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8 juin 2011 3 08 /06 /juin /2011 14:02

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Le ministère du Budget vient d’annoncer la hausse du déficit du budget de l'Etat à 61,4 milliards d'euros fin avril contre 56,2 milliards un an plus tôt. La France plonge de plus en plus dans la dette. Heureusement pour Nicolas Sarkozy, l’affaire DSK fait diversion et permet d’éviter de regarder de trop près les problèmes actuels !

 

 Depuis l’élection de Nicolas Sarkozy en 2007, la dette publique n’a pas cessé d’augmenter :

2007 : 1218 milliards de dette soit 65,9 % du PIB
2008 : 1327 milliards de dette soit 68,1 % du PIB
2009 : 1489 milliards de dette soit 77,6% du PIB
2010 : 1591 milliards de dette soit 81,7 % du PIB
Jusqu’ici le mandat de Nicolas Sarkozy a coûté à la France 373 milliards d’euros auxquels il faut ajouter l’addition de janvier à avril 2011 de 61,4 milliards. On atteint tout de même le montant de 434 milliards d‘euros. Et ce n’est pas fini ! Elle nous coûte bien chère cette nuit au Fouquet’s !

Après de tels résultats, un échec aussi monstrueux, proposer Christine Lagarde pour diriger le FMI c’est un peu gonflé … Mais enfin, ça pourrait peut-être nous arranger. En effet à ce rythme, on se dit qu’en 2012 si les Françaises et les Français par malheur confient à Nicolas Sarkozy le pouvoir, pour 5 ans de plus, la France devra faire la manche devant le FMI !
Mais attention le grand plongeon pourrait intervenir plus rapidement que prévu … Les derniers cadeaux fiscaux offerts aux plus riches, vont peut être précipiter le grand saut … Le port de la tenue de plongée pour tous les Français va devenir obligatoire avec toute la panoplie pour un plongeon en mer profonde. Suivez le capitaine Sarkozy et à l’eau !

On se souvient qu’en 2007, la candidate de la gauche, Ségolène Royal, inquiète du déficit de la France, préférait prévenir les Françaises et les Français dans son programme présidentiel qu’ "un euro dépensé doit être un euro utile". Mais la France a préféré la cigale à la fourmi …
"La cigale, ayant chanté tout l’été, se trouva fort dépourvue quand la bise fut venue … et bien ! danser maintenant … "

 

Philippe Allard

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8 juin 2011 3 08 /06 /juin /2011 00:53

5749352595_b7843f8bf3-1-.jpgInutile de chercher des slogans de campagne qui feront mouche.

Inutile de faire appel à des communicants pour trouver les formules chocs à la mode ou un nouveau style qui vous convienne mieux.

 Inutile de se construire une image comme ceci ou comme cela pour plaire davantage à ceux-ci ou ceux-là.

 Inutile de perdre son temps à fabriquer des accords secrets, des ententes, des pactes, des alliances, des coalitions.

Inutile de se faire attendre, de se faire désirer, de se faire appeler ou d’appeler pour qu’on vous appelle.

Inutile de montrer une image familiale de bonheur pour carte postale.

 

En définitive, tout ce spectacle médiatique ce n’est pas vraiment de la politique même si tout cela fait beaucoup parler. On en a même une overdose de toutes ces petites ou grandes représentations … on voudrait un peu plus entendre parler de politique, c’est-à-dire d’engagement, de volonté, de propositions.

Comment convaincre celles et ceux qui ne croient plus en cet engagement politique ? Comment convaincre toutes celles et tous ceux qui n’en peuvent plus de tout ce cinéma alors qu’il y a tant à faire ?

On a envie de dire tout simplement : écoutez, écoutez Ségolène Royal venir, sans artifice, défendre ses engagements, ses propositions pour les Françaises et les Français. Ecoutez cette femme parler de ses combats, de sa volonté réelle de faire changer les choses pour plus de justice, pour plus de dynamique économique, pour une meilleure gestion de notre richesse nationale. Ecoutez notamment son intervention ce mardi 7 juin, sur rfi.

 

Ecoutez sa défense pour la politique par la preuve afin de redonner de la crédibilité politique. Car comment en effet postuler à un poste de responsabilité nationale si on n’a pas fait la preuve de son action au niveau local ? D’autant qu’il y a toujours un lien entre l’action locale et le global. La socialiste prend ainsi l’exemple des éleveurs. Ces derniers souffrent au niveau local d’une financiarisation de l’économie mondiale qui joue sur la spéculation. Les grands céréaliers vendent leur production sur le marché mondial pour faire du profit car les prix augmentent alors que les éleveurs en France ne peuvent pas nourrir le bétail car le prix est trop cher.

« c’est parce que je vis ces problèmes là, que j’aurais la force politique d’imposer sur la scène internationale une autre gouvernance mondiale » lance la candidate socialiste.

 

Ecoutez son engagement pour ces jeunes délinquants pour qui il faut être sévère mais auxquels la République ne doit pas fermer la porte. Ségolène Royal a toujours combattu cette politique qui veut qu’on envoie, chaque jour davantage, plus de jeunes dans nos prisons alors que pour beaucoup il manque surtout un cadre, des règles, une éducation.

 

Ecoutez sa volonté de renouveler notre vie démocratique en mettant fin au cumul des mandats. Car comment en effet un homme politique peut-il conjuguer la gestion d’un territoire et une présence à l’Assemblée pour faire la loi ? Le non cumul sera aussi le meilleur moyen pour permettre une réelle parité, pour permettre un plus grand renouvellement avec plus de jeunes.

 

Ecoutez sa conviction qu’on ne sert pas les populations en difficulté seulement pas l’assistanat. Qu’il faut aussi leur offrir l’insertion le "I" de RMI et l’activité le "A" de RSA.

 

Ecoutez chacun de ses engagements, écoutez chacune de ses propositions et les 9 et 16 octobre aux Primaires venez voter car ce sera à vous de choisir la candidate de gauche pour une autre politique en 2012.

 

Philippe Allard



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7 juin 2011 2 07 /06 /juin /2011 21:13

 

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(@EGarault/L'Express)

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Par Eric Mandonnet et Marcelo Wesfreid, publié le 07/06/2011 à 16:01

Si elle doute, elle le cache bien. Dans ses petits bureaux parisiens de la région Poitou-Charentes, à deux pas de la gare Montparnasse, l'ancienne candidate à l'Elysée prépare la primaire socialiste. Cette fois, les sondages ne lui sont pas favorables. Et les circonstances ? Sans jamais citer le nom de Dominique Strauss-Kahn, elle parle des conséquences politiques de l'affaire. N'hésite pas à pointer ses différences avec Martine Aubry et François Hollande. Et attaque, sans s'encombrer de nuances, celui qui l'a battue en 2007, Nicolas Sarkozy.

La gauche peut-elle encore, aujourd'hui, se prétendre plus morale que la droite?

Elle doit se battre pour le prouver. La moralité politique, c'est, pour la gauche, réduire les inégalités, refuser les connivences avec les intérêts particuliers, et tenir parole en ne grugeant pas les électeurs par des promesses fallacieuses, comme l'a fait le candidat de droite en 2007. Ce à quoi vous faites allusion relève d'un comportement individuel. Bien sûr, il vaut mieux être exemplaire dans sa vie privée et faire en sorte qu'elle soit cohérente avec sa vie publique. On ne peut pas cultiver les "vertus publiques", comme disait Montesquieu, et piétiner les vertus privées, traiter les femmes plus bas que terre, manquer de respect à sa famille. Et quand on a une responsabilité publique, on se doit d'être exigeant envers soi-même. Je veux réhabiliter les comportements décents, respectueux, courtois. 

Comment éviter que la confrontation entre un homme socialiste blanc, riche, prêt à tout pour se défendre, et une femme noire, pauvre, immigrée, musulmane ne hante la gauche au cours des prochains mois ?

La justice est saisie. Et la vérité doit surgir. Le rôle de la gauche, c'est d'être auprès de ceux qui souffrent, avec des solutions efficaces et crédibles. Je peux vous garantir que quand je suis allée auprès des éleveurs qui sont au bord du gouffre, ils attendaient de moi des décisions et aucun ne m'a parlé de cette affaire. 

La gauche doit-elle clarifier son rapport à l'argent?

Pourquoi liez-vous à nouveau le fait dont on parle à la gauche en général? Ce n'est pas parce que tel ministre a dérapé dans des abus sexuels présumés que tous les gens du même bord sont pareils! Non ! Alors pourquoi la droite insinue-t-elle l'équivalent? Ce qui doit être clarifié, ce sont les comportements de pouvoir. Des personnalités agissent comme si elles étaient au-dessus des règles. Pas moins de sept ministres de Nicolas Sarkozy ont été démissionnés en quelques mois! La droite est donc bien mal placée pour donner des leçons. Il faut que certains hommes de pouvoir, qui se servent au lieu de servir, se disent enfin que l'impunité, c'est terminé. 

Etes-vous féministe?

Oui, au sens où j'ai dû m'arracher à une condition pour avancer sur un chemin qui était loin d'être balisé. Et aussi parce que, encore aujourd'hui, les inégalités hommes/femmes criantes, et qui ne cessent de se creuser, font injure à la République. Par exemple, plus de 2 millions et demi de mères seules survivent au lieu de vivre. Et les violences faites aux femmes ne cessent d'augmenter. Vous ne croyez pas que le temps d'une femme présidente de la République est venu, pour que change vraiment le rapport au pouvoir?  

Le fossé s'agrandit entre les classes populaires et les classes moyennes. Comment le PS peut-il le surmonter?

L'écart se creuse surtout, selon moi, entre les classes supérieures, qui se sont enrichies sur tous les plans (salaires, rentes, transmission du capital), et les autres, qui se sentent déclassées ou qui basculent dans la précarité. Aujourd'hui, un tiers des ménages surendettés sont des retraités à petit salaire, qui ont travaillé toute leur vie et qui étaient naguère protégés. C'est pour cela qu'une réforme fiscale s'impose, afin que le travail soit moins taxé que le capital. Je lancerai tout de suite les états généraux de la fiscalité. 

Les socialistes espagnols sont désemparés par le mouvement des Indignés. Le PS français est-il à l'abri d'un pareil décalage avec la jeunesse ?

Ce que je remarque, c'est que les Indignés, dans leur manifeste, réclament de la démocratie participative! Ils ne se reconnaissent plus dans le pouvoir en place, qui ne donne aucune perspective. En France aussi, les jeunes, quand ils voient l'Assemblée nationale, ne se sentent pas représentés. La leçon espagnole vaut pour tout pouvoir en place. 

Faut-il s'adapter à la mondialisation ou la combattre car elle est une "escroquerie", comme le préconise Arnaud Montebourg?

ES aJe suis assez d'accord avec le principe de "démondialisation" porté par Arnaud Montebourg. La mondialisation doit être dominée, pour que ce soit du gagnant-gagnant et que les pays riches changent leur mode de développement et permettent celui des pays plus pauvres. Par exemple, dans une bonne mondialisation, le Nord aurait équipé le Sud en énergie solaire, plutôt que de lui vendre un mode de développement reposant sur les énergies fossiles, qui l'enfonce dans la pauvreté. Et les matières premières issues des pays pauvres ne seraient pas englouties dans un système où la finance domine tout, au point que la spéculation internationale frappe même les productions alimentaires, dans une dramatique inertie de la gouvernance mondiale. 

Jusqu'où aller dans l'instauration de barrières douanières?

Il faut une politique protectionniste, avec des règles communes au niveau européen, ce que font très bien les Etats-Unis. Mettons des barrières sélectives sur des filières industrielles confrontées à des pays où les salaires sont vingt fois moindres et où les normes environnementales sont inexistantes. C'est aussi dans l'intérêt des pays pauvres, sinon leur modèle de développement ne changera pas et leurs salariés ne s'en sortiront pas.  

Mais je remarque que les dirigeants des institutions internationales ne bougent pas. Pour lutter contre le conservatisme des pouvoirs, je propose des changements de responsables plus fréquents. Regardez Jean-Claude Trichet à la Banque centrale européenne, ou Jose Manuel Barroso à la Commission de Bruxelles : ils sont en place depuis trop longtemps et, pour durer, il ne faut rien changer. 

La non-augmentation des impôts est-elle pour vous une règle?

Oui. Je suis contre la fuite en avant de la fiscalité et je l'ai prouvé dans ma région. Je suis d'ailleurs la seule à ne pas avoir augmenté les impôts depuis sept années, car j'ai eu le courage de mettre un terme à certaines dépenses moins utiles pour redéployer les moyens. 

Sur le plan économique, qu'est-ce qui vous distingue de Martine Aubry ou de François Hollande?

Voilà précisément un point qui me distingue de François Hollande, qui a annoncé une hausse des impôts. Et je veux aller plus loin que le projet du PS, en autorisant l'entrée des régions dans le capital des entreprises industrielles aidées, comme je l'ai fait pour Heuliez. Autre exemple, avec moi à la tête de l'Etat, une entreprise stratégique comme Yoplait n'aurait jamais été vendue aux financiers américains, alors que nos paysans se meurent. La banque publique d'investissement pour les PME, que j'ai fait inscrire dans le projet du PS, sera immédiatement mise en place. 

Que faire face à l'arrivée à Lampedusa d'un nombre croissant de migrants issus des révolutions arabes?

C'est un sujet majeur et je suis prête à tous les débats, même avec le Front national. Toutes les images de migrations incontrôlées inquiètent. Est-ce que la réponse de la droite est à la hauteur? Non! Elle a été complice des régimes antérieurs de l'autre côté de la Méditerranée. La réponse de la gauche ne doit être ni celle du laxisme ni celle des régularisations massives. La solution, et elle peut être rapide, c'est un accompagnement efficace de la reprise économique. 

Réduire l'immigration professionnelle légale, est-ce une mesure de bon sens dans la situation actuelle, ainsi que le veut Claude Guéant?

C'est un effet d'annonce - chaque jour, Claude Guéant fait une déclaration qui vise à récupérer les thèmes du Front national. Aujourd'hui, quand un secteur professionnel ne manque pas de main-d'œuvre, l'immigration n'est pas autorisée. Mais il y a des employeurs qui font venir des immigrés dans le seul but de moins payer les salariés. Que Claude Guéant s'adresse au Medef! 

L'échec scolaire des enfants d'immigrés est-il une réalité, comme l'a aussi avancé le ministre de l'Intérieur?

D'abord, ce n'est pas à cause des enfants d'immigrés que le système scolaire français vient d'être sévèrement rétrogradé. Mais disons les choses clairement : la question est celle de la pauvreté et de la précarité de certaines familles. Face à cela, 60 000 suppressions de postes, c'est une catastrophe nationale. Ne disons pas aux immigrés: "C'est votre faute !", mais "Voici comment nous allons faire pour que vous réussissiez." La France a besoin de tous ses enfants. 

Savez-vous gré à Nicolas Sarkozy de l'action qu'il a entreprise en Libye?

Oui. C'était une action nécessaire, que j'aurais aussi menée, même si, au départ, du temps a été perdu. 

Le PS vous semble-t-il plus au clair qu'en 2007 sur la sécurité?

Certainement. Quand je parlais d'"ordre juste", j'entends encore les cris d'orfraie que cela suscitait. Ce n'est plus le cas. Mais il faudra aller plus loin que ce que dit le projet du PS: je ferai des propositions. 

Quand un ministre mis en cause doit-il démissionner?

Dès qu'il est perturbé pour remplir sa fonction par la lourdeur d'un risque de condamnation, il doit prendre du recul, puis revenir s'il est blanchi. Le bon critère, c'est l'efficacité du travail et la crédibilité du ministre. Au chef du gouvernement de décider. 

Faut-il baisser le salaire du président?

Tout ce qui a choqué les Français devra être remis à plat. Ce qui est important, c'est le train de vie dans son ensemble. L'avion personnel que s'est fait aménager Nicolas Sarkozy, était-ce bien moral? Il faudra procéder à un état des lieux. Mais ce qui me paraît encore plus grave, c'est la connivence avec les puissances d'argent, qui se sont enrichies pendant que tous les autres souffrent de la crise. 

Qu'est-ce qu'avoir "envie" d'être présidente de la République?

Ma détermination est totale, tranquille, concentrée, solide. Je pense que je ferai pour la France une très bonne présidente, je m'en occuperai bien, les Français seront apaisés, le travail sera protégé, les PME auront les moyens de se développer, les institutions fonctionneront bien, notre pays deviendra une grande puissance écologique, le pouvoir sera rendu au peuple français. Les gens seront au clair avec les droits et les devoirs de chacun. Un euro dépensé sera un euro utile. Les valeurs morales et familiales seront défendues, la dignité des femmes sera garantie. Et la France retrouvera ses principes d'égalité et de fraternité. Chacun saura qu'il ou elle peut réussir et que le pays a besoin de tous. Les réformes radicales que j'ai évoquées plus haut seront faites rapidement. 

François Hollande est-il pour vous un candidat "normal"?

Il a le droit de se définir ainsi. Est-ce suffisant? 

Une chose qui pourrait vous inspirer chez Nicolas Sarkozy?

Vraiment, je ne vois pas. Je suis aux antipodes de tout ce qu'il est, de tout ce qu'il fait. Il va nous dire trois choses. Un: "C'est la faute de la crise!" Mais il n'a mené aucune politique pour en contrecarrer les effets. Deux: "ça aurait été pire avec tout autre que moi!" C'est comme un piéton que vous avez renversé, dont vous avez écrasé les jambes et à qui vous dites: j'aurais pu vous tuer! Trois: qu'il a changé et qu'il va réparer ses erreurs. C'était déjà l'argument de Giscard en 1981! 

Pourquoi avez-vous perdu en 2007?

Je regarde non pas en arrière, mais en avant. J'ai beaucoup appris dans les épreuves. Je répondrai à votre question quand j'aurai gagné, en 2012. Promis! 

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7 juin 2011 2 07 /06 /juin /2011 19:02

 

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« Je pense que le temps des femmes est venu.» a été sa phrase de conclusion.

Ségolène Royal était l’invitée ce matin de Caroline Roux dans La Matinale de Canal+.

L’interview a été menée énergiquement par Caroline Roux dans ce format court d’un peu plu de 10 minutes, avec les minutes qui défilaient sur un affichage comme sur un ancien tableau de départ d’aéroport, ce qui a amené Caroline Roux à interrompre Ségolène Royal pour avancer plus vite.

Malgré tout, de nombreux thèmes ont été abordés par la candidate aux primaires socialistes : DSK et le ‘strauss-kahnisme’, qui ont permis à Ségolène Royal de recentrer le débat sur les vrais problèmes des Français et les solutions concrètes possibles pour 2012 :

-réforme fiscale pour une plus juste répartition des richesses produites, car le capital doit être « au moins, au moins, c’est la moindre des choses, autant taxé que le travail »,

-réforme bancaire avec « des règles strictes » et une entrée de l’Etat « au capital des banques »,

-« gouvernance mondiale efficace » pour une plus juste répartition des richesses, qui ne se fasse pas au seul profit des fonds financiers et des entreprises du CAC 40,

-sécurité et encadrement militaire des délinquants, avec un projet d’expérimentation à La Rochelle d’une mesure proche de celle proposée par la candidate de 2007, aujourd’hui proposée par le député UMP Ciotti.

Interrogée sur sa position par rapport aux dernières propositions de Jean-François Copé concernant le RSA, Ségolène Royal a rappelé qu’elle était favorable au « donnant-donnant », « si c’est fait dans un bon état d’esprit ». Et elle souligné qu’une politique ne pouvait se contenter d’effets d’annonces – une pierre dans le camp du gouvernement, de Sarkozy et de la droite au pouvoir – car, par exemple « 60% [des peines d’intérêt général] ne sont pas appliquées, parce qu’il n’y a pas d’encadrant, et qu’on ne trouve pas les peines d’intérêt général, donc avant de faire des annonces, il faut mettre en place les solutions et passer à l’action ».

Frédérick Moulin

 

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S.Royal était l'invitée de la Matinale de Canal+ par segolene-royal

 

 

Transcription par Militants de l’Espoir À Gauche avec Ségolène Royal / F/M.

Caroline Roux : Ségolène Royal, présidente socialiste du Conseil régional de Poitou-Charentes, si certains se posent encore la question de la détermination de Martine Aubry, personne ne s’interroge sur celle de la candidate Royal. Malgré les sondages, elle croit toujours en ses chances pour les primaires. Pendant ce temps-là, comme les autres socialistes, elle sait que la présidentielle devra se faire sur fond de procès DSK. Bonjour, Ségolène Royal.

Ségolène Royal : bonjour.

Caroline Roux : bienvenue à La Matinale. Alors on a vu des femmes de chambre hier accueillir Dominique Strauss-Kahn au cri de « Shame on you ! », « Honte sur vous ! ». Est-ce que vous pensez que l’opinion en France, comme aux Etats-Unis, a déjà condamné Dominique Strauss-Kahn ?

Ségolène Royal : je comprends que vous me posiez cette question, mais vous savez que je me suis fixée une règle, je ne veux plus commenter cette affaire qui est maintenant entre les mains de la justice. Donc il faut que la vérité émerge, elle va émerger, je le pense, des débats.

Caroline Roux : Martine Aubry a dit hier : « Nous sommes tous touchés personnellement et politiquement. ». Vous non ?

Ségolène Royal : je ne veux pas commenter. Moi je suis engagée aujourd’hui auprès des Français, je vois les Français qui souffrent, qui espèrent autre chose de la France de demain pour 2012. Aucun ne me parle de l’affaire de DSK, aucun. Aucun.


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Ségolène Royal : "Moi je suis engagée aujourd’hui auprès des Français, je vois les Français qui souffrent, qui espèrent autre chose de la France de demain pour 2012. Aucun ne me parle de l’affaire de DSK, aucun. Aucun"

Caroline Roux : vous croyez que ça n’intéresse pas les Français ?

Ségolène Royal : je pense que si, d’ailleurs vous me posez la question, c’est que ça les intéresse, ça les sidère, et d’une certaine façon ça les consterne. Ils veulent savoir ce qui s’est passé sans doute. Mais je puis vous dire que dans les contacts au quotidien, dans les réunions de travail, dans les visites de terrain et j’en fais beaucoup, aujourd’hui à travers la France, personne ne me parle de cette question-là.

Pourquoi ? Parce qu’il y a tellement de difficultés aujourd’hui, on voit les éleveurs qui sont en train de mourir, on voit la sécurité qui se dégrade partout, on voit les écoles…

Caroline Roux, lui coupant la parole : on va parler de ces sujets qui sont importants, mais on commence une campagne présidentielle. Est-ce que vous pensez que le procès peut polluer l’ambiance de la campagne ?

Ségolène Royal : si c’est instrumentalisé, si c’est exploité, peut-être, mais moi je me forcerai de toute façon de rester au-dessus, parce que vraiment, des millions de Français attendent autre chose, ils espèrent des solutions concrètes aux problèmes qui se posent, retrouver une espérance, que la France retrouve ses valeurs morales, ses fondamentaux, et…

Caroline Roux, l’interrompant : ils attendent de la clarté, notamment sur la ligne politique, les Français, sans doute. On a entendu Vincent Peillon qui a dit : « Dominique Strauss-Kahn va nous manquer. Nous avons besoins d’un gauche moderne en France. ». Qui peut incarner, politiquement, sur le fond, ce strauss-kahnisme ? Est-ce que vous-mêmes vous avez, depuis, j’allais dire, le fait que Dominique Strauss-Kahn ne soit clairement pas candidat à la présidentielle, travaillé avec les straus-kahniens ?


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Ségolène Royal : "Mais je ne me situe absolument pas par rapport aux autres socialistes"

Ségolène Royal : mais je ne me situe absolument pas par rapport aux autres socialistes. Moi je suis tournée…

Caroline Roux, l’interrompant : vous pourriez rassembler.

Ségolène Royal, poursuivant : … je suis tournée vers les Français, mais ce sont les Français qui vont décider de ce rassemblement, puisque de toute façon les règles des primaires sont claires, c’est celui ou celle qui sera désignée(e) par les Français les 9 et 16 octobre prochains, tous les Français peuvent venir voter, et celui ou celle qui va être désigné, j’espère bien sûr être celle-là, en tout cas j’y travaille dans cette perspective, rassemblera tous les socialistes. C’est la règle.

Donc les français peuvent se rassurer, ceux qui craignent que les primaires seront un pugilat ou une dispute, moi je veux les rassurer, et il y aura un débat de haut niveau, il y a suffisamment de problèmes à régler, de solutions concrètes à avancer, de perspectives à tracer, de sens à donner à l’avenir du pays…

Caroline Roux, lui coupant la parole : justement, c’est vraiment de cela que je vous parle, alors peut-être que je me suis mal exprimée, mais sur le fond, ça pose une question sur la ligne politique. Hier on a entendu Benoît Hamon qui a déclaré, alors c’était à propos de la défaite des socialistes portugais aux législatives, il disait : « Il est essentiel que la gauche européenne n’applique pas les politiques d’austérité. Nous voulons tourner le dos à ces choix politiques mauvais pour l’Europe. ». On se dit qu’il est un petit peu en marge de ce que proposait l’ancien patron du FMI, vous-même par rapport à ce sujet-là sur l’austérité, qui touche là pour le coup les Français, comment est-ce que vous vous situez ?

Ségolène Royal : moi je pense que le socialisme efficace, c’est celui qu’il faut réaliser. Il y a un socialisme qui marche, et c’est celui-ci qu’il faut faire. Qu’est-ce que c’est qu’un socialisme qui marche ? C’est un socialisme qui permet d’apporter des réponses concrètes à la question que vous posez.

Le problème, et Benoît Hamon a en partie raison lorsqu’il dit qu’il faut tourner le dos aux politiques d’austérité, la réalité, c’est qu’il va falloir faire quand même des efforts considérables puisque la situation du pays est grave, que la crise économique est là, mais ce qui ne va pas dans les politiques actuelles, c’est pour ça que les peuples se révoltent dans les pays que vous citez, c’est parce que l’austérité c’est toujours pour les mêmes. Donc moi je réponds quelque chose d’équilibré et d’efficace, et je dis…

Caroline Roux, l’interrompant : alors à quoi ça ressemble une ‘austérité équilibrée’, alors ?


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Ségolène Royal : "Ça veut dire qu’il faut que les plus riches payent davantage que les classes moyennes et que les plus pauvres"

Ségolène Royal : ça veut dire qu’il faut que les plus riches payent davantage que les classes moyennes et que les plus pauvres. Or aujourd’hui la mondialisation se fait sur le dos des classes moyennes et des catégories populaires, c’est-à-dire qu’il y a une décroissance de la France qui se traduit par un déclassement de ceux qui travaillent, et ça ce n’est pas acceptable, et par un enrichissement…

Caroline Roux, lui coupant la parole en haussant la voix : alors ‘les plus riches’ ça veut dire quoi ? C’est qui ? Ce sont les banquiers ? Ce sont les salaires les… , les plus riches, ça veut dire que vous créez une tranche d’impôt supplémentaire, par exemple ?


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Ségolène Royal : "Il va falloir faire une réforme fiscale dans laquelle le capital sera au moins, au moins, c’est la moindre des choses, autant taxé que le travail"

Ségolène Royal : les plus riches, ce sont ceux qui possèdent le capital. Puisqu’aujourd’hui en France le capital est beaucoup moins taxé que le travail, donc il va falloir faire une réforme fiscale dans laquelle le capital sera au moins, au moins, c’est la moindre des choses, autant taxé que le travail.


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Ségolène Royal : "Il faudra mettre des règles très strictes, et il faudra que l’Etat rentre au capital des banques pour que les banques fassent leur travail"

Deuxièmement, on voit les résultats effectivement du système bancaire, qui a été renfloué par le contribuable, et qui devrait aujourd’hui se mettre au service du développement des petites et moyennes entreprises, donc il faudra mettre des règles très strictes, et il faudra que l’Etat rentre au capital des banques pour que les banques fassent leur travail.


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Ségolène Royal : "Il faudra une gouvernance mondiale efficace pour que les fruits de ces profits soient équitablement répartis, c’est assez simple"

Quant aux entreprises du CAC 40 et aux fonds financiers qui n’ont jamais fait autant de profits qu’aujourd’hui, c’est-à-dire qui sont les seuls à bénéficier de la mondialisation, il faudra une gouvernance mondiale efficace pour que les fruits de ces profits soient équitablement répartis, c’est assez simple.

Pourquoi ça ne se fait pas ? Parce qu’il y a une forme d’inertie dans la gouvernance mondiale, une forme de connivence aussi entre un certain nombre de pouvoirs et les puissances financières, qui racontent à nos gouvernants que si l’on touche au profit des banques, on va accélérer la crise, alors que c’est tout le contraire qui est vrai.

Caroline Roux : alors le dossier s’est déplacé ces derniers jours sur le thème de la sécurité. On a entendu Eric Ciotti proposer de durcir l’application de peines, c’est un député UMP, et il propose une forme de service civique pour les mineurs les plus difficiles qui pourraient être encadrés militairement. Vous savez quoi ? Ça nous rappelle la candidate Royal de 2007. C’est une bonne chose pour une socialiste que ces propositions soient reprises par un député de la Droite populaire, à la droite de l’UMP ?

Ségolène Royal : et pourquoi pas ? Ce qui est important, ce sont les propositions efficaces. Donc en effet, j’avais proposé l’encadrement militaire des délinquants. Pourquoi ? Parce qu’on sait que les prisons sont surchargées, et d’ailleurs ce rapport précise que 80 000 peines de prison aujourd’hui ne sont pas appliquées. Ça veut dire que les délinquants restent dans la rue. Donc vous découragez les policiers, vous découragez la justice qui a prononcé ces peines, et vous encouragez la récidive. Donc la situation est proprement explosive. Et le mérite de ce député UMP c’est au moins de faire une autocritique sur la politique de ce gouvernement qui a laissé se dégrader le système policier, le système judiciaire à ce point.


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Ségolène Royal : "Donc oui je suis favorable à l’encadrement militaire des délinquants et d’ailleurs je propose que ce soit expérimenté dans la Région Poitou-Charentes"

Donc oui je suis favorable à l’encadrement militaire des délinquants et d’ailleurs je propose que ce soit expérimenté dans la Région Poitou-Charentes que je préside, puisqu’il y a un régiment qui doit fermer à La Rochelle, eh bien…

Caroline Roux, lui coupant la parole : vous l’avez pas encore fait depuis 2007 ?

Ségolène Royal : si…

Caroline Roux : ah bon.

Ségolène Royal :je l’ai proposé au ministre Morin, quand il était là, il a refusé. Donc aujourd’hui je vois que la proposition revient, et en effet, dans la continuité de ce que j’ai toujours dit, je pense que la prison pour les jeunes, c’est l’école du crime, ils en ressortent encore davantage délinquants qu’ils n ‘y sont entrés puisqu’il y a une surpopulation carcérale. Il faut donc trouver des alternatives à la prison et je dis chiche au gouvernement, expérimentons cela, et moi je suis favorable à le faire avec le maire de La Rochelle, Maxime Bono, puisque nous avons écrit ensemble au ministère de la Défense pour expérimenter dans le régiment de La Rochelle l’encadrement militaire des jeunes délinquants.

Caroline Roux : vous avez déjà pris contact avec le ministre de la Défense ?

Ségolène Royal : le nouveau, là ?

Caroline Roux : oui, le nouveau, (Rire de Ségolène Royal) Gérard Longuet, non ?

Ségolène Royal, riant au début : je vais le faire suite à ce rapport. Parce qu’il faut avoir de la cohérence et de la continuité, vous savez dans l’action politique. Quand on croit à quelque chose, il faut aller jusqu’au bout.

Caroline Roux : et de la détermination.

Ségolène Royal : exactement.

Caroline Roux : vous en avez toujours autant ?

Ségolène Royal : oui bien sûr.

Caroline Roux : vous irez jusqu’au bout…

Ségolène Royal, pendant que Caroline Roux parle : bien sûr.

Caroline Roux : … si Martine Aubry se présente ?

Ségolène Royal : bien sûr, oui.

Caroline Roux : voilà, ça c’était la question obligée, hein, vous savez.


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Ségolène Royal, sans attendre que Caroline Roux ait fini sa phrase : les Français auront comme ça une liberté de choix.

Caroline Roux : allez, on passe au « J’aime / J’aime pas » si vous le voulez bien. « J’aime / J’aime pas » Jean-François Copé qui propose des heures de travail pour certains bénéficiaires du RSA.

Ségolène Royal : mais je crois que c’est déjà fait. Moi je suis favorable au donnant-donnant. Effectivement, quand on donne des revenus de subsistance, de substitution, en contrepartie on peut très bien demander une activité, d’ailleurs souvent ils le demandent, vous savez les gens qui sont au RSA ne demandent qu’une chose souvent, c’est de se rendre utile et de pouvoir s’insérer dans le monde du travail, donc je n’y vois pas d’inconvénient si c’est fait dans un bon état d’esprit.

Encore faut-il leur trouver des activités, parce que voyez-vous les peines d’intérêt général, pour revenir à la question de la sécurité, 60% d’entre elles ne sont pas appliquées, parce qu’il n’y a pas d’encadrant, et qu’on ne trouve pas les peines d’intérêt général, donc avant de faire des annonces, il faut mettre en place les solutions et passer à l’action.


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Ségolène Royal : "60% des peines d'intérêt général ne sont pas appliquées, parce qu’il n’y a pas d’encadrant, et qu’on ne trouve pas les peines d’intérêt général, donc avant de faire des annonces, il faut mettre en place les solutions et passer à l’action"

Caroline Roux : deux petits « J’aime / J’aime pas » assez vite. « J’aime / J’aime pas » les primaires à la mode Europe Ecologie – Les Verts.

Ségolène Royal : bien c’est plutôt pas mal.

Caroline Roux : ça se passe plutôt pas mal ?

Ségolène Royal : oui, ça se passe plutôt pas mal. L’important, c’est qu’il y ait du débat de qualité, du respect mutuel, et je crois que c’est ce qui se passe.

Caroline Roux : et « J’aime / J’aime pas » une journée de la jupe à l’Assemblée Nationale, est-ce que vous y seriez favorable ?

Ségolène Royal : moi je suis favorable tout simplement à des règles vraiment très claires sur le respect des femmes, sur la dignité des femmes, et ça vraiment il faut que les élus donnent l’exemple, ils sont chargés de faire la loi et il est intolérable de découvrir un certain nombre de comportements totalement immatures, et je pense que lorsqu’il y aura la parité à l’Assemblée grâce au nom cumul des mandats, les choses iront mieux parce que les femmes se feront respecter comme elles le sont dans les conseils municipaux où il y a la parité, et on se rend compte qu‘elles se défendent davantage et qu’elles se font respecter.

Caroline Roux : et une femme présidente, ça pourrait peut-être changer la donne aussi, hein ? C’est une idée.

Ségolène Royal : je pense. (Puis avec un ton enjoué) Je pense que le temps des femmes est venu.

Caroline Roux : merci beaucoup Ségolène Royal d’avoir été notre invitée ce matin, on passe au Monde en question.

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6 juin 2011 1 06 /06 /juin /2011 23:53

 

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Ségolène Royal
Venez nombreux mercredi de 18.30 à 20 heures, j'ai deux ou trois choses à vous dire sur la France. J'y travaille encore ce soir, ce sera top.

       

Ségolène Royal
C'est salle de la mairie du 4ème arr. Jean-Pierre Chevènement nous parlera de son livre 'la France est-elle finie?'. Hâte de l'entendre.

4 Juin via Twitter for iPad

 

 

 
J-P. Chevènement
[MRC] | Jean-Pierre Chevènement invité de Desirs d'Avenir le 8 juin 2011 

 

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Mercredi 8 juin de 18 heures 30 à 20 heures

Mairie du IVème arrondissement de Paris

Grand discours de Ségolène Royal sur la France

 


Chères amies, chers amis,

Venez nombreux à la prochaine Université populaire, ce mercredi 8 juin, qui est consacrée à un thème majeur de l'élection présidentielle : « la France et la République ». Cette question fondamentale n'a cessé d'inspirer les nombreux débats de nos universités ainsi que mes déplacements dans tout le pays et les solutions concrètes que j'ai proposées au fil des mois et des semaines qui viennent de s'écouler.

J'y ai invité Jean-Pierre Chevènement, président d'honneur du Mouvement Républicain et Citoyen, car son dernier livre pose frontalement cette question : « la France est-elle finie ? ». Il y plaide pour que notre pays reprenne en mains son destin et retrouve son rang dans le concert des nations du XXIème siècle.

Nous sommes très heureux de l'accueillir et nous aurons plaisir à l'écouter pour des raisons intellectuelles et d'amicale fidélité.

Après son intervention, je vous ferai part dans un discours important de ma vision de la France et de son avenir car ce sujet est au cœur de la campagne présidentielle.

Dans son ouvrage fort stimulant, Jean-Pierre Chevènement porte sur les dernières décennies un regard sans complaisance et fournit de solides raisons de vouloir, comme je le souhaite, une autre voie pour la France.

Dégâts économiques, sociaux et moraux de la mondialisation néo-libérale, promesses mal tenues de l'Europe et vicissitudes de la relation franco-allemande, désordres monétaires et nouveaux rapports de forces internationaux mais aussi renoncements et résignations qui conduisent le pays à douter de lui-même : il y décrit les impasses d'un système plus que jamais livré aux marchés financiers et fauteur d'inégalités, de désindustrialisation, d'endettement, d'affaiblissement de l'Etat et de destruction des services publics. Lucide, il ne verse pourtant ni dans le pessimisme ni dans le déclinisme.

Je partage nombre de ses constats et aussi cette conviction : la France, si elle en a la volonté et en prend les moyens, peut desserrer l'étau en renouant avec le meilleur de son histoire. Elle le peut, je le crois, en se dotant de politiques industrielles anticipatrices et créatrices d'emplois. En investissant dans son école pour qu'elle transmette à tous ses élèves un solide bagage de savoirs et de civisme. En faisant vivre avec force ces valeurs républicaines toujours actuelles dont elle doit redevenir, en y conformant ses actes, la messagère à l'intention du monde.

Le patriotisme bien compris est, pour moi, tout le contraire du nationalisme des replis sur soi. Il conduit à vouloir une France forte dans une Europe forte qu'il est temps de remettre sur les rails d'une croissance équitable et d'un dialogue équilibré avec le monde. Là est l'honneur de l'action politique : permettre d'autres possibles que l'abandon aux désordres subis.

J'aborderai ces questions mercredi prochain avec la conviction qu'un autre modèle est possible que celui auquel les peuples sont sommés de se plier sous l'injonction arrogante des nouvelles féodalités financières et de leurs relais zélés. Ni finie, ni démunie, la France peut, si elle le choisit, incarner une alternative crédible qui relève les défis d'aujourd'hui en liant solidement ensemble la créativité scientifique, le dynamisme économique, l'excellence écologique et la justice sociale.

Quels atouts pour la France ? Quels leviers d'action empoigner ? Quelles protections  légitimes garantir, y compris commerciales ? Quels scénarios pour une Europe efficace contre la financiarisation débridée avec son cortège d'inégalités et de délocalisations ? Quel avenir pour l'euro ? Quel ciment pour une nation forte de tous ceux qui la rejoignent, respectueuse de chacun et gardant le cap sur l'intérêt commun ? Quelle école donnant à chacun le goût de se dépasser et quel projet de société mobilisateur pour une jeunesse qui puisse avoir foi en son avenir ? Quelle actualité d'un modèle républicain fier de ses valeurs ?

Je vous ferai part de mes réponses sur ces sujets fondamentaux pour redresser la France.

À mercredi,

Ségolène Royal

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6 juin 2011 1 06 /06 /juin /2011 16:59

 

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Ségolène Royal était hier soir à 18h10 l’invitée de Jean-François Achilli de France Inter dans l’émission Dimanche Soir Politique sur i>TELE et sur la radio, associées au journal Le Monde et à Dailymotion.

Deux autres journalistes interrogeaient également Ségolène Royal : Jean-Jérôme Bertolus d’i>TELE et Françoise Fressoz du Monde. Globalement, l’entretien a été calme et Ségolène Royal a pu, avec énergie et efficacité, développer les idées et propositions qu’elle souhaitait mettre en avant.

Après un éditorial d’Hélène Jouan de France Inter, sur lequel Ségolène Royal n’a pas réagi malgré certaines contrevérités, la candidate au primaire, dans ce premier tiers d’une émission qui a duré 40 minutes, à répondu aux questions posées sur ‘l’affaire DSK’ et ses ‘conséquences’, s’en tenant à la position qu’elle a adoptée depuis quelques temps déjà.

Prenant la maitrise de l’entretien, Ségolène Royal a fustigé l’inaction du gouvernement et de Nicolas Sarkozy, évoquant par deux fois les actions et aides d’urgence que la Région Poitou-Charentes avait dû mettre en place pour les éleveurs touchés par la sécheresse devant l’inertie de l’Etat, puis lançant un sévère réquisitoire contre un des échecs les plus éclatants de Nicolas Sarkozy :

« Sur le thème central de la sécurité, sur lequel Nicolas Sarkozy a été élu, on n’a jamais vu un fiasco aussi dramatique. »

Et de prendre partie pour l’appel au secours du maire EE-LV de Sevran, pour aboutir à une première proposition :

« Songez que dans une école maternelle de Sevran, on interrompt la récréation parce que les enfants risquent de prendre des balles réelles. […] Le maire demande l’intervention de l’armée, mais il a parfaitement raison, il faut mettre sur le territoire des forces de sécurité qui protègent la sécurité au quotidien des habitants ! »


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Jean-Jérôme Bertolus, Françoise Fressoz et Ségolène Royal

Puis Jean-Jérôme Bertolus a lancé le thème de la « libération de la parole des femmes » face au « sexisme » ambiant. Ségolène Royal s’est arrêtée sur ce thème, et a formulé quatre propositions :

« Premièrement, la fin du cumul des mandats, et […] le mandat abandonné devra être réservé à une femme.

Deuxièmement, la suppression […] de la totalité des subventions publiques aux partis politiques qui ne respectent pas la parité qui est quand même inscrite dans la Constitution.

Troisièmement […] si je suis élue présidente de la République, je créerai – je rétablirai – et je créerai un ministère des Droits de la femme et de la Dignité des femmes » pour lutter aussi contre la violence physique faite au femmes.

Et quatrièmement, « dans l’entreprise […] dans les pays du nord de l’Europe […] il y a une égalité salariale totale. Comment y sont-ils parvenus ? En conditionnant les aides publiques aux entreprises à l’obligation de l’égalité salariale. Et leurs entreprises sont beaucoup plus performantes. »

Frédérick Moulin

 

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Segolene Royal, Dimanche Soir politique par franceinter

 

Transcription par Militants de l’Espoir À Gauche avec Ségolène Royal / F.M.

Jean-François Achilli : bonsoir Ségolène Royal. La présidente de la Région Poitou-Charentes et candidate à la primaire socialiste est l’invitée de Dimanche Soir Politique sur France Inter et i>TELE avec Le Monde et Dailymotion Pour l’interviewer à mes côtés comme toutes les semaines, Françoise Fressoz du journal Le Monde, et Jean-Jérôme Bertolus d’i>TELE. Alors, nous allons évoquer bien sûr pour ouvrir ce magazine ce soir, l’affaire DSK et ses enseignements à la veille du procès, nous allons revenir sur les propositions de la candidate Royal, sur tous les grands sujets, en matière de sécurité, nucléaire, éducation, etc. Nous reviendrons évidemment sur la primaire au PS face à la concurrence à gauche, et nous évoquerons enfin une page étrangère avec ce qui se passe en Libye et en Syrie. Mais tout de suite voici l’édito, il est signé Hélène Jouan de la rédaction de France Inter.

-Edito-

Hélène Jouan : Ségolène Royal, la femme debout, toujours debout, se rêve en femme fatale des primaires socialistes, fatale à Martine Aubry, fatale à François Hollande.

Bon, objectivement, ce n’est pas franchement bien parti, la Madone des sondages de 2006 n’a pas vraiment disparu des écrans-radars des enquêtes d’opinion en 2011, mais elle est aujourd’hui indubitablement la challenger. Mais, mais, mais, Ségolène Royal conserve quelques atouts.

D’abord, sa détermination infaillible qui lui permet de donner quelques leçons à l’hésitante Martine Aubry. « Ce n’est pas rien de décider d’une candidature à la présidentielle », professait-elle il y a quelques jours, « c’est très dur, c’est un engagement, il faut faire un effort considérable sur soi-même. » Histoire de dire que si vraiment cette envie-là ne vient pas de loin, ce n’est même pas la peine d’y penser.


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L’effacement de DSK rebat également les cartes pour tous les candidats socialistes, et si elle s’affiche aux côtés de Martine Aubry, et resourit à François Hollande, si, si, on l’a vue, elle veut croire que l’affrontement de ces éléphants lui donnera paradoxalement un peu d’oxygène, elle, la femme libre.

Reste évidemment la dernière solution envisagée quand Dominique Strauss-Kahn était le candidat favori : se retirer pour négocier, pour ne pas subir l’affront d’arriver bonne dernière. Pour le moment, Ségolène Royal fait mine de ne pas vouloir en entendre parler, il faut dire que négocier avec François Hollande, ce ne serait pas franchement simple.

Elle ne se reconnaît aujourd’hui qu’un dieu, qu’un maître, Dieu, justement, François Mitterrand, qui disait : « L’histoire est aussi ce que la volonté en fait. », elle le répète à l’envi. La volonté : et si c’était tout ce qui restait aujourd’hui à Ségolène Royal ?

-Fin de l’Edito-

Jean-François Achilli : Ségolène Royal, bonsoir, et bienvenue sur ce plateau. Alors, pour rebondir sur cet édito d’Hélène Jouan, le volontarisme, c’est votre marque de fabrique ?

Ségolène Royal : bien écoutez, sans volonté comment peut-on avancer ? Ce n’est pas seulement le volontarisme qui me fait avancer, c’est aussi une conviction très forte que la politique doit changer, que la France doit retrouver ses valeurs fondamentales, qu’il y a vraiment d’autres façons de gouverner et de présider un pays, et qu’en particulier le potentiel considérable que nous avons dans notre pays, notamment dans les petites et moyennes entreprises, dans nos laboratoires de recherche, dans notre matière grise, est aujourd’hui insuffisamment mis à profit.

Ajoutez à cela que depuis 4 ans, la France bat tous les records des inégalités et des injustices, et vous savez que le dernier rapport par exemple du Médiateur de la République vient de montrer que 15 millions de Français bouclent leurs fins de mois à 50 euros près. Donc voilà les défis qui sont aujourd’hui à relever, et je pense en effet pouvoir apporter des solutions concrètes aux problèmes qui se posent aujourd’hui très cruellement aux Français.

Jean-François Achilli : sur le statut de challenger, si vous le permettez, nous y reviendrons tout à l’heure puisque nous évoquerons largement la primaire socialiste, mais tout d’abord, Ségolène Royal, le procès de Dominique Strauss-Kahn aura lieu demain à New York, ça n’a échappé à personne, et ce matin sur la radio France Info, Léon-Lef Forster, qui est l’un des avocats de Dominique Strauss-Kahn, a expliqué qu’il fallait s ‘attendre à un éventuel rebondissement, un coup de théâtre, alors est-ce que vous pensez, vous, sans revenir sur l’affaire, hein, sur le fond de l’affaire, mais est-ce que vous pensez qu’un coup de théâtre est possible, Ségolène Royal, et est-ce qu’au fond, aujourd’hui, Dominique Strauss-Kahn n’est peut-être pas sorti déjà du champ politique ?

Ségolène Royal : vous savez, là il faut s’en tenir aux grands principes, la justice américaine est saisie, donc maintenant laissons-la travailler, pour l’instant, Dominique Strauss-Kahn a toujours droit à la présomption d’innocence, la victime a droit aussi au respect de la parole, donc maintenant le procès va se dérouler. Moi ce que je souhaite, vraiment, parce que je l’entends autour de moi sur le territoire, ce que je souhaite, c’est que le feuilleton tragique d’ailleurs de cette affaire n’occulte pas l’ensemble des problèmes auxquels les Français sont confrontés aujourd’hui, et je voudrais en donner qu’un seul exemple, très concret, j’étais récemment auprès des éleveurs de ma Région, qui vous le savez souffrent cruellement …

Jean-Jérôme Bertolus, lui coupant la parole calmement : on va y revenir, sur la sécheresse…

Ségolène Royal, immédiatement : attendez, attendez, parce que chaque qu’on aborde …

Jean-Jérôme Bertolus : non, non, non, non, il y a …


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Ségolène Royal : "Je puis vous dire que lorsque je suis au contact des Français, personne, personne ne me parle de l’affaire de Dominique Strauss-Kahn, personne"

Ségolène Royal, sans s’arrêter : … un problème de fond, immédiatement on est interrompu. Juste une chose, juste une chose, moi je fais de la politique pour améliorer la vie des gens et pour répondre aux problèmes, et je puis vous dire que lorsque je suis au contact des Français, personne, personne ne me parle de l’affaire de Dominique Strauss-Kahn, personne. Les gens sont tellement tenaillés par la peur du lendemain

Jean-Jérôme Bertolus, l’interrompant : ni les militants, ni les militants de base ne vous parlent pas…

Ségolène Royal, immédiatement : ni les militants de base. Bien sûr les gens regardent ça avec effarement, avec consternation, avec sidération, mais au bout du compte, ce qu’ils attendent de leurs responsables politiques, ce n’est pas que nous commentions à longueur de journée ce qui se passe. Je comprends que cette affaire fascine, on se croirait dans un thriller américain. Je comprends que cette affaire fascine mais en même temps la rigueur que je dois m’imposer en tant que responsable politique, c’est vraiment à chaque fois que j’ai la chance d’avoir un temps de parole, c’est de revenir aux problèmes qui se posent aux Français pour leur faire comprendre qu’ils ne doivent pas se décourager, que des solutions existent et que je prépare l’alternance de 2012.

Jean-François Achilli : Françoise Fressoz.

Françoise Fressoz : vous dites cette affaire fascine, mais est-ce qu’elle n’a pas changé déjà la donne pour 2012, c’est-à-dire, on voit quand même un Nicolas Sarkozy qui est beaucoup plus sûr de lui, qui dit que la gauche a perdu la bataille de la morale, qu’est-ce que vous répondez à ça, vous ?


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Ségolène Royal : "D’abord Nicolas Sarkozy est aux responsabilités. Moi ce que j’attends d’un gouvernement et d’un président de la République, c’est qu’il continue à agir. Or aujourd’hui, il ne se passe rien, rien"

Ségolène Royal : mais vous savez, d’abord Nicolas Sarkozy est aux responsabilités. Moi ce que j’attends d’un gouvernement et d’un président de la République, c’est qu’il continue à agir. Or aujourd’hui, il ne se passe rien, rien. On voit même des situations absolument invraisemblables.

Songez que dans une école maternelle de Sevran, on interrompt la récréation parce que les enfants risquent de prendre des balles réelles. Mais dans quel pays vivons-nous ? C’est-à-dire sur le thème central de la sécurité, sur lequel Nicolas Sarkozy a été élu, on n’a jamais vu un fiasco aussi dramatique. Dans quel autre pays démocratique une école maternelle interrompt la récréation parce qu’il y a des voyous dans la rue qui risquent de tirer à balles réelles sur les enfants ? Mais que fait le gouvernement en place ? Rien. On a l’impression d’avoir…

Françoise Fressoz, l’interrompant : qu’est-ce que vous auriez fait, vous ?


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Ségolène Royal : "Le maire [de Sevran] demande l’intervention de l’armée, mais il a parfaitement raison, il faut mettre sur le territoire des forces de sécurité qui protègent la sécurité au quotidien des habitants !"

Ségolène Royal : eh bien, écoutez, le maire demande l’intervention de l’armée, [Jean-Jérôme Bertolus : « Des casques bleus, oui. »] mais il a parfaitement raison, il faut mettre sur le territoire des forces de sécurité qui protègent la sécurité au quotidien des habitants ! C’est extravagant ces villes où règne le non-droit ! Que fait le gouvernement en place ? Que fait le président de la République ?

Jean-François Achilli : vous pensez qu’il ne fait rien, c’est ça ?

Ségolène Royal : écoutez, n’avez-vous pas le sentiment que nous avons là, comme une équipe de football en fin de match, ils ne savent même plus où ils sont, il y a sept ministres qui ont été sortis, sept joueurs, sept ministres qui ont été sortis du gouvernement pour des scandales divers et variés. Aujourd’hui on ne sait plus où la France va, quel est le cap, quelle est la direction, et vraiment, les Français attendent là la fin de la partie, ils attendent vraiment le coup de sifflet final pour qu’on puisse vraiment passer à autre chose.

Mais, mais le président de la République est en place, c’est le président de la République, il a encore quelques mois pour agir, moi ce je lui demande, c’est de continuer à répondre aux urgences, aux urgences ! Il a fallu, regardez, que dans ma Région je débloque les aides aux éleveurs pour que le gouvernement et le ministre de l’Agriculture, sans doute trop occupés à remplacer Christine Lagarde, ne s’occupent enfin des éleveurs dans notre pays, qui sont en train de mourir, voilà ce qui est en train de se passer.


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Ségolène Royal : "Il a fallu que dans ma Région je débloque les aides aux éleveurs pour que le gouvernement et le ministre de l’Agriculture, sans doute trop occupés à remplacer Christine Lagarde, ne s’occupent enfin des éleveurs"

Jean-Jérôme Bertolus : je m’excuse d’avance, je n’ai pas une question de fond, je voudrais quand même revenir : il y a l’affaire DSK, il y a l’affaire Tron, il y a les propos de Luc Ferry. Est-ce qu’il vous semble que toutes ces affaires vont avoir une influence sur la vie politique aujourd’hui, voire sur la campagne de 2012 ?

Ségolène Royal : écoutez, si je réponds sur le plan des principes sur ces questions-là, c’est vraiment la consternation. Pourquoi ? Parce que quand on a la chance d’avoir des responsabilités publiques, on doit être exemplaire. Et si ces affaires ont pour résultat de mettre à jour un certain nombre de comportements avec une réprobation de l’opinion publique, et de faire en sorte que tous les élus puissent comprendre que lorsqu’on a la responsabilité de faire la loi pour les autres, parce que quand même, ces élus ont la responsabilité d’établir les règles, et les droits et les devoirs de tous les citoyens français, et ce sont eux qui violent ces règles, qui enfreignent ces lois ? C’est tout simplement intolérable et insupportable !

Jean-Jérôme Bertolus : il n’y a pas un côté positif, c’est-à-dire, est-ce que c … , excusez moi, hein, mais « positif » entre guillemets, est-ce que ces affaires ne mettent pas un petit peu plu... ne libèrent pas la parole des femmes, ne mettent pas un petit peu plus les femmes sur le devant de la scène, et par exemple dans des milieux, comme le milieu politique qu’on dit sexiste, dans le milieu des entreprises, etc. ?

Ségolène Royal : bien sûr, tous les milieux politiques ne sont pas dégradés de cette façon-là. J’observe qu’à l’Assemblée Nationale, quand j’entends, quand je lis un certain nombre de témoignages de femmes parlementaires aujourd’hui, les bras m’en tombent, cette immaturité de certains hommes. Et je puis vous dire que dans le…

Françoise Fressoz, lui coupant la parole : mais vous l’avez senti, vous en tant qu’élue aussi, tout le climat qu’n décrit, ou est-ce que c’est pas un peu excessif ?

Ségolène Royal : quand j’étais députée vous voulez dire ?

Françoise Fressoz : oui, oui.

Ségolène Royal : j’ai entendu quelques observations stupides et immatures en effet de certains responsables politiques ; j’avais quand même suffisamment de fermeté et de caractère pour leur répondre. Mais ce que l’on découvre c’est que c’est quand même généralisé.


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Ségolène Royal : "Pourquoi est-ce qu’à l’Assemblée Nationale, il y a cette espèce de délire verbal, pourquoi ? Parce qu’il n’y a que 20% de femmes. Voilà la réalité"

Et je puis vous dire que dans le Conseil régional que je préside, qui est un Conseil régional paritaire, mais ça ne viendrait jamais à l’idée d’aucun homme de traiter une femme de cette façon ; dans un conseil municipal de ville, même d’un petit village rural, les femmes sont respectées en tant que femmes. Donc pourquoi est-ce qu’à l’Assemblée Nationale, il y a cette espèce de délire verbal, pourquoi ? Parce qu’il n’y a que 20% de femmes. Voilà la réalité, c’est-à-dire que dans les milieux exclusivement, quasi-exclusivement masculins, il y a malheureusement des comportements totalement immatures.

Eh bien moi je vous dis une chose, et je reprends d’ailleurs ce que disait Yvette Roudy très justement parce qu’elle a été tellement à l’origine de tellement de combats pour les femmes, et quand elle voit que ces combats ne sont pas achevés, je vais vous dire une chose, tant que l’Assemblée Nationale ne sera pas paritaire, nous aurons des comportements comme cela. Et comment l’Assemblée Nationale peut devenir paritaire : en mettant fin au cumul des mandats.

Je ne vais pas me faire que des amis puisqu’il paraît que c’est complètement tabou, puisqu’il faut avoir pour les primaires le soutien de tels ou tels grands élus qui cumulent les mandats, mais qui peut croire, qui peut faire croire aujourd’hui, parce que ça fait partie de la morale publique, que l’on peut être en même temps maire d’une très grande ville et député ou sénateur, chef d’un exécutif d’une région, d’un département et député ou sénateur, les gens ne savent plus où ils sont, où ils habitent, c’est une espèce de cumul de pouvoirs.

Françoise Fressoz, sans laisser Ségolène Royal poursuivre : donc fin du cumul des mandats, et quotas de femmes ou pas ?


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Ségolène Royal : "Premièrement, la fin du cumul des mandats, et immédiatement, dès qu’il y aura fin du cumul des mandats, le mandat abandonné devra être réservé à une femme"

Ségolène Royal : premièrement, la fin du cumul des mandats, et immédiatement, dès qu’il y aura fin du cumul des mandats, le mandat abandonné devra être réservé à une femme.

Deuxièmement, la suppression de toutes les subventions, la totalité des subventions publiques aux partis politiques qui ne respectent pas la parité qui est quand même inscrite dans la Constitution.


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Ségolène Royal : "Troisièmement, si je suis élue présidente de la République, je créerai un ministère des Droits de la femme et de la Dignité des femmes. Parce qu’enfin, observons qu’il n’y a pas seulement la violence verbale faite aux femmes, il y a les violences physiques faites aux femmes"

Troisièmement, troisièmement, je vais vous dire, si je suis élue présidente de la République, je créerai – je rétablirai – et je créerai un ministère des Droits de la femme et de la Dignité des femmes. Parce qu’enfin, observons qu’il n’y a pas seulement la violence verbale faite aux femmes, il y a les violences physiques faites aux femmes

Jean-François Achilli, l’interrompant : le sexisme traverse toute la société française Ségolène Royal, ça s’appliquerait aussi aux autres mondes que celui de la politique ?

Ségolène Royal : mais bien sûr. Il y a le sexisme aussi dans l’entreprise. Comment accepter encore qu’aujourd’hui l’écart des salaires entre hommes et femmes s’élève à près de 30% ? Dans les pays du nord de l’Europe ça n’est plus le cas, il y a une égalité salariale totale. Comment y sont-ils parvenus ? En conditionnant les aides publiques aux entreprises à l’obligation de l’égalité salariale. Et leurs entreprises sont beaucoup plus performantes. C’est-à-dire que je pense que le sexisme et ce rapport de force moyenâgeux, pour ne pas dire qui remonte à l’âge des cavernes, dans la société française, affaiblissent la société française.

Et la dernière observation que je voudrais faire, c’est que les travailleurs précaires sont des femmes : 80% des travailleurs précaires sont des travailleuses précaires. Et la réforme des retraites qui vient d’être faite par ce gouvernement frappe dramatiquement les femmes puisqu’en allongeant la durée de cotisation et en reculant l’âge de départ à la retraite, les femmes vont voir leur niveau de retraite considérablement baisser puisque ce sont elles qui subissent le travail précaire, le travail à temps partiel, qui s’arrêtent pour élever leurs enfants, et donc elles vont avoir la double peine.

Et donc vous voyez, il y aura quand même beaucoup de travail , et…

Jean-François Achilli, lui coupant la parole : on a bien compris… d’accord… ce serait donc votre premier chantier si vous étiez élue présidente de la République, c’est…

Ségolène Royal : non. Mon premier chantier ce sera la réforme bancaire, on y reviendra tout à l’heure. En tout cas ce sera parmi l’un des premiers chantiers.

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5 juin 2011 7 05 /06 /juin /2011 10:41

 

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On les excuse par avance.

Ces jeunes chiots qui peuplent le journalisme, se jettent sur les premières enfumades venues et en font des vérités. 
Ils sont mignons, emplis de leur certitude, de leur assurance, de leur "mais je vous dis qu'on me l'a dit".

 

On les excuse par avance.

Ces vieux éditorialistes aussi usés que leurs formules toutes faites, persuadés qu'ils font l'histoire alors qu'ils ne sont que des notaires de l'air du temps.

 

On les excuse par avance.

Ces élus, gonflés d'un orgueil un peu pathétique, qui, souvent, oublient que rien ne procède tout à fait d'eux-mêmes et que sans une longue chaine de bienveillance, de soutien et de militantisme, ils n'auraient jamais pu conquérir, qui un fauteuil de député, qui une écharpe de maire, qui un siège de conseiller régional. Ils oublient si souvent qui les a fait roi, notamment lorsqu'un soutien Royal leur a offert un si joli destin (pas de noms, ils se reconnaitront).

 

On les excuse par avance.

Ces sondeurs, obsédés par la météo qu'ils créent eux-mêmes, aveuglés par leur propre propagande,  au point d'en oublier l'éthique qui devraient les conduire comme l'étoile  polaire guide les marins.

 

On l'excuse par avance, cette petite armée gonflée de sa suffisance et de ses analyses psycho-politiques, aussi souvent inculte que malveillante, égomaniaque que misogyne.

Oui on les excusera de nous rabâcher, matin, midi, et soir que Ségolène Royal a déjà perdu, qu'elle n'est même plus candidate, qu'elle va s'allier avec DSK, puis avec Martine Aubry ... oh et puis non ! ... tout compte fait, à la faveur d'une photo (somme toute assez banale entre un homme et une femme qui ont vécu 30 ans ensemble et ont fait ensemble 4 enfants)  que finalement elle pourrait rallier François Hollande.

 

Mais n'en ont ils pas assez de rabâcher leur scénario, leur logique de fainéant, leur mantra d'animal buté ?

 

Que savent-ils exactement de Martine Aubry ?

De sa campagne ? De sa capacité à gagner une élection ? Rien et pour cause : à l'image de DSK, Aubry a toujours eu beaucoup de mal à remporter un suffrage ... sauf ceux qui lui ont été apportés sur un plateau d'argent.

Aubry compétente, solide, fiable ... certes mais d'où tiennent-ils ces informations ? De quel exemple ? De quelle victoire transcendantale, de quelle attitude ? Rien... des on-dit, des "on pense que", des "il semble que"... Ça n'est pas parce qu'on est la fille de son père, qu'on a travaillé dans le privé, et qu'on a géré un gros ministère, qu'on est apte à défier, et qui plus est, à battre Nicolas Sarkozy...

Oui mais les sondages ! Ah oui, les sondages !!! Certes. Les sondages donnaient Ségolène Royal victorieuse de façon écrasante en 2006 face à Sarko. On vit ce qu'il advint. La faute aussi à ce parti si amical, si bienveillant, si préoccupé du bonheur des Français qu'il en oublia de jeter ses blessures narcissiques à la rivière.

 

Que savent-ils exactement de François Hollande ?

Son bilan à la tête du PS ? Quel bilan ? Un parti en ruine intellectuellement et politiquement, une gabegie et une sortie du premier secrétaire sous les tomates à Reims.

Son bilan en Corrèze ? Des iPad pour les petits Corréziens ? Oui ? Et quoi encore ? Chirac ? Et quoi encore ? Ben... rien à part un endettement chronique et un désenclavement qui tarde à venir.

Que savent-ils de François Hollande en campagne ? Certes il a gagné quelques scrutins personnels et collectifs mais encore ? Ministre ? Jamais.

À voir sa difficulté à faire la course en tête après l'éviction de DSK, à voir son incapacité à s'élever au dessus de lui-même; à dépasser le premier secrétaire à perpétuité qu'il semble demeurer, ses allers-retours maladroits sur la loi Hadopi, ses phrases qui fleurent le mépris d'énarque sur Madame Dugenou, on est en droit d'émettre quelques doutes.... mais,  à part tout cela... on nous demande d'acheter sur catalogue du François Hollande. On rêve !

Ce monsieur normal, d'une banalité à pleurer, n'est en rien le champion dont la gauche a besoin pour battre Sarkozy.

 

Reste évidemment Ségolène Royal. Toujours là, plus créative, plus déterminée que jamais.

 

-Une gestion exemplaire de sa Région, des innovations économiques, écologiques et sociales.

-Une capacité à remporter les combats électoraux les plus rudes sans mettre un genou à terre.

-Le plus beau CV de la classe politique actuelle, avec celui de Nicolas Sarkozy : énarque, plusieurs fois ministre, réélue députée à 4 reprises, réélue présidente de région triomphalement, finaliste d'une présidentielle et 17 millions de voix au final.

-Une victoire idéologique dans son propre parti : ordre juste, fraternité, banque publique d'investissement, sécurité... tous ces thèmes sont devenus le corpus idéologique du Parti.

-Une force intérieure que rien ne semble pouvoir troubler.

-Une persévérance dans le chemin choisi : le terrain, la rencontre des Français, beaucoup de monde à ses réunions publiques sans l'aide semble-t-il de son propre parti.

 

Toutes ces raisons rendront la candidature de Ségolène Royal évidente au bon moment, c'est-à-dire au moment de la campagne, du débat, des propositions et du choix des électeurs face à ceux-là mêmes, Aubry, Hollande, Jospin, Fabius, qui en 2007 ont joué les chaises vides, pour ne pas dire le lancer de peaux de banane, ceux-là mêmes qui officiaient déjà en 2002, ceux-là mêmes nous expliquent qu'ils peuvent gagner ? Le méritent-ils seulement ? Poser la question, c'est déjà y répondre.

 

Une candidature évidente pour une raison évidente : dans une campagne, et un combat contre un animal politique de la trempe de Nicolas Sarkozy, la banale normalité, la prudence, le consensus et le sentimentalisme n'ont plus de cours. 
Seules comptent la capacité à prendre des coups et à les rendre, la force et l'intelligence politique, la puissance de l'empathie aussi avec un pays.

Comment peut-on prétendre toucher le cœur des citoyens lorsqu'on évoque Madame Dugenou ?

Comment peut-on prétendre gagner lorsqu'on traine, lambine et qu'on répète à qui veut l'entendre qu'on aimerait tant être ministre de la Culture ?

 

L'histoire récente nous enseigne que malgré les avertissements, des centaines de plumes, de sondeurs, d'élus et de pipelettes de la République ont nourri pendant plus d'un an  l'illusion Strauss-Khan, au point de nous gaver matin, midi et soir comme des oies sur le candidat idéal en oubliant que la vie politique est faite aussi de circonstances extérieures que nul ne maitrise.

 

Malgré ce camouflet infligé par les évènements à un microcosme repu de son propre ego, les mêmes nous imposent le duel Aubry/Hollande.

Au final, nous savons tous, intuitivement, que ce ne sera pas celui-là.

 

Ségolène Royal gagnera les primaires car au moment du choix, de la conviction personnelle de chacun dans l'isoloir, seuls s'imposent, au tamis des émotions, la force, la conviction, la détermination, le courage et la persévérance du ou de la candidate. La France, ce pays merveilleux, romantique, qui a élevé la politique au rang d'un art, reconnait toujours ses héros et ses héroïnes.

Autant nous préparer à nous excuser ne n'avoir pas su... ou pas voulu… le voir.

 

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The Rosebud via Le Post , samedi 4 juin 2011


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4 juin 2011 6 04 /06 /juin /2011 20:39

 

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Guillaume Garot, député-maire de Laval et Premier fédéral PS de la Mayenne, proche de Ségolène RoyalOuest-France l’a appelé récemment « son fidèle lieutenant » - était l’invité de François Bachy hier sur LCI dans l’émission Le Blog Politique.

François Bachy n’a pas dérogé à la règle, Guillaume Garot a eu droit aux mêmes questions et insinuations que Ségolène Royal, qui a été le principal sujet de l’entretien.

Guillaume Garot est sorti à chaque fois par le haut des questions posées, en exprimant clairement ses arguments. À la question : « Pourquoi elle plus que d’autres ? », Guillaume Garot a répondu :

« Pour 3 raisons. D’abord parce qu’elle est capable de mobiliser les classes populaires, les jeunes, tous ceux qui au final doutent de la politique. […]

Deuxième raison : je pense que Ségolène Royal elle a moi ce que j’appelle la crédibilité de l’action. Elle a un bilan. Elle a montré qu’elle apportait des solutions, des réponses concrètes à toute une série de questions qui se posent aux Français lorsqu‘elle est en responsabilité. […]

Et puis, il y a une troisième raison. C’est qu’elle est la seule, à gauche, finalement, à avoir connu le feu de l’élection présidentielle. Or c’est une qualité à mon avis essentielle parce que nous allons rentrer dans une période extrêmement rude, extrêmement difficile. »

Guillaume Garot a également répondu aux questions posées sur les sondages ou le soi-disant ‘Tout Sauf Hollande’, passant assez vite au thème des primaires – nécessaire rassemblement, débats d’idées et de solutions concrètes pour les Français, puis aux questions sur la sécheresse – il a appelé à « aller vers un autre modèle de développement agricole » – et sur les « indignados » espagnols, au sujet desquels il a conclu :

« On revient là d’ailleurs à un thème fondamental que développe Ségolène Royal depuis plusieurs années qui est celui de la démocratie participative, de la démocratie citoyenne, faire en sorte que les citoyens soient partie prenante des décisions qui sont prises chaque semaine, chaque mois dans leur pays. »

L’interview de Guillaume Garot sera rediffusée samedi sur LCI à 20h40 et 22h10, et sur TF1 à 1h30 dans la nuit de dimanche à lundi.

Frédérick Moulin

 

LCI - Le Blog Politique avec Guillaume Garot

 

Retranscription par Militants de l’Espoir À Gauche avec Ségolène Royal / F.M.

François Bachy : bienvenue Guillaume Garot sur le plateau du Blog Politique. Vous êtes député-maire socialiste de Laval et vous êtes l’un des proches de Ségolène Royal, l’un de ses porte-paroles, l’un des derniers fidèles qui ne l’a pas abandonnée. Alors, votre site internet fait évidemment la part belle à votre actualité, ce qui est normal, et puis renvoie à d’autres sites, et par exemple, renvoie aux sites de la Fondation Jean Jaurès ou du think tank Terra Nova, tous deux étiquetés strauss-kahniens. Est-ce que c’est la preuve qu’il y avait un rapprochement prévu entre Ségolène Royal et Dominique Strauss-Kahn avant les événements de New York ?

Guillaume Garot : bonjour. D’abord, je crois qu’il ne faut pas enfermer les think tanks dans des étiquettes politiques qui seraient forcément réductrices. Vous avez aussi remarqué que sur mon je renvoie à …

François Bachy, lui coupant la parole : y’a Désirs d’avenir, ce qui est normal.

Guillaume Garot : … à Désirs d’avenir, absolument. Ce qui est important, c’est qu’à gauche il y ait des lieux d’émulation intellectuelle parce que ce sont à la fois des lieux stimulants et très nécessaires pour rénover les idées de la gauche. C’est donc la raison pour laquelle ils sont en bonne place sur mon site


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www.guillaume-garot.fr

François Bachy : alors on a l’impression que peut-être la classe politique a tourné plus vite que l’opinion la page Dominique Strauss-Kahn, c’était il y a à peine 3 semaines finalement. Est-ce que le traumatisme d’après vous perdure encore dans l’opinion ou pas ?

Guillaume Garot : moi je crois qu’il faut surtout aujourd’hui laisser Dominique Strauss-Kahn organiser sa défense, l’organiser de façon sereine, et puis il faut passer aux sujets, aux préoccupations des Français, je crois, aujourd‘hui. C’est ça qui compte.

François Bachy : néanmoins, vous voyez bien que la campagne elle commence avec un aspect un peu ‘grand déballage’ ; il y a un ministre qui a dû démissionner avant même d’être mis en examen, il y les insinuations de Luc Ferry, qu’est-ce que vous pensez de ce tour que prend l’actualité politique ?

Guillaume Garot : si la campagne pour les élections présidentielles, c’est ce déballage, ce grand déballage de poubelle, de caniveau auquel on assiste aujourd‘hui, franchement, c’est le meilleur moyen de lasser les Français, et de les détourner des vrais sujets, des vrais enjeux pour notre pays. Donc revenons aux vrais sujets, revenons aux préoccupations du quotidien, et revenons aux défis que notre pays devra relever. Franchement, c’est ça l’important.

François Bachy : alors on va revenir aussi à la politique. Donc mardi, invitée d’une radio, Ségolène Royal disait qu’à son avis Martine Aubry hésitait encore à se présenter : elle est la seule qui pense ça ?

Guillaume Garot : se présenter à la candidature pour l’élection présidentielle, c’est une décision qui ne se prend pas à la légère. Et donc Ségolène Royal a rappelé simplement cette évidence, et vous savez que Ségolè…

François Bachy, lui coupant la parole : que Martine Aubry était une candidate par défaut, par substitution du fait de l’empêchement de Dominique Strauss-Kahn ?

Guillaume Garot : non, elle a simplement dit que Martine Aubry prenait le temps de la réflexion, voilà. Sachez que pour ce qui concerne Ségolène Royal, sa décision est prise depuis longtemps, et qu’elle est habitée d’une profonde détermination pour notre pays, elle a mûri les leçons de 2007, elle a travaillé, elle a gagné en densité et en épaisseur politique, et aujourd’hui elle est…

François Bachy, l’interrompant : vous, vous la trouvez changée ?


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Guillaume Garot : "À la fois cette combativité est restée, cette pugnacité, cette détermination, mais en même temps, je le disais, de la densité, un vrai recul sur les choses, et puis beaucoup de constance et de cohérence pour aborder les grands défis que devra relever notre pays"

Guillaume Garot, du tac au tac : oui. Très franchement, oui. Quand vous regardez d’ailleurs les images, les interventions de 2007, et quand vous regardez, quand vous écoutez Ségolène Royal aujourd’hui, vous voyez qu’elle n’est plus tout à fait la même, à la fois cette combativité est restée, cette pugnacité, cette détermination, mais en même temps, je le disais, de la densité, un vrai recul sur les choses, et puis beaucoup de constance et de cohérence pour aborder les grands défis que devra relever notre pays.

François Bachy : alors première question d’internaute que je vous demande de lire, on va voir si cette nouvelle image de Ségolène Royal a un écho dans l’opinion, ce n’est pas ce que disent en tout cas les sondages. Je vous laisse lire la première question de l’internaute.

Guillaume Garot : « Que pensez-vous des sondages sur la primaire socialiste ? Royal est quand même loin derrière. » ["germino08", NdlR]Alors…

François Bachy : c’est direct.

Guillaume Garot : oui c’est direct. Ça a le mérite de la clarté. En même temps, je crois qu’il faut être prudent avec les sondages. Et là aussi ce sont les leçons du passé. Si on revient un tout petit peu en arrière dans l’histoire des dernières élections présidentielles, 10 mois, presque un an avant l’élection présidentielle de 1981, c’était Giscard qui était donné élu par les sondages ; en 1995, c’était Edouard Balladur, on sait ce qu’il en est advenu après ; en 2002, ça devait être Lionel Jospin, et à chaque fois… et à chaque fois…

François Bachy, lui coupant la parole : et en 2007 Ségolène Royal, et c’est sur ça qu’elle a bâti sa popularité et qu’elle s’est fait élire aux primaires, parce que les militants voulaient élire celle qui allait gagner.

Guillaume Garot : précisément. Précisément. Donc il faut regarder les sondages avec un tout petit peu de distance, un tout petit peu d’humilité, et regarder ce qui fait au fond les vraies qualités d’un ou d’une candidate pour aborder cette épreuve rude, terrible, qu’est l’élection présidentielle et de ce point de vue, je pense que Ségolène Royal a ces qualités de fond de pugnacité, je le disais [par dessus la voix de François Bachy qui tente de l’interrompre], mais aussi de résistance, de résistance, pour faire face à une épreuve comme celle de l’élection présidentielle.


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[Rire franc de Guillaume Garot]

François Bachy : donc je disais, elle critique les sondages qu‘elle aimait bien en 2007, il y a beaucoup de choses qui ont changé par rapport à 2007, on a entendu sur ce plateau Laurent Fabius dire que parmi les arguments pour la candidature de Martine Aubry, il y avait le fait qu’elle était une femme, et c’est un argument qu’il avait peu défendu [Rire franc de Guillaume Garot] en 2007 quand il s’opposait à Ségolène Royal. Qu’est-ce que vous avez pensé de cette intervention de Laurent Fabius ?

Guillaume Garot : écoutez, il est normal que les uns, les autres, se déterminent pour tel ou tel candidat. Moi ce que je veux dire, c’est que je considère que Royal a les atouts pour faire gagner la gauche en 2012, parce qu’au final, c’est ça qui compte

François Bachy : pourquoi elle plus que d’autres ?


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Guillaume Garot : "D’abord parce qu’elle est capable de mobiliser les classes populaires, les jeunes, tous ceux qui au final doutent de la politique"

Guillaume Garot : pour 3 raisons : d’abord parce qu’elle est capable de mobiliser les classes populaires, les jeunes, tous ceux qui au final doutent de la politique. Et si la gauche n’est pas capable de mobiliser ces citoyens-là, alors elle a du souci à se faire pour le résultat de 2012. [François Bachy, sans que Guillaume Garot s’interrompe : « Mais eux voteront peut-être à la présidentielle mais pas forcément à la primaire. »] Et Ségolène Royal, elle a ces qualités-là. Elle a la capacité à être entendue de ces catégories populaires-là. [François Bachy bis] Pas de victoire de la gauche sans l’adhésion des milieux populaires.

François Bachy, revenant pour la 3ème fois à la charge : qui se déplaceront pas forcément pour la primaire, parce que ce sont…

Guillaume Garot, lui coupant la parole : eh bien, c’est aussi l’enjeu de la primaire, de mobiliser les ouvriers, les employés, les jeunes, tous ceux qui s’étaient aussi abstenus lors des élections intermédiaires, pour venir soutenir les candidats – la candidate – de la gauche à l’élection.

François Bachy : les deux  autres raisons ?

Guillaume Garot : voilà. Deuxième raison : je pense que Ségolène Royal elle a moi ce que j’appelle la crédibilité de l’action. Elle a un bilan. Elle a montré qu’elle apportait des solutions, des réponses concrètes à toute une série de questions qui se posent aux Français lorsqu‘elle est …

François Bachy : Martine Aubry n’en a pas ?

Guillaume Garot, sans s’arrêter : … en responsabilité. Par exemple, dans sa région, le Pass‘ Contraception, c’est elle. Lorsqu’elle sauve les emplois chez Heuliez, eh bien là aussi c’est une réponse à la crise industrielle et à la mondialisation. Lorsque comme ministre de la Famille, elle met en place le congé paternité, là aussi c’est une vraie réponse à une question de société. Bref, chaque fois qu’elle était en responsabilité, elle a fait avancer les choses.

François Bachy, parlant en même temps que Guillaume Garot : troisième raison ?


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Guillaume Garot : "C’est qu’elle est la seule, à gauche, finalement, à avoir connu le feu de l’élection présidentielle. Or c’est une qualité à mon avis essentielle parce que nous allons rentrer dans une période extrêmement rude, extrêmement difficile"

Guillaume Garot, sans s’arrêter : et puis, il y a une troisième raison. C’est qu’elle est la seule, à gauche, finalement, à avoir connu le feu de l’élection présidentielle. Or c’est une qualité à mon avis essentielle parce que nous allons rentrer dans une période extrêmement rude, extrêmement difficile. On voit que perso…

François Bachy, lui coupant la parole : donc avoir perdu c’est une qualité ?

Guillaume Garot : eh bien, on tire parti de ses échecs. Et Ségolène Royal l’a dit : « Jai tiré parti de cette défaite, j’ai tiré leçon de cette défaite à la présidentielle. »

François Bachy : alors elle a connu après un phénomène qui devait être assez dur à vivre d’ailleurs personnellement, qui était le ‘Tout Sauf Royal’. On a aujourd’hui un petit peu l’impression que c’est ‘Tout Sauf Hollande’ au Parti socialiste ?

Guillaume Garot : écoutez, je ne sais pas si on est dans le ‘Tout Sauf l’Un’, ‘Tout Sauf l’Autre’, en tout cas, gardons-nous, nous les socialistes, de rentrer dans ces petits jeux, dans ces petites combinaisons d’appareil, parce que ça va lasser les Français. Si nous voulons réussir les primaires, je crois qu’il y a 2 conditions. La première c’est qu’on soit capable de se rassembler, de prendre l’engagement que quelque soit le résultat de la primaire, quel(le) que soit le ou la candidate qui sera désignée, eh bien nous nous rassemblerons tous derrière celui ou celle qui aura été choisi(e). Ça, c’est tirer les leçons de la précédente primaire, celle de 2006 et 2007.

Et puis il y a une deuxième condition, il faut que nous assumions le débat, il faut qu’il y ait un vrai choix entre les candidats, des candidatures qui soient porteuses, comme on dit, de sens, qui montrent qu’on met l’accent sur telle ou telle priorité, on met en avant telle ou telle solution. En tout cas, vous avez vu que s’agissant de la candidature de Ségolène Royal, elle a dit extrêmement clairement les choses, elle est la candidate du peuple, elle veut apporter des solutions concrètes à la question du pouvoir d’achat, la question de l’éducation, la question de la santé, par exemple, à la question de la croissance verte, de l’écologie, du nouveau modèle de développement qu’on doit avoir pour notre pays, tout ça c’est concret et tout ça, ça peut convaincre une majorité de Français, du moins, nous nous y employons, dans la perspective de 2012.

François Bachy : alors avant 2012, il y a donc les primaires, on en parle sur la Toile, comme on parle aussi d’autres choses, et c’est ce qu’a sélectionné pour nous cette semaine Laurent Desbonnets.

-oOo-

François Bachy : alors je le disais, vous êtes député-maire de Laval dans la Mayenne, c’est l’un des 54 départements qui est touché par la sécheresse, est-ce que d’après vous le plan gouvernemental qu’a présenté Bruno Le Maire en début de semaine est suffisant ?

Guillaume Garot : c’est un premier pas. Mais à l’évidence, ça ne sera pas suffisant, en tout cas…

François Bachy, lui coupant la parole : même s’il y a plusieurs centaines  de millions d’euros qui sont…


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Guillaume Garot : "Lorsqu’on voit par exemple que ce sont dans les départements de grandes cultures irriguées que les restrictions d’eau sont les plus fortes depuis plusieurs années, on se dit que ça ne peut pas durer comme ça, et qu’il faut aujourd’hui aller vers un autre modèle de développement agricole, diversifié mais surtout, durable, et c’est je crois la priorité des prochaines années"

Guillaume Garot, l’interrompant : moi je mesure aujourd’hui les inquiétudes et même la détresse des éleveurs. Et je crois que la réponse de fond, c’est d’aller vers un autre modèle de développement agricole. Lorsqu’on voit par exemple que ce sont dans les départements de grandes cultures irriguées que les restrictions d’eau sont les plus fortes depuis plusieurs années, on se dit que ça ne peut pas durer comme ça, et qu’il faut aujourd’hui aller vers un autre modèle de développement agricole, diversifié mais surtout, durable, et c’est je crois la priorité des prochaines années.

François Bachy : est-ce que vous saluez quand même la rapidité de réaction du gouvernement, puisque fonds de garantie le 15 juin, premier arrêté le 12 juillet et indemnisation à la mi-septembre ?

Guillaume Garot : mais heureusement que le gouvernement est capable de réagir ! Je l’ai dit, ça n’est pas suffisant, nous avons aussi, nous socialistes, proposé d’autres mesures, des mesures complémentaires, mais c’est un premier pas, je l’ai dit, mais il faut je crois surtout interroger et bouleverser, maintenant, modifier notre modèle de production agricole.

François Bachy : deuxième question d’internaute, Guillaume Garot, que je vous demande maintenant de lire, elle s’affiche devant vous.

Guillaume Garot : « Comment interprétez-vous l’indignation des jeunes (et de moins jeunes) Espagnols ? » ["jnspqd", NdlR] Moi je comprends la colère des jeunes Espagnols, parce qu’ils ont le sentiment de payer la facture, de payer la f…

François Bachy, l’interrompant : ils sont pour 40% d’entre eux au chômage.

Guillaume Garot : absolument. De payer la facture d’une crise financière dont ils n’ont pas la responsabilité, et vous avez raison de rappeler que 40% de cette classe d’âge, 18-25 ans, est aujourd’hui au chômage en Espagne.

Alors, quelles leçons on peut en tirer, nous, pour notre pays ? D’abord je crois qu’il faut consolider notre modèle social, préserver les acquis qui font la cohésion de notre pays, et qui ne laissent pas, qui ne doivent pas laisser une génération au bord du chemin.

Deux, il faut réformer profondément…

François Bachy, l’interrompant : mais c’est un gouvernement socialiste en Espagne.

Guillaume Garot : pardon ?

François Bachy : c’est un gouvernement socialiste en Espagne.


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Guillaume Garot : "On revient là d’ailleurs à un thème fondamental que développe Ségolène Royal depuis plusieurs années qui est celui de la démocratie participative, de la démocratie citoyenne, faire en sorte que les citoyens soient partie prenante des décisions qui sont prises chaque semaine, chaque mois dans leur pays"

Guillaume Garot : mais je crois qu’il y a un appel aussi, dans ce que disent les jeunes Espagnols, sur une autre gouvernance, sur une autre façon de faire de la politique, plus démocratique, plus à l’écoute des préoccupations, et des citoyens. Et on revient là d’ailleurs à un thème fondamental que développe Ségolène Royal depuis plusieurs années qui est celui de la démocratie participative, de la démocratie citoyenne, faire en sorte que les citoyens soient partie prenante des décisions qui sont prises chaque semaine, chaque mois dans leur pays.

François Bachy : mais vous voyez que ce mouvement essaime un petit peu en Grèce, en France en revanche ça ne prend pas du tout, il y a eu à peine 1 000 personnes à la Bastille.

Guillaume Garot : « ça ne prend pas du tout » aujourd’hui effectivement, mais on pourrait se dire qu’en 2005 on a eu un mouvement de révolte d’une certaine façon, de colère grande des jeunes Français…

François Bachy : dans les banlieues.

Guillaume Garot : absolument, il faut aussi mettre les choses en relation. Et puis je crois que le vrai rendez-vous, il est démocratique, il est en 2012 dans notre pays, le grand choix des Français pour leur avenir, pour leur pays, pour notre destin collectif.

François Bachy : merci beaucoup, Guillaume Garot, pour ce Blog Politique, on se retrouve la semaine prochaine, d’ici là vous pouvez regarder cette émission sur le site TF1news.fr.

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3 juin 2011 5 03 /06 /juin /2011 18:05

 

Jean Jaures

"Portrait de Jean Jaurès", extrait, vers 1900

En 1898, déjà, Jaurès prenait parti contre les délocalisations effectuées par les grands patrons de son temps (raffineurs de Paris, tisseurs de Roubaix, industriels lyonnais et bien d’autres) au détriment de l’emploi en France.
Il ne leur déniait pas le droit de s’implanter à l’étranger mais estimait qu’il fallait à « ce mouvement exorbitant des capitaux » ce qu’il appelait « de la mesure et un contrepoids ».

J’ai découvert le texte dont je vous livre ci-dessous un extrait dans un formidable petit livre malicieusement intitulé « Moi, Jaurès, candidat en 2012… ». Cet ouvrage que viennent de publier les éditions Matignon (aucun rapport avec l’hôtel du Premier Ministre !) est le fruit du travail de Jean-Pierre Fourré, qui fut élu local et national puis journaliste ; il est aujourd’hui éditeur et homme de théâtre : il interprète depuis un an le rôle de Jaurès dans une pièce de la Compagnie Mots en scène.

Cet ouvrage dont je recommande chaudement la lecture rassemble différents textes de notre grand ancien, classés par thèmes : la peine de mort, Dieu, la laïcité, la démocratie, les impôts, l’enseignement, les droits des femmes, les droits sociaux, l’organisation économique, la défense nationale, l’Europe, les langues régionales, la patrie et l’internationalisme, etc. Il atteste la modernité visionnaire de celui qui réconcilia le socialisme avec la République et voulait que la Révolution française poursuive son œuvre jusque « dans l’atelier », façon de dire que les droits politiques appelaient les droits économiques et sociaux.

Voici ce qu’il y a plus d’un siècle, Jaurès disait, dans un article pour La Revue de Paris, de « cette sorte de détournement et de dispersion de l’énergie nationale » qu’on n’appelait pas encore délocalisations.

« L’Etat, en fixant au sol de la France une partie au moins du capital créé par la France, ferait une grande œuvre nationale. De plus en plus, selon la loi d’essaimage du capital, les grands industriels français fondent à l’étranger des établissements rivaux des nôtres (…). Il y a là une expropriation évidente de la main d’œuvre française, et si, au moment où nos capitaux vont stimuler au loin, contre nous, la concurrence universelle, nous n’accroissions pas aussi notre force interne de production, il y aurait rupture d’équilibre : notre pays serait, si l’on me passe la comparaison, comme un homme qui se penche trop au dehors et qui risque de tomber par la fenêtre. Plus le capital français est sollicité hors de nos frontières par une loi d’expansion et de profit, plus il importe d’assurer et d’accroître les énergies fondamentales, les richesses solides et indéracinables, celles du sol ».

On me permettra d’y voir un appel net au rôle de l’Etat dans la mise en œuvre de politiques industrielles créatrices de richesses et porteuses d’emplois sur notre sol.

Quatre ans auparavant, dans une intervention à la Chambre des députés du 17 février 1894, il déclarait ceci qui permet de bien comprendre de quel point de vue il énonce sa critique d’un capital indifférent à l’intérêt national :

« Ce n’est pas nous qui voulons éveiller, entre les travailleurs manuels des différents pays, les animosités d’un chauvinisme jaloux ; non, mais ce que nous ne voulons pas, c’est que le capital international aille chercher la main d’œuvre sur les marchés où elle le plus avilie, humiliée, dépréciée, pour la jeter sans contrôle et sans réglementation sur le marché français et pour amener partout dans le monde les salaires au niveau des pays où ils sont le plus bas ».

Ségolène Royal

Peinture (extrait) : "Portrait de Jean-Jaurès" (vers 1900) par Jean-François Batut, peintre de Castres, ville de naissance de Jean Jaurès

Le Blog officiel de Ségolène Royal, jeudi 2 juin 2011

Nous vous invitons à retrouver cet article et beaucoup d'autres sur Le Blog officiel de Ségolène Royal, et à consulter ce blog régulièrement pour renforcer encore sa notoriété et son référencement :

www.leblogdesegoleneroyal.fr

ou bien cliquez sur le bandeau ci-dessous :

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3 juin 2011 5 03 /06 /juin /2011 00:01

drapeau-italien-1-.gifProfil sommaire des Partis de la Gauche italienne

La gauche italienne est partagée principalement en trois grands partis.

 

-          Le Parti Démocrate (PD), issu après moult péripéties de l’ancien Parti Communiste et de l’aile gauche de la Démocratie Chrétienne. Selon les derniers sondages son poids électoral serait de l’ordre de  27%. Il est actuellement dirigé par Luigi Bersani et ses principaux dirigeants sont Walter Veltroni, Massimo d’Alema, Dario Franceschini. Ses positions politiques, son poids central dans la gauche italienne, mais aussi ses lourdeurs, indécisions et manque général de charisme en font l’équivalent du PS en France.

 

-          L’Italia dei Valori (IDV). Ce parti a été créé par l’ancien magistrat Antonio Di Pietro, l’un des héros de l’opération Mains Propres qui en 1992 a mis fin au système dit de la Première République, dominé par la Démocratie Chrétienne et le Parti Socialiste de Bettino Craxi. Comme son nom et la personnalité de son fondateur l’indiquent, il s’agit d’un parti axé sur la défense de la légalité, un thème stratégique en Italie. Son poids électoral est de l’ordre de 5%.

 

-          Sinistra Ecologia Libertà (SEL). Issu de l’aile gauche de l’ancien PC, des Verts et d’autres petits mouvements, ce parti a pris un essor particulier grâce au leadership de Nichi Vendola. Il est actuellement crédité d’un poids électoral d’environ 8% et il est porteur d’une pratique politique et d’un souffle nouveau dans la gauche italienne. Dernièrement SEL et IDV se sont rapprochés pour mieux peser sur les orientations politiques et morales de l’ensemble de la gauche.

 

 

 Nichi Vendola C’est un homme politique très atypique.

Sur des positions de gauche radicale, poète, homosexuel déclaré il a pourtant conquis en 2005 la région des Pouilles, l’une des plus pauvres et agricoles du Sud italien, depuis toujours détenue par la DC.

A la fin de son mandat, et en vue des nouvelles élections en 2010 l’appareil du PD lui oppose un candidat soutenu par le très puissant Massimo d’Alema (baron local et national) et au cours des Primaires fait campagne acharnée contre lui, pour lui barrer notamment la route d’un destin national. Mais rien n’y fait, Vendola gagne les Primaires et de nouveau haut la main les élections régionales.

Pourquoi ? Parce que Nichi Vendola fait de la politique à la manière de Ségolène Royal en France : proche des gens (démocratie participative), avec le souci constant de ce qui fonctionne, avec radicalité contre l’illégalité et la cupidité mais soucieux de l’innovation, de l’environnement, des jeunes générations, du futur.

Pour mieux comprendre, voici son site : www.nichivendola.it 

 

Les municipales 2011 : Milan et Cagliari

 

D’abord il faut se rappeler qu’en Italie les Primaires sont la méthode désormais naturelle de choix des candidats de la Gauche pour toutes les élections : municipales, régionales, nationales.

Il y a donc eu des Primaires dans toutes les villes qui étaient appelées à voter en mai 2011 (ou presque).

Il s’agissait en grande partie de Primaires de coalition, c’est-à-dire dans lesquelles concouraient les candidats du PD et de SEL, voir des indépendants.

 

A MILAN

 

Les Primaires ont eu lieu le 14 novembre 2010.

4 candidats étaient en lice, dont notamment Stefano Boeri, soutenu par le PD et Giuliano Pisapia, soutenu par SEL. Contre toute attente, Pisapia gagne (45% contre 40%, dans les Primaires italiennes n’étant pas nécessaire de dépasser les 50%).

La suite de l’histoire est connue, avec la victoire éclatante de dimanche dernier contre Letizia Moratti et contre Berlusconi, malgré des moyens colossaux et illégaux de propagande. C’est la fin de 18 ans de règne total de la droite.

 

A CAGLIARI

 

Les Primaires ont eu lieu le 29 janvier 2011.

Deux candidats étaient en lice, Antonello Cabras sénateur du PD (60 ans) et Massimo Zedda (35 ans) pratiquement inconnu et soutenu par Vendola.

Ici la surprise a été totale. Alors que les sondages prédisaient une large victoire de Cabras, c’est Zedda qui gagne les Primaires.

Et c’est encore Zedda qui triomphe aux élections contre la droite (57% au ballottage !)

 

 

Carlo

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