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3 août 2011 3 03 /08 /août /2011 13:16

 

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Hama, Syrie, 31 juillet 2011

"Il faut dire : "L’intervention de la France est provisoire, elle a pour objectif aujourd’hui les populations civiles, mais la communauté internationale doit exiger le départ de Kadhafi et la transition démocratique. ".", a conclu Ségolène Royal sur la Libye, après avoir parlé de la Syrie, dans cette deuxième partie des Grandes Gueules sur RMC lundi midi.

Sur la Libye, elle a martelé : "Je trouve que les déclarations de Gérard Longuet sont très imprudentes, car l’intervention de la France n’a pas vocation à durer. […] Nous n’avons pas, dans notre soutien à cette intervention provisoire, accordé un blanc-seing à la politique diplomatique de la France, que nous trouvons mauvaise actuellement."

Sur la Syrie, Ségolène Royal a rappelé les points essentiels publiés sur son blog le matin même :

-"cette nouvelle offensive de l’armée, sanglante, contre la ville de Hama", ville-martyre symbole depuis la terrible répression en 1982 qui avait fait entre 20 et 30 000 morts,

-"le Parti socialiste a demandé la saisine de la Cour pénale internationale après cette nouvelle offensive de l’armée",

-"le Conseil de sécurité de l’ONU reste immobile, il y a une opposition de la Chine et de la Russie face à ces crimes" : ça n’est plus tenable,

-"il faut que la France pèse au sein du Conseil de sécurité avec les autres pays, avec les Etats-Unis d’Amérique, pour qu’enfin le Conseil de sécurité de l’ONU prenne des sanctions et que cessent ces répressions sanglantes", et il ne suffit pas que le pouvoir sarkozyste fasse part de sa très vive préoccupation et en appelle à l’ONU par voie de presse.

Enfin, Ségolène Royal a répondu aux questions concernant "la fiche de renseignements", Les Grandes Gueules s’attardant sur sa "situation familiale", se faisant de plus en plus pressants. Ségolène Royal a notamment souligné :

"D’une façon générale, les femmes sont beaucoup plus exposées que les hommes. Moi j’ai été beaucoup plus pourchassée par les paparazzis que les responsables politiques hommes. Et ça, je ne l’accepte pas."

"Je n’ai pas de compagnon officiel, je n’ai aucune déclaration à faire sur ce sujet-là. Je veux que les Français sachent que je me consacrerai à eux à plein temps. Voilà. […] Pour moi, mon rôle de mère a été aussi important que mon engagement politique. Ça, ça constitue mon identité. Voilà."

Frédérick Moulin

 

Ségolène Royal invitée des "Grandes Gueules" sur... par segolene-royal

(2ème partie de 12 min 15 sec à 18 min 10 sec)

 

 

Transcription par Militants de l’Espoir À Gauche avec Ségolène Royal / F.M.

Olivier Truchot et Les GG : alors dans l’actualité, ce matin, on parlait dans Les Grandes Gueules de la Syrie, avec cette journée particulièrement meurtrière hier, notamment à Hama, et puis cette provocation du président Assad qui ce matin félicitait son armée, l’armée patriotique syrienne, puisqu’on fête le 66ème anniversaire de sa création. À l’instant l’Union Européenne annonce qu’elle va renforcer ses sanctions contre la Syrie. Mais on a l’impression qu’on est dans un deux poids – deux mesures ; on intervient militairement, nous la France en Libye, pour empêcher justement le massacre de populations civiles ; ces massacres ont lieu actuellement sous nos yeux, on ne fait pas grand chose.

Ségolène Royal : c’est exact, d’ailleurs le Parti socialiste a demandé la saisine de la Cour pénale internationale après cette nouvelle offensive de l’armée, sanglante, contre la ville de Hama. Pourquoi le système est bloqué ? C’est parce que le Conseil de sécurité de l’ONU ne bouge pas, reste immobile, vous le savez, il y a une opposition de la Chine et de la Russie face à ces crimes, et il faut que la France pèse au sein du Conseil de sécurité avec les autres pays, avec les Etats-Unis d’Amérique, pour qu’enfin le Conseil de sécurité de l’ONU prenne des sanctions et que cessent ces répressions sanglantes.

 

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Des blindés des forces gouvernementales à Hama lundi, second jour d'attaque de la ville ; comme la précédente, capture écran publiée par Sham, soutien des rebels syriens, sur le site web d'un réseau social, YouTube via ReutersTV ; première photo : un blessé est transporté à l'hôpital al-Badra dimanche, alors que l'assaut de Hama a fait au moins 70 morts

Olivier Truchot et Les GG : mais le Parti socialiste soutient l’intervention militaire en Libye, bon, on s’aperçoit que cette guerre-éclair aujourd’hui dure, hein, et Gérard Longuet, hier, ministre de la Défense, annonçait qu’elle allait encore durer. Est-ce qu’on n’est pas, là aussi, dans un bourbier qui est en train de s’installer, on ne saurait pas trop comment en sortir ? Est-ce que vous avez eu raison, vous, en tant que responsable socialiste, de défendre cette intervention militaire ?

Ségolène Royal : alors, nous l’avons défendue, mais pour une raison très précise, hein, c’est de la cadre de la protection des populations civiles. Et je trouve que les déclarations de Gérard Longuet sont très imprudentes, car l’intervention de la France n’a pas vocation à durer.

Alors on a eu, dans un premier temps, souvenez-vous, des déclarations très maladroites de Monsieur Juppé, qui avait dit que la France n’interviendrait pas, ce qui avait permis au dictateur Kadhafi de prendre une avance, ensuite la France est intervenue, et maintenant on le ministre de la Défense qui annonce de façon très maladroite que cette intervention de la France s’inscrit dans la durée.

Nous n’avons pas, dans notre soutien à cette intervention provisoire, accordé un blanc-seing à la politique diplomatique de la France, que nous trouvons mauvaise actuellement, et nous avons dit au contraire qu’il fallait maintenant rapidement qu’il y ait une feuille de route politique dans ce pays, pour que l’avenir de la Libye connaisse très rapidement maintenant une transition démocratique.

Alors il faut maintenant un appel de la communauté internationale pour obtenir le départ de Kadhafi, pour mettre fin à la dictature, et ce n’est certainement pas en annonçant que la présence de la France s’inscrit dans la durée que l’on accélère les choses, c’est tout le contraire qu’il faut faire : il faut dire : « L’intervention de la France est provisoire, elle a pour objectif aujourd’hui les populations civiles, mais la communauté internationale doit exiger le départ de Kadhafi et la transition démocratique. »

 

20110803 LIBYA-slide-ISIA-jumbo

Une affiche représentant le général libyen Abdul Fattah Younes, commandant militaire des forces insurgées libyennes, assassiné jeudi dernier dans des circonstances mystérieuses ; sa famille et des membres de sa tribu ont menacé mardi de graves conséquences si les chefs rebelles ne trouvaient pas rapidement les coupables (@Bryan Denton/TNYT)

Olivier Truchot et Les GG : Ségolène Royal dans Les Grandes Gueules, dans un instant je vais vous faire entendre, et vous faire réagir sur la bande son de l’actu. On réécoutera notamment Eric Ciotti qui reprend votre idée d’encadrer les jeunes délinquants par l’armée, nous écouterons également la dernière provocation de Jean-Marie Le Pen, mais il y a une règle dans Les Grandes Gueules, c’est la fiche de renseignements pour mieux connaître notre invitée.

Alors on reprend tout depuis le début : date et lieu de naissance ?

Ségolène Royal : ah c’est moi qui doit répondre ?

Olivier Truchot et Les GG : ah bah oui, c’est vous ! (Rire de Ségolène Royal) Ah, vous êtes mieux placée que moi.

Ségolène Royal, en riant : alors, 22 septembre 1953.

Olivier Truchot et Les GG : situation familiale ?

Ségolène Royal : ah ben écoutez, vous êtes très indiscret ! Non, non, moi je ne réponds pas, c’est ma vie privée

Olivier Truchot et Les GG : oh ! ... Oh c’est pas vrai !

Ségolène Royal : non, non !

Olivier Truchot et Les GG : ben je vous vois souvent en photo, avec vos enfants…

Ségolène Royal : eh bien toutes… mais non, non, non. D’abord toutes les photos volées ont été poursuivies, moi je ne veux pas, je ne veux pas parler de ma vie privée. Pourquoi ? Parce que l’échéance présidentielle, c’est une échéance très… très importante …

Olivier Truchot et Les GG : mais on a envie de savoir aussi avec qui, euh…

Ségolène Royal : … et puis d’une façon … et d’une façon générale, les femmes sont beaucoup plus exposées que les hommes. Moi j’ai été beaucoup plus pourchassée par les paparazzis que les responsables politiques hommes. Et ça, je ne l’accepte pas.

Olivier Truchot et Les GG : mais …. On n’est pas, en tant que citoyen-électeur, on est peut-être en droit de savoir avec qui vit, ou comment vit la personne qui sera présidente de la République ? Sans rentrer dans la vie privée ? Non ?

Ségolène Royal : je pense que ce n’est pas à nous de nous expo…

Olivier Truchot et Les GG : mais aux Etats-Unis, ils ont… aux Etats-Unis, ils ont moins de pudeur. Barack Obama montre sa femme, ses enfants, bon, ça n’a …

Ségolène Royal : … mais nous ne sommes pas … nous ne sommes pas … nous ne sommes pas aux Etats-Unis, voilà.

Olivier Truchot et Les GG : vous êtes toujours avec André ?

Ségolène Royal : je n’ai pas de compagnon officiel, je n’ai aucune déclaration à faire sur ce sujet-là. Je veux que les Français sachent que je me consacrerai à eux à plein temps. Voilà.

La seule chose qui est officielle, c’est que j’ai 4 enfants (Rires), ça, il y a un état civil, voilà, que j’en suis très fière, et que pour moi, mon rôle de mère a été aussi important que mon engagement politique. Ça, ça constitue mon identité. Voilà.

Olivier Truchot et Les GG : euh, situation professionnelle ?

Ségolène Royal : je suis présidente de la Région Poitou-Charentes, voilà.

Olivier Truchot et Les GG : vos revenus ?

Ségolène Royal : ça, je n’ai pas envie non plus de donner mes revenus sur les médias. Ça fait partie, là aussi, de la vie privée.

Olivier Truchot et Les GG : et vous voterez pour qui en 2012 ?

Ségolène Royal : (Rires) pour celle qui aura été désignée à la primaire organisée par le Parti socialiste, qui d’ailleurs est ouverte à tous les citoyens, je tiens à le dire, parce que j’entends et je rencontre beaucoup de personnes qui se disent : mais on ne peut pas aller voter parce qu’on n’est pas au Parti socialiste. Non : tous les citoyens qui sont inscrits sur les listes électorales peuvent venir choisir le candidat, ou la candidate, qui, je l’espère, va permettre à la France de trouver une nouvelle voie, un nouveau chemin, un nouvel espoir, un nouvel avenir.

Olivier Truchot et Les GG : eh bien on va y revenir, sur l’organisation de ces primaires, sur la demande de débats, pour effectivement lever les doutes sur cette première en France, hein, c’est la première fois qu’on organise, comme ça, à une échelle nationale, des primaires dans un parti pour désigner le candidat à l’élection présidentielle. 12h43, à tout de suite dans Les Grandes Gueules.

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Published by Militants de l'Espoir à gauche - dans Actualité
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2 août 2011 2 02 /08 /août /2011 17:34

 

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"Je fais des économies là où il faut faire des économies. […] La deuxième façon de récupérer de l’argent public et de lutter contre les déficits, c’est de relancer la machine économique. Ce sera ça ma priorité", expliquait hier midi Ségolène Royal dans cette première partie des Grandes Gueules, l’émission animée par Alain Marshall et Olivier Truchot, sur RMC.

Et la candidate d’expliquer ce qu’elle entendait par "faire des économies", lui demandant si elle voulait supprimer des postes de fonctionnaire (!) :

"Par exemple, un meilleur équilibre entre l’Etat et les collectivités territoriales. Il y a là des doublons, il y a là des gaspillages. Que l’on donne aux régions, aux départements et aux villes clairement leurs responsabilités et les moyens de gérer leurs responsabilités. […]

Moi je n’ai pas augmenté les impôts depuis mon élection, depuis 2004. […] Pourtant je n’ai renoncé à rien en terme d’investissements […] donc il faut être aussi intelligent par rapport à la mobilisation des moyens".

À une question sur la "règle d’or" voulue par Nicolas Sarkozy, Ségolène Royal a répondu par l’inéquité fiscale de la politique sarkozyste, à l’exact opposé de la "règle d’argent" qu’elle propose, basée sur la justice et l’équité fiscale, expliquant : "Est-ce que vous trouvez normal, équitable, que les grandes entreprises du CAC 40 ne payent quasiment pas d’impôt […] alors que toutes les PME, les artisans, les commerçants, payent plus de 30% d’impôt. Est-ce que c’est équitable, ça ? Non. Donc c’est ça qui a creusé le déficit". Et de conclure :

"Donc on ne va pas donner quitus à Monsieur Sarkozy alors qu’il a creusé le déficit par de mauvaises politiques."

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La candidate a rappelé un principe inscrit par la constitution : "le principe selon lequel les Français doivent contribuer, à hauteur de leur capacité, au paiement de l’impôt", et a demandé l’inscription dans autre grand principe, qui lui tient à cœur, dans la constitution : "imposer autant les revenus du capital que les revenus du travail, moi je propose qu’on inscrive cela dans la constitution".

Car pour Ségolène Royal, tout, y compris une politique fiscale juste, équitable, doit concourir au développement de l’activité économique et à la création d’emplois, et à l’ordre juste économique : "Relancer la machine économique. Ce sera ça ma priorité […] en particulier cette idée de faire de la France la première puissance écologique d’Europe.". Et elle a rappelé : "Moi je veux être la présidente des solutions qui obtient des résultats, qui est pragmatique, et qui fait des choses qui marchent bien parce qu’elles ont fait leurs preuves.".

Interrogée sur sa volonté de gagner, sur le fait de savoir si elle allait partir en vacances, alors qu’on lui rappelait les places de favoris des sondages que tiennent pour l’instant Martine Aubry et François Hollande, elle a souligné : 

"Vous avez raison, j’y vais pour gagner, et je fais tout pour cela, au sens où je fais tout pour être à la hauteur de cette échéance majeure. C’est le moment démocratique crucial, l’élection présidentielle […] Ça mérite des sacrifices parce que je veux être prête, je veux être la meilleure, je veux être disponible."

Et de se démarquer de François Hollande et de Martine Aubry, qui veulent, eux, augmenter les impôts, et d’ajouter, une réponse directe à une question sur la promesse de Martine Aubry d’augmenter significativement le budget de la culture, alors que les finances de la France sont dans le rouge cramoisi et qu’il y a tant d’autres priorités :

"Moi je crois qu’on ne peut pas promettre des dépenses budgétaires, financières, à toutes les corporations, chaque fois qu’on rencontre quelqu’un, on promet des dépenses financières. Moi ça n’est pas ma façon de faire de la politique."

Frédérick Moulin

 

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Ségolène Royal invitée des "Grandes Gueules" sur... par segolene-royal

(1ère partie du début à 12 min 15 sec)

 

  

Transcription par Militants de l’Espoir À Gauche avec Ségolène Royal / F.M.


Olivier Truchot et Les GG : avec Ségolène Royal, candidate à la primaire socialiste, bonjour.

Ségolène Royal : bonjour.

Olivier Truchot et Les GG : bienvenue dans les Grandes Gueules, vous êtes aussi présidente de la Région Poitou-Charentes. Vous allez gagner ces primaires ?

Ségolène Royal : ah écoutez, ce sont les auditeurs, en particulier de RMC, qui vont en décider avec d’autres citoyens. Vous savez, tant que le verdict des urnes n’a pas été rendu, je respecte ce verdict des urnes, mais je fais tout pour gagner, (Rire) ça c’est bien évident.

Olivier Truchot et Les GG : non, je dis ça parce que je suis épaté par votre force, votre conviction. Vous n’y allez pas pour témoigner ou pour faire de la figuration, vous y allez pour gagner. Même si les sondages, pour l’instant, démontrent que vous n’êtes pas la mieux placée.

Ségolène Royal : vous avez raison, j’y vais pour gagner, et je fais tout pour cela, au sens où je fais tout pour être à la hauteur de cette échéance majeure. C’est le moment démocratique crucial, l’élection présidentielle, donc il faut faire preuve de beaucoup, d’abord, d’abnégation, d’engagement, de résistance, avoir des idées claires, savoir où l’on va, et surtout, faire comprendre ce que l’on veut faire pour la France, pour les Français, qui souffrent énormément, je le vois dans l’ensemble des déplacements que je fais.

Olivier Truchot et Les GG : mais qu’est-ce qui pourrait faire changer les choses, basculer l’opinion publique, pourquoi pas cet été, alors que les sondages pour l’instant démontrent que ça va plutôt se jouer entre Martine Aubry et François Hollande ?

Ségolène Royal : c’est peut-être, je le souhaite en tout cas, l’idée que pour sortir la France de l’ornière dans la quelle une mauvaise gouvernance et une mauvaise politique l’ont plongée, une politique qui a creusé dramatiquement, en particulier, les inégalités, et qui a précarisé beaucoup de Français, qui ont peur maintenant du lendemain, or un pays qui a peur, c’est un pays qui ne peut plus avancer, moi je veux redonner confiance aux Français, et je crois qu’il faut qu’ils choisissent quelqu’un qui a fait la preuve que, quand elle était aux responsabilités, quelles que soient ces responsabilités, que ce soit auprès de François Mitterrand pendant 7 ans, 3 fois ministre, 4 fois parlementaire, aujourd’hui présidente de Région, bref, chaque fois que j’ai été en responsabilité, j’ai agi.

C’est-à-dire, j’ai été efficace, j’ai changé les choses de façon déterminée, et de façon à obtenir des résultats. Voilà. Moi je veux être la présidente des solutions qui obtient des résultats, qui est pragmatique, et qui fait des choses qui marchent bien parce qu’elles ont fait leurs preuves.

Olivier Truchot et Les GG : alors, c’était aujourd’hui le dernier Conseil des ministres de la saison, les vacances vont commencer pour nos ministres. Avec une règle : ne pas quitter la France. Si vous étiez présidente de la République, ce type de règle, vous pourriez la maintenir ?

Ségolène Royal : vous savez, j’ai été ministre 3 fois, comme je le disais tout à l’heure, je n’ai jamais quitté les préoccupations ministérielles. Il faut toujours être, quand on a la chance d’exercer des responsabilités de ce niveau-là, il faut en effet toujours être disponible. Donc même si l’on va un peu en dehors des frontières, il faut pouvoir revenir rapidement en cas de difficultés.

Souvenons-nous de la tragédie de la canicule, où un ministre était resté en vacances, pourtant en France, donc le problème ce n’est pas d’être en France ou pas en France, le problème c’est d’être toujours en alerte et d’être au contact de la population, de savoir ce qui se passe, d’avoir une capacité d’évaluation des situations, et surtout une volonté d’action et de réponse.

Olivier Truchot et Les GG : et vous serez en vacances, vous, cet été, ou vous êtes en campagne, et pas de vacances quand on a une primaire à gagner ?

Ségolène Royal : vous savez, c’est une échéance quand même très importante, donc je pense que, honnêtement, ça mérite quand même des sacrifices. Ça mérite des sacrifices parce que je veux être prête, je veux être la meilleure, je veux être disponible. Bon, et même si je prends quelques moments de tranquillité et de repos, je suis concentrée sur cette échéance.

Olivier Truchot et Les GG : et ce gouvernement qui s’apprête à partir en vacances, vous lui donnez quelle note, là, pour la saison passée ? Parce que c’est un peu comme à l’école, hein, l’année scolaire se termine pour ce gouvernement.

Ségolène Royal : ce n’est pas seulement leur année qui se termine, c’est 4 ans. 4ans quand même de difficultés. Ce serait intéressant d’écouter d’ailleurs vos auditeurs. Je le vois bien, vous le savez, j’ai fait depuis 4 ans 200 déplacements à travers tout le pays, et partout je vois que la situation se dégrade.

Je ne dis pas ça de façon politicienne ou pour dramatiser la situation, mais on le sait bien, on le voit bien. D’ailleurs même les rapports officiels le disent, indépendamment de la réalité que j’observe tous les jours, vous savez qu’aujourd’hui 15 millions de Français finissent le mois à 50 euros près. Il n’y a jamais eu de familles autant endettées qu’aujourd’hui …

Olivier Truchot et Les GG, lui coupant la parole : le gouvernement n’est pas responsable de la crise mondiale que nous avons connue, historique, qui nous est tombée dessus comme elle est tombée sur plein de pays.

Ségolène Royal : ça c’est trop facile. Je crois que si un gouvernement se réfugie derrière la crise pour dire : « C’est pas de ma faute. », à ce moment-là il ne mérite pas d’être aux responsabilités.

Quand Nicolas Sarkozy est arrivé, le déficit était de 50 milliards d’euros, il est aujourd’hui de 100 milliards d’euros. Bon. Et la dette a explosé, donc, et que nous dit la Cour ces comptes ? Que la responsabilité de ces mauvais résultats n’est due qu’à 40% à la crise. Donc tout le reste c’est une mauvaise gouvernance.

C’est vrai que quand on voit que les efforts sont aussi inéquitablement répartis – pourquoi avoir, regardez, allégé encoure récemment l’impôt de solidarité sur la fortune ? Vous croyez que c’est le moment d’alléger l’impôt sur les plus riches ? Non, ce n’est pas le moment.

 

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Ségolène Royal à Clichy avec les jeunes dimanche 31 juillet 2011 : rencontres de proximité dans les quartiers populaires sans médias audio-visuels (@Candice Friboulet)

Olivier Truchot et Les GG : mais vous parlez de la dette, et en même temps, paradoxalement, les socialistes ne veulent pas voter la règle d’or ?

Ségolène Royal : alors c’est une bonne question. Pourquoi les socialistes ne veulent pas voter cette règle d’or ? Parce qu’il y aurait quelque chose d’immoral à donner quitus à Monsieur Sarkozy alors qu’il a doublé la dette et qu’il vient encore d’alléger l’impôt sur les riches.

Nous pourrions voter une telle règle. D’ailleurs la vraie question, c’est de savoir pourquoi il ne l’a pas fait en début de mandat : là il est à quelques mois de la fin de son mandat, j’espère qu’il en sera d’ailleurs remercié, au sens du non renouvellement, parce que ce serait, je crois, dramatique pour le pays, qui a absolument besoin d’un changement de politique, ce serait, vous ne trouvez pas, immoral de lui donner ce quitus, alors il pourrait …

Olivier Truchot et Les GG, lui coupant la parole : c’est pas un quitus, on peut avoir un consensus de la classe politique, en tout cas de deux partis majoritaires, sur cette question de la règle d’or. Aux Etats-Unis cette nuit, Républicains et Démocrates ont finalement réussi à se mettre d’accord sur le problème de la dette.

Ségolène Royal : oui, la comparaison est intéressante. Qu’a fait Barack Obama ? Il a négocié avec son opposition. Il a par exemple obtenu qu’il n’y ait pas de coupes drastiques dans les dépenses de santé comme la droite républicaine voulait le faire.

Donc s’il y avait une négociation avec l’opposition, c’est-à dire la recherche de solutions d’intérêt général utiles pour tous les Français, on pourrait examiner un certain nombre de choses. Mais là c’est : « Vous prenez ou vous laissez. ». Et c’est : « On ne revient pas en cause pour les allègements des impôts pour les plus riches. ».

Si demain Nicolas Sarkozy dit qu’il s’est trompé, qu’il a eu tort d’alléger l’impôt de solidarité sur la fortune, qu’il va remettre cet impôt sur les plus riches, s’il remet de la justice fiscale, par exemple les injustices fiscales entre les entreprises du CAC 40, les grosses entreprises et les PME.

Est-ce que vous trouvez normal, équitable, que les grandes entreprises du CAC 40 ne payent quasiment pas d’impôt, c’est le cas de Total, regardez, Total, 10 milliards d’euros de bénéfice ; des Français qui n’en peuvent plus de la hausse du prix de l’impôt, et cette entreprise paye zéro impôt, alors que toutes les PME, les artisans, les commerçants, payent plus de 30% d’impôt. Est-ce que c’est équitable, ça ? Non. Donc c’est ça qui a creusé le déficit.

Donc on ne va pas donner quitus à Monsieur Sarkozy alors qu’il a creusé le déficit par de mauvaises politiques.

Si demain il dit, et donc la condition que je pose, c’est la suivante : c’est que premièrement, il remette l’impôt de solidarité sur la fortune au niveau auquel il était, que deuxièmement il s’engage à imposer autant les revenus du capital que les revenus du travail, moi je propose qu’on inscrive cela dans la constitution ; troisièmement, qu’on inscrive dans la constitution, ou qu’on applique ce qui est déjà d’ailleurs inscrit dans la constitution, le principe selon lequel les Français doivent contribuer, à hauteur de leur capacité, au paiement de l’impôt, et qu’enfin, il y ait une juste répartition de l’impôt entre les très grosses entreprises du CAC 40 qui font de gros bénéfices et qui écrasent les sous-traitants, et les petites et moyennes entreprises qui ont créé, je le rappelle, au cours des années qui viennent de s’écouler, 80% des emplois, alors que ce sont elles qui sont écrasées par les charges et les impôts.

Moi je changerai ça, je réformerai cela, pour qu’au contraire ce soient les PME, artisans, commerçants, qui créent, qui ont beaucoup de difficultés aujourd’hui et qui se battent pour créer des activités et des emplois, c’est à ces entreprises-là que je donnerai les moyens de se développer, et les allègements fiscaux et sociaux.

Olivier Truchot et Les GG : si vous êtes élue présidente de la République, est-ce que vous promettez la rigueur budgétaire qui semble s’imposer, que le gouvernement soit de gauche ou de droite, d’ailleurs, dans n’importe quel pays aujourd’hui ?

Ségolène Royal : mais ce qu’il faut, c’est une bonne gestion. Qu’est-ce que ça veut dire…

Olivier Truchot et Les GG, lui coupant la parole : non, parce que dans le programme socialiste, il y a beaucoup de dépenses publiques prévues : des emplois jeunes, … bon. Martine Aubry de son côté demande qu’on augmente le budget de la culture. Alors c’est vrai qu’on ne voit pas bien où seront les économies dans le programme socialiste.

Ségolène Royal : alors je vais vous dire. Moi je crois qu’on ne peut pas promettre des dépenses budgétaires, financières, à toutes les corporations, chaque fois qu’on rencontre quelqu’un, on promet des dépenses financières. Moi ça n’est pas ma façon de faire de la politique. Je considère…

Olivier Truchot et Les GG, lui coupant la parole : alors vous promettez quoi, alors ?

Ségolène Royal : moi je promets zéro augmentation d’impôts ; une plus juste répartition de ces impôts, je viens d’en parler …

Olivier Truchot et Les GG : pas d’augmentation d’impôt ?

Ségolène Royal, sans s’arrêter : … mais pas d’augmentation d’impôt. Et j’observe, en effet, que Martine Hol… Martine Aubry et François Hollande, proposent des augmentations d’impôt.

Olivier Truchot et Les GG : mais alors comment vous faites ?

Ségolène Royal, sans s’arrêter : ce n’est pas mon point de vue et d’ailleurs, je vous signa…

Olivier Truchot et Les GG, lui coupant la parole : vous réduisez le nombre de fonctionnaires, vous … ?

Ségolène Royal, l’interrompant : je fais des économies là où il faut faire des économies.

Olivier Truchot et Les GG : lesquelles par exemple ?

Ségolène Royal : eh bien par exemple, un meilleur équilibre entre l’Etat et les collectivités territoriales. Il y a là des doublons, il y a là des gaspillages. Que l’on donne aux régions, aux départements et aux villes clairement leurs responsabilités et les moyens de gérer leurs responsabilités …

Olivier Truchot et Les GG, lui coupant la parole : les régions ne gaspillent pas ?

Ségolène Royal : non, je crois que les régions…

Olivier Truchot et Les GG, lui coupant à nouveau la parole : parce que, à écouter Nicolas Sarkozy, les régions, dirigées par des socialistes, dépensent beaucoup.

Ségolène Royal : vous savez, moi je n’ai pas augmenté les impôts depuis mon élection, depuis 2004. Pas une augmentation d’impôt, et je n’ai même pas augmenté la taxe intérieure sur les produits pétroliers [TIPP, NdlR] que les régions ont le droit de faire. Et pourtant je n’ai renoncé à rien en terme d’investissements, et j’ai fait de ma Région la première puissance écologique régionale d’Europe, avec un plan d’investissement photovoltaïque massif, en recourant à la Banque Européenne d’Investissement, donc il faut être aussi intelligent par rapport à la mobilisation des moyens.

Mais la deuxième façon de récupérer de l’argent public et de lutter contre les déficits, c’est de relancer la machine économique. Ce sera ça ma priorité. Et je vous l’ai dit tout à l’heure, moi je créerai une banque publique d’investissement à dimension régionale pour que les PME aient une capacité de grandir en taille, d’investir, de créer des acticités et des emplois, et je ferai la révolution écologique parce que je sais que c’est dans cette filière-là qu’il y a un potentiel de développement économique considérable. Donc avant de …

Olivier Truchot et Les GG, lui coupant la parole : mais si vous êtes… (élevant la voix) mais si vous êtes élue, il n’y a pas de risque de voir la note de la France dégradée ? Parce que c’est surtout ça la peur aujourd’hui, c’est que la note, notre triple ‘A’, soit dégradée.

Ségolène Royal : au contraire. Au contraire, parce que je crois que, y compris sur l’image de marque de la France dans le monde entier, les gens se diront, y compris les puissance financières : "Mais voilà un peuple français audacieux, qui a enfin décidé de porter une femme active à sa tête, et qui a une vision de l’avenir de la France."

Et en particulier cette idée de faire de la France la première puissance écologique d’Europe, de faire en sorte que les entreprises aient les moyens de se développer, de réconcilier les salariés avec les chefs d’entreprise qui innovent et qui vont de l’avant, tout en maintenant fermement les piliers que sont l’Education nationale, la santé publique, les services publics, la sécurité, parce que je crois qu’un pays qui a confiance en lui c’est un pays qui avance, qui se développe, et qui crée des activités.

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2 août 2011 2 02 /08 /août /2011 15:12

102857-1-.jpgSégolène Royal a cette particularité : chacune de ses prises de position et propositions fait d’abord l’objet d’attaques et de remises en doute, avant d’être ensuite copieusement reprises à gauche comme à droite. Car depuis son entrée en 2007 en première ligne dans la vie politique française, Ségolène Royal n’a pas eu peur de bousculer les conformismes pour avancer.

La question européenne, portée par la gauche avec François Mitterrand, est devenue un casse-tête pour les socialistes depuis la division sur la constitution européenne. L’alliance « la carpe et le lapin » de Martine Aubry, lors du dernier congrès du Parti socialiste, a même conduit à une mise au placard de la question européenne.

Alors que les principaux leaders socialistes vont mettre en sourdine leur positionnement européen, Ségolène Royal a clairement pris position pour les Etats-Unis d’Europe.

 

C’est devenu un thème difficile pour la gauche, de parler d’Europe, car une partie du peuple français s’est détournée de cette Europe jugée trop peu démocratique et trop libérale. Les Français ont le sentiment que cette Europe ne se construit plus pour les peuples mais pour les marchés.

Mais Ségolène Royal n’a pas peur des terrains difficiles. Femme de conviction et de combat, la socialiste ne s’est jamais engagée pour complaire. Elle a d’ailleurs montré à de multiples reprises qu’elle pouvait aller à contre-courante si elle pensait qu’il fallait le faire. Or la question européenne est fondamentale pour Ségolène Royal dans le contexte de la mondialisation. La France seule a en effet beaucoup moins de marges de manœuvre que s’il elle réussit à entraîner l’Europe.

Mais pour cela, l’Europe a besoin d’un nouveau cap car comme elle le déclare «  on ne sait plus dans quelle direction le bateau Europe [va], on bouche les trous, on met des gilets de sauvetage ».

 

Ségolène Royal est déterminée à relancer l’Europe, elle se lance dans la bataille européenne. Elle veut porter une nouvelle ambition pour l’Europe mais elle précise « l’Europe ne reprendra son mouvement vers le haut que si les peuples qui vivent dans l’Europe reprennent confiance dans les perspectives européennes ».

Pour cela, il faut que l’Europe soit synonyme de progrès, d’élan, de dynamisme. Elle propose ainsi : une nouvelle frontière pour l’Europe. Que l’Europe se lance dans un grand projet d’avenir qui nous concerne tous : le développement de la croissance verte et des énergies renouvelables. 

Pour assurer la poursuite du développement des peuples européens, la socialiste veut donner à l’Europe un pouvoir économique. La crise financière de la Grèce révèle la nécessité d’une nouvelle avancée de la construction économique de l’Europe. Ségolène Royal fait des propositions claires, notamment la mise en place de fonds souverains européens et d’une interdiction de spéculer faite aux banques.

Ce n’est pas avec moins d’Europe, ce n‘est pas dans l‘isolement que les peuples européens pourront relever le défi de la mondialisation. Fermer les frontières, se replier sur soi n’est pas source de progrès.

 

Pour reprendre cette construction européenne, il faut un courage, une volonté forte des dirigeants européens. Qui d’autre aujourd’hui que Ségolène Royal a cette force pour avancer ?

On nous rabat les oreilles avec des sondages d’opinion, mais une élection présidentielle n’est pas « un concours de beauté ». Il ne s’agit pas de faire bonne impression.

Dans la bataille politique qui va être menée, il ne s’agit pas de jouer l’autruche la tête dans le sable, en prenant le moins possible de positions. Il faudra au contraire des engagements politiques clairs et convaincre qu‘une autre politique est possible. En 2007, Ségolène Royal représentait le renouveau et le dynamisme. Les Français découvraient ses engagements, c’était trop rapide. En 2012, les Françaises et les Français peuvent être assurés de ses engagements dans la durée, dans la constance, et dans la solidité.

Le 9 octobre, pour donner un nouveau cap à l’Europe, votons pour Ségolène Royal.

 

Philippe Allard 

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1 août 2011 1 01 /08 /août /2011 09:02

5980327829_6335f4cc75_z-1-.jpgQuel est le sens de la gauche ? Le clivage gauche / droite est-il encore pertinent ? Où va la gauche aujourd’hui ?

La dernière expérience gouvernementale de la gauche en France remonte à Lionel Jospin. Une expérience qui s’est achevée dans le drame de la campagne présidentielle de 2002 marquée par la maladroite formule face aux licenciements « l’Etat ne peut pas tout », remettant en cause le sens même d’un pouvoir de gauche, et l’élimination dès le premier tour qui a laissé l’électorat de gauche désemparé. En 2006, les sympathisants  adhérent en masse au Parti socialiste pour soutenir la candidature de Ségolène Royal afin d’assurer un renouveau de la gauche.

Depuis 2007, Ségolène Royal est devenue le principal leader de la gauche française. Quel est le bilan de son action depuis 2007 ?

 

La gauche ce fut d’abord la lutte pour la République, par opposition à la monarchie ou au bonapartisme, mais aussi pour faire triompher certaines valeurs. Car en France, la République ce n’est pas seulement un régime politique. La République a apporté le suffrage universel, les libertés, l’Etat de droit, la laïcité. Le premier combat de la gauche, ce fut de donner à la République ses valeurs, valeurs incarnées par son drapeau tricolore et par sa devise : liberté, égalité, fraternité.

On doit à Ségolène Royal d’avoir rétabli cette dimension historique à la gauche républicaine. Alors que l’extrême droite tentait de s’approprier les symboles de la République, étrange revirement de l’histoire, Ségolène Royal a combattu, et ce ne fut pas facile au sein même de son parti, pour redonner à la gauche le sens de la République. Imposant le drapeau tricolore, restaurant dans le discours de gauche la devise républicaine, la socialiste a réussi à redonner cette dimension républicaine à la gauche.

C’est ce qui lui permet aujourd’hui de défendre les valeurs de la République. Ce qui lui permet de pouvoir répondre à François Fillon, dans la polémique concernant Eva Joly, en lui rappelant le sens de la nation dans notre République. C’est ce qui lui permet de pouvoir proposer un vaste rassemblement jusqu’aux républicains gaullistes.

 

La gauche ce fut ensuite la lutte pour le progrès social. L’industrialisation de la France s’est accompagnée d’une exploitation féroce de la main-d’œuvre ouvrière par le capital. Ce fut la mise à l’usine des hommes, des femmes et des enfants dans des conditions terribles. Contre cette exploitation, il a fallu des hommes et des femmes pour combattre et imposer la question sociale. Les radicaux s‘opposent aux opportunistes, les socialistes vont aller plus loin, remettant en cause le système capitaliste, cette loi du marché qui broie les hommes, Jean Jaurès va leur apporter sa voix. 

On doit à Ségolène Royal de porter toujours cet idéal de progrès social. Lors de la campagne de 2007, on lui doit les mots les plus justes, les plus forts, le combat contre l’exclusion d’une partie de la jeunesse en France, car pour Ségolène Royal il n’y a pas une jeunesse de souche, la France a besoin de toute sa jeunesse. On lui doit le combat contre ce que François Mitterrand appelait « les forces de l’argent », ces prédateurs de la finance qui veulent imposer leur mondialisation en refusant toute réglementation et faire régner la loi du plus fort. On lui doit le combat contre les remises en cause de la protection sociale en France, dans la ligne libérale de Nicolas Sarkozy. Alors que d’autres socialistes préféraient rester à l’écart, Ségolène Royal est montée en première ligne pour la défense de la sécurité sociale et de la retraite à 60 ans. Expliquant qu‘il fallait préserver ce droit social pour les Françaises et les Français qui ont commencé  à travailler tôt et qui ont l’espérance de vie la plus courte.

Le combat social de Ségolène Royal, n’est pas un positionnement tactique pour une campagne électorale, il ne s’agit pas de sauter comme un cabri en se déclarant de gauche, de gauche, de gauche, … c’est un engagement qu’elle mène dans son action politique avec les forces de gauche.

 

La gauche c’est aujourd’hui la prise en compte de la question écologique. Faute de prendre suffisamment en compte cette dimension, un courant écologique autonome s’est constitué : aux socialistes la question sociale et aux écologiques la question écologique. Les choses semblent bien réparties, les alliances du deuxième tour réunissent les deux forces politiques.

On doit à Ségolène Royal d’avoir réussi à imposer la question écologique au Parti socialiste. La bataille ne fut pas simple car pour la branche traditionnelle du socialisme, l’écologie n’est pas un thème socialiste. On entend encore les discours de socialistes considérant que seuls les sujets sociaux doivent être mis en avant. Ségolène Royal s’est battue pour expliquer les trois dimensions de l’écologie : la protection environnementale fondamentale pour préserver la planète, mais aussi l’intérêt économique car ce sont des énergies, ce sont des activités nouvelles à développer, et la dimension sociale. Sa prise de position contre la taxe carbone en est la plus illustre démonstration, la mutation écologique ne peut se faire sur le dos des catégories sociales les plus fragiles.

Cet engagement, qui ne date pas d’hier, sur la question écologique, ses actions fortes dans sa région, font aujourd’hui de Ségolène Royal la candidate écologique crédible.  

 

La gauche de Ségolène Royal, c’est toute la gauche : républicaine, sociale et écologique. Ce triple engagement lui permet aujourd’hui de proposer un vaste rassemblement des forces de gauche et républicaine. Il ne s’agit pas de proposer aux Français et aux Françaises une image carte postale de campagne électorale, d’alliances entre chefs de partis pour gagner une élection en additionnant des voix. Il s’agit de proposer une réelle orientation politique pour l’alternance en 2012. Voilà pourquoi il est important que Ségolène Royal qui porte ce rassemblement dans ses combats, dans nos combats, tous les combats de la gauche, gagne ces Primaires. Elle est aujourd’hui, au-delà des appareils politiques, le principal leader des gauches en France. 

 

Philippe Allard

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31 juillet 2011 7 31 /07 /juillet /2011 19:40

 

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Ségolène Royal à l'écoute des syndicalistes, lors de la table ronde à la mairie de Lavelanet, et Marc Sanchez, le maire (@MidiNews)

Après Toulouse, Lavelanet. Ségolène Royal est arrivée à Lavelanet (du latin "avellana", aveline, noisette) et dans le pays d’Olmes, où elle était déjà passée à l’automne 2006, dans l’après-midi de vendredi.

Accueillie par le maire socialiste, Marc Sanchez, et par son adjoint, Kamel Chibli, secrétaire général de Désirs d’avenir, Ségolène Royal a d’abord visité, au bord du Touyre, la maison de retraite, où elle a rencontré les personnels et les retraités.

 

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Ségolène Royal, souriante comme le personnele et les résidents, à la maison de retraite du Touyre à Lavelanet (@Ségolène Royal)

 Comme à Toulouse, où elle a rendu visite au personnel de santé et aux patients de l’hôpital de Bourran, elle a tenu «  à rencontrer les personnels des services publics qui travaillent l'été et assurent, souvent dans des conditions difficiles, leur continuité pendant les vacances », et a expliqué que ce qui comptait, c’était d’avoir une véritable volonté politique de défendre les services publics.

 

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Marc Sanchez, le maire de Lavelanet, et Kamel Chibli, son adjoint, et le secrétaire général de Désirs d'avenir, ont accompagné Ségolène Royal à la maison de retraite et ont, eux aussi, discuté avec les résidents (@Ségolène Royal)

Ségolène Royal a écouté les personnels de santé et les retraités et s’est entretenue avec eux, accompagnée de Marc Sanchez et de Kamel Chibli.

 

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Jean Canal, ancien tisserand, 104 ans, la mémoire de Lavelanet et du pays d’Olmes, a dit à Ségolène Royal tout le plaisir qu'il avait à la rencontrer (@DDM)

Elle a fait la « rencontre et complice » de « Jean Canal, ancien tisserand, 104 ans, la mémoire de Lavelanet et du pays d’Olmes », comme elle le raconte sur sa page Facebook. Le pays d’Olmes a en effet une forte tradition textile.

 

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(@Ségolène Royal)

Jean Canal, doyen de Lavelanet, a dit à la candidate « tout le plaisir qu’il avait à la rencontrer », comme le rapporte LaDépêche.fr.

 

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Table ronde à la mairie de Lavelanet : côte à côte, on reconnaît la maire, Marc Sanchez, en grande conversation avec Ségolène Royal, et Kamel Chibli ; en chemisette jaune, l'adjoint au maire d'Europe Ecologie Laurent Carrère (@Royal Segolene)

Après la maison de retraite, Ségolène Royal a assisté à une table ronde à la mairie, avec Marc Sanchez et Kamel Chibli, soit en tout une quinzaine de personnes.

De nombreux thèmes ont été abordés.

La santé d’abord, avec l’inquiétude concernant les hôpitaux de proximité en milieu rural : le jour même, l’Agence Régionale de Santé (ARS) proposait la construction d’un nouvel hôpital à Lavelanet, avec une ouverture programmée pour 2015, la fermeture du service d’hospitalisation sur le site de Cassin, et le regroupement, le temps des travaux, de l’ensemble des activités hospitalières sur le site de la Soulano.

Si la grande crainte, depuis le début de l’année et le départ d’un cardiologue, d’une fermeture totale de la chirurgie semble écartée, alors que le Centre Hospitalier du Pays d’Olmes effectue 50% des actes de chirurgie du département, avec une densité de lits par habitant deux fois moindre (0,84 pour 1000) qu’en région toulousaine (1,57 pour 1 000), et si des médecins spécialisés de Foix se déplaceront pour réaliser des consultations dans les spécialités qui font défaut en pays d’Olmes, le bloc opératoire ne fonctionnera que 3 jours par semaine et ne réalisera que des interventions chirurgicales ambulatoires (sortie le jour ou le lendemain de l’opération, moins coûteuse pour la Sécurité sociale) et que dans 4 spécialités : ortho-traumatologie, vasculaire, ophtalmologie et endoscopies digestives.

Frédéric Birobent, représentant syndical CGT, a déclaré au sujet de cette annonce de l’ARS : « La création d’un nouvel hôpital est intéressante », quant au projet médical, « il faut savoir lire entre les lignes, le niveau de prise en charge chirurgical est quand même assez réduit.  Il apparait que les actions chirurgicales ne se concentreront que sur de l’ambulatoire.  L’activité chirurgicale de l’hôpital sera donc nettement réduite par rapport à ce qui se fait maintenant. ». Frédéric Birobent était présent à la table ronde organisée autour de Ségolène Royal.

 

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Ségolène Royal écoute les intervenants de la table ronde à la mairie de Lavelanet (@MidiNews2011)

Devant une Ségolène Royal attentive, une autre déléguée syndicale a souligné, devant cette situation,  « l’insuffisance du nombre de chirurgiens » à Lavelanet, la « fuite des patients vers les hôpitaux toulousains », ou encore « la situation des patients et des personnels qui se dégrade ».

Un médecin qui assistait à la table ronde a insisté quant à lui sur les inégalités d’accès aux soins dans un des départements les plus pauvres de France.

 

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Ségolène Royal prend la parole lors de la table ronde, notamment lors sur l'éducation, devant une audience attentive ; sur l'escalier, Françoise Degois prend des photos (@MidiNewsTV)

L’Education nationale ensuite, avec les 60 000 postes supprimés par le pouvoir sarkozyste depuis 2007, et les classes qui, à chaque rentrée scolaire, sont susceptibles de fermer. L’importance de « protéger le collège et de sanctuariser la maternelle » a été rappelée par la candidate, ainsi que la nécessaire réforme de la formation des enseignants, à qui l’on a supprimé une année de formation en milieu scolaire.

 

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Table ronde à la mairie de Lavelanet : en chemisette noire, le délégué de l’union départementale CGT, Frédéric Birobent (@MidiNews2011)

La politique industrielle après, avec la prise de parole du délégué de l’union départementale CGT Frédéric Birobent, devant la situation du bassin d’emploi en pays d’Olmes : il y a un « manque de politique industrielle ; il n’y a pas de politique industrielle et pas de politique financière pour soutenir les PME. ».

Déjà, fin 2009, dans ce pays d’Olmes qui a une très ancienne tradition textile, Frédéric Birobent déclarait : « Le bassin du textile est frappé en pays d'Olmes. Pas une entreprise n'est épargnée sauf Sotap-Carol à Montferrier, par exemple, car elle ne fait pas partie d'un grand groupe. C'est donc la logique du profit à court terme qui alimente la crise. ».

 

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Le président du directoire de la PME Sotap-Carol (@MidiNewsTV)

Sotap-Carol est une PME familiale qui a su diversifier et lisser son chiffre d’affaires et innover : au début de l’année, elle a reçu le 1er prix de l’innovation de la Commission Innovation du MEDEF Midi-Pyrénées.

 

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"La Sotap donne beaucoup de chances aux jeunes pour pérenniser le futur", souligne Saddok Belfakhet, ingénieur textile et responsable des deux centres du pays d'Olmes (@MidiNewsTV)

Si l’entreprise réalise encore 60 à 70% de son chiffre d’affaires dans l’habillement (Promod, Camaïeu, Cache-Cache), et 15 à 20% dans la lingerie et la corsetterie (Eminence, Etam), depuis les années 2000, l’entreprise s’est diversifiée dans des marchés à forte valeur ajoutée et nécessitant recherche et innovation : l’armée de terre, de l’air, et marine, et les grandes enseignes sportives comme Décathlon.

 

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Jean-Pierre Pouchodon, directeur général de la Sotap-Carol : "Sur votre droite nous aimerions installer courant 2011 la fameuse unité d’impression numérique, donc ça ferait un contraste saisissant, la technique du 21ème siècle dans une salle du 19ème"

« Ils nous permettent de lisser notre chiffre d’affaires en période creuse. Depuis quatre ans nous sommes sur des produits techniques comme la réflectance infrarouge pour le ministère de l’intérieur, des mailles polaires ou des produits très techniques pour le sport. Bref un gros travail de recherche et d’innovation technique avec le projet de faire l’acquisition d’une unité d’impression numérique dont on s’est fixé le démarrage pour 2011. », expliquait Henri Pouchodon, à la tête de l’entreprise familiale avec son frère.

Mais pour se développer, souvent les capitaux manquent, et pour la grosse PME ariégeoise Michel Thierry, créé en 1955 par le HEC éponyme, qui a son siège à Laroque d’Olmes, les financement sont dû être trouvé à l’étranger : le new yorkais MatlinPatterson et l’allemande Deutsche Bank ont permis en 2006 la restructuration de la société et le déploiement à l’international, et en 2009, pour continuer la stratégie de développement du groupe dans un contexte de crise, le fonds néerlandais HTP, avec l’aide du Fonds de Modernisation des Equipementiers Automobiles (FMEA, détenu par Renault, Peugeot et le FSI) prennent 97% du capital de l’entreprise (respectivement 67% et 30%) avec un apport de capitaux frais de 25 M€, et remboursent de 60 M€ de dette financière.

 

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Le siège de Michel Thierry lors de la reprise, en 2009, par le néerlandais HTP en partenariat avec le FMEA "un soupir de soulagement" écrivait La Dépêche.fr (@DDM)

Leader de l’habillage intérieur des automobiles, pionnier dans ce domaine puisque c’est en 1978 que Michel Thierry a eu le coup de génie de proposer à un constructeur automobile d’habiller sa voiture en tweed et a rencontré un vif succès, les clients du groupe Michel Thierry sont aujourd’hui 11 des 13 plus grands constructeurs mondiaux via les équipementiers qui installent les habillages, dont Volkswagen, Peugeot-Citroën, Renault, Ford, Toyota, BMW (Z4), Porsche (Cayenne), Opel ou Audi (Q5). Mais la PME Michel Thierry n’est plus à capitaux français.

 

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Marc Sanchez et Ségolène Royal lors de la table ronde (@MidiNewsTV)

L’écologie a aussi été abordée par Ségolène Royal, à la question de l’adjoint au maire Europe Ecologie Laurent Carrère sur le nucléaire. La candidate a rappelé son attachement à organiser une consultation populaire sur le sujet si elle est élue. Le 1er mai dernier, à l’occasion de l’hommage rendu à Jaurès par la gauche et les écologistes réunis devant sa statue à Lavelanet, Laurent Carrère écrivait sur le blog d’Europe Ecologie Ariège :

« Jean Jaurès militait pour la justice sociale. 
[…] Cette justice sociale doit passer également par l’amélioration des conditions de travail. 
Par exemple, aujourd’hui dans notre pays, la situation de ceux qu’on appelle les nomades du nucléaire interpelle. Il s’agit d’agents employés par des sous-traitants pour l’entretien des centrales et qui sont 10 à 15 fois plus exposés aux radiations que les agents d’EDF. 
[…] Enfin, il ne peut y avoir de justice sociale sans une prise en compte réelle de l’écologie […] Que dire des risques du nucléaire ? Après Fukushima, nous ne pouvons plus éviter cette question. 
En ce 1er mai 2011, il est évident que la solution n’est pas de travailler plus…Non ! Mais de travailler tous et ensemble pour vivre mieux. »

 

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Ségolène Royal a écouté, acquiescé, pris des notes, répondu. Après la réunion, elle a déclaré devant les caméras de MidiNews/AriègeNews :

« C’est vrai que partout où je vais, je vois une grande souffrance : une grande souffrance dans les services publics, des suppressions d’emplois, des tâches alourdies parce qu’avec les suppressions de personnel, alors que les missions sont les mêmes, c’est de plus en plus difficile.

Moi je crois qu’il faut d’abord réaffirmer la priorité politique, par exemple de l’hôpital public pour l’égalité d’accès à la santé, de l’école publique pour l’égalité d’accès à l’école, de la sécurité publique pour la sécurité, d’une banque publique pour l’accès des PME à des financements.

Et c’est déjà en affirmant des priorités politiques que l’on pourra orienter correctement les ressources publiques. Vous voyez, à l’origine, c’est ça ; ce qui ne veut pas dire qu’il ne faille pas faire des économies ou des réformes.

 

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Ségolène Royal : "Moi je veux des services publics efficaces, pas de gaspillage, un euro dépensé, un euro utile, mais en même temps une forte volonté de maintenir des services publics au cœur du modèle de société"

Moi je veux des services publics efficaces, pas de gaspillage, un euro dépensé, un euro utile, mais en même temps une forte volonté de maintenir des services publics au cœur du modèle de société. »

 

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Statue de Jean Jaurès (@Ségolène Royal)

Puis est venu le temps de la cérémonie en l’honneur de Jean Jaurès dans le parc de Lavelanet, non loin de sa statue. Le grand homme est mort assassiné le 31 juillet 1914, il y a 97 ans aujourd’hui, alors qu’il sortait de L’Humanité, quotidien qu’il a fondé et qu’il dirigeait, pour se rendre au Café du Croissant, tué de deux balles dans la tête par Raoul Villain, un étudiant nationaliste, 3 jours avant le début de la Première Guerre mondiale. Après 56 mois de détention préventive pendant la durée de la guerre, le meurtrier est acquitté par onze voix contre une le 29 mars 1919, dans un contexte de fort patriotisme, et sa veuve est condamnée aux dépens.

 

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 Emilie Allabert, conseillère municipale PC, devant la statue de Jean Jaurès le 1er mai 2011 (@DDM)

Déjà le 1er mai dernier, la gauche et les écologistes s’étaient réunis à ce même endroit. Emilie Allabert, conseillère municipale PC, avait appelé à la lutte : « Les luttes, le pays d'Olmes connaît depuis des années ; après avoir mis à terre toute l'industrie textile, le gouvernement et le patronat s'efforcent maintenant de détruire ce qui reste des services publics dans notre vallée. Aujourd'hui c'est l'hôpital qu'on veut désagréger. ». Marc Carballido, Premier secrétaire fédéral PS lui avait emboîté le pas : « Si nous n'allons pas vers une forte mobilisation, oui, nous avons à craindre. ». Et l’adjoint au maire écologiste Laurent Carrère avait conclu sur le thème de la justice sociale « qui doit passer par des services publics de qualité, l'amélioration des conditions de travail, d'emplois décents et suffisamment rémunérés », ce qui est « possible dans le cadre d'une démocratie renouvelée et une prise en compte réelle de l'écologie ».

 

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Pendant le discours du maire vendredi, la gauche et les écologistes unis : Ségolène Royal, Kamel Chibli, Mar Carballido, Premier fédéral du PS de l'Ariège, Laurent Carrère d'Europe Ecologie (chemisette jaune), la communiste Emilie Allabert en rose fuschia (@Ségolène Royal)

Ségolène Royal a donc a assisté à l’union de la gauche (PS, PC), des écologistes d’Europe Ecologie et des libres penseurs dans cet hommage vendredi à Jean Jaurès, aux côtés du Premier secrétaire fédéral Marc Carballido, soutien de François Hollande comme il l’annonce sur son profil Facebook.

 

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Ségolène Royal et Marc Carballido, souriants, pendant l'hommage à Jean Jaurès (@MidiNews2011)

Elle a d’abord écouté le maire, Marc Sanchez, puis Roland Pavan, pour la libre pensée, Jean-Pierre Icre pour les communistes, Laurent Carrère pour Europe Ecologie, et Marc Carballido pour le PS, qui lui a passé la parole.

 

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Ségolène Royal pendant son discours à Lavelanet le 20 juillet 2011 (@Ségolène Royal)

Puis, devant 300 personnes réunies, elle a prononcé un discours axé sur les valeurs défendues par Jean Jaurès, et d’une étrange actualité, rappelant les 5 leçons laissées par le grand homme : la défense de la valeur travail ; les combats ouvriers et la démocratie sociale ; l'éducation pour tous et la formation tout au long de la vie ; la laïcité et les langues régionales ; et enfin l'amour de la France, de la République, de la Nation, de l'Europe et de l'internationalisme.

« Il y avait bien longtemps que le parc de la mairie n'avait pas vu autant de monde. », souligne La Dépêche.fr aujourd’hui.

Ségolène Royal rappelle que Jaurès constatait que souvent le travail se traduisait par « le combat des hommes entre eux, l’âpreté au gain, l’oppression des faibles et toutes les violences de la concurrence illimitée », et réagissait avec force : « il faut subordonner les lois brutales de la concurrence aux lois supérieures de la vie ». Sur les combats ouvriers et la démocratie sociale avant la lettre la candidate retient la jolie formule jaurésienne, « la République affirmée dans l’atelier ». Sur la France, la République, la Nation, l’Europe et l’Internationalisme, Ségolène Royal partage la pensée de Jean Jaurès « qu’un peu d’internationalisme éloigne de la patrie et que beaucoup y ramène ».

Enfin, parlant du renouveau de la démocratie et de la rénovation du socialisme, la candidate rappelle ces trois phrases d’une actualité brûlante :

« La démocratie française n’est pas fatiguée du mouvement, elle est fatiguée d’immobilité (…), fatiguée de l’incohérence et de l’impuissance des gouvernants. »

« L’individu est la mesure de toute chose », car les citoyens ont le droit de conduire leur vie et le devoir de répondre de leurs actes, sans que jamais l’individuel et le collectif s’opposent.

« Le socialisme n’est pas une momie enveloppée de bandelettes doctrinales (…). Nous sommes un parti vivant, nous poursuivons notre œuvre de justice non dans le vide mais au travers des réalités multiples et diverses de la société présente. »

 

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Ségolène Royal va déposer une gerbe, accompagnée de Kamel Chibli, de Marc Carballido et d’Emilie Allabert (@DDM)

Après son discours, Ségolène Royal est allée déposer une gerbe, accompagnée de Kamel Chibli, de Marc Carballido et d’Emilie Allabert notamment.

La philarmonie de Lavelanet a lors entamé une vibrante Internationale reprise en chœur par les Lavelanétiens, suivie d’un remarquable Temps des cerises.

 

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Ségolène Royal, souriante, échange quelques mots avec les Lavelanétiens qui se pressent autour d'elle, et signe quelques autographes à leur demande (@Ségolène Royal)

Puis Ségolène Royal est allée à la rencontre des habitants de Lavelanet, qui se sont pressés autour d’elle : souriante, elle a signé des autographes.

Enfin, la municipalité avait préparé un buffet campagnard pour terminer cette journée dans la convivialité, et les personnes présentes lui ont fait honneur.

Frédérick Moulin

 

-oOo-

 

Allocution de Ségolène Royal à Lavelanet, le 29 juillet 2011

 

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(@Ségolène Royal)

 

Mes chers amis,

Ici, dans le sud-ouest, les racines historiques sont solides et les combats sociaux ont été nombreux.

Ces combats nous rappellent que les droits politiques et sociaux ne furent jamais octroyés mais toujours conquis à force de courage et parfois chèrement payés.

Ici, on sait ce que lutter veut dire.

Ici, la dignité ouvrière et l’enracinement républicain eurent, dès l’origine, partie étroitement liée.

Ce devoir d’invention qui nous incombe aujourd’hui pour relever la France, Jaurès l’assuma en son temps.

Alors ce soir, j’ai envie de vous dire en quoi ce fils d’un sud-ouest souvent rebelle qui garde encore les traces de la révolte cathare reste, pour moi, le défricheur et l’éclaireur d’un combat toujours actuel pour que la République tienne sa promesse de liberté, d’égalité et de fraternité.

Ce qu’il appelait « la bataille entre le droit et le privilège », nous devons à notre tour la mener contre les inégalités qui se creusent, contre les discriminations qui persistent, contre les précarités qui à nouveau s’étendent.

Jaurès s’insurgeait jadis contre « l’injustice qui, du père au fils, passe avec le sang ». Autrement dit : la pauvreté héréditaire et l’immobilité des conditions.

Auraient-elles disparu ? Non ! Elles reviennent même en force, ruinant l’égalité des chances et assignant un nombre croissant de familles à ce que Jaurès appelait « la perpétuelle incertitude de la vie et la perpétuelle dépendance ».

Et cela, pas plus que lui jadis, nous ne l’acceptons pour la France car il en va du pacte social dont l’Etat doit être le garant.

I.- Le défenseur de la valeur travail

Le travail, disait Jaurès, devrait être « le combat de tous les hommes contre les fatalités de la nature et les misères de la vie » alors qu’il n’est, le plus souvent, que « le combat des hommes entre eux, l’âpreté au gain, l’oppression des faibles et toutes les violences de la concurrence illimitée ».

Voilà pourquoi, disait-il aussi, «il faut subordonner les lois brutales de la concurrence aux lois supérieures de la vie ».

N’est-ce pas, dans le monde globalisé qui est désormais le nôtre, une feuille de route toujours actuelle ?

Et lorsqu’il dénonce « un système de métal qui traite des millions d’hommes comme une matière première » et l’emploi « comme une marchandise que les détenteurs du capital acceptent ou refusent à leur gré », ne disons-nous pas la même chose, nous qui n’acceptons pas que les salariés soient traités comme une vulgaire variable d’ajustement exposée aux licenciements boursiers et aux délocalisations brutales ?

Comme elle nous paraît proche de nous son indignation contre des comportements patronaux que nous pourrions décrire quasiment dans les mêmes termes !

Malgré tout ce qui a changé de lui à nous.

Je veux, moi, instaurer de nouvelles règles du jeu qui garantiront aux salariés le respect de leur dignité.

Je veux créer des sécurités nouvelles qui ne seront pas ennemies de la performance économique mais, au contraire, facteur de productivité et de compétitivité renforcées.
Révolté par les patrons autocrates et voyous de son temps, Jaurès – et cela mérite d’être rappelé – respecte ceux qui prennent le risque d’entreprendre et conduisent honnêtement leur affaire, victimes eux aussi de l’entente et de la spéculation.


 

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Ségolène Royal et Kamel Chibli (@MidiNews2011)

II.- Combats ouvriers et démocratie sociale avant la lettre

Jaurès est révolté par la dure condition ouvrière de son temps.

Livré à lui-même, le capitalisme est pour lui « un désordre » auquel il oppose la nécessité d’un « ordre nouveau » et moi celle d’un ordre économique et social juste.

Quand, face à l’injustice, la colère ouvrière éclate, il n’hésite pas et se range aux côtés de ceux qui se battent pour leur dignité.

Jeune républicain convaincu que les hommes naissent et demeurent libres et égaux en droit, il en vient à vouloir, pour que ces mots ne restent pas vains, que la démocratie s’étendre aux relations économiques et sociales.

Je ne peux m’empêcher d’établir une correspondance entre ce qu’il appelait « la République affirmée dans l’atelier » et cette démocratie sociale dont je veux faire (avec la démocratie représentative, la démocratie participative et la démocratie territoriale) l’un des 4 piliers de cette République nouvelle, de cette révolution démocratique que je propose aux Français.

Jaurès considérait que, dans l’ordre politique, la nation souveraine avait renversé les oligarchies du passé mais que, dans l’ordre économique, elle leur restait soumise.

Ce que la Révolution française avait fait pour le citoyen, il restait à l’accomplir pour le salarié privé de droits.

La démocratie sociale telle que je m’engage à la développer (avec le renforcement du dialogue entre partenaires sociaux, avec la représentation des salariés dans les conseils d’administration des entreprises, avec l’essor nécessaire d’un syndicalisme de masse qui rééquilibre les rapports entre le capital et le travail, avec sa capacité à anticiper et négocier les mutations économiques, avec ses compromis dynamiques dans l’intérêt bien compris de l’entreprise et de tous ceux qui contribuent à la production de richesse), cette démocratie sociale, donc, et l’idéal jaurésien de citoyenneté dans l’entreprise ont quelque chose en commun : la conviction que l’intérêt général commande le respect mutuel plutôt que la brutalité des relations sociales.

III.- Education pour tous et formation tout au long de la vie

Boursier, comme je l’ai moi-même été, il considère que le savoir est le premier droit, la première liberté, la première dignité.

Il soutient, bien sûr, les grandes lois scolaires de Jules Ferry.

L’école à deux vitesses, une pour les riches, une pour les pauvres, n’est pas seulement une injustice : c’est, pour lui, un gâchis du potentiel des enfants, un gaspillage d’intelligence.

Il croyait, avant la lettre, à la formation tout au long de la vie.

Il plaide pour une certaine diversité de l’offre scolaire dans un cadre public et laïque, pour le droit à l’expérimentation d’écoles indépendantes gérées par les communes et de méthodes pédagogiques nouvelles.

Ses positions reflètent pour une part la méfiance, traditionnelle à cette époque, du mouvement ouvrier à l’égard de l’Etat éducateur.

Mais elles anticipent en même temps bien des débats toujours actuels et, en cela aussi, Jaurès est moderne.

Il pensait que, pour donner à leurs élèves le goût du savoir et de la liberté, les instituteurs devraient disposer de leurs droits et pouvoir, ce qui leur fut longtemps interdit, se syndiquer.

Précurseur, il le fut aussi dans un domaine très nouveau pour l’époque et devenu, de nos jours, extrêmement important : les droits de l’enfant auxquels, vous le savez, je suis particulièrement attachée.

IV.- Laïcité et langues régionales

Ardent partisan de la séparation des Eglises et de l’Etat, Jaurès prend une part active à la grande loi de 1905 qui fonde notre laïcité républicaine.

La désimbrication de ce qui, des siècles durant, avait été si étroitement mêlé est violente.

Il le fallait pour que, comme le souhaitait Victor Hugo, l’Eglise soit chez elle et l’Etat chez lui.

Dans les débats parlementaires, Jaurès soutient Briand contre les plus véhéments des anticléricaux qui, à gauche, tentent d’opposer la liberté de pensée et la liberté de culte, toutes deux garanties par la loi.

L’histoire lui donnera raison.

Mais Jaurès ne voulait pas qu’à trop débattre des religions, on en oublie la question sociale, pour lui prioritaire.

C’est aujourd’hui une pratique coutumière de la droite que d’agiter la question religieuse pour différer les réponses à apporter aux problèmes sociaux et à la soif d’égalité.

Jaurès parlait et aimait l’occitan.

Il n’opposa jamais langue régionale et langue nationale car il trouvait naturel et très formateur pour les enfants de pouvoir passer de l’une à l’autre.

Favorable à l’enseignement des langues régionales, c’est de cette tradition d’ouverture, de pluralité et de complémentarité que je me réclame. Car je n’oppose pas le respect des identités locales ou particulières à notre commune appartenance à la nation et à la langue françaises.

 

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Ségolène Royal, Marc Carballido et Kamel Chibli (@MidiNewsTV)

V.- L’affaire Dreyfus

Jaurès est celui qui arrima solidement le socialisme à la République et à la démocratie.

Lorsqu’éclate l’affaire Dreyfus, il commence par partager le préjugé dominant dans le mouvement ouvrier de l’époque, qui ne se sent pas concerné par la sentence d’un tribunal militaire prononcée à l’égard d’un officier supérieur issu d’un milieu aisé.

Mais, très vite, il découvre l’injustice faite à un homme : il n’est pas question qu’il en soit complice.

Il s’engage avec passion pour la défense du capitaine traîné dans la boue, de l’homme victime du mensonge d’Etat et de l’arbitraire institutionnel.

Mes chers amis,

Il y aurait tant et tant à dire sur ce Jaurès que nous aimons, sur ces belles leçons d’humanité, de lucidité et de courage qu’il nous a laissées en héritage !

VI.- Nation, Europe, internationalisme

Jaurès avait l’amour de la France, de la République et de la nation.

Il croyait et je crois avec lui « qu’un peu d’internationalisme éloigne de la patrie et que beaucoup y ramène ».

Il vibrait de ce patriotisme bien compris qui est l’ennemi du chauvinisme et le contraire du nationalisme.

Jamais il ne transigea avec le devoir de défense mais il voulait une « armée nouvelle » qui soit l’émanation de tous les citoyens.

Il eut le courage de dire haut et fort que l’intérêt des peuples allemand et français n’était pas dans l’affrontement fratricide.

Il rêvait d’une Europe de la paix : il fallut deux guerres mondiales pour commencer à la construire.

Lui qui voulait passionnément la paix, il vit, avec lucidité, l’Europe courir à la guerre.

Dans le dernier discours qu’il prononça à Lyon-Vaise, il le dit sans ambages : ce qui se profile, « c’est l’Europe en enfer, c’est le monde en enfer ».

« Je dis ces choses, ajoutait-il,avec une sorte de désespoir car la nuée de l’orage est déjà sur nous ».

Il disait également que « la peur resserre et l’espérance dilate », façon de dire que, quand une nation n’a plus confiance en elle, chacun tend à se méfier de l’autre et à se replier sur soi, cependant que le ressentiment et parfois la haine prennent le pas sur l’hospitalité et la solidarité.

C’est plus vrai que jamais dans la France d’aujourd’hui, qui souffre et qui doute.
Mais j’y vois aussi une façon de dire qu’un désir d’avenir retrouvé, c’est un pays qui repart.

VII.- Fatigue démocratique et individu-test

Jeune élu du Tarn, Jaurès affirmait que la « la démocratie française n’est pas fatiguée du mouvement, elle est fatiguée d’immobilité (…), fatiguée de l’incohérence et de l’impuissance des gouvernants ».

Je ne saurais trouver de mots plus justes pour exprimer la crise démocratique qui sévit aujourd’hui en France, la nécessité de débloquer le pays, de restaurer l’efficacité de la puissance publique et la crédibilité de l’action politique.
Il n’avait pas peur de dire que « l’individu est la mesure de toute chose ».

Autrement dit : les institutions ne valent que dans la mesure où elles servent le désir de progression et d’émancipation de chacun.

Je pense, moi aussi, que les solidarités collectives ne valent que si elles font du droit de conduire sa vie et de la possibilité de répondre personnellement de ses actes non plus le privilège de quelques uns mais le droit de tous.

Tout le contraire de l’assistanat !

Il n’opposait pas, lui, l’individuel et le collectif, l’aspiration à l’autonomie et les sécurités collectives qu’elle requiert.

* * *

Mais peut-être le Jaurès le plus hardi, le plus iconoclaste est-il celui qui houspillait fraternellement ses camarades en leur tenant ces propos : « le socialisme n’est pas une momie enveloppée de bandelettes doctrinales (…). Nous sommes un parti vivant, nous poursuivons notre œuvre de justice non dans le vide mais au travers des réalités multiples et diverses de la société présente ».

Il ajoutait : notre rôle n’est pas de nous isoler dans je ne sais quel souci de pureté ou de perfection, notre rôle, c’est « de nous commettre avec la société d’aujourd’hui ».

Il exhortait les siens à n’avoir « peur d’aucune formule et d’aucune idée ».

Jamais il n’abdiqua son indépendance de pensée et de parole.

Jamais il ne se résigna à l’injustice.

Jamais il ne dévia de sa ligne de conduite : recherche de la vérité, clarté dans le débat, unité dans l’action. Et République indissociable de la justice sociale.

Ségolène Royal

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30 juillet 2011 6 30 /07 /juillet /2011 21:19

 

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Ségolène Royal discute avec les bénévoles et les habitants de la "Maison Goudouli" (@MLabonneDDM)

Ségolène Royal poursuivait son déplacement dans le Sud-Ouest hier, à Toulouse, en Haute-Garonne, puis à Lavelanet, en Ariège, où Kamel Chibli, Secrétaire Général de Désirs d’avenir, est adjoint au maire.

 

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11h45 arrivée de Ségolène Royal au marché de la Faourette, dans le quartier de Bagatelle à Toulouse (@Ségolène Royal)

Ségolène Royal est arrivée à 11h45 au marché de la Faourette de Bagatelle, quartier populaire à Toulouse.

 

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Ségolène Royal sourit et tend la main à une petite fille tenue dans les bars de sa mère, souriante, au marché de la Faourette, dans le quartier de Bagatelle à Toulouse (@Ségolène Royal)

Ségolène Royal a été chaleureusement accueillie, sous le soleil et avec un ciel sans nuage. Elle est allée à la rencontre de la France métissée, a souri à une petite fille que sa mère tenait dans ses bras, a échangé quelques mots avec les habitants du quartier.


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Accueil ensoleillé au marché de la Faourette à Toulouse. Commentaire d'un marchand de fruits et légumes : "Ségolène ! Si les primaires sont ici, t'es sûre de gagner !" (@Ségolène Royal)

Un marchand de fruits et légumes lui a lancé : « Ségolène ! Si les primaires sont ici, t’es sûre de gagner ! ». 

Sur le marché, Ségolène Royal s'amuse que le pouvoir sarkozyste, encore contre ce projet lorsqu'elle a écrit au ministre de la Défense avec Maxime Bono, le maire de La Rochelle en septembre 2010, pour proposer une expérimentation en Poitou-Charentes, contre ce projet quand Delphine Batho a déposé un amendement en ce sens il y a moins de deux mois - l'amendement a été rejeté - l'adopte aujourd'hi en voulant faire croire haut et fort qu'il est issu de ses rangs, d'Eric Ciotti. " « Nicolas Sarkozy veut appliquer une de mes propositions de 2007 ? Qu'il le fasse », ironise Ségolène Royal. L'UMP a récemment annoncé sa volonté de faire encadrer les primo délinquants par des militaires. Exactement la proposition qui, sortie de la bouche de Royal il y a quatre ans, avait été raillée par la droite.", rapporte LaDépêche.fr.   

 

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(@GPS)

Puis vers 13h30, elle a rendu visite à la "Maison Goudouli", située au 4bis de la rue éponyme. Le bâtiment est réquisitionné depuis 3 mois – le 23 avril – par le Groupement pour la défense du travail social (GPS), pour faire face à la disparition progressive des places d’hébergement d’urgence sur Toulouse, avec pour résultat des hommes, mais aussi des femmes et des enfants, des familles, jetés à la rue, et à la clé, des morts : 22 l’an dernier à Toulouse. Pour les plus démunis, la précarité du logement tue.

Le GPS explique comment cette visite a pu être arrangée : « C’est les Enfants de Don Quichotte, en fait, qui sont rentrés en contact avec Madame Royal. Et donc ils lui ont proposé de venir faire une visite sur le lieu de Goudouli, et Madame Royal a accepté. ». Ségolène Royal est ainsi la première personnalité politique de premier plan à s'intéresser à la "Maison Goudouli" réquisitionnée par le GPS.

Ségolène Royal arrive dans la salle à manger commune alors que le repas vient de se terminer – gratin dauphinois et salade de tomates, dans une ambiance détendue, la pièce rangée, la table commune impeccable, avec un verre à pied et quelques roses au milieu. Le GPS gère le lieu en « auto-gestion collective », les locaux ont été abandonnés par l’AFPA (Association pour la Formation Professionnelle des Adultes). À l’arrivée du GPS, les locaux étaient totalement inoccupés. Désormais, 16 personnes dont des familles vivent à plein temps dans un espace salubre et suffisamment grand, 24 heures sur 24, ce qui demande un investissement socio-éducatif des bénévoles très important, et ce qui change des hébergements d’urgence, où on dort sans intimité et où l’on ne peut rester que pour la nuit.

 

 

 

Pierre, un infirmier bénévole du GPS, accueille la candidate et lui explique la situation : « Alors ça appartient à l’Etat, c’était un bâtiment, qui était complètement vide. Donc c’était un bâtiment de l’Etat qu’on a réquisitionné il y a 3 mois. ».

 Ségolène Royal discute, propose : « Il faudrait faire l’inventaire dans toutes les villes des locaux vacant et les réquisitionner, et gérer avec les associations. ». Elle reprend là une proposition déjà faite, notamment lors de la Tweet Interview du 28 juin dernier, quand elle s’engageait à faire « la réquisition des logements vacants ». Au GPS, Ségolène Royal rappelle son engagement à appliquer la loi de réquisition des bâtiments laissés vides, notamment ceux appartenant à l’Etat.

 

 

 

Puis Pierre et Annabelle, deux des bénévoles et porte-paroles, expliquent la situation, le contexte :

« Ce qu’il faut comprendre, c’est que nous, travailleurs sociaux, on a été témoins, donc, de la mort de ces personnes à la rue, on est témoin de toutes les personnes à la rue qui demandent un hébergement, à qui le 115 doit refuser par manque de moyens et manque de place. Là aujourd’hui à Toulouse, on est à … ? 90% de refus, par jour, pour 150 à 180 demandes. Ce qui est énorme. Donc la précarité augmente d’un côté, et d’un autre côté, on nous baisse les moyens. Donc nous travailleurs sociaux, on n’a plus les moyens de travailler, on n’a plus les moyens d’aider vraiment les personnes à sortir de la rue.

Et ce qu’on a prouvé en ouvrant ce bâtiment, c’est que les 16 personnes accueillies, il y en certaines d’entre elles qui n’avaient jamais voulu accéder à un hébergement, même hivernal, parce que les conditions d’accueil étaient trop compliquées pour elles à supporter. Et là, ce que nous faisons ici, c’est que nous adaptons le lieu aux personnes. Voilà. »

Ségolène Royal remarque, admirative : « C’est dur aussi, c’est de l’énergie ! »

Pierre et Annabelle poursuivent :

« C’est géré de manière professionnelle. Il y a un règlement intérieur, là-bas les familles sont accueillies aussi dans un cadre bien organisé et sécurisé. En fait on palie aux manques du service public, et après nos heures de travail, nous venons ici continuer à tenir le lieu, nous nous investissons pendant nos vacances, pendant nos jours de congé. Parce qu’on a des choix, hein, à un moment ou à un autre. Après, c’est aussi pour alerter, pour protester, c’est un moment de colère et aussi de désespoir. De désespoir. On a fait ça, voilà, c’est un acte de désespoir pour … »

 

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Pierre, Annabelle et Ségolène royal en pleine conversation

Pierre et Annabelle poursuivent sur l’abandon des services publics, la double peine : aucune réponse aux problèmes, et des coupes sombres dans les budgets alloués :

« Après tout ça a été dénoncé par le bilan d’activité, depuis 2002, un bilan d’ailleurs qui a été donné aux services de l’Etat, qui est mis à disposition du service de l’Etat, avec tous les chiffres du service, du point d’accueil, et de l’équipe mobile. Donc tous les chiffres étaient donnés et sont connus. Et il faut quand même savoir que la veille sociale départementale, qui justement, par définition, est censée représenter l’Etat, et par rapport aux problèmes que nous rencontrons, faire remonter les besoins, donc là depuis quelques années on n’est plus du tout entendus, quels ques soient les besoins que nous faisons remonter, non seulement on n’est pas entendus, mais en plus, ils diminuent les budgets. C’est vrai qu’à un moment…  On est en régression. C’est de la casse humaine, pure et dure. Parce que nous sur le terrain, on est sur le terrain, et on les voit les gens céder. »

Ségolène Royal conclut, très touchée : « Très bien, eh bien écoutez, bravo, hein, parce que c’est… Vous faites du bien à l’humanité, voilà ! Et à la plus défavorisée [des catégories de Français]. »

Bien sûr, le nerf de la guerre, ce sont les moyens. Ségolène Royal propose une sécurisation et une certaine autonomie à travers une contractualisation pluriannuelle si elle est élue, avec en contrepartie, un examen a posteriori de l’utilisation de l’argent et une obligation de rendre des compte. Annabelle s’exclame : « Il faut donner les moyens aux travailleurs sociaux, et aux professionnels, de travailler ! »

 

 

Et Ségolène Royal répond :

« Mais bien sur, mais bien sûr ! Moi j’ai un partenariat dans ma Région, qui est de 3 ans, avec l’ensemble des associations caritatives. Donc je sécurise leurs ressources, pour qu’elles puissent travailler, qu’elles aient une liberté d’action par rapport aux problèmes qu’elles rencontrent, et pas les triturer sur chaque dossier, ou faire une tracasserie administrative, à demander de l’argent sur chaque dossier, non, elles ont un budget sur 3 ans. Donc c’est contractualisé sur 3 ans, et du coup elles ont la liberté d’agir en fonction de l’intelligence [qu’elles ont] du terrain, quoi. Et moi, c’est ce que je ferai au niveau national si je suis élue, c’est-à-dire, les associations seront sécurisées dans leurs ressources : pouvoir leur faire confiance dans la façon dont elles gèrent les problèmes elles sont confrontées directement sur le terrain. Ensuite, elles rendent des comptes, elles expliquent comment elles ont utilisé l’argent, mais au moins, c’est sécurisant par rapport à la masse de travail qu’il y a à faire. Voilà. »

À la fin de la visite, le GPS synthétise la situation en disant : « Nous manquons de tout: de places en hébergement, de structures adaptées pour  familles ou femmes seules avec enfants, d’accès au logement pour de travailleurs pauvres ».

 

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Ségolène Royal écoute les bénévoles du GPS ; contre le mur, assise, Annabelle, et debout, Pierre (@LibéToulouse)

Ségolène Royal martèle : « Le travail à accomplir pour rétablir la situation sociale dans ce pays est du même ordre que celui auquel a du faire face le Conseil national de la Résistance après guerre. ». Sur sa page Facebook, elle précise : « Visite du GPS (Groupement Pour la défense du travail Social) qui s'occupe des mal-logés à Toulouse. Une heure de dialogue sur la grande précarité et du manque d’habitat adapté ; voici l'une des véritables urgences à régler des 2012. ».

Sur le site du GPS, on peut lire aujourd’hui :

« Madame Ségolène Royal est arrivée vers 13h aujourd'hui pour visiter la réquisition du GPS, rue Goudouli. Nous espérons que sa visite permettra d'amener un réel débat sur le contexte du secteur social et médico-social en France, et notamment au niveau du secteur de l'urgence sociale qui est particulièrement mal menée. »

Se rendant à Lavelanet, de sa visite à la "Maison Goudouli", Ségolène Royal a emporté un pot de confiture maison offert par une des 16 habitantes (et habitants) du 4bis rue Goudouli. Une adresse pour une nouvelle vie. Tout un symbole aussi pour ceux qui meurent dans la rue.

Frédérick Moulin

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29 juillet 2011 5 29 /07 /juillet /2011 20:11

 

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Ségolène Royal et Patric Roux, à sa gauche, directeur du festival occitan l'Estivada (@Ségolène Royal)

Ségolène Royal était hier à Rodez, dans l’Aveyron, où elle a poursuivi sa campagne.

Arrivée dans le même avion que le président divers droite et ex-UMP du Conseil général, Jean-Claude Luche, « qui a été fort aimable », a assuré la candidate, Ségolène Royal a été « chaleureusement accueillie par le maire [PS] de Rodez, Christian Teyssèdre, la députée [socialiste] Marie-Lou Marcel et le sénateur [socialiste] Alain Fauconnier », venus la saluer à l’aéroport de Rodez.

 

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Ségolène Royal nous présente la députée socialiste Marie-Lou Marcel et le sénateur socialiste Alain Fauconnier, venus l'accueillir à l'aéroport de Rodez (@Ségolène Royal)

Puis elle s’est rendue à l’hôpital de Bourran à Rodez. « Dans mes déplacements, je veux voir les grands services publics fragilisés », a expliqué Ségolène Royal.

Alors que dans l’hôpital ruthénois déplore une quinzaine de postes non pourvus, la candidate est revenue sur ses propositions sur la santé, une nouvelle occasion d’appliquer sa politique du ‘donnant-donnant’, du ‘gagnant-gagnant’ : elle a proposé de « desserrer le numerus clausus » pour augmenter le nombre de diplômés et palier à la pénurie de professionnels de la santé, mais avec une contrepartie : « Il faut former plus d'étudiants et les orienter vers les disciplines et zones déficitaires. », a précisé Ségolène Royal, citant l’exemple de sa Région, qui paie les stages effectués dans les hôpitaux et cabinets de médecins situés en zone rurale.

 

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Ségolène Royal à l'hôpital de Bourran, à Rodez : « échanges chaleureux avec le personnel » (@LaDépêche.fr)

Sur son compte Facebook, la candidate, qui a visité les « services d'orthopédie, maternité et des urgences », a souligné les « échanges chaleureux avec le personnel », la « discussion enrichissante sur la démographie en milieu hospitalier », et les « moments privilégiés, aussi, d'échanges avec les malades et leurs familles ». « Le problème ici, c'est le manque de médecins, problème de l'ensemble des hôpitaux des petites et moyennes villes. », a-t-elle conclu.

 

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Ségolène Royal avec le personnel de l'hôpital de Bourran à Rodez : « Je viens vers les Français qui travaillent pendant l’été. » « Le problème ici, c'est le manque de médecins, problème de l'ensemble des hôpitaux des petites et moyennes villes. » (@Ségolène Royal)

« Je viens vers les Français qui travaillent pendant l’été. », a souligné Ségolène Royal lors de son interview accordée à France 3 à 19 heures.

Puis elle a assisté à une réception républicaine à la mairie en fin d’après-midi, où se trouvaient une soixantaine de personnes. Le Midi Libre rapportait il y a quelques jours des explications dans l’entourage du maire de Rodez, qui soutient officiellement François Hollande : « Elle  ne vient pas dans le cadre strict de sa campagne, mais dans celui du festival Estivada. Il se trouve qu'une partie de la région Poitou-Charentes fait partie de l'Occitanie et à ce titre nous lui demandons d'être un cofinanceur de la manifestation. La venue de Madame Royal se fera d'ailleurs après l'inauguration officielle du festival », qui a eu lieu la veille du déplacement de Ségolène Royal.

 

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Le maire PS de Rodez, Christian Teyssèdre, accueille Ségolène Royal à son arrivée à la mairie et lui fait la bise (@France 3 M-P)

Le maire de Rodez s’est félicité du partenariat entre l’Estivada et la Région Poitou-Charentes : « C’est la première fois, depuis des siècles, que l’Occitanie est unie dans huit régions. ». Puis il a émis le souhait que « dans le débat, au sein du PS, l’on voit le sérieux des Régions et des communautés d’agglomération en matière de gestion (...) à opposer à une gestion de l’État qui est catastrophique ».

Ségolène Royal s’est dite « heureuse de venir dans la Région des 300 festivals », puis a souligné : « Je ne vais pas me lancer dans un grand discours politique. Ce qui me plaît consiste à me retrouver au milieu de vous, et au milieu des gens, comme lorsque je me rendrai ce soir à l’Estivada. ». Informée peu de temps auparavant de la présence des Jeunes Agriculteurs (JA) de l’Aveyron, qui ont manifesté hier à Rodez, elle a déclarée qu’elle était « prête à recevoir une délégation ».

 

S.Royal en direct de Rodez -19/20 fr3... par eric3362

 


Puis elle a accordée une interview au 19/20 de France 3 Midi-Pyrénées, présenté par Pierjean Frison (retranscription intégrale ci-dessous).

 

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Carte de la partie ouest de l'Occitanie : la Charente occitane, à l'est d'Angoulême (Engoulaeme), et la Vienne occitane, au sud de Poitiers (Poetae) en font partie intégrante (@estivada-rodez.eu) 

Enfin, elle s’est rendue à l’Estivada, symbolisant ainsi l’implication de la Charente occitane (la partie à l’est d’Angoulême, soit environ 65 000 habitants) et de la Vienne occitane (extrême sud et sud-est du département, moins de 5 000 habitants) dans l’Estivada, festival de l'Occitanie.

 

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Ségolène Royal, très entourée, au festival occitan de l'Estivada : « Une loi sur la sécurisation des langues régionales sera votée dès qu'une majorité de gauche entrera au Parlement. » (@Ségolène Royal)

« Je souhaite que la France ratifie la Charte des langues régionales au niveau européen. », a martelé Ségolène Royal, allant ainsi bien plus loin que la convention cadre interrégionale promouvant la culture et la langue occitane en cours de négociation entre les régions qui soutiennent le festival Estivada. Ségolène Royal a voulu marquer qu’elle était très impliquée dans la défense de cette cause, et a annoncé au milieu de la foule du festival, qui accueillait hier 12 000 personnes : « Une loi sur la sécurisation des langues régionales sera votée dès qu'une majorité de gauche entrera au Parlement. ».

 

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Ségolène Royal parle aux Français de l'Estivada, entourée de Patric Roux, "capmèstre d'Estivada", à sa droite, et de Christian Teyssèdre, maire de Rodez, à sa gauche (@Ségolène Royal)

La candidate a été très entourée au festival, au contact des Français. Sur son compte Facebook, l’ambiance est décrite : « "On compte sur vous !" C’est la phrase qui revenait le plus ce soir dans les allées de l’Estivada, l’un des plus grands rassemblements sur la culture occitane. Bain de foule et enthousiasme, bousculade pour saluer Ségolène Royal, échanger quelque mots avec elle. Formidable accueil général. ».

Même dans les festivals de l’été, Ségolène Royal est au contact des Français, les écoute, propose, est au travail pour sa Région, un exemple que devraient suivre tous les autres candidats et candidates.

 

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Les Jeunes Agriculteurs manifestent à l'Estivada : "Nous sommes assoiffés d'avenir" (@Ségolène Royal)

Puis vers 21h30 Ségolène Royal a rencontré les Jeunes Agriculteurs (JA) de l’Aveyron venus à l’Estivada, en colère contre l’inertie et les promesses non tenues de Nicolas Sarkozy, des agriculteurs « assoiffés d’avenir », comme ils le disent eux-mêmes.

 

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Ségolène Royal, la présidente d'une région qui aide les agriculteurs face à un Etat inerte,  et Bruno Montourcy, le président des Jeunes Agriculteurs de l'Aveyron, discutent ensemble à l'Estivada (@Ségolène Royal)

Ségolène Royal, qui a mis en place un plan d’aide régional pour aider les éleveurs touchés par la sécheresse et prône une mutation agricole vers une agriculture durable, et une surveillance des marges tout au long de la chaîne de distribution des produits agricoles, a discuté avec Bruno Montourcy, à la tête du syndicat pour le département. Peu de temps auparavant, le dirigeant des JA de l’Aveyron constatait le lamentable échec du pouvoir sarkozyste :

« On en a marre des effets d’annonce qui sont des coquilles vides. L’élevage est en faillite. Beaucoup risquent de mettre la clé sous la porte. Et les mesures gouvernementales ne sont que du rafistolage. Il nous faut un vrai projet, qui soutienne les spécificités de l’élevage local et répartisse les marges faites sur nos produits. On demande aux jeunes qui s’installent en agriculture des prévisionnels sur cinq ans. Mais avec cette sécheresse qui n’est ni la première, ni la dernière, comment peut-on prévoir quoi que ce soit ? ».

Frédérick Moulin

 

-oOo-

 

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Transcription de l’interview de Ségolène Royal sur France 3 Midi-Pyrénées

par Militants de l’Espoir À Gauche avec Ségolène Royal / F.M.

Pierjean Frison : nous allons maintenant prendre la direction de Rodez, où nous attend, en direct, Ségolène Royal, en campagne dans le cadre de la primaire socialiste. Madame Royal bonsoir, merci d’être avec nous.

Ségolène Royal : bonsoir.

Pierjean Frison : alors, vous battez la campagne en ce moment, vous serez d’ailleurs demain à Toulouse puis en Ariège. Quel accueil avez-vous reçu aujourd’hui en Aveyron, une terre plutôt à droite traditionnellement ?

Ségolène Royal : un accueil excellent. J’ai d’ailleurs rencontré le président du Conseil général [Jean-Claude Luche, président UMP duis divers droite depuis 2008, issu d’une famille d’agriculteurs et de petits commerçants, NdlR] en arrivant, dans l’avion, qui a été fort aimable (Large sourire), et je crois que cette présence de terrain est tout à fait appréciée, et très importante.

D’abord je suis invitée à l’Estivada, qui est un festival magnifique. Vous savez que ma Région Poitou-Charentes est en partie en Occitanie, je suis très attachée aux cultures régionales, d’ailleurs je souhaite que la France ratifie la Charte des Langues Régionales, ce serait très important.

Tout à l’heure je rencontre une délégation d’agriculteurs, les Jeunes Agriculteurs, qui sont très mécontents parce que les promesses du président de la République pour lutter contre la sécheresse et pour leur fournir des moyens n’ont pas été tenues.

Et puis là, vous le voyez, je suis devant l’hôpital, c’est pour moi un grand service public, qui aujourd’hui est en grande difficulté, hein, l’hôpital public, à travers le pays.

Et je viens vers les Français qui travaillent pendant l’été.

Pierjean Frison : alors Madame Royal, à Toulouse, demain, vous y serez, on sait que le maire, Pierre Cohen, a annoncé sa préférence pour Martine Aubry, de même que Monsieur Malvy, hein, le président de la Région, est-ce que vous allez malgré tout les rencontrer, ou vous limiter aux militants ?

Ségolène Royal : bien sûr, je les ai eus au téléphone, d’ailleurs, tous les deux, mais vous savez, je crois que les électeurs sont libres. Ce ne sont pas tel ou tel élu, notable, qui vont décider à la place des électeurs !

J’en profite d’ailleurs pour dire que tout le monde peut voter, il n’y a pas besoin d’être adhérent du Parti socialiste, c’est un choix crucial.

Et moi je propose pour redresser la France une vaste alliance, qui va des écologistes, de la gauche, des socialistes, jusqu’aux centristes humanistes, et vous vous le savez, jusqu’à à ceux qui sont encore dans la tradition gaulliste, parce que je considère que tous les républicains doivent se rassembler, qu’il y a un effort considérable à faire, vous venez de le dire d’ailleurs, le chômage viens d’augmenter, la dette est là, les déficits sont là, et moi je crois que l’on peut redresser la France en se mettant le plus grand nombre possible de Français, et en allant de l’avant, en aidant en particulier les petites et moyennes entreprises à se développer, à innover, à investir, et je propose la création d’une banque publique d’aide aux petites et moyennes entreprises pour que nous puissions créer des emplois dans notre pays.

Pierjean Frison : merci beaucoup Madame Royal d’avoir été avec nous en direct depuis Rodez, et puis de nous avoir expliqué l’ensemble des grandes lignes de votre programme. Merci beaucoup.

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28 juillet 2011 4 28 /07 /juillet /2011 19:12

 

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« Les Français en ont assez de subir une mauvaise politique et une mauvaise gouvernance. Vous savez, depuis que Nicolas Sarkozy est élu, le déficit a doublé, il est passé de 50 milliards à 100 milliards. Ça veut dire que de mauvais choix ont été faits.

Moi je propose qu’un euro dépensé soit un euro utile, et que chaque fois qu’il y a une dépense nouvelle, elle soit gagée par une économie. Moi je veux que l’on puisse lutter contre la fraude fiscale. C’est 50 milliards d’euros. Moi je veux qu’il y a ait de l’équité fiscale. […]

Moi je propose une règle d’argent. Qu’est-ce que c’est que cette règle d’argent ? C’est la justice fiscale, et c’est le fait de faire rentrer dans les caisses des recettes fiscales parce qu’on aura le pouvoir et la volonté de relancer la création des entreprises. », a dit en substance Ségolène Royal dans cette interview dans Le 19/20 national sur France 3, interrogée par Marie-Sophie Lacarrau, répondant ainsi à la règle de papier de Nicolas Sarkozy, que ce dernier ose appeler « la règle d’or », mais qu’il n’applique même pas à lui-même puisqu‘elle ne prendra effet qu’en … 2013 !

 Autre thème abordé : le rassemblement républicain, nécessaire, de l’extrême gauche aux gaullistes, en commençant, bien sûr, par les socialistes, la gauche, puis les écologistes :

« Nous aurons à faire un travail aussi fort que ce qui a été fait après la guerre pour reconstruire la France. […] Sur la base de principes clairs. […] C’est la défense de la Sécurité sociale, c’est la défense de l’Education nationale, c’est la défense de la sécurité. »

Mais le ton de cette interview a été parfois désagréable, avec une animatrice qui a pris une posture où elle mettait en doute la crédibilité de la candidate et faisait mine de défendre les thèses de la droite sarkozyste contre celles du PS :

« Pourquoi ce déclin ? » « Est-ce qu’on peut, comme le PS, promettre aux Français que l’on va revenir à la retraite à 60 ans ? » « Est-ce bien sérieux ? » « Est-ce que vous êtes d’accord avec Nicolas Sarkozy pour dire que sur ce sujet, il faut dépasser les clivages partisans ? »

 

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La journaliste du reportage, elle non-plus, n’a pu s’empêcher de polémiquer : « [Ségolène Royal] prend un malin plaisir à brouiller les clivages droite/gauche : ordre, drapeau, nation. ».

Comme si ces symboles étaient l’apanage de la seule droite ! Mais le drapeau et la nation appartiennent à tous les Français, et tous les Français aspirent à l’ordre, à un ordre juste et efficace, plus exactement, ‘l’ordre’ de Nicolas Sarkozy étant particulièrement injuste et inefficace.

Ou encore cet avis personnel de Carole Pujol, livré comme une vérité absolue, sans aucune référence : « Elle ne fait plus figure de favorite ».

Ségolène Royal répondra : « Eh bien, c’est ce que nous verrons dans les urnes. »

Stéphane Rozès réussira l’exploit de celui qui dit le plus de contrevérités en le moins de temps possible :

-« pas toujours dans la constance », alors que Ségolène Royal, justement, comme le disait Jean-Louis Bianco récemment, a gardé les mêmes convictions, les mêmes valeurs depuis ses années auprès de François Mitterrand, il y a plus de 20 ans ;

-« plus été dans la critique que dans la résolution », alors qu’elle est la candidate des solutions efficaces, comme elle l’a prouvé encore et encore depuis 2004 dans sa Région ;

-« plus une femme franc-tireur qu’une personnalité en capacité de rassembler autour d’elle », alors qu’en 2007 Ségolène Royal a rassemblé 17 millions de Français au second tour, mieux que François Mitterrand, en fait le record de la gauche sous la Vème République ; et qu’en 2010 elle a démontré qu’elle était la seule à pouvoir rassembler  jusqu’au centristes humanistes, en passant par la gauche et les écologistes d’abord, dès le premier tour des élections régionales, où elle a été réélue au second tour avec 61% des voix, donc bien au-delà de la seule gauche et a fortiori au-delà du seul PS.

Bref, on retiendra surtout de cette interview la « règle d’argent » proposée par Ségolène Royal, basée sur l’équité fiscale, face à la « règle d’or » de Sarkozy, basée sur du papier qui n’engagera que celle ou celui qui lui succédera à la présidence de la République.

Frédérick Moulin

 

S. Royal "Je propose une règle d'argent, c'est... par segolene-royal

 

 

Transcription par Militants de l’Espoir À Gauche avec Ségolène Royal/ F.M.

Marie-Sophie Lacarrau : […] les chiffres du chômage, nouvelle hausse, +1,3% au mois de juin, soit 33 600 demandeurs d’emploi supplémentaires, ils sont aujourd’hui en France 2 720 400.

À 19h30, Ségolène Royal sera notre invitée. La candidate à la primaire socialiste nous en dira plus sur sa stratégie, son programme, et son retard dans les sondages.

-oOo-

Marie-Sophie Lacarrau : après Martine Aubry et François Hollande, Ségolène Royal, elle aussi candidate à la primaire socialiste, est ce soir notre invitée. Bonsoir.

Ségolène Royal : bonsoir.

Marie-Sophie Lacarrau : merci d’être sur notre plateau. Avant de commencer cette interview, voyons ce reportage qui revient sur votre précédente campagne de 2007 et sur votre actualité depuis, c’est un reportage signé Carole Pujol

-oOo-

Elle est celle qui fait toujours parler d’elle. En 2011, comme en 2007, Ségolène Royal sait attirer tous les regards, quitte à agacer.

 

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Ségolène Royal : (Acclamations, applaudissements, sifflets, huées) il faut nous soigner, de toutes ces petites, des toutes ces petites et grandes blessures.

Dans son propre camp, elle divise, mais chacun s’accorde sur un point : Ségolène Royal ose et ne lâche jamais rien.

 

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Elle cultive sa singularité, prend un malin plaisir à brouiller les clivages droite/gauche : ordre, drapeau, nation, elle n’hésite pas à prendre le PS à rebrousse-poil. (La Marseillaise)

Parmi ses fidèles, cette audace séduit toujours.

 

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Dominique Bertinotti : j’aime beaucoup cette capacité à être dans ce que j’appelle le non-conformisme, et le fait de s’emparer de sujets, y compris qui ont pu être des sujets dérangeants pour la gauche, mais qui sont des sujets qui concernent les citoyens. (Phrase coupée au montage)

 

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En 2007, au second tour, Ségolène Royal avait rassemblé 17 millions d’électeurs : un atout face aux autres prétendants socialistes

Mais 4 ans après son face à face avec Nicolas Sarkozy, elle ne fait plus figure de favorite.

 

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Stéphane Rozès : la difficulté pour Ségolène Royal, c’est plus, peut-être, sa personnalité, sa façon d’être et sa façon de faire, qui n’a pas toujours été dans la constance, qui a plus été dans la critique que dans la résolution, plus dans l’idée que c’était une femme franc-tireur qu’une personnalité en capacité de rassembler autour d’elle.

À deux mois des primaires socialistes, rien n’est encore joué, surtout pour une Ségolène Royal, qui même perdante, ne s’avoue jamais vaincue.

 

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Marie-Sophie Lacarrau : alors Ségolène Royal, favorite en 2007, outsider en 2012, pourquoi ce déclin ?

 

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"Eh bien, c’est ce que nous verrons dans les urnes. Moi je suis candidate pour apporter des solutions efficaces et concrètes aux problèmes qui se posent aujourd’hui"

Ségolène Royal : eh bien, c’est ce que nous verrons dans les urnes, attendons de voir ce que les Français vont choisir. Moi je suis candidate pour apporter des solutions efficaces et concrètes aux problèmes qui se posent aujourd’hui.

 

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"Je voudrais m’adresser à tous les Français, tous les Français qui ont perdu et qui ont peur de perdre, pour leur dire que ce n’est pas une fatalité, et que nous pouvons, ensemble, ouvrir un autre avenir"

Vous l’avez dit tout à l’heure, le chômage vient d’augmenter, et la dette se creuse, le déficit se creuse, et je voudrais m’adresser à tous les Français, tous les Français qui ont perdu et qui ont peur de perdre, pour leur dire que ce n’est pas une fatalité, et que nous pouvons, ensemble, ouvrir un autre avenir.

Marie-Sophie Lacarrau : mais dans le contexte de crise, justement, que l’on connaît, est-ce qu’on peut, comme le PS, promettre aux Français que l’on va revenir à la retraite à 60 ans, que l’on va créer 300 000 emplois jeunes, que l’on va en finir avec la réduction du nombre de fonctionnaires ?

Ségolène Royal : ce que l’on peut promettre aux Français, c’est qu’ils auront le droit de reprendre leur vie en main.

Les Français en ont assez de subir une mauvaise politique et une mauvaise gouvernance. Vous savez, depuis que Nicolas Sarkozy est élu, le déficit a doublé, il est passé de 50 milliards à 100 milliards. Ça veut dire que de mauvais choix ont été faits.

 

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"Moi je propose qu’un euro dépensé soit un euro utile, et que chaque fois qu’il y a une dépense nouvelle, elle soit gagée par une économie"

Moi je propose qu’un euro dépensé soit un euro utile, et que chaque fois qu’il y a une dépense nouvelle, elle soit gagée par une économie.

Moi je veux que l’on puisse lutter contre la fraude fiscale. C’est 50 milliards d’euros.

 

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"Moi je veux qu’il y a ait de l’équité fiscale. Est-ce que vous trouvez équitable que les entreprises du CAC 40, qui gagnent beaucoup d’argent, et qui ont augmenté la rémunération de leurs dirigeants de plus de 25%, ne payent quasiment pas d’impôt en France ?"

Moi je veux qu’il y a ait de l’équité fiscale. Est-ce que vous trouvez équitable, par exemple, que les entreprises du CAC 40, qui gagnent beaucoup d’argent, et qui ont augmenté la rémunération de leurs dirigeants de plus de 25%, ne payent quasiment pas d’impôt en France, alors que toutes les PME, les artisans, les commerçants, qui créent les emplois, qui se battent tous les jours pour  survivre, eux, payent plus de 30% d’impôt ? Est-ce que c’est équitable ?

Non, ça ne l’est pas, et moi je changerai cela pour donner aux entreprises les moyens d’investir, d’innover, de créer, d’aller de l’avant, et donc pour que la France retrouve un avenir et que les gens retrouvent confiance dans leur avenir, et que les jeunes trouvent un emploi, voilà ce que je propose.

Marie-Sophie Lacarrau : et pour faire tout cela, votre stratégie, c’est de rassembler, de l’extrême gauche jusqu’aux gaullistes, est-ce bien sérieux ?

Ségolène Royal, immédiatement : mais oui. Parce que tous ceux qui veulent que ça change doivent se rassembler. Tous ceux qui aiment la France et qui ne la reconnaissent pas dans ce qu’elle est devenue aujourd’hui doivent se rassembler. Et c’est pour ça…

Marie-Sophie Lacarrau, lui coupant la parole : Dominique de Villepin vous répondait ce matin, hein, répondait à cet appel et à celui de Manuel Valls, qui vous suit sur cette ligne, il répondait qu’il ne faut pas brouiller les pistes ?

 

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"Il ne faut pas brouiller les pistes, en effet, il faut être très clair. Et moi je suis très claire"

Ségolène Royal, répondant au fur et à mesure, puis globalement : … oui … bien sûr … mais il ne faut pas brouiller les pistes, en effet, il faut être très clair. Et moi je suis très claire.

Je pense aujourd’hui qu’il y aura un effort considérable à faire, et la garantie que j’apporte aux Français, c’est que cet effort sera réparti avec équité.

Nous aurons à faire un travail aussi fort que ce qui a été fait après la guerre pour reconstruire la France. Après la guerre, les communistes se sont alliés aux gaullistes du général de Gaulle. Sur quoi ? Sur la base de principes clairs.

Quels sont ces principes ? C’est la défense de la Sécurité sociale, c’est la défense de l’Education nationale, c’est la défense de la sécurité, c’est la défense de la Sécurité sociale, tout ce qui a reculé, là, depuis quelques années, parce que tout a été affaibli, parce que nous sommes entre de mauvaises mains.

Marie-Sophie Lacarrau : il nous reste peu de temps j’aimerais revenir sur cette question du poids de la dette publique, ça sera évidemment un thème de campagne…

Ségolène Royal : bien sûr.

Marie-Sophie Lacarrau : … un thème majeur …

Ségolène Royal : bien sûr.

Marie-Sophie Lacarrau : … jusqu’à présent, on ne vous a guère entendue sur le sujet, est-ce que vous êtes d’accord, très rapidement s’il vous plaît, avec Nicolas Sarkozy pour dire que sur ce sujet, eh bien il faut dépasser les clivages partisans ?

Ségolène Royal : bien sûr, mais pourquoi en fin de mandat ? Est-ce que vous trouvez honnête que Nicolas Sarkozy propose, là, à quelques mois de la fin de son bail, alors qu’il a doublé [le déficit], il est passé de 50 à 100 milliards, est-ce que vous trouvez normal qu’il propose une règle qui ne vaudra même pas pour lui, pour 2012, puisqu’il la propose pour 2013 ?

 

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"Donc moi je propose une règle d’argent. Qu’est-ce que c’est que cette règle d’argent ? C’est la justice fiscale, et c’est le fait de faire rentrer dans les caisses des recettes fiscales parce qu’on aura le pouvoir et la volonté de relancer la création des entreprises"

Il aurait fallu qu’il la propose en 2007, cela l’aurait empêché de prendre des mauvaises décisions, il n’aurait pas fait le bouclier fiscal pour les plus riches, il n’aurait pas allégé l’impôt de solidarité sur la fortune, donc moi je propose une règle d’argent. Qu’est-ce que c’est que cette règle d’argent ? C’est la justice fiscale, et c’est le fait de faire rentrer dans les caisses des recettes fiscales parce qu’on aura le pouvoir et la volonté de relancer la création des entreprises.

Marie-Sophie Lacarrau : merci beaucoup, Ségolène Royal, d’avoir accepté notre invitation ce soir…

Ségolène Royal : merci à vous.

Marie-Sophie Lacarrau : … merci à vous.

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27 juillet 2011 3 27 /07 /juillet /2011 16:49

 

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(@Razak)

"Qu’est-ce que vous voulez dire par ‘collusion entre les banques et Nicolas Sarkozy’ ?", a demandé la journaliste. "Vous le savez bien, c’est les visiteurs du soir, les dirigeants du système bancaire. Est-ce que vous avez vu une seule décision, en France, imposée au système bancaire ? On a renfloué les banques, et l’Etat n’est même pas rentré au capital des banques. Donc oui, il y a une collusion, entre le système financier et le système bancaire, et les dirigeants actuels du pays, on le sait. Ils ne se laisseront rien imposer",  a analysé Ségolène Royal dans cette dernière partie de la conférence de presse qu’elle a tenue à Solferino vendredi.

La candidate est partie d’un triple constat pour arriver à cette conclusion :

-d’abord, Ségolène Royal constate que dans la crise de l’euro, le couple franco-allemand tirait à hue et à dia, Nicolas Sarkozy ayant clairement choisi le camps des banques et du pouvoir financier : « on sent deux dirigeants qui ont d’ailleurs divergé, pendant de longues semaines ». Pourquoi ont-ils divergé ? À cause de la contribution des banques à la dette grecque, Angela Merkel étant pour au nom du principe de responsabilité, Nicolas Sarkozy contre :

« Vous aviez le président français qui ne voulait pas en entendre parler, sans doute parce qu’il est très proche, en France, du système bancaire, et qu’il y a une vraie collusion en France entre, malheureusement, le système politique et le système financier. »

-ensuite, Ségolène Royal démontre que, au sujet des réformes structurelles de l’Europe, sur la table depuis 2008, Nicolas Sarkozy n’a pas eu « l’ombre du début d’une discussion technique sur le sujet. Rien ! » :

« Et pourquoi ça ne se fait pas ? Parce que ce sont des décisions courageuses qu’il faut prendre. Il faut tenir tête au système bancaire, et on sait que dans certains pays, comme en France, il y a une collusion entre les dirigeants des banques et le pouvoir sarkozyste. Et donc rien ne leur sera imposé, surtout juste avant les échéances électorales. Et ça, ce n’est pas acceptable, parce que c’est un manque de vision à long terme. »

-enfin, Ségolène Royal pointe la réforme des tarifications bancaires, notamment celles qui sont « irrégulières », sans cesse promise par Christine Lagarde, et jamais réalisée, et l’absence de sanction prise alors même qu’a été publié un « rapport européen pour dire qu’il y avait une entente illégale » sur les retraits d’espèces faits à l’étranger notamment :

« Pourquoi est-ce qu’on ne leur demande pas de rembourser ? À tous ceux à qui ils ont pris de l’argent de façon irrégulière ? […] Non, ni vu ni connu. C’est juste une déclaration d’intention des banques : « Oui, oui, on va être sages maintenant, on va obéir à la réglementation. ». Aucune sanction, alors que les plus-values ont été fixées.

Voilà un exemple très concret qui permettrait à l’Etat de reprendre les centaines de millions d’euros qui ont été indûment perçus par les banques. […] On pourrait en faire quelque chose de cet argent. Eh bien non. Rien ne se passe. Donc j’en déduis en effet qu’il y a une collusion entre le pouvoir bancaire et le pouvoir politique. »

 

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Et Ségolène Royal d’en tirer la conclusion logique : comme il y a collusion entre le système bancaire et financier d’une part et le pouvoir sarkozyste d’autre part, qui implique une soumission du pouvoir politique, et donc de l’économie réelle, au pouvoir financier des banques et des fonds de pension, il faut qu’avec le changement en 2012, le pouvoir politique en Europe, les dirigeants politiques européens puissent « décider ensemble que la puissance financière sera assujettie au pouvoir politique ».

Comment ? En mettant en place un fonds souverain européen, une source de financement enfin indépendante des banques, qui actuellement financent la dette de la Grèce. Et de dévoiler son projet, articulé et réfléchi, très cohérent financièrement :

« L’Europe n’a aucune dette, elle a donc une capacité d’emprunt, à des taux d’emprunt très bas, sans dépendre du système financier. […]

Le fonds souverain, on l’alimente soit par une taxe sur les banques, par exemple, soit par une capacité d’emprunt, les eurobonds. Donc si le fonds souverain, si l’Europe décide d’émettre des eurobonds, vous savez très bien que ce serait extrêmement rapide, pratique et efficace. Tout le monde les réclame, ces eurobonds. […] Et la taxe sur les banques, elle pourrait être prise sur la base des profits bancaires, puisque les banques font des profits sur la dette ! […] Il y a cette taxe sur les transactions financières, ou la taxe sur les profits bancaires. L’une n’est pas exclusive de l’autre. Ça prouve qu’il y a même plusieurs possibilités de cofinancement du fonds souverain. […]

Pourquoi ce n’est pas fait ? Parce qu’il n’y a pas un ministre commun de l’Economie et des Finances. […] Donc ce qui est incompréhensible, c’est que ce problème-là qui est posé sur la table depuis 2008 n’ait pas reçu l’ombre du début d’une discussion technique sur le sujet. Rien ! C’est pour ça que je demande que les chefs d’Etat et de gouvernement se réunissent cet été, pour qu’à la rentrée ce problème soit réglé. »

Frédérick Moulin

 

<span style="font-size: 12pt; font-family: 'times new roman', times;" _mce_style="font-size: 12pt; font-family: 'times new roman', times;"><span style="font-size: 12pt; font-family: 'times new roman', times;" _mce_style="font-size: 12pt; font-family: 'times new roman', times;"><span style="font-size: 12pt; font-family: 'times new roman', times;" _mce_style="font-size: 12pt; font-family: 'times new roman', times;"><span style="font-size: 12pt; font-family: 'times new roman', times;" _mce_style="font-size: 12pt; font-family: 'times new roman', times;"><br> <span style="font-size: 10pt;" _mce_style="font-size: 10pt;"><a href="http://www.dailymotion.com/video/xk2mqk_conf-de-presse-integrale-sortir-durablement-l-europe-de-la-crise_news" _mce_href="http://www.dailymotion.com/video/xk2mqk_conf-de-presse-integrale-sortir-durablement-l-europe-de-la-crise_news" target="_blank">Conf. de Presse intégrale : sortir durablement...</a> <em>par <a href="http://www.dailymotion.com/segolene-royal" _mce_href="http://www.dailymotion.com/segolene-royal" target="_blank">segolene-royal</a></em></span></span></span></span></span>

Conf. de Presse intégrale : sortir durablement... par segolene-royal

 


Transcription par Militants de l’Espoir À Gauche avec Ségolène Royal / F.M.

Une journaliste : alors moi je voulais juste revenir, pardon, sur l’Union Européenne. Vous avez insisté sur le couple franco-allemand. Est-ce que pour vous ça veut dire que ce couple-là ne fonctionne pas, et que le couple Sarkozy-Merkel aurait freiné, quelque part, des décisions qui auraient pu être prises avant ?

Ségolène Royal : oui, je pense que ce couple ne fonctionne pas suffisamment. Il ne fonctionne pas aussi bien en tout cas que fonctionnait le couple Mitterrand-Kohl – et les couples précédents d’ailleurs, que ce soit Giscard-Schmidt, ou de Gaulle-Adenauer – on avait là un couple franco-allemand qui avait la capacité de voir loin, et de passer au-dessus des échéances électorales.

Là, on sent deux dirigeants qui sont pris par leurs échéances électorales, et qui ont d’ailleurs divergé, pendant de longues semaines, puisque d’un côté, vous avez Angela Merkel qui était favorable, au nom du principe de responsabilité, à l’intervention des banques dans la contribution à la dette grecque, et de l’autre côté, vous aviez le président français qui ne voulait pas en entendre parler, sans doute parce qu’il est très proche, en France, du système bancaire, et qu’il y a une vraie collusion en France entre, malheureusement, le système politique et le système financier, qui ne voulait pas en entendre parler, et qui avançait plutôt l’idée de solidarité, un peu floue d’ailleurs, entre tous les Etats pour contribuer à la dette grecque.

Et donc, dès lors qu’il y a une divergence de points de vue, et que ces deux dirigeants ne font pas un effort pour faire converger leurs vues, les autres pays européens sont déstabilisés.

Donc, c’est pourquoi la convergence de point de vue entre la France et l’Allemagne est si cruciale, c’est parce que s’il y a une solidité dans le couple franco-allemand, et c’est pour ça que je propose, depuis longtemps d’ailleurs, un ministère commun de l’Economie et des Finances entre la France et l’Allemagne qui sera capable de porter, au nom des deux pays, une cohérence dans la gestion économique et financière de l’Europe.

Mais dès lors que jusqu’au dernier moment, jusqu’à hier, il y avait des divergences entre le président français et la chancelière allemande, à ce moment-là, c’était très difficile de sortir quelque chose de cohérent.

Et d’ailleurs on est dans un entre-deux, dans les décisions qui sont prises. On a une vague intervention des banques sans qu’il y ait de taxation des banques, on ne sait pas comment ce principe d’intervention des banques, qui a dû être mis dans le communiqué pour faire plaisir à Angela Merkel, mais de façon suffisamment floue pour ne pas faire un déplaisir à Nicolas Sarkozy, on voit bien qu’on est dans un entre-deux.

 

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"Quand on n’est pas dans la puissance politique d’une décision claire, ferme, alors on va être dans la relance de la spéculation financière, et c’est ce qui se passe dès aujourd’hui"

Et quand on n’est pas dans la puissance politique d’une décision claire, ferme, qui donne un signe fort à tous les opérateurs financiers, alors on va être dans la relance de la spéculation financière, et c’est ce qui se passe dès aujourd’hui.

 

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"Dès lors que les opérateurs financiers, les banques et les fonds de pension, sentent qu’il y a une faille entre les dirigeants politiques, qui ne sont pas comme ça, bien serrés, main dans la main, pour décider ensemble que la puissance financière sera assujettie au pouvoir politique, alors c’est un signe de retour à la puissance financière"

Dès lors que les opérateurs financiers, les banques et les fonds de pension, sentent qu’il y a une faille entre les dirigeants politiques, qui ne sont pas comme ça, bien serrés, main dans la main, pour décider ensemble que la puissance financière sera assujettie au pouvoir politique, alors c’est un signe de retour à la puissance financière, qui va imposer une nouvelle fois ses vues aux responsables politiques, et donc à l’économie réelle.

Et donc, une fois de plus, ça va se faire aux dépens des citoyens, et parmi eux les plus modestes et les catégories moyennes.

Puisque dès lors que les banques ne participent pas très clairement et très fortement à la gestion de la dette, et qu’on leur donne une nouvelle fois une liberté de manœuvre quant à la spéculation sur la dette, ils spéculent même sur les assurances sur la dette, vous imaginez, avec des taux d’intérêt de 15%. Et ça, ça n’a pas été arrêté ? Mais ça va recommencer !

 

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"Et ça, ça n’a pas été arrêté ? Mais ça va recommencer ! Donc tant que vous n’avez pas la mise en place d’un fonds souverain, avec la capacité pour l’Europe d’emprunter elle-même ..."

Donc tant que vous n’avez pas la mise en place d’un fonds souverain, avec la capacité pour l’Europe d’emprunter elle-même, l’Europe n’a aucune dette, elle a donc une capacité d’emprunt, à des taux d’emprunt très bas, sans dépendre du système financier.

Pourquoi est-ce que ça ne se fait pas ? Pourquoi est-ce que ça ne se fait pas, pourquoi il n’y a pas le courage politique de faire ça, et de tenir tête, à un moment, au système bancaire ? Que les Etats et le contribuable ont renfloué, quand même, je le rappelle.

 

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"Il y a donc un déséquilibre, il n’y a pas de symétrie dans ces règles financières. Et c’est là où ça ne va pas"

S’il y a un krach financier, ce sont l’Etat et les contribuables qui vont renflouer. Et s’il y a des profits financiers, ce sont les banques qui empochent les profits financiers, aux dépens des Etats, et donc des peuples qui habitent les pays européens. Il y a donc un déséquilibre, il n’y a pas de symétrie dans ces règles financières. Et c’est là où ça ne va pas.

 Et pourquoi ça ne se fait pas ? Parce que ce sont des décisions courageuses qu’il faut prendre. Il faut tenir tête au système bancaire, et on sait que dans certains pays, comme en France, il y a une collusion entre les dirigeants des banques et le pouvoir sarkozyste. Et donc rien ne leur sera imposé, surtout juste avant les échéances électorales. Et ça, ce n’est pas acceptable, parce que c’est un manque de vision à long terme, et quand on est président de la République, on est responsable non seulement d’un pays sur les 5 années, mais on est responsable de ce qu’on installe, structurellement, pour assurer un avenir du pays au-delà des échéances électorales.

 

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"En France, il y a une collusion entre les dirigeants des banques et le pouvoir sarkozyste. [...] Quand on est président de la République, on est responsable non seulement d’un pays sur les 5 années, mais on est responsable de ce qu’on installe, structurellement, pour assurer un avenir du pays au-delà des échéances électorales"

Un journaliste : le fonds souverain, vous l’alimentez comment ?

Ségolène Royal : le fonds souverain, on l’alimente soit par une taxe sur les banques, par exemple, soit par une capacité d’emprunt, les eurobonds.

 

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"Le fonds souverain, on l’alimente soit par une taxe sur les banques, par exemple, soit par une capacité d’emprunt, les eurobonds"

Donc si le fonds souverain, si l’Europe décide d’émettre des eurobonds, vous savez très bien que ce serait extrêmement rapide, pratique et efficace. Tout le monde les réclame, ces eurobonds.

Le journaliste : et la dette ?

Ségolène Royal, sans s’arrêter : on en entend parler depuis 2008, donc tout le monde les réclame ces eurobonds. Pourquoi est-ce que ça n’est pas mis en place ?

Parce que ça consisterait à retirer aux banques une forme de pouvoir, puisqu’aujourd’hui ce sont elles qui financent la dette grecque. (Silence)

Et la taxe sur les banques, elle pourrait être prise sur la base des profits bancaires, puisque les banques font des profits sur la dette !

Le journaliste : sur les banques européennes ?

Ségolène Royal : sur l’ensemble des banques européennes, oui bien sûr …

Le journaliste : de combien ?

Ségolène Royal, sans s’arrêter : … il pourrait y avoir un pool bancaire. Ça, ça reste à discuter, mais en fonction des profits bancaires qu’elles ont fait, y compris en spéculant, y compris en spéculant sur la dette grecque, il peut y avoir un prélèvement.

 

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"Mais, votre question prouve même, est la démonstration que le sujet n’a même pas été abordé"

Mais, votre question prouve même, est la démonstration que le sujet n’a même pas été abordé. Parce que si le sujet avait été abordé, la question du taux que vous posez, elle aurait pu être discutée, en concertation avec les banques, on les rassemble, on leur dit : « Voilà ce qu’on imagine, ce qu’on a l’intention de faire, et voilà le taux, nous, chefs d’Etat et de gouvernement. ».

Pourquoi ce n’est pas fait ? Parce qu’il n’y a pas un ministre commun de l’Economie et des Finances. C’est le rôle d’un ministre commun de l’Economie et des Finances de voir qu’est-ce que l’Europe peut lever en terme d’eurobonds, quels sont les emprunt directs que l’Europe peut faire, qui ne seront donc pas soumis à a spéculation financière, et qui seront avec des taux d’intérêt très, très inférieurs à ceux du marché, premièrement.

Et deuxièmement, s’il y a besoin d’une taxe complémentaire sur les banques, eh bien alors à ce moment-là ça pourra être décidé, et alimenter ce fonds souverain. C’est très simple.

Le journaliste : et c’est une taxe sur les banques, qu’une taxe sur les transactions financières, comme le principe en a été adopté au Parlement européen, et puis ensuite …

Ségolène Royal, l’interrompant : il y a deux choses, parce que la taxe sur les transactions financières, c’est autre chose, ce n’est pas pour financer la dette grecque.

Le journaliste : ça pourrait. Ça pourrait alimenter le fonds souverain.

Ségolène Royal : c’est pour alimenter le fonds souverain, pour alimenter les fonds de relance, mais ce n’est pas pour [financer] la dette grecque.

Donc effectivement, il y a cette taxe sur les transactions financières, ou la taxe sur les profits bancaires. L’une n’est pas exclusive de l’autre. Ça prouve qu’il y a même plusieurs possibilités de cofinancement du fonds souverain.

 

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"Donc ce qui est incompréhensible, c’est que ce problème-là qui est posé sur la table depuis 2008 n’ait pas reçu l’ombre du début d’une discussion technique sur le sujet. Rien ! C’est pour ça que je demande que les chefs d’Etat et de gouvernement se réunissent cet été, pour qu’à la rentrée ce problème soit réglé"

Donc ce qui est incompréhensible, c’est que ce problème-là qui est posé sur la table depuis 2008 n’ait pas reçu l’ombre du début d’une discussion technique sur le sujet. Rien ! C’est pour ça que je demande que les chefs d’Etat et de gouvernement se réunissent cet été, pour qu’à la rentrée ce problème soit réglé.

(Blanc)

Une journaliste : qu’est-ce que vous voulez dire par ‘collusion entre les banques et Nicolas Sarkozy’ ?

Ségolène Royal : oh, je n’ai rien à ajouter, vous le savez bien, c’est les visiteurs du soir, les dirigeants du système bancaire.

 

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"Est-ce que vous avez vu une seule décision, en France, imposée au système bancaire ?"

Est-ce que vous avez vu une seule décision, en France, imposée au système bancaire ?

On a renfloué les banques, et l’Etat n’est même pas rentré au capital des banques. Donc oui, il y a une collusion, entre le système financier et le système bancaire, et les dirigeants actuels du pays, on le sait. Ils ne se laisseront rien imposer.

Comment est-ce qu’ils font ? Je vais vous dire, moi, comment est-ce qu’ils font pour ne se laisser rien imposer. Souvent, c’est un chantage aux licenciements.

Même la réforme des tarifications bancaires n’a pas été faite. Vous avez vu qu’il a fallu un rapport européen pour montrer qu’il y avait une collusion entre les banques sur les tarifs adoptés par les banques pour les retraits en argent liquide aux distributeurs de billets, vous avez vu ça, qu’il y a des prélèvements qui sont totalement illégaux, et qui relèvent de l’entente irrégulière entre systèmes bancaires ? On le sait.

 

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"Vous avez vu ça, qu’il y a des prélèvements qui sont totalement illégaux, et qui relèvent de l’entente irrégulière entre systèmes bancaires ? On le sait. Christine Lagarde, ministre de l’Economie et des Finances, lorsqu’elle était encore à ce poste, avait, mais je ne sais pas, des dizaines de fois lancé qu’elle allait faire la réforme de la tarification bancaire"

Christine Lagarde, ministre de l’Economie et des Finances, lorsqu’elle était encore à ce poste, avait, mais je ne sais pas, des dizaines de fois lancé qu’elle allait faire la réforme de la tarification bancaire, et notamment des abus des tarifications bancaires, et notamment des abus sur les retraits financiers, vous avez vu, vous êtes à l’étranger, vous retirez de l’argent, vous payez un euro à chaque fois. C’est des sommes d’argent considérables.

Et on apprend – on le savait ! – il a fallu un rapport européen pour dire qu’il y avait une entente illégale. Et tout de suite les banques ont dit : « Bon, bon, on va changer, on va changer nos tarifs. ». Sauf qu’entre temps, ils ont quand même prélevé, sur tous les consommateurs.

Pourquoi est-ce qu’on ne leur demande pas de rembourser ? À tous ceux à qui ils ont pris de l’argent de façon irrégulière ? Pourquoi tous ceux qui ont retiré de l’argent aux bornes de distribution d’argent liquide et qui se sont fait illégalement taxer ne se font pas recréditer de tout ce qu’ils ont payé de façon illégale ?

 

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"Pourquoi est-ce qu’on ne leur demande pas de rembourser ?"

Non, ni vu ni connu. C’est juste une déclaration d’intention des banques : « Oui, oui, on va être sages maintenant, on va obéir à la réglementation. ». Aucune sanction, alors que les plus-values ont été fixées.

C’est déjà pas mal, tiens, donc, ne serait-ce que, (se tournant vers le journaliste précédent) pour répondre à votre question, que de reprendre aux banques toutes les plus-values irrégulières qu’elles ont faites sur les tarifications bancaires irrégulières que les Français ont supportées. Pas seulement les Français d’ailleurs, tous les citoyens européens. À cause d’une entente illégale entre les banques.

Où est la décision ? Où est la décision autoritaire qui devrait être prise, puisqu’ils sont infraction par rapport à la réglementation et il ne se passe rien, il n’y a aucune sanction ? Pourquoi les droits et les devoirs s’imposeraient à tous, sauf aux banques ?

Voilà un exemple très concret qui permettrait à l’Etat de reprendre les centaines de millions d’euros qui ont été indûment perçus par les banques. Et qu’on pourrait reverser, tenez, je ne sais pas, moi, à un fonds de mutation énergétique, à un fonds pour le logement des Français, etc. On pourrait en faire quelque chose de cet argent. Eh bien non. Rien ne se passe. Donc j’en déduis en effet qu’il y a une collusion entre le pouvoir bancaire et le pouvoir politique.

(Flashes)

(Souriante) Voilà. Merci beaucoup.

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27 juillet 2011 3 27 /07 /juillet /2011 14:25

5401_8fe8384dd0e0cecdf3d3f04608cecb91-1-.jpgDepuis quatre ans au pouvoir en France, Nicolas Sarkozy n’a pas cessé de creuser la dette publique.

Les données pour rappel :

2007 : 1218 milliards de dette soit 65,9 % du PIB
2008 : 1327 milliards de dette soit 68,1 % du PIB
2009 : 1489 milliards de dette soit 77,6% du PIB
2010 : 1591 milliards de dette soit 81,7 % du PIB

C’est un échec cuisant de la politique menée par l’actuel locataire de l’Elysée.

 

Mais celui-ci ne manque pas d’air et propose aujourd’hui d’inscrire en « règle d’or » dans la constitution la question de l’équilibre budgétaire. Il a besoin pour cela des voix de parlementaires de l’opposition pour obtenir les 2/3 des voix. Pour obtenir leur soutien, Nicolas Sarkozy leur a adressé une lettre dans laquelle il évoque une politique « exemplaire dans la remise en ordre » des comptes publics, c’est-à-dire l’inverse de la politique qu’il a menée jusqu’ici. 

 

Quels seront les parlementaires de gauche qui vont se laisser berner par le stratagème de Nicolas Sarkozy ?

 

Un stratagème pour camoufler l’échec d’une politique :

 

Depuis 2007 Nicolas Sarkozy a choisi de réduire les recettes de l’Etat avec la baisse des prélèvements pour les plus riches, c’était le bouclier fiscal. Pour compenser la baisse des recettes, Nicolas Sarkozy proposait de réduire les dépenses par un désengagement de l’Etat.

Les résultats de cette politique sont catastrophiques à deux niveaux :

- la dette a explosé

- l’Etat n’a pas engagé les politiques nécessaires pour dynamiser l’économie française, contrairement à l’Allemagne, et permettre ainsi de faire rentrer plus de recettes.

 

C’est la politique inverse que proposait d’engager la candidate de la gauche, Ségolène Royal, en 2007.

- Elle avait fait de la question de la dette un thème de sa campagne provoquant des attaques dans son propre camp, notamment de l’aile gauche du PS qui soutient aujourd’hui la candidature de Martine Aubry. Malgré cette opposition interne, la candidate socialiste a tenu bon, expliquant qu’une mauvaise gestion des fonds publics se retourne inévitablement vers les catégories les plus fragiles. 

La proposition de Martine Aubry d’accroître le budget de la culture a ravivé dernièrement les tensions internes au PS sur ce sujet provoquant les foudres des partisans de Hollande et le malaise des soutiens strauss-kahniens.

- Mais parallèlement à cette volonté de maîtrise du budget de l’Etat, Ségolène Royal refuse tout désengagement de l’Etat, considérant qu’il faut au contraire un Etat plus volontaire pour soutenir l’innovation et mener la mutation écologique. En développant les nouvelles activités, l’Etat sera gagnant grâce à l’augmentation des recettes.

C’est cette politique qu’elle a suivie dans sa région. En rééquilibrant les dépenses régionales, Ségolène Royal a pu engager des politiques nouvelles, encourager l’innovation, sans alourdir les impôts.

 

Finalement, la question politique à l’ordre du jour est simple : les Françaises et les Français vont-ils à nouveau se laisser bercer par les illusions de Nicolas Sarkozy et son «  travailler plus pour gagner plus », vont-ils se laisser berner par une campagne de désinformation, ou vont-ils écouter avec plus d’attention les propositions de la candidate socialiste Ségolène Royal ? C’est tout l’enjeu de cette campagne des Primaires, Ségolène Royal doit convaincre pour engager une nouvelle politique.

 

Philippe Allard

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