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7 novembre 2010 7 07 /11 /novembre /2010 01:10

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Dessin de Plantu

Alors que quelques sièges de représentants, de sénateurs et de gouverneurs n’étaient toujours pas attribués dimanche 7 novembre, la situation politique des Etats-Unis était claire : une Maison Blanche et un Sénat démocrates, une Chambre des représentants républicaine tout comme une majorité des gouverneurs.

Les Démocrates conservent le Sénat, avec au moins 53 sièges sur 100, perdant 6 sièges, dont celui de l’Illinois, encore occupé par Barrack Obama il y a deux ans.

Les Républicains remportent la Chambre des représentants, avec au moins 239 sièges sur 435, soit un gain net de 60 sièges. Il faut remonter aux « mid-term elections » de 1938 pour retrouver une perte de sièges plus importante : le New Deal avait alors coûté 71 sièges à la majorité présidentielle démocrate de Franklin D. Roosevelt.

Enfin, les Républicains remportent la majorité des sièges de gouverneurs, dont 37 étaient à pourvoir, avec 29 sièges au moins sur 50, soit un gain net de 9 sièges. La Floride, l’Etat de Jeb Bush de 1999 à 2007, frère de George W. Bush, après une parenthèse avec un « Indépendant », redevient républicaine. L’Illinois reste démocrate, et Hawaï le devient, arraché aux Républicains : deux Etats chers au cœur de Barack Obama.

Une vague républicaine et une situation de "gridlock", donc, mais pas un raz-de-marée comme certains le pronostiquaient. Quelles sont les causes de cette situation ?

La situation économique, le chômage et le sous-emploi

La réponse est venue de Barack Obama : la première cause est la situation économique, et particulièrement le chômage. Selon un sondage à la sortie des urnes, 62% des Américains plaçaient la situation économique en tête de leurs préoccupations. À 9,6%, le niveau du chômage est loin de son niveau d’avant la crise, où le chômage « de base » se situait à 4,5-5%. Le chômage devrait baisser à 8,5% au 4ème trimestre 2010 selon l’OCDE, pour se stabiliser autour de 7,5-8% dans les années à venir : l’OCDE prévoit une croissance « molle » pour les Etats-Unis, de 2,6% en 2010 et 2011. Au chômage s’ajoute le sous-emploi, le chômage à temps partiel : le sous-emploi total s’élève désormais à 17,6%. Aux 14,9 millions de demandeurs d’emploi s’ajoutent les 12,5 millions de salariés qui ne travaillent pas comme ils le souhaiteraient, soit un total de 27,4 millions de personnes. Bien sûr, au chômage et au sous-emploi s’ajoute une précarisation croissante : saisies immobilières, non accès aux soins médicaux, … Vendredi, les chiffres de l’emploi étaient meilleurs qu’attendu (151 000 créations d’emplois le mois dernier, deux fois plus que ce que les économistes avaient prévu) mais le taux de chômage stagnait, comme les mois précédents, à 9,6%.

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Barack Obama tire les enseignements de l'échec des Démocrates aux élections de mi-mandat lors d'une conférence de presse le 3 novembre 2010 (Reuters/Larry Downing)

Mercredi 3 novembre, le président Obama disait comprendre « le profond mécontentement » des électeurs : « Ils veulent que l'emploi revienne plus vite, ils veulent plus de pouvoir d'achat, et ils veulent que leurs enfants aient les mêmes possibilités que celles qu'ils ont eues. Je pense que nous devons assumer la responsabilité directe du  fait que nous n'avons pas avancé autant que nécessaire. Nous avons stabilisé l'économie. Nous avons des créations d'emplois dans le secteur privé. Mais les Américains ne ressentent pas les effets de ces progrès. ».

 

 

Le président Obama a refusé de « tailler dans les investissements essentiels qui vont assurer [aux Etats-Unis] une économie compétitive et en croissance dans les années à venir » comme l’éducation, la recherche sur l’automobile propre, et les infrastructures de transport (aéroports, chemins de fer).

Il y aura « des choix difficiles » : « Dans ces discussions budgétaires, la clé sera de savoir distinguer entre ce qui n'amène pas de croissance, ce qui n'est pas un investissement pour l'avenir et les choses qui sont indispensables pour garantir la croissance future du nombre d'emplois. ». Un discours dont la teneur est proche de celui de Ségolène Royal (Pacte présidentiel de 2007 : « Un euro dépensé doit être un euro utile »).

Vendredi 5 novembre, le président Obama a quitté les Etats-Unis pour une tournée officielle de 10 jours en Asie.

Mais le recul général des Démocrates aux « mid-term elections » de 2010 a d’autres causes.

La participation aux scrutins

La participation a baissé d’un tiers par rapport à 2008, à 82,5 millions de personnes, ce qui est partiellement dû à la moindre mobilisation des élections intermédiaires, les « mid-term elections ».

Les électeurs blancs et les électeurs noirs

Les électeurs blancs étaient proportionnellement plus nombreux qu’en 2008 : 78% cette année contre 74%. Les électeurs noirs ont moins voté (10% contre 13% en 2008).

Les personnes âgées de plus de 65 ans et Medicare

Plus de 65 ans

Le vote des personnes âgées de plus de 65 ans pour la Chambre des représentants en 2010 : en couleur, les Etats ayant plus de 15% de personnes âgées de 65 ans et plus, en rouge les Républicains, en bleu les Démocrates ; on notera la Floride (14 sièges républicains en rouge), et la Rust Belt, la 'ceinture de rouille', ancienne ceinture manufacturières en déclin autour des Grands Lacs, du Michigan à l'Etat de New York (19 sièges républicains en rouge) (Washington Post)

Les personnes âgées de 65 ans et plus ont voté à 59% pour les Républicains, contre 38% pour les Démocrates, selon des sondages sorties des urnes. Un cinquième de ces électeurs ont déclaré que l’assurance santé (Medicare, créée en 1965) était leur principale préoccupation, et plus de la moitié a indiqué qu’ils souhaitaient que le Congrès rejette la réforme de l’assurance-santé.

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Sur la chaîne pro-républicaine Fox News de Murdoch : "Réforme de l'assurance-santé - avertissement des Républicains concernant la réforme - un devoir envers les seniors américains", titre qui vise les prétendues attaques de l'assurance-santé sur Medicare

Car les candidats républicains ont mené une campagne qui visait à tailler en pièces la réforme de l’assurance-santé du président Obama : la nouvelle assurance-santé pillerait le système Medicare d’assurance-santé, réservé aux personnes de plus de 65 ans, sous conditions ; et un Congrès républicain les sauverait, d’une certaine manière, disait en substance la campagne. « Ces assertions ont pu atteindre leur but politique, mais elles sont aussi trompeuses et complètement fausses par de nombreux aspects », assène le New York Times le 4 novembre. « Il n’y aura pas de coupes sombres d’aucune sorte [dans Medicare] , et il y aura même des améliorations dans les prestations pour le programme Medicare de base qui couvre les trois quarts des bénéficiaires de Medicare. » Et le New York Times de conclure : « Que va faire M. Boehner [nouveau Speaker républicain de la Chambre des représentants] pour « sauver » Medicare, sans accroître les déficits et sans affaiblir le programme ? »


Les jeunes

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Des jeunes femmes attentives à un discours de campagne du président Obama pendant la campagne à l'Université de Californie du Sud (USC), à Los Angeles (Doug Mills/The New York Times)

À l’inverse, les jeunes (moins de 30 ans) se sont moins déplacés et représentaient seulement 11% des électeurs cette année. En 2008, ils représentaient 18% de l’électorat et ils avaient été plus nombreux que les personnes âgées, mais cette année, malgré les appels à la mobilisation du président, ils n’ont pas suivi.

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Les cheerleaders de l'Université de Californie du Sud regardent le président Obama serrer la main de la candidate au Sénat Barbara Boxer, réélue depuis. Le président est allé à la rencontre des étudiants et des jeunes, une partie de l'électorat démocrate traditionnel, dans les semaines qui on précédé le scrutin (Doug Mills, The New York Times)

Le New York Times explique que l’électorat « jeune » est des plus fluctuant, et que les électeurs perdus en 2010 ne le sont pas à jamais. Il souligne que les jeunes viennent moins nombreux, traditionnellement, aux élections intermédiaires, les fameuses « mid-term elections ». Lors des dernières « mid-term elections », en 2006, les jeunes représentaient 12% des votants. Un chiffre très proche des 11% de 2010.

Pas assez vite, pas assez loin : la réforme de l’assurance maladie

De fait, une partie des électeurs a sanctionné les Démocrates parce que Barack Obama n’est pas allés assez vite, assez fort, et assez loin. Barack Obama l’a compris : « Le message que je retiens, c'est que les gens sont mécontents, mais ils continuent à vouloir le changement. ».

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Le président Obama et l'animateur Jon Stewart dans le 'Daily Show' sur la chaîne Comedy Central le 27 octobre 2010 (Getty images)

Une semaine avant l’élection, Barack Obama est allé affronter l’animateur Jon Stewart, qui présente un vrai faux journal sur la chaîne Comedy Central, le 'Daily Show'. Quand Jon Stewart a parlé, sous les rires, de la « timidité » de la réforme de l’assurance-santé, le président Obama a répliqué :

« Jon, j'aime bien votre show. Mais sur ce point, je suis en profond désaccord avec vous. Trente millions de personnes vont avoir une assurance grâce à cette réforme. Il y a en ce moment une femme dans le New Hampshire qui n'a pas besoin de vendre sa maison pour obtenir son traitement contre le cancer. Et elle ne pense pas que c'est timide. »

En Géorgie, Etat du Sud, Sanford D. Bishop Jr. a été l’un des rares représentants démocrates à être réélu« dans un océan de rouge » républicain rapporte le New York Times, par 51% des voix contre 49%.

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Le représentant démocrate Sandford Bishop, réélu, à droite, à sa soirée de campagne à Albany, en Géorgie (Todd Stone/Associated Press)

Pourquoi ? Parce que M. Sanford était président de la campagne du candidat Obama en 2008 en Géorgie, et qu'il a voté pour le plan de relance et la réforme de l’assurance-santé du président Obama. Il a déclaré après son élection : « Les 86 370 électeurs qui m’ont accordé leur voix ont estimé que le vote pour la réforme de l’assurance-santé était un bon vote, ou que ce n’était pas un vote si mauvais qu’il m’empêche de me battre au Congrès pour les besoins qu’ils expriment. ».

Les liaisons dangereuses des Républicains et du Tea Party

À l’autre extrémité de l’échiquier politique, un élément à double tranchant a profondément impacté le paysage politique américain. En 2008, un certain nombre de Républicains avaient été horrifiés par l’arrivée de Barack Obama au pouvoir. Ils avaient agité le chiffon rouge du « communisme » et du « marxisme » supposé de Barack Obama, notamment à cause de son projet de réforme sur la sécurité sociale. Certains n’avaient pas vu d’un bon œil l’arrivée à la tête de l’Etat fédéral du fils d’un athée Kenyan, originaire d’une région à forte influence musulmane.

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Sarah Palin, égérie du Tea Party : derrière elle : "Tea Party Express IV" (18 octobre-1er novembre 2010) "Liberty at the Ballot Box!" (La liberté dans les urnes électorales!) et l'adresse du site www.TeaPartyExpress.org (Scott Sady/AP)

Cette rancœur ne s’est pas éteinte en 2008, mais s’est au contraire trouvée avivée, la candidate républicaine à la vice-présidence en 2008, Sarah Palin, étant devenue l’égérie du Tea Party, mouvement ultra-conservateur, populiste : opposition au gouvernement fédéral jugé trop puissant,nécessité de réduction des dépensesbaisse des impôts et farouche opposition à la réforme du système de santé adoptée de haute lutte sous l'impulsion d'Obama. Sarah Palin est devenue éditorialiste de Fox News, nouvelle chaîne télévisée du groupe Murdoch, qui défend systématiquement les Républicains et dénigre systématiquement les Démocrates. C’est la première fois dans l’histoire du pays qu’une grande chaîne généraliste est une chaîne partisane ; ce qui a certainement eu un impact sur les élections de 2010. Le Tea Party s’est rangé sous l’aile du parti républicain, qui du coup s’est radicalisé, alors que les Démocrates restaient au centre ou au centre-gauche.

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Mélange des genre et Fox News, la chaîne partisane : sur une page du site du Tea Party Express : "L'émission de Fox News "Fox Nation" a présenté notre annonce "Tea Party Express" et réalise un sondage : "Allez vous rejoindre le Tea Party Express?"..."

Du coup, une partie de l’électorat républicain traditionnel ne s’est pas reconnue dans certains candidats républicains, ce qui a assuré la victoire de certains Démocrates : le maintien des Démocrates au Sénat est probablement dû en partie à la défaite des républicains soutenus par le Tea Party.

Cela est particulièrement vrai dans le Sud-Ouest et l’Ouest des Etats-Unis, avec la question de l’immigration, notamment en provenance du Mexique, sur laquelle le Tea Party a pris des positions très dures, qui a fortement influencé le vote hispanique (« latino » disent les Américains).

Le vote hispanique (« latino »)

De fait, le vote « latino » a contribué au maintien d’une majorité démocrate au Sénat, et a généralement été favorable aux Démocrates.

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Le groupe de Mariachis Trios Los Munecos en promenade à Hollywood, en Californie, le jour du vote ; panneaux en espagnol : "Pour nos famille, le 2 novembre, votez tous!", "Pour les (im)migrants, votez tous!" (Monica Almeida/The New York Times)

Dans l’Ouest, les militants « latinos » démocrates ont fait preuve d’une belle vigueur sur le terrain : porte-à-porte, phoning, discussion avec les Américains dans la rue, ...

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Harry Reid, leader de la majorité démocrate au Sénat et sénateur du Nevada, fêtant sa victoire contre la candidate républicaine du Tea Party Sharron Angle, avec sa femme Landra à Las Vegas (Jim Wilson/The New York Times)

Le leader de la majorité démocrate au SénatHarry Reid, a sauvé son poste de sénateur du Nevada (50% contre 45%) en partie grâce à un vote « latino » massivement en sa faveur selon des sondages sortie des urnes : 68% des votes « latinos » se sont portés sur M. Reid, contre 60% en 2004, pour une communauté qui représente 13% de l’électorat, et les analystes estiment que ce vote a été décisif dans l’avance de 5 points du sénateur démocrate.

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Supporters "latinos" et pancartes en espagnol soutenant Barbara Boxer, sénatrice démocrate californienne réélue (MA/TNYT)

Il en a été de même pour la sénatrice démocrate Barbara Boxer de Californie, élue par 52% contre 43%, qui a recueilli 65% du vote « latino », et du sénateur démocrate Michael Benett du Colorado, élu par 48% contre 47%.

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Le sénateur démocrate Michael Benett et sa famille lors de l'annonce des premiers résultats à la télévision (Dana Romanoff/TNYT)

L’électorat « latino » a voté à 64% pour le Démocrate Jerry Brown au poste de gouverneur de Californie, dans le cadre de la succession du Républicain Arnold Schwarzenegger. Il faut dire que son adversaire, la milliardaire républicaine Meg Whitman, ex-dirigeante d’eBay, a fait une « boulette » : elle a renvoyé brutalement une femme de ménage « latino » qu’elle employait de longue date quand elle a appris qu’elle était une immigrante hispanique, juste après avoir déclaré qu’elle la considérait comme un membre de sa famille à part entière.

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La Républicaine Meg Whitman, le gouverneur de Californie Arnold Schwartzenegger et le Démocrate Jerry Brown lors du débat à Long Beach, en Californie, mardi 26 octobre 2010 (AFP/Kevork Djansezian)

Les campagnes publicitaires de Mme Whitman pour une politique de l’immigration plus stricte utilisant surtout l’anglais et peu l’espagnol ont achevé de la discréditerLa position encore plus ferme sur le thème de l’immigration illégale de l’adversaire de la sénatrice démocrate Barbara Boxer en Californie, la Républicaine Carly Fiorina, s’est traduite par un vote « latino » encore plus défavorable pour elle que dans le cas de Meg Whitman. Un cas à méditer pour les Républicains.

En conclusion, derrière toutes ces tendances, la partie n’est pas perdue pour Barack Obama, notamment dans la perspective de l'élection présidentielle de 2012, et est loin d’être gagnée pour les Républicains, à qui il manque l’essentiel à deux ans des prochaines élections : une figure charismatique qui rassemble côté républicain, comme Obama rassemble côté démocrate.

Interrogés à la sortie des urnes, les électeurs américains ont indiqué à 37% que leur vote exprimait leur opposition à Barack Obama, à 37% que leur vote n’était absolument pas lié à Barack Obama, et à près de 25% que leur vote exprimait pour partie leur soutien au président Obama. Ils ont aussi indiqué qu’ils avaient une opinion négative du parti démocrate à 53%, et une opinion négative du parti républicain à 52%On est loin d’un plébiscite pour les Républicains ou d’un vote-sanction contre Obama.

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Les responsables n°1 de la crise économique : les banquiers de Wall Street ("Wall Street - Money Never Sleeps" d'Oliver Stone)

Enfin, à la question : « Selon vous, sur qui doit-on rejeter la responsabilité de la crise économique ? », les Américains ont répondu « les banquiers de Wall Street » à 35%, « le président George W. Bush » à 29%, et « M. Obama » à 23%.

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Le responsable n°2 de la crise économique : le président George W. Bush (Reuters)

Les banquiers de Wall Street, tout comme les assureurs santé privés, les industriels pollueurs, les compagnies pétrolières – souvent des amis des élus républicains – et la réforme financière du président Obama, sa réforme de l’assurance santé, son plan climat et sa réforme verte – du côté démocrate : voilà la ligne de démarcation politique aux Etats-Unis aujourd’hui.

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L'économie après la présidence de George W. Bush : "Y a du boulot!", il faut "garder le cap sur l'essentiel" (dessin de M. Vidberg)

« Les lobbies ont été très puissants dans cette campagne, souvent violente et ne reculant devant aucun mensonge. », soulignait Ségolène Royal au sujet des élections américaines. Et de conclure :« Voilà pourquoi je souhaite à Barack Président Obama tout le courage et tout le pragmatisme nécessaires pour garder le cap sur l’essentiel. ».

Frédérick Moulin

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7 novembre 2010 7 07 /11 /novembre /2010 00:27

72232 1672720905701 1467755058 31659612 5031994 n[1] "La libre communication des pensées et des opinions est un des droits les plus précieux de l’homme" Déclaration des droits de l’homme et du citoyen, 26 août 1789.

Principe fondamental de la démocratie, la liberté d’expression n’a pas été facile à instaurer en France. Ce fut une lutte incessante face aux pouvoirs en place pour condamner toutes les atteintes à ce droit et rendre réalisable cette utopie.

 

Un combat pas encore achevé …

 

Il y eut d’abord ce premier épisode, qui avait surpris tout de même… Lors de la conférence de presse du 14 janvier 2008, le nouveau président Nicolas Sarkozy fait rire sa cour sur le dos du journaliste Laurent Joffrin parce qu‘il avait osé une question indélicate pour le prince président.

Puis, nous avons connu la concentration des organes de presse aux mains de quelques hommes d’affaire de l’entourage du Président.

Puis, ce fut la loi de 2009 permettant au président de la République de nommer les présidents de l'audiovisuel public (France Télévisions, Radio France, Audiovisuel extérieur de la France).

Puis, on nous a retiré nos humoristes de l’antenne de France Inter, trop durs avec le prince et son entourage.

 Enfin, la semaine dernière l’affaire a éclaté, révélée par le Canard enchaîné : lespionnage de journalistes, couvrant des affaires sensibles, supervisé directement par Nicolas Sarkozy.

 

Et qu’avons-nous dit ? Et qu’avons-nous fait pour notre démocratie si chèrement instituée ?

 

Ségolène Royal, la voix dissidente depuis l’élection présidentielle de 2007, nous invite à rouvrir la parole …

"Liberté de la presse, une utopie réalisable"

 

Université populaire participative organisée par l’association Désirs d’avenir le mardi 23 novembre à partir de 18H30 à la Salle des Fêtes de la Mairie du IVème arrondissement (2, place Baudoyer 75004 Paris).

 

Nous y serons car ça suffit !

 

Philippe Allard

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4 novembre 2010 4 04 /11 /novembre /2010 08:32

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Dans une salle comble, rassemblant les militants de l’espoir à gauche parisiens, Dominique Bertinotti a présenté mercredi soir sa candidature pour les élections sénatoriales.

 

 Plébiscitée par les militants "si tu n’avais pas présenté ta candidature nous t’y aurions forcé !" , "tu es notre candidate naturelle", "nous avons besoin de toi pour nous représenter", Dominique Bertinotti, a expliqué aux militants le sens de cette candidature.

 

Refusant d’entrer dans la cuisine des motions du Parti socialiste, les motions héritées du Congrès de Reims sont « derrière nous » a-t-elle déclaré, la socialiste veut aujourd’hui tout faire pour favoriser la dynamique de l’union de tous les socialistes dans la préparation des échéances fondamentales pour notre pays afin de sortir de la politique actuelle.

"Ma candidature n’est pas contre un ou une socialiste, ma candidature se place dans la dynamique de l’unité des socialistes" a-t-elle précisé. "Je ne serai pas la candidate d’une motion".

Il faut tirer un trait sur l’héritage du Congrès de Reims, a martelé l’élue parisienne, nous sommes dans "un autre temps politique" avec Martine Aubry et Ségolène Royal au coude à coude. Beaucoup ont espéré "la guerre des deux roses" pour affaiblir les socialistes, mais l’intelligence et la reponsabilité ont prévalu, nous sommes unis pour permettre le changement politique attendu par les Françaises et les Français.

 

Pour Dominique Bertinotti, le Sénat a montré dernièrement son importance. D’abord par le poids de la représentation des collectivités locales qui jouent un rôle « de plus en plus important » pour soutenir les Françaises et les Français et mener une autre politique. Ensuite, comme nous l’avons vu avec la réforme injuste des retraites, le Sénat fait entendre sa voix dans l’élaboration de la loi, c’est un acteur essentiel de notre démocratie.

Ce qui est donc fondamental aujourd’hui ce n’est pas d’entrer dans une combinaison d’appareil mais de choisir les hommes et les femmes qui vont porter le projet des socialistes au Sénat.

 

S’inspirant de François Mitterrand, Dominique Bertinotti a rappelé qu’ "on joue chaque élection" et ce qui est maintenant fondamental c’est la victoire pour une autre politique, la victoire des socialistes, "vous pouvez compter sur moi pour m’engager pleinement dans cette campagne".

 

Philippe Allard

 

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3 novembre 2010 3 03 /11 /novembre /2010 10:42

jean-louis-borloo-299756[1]  Après une calamiteuse gestion de la réforme des retraites et à la veille d’un remaniement ministériel, le pouvoir lance une campagne de communication pour promouvoir le Grenelle de l’environnement.

 

Alors que le nom de Jean Louis Borloo circule pour remplacer le premier ministre François Fillon, la communication sur le grenelle de l’environnement n’est pas sans arrière-pensée. Elle doit permettre de changer l’image du pouvoir pour celle plus consensuelle, plus ouverte au dialogue et aux problèmes contemporains, permettant de préparer 2012. C’est qu’à un an et demi de la présidentielle, il y a le feu à l’Elysée avec un président au sommet de l'impopularité, d'où ce revirement.

Après les signes donnés à l'extrême droite avec la bataille contre les Roms et à la droite dure avec l'intransigeance sur la réforme des retraites, il s'agit maintenant de lancer des signes vers l'électorat plus centriste.  

 

 Mais c’était sans compter sur l’ancienne candidate de la gauche Ségolène Royal qui avait déjà bataillé contre la taxe carbone, obligeant le pouvoir à reculer sur une réforme injuste qui devait peser sur les ménages.

Depuis 2006, la socialiste a fait de la bataille pour une révolution écologique l’un de ses axes de combat. Considérant que cette révolution est indispensable pour à la fois sauver la planète mais aussi permettre d’accompagner socialement cette mutation obligatoire et ouvrir de nouvelles perspectives économiques, la socialiste condamne sur son site Désirs d’avenir cette "opération de communication" du pouvoir. 

 

Refusant de voir ce sujet de l’environnement utilisé à des fins de communication, pour servir l‘image d‘un pouvoir affaibli, Ségolène Royal condamne les mensonges du pouvoir : "Le gouvernement trompe les français au sujet du Grenelle de l’environnement" et dénonce le manque d’ambition et de réalisations en ce domaine. Rappelant la déclaration de Nicolas Sarkozy « L'environnement, ça commence à bien faire »,  la socialiste fustige un pouvoir qui n’a pas su tenir "ses engagements" sur une question aussi fondamentale.  

 

Philippe Allard

 

Pour lire la réaction de l'équipe de Ségolène Royal :

http://www.desirsdavenir.org/sinformer/actualite-et-blog/72-bloc-notes/1667-lu-pour-vous-le-rapport-devaluation-du-grenelle-de-lenvironnement-.html

 

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3 novembre 2010 3 03 /11 /novembre /2010 08:08

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John A. Boehner, futur Speaker républicain de la Chambre des représentants (Stephen Crowley/The New York Times)

Mercredi matin, après le vote des Américains mardi 2 novembre 2010 pour élire un tiers des sénateurs, la totalité de la Chambre des représentants, et 37 des 50 gouverneurs, la volonté du peuple était claire : celui d’une sanction de masse contre le pouvoir en place symbolisé par Barack Obama, avec une désaffection d’une partie de l’électorat qui l’avait porté à la présidence, et l’apparition du mouvement populiste du Tea Party, soutenu par les Républicains.

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Le chef de file des Démocrates au Sénat, Harry Reid, sénateur du Nevada, conserve son siège (Jim Wilson/The New York Times)

Le chef de file des Démocrates au Sénat, Harry Reid, sénateur du Nevada, un allié clé du président Obama, arrache la victoire à sa rivale, une des icônes du Tea Party, Sharron Angle, dans un état qui détient à la fois le record national du taux de chômage (14%) et celui des saisies immobilières. Michelle Obama était venue en personne soutenir le candidat pendant la campagne, soulignant qu'une défaite d'Harry Reid empêcherait l'administration Obama de "restaurer le rêve" d'une Amérique plus égalitaire.

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Publicité électorale en ligne de la Républicaine du Tea Party Sharron Angle : "Une chance de changer Washington : votez Sharron Angle - cliquez ici pour obtenir des informations sur le vote."

Le Monde daté du 4 novembre explique : 

"Sharron Angle s'est révélée une adversaire coriace, mais Harry Reid a cogné comme un sourd. Il a remobilisé les Latinos (qui ont voté en plus grand nombre encore qu'en 2008). Inauguré un projet chinois d'éoliennes. Rappelé qu'il avait canalisé des millions de dollars en aide fédérale et arraché au président l'arrêt du projet de stockage de déchets nucléaires sur Yucca Mountain... Sharron Angle n'a promis ni jobs, ni subventions fédérales, ni ministère de l'éducation, ni retraite... autant dire le retour au Wild West."

Les sondages d’opinion à la sortie des urnes cités par le Washington Post sont sans appel : plus de 6 électeurs sur 10 placent l’économie au premier rang de leurs préoccupations, et les électeurs sont trois fois plus nombreux à penser que l’économie américaine va plutôt mal que bien. Les électeurs les plus inquiets au sujet de l’économie américaine sont les électeurs républicains, loin devant leurs homologues démocrates.

75% des électeurs ne sont pas satisfaits de l’action du Congrès, et 6 électeurs sur 10 pensent que le pays va dans la mauvaise direction.

Ramin Rahimian TNYT Vote sur le Campus de l'Un of Cal Berke

Bureau de vote à l'Université de Californie à Berkeley (Rahim Rahimian/The New York Times)

Les sondages à la sortie des urnes montrent que les tentatives du président américain de recréer la coalition qui l’avait amené à la victoire en 2008 n’ont pas abouti, notamment en ce qui concerne la mobilisation des jeunes. Moins d’un Américain sur deux approuve l’action du président Obama à la tête de l’Etat. Maigre consolation pour Barack Obama, l'image du Président est meilleure que celle du Congrès.

Kirsten Luce TNYT Vote au bureau 22 à Brooklyn

Une électrice et son bébé au bureau de vote 22 de Brooklyn (Kirsten Luce/The New York Times)

Car le problème, c'est le chômage. 9,6% des actifs sont au chômage aux Etats-Unis, et le sous-emploi total ( y compris l'emploi à temps partiel) touche 17,6% de la population active. Dans des Etats comme la Californie, l'Oregon ou le Michigan, plus d'un salarié sur cinq est aujourd'hui soit chômeur, soit schômeur à temps partiel. Jan Hatzius, chef économiste de Goldman Sachs, estime que le chômage "de base" devrait se stabiliser à 7,5-8% (contre 4,5-5% avant la crise). L'OCDE prévoit 2,6% de croissance du PIB pour 2010 et 2011, mais cela ne suffira pas à faire baisser le chômage rapidement et significativement : l'OCDE prévoit un chômage redescendu à 8,5% au 4ème trimestre 2011, loin des niveaux d'avant la crise. 

Sénat 2010 bis 

(Washington Post et sources fédérales)

Selon le Washington Post, les Démocrates remportent d’une courte tête le Sénat : 52 sièges pour les Démocrates, 46 pour les Républicains, et 2 pour lesquels les résultats ne sont pas connus (chiffres mis à jour jeudi 4 novembre à 9h00). Le New York Times annonce les mêmes résultats (chiffres mis à jour jeudi 4 novembre à 9h00). Les Démocrates détenaient 57 sièges dans le Sénat sortant, et leurs alliés indépendants 2. Les indépendants sortants sont regroupés avec le parti avec lequel ils font leur caucus.

SenBarbara Boxer avec Sen Dianne Feinstein après victoir s

La sénatrice californienne Barbara Boxer, en rouge, fêtant avec la seconde sénatrice de l'Etat, la Démocrate Dianne Feinstein, dont le mandat n'était pas soumis au vote, sa réelection et sa victoire sur la républicaine Carly Fiorina (Monica Almeida/The New York Times)

La Californie reste un Etat fondamentalement Démocrate. Au Sénat tout d'abord, avec la réelection de la sénatrice Barbara Boxer (52% des voix) face à l'ancienne patronne du géant informatique Hewlett-Packard, Carly Fiorina (43%) ; la seconde sénatrice démocrate détenant un mandat jusqu'aux prochaines sénatoriales.

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Le Démocrate Jerry Brown, fraîchement élu gouverneur de Californie, célèbre sa victoire lors d'un meeting avec sa femme Anne Gust, à Oakland en Californie, mardi 2 novembre 2010 (AP)

Au poste de gouverneur ensuite, avec la conquête de l'Etat par le Démocrate Jerry Brown face à la milliardaire républicaine Meg Whitman, ex-dirigeante d'eBay, par 54% contre 41%. Mme Whitman avait pourtant investi 140 millions de dollars de son argent personnel, mais Jerry Brown a su convaincre un électorat latino, centriste et indépendant. Jerry Brown succède ainsi à 8 années de mandat de l'ex-acteur républicain Arnold Schwarzenneger, ce qui est la durée maximale de ce mandat à ce poste. Lors d'un débat à Long Beach entre les deux candidats à sa succession, une semaine avant le vote, le gouverneur Shwarzenegger avait déclaré : "Je pense que nous avons deux grands candidats : nous serions fiers que Meg devienne la première femme gouverneur de Californie et Jerry a été un grand serviteur de l'Etat toute sa vie. Rappelez-moi le lendemain du scrutin, et je vous dirai pour qui j'ai voté."

House 2010 bis

(Washington Post et sources fédérales à 10h)

À la Chambre des représentants, selon le Washington Post, les Républicains sont déjà assurés d’emporter la victoire, avec 239 sièges contre 186, et 10 pour lesquels les résultats ne sont pas connus (chiffres mis à jour jeudi 4 novembre à 9h00). Le New York Times annonce les mêmes résultats (chiffres mis à jour jeudi 4 novembre à 9h00).House 2008

Chambre des représentants de 2008 (Washington Post et sources fédérales)

La Chambre sortante comptait 257 Démocrates et 178 Républicains. La vague républicaine est plus  importante que lors des "mid-terms elections" de Bill Clinton en 1994 (perte de 52 sièges) et que le record des "mid term elections" de Franklin Delano Roosevelt de 1942 (perte de 55 sièges), mais on ne devrait pas atteindre celui des "mid term elections" du même président en 1938, qui sanctionna le New Deal (perte de 71 sièges).

Avec la Présidence de la République et le Sénat aux Démocrates, et la Chambre des représentants aux Républicains, les Etats-Unis se trouvent en situation de « gridlock », qui risque de se traduire par un blocage législatif, d’autant que les deux caps ont des visions radicalement opposées sur la façon de gouverner le pays.

Gov 2010 bis

(Washington Post et sources fédérales)

Les Républicains remportent aussi la majorité des siéges de gouverneurs, avec 29 sièges contre 17 aux Démocrates, 1 Indépendant et 3 pour lesquels les résultats ne sont pas connus (chiffres mis à jour jeudi 4 novembre à 9h00). Avant les élections, les Démocrates détenaient 26 sièges, et les Républicains 24. Les Démocrates ont notamment perdu l'Iowa, le Kansas, le Michigan, l'Ohio, l'Oklahoma, la Pennsylvanie, le Tennessee, le Wisconsin et le Wyoming.

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Rand Paul, candidat républicain du "Tea Party", après sa victoire dans le Kentucky (Luke Sharett/The New York Times)

Le Tea Party fait son entrée au Congrès : au Sénat, 2 de leurs candidats sont élus, Marco Rubio en Floride et Rand Paul dans le Kentucky.

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Marco Rubio, républicain du "Tea Party" célèbre sa victoire à Coral Gables en Floride (Chip Litherland/The New York Times)

En revanche, Christine O'Donnell a été sèchement défaite dans le Delaware malgré le soutien de Sarah Palin, l'ex-candidate à la vice-présidence qui a trouvé une tribune pour relancer sa carrière après l'échec de 2008. Mais le Tea Party ne possède pas de chef de file désigné ni de programme politique précis, même s’ils cristallisent leurs mécontentement sur quelques thèmes : l'opposition au gouvernement fédéral jugé trop puissant, la nécessité de réduction des dépenses, la baisse des impôts et une farouche opposition à la réforme du système de santé adoptée de haute lutte sous l'impulsion d'Obama.

Mitch McConnell, le leader républicain au Sénat, a bien accueilli ces nouveaux arrivants : les deux forces partagent des valeurs communes comme réduire réduire les dépenses inutiles, réduire la dette, revenir et abroger la réforme de la santé.

Mais certains aspects du Tea Party sont tellement caricaturaux, comme l’exigence de supprimer les ministères de l’Education et de l’Environnement, que ses gesticulations pourrait profiter aux Démocrates dans l’optique de la présidentielle de 2012.

Frédérick Moulin

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1 novembre 2010 1 01 /11 /novembre /2010 15:51

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Dilma Rousseff salue ses supporters après sa victoire dans la nuit de dimanche à lundi (Reuters/Bruno Domingos)

Dilma Rousseff, la candidate du Parti des Travailleurs (PT) de Lula, a été élue présidente de la 8ème puissance économique du monde hier. Elle l’a emporté face à son rival du PSDB (centre-droit), José Serra, par 56,05% des voix contre 43,95%. Pour la première fois, une femme gouvernera le Brésil.

Fidèle à ses convictions, elle a immédiatement rappelé qu’ « aucune région ne sera tenue à l’écart » et a salué ses adversaires :

« Premièrement, j’aimerais remercier le peuple brésilien, qui m’a accordé sa confiance. Je lui en serais éternellement reconnaissante pour avoir cette opportunité unique de servir mon pays à la plus haute fonction. Je promets de rendre toute l’attention que l’on m’avait apportée pendant la campagne, dans toutes les régions que j’avais visité.

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Les supporters de Dilma Roussef célèbrent sa victoire la nuit dernière à São Paulo (AP/Silvia Izquierdo)

Aucune région de mon pays ne sera tenue à l’écart, ou considérée de second rang. J’aimerais remercier aussi tous ceux qui ont voté au premier et au second tour pour d’autre candidats ou candidates. Ils ont eux aussi célébré la démocratie. À eux aussi vont tous mes remerciements »

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À Sao Bernardo do Campo, des Brésiliens fêtent la victoire de Dilma Rousseff à l'élection présidentielle (Reuters/Paulo Whitaker)

Dilma Rousseff a également chaleureusement remercié le président Lula, « avec beaucoup d’émotion » : « Je frapperai souvent à sa porte et je sais qu'elle sera toujours ouverte. (…) La tâche de lui succéder est difficile et représente un défi, mais je saurai honorer cet héritage et amplifier son travail. »

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Les supporters de Dilma Rousseff dans les rues de São Paulo lors des premiers résultats (AP/Silvia Izquierda)

Par ailleurs, elle a réitéré son « engagement fondamental : l'éradication de la misère pour tous les Brésiliens et les Brésiliennes ». « Nous ne pourrons avoir de repos tant que des Brésiliens souffriront de la faim. », a-t-elle ajouté.

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Un supporter de Dilma Rousseff au meeting suivant l'annonce de son élection à Brazilia (AP/Eraldo Peres)

Laudemar Aguiar, ministre conseiller de l’ambassade du Brésil à Paris, qui s’exprimait sur RFI, a ajouté : « C'est la victoire tout d'abord des Brésiliens. C'est déjà 25 ans de régime démocratique au Brésil depuis [19]85 mais c'est sa victoire évidemment et du projet politique de Lula. »

Carte des Etats

Du côté des scores par Etat et par grande région (Nord, Nordeste, Sud, Sud-Est, Centre-Ouest), la cassure est assez nette : le rouge du PT au nord, le bleu du PSDB au sud. Les scores de José Serra (PSDB) sont globalement concentrés sur les Etats riches et peuplés, mais sont assez courts : 56,6% au maximum pour l’Etat méridional de Santa Catarina ; Roraima, à l’extrême nord, et Acre, à l'extrême ouest, votent encore mieux (66,6% et 69,7%) mais sont peu peuplés et représentent 0,2% du PIB brésilien chacun. À l’inverse, Dilma enregistre des scores impressionnants dans le Nordeste et le Nord, avec 6 Etats à 70% ou plus.

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Vote par Etat, 2ème tour de l'élection de 2010 : en rouge, Dilma Rousseff (PT), en bleu, José Serra (PSDB) (g1.globo.com)

Le Nordeste a voté en bloc et avec des scores de maréchal pour Dilma Rousseff : Bahia (70,8%), le Pernambouco, l’Etat natal de Lula (75,6%), le Ceará (77,3%), le Piauí (70%) et le Maranhao qui grimpe à 79,1%. C’est le Nordeste qui a le plus profité des politiques sociales du président Lula, notamment de la bolsa família : dans l’Etat du Maranhao, ce transfert de revenus atteint 54% de la population.

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Carte des 5 grandes régions : en rouge, le Nordeste ; le Nord, le Sud, le Sud-Est et le Centre-Ouest

La région Nord, peu peuplée mais très vaste, a plutôt voté pour Dilma, parfois avec des scores de maréchal aussi : les grands Etats de l’Amazonas (80,6%), du Pará (53,2%) et du Tocantin (près de 59%), et le « petit » Etat de l’Amapá (62,7%). « petits » Etats du Nord ont voté pour le PSDB : l’Etat le plus septentrional du Brésil, le Roraima (66,6%), dont le gouverneur est membre du PSDB et qui avait déjà voté pour le PSDB en 2006 ; l’Etat d’Acre (69,7%), d’où est originaire la candidate verte éliminée au premier tour, Marina Silva, fidèle de l’Assemblée de Dieu, l’église pentecôtiste la plus puissante du Brésil, l’appellation « Acre » venant de l’Etat croisé de Palestine ; et le Rondônia (52,6%), état où la déforestation est très active.

La riche région Sud a voté en bloc pour le candidat de PSDB, José Serra : dans l’Etat de Santa Catarina (56,6% pour José Serra), moins de 10% de la population bénéficie de la bolsa família.

«Cette corrélation ne suffit pas à affirmer que ces personnes ont voté Dilma seulement parce qu'elles ont reçu Bolsa Família», remarque Marcelo Neri, économiste à la Fondation Getulio Vargas. Ce qui était perçu jusqu’en 2006 comme un « cadeau électoral » ponctuel est maintenant devenu un programme structurel, et depuis les populations les plus pauvres votent pour lui par affection, reconnaissance et identification, notamment dans le Nordeste. Car la croissance « à la chinoise » du Nordeste, et le plein-emploi dans les riches Etats du Sud-Est, Rio de Janeiro et le Minas Gerais, ont aussi contribué au vote en faveur de Dilma Rousseff, comme en 2006 pour Lula : 60,5% des votes pour la candidate dans l’Etat de Rio de Janeiro, 58,5% dans l’Etat du Minas Gerais.

Le vote est donc moins clair dans les régions intermédiaires du Sud-Est et du Centre-Ouest. Dans le Sud-Est, seuls le plus riche Etat du Brésil, São Paulo (54%), et l’Etat d’Espírito Santo (d’extrême justesse, à 50,8%) ont voté pour le PSDB.

Dans le Centre-Ouest, le Mato Grosso, où le lobby agroindustriel est maître et où la déforestation fait rage, le PSDB de José Serra l’emporte avec un peu plus de 51% des suffrages. Comme en 2006, le Mato Grosso do Sul reste aux mains du PSDB (plus de 55%). L’Etat très urbanisé de Goiás – la région métropolitaine de Goiânia, la capitale, compte plus de 2 millions d’habitants sur un peu moins de 6 pour l’Etat, et l’axe métropolitain avec Brasilia compte 6 millions d’habitants – a voté pour le PSDB à près de 50,8%, tandis que le District Fédéral (Brasilia) a penché en faveur du parti au pouvoir, le PT de Dilma Rousseff à près de 53%.

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2ème tour de l'élection de 2006 (g1.globo.com)

Par rapport à 2006, où Lula avait réalisé un score de 60,82%, les Etats qui avaient voté pour Lula mais n’ont pas voté pour Dilma sont Acre, le Rondônia, Goias, et Espirito Santo.

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2ème tour de l'élection de 2002 (g1.globo.com)

En 2002, Lula, opposé à José Serra, avait presque fait le grand chelem (seul le petit Etat de l’Alagoas du Nordeste n’avait pas voté pour Lula).

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Dessin de Plantu

Ségolène Royal a réagi très tôt, au milieu de la nuit dernière, à cette réélection contre laquelle certains avaient, à tort, parié ces dernières semaines, notamment quand pendant un temps le débat s’était focalisé sur un sujet sensible au Brésil, la religion (avortement, homosexualité) :

« Je salue chaleureusement la belle victoire de Dilma Rousseff à l'élection présidentielle brésilienne. Je me réjouis que le peuple brésilien ait choisi de poursuivre et d'approfondir avec elle le changement économique, social et démocratique conduit avec audace et pragmatisme par le Président Lula.


Dilma Rousseff dont j'ai pu, lors de nos rencontres au Brésil, mesurer le courage, la compétence et la détermination, a affronté une campagne dure au cours de laquelle les partisans de son adversaire ont alimenté les rumeurs les plus basses et tenté de jouer sur la peur.
Le Président Lula avait dû, en 2002, subir le tir de barrage de ceux, marchés financiers en tête, qui prédisaient le chaos au cas où il serait élu.
Dilma Rousseff a eu, elle aussi, sa part d'attaques violentes et de pronostics apocalyptiques décrivant un pays à feu et à sang au cas où elle en prendrait la tête.
Mais les électeurs brésiliens ne sont pas tombés dans le panneau.
Après avoir, pour la première fois dans l'histoire de leur pays, porté un ouvrier à la magistrature suprême, ils ont, pour la première fois encore, choisi une femme comme chef de l'Etat de la 8ème puissance économique mondiale.

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Dilma Rousseff, le président Lula et Ségolène Royal le 30 janver 2009 à Belem

Les électeurs brésiliens n'ont, ce faisant, pas seulement approuvé le bilan spectaculaire des années Lula : une croissance de plus de 7%, record du dernier quart de siècle, un chômage au plus bas, une classe moyenne désormais majoritaire, une pauvreté efficacement combattue pour des dizaines de millions de familles, un poids diplomatique croissant.
Ils ont aussi exprimé cette confiance dans l'avenir de ceux qui savent leur pays en plein essor et l'avenir de leurs enfants assuré d'être meilleur.


Du Brésil si légitimement fier de s'être « affranchi de la tutelle du FMI », comme aime à la rappeler Dilma Rousseff, nous sont venues quelques fortes leçons d'une cuisante actualité.
La première, c'est que la justice sociale n'est pas l'ennemie mais le carburant du dynamisme économique.
La seconde, comme l'a également souligné Dilma Rousseff durant sa campagne, c'est le rôle irremplaçable d'un Etat anticipateur et moteur pour qu'un pays titre, au service de tous, le meilleur parti de ses atouts.
La troisième leçon, c'est la nécessité d'un dialogue permanent avec les citoyens, les mouvements sociaux et les organisations syndicales car une démocratie participative et sociale accroît l'efficacité des politiques publiques.


Une femme énergique et de conviction vient d'être élue à la tête d'un grand pays qui peut puiser dans ses succès la force d'ouvrir de nouveaux chantiers et d'aller de l'avant.
Sa victoire est une bonne nouvelle pour le peuple brésilien et pour tous ceux qui veulent construire un ordre juste à l'échelle planétaire. »

Frédérick Moulin

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31 octobre 2010 7 31 /10 /octobre /2010 15:51

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Dessin de Plantu

La dixième Convention sur la diversité biologique, ou dixième réunion de la Conférence des parties (COP 10), s’est réunie à Nagoya, au Japon, du 18 au 29 octobre 2010, et le second tour de l’élection présidentielle au Brésil a lieu aujourd’hui, dimanche 31 octobre : à cette double occasion, la politique environnementale du président brésilien Lula et la lutte pour la biodiversité au Brésil sont riches en enseignements.

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Les 6 biomes du Brésil ("bioma" en portugais)

L’appréhension de l’environnement et de la biodiversité au Brésil doit tout d’abord tenir compte des six biomes (ou écorégions) qui sont présents au Brésil : le biome de la forêt amazonienne ; le biomes du Cerrado (« fermé » ou « dense » en portugais), une savane difficile à parcourir, le biome de la mata atalântica, la forêt atlantique tropicale humide ; le biome de la caatinga, la « forêt blanche » épineuse ; le biome de la pampa ; et le biome du Pantanal, la plus grande zone humide de la planète.

Amazonie Légale

Le biome le plus célèbre du Brésil est le biome de la forêt amazonienne ;  c’est aussi le plus vaste : il occupe presque la moitié du territoire fédéral. Les 9 états de « l’Amazonie légale » brésilienne couvrent 5,1 millions de km2 soit 60% du territoire. La forêt amazonienne, qui occupait 4,1 millions de km2 à l’origine, ne couvrait plus que 3,4 millions de km2 en 2008, soit une perte de plus de 710 000 km2 et de 18%.

L'action du président Lula et de la ministre Marina Silva

Le président Lula et son ancienne ministre de l’Environnement Marina Silva (2003-mai 2008) ont beaucoup fait pour la forêt amazonienne. Marina Silva est née et a grandi dans l’Etat d’Acre, un Etat de la forêt amazonienne, dans une communauté de « seringueiros », de récoltants de caoutchouc. Élue en 1994 au Sénat fédéral du Brésil, elle a toujours cherché simultanément à préserver la forêt amazonienne, à promouvoir la justice sociale et le développement durable de l’Amazonie. Adulte, elle a appris que les maladies chroniques dont elle était atteinte étaient les séquelles d’un empoisonnement au mercure utilisé dans le passé pour l’exploitation de l’or, ce qui a renforcé ses convictions.

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Marina Silva, ancienne ministre de l'Environnement de Lula, candidate du Parti Vert à l'élection présidentielle (Elza Fiúza/ABr)

Sous la présidence de Lula et le ministère de Marina Silva, un plan national de lutte contre la déforestation est mis en place. D’immenses zones sanctuarisées pour les populations indigènes sont crées. Les efforts de la police, de l’armée, et des services du ministère de l’Environnement (IBAMA, Instituto Brasileiro do Meio Ambiente e dos Recursos Naturais Renováveis) ont coordonnés ; 300 opérations pour arrêter les coupeurs de bois clandestins sont menées et plus de 1 500 entreprises illicites sont démantelées dans un pays où « 80% de la production de bois est illégale » (Médiapart, 4 juin 2008, Lamia Oualalou).

DETER, une surveillance automatisée qui utilise les images satellites

Les moyens mis en place dans cette lutte sont impressionnants. Ils utilisent la technologie des images satellite, dans le cadre du Projet de surveillance de la Déforestation sur le territoire de l’Amazonie Légale (PRODES), lancé dans les années 1980. Le principal système mis en place est le système DETER (Sistema de Detecção de Desmatamento em Tempo Real, Système de Détection de la Déforestation en Temps Réel), renforcé par un dispositif d’alerte en 2004 et dont les analyses mensuelles sont publiées sur Internet depuis décembre 2004 (www.obt.inpe.br/deter). DETER, qui signifie « dissuader », « prévenir » en anglais, utilise notamment le satellite TERRA de la NASA et ses deux capteurs MODIS (MODerta resolution Imaging Spectroradiometer) et le satellite sino-brésilien CBERS-2B et ses caméras WFI (Wide Field Images), qui a pris la relève de son prédécesseur CBERS-2. Cette combinaison de moyens sino-brésiliens et américains est tout un symbole en soi ; la résolution des satellites est de 250 m et permet de détecter en temps réel les coupes clandestines pour les clairières de coupe franche de plus de 25 ha (0,25 km2) non couvertes par les nuages. La résolution moyenne des images est compensée par la fréquence des prises d’image, respectivement tous les 2 et 5 jours.

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Rapport du ministère de l'environnement sur la déforestation (points jaunes) en août 2010 comparé à août 2009 ; en rose les nuages

Tous les 15 jours, un recensement exhaustif de toutes les déforestations observées est dressé, notamment sous forme de carte spatiale. Le lancement des satellites CBERS-3 et Amazonia-1 (prévus pour 2011) et CBERS-4 (2014) devraient permettre d’obtenir très prochainement une résolution de seulement 50 mètres, avec une cadence de 3  à 4 jours, améliorant encore la surveillance de l’Amazonie.

Le système DETER est complété par le système DEGRAD (cartographie de la dégradation de la couverture végétale dans l’Amazonie légale brésilienne, Mapeamento da Degradaçã Florestal na Amazônia Brasileira) depuis 2008, où les images MODIS sont couplée aux images provenant de CBERS-2B et de Landsat 7 (géré par les Américains) permettent d’obtenir des images d’une résolution fine de 20 à 30 mètres, et de détecter les zones dégradées de 6,25 ha et plus. Les zones dégradées, suite à un processus d’imagerie, sont classées en 3 catégories : zone de dégradation moyennement active, en cours de régénération ; zone très active, en cours de déforestation, avec de larges zones de sol directement exposé ; zone peu active, avec preuve de mise en place de routes d’accès.

La surveillance de l'Amazonie, un défi et une prouesse du président Lula

La surveillance de la déforestation de l’Amazonie est à la fois un défi et une indéniable prouesse technologique : un défi, car l’Amazonie légale brésilienne, ce sont 5 millions de km2, près de 10 fois la superficie de la France métropolitaine ; une prouesse car le système de surveillance spatiale de l’Amazonie est tout simplement le premier système de surveillance automatisé au monde. Le magazine américain Science, mondialement réputé, écrivait en avril 2007 : « Aujourd’hui, le système de surveillance du Brésil est envié par le monde entier. ».

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Les progrès enregistrés sous la présidence de Lula sont indéniables. Les chiffres publiés par l’INPE (Institut National pour la Recherche Spatiale, Instituto Nacional de Pesquisas Espaciais) le 29 avril 2010 témoignent d’un ralentissement sans précédent de la déforestation : 7 464 km2 de forêt amazonienne ont disparu entre juillet 2008 et août 2009, ce qui reste considérable, mais représente une baisse de 42% par rapport aux douze mois précédents et le chiffre le plus bas depuis 1988. Depuis la mise en place d’une nouvelle politique intégrée de lutte contre la déforestation en 2004, au début du premier mandat de Lula, la chute est même de 75% ; et par rapport à la moyenne de la période antérieure (1996-2005), la baisse est de 62%. Le Brésil s’était fixé comme objectif de passer sous la barre des 6 500 km2 détruits chaque année d’ici à 2015 : « Nous atteindrons notre objectif, et sans doute plus tôt que prévu », annonce fièrement Izabella Teixeira, la nouvelle ministre de l’Environnement. « Nous avons ciblé nos efforts sur les quarante trois municipalités où se concentre plus de la moitié de la déforestation », explique-t-elle.

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Carte des 43 municipalités représentant 55% de la déforestation en 2008

Par ailleurs, les zones du domaine public de la forêt amazonienne représentent environ 1 785 000 km2un peu plus de la moitié de ce qui reste de la forêt amazonienne soit 3,4 millions de km2 – dont environ 1 517 000 km2 (85%) sont de zones protégées. Sur le reste, la moitié environ, soit 135 000 km2, pourraient devenir des concessions forestières, soumises aux nouvelles règles de développement durable du gouvernement bésilien. Là encore, il faut saluer la prouesse : sur les 1 517 000 km2 de zones protégées par les Etats et la fédération, 530 000 km2 – environ un tiers - ont acquis ce statut entre 2004  et 2009, sous la présidence de Lula. Durant la même période, environ 100 000 km2 de terres indigènes ont été sanctuarisées.

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En vert, les zones protégées créées après 2003, en jaune les autres zones protégées et les terres indigènes, en marron la déforestation

Paulo Adario, le représentant de Greenpeace en Amazonie, même s’il ne partage pas toutes les idées de Lula, salue la performance : « Lula peut être fier de son bilan. ». Greenpeace n’est pas restée inactive : en 2006, l’organisation a réuni les grands distributeurs de soja autour d’un moratoire interdisant le commerce d’oléagineux provenant de régions d’Amazonie récemment déforestées. Une réunion qui s’est tenue à l’issue d’une épreuve de force et de frictions.

Des frictions avec le lobby agro-industriel dans le Mato Grosso

Le symbole même de ces frictions entre les intérêts de la forêt amazonienne et ceux du lobby agroindustriel, c’est l’Etat du Mato Grosso, de « l’ épaisse forêt » en portugais : 903 000 km2 – près de deux fois la France, 3 millions d’habitants et 50 millions de têtes de bétail. Greenpeace a publié, en 2006 et en 2009, des rapports détaillés liant destructions des forêts (tronçonneuse et immenses incendies qui obscurcissent le ciel pendant des semaines) et augmentation de la production de soja et de viande. Suite à ces rapports, les fermiers ont dû accepter des moratoires : les viandes et céréales produites sur des terres fraîchement et illégalement gagnées sur la forêt sont bannies du marché, ce qui barre aux propriétaires en infraction l’accès à l’emprunt et  les fait figurer sur la liste rouge du site Internet du ministère de l’Environnement fédéral.

Autre mesure contraignante pour les fermiers, depuis dix ans la loi les oblige à préserver une « réserve légale » de végétation originelle de 30 à 50% des terres, et 80% si la propriété se situe dans la partie amazonienne, au nord-ouest du Mato Grosso. Cette mesure a été très mal accueillie par les propriétaires, qui ont annexé, occupé et cultivé des terres publiques.

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Récolte de soja dans le Mato Grosso

Le gouvernement de Lula a alors lancé le programme « MT Legal » pour légaliser 140 000 propriétaires et les mettre en conformité sur le plan environnemental. En avril 2009, le gouverneur du Mato Grosso, Blairo Maggi, l’un des « rois du soja », qui fournit 5% de la production brésilienne, avait averti : « Cette régularisation n’est pas un pardon. ». Un an plus tard, les policiers fédéraux ont démantelé un réseau d’une centaine de personnes, dont des employés du secrétariat à l’environnement du Mato Grosso qui établissaient de faux permis pour abattre des arbres de la forêt amazonienne. Le président Lula disait en parlant de la corruption au Brésil : « Au Brésil, la corruption est partout. Dans la politique, dans la justice, dans les entreprises. Dans tous les secteurs de la société. Nous devons donc séparer le bon grain de l’ivraie. ».

Comment Lula compte produire de façon durable de l'huile de palme

En gage de sa bonne volonté, le président Lula a annoncé le 6 mai 2010 « un programme national pour la production durable d’huile de palme », le Brésil étant absent jusqu’à aujourd’hui du commerce de cette matière première. Le pari de Lula est de faire mieux que les grands acteurs de cette production, l’Indonésie et la Malaisie, qui gagnent des parts de marché en détruisant leurs forêts. Si le Congrès approuve le projet de Lula, les terres destinées à la production d’huile de palme seront en priorité « des terres déjà dégradées », et ne pourront en aucun cas être celles où « la végétation est native, y compris en Amazonie ». Le Brésil a choisi cette solution pour doubler la superficie de ses plantations d’ici à 2020, et en même temps rester un interlocuteur crédible et de poids dans les négociations sur le climat, la biodiversité et le développement durable.

Bien sûr, le président Lula doit toujours concilier l’inconciliable : éradiquer la faim au Brésil, mais sanctuariser les dernières réserves de terres agricoles pour les fermiers. Le Brésil a déployé des trésors d’imagination, mais a aussi plus prosaïquement eu recours aux OGM pour accroître les rendements dans ce contexte de quasi-gel des terres cultivables.

La controverse des grands barrages hydroélectriques amazoniens

Le président Lula souhaite exploiter une énergie « propre et renouvelable », l’hydroélectricité, qui assure 85% de la fourniture d’énergie au Brésil, et dont 65% du potentiel est en Amazonie, mais doit tenir compte des populations indigènes et des destructions impliquées par les dizaines de milliers de personnes attirées par la construction des barrages. Depuis début 2010, la controverse a porté sur le projet de construction du barrage géant de Belo Monte, dans l’Etat du Para, sur la rivière Xingu, en plein cœur de la forêt amazonienne. L’enjeu est de taille pour le Brésil : avec 11 200 mégawatts en puissance installée, Belo Monte sera le 3ème plus grand barrage du monde, après celui des Trois Gorges en Chine (18 000 MW) et celui d’Itaipu , exploité par le Brésil et le Paraguay (14 000 MW). Il possèdera 11% de la capacité de production d’un Brésil dont la population et la densité des besoins augmentent avec l’enrichissement des Brésiliens.

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Le projet est ancien et a connu bien des péripéties. En 1989, les indigènes, soutenus par le chanteur anglais Sting, mènent une campagne mondiale qui oblige l’Etat à battre en retraite. En 2008, de nouvelles échauffourées ont lieu entre les indiens et le coordinateur du projet. Aujourd’hui, après la signature du contrat de concession le 26 août 2010 par le président Lula, les écologistes restent sceptiques et les Indiens hostiles. 62 chefs indiens ont souligné : « La forêt est notre épicerie, la rivière notre marché. Nous ne voulons pas que les cours d'eau du Xingù soient envahis et que nos villages et nos enfants, qui seront élevés selon nos coutumes, soient en danger.  ». D’après l’association Survival, le barrage « détruira la forêt et réduira le stock de poissons dont les Indiens, tels que les Kayapó, les Arara, les Juruna, les Araweté, les Xikrin, les Asurini et les Parakanã, dépendent pour leur survie. ». La justice locale n’est pas en reste : le procureur Ubiratan Gazetta souligne que le barrage requiert « des excavations équivalentes à celles du canal de Panama » et fera doubler la population locale, avec au moins 85 000 personnes en quête de travail, « ce qui entraînera une pression sur la terre et la déforestation. ».

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Des indiens Tucano manifestent contre la construction du barrage à Brasilia le 26 août 2010 (AP/Eraldo Peres)

Pourtant, le projet a été largement revu : le projet a été modifié en tenant compte de nouvelles contraintes environnementales et des craintes de la population. Il ne comporte plus qu'une usine au lieu de six. La surface des terres inondées sera réduite de 1 200 km2 à 516 km2. Avec ses 29 turbines, le complexe comprendra deux barrages et un lac de retenue reliés par deux canaux de dérivation des eaux du Xingu. La centrale sera « au fil de l'eau », réduisant ainsi l'impact environnemental. Le concessionnaire s'engage par avance à honorer un strict cahier des charges assorti de « quarante contraintes environnementales et socio-économiques ». Faute de quoi, le projet ne pourrait être mis en oeuvre. Le ministre de l'environnement évalue à 800 millions de dollars (587 millions d'euros) le montant de ces « compensations » : « C'est la licence environnementale la plus exigeante de l'Histoire. ». Il s'agira, notamment, de créer deux zones de préservation des terres indigènes et de financer un réseau d'assainissement public, et d'un programme de construction d'écoles et de dispensaires. « Toutes cesexigences sont réalisables, même si certaines sont lourdes », observe Roberto Massias, chef de l'agence gouvernementale pour l'environnement (Ibama). « Pas un Indien ne devra quitter sa terre. » , assure le ministre de l’Environnement.

La forêt amazonienne, un joyau irremplaçable pour la Terre

Au-delà de tous ces aspects, l’Amazonie, par delà les frontières, est unique est irremplaçable. Elle abrite 10% des espèces connues, et ses rivières rejettent à la mer 15 à 16% de toute l’eau déversée par les cours d’eau du monde.

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La forêt amazonienne, un sytème vivant d'eau et d'arbres (WWF-Canon/Michel Roggo)

L’Amazone coule sur plus de 6 600 km et avec ses centaines d’affluents elle contient le plus grand nombre d’espèces de poissons d’eau douce du monde.

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Peuples d'Amazonie : Maria, fille d'un "seringueiro" (récoltant de caoutchouc) dans l'Etat d'Acre ; le chef indien Kayapo Kanhok Gorotire ; les Capones, des paysans vivant dans une extrême pauvreté à la lisière de la forêt, produisant à peine de quoi se nourir (WWF-Canon/Edward Parker, WWF-Canon/Mauri Rautkari, Nigel Dickinson)

30 millions de personnes vivent en Amazonie, dont 9% (2,7 millions) appartiennent à des populations indigènes, regroupées en 350 groupes ethniques, dont plus de 60 restent très isolés.

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Faune et flore d'Amazonie : le poisson chat à queue rouge, la mante religieuse, l'orchidée Cochleanthes amazonica, et le jaguar (Zig Koch/WWF-Canon, Zig Koch, André Bärtschi, Michel Gunther)

40 000 espèces de plantes, 427 espèces de mammifères (comme le jaguar), 1 300 espèces d’oiseaux (comme le toucan), 378 espèces de reptiles, plus de 400 espèces d’amphibiens et autour de 3 000 espèces de poissons d’eau douce (dont le célèbre piranha) ont été découverts en Amazonie ; les espèces d’invertébrés, comme les insectes, sont encore plus nombreux : environ 100 000 rien qu’au Brésil. Entre 1999 et 2009, 1 200 nouvelles espèces de plantes et de vertébrés ont été découvertes en Amazonie, prouvant qu’on est très, très loin d’y avoir découvert toutes les espèces présentes.

Au delà des chiffres, la forêt amazonienne est la seule grande forêt tropicale de cette taille et avec cette biodiversité qui reste à la surface du globe. L’Amazonie est le poumon de la Terre : elle inspire le CO2, stocke le carbone dans sa végétation et ses arbres, et rejette de l’oxygène. Le carbone est stocké, il ne disparaît pas : quand les fermiers brésiliens déclenchent ces grands incendies de forêt qui durent des semaines pour livrer les terres incendiées au bétail et à la culture des céréales et des oléagineux, le carbone est brusquement relâché dans l’atmosphère sous forme de CO2. Puis viennent le bétail, les termites et les cultures, qui produisent beaucoup moins d’oxygène, voire rejettent du CO2 pour les deux premiers.

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La relation intime entre la forêt amazonienne et le système de rivières qui irrigue toute l'Amazonie (WWF)

Par ailleurs, la forêt amazonienne influe directement sur le climat et sur les courants marins. L’eau rejetée dans l’atmosphère par l’évapotranspiration des arbres et de plantes, et celle rejetée dans la mer par les rivières, influence les climats mondiaux et les courants des océans. Le mécanisme permet aussi au climat tropical de la forêt amazonienne de s’auto-entretenir : plus de forêt amazonienne, plus d’évapotranspiration massive, donc plus de pluies, une baisse du débit des rivières, et un assèchement du climat local.

Enfin, les scientifiques estiment que moins de 0,5% des espèces de plantes à fleurs ont fait l’objet d’une étude approfondie pour leur potentiel médical. À chaque kilomètre carré qui disparaît, c’est peut-être un médicament majeur qui ne verra jamais le jour.

Le Sommet de Nagoya sur la biodiversité et l'accord APA

À ce titre, parmi les avancées du sommet de Nagoya sur la biodiversité qui s’est achevé vendredi 29 octobre, le protocole APA (Accès et partage des avantages, en anglais Access and Benfit Sharing, ABS), consacré aux ressources génétiques et aux bénéfices tirés de leur exploitation, constitue une avancée majeure. « Cet accord ouvre de nouvelles perspectives. Il constitue une nouvelle approche de la préservation de la biodiversité. », a déclaré Izabella Teixeira, ministre brésilienne de l'environnement et, à ce titre, leader des pays en développement réunis au sein du G77.

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Le président Lula et le ministre intérimaire de l'Environnement au sommet de Nagoya (Antonio Cruz/ABr)

Certes, la place de certaines notions restent floues dans le texte, comme celle de « dérivé », produit issu d’un gène ; l’accord n’est pas non plus rétroactif, et tend à oublier les plus faibles, notamment les peuples indigènes, mais il existe. Dernière ombre au tableau, et de taille : les Etats-Unis, qui n'ont jamais ratifié la Convention sur la diversité biologique de 1992, ne sont pas parties prenantes du protocole. Classement 2010 des plus grandes entreprises pharmaceutiques mondiales : GlaxoSmithKline PLC (1er, Etats-Unis-Royaume-Uni), Merck & Co Inc. (2ème, Etats-Unis), Gilead Sciences (4ème, Etats-Unis), Johnson & Johnson (9ème, Etats-Unis) et Abbott Laboratories Inc. (10ème, Etats-Unis). Etrange coïncidence, non ?

Frédérick Moulin

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30 octobre 2010 6 30 /10 /octobre /2010 01:54

royalalyon-1-.jpgEn déplacement à Décines dans la banlieue de Lyon mercredi 27 octobre, Ségolène Royal s’est adressée à la jeunesse dans un discours tourné résolument vers l’avenir.

 

Elle a souhaité d’abord répondre aux attaques de la droite sur ses propos dénaturés et sur l’entrée de la jeunesse dans le mouvement social sur les retraites. Précisant modestement qu’elle n’a pas le pouvoir de faire descendre dans la rue par un « pouvoir surnaturel » la jeunesse pour contester le pouvoir en place, elle a par contre compris sa colère. Précarisée, face à un avenir « barré », la jeunesse veut se faire entendre et au nom de quoi voudrait- t-on l’en empêcher ? Elle a défendu ce droit à la parole de la jeunesse "prenez la parole et surtout gardez-là" a-t-elle lancé "parce que la France à besoin de vous pour comprendre et pour construire son avenir avec vous et pour vous".  

 Quant au pouvoir en place, s’inspirant de François Mitterrand c’est un vibrant réquisitoire qu’elle a adressé contre la majorité "La jeunesse n’a pas toujours raison en revanche la société qui ne sait pas l’entendre ou qui ne sait pas la respecter a toujours tort… Les jeunes n’ont pas toujours raison mais une société qui n’investit plus ou si peu dans l’avenir des jeunes générations a toujours tort car elle tourne le dos à son avenir et orchestre son propre déclin".

 

 Ségolène Royal a ensuite proposé un pacte pour la jeunesse afin de lui rendre son avenir en se basant sur le travail des régions socialistes.

 1) Imposer une obligation aux entreprises, qui reçoivent des aides publiques ou qui participent à des marchés publics, d’ouvrir les portes aux jeunes.

2) Lancer un plan national pour l’apprentissage, « mobilisons l’ensemble du tissu économique … pour que partout les apprentis puissent trouver une place ».

3) Développer la formation par alternance, « il faut une volonté nationale ».

4) Donner aux jeunes des bourses tremplins pour aider les jeunes à créer leur petite activité, leur petite entreprise, en donnant aussi « un droit à l’échec ».

5) Tous les jeunes qui ne seront pas soit à l’école, soit en emploi, soit en apprentissage, soit en alternance, qu’ils puissent trouver une main tendue dans le cadre d’une service civique.

C’est toute une mobilisation que la socialiste veut insuffler pour aider les jeunes à s’intégrer dans la société, "c’est une obligation morale" a-telle dit pour nous tous car elle refuse d’accepter une France qui a le taux de chômage des jeunes le plus élevé d’Europe.

 

Mais Ségolène Royal s’est aussi adressée directement aux jeunes pour un pacte avec la jeunesse en leur rappelant que s’ils ont des droits, ils ont aussi des devoirs. Certes la société ne donne pas le bon exemple « en se prosternant devant l’argent » mais la jeunesse doit se battre, "vaincre les obstacles".  Faisant référence à Jean Jaurès, Ségolène Royal appelle la jeunesse au "courage"  même si les difficultés aujourd’hui sont plus importantes qu’hier. "Pour réussir, vous devez travailler dur !". Mais si la socialiste refuse la démagogie et se montre exigeante, elle veut croire en cette jeunesse : "Je laisse à d’autres la peur de la fièvre de la jeunesse … car lorsque la jeunesse se refroidit le reste du monde se glace".

Contre cette droite dure, la socialiste a rappelé que la plus grande des violences c’est celle faite aux familles modestes qui ne peuvent financer des études à leurs enfants.

Refusant ainsi de se cantonner dans un simple combat contre les propositions du gouvernement, dans une simple condamnation du laisser faire et de l’absence de volontarisme pour la jeunesse, la socialiste a voulu lancer un message d’espoir pour une autre politique, vaincre la droite dure et faire avancer la France.

 

 

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29 octobre 2010 5 29 /10 /octobre /2010 22:19

6xfk7lyr[1]Je suis très en retard dans mes lectures, cela m’arrive peu souvent … Mais, comme vous tous, j’ai été littéralement happée par l’agitation sociale de notre pays.

 

 

  J’ai lu, bien sûr, mais moins de livres et plus de quotidiens et d’hebdomadaires. Voici néanmoins mes coups de cœur de ce mois d’octobre hors du commun.

 

(1) LEA, un roman de Pascal Mercier, aux éditions Libella / Maren Sell.

 En dépit de son nom, l’auteur est né à Berne, vit à Berlin et écrit en allemand. En 2006, son « Train de nuit pour Lisbonne » obtint un succès mondial.

Lea paru à la rentrée d’automne, fait montre d’une virtuosité narrative, d’une passion musicale et d’une réflexion philosophique étonnantes : « Dans ce hall de gare, Léa, ma fille s’est perdue… »

 

(2) Un livre que j’avais raté à sa sortie et que j’ai le bonheur de découvrir en Folio : D’autres vies que la mienne auteur Emmanuel Carrère. 

Le récit commence au Sri Lanka, en plein cœur du tsunami de décembre 2004. Il est question de vie, d’amour, d’amitié mais aussi du cancer, du surendettement, du travail de la justice. Un très beau roman à mi-chemin entre fiction et réalité …

 

(3) Si vous aimez (ou non !) le théâtre (moi j’en suis passionnée !), Florence Giorgetti vous mènera de Tanger à la grisaille morne d’une petite ville de province, d’un ton léger et amusé mais néanmoins profond et juste. Do you love me ? éditions Sabine Wespieser. Florence, comédienne elle-même, nous entraîne sur les pas des artistes heureusement tous un brin névrosés, leurs affres, leurs interviews, leurs discussions … Elle nous emmène dans ses bagages et sur les planches. Profond et juste. 

 

51LEnSNgiKL._SS500_-1-.jpg(4) Enfin pour terminer l’évènement « people » de l’automne : Marilyn Monroe, Fragments. Poèmes, écrits intimes, lettres - Seuil éditions.  

Fragments permet de saisir de façon plus intime la sensibilité artistique et littéraire de l’actrice. L’édition se compose de 104 fac-similés de ses manuscrits et de trente trois photos inédites. Marilyn plongée dans la lecture d’un livre ou en compagnie d’écrivains, Marilyn fragile et passionnée de littérature.

 

Bonnes lectures à toutes et tous.

Mireille

 

P.S : Le mois prochain ma chronique sera entièrement consacrée à la littérature enfantine.

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29 octobre 2010 5 29 /10 /octobre /2010 11:28

33647_1643838263653_1467755058_31608565_4440938_n-1-.jpg  La mobilisation a été encore forte jeudi dans toute la France pour s’opposer à une réforme injuste des retraites qui va pénaliser les salariés les plus modestes, les professions les plus pénibles, et renforcer le chômage et la précarité des jeunes alors qu’elle ne règle pas le financement des retraites. Comme la socialiste Ségolène Royal l’a dénoncé : cette réforme du Medef favorise les grandes fortunes et le capitalisme financier qui vont pouvoir faire travailler plus pour qu’ils gagnent plus.

 

Si une réforme des retraites doit être proposée pour assurer la pérennité de notre sécurité sociale, cette réforme ne règle rien, elle porte surtout atteinte au fondement de notre République : l’Egalité.

 

67659 1643835503584 1467755058 31608557 5073088 n[1]Depuis des semaines, Ariane Mnouchkine et sa troupe ont magistralement ouvert ces marches pour la justice.

Face aux corbeaux de la finance, la République veut que la justice triomphe. Sur le parcours, au milieu du peuple en lutte, au son des tambours et sous les claquements des drapeaux tricolores au vent, la justice chasse les corbeaux.

Cette réforme, n’est pas une simple réforme de conjoncture, elle touche un principe fondamental de notre République, de notre culture républicaine qui veut que l’Egalité de la loi l’emporte sur les intérêts d’un petit nombre.

C’est cette défense de la justice attaquée par l’aristocratie de la finance autour de Nicolas Sarkozy qu’a su témoigner avec force la troupe d’Ariane Mnouchkine.

 

Lorsque l’on touche à la justice, c’est une conception de la République qui est menacée.

En rappelant dans ses interventions la devise de la République « la Liberté, l’Egalité et la Fraternité », la socialiste Ségolène Royal, qui a pris la tête de ce combat, a compris tout l’enjeu de cette mobilisation.

Depuis les fondements de notre République, le peuple a dû lutter pour imposer l’Egalité dans la République. Un long combat difficile d’hommes et de femmes qui ont dû braver l'ordre injuste et les conservatismes pour imposer plus de justice, c’est tout le socialisme de Jaurès défendant la République sociale contre les intérêts du capitalisme.

 « Vous avez fait la République, et c’est33728_168919796468268_100000507464177_549171_289502_n-1-.jpg votre honneur ; vous l’avez faite inattaquable, vous l’avez faite indestructible, mais par là vous avez institué entre l’ordre politique et l’ordre économique dans notre pays une intolérable contradiction.

Dans l’ordre politique, la nation est souveraine et elle a brisé toutes les oligarchies du passé ; dans l’ordre économique, le nation est soumise à beaucoup de ces oligarchies. »

Jean Jaurès, Discours à la Chambre des députés, 1893.

 

Philippe Allard

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