche. Après des débats internes, les socialistes ont décidé, avant l'été, d'organiser des primaires pour désigner leur candidat en 2012. Ce doit être un grand moment démocratique, exemplaire, transparent et mobilisateur.

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Claude Bartolone sur France Inter le 24 septembre 2010 : "il y aura entente, je suis persuadé qu'il y aura comme candidature ou celle de Dominique Srauss-Kahn, ou celle de Martine Aubry (...) nous pourrions nous orienter vers une primaire de confirmation"

Et voilà que Claude Bartolone, qui n'est pas le moindre d'entre eux, dit tout haut ce que certains espèrent en leur for intérieur : les primaires ne seraient, au fond, que la " confirmation " de celui (Dominique Strauss-Kahn) ou celle (Martine Aubry) qui, dans les prochains mois, se sera imposé dans le parti et dans l'opinion.

Tollé des autres prétendants. Ferme démenti de la première secrétaire du PS. Mais cela n'effacera pas l'impression que, de ce côté-là aussi, certains aimeraient bien jouer à ce jeu national : pile je gagne, face, tu perds !

Gérard Courtois

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30 septembre 2010 4 30 /09 /septembre /2010 00:39

1497244814-rappel-a-l-ordre-de-martine-aubry-et-de-segolene.jpg                  « Elles », Ségolène Royal et Martine Aubry, conscientes de leur responsabilité, ont décidé de mettre un terme à toutes les tensions, les petites attaques meurtrières au Parti socialiste, pour se consacrer à la préparation d’une alternance crédible. Deux femmes, en capacité demain de postuler à la fonction présidentielle pour conduire une autre politique plus républicaine à gauche, contre la droite de Sarkozy, appellent à l’unité des socialistes. Car là est l’essentiel : mener ensemble la bataille politique, assurer la victoire attendue par tant de Françaises et de Français, mettre fin à l’expérience malheureuse du Sarkozysme et réussir le changement pour la France.

 

 

 

  Déjà en 2007 contre ses deux adversaires socialistes, Ségolène Royal avait tout fait pour éviter que le débat nécessaire des idées ne tombe dans des querelles et des attaques de personnes. Si elle avait décidé de s’y tenir en demandant à ses partisans un respect total de ses concurrents, il n’en avait pas été partout de même. Subissant de lourdes attaques dans son propre camp, alors qu’elle devait porter toute la gauche dans la bataille politique contre un candidat qui disposait de moyens colossaux, la socialiste, affaiblie par ce manque d’unité, n’avait pas pu s’imposer malgré une très belle campagne qui s’était achevée par l’immense meeting au stade Charlety à Paris.

 

Quand on écoute aujourd’hui les propos inconsidérés de certains socialistes comme récemment Bartolone, déclarant que si ses candidats ne sont pas choisis ce sera « Apocalypse Now » on peut se demander si « ils » ont bien entendu le message qu’ « elles » portent, s’ils ont l’intelligence de tirer les leçons de la campagne de 2007, s’ils ont bien mesuré, au-delà de leur petites ambitions, l’enjeu de l’élection de 2012 pour la France.

 

Peut être que demain, les circonstances feront qu’ « elles » seront face à face dans une Primaire. Mais « elles » ont compris qu’il n’y aura pas de victoire ni pour l’une ni pour l’autre, et donc pas de victoire pour la France, s’il n’y a pas de rassemblement des socialistes. Comme pour les Primaires aux Etats-Unis, où Obama - Clinton se retrouvent pour mener ensemble la bataille essentielle, il faudra ensemble mener la campagne de 2012. Il aura ainsi fallu un échec et une politique en « elles » pour imposer à « ils » l’unité des socialistes pour assurer l‘alternance. Ce sera aussi une belle victoire pour celles et ceux qui ont combattu pour que la politique ne se fasse pas qu’entre « ils » parce que sans « elles », il n’y a pas de réelle vie démocratique.

  

Philippe Allard

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29 septembre 2010 3 29 /09 /septembre /2010 22:55

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Ségolène Royal était ce matin l’invitée de l’émission matinale « Les 4 Vérités » sur France 2 aujourd’hui à 7h50. Elle était interviewée par Roland Sicard.

Ségolène Royal a abordé les thèmes des attentats déjoués en France et en Europe ces derniers jours, du budget présenté en conseil des ministres ce matin, du retour de l’ex-candidate à la présidence de la République sur la scène médiatique et de son éventuelle candidature aux primaires du PS, et de l’unité retrouvée du PS et de la nécessaire alternance.

F.M.

envoyé par inet


Roland Sicard : bonjour à tous, bonjour Ségolène Royal.

Ségolène Royal : bonjour.

Roland Sicard : avant de parler du budget, je voudrais qu’on revienne sur ces attentats qui auraient été déjoués en France, en Grande-Bretagne, en Allemagne. Il y a quelques jours, vous disiez qu’il y avait une part de mise en scène dans la communication du gouvernement sur ce sujet. Est-ce que ce matin vous diriez la même chose ?

Ségolène Royal : ça a dérangé parce que j’ai dit une certaine vérité. Et ce que vous venez de rappeler, c’est-à-dire que certains attentats ont été déjoués sans que ça se sache, confirme ce que j’avais dit, c’est-à-dire qu’il y a incompatibilité entre une action sérieuse de lutte contre le terrorisme et des conférences de presse ministérielles. Seule, je crois, la Direction Centrale du Renseignement Intérieur est habilitée à parler sur un aspect technique, mais en aucun cas la politique ne doit se mêler de la lutte contre le terrorisme, et je me réjouis que des attentats aient été bien évidemment déjoués, c’est d’ailleurs le rôle, tous les jours, des services compétents dans ce domaine.

Roland Sicard : mais vous pensez qu’il y a trop de communication sur le sujet ?

Ségolène Royal : j’ai dit ce que j’avais à dire. Je crois qu’il était bien que le Premier ministre reçoive enfin les groupes parlementaires de l’opposition, ce qui aurait dû être fait, d’ailleurs, avant les communications ministérielles. Donc les choses sont rentrées dans l’ordre et je crois que le ministre de l’Intérieur se gardera à l’avenir de faire des communications qui ont pour objectif de gêner d’ailleurs souvent les services de renseignement, et d’informer autant les terroristes que l’opinion publique qui est parfois injustement affolée, surtout lorsqu’il y a multiplication des alertes à la bombe fantaisistes.

Roland Sicard : alors sur le budget, il va être présenté ce matin, il y a 40 milliards d’économies. Vous parleriez d’austérité, de rigueur, quel terme ?

Ségolène Royal : c’est un budget qui est à la fois injuste, insuffisant et anti-écologiqueInjuste parce que, comme l’a dit d’ailleurs le président de la commission des finances Jérôme Cahuzac, c’est la plus forte hausse [« Président socialiste, je précise », ajoute Roland Sicard] oui, président socialiste, c’est la plus forte hausse d’impôt depuis 1995, c’est-à-dire depuis 15 ans, sauf pour les grandes fortunes avec le maintien du bouclier fiscal.

Ensuite c’est insuffisant, puisque la dette publique a doublé en 5 ans. Il faut savoir que le gouvernement emprunte aujourd’hui 1 milliard d’euros par jour, il faut que les Français le sachent, donc quand le gouvernement récupère seulement 10 milliards sur les niches fiscales, c’est 10 jours seulement d’emprunt, c’est très, très faible, il aurait fallu faire un effort plus important et surtout, en 3 ans, on aurait attendu des réformes structurelles dans la loi de finance qui auraient permis à la fois de maîtriser les recettes et de maîtriser les dépenses.

Enfin, c’est un budget anti-écologique, ça je crois que c’est assez grave, puisqu’un des ressorts de la croissance, c’est la croissance verte, qui est très directement frappée, freinée dans ce budget puisque les impôts supplémentaires arrivent sur l’énergie photovoltaïque, avec la réduction de l’avantage fiscal, après avoir diminué [les prix de] vente de l’énergie photovoltaïque, et je le vois puisque je préside une région qui est à l’avant-garde de l’énergie solaire et qui a mis en place un plan européen de développement, de construction de panneaux photovoltaïques. Aujourd’hui cette filière est gravement déstabilisée, fragilisée, or c’est un de nos atouts industriels majeurs, et j’espère qu’au cours du débat parlementaire, le gouvernement remettra les avantages fiscaux sur les énergies renouvelables, et les remplacera par une suppression des niches sur des dépenses à effet carbone négatif.

Roland Sicard : sur la suppression des niches, sur les taxes sur les banques par exemple, ça c’est des mesures que les socialistes avaient proposées ?

Ségolène Royal : écoutez, pour être honnête et ne pas tomber dans la caricature, je dirais que certaines mesures vont dans la bonne direction, par exemple l’annualisation des exonérations des cotisations patronales qui intègrent désormais les primes et le 13ème mois, ça va dans la bonne direction, encore que je crois qu’il aurait fallu en exonérer les PME confrontées à la concurrence internationale. Les taxes bancaires ou les taxes sur les assurances vont dans la bonne direction, mais il est très important qu’au cours du débat les socialistes obtiennent un encadrement et un contrôle de ces taxesSinon que va-t-il se passer ? Elles vont être répercutées sur les clients et sur les consommateurs, c’est-à-dire diminuer le pouvoir d’achat, alors qu’elles doivent impérativement être prélevées sur les bénéfices des banques et des assurances, et pas sur les clients, surtout en France où un récent rapport a montré que la tarification bancaire était parmi les plus élevées d’Europe. Donc attention à ne pas répercuter de bonnes décisions sur le pouvoir d’achat car aujourd’hui la croissance est essentiellement tirée par la consommation, il ne faut pas la ralentir.

Roland Sicard : François Baroin a annoncé une mesure qui vous concerne, c’est le gel des dotations pour les collectivités locales. Qu’est-ce qu’en pense la présidente de région que vous êtes ?

Ségolène Royal : c’est forcément une très mauvaise nouvelle. Pourquoi c’est une très mauvaise nouvelle ? C’est parce que l’Etat a transféré beaucoup de responsabilités sur les régions, que nous sommes des territoires dynamiques, et je crois que ce n’est pas en freinant les territoires dynamiques qui créent des activités, des emplois, qui sont en charge de la formation professionnelle ou, comme je le disais à l’instant, de la croissance verte, des investissements industriels, que l’on va relever le pays. Ce qui est dommage aussi c’est qu’il n’y ait pas eu de discussions, de négociations avec les présidents de région que nous sommes, parce que je crois qu’il y a des ressources d’économies à faire dans les dépenses publiques, s’il y avait une bonne articulation entre ce que fait l’Etat, ce que font les départements et ce que font les régions. Car enfin il faut trouver des économies pour réduire la dette. Des économies il y en a si on fait en sorte qu’un euro dépensé soit un euro utile, et je ne vois pas pourquoi ce qui est possible au plan local, dans la région que je préside je n’ai pas augmenté les impôts pendant 6 ans, j’ai diminué la dette, et j’ai pourtant fait tous les investissements stratégiques en révisant tous les ans l’opportunité des dépenses publiques, et moi je pense que ce qui est fait là doit être fait au niveau national.

Roland Sicard : on vous a beaucoup entendue depuis quelques temps notamment sur les retraites. Est-ce que ce retour sur le terrain médiatique, c’est une manière de vous relancer dans la course aux primaires pour le Parti socialiste ?

Ségolène Royal : (sourire) mais vous savez, je suis là parce que vous m’avez invitée. Je crois qu’il y a beaucoup de sujets d’actualité qui sont très forts et c’est vrai que ma voix porte. Et chaque fois que je crois nécessaire de donner ma voix à ceux qui sont souvent sans voix, je pense à la question des retraites, il y a des combats sociaux à conduire, et ma responsabilité de femme politique, c’est de les conduire, de prendre la parole à la fois pour m’opposer, mais aussi pour proposer, et pour montrer qu’un autre chemin est possible.

Roland Sicard : oui mais sur ces primaires, est-ce que vous, vous serez candidate, est-ce que vous pouvez nous le dire ce matin ?

Ségolène Royal : non, je ne peux pas vous le dire ce matin, je crois que chaque chose en son temps. Ce qui est très important aujourd’hui c’est que l’unité des socialistes ait été reconstruite. J’ai beaucoup œuvré pour cela, compte tenu de toutes les vicissitudes du passé (rire)

Roland Sicard : il y a des voix discordantes, hein, il y a Malek Boutih ce matin qui dit du mal de Martine Aubry

Ségolène Royal : eh bien je crois que ce n’est pas bien, il a perdu une occasion de se taire, il faut que les socialistes apprennent à être un peu disciplinés. C’est bien la liberté de parole, mis c’est bien aussi la protection de l’unité. L’alternance viendra, si les socialistes restent unis. Et je ferai tout pour cela, je ne laisserai personne porter atteinte à cette unité, à cette fraternité retrouvée.

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