Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
14 novembre 2010 7 14 /11 /novembre /2010 16:04

167231.jpg

« Arrêtez les formules qui sont inévitablement démenties par les faits. », dit François Mitterrand à Nicolas Sarkozy, dans un dialogue imaginaire sous la plume de Jean-Louis Bianco. Déjà, au niveau du slogan lors de l’élection présidentielle, Nicolas Sarkozy tombait dans ce travers : « Ensemble, tout est possible » : promesse qui n’engage que celui qui y croit, vrai miroir aux alouettes. Sur l’affiche, un fond de colline vertes, pas d’habitation ou de Français : Nicolas Sarkozy est seul, et déjà son ego prend le dessus.

Rien à voir avec « La force tranquille » de François Mitterrand en 1981, et son petit village et son église en arrière-plan.

Rien à voir non plus avec les illustres prédécesseurs de Nicolas Sarkozy, plutôt dans le rassemblement et l’union : Jacques Chirac en 2002 – « La France en grand, la France ensemble »- et en 1995 « La France pour tous » ; François Mitterrand en 1988 – « La France unie » ; Georges Pompidou en 1969 – « Avec la France, pour les Français ».

Retour au dialogue imaginaire de Jean-Louis Bianco…

Frédérick Moulin

-oOo-

Dialogue imaginaire entre François Mitterrand et Nicolas Sarkozy

Voici un dialogue que j’ai écris à la demande de Rue89

Nicolas Sarkozy : « Alors, François, t’es ok, on s’ tutoie ? »

François Mitterrand : « Comme vous voudrez »

NS : « Et comment tu vois … euh … comment vous voyez 2012 ? »

10110701_PLANTU-X1PL_ori.jpg.567.jpg

François Mitterrand« Le problème, ce n’est pas de changer de Premier Ministre. » (dessin de Plantu)

FM : « Le problème, ce n’est pas de changer de Premier Ministre. C’est vous qui devez changer. Pour une personne normale, c’est déjà très difficile. Et je crains que vous ne changiez jamais ».

NS, irrité  : « Mais qu’est-ce que je suis supposé faire, à la fin  ? »

490097058_6313269d90.jpg

François Mitterrand : "C’est vous qui devez changer. Pour une personne normale, c’est déjà très difficile. Et je crains que vous ne changiez jamais." (dessin de Plantu d'après Tabary et Peyo)

FM : « Être Président de la République, c’est d’abord penser le monde, puis son pays, puis ses proches, puis soi. Vous, vous faites exactement l’inverse. Au lieu de vous agiter, donnez du temps au temps. Arrêtez les formules grandiloquentes « Je serai le Président du pouvoir d’achat » ou « J’irai chercher la croissance avec les dents », formules qui sont inévitablement démenties par les faits. Une dernière chose : la jeunesse n’a pas toujours raison, mais la société qui la frappe a toujours tort. »

10101401_PLANTU-X1PL_ori.jpg.567.jpg

François Mitterrand : "La jeunesse n’a pas toujours raison, mais la société qui la frappe a toujours tort." (dessin de Plantu)

NS : « Mais mon coup avec les catholiques, quatre signes de croix à Saint-Pierre de Rome, c’était pas mal, non ? »

10100801_PLANTU-X1PL_ori.jpg.567.jpg

Dessin de Plantu

FM : « Je crois aux forces de l’esprit mais moi je n’ai jamais eu besoin d’en faire tout un plat »

NS : « Et en politique étrangère ? »

Gefallenenehrung-Verdun-German-Information-Center.jpg

François Mitterrand : "Mais n’oubliez pas les Allemands." : François Mitterrand et Helmut Kohl commémorent la bataille de Verdun à Douaumont le 22 septembre 1984

FM : « C’est très bien de mutualiser nos moyens avec les Anglais …si vous y arrivez vraiment. Mais n’oubliez pas les Allemands. Et, cela lui fera plaisir, arrêtez donc d’appeler la chancelière « Andjela » à l’anglaise. En allemand, on prononce « Anguela ».

287-soldat-inconnu.1257935238.gif

11 novembre 2009 : Angela Merkel et Nicolas Sarkozy devant la tombe du soldat inconnu à Paris (dessin de Martin Vidberg)

"De près, de loin", le blog personnel de Jean-Louis Bianco, 14 novembre 2010

Repost 0
Published by Militants de l'Espoir à gauche - dans Actualité
commenter cet article
14 novembre 2010 7 14 /11 /novembre /2010 00:06

Aung-4-YES.jpg

(Associated press)

Samedi 13 novembre, vers 17 heures, heure locale, la junte militaire de Birmanie a libéré sa grande rivale, l’opposante Aung San Suu Kyisymbole de la lutte pour la démocratie dans le pays. Quelques centaines au début, ce sont finalement près de 5 000 supporters en délire qui se sont rassemblés devant sa villa à Rangoun, et Aung San Suu Kyi, souriante, fleur dans les cheveux, est apparue à la porte de sa résidence, avec un tee-shirt rose à manche longues et tenant un mouchoir blanc dans sa main. La foule amassée l’a acclamée puis a chanté l’hymne national.

Aung-5.jpg

Les supporters d'Aung San Suu Kyi l'acclament et chantent l'hymne national (European Pressphoto Agency)

« Si nous travaillons ensemble, nous atteindrons notre but. Nous avons beaucoup de choses à faire », a annoncé l’opposante à la junte militaire au pouvoir. « Si vous voulez m’entendre, venez s’il vous plaît demain midi à mon bureau » de la Ligue Nationale pour la Démocratie (LND), son parti récemment dissous avec lequel elle a mené son combat depuis son apparition sur la scène politique birmane en 1988, a-t-elle ajouté. « Nous ne nous sommes pas vus depuis si longtemps, j’ai beaucoup de choses à vous dire. ».

Aung-2.jpg

Les supporters d'Aung San Suu Kyi acclamant sa libération devant sa villa (Nyein Chan Naing/European Pressphoto Agency)

« Elle est notre mère, elle est notre mère ! », a crié une femme au bord des larmes dans la foule.

Aung San Suu Kyi, 65 ans, prix Nobel de la paix 1991, sort d’une période de détention de 7 ans et demi, mais a été maintenue en résidence surveillée 15 des 21 dernières années, et symbolise la lutte pour la démocratie dans un pays dirigé par les militaires depuis 1962.

La junte militaire a eu beau faire, elle est restée insoumise« L’énergie qui l’habite est toujours là, l’engagement est toujours là. Elle est ce que tout le monde dit : elle est pondérée, élégante, et très impressionnante – mais elle est aussi bien informée. », explique Andrew Heyn, l’ambassadeur de Grande Bretagne en Birmanie, l’un des rares étrangers à avoir pu rencontrer Aung San Suu Kyi récemment.

Sa libération a lieu au terme d’une période de détention de 18 mois, à laquelle elle a été condamnée pour avoir hébergé un AméricainJohn Yettaw, qui avait nagé sans avoir été invité jusqu’à sa maison située au bord d’un lac, et qu’Aung San Suu Kyi avait hébergé pour la nuit – car il paraissait épuisé et mentalement perturbé – violant ainsi les conditions de sa détention surveillée.

Aung 8

Aung San Suu Kyi : « Si vous voulez m’entendre, venez s’il vous plaît demain midi à mon bureau » (Soe Zeya Tun/Reuters)

Cette libération a lieu une semaine après les élections du 7 novembre remportées par le parti proche de la  junte militaire au pouvoir et considérées par les pays occidentaux comme un simulacre destiné à perpétuer un pouvoir hégémonique. Transparency International classe la Birmanie avant-dernière au classement 2010 de son Indice de Perception de la Corruption (IPC), soit 176ème ex-aequo sur 178, juste devant la Somalie. Reporters Sans Frontières, dans son classement mondial de la liberté de la presse 2010, classe la Birmanie à la 174ème place sur 178, devant l’Iran, le Turkménistan, la Corée du Nord et l’Erythrée.

Le président Obama a salué « une de mes héroïnes » et « se réjouit de sa libération, qui aurait dû avoir lieu depuis longtemps ». « Qu’Aung San Suu Kyi vive prisonnière de sa maison ou bien prisonnière de son pays ne change rien au fait qu’elle - et l’opposition politique qu’elle représente - a été systématiquement contrainte au silence, emprisonnée, et dépossédée de toute possibilité de s’engager dans la vie politique [birmane]. », a souligné le président des Etats-Unis.

Aung-7-India.jpg

L'annonce de la libération d'Aung San Suu Kyi a été célébrée dans le monde entier. À New Dehli, en Inde, les exilés birmans sont descendus dans la rue (Manpreet Romana/AFP-Getty Images)

Le Premier ministre britannique David Cameron a également déclaré que la libération aurait dû avoir lieu depuis longtemps. « Aung San Suu Kyi est une source d’inspiration pour tous ceux qui croient à la liberté d'expression, à la démocratie et aux droits de l’homme », a-t-il ajouté. « Son maintien en détention représentait une parodie de justice, qui avait pour seul but de réduire au silence la population birmane.Aung San Suu Kyi a droit à sa liberté. Le régime birman doit dorénavant la respecter. »

« Il est maintenant crucial qu’Aung San Suu Kyi ait une liberté de mouvement et de parole totale, et puisse participer pleinement à la vie politique de son pays. », a insisté le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, demandant aussi la libération de « tous les autres prisonniers politiques. ».

La chancelière allemande Angela Merkel a également salué la libération de l'opposante, « appelant à libérer les plus de 2 000 autres prisonniers politiques » que compte la Birmanie. « Aung San Suu Kyi est une figure symbolique du combat mondial pour les droits de l'homme. Son pacifisme et son intransigeance ont fait d'elle un modèle », a conclu Mme Merkel.

Aung-11.jpg

Aung San Suu Kyi a salué ses supporters amassés devant sa villa jusque dans la nuit birmane (Getty Images)

La France, par la voix de Nicolas Sarkozy, s’est également réjouie de la libération de l’opposante birmane, et a mis en garde les autorités birmanes.

Les critiques pleuvent sur les élections du 7 novembre 2010remportées par le parti soutenu par la junte militaire, le Parti de la Solidarité et du Développement de l’Union (USDP) : les résultats arrivent au compte-goutte, mais déjà l’USDP détient la majorité dans les deux chambres du Parlement.

Les dernières élections, en 1990, avaient été gagnées de façon écrasante par la LND d’Aung San Suu Kyi, mais les militaires avaient refusé de passer la main et préféré bâillonner l’opposition. Au-delà de la libération de la leader du LND, 2 200 prisonniers politiques restent en détention, et les minorités ethniques sont toujours l’objet de campagnes militaires brutales.

Il est peu probable que la junte militaire laisse une liberté d’action à Aung San Suu Kyi, mais certains voient une lueur d’espoir dans sa libération« Il n’y a pas d’opposition institutionnelle [en Birmanie], alors sa libération représente une occasion de revitaliser et de réorganiser cette opposition. Ainsi, en ce qui concerne la revitalisation concrète de l’opposition, la libération de Suu Kyi sera déterminante. », analyse Muang Zarni, dissident exilé et chercheur birman à la London School of Economics.

Aung San Suu Kyi elle-même s’est gardée de tout optimisme : « Ma libération ne doit pas être analysée comme une avancée majeure de la démocratie. L’avancée majeure de la démocratie, ce serait que l’ensemble des Birmans jouissent des éléments fondamentaux de la liberté. », avait déclaré l’opposante à la junte militaire en 2002.

Le paysage politique a changé ces dernières années : une nouvelle constitution, de nouvelles structures régionales, un nouveau conseil de la sécurité nationale, de nouveaux partis d’opposition, même s’ils demeurent faibles et de taille restreinte, avec une représentation au Parlement symbolique. Pour la première fois, une génération de militaires n’a pas été formée en Occident et perçoit les Etats-Unis comme la principale menace pour la Birmanie. Durant les sept dernières années de détention d’Aung San Suu Kyi, de nouveaux groupes d’entraide ont également émergé.

Sham.jpg

De nombreux Birmans ont boycotté les élections, considérées comme un simulacre, un exercice vide légitimant le maintien au pouvoir des militaires (The New York Times)

Aung San Suu Kyi devra également rapprocher ses partisans divisés sur la participation aux élections du 7 novembre dernier. De nouveaux défis attendent Aung San Suu Kyi, dans un pays où la classe dirigeante est plus riche que jamais, alors que le peuple birman se débat dans un état de pauvreté effroyablePourquoi ? Parce que les milliards de dollars d’investissements coulent à flot de Chine et des autres pays d’Asie, et que le gaz et le pétrole, ainsi que les pipelines vers la Thaïlande voisine, procurent des revenus importants. Ce qui pourrait renforcer Aung San Suu Kyi, qui par sa résistance non-violente symbolise « le pouvoir des sans pouvoir » comme l’appelle Vaclav Havel.

Poverty.jpg

La pauvreté en Birmanie : une telle photo, prise à la veille des élections du 7 novembre, aurait entraîné plusieurs arrestations il y a quelques mois encore (The New York Times)

Prochain but : obtenir la libération des 2 200 prisonniers politiques qui restent dans les geôles de la junte birmane. « Aung San Suu Kyi devra affronter une montagne d’attentes et de défis », explique Aung Zaw, éditeur de The Irrawaddy, un magazine en exil basé en Thaïlande, « Elle est une citoyenne ordinaire, mais nombreux sont les gens qui estiment encore qu’elle dirige le mouvement démocratique en Birmanie, et pas simplement la LND. Les gens veulent que son leadership gagne du terrain. ».

Aung San Suu Kyi s’est engagée dans la lutte pour la démocratie dès 1988. Ayant passé la plus grande partie de sa vie à l’étranger, elle est rentrée en Birmanie pour s’occuper de sa mère souffrante juste au moment où des manifestations de masse avaient lieu contre 25 ans de pouvoir militaire. Elle a rapidement pris la tête du mouvement, en grande partie parce qu’elle était la fille du général Aung San, qui conduisit la Birmanie à l’indépendance, libérant le pays du joug britannique, avant d’être assassiné par des rivaux politiques.

USDP.jpg

Une affiche du Parti de la Solidarité et du Développement de l'Unionsoutenu par les militaires. Très peu d'affiches électorales étaient visibles dans les rues avant les élections du 7 novembre, aucun débat n'avait été organisé, les observateurs indépendants s'étaient vu interdire l'accès aux élections, et l'accès à Internet du pays avait été interrompu. L'envoyé des Nations Unies pour les droits de l'homme en Birmanie a exprimé des doutes sur le loyauté des votes (The New York Times)

La LND a été dissous avant les élections du 7 novembre, car il refusait de se réinscrire pour ces élections, les jugeant déloyales et anti-démocratiques. Aung San Suu Kyi, qui n’a donc pas pu se présenter aux élections du début du mois et a refusé de voter, prévoit de lancer des investigations sur les allégations de fraude, selon U Nyan Win, porte-parole du parti dissous. Une telle action, qui pourrait gêner la junte militaire, est un exemple des actions qui a amené les militaires à mettre l’opposante birmane en résidence surveillée dans le passé.

Dans la Thaïlande voisine, son plus jeune fils, Kim Aris, qui espère avoir la chance de voir enfin sa mère pour la première fois en 10 ans, attend. Kim Aris vit en Grande-Bretagne et s’est vu constamment refuser son visa par les autorités birmanes.

Le mari défunt d’Aung San Suu Kyi, le spécialiste de la culture du Bhoutan, du Tibet et de l’Himalaya Michael Aris, a élevé ses deux fils en Angleterre. Leur fils aîné, Alexander Aris, a accepté le prix Nobel au nom de sa mère en 1991 et vit actuellement aux Etats-Unis.

Michael Aris est mort du cancer en 1999 à 53 ans, toutes ses demandes de visas pour voir sa femme les trois dernières années de sa vie lui ayant été refuséesAung San Suu Kyi aurait pu quitter la Birmanie pour rendre visite à sa famille, mais a décidé de ne pas le faire, par peur que la junte militaire birmane refuse de l’autoriser à rentrer en Birmanie par la suite.

Samedi après-midi, le comité Nobel de la Paix a invité Aung San Suu Kyi à Oslo où elle avait été empêchée de se rendre pour recevoir son prix en 1991. Le président du comité Nobel, Thorbjoern Jagland, a demandé à la junte birmane de donner à Aung San Suu Kyi toutes les garanties pour qu'elle puisse regagner son pays si elle était autorisée à le quitter, ce qui constituerait un test de la réelle volonté d'ouverture de la junte militaire birmane, qui a attendu la fin des élections pour procéder à la libération de la plus emblématique des prisonniers et prisonnières politiques du pays.

1439822_3_5f17_des-milliers-de-supporteurs-en-liesse.jpg

Des milliers de supporters en liesse attendaient Aung San Suu Kyi au siège de la LND dimanche (AP/Pankaj Nagia)

Dimanche 14 novembre, Aung San Suu Kyi s'est adressée aux milliers des supporters qui l'attendaient au siège de la LND. « Je veux travailler avec toutes les forces démocratiques », a-t-elle annoncé. « Je n'ai aucune rancune à l'égard de ceux qui m'ont détenue. Je crois en les droits de l'homme et en la règle de droit», a-t-telle poursuivi. « J'ai besoin de l'énergie du peuple (...). Je veux entendre la voix du peuple et ensuite nous déciderons de ce que nous voulons faire », a promis Aung San Suu Kyi, ajoutant qu'elle souhaitait oeuvrer « pour augmenter le niveau de vie du peuple».

1439821_3_2673_je-veux-travailler-avec-toutes-les-forces.jpg

Aung San Suu Kyi devant les cadres de la LND : "Je veux travailler avec toutes les forces démocratiques" (Reuters/Soe Zeya Tun)

« Le fondements de la démocratie reposent sur la liberté d'expression », a souligné l'opposante à la junte birmane. « La démocratie se définit par le contrôle du gouvernement par le peuple. J'accepterai que le peuple exerce son contrôle sur moi. ». Puis elle a conclu en martelant : « Vous devez vous lever pour ce qui est juste. »

Un communiqué du gouvernement samedi avait indiqué que Mme Aung San Suu Kyi avait été libérée sans condition. Dimanche, U Nyan Win, l'avocat de Mme Suu Kyi, a confirmé que sa libération était inconditionnelle.

Ségolène Royal, martelait, lors de la Convention nationale du PS sur la Nouvelle Donne Internationale et Européenne, samedi 9 octobre 2010, à La Défense :

« Le gouvernement [français] a pris le risque d’affaiblir notre image dans des proportions inédites et indignes de la cinquième puissance mondiale. », et elle ajoutait : « Car la République exemplaire, nous la devons à ceux qui se battent, partout dans le monde, et qui ont besoin d’exemples positifs pour fortifier leur lutte. Nous la devons aux militants des droits de l’homme, à Sakineh Ashtiani en Iran, à Aung San Suu Kyi en Birmanie, et à d’autres, pour que vienne un espoir. »

14myanmar-popup-European-Pressphoto-Agency.jpg

Aung San Suu Kyi recevant des fleurs de la foule de ses supporters (European Pressphoto Agency)

Pour Aung San Suu Kyi, l’espoir s’est concrétisé. Il reste maintenant à le faire durer, face à la junte militaire birmane en place, et à faire en sorte que les fleurs de la démocratie s’épanouissent en Birmanie, comme elles se sont épanouies samedi 13 novembre 2010 à Rangoun, dans les cheveux d’Aung San Suu Kyi, après avoir été lancées à l’icône démocrate birmane par la foule de ses supporters, qui chantait l’hymne national.

Frédérick Moulin

Repost 0
Published by Militants de l'Espoir à gauche - dans Actualité internationale
commenter cet article
12 novembre 2010 5 12 /11 /novembre /2010 03:00

Sego-1.jpg

Ségolène Royal s'est exprimée devant les caméras de Public Sénat mercredi 10 novembre dans l'après-midi, répondant à plusieurs questions des journalistes.

Elle a abordé les propositions du texte de la Convention égalité réelle du PS, estimant qu'il contenait "des choses excellentes" sur "l'éducation", ou sur "l'activité des jeunes", notant que ce "document qui mérite de continuer à être travaillé". La présidente de la Région Poitou-Charentes a repris une phrase souvent entendue dans la rue : "Nous sommes révoltés mais nous ne sommes pas résignés.". Elle a poursuivi : "nous ne sommes pas résignés, parce que nous combattons cette injustice", "nous proposons".

Ségolène Royal s'est également exprimée sur la liberté de la presse et les "fadettes", rappelant que "Désirs d’avenir organise prochainement une université populaire sur la question de la liberté de la presse" : ce sera le mardi 23 novembre 2010 à 18h30 à la Salle des Fêtes de la Mairie du IVème arrondissement (2, place Baudoyer 75004 Paris)  "Liberté de la presse et des médias, une utopie réalisable".

logoupp

Enfin, Ségolène Royal a répondu à une question sur le remaniement gouvernemental et le probable maintien de François Fillon au poste de premier ministre.

Frédérick Moulin


Ségolène Royal : je crois qu’il faut éviter les faux clivages ou les postures. Ce qui est très important, c’est le fond des propositions. Le Parti socialiste est au travail ; son objectif, c’est en effet de répondre à l’aspiration des Français. On l’a bien vu au cours du mouvement social, les Français veulent de la justice et de l’égalité réelle. Et donc les socialistes font des propositions parce que notre projet de société s’organise autour de l’efficacité économique et de la justice sociale.

Il y a en particulier des choses excellentes sur la question de l’éducation, sur la question de l’activité des jeunes. D’ailleurs l’idée que je développais tout à l’heure sur le pacte de confiance pour l’activité des jeunes, et faire en sorte que l’emploi des jeunes devienne une grande cause nationale, a été retenue dans le projet des socialistes et je m’en félicite.

Ségo 2

Ségolène Royal : "Il y a en particulier des choses excellentes sur la question de l’éducation, sur la question de l’activité des jeunes."

Et puis après c’est un document qui mérite de continuer à être travaillé, et bien évidemment, avec des précisions à apporter, des chiffrages à apporter. Mais c’est quand même extravagant que l’on demande quand même davantage aux socialistes qui sont entrain d’élaborer leur projet alternatif, qu’au gouvernement qui vient da faire voter une réforme qui elle-même n’est pas financée, puisque le gouvernement lui-même a donné rendez-vous en 2013. Voilà.

Ça n’exonère pas bien sûr l’opposition de faire des propositions crédibles, financées, et en même temps, c’est le travail que nous faisons. Donc il faut que chacun soit à la tâche, apporte sa pierre à l’édifice, respecte le travail qui est fait, et apporte en effet des précisions à tout ce qui mérite encore d’être précisé, d’être chiffré, ce n’est pas un document fini. C’est un outil de travail qui a vraiment le mérite de bien reposer les valeurs dont la société française a besoin, dont les Français ont besoin, qu’ils viennent d’exprimer dans les rues.

S’il faillait vraiment retenir une expression, la plus forte moi que j’ai entendue dans les manifestations, c’est quand les citoyens disent : « Nous sommes révoltés, mais nous ne sommes pas désespérés. Nous sommes révoltés mais nous ne sommes pas résignés. ». Voilà. Et bien nous sommes révoltés contre ce qui se passe, nous sommes révoltés contre ce gouvernement qui n’écoute pas les Français, nous sommes révoltés contre ce gouvernement qui met en place des politiques extrêmement injustes, qui frappe les salariés, qui fait reculer le droit à la retraite alors que les grandes fortunes sont à l’abri de cet effort collectif, alors qu’elles devraient être les premières à contribuer.

Mais nous ne sommes pas résignés, parce que nous combattons cette injustice ; nous combattons, mais aussi nous proposons. Et nous serons prêts pour proposer aux Français non seulement une vision de la société, un projet de société, un projet d’avenir, un désir d’avenir, une volonté de vivre ensemble, et une volonté aussi de réussir ensemble.

Ségo 3 journ

Une journaliste : "Ce rappel à l’ordre vaut aveu ? Qu’en pensez-vous ?"

Une journaliste : au sujet de la liberté de la presse, on a appris ce matin que Matignon avait adressé le mois dernier un courrier au ministère de l’Intérieur rappelant qu’il était illégal de demander aux opérateurs téléphonique les fadettes, notamment des journalistes. Ce rappel à l’ordre vaut aveu ? Qu’en pensez-vous ?

Ségolène Royal : je crois que ce qui se passe dans les atteintes aux libertés, dans les atteintes à la démocratie, est extrêmement grave. Les journalistes ont le droit à la protection de leurs sources, et d’ailleurs Désirs d’avenir organise prochainement un débat, une université populaire sur la question de la liberté de la presse. Je pense que la liberté de la presse est aujourd’hui utopique, et je pense que c’est une utopie réalisable, qu’il faut des lois qui permettent la protection du métier de journaliste, la protection des sources, l’indépendance économique des médias, et qu’il y a beaucoup à faire dans notre pays, mais que c’est une des conditions d’un bon fonctionnement démocratique.

Une autre journaliste : le remaniement, Madame Royal, il semblerait qu’on aille vers le maintien de Monsieur Fillon. Qu’est-ce que vous en pensez ?

Ségo 4 très clairement

Ségonène Royal : "les Français ont manifesté très clairement qu’ils voulaient un changement de politique"

Ségolène Royal : si Monsieur Fillon est maintenu, c’est que la politique ne change pas, ça me paraît assez clair. Or les Français viennent d’exiger un changement de politique. Et même si le pouvoir en place a réussi à imposer par la force et par un vote parlementaire une réforme dont les Français ne veulent pas, ils ont manifesté très clairement qu’ils voulaient un changement de politique. Une politique plus juste, une politique plus efficace, une politique plus morale.

Repost 0
Published by Militants de l'Espoir à gauche - dans Actualité
commenter cet article
11 novembre 2010 4 11 /11 /novembre /2010 21:40

Notre rendez-vous du 23 Novembre : 

 

 UPP 

"Liberté de la presse et des médias, une utopie réalisable"

en présence de Ségolène Royal

 à partir de 18H30 à la Salle des Fêtes de la Mairie du IVème arrondissement (2, place Baudoyer 75004 Paris) avec de nombreux témoignages d'experts. Venez nombreux.

 

 

Logo Université Populaire Participative

 

 

Ségolène Royal a lancé les Universités populaires participatives

• Parce qu'il faut plus que jamais, sur fond de crise globale, penser le monde que nous voulons et inventer l’avenir.
• Parce que nous croyons au pouvoir de l'intelligence collective et au devoir de partager les savoirs.
• Parce que c'est ensemble que nous voulons réfléchir, mettre en commun nos questions, aiguiser nos regards et affûter nos raisons pour agir juste dans le temps qui est le nôtre.
• Parce que nous voulons, avec Ségolène Royal, construire un nouveau projet politique, pragmatique et radical, qui donne espoir et envie.
Cette soif de comprendre et d'échanger est notre bien commun.

 

Repost 0
Published by Militants de l'Espoir à gauche - dans Désirs d'avenir
commenter cet article
11 novembre 2010 4 11 /11 /novembre /2010 02:30

Pinocchio.jpg

Mardi 9 novembre 2010, l’ONG Les Amis de la Terre a attribué les prix Pinocchio 2010 du développement durable à l’issue du vote de près de 6 000 internautes. Ce prix est décerné  à ces entreprises qui communiquent en faveur du développement durable mais qui n’ont que faire des conséquences environnementales et sociétales néfastes de leurs activités.

visuel-pinocchio.jpg

Les Amis de la Terre-France est une association de protection de l'Homme et de l'environnement. Créée en 1970, elle a participé à la fondation du mouvement écologiste en France, et à la formation du premier réseau écologiste mondial, Friends of the Earth International, présent dans 70 pays avec 2 millions de membres.

Cameroun : SOMDIAA sucre les droits

Le groupe SOMDIAA, filiale du de l’entreprise agroalimentaire JL Vilgrain, remporte le prix Pinocchio « Droits humains » avec 32% des votes. Le groupe JL Vilgrain, c’est l’histoire d’une dynastie : de 1917 à 1920, Ernest Vilgrain est sous-secrétaire d’Etat au Ravitaillement. Issu d’une famille de minotiers lorrains, il fondera après au début des années 20 les Grands Moulins de Paris. En 1947, Jean Vilgrain commence l’aventure africaine au Congo en rachetant une concession de canne à sucre avec la famille de betteraviers De Wulf.

histoire01

Jean-Louis Vilgrain, président de JL Vilgrain jusqu'en 1995, en tenue "locale" (www.somdiaa.com)

L’entreprise camerounaise Sosucam (filiale du groupe français SOMDIAA) a signé avec le gouvernement camerounais en 1965 puis en 2006, deux baux de 99 ans concernant respectivement 10 058 et 11 980 hectares afin d’y développer ses activités de production et de transformation de la canne à sucre. Les terres allouées par le gouvernement à la Sosucam se situent sur localités de MBandjock, de Nkoteng et de Lembe Yezoum dans le département de la Haute-Sanaga. Ces deux projets ainsi que le montant des indemnités lié aux transactions de terres ont été validés sans l'aval des communautés locales.

Le premier contrat prévoyait des indemnités. Elles n’ont jamais été versées. Pour le deuxième contrat la Sosucam verse une indemnité annuelle de 3 145 euros (2 062 985 francs CFA) à l’ensemble des communautés affectées (12 collectivités représentants 6000 personnes), soit environ 5 euros par famille par an ! Une somme qui ne peut en aucun cas compenser la gravité de l'impact des activités de la Sosucam sur les populations.

Le 10 novembre, la SOMDIAA a émis un communiqué valorisant son action : elle donnerait … l’équivalent de 20 euros par personne et par an !  Mais si on enlève la part qui va à l’Etat et celle qui est conditionnée à des projets jugés d’« d’intérêt général » par la SOMDIAA, on tombe à 7 euros par personne et par an. Toujours insuffisant pour compenser la gravité de l’impact des activités de la Sosucam.

photoRivierePollueeWeb1.jpg

Canal pollué par les rejets toxiques de la Sosucam, MBandjok (photo : Grain)

D’autre part, les paysan-ne-s n’ont plus accès à leurs terres et les cultures vivrières qui leur restent pourrissent en raison de la pollution des ressources naturelles induite par les activités de la Sosucam.

breveon4478.jpg

Une installation de traitement de production de canne à sucre de la SOMDIAA au Congo

Les populations rurales et les ouvriers agricoles de la Sosucam sont par ailleurs victimes de maladies liées aux pratiques de production et de transformation de la canne à sucre, dont l’utilisation de produits chimiques dans les plantations. Enfin, il ne faut pas perdre de vue que seulement 4% des employé-e-s de la Sosucam sont  des paysan-ne-s ayant perdu leurs terres. Une fois devenus travailleurs-euses agricoles, ils/elles perçoivent des revenus inférieurs au salaire minimum vital. Les jeunes locaux qualifiés ne bénéficient pas des postes à responsabilité créés par la Sosucam.

canne-sucre_0.jpg

Les activités de production de canne à sucre de la SOMDIAA se fait « aux dépens des communautés rurales » au Cameroun (Sipa)

Sur son site, la SOMDIAA bombe le torse en parlant plusieurs fois de son attachement au « respect de l'environnement »   et en martelant : « Les valeurs humaines constituent le fondement de notre Groupe. »

Apparemment, ces « valeurs » n’ont pas atteint le Cameroun…

Une mine de nickel en pleine forêt tropicale

Le prix Pinocchio « Environnement », lui, dénonce la multinationale française Eramet, détenue à 36% par les familles Duval et Aubert, 22ème fortune de France en 2010, à 26% par Areva. Eramet est un géant français de l'industrie minière injustement méconnu : il fait parti des leaders mondiaux de l'exploitation du nickel, grâce notamment à ses opérations en Nouvelle-Calédonie… et bientôt en Indonésie

3881540062 946dfb6c87 b

Île de Halmahera et sa forêt tropicale primaire en Indonésie (Eustaquio Santimano/flickr)

En 2006, Eramet fait l'acquisition du permis de Weda Bay sur l’île de Halmahera en Indonésie. Avec ce gisement, Eramet a pour ambition de quasiment doubler sa production, faisant ainsi face à la raréfaction des gisements de nickel dans le monde.

borneo1report07_clip_image002.jpg

Paradisier de Wallace, espèce endémique aux îles de Halmahera et de Batjan en Indonésie (photo : Rob)

Or, la plus grande partie de la zone exploitable se trouve en pleine forêt tropicale primaire, avec seulement 3 505 hectares en zone non boisée, sur un total de 76 280 hectares. La forêt primaire, théoriquement protégée, a été déclassée en 2004 sous la pression des industriels.

borneo1report07_clip_image020.jpg

Martin-chasseur à tête blanche, île de Halmahera

L'Indonésie abrite parmi les plus importantes forêts primaires d’Asie, ce qui en fait un haut lieu de biodiversité : sur la zone du permis, on ne trouverait pas moins de quatre espèces d’oiseaux et sept espèces d’amphibiens menacées, inscrites sur la liste rouge de l’IUCN (International Union for Conservation of Nature, Union Internationale pour la Conservation de la Nature). Difficile toutefois de concilier protection de la nature et exploitation minière à Weda Bay : c'est près de 17 millions de tonnes de remblais qui devraient être extraits chaque année !

open pit mine

Mine à ciel ouvert comme celle projetée : 17 millions de tonnes de remblais seront extraits chaque année !

Par ailleurs, la mine devrait se développer sur le territoire ancestral des Togutil, une communauté dépendante de la forêt pour sa subsistance – mais il ne semble qu'aucun de ces arguments n’ait convaincu Eramet qui continue sur sa lancée et se prépare à exploiter, avec une garantie récemment obtenue de la part de la Banque Mondiale.

image_5124.jpg

image_5114.jpg

Le peuple Togutil (photos : Yann Senant)

Les Amis de la Terre Indonésie (Walhi), les Amis de la Terre France et Une Seule Planète se sont mobilisés sur ce cas. Walhi s’est prononcé contre l’octroi de garantie par la Banque Mondiale et les Amis de la Terre, en partenariat avec le CRID, ont exposé ce cas dans le cadre de leur campagne « Une Seule Planète».  

En pleine année de la biodiversité, Eramet projette ainsi de lancer des activités ayant un impact direct sur de nombreuses espèces végétales et animales, dont certaines sont inscrites sur la liste des espèces protégées de l'IUCN. Bonne année de la biodiversité !

biodiversite-2010 f

"Ce cas illustre le double discours du groupe qui, loin de l'image d'entreprise citoyenne qu'elle souhaite promouvoir, vient d'obtenir une caution de la Banque mondiale pour un projet extractif à grande échelle dans les fragiles écosystèmes forestiers de l'île d'Halmahera", souligne Aloys Ligault, chargé de campagne pour la responsabilité sociale et environnementale aux Amis de la Terre.

La banque plus verte (« It's time for green banking »)

Enfin, le Crédit Agricole est se voit décerner le prix Pinocchio « Greenwashing », pour « écoblanchiment », pour usage abusif d'arguments environnementaux dans la publicité et le marketing. Le Crédit Agricole a fait fort avec l'acteur Sean Connery, qui interprétait James Bond dans les années 70, et qui apparaît en vedette dans cette publicité aux allures de révélation, diffusée  dans 80 pays d'Europe, d'Asie et du Moyen-Orient (mais pas en France ni aux Etats-Unis).

 

 

Dans cette publicité, le Crédit Agricole oppose deux mondes: la vision catastrophiste d'un univers désolé, saturé de fumées et d'embouteillages – et grâce au « sens commun » du Crédit Agricole, un monde harmonieux fait d'éoliennes et de villes entourées de nature. Le choix semble être déjà fait ! Est-ce si sûr ?

Le « retour au sens commun » dont le Crédit Agricole se fait le chantre laisse en effet dubitatif. Selon un rapport publié en 2007 par les Amis de la Terre, la banque était responsable en 2005 de l'émission d'environ 200 millions de tonnes de CO2 induites (c’est-à-dire provoquées par les projets financés par la banque), soit l'équivalent des émissions d'un petit pays africain.

L'organisation Banktrack rappelle également que la banque garde une ardoise chargée d'investissements controversés. Le Crédit Agricole a signé en août dernier un accord d’investissement en faveur de la méga-centrale à charbon de Medupi en Afrique du Sud. Ce projet devrait permettre de générer 4 800 mégawatts d'électricité à partir de la source d'énergie la plus polluante qui soit, le charbon.

centrale-charbon

Une centrale à charbon : les rejets atmosphériques les plus polluants...

Sans surprise, les impacts climatiques du projet devraient être très lourds : la centrale rejettera 25 millions de tonnes de CO2 par an, soit l'équivalent de 5 % des émissions annuelles de la France. Le Crédit Agricole n’est pas le seul à s’être positionné sur cette usine de charbon : Alstom, 3ème place du prix Pinocchio « Environnement », s’y est collé aussi. Alstom, qui cherche par ailleurs à obtenir des crédits de développement propres, pour les revendre sur le marché du carbone et se faire encore plus d’argent sur le dos du climat !

Botnia2007.jpg

Usine de pâte à papier Botnia en Uruguay, sur le fleuve Uruguay qui sépare le pays de l'ArgentineLe 20 avril 2010, la Cour Internationale de Justice a rendu son verdict : la CIJ a finalement estimé que Montevideo aurait dû consulter Buenos Aires avant de bâtir l’usine, mais aussi que l’Argentine n’avait pas pu prouver que Botnia était véritablement nuisible à l’environnement....

Le Crédit Agricole s'est également positionné comme le principal partenaire financier de l'usine de pâte à papier de la compagnie finlandaise Botnia, à la frontière entre l'Uruguay et l'Argentine. Cette usine, qui a été à l’origine d’une grave crise entre les deux pays, a défrayé la chronique et mobilisé les associations de protection de l'environnement. En avril 2010, la Cour Internationale de Justice a constaté que l'Uruguay avait manqué à ses obligations procédurales avec l'Argentine au sujet de ce projet. Le « sens commun », vraiment ?

colon-015

... 5 jours plus tard, plusieurs milliers d’habitants de Gualeguaychu, sur la rive argentine, ont manifesté sur un pont international pour que le démantèlement ait bel et bien lieu :"Hey Cristina [Kirchner, présidente de l'Argentine], le peuple sait que Botnia pollue." "... viole le traité..."

« Au final, il s'agit avant tout d'informer et dénoncer les activités de certaines multinationales, que les gouvernements ne parviennent pas à contraindre. De combien de BP aurons-nous besoin pour que les pouvoirs publics prennent enfin leurs responsabilités ? », conclut Aloys Ligault. Les prix Pinnocchio font parfois changer les choses : le Crédit Agricole, déjà « récompensé » l'an dernier (2ème prix Pinocchio « Droits humains »), avait revendu des actions de l'entreprise Dongfeng, fournisseur de la junte militaire birmane. Mais une attention de tous les instants est nécessaire : voilà que la « Banque verte » (!) resurgit à la 1ère place cette année, pour le prix Pinocchio « Greenwashing ». Comme l’énonçait Boileau :

Hâtez-vous lentement, et, sans perdre courage,

Vingt fois sur le métier remettez votre ouvrage…

Frédérick Moulin

Repost 0
Published by Militants de l'Espoir à gauche - dans Ecologie - Environnement
commenter cet article
11 novembre 2010 4 11 /11 /novembre /2010 01:59

sallies3sh1-1-.jpgFace à la fronde de plusieurs leaders socialistes contre le texte de Benoît Hamon sur l’Egalité réelle, Martine Aubry a décidé de soutenir son porte-parole et s’en est pris durement à ses adversaires.

Les associant clairement à la droite «nous n’avons pas de leçon à recevoir de la droite, ou de l’aile droite du Parti socialiste » a-t-elle déclaré, la première secrétaire a pris le risque d’ouvrir la guerre contre cette frange du Parti socialiste.
Condamnant les critiques "qui viennent toujours des mêmes trois grincheux", la socialiste n’a pas apprécié les propos tenus par ces cadres du Parti dans les médias. Mais au final, elle n’a pas pu empêcher le résultat calamiteux de mercredi lors du vote au conseil national (parlement du Parti) avec seulement 54 pour.


François Hollande, Manuel Valls, Pierre Moscovici, Gérard Collomb ont quant à eux réussi a faire entendre leur voix de candidat aux primaires contre l‘alliance Aubry/Hamon. Une voix d’élus attachés à la réalité du terrain dans un Parti qui compte de moins en moins de militants. Contraignant la première secrétaire à soutenir son porte-parole sur une ligne « gauche », ils ont pu ouvrir une autre ligne politique plus réformiste qu‘ils considèrent comme plus crédible. Reste que Martine Aubry est aussi liée par son alliance avec Dominique Strauss Kahn …, difficile de s’y retrouver dans ces combinaisons qui rappellent la triple entente. L’Angleterre s’était alliée contre l'Allemagne avec son adversaire historique la France et la République française avec la Russie tsariste pourtant aux antipodes par son régime.

Pour l’ancienne candidate de la gauche en 2007, Ségolène Royal, les risques que font peser ces guerres internes sur la réussite en 2012 sont trop grands. Parce qu’elles nuisent à la crédibilité des socialistes, c’est-ce qui lui a valu son échec en 2007 face à Nicolas Sarkozy, elles peuvent à nouveau empêcher l‘alternance pourtant espérée par les Français pour un changement de politique. D’où son intervention pour appeler les socialistes à rester dans le collectif, à maintenir l’unité pour porter la gauche à la victoire en 2012.

 

Philippe Allard

Repost 0
Published by Militants de l'Espoir à gauche - dans Parti socialiste
commenter cet article
10 novembre 2010 3 10 /11 /novembre /2010 16:39

Ségolène Royal à Arcueil  Plusieurs leaders du Parti socialiste n’ont pas hésité à monter en première ligne ces dernières heures pour critiquer ouvertement le travail de Benoît Hamon sur l‘Egalité réelle. De Gérard Collomb encore ce matin sur les ondes de France Inter à François Hollande, les voix se font de plus en plus discordantes chez les socialistes. Pierre Moscovici parle « d’opacité », Manuel Vals réclame un « projet crédible », il manque selon lui « la base essentielle » : le chiffrage.

 

 Alors que les critiques au Parti socialiste fusent contre le texte de Benoît Hamon , Ségolène Royal, au-dessus de la mêlée, a souhaité apporter son soutien pour le travail réalisé qui comporte selon la socialiste "des choses excellentes".

 

 Donnant en cette période la priorité au travail collectif, la socialiste a surtout voulu apporter sa contribution. Condamnant avec force depuis la fête de la fraternité à Arcueil le désastre de la politique gouvernementale sur l’emploi des jeunes, la socialiste a obtenu que ce thème soit déclaré « grande cause nationale » la première année du prochain quinquennat si les socialistes l’emportent.  

  Quant aux critiques sur le texte, Ségolène Royal a voulu rappeler que ce ne sont pas les socialistes qui manquent aujourd’hui de crédibilité mais bien le pouvoir en place qui vient de faire adopter une réforme sur les retraites qui « n’est pas financée ». Le financement des retraites a été repoussé après l’élection de 2012 ! Dans cette période difficile, pour les Françaises et les Français, de remise en cause des acquis sociaux, la socialiste veut l‘unité des socialistes pour travailler sur le fond et préparer sérieusement l‘alternance

 

Face aux divisions, l’ancienne candidate à l’élection présidentielle, qui n’a pas oublié la situation de 2007, voit le danger du réveil des vieux démons du Parti socialiste. Oubliant les attaques, chassant les rancœurs, la socialiste veut tirer un trait sur le passé et porter l’unité des socialistes en 2012 pour les Françaises et les Français.

Alors que les tensions au PS semblent se ranimer à l’approche des Primaires, la Présidente de Poitou-Charentes, a rappelé les socialistes à leur devoir. "Ce qui est très important c’est le fond des propositions", "il y a suffisamment de travail à faire" selon la socialiste pour repousser les divisions.

Certes pour Ségolène Royal il est normal que « certains se positionnent » pour les Primaires mais pas aux dépens « de l’intérêt collectif » car « unis les socialistes peuvent gagner, unie la gauche peut gagner, divisée elle perdra ».

 

Philippe Allard

.

Repost 0
Published by Militants de l'Espoir à gauche - dans Parti socialiste
commenter cet article
9 novembre 2010 2 09 /11 /novembre /2010 01:54

262-cartables.1255259025Le Monde sur le dos

Dessin de Martin Vidberg

Le président Obama a un certain nombre de dossiers « en cours » ou en passe d’entrer en phase d’application. Ces dossiers seront soumis d’une manière ou d’une autre au Congrès au cours des prochains mois : ce sont les « dossiers suspendus » de Barack Obama.

Quel renouvellement pour les réductions d’impôt de George W. Bush ?

Le premier dossier à être examiné sera le dossier des réductions d’impôts accordées en 2001 et 2003 sous la présidence de George W. Bush, qui arrivent à échéance au 31 décembre 2010. L’examen devra donc se faire lors de la « lame duck session », la session des deux mois à venir, qui aura lieu avec la majorité démocrate sortante des deux chambres.

SUB-FISCAL-popup.jpg

Le président George W. Bush signant sa loi de réductions d'impôt en 2001 (Kevin Lamarque/Reuters)

Cet examen permettra aussi  à chacun des deux camps de juger des intentions réelles de l’autre. L’élément de friction porte sur le renouvellement des réductions d’impôt pour les revenus supérieurs à 250 000 $ par an. Le président Obama souhaite ne pas renouveler les réductions pour cette catégorie de revenus, « pour les millionnaires et les milliardaires », tandis que les Républicains veulent renouveler les réductions d’impôts pour tous les Américains, quels que soient leurs revenus.

« Commençons par les points sur lesquels nous sommes d’accord », a expliqué le président Obama, « nous voulons tous rassurer les Américains des classes moyennes. Aucun d’entre nous ne veut qu’ils se réveillent le 1er janvier avec un impôt à payer plus élevé. C’est la raison pour laquelle je crois que nous devrions accorder des réductions d’impôt permanentes aux familles gagnant moins de 250 000 $ par an. Ce qui correspond à 98% des Américains. Mais dans une période où l’on va demander aux gens de faire de si douloureux sacrifices, je ne vois pas comment nous pouvons nous permettre d’emprunter 700 Md$ supplémentaires [sur 10 ans] à d’autres pays pour rendre toutes les réductions d’impôt de George W. Bush permanentes, même pour les 2% d’Américains les plus riches. Nous creuserions encore plus nos déficits et transmettrions ce fardeau à nos enfants. »

Un terrain d’entente semble se dessiner, qui consisterait à voter des réductions d’impôt temporaires pour les revenus supérieurs à 250 000 $ par an, un ou deux ans par exemple, et à accorder des réductions permanentes ou plus longues en dessous de ce seuil. Mais les Républicains souhaiteraient coupler les réductions en dessous et au-dessus du seuil ; ils aimeraient aussi relever le seuil de 250 000 $ à 1 M$, mais ne devraient pas être entendus. En revanche, la durée des réductions d’impôt pour les revenus les plus élevés pourrait être négociée, sans devenir permanente, par exemple contre une extension de l’aide aux sans-emploi de longue durée, qui sont 2 millions et dont l’aide arrive à échéance le 30 novembre.

Les Républicains seront jugés sur leurs actes : un sondage sortie des urnes indiquait que seulement 40% des électeurs souhaitaient que les réductions d’impôt de George W. Bush soient rendues permanentes pour tous les Américains, y compris ceux qui gagnent plus de 250 000 $ par an. Un sondage à méditer pour les Républicains.

La réforme emblématique de l’assurance-santé

 Le dossier le plus emblématique qui sera débattu au Congrès sera celui de la réforme de l’assurance-santé… dont la loi a été pourtant promulguée le 23 mars 2010, après des mois de guerre de tranchées législatives. La réforme de l’assurance-santé doit permettre à terme d’assurer 95% de la population, alors que 51 millions d’Américains ne le sont pas à ce jour ; la réforme entrera progressivement en vigueur entre 2011 et 2018.

620_2779_file_autres_plantu_obama.jpg

Dessin de Plantu

Cette réforme est au cœur de l’offensive Républicaine ; elle est tellement associée à la détestation du président Obama que les Républicains l’ont baptisée « Obamacare ». Les Républicains ne sont pas en mesure d’essayer une attaque frontale, d’abroger la loi. Mais Eric Cantor, (futur) numéro deux républicain à la Chambre des représentants, martèle : « Si la totalité de l’ « Obamacare » ne peut pas être immédiatement abrogé, alors il est dans mon intention de l’abroger morceau par morceau, en bloquant le financement de sa mise en place et en bloquant la promulgation des arrêtés nécessaires à cette mise en place. ». Mitch McConnell, le leader républicain au Sénat, a annoncé lui aussi qu’il souhaitait couper les financements de la nouvelle loi. Le porte-parole de la Maison-Blanche, à qui l’on demandait si le président userait de son droit de veto pour combattre les projets de loi visant à supprimer les financements de l’assurance-santé, a répondu : « Je ne pense pas que nous en arriverons là. ».

JP-HEALTH-3-popup.jpg

Conférence de presse républicaine en décembre 2009 ; à gauche le projet de loi démocrate (Luke Sharett/The New York Times)

Les deux camps veulent éviter, selon le New York Times, une « fermeture du gouvernement », rendu incapable de gouverner, un « shutdown », comme celui de 1995 qui, à bien des égards, avait fait causé un tort considérable à la majorité républicaine de la Chambre des représentants et au Speaker d’alors, Newt Gingrich, face au président Bill Clinton : le président Bill Clinton avait été réélu confortablement, face au leader de la majorité sénatoriale républicaine, Bob Dole.

La tactique du président Obama sur le dossier de l’assurance-santé va certainement consister à prendre l’opinion publique à témoin : la Maison-Blanche a annoncé qu’elle allait souligner la façon dont la nouvelle loi protège les assurés et leur permet de mieux maîtriser leur assurance-santé. L’administration travaille avec les Démocrates du Sénat pour faire passer des auditions publiques au cours desquelles les assurés expliqueraient comment ils ont déjà bénéficié des bienfaits de la loi. Le président Obama dispose d’un allié de poids au Sénat pour ces auditions : le sénateur démocrate Tom Harkin de l’Iowa, l’architecte de la loi, qui est le président de la Commission à la Santé.

Obama2006Sept550.jpg

Le sénateur démocrate Tom Harkin et Barack Obama (Scott Morgan/Getty Images)

Il reste que les sommes en jeu sont considérables : 5 à 10 Md$ sur 10 ans seront nécessaires pour déterminer qui pourra bénéficier de crédits d’impôts et de subventions pour rendre l’assurance-maladie abordable, autant pour apporter les modifications nécessaires aux programmes anciens Medicare, Medicaid, et au marché privé de l’assurance-santé.

En face de ces dépenses, la loi a provisionné 1Md$ pour « dépenses administratives fédérales », ce qui sera insuffisant.

La loi a aussi provisionné 11 Md$ pour que les centres de santé communautaires assurent la couverture santé de 20 millions de personnes à bas revenu, dont beaucoup seront de nouveaux assurés. De nombreux Républicains s’étaient exprimés en faveur de ces cliniques, dont George W. Bush, mais la nouvelle majorité républicaine semble plus réticente : elle s’est engagée sur une « limitation budgétaire stricte », où les programmes nationaux seront soumis à un vote annuel du budget. Les Démocrates étudient la possibilité de réorienter les budgets des agences fédérales prévues pour d’autres programmes.

L’opinion publique est globalement très légèrement pour l’abrogation de la loi sur l’assurance-santé : un sondage sortie des urnes a montré que 48% des Américains souhaitaient que la loi soit abrogée, mais que 47% souhaitaient qu’elle reste en l’état ou qu’elle soit encore étendue. Mais des questions plus concrètes sur des aspects de la loi ont montré une adhésion bien plus large : le travail d’explication aux Américains à travers notamment des auditions d’assurés au Sénat semblent une façon habile de gagner les faveurs de l’opinion pubique.

La politique budgétaire et la gestion de la dette

Un autre dossier brûlant sera celui de la politique budgétaire et de la gestion de la dette. La réduction des dépenses budgétaires est une des promesses électorales des Républicains : réduire immédiatement le budget d’au moins 100 Md$ dès la première année. Eric Cantor, le numéro 2 républicain, propose même sur son site web « YouCut » 160 Md$ de coupes budgétaires supplémentaires, ce qui porterait le total à 260 Md$. Ces coupes annoncées seraient les plus importantes jamais vues aux Etats-Unis.

subPOLICY-popup

Le représentant républicain Eric Cantor (Michael Reynolds/European Pressphoto Agency)

Aussi spectaculaires soient-elles, ces coupes seront insuffisantes pour éponger le déficit fédéral prévu, de 1 400 Md$ : la dette, de 13 700 Md$ vendredi 5 novembre 2010, va croître. Or la dette est limitée par la loi à 14 300 Md$, une limite qui devrait être atteinte au premier semestre 2011 : il faudra alors à nouveau augmenter le plafond de la dette, en votant une nouvelle loi. Le Tea Party et sa quarantaine de représentants sont totalement opposés au relèvement du plafond de la dette, et en feront un test pour les autres Républicains. Mais la raison devrait l’emporter : sans le vote d’une loi pour relever le plafond de la dette, ce serait le défaut de paiement des Etats-Unis d’Amérique. Tout simplement impensable.

Et puis où tailler dans le budget ? Diminuer les dépenses – et surtout ne pas augmenter les impôts – exigera des coupes importantes. 15% du budget annuel porte sur les budgets thématiques votés chaque année – agriculture, commerce, justice, défense, sécurité intérieure, environnement, etc – et ce pourcentage n’augmente pas. 40% du budget porte sur les programmes au budget « automatique » : Medicare, Medicaid, Sécurité Sociale (assurance chômage, retraite fédérale, assurance invalidité, …) ; et 23% sur la sécurité nationale : ces deux types parties du budget augmentent. Les analystes estiment que les budgets les plus touchés seront ceux de l’éducation, du Service des Parcs Nationaux, de la recherche pour la santé, et du FBI, des programmes qui sont très importants aux yeux de la plupart des Américains.

22-04-08---Nick-Anderson---US-analysts---Pentagon.gif

"Analyste militaire indépendant", en automate remonté par un clé en forme de Pentagone (Ministère de la Défense)

Ils seront d’autant plus mis à contribution que les Républicains refusent de toucher au plantureux budget du PentagoneAfghanistan oblige, à celui des vétérans, et à celui de la sécurité intérieure. M. Cantor souhaiterait sévèrement brider la croissance de Medicare, Medicaid et de la Sécurité sociale, mais il est conscient que le président Obama veillera comme un aigle sur ces programmes. Les Démocrates estiment que sur ce terrain, les Républicains pourraient s’embourber : en 1995, ils avaient essayer de contenir les dépenses de cantine scolaires, et ils s’étaient mis à dos les parents d’élèves. Les Démocrates s’attendent à des événements similaires si les Républicains touchaient aux bons de nourriture ou aux allocations chômage alors que le chômage reste élevé et que le nombre de personnes pauvres augmente.

08gillibrand2_650.JPG

Les sénateurs démocrates Charles E. Schumer (à droite) et Kirsten E. Gillibrand, de l'Etat de New York (Nathaniel Brooks/TNYT)

« Pour reconquérir le Congrès, nous devrons concentrer nos efforts sur les familles à revenu moyen », souligne le sénateur démocrate Charles E. Schumer de l’Etat de New York. Actuellement, les Américains sont partagés sur les priorités budgétaires : un sondage sortie des urnes montraient que pour 37% des électeurs, la priorité était de « dépenser plus pour créer plus d’emplois », et pour 39%, elle était de « réduire le déficit ».

Le plan climat du président Obama

La grande victime de la victoire républicaine à la Chambre des représentants en particulier et au Congrès de façon plus générale est déjà l’ambitieux plan climat du président Obama, dans un pays où 62% de la consommation énergétique est fournie par le gaz et le pétrole, et 22% par le charbon. Le président Obama a concédé : « Je pense que de nombreux Républicains ont fait campagne contre le projet de loi sur l’énergie qui a été votée l’an dernier à la Chambre des représentants, alors il est peu probable que la loi soit votée en deuxième lecture cette année, l’an prochain ou l’année d’après. ». Maintenant que les Républicains détiennent au moins 29 sièges de gouverneurs sur 50, la mise en place des initiatives environnementales qui ont vu le jour dans plus de la moitié des Etats va être ralentie ou stoppée.

318-atmosphere.1260357220

"Beaucoup d'argent à sphère" : le poids du lobby industriel - le plan climat ne sera pas voté (dessin de Martin Vidberg)

Barack Obama espère cependant obtenir un accord bipartisan sur la montée en puissance de l’électricité d’origine nucléaire, sur l’exploitation du gaz, et sur les ventes de voitures électriques.

Le président Obama compte également sur le pouvoir réglementaire de l’Agence de Protection de l’Environnement (EPA), validé par la Cour Suprême, pour limiter les émissions de CO2 dans le cadre du Clean Air Act.

La réforme du système financier

Les Républicains, très liés aux milieux d’affaires et aux banquiers de Wall Street, sont étrangement muets sur le devenir de cette loi. Il faut dire que les banquiers de Wall Street sont désignés par les Américains comme les responsables numéro 1 de la crise. La presse américaine a été presque muette sur ce dossier, qui ne devrait pas rencontrer d’obstacle, sous les yeux attentifs des Américains.

Le nouveau traité de non-prolifération nucléaire Start avec la Russie

Barack Obama et sa Secrétaire d’Etat, Hillary Clinton, veulent boucler ce traité de désarmement nucléaire au plus vite avec le président russe Medvedev. L’accord signé en avril prévoit un maximum de  1 550 têtes nucléaires pour chaque pays. Il doit être ratifié par 67 sénateurs : ce sera difficile avec 59 sénateurs démocrates ou indépendants pendant la « lame duck session », ce sera impossible avec seulement 53 sénateurs démocrates. Le président Obama doit donc essayer de faire ratifier l’accord Start avant la fin 2010, et obtenir le vote du sénateur républicain Jon Kyl de l’Arizona, qui devrait lui amener une douzaine de votes républicains et lui permettre de ratifier le traité. Jon Kyl réclame des contreparties, et fait monter les enchères.

07policy1_span-articleLarge.jpg

Le président Obama et le président Medvedev à Washington en juin 2010 (Pete Souza/White House via European Pressphoto Agency)

D’un autre côté, la non-ratification de l’accord serait perçue comme un aveu de faiblesse par M. Medvedev et par la nomenklatura russe. Cela pourrait amoindrir les chances de M. Medvedev d’être réélu en 2012, et renforcer le camp de ceux qui veulent garder des liens avec l’Iran. La vente par la Russie d’un système anti-aérien sophistiqué S-300 à l’Iran, qui a été suspendue, pourrait reprendre, et Israël pourrait déclencher des frappes préventives contre les installations nucléaires iraniennes, frappes qui seraient rendues inefficaces une fois le système mis en place en Iran. Dimanche prochain, le président Obama rencontrera le président Medvedev au Japon, et le lendemain, la « lame duck session » s’ouvrira.

260-bon-point.1255094525

Barack Obama froid, distant et trop professoral (dessin de Martin Vidberg, www.martinvidberg.com)

En conclusion, sur l’ensemble de ces dossiers, c’est le peuple américain qui sera seul arbitre par son vote en 2012. Barack Obama, volontiers présenté comme froid et distant, professoral, tout le contraire de l’extraverti Bill Clinton, a bien compris le message de ces élections, et ne refera probablement pas les mêmes erreurs. En 2012, il aura la puissance de frappe de la Maison-Blanche derrière lui. Les Républicains sont comme des enfants gâtés qui découvrent leurs cadeaux de Noël ; ils commettront probablement des erreurs et leur marge de manœuvre est étroite malgré leur victoire à la Chambre des représentants.

32076085.jpg

En 2010, les indépendants, les électeurs les plus nombreux et les plus changeants, ont voté contre le président Obama, contre la situation économique. En 2012, les Républicains seront jugés sur leurs performances, politiques et économiques à leur tour.

Frédérick Moulin

Repost 0
Published by Militants de l'Espoir à gauche - dans Actualité internationale
commenter cet article
9 novembre 2010 2 09 /11 /novembre /2010 01:52

240-obama.1225859982

Dessin de Martin Vidberg

Et maintenant, que doit faire le président Obama, notamment sur les grands chantiers engagés ? Quelle stratégie doit adopter le parti républicain ? Déjà, tous les esprits sont tournés vers les élections de 2012, et vers la course à la présidence. Le temps est raccourci. Les primaires commenceront en janvier 2012, et les candidats à la candidature mettront en place des comités exploratoires dès le début 2011.

L’argent, le nerf de la guerre

Autre sujet dans tous les esprits : l’argent. Les candidats et leurs amis auraient dépensé, selon le New York Times, au moins 4 Md$ pour les « mid-term elections » de 2010, et les comptes ne sont pas arrêtés. Les 4,1 Md$ dépensés lors de la campagne présidentielle de 2004 devraient être dépassés, et déjà on est loin des « mid-term elections » de 2006 (2,8 Md$). Le New York Times évoque des dépenses moyennes d’environ 43$ par votant, à comparer à 33$ en 2006. Le record cette année a été remporté par la Républicaine du Tea Party Sharron Angle, avec 87$ par votant, qui a cependant été battue par le leader de la majorité démocrate au Sénat, Harry Reid, qui a dépensé 74$ par votant, dans l’Etat du Nevada. L’argent n’achète pas tout.

Les principaux protagonistes

C’est dans ce contexte que se retrouvent les principaux protagonistes. Le président Obama et l’administration de la Maison-Blanche d’une part.

1435115_3_d6b9_barack-obama-tire-les-enseignements-de-l-ech.jpg

Barack Obama à la Maison Blanche le 3 novembre 2010 (Reuters/Larry Downing)

Dans ses déclarations du lendemain des élections, le 3 novembre, le président Obama a clairement tendu la main aux Républicains : il a dit aux (futurs) leaders républicains des deux chambres qu’il était « prêt à travailler avec eux. ». Par ailleurs, il a invité les leaders républicains et démocrates du Congrès (4 de chaque parti) à une réunion bipartisane suivie d’un dîner à la Maison-Blanche, portant notamment sur les réductions d’impôt de la présidence de George W. Bush, qui arrivent à échéance, et sur le nouveau traité Start de non-prolifération nucléaire avec la Russie.

1435170_3_1886_john-boehner-a-droite-et-mitch-mcconnell-a.jpg

Les leaders républicains Mitch McConnell, à gauche, et John A. Boehner, à droite (AP/J. Scott Applewhite)

Les leaders républicains d’autre part : Mitch McConnell, leader de la minorité sénatoriale, Sénateur du Kentucky, dont le mandat est en cours, et John A. Boehner, probable futur Speaker de la Chambre des représentants, représentant du 8ème district de l’Ohio.

jp-REPUBS-articleLarge.jpg

John A. Boehner, le futur Speaker républicain de la Chambre des représentants, à la tribune. Eric Cantor (à gauche) et Kevin McCarthy (à droite) (Drew Angerer/The New York Times)

À la Chambre des représentants, où le nouveau Speaker ne sera élu qu’en janvier 2011, lors de la prise de fonction du nouveau Congrès, la situation est tendue : les numéros 2 et 3 républicains, Eric Cantor (Virginie) et Kevin McCarthy (Californie), tout comme John Boehner, ne semblent pas aptes à défendre les intérêts du Tea Party aux yeux d’une héroïne de ce « parti », Michele Bachmann (Minnesota).

bachman-popup.jpg

Michele Bachmann, debout au milieu, saluant des ékectrices récemment à Woodbury, dans le Minnesota (Allen Brisson-Smith/TNYT)

Mme Bachmann a annoncé son intention de postuler pour la place de numéro 4 au sein du groupe républicain à la Chambre des représentants ; elle a mené la campagne la plus chère du pays : 6,5 M$ avaient été dépensés au 24 octobre 2010 pour sa réelection (21,5$ par votant).

15nevada_337-395-popup.jpg

Le sénateur démocrate Harry Reid, à droite, et son adversaire malheureuse du Tea Party Sharron Angle (Mark Ralston/AFP-Getty Images)

Les leaders démocrates enfin : le leader de la majorité démocrate au Sénat, Harry Reid, sénateur du Nevada, d’une part.

JP-HEALTH-1-articleLarge.jpg

La Speaker démocrate Nancy Pelosi à un meeting en 2009 au Capitole à Washington, présentant la réforme de l'assurance-santé (Luke Sharrett/The New York Times)

Et d’autre part le futur leader de la minorité démocrate à la Chambre des représentants, qui sera choisi au plus tard en janvier 2011 : Nancy Pelosi, ancienne Speaker de la Chambre, représentante du 8ème district de Californie (San Francisco), a d’ores et déjà déposé sa candidature. Celle-ci devra s’imposer, ce qui n’est pas encore gagné car Mme Pelosi symbolise la défaite des Démocrates aux « mid-term elections », et en tant qu’ancienne Speaker, elle est la deuxième personne dont les Républicains veulent la tête après le président Obama, ce qui ne faciliterait pas une « cohabitation » à l’américaine. Mais les Démocrates « rescapés » à la Chambre des représentants sont les moins modérés, et l’actuel numéro 2 démocrate, Steny Hoyer (Maryland), de la Chambre ne souhaite pas devenir leader, supprimant ainsi le plus sérieux de ses opposants actuels.

Le décor institutionnel

Le décor institutionnel est planté : le prochain Congrès entrera en fonction le 3 janvier 2011. D’ici là, la majorité démocrate sortante dans les 2 chambres siège toujours, et cherchera certainement à faire passer quelques textes pendants urgents : c’est la « lame duck session », la session du « canard boiteux ». Cependant, cette session devrait se concentrer sur la forme que prendra le renouvellement des réductions d’impôt votées en 2001 et 2003 sous la présidence de George W. Bush et arrivant à échéance au 31 décembre 2010 : ni les Démocrates ni les Républicains ne veulent qu’une majorité d’Américains voient brusquement leurs impôts augmenter au 1er janvier 2011.

official-photo-of-110th.jpg

Sénat Américain (U.S. Senate, Senate Photo Studio)

Une fois entrés en fonction, les Républicains seront certainement à l’initiative de nombreux projets de lois à la Chambre des représentants, mais qui se heurteront à deux obstacles : la majorité démocrate au Sénat, et le veto présidentiel. En théorie quasi-infranchissables, ces obstacles peuvent s’évanouir. D’une part, la solidité de la (courte) majorité démocrate sénatoriale – il semble qu’on en restera à 53 sièges sur 100 – n’est pas acquise. En effet, en 2012 un tiers des sénateurs sera renouvelé, mais les Démocrates auront beaucoup plus à perdre : ils défendront 23 sièges, y compris les deux indépendants alliés au sein d’un caucus, contre seulement 10 pour les Républicains.

veto-736113.gif

D’autre part, le veto présidentiel ne peut être renversé que par une majorité des deux tiers dans chacune des deux chambres, ce qui paraît bien improbable – il manque aux Républicains 14 sièges au Sénat et environ 50 sièges à la Chambre des représentants – mais le président Obama hésitera à faire un usage trop fréquent de ce droit : « Aucun parti n’est en mesure de dicter la suite des événements. Nous devons trouver un terrain d’entente pour relever des défis extraordinairement difficiles. », a-t-il souligné le 3 novembre. « Un parti n’a pas le monopole de la sagesse, je propose un débat honnête. ». Le président Obama a cependant tracé une ligne rouge : « La clé sera de savoir distinguer entre ce qui n'amène pas de croissance, ce qui n'est pas un investissement pour l'avenir et les choses qui sont indispensables pour garantir la croissance future du nombre d'emplois. ».

Enfin, le double obstacle de la majorité démocrate au Sénat et du veto présidentiel peut être contourné de deux façons par une Chambre des représentants républicaine : en premier lieu, les Républicains pourraient utiliser le Congressional Review Act de 1996, mécanisme peu utilisé qui permet de rendre caduque une loi avant son application grâce à une « résolution de désapprobation ». Mais ce mécanisme peu faire l’objet d’un veto présidentiel.

CongressMoney

La Chambre des représentants républicaine pourrait "tirer les cordons de la bourse"

En second lieu, les Républicains pourraient chercher à assécher les financements des grands projets présidentiels, à « tirer les cordons de la bourse » pour étouffer les lois dans l’œuf. Le pouvoir de nuisance et de créativité du Congrès dans ce domaine est illimité. De la même manière, les lois allant dans le sens de la mise en oeuvre des grands projets présidentiels seront soumises à l’examen sans concession de la majorité républicaine de la Chambre des représentants, ce qui renforce encore son pouvoir d’étouffement.

Frédérick Moulin

Repost 0
Published by Militants de l'Espoir à gauche - dans Actualité internationale
commenter cet article
8 novembre 2010 1 08 /11 /novembre /2010 00:28

martin-vidberg

Par Najat Vallaud-Belkacem

«…C’est même à ça qu’on les reconnaît » aurait pu dire Michel Audiard… chaque semaine qui passe me conforte dans cette intuition.

Ça ose suggérer la suppression du salaire de Martin Hirsch qui a eu le mauvais goût de dénoncer les conflits d’intérêt ; mais ça ose dans le même temps s’adonner allègrement aux nominations de complaisance au Conseil économique et social ou au Conseil d’État où on pourra désormais se rendre en patins à roulettes ou à vélo…

292-medusem.1229678974

Dessin de Martin Vidberg inspiré du "Radeau de la Méduse" de Géricault (www.martinvidberg.com)

Ca ose prétendre que la France a bien résisté à la crise quand les derniers chiffres officiels font état de 4,6 millions de chômeurs et de précaires tenus hors d’un emploi a temps complet et durable ; ça ose et continuer d’afficher un taux de chômage à 4,5% d’ici trois ans, quand il flirte aujourd’hui avec les 10% ; ça ose fonder le désendettement de la France sur des prévisions de croissance sans rapport avec la réalité, quitte à soutenir un très gros mensonge à la face de l’Europe… pour combien de temps encore ?

162-carte-vitale.1244140258.jpg

Dessin de Martin Vidberg (www.martinvidberg.com)

Ça ose la démagogie de supprimer l’aide médicale d’État aux sans-papiers au mépris de leur santé et des risques sanitaires d’une absence d’accès aux soins ; ça ose aussi réduire de près de 2 milliards d’euros l’aide au développement dans les prochains budgets de l’État sans doute parce que ça pense que la misère, comme la maladie, est plus facile à vivre au soleil…

10102401 PLANTU+X1PL ori.567

Dessin de Plantu

Ça ose rester sourd aux mouvements sociaux soutenus par 60% de la population, comme aux mises en garde des économistes, libéraux ou keynésiens, sur les insuffisances de la réforme à sauver nos retraites, ça ose, comme le disait avec émotion Pierre Mauroy au Sénat il y a quelques jours, « liquider en catimini » la retraite à 60 ans comme si on pouvait abolir l’histoire;

618 delinquant juvenile

Dessin de na!

Ça ose resservir, par la voix de Jean-Marie Bockel cette fois (tristement très bon élève du sarkozysme à la veille du remaniement), l’antienne de la détection dés l’âge de deux ans de la délinquance. Comme toutes les droites réactionnaires du monde, obsédées du contrôle social, ça convoque génétique et neurosciences en renfort des politiques sécuritaires et d’une justice automatique qui soigne par injonction, condamne par présomption ou enferme par précaution sur la seule foi de la dangerosité…

309_droits-de-lhomme.1288952542.gif

"Sarkozy parle des droits de l"homme", dessin et texte de Martin Vidberg (www.martinvidberg.com)

Ça ose parler des droits de l’homme avec Hu Jintao (ça c’est bien !), « parce qu’il n’y a pas de tabou sur la question des droits de l’Homme » (dixit Nicolas Sarkozy). Question: Ont-ils parlé du dissident Liu Xiaobo, prix Nobel de la Paix, quant au même moment, des réfugiés politiques chinois en France étaient embarqués manu militari pour avoir manifesté au passage du cortège ? Ont-ils aussi évoqué les récentes décisions du Conseil constitutionnel et de la Cour européenne des droits de l’homme sur la garde à vue, l’affaire des Roms, l’état des prisons françaises, l’espionnage des journalistes par les renseignements français qui sont autant d’atteintes aux droits de l’homme dans notre vénérable démocratie ?

26393456

Dessin de Pancho

Alors c’est vrai, cela pourrait être pire, on pourrait avoir Sylvio Berlusconi comme Président et « Benga, Benga » comme information quotidienne… Il n’empêche que Villepin m’aura vraiment enlevé les mots de la bouche le jour où il soulignait : « Nicolas Sarkozy est aujourd’hui un des problèmes de la France et parmi les principaux problèmes qu’il faut régler et qu’il est temps que la parenthèse politique que nous vivons depuis 2007 soit refermée »!

Blog de Najat Vallaud Belkacem, dimanche 7 novembre 2010

Repost 0
Published by Militants de l'Espoir à gauche - dans Actualité
commenter cet article

Page D'accueil

  • : Militants de l'Espoir à gauche
  • Militants de l'Espoir à gauche
  • : Militants de l'Espoir à gauche réunit toutes celles et tous ceux qui soutiennent la ligne politique de Ségolène Royal pour une gauche démocratique, sociale, et écologique.
  • Contact

La fabrique AGIS !

dominique bertinotti (2)Dominique BERTINOTTI (75), Philippe ALLARD (75), Amale CHEBIB (75), Fabien SECHERRE (75), Françoise DEGOIS (75), Cyril CIBERT (86), Cécile FORTINEAU (23), christian CHOTARD (91), Eliane LEMAGNEN (64), esfand KHALAF (90), Laure BARGUILLET (87), Ahmed LAARAJ (30), Isabelle MALBERTI (75), Guy VERDIER (13012), catherine CANTAU (40), gilles CAILLET (91), Noëlle PLANCHAIS (56250), Gérard JABUT (69), Jocelyne BERDU (75), Jean-Pierre GUILBERT (75), Hélène MERMBERG, , Eric BRUN (63), Stéphanie SMANIOTTO,Eric CORNIER (33), Joelle FERAL, Gerard RAISER, Catherine RUBIO (33), Didier ANTONELLI, Nabil SANTO (75), Eliane LEMAGNEN (64), Céline LOOT, Pierre NSIMBA-DELEZAY (93), Marianne-Ségolène GINDREY (62), , Monique BONNIN (37), Jean-François THILLET (43), Jacqueline BOULET, Alain MAIRE (76), Caroline BERTRAN, Jacques MAZELLA (44), Christiane CHIROL, Rodrigue KOKOUENDO (77), Robert SIMON (75), francoise LALLIER (78), Sylvette GIRARD (28), claudine MOURET (41000), alban GUAY (37), roland ASTIER (38), mirella GOULOIS (62300), Michel CHARPENTIER (73), marie-neige PHILIPPE (44), Jean Jacques BAUGÉ (37), rachida MAZARIE (94), jacqueline LAKSANDER (2), pierrette LARDREAU (19100), martial LEHOUX (24), Rene PHILIPPEAU (91), Jean-Pierre HERY (2), Christine MALCOR (91), Jean KOMOROWSKI (33), , , Patricia VAN HALUIDYN (86), Claude BILLARDON (75), J-RAYMOND MAGUEUR (29), Claire CLAUDE (49), David VIEILLE, Laetitia DE WARREN (69), Georges RAULT (35), Michel CHATAIGNER (76), Chantal DEPUERS (6), YOLANDE PAVAN (93270), Maïté CAZAUX (33), Colette CHARBONNE (31), Hiroko KOMORI (75), M.J. SINAT (77), France-Marie NESPO-BIAIS (78000), Elisabeth HUSSON (75), Martine TREGRET (91), Andrée & Marie-Paule AUFAURE (3), Bernard JANODET (69), Yves FRUCHON (69), christiane NOUGARET (30), véronique SAINT-PAUL (75020), Marie-Noëlle VIBERT (94), Annick LE ROY (91), micheline HAREL (75), francoise QUELIN (77), jean baptiste TROUPLIN (75020), Elisabeth ARNAUD (33), Jean BRUNEL (13), Maryse MARTIN (17), Jacques ERNEST (92), Maurice BUTTIN (75015), Alain DRONEAUD (72430), Norel Houda AUMONT-GHÉDIR (75), Vanessa BAUDAT SLIMANI (45), CLAUDE TARRIERE (92500), Gérard PARCOT (91), FRANCK DAGORNE (56890), Ariane MATHIEU (77), Philippe POIGNANT (50), , Nadine AMIEL (75), Bernard FERRÉ (78), José THIOLLET (86), jerome DOUADY (38), Marcel AMIEL (75), arsene BOUTERFA (93500), sylvie SAINT PIERRE (95100), , Aurélien LONGÉ-LÉTANG (86), Fabrice BERARDI (13), Hubert TERRIGHI (47), Martine LEBRUN (94130), jean BURNELEAU (85), Marie FARRET (16), Janine CRESPIN (75013), sandrine PIERRON (86), cartier FLAVIEN (86), Dominique MENNESSON (94), Pierre BRUSSELLE (94), Eric DUCROS (86), , Romain ZARKA (75), Brigitte BEAUMANOIR (95), Olivier SALVANO-LUBESPÈRE (75), francoise ROZAN (12), Francine GILBERT REULIER (92), Christian AGON (75003), alain PIQUET (76), Laetitia CHEVROT (63), CHRISTIANE GOMEZ (86), Marc BONNICHON (33), Joëlle DE CORTE (17), Nadjet BOUCHIKHI (13), Yves FRUCHON (69), maryleine SIGRIST (5), Françoise CLEOSTRATE (34), Sébastien COUDRY (25), nicolas METIVIER (86), pierre HUYARD (17), Cécile GUILBERT (63), Bonaventure MBAYA (91), Bernard JANODET (69), Régis COTTET (86), martial LEHOUX (24), anthony ROUSSEAU (86), jean claude MAURIN (30), Jean-Claude CHEBROU (63), bruno OLIVIER (78), Jean-François VIONNET (26), ...

Pour rejoindre la fabrique socialiste AGIS : link