Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
13 octobre 2010 3 13 /10 /octobre /2010 15:09

medium jeune68[1]L’entrée de la jeunesse dans la bataille politique contre la réforme des retraites inquiète fortement le pouvoir sarkozyste. Le mouvement pourrait devenir incontrôlable avec de très jeunes manifestants dans la rue.

 

 Pour tenter de limiter ce mouvement, le gouvernement a d’abord cherché à dénoncer la manipulation des jeunes. Sous entendu, les jeunes n’auraient pas de liberté de jugement et seraient sous la coupe de quelques mouvements politiques occultes. C’est la théorie classique du complot. Il va plus loin aujourd’hui par la voix notamment de Nadine Morano déclarant le " blocage des lycées est totalement interdit ". Il n’est pas sûr qu’une interdiction ait un impact sur cette jeunesse et qu’elle ne soit pas plutôt interprétée comme une provocation du pouvoir pour lui interdire un droit à manifester.  

 

 Ségolène Royal, mardi soir, au journal de 20 heures sur TF1, a au contraire souhaité apporter son soutien à cette jeunesse en lutte mais en prenant soin de leur demander de manifester " de façon très pacifique ". Pour la socialiste " à 15 ans, à 16 ans, … les jeunes sont responsables, et savent pourquoi ils descendent dans la rue ". Elle a expliqué les raisons de leur colère. : " ils ont parfaitement compris qu’en forçant leurs parents ou leurs grands-parents à travailler jusqu’à 67 ans alors qu’ils voient déjà, dans leur famille, une partie de leurs parents et de leurs grands-parents déjà au chômage, ils se disent que si le gouvernement fait cela, ça va faire exploser le chômage des jeunes."   

 

La prise de position de la présidente de région socialiste en faveur du mouvement de contestation des jeunes a déclenché une levée de boucliers de la droite sarkozyste pour dénoncer ces propos considérés par Michèle Alliot-Marie comme " irresponsable". Le socialiste Harlem Désir a au contraire apporté tout son soutien à Ségolène Royal en déclarant à l’AFP "La droite panique, car elle est confrontée à un front des générations".

 

Philippe Allard

Repost 0
Published by Militants de l'Espoir à gauche - dans Actualité
commenter cet article
13 octobre 2010 3 13 /10 /octobre /2010 02:38

Ségolène PRPC

Ségolène Royal était interviewée par Laurence Ferrari hier soir au journal télévisé de 20h de TF1, alors que le cortège de la manifestation contre la réforme des retraites voulue par Nicolas Sarkozy s'était dispersé un heure auparavant à Paris.

L'ex-candidate à la présidence de la République s'est longuement exprimée sur la réforme des retraites de Nicolas Sarkozy et du gouvernement Fillon, estimant que que le Premier ministre "doit suspendre sa réfome" car dorénavant "les français sont entrés en résistance".

Ségolène Royal s'est adressée plus spécifiquement aux nombreux jeunes présents dans la manifestation, soulignant que s'ils doivent descendre à nouveau dans la rue, il doivent le faire "de façon très pacifique".

La présidente de la Région Poitou-Charentes est également revenue sur les deux possibles sorties de crise : un référendum sur la réforme du gouvernement ou une suspension de cette réforme, suivi(e) de la réelle négociation d'une réforme "juste".

Elle a enfin répondu aux questions de Laurence Ferrari sur Dominique Strauss-Kahn et sur Martine Aubry, affichant clairement les couleurs de l'union et de l'unité du PS. Interrogée sur les propositions du PS, elle a parlé à la première personne du pluriel : "nous".

F.M.

 

Laurence Ferrari : et notre invitée ce soir c’est Ségolène Royal. Bonsoir Madame Royal.

Ségolène Royal : bonsoir.

Laurence Ferrari : la mobilisation, on l’a vu dans le travail des reporters de TF1, était très forte aujourd’hui en France. François Fillon juge ‘irresponsable’ qu’une partie du Parti socialiste mette les jeunes de 15 ans dans la rue. Alors est-ce que, un, vous soutenez cette mobilisation des jeunes, et deux, est-ce que vous êtes irresponsable, Madame Royal ?

Ségolène Royal : les jeunes très nombreux en effet, avec de nombreux autres Français de toutes les générations, ont donné aujourd’hui un nouvel avertissement au gouvernement. Et moi je conseille très vivement au gouvernement d’entendre cet avertissement et de suspendre la réforme des retraites, sinon il sera responsable de tout ce qui arrivera.

Laurence Ferrari : et le Parti socialiste est-il irresponsable de pousser les jeunes à descendre dans la rue ?

Ségolène Royal : les jeunes sont assez grands pour savoir ce qu’ils doivent faire, et je ne crois pas du tout que ce soit le Parti socialiste…

Laurence Ferrari : à 15 ans, à 16 ans ?

Ségolène Royal : à 15 ans, à 16 ans, je pense en effet que les jeunes sont responsables, et savent pourquoi ils descendent dans la rue. Je leur demande d’ailleurs de descendre dans la rue, mais de façon très pacifique, ils ont leur mot à dire. Au nom de quoi faudrait-il étouffer ce que les jeunes ont à dire ? Et s’ils se mettent aujourd’hui dans les manifestations, c’est parce qu’ils ont le sentiment d’être méprisés, comme l’ensemble des Français d’ailleurs aujourd’hui. Ils savent très bien que la réforme des retraites, qu’on leur a présentée comme très complexe, et pendant des mois et de mois, le gouvernement a mené une propagande mensongère, en disant aux Français : « On ne vous consulte pas parce que c’est trop compliqué pour vous. ».

B8.jpg

Les jeunes sont très simples, hein, ils ont parfaitement compris qu’en forçant leurs parents ou leurs grands-parents à travailler jusqu’à 67 ans alors qu’ils voient déjà, dans leur famille, une partie de leurs parents et de leurs grands-parents déjà au chômage, ils se disent que si le gouvernement fait cela, ça va faire exploser le chômage des jeunes. Et comme ils sont déjà très précarisés, puisque 25% des jeunes en âge de travailler sont aujourd’hui au chômage, que 20% des jeunes vivent en dessous du seuil de pauvreté, qu’ils voient bien que les parents ne peuvent plus les aider à poursuivre leurs études pour beaucoup d’entre eux, et que leurs grands-parents sont en situation de précarité avec la baisse des retraites, alors ils se sentent en effet solidaires de ce que subissent les Français.

Laurence Ferrari : donc vous les appeler à redescendre dans la rue dès demain ? dès jeudi ? dès samedi ?

Ségolène Royal : c’est à eux d’en décider.

Laurence Ferrari : c’est vous qui venez de les appeler à redescendre dans la rue.

Ségolène Royal : non, j’ai dit que s’ils redescendaient dans la rue il fallait qu’ils le fassent très calmement parce que le pouvoir sinon va exploiter le moindre incident pour décrédibiliser ce mouvement.

Laurence Ferrari : est-ce qu’il y a un risque d’affrontement comme le dit Martine Aubry ce soir ?

Ségolène Royal : mais c’est le pouvoir qui est affronté au peuple Français. Est-ce que l’on peut raisonnablement conduire une réforme comme celle-ci contre les Français ? Non. Ces réformes doivent être faites avec les Français. Que se passe-t-il ? Si l’on résumait d’une phrase la réforme des retraites, c’est quoi la réforme des retraites, telle que la droite veut l’imposer ? C’est une taxation du travail, puisqu’il va falloir travailler plus longtemps pour gagner moins, alors que l’actuel président de la République avait promis tout le contraire.

Laurence Ferrari : le Premier ministre exclut toute négociation, toute autre concession sur cette réforme, alors quelle est l’issue à ce conflit, Madame Royal ?

Ségolène Royal : mais le Premier ministre va bouger, et c’est pour ça qu’il faut que la mobilisation continue, pacifiquement.

Laurence Ferrari : sur quels points doit-il bouger ?

B5-manif.jpg

Ségolène Royal : "Le Premier ministre va suspendre sa réforme, il doit suspendre sa réforme. Pourquoi ? Parce que les Français sont entrés en résistance."

Ségolène Royal : mais le Premier ministre va suspendre sa réforme, il doit suspendre sa réforme. Pourquoi ? Parce que les Français sont entrés en résistance. Ils ont bien compris que détruire la Sécurité sociale, cette Sécurité sociale qui nous a été transmise par les générations précédentes, grâce au Conseil national de la Résistance après la guerre, c’est un patrimoine français, c’est le modèle social français, c’est ce qui sécurise les revenus de ceux qui ont travaillé.

Laurence Ferrari : vous pensez que cette réforme des retraites va pulvériser le système de Sécurité sociale ?

B13 évident

Ségolène Royal : "C’est évident, c’est un premier pilier de la Sécurité sociale qui s’effondre, si cette retraite passe."

Ségolène Royal : mais c’est évident. C’est évident, c’est un premier pilier de la Sécurité sociale qui s’effondre, si cette retraite passe, et j’espère qu’elle ne va pas passer, puisque la remise en cause de la retraite à 60 ans, on le sait bien, ce n’est pas la déformation qu’en a présenté le gouvernement. Qu’est-ce que ça veut dire ? Ça veut dire qu’aujourd’hui même ceux qui auront cotisé pendant 41 ans et qui ont 60 ans ne pourront plus prendre leur retraite. Est-ce que c’est juste ? C’est totalement injuste, car ceux qui ont travaillé depuis 41 ans sont ceux, d’abord, qui ont les bas salaires, qui ont les métiers les plus difficiles, qui ont des carrières longues, et aujourd’hui ceux qui ont commencé à travailler à 17 ans devront cotiser pendant 44 ans parce qu’ils n’ont plus le droit de partir à 60 ans ? Mais c’est totalement injuste. Même chose pour ceux à qui l’ont interdit aujourd’hui de partir à 65 ans, même lorsqu’ils ont 41 ans de cotisation : c’est totalement injuste.

Laurence Ferrari : donc le Parti socialiste continue de dire que s’il arrivait au pouvoir en 2012, il reviendrait sur cette réforme des retraites ?

Ségolène Royal : nous rétablirons la liberté de partir à 60 ans pour ceux qui ont les durées de cotisation, nous rétablirons le droit de partir à la retraite à 60 ans, nous autoriserons ceux qui veulent travailler plus longtemps, bien évidemment, qui ne sont pas fatigués, à continuer à travailler plus longtemps, et nous financerons le système de retraite en faisant contribuer les revenus du capital au même titre que les revenus du travail. Et d’ailleurs si le gouvernement n’a pas voulu ni d’un référendum – parce que ce serait facile de savoir si les Français sont pour ou contre cette retraite, il suffirait de soumettre cette réforme au peuple français qui est aujourd’hui dans la rue…

Laurence Ferrari : les syndicats n’ont pas eu l’air de prendre votre proposition très à cœur, ni au Parti socialiste d’ailleurs.

Ségolène Royal : mais c’est le rôle des syndicats de continuer à mobiliser. Si le gouvernement veut arrêter les manifestations, c’est très simple, il a deux solutions. Soit il dit : je consulte les Français, je mets ma réforme à référendum, si les Français disent non, nous reprendrons les discussions, les négociations, pour qu’il y ait une réforme plus juste et une réforme durable, et une réforme qui soit comprise des Français, parce que la retraite appartient à ceux qui ont travaillé, c’est le patrimoine de ceux qui n’en ont pas. Et la deuxième hypothèse, c’est qu’il dise : j’ai entendu cette résistance des Français, j’ai entendu l’attachement des Français et des jeunes à la Sécurité sociale, je suspends la réforme et je reprends les discussions. C’est ça gouverner et présider de façon moderne un pays.

Laurence Ferrari : est-ce que tous les socialistes sont bien d’accord sur cette histoire de retraite, parce qu’un rapport du FMI, que dirige Dominique Strauss-Kahn, soutient le recul de l’age de la retraite de 2 ans ? Est-ce que Dominique Strauss-Kahn est toujours qualifié pour être éventuellement le candidat socialiste, s’il n’est pas d’accord avec son programme, Madame Royal ?

B1.jpg

Ségolène Royal : "Nous sommes doublement taxés parce qu’on allonge la durée de cotisation, et on recule l’âge de la retraite. Et ce que dit le FMI également, c’est qu’il est dangereux de baisser le niveau des retraites parce que ça freine la reprise économique. Donc c’est une réforme qui est injuste, et qui est en plus dangereuse."

Ségolène Royal : mais là aussi, je crois qu’il y a une propagande mensongère sur ce rapport du FMI. Il dit quoi, ce rapport ? Il dit, en effet, qu’il faut soit augmenter la durée de cotisation, soit reculer l’âge de la retraite. Mais que fait le gouvernement de Nicolas Sarkozy et de François Fillon ? Il fait les deux, et nous sommes le seul pays européen où la réforme des retraites va entraîner une situation la plus dure, et un tel recul, et creuser des inégalités les plus fortes entre les grandes fortunes qui, elles, ne sont pas appelées à contribuer, et les salariés moyens et petits qui sont doublement taxés. Doublement taxés parce qu’on allonge la durée de cotisation, et on recule l’âge de la retraite. Et ce que dit le FMI également, c’est qu’il est dangereux de baisser le niveau des retraites parce que ça freine la reprise économique. Or ce que fait le gouvernement en France, c’est la baisse du niveau des retraites. Donc c’est une réforme qui est injuste, et qui est en plus dangereuse, et le gouvernement doit entendre, je le répète, l’avertissement qui vient de lui être donné, et doit suspendre aujourd’hui la réforme des retraites.

Laurence Ferrari : un mot encore, Madame Royal, vous remplacez Martine Aubry depuis quelques jours dans ses obligations puisqu’elle est souffrante. Est-ce que vous êtes la Première secrétaire ‘bis’ du Parti socialiste ?

Ségolène Royal : écoutez, moi je suis une des dirigeantes du Parti socialiste, et je suis très heureuse d’avoir une voix qui porte, et qui est entendue, et qui est en harmonie totale avec ce que dit Martine, que j’ai eue au d’ailleurs téléphone encore récemment, et je crois qu’elle va…

Laurence Ferrari : vous ne profitez pas de la place qu’elle vous laisse ?

Ségolène Royal : écoutez, ça se fait en parfait accord avec elle, et je pense aussi que c’est une façon responsable de faire de la politique. Nous sommes deux femmes responsables, conscientes de la gravité de la situation aujourd’hui qui se pose au pays, donc nous travaillons ensemble, nous réfléchissons ensemble, nous proposons ensemble, et nous disons ensemble aujourd’hui au gouvernement qu’il doit impérativement suspendre sa réforme, sinon il sera responsable de ce qui va se passer aujourd’hui et dans les jours qui viennent dans la rue.

Laurence Ferrari : merci beaucoup, Ségolène Royal, d’être venue ce soir sur TF1.

Repost 0
Published by Militants de l'Espoir à gauche - dans Actualité
commenter cet article
13 octobre 2010 3 13 /10 /octobre /2010 01:21

DSC00227[1]C’est le retour en force de Ségolène Royal. Après l’émission « A vous de juger » d’Arlette Chabot sur France 2, sa fête de la fraternité, troisième édition, à Arcueil en présence de plusieurs leaders de gauche, après la convention socialiste sur la politique internationale aux côtés de Fabius qui quelques jours plus tôt ne citait pas son nom parmi les « carrures »  socialistes, c’est au journal de 20 heures sur TF1 que la socialiste est intervenue mardi soir en remplacement de Martine Aubry souffrante. Après la forte mobilisation des Français descendus dans la rue pour refuser cette réforme, la socialiste a appelé fermement le gouvernement à écouter cette France « entrée en résistance »  et «suspendre sa réforme des retraites » largement condamnée par l’opinion publique.

 

 

Elle est partout Ségolène Royal, plus de noir vêtue mais toujours aussi rayonnante et volontaire. Les Français la retrouvent après une longue page d’investissement dans sa région durant laquelle elle a pu mettre en pratique ses propositions avec les résultats que l’on sait, faisant de ce coin de France une référence. Un bilan qui lui a valu sa réélection en forme de plébiscite. Une page qui lui a permis de se forger une nouvelle image de femme de terrain, d’apparaître davantage comme une femme d’action.

 

 

Elle est donc de retour Ségolène Royal, pourtant tellement vilipendée par la droite et une certaine gauche, de ce ton moqueur qu’on utilise pour mieux abaisser l‘adversaire. Mais elle est bien là, toujours là, aussi forte, résistante pour défendre ses combats, ses propositions. Toujours là mais un peu changée tout de même, oubliés les premiers pas d’une campagne présidentielle, la voilà plus détendue, plus assurée, plus convaincante. Il faut la voir aux côtés d’un Fabius, voir ce sourire qu’elle lui adresse avec un peu de détachement comme un signe de sagesse pour se concentrer sur l’essentiel. Il faut lui voir cette assurance sur les plateaux de télévision contre la réforme des retraites, défendant point par point ses arguments pour convaincre qu’une autre politique est possible, moins injuste.

 

 

C’est le temps de la reconquête pour Ségolène Royal, avec sa détermination d‘hier et son assurance d‘aujourd’hui. Une Ségolène Royal, on ne peut en douter, prête pour mener le combat face à la droite sarkozyste, pour porter le socialisme de gouvernement au pouvoir. Un socialisme humaniste replaçant l’Homme au cœur de tout, l’appelant à participer dans une démocratie renouvelée. Un socialisme progressiste ouvert sur le monde contemporain pour placer la France dans les pays moteurs pour plus de justice et de développement durable. Un socialisme renouant avec son engagement social, prônant un Etat fort pour une égalité réelle.

 

 

Elle est revenue Ségolène Royal car " quelque chose s’est levée qui ne s’arrêtera pas " ...

 

Philippe Allard

 

 

 

 

 

 

Ségolène Royal sur TF1 mardi 12 octobre.
Repost 0
Published by Militants de l'Espoir à gauche - dans Actualité
commenter cet article
10 octobre 2010 7 10 /10 /octobre /2010 19:32

Ségo 4

(FM pour MEAGSR)

Ségolène Royal est intervenue en début d’après-midi, lors de la convention nationale du Parti socialiste, « La Nouvelle Donne internationale et européenne », qui se tenait à La Défense, en région parisienne, samedi 9 octobre 2010. Elle a certainement été la personnalité la plus applaudie et ovationnée de cette convention, arrivant dans la salle et quittant la scène avec les acclamations du public, une nuée de journalistes l’enveloppant alors qu’elle s’asseyait au premier rang. Son discours aussi a été très applaudi (voir la retranscription intégrale exclusive ci-dessous).

Sego---Fabius.jpg

La presse photographiant Ségolène Royal et Laurent Fabius assis côte à côte ; à leur droite, Harlem Désir ; à leur gauche Jean-Christophe Cambadélis (FM pour MEAGSR)

Le discours de Ségolène Royal a de nouveau traité, notamment, de l’exemple que constitue Lula, le président brésilien.

Mani-Shankar-Ayiar.jpg

M. Mani Shankar Aiyar (FM pour MEAGSR)

Les grands pays émergents étaient à l’honneur puisque le matin même la convention nationale du PS recevait une délégation indienne, en la personne de M. Mani Shankar Aiyar, membre nommé de la Chambre haute du Parlement indien, la Rajya Sabha (Conseil des Etats), et de Mme Girija Vyas, membre élu du Rajasthan à la Chambre basse du Parlement indien, la Lok Sabha (Chambre du Peuple).

Girji-Vyas.jpg

Mme Girija Vyas, lors de allocution à la convention ; à ses côtés son interprète (FM pour MEAGSR)

 Mme Vyas est aussi la Présidente de la Commission nationale indienne pour les femmes, garante constitutionnelle et légale du droit des femmes, force de proposition, organisme accueillant les plaintes, et conseillant le gouvernement sur toutes les politiques ayant trait aux droits des femmes. M. Aiyar et Mme Vyas sont membres du Parti du Congrès du Mahatma Gandhi ; ce parti est actuellement présidé par Sonia Gandhi, qui a transmis par la bouche de Mme Vyas ses salutations à la convention. Mme Vyas, ainsi que le rapportait DNAIndia.com le 27 septembre 2010, est l’une des 4 favoris pour le poste de présidente du Parti du Congrès au Rajasthan, que Sonia Gandhi doit nommer. Le Parti du Congrès est le premier parti de la Lok Sabah et dirige la Rajya Sabha.

Le matin, Poul Nyrup Rasmussen, président du Parti socialiste européen (PSE), souhaitant un prompt rétablissement à Martine Aubry ajoutat : « Martine, quand elle est là, elle fait la différence. ». Un peu plus tard, Laurent Fabius reprenait la phrase de M. Rasmussen : « Tu as donné d’ailleurs un excellent slogan, Poul, je l’ai noté, je l’ai dit à Marylise : « Martine, elle fait la différence. ». Il faudra se rappeler, ça. ».

Le plus navrant : c’est uniquement cette petite phrase que les médias auront retenu de la convention du PS et de l’intervention se Ségolène Royal : le JT de France 2 aura consacré un reportage de 25 secondes à Ségolène Royal à la convention sur l’international et l’Europe, et cet unique échange : à une journaliste qui demandait : « Est-ce que d’une certaine manière, vous remplacez Martine Aubry ? », Ségolène Royal a répondu, souriante : « Ah non, Martine est irremplaçable. Je suis là dans le débat général sur l’international, et je souhaite d’ailleurs à Martine un bon rétablissement, surtout. ». Fin de la couverture média.

Frédérick Moulin

NB : vous retrouverez ci-dessous la retranscription du discours de Ségolène Royal, qui diffère du texte original du discours

 


 

Chers amis, chers camarades,

Cher Laurent, cher Jean-Christophe, cher Harlem, chère Élisabeth, je crois qu’il y a Hubert Védrine aussi dans la salle que je salue, et vous tous et toutes et les amis de nos délégations étrangères, je suis très heureuse de m’exprimer devant vous car la Nouvelle Donne internationale et européenne, qui est l’objet de cette convention avec l’excellent texte, qui fait l’objet de nos débats autour de cinq idées fortes, nous réunit aujourd’hui.

Ce sujet est tout à fait fondamental. Pourquoi ? Parce qu’il touche à ce qu’il y a de plus essentiel dans la vie des peuples et des nations. En effet, la politique étrangère nous parle de paix et de guerre, de sécurité et de précarité, de prospérité et de misère. La politique étrangère nous parle aussi de l’un des plus vieux mythes de l’humanité, celui de Babel, dans un monde contradictoire, à la fois divisé et unifié par des forces d’une puissance débridée que la politique doit organiser. Elle nous parle aussi du visage que nous offrons au monde, avec la manière dont nous recevons l’autre dans notre intimité nationale. Elle nous parle de la farouche volonté de promouvoir les valeurs qui sont au fondement de notre identité républicaine, dans le respect et la reconnaissance de chacun. Elle nous parle du désir de maîtriser notre destinée, de notre liberté, de notre capacité de dire oui ou non, de délivrer un consentement ou au contraire un refus farouche à ce qui nous semble injuste et dangereux.

Sego-2.jpg

(FM pour MEAGSR)

Alors que ceux qui sont actuellement au pouvoir renvoient à la France et au monde l’image d’une diplomatie erratique, incohérente, sans noblesse, sans grandeur, notre rôle, c’est de dire ce qu’est la politique étrangère de la France, ce qu’elle est devenue et ce qu’elle devrait être. Et au sein de l’Internationale Socialiste qui rassemble des représentants animés du même idéal, venus du monde entier, des pays riches comme des pays pauvres, comme des pays émergents, les mots que je viens d’utiliser pour qualifier l’actuelle politique étrangère sont faibles par rapport à ce qu’on entend.

Et forte de cette expérience et des contacts internationaux, je voudrais vous dire deux ou trois choses, pour ne pas être redondante par rapport à ce qui a été dit, par rapport à ce que Laurent a exposé tout à l’heure, par rapport à l’ensemble des travaux, mais pour donner deux - trois éclairages particuliers.

D’abord vous dire que la politique étrangère, ce n’est pas une technique désincarnée, c’est un miroir de nous-mêmes et un reflet d’un projet de civilisation, c’est évident, la politique étrangère de la France est inséparable de ce que nous sommes, de notre identité, de nos valeurs et de nos attentes.

Elle est, tout simplement, ce que nous sommes. Forte, si nous sommes forts, convaincante, si nous sommes convaincus, crédibles si nous sommes assurés. (Applaudissements) À ceux qui voient les relations internationales ou la construction européenne comme un jeu dont l’essentiel nous échapperait, à ceux qui se résignent avec fatalisme à une forme d’impuissance, je voudrais qu’ils entendent ici notre message d’espoir, de volonté et de détermination.

L’efficacité de la politique étrangère dépend d’abord de ce que nous sommes, oui, et du projet de civilisation que nous portons.

C’est pourquoi une diplomatie active, dynamique, capable de faire entendre la voix de la France, c’est en premier lieu une politique intérieure qui renvoie au monde l’image d’une société unie, forte, confiante et rayonnante. (Applaudissements)

Sego-P-2.jpg

(FM pour MEAGSR)

C’est pourquoi une France divisée est une France affaiblie. Mais la France unie, c’est la France qui parle avec confiance, sans arrogance en Europe et dans le monde. C’est pourquoi une France appauvrie par le chacun pour soi est une France gagnée par le doute et le repli, une France qui rejette l’étranger, une France qui ne se fait pas aimer, une France qui n’est plus respectée. A contrario une France qui partage équitablement ses richesses entre ses enfants, c’est la France qui renoue avec sa promesse républicaine, la France qui fait rêver à nouveau à l’intérieur comme à l’extérieur.

On ne forge pas une diplomatie offensive avec des Gandrange, des Molex ou des Continental, avec des millions… (Applaudissements) On ne forge pas une diplomatie offensive avec des millions de personnes dans les rues pour sauver le fruit de leur travail, leur droit à la retraite avec des revenus décents. (Applaudissements)

On ne forge pas une diplomatie offensive avec la ghettoïsation des oubliés de la République. Clichy-sous-Bois, Argenteuil, Aubervilliers ou Grigny, dont les jeunes sont aujourd’hui plus écoutés par l’ambassade des Etats-Unis d’Amérique, très présente pour encourager les talents des quartiers, plus présente que notre propre gouvernement. (Applaudissements)

La diplomatie prend son essor à partir de mille échanges que ces citoyens, sécurisés et en confiance, entretiennent avec le monde environnant. Elle se nourrit des petites et moyennes entreprises innovantes dans lesquelles un ouvrier qualifié apprend l’anglais, parce qu’il peut être envoyé en mission aux Etats-Unis, en Chine, au Brésil, former les ouvriers aux technologies exportées par son entreprise.

Et de ces constats je tire une conclusion, et une leçon pour l’avenir : en affaiblissant le projet républicain de la France, en renonçant à réaliser sa promesse singulière de justice pour servir des clans affairistes, en rompant avec une tradition d’accueil plus que bicentenaire, en se résignant à offrir le spectacle navrant de prisons délabrées, en négligeant la mise en place d’une politique efficace pour que des entreprises innovantes et performantes s’engagent sur les marchés étrangers, le gouvernement a pris le risque d’affaiblir notre image dans des proportions inédites et indignes de la cinquième puissance mondiale. (Applaudissements)

Car la République exemplaire, nous la devons à nos efforts, et nous la devons aussi à ceux qui nous regardent, qui aiment tant la France et qui se désespèrent de voir le spectacle qu ‘elle offre aujourd’hui. Nous la devons à nos amis les plus fidèles, qui  craignent de nous perdre en voyant le chemin que ceux qui nous gouvernent nous font prendre.

Nous la devons à ceux qui se battent, partout dans le monde, et qui ont besoin d’exemples positifs pour fortifier leur lutte. Nous la devons aux militants des droits de l’homme, à Sakineh Ashtiani en Iran, à Aung San Suu Kyi en Birmanie, et à d’autres, pour que vienne un espoir. Nous la devons aux organisations non gouvernementales qui après le demi-succès, pour ne pas dire plus, de Copenhague veulent que l’humanité devienne raisonnable.

Sego-1-floue-leger.jpg

(FM pour MEAGSR)

Notre responsabilité, oui, c’est de réaffirmer ce qu’est la France de manière simple et limpide, une République juste, intransigeante sur le respect de ses valeurs, une nation digne et ouverte, un pays entièrement engagé dans l'Europe. (Applaudissements)

Et aux pays et peuples amis et allié qui s’inquiètent, nous disons que les critères ethniques, ce n’est pas la France, nous disons que l’agressivité et le manque de respect à l’endroit de l'Union européenne, ce n’est pas la France, nous disons que les propos blessants sur « l’homme africain pas encore entré dans l’histoire », ce n’est pas la France. (Applaudissements)

Et aux Français qui nous écoutent aujourd’hui et qui nous entendront demain nous disons notre volonté, nous socialistes, de rendre à notre pays la fierté et l’honneur d’être la France.

Nous voulons éprouver la fierté de renouer avec une tradition républicaine de liberté, d’égalité et de fraternité aujourd’hui affaiblie. nous voulons éprouver la fierté de lire la joie des retrouvailles chez nos amis en Europe, en Afrique, au Maghreb, et ailleurs. Et le meilleur exemple de ce que je dis là, de ce lien très étroit entre une diplomatie volontaire, liée volontairement à un projet collectif puissant, c’est le Brésil de Lula qui nous en donne le meilleur exemple. (Applaudissements)

Ce Brésil que l’on disait à bout de souffle, qui était prêt à basculer dans la misère totale au moment où Lula est arrivé aux responsabilités et qui est passé du 13ème au 8ème rang mondial !

Lorsque je rencontrais le président Lula en avril dernier, le jour du lancement de la campagne de Dilma Rousseff, à laquelle nous adressons tous nos vœux de victoire pour le deuxième tour (Applaudissements) de l’élection présidentielle, il me disait que ce dont il était le plus fier, et ce qui lui avait permis de faire levier à l’intérieur de son propre pays, mais aussi levier sur la présence du Brésil sur la scène internationale avec les mêmes valeurs, les mêmes idées, les mêmes principes, j’en retiendrai trois.

D’abord sa conviction profonde que le social est le facteur majeur du développement et de la croissance économique, c’est ce résultat extraordinaire qui lui a permis de sortir 20 millions de Brésiliens de la misère avec sa réforme des Bolsa Familia, les bourses qui sont données aux familles en situation de misère et de précarité en échange de l’obligation éducative pour leurs enfants. C’est le relèvement aussi des bas salaires et des petites retraites. Et parce qu’il a tenu farouchement sur ses objectifs, alors que le milieu des affaires brésilien lui disait que cette façon de faire allait conduire le Brésil dans le gouffre, c’est bien parce qu’il a tenu sur cette conviction profonde que moins d’injustices, c’est plus d’efficacité économique qu’il a réussi à redresser son pays. (Applaudissements)

Sego-P-1.jpg

(FM pour MEAGSR)

Sa deuxième idée, c’est l’affirmation et la réhabilitation du rôle de l'État par la création d’un vrai capitalisme d’État et le voilà, lui, petit ouvrier, titulaire d’un seul CAP de tourneur-fraiseur, tenant tête au secteur bancaire, entrant au capital des banques, exigeant une juste répartition du profit des entreprises, contrôlant la production des matières premières dans son pays. Voilà la deuxième idée, la réhabilitation du rôle de l’Etat.

Et enfin la démocratie participative : rien ne s’est fait au Brésil, me disait-il, sans cette conviction profonde que les réformes justes et que les réformes durables ne peuvent pas se faire contre les peuples, mais avec le peuple. Et vous voyez que ce sont ces mêmes principes mis en œuvre à l’intérieur de son pays qui ont aussi forgé sa politique diplomatique et qui ont permis au Brésil de trouver pour la première fois une telle place à l’échelle de la planète et de s’ériger en puissance médiatrice dans plusieurs conflits du monde.

La deuxième idée que je voudrais vous livrer, c’est celle-ci : la politique étrangère doit être appuyée sur une vision stratégique. Ceux qui ont oublié la France, à force de sacrifier l’intérêt général à leur intérêt particulier, ceux qui ont pensé, ici, à la tête de l'État à leur éphémère éclat politique avant de penser au bien commun, ceux- là aussi ont dilapidé le crédit dont jouissait notre diplomatie.

Au lieu de garder un cap fermement ordonné autour d’une vision, d’intérêts  et de valeurs à protéger, ils ont pratiqué une politique extérieure du coup d’éclat permanent qui a servi de paravent au vide de la réflexion stratégique.

Quelques exemples, l’avènement de l’Union pour la Méditerranée, point d’orgue d’un 14 juillet auquel, rappelons-le, Bachar el-Assad assistait, a été bien vite oublié. La belle idée d’union autour d’une Méditerranée carrefour de civilisations, s’est ensablée dans des difficultés prévisibles mais ignorées parce qu’il fallait aller vite pour des raisons de communication. Et en ce faisant notre diplomatie a perdu de sa vigueur. Dès lors que tout était sacrifiable sur l’autel du retentissement, plus rien n’avait de valeur, et au fond tout se valait, donc rien ne valait, c’est cela l’histoire de notre diplomatie depuis 2007 et cette histoire, c’est celle d’un oubli de l’essence de la politique étrangère entendue comme une défense de notre indépendance.

Notre politique étrangère est devenue subitement erratique, contradictoire, illisible et des décennies de patrimoine lentement accumulé par le gaullisme et la gauche héritière de François Mitterrand ont été ainsi dilapidées. (Applaudissements)

Notre politique étrangère doit donc retrouver cette constance, cette force d’âme, cette conscience d’elle-même nécessaire pour refuser toutes les formes d’alignement, tous les conforts de pensée, toutes les réductions hâtives, et d’abord il faut cesser de défendre des positions à contretemps de l’histoire, la réintégration du commandement militaire intégré de l’OTAN en est la preuve flagrante car en prenant cette décision nous avons été enfermés dans une logique défensive d’avant-hier  alors même que le monde était en train de basculer dans autre chose.

Sego-3.jpg

(FM pour MEAGSR)

Nous avons envoyé le signal de l’enfermement alors que nous devons être dans un mouvement d’ouverture.

Dans les années 60, le général de Gaulle avait compris l’intérêt de jouer le rôle de pont entre l’Est et l’Ouest, entre le tiers-monde d’alors et ceux qu’on n’appelait pas encore les pays du Nord. Bien que la donne ait changé, cette attitude est plus pertinente que jamais car le monde a besoin de pays qui jouent le rôle de médiateurs, voire de recours politique et moral, cela vaut pour nous, cela vaut aussi pour l'Europe dans son ensemble. L’indépendance de la politique étrangère n’est pas destinée à flatter l’esprit cocardier, elle est le fondement d’une stratégie d’influence globale destinée à nouer le dialogue en évitant d’être marquée par l’assignation à un seul camp.  (Applaudissements)

Plus que jamais il faut donc doter la France et l'Europe d’une vision politique et stratégique, ce à quoi s’emploie cette convention avec le texte qui a été adopté par les militants socialistes car les idéaux de paix et de démocratie que les Pères fondateurs voulaient pour l’Europe, et qui sont les nôtres aujourd’hui, ne sont pas des horizons qu’il faut invoquer au détour d’un discours, ils sont les fondements réels de notre puissance et de notre rayonnement dans ce monde. Lorsque nous, socialistes, parlons d’Europe de la défense, ce n’est pas seulement à un dispositif militaire  que nous pensons, mais à un pilier au service d’une identité propre, fondé sur le droit, l’esprit de justice et l’indépendance.

Ségo 5

(FM pour MEAGSR)

C’est pourquoi nous devons, c’est une idée qui m’est chère et je voudrais la redonner ici, nous devons construire les États-Unis d’Europe. (Applaudissements)

Les Etats-Unis d’Europe, avec des institutions lisibles, reflets d’un gouvernement européen pour les peuples et par les peuples d’Europe, mais surtout avec un projet politique de civilisation qui donne à l’Union la force d’être à la hauteur de ce que l’on attend d’elle dans un monde qui risquerait, sinon de précipiter sa marginalisation.

Pour terminer, je voudrais rappeler qu’en effet, la politique étrangère est inséparable de ce que nous sommes et inséparable d’une manière de gouverner, une présidence qui échoue à l’intérieur ne doit pas attendre, ne peut pas attendre, de la politique étrangère qu’elle lui offre une quelconque excuse. (Applaudissements)

Celui qui divise à l’intérieur, divise à l’extérieur, celui qui ne respecte rien à l’intérieur, ne respecte rien ni personne à l’extérieur, et c’est notre diplomatie tout entière qui s’en trouve affectée. Rien de durable ne se bâtit sur la négligence et la désinvolture et encore moins sur l’humiliation. (Applaudissements)

Tout se construit, au contraire, dans le respect et l’attention à l’autre et avec le sens du devoir à accomplir pour que l’histoire de France se remette en marche dans le bon sens, celui de la paix, de la justice, justice d’ailleurs sans laquelle il n’y a pas de paix durable.

C’est avec ces lignes de repère que nous, socialistes, reconstruirons une politique étrangère digne de la France et de l'Europe, et que nous redresserons la place de la France dans le monde. Car n’oublions jamais notre devoir de fidélité à l’histoire, à l’histoire de la France, grande histoire, certes pas uniforme, avec des moments sublimes et aussi avec des abîmes et en arrière plan, la grande lumière jamais éteinte de la Révolution française qui a donné au monde une constitution contre toutes les injustices et contre toutes les misères.

Car la France, c’est plus que la France, c’est ce pays qui, comme disait André Malraux, n’est jamais aussi grand que lorsqu’il l’est pour tous, la France, ce sont des valeurs exigeantes et belles, des valeurs universelles, qui rayonnent, qui nous obligent aussi, nous, chacun d’entre nous, et que nous devons porter haut pour ne pas décevoir ceux qui ont foi en nous, et qui attendent de nous d’accéder à la liberté et à la prospérité, c’est cela, faire tenir à la France tout son rang.

Chers amis, chers camarades, oui, nous le ferons ! (Applaudissements)

Repost 0
Published by Militants de l'Espoir à gauche - dans Actualité
commenter cet article
10 octobre 2010 7 10 /10 /octobre /2010 15:12

Avec Martine à la tribune ou une demi-phrase de Strauss-Kahn, Libération en aurait fait trois pages. Mais c’était Ségolène Royal. Alors, rien. 24 heures après la convention sur « la nouvelle donne internationale et européenne » du PS, le quotidien était le seul média à n’avoir pas pipé mot de l’événement. 

L’anti-Ségolénisme primaire du journal aurait-il encore frappé ? Pas exactement. La rédaction de Libé a déjà fait un énÔrme effort durant le week-end. Le journal a publié un petit article, tout ce qu’il y a de plus formel, pour reprendre deux/trois choses d’une interview en pleine page réalisée par le Figaro. 

2228 caractères (ce billet en fait 3532), essentiellement des citations. Une platitude absolue. Pas un mot (même malveillant), rien qui dépasse. Une dépêche d’agence de presse décrivant l’ouverture de la pêche à la ligne dans un joli village de Corrèze aurait été écrite avec plus de passion. 

Pourquoi un tel silence de Libération ? On comprend tout à la lecture de la presse. 

 

« Royal vedette de la convention du PS » titrent le Parisien et l’Express pour qui la convention du PS fixant « les grandes lignes de son projet de politique étrangère pour 2012 » a été « éclipsée par Ségolène Royal ».

« Particulièrement attendue » pour le Nouvel Obs, l’intervention de Ségolène Royal  a été « très applaudie par les militants » pour le JDD : logique, comme le dit Le Point, puisque « le discours de Royal, (a été) sans fausse note. 

Les socialistes donnent le sentiment de ne pas souhaiter réitérer les erreurs du passé. Ainsi qu'on ne dise pas à Ségolène Royal qu'elle joue le rôle de "première secrétaire de substitution", comme ironisent certains. » 

L’esprit d'équipe qui prévaut depuis l’université d’été est donc bien plus solide que beaucoup ne le croyaient. Car il tient essentiellement au sens de la responsabilité de Ségolène Royal et à cette certitude réaffirmée dans le Figaro : "Si jamais les socialistes se divisent à nouveau ou rentrent dans des guerres d'appareil, ils perdront. (...) Ce sera la fin de ce mouvement politique. (...) C'est pour ça que nous mettons, avec Martine, autant d'énergie dans l'union."  Alors oui, « Martine est irremplaçable » et soyons unitaire, même pour ceux qui le sont moins que nous !

 

Pour autant, que Libé se rassure. Dans la presse, on trouve encore, à l’encontre de Ségolène Royal, quelques traces de vieilles habitudes désagréables. Comme cette manie de parler de ses fringues. Ben oui. C’est une femme politique. Le Nouvel Obs nous dit que Ségolène Royal « acclamée à son arrivée » était « vêtue d’un tailleur foncé et d’un corsage rouge vif ». Information confirmée par L’Express : « tailleur pantalon et corsage rouge ». Mais bizarrement, à aucun moment, on ne nous donne la couleur du costume d’Harlem Désir, de la chemise de Jean-Christophe Cambadélis ou de la cravate de Laurent Fabius. Mais c’est vrai qu’avec eux c’est du sérieux. Y a de la carrure. Avec les mecs, voyons, on ne parle pas fripes. Juste de l’essentiel. Des idées.

 

Il y a aussi les vieux réflexes pénibles de ces « ténors socialistes » dont le Nouvel Obs nous dit qu’ils ont applaudi « poliment ». C’est vrai, il est poli Camba, il a même participé à la standing ovation. 8 secondes et demi. Mais c’est déjà ça !

« Ségolène est restée dans la musique de l’union en faisant entendre son petit coup de triangle » souligne Cambadélis. Quant à Fabius, il a été chargé de la raccompagner à la sortie. Etait-ce pour lui le meilleur moment de la journée ? Tiens, voilà une question qu’aurait pu se poser Libé.

 

Rémi

Repost 0
Published by Militants de l'Espoir à gauche - dans Regards sur la semaine
commenter cet article
8 octobre 2010 5 08 /10 /octobre /2010 00:11

B.jpg

Ségolène Royal était l'invitée politique de Christophe Barbier dans "L'Invité de Barbier" sur LCI hier matin à 8h15.

Elle a abordé le thème de la "réforme injuste" des retraites de Nicolas Sarkozy et du gouvernement Fillon, appelant les partis politiques démocrates, les organisations syndicales et les citoyens à une "coordination" pour obtenir 4 millions de signatures et le soutien de 1/5e des parlementaires, afin d'obtenir un référendum sur la réforme du gouvernement.

Elle a également commenté la condamnation en première instance de Jérôme Kerviel à verser 4,9 Md€ de dommages et intérêts à la Société Générale, évoquant le "disfonctionnement grave au niveau de la chaîne des contrôles" de la banque.

Elle a par ailleurs été interrogée sur les propos de Laurent Fabius et l'éventuelle candidature de Dominique Straus-Kahn, mettant en avant la nécessaire "dynamique d’union" du Parti socialiste et de la gauche pour gagner en 2012 et mettre en place une autre politique.

Concernant les primaires, Ségolène Royal les voit "transparentes", "honnêtes", "sincères", et souligne qu'elles seront "un grand moment politique démocratique dans notre pays".

 

 

Christophe Barbier : Ségolène Royal, bonjour.

Ségolène Royal : bonjour.

Christophe Barbier : durcissement des syndicats avec des appels à la grève reconductibles à partir de mardi. Êtes-vous solidaire de cette stratégie ? Faut-il bloquer le pays pour faire reculer le gouvernement ?

Ségolène Royal : le gouvernement a joué la carte de l’affrontement, donc il est responsable de ce qui se passe aujourd’hui. Aujourd’hui c’est la responsabilité des organisations syndicales d’appeler à des mouvements de grève. Moi je suis une responsable politique, et donc je propose un débouché politique, qui comme vous le savez serait le référendum.

Christophe Barbier : est-ce qu’il n’y aurait pas de risque, en cas de grève dure, de casser la petite reprise économique que l’on sent ? Est-ce qu’on peut se payer une grève dure ?

Ségolène Royal : c’est pour ça que le gouvernement est particulièrement irresponsable d’avoir multiplié les provocations au cours de ces derniers jours, des déclarations de mépris aussi, vous avez vu le Premier ministre lorsqu’il déclare que les Français dans la rue se trompent, ou que ceux qui sont chez eux sont majoritaires par rapport à ceux qui sont dans la rue. Je crois qu’on ne traite pas un mouvement social dans la France d’aujourd’hui, dans une démocratie contemporaine, avec un tel mépris, un tel disfonctionnement, donc il est responsable de ce qui se passe, il est urgent de trouver un débouché politique.

Christophe Barbier : alors vous proposez, vous, un référendum sur cette réforme des retraites, mais comment y arriver ? Le Sénat a repoussé hier une motion référendaire, vous n’avez aucun moyen de l’imposer, ce référendum ?

Ségolène Royal : c’est déjà une étape franchie, puisque le Sénat, en effet, avec Jean-Pierre Bel, a déposé une motion référendaire, ça veut dire que cette voie doit être creusée, doit être approfondie.

Christophe Barbier : comment ?

Ségolène Royal : moi je lance un appel à l’ensemble des partis démocrates, ou qui veulent que la démocratie fonctionne bien, et à l’ensemble des organisations syndicales, pour qu’il y ait une coordination qui permette de recueillir, comme la loi le prévoit, 4 millions de signatures, 1/5e des parlementaires, et donc de soumettre au peuple français la réforme du gouvernement, pour savoir s’ils sont pour ou contre, et pour installer à ce moment-là, s’ils sont contre, une autre réforme.

B2.jpg

Christophe Barbier : quelle question poseriez-vous dans ce référendum : oui ou non à la réforme ? oui ou non aux 60 ans/62 ans ? oui ou non à Sarkozy ?

Ségolène Royal : c’est très simple : ce serait oui ou non à la réforme qui est proposée aujourd’hui au Parlement. C’est le sens même de la démarche référendaire. Vous savez, il y a 3 démocraties. La démocratie sociale : elle n’a pas fonctionné, puisque les représentants syndicaux n’ont été ni associés ni écoutés. La démocratie représentative n’a pas fonctionné puisque le débat a été interrompu à l’Assemblée Nationale, et aujourd’hui la motion référendaire du Sénat a été repoussée, et on sait, puisque le gouvernement l’a dit avant même le début du débat parlementaire, qu’il refuserait les propositions de modification de la réforme. Et donc le troisième pilier de la démocratie dans la Constitution française, c’est l’article 3, c’est le référendum, qui permet d’exprimer la souveraineté populaire. Donc il est logique aujourd’hui, comme débouché politique, avant la fin du débat au Sénat, de tout faire, et c’est pour ça que je lance cet appel aux partis politiques, aux organisations syndicales, aux citoyens, pour qu’ils viennent apporter une signature, 4 millions de voix, 1/5e des parlementaires, et le gouvernement sera obligé de soumettre sa réforme à référendum.

Christophe Barbier : la loi n’est pas prête sur le référendum dit « d’initiative populaire », donc techniquement, ça va coincer ?

Ségolène Royal : mais il sera très difficile à un gouvernement qui serait face à 4 millions de signatures et 1/5e des parlementaires de ne pas faire voter cette loi qu’on appelle « loi organique », alors même que la réforme de la Constitution a été votée. Il manque simplement le texte d’application, et là c’est une affaire de quelques jours devant le Parlement qui est en session.

Christophe Barbier : est-ce qu’il n’est pas plus simple d’attendre tout simplement la présidentielle, c’est là qu’on exposera toutes les réformes des retraites alternatives possibles.

Ségolène Royal : mais pourquoi faire perdre tant de temps à notre pays qui a autre chose à faire, pour se mobiliser sur la reprise économique par exemple, vous le disiez tout à l’heure. Je réitère cette demande, cette proposition, parce qu’il faut aujourd’hui en sortir, et en sortir par le haut. Un référendum permettrait d’avoir un vrai débat de fond et de prouver qu’une autre réforme des retraites est possible pour sauver la Sécurité Sociale et pour ne pas accepter cette injustice effroyable qui consistera, si cette réforme passe, à demander à des salariés qui travaillent depuis 41 ans, de ne plus pouvoir partir à 60 ans ou à 65 ans, alors qu’ils ont cotisé depuis 41 ans, et ça, ça n’est pas acceptable.

Christophe Barbier : la justice a condamné Jérôme Kerviel à payer 4,9 milliards d’amendes à payer à la Société Générale ; la Société Générale est prête à renoncer à cette somme ; qu’en pensez-vous ?

B5.jpg

Ségolène Royal : vous ne trouvez pas, vous, même en tant que journaliste, que c’est quand même un jugement très étrange.

Christophe Barbier : (amusé) je l’ai dit hier dans une chronique, [« Oui, absolument. », ajoute Ségolène Royal] c’est votre opinion qui m’intéresse.

Ségolène Royal : chacun sait que dans les banques il y a 4 niveaux de contrôle de risque. Il y a d’abord un contrôle dans la salle des changes, puisqu’il y a un patron de la salle des changes qui contrôle ce que font les traders. Il y a ensuite tous les jours un rapport consolidé des risques, tous les soirs, dans chaque banque, donc ça devrait être visible. Il y a enfin dans la banque un département de management des risques, et enfin on savait que la Société Générale était particulièrement réputée pour le management de gestion des risques, précisément. Donc comment se fait-il qu’un individu seul ait pu passer à travers toutes les mailles du filet de ce contrôle?

10100701_PLANTU-X1PL_ori.jpg.567.jpg

La Justice aux couleurs de la Société Générale (SG) (dessin de Plantu)

Christophe Barbier : vous voulez le procès de la Société Générale, le procès des banques ?

Ségolène Royal : de toute façon Jérôme Kerviel a fait appel. Donc ce qu’il faut c’est quand même clarifier les choses, parce que les banques gèrent l’argent des épargnants, donc c’est quand même très dangereux ce qui s’est passé et ça ne doit pas se renouveler. Donc soit on l’a laissé faire, parce qu’il a dû rapporter – sans doute avec beaucoup de talent – rapporter beaucoup d’argent à la Société Générale, et à un moment ils ont fermé les yeux, soit il y a eu un disfonctionnement grave au niveau de la chaîne des contrôles, mais ça c’est l’appel qui va le prouver. Mais c’est très important car l’épargne des Français doit être protégée dans des systèmes de contrôle bancaire.

Christophe Barbier : Bernard Kouchner, selon Le Nouvel Observateur, aurait remis une lettre de démission à Nicolas Sarkozy à la fin d’août, à cause de la politique sécuritaire qu’il désapprouvait. Félicitez-vous Bernard Kouchner pour cette attitude de gauche ?

Ségolène Royal : euh… écoutez, je crois que…

Christophe Barbier : vous en restez silencieuse ?

Ségolène Royal : (rire) oui, j’en reste silencieuse parce que c’est quelqu’un que j’estime beaucoup. Je crois qu’il s’est fourvoyé dans ce gouvernement, et je ne vois pas ce qu’il pouvait en attendre d’autre par rapport aux atteintes portées aux droits de la personne humaine, sur des champs d’actions très im…

Christophe Barbier : (qui coupe la parole à Ségolène Royal) il aurait dû partir depuis longtemps, Bernard Kouchner ?

B11.jpg

Ségolène Royal : il n’aurait peut-être pas dû y venir surtout.

Christophe Barbier : Laurent Fabius considère que, hors lui, seuls Martine Aubry et Dominique Strauss-Kahn ont la carrure pour être président. Que lui répondez-vous, vous n’êtes pas sur la liste ?

Ségolène Royal : rien, pour l’instant, parce que je ne veux pas gâcher une dynamique d’union que j’ai voulue par des petites phrases ou par des réponses à des phrases qu’on a d’ailleurs déjà entendues dans le passé et qui aujourd’hui, face à la gravité de la situation et au sérieux de l’échéance présidentielle, je pense, n’ont pas leur place. Moi je ferai tout pour que l’esprit de rassemblement et d’union l’emporte car soit nous sommes unis, et nous gagnerons l’élection présidentielle, et nous devrons répondre à toutes les crises auxquelles la France est confrontée aujourd’hui, il y aura beaucoup de travail, soit nous sommes désunis et ce sera très difficile.

Christophe Barbier : pour clarifier cette situation, est-ce que vous demandez, comme beaucoup d’autres, à Dominique Strauss-Kahn de précipiter un peu son choix, de dire avant la fin de l’année s’il est candidat ou pas ?

Ségolène Royal : je pense qu’il ne faut pas faire de pression. Chacun est maître de ce qu’il sent. En même temps, bon, les échéances se rapprochent, et je crois que ce ne serait pas mauvais de clarifier les choses dans le courant de l’année, mais le moment viendra et chacun se positionnera calmement, sereinement. Les primaires auront lieu, elles seront transparentes, elles seront honnêtes, elles seront sincères, elles seront un grand moment politique démocratique dans notre pays pour choisir à la fois notre candidat ou notre candidate, et surtout le projet qui permettra de redresser la France.

Christophe Barbier : Bertrand Delanoë interdit une expo photo avec des photos un peu crues aux moins de 18 ans, il est critiqué à gauche, il a raison ?

Ségolène Royal : quand on voit le déferlement – hélas, hein – de pornographie que j’ai souvent dénoncé sur la télévision et sur Internet, je pense qu’un avertissement aux parents aurait suffi.

Repost 0
Published by Militants de l'Espoir à gauche - dans Actualité
commenter cet article
7 octobre 2010 4 07 /10 /octobre /2010 22:17

DSC09568[1]  La crise sociale provoquée par la réforme gouvernementale sur les retraites se durcit avec la grève reconductible lancée pour mardi et l’entrée des jeunes dans la fronde qui pourraient bloquer le pays.

 

Dans ce climat social particulièrement tendu, Ségolène Royal veut une solution politique dans « une démocratie contemporaine » .

 

Invitée de Christophe Barbier sur LCI, ce jeudi 7 octobre, la présidente de région socialiste a lancé un appel « à l’ensemble des partis démocrates » et « des organisations syndicales » pour constituer une coordination sur le référendum d‘initiative populaire.

 

Ségolène Royal considère que la solution politique peut permettre de sortir de cette crise sociale face à un gouvernement « irresponsable » qui a « multiplié les provocations », un pouvoir sourd à la contestation et aux demandes de compromis sur une réforme injuste.

 

La loi peut permettre en effet de provoquer un référendum d’initiative populaire avec le soutien de 4 millions de signatures et d’1/5ème des parlementaires. Le référendum est donc possible. Certes, le texte d’application reste à voter, mais cela peut se faire rapidement.

 

Face au pouvoir sakozyste jouant « la carte de l’affrontement », Ségolène Royal, consciente des risques d’une crise sociale qui pourrait déboucher sur une nouvelle « chienlit », appelle à la responsabilité pour un référendum qui mettra un terme à la crise par un OUI ou un NON à la réforme du gouvernement.

 

Philippe Allard

 

 

 

 

 

 

 

 

Repost 0
Published by Militants de l'Espoir à gauche - dans Actualité
commenter cet article
6 octobre 2010 3 06 /10 /octobre /2010 03:12

Semorand 1

Ségolène Royal était l'invitée de Nicolas Demorand dans l'émission C Politique dimanche dernier à 17h40 sur France 5. Plusieurs thèmes ont été abordés ; vous trouverez ci-dessous le texte du cinquième et du sixième thème (pour celui des deux premiers cliquez  ici, les deux suivants ici) : la réforme fiscale autour de trois axes - une égale imposition du travail et des revenus du capital, la transparence, et une clarification (fusion en un seul impôt progressif) - d'une part, et des mesures pour les médias contre la « confusion des places, des genres et des intérêts » d'autre part.

F.M.

 

Nicolas Demorand : on dit de plus en plus, Ségolène Royal, que le bouclier fiscal pourrait disparaître, en même temps que l’impôt sur la fortune, dans le cadre d’une remise à plat généralisée de ce secteur-là très précis donc des plus hauts revenus. L’opposition va être entendue, ça y est alors ?

Ségolène Royal : écoutez, ils auraient peut-être pu commencer par là, au gouvernement. Je n’ai pas entendu, moi, que le bouclier fiscal allait être …

Nicolas Demorand : il est critiqué maintenant relativement ouvertement, y compris par Christine Lagarde. Ce n’est plus un tabou, hein.

Ségolène Royal : oui, mais entre … d’accord… c’est curieux parce que si Christine Lagarde critique le bouclier fiscal, elle a l’occasion, là, au cours du débat parlementaire, de le supprimer. Et d’ailleurs on voit bien que les niches fiscales sont rabotées, comme c’était dit d’ailleurs, rigueur, pas rigueur, c’est assez drôle, ces contorsions.

Nicolas Demorand : eh bien, quand on voit ce qui se passe en Espagne, au Portugal, dans d’autres pays d’Europe, en Grèce n’en parlons pas, ce n’est pas la rigueur en France, hein ?

Sego-N-Demorand-cette-obstination-a-maintenir-cela.jpg

Ségolène Royal : "La principale niche fiscale, c’est quand même le bouclier fiscal, pourquoi celle-ci n’est pas remise en cause ? Qu’est-ce que c’est que cette obstination à maintenir cela ?"

Ségolène Royal : si, c’est quand même la rigueur. Le problème, le problème c’est que cette rigueur pèse sur qui ? [« Alors dites-nous. », interrompt Nicolas Demorand] C’est toujours la même chose. Elle pèse sur les particuliers, pas sur les entreprises. Elle pèse sur les plus modestes, et pas sur les plus riches. La principale niche fiscale, c’est quand même le bouclier fiscal, pourquoi celle-ci n’est pas remise en cause ? Qu’est-ce que c’est que cette obstination à maintenir cela ? Et les niches fiscales, qui sont en effet des recettes, ou des impôts lorsqu’on les supprime, elles ne sont que très peu remises en cause, puisqu’il y a 1% seulement de ces fameuses exonérations fiscales qui sont remises en cause, et certaines d’ailleurs de façon très contreproductives comme la remise en cause des avantages fiscaux sur l’énergie photovoltaïque. L’impôt c’est un outil pour orienter des productions économiques, par exemple, donc remettre en cause un avantage fiscal, dans le domaine de la croissance verte, qui est un des leviers les plus puissants pour créer des activités et des emplois, c’est incohérent, tandis que d’autres avantages ne sont pas touchés. Donc il y a à la fois une incohérence, une timidité, c’est un budget clairement pré-électoral, puisque si, au fond, le gouvernement fait si peu aujourd’hui, c’est parce qu’il a perdu aussi 3 ans au cours desquels les réformes de structure n’ont pas été faites.

Sego-N-Demorand-pre-electoral-2.jpg

Ségolène Royal : "Donc il y a à la fois une incohérence [1], une timidité [2], c’est un budget clairement pré-électoral [et 3]"

Nicolas Demorand : mais pré-électoral en quoi ? En quoi est-il pré-électoral ?

Ségolène Royal : pré-électoral en quoi ? Parce que, premièrement, sur son électorat à qui il a promis le bouclier fiscal, ce n’est pas maintenant qu’il s’agit de reculer, juste avant une campagne présidentielle donc, alors même, vous l’avez dit, qu’au sein de l’UMP certains contestent quand même le bien-fondé – c’est presque une provocation – de le maintenir.

Nicolas Demorand : il a dit : on ne travaille pas plus de six mois. Le président de la République a dit : on ne travaille pas plus de 6 mois pour l’Etat, bon, voilà, c’est un principe comme un autre. Vous avez cité François Mitterrand [« Vous savez très bien que ça ne tient pas… », essaie d’interrompre Ségolène Royal] tout à l’heure. [« Vous savez très bien … », essaie d’interrompre Ségolène Royal] Vous avez cité François Mitterrand, donc symbole pour symbole, bon ben voilà, c’est un symbole aussi, l’une de ses promesses de campagne

Sego-N-Demorand-vous-savez-tres-bien-que-ca-ne-tient-pas.jpg

Ségolène Royal à Nicolas Demorand : "Vous savez très bien que ça ne tient pas, ce raisonnement-là."

Ségolène Royal : vous savez très bien que ça ne tient pas … vous savez très bien… vous savez très bien que ça ne tient pas, ce raisonnement-là. Ce n’est pas 6 mois, puisque regardez, pour prendre un exemple au hasard, l’imposition de Liliane Bettencourt, ce n’est que de 20% avec le bouclier fiscal. Donc c’est une propagande qui ne correspond pas à la réalité des choses. On a beaucoup entendu cet argument comme quoi il ne fallait pas confisquer plus de la moitié d’un revenu, mais c’est inexact. Justement avec l’ensemble des niches fiscales, des exonérations de toutes sortes, le maximum d’imposition n’atteint que 20%. Et donc quand on ne remet pas en cause les avantages fiscaux des plus fortunés dans un pays où la dette publique a doublé depuis 5 ans, et il est maintenant intolérable de faire peser sur les générations futures le train de vie actuel de la société, ça n’est pas durable.

Nicolas Demorand : vous pensez qu’en 2012 il faudra promettre la remise à plat de la fiscalité en France comme un certain nombre de socialistes semblent le dire aujourd’hui, François Hollande par exemple, il faudra réécrire tout de A à Z, enlever les niches, les boucliers, les uns, les autres, tout le bric-à-brac fiscal français pour essayer d’avoir des règles claires et réécrites ?

Ségolène Royal : oui, d’ailleurs nous l’avions dit dans la campagne présidentielle de 2007. Le système fiscal, comme l’on clarifié des pays comme la Suède, repose sur 3 idées simples, hein : d’abord à revenu égal, impôt égal, que ce soient les revenus du capital ou les revenus du travail, il faut que l’imposition soit la même. Or aujourd’hui le travail est bien plus taxé que le capital. Ensuite il faut que chaque Français sache exactement ce qu’il paye et à quel taux il est imposé. L’exemple que nous venons de voir prouve, sinon, qu’il y a des désinformation, et que les Français ont bien le sentiment, ils voient bien que quand il y a des revenus moyens ou modestes, ou même les cadres supérieurs, sont très durement touchés par l’impôt et que les grandes fortunes, parce qu’il y a des niches fiscales, y échappent. Donc que chaque Français sache à tout moment, comme c’est le cas dans les pays du Nord de l’Europe, ce qu’ils payent : impôt sur le revenu, CSG, etc.  Et enfin la fusion, dans un seul impôt progressif, en effet, ça c’est une proposition que les socialistes font depuis longtemps, avec un prélèvement à la source. Et donc on aurait là une clarification. Il faudra plusieurs années pour faire cela parce que du jour…

Nicolas Demorand : et la suppression de l’impôt sur la fortune vous semble être, dans le cadre de cette remise à plat, un tabou ultime, un legs des années Mitterrand qu’il faut absolument pas toucher, ou le dossier est ouvert, même pour des socialistes ?

Sego-N-Demorand-honnetement-je-ne-pense-pas-que-priorite.jpg

Nicolas Demorand : "Et la suppression de l’impôt sur la fortune, le dossier est ouvert ? Ségolène Royal : "Honnêtement, je ne pense pas que ce soit une priorité."

Ségolène Royal : honnêtement, je ne pense pas que ce soit une priorité. Quand nous aurons fait la réforme fiscale dont je viens de parler avec cette transparence, cette égalité des prélèvements à prélèvements constants, moi je ne suis pas favorable à une hausse d’impôt. Les impôts c’est fait pour payer un certain nombre de dépenses. Donc examinons d’abord l’opportunité des dépenses, faisons des économies sur un certain nombre de dépenses, un euro dépensé, un euro utile, et n’allons pas systématiquement vers une hausse d’impôt. Dans la région que je préside, je n’ai pas augmenté les impôts depuis 6 ans. Ça n’est pas faute d’avoir reçu des pressions de toutes sortes pour augmenter les impôts. Il y a une espèce de logique qui veut qu’il y ait une fuite en avant vers des dépenses nouvelles. Non ! Il n’y a pas de fuite en avant vers des dépenses nouvelles, il doit y avoir des redéploiements, des réexamens de dépenses. Alors c’est plus difficile parce qu’on fait des mécontents, mais en même temps c’est possible. La preuve, c’est que moi j’ai pu à la fois investir dans la croissance verte massivement, sans augmenter les impôts, en remettant en cause, c’est vrai, un certain nombre de dépenses, et en conditionnant surtout les subventions de la région, par exemple aux entreprises, à l’interdiction de délocaliser ou de licencier quand elles font des bénéfices.

Nicolas Demorand : autre question dans l’actualité, qui concerne le débat public au sens large, Le Parisien, le quotidien Le Parisien, qui est sans doute, très certainement à vendre, et qui déclenche pas mal d’intérêt, notamment celui de Serge Dassault, qui est député UMP, propriétaire du Figaro déjà et de Dassault Aviation, [« Voilà, c’est tout. », interjette Ségolène Royal] qui est très intéressé. [« Qui a reçu des commandes récemment, de l’Etat. », ajoute Ségolène Royal] Voilà, des commandes de Rafales, l’avion Rafale [« Eh bien oui. », remarque ironiquement Ségolène]. Quelle est votre lecture de ce dossier-là ?

Ségolène Royal : eh bien vous avez tout dit. Les Français sont intelligents, vous venez de tout dire, je n’ai pas de mot supplémentaire à ajouter dans cette confusion des places, des genres et des intérêts.

Nicolas Demorand : redites le, redites le dans vos termes.

Sego-N-Demorand-pas-mieux-que-vous.jpg

Nicolas Demorand : "Le Parisien, très certainement à vendre, et qui déclenche pas mal d’intérêt, notamment celui de Serge Dassault [...]" - Ségolène Royal : "Je ne le redirai sans doute pas mieux que vous."

Ségolène Royal : eh bien écoutez, je pense que vous l’avez très bien, je ne le redirai sans doute pas mieux que vous.

Nicolas Demorand : c’est quoi ?

Ségolène Royal : il y a un mélange des… chacun son métier, si vous voulez. Vous voyez, quand on est un groupe industriel qui dépend des commandes de l’Etat, prendre le contrôle en plus de plusieurs journaux, ça pose un problème. C’est vrai qu’il faut une loi anti-concentration.

Nicolas Demorand : il faut une loi ?

Ségolène Royal : bien sûr, ça fait longtemps que nous le disons. Il faut une loi anti-concentration, et puis il faut des règles sur la propriété du capital des outils de médias, bien sûr.

Arnaud-Sego.jpg

Ségolène Royal et Arnaud Montebourg

Nicolas Demorand : alors sur le sujet médiatique il y a Arnaud Montebourg du Parti socialiste qui attaque avec une force mais vraiment brutale TF1 en ce moment, reprochant à cette chaîne d’être une chaîne délinquante qui est toujours en contradiction avec son cahier des charges. Est-ce que vous soutenez Arnaud Montebourg ? dans cette charge contre TF1 ?

Ségolène Royal : je n’utiliserais peut-être pas le même vocabulaire, et je ne sais pas quels éléments il a en sa possession pour dire cela, c’est…

Nicolas Demorand : vision du monde, types des programmes diffusés, violence d’un certain nombre de ces programmes, abaissement donc du niveau moral de ce qui est proposé à la télévision, voilà en gros ce que critique Arnaud Montebourg. Vous aussi, vous avez pu critiquer à un certain moment cette chaîne. Là, est-ce  que ç vous semble excessif ou pas ? Je vous sens très prudente tout à coup.

Ségolène Royal : ce qu’on peut dire, c’est qu’il y a des comités d’éthique, normalement, dans les chaînes, qui ne fonctionnent pas vraiment, dans lesquels les téléspectateurs ne sont pas représentés. Et c’est vrai que quand on voit une chaîne, dont le propriétaire est ami du pouvoir en place, qu’on voit le président de la République nommer le président de France 2, c’est quand même assez lourd à porter, je trouve, dans une démocratie. Qu’est-ce que ce seraient, les contrepouvoirs ? Ce ne serait pas que l’opposition remplace la majorité dans le contrôle des médias, même s’il pourrait y avoir un équilibre un peu plus clairvoyant.

Nicolas Demorand : si vous arrivez au pouvoir en 2012, vous reviendrez sur le mode de nomination dans l’audiovisuel public ?

Ségolène Royal : honnêtement, je trouve que ça pose un problème. Dans aucun autre pays européen vous ne voyez ça, le président d’une chaîne publique désigné par le président de la République. Donc je crois qu’il faut des garanties d’indépendance aux équipes de rédaction. [« Type BBC. », remarque Nicolas Demorand] Oui, type BBC, et surtout je pense que ce qu’on peut imaginer, c’est peut-être la parole donnée aux téléspectateurs. Justement dans d’autres pays européens, dans les comités d’éthique, dans les comités d’usagers, les téléspectateurs sont représentés. Donc toutes les questions relatives aux problèmes de violence, aux problèmes de qualité des programmes, à la question en effet du traitement de l’information, pourquoi est-ce que ça ne serait pas débattu ? Pourquoi est-ce qu’il y aurait un tabou ? Pourquoi est-ce qu’il y aurait un pouvoir journalistique d’un côté, un pouvoir politique de l’autre ? Avec les pressions de l’un sur les autres et puis d’un autre côté les téléspectateurs qui n’auraient le droit de rien dire ? Donc je pense que dans ce domaine il y a des…

Nicolas Demorand : ils peuvent zapper, hein.

Ségo Sarko FIN 2

Ségolène Royal : "Avec les pressions de l’un sur les autres et puis d’un autre côté les téléspectateurs qui n’auraient le droit de rien dire ? [...] Ils peuvent zapper, voilà. Ou aller sur Internet. (Rires)"

Ségolène Royal : ils peuvent zapper, voilà. Ou aller sur Internet. (Rires)

Nicolas Demorand : ce qui est radical, hein, pour le coup. Là ce n’est plus le comité d’éthique, c’est le Comité de salut public, hein.

Ségolène Royal : exactement.

Nicolas Demorand : c’est la guillotine, hein.

Ségolène Royal : honnêtement, je crois qu’il y a quelque chose de plus moderne à organiser, et de plus démocratique.

Nicolas Demorand : allez, il y aura bien un procès Jacques Chirac dans le cadre de l’affaire des emplois fictifs de la Mairie de Paris. Un procès donc, mais d’abord un accord, un accord amiable entre la mairie – socialiste – de Paris et l’UMP. C’est l’enquête de C Politique cette semaine, signée Agathe Lanté et Dominique Lemarchand.

Repost 0
Published by Militants de l'Espoir à gauche - dans Actualité
commenter cet article
5 octobre 2010 2 05 /10 /octobre /2010 00:49

Sego-N-Demorand-1.jpg

Ségolène Royal était l'invitée de Nicolas Demorand dans l'émission C Politique dimanche dernier à 17h40 sur France 5. Plusieurs thèmes ont été abordés ; vous trouverez ci-dessous le texte du troisième et du quatrième thème (pour celui des deux premiers cliquez  ici) : la « mauvaise réforme » des retraites de Nicolas Sarkozy et du gouvernement Fillon d'une part, et cette question : quel socialisme, quel programme de gauche pour Ségolène Royal en 2012? d'autre part.

F.M.

 

Nicolas Demorand : ça vous fait vibrer l’Internationale ou pas, Ségolène Royal ?

Ségolène Royal : surtout ça fait de la peine de voir tous ces jeunes dans la rue, alors qu’il y aurait tant de choses à faire pour canaliser leur énergie sur la préparation de leur avenir.

Nicolas Demorand : un mot sur les chiffres. La bataille des chiffres est constante au fil des mobilisations, et pour la prochaine ce sera très certainement la même chose, là on a des estimations qui, de la police aux syndicats, sont du simple au triple. Est-ce qu’il y a d’après vous manipulation des chiffres ? Si oui, à quelle fin, est-ce de part et d’autre, quel est votre sentiment sur ces batailles qui deviennent caricaturales maintenant ?

Ségolène Royal : oui, qui sont même dérisoires. Bien sûr qu’il y a eu manipulation de la part du pouvoir sur ces chiffres, ce qui est assez lamentable.

Nicolas Demorand : ils sous-évaluent ?

Ségolène Royal : écoutez, il y a énormément de monde dans les rues, et comme on vient de le dire, surtout beaucoup de jeunes. Si à partir de cela, le pouvoir ne comprend pas qu’il faut bouger, parce que pour la troisième fois consécutive, ce qui est quand même exceptionnel dans le cadre d’un mouvement social, énormément de monde dans les rues, plus tous ceux qui n’ont pas pu venir, plus, dans les enquêtes d’opinion, la condamnation sans appel de cette mauvaise réforme des retraites, parce qu’elle est injuste

Sego-N-Demorand-Retraites-2.jpg

Ségolène Royal : "Il y a énormément de monde dans les rues, et comme on vient de le dire, surtout beaucoup de jeunes."


Nicolas Demorand : mais il y a blocage aujourd’hui, alors qu’est-ce qu’il faut faire ? Vous avez proposé le référendum, les syndicats n’en veulent pas, en disant, il y a de toute façon trop de questions à poser, et il faut continuer la lutte telle qu’elle a démarré quoi.

Ségolène Royal : tout mouvement social a besoin d’un débouché politique. Et dans une démocratie, c’est la moindre des choses de la part d’un pouvoir qui en plus n’a pas procédé aux consultations avant de mettre en place sa réforme, au moins d’écouter la rue, le peuple, les organisations syndicales, les responsables politiques après. Quel est le débouché politique ? Il y en a trois possibles. Le premier débouché politique, c’est qu’au Sénat, le gouvernement entende ce que les Français leur disent, ce que tous les jeunes viennent de dire, c’est-à-dire qu’il ne faut pas mettre en place une réforme qui va creuser et le chômage des jeunes et le chômage des seniors. Elle est absurde cette réforme, parce qu’en taxant le travail, c’est-à-dire en demandant alors qu’un sur trois est déjà au chômage après 55 ans, les jeunes ont bien compris que ça allait être eux les premières victimes de cette réforme.

Nicolas Demorand : mais vous, vous avez bien compris que le gouvernement ne bougera pas là-dessus ? Il l’a dit, redit, re-redit, manifestation après manifestation, il y aura peut-être des amendements à la marge effectivement lors du débat au Sénat, mais il n’y aura pas ce que vous êtes en train de décrire, là, à savoir revenir sur l’architecture de la réforme.

Sego-N-Demorand-ou-alors-supprimons-le-Parlement.jpg

Ségolène Royal : "Ou alors supprimons le Parlement, carrément !"

Ségolène Royal : et pourquoi pas ? S’il entend vraiment les Français, s’il prend conscience de ce qui se passe. C’est pour ça que la pression doit absolument continuer, ou alors supprimons le Parlement, carrément ! Si vous me dites que le Parlement ne sert à rien, même lorsque les Français ont massivement manifesté leur opposition à une réforme, non seulement ceux qui sont dans la rue, mais ceux qui n’ont pas pu venir, et que le gouvernement n’entend rien alors qu’il y a des arguments de bon sens qui sont avancés : la réforme n’est pas financée ; remettre en cause la retraite à 60 ans touche d’abord les ouvriers, les employés, ceux qui ont travaillé plus longtemps ; passer de 65 à 67 ans ça pénalise très douloureusement les femmes qui se sont arrêtées pour élever leurs enfants ; les revenus du capital ne sont pas mis à contribution ; il y a un contreprojet qui a été fait par les socialistes…

Sego-N-Demorand-si-vous-me-dites-que-le-Parlement.jpg

Ségolène Royal : "Si vous me dites que le Parlement ne sert à rien, même lorsque les Français ont massivement manifesté leur opposition à une réforme."

Nicolas Demorand : …qui ne stimule pas d’enthousiasme délirant, hein, chez ceux qui critiquent la réforme du gouvernement. Il n’y a pas eu d’adhésion au projet socialiste.

Ségolène Royal : parce que chacun est dans son rôle. Les organisations syndicales sont dans leur rôle, la responsabilité des politiques, c’est de trouver un débouché politique. Donc le premier, [« Mais là c’est quoi, le débouché ? », interrompt Nicolas Demorand] le premier ça peut être le Sénat. Le deuxième, ça peut être d’exiger en effet le référendum. Et puisque le pouvoir conteste le nombre de manifestants, eh bien qu’il consulte les Français. Puisque j’entends encore le premier ministre, le ministre du Travail dire que les Français sont d’accord avec leur réforme, alors s’ils sont si sûrs d’eux, pourquoi ne consultent-ils pas les Français sur leur réforme : oui ou non êtes vous d’accord avec la réforme du gouvernement dans laquelle il y a tel et tel dispositif.

Nicolas Demorand : mais vous ne  l’aurez pas ce référendum, vous savez bien, vous pouvez le demander, vous ne l’aurez pas. Un gouvernement ne va pas faire un référendum maintenant, enfin !

Ségolène Royal : mais dans une démocratie, on n’attend pas de savoir si, en effet un pouvoir en place qui est sourd et aveugle aux aspirations du peuple français, et même aux propositions qui sont comprises de tous et attendues de tous, on demande et on essaye de faire un rapport de force politique. C’est la deuxième chose. Et la troisième chose c’est l’élection présidentielle. Si ce pouvoir ne veut rien entendre, et n’a pour seul objectif que de mener, d’organiser des affrontements dans notre pays, alors, je le disais tout à l’heure, qu’il y a tant à faire pour que toute cette énergie soit canalisée de façon positive sur le redressement du pays, et non pas pour dresser les Français les uns contre les autres, alors les Français auront à choisir au moment de l’élection présidentielle.

Nicolas Demorand : vous pensez que c’est une stratégie délibérée que d’entretenir la tension sociale en l’occurrence ?

Sego-N-Demorand-Retraites-1.jpg

Ségolène Royal : c’est une stratégie délibérée. Pourquoi c’est une stratégie délibérée ? Ils l’ont d’ailleurs théorisée. Ils l’ont théorisée de la façon suivante, en disant : s’il y a tant de monde dans la rue qui protestent au sujet de la suppression d’une réforme symbolique de la gauche, et symbolique de François Mitterrand, l’accès à la retraite à 60 ans, ça prouve que nous sommes courageux et que nous faisons des choses. Ils ont théorisé, finalement, le camouflage de leur inertie, puisqu’il n’y a pas eu depuis 3 ans de réforme de structure de nature à sauver la Sécurité Sociale, et puisqu’ils organisent sciemment, la privatisation aujourd’hui de la branche vieillesse, puis que les gens qui sont inquiets vont fuir vers les assurances privées. Et cette promesse-là, elle a été faite aux amis financiers du pouvoir, les banques, les assurances privées qui sans vergogne aujourd’hui ont déjà commencé les programmes de publicité pour faire venir des cotisations privées dans les fonds de pension. On sait ce qu’il en est aussi, de l’écroulement des fonds de pension, là ou les Français n’auront aucune garantie de retrouver leur argent à l’issue de leur vie active. C’est la raison pour laquelle il faut absolument se mobiliser pour sauver la Sécurité Sociale, car demain, si ce pilier de la branche vieillesse tombe aujourd’hui, demain ils vont s’attaquer à la branche santé, et ça a déjà commencé.

Nicolas Demorand : donc ça se jouera en 2012, puisqu’on voit bien dans les trois hypothèses que vous avez formulées, que 2012 sera sans doute la plus crédible pour avoir ce débat-là. Quel socialisme, Ségolène Royal, par rapport à, je ne sais pas, celui de Dominique Strauss-Kahn, celui de Martine Aubry, celui de François Hollande, celui de Manuel Valls, dans toute la palette des candidats potentiels ou déjà déclarés à ces primaires, quel socialisme allez vous défendre dans cette compétition, comment on peut le décrire ? Ce n’est pas simplement des questions de personne, c’est quoi à vous votre idée de ces choses-là ? C’est quoi le socialisme de Ségolène Royal ?

Ségolène Royal : d’abord ce n’est pas par comparaison ou par définition avec ce que disent les autres socialistes, c’est par rapport à ce que je vois, à ce à quoi je crois et ce que j’observe de ce qui marche et de ce qui ne marche pas. Mon socialisme, c’est un socialisme qui marche, c’est trouver un autre chemin, appuyé sur une action opérationnelle de terrain. Alors vous allez me dire, mais c’est régional, c’est pas l’enjeu national. Si, on l’a vu tout à l’heure qu’il y avait un lien très étroit entre le local, le national, et le global, à partir de l’exemple du Brésil. Si, moi je crois qu’il y a un autre chemin possible, et notamment un autre modèle économique possible, je le disais tout à l’heure, avec un volontarisme politique qui permet par exemple d’entrer au capital …

Nicolas Demorand : vous nationalisez, éventuellement ?

Ségolène Royal : … de contrôler, c’est-à-dire de fixer des règles qui ne soient plus les règles du marché financier mais qui soient les règles de la décision politique. Aujourd’hui on a un pouvoir politique qui est assujetti au pouvoir financier, c’est évident, le pouvoir en place ne le nie même pas. La réforme des retraites, c’est la réforme du MEDEF. On l’a vu tout à l’heure, les perdants ce sont les salariés, les gagnants ce sont les banques et les assurances privées.

Ségo Main N Demorand je veux un pouvoir politique qui domi

Ségolène Royal : "Moi je veux un pouvoir politique qui domine le pouvoir financier et qui mette des règles de la répartition juste des richesses dans notre pays."

Moi je veux un pouvoir politique qui domine le pouvoir financier et qui mette des règles de la répartition juste des richesses dans notre pays. Faire comme faisait Lula, selon sa conviction, adapté bien évidemment à notre pays. [« Un Etat fort. », observe Nicolas Demorand] Un Etat fort, réhabiliter un Etat fort, faire un capitalisme d’Etat, c’est-à-dire un Etat qui entre au capital des banques auxquelles il apporte une rescousse financière, pour que ces banques puissent obéir aux règles qui consistent à faire en sorte que quand elles sont aidées, elles sont là aidées pour aider le développement de l’économie réelle, pour financer les PME et les PMI, et pour ne pas spéculer sur les marchés financiers. Ou, si elles prennent des risques, elles les prennent à leurs risques et périls, mais pas aux dépens du travail des Français.

Ensuite, c’est un système qui remet en place des filets de sécurité, on l’a vu avec la sauvegarde de la Sécurité Sociale. On le voit avec la mise en place – là aussi je l’ai expérimenté – de la Sécurité Sociale Professionnelle, de la sécurisation des parcours professionnels, pour que lorsque l’économie est en période de mutation, et notamment vers l’économie verte, vers la croissance verte, dans laquelle il y a énormément de travail à faire et de potentiel à faire, les salariés puissent garder leur rémunération et leur salaire en échange d’une formation professionnelle, 90% du salaire pendant 18 mois. C’est ce que nous faisons pour permettre la mutation écologique de l’économie. Et enfin il y a un pilier démocratique majeur.

Nicolas Demorand : c’est à dire dans la façon même de faire de la politique ?

Ségolène Royal : dans tous les domaines. On ne peut pas réformer un pays avec la complexité des sujets, sans associer les Français parce qu’il y aura des efforts à faire. La situation financière est très difficile. La dette a doublé en 5 ans. Donc il va falloir en effet faire des sacrifices. Les Français sont prêts à faire des sacrifices si ça garantit à eux-mêmes et à leurs enfants un meilleur avenir, mais à condition que ce sacrifice soit équitablement réparti.

Nicolas Demorand : c’est encore un programme de gauche, ça, Ségolène Royal ?

Ségolène Royal : bien sûr, c’est un programme de gauche.

Nicolas Demorand : ou c’est un programme, centriste et pragmatique, qui consiste à actionner le levier de l’Etat, parce qu’effectivement l’Etat est une puissance, et à essayer de faire de la justice sociale par ailleurs ?

Ségolène Royal : bien sûr que c’est un programme de gauche. Pourquoi c’est un programme de gauche ?

Nicolas Demorand : à part leeeeees semi-nationalisations que vous venez de décrire, en quoi est-ce véritablement un programme de gauche ?

Ségolène Royal : c’est un programme de gauche parce qu’il remet de l’ordre dans les différentes priorités.

Nicolas Demorand : l’ordre, c’est une notion de gauche ?

Sego-la-secu-je-l-affirme-de-gauche-2.jpg

Ségolène Royal : "La sécurité aussi je l’affirme, est une valeur de gauche, parce qu’aujourd’hui ceux qui souffrent le plus, ce sont les catégories sociales les plus précarisées, ou ceux qui habitent dans les quartiers les plus difficiles."

Ségolène Royal : oui, c’est une notion de gauche quand il est juste. Et quand on remet en avant des priorités, la formation, l’éducation des jeunes, et l’emploi des jeunes, on le disait tout à l’heure, au premier rang desquels donc la question éducative, c’est foncièrement une politique de gauche. Aujourd’hui d’ailleurs, la droite fait le contraire. La droite fait le contraire puisqu’elle supprime des moyens et dans l’éducation nationale, et des moyens dans le domaine de la sécurité. La sécurité aussi je l’affirme, est une valeur de gauche, parce qu’aujourd’hui ceux qui souffrent le plus, ce sont les catégories sociales les plus précarisées, ou ceux qui habitent dans les quartiers les plus difficiles. Donc rien ne doit être laissé au monopole de l’idéologie de la droite.

Nous devons revisiter l’ensemble des politiques à l’aune de plusieurs critères : le critère de la justice, c’est quand même les fondamentaux de ce qui motive l’engagement à gauche, les critères de l’efficacité, avoir le courage de reconnaître ce qui marche, ce qui ne marche pas, remettre en cause parfois un certain nombre de dogmes pour s’orienter vers des solutions neuves qui fonctionnent, et puis surtout, redonner une espérance.

Sego-N-Demorand-pour-pouvoir-se-mintenir-au-pouvoir.jpg

Ségolène Royal : "La droite joue sur les peurs pour pouvoir se maintenir au pouvoir, et la gauche doit incarner un espoir, et une volonté d’un avenir meilleur."

Et s’il fallait résumer d’un mot la différence entre la droite et la gauche, elle est tellement évidente aujourd’hui, c’est que la droite joue sur les peurs, dans tous les domaines, on y reviendra peut-être, la droite joue sur les peurs pour pouvoir se maintenir au pouvoir, et la gauche doit incarner un espoir, et une volonté d’un avenir meilleur.

Alors c’est plus difficile, c’est plus difficile. [« Vous avez pas le monopole du cœur, hein, comme dirait l’autre, hein. », coupe Nicolas Demorand] Ce n’est pas le monopole du cœur, c’est le monopole de la volonté politique de préparer un avenir, et de s’y mettre, et d’apporter des réponses complexes à des solutions complexes, et en refusant de jouer sur les leviers de la peur, du repli sur soi, des affrontements. Et c’est plus difficile de rassembler les Français, de faire une France unie, d’apprendre à chacun à vivre ensemble, à travailler ensemble, à répartir les efforts, que de dresser les gens les uns contre les autres parce que dans le repli de peur, il y a des réactions conservatrices, et chacun le sait. Bush avait parfaitement aussi théorisé ça, d’ailleurs dans ce qui se passe aujourd’hui en France, on voit ressurgir les grands thèmes, je ne sais plus quel chercheur avait très bien décripté ça, moi ça m’a vraiment frappée, les grands thèmes des campagnes politiques de George Bush.

Nicolas Demorand : allez, dans l’actualité donc cette semaine il y avait également les annonces sur le budget 2011, budget de crise pour le gouvernement, budget de rigueur voire d’austérité pour l’opposition, Elisa Coudray, David Lemarchand.

Repost 0
Published by Militants de l'Espoir à gauche - dans Actualité
commenter cet article
4 octobre 2010 1 04 /10 /octobre /2010 03:11

Sego-N-Demorand-2.jpg

Ségolène Royal était l'invitée de Nicolas Demorand dans l'émission C Politique hier à 17h40 sur France 5. Plusieurs thèmes ont été abordés ; vous trouverez ci-dessous le texte des deux premiers : le modèle que constitue le Brésil pour la France d'une part, et le PS, son unité, et les primaires d'autre part.

 F.M.

 

 

Nicolas Demorand : Ségolène Royal, bonsoir.

Ségolène Royal : bonsoir.

Nicolas Demorand : et merci d’avoir accepté notre invitation. L’actualité internationale aujourd’hui, c’est la probable élection de Dilma Roussef à la présidence du Brésil à la suite de Lula. Vous aviez déjà soutenu Mme Bachelet au Chili en 2006. Deux femmes de gauche présidentes, est-ce que ça vous fait rêver ?

Ségolène Royal : et vous oubliez une troisième, Cristina Kirchner en Argentine. Et c’est vrai que je suis allée et à la campagne de Michelle Bachelet, et à celle de Cristina, et à celle de Dilma, puisque j’étais en avril à ses côtés à sa demande pour sa première conférence de presse de campagne électorale. Et c’est vrai que c’est une mutation très importante, mais je pense que ce qui est extraordinaire dans ce qui se passe au Brésil, c’est le cheminement de Lula, parce que Dilma, c’est la continuité de la politique de Lula. Et Lula que j’ai rencontré aussi longuement au mois d’avril, c’était la troisième fois que je le rencontrais, parce que c’est le leader politique que je trouve le plus admirable aujourd’hui à l’échelle de la planète…

Nicolas Demorand : ancien ouvrier, syndicaliste, devenu président du Brésil…

Sego-N-Demorand-3.jpg

Ségolène Royal : c’est ça, c’est ça qui est extraordinaire, voilà un ouvrier qui a comme seul diplôme son CAP de tourneur-fraiseur, qui a hissé son pays du 13ème au 8ème rang mondial, qui a fait massivement reculer la pauvreté grâce à sa politique de Bolsa Família, les bourses aux familles versées aux femmes, dans les familles pauvres, en contrepartie de l’obligation scolaire, et qui a sorti 20 millions de Brésiliens de la pauvreté…

Nicolas Demorand : oui, et mis son pays sur le rail de la croissance et de quelle croissance !

Ségolène Royal : et résisté, et résisté à la crise financière. Donc voilà un ouvrier qui a réussi à résister à la crise financière en imposant des règles…

Nicolas Demorand : … et remplacé par une femme…

Ségolène Royal : … aux banques. Oui, mais c’est surtout cette continuité. Et ce dont Lula est le plus fier, et ce qu’il a transmis à Dilma, qui était en quelque sorte sa première ministre, c’est-à-dire qui a mis en application toute cette politique, ce sont trois choses, et c’est important de les comprendre parce que je pense qu’elles pourraient servir de leçon sur ce que nous pouvons faire en France. C’est d’abord de se dire que et de démontrer que le progrès social, la politique sociale, la politique de lutte contre la pauvreté, est un levier du développement économique.

La deuxième chose, c’est qu’il a réhabilité le rôle de l’Etat. Il a créé au Brésil un capitalisme d’Etat, c’est-à-dire qu’il est rentré dans les banques, par exemple, pour les contrôler, il est rentré dans les entreprises qui maîtrisent la production énergétique, en particulier. Et donc la réhabilitation du rôle de l’Etat, ça a été un de ses credo, une de ses volontés politiques les plus fortes.

Sego-N-Demorand-4.jpg

Et le troisième pilier du développement du Brésil, c’est la démocratie, et là on en a des leçons, on reparlera des retraites. Chaque fois m’expliquait-il qu’il a eu à conduire des politiques difficiles, y compris dans le domaine de la sécurité, il a consulté le peuple brésilien, il a associé dans des démarches de démocratie participative, dans des comités de quartier le peuple brésilien à la définition de ses politiques parce que dot-il, seules des politiques bâties avec le peuple sont des politiques durables et irréversibles.

Nicolas Demorand : donc au moins que Barack Obama, il faut que les socialistes français regardent de très près ce qu’a fait Lula au Brésil pour s’en inspirer, peut-être ?

Ségolène Royal : oui, il y a beaucoup de choses à retenir, je viens de vous donner par exemple trois exemples, je pense …

Nicolas Demorand : mais en même temps un parcours comme le sien est impossible en France, un ouvrier qui deviendrait président de la République, vous disiez qu’il a un diplôme de tourneur-fraiseur, en France on fait l’ENA, hein, pour faire de la politique ?

Ségolène Royal : oui en France ce serait beaucoup plus difficile, mais pourquoi, pourquoi impossible ? [« Sincèrement ? », demande Nicolas Demorand] En tout cas, ça remet les points sur les « i » sur le concept de compétence. Et je pense que si lui, il a réussi de faire en sorte que son pays échappe à la crise financière, c’est parce qu’il n’était pas mêlé justement à ces intérêts de l’oligarchie.

Nicolas Demorand : et donc il pensait différemment ?

Ségolène Royal : il pensait différemment, il a essayé d’abord 4 fois, hein, il s’y est repris à 4 fois avant d’être président de la République, il a vécu…

Nicolas Demorand : vous me voyez venir là ou pas ?

Ségolène Royal : « vous me voyez venir » (rires) Exactement ! Il a vécu les souffrances ouvrières, les luttes ouvrières, il a construit le Parti des Travailleurs et il n’avait aucun complexe. Au contraire il assumait le fait d’être ouvrier, d’avoir son CAP, et de tenir tête aux banquiers de son pays en leur imposant des règles. Alors pourquoi ce qui est possible au Brésil ne le serait pas en France ?

Nicolas Demorand : en même temps, ce n’est pas le même pays, hein, ce n’est pas le même niveau social, ce n’est pas la même réalité économique, ce n’est pas la même dimension géographique, enfin c’est quand même deux situations très difficiles à comparer, non, Brésil, France, un pays émergent, une vieille puissance européenne ?

Sego-S-aerien-N-Demorand-1.jpg

Ségolène Royal : bien sûr que c’est difficile à comparer, et en même temps il y a des convergences, on est quand même dans une économie mondialisée, et donc ce qui marche ici doit être regardé et appliqué à nos propres économies. Et moi je crois que le courage aujourd’hui en France de choisir un autre chemin prouve que c’est possible. On le met bien en place dans d’autres régions dont celle que je préside.

Moi je me suis beaucoup inspirée de Lula dans ce que je fais dans la région, que ce soit dans la démocratie participative, dans l’entrée au capital des entreprises privées, dans la création d’un fonds d’investissement public, ça c’est la réhabilitation de l’Etat ou de la puissance publique comme intervenant dans le processus économique pour trouver des alternatives économiques à la puissance du marché financier, et ça marche. Et il y a aussi la conviction, je pense qui pourrait être érigée au plan national en France, que le progrès social est une condition de l’efficacité économique. On le voit aujourd’hui, lorsque les inégalités sont criantes, les Français n’acceptent plus des réformes qui sont pourtant nécessaires. Ils veulent des réformes, mais des réformes justes parce qu’ils veulent que le progrès social soit considéré comme un élément, en tant que tel, du développement économique.

Nicolas Demorand : on a plus d’une heure évidemment pour en parler Ségolène Royal, on y va donc. Le pont déjà sur vous, sur votre rentrée depuis le mois de septembre, rentrée extrêmement offensive que nous décrit Stéphanie Gillon.

-oOo-

Nicolas Demorand : alors on vous a vue à la Fête de la Fraternité, vous avez beaucoup parlé d’unité, où est-ce que vous allez nous amener maintenant, Ségolène Royal ? C’est quoi le concept qui décrit le moment politique dans lequel vous vous trouvez ? C’est un moment offensif, je disais tout à l’heure, vous acceptez ce terme ?

Ségolène Royal : offensif, oui, dans la mesure où il y a beaucoup à dire et il y a à la fois à résister contre une politique mauvaise qui fait reculer le pays, et donc les Français attendent des paroles fortes, ils attendent que les leaders politiques qui les représentent prennent la parole, et offensive en effet pour montrer qu’il y a une alternance possible. Parce qu’au fond les Français se posent deux questions : savoir si demain sera meilleur qu’aujourd’hui, et nous avons la responsabilité de préparer cette alternance, et savoir s’il est encore possible d’espérer, et si chaque Français peut encore avoir une prise sur son avenir, sur son destin, et sur celui de ses enfants. Voilà pour moi ce qu’est le cœur de la politique, et donc je contribue à cela comme je le fais depuis 25 ans.

Nicolas Demorand : alors on voyait l’image de votre précédent passage dans l’émission à C Politique, où vous nous annonciez que vous étiez prête à faire le sacrifice de votre personne. Est-ce toujours vrai ?

Sego-N-Demorand-Martine-2.jpg

Ségolène Royal : rien n’a changé de ce point de vue. Je l’ai dit : je pense que nous gagnerons unis ou nous perdrons désunis, nous gagnerons ensemble ou bien nous perdrons ensemble. Et donc la responsabilité qui est la mienne, à la fois compte tenu de l’expérience de 2007, et des manquements au rassemblement après les primaires, même si elles étaient moins larges que celles qui se préparent aujourd’hui, c’est d’être la garante de cet esprit d’unité au sein du Parti socialiste, au sein de la gauche, et puis au-delà dans une dynamique présidentielle, à la place qui est la mienne. Et bien évidemment ce sens des responsabilités que nous avons, que Martine a, nous nous parlons régulièrement, je crois que nous avons pris la mesure de la situation d’aujourd’hui et que les Français n’accepteraient pas, n’accepteraient pas un retour de la guerre des chefs ou du bal des ego. Et ça je me l’interdis, et je crois que Martine aussi se l’interdit.

Nicolas Demorand : vous croyez que les primaires seront de vraies belles primaires ouvertes, hasardeuses, avec, comment dire, ce mystère qui est au fondement de tous les processus démocratiques, ou ça va se jouer encore dans les coulisses, dans des tractations d’appareil dont vous serez, d’ailleurs, peut-être, partie prenante ?

Ségolène Royal : il faut que les primaires soient de vraies primaires. Rien ne serait plus détestable que d’avoir promis une rénovation du Parti socialiste, que d’avoir promis à tous les Français qui voudront venir choisir le candidat socialiste et le candidat de la gauche, celui qui sera ou celle qui sera capable de battre Nicolas Sarkozy, et qu’ils soient tout d’un coup privés de cette liberté et de cette volonté de choisir à la fois le ou la candidat(e), leur projet , la personnalité et l’équipe, même si avec la gauche je crois qu’il y aura, j’en suis même sure, une autre conception de la présidence de la République.

Nicolas Demorand : vous croyez à la candidature de Dominique Strauss-Kahn ?

Ségolène Royal : je vois bien que c’est une question lancinante. Moi je crois que toutes ces questions que vous posez sur qui sera candidat, qui ne le sera pas, est-ce que je serai aux primaires ou pas, sont parfaitement légitimes, et j’observe que plus …

Nicolas Demorand : il y a des idées, il y a des hommes et des femmes pour les porter, hein, c’est aussi ça la politique.

Ségolène Royal : ce n’est pas tellement une question de personne, c’est une question de moment politique. C’est-à-dire, au moment où la date se rapproche de l’élection présidentielle, au moment où le désespoir et la colère et même la révolte s’installent par rapport à ce que fait ce gouvernement, c’est vrai qu’il y a une attente très forte pour savoir qui va pouvoir porter nos couleurs, et qui va pouvoir gagner.

Nicolas Demorand : je vous repose la question : vous pensez que Dominique Strauss-Kahn va vouloir y aller ?

Ségolène Royal : je crois qu’il n’a pas pris sa décision, en tout cas il ne m’en a pas fait part. Je pense qu’il réfléchit.

Nicolas Demorand : vous vous parlez ou pas de temps en temps ?

Sego-N-Demorand-DSK.jpg

Ségolène Royal : à son entourage, pas à lui, je ne l’ai pas eu directement, parce qu’il est, c’est normal, il est très prudent, il est là dans des responsabilités internationales. Je crois que le moment venu il dira ce qu’il a l’intention de faire, et au bout du compte je vais vous dire : vous savez, les primaires, j’ai été une des premières à en parler, à un époque où tout le monde s’en moquait…

Nicolas Demorand : oui, et une des premières à les gagner aussi, notamment contre Dominique Strauss-Kahn.

Ségolène Royal : et une des premières à les gagner… Voilà. Elles seront plus larges, j’espère. Aujourd’hui il ne faut pas renouveler ce qui a manqué à ce moment-là. Ce qui est important, c’est un code de bonne conduite. Et nous nous sommes dit d’ailleurs, très simplement avec Martine, quel(s) que soi(en)t le ou les candidats, même si nous devons être tous les trois candidats, et d’autres, puisque d’autres ont déjà déclaré leur candidature aux primaires, il faudra un dispositif, ce que j’ai appelé un dispositif gagnant, c’est à dire que les règles du jeu soient suffisamment claires avant les primaires pour qu’elles se fassent dans un bon état d’esprit, mais qu’elles ne laissent pas de traces ni de frustrations, et que les conditions du rassemblement, de la fusion des équipes après les primaires soient suffisamment clairement organisées pour que ce moment des primaires soit un moment politique extrêmement fort dans la vie politique française, qui sera non seulement vécu par les Français mais aussi observé sur la scène internationale, et que ce soit un moment qui permette de donner un souffle, une énergie, une force à celui ou à celle qui sortira de ce vote démocratique, et je fais confiance à Arnaud Montebourg. Moi je voudrais rendre hommage au travail qu’il a fait, qui n’était pas facile, et il doit continuer à être le garant du bon déroulement de ces primaires.

Sego-N-Demorand-Montebourg.jpg

Nicolas Demorand : lui en tout cas il continue à y croire, hein.

Ségolène Royal : heureusement, parce que c’est lui qui organise.

Nicolas Demorand : … organise, hein, vu ce qu’on entend, il continue à dire qu’elles seront formidables et exemplaires, ces primaires.

Ségolène Royal : exactement, et c’est lui, c’est lui d’une certaine façon qui sera garant de la bonne application des règles qu’il a fait émerger de façon consensuelle d’ailleurs dans la commission.

Nicolas Demorand : en même temps, quand on considère ce que sont les enquêtes d’opinion qui sont des ingrédients parmi d’autres, hein, de l’alchimie électorale, on voit que Dominique Strauss-Kahn est très très haut dans ces enquêtes, dans ces sondages de popularité. S’il annonce sa candidature, est-ce que ça ne règle pas définitivement le problème du candidat socialiste, est-ce que face à sa popularité vous ne serez pas tous et toutes obligés de reculer ?

Ségolène Royal : rien ne serait pire que de faire ce genre d’anticipation. Pourquoi ? Parce que les militants socialistes, les Français sympathisants de gauche, ou ceux tout simplement qui sont déçus par le sarkozysme et qui veulent l’alternance, et qui doivent venir voter, et plus les Français seront nombreux à venir voter lors des primaires, plus ces primaires seront un moment politique très très fort. Et moi je ne veux pas qu’il y ait des arrangements de couloir, ou que les primaires soient truquées, ou que l’on confisque les primaires à celles et ceux à qui on a promis de pouvoir faire ce choix. Et je serai la garante de cette liberté de choix d’une façon ou d’une autre.

Nicolas Demorand : bon, et vous, vous avez envie d’y aller ou pas ?

Ségolène Royal : ce n’est pas une question personnelle, vous me connaissez, Nicolas Demorand, je suis engagée dans la vie politique depuis longtemps, j’ai ça chevillé au corps, j’ai été candidate une fois, et donc bien évidemment si je suis comme on dit en situation, si je suis soutenue, si je suis désignée par les primaires ou dans toute autre configuration, voilà, si on considère…

Nicolas Demorand : mais vous avez envie ou pas, d’y aller ?

Ségolène Royal : je crois que je vous ai dit l’essentiel (rires)

Nicolas Demorand : non vous ne m’avez pas dit l’essentiel, non vous ne m’avez pas dit l’essentiel.

Sego-N-Demorand-si-je-vous-ai-dit-l-essentiel.jpg

Ségolène Royal : (rires) si je vous ai dit l’essentiel

Nicolas Demorand : donc si le moment est favorable, si vous sentez les choses, s’il y a une ouverture politique possible, à ce moment-là, oui, vous irez ?

Ségolène Royal : ça ne vous surprend pas j’imagine ?

Nicolas Demorand : mais pourquoi vous ne voulez pas le dire ?

Ségolène Royal : parce que je ne veux pas faire d’effet d’annonce. Vous savez le poids de la parole et la façon dont les choses basculent. Je veux choisir le moment. C’est ma responsabilité de femme politique. Je ne me suis jamais laissé rien imposé .

Nicolas Demorand : eh bien voilà, c’est un bon moment, là, regardez.

Ségolène Royal : non, le moment n’est pas venu puisque j’ai pris des engagements avec Martine, que je tiens à respecter.

Nicolas Demorand : c’est quoi l’engagement ?

Ségolène Royal : c’est que je ne ferai pas d’annonce intempestive sans lui en avoir parlé avant, sans que nous en ayons discuté avant.

Nicolas Demorand : elle nous regarde, elle nous regarde peut-être…

Ségolène Royal : sans que Dominique Strauss-Kahn soit associé à cette discussion s’il le souhaite, Laurent Fabius s’il le souhaite, s’autres s’ils le souhaitent, et je pense qu’en tant que grands responsables politiques, nous n’avons pas à déclarer comme ça des candidatures dispersées, parce que ce ne sont pas les meilleures conditions du rassemblement après les primaires. Et donc le jour où j’aurai décidé d’être candidate, si je vous l’annonce, c’est parce que j’en aurai parlé avec tous ceux, et notamment les principaux responsables que vous évoquiez tout à l’heure, pour bien donner le sens de cette candidature, en avoir parlé avec eux, et examiner avec eux quelles sont les meilleures conditions puisque de toute façon nous aurons à nous rassembler après la période des primaires.

Nicolas Demorand : ça a l’air de bien fonctionner le Parti socialiste, dites-moi ?

Sego-N-Demorand-oui-ca-vous-etonne-habituer.jpg

Ségolène Royal : oui, ça vous étonne, il va falloir vous y habituer !

Nicolas Demorand : un peu quand même, un peu ! Vous allez tous vous voir, prendre des décisions en commun au nom de l’intérêt collectif , enfin : c’est une révolution !

Ségolène Royal : c’est une révolution, bous l’avez dit. Et je crois que c’est un effort de chacun, surtout après ce que nous avons connu.

Nicolas Demorand : oui, j’imagine qu’il a fallu travailler sur soi, hein ?

Ségolène Royal : oui, il a fallu travailler sur soi. Bien sûr, bien sûr qu’il a fallu travailler sur soi. Mais si on travaille sur soi, c’est parce qu’on pense d’abord aux Français, d’abord aux autres, d’abord à la responsabilité qui est la nôtre, d’abord au degré d’exaspération. Et donc si l’on veut faire en sorte que cette attente désespérée des Français dans quelque chose qui ne vient pas puisse être à nouveau incarnée par des responsables socialistes, et si l’on veut être présents au second tour de l’élection présidentielle en rassemblant suffisamment au premier tour, y compris en faisant venir tou(te)s celles et ceux qui ne croient plus en la politique, parce que c’est un enjeu majeur.

Vous parliez des sondages tout à l’heure, vous savez, moi, je vous l’ai dit tout à l’heure, ça fait 25 ans que j’ai une expérience politique, en politique il n’y a qu’une chose de vraie, c’est le vote. C’est chaque citoyen qui vient prendre un bulletin de vote et le mettre dans l’urne. Et pour faire revenir de nombreuses catégories, comme les jeunes, comme les catégories populaires, comme ceux qui ont perdu leur boulot, comme ceux qui vont perdre leur retraite, aux urnes, il va falloir être très unis et très convaincants.

Nicolas Demorand : allez, on fait un point sur la réforme des retraites. Hier encore, manifestation à travers toute la France. Reportage d’Elisa Coudray et Dominique Lemarchand.

Repost 0
Published by Militants de l'Espoir à gauche - dans Actualité
commenter cet article

Page D'accueil

  • : Militants de l'Espoir à gauche
  • Militants de l'Espoir à gauche
  • : Militants de l'Espoir à gauche réunit toutes celles et tous ceux qui soutiennent la ligne politique de Ségolène Royal pour une gauche démocratique, sociale, et écologique.
  • Contact

La fabrique AGIS !

dominique bertinotti (2)Dominique BERTINOTTI (75), Philippe ALLARD (75), Amale CHEBIB (75), Fabien SECHERRE (75), Françoise DEGOIS (75), Cyril CIBERT (86), Cécile FORTINEAU (23), christian CHOTARD (91), Eliane LEMAGNEN (64), esfand KHALAF (90), Laure BARGUILLET (87), Ahmed LAARAJ (30), Isabelle MALBERTI (75), Guy VERDIER (13012), catherine CANTAU (40), gilles CAILLET (91), Noëlle PLANCHAIS (56250), Gérard JABUT (69), Jocelyne BERDU (75), Jean-Pierre GUILBERT (75), Hélène MERMBERG, , Eric BRUN (63), Stéphanie SMANIOTTO,Eric CORNIER (33), Joelle FERAL, Gerard RAISER, Catherine RUBIO (33), Didier ANTONELLI, Nabil SANTO (75), Eliane LEMAGNEN (64), Céline LOOT, Pierre NSIMBA-DELEZAY (93), Marianne-Ségolène GINDREY (62), , Monique BONNIN (37), Jean-François THILLET (43), Jacqueline BOULET, Alain MAIRE (76), Caroline BERTRAN, Jacques MAZELLA (44), Christiane CHIROL, Rodrigue KOKOUENDO (77), Robert SIMON (75), francoise LALLIER (78), Sylvette GIRARD (28), claudine MOURET (41000), alban GUAY (37), roland ASTIER (38), mirella GOULOIS (62300), Michel CHARPENTIER (73), marie-neige PHILIPPE (44), Jean Jacques BAUGÉ (37), rachida MAZARIE (94), jacqueline LAKSANDER (2), pierrette LARDREAU (19100), martial LEHOUX (24), Rene PHILIPPEAU (91), Jean-Pierre HERY (2), Christine MALCOR (91), Jean KOMOROWSKI (33), , , Patricia VAN HALUIDYN (86), Claude BILLARDON (75), J-RAYMOND MAGUEUR (29), Claire CLAUDE (49), David VIEILLE, Laetitia DE WARREN (69), Georges RAULT (35), Michel CHATAIGNER (76), Chantal DEPUERS (6), YOLANDE PAVAN (93270), Maïté CAZAUX (33), Colette CHARBONNE (31), Hiroko KOMORI (75), M.J. SINAT (77), France-Marie NESPO-BIAIS (78000), Elisabeth HUSSON (75), Martine TREGRET (91), Andrée & Marie-Paule AUFAURE (3), Bernard JANODET (69), Yves FRUCHON (69), christiane NOUGARET (30), véronique SAINT-PAUL (75020), Marie-Noëlle VIBERT (94), Annick LE ROY (91), micheline HAREL (75), francoise QUELIN (77), jean baptiste TROUPLIN (75020), Elisabeth ARNAUD (33), Jean BRUNEL (13), Maryse MARTIN (17), Jacques ERNEST (92), Maurice BUTTIN (75015), Alain DRONEAUD (72430), Norel Houda AUMONT-GHÉDIR (75), Vanessa BAUDAT SLIMANI (45), CLAUDE TARRIERE (92500), Gérard PARCOT (91), FRANCK DAGORNE (56890), Ariane MATHIEU (77), Philippe POIGNANT (50), , Nadine AMIEL (75), Bernard FERRÉ (78), José THIOLLET (86), jerome DOUADY (38), Marcel AMIEL (75), arsene BOUTERFA (93500), sylvie SAINT PIERRE (95100), , Aurélien LONGÉ-LÉTANG (86), Fabrice BERARDI (13), Hubert TERRIGHI (47), Martine LEBRUN (94130), jean BURNELEAU (85), Marie FARRET (16), Janine CRESPIN (75013), sandrine PIERRON (86), cartier FLAVIEN (86), Dominique MENNESSON (94), Pierre BRUSSELLE (94), Eric DUCROS (86), , Romain ZARKA (75), Brigitte BEAUMANOIR (95), Olivier SALVANO-LUBESPÈRE (75), francoise ROZAN (12), Francine GILBERT REULIER (92), Christian AGON (75003), alain PIQUET (76), Laetitia CHEVROT (63), CHRISTIANE GOMEZ (86), Marc BONNICHON (33), Joëlle DE CORTE (17), Nadjet BOUCHIKHI (13), Yves FRUCHON (69), maryleine SIGRIST (5), Françoise CLEOSTRATE (34), Sébastien COUDRY (25), nicolas METIVIER (86), pierre HUYARD (17), Cécile GUILBERT (63), Bonaventure MBAYA (91), Bernard JANODET (69), Régis COTTET (86), martial LEHOUX (24), anthony ROUSSEAU (86), jean claude MAURIN (30), Jean-Claude CHEBROU (63), bruno OLIVIER (78), Jean-François VIONNET (26), ...

Pour rejoindre la fabrique socialiste AGIS : link