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17 février 2011 4 17 /02 /février /2011 08:07

Ségo 0

Le 27 mai 2009, 10 jours avant les dernières élections européennes, Ségolène Royal intervenait à un meeting organisé par le Parti socialiste à Rezé, en Loire-Atlantique, non loin du fief électoral de Jean-Marc Ayrault, président du groupe socialiste à l’Assemblée nationale. L’ambiance était à la fête, et les MJS étaient enthousiastes et faisaient retentir des cornes de brume.

C’était avant une abstention record de 59,37% et une UMP arrivée en tête avec 27,88% des voix seulement.

C’est devant un public galvanisé que Ségolène Royal a achevé son discours d’une demi-heure par le brossage des contours de ce que devraient être, selon elle, les Etats-Unis d’Europe.

Très applaudie, elle a rappelé que face à la crise,  la réponse passera par « l’Europe unie des peuples d’Europe ».

Pour Ségolène Royal, la voix des peuples d’Europe passera par « un Parlement [européen] à l’avant-garde de la démocratie » et d’un « gouvernement démocratique, pas seulement d’un gouvernement économique, pas seulement d’un directoire de la zone euro », bref, d’un véritable gouvernement européen.

Autres changements préconisés : des listes électorales « transnationales » et non plus nationales, l’élection d’ « un président de l’Europe » : « À vous de décider que le moment est venu de créer les Etats-Unis d’Europe », martèle Ségolène Royal à l’attention des candidats socialistes aux élections européennes.

Pour soutenir les députés européens dans leur travail, L’ex-candidate aux élections présidentielles de 2997 suggère : « Appelez les Parlements nationaux en renfort, ils vous rejoindront , appelez les peuples en soutien, ils convergeront. ».

Le but des Etats-Unis d’Europe ? « Une Europe plus juste, plus attentive, plus démocratique, plus efficace, plus passionnée, plus combative aussi pour la paix du monde », répond Ségolène Royal, citant alors le gel des avoirs de la junte militaire birmane pour faire libérer Aung San Suu Kyi, à l’époque encore retenue prisonnière par le régime birman.

Et de prévenir :

« Ou l’Europe marche vers l’unité politique, ou elle se disloquera dans les nationalismes. Et souvenons-nous de François Mitterrand : « Le nationalisme, c’est la guerre. ». Et bien nous ici les socialistes, nous ne voulons pas de guerre du tout, mais nous ne voulons pas non plus de guerre économique de tous contre tous, où l’homme devient un loup pour l’homme. »

Frédérick Moulin

 


Chers amis, chers camarades, je voudrais m’adresser pour conclure à nos candidats dont je souhaite qu’ils soient demain, partout à travers tout le pays et à travers toute l’Europe, nos députés européens.

Je voudrais leur dire, et ils le savent, combien grande est la mission d’un élu du peuple. Mais la vôtre, la leur, est particulière. Elle est unique. Demain à Strasbourg et à Bruxelles vous serez les représentants des peuples de l’Union Européenne. Vous serez les peuples d’Europe. Vous serez porteurs de nos espérances, alors ne les décevez pas. Vous travaillerez, vous assisterez aux séances, vous ferez des lois, vous ferez tout cela et nous le savons.

Mais vous devez faire plus. Vous devez faire l’Europe unie, l’Europe unie des peuples d’Europe. Et votre mandat sera peut-être historique, il dépend de vous qu’il le soit.

La crise arase les statuts, les salaires dévalent la pente, l’insécurité sociale grandit, le climat, malade, bouleverse nos équilibres, l’environnement est pollué par la cupidité, alors il y a urgence.

Et comme toujours dans ces moments-là, les mauvais démons de la xénophobie, du nationalisme revanchard, ou de la haine communautaire sont à l’affut.

Public 1

Alors il faut que les peuples s’unissent. Et pour cela, il faut que les élus, les députés, donnent l’exemple de l’union et le signal de la marche en avant, car face au péril, nous aurons besoin d’un continent uni ; face au danger, nous aurons besoin d’un Parlement à l’avant-garde de la démocratie en Europe, portant la voix des peuples ; nous aurons besoin d’un gouvernement démocratique en Europe, pas seulement d’un gouvernement économique, pas seulement d’un directoire de la zone euro, car quand les dangers se font plus pressants, nous devons décider ensemble de notre avenir.

Il est là le moment ; il est là, le rêve d’hier des bâtisseurs ; elle est là, la nécessité pour demain, le tournant, le message secret des Berlinois qui éboulaient le mur de Berlin, rassemblant deux villes en une seule, deux Europes en une seule. Eh bien, c’est cela qu’attendent même confusément les peuples. Et c’est cela qui les dépite, tellement nous répondons en deçà de leurs désirs, de nos désirs parfois les plus enfouis.

Nous, peuples d’Europe, nous ne demandons pas une directive de plus, même si c’est utile ; nous ne demandons pas un règlement de plus, même si c’est indispensable. Nous, peuples d’Europe, qui voulons une vie meilleure – que nous disent-ils ? – nous voulons plus d’Europe, et mieux encore, une Europe de plus.

Une Europe plus juste, plus attentive, plus démocratique, plus efficace, plus passionnée, plus combative aussi pour la paix du monde, une Europe qui, par exemple, serait capable de se dresser contre la junte birmane, gelant leurs avoirs financiers (Applaudissements) pour obtenir la libération d’Aung San Suu Kyi (Applaudissements et cornes de brume, Martine Aubry et Jean-Marc Ayrault applaudissent au premier rang), par exemple en soutenant la proposition de la Fédération internationale des droits de l’Homme, qui a proposé de priver la junte birmane de ses revenus gaziers en les versant sur un compte placé sous séquestre et sous le contrôle de la communauté internationale, tant que persistera en Birmanie l’asservissement d’un peuple. Voilà l’Europe que nous voulons voir se lever ! (Applaudissements)

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Alors, à vous, députés européens, socialistes et de gauche, de saisir toutes les occasions pour faire bouger les lignes, et de laisser envahir d’espoir les travées du Parlement européen ; à vous de décider que nos prochaines listes seront transnationales ; à vous de décider que nous élirons un président de l’Europe ; et surtout, à vous de décider que le moment est venu de créer les Etats-Unis d’Europe ! (Applaudissements, puis applaudissements et cornes de brume) C’est vous qui le ferez ! Saisissez l’occasion. Saisissez cette occasion. Ne la laisser pas passer, elle sera historique. N’écoutez pas le moment venu ceux qui vous diraient que ce n’est pas votre mandat.

Les délégués des États Généraux n’avaient pas reçu non plus le mandat de décréter les droits de l’Homme, et pourtant ils l’ont faitEt qui songerait aujourd’hui à leur reprocher ? (Applaudissements et cornes de brume) N’hésitez pas, députés socialistes, à faire rentrer l’Europe dans l’histoire : appelez les Parlements nationaux en renfort, ils vous rejoindront – n’est-ce pas Jean-Marc ? Appelez les peuples en soutien, ils convergeront. Des obstacles vous en aurez, les forces de l’argent vous barreront le chemin, et si vous trébuchez, relevez vous, reprenez votre souffle, pour continuer l’effort jusqu’à la ligne d’arrivée. Et ce jour-là, enlevez vos écouteurs, et écoutez le tumulte des places et des rues, la joie et la fête, un langage qui se passe de traduction, le langage des peuples unis, ce jour-là vous proclamerez les Etats-Unis d’Europe, et si ce n’est pas ce jour là, ce sera le lendemain, et si ce n’est pas le lendemain, remettez vous au combat et à l’ouvrage, mais ce jour viendra.

Sinon l’alternative nous la connaissons parfaitement, il n’y aura pas d’échappatoire, lorsqu’il faudra dresser les bilans : ou l’Europe marche vers l’unité politique, ou elle se disloquera dans les nationalismes. Et souvenons-nous de François Mitterrand : « Le nationalisme, c’est la guerre. ». Et bien nous ici les socialistes, nous ne voulons pas de guerre du tout, mais nous ne voulons pas non plus de guerre économique de tous contre tous, où l’homme devient un loup pour l’homme.

À l’opposé, nous les connaissons, les ciments politiques des Etats-Unis d’Europe : la justice sociale, au service de l’efficacité économique, une démocratie exemplaire, un combat écologique, et des libertés toujours plus grandes. Les socialistes se sont donnés la mission de l’Europe unie, sociale, humaniste. C’est aux socialistes, fidèles à leurs promesses, de préparer le grand destin politique qu’attendent les peuples du continent. C’est à nous de le commencer dans le futur Parlement européen : d’abord, vous aurez, comme vous l’a dit souvent Martine, vous aurez, futurs députés européens, mandatés par des peuples impatients, une très grande responsabilité. Nous vous regarderons. Nous vous soutiendrons. Concentrez-vous sur l’essentiel, car à force de sacrifier l’essentiel à l’urgent, on oublie l’urgence de l’essentiel. Eh bien nous, nous ne l’oublions pas, rendez-vous le 7 juin, et que pas une voix ne manque. (Applaudissements et cornes de brume)

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15 février 2011 2 15 /02 /février /2011 08:20

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(MEAGSR/F.M.)

L’UPP « Etats-Unis d’Europe, tout ce qui nous rassemble », organisée mardi 8 février par DA Paris 15ème et par DA 92 au Patronage Laïque dans le 15ème arrondissement de Paris, a rassemblé des intervenants de 4 nationalités : française, allemande, italienne et espagnole.

Barbara Revelli, du Partito Democratico (PD), était la voix de l’Italie. Délégué à l’Assemblée nationale du parti, représentant Paris, on la retrouve notamment intervenant à la tribune à l’avant-dernière Assemblée nationale en octobre à Busto Arsizio, près de Varèse, sur le site parisien du Partito Democratico (en italien, cliquez ici). Comme le montre le site, partitodemocraticoparigi.org (cliquez ici), l’actualité est plutôt tournée vers la volonté de faire démissionner Berlusconi (une pétition circule en première page) : on peut lire : « Presidente Berlusconi, lei ha disonorato l’Italia agli occhi del mondo », ce que tout le monde aura compris, et qu’on entend beaucoup en France aussi ses jours-ci, pour un grand ami de Berluskozy, Sakoni…

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Dessin de Pancho

Le Partito Democratico (PD) est récent : il a été fondé le 14 octobre 2007. Il est issu de la majeure partie des partis qui ont formé la coalition de l’Olivier, apparue dans les années 1990, et qui a gouverné l’Italie, en propulsant seule ou avec des alliés à la tête de l’Etat les Présidents du Conseil Romano Prodi (1996-1998 et 2006-2008), Massimo d’Alema (1998-2000) et Giuliano Amato (2000-2001).

Mais le Partito Democratico est donc composite. Au niveau européen, l’Alliance progressiste des socialistes et des démocrates au Parlement européen (S&D) réunit depuis les élections de juin 2009 le PSE et le Partito Democratico, le Parti démocrate italien, pour réintégrer certains des partis membres de l’ancienne coalition de l’Olivier qui siégeaient au Parlement européen avec les libéraux-démocrates de l’ADLE, principalement les élus de La Margherita (centre).

L’intervention de Barbara Revelli a été particulièrement intéressante, d’abord parce qu’elle nous a permis de nous rafraîchir la mémoire – l’Italie fête le 150ème anniversaire de son unification sous la bannière des Etats de Savoie, à l’exception notable mais temporaire de la région romaine (états pontificaux qui ne tomberont qu’avec la chute le l’allié Napoléon III en 1870) et de la Vénétie, reprise à l’Autriche suite à la capitulation de celle-ci devant le royaume de Prusse à Sadowa en 1866.

Dès lors il a beaucoup été question de faire l’Europe en appuyant sur les régions, loin de notre vision centralisatrice. On a aussi découvert que les régions italiennes et française n’avaient pas attendu et que certaines s’étaient alliées au sein d’un Groupement Européen de Coopération Territoriale (GECT), groupement juridique et non pas seulement économique, comme les 5 régions du Piémont, de la Ligurie, du Val d’Aoste, de Rhône-Alpes et de PACA (Provence-Alpes-Côte d’Azur) : 110 000 km2, 17 millions d’habitants, et de régions parmi les plus riches des deux pays.

De fait, Barbara Revelli a touché du doigt le quadruple défi des niveaux locaux, nationaux, européens, et globaux.  Et elle a pointé que la clé de ces défis, c’est la volonté politique. Un thème cher à Ségolène Royal, qu’elle développait lors de son discours à la Fête de la Fraternité 2010, à Arcueil :

« Je crois beaucoup à l’articulation entre le local et le global. Pour moi il n’y a pas l’échelon noble qui serait l’échelon national, et puis l’échelon secondaire, qui serait l’échelon territorial. Car comme l’ont dit tout à l’heure les deux représentants syndicalistes qui sont aujourd’hui élus à mes côtés, ce que l’on fait concrètement quand on a le pouvoir de faire, c’est ce qui permet de mesurer la volonté politique le courage politique, et de dire que ce qui se fait sur un territoire, oui, peut être fait au niveau national. »

Pour revoir l'intervention de Patrick Ardoin AVEC la vidéo, cliquez ici.

Frédérick Moulin

 


envoyé par Desirsdavenir92


 

Intervention de Barbara Revelli, déléguée du Partito Democratico

Retranscription par MEAGSR/F.M.

Tout d’abord merci de cette invitation, parce que dès qu’il s’agit de parler Europe, moi je suis toujours partante, et je vais commencer en vous disant que justement le Partito Democratico vient de publier très récemment plusieurs documents de travail. En fait le Partito Democratico est organisé avec une assemblée interne de 1000 délégués, dont 44 sont élus à l’étranger, ils sont résidents à l’étranger, et Paris a deux délégués, moi et la Secrétaire de la section de Paris Beatrice Biagini.

Donc nous avons plusieurs groupes de travail auxquels nous participons, et on a eu 3 assemblées, au mois de mai, au mois d’octobre, et la dernière le week-end dernier, à Rome, et au sein de ces assemblées on a, à chaque fois, eu des commissions de travail qui se sont penchés sur plusieurs sujets, thèmes, qui souvent sont déclinés aussi dans une inscription européenne, à chaque fois on le regarde du point de vue national, et puis on l’inscrit dans une vision européenne.

Il y a un document qui a été publié, qui est disponible sur le site internet du Partito Democratico qui parle justement Europe, et qui se penche sur la question de l’Europe. Et l’Europe dans ce document est a priori une Europe fédérale, ou le fédéralisme n’est pas indiqué dans sa constitution comme quel fédéralisme, mais Europe fédérale sous-entend Europe de gouvernance économique, d’intégration institutionnelle, d’intégration politique, d’intégration de vision d’investissement économique, et donc c’est un chantier ouvert qui laisse la place bien évidemment à tout le débat possible.

Certes est que cette vision se greffe et s’inscrit sur une vision que peut-être vous tous vous connaissez déjà très bien, qui était celle de Romano Prodi, lorsqu’il était président de la Commission, il l’a été entre 1999 et 2004, il a beaucoup travaillé à l’intégration des pays de l’Est et le Partito Democratico considère que cette intégration n’est pas encore achevée, il y a encore les Balkans, la Croatie à intégrer, il y a la question turque, et surtout, il y a le chantier méditerranéen.

Cette vision d’intégration, j’essaierai ce soir de l’inscrire sur des chantiers qui sont par contre déjà ouverts du point de vue administratif et qui existent.

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(MEAGSR/F.M.)

Comme vous le savez, dans le dernier quinquennat, la cohésion territoriale a été la priorité phare de l’Union Européenne. Une cohésion territoriale de laquelle l’Italie s’est tout de suite saisie ; l’Italie c’est un pays qui a une forte tendance à la politique régionale. Aujourd’hui, nous célébrons cette année le 150ème anniversaire de l’unité de l’Italie. Alors, c’est une unité ‘soufferte’, disons qu’on parle de dynamique européenne, nous nous sommes encore dans une dynamique italienne, donc nous aimons énormément la dynamique, nous sommes toujours ouverts à cette dynamique, et je pense que, de ce point de vue, la crise italienne, les difficultés de l’Italie qui sont nombreuses, je ne vais pas vous faire un dessin de ce qui se passe actuellement en Italie, mais à chaque fois c’est difficile à gérer mais ça ouvre des nouveaux chantiers, des nouvelles perspectives de solutions.

Et de ce point de vue, je veux dire que l’Italie a été très présente dans les politiques de cohésion territoriale proposées par l’Europe. Et il y en a une en particulier qui s’appelle le GECT, la directive du GECT, qui est le Groupement Européen de Coopération Territoriale, qui a déjà vu le jour en 2009 dans les régions du Piémont, Ligurie, Val d’Aoste, Rhône-Alpes et PACA, qui se sont constituées sous forme de GECT, pour une coopération territoriale commune, et c’est un cadre juridique, c’est-à-dire à la différence du GIE, qui était le Groupement d’intérêt économique, là nous sommes dans un cadre juridique.

GECT

Groupement Européen de Coopération Territoriale (GECT), qui a déjà vu le jour en 2009 dans les régions du Piémont, de la Ligurie, du Val d’Aoste, de Rhône-Alpes et de PACA

Pourquoi je vous cite cette question ? Je vous cite cette question parce que je crois qu’aujourd’hui l’Europe se trouve face à 3 défis, trois différents défis. C’est le défi national, le défi local, aujourd’hui les villes bénéficient énormément de financements européens, et puis c’est le défi global. Comment harmoniser ces 3 niveaux ? Quatre, parce que si on considère aussi l’Europe, quatre.

Aujourd’hui, les directives européennes, les projets de financement européens dessinent de nouvelles frontières, le GECT en est un exemple, donc des nouvelles cohésions territoriales, dessine des nouvelles capitales, parce qu’on a plusieurs capitales européennes qui ne sont pas forcément des capitales de nations.

Or faire face à tout ça veut dire avoir des perspectives, des horizons, des horizons qui sont, j’espère, prochainement de plus en plus communs au sein du PSE et du groupement parlementaire socialiste et démocrate, parce qu’effectivement il y a une forte division, une forte division de vision qui est due à un manque de confiance réciproque.

Chaque nation a sa propre manière de s’organiser institutionnellement, chaque nation a sa propre culture institutionnelle, chaque citoyen étant citoyen national et européen a sa propre culture de légalité, et chaque nation, voire chaque ville, chaque région, a sa propre politique d’intégration, et donc sa propre vision de l’intégration de l’immigration.

Et je crois que tout ça nous met face à un défi, qui, certes, une fois qu’on le met en exergue de cette manière semble impossible, mais en fait qui vaut la peine d’être relevé parce que ce sont tous ces exemples qui nous mettent dans la position de comprendre quel type de politique européenne nous souhaitons dans un cadre, j’espère, parlementaire à gauche prochainement, très prochainement.

Et je crois que, et ça le Partito Democratico le souligne tout particulièrement, qu’avoir la capacité d’avoir une vision du rapport entre le territoire et l’Europe nous permet aussi de mieux décliner nos campagnes électorales, parce que la difficulté de faire rentrer dans l’esprit des électeurs l’Europe et de les mener à ce vote est souvent cette idée d’éloignement : mais Bruxelles, c’est un lieu où il y a les techniciens qui décident pour nous, et puis chacun décline à sa propre manière les directives…

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(MEAGSR/F.M.)

En fait, si on avait la capacité et le courage de croire qu’en campagne électorale parler Europe n’éloigne pas l’électeur, donc si en fait on arrive à parler Europe dans les campagnes électorales non européennes, campagnes électorales administratives, régionales, départementales, parlementaires italiennes, en fait on fait toujours l’inverse, on a tendance à inscrire le débat parlementaire national à l’intérieur de campagnes électorales européennes, donc il faudrait peut-être commencer à inverser la tendance de la manière de s’organiser de ce point de vue.

Et l’autre chose que je pense assez importante, c’est la capacité justement de mettre le territoire, donc ne pas penser l’Europe et le territoire, mais le territoire et l’Europe, nous permet aussi de mieux comprendre les proximités culturelles, parce que quand on les regarde du point de vue national parfois, on a du mal à comprendre quelles sont les similitudes, et en fait quand on se confronte sur la capacité d’administration territoriale, la capacité d’administration nationale, on dit : « Ah, mais on a le même problème ! », « Ah, mais tiens, ou, mais nous aussi ! »

Donc il y a selon moi une non-volon… un méfiance, une méfiance, Faire confiance c’est pas évident, mais je pense qu’on a des outils, et là je crois que, sans vous donner une solution de fédéralisme parce que j’en suis tout à fait incapable, et surtout je n’ai aucune réponse à cette question, je pense justement plutôt que le fédéralisme est une dynamique, comment être en cohésion avec l’Europe que nous avons et qui n’est absolument pas définie et dessinée.

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(MEAGSR/F.M.)

Nous pouvons, nous, la saisir, et décider qu’est-ce qu’elle va devenir. Il faut juste penser qu’on peut la dessiner, et pour pouvoir la dessiner, il faut être un peu plus unis, et je trouve qu’on est très divisés, très partagés, alors qu’à droite, où les divisions sont très fortes, quand il s’agit de soigner les intérêts communs, ils y arrivent toujours, à un moment ou à un autre ils trouvent toujours la bonne solution pour être quand même bien décidés sur les choses à faire et à mener, et les politiques à appliquer.

Donc moi je me limite à vous dire qu’il y a déjà des exemples qui existent de cohésion territoriale, qui sont encore embryonnaires mais qui son exemplaires peut-être de l’horizon qu’on pourrait dessiner, en partant des sujets, du vif du sujet, comment le décliner en fonction européenne. Merci.(Applaudissements, « Bravo ! »)

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14 février 2011 1 14 /02 /février /2011 08:41

Ségo 3 applaud

Ségolène Royal était en déplacement en Dordogne jeudi dernier. À la ferme Guérin, le dos à l’enclos de 80 vaches, elle a réuni dans la grange 500 agriculteurs, y compris les femmes qu’elle avait invitées à déjeuner à Lunas, qui ont écouté plusieurs intervenants pendant près d’une heure, dont elle-même qui a fait un discours de près de 30 minutes sur le monde agricole et la ruralité, ainsi que sur de nombreux thèmes liés, comme la spéculation sur les denrées alimentaires, les banques et les fonds de pension, ou la disparition des services publics en milieu rural, et l’Ecole de la République, gravement menacée. Ségolène Royal a beaucoup été applaudie, et l'ambiance a été des plus chaleureuse. L'empathie flottait dans l'air, et les intervenants étaient émus. 

Animée par Emmanuel Español, conseiller régional socialiste de la région, les discours ruraux de la Grange, appelons les ainsi, ont vu passer un certain nombre de personnalités politiques locales et de témoins locaux, qui ont chacun témoigné des problèmes du monde rural :

-Béatrice Patrie, adjointe au maire de Bergerac, « proche de Ségolène Royal et de ses idées depuis le lancement des premiers Désirs d'avenir », comme elle l’annonce elle-même, ancienne juge d'instruction, juge d'instance, juge aux affaires familiales et présidente de tribunal de grande instance ; elle a également été présidente du Syndicat de la Magistrature ;

-Bertrand Guérin, agriculteur éleveur, l’hôte de la réunion, avec ses 80 vaches laitières, qui a été le 1er Bergeracois à se lancer dans la méthanisation, la transformation d’effluents animaux et de déchets végétaux en énergie ;

Thomas Merillier

Thomas Merillier, viticulteur familial à Gageac-et-Rouillac, pendant son allocution

-Thomas Merillier, viticulteur familial à Gageac-et-Rouillac,

-Michel Castagner, maire d’une petite commune proche de Nojasl-et Clottes, Bardou - Emmanuel Español ne voudra pas parler de ‘petit maire’,

-Christine Dolivet, infirmière, qui a parlé de l’accès au soins en milieu rural,

-Germinal Peiro, député de la 4ème circonscription de Dordogne et secrétaire national du PS à la ruralité et à la mer, qui nous a livré un discours très intéressant sur la sécurité alimentaire, et a apporté un vibrant hommage à Ségolène Royal : « Avec tous les élus qui sont là à te recevoir, tu es la bienvenue dans ce département, où tu es considérablement appréciée, il faut le dire ; j’en suis très heureux, parce que tu es une figure éminente du Parti socialiste, qui compte aujourd’hui et qui compte depuis plusieurs annéesJ’ai mené à tes côtés la campagne de 2007, sur ces questions agricoles et sur ces questions de ruralité, et j’en garde un excellent souvenir. »,

-Ségolène Royal,

-et Sophie Poux, productrice de lait de la région de Moissac à laquelle Nicolas Sarkozy avait promis de rendre visite l’an dernier dans l’émission « Paroles de Français » et qui avait marqué l’émission en déclarant l’an dernier que du fait des prix très bas du lait proposés aux agriculteurs, elle était obligée d’emprunter pour survivre.

De nombreux élus locaux étaient présents : le maire de Villeréal, Pierre-Henri Arnstam, celui de Bergerac, Dominique Rousseau, ou encore le candidat socialiste aux cantonales, Jean-Luc Patrie, qui se présente face au maire indéboulonnable de Beaumont-du-Périgord, dont le canton est celui de Nojals-et-Clottes, parmi de nombreux exemples.

Puis Ségolène Royal a invité la salle a prendre un verre de l’amitié, elle-même devant se rendre entre-temps à l’interview d’i>TELE.

Ségo DA

Ségolène Royal : "Venez à Désirs d’avenir, parce que nous avons à construire ensemble justement notre avenir commun."

Avant de partir, elle a proposé aux agriculteurs qui l’avaient écoutée de la retrouver, ainsi que la vidéo des discours de la Grange, en adhérant à Désirs d’avenir, une idée à méditer pour les adhérents DA qui organisent une UPP :

« Alors nous nous retrouvons autour du verre de l’amitié, et si vous voulez apporter vos idées, débattre, revoir aussi ce moment de fraternité et de travail, de réflexion, et d’amitié que nous venons d’avoir ensemble, plusieurs centaines de personnes, c’est vraiment un moment merveilleux, eh bien venez à Désirs d’avenir, parce que nous avons à construire ensemble justement notre avenir commun. »

Seule Ségolène ? Décidément pas ! Les Français du monde rural et les élus étaient nombreux à cette réunion. Un espoir s’est levé avec ce discours, et Ségolène Royal a réussi à captiver les agriculteurs de Dordogne et leurs élus.

 

 


Quelques heures plus tard, Mickael Poillion, l’agriculteur du panel de « Paroles de Français », parlait à Nicolas Sarkozy des thèmes évoqués par Ségolène Royal à la ferme Guérin : abandon de la puissance publique à travers la réforme de la PAC, utilité de l’agriculture pour nourrir la population française et mondiale, transmission de son exploitation à ses enfants. Mickael Poillon n’a pas été convaincu par le chef de l’Etat (voir ici). Il était pourtant le représentant des Jeunes Agriculteurs (JA) du Nord, proches de la FNSEA, supposés être proches de l’UMP. Mais les temps changent (voir le blog de Mickael Poillion ici).

Ah, si Ségolène avait été présidente de la République, Mickael Poillion aurait eu, au moins, de vraies réponses à de vrais problèmes, et non de vagues promesses…

Frédérick Moulin

 


envoyé par segolene-royal

 

Discours de Ségolène Royal à la ferme Guérin à Nojals-et-Clottes (à 27 min 50s)

Retranscription du discours par MEAGSR/F.M.  

Bonjour, bonjour à tous et à toutes. C’est vraiment un bonheur de vous voir aussi nombreux ici, rassemblés en cette heure, en plus ensoleillée, dans cette campagne magnifique où on sent déjà que le printemps est là, presque prêt à jaillir de ces arbres bientôt en fleurs. Ça c’est de la politique comme je l’aime, des hommes et des femmes qui se rassemblent, qui se rassemblent pour dire quelque chose de fort et d’intense, parce qu’on prétend aujourd’hui que les Français sont découragés, sont inertes, se replient sur eux-mêmes. Donc à vous voir ici, plusieurs centaines d’hommes et de femmes rassemblés autour d’un sujet essentiel, celui de la défense de notre agriculture et de notre ruralité, eh bien moi je trouve que c’est très, très encourageant pour l’avenir, et merci d’être aujourd’hui aussi nombreux. (Applaudissements)

Merci à Béatrice, à Emmanuel, à Germinal, à Jean-Luc, à tous les maires ici présents, et aux agriculteurs et agricultrices, qui sont là, qui viennent de témoigner. Rien ne remplace le témoignage de celles et de ceux qui disent tous les jours ce qu’ils vivent, ce qu’ils subissent, qui le disent souvent d’ailleurs avec beaucoup de pudeur, beaucoup de retenue, même si on sait parfaitement que derrière les mots il y a beaucoup d’angoisse, beaucoup d’inquiétude, beaucoup de souffrance.

Et tout à l’heure nous avons eu le plaisir de partager un moment de convivialité avec un certain nombre de femmes, de femmes retraitées, de femmes actives, de femmes exploitantes, de femmes multi-actives, de femmes engagées aussi dans les métiers de la santé, dans les métiers de la culture, je les vois d’ailleurs, elles sont là toutes présentes. Et puis l’une d’entre elles – Jeanine je crois – disait : en 2007, on entendait un candidat à l’élection présidentielle, celui qui va s’exprimer ce soir, là, sur TF1, (Rires) qui avait dit exactement la phrase suivante : « Mais comment, c’est quand même insupportable de vivre avec un retraite de 400 euros par mois. ». Eh bien aujourd’hui, la situation n’a absolument pas changé à quelques centimes près, et aujourd’hui, le niveau de retraite des agriculteurs, et surtout des femmes d’agriculteurs, est toujours aussi misérable, et moi je dis que ce n’est pas juste, car la politique, c’est d’abord de tenir ses promesses. (Applaudissements, « Bravo ! »)

Ce n’est pas juste, et dans quelques instants, je vais avoir le grand plaisir de passer la parole à Sophie Poux, qui est là, qui nous a rejoints, qui a pris le temps de venir en proximité, une heure et demi de transport quand même pour venir, là. Sophie, je ne sais pas si vous la reconnaissez, sans doute, (« Oui ! » s’exclament certains) elle était là à la précédente émission du président de la République. C’est une femme agricultrice, productrice de lait, en grande situation de surendettement, et nous nous sommes retrouvées lors de la manifestation des femmes d’agriculteurs éleveurs à Poitiers, celles qui tirent la sonnette d’alarme, celles qui dans de nombreuses familles ont subi en effet plusieurs centaines, plusieurs centaines, en quelques années, de suicides d’éleveurs qui sont au bout du rouleau.

Sophie Poux 1

Sophie Poux intervient juste après Ségolène Royal et son franc parler fait rire Béatrice Patrie, Ségolène Royal et Bertrand Guérin ; Germinal Peiro applaudit

Le président de la République lui avait promis d’aller la visiter sur son exploitation, et ce soir il refait une émission. Eh bien Sophie l’attend toujours, dans son exploitation, et elle va vous dire tout à l’heure comment elle vit au quotidien la réalité de ce qu’elle dénonçait déjà il y a un an, et qui depuis un an s’est encore aggravé. Donc je vous demande de l’accueillir, et tout à l’heure nous lui passerons la parole. (Applaudissements)

Je veux dire ici solennellement à quel point le monde agricole, et le monde rural, est une partie essentielle de l’identité de la France, et que je n’accepte pas qu’il soit ainsi méprisé. Je veux aujourd’hui rendre la dignité au milieu rural, aux éleveurs, aux agriculteurs, sans lesquels, et d’ailleurs c’est l’une des femmes qui le disait encore tout à l’heure, sans lesquels la France ne serait pas ce qu’elle est. Nous avons une identité rurale très forte, trois Français sur quatre ont au moins leurs parents, leurs grands-parents, leurs arrière-grands-parents issus du travail de la terre.

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500 agriculteurs et élus locaux assistaient aux discours de la Grange, dont celui de Ségolène Royal (Désirs d'avenir)

Et jusqu’à présent il y avait une promotion sociale d’une génération à l’autre, aujourd’hui on voit ô combien c’est difficile, pour les jeunes même, de s’installer dans une profession pourtant qu’ils aiment, et qu’ils ont parfois partagée avec leurs parents, à quel point c’est difficile aujourd’hui, de plus en plus difficile, pour les éleveurs, pour les agriculteurs petits ou moyens, même d’imaginer, d’envoyer lorsqu’ils ont plusieurs enfants, d’envoyer leurs enfants faire des études supérieures. On avait encore un échange tout à l’heure, en montrant à quel point c’était plus facile paradoxalement dans les années 60-70, de pousser en avant ces enfants, soit dans des perspectives d’installation dans le métier d’agriculteur, soit dans la diversification professionnelle, parce qu’on pouvait alors espérer des temps meilleurs pour la génération qui se levait, la génération qui venait.

Et aujourd’hui si les Français sont si inquiets, c’est parce qu’ils sentent qu’il y a une dégradation, qu’on est tous collectivement tirés vers le bas, sauf pour quelques uns, qui continuent à s’enrichir. Et comment ne pas dénoncer, encore, aujourd’hui nous apprenons aujourd’hui, alors que le prix du lait n’a toujours pas augmenté, et que les producteurs sont toujours en aussi grande difficulté, qu’il y a eu une offre de rachat pour l’entreprise Yoplait, vous voyez l’entreprise Yoplait, celle qui transforme le lait, 1,6 milliards d’euros d’offre de rachat de l’entreprise.

Alors ça veut dire quoi ? Ça veut dire qu’il y a des solutions, c’est ça aussi que je veux vous dire aujourd’hui nous n’avons aucune raison de baisser les bras, nous devons remettre le milieu rural et le métier d’agriculteur au cœur des préoccupations du modèle français, parce que nous ne pouvons pas accepter non seulement la dégradation de toute une profession, de ses conditions de vie, de ses conditions de travail, nous ne pouvons pas accepter la misère des retraités qui ont donné toute leur vie, et l’une des femmes témoignait tout à l’heure que son père, qui était à la fois agriculteur le jour, ouvrier la nuit, c’est vous Madame je crois, qui avez apporté ce témoignage, Josiane, et qui disait que son père était décédé à l’âge de 60 ans, épuisé, c’est-à-dire qu’il n’avait même pas pu profiter d’une année de ses cotisations retraite ! Est-ce que c’est juste, cette situation-là ? Non, ça n’est pas juste. Eh bien c’est le travail de tous ceux là, ces hommes et ces femmes, qui a fait ce que la France est aujourd’hui.

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De gauche à droite : Jean-Luc Patrie, Germinal Peiro, Ségolène Royal, Christine Dolivet, Bertrand Guérin, Dominique Rousseau et Béatrice Patrie

Et comme le disaient Germinal et Béatrice tout à l’heure, bien évidemment qu’il y a des solutions, j’en suis convaincue. La première, on vient de le voir, c’est de faire en sorte qu’enfin, et ça a été combien de fois promis, c’est que la transparence des profits, des bénéfices, de la valeur ajoutée soit rendue publique sur toute la chaîne de production. Pourquoi est-ce que les transformateurs, les industriels, gagneraient autant d’argent ? Pourquoi est-ce que la grande distribution gagnerait autant d’argent, alors qu’eux, les agriculteurs et les éleveurs, de leur côté, voient leur pouvoir d’achat diminuer ? Il n’y a pas de solution ? Mais si, il y a des solutions, et l’engagement que je prends, c’est qu’enfin nous ferons la transparence sur toute la chaîne de production, pour savoir où vont les profits, où est la valeur ajoutée, pour qu’il y ait une juste répartition de la valeur ajoutée, de la production à la transformation vers la commercialisation.

La deuxième proposition, on le sait : en 2013 il y aura une réforme de la Politique agricole commune. Nous avons donc un rendez-vous politique majeur à ce moment-là, c’est maintenant que nous devons le préparer. Et il est bien évident qu’il y a quand même un paradoxe à voir les agriculteurs s’appauvrir, notamment les éleveurs, d’un côté, et de l’autre, voir de plus en plus de millions d’hommes et de femmes à l’échelle de la planète qui meurent de faim, et que ce problème est en train de s’accentuer, de s’accélérer, à cause de la spéculation sur les matières premières agricoles. Est-ce qu’il n’y a pas de solutions pour régler ce problème ? Mais bien évidemment qu’il y a des solutions pour régler ce problème.

Quelles solutions ? Eh bien, qu’est-ce qui se passe aujourd’hui ? Pourquoi il y a une spéculation sur les matières premières agricoles ? Parce qu’avant les fonds de pension et les banques plaçaient leur argent, leurs liquidités, dans le rachat des dettes, il fallait le faire déjà, c’est ce qui a expliqué d’ailleurs la crise financière insupportable : les dettes aux Etats-Unis d’Amérique, les salaires trop bas, donc l’endettement des ménages, la spéculation sur ces dettes, et puis tout d’un coup le système s’effondre, et ceux-là mêmes qui ont fait effondrer le système étaient ceux-là-mêmes qui rachetaient les dettes aux Etats et qui demandaient en contrepartie des politiques de rigueur alors qu’ils se sont enrichis sur ce système d’endettement des familles et des Etats.

Et aujourd’hui ce n’est plus rentable, et donc les masses financières se déplacent sur ce qui devient rentable. Et donc il y a une spéculation insupportable, sur le prix du blé par exemple, avec un impact y compris sur la rentabilité de nos exploitations agricoles. Mais c’est très simple, la solution. Là aussi on nous a promis, souvenez vous, dans le G20, qui devait réglementer le système bancaire, qui devait moraliser le capitalisme financier. On nous a raconté qu’on allait maintenant mettre des règles – enfin ! – au système bancaire, pour séparer les activités de prêts aux entreprises, c’est le rôle des banques, des activités spéculatives, qui elles ne devaient pas être renflouées par le contribuable.

Mais c’est très simple, au niveau des banques centrales, au niveau des Etats, au niveau du G20, au niveau du FMI, il faudrait décider tout simplement que les banques et les fonds de pension n’aient pas le droit d’investir sur les matières premières agricoles. Et ça ce sont des solutions qui ont été proposées par exemple par Barack Obama aux Etats-Unis d’Amérique, par Lula au Brésil, ce sont des solutions qui ont été revendiquées par les pays émergents et qui tardent à être mises en place, parce que le rapport de force au profit des puissances financières est encore si fort, que les pouvoirs politiques quand ils sont trop faibles n’arrivent pas à imposer un certain nombrent de règles.

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Alors il faudra, dans la perspective de la réforme de la Politique agricole commune, impérativement mettre en place une réforme des comportements bancaires pour qu’on puisse mettre en avant la priorité pour l’agriculture mondiale, de nourrir des hommes et des femmes, c’est quand même l’objectif premier d’une humanité, c’est quand même de faire en sorte que ce qui se produit sur le sol de la planète Terre puisse commencer par atteindre la lutte contre la famine. Et de ce point de vue, en effet, il y a une revendication légitime à ce que l’Europe se protège à ses frontières pour sa production agricole. Il n’y a aucune raison que les pays qui ne respectent ni les normes sociales, ni les normes environnementales, nous fassent une concurrence déloyale. Alors c’est un sujet tabou. On nous dit non, que c’est impossible, de mettre de la protection aux frontières.

Mais si, et cela va de pair d’ailleurs, et c’est la troisième proposition, le troisième grand pilier de la réforme qu’il faudra faire, cela va de pair avec la mise en place des circuits courts. Mais les circuits courts, ça s’applique y compris au niveau extrêmement local, que ce soient les producteurs locaux qui fournissent à la restauration aux domiciles, aux écoles, aux maisons de retraite, aux collèges, aux lycées, en flux direct.

Alors on nous dit parfois, je le sais parce qu’on me le dit à moi en tant que présidente de la Région Poitou-Charentes, grande région agricole, dans laquelle nous mettons en place des circuits courts, au départ on m’a dit : mais non, parce qu’il y a des appels d’offres, c’est impossible. J’ai dit : mettez dans le cahier des charges des appels d’offres le bilan carbone. Si on met dans les appels d’offres le bilan carbone, on va pouvoir favoriser dans les appels d’offres la production agricole qui subit le moins de déplacements sur les routes, sur les camions, etc.

On ne peut pas d’un côté faire des grands discours sur la croissance verte, et de l’autre ne pas intégrer les normes environnementales, y compris dans la réglementation administrative. Et donc nous avons réussi à mettre en place des circuits courts en valorisant le fait que les productions de proximité ayant besoin de moins de transport, donc polluant moins, puisqu’il n’y a pas besoin de les mettre sur des camions, et donc dès lors on était en droit de choisir en toute légalité la production de proximité. Mais c’est la même chose pour la … (Applaudissements)

[Ségolène Royal, surprise par les applaudissements, mais souriante] Vous êtes concentrés ! C’est pour ça.

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Et donc c’est vrai qu’une des perspectives, et un des enjeux, parce que moi je crois à l’avenir du monde rural, je pense qu’il y a, avec l’exigence environnementale, l’excellence environnementale et la croissance verte, une nouvelle opportunité extraordinaire d’avancer et de rendre à nouveau rentables, en sortant des vrais salaires, sur les petites et moyennes exploitations, en permettant aux jeunes aussi de s’installer et de continuer à penser qu’ils pourront eux aussi être des agriculteurs et des éleveurs.

Et je voudrais rendre hommage de ce point de vue aux frères Guérin, dans l’entreprise dans laquelle nous nous trouvons aujourd’hui, parce que justement ils démontrent, par leur action, par leur courage, par leur détermination, par leur esprit visionnaire, de ce qu’on a vu tout à l’heure, la méthanisation, avec la récupération des effluents du troupeau transformés en énergie, et cette énergie qui va même aller chauffer les habitations d’à côté.

 


envoyé par Ledemocrate

 


Donc vous voyez qu’il y a des perspectives porteuses dans le domaine agricole pour peu que l’on mette en place des règles fiscales, des règles de soutien, des règles environnementales qui vont permettre aux agriculteurs et aux agricultrices de s’engager, de prendre des risques, mais de prendre des risques sécurisés, parce qu’il y aura un Etat qui les accompagnera, qui va recibler les aides sur ces perspectives environnementales, qui va encourager l’agriculture biologique ou l’agriculture de terroir, qui va permettre de supprimer les pesticides et qui va permettre une compensation.

Et donc il y a une logique de développement agricole positive qui est devant nous, et je suis convaincue que nous pouvons remonter cette pente descendante que nous subissons aujourd’hui de façon aussi injuste. Je suis convaincue que l’ensemble des projets, liés en plus à la pluriactivité, qui marient harmonieusement et l’agriculture, et les productions de qualité, et le tourisme rural, et la qualité de vie, est possible si d’un autre côté l’Etat ne détricote pas l’ensemble des services publics.

Car tout se tient. Si demain nous arrivons à remonter la pense de la revitalisation de nos campagnes, il ne faudra pas que l’ensemble des services publics ait disparu. On le sait aujourd’hui, l’Ecole de la République est dramatiquement saignée par des suppressions de postes qui sont inadmissibles.

C’est d’ailleurs demain une journée nationale de mobilisation pour notre école, et nous devons tous être mobilisés, partout où il y a des disparitions de services publics, et ça ce n’est pas acceptable, parce que d’une certaine façon, c’est aussi une façon de diminuer le pouvoir d’achat des habitants en milieu rural, lorsque l’infirmière de tout à l’heure témoignait de la difficulté de faire son métier, lorsque tout à l’heure les femmes que je rencontrais me disait qu’elles ont du mal à trouver maintenant des médecins en milieu rural, même en construisant une maison de santé rurale de proximité, lorsqu’il y a de grandes angoisses sur la réforme de la dépendance : comment va-t-elle être financée ? De quelle façon ? Comment est-ce que les anciens vont accéder aux services de santé ? Comment le maintien à domicile va pouvoir être encouragé ?

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Christine Dolivet, infirmière en milieu rural, fait part de son expérience au micro

Ce sont à la fois des défis très importants à relever, mais si on s’y prend intelligemment, c’est aussi un potentiel de création d’emplois d’accompagnement, de soin à domicile, de toute l’évolution qui va permettre d’accompagner le grand âge de façon qualitative. Pourquoi est-ce que tous ces problèmes-là ne sont vus souvent que comme des problèmes budgétaires, comptables ?

Mais non, d’un autre côté, il y a aussi toujours un volet positif aux problèmes de société qui surgissent. Et c’est pourquoi moi je suis convaincue, et je l’ai toujours constaté, que dans le milieu rural, on comprend souvent bien avant tout le monde les différents enjeux. Par exemple les agriculteurs ont compris bien avant les autres professions, ou le reste de l’opinion publique, les enjeux de la mondialisation, parce qu’ils l’ont souvent subi dans leur métier bien avant tout le monde. Combien de fois ont-ils tiré la sonnette d’alarme par rapport à la compétitivité mondiale, par rapport à la difficulté qu’ils voyaient se profiler à l’horizon ? Ils n’ont pas été écoutés.

Eh bien je crois, aujourd’hui, que c’est la même chose. Dans le milieu rural, il y a une créativité et une innovation extraordinaires, et moi je suis convaincue que dans le nouveau modèle de civilisation que nous avons à construire, nous devons continuer à apprendre du travail de la terre dont nous venons tous, moi je suis tombée dedans toute petite, puisque j’ai vécu jusqu’à l’âge de 18 ans dans un village de 400 habitants, et je vois que finalement les choses n’ont pas beaucoup changé, avec le collège au chef-lieu de canton, le pensionnat au chef-lieu de région, etc.

Aujourd’hui je suis présidente d’une région très rurale, et ai débuté du département des Deux-Sèvres, le premier département producteur de chèvre, où j’ai été élue députée pendant 20 ans. Eh bien je vois aujourd’hui, comme ici, beaucoup de créativité, beaucoup de volonté, une énergie farouche de ne pas s’en laisser compter, et de faire en sorte qu’on ne puisse plus porter atteinte à la dignité du monde rural. Je ne veux pas que le monde rural soit oublié, et c’est pourquoi je suis contente d’être ici pour donne ma voix à ceux qui n’ont plus de voix, qui subissent, et qui veulent se faire entendre, qui ont entendu tant de promesses, et qui attendent toujours la réalisation de ces promesses.

Or il est évident que la France s’appuie sur une vitalité rurale importante, je le disais tout à l’heure, c’est une part essentielle de notre identité. On n’a pas le droit d’opposer les villes et les campagnes. Les villes se nourrissent de la culture des campagnes, la culture dans tous les sens du mot, la culture de la terre, mais aussi la culture des saisons, que parfois les enfants ne comprennent plus, ne voient plus, on leur fait manger des fruits d’hiver qui sont produits en été. Il faut retrouver le sens aussi des saisons, du temps, du temps lent aussi, des solidarités de voisinage, de la transmission des valeurs, des solidarités familiales.

On a encore plein de choses à apprendre de l’identité rurale, je ne veux pas que cette culture-là disparaisse. Je veux que l’on rende au milieu rural sa dignité. Je veux que le milieu rural soit encouragé. Je veux dire ici que la créativité, l’innovation, la productivité, dans ces nouvelles méthodes de culture, dans tout ce travail qui est fait autour des énergies renouvelables, dans l’exigence du bien manger, de la qualité, et je sais à quel point aujourd’hui c’est difficile pour les agriculteurs de s’engager sur une agriculture non polluante, ils ont tellement été formatés pour ça, on les a tellement poussés parfois aussi sur l’endettement, sur la mécanisation à outrance, sur les produits chimiques à outrance, et on commence seulement à parler, je ne sais pas si vous avez vu ce film, c’est « Nos enfants nous le reprocheront » [« Nos enfants nous accuseront », de Jean-Paul Jaud, NdlR], on commence seulement à parler des problèmes de cancer qu’ont provoqué les substances chimiques sur les agriculteurs eux-mêmes. Pendant longtemps ça a été tu, c’était un tabou, on commence seulement à en parler aujourd’hui mais oui, il faut en parler, parce qu’il y a une exigence de santé, non seulement pour les professionnels, pour les agriculteurs, mais une exigence de santé aussi pour les consommateurs.

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Mais ça aussi, ça va être producteur d’activité, d’emplois, de développement économique, puisque dès qu’il faut bouger, dès qu’il faut changer, dès qu’il faut produire autrement, mais on produit aussi de la valeur ajoutée, des entreprises nouvelles, des circuits courts qui sont très directement liés à la qualité alimentaire, la valorisation de nos produits, à un moment où on développe aussi l’activité touristique, et donc c’est un fleuron aussi, de notre production française.

C’est pourquoi moi j’ai confiance. Et puis à vous voir aussi nombreux rassemblés je sais que dans le milieu rural, on a compris qu’il fallait se serrer les coudes pour ne pas laisser le territoire se déliter, pour ne pas laisser tout aller à vau-l’eau, et moi je voudrais rendre hommage aux élus locaux de terrain, aux maires, ‘petits maires’ on disait tout à l’heure, mais ‘petit’ c’est un compliment, ‘petit’ ça veut dire aussi en proximité, ces petites communes, ces communautés de communes, ces conseillers généraux, ces parlementaires qui sont là en première ligne, qui se battent.

Et c’est vrai, honnêtement, sans le filet de sécurité des élus locaux qui bien souvent se substitue à l’Etat qui se désengage, mais il y aurait des territoires qui seraient totalement sinistrés aujourd’hui, on le voit bien, partout, sur les aides sociales, sur l’accompagnement, sur l’aide aux petites et moyennes entreprises, on le voit partout. Donc c’est ce réseau rural de proximité aussi qui permet de tenir bon, même si ça fait quand même 4 ans qu’on subit ! Et c’est dur. Et c’est le pouvoir d’achat qui est le problème central aujourd’hui, alors on fait diversion, sur tout le reste, sur la sécurité, sur tout ça, mais la sécurité première, c’est d’avoir un revenu décent, un salaire décent (Applaudissements nourris). La valeur travail première, c’est un travail qui paye correctement quand on a travaillé dur toute une journée pour pouvoir élever ses enfants, pour pouvoir les projeter vers l’avenir, pour pouvoir leur donner envie à leur tour de bien travailler parce qu’ils savent qu’au bout de l’effort il y aura un salaire décent. C’est ça, la sécurité au quotidien, c’est ça, ce que la politique doit essentiellement apporter aux hommes et aux femmes de notre pays. Et moi je sens votre énergie, votre volonté, votre présence ici, qui est déjà un signe très encourageant, parce que vous ne voulez pas subir, vous voulez par votre présence dire qu’un autre modèle de société est possible, qu’un autre chemin est possible. Eh bien je vous en fait la promesse, ce nouveau chemin nous allons le prendre ensemble, et c’est ensemble que nous définirons les nouvelles règles, justement, les nouvelles règles du ‘vivre ensemble’, et de faire en sorte que la France se relève et soit fière de son agriculture ! (Applaudissements nourris, « Bravo ! »)

On peut d’ailleurs échanger, hein, quelques questions, réponses, discuter entre nous, mais comme je vous l’ai promis, et je la remercie une nouvelle fois d’être là, je vais passer la parole à Sophie Poux, pour qu’elle nous livre, elle est un peu émue mais ça va bien se passer, voilà, et vous savez, moi je trouve que c’est très important, comme les témoignages que nous avons eus tout à l’heure, de donner la parole à celles et ceux qui représentent ce pour quoi moi je m’engage en politique, pour que la parole politique soit une parole de vérité. Il y a eu tellement de promesses, à droite et parfois à gauche aussi, que les gens ne croient plus dans les promesses politiques et ça, c’est grave. Et la politique c’est d’abord tenir parole. (Applaudissements)

Et pour tenir parole, il faut savoir au nom de qui l’on parle, et pour qui l’on parle : pas pour soi, parce que où irait-on chercher l’énergie qui continue à nous faire avancer ? Pourquoi je serais ici parmi vous, avec le bonheur que vous me donnez de vous parler et d’échanger, comme nous l’avons fait tout à l’heure, d’échanger là par vos regards, par vos paroles, par ce contact ? Où irait-on chercher cette énergie si ce n’est dans les hommes et les femmes qui nous disent : « Aidez nous, il y a d’autres solutions, vous êtes là pour les trouver avec nous, et surtout vous êtes là pour les mettre en application. ». Voilà ce que c’est que la politique ! (Applaudissements) Sophie.

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Published by Militants de l'Espoir à gauche - dans Actualité
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13 février 2011 7 13 /02 /février /2011 11:21

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(Christine Pichette)

« Etats-Unis d’Europe, tout ce qui nous rassemble » : tel était le thème de l’Université Populaire Participative (UPP) organisée mardi 8 février par Désirs d’avenir Paris 15ème et par Désir d’avenir dans les Hauts-de-Seine au Patronage Laïque, dans le 15ème arrondissement de Paris.

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Après un propos liminaire de Jean-Jacques Vacher de DA Paris 15ème, et une intervention introductive de Jean-Michel Théry de DA 92, des intervenants de 4 nationalités européennes différentes ont donné leur point de vue sur la construction européenne, et pour les étrangers, la façon dont leur pays, ou la gauche dans leur pays, appréhendait la notion hugolienne, reprise par Ségolène Royal, d’ « Etats-Unis d’Europe » : le contraste entre les témoignages des citoyens des différents peuples d’Europe s’est révélé particulièrement intéressant.

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De gauche à droite : Patrick Ardoin, Salim Abdelmadjid, Jean-Jacques Vacher, Elisabeth Humbert-Dorfmüller, Jean-Michel Théry, Barbara Revelli, et Pablo Botin Lopez (MEAGSR/F.M.)

Patrick Ardoin, de Désir d’avenir Paris, et adhérent au Parti socialiste, a donné son point de vue sur la position des Français. Puis Elisabeth Humbert-Dorfmüller, membre du Sozialdemokratische Partei Deutschlands (SPD), ou Parti social-démocrate allemand, est intervenue. Ensuite, Barbara Revelli, du Partito Democratico (PD), le Parti démocrate italien, a pris la parole. Enfin, Pablo Botin Lopez, le benjamin de la troupe, du Partido Socialista Obrero Español ou PSOE, le Parti socialiste ouvrier espagnol, a pris le micro.

En conclusion de cette première partie, le Grand Témoin de l’UPP, Salim Abdelmadjid, doctorant moniteur de philosophie à Paris IV- La Sorbonne, souvent invité par Ségolène Royal sur les UPP qu’elle organise, nous a livré une analyse captivante de la situation, et nous a ouvert les perspectives de ce qui aujourd’hui est un rêve mais demain peut devenir une réalité avec Ségolène Royal.

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Un des 9 intervenants de la salle, Philippe Harquet, pose une question (Christine Pichette)

L’UPP « Etats-Unis d’Europe, tout ce qui nous rassemble » a également réussi à garder un équilibre très appréciable entre les exposés des invités européens, et les questions-réponses avec la salle. Après une première partie d’interventions des invités européens qui a duré une heure et quart, les questions avec la salle ont monopolisé un temps équivalent, permettant à 9 personnes du public, soit un peu plus de 10% des 80 personnes présentes, de prendre la parole, et de poser leur question sans être pressées par le temps. À chaque question, un ou deux invités européens donnaient leur réponse, avant de passer à la question suivante.

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Milan Tahraoui pose sa question pendant l'UPP "Etats-Unis d'Europe, tout ce qui nous rassemble" (MEAGSR/F.M.)

Autre originalité de cette UPP, l’intervention intéressante dans la salle d’un jeune, Milan Tahraoui, étudiant en droit international à Paris I-Panthéon La Sorbonne, membre ni de Désirs d’avenir, ni du Parti socialiste, se présentant comme sympathisant du PS, « corps étranger mais non pas corps hostile », qui a eu un échange avec original et intéressant avec Salim Abdelmadjid. Renseignement pris, il avait été informé de l’existence de l’UPP par un des intervenants de la première partie, Pablo Botin Lopez, et était venu accompagné de son amie.

Nous ne le répéterons jamais assez : dans la campagne pour les primaires que mène Ségolène Royal, faisons connaître les idées ses idées autour de nous, en commençant par nos proches, mobilisons, mobilisons, mobilisons ! C’est comme ça que demain, les Français pourront choisir en connaissance de cause leur candidate à la présidence de la République.

Frédérick Moulin

 


envoyé par Desirsdavenir92


Intervention de Patrick Ardoin, animateur de Désirs d’avenir Paris 15ème

Retranscription par MEAGSR/F.M.

Je vous propose, comme on me l’a demandé, de vous parler du regard des Français sur la construction de l’Europe.

Alors, je voudrais faire quand même une remarque liminaire, c’est que c’est un sujet évidemment qui est délicat, il y a beaucoup d’idées, beaucoup de sensibilités, donc je me garderai bien d’avoir une synthèse exhaustive et de prétendre à cette synthèse, parce que c’est tellement complexe, tellement compliqué, il y a une histoire tellement difficile, et des débats qui sont quand même très, très forts.

Donc j’essaierai simplement d’exposer quelques aspects qui me paraissent importants, et c’est ma façon d’exposer, après on en discutera, justement, comme le disait Jean-Michel, il y a un débat, ce sera intéressant d’avoir vos avis.

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Patrick Ardoin (MEGSR/F.M.)

Pour parler de regard des Français sur l’Europe, à mon avis, il y a trois points qui méritent d’être mis en avant et que je vais développer l’un après l’autre.

Le premier c’est, à mon sens, les Français sont en majorité – je mets ‘en majorité’ – en faveur de l’Europe même s’il y a de farouches opposants, je vais y revenir.

Deuxième idée, il y a une grande méfiance, voire même un véritable rejet, de l’Europe telle qu’elle se construit aujourd’hui.

Troisième idée, son fonctionnement est extrêmement critiqué du fait de son caractère considéré comme non démocratique, et je pense que ce sont les trois points sur lesquels il faut s’appuyer.

Le premier point, c’est que je crois qu’effectivement, le ressenti, c’est que les Français sont en majorité en faveur de l’Europe.

Alors bien sûr il y a des irréductibles, qui sont en faveur de la nation pure, et qui ne veulent pas entendre parler de l’Europe, qui considèrent que la nation est seul légitime, et valide, comme niveau de représentation, mais d’une façon générale, on peut quand même dire que les Français sont en faveur de l’Europe, alors pour des raisons qui sont évidentes et historiques : la paix, rappelons nous quand même de l’histoire bien dure du XXème siècle, même si aujourd’hui les jeunes, c’est quelque chose qu’ils n’ont pas vraiment connu d’ailleurs, ils n’ont pas connu la guerre, donc c’est aussi une façon de voir les choses différente, mais la paix était l’argument premier de la constitution de l’Europe.

Deuxièmement, l’union fait la force, de se regrouper, pour être plus forts, Jean-Michel parlait des BRIC [Brésil, Russie, Inde, Chine, BRIC, NdlR] tout à l’heure, effectivement, pour être par exemple plus fort par rapport aux BRIC.

Et troisièmement, la solidarité entre pays : alors je sais que celle-ci est pas mal mise à mal en ce moment, principalement sur un plan économique, mais bon, il y a cette dimension de solidarité, de se retrouver, de s’entraider.

Donc globalement, je pense que les Français disent oui à l’Europe, le problème c’est : quelle Europe ?

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Patrick Ardoin et Salim Abdelmadjid (MEAGSR/F.M.)

Et là j’arrive au deuxième point, le deuxième point c’est qu’à mon sens il y a une énorme méfiance et même un vrai rejet, sur la façon dont l’Europe est faite actuellement, sur tous les plans je dirais, sur le plan économique et social, avec la fameuse – on en a beaucoup parlé – concurrence libre et non faussée, qui a fait bien des débats au moment de la Constitution européenne, le problème du chômage, qui est persistant en France, à la fois pour les jeunes, à la fois pour les seniors, le pouvoir d’achat, qui est terriblement fragilisé, et qui conduit d’ailleurs à la remise en cause de l’euro.

Il y a une Europe libérale, complètement égocentrique et qui en fait est plus une addition d’intérêts particuliers qu’une communauté d’intérêts, donc c’est un véritable problème.

De même sur le plan politique, l’Europe est difficilement perceptible : c’est qui ? Qui parle ? Enfin, on ne sait pas, et on peut rajouter aussi : quelle stratégie, quelles orientations ? Il n’y a pas vraiment d’axe, ça part un peu dans tous les sens, et comme ça a été dit aussi, depuis 2005, c’est vrai qu’il y a un blocage qui se rajoute.

Et cette méfiance est très importante, et elle est d’autant plus regrettable qu’il faut se rappeler quand même que la France fait partie des pays qui sont les premiers à s’être lancés dans l’Europe. Je vous rappelle que la CECA, la Communauté Européenne du Charbon et de l'Acier, c’était en 1951, le traité de Rome, c’était en 1957, et il y avait 6 pays, c’était donc l’Allemagne, l’Italie, les Pays-Bas, la Belgique, le Luxembourg et la France. Donc de voir un pays fondateur dans un tel état de méfiance, c’est quand même extrêmement regrettable.

Et troisième point, un fonctionnement non démocratique, alors là je vais passer rapidement, des hauts fonctionnaires à Bruxelles qu’on ne connaît pas, un Conseil européen qui est ressenti plutôt comme une contrainte, un Parlement européen avec peu de pouvoirs, des votes aux élections européennes à très, très forte abstention, et enfin, 3 référendums en 54 ans. De 1957 à aujourd’hui, ça fait 54 ans, il y a eu 3 référendums, c’est-à-dire un en 1972 pour l’élargissement de l’Europe, où la réponse a été oui, un en 1992, le traité de Maastricht, où a réponse a été oui, en France évidemment je parle, de peu d’ailleurs, et évidemment, l’année 2005, où il y a eu le vote sur la Constitution européenne, où la réponse a été, assez majoritairement, non.

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(MEAGSR/F.M.)

Donc en plus derrière, ça rajoute encore au phénomène non-démocratique, c’est qu’il y a eu ‘non’ à la Constitution européenne, mais il y a eu le traité de Lisbonne. En même temps, au niveau de la Turquie, est-ce qu’on en discute vraiment, ou est-ce que c’est pas fait comme ça, dans un petit bureau, entre quelques uns ?

Donc sur tous ces sujets, les débats sont très âpres, très controversés, et à mon sens, cette absence de démocratie est absolument ravageuse, d’autant plus ravageuse que, majoritairement, je le redis, à mon sens les gens sont en faveur de l’Europe, et je me permettrai pour conclure de mettre l’accent sur deux points qui ne sont pas des solutions, parce que prétendre avoir la solution me paraît bien difficile, mais par contre apporter des voies de solution peut être intéressant.

Moi j’en verrais deux principalement : un, c’est que les gens sentent que l’Europe apporte des bienfaits concrets en termes d’infrastructures, en termes de solidarité entre les peuples, en termes d’emploi, pour lutter contre le chômage, en termes de pouvoir d’achat, l’euro est plutôt perçu comme une attaque au pouvoir d’achat, il faut qu’absolument on soit beaucoup plus clair, et beaucoup plus visible, et beaucoup plus lisible dans toutes les actions qui sont menées. Je rappelle d’ailleurs que Ségolène Royal parle beaucoup de la politique par la PREUVE, et c’est bien ça, c’est le côté concret.

Et le deuxième point aussi, c’est d’écouter les peuples, je pense que l’aspect non démocratique de l’Europe est un énorme problème, comme je le disais il n’y a eu que 3 référendums en 54 ans, il faut absolument qu’il y ait des consultations et des débats très, très réguliers, qu’il y ait une démarche permanente d’écoute et de respect des peuples, c’est une idée que Ségolène Royal défend très bien, et donc il faut absolument aller sur ce terrain de la démocratie et de la consultation pour que tous les peuples européens s’approprient l’Europe, tel est l’enjeu. Voilà. Merci. (Applaudissements, « Bravo ! »)

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12 février 2011 6 12 /02 /février /2011 23:13

6xfk7lyr[1]          Est-ce la morosité ambiante, la grisaille de l’hiver, les évènements du bassin méditerranéen ? Ces derniers temps je n’ai lu que des livres courts, mon attention ayant du mal à se concentrer … A dire vrai, je n’ai pas regretté mes choix : je vous les livre (!) dans l’ordre de mes lectures.

 

 (1) Un livre d’aphorismes, merveilleusement et délicieusement illustrés, d’animaux dessinés à l’ancienne. Un seul exemple, le plus bref, « Wallaby est un kangourou de poche ». Si le cœur vous en dit, vous trouverez cet ouvrage chez votre libraire habituel : Animaux trouvés au coin d’une page, auteur Jean Zeboulou, éditions ETRE (diffusion Harmonia Mundi).

 

 (2) Aux éditions Galaad (prix 5,90 euros) un texte inconnu - du moins pour moi - d’Alexandre Dumas, Herminie, une intrigue comme je les aime : un soir au bal de l’opéra, Edouard, étudiant insouciant, rencontre une inconnue masquée … ! Un bonheur de style, les femmes adoreront.

 

(3) Editions Mercdeuxamis-1-.gifure de France (Le petit Mercure) (prix 5,20 euros), Deux Amis, une nouvelle d’un de mes écrivains russes favoris, Ivan Tourguéniev, qui s’inscrit dans la veine satirique de cet auteur complet de romans, nouvelles et pièces de théâtre.

Le thème est simple : deux voisins vivant tous deux à la campagne dans les années 184... Décident de partir à la recherche de l’épouse idéale, mais leurs critères divergent, évidemment !

 

(4) Aux éditions Verdier Poche, un grand classique de la littérature italienne : Histoire de Tönle par tonle-1-.gifMario Rigoni Stern (1921-2008) dont les écrits ont été publiés en France depuis plus de cinquante ans - Rigoni Stern a toujours vécu au Nord de l’Italie, à la frontière avec l’Autriche. Son héros, Tönle, berger du plateau d’Asiago, berger anarchisant, mourra au pied de ce plateau à la fin de la Première Guerre mondiale après moult aventures et mésaventures.

 

 

 Bonnes lectures à toutes et tous.

Suivez mes conseils, vous passerez d’excellents moments, j’en suis persuadée.

 

Mireille

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11 février 2011 5 11 /02 /février /2011 23:21

8398B222648523F28136D931C49D[1]   En réaction à la décision de Moubarak de démissionner, Nicolas Sarkozy vient de déclarer : « La France rend hommage à cette décision courageuse et nécessaire ».

Non Nicolas Sarkozy, ce n’est pas ainsi que la France doit parler !

La France de 1789, la patrie des droits de l’homme, ne rend pas hommage à un dictateur déchu. Combien de morts, combien de sang versé a-t-il sur les mains, pour tenter de briser la révolution du peuple égyptien ?

 

Après cela tu voudrais que la France chante les louanges à ce dictateur. Non ce n’est pas la France qui parle ainsi !

On sait avec quelle complaisance tu aimes à recevoir les tyrans. On sait avec quelle compromission le chef de ton gouvernement vient, encore il y a quelques semaines, de recevoir un cadeau du tyran ... Mais le peuple lui n’est pas l’ami du bourreau mais celui du peuple martyrisé. 

 

  « Tremblez, tyrans et vous perfides
L'opprobre de tous les partis »

La Marseillaise

 

 

 Le Peuple égyptien, ce peuple sans voix, s’est levé et a chassé le tyran. Pas le peuple que tu as l’habitude de rencontrer sur un plateau de télévision. Non ! Le vrai peuple, celui que tu évites ici lors de tes déplacements en France. Celui à qui tu lances « casse toi pauvre con ». Celui à qui tu retires ses droits chèrement acquis.

Ce peuple qui sait descendre dans la rue pour crier sa colère, pour résister et défendre ses droits. Ce peuple qui se bat pour faire triompher la liberté. Le peuple ! Le peuple libre !

 

C’est au peuple égyptien que la France doit rendre hommage. A ce peuple qui est aujourd’hui l’Humanité car il a su par ses propres forces renverser un tyran.

 

Philippe Allard

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11 février 2011 5 11 /02 /février /2011 08:24

315159 1-img-8932 460x306 Arnault Bernard

Ségolène Royal à la ferme Guérin à Nojals-et-Clotte : au premier rang, Germinal Peiro, Ségolène Royal, Sophie Poux, et derrière à droite, Bertrand Guérin (Arnault Bernard/Sud Ouest)

Ségolène Royal était hier en Dordogne, à quelques jours de l’ouverture du salon de l’Agriculture, pour s’adresser aux paysans et au monde rural. Elle a déjeuné avec des femmes d’agriculteurs, des femmes « impliquées dans la vie économique et sociale de la ruralité », à Lunas.

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Ségolène Royal a déjeuné avec des femmes d'agriculteurs à Lunas hier

Dans l’après-midi, elle a visité une ferme exemplaire sur le plan environnemental à Nojals-et-Clotte, la ferme Guérin. Bertrand Guérin est un avant-gardiste : avec ses 80 vaches laitières, il a été le 1er Bergeracois à se lancer dans la méthanisation, qui permet de transformer les déchets végétaux et animaux de son exploitation, mais aussi certains déchets d’industries de transformation agricole, notamment pour le maïs. Le Démocrate Indépendant, journal local, rapporte que l'idée est de récolter la bouse et le lisier de ces 80 vaches laitières, d'y mélanger des déchets végétaux et animaux et de les stocker. Une fois la matière première récoltée, il s'agit d'en accélérer la décomposition. En se décomposant, le mélange produit du méthane. Une fois récupéré, le gaz permet d'alimenter le moteur à explosion d'une petite station de production électrique. L'électricité produite (150kw/h) sera principalement revendue à ERDF, une filière d'EDF. Une partie de cette production permettra d'alimenter la propriété et de chauffer l'étable. Les déchets produits par le principe de «méthanisation» sera utilisé comme engrais.

Bertrand Guérin explique le processus dans la vidéo ci-dessous :

 


envoyé par Ledemocrate

 

Ségolène Royal a accueilli à la ferme Guérin « Sophie Poux, l’agricultrice à laquelle Nicolas Sarkozy avait promis de rendre visite » l’an dernier dans l’émission « Paroles de Français » qui avait rassemblé un panel de Français, dont Sophie Poux, productrice de lait près de Moissac, qui avait arque l’émission en déclarant l’an dernier que du fait des prix très bas du lait proposés aux agriculteurs, elle était obligée d’emprunter pour survivre.

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Sophie Poux, panéliste l'an dernier de "Paroles de Français", lors de l'émission avec Nicolas Sarkozy  

Aujourd’hui, le prix du lait est toujours aussi bas, et Nicolas Sarkozy n’a pas tenu sa promesse. Aussi c’est tout naturellement que Ségolène Royal et elle se sont retrouvées, après avoir défilé ensemble avec les productrices de lait. Hier soir, Nicolas Sarkozy se livrait au même exercice sur la même chaîne, TF1, avec le même présentateur, mais avec un nouveau panel de Français, ceux de l’année dernière ayant été jugés moins aptes à se faire anesthésier le cerveau par le chef de l’Etat pendant la durée de l’émission.

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Nicolas Sarrkozy 'colère' l'an dernier dans "Paroles de Français". Cette année, ayant placé le panel sous anesthésie, il a été courtois

Selon Sud Ouest, En marge de son déplacement, les cantonales approchant, le ballet des socialistes de Dordogne voulant se rendre à Nojals-et-Clottes s’est clarifié. Germinal Peiro, secrétaire national du PS à la ruralité et à la mer, sera du déplacement, tout comme Colette Langlade, députée de la Dordogne. Emmanuel Español, conseiller régional socialiste, a été chargé de l’organisation du déplacement de la candidate à la primaire.

Le fait que Nojals-et-Clotte soit sur le canton de Beaumont-du-Périgord n’est pas totalement un hasard. Emmanuel Español explique : « Il n'y avait pas d'intérêt à aller dans un canton où on est sûr de gagner. Ce canton de Beaumont, réputé imprenable, est dans les mains de Dominique Mortemousque depuis treize ans. L'objectif est donc de faire tomber un fief de l'UMP, et le soutien d'une ex-candidate aux élections présidentielles est précieux. ». Ségolène vient donc aussi pour soutenir le candidat Jean-Luc Patrie, qui se présente face au maire de Beaumont-du-Périgord pour ces cantonales.

Fabien Ruet, président du groupe socialiste au Conseil municipal de Bergerac, explique : « La venue de Ségolène Royal en Dordogne est une très bonne chose, dans le cadre des élections cantonales à Beaumont. Nous ne pouvons que nous réjouir de l'investissement d'une personnalité à l'envergure nationale pour soutenir la candidature de Jean-Luc Patrie, sur un canton réputé des plus difficiles. La réalité provinciale est très différente de ce qui peut exister à Solferino. Nous ne sommes pas dans des logiques d'écuries. Dans quelques mois, le moment sera venu pour parler des primaires pour la candidature socialiste aux présidentielles, mais ce n'est pas à l'ordre du jour. ». Ce avec quoi le maire de Bergerac, Dominique Rousseau, avec lequel un entretien avec Ségolène Royal avait été évoqué, est sur la même longueur d’onde.

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Béatrice Patrie a affiché hier son soutien à Ségolène Royal pour les prochaines échéances électorales... et réciproquement (AR.B)

L'adjointe au maire de Bergerac, Béatrice Patrie, va plus loin. Elle a lancé l'invitation il y a quelques semaines, se félicite de la venue de son ‘mentor’ politique : « Je suis proche de Ségolène Royal et de ses idées depuis le lancement des premiers Désirs d'avenir. C'est un déplacement qui a été compliqué à organiser, et le choix du jour a été fixé par rapport à son calendrier, qui s'inscrit dans l'organisation des primaires socialistes. Certes, ce déplacement arrive en pleine période des cantonales, mais pour moi, cela ne change rien. ». Et d’ajouter : « Ségolène est également là pour soutenir ma candidature aux prochaines élections législatives. Je déroule donc moi aussi mon propre calendrier. ». Béatrice Patrie a été juge d'instruction, juge d'instance, juge aux affaires familiales et présidente de tribunal de grande instance ; elle a également été présidente du Syndicat de la Magistrature. 

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Les magistrats des Tribunaux de Grande Instance (TGI) et des Cours d'Appel en grève hier en France

Enfin, Ségolène Royal a été interrogée par i>TELE pendant près de 10 minutes, prenant la défense des magistrats, rappelant que les femmes d’agriculteurs avec lesquelles elle a déjeuner à Lunas, « aujourd’hui ont toujours une retraite dérisoire de moins de 400 euros par mois alors que toutes les charges ont explosé, et qu’en fin de mois elles n’arrivent même plus à manger », rappelant aussi les promesses faites l’an dernier aux Français du panel de « Paroles de Français », et non tenues par Nicolas Sarkozy en un an. « On en a assez des effets d’annonce. », a-t-elle martelé.

Interrogée sur les déclarations d’Anne Sinclair et sur DSK, elle n’a pas voulu s’engager dans cette voie : « Je suis au milieu des éleveurs, des agriculteurs, de ceux qui souffrent, de ceux qui innovent, de ceux qui cherchent aussi à avancer, et je veux me consacrer à eux et parler d’eux, et ne pas me disperser sur d’autres commentaires, donc je refuse de commenter cela. », a-t-elle souligné.

Enfin, interrogée sur les événements en Egypte, elle a appelé une « transition démocratique pacifique » , au « développement économique » pour « sortir le peuple égyptien de la misère et de la pauvreté », à « plus de justice sociale ».

« Les peuples, partout dans le monde, aspirent à l’éducation, aspirent à vivre dignement, aspirent à de la justice, aspirent à de la démocratie, et ça c’est une bonne chose, parce que sans démocratie il n’y a pas de prospérité. », a-t-elle conclu.

Frédérick Moulin

-oOo-

 

Transcription des interventions réalisée par MEAGSR/F.M.

 

Pour accéder à la vidéo, cliquez ici.

i>TELE : on va tout de suite rejoindre Ségolène Royal. Bonjour, vous êtes en direct avec nous en Dordogne où vous animez des rencontres sur le thème de l’agriculture, de la ruralité. Qu’es-ce que ça vous inspire cette mobilisation des magistrats qu’on dit historique aujourd’hui ?

Ségolène Royal : ça m’inspire l’expression d’une demande de respect, et je crois que de plus en plus de Français sont en train de se soulever contre ce manque de respect. J’étais à l’instant avec plusieurs centaines d’agriculteurs qui n’acceptent plus de ressentir aussi le mépris et le non-respect de la parole donnée.

Eh bien pour le monde judiciaire c’est pareil, je crois que les propos du président de la République ne sont pas acceptables, ne sont pas dignes d’un chef d’Etat dans la mesure où il a cherché à exploiter un crime effroyable. Il a cherché à exploiter ce crime effroyable pour vilipender toute une profession qui ne demande qu’à bien faire son travail et à obtenir les moyens, en particulier, de faire l’application des peines.

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Il y a en France aujourd’hui 100 000 condamnations qui ne sont pas appliquées, des suivis de délinquants qui ne sont pas appliqués, parce que le service public a été saigné à blanc, et que le président de la République a décidé qu’un fonctionnaire sur deux qui partait à la retraite n’était pas remplacé. C’est absurde, cette politique comptable.

Il faut maintenir le service public là où c’est nécessaire, les Français veulent une justice de qualité, une justice rapide, ils veulent que les peines soient appliquées, ils ne veulent pas que les délinquants soient relâchés lorsqu’ils sont dangereux, et de même ils veulent des écoles de proximité qui aujourd’hui sont aussi très durement frappées par les fermetures de postes.

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Déjeuner de Ségolène Royal à Lunas avec des femmes d'agriculteurs et photos souvenirs pour immortaliser l'instant

Et pour en revenir au sujet sur lequel aujourd’hui je travaille, j’ai rencontré des femmes d’agriculteurs qui ont entendu en 2007 Nicolas Sarkozy dire : « Comment est-ce qu’on peut vivre avec une retraite de 400 euros par mois, ce n’est pas possible, je vais changer cela. » ; et qui aujourd’hui ont toujours une retraite dérisoire de moins de 400 euros par mois alors que toutes les charges ont explosé, et qu’en fin de mois elles n’arrivent même plus à manger. Alors on leur dit : faites vos potagers ! L’une d’entre elles m’a dit : mais j’ai 80 ans, je ne vais pas faire mon potager, donc je suis obligée de demander à mes enfants pour manger.

Est-ce que c’est normal dans la France d’aujourd’hui ? Non, ce n’est pas normal. Est-ce qu’il y a des solutions pour changer ça ? Oui, il y a des solutions parce qu’on voit tellement de richesses d’un côté, de super-salaires de l’autre à la tête des entreprises du CAC 40, des banques qui n’ont jamais fait autant de profit, et de l’autre côté tant de misère.

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Sophie Poux, qui attend toujours un an après que Nicolas Sarkozy réalise sa promesse et n'a pas été réinvitée à l'émission d'hier soir

Il y avait aussi Sophie Poux, vous savez cette agricultrice qui faisait face à Nicolas Sarkozy il y a un an. Elle était là, Nicolas Sarkozy lui avait promis de venir la voir, il n’est pas venu. Or que voit-on aujourd’hui ? Le prix du lait n’a toujours pas augmenté, avec des éleveurs qui mettent fin à leurs jours, et on voit une grande entreprise laitière, Yoplait, être rachetée pour 1,6 milliard d’euros ! Ça veut dire que le lait rapporte, alors pourquoi tant de pauvreté chez les éleveurs laitiers, et tant de profits accumulés chez les gros industriels et chez les gros distributeurs de lait ? Est-ce que c’est normal ? Non, ce n’est pas normal. Est-ce qu’on peut changer les choses ? Oui, on peut changer les choses.

i>TELE : Ségolène Royal, Nicolas Sarkozy va s’exprimer ce soir sur TF1. Vous serez où, vous ce soir à 20h30 ? Devant votre poste de télévision ?

Ségolène Royal : je serai là, au milieu des agriculteurs, puisque je vais rester avec eux, mais sans doute que j’aurai l’occasion de suivre ce qu’il va dire parce que …

i>TELE, lui coupant la parole : vous ne regardez pas le chef de l’Etat, Ségolène Royal ?

Ségolène Royal : si, si, bien sûr que si, mais je vais le regarder avec les agriculteurs. Et vous voyez, on va se demander ce qu’il a fait de promesses qu’il a faites aussi il y a un an sur TF1, pourquoi TF1 n’a pas réinvité les Français qui étaient face à lui.

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"Parole de Français" l'an dernier

Il y avait là aussi une infirmière à qui il avait promis de venir visiter l’hôpital, il n’y a jamais eu autant de moyens supprimés dans l’hôpital d’Argenteuil où était cette infirmière. Il y avait cette agricultrice dont je parle et qui est aujourd’hui avec nous, qui attend toujours la visite et qui attend toujours l’augmentation du prix du lait, il y avait là un syndicaliste ouvrier qui attendait une hausse des salaires, qui n’a toujours pas été faite.

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"Paroles de Français" l'an dernier, ou la 'démocratie participative' version UMP-sarkozyste (!)  : cette année, la table était rectangulaire et biscornue, Nicolas Sarkozy à un bout : comment ne PAS faciliter la communication avec les Français, et mettre de la distance entre le peuple et le président...

Vous savez, la politique, c’est tenir parole, et aujourd’hui les Français en ont assez de subir. Moi je leur donne la parole aujourd’hui parce qu’ils sont sans voix, ils ne veulent plus subir ce qu’ils subissent, et ils attendent vraiment autre chose et un changement en 2012.

i>TELE : Ségolène Royal, je voudrais que vous nous disiez ce que vous pensez de ce panel de 9 Français qui vont répondre ce soir aux questions de Nicolas Sarkozy [le présentateur d’i>TELE a dû vouloir dire : « qui vont poser des questions à Nicolas Sarkozy », NdlR] : il y a un ouvrier, un demandeur d’emploi, une pharmacienne victime de cambriolages, est-ce que pour vous ça représente la France d’aujourd’hui ?

Ségolène Royal : ce qui aurait été plus honnête, c’est de faire revenir les Français qui étaient là il y a un an à la même émission, parce que Nicolas Sarkozy avait déjà promis des choses, donc on en a assez, ça fait 4 ans qu’on subit les effets d’annonce. Il y a des effets d’annonce d’un côté, et ensuite il y a des coupables qui sont dénoncés tous azimuts pour faire oublier ses propres responsabilités, donc ce qui aurait été intéressant, c’est de reprendre les Français qui lui avaient posé des questions, auxquels il avait fait des promesses, pour voir où on en était, et pourquoi les promesses n’avaient pas été tenues.

On en a assez des effets d’annonce, les Français sont fatigués de ces annonces à répétition qui ne sont pas suivies d’effet, alors qu’ils voient tant d’injustices, tant de richesse d’un côté, tant de pauvreté de l’autre, voilà, c’est ça qui ne va pas.

i>TELE : on va passer à un autre sujet Ségolène Royal si vous le voulez bien, on voudrait vous faire réagir à cette déclaration très commentée depuis hier d’Anne Sinclair, l’épouse de Dominique Strauss-Kahn, qui a dit qu’elle ne souhaitait pas que son époux effectue un second mandat à la tête du FMI, on a senti Martine Aubry un peu agacée hier par cette déclaration. Est-ce que c’est également votre cas ?

Ségo DSK 16-copie-1Dominique Strauss-Kahn et Anne Sinclair au 10, Downing Street avec Gordon Brown et son épouse

 Ségolène Royal : vous savez, moi je conçois la politique comme un moment justement de respect. Je veux construire la République du respect, donc là, je suis au milieu des éleveurs, des agriculteurs, de ceux qui souffrent, de ceux qui innovent, de ceux qui cherchent aussi à avancer, et je veux me consacrer à eux et parler d’eux, et ne pas me disperser sur d’autres commentaires, donc je refuse de commenter cela, parce qu’il y a un gouffre, il y a un gouffre, il y a un gouffre entre ce qui se passe, les commentaires, le temps passé à commenter un certain nombre de déclarations et la difficulté au quotidien que vivent les Français. Moi je ne veux pas que le fossé continue à se creuser entre les responsables politiques, et le peuple Français.

[Au présentateur d’i>TELE qui essayait vainement de commencer une phrase depuis quelques instants] Pardon, je ne vous ai pas entendu ?

i>TELE : on parle du Parti socialiste, c’est votre parti, les primaires, vous êtes la candidate déclarée aux primaires. Ça ne vous intéresse pas de savoir si Dominique Strauss-Kahn va, lui aussi, se lancer dans la bataille ?

Ségolène Royal : ce qui est important, c’est le travail que je fais aujourd’hui en direction des Français. J’ai entamé un tour de France pour savoir justement au nom de quoi je vais parler, au nom de qui je veux parler, pour porter la parole de ceux qui ne l’ont pas, pour donner ma voix aux sans-voix, pour faire en sorte que les Français qui espèrent, qui souffrent, qui subissent, puissent se faire entendre, et que le moment venu je puisse porter avec force leur espérance et la certitude d’un avenir meilleur, voilà ce qui m’importe aujourd’hui. Maintenant, il y a des responsables à la tête du Parti socialiste qui prennent leurs responsabilités.

i>TELE : [la présentatrice d’i>TELE, qui essayait de couper la parole à Ségolène Royal depuis quelques instants] … vous êtes proche des Français donc, contrairement à Dominique Strauss-Kahn. Euhhhhh, un dernier mot Ségolène Royal, est-ce que…

Ségo Non 3 fois 17

Ségolène Royal, lui coupant la parole : pas du tout, pas du tout Madame. Non, non, non, non, je ne vous laisserai pas, je ne vous laisserai pas comme ça insinuer des zizanies qui n’existent pas, je pense aussi que les journalistes ont une responsabilité à ne pas inventer des choses que je n’ai pas dites.

Ségo Non 3 fois 18

Je n’ai absolument pas dénigré qui que ce soit, je considère que la politique ce n’est pas de se dénigrer les uns les autres, c’est de se tourner vers les Français, de les écouter, de leur parler. C’est ce que je fais, et je ne vous laisserai pas dégrader ce que je dis parce que je n’ai pas dit ce que vous venez de faire comme commentaire.

i>TELE : Ségolène Royal, une dernière question. Je ne sais pas si vous êtes au courant, là où vous vous trouvez, de ce qui se passe en ce moment en Egypte, peut-être pas, il y a des signes d’un départ imminent d’Hosni Moubarak dans la soirée. Une réaction sur ce qui se passe en ce moment, là dans les heures qui suivent, en Egypte ?

Ségo Tahrir 19

La place Tahrir au Caire en Egypte hier

Ségolène Royal : ce qui est très important, c’est la transition démocratique pacifique, et c’est que les Egyptiens puissent retrouver la sérénité, que le peuple égyptien puisse se prononcer démocratiquement, que le développement économique puisse sortir le peuple égyptien de la misère et de la pauvreté, que la corruption cesse dans l’ensemble des pays touchés par la corruption, et qu’il y ait plus de justice sociale.

Les peuples, partout dans le monde, aspirent à l’éducation, aspirent à vivre dignement, aspirent à de la justice, aspirent à de la démocratie, et ça c’est une bonne chose, parce que sans démocratie il n’y a pas de prospérité.

i>TELE : merci beaucoup Ségolène Royal. Voilà, donc on vous laisse à cette…

Ségo Adios 20

Ségolène Royal : merci à vous.

i>TELE : … on vous laisse à cette déclaration de Nicolas Sarkozy que vous allez donc suivre avec les agriculteurs. Merci beaucoup en tout cas d’avoir répondu à nos questions en direct sur i>TELE.

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10 février 2011 4 10 /02 /février /2011 00:46

a10c9db8-33c8-11e0-853b-70e062cb542b[1]           De retour de son voyage en Finlande, la candidate socialiste Ségolène Royal a dû découvrir effarée le niveau politique en France. Celle qui réclamait « la République du respect » peut une nouvelle fois constater que ce qu’elle prônait hier, tout le monde aujourd’hui le reprend en chœur … La France doit en effet changer de pratiques pour redonner à notre République un sens des valeurs.

 

Mais pour l’instant, à droite comme à gauche, la vie politique français ne décolle pas ...

 

A droite, le pouvoir est embourbé dans des affaires de corruption avec les voyages de Noël en Tunisie et en Egypte. La ministre des Affaires étrangères, rien de moins, a passé ses vacances dans un pays en révolution sans qu’elle ne s’aperçoive de rien, il faut le faire ! Elle était sur place mais dans son palace elle n’a rien vu venir ! Puis suivront les affaires du premier vol, puis du deuxième vol, offerts par un homme d’affaires, et les explications abracadabrantesques de la ministre. Enfin, viendra le tour du Premier ministre obligé de reconnaître qu’il a bénéficié d’un voyage, cette fois en Egypte, offert par Moubarak. Après cela, comment peuvent-ils encore gouverner ? Comment peuvent-ils oser demander aux Français des sacrifices car les temps sont durs et qu’il faudra travailler plus longtemps ?

 

A gauche, la petite phrase d’Anne Sinclair, qui ne souhaite pas que son mari fasse un second mandat au FMI, secoue les alliés d’hier, le clan de Marrakech. Décidément notre oligarchie de droite et de gauche ne voit que par l’Afrique du Nord ! Les peuples y étaient si sages jusqu’ici, des peuples sans voix. A Paris, cette petite phrase a relancé le jeu du « j’irai ou j’irai pas … et si vous me le demandez je ne vous le dirai pas … ». Les questions des journalistes commencent d’ailleurs à agacer la Première secrétaire du PS qui ne veut plus y répondre. C’est vrai ça, les électeurs seront bien assez tôt informés des arrangements entre éléphants du PS. Après tout, on leur demande qu’une seule chose : voter et pour le reste qu’ils nous fassent confiance ! Ils ne peuvent pas tout comprendre.

 

Dans ce contexte délétère, Ségolène Royal poursuit son chemin et lance en Finlande un vibrant appel en faveur de l’Europe. C’est un peu d’air frais qui vient nous réveiller du climat lourd et pesant qui s’est abattu sur l’hexagone.

Ségolène Royal propose d’apporter son énergie et sa conviction pour faire à nouveau avancer « l’Europe avec les peuples et non pas contre eux ».    

 Elle ne veut pas de cette Europe laissant prospérer « les oiseaux de malheur » de la spéculation, cette Europe adoptant des lois rigides du marché et incapable de s’adapter.

 Elle veut au contraire relancer la construction politique de l’Europe et fait plusieurs propositions :

-Un pacte de sécurité et d’innovation économique puissant parce que volontaire, social et écologique.

 - La taxation des mouvements de capitaux spéculatifs

- Le renouvellement du mandat de la Banque centrale européenne, qui prenne acte de sa crédibilité désormais bien installée pour élargir son périmètre d’intervention

- La création d’une agence de notation européenne pour la notation des Etats

- De nouvelles règles de supervision des banques et des fonds spéculatifs

 

Ainsi, toujours un peu en avant, Ségolène Royal ouvre des perspectives, et reste ferme sur le terrain politique. Mais elle est bien seule, loin derrière ils en sont encore à régler leurs petites cuisines …

 

Philippe Allard

 

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9 février 2011 3 09 /02 /février /2011 07:54

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Ségolène Royal dédicace "Ma plus belle histoire, C'EST VOUS" en marge du séminaire sur "l'Union européenne après la crise" et de son discours à la Vieille Maison des Etudiants (Fondation Kalevi Sorsa) 

Ségolène Royal a hier rendu visite à l’Institut Finlandais du Travail, un organisme de recherche spécialisé dans le domaine de la santé et de la sécurité au travail et rattaché au Ministère finlandais des affaires sociales et de la santé : ils ont réussi, grâce à leurs travaux qui ont débouché sur des réformes concrètes, à faire baisser considérablement le taux de chômage des seniors.

Puis elle a participé à une réunion de travail avec SITRA, principal Think Tank finlandais, créé en 1967 à l’initiative du Parlement, dont la mission est de réfléchir et de trouver des solutions pour la modernisation du pays, en protégeant l’Etat-providence et l’innovation technologique, sociale et sociétale.

Enfin, pour terminer cette visite de travail en Finlande, Ségolène Royal a prononcé un discours dans le cadre d’un séminaire consacré à  « l’Union européenne après la crise », organisé par la Fondation Kalevi Sorsa et le Parti social-démocrate de Finlande (SDP) à la Vieille Maison des Etudiants, un centre culturel créé par l’union des étudiants mais ouvert à tous au rôle historique, Vanha, « la Vieille », qui a la réputation d’être une plateforme de tout ce que la société finnoise produit de neuf et d’expérimental.

Le séminaire était dirigé par la candidate à la députation Jesca Muyingo, finno-ougandaise, qui a travaillé à la télévision publique nationale (YLE), après des études à Helsinki, à Londres, à l’université John Hopkins et à Harvard, a travaillé pour les agence des Nations Unies, pour la rédaction de la BBC et pour le groupe Crédit Suisse.

La Fondation Kalevi Sorsa porte le nom d’un Premier ministre social-démocrate par quatre fois en poste au cours de la période qui va de 1972 à 1987, et qui a fortement marqué ces quinze ans de l’essor finlandais sous la houlette du SDP. Kalevi Sorsa a terminé sa carrière politique en présidant le Parlement monocaméral, l’Eduskunta, en 1989-1990. Il est mort le 16 janvier 2004 à Helsinki, 5 jours avant son 74ème anniversaire. La Fondation a été fondée l’année suivante.

Frédérick Moulin

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Kalevi Sorsa

 

Kalevi Sorsa Säätiö / Fondation Kalevi Sorsa

Ségolène Royal s’est exprimée sur l’Union européenne après la crise après un séminaire à l’Ancienne Maison des Etudiants.

La candidate du Parti socialiste français à la présidentielle de 2007 a été la principale intervenante après un séminaire portant sur « l’Union européenne après la crise » organisée par la Fondation Kalevi Sorsa en collaboration avec le Parti social-démocrate. L’événement a eu lieu à la Vieille Maison des Etudiants mardi 8 février. Le séminaire, qui a traité de l’avenir de la construction européenne après la crise économique, s’est avérée si populaire qu’une grande partie du public a dû se contenter de rester debout. Des journalistes finlandais étaient présents, mais il y avait aussi des journalistes français, comme par exemple ceux du journal Le Monde.

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La salle où Ségolène Royal prononçait son discours était pleine, et une partie du public était debout (Fondation Kalevi Sorsa)

Au cours de ce séminaire, outre Madame Royal, se sont exprimés le député Erkki Tuomioja [ministre des Affaires étrangères SDP du premier gouvernement du Premier ministre du Parti du Centre Matti Vanhanen de 2003 à 2007, et candidat malchanceux de Jutta Urpilainen à la tête du SDP en 2008], Mikko Mäenpää, président de la STTK [président de la Confédération finlandaise des salariés, que Ségolène Royal avait rencontré la veille], et Matti Niemi, président des Jeunes Européens Fédéralistes [JEF-Finlande, dont Jutta Urpilainen fut aussi présidente en 2001]. Le séminaire a été mené par la candidate SDP à la députation Jesca Muyingo.

Ségolène Royal, invitée par la Fondation Kalevi Sorsa et le Parti social-démocrate, a effectué un déplacement en Finlande du 6 au 8 février.

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Intervention de Ségolène Royal – Helsinki – mardi 8 février 2011

Aujourd’hui, c’est un regard lucide que l’Europe doit porter sur elle-même.

Trois vérités et trois propositions

1/ Première vérité, l’Europe surendettée est aujourd’hui étranglée par les spéculateurs qu’elle a nourris.

L’ironie tragique de cette histoire, c’est que nous avons laissé prospérer les oiseaux de malheur qui planent désormais au-dessus de l’Europe. Voyez-les bien : ils ne se contentent pas d’attendre l’effondrement qu’ils prédisent ; ils cherchent à le provoquer. Ils étaient hier au dessus de la Grèce ou l’Irlande ; ils sont aujourd’hui à l’affût des faiblesses espagnoles ou portugaises. Et demain ?

Ces spéculateurs-vautours, nos pays les ont nourris et engraissés.

Cela ne date pas d’hier, mais de longtemps.

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Ségolène Royal pendant son discours à la Vieille Maison des Etudiants à Helsinki mardi 8 février 2011 (Fondation Kalevi Sorsa)

Premièrement, la source de notre endettement abyssal réside dans les baisses d’impôts massives dont ont profité les plus riches, ceux-là même qui demandent à leur banque ou à leur gestionnaire de fortune d’obtenir les rendements les plus élevés pour leurs placements financiers. Le hold up s’est fait au nom d’une vertu appelée compétitivité, mantra dissimulant dumping fiscal, moins-disant social, alignement par le bas.

Bouclier fiscal, fiscalité avantageuse sur le patrimoine, les filiales, les sièges sociaux ou les revenus de l’épargne, abattements, niches, déductions et crédits d’impôts en tout genre : le budget de nos Etats a été grevé par ceux, grandes entreprises et particuliers fortunés, qui ont été les bénéficiaires de toutes les largesses et de tous les cadeaux. Ceux qui ont fait leur beurre sur la compétition de tous contre tous au sein de l’Union. Les profiteurs d’une guerre économique qu’ils ont orchestrée.

Deuxièmement, la dette publique vient des banques et des fonds spéculatifs que les citoyens ont renfloués par leurs impôts via les Etats, au bord du gouffre, et qui se retournent contre les Etats en leur reprochant leur endettement. Aucune reconnaissance du ventre. Juste le dérèglement irrationnel de leur voracité.

Hausse des primes de risques, chantage au « triple A » de la part d’agences de notation vendues aux banques, spéculation à la baisse… L’irrationalité confine à la folie du système lorsque les spéculateurs qui s’alarment de l’endettement et exigent la rigueur sanctionnent les Etats qui obéissent à leurs oukases et voient leurs perspectives de croissance dramatiquement diminuées.

Il y a un vieux proverbe dans lequel un serpent susurre : « si tu bouges, je te mords, si tu ne bouges pas je te mords aussi ». « Si tu ne mets pas en place une politique de rigueur, je te mords, et si tu appliques la rigueur, je te mords aussi » ! Voilà où nous en sommes et c’est pourquoi l’Europe sociale doit se faire par un pouvoir politique qui décide au nom des peuples et pas contre eux.


2/ Deuxième vérité, c’est la Chine qui nous prête de l’argent et finance nos économies.

Nous rêvons d’une Europe indépendante, forte, qui parle d’égal à égal avec les puissances du monde. Nous rêvons d’un monde multipolaire, où les puissances s’équilibrent.

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Un public nombreux écoutait attentivement Ségolène Royal pendant son discours sur "l'Union européenne après la crise" (Fondation Kalevi Sorsa)

Nous découvrons une Europe mise à genou par le chantage des spéculateurs et achetée par les grands pays émergents. Ces derniers, au moins, ont compris ce que la bêtise des marchés à occulté : qu’il est rentable de détenir des actifs grecs, portugais ou espagnol, parce qu’il s’agit d’Etats, parce que les difficultés auxquelles ils font face n’effaceront pas cette évidence : qu’ils survivront et qu’ils retrouveront bientôt le chemin de la croissance.

Mais voilà des pays européens qui s’exposent à vivre entre les mains de puissances non européennes. A leur merci.

Nous devons retrouver une politique d’indépendance européenne, qui ne soit pas le rêve illusoire de la forteresse isolée, mais qui ne soit pas non plus la naïveté de l’ouverture à tous les vents.

3/ Troisième vérité, l’Europe paie en matière économique son désarmement politique et intellectuel.

L’Europe s’est affaiblie en endossant de la manière la plus radicale les dogmes les plus obtus. Elle a théorisé son propre effacement politique derrière l’application indifférenciée, non circonstanciée et mécanique de règles juridiques : règles de la libre circulation des personnes, des biens, des capitaux ; clause de non renflouement des Etats endettés et de non achat par la banque centrale européenne des dettes souveraines ; définition rigide et artificielle de la convergence budgétaire avec le pacte de stabilité.

Elle a refusé pendant trop longtemps la faculté de discernement qu’exige la juste compréhension des circonstances, le pragmatisme qu’appelle la réflexion authentique et la force d’adaptation que demande l’action au service de tous.

Certains font de l’euro le responsable de nos maux. Mais l’euro n’est pas le problème en lui-même. Et à la question : « est-il économiquement raisonnable d’envisager aujourd’hui un retour aux monnaies nationales comme le proclament les partis populistes ? » je réponds catégoriquement « non ». L’effondrement économique et social serait violent.

Non, le problème aujourd’hui n’est pas l’euro, qui nous protège dans la limite de ses possibilités. Le problème, c’est que cette harmonisation radicale que fut la fusion de nos monnaies ne s’est accompagnée d’aucune harmonisation économique et fiscale.

Avec l’euro, nous aurions dû inventer une nouvelle économie de droits et de devoirs. Les marges de manœuvre que les Etats perdaient au niveau national, ils auraient dû les retrouver au niveau européen, au travers d’un budget jouant sa fonction de stabilisation macro-économique en cas de crise, de redistribution et de financement des grandes politiques structurantes, de stratégies d’investissement dans les filières du futur.

Cela n’a pas été le cas.

 

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Ségolène Royal est présentée à la salle par la candidate SDP à la députation Jesca Muyingo (Fondation Kalevi Sorsa)

 

Chers amis

Sur le grand échiquier mondial, l’Europe demeure, envers et contre tout, une pièce maîtresse. Elle n’est pas un continent musée, sans autre avenir que la mémoire de son passé. Elle est la première puissance commerciale mondiale, un espace de 500 millions de personnes dont le rayonnement attire des femmes et des hommes, des investissements du monde entier.

Notre flamme brûle toujours.

A nous de l’entretenir.

Je n’ignore pas les divisions qui existent. Les réticences de certains pays à avancer sur la voie d’une plus grande intégration et d’une plus grande solidarité, notamment financière.

Je n’ignore pas les défis, les forces de frottement, les résistances : crainte d’une dépossession et d’une fragilisation des Etats au profit de la Commission et du Parlement européen ; soupçon d’entretenir en augmentant le budget de l’Union un tonneau des danaïdes sans fin ; postérité de la phrase de Margaret Thatcher : « I want my money back ».

Je n’oublie pas les discussions infinies qui ont été nécessaires pour accoucher du nouveau fonds de gestion des crises, dont il est à craindre qu’il ne résoudra pas grand-chose. Je n’oublie pas le refus obstiné de certains Etats membres de créer un système d’euro-obligation, qui aurait permis à tous les pays d’emprunter à des taux plus faibles.

Mais enfin, ces difficultés ont toujours existé et je voudrais malgré tout cela tenir un message optimiste et vous faire trois propositions :

1) Retrouvons une vision

Ne commettons pas l’erreur de penser qu’elles sont plus fortes aujourd’hui qu’hier. La seule différence, c’est que nos responsables politiques avaient sans doute par le passé cette conviction profonde, cette vision, cette volonté qui leur donnait la force d’avancer et de surmonter les obstacles. L’Europe n’était pas un sujet comme un autre, détourné à des fins de politique intérieure – pensez à l’épisode infâmant des Roms.


C’est avec cet esprit des pionniers que nous devons renouer.

2) Les Etats-Unis d’Europe à construire

Et c’est pourquoi, je le redis ici comme je l’ai dit à Athènes, à Paris et chaque fois que je parle d’Europe, notre nouvelle frontière, c’est la création d’Etats-Unis d’Europe.

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Matti Niemi, président des Jeunes Européens Fédéralistes (JEF-Finlande) (Fondation Kalevi Sorsa)

En disant cela, je refuse d’entrer dans un débat institutionnel stérile, oscillant entre confédération et fédération. L’Europe est toute entière dans une tension créatrice entre l’intégration supranationale et la logique des Etats. L’une ne s’oppose pas à l’autre.

Les Etats-Unis d’Europe, c’est une fédération d’Etats Nations, comme le disais parfaitement Jacques Delors.

Les Etats-Unis d’Europe, c’est d’abord un objectif politique, traduit dans des politiques concrètes, au premier rang desquelles un pacte de sécurité et d’innovation économique puissant parce que volontaire, social et écologique.

La monnaie unique appelle une convergence nécessaire des taux d’inflation, des déficits et de l’endettement. Il n’est pas question de renoncer à un pacte de stabilité commun. C’est un souci de justice, pour éviter que certains pays ne mènent des politiques insoutenables et n’en fassent payer le prix aux autres. L’exigence allemande est de ce point de vue parfaitement légitime. Je la soutiens.

Mais il est temps d’aller au-delà.

Mission impossible ? Nullement.

3) Une politique économique et sociale pour l’Union européenne est possible

L’œuvre de titan accomplie avec la création d’une monnaie européenne, pourquoi serait-il impossible de l’accomplir pour refonder la politique économique et sociale de l’Union ?

Taxation des mouvements de capitaux spéculatifs ; renouvellement du mandat de la Banque centrale européenne, qui prenne acte de sa crédibilité désormais bien installée pour élargir son périmètre d’intervention ; agence de notation européenne pour la notation des Etats ; nouvelles règles de supervision des banques et des fonds spéculatifs…

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Un public attentif écoute la fin du discours de Ségolène Royal à la Vieille Maison des Etudiants à Helsinki mardi 8 février 2011 (Fondation Kalevi Sorsa)

Pourquoi ce que nous avons pu accomplir par le passé, ne pourrions-nous pas l’accomplir demain ?

Ce que j’entends mettre au service de l’Europe, ce ne sont pas des mots. C’est l’énergie chaque jour renouvelée d’une conviction.

C’est une ardeur inlassable pour convaincre, car notre avenir est là. Notre espérance aussi, par delà les doutes, les suspicions, les déceptions. Notre génération doit cela aux nouvelles générations, nous qui avons reçu de la génération de l'après guerre : la paix, la prospérité, l’Europe avec son modèle social.

Alors ouvrons la voie et avançons avec courage en faisant l'Europe avec les peuples et non pas contre eux.


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8 février 2011 2 08 /02 /février /2011 22:48

sarkozy-fillon-1-.jpg           Ils auront réussi à vider les caisses de l’Etat. Les comptes sont au rouge et les déficits s’amoncellent. La France s’endette, la France se ruine.

 

 Ils auront réussi à remettre en cause les avancées sociales, des années de luttes pour imposer un droit de vivre dignement.

 

 Ils auront réussi à s’attaquer aux retraites, à remettre en cause la sécurité sociale pour offrir, sur un plateau d’argent, des contrats juteux à leurs amis, aux assureurs privés.

 

 Ils auront réussi à faire une médecine à deux vitesses, celle pour ceux qui ont les moyens et celle pour les autres.

 

 Ils auront réussi à fermer des écoles, entasser les élèves, et supprimer la formation des enseignants pour offrir un bouclier fiscal à leurs amis.

 

 Ils auront réussi à développer la haine chez ces jeunes à qui la France dit toujours non, parce qu’ils n’ont pas la bonne adresse, la bonne origine.

 

Ils auront réussi à nous imposer un ministre condamné pour ses propos racistes, déshonneur de notre République.

 

Ils auront réussi à faire virer des humoristes et placer leurs gens pour verrouiller la parole dans les médias.

 

Ils auront réussi à mettre les hommes de loi en colère en utilisant une mort révoltante à des fins démagogiques.

 

Ils auront réussi à faire de la France la risée du monde, en mettant la patrie des droits de l’Homme à la botte des dictatures.

 

Ils auront réussi à nous faire honte en offrant le concours des forces françaises de sécurité pour briser la révolte d’un peuple.

 

Ils auront réussi à vendre notre République pour quelques excusions et voyages au sud méditerranéen.

 

Alors vite qu’ils dégagent !

 

Philippe Allard

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