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19 février 2010 5 19 /02 /février /2010 21:21

Ségolène Royal à la "Une" de la Presse nationale pour une campagne régionale.

A mots couverts, la presse relève son sens politique et sa force de conviction en réussissant à réunir sur une même liste des sensibilités différentes pour travailler ensemble sur la région.

Même le Figaro s'en mêle en  titrant  "Ségolène Royal montre le chemin de l'ouverture"

A lire dans le Figaro, de notre envoyé spécial à Marçay, Nicolas Barotte

Candidate à sa propre succession à la tête de la région Poitou-Charentes, Ségolène Royale a choisi une chèvrerie de Marçay pour présenter ses colistiers.
Candidate à sa propre succession à la tête de la région Poitou-Charentes, Ségolène Royale a choisi une chèvrerie de Marçay pour présenter ses colistiers.

Parmi les colistiers de la présidente PS de Poitou-Charentes, dix-sept n'appartiennent pas au Parti socialiste.

Quelques uns ne sont pas à l'aise sur le chemin boueux. Ils n'étaient pas préparés, cela se voit. «Ils sont en costume cravate», sourit-on autour de Ségolène Royal. Pour présenter ses colistiers pour les élections régionales, la présidente PS de Poitou-Charentes a choisi une chèvrerie écologique de Marçay, non loin de Poitiers. La décision a été prise à la dernière minute et ce sont les pieds dans la glaise que les candidats ont posé pour la photo.

«J'ai choisi ce lieu parce qu'il est à l'image de notre bilan et de notre ambition pour la région, dit-elle à son arrivée. La région a notamment financé l'installation de panneaux photovoltaïques. Nous voulons une ruralité vivante». Derrière la formule ampoulée, c'est essentiellement d'écologie dont il est question. Sa fierté et son cheval de bataille.

 

Large spectre

Ultrafavorite face au candidat UMP Dominique Bussereau, Ségolène Royal n'a pas réussi à convaincre les Verts ou le MoDem de la soutenir dès le premier tour. Mais malgré l'opposition des appareils, elle a quand même réussi à rassembler largement derrière elle. Sur les 63 candidats, dix-sept n'appartiennent pas au Parti socialiste : cinq membres du MoDem (officiellement il faut les appeler «centristes humanistes»), trois Verts exclus de leur parti, quatre membres du PRG, un du MRC et quatre personnalités qui ne viennent pas du monde politique : un chef d'entreprise et trois syndicalistes ouvriers. Deux d'entre eux ont directement participés aux conflits sociaux les plus récents, à Heuliez et New Fabris. Deux entreprises en difficulté pour lesquelles Ségolène Royal se bat encore. Le spectre est large des centristes au syndicaliste ex-CGT. «Je n'avais pas besoin de l'ouverture pour gagner, je l'ai fait par conviction», assure-t-elle.

 

Une dose de mécontentement

Encore faut-il que cela fonctionne. Ex-MoDem, Alexis Blanc y croit : «Avec les étiquettes nationales, ce rassemblement peut paraître surprenant, mais là on ne parle que de la région. Sur des projets comme ceux-là, les étiquettes ont peu d'importance». L'explication est plus simple : c'est surtout la personnalité de Ségolène Royal qui fait tenir l'ensemble, comme le reconnaît le patron de la fédération PS de Charente Maritime Olivier Falorni.

Côté PS, la liste de Ségolène Royal a suscité sa dose de mécontentement. Plusieurs candidats, rétrogradés pour faire de la place à «l'ouverture» ont menacé de quitter la campagne. Finalement, un accord a été trouvé. Sur les six candidats socialistes qui menaçaient de se retirer, quatre ont été réintégrés, dont deux en position éligible.

A Paris, en revanche, on grince encore des dents plus ou moins ouvertement. Dans l'entourage de la première secrétaire Martine Aubry, on feint de ne pas s'intéresser au sujet. Du coté des partisans de Benoît Hamon, on critique : «La preuve a été faite en Poitou-Charentes qu'en ouvrant au MoDem on rétrécit la base socialiste». Ségolène Royal regarde tout cela de loin. «Ceux qui critiquent l'ouverture au centre, est-ce qu'ils ont des ouvriers sur leurs listes ?»

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19 février 2010 5 19 /02 /février /2010 17:38

http://www.agoravox.fr/local/cache-vignettes/L451xH454/6a00d83451660169e200e54f5eedc48834-800wi-2-85972.jpg Le deux février dernier, en déplacement à Elbeuf dans le cadre de la campagne des régionales, Martine Aubry, s’était lancée, en début de discours, dans un long panégyrique de Laurent Fabius. Sagement, le public de militants socialistes avait applaudi la première secrétaire du Parti sans bien comprendre la finalité de ces louanges !

 

Après l’intervention de Laurent Fabius sur les ondes de France Inter mercredi, on comprend mieux l’intérêt de la patronne du PS. Engagée dans « une triple alliance » avec Dominique Strauss Kahn et Laurent Fabius, Martine Aubry ne pouvait qu’apporter son soutien appuyé à ce nouvel allié.  

 

Reste qu’à la lecture des propos de Martine Aubry on ne peut que rester songeur sur la volonté réelle de rénovation de la direction du Parti Socialiste ancrée si fortement dans la défense de ses anciens cadres. Quelle sera la place des simples militants face à « la grandeur » de ces hommes illustres ? Resteront-ils une nouvelle fois cantonnés au rôle de figurant pour applaudir les bons mots dans ce jeu de dupe ?

 

Principaux extraits, du compliment de Martine, un jeu de cour digne d’une mère ou plutôt d’un roi soleil !

 

            « C’est vrai que présenter quelqu’un face à Laurent, le pauvre ami, ils n’ont pas dû en trouver d’ailleurs …, je comprends très bien pourquoi il a été élu à l’unanimité, ses qualités font que bien sûr aucune voix ne pouvait échapper à Laurent Fabius.

 

Vous savez … Laurent c’est bien sûr un homme d’Etat chacun le sait … mais je crois surtout que Laurent au-delà de son intelligence, de sa force, de son engagement, il a des qualités qui dans un parti comme le nôtre sont absolument indispensables et que peu ont.

 

Et je dirais, de manière un peu humoristique, mais d’abord il est le seul qui arrive à se mettre dans la tête de la droite et de nous annoncer avant, un peu comme « la mère soleil », voyez-vous ce qu’ils vont faire. Alors quand on l’écoute, on sait ce qui va arriver …

 

Et puis disons le fortement quand il faut se battre, quand il faut aller à l’essentiel de nos combats vers qui se tourne-t-on et bien vers Laurent Fabius »

 

A l’éclairage de l’annonce de Fabius, on saisit beaucoup mieux le sens du combat « essentiel » à mener … dans les prochaines Primaires !

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18 février 2010 4 18 /02 /février /2010 11:44
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Drapeau national Haïtien

A l'occasion de la visite en Haïti de Nicolas Sarkozy, une pétition internationale citoyenne signée notamment par Miguel Abensour, Edgar Morin ou encore Toni Negri, demande à la France le remboursement de la «rançon» versée par la première république noire indépendante.

Depuis le 12 janvier 2010, suite au terrible séisme qui a ravagé Haïti et fauché la vie de plus de 200.000 personnes, le malheur d'Haïti est porté au devant de la scène internationale. Passées l'émotion forte et la compassion des premiers moments, il faut penser à la reconstruction d'Haïti et surtout aux moyens financiers à mobiliser en vue de cette reconstruction. Les premières estimations avancent le chiffre d'une dizaine de milliards de dollars pour une première relance. Où le pays va-t-il trouver ces fonds ?

 

Le président français, Nicolas Sarkozy, sera en Haïti le 17 février prochain. Première visite d'un chef d'État français sur le sol d'Haïti depuis son indépendance, c'est l'occasion de revenir sur le sujet de la restitution de la dette de l'indépendance, crucial, tant pour Haïti (ancienne colonie française qui fut son grenier durant tout le 17eme et le 18eme siècles) et la France que pour l'Humanité tout entière.

 

De manière systématique, les médias occidentaux se plaisent à rappeler à la face du monde qu'Haïti, ancienne colonie française et premier État Noir du monde, est le pays le plus pauvre de l'Hémisphère, sans expliquer les causes profondes de cette pauvreté.

 

 

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Enfants d'Haïti

 

Haïti est le deuxième pays indépendant d'Amérique après les États-Unis en 1776. Ironie du sort, le premier est aujourd'hui économiquement le plus puissant de la planète ; le second est le plus pauvre du continent. Cela n'est pas le résultat d'une fatalité ni d'une malédiction.

 

Après avoir subi les affres de l'esclavage et du colonialisme de 1492 à 1803, au cours de la première moitié du 19e siècle et jusqu'en 1946, la jeune nation haïtienne a été contrainte de payer un tribut à  la France pour être reconnue par la communauté internationale esclavagiste et colonialiste à l'époque.

 

Ce tribut, fixé d'abord à 150.000.000,00 Francs or, par la suite réduit à 90 millions, a été versé jusqu'au dernier centime par la premier État Noir à la patrie des Droits de l'Homme. Que cela soit au point de vue économique, social, voire écologique, les conséquences de cette dette odieuse et colossale sur le développement du pays ne sont plus à démontrer. Tous les historiens s'accordent à dire que cette rançon imposée par le fort au faible a hypothéqué  le devenir haïtien. Par la suite, des jeux de l'impérialisme et du racisme blanc, l'île, jadis, la plus riche et la plus prospère sombra dans la misère et dans l'incapacité de construire une économie florissante.

 

Comme l'écrivait déjà en janvier 2004 Louis-Philippe Dalembert, la France n'est pas sortie grandie de cette dette immorale et inique. Ainsi, aujourd'hui plus que jamais, alors qu'Haïti est à nouveau à la croisée des chemins de la reconstruction nationale, la nécessaire question de la Restitution de la dette de l'indépendance, déjà soulevée en 2003, est à l'ordre des priorités pour donner à cette République de la Caraïbe un nouveau départ.

 

Aujourd'hui, plutôt que de miser sur les hypothétiques investissements de capitaux étrangers ou sur les prêts du FMI ou de la Banque Mondiale et sur la raison mercantile capables de redynamiser l'économie haïtienne et de favoriser la reconstruction du pays, il nous semble nécessaire d'exiger de la France qu'elle rembourse à Haïti la rançon équivalent à 21 milliards (estimation en USD, 2004) qu'elle a reçue de 1825 à 1946. 

 

Il ne fait aucun doute que la restitution de ces fonds pourrait constituer un complément substantiel à la politique de reconstruction et de développement d'Haïti. Avec cet argent, la nation haïtienne pourra ériger des écoles, des hôpitaux, des logements sociaux respectant des normes parasismiques, des universités. Des infrastructures de communication, des routes, des ponts, des barrages, des canaux d'irrigation, des centrales électriques à énergie renouvelable pourraient être réalisés. On pourrait enfin envisager sérieusement la relance de l'économie nationale: recapitalisation de la paysannerie, de l'artisanat, de l'agro-industrie, et de l'industrie locale pour redynamiser le marché national, la nourriture deviendrait abondante et l'idéal de sécurité alimentaire serait atteint...

 

Voila pourquoi nous exigeons la restitution de la rançon payée par Haïti à  la France pour la reconnaissance de son indépendance à partir de 1825. Comme cela a été déjà signalé, cette somme est due par la République de France à  la République d'Haïti. Il s'agit maintenant de discuter des formes de remboursement.

 

Dans la grande tradition révolutionnaire des 18e et 19e siècles, la République française a toujours manifesté une volonté d'être à l'avant-garde de l'histoire humaine universelle ! Que cela soit l'occasion de la mettre à l'épreuve de son passé colonial esclavagiste et de sa volonté de rupture avec cette partie sombre de son Histoire.

 

En restituant à Haïti ces fonds injustement spoliés, la France peut aider Haïti à reprendre en main sa destinée et à mettre fin, en toute autonomie et dans la dignité, à l'insupportable souffrance, et ce sans avoir pour cela à liquider son histoire, son héritage et sa fierté. Ce ne sera que justice!!!

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Pour signer: haitirenaissance@gmail.com

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Parmi les signataires

27.- Etienne Balibar, Professeur émérite de Philosophie morale et politique de l'Université de Paris X - Nanterre.

28.- Stéphane Douailler, Professeur Philosophie à l'Université Paris 8

50.- Edgar Morin (Directeur de recherches émérite CNRS), 

57.- Antonia Birnbaum, Maître de conférences en Philosophie allemande moderne et contemporaine

59.- Lucien Sève, philosophe, Ancien membre du Comité consultatif national d'éthique;

62.- Éric Alliez (Professor of Contemporary French Philosophy, Centre for Research in Modern European Philosophy Middlesex University London )

98.- Patrick Savidan, Professeur des universités, Université de Poitiers (France), Président de l'Observatoire des inégalités

100.- Etienne Tassin, Professeur de philosophie politique, Université Paris Diderot, Centre de Sociologie des Pratiques et des Représentations Politiques ;

121.- Jean-Christophe Goddard, Professeur des Universités ; coordonnateur du consortium du Master Erasmus Mundus EuroPhilosophie;

130.- Emmanuel Renault, philosophe, maître de conférences à l'ENS de Lyon & Directeur de la Revue Marx Actuel ;

237.- Huguette Dagenais, Anthropologue,  Professeure retraitée à l'Université Laval/ Responsable de la Chaire des Études sur la Condition des femmes ;  

240.- Miguel Abensour, Professeur émérite de philosophie politique à l'Université de Paris VII, Ancien président du Collège International de Philosophie ;

269.- Jacques Bidet, professeur émérite, Université de Paris-X Nanterre ;

274.- Antonio Negri, Professeur de philosophie politique et homme politique italien ;

276.- Louis Sala-Molins, Professeur émérite de philosophie politique à l'Université de Paris I et de Toulouse.

277.- Jean-François Kervégan, Professeur à l'Université Paris 1/Panthéon-Sorbonne, Directeur de NoSoPhi, composante de « Philosophies contemporaines » (EA 3562), Membre du Directoire (Vorstand) de la Internationale Hegel-Vereinigung depuis 2007

278.- Alain Renaut, Professeur de philosophie politique et d'éthique à l'Université de Paris-Sorbonne et à l'Institut d'études politiques de Paris ; Directeur de l'Observatoire européen des politiques universitaires

397.- Michael Löwy, directeur de recherches émérite au CNRS

 

 

Source : Mediapart

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17 février 2010 3 17 /02 /février /2010 13:40

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Élu municipal à Fontcouverte depuis 2008, Jacky Emon est aussi responsable de la commission du Schéma de cohérence territorial au Conseil de développement de Saintonge romane. (PHOTO D. P.)

 

 

Jacky Emon préparait de savoureux pâtés au piment d'Espelette, vendredi après-midi, chez lui, à Fontcouverte lorsque, vers 18 heures, le téléphone sonne. Au bout du fil, Ségolène Royal en personne. La présidente PS du Conseil régional lui propose une place sur la liste dont elle parachève elle-même la constitution.

« Je lui ai demandé un temps de réflexion. De moi-même, je n'avais pas pensé à pareil engagement et je n'avais sollicité personne », confie l'ancien cheminot et syndicaliste, à la retraite depuis dix ans.

Jacky Emon consulte quelques amis et, samedi matin, donne une réponse positive à Ségolène Royal. De par son passé professionnel mais aussi par le travail de réflexion mené pendant douze ans - de 1996 à 2008 - au sein du Conseil économique et social régional (CESR), il pense pouvoir être utile à la collectivité.

Un choix par défaut ?

Jacly Emon a fait connaissance de Ségolène Royal lors de séances de travail entre membres du CESR et élus régionaux. Les avis éclairés de l'ancien cheminot sur le développement du transport ferroviaire régional n'avaient pas échappé à la candidate socialiste. Mais le choix de ce candidat, et pas d'un autre, doit aussi à son passé syndical et politique, certes ancien, mais toujours ancré dans la mémoire des militants saintongeais de gauche.

Vendredi après-midi, Ségolène Royal a en effet tenté de raccrocher Michelle Carmouse à son wagon. La conseillère régionale communiste sortante ne fait pas mystère des appels de la présidente et de sa proposition de dernière heure. Mais, jeudi soir, le conseil fédéral du Parti communiste avait tranché. Elle rejette donc l'offre (lire par ailleurs).

Le profil de Jacky Emon intéresse, dès lors, Ségolène Royal, en quête d'une perle rare, un candidat saintais à la fibre de gauche, mais pas un élu socialiste. Un temps candidate, Isabelle Pichard-Chauché, conseillère générale PS de Saintes Ouest, avait renoncé considérant la dixième place qui lui était réservée comme une « insulte pour le territoire de Saintes ».

Son itinéraire

Sur la liste Royal-Falorni, Jacky Emon, 61 ans le 30 juillet, est présenté comme retraité. Conducteur de trains pendant un quart de siècle, il prit, de fait, sa retraite de roulant au début des années 2000. Cheminot comme son père Paul, lui aussi roulant, et son grand-père Rémi, chaudronnier aux ateliers de Saintes, Jacky Emon débuta à 18 ans comme ouvrier ajusteur chez Renault, à Limoges. À 24 ans, ce Saintais pur jus embrassait, à son tour, la carrière de cheminot.

L'étoile ferroviaire de Saintes, il la connaît par coeur et en a aussi défendu l'activité au sein de la CGT, d'abord à la section syndicale des cheminots puis, pendant dix ans (1986-1996), en tant que responsable de l'Union locale CGT.

En parallèle, le cheminot syndicaliste adhéra, jeune, au Parti communiste : « Il n'y avait pas, jusque-là, d'engagement politique dans ma famille attachée, toutefois, aux valeurs républicaines et laïques », explique-t-il.

Une diversité acceptée

Militant communiste de base, Jacky Emon quitta le parti au début des années 90 en regrettant que le PCF ne fasse pas la mutation nécessaire à ses yeux. « Je ne renie rien pour autant », affirme-t-il, toujours attaché au « rassemblement des forces de gauche ».

La présence de candidats centristes sur la liste Royal ne le perturbe pas pour autant. Il juge cette ouverture différente d'un accord formel entre PS et MoDem qui l'aurait beaucoup gêné. Ses dix années de travail au sein du CESR, où il représentait la CGT, l'ont conduit à « échanger avec des gens ayant des approches différentes » et, donc, à mieux accepter « la diversité ».

Le bilan régional de Ségolène Royal, ses combats auprès des salariés d'Heuliez ou contre le Contrat premier embauche, le fort développement des trains express régionaux ont convaincu Jacky Emon de rejoindre la présidente PS sortante. L'homme a des idées, des chantiers à entreprendre.

En treizième position sur la liste, sera-t-il élu ? En 2004, l'union de la gauche conduite par Ségolène Royal n'avait eu que 12 élus en Charente-Maritime...

 

 

Source : Sud Ouest

 

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17 février 2010 3 17 /02 /février /2010 10:59

Ségolène Royal, Dominique Strauss-Kahn et Laurent Fabius au Zénith (AP) Que vont devenir les Primaires organisées par le Parti socialiste ?

 

Les Primaires devaient être une première en France pour permettre aux Françaises et aux Français de choisir la candidate ou le candidat socialiste et un peu plus, si accord avec d’autres partis de gauche.

 

Lors de l’élection présidentielle de 2007, la campagne d’adhésion à 20 euros avait permis une désignation plus large de la candidate socialiste, Ségolène Royal. Le Parti socialiste avait connu une forte campagne d’adhésion.

Alors que le candidat PS, Lionel Jospin, avait été éliminé au premier tour de l’élection présidentielle en 2002, la campagne interne du PS en 2006 avait éveillé un vrai intérêt permettant à ce Parti de retrouver toute sa place sur la scène politique.

En organisant des Primaires, le Parti socialiste souhaitait créer, pour l’élection de 2012, une forte dynamique à gauche.

 

Mais les choses se compliquent depuis plusieurs mois. Si les sondages annoncent à grands cris  une chute de popularité de Ségolène Royal, l’appareil du PS n’est pas dupe. Forte de son action dans sa région, forte de sa capacité à cerner les enjeux et à proposer des pistes innovantes et audacieuses, forte d'un réseau de soutiens dans le pays, la présidente de Poitou-Charentes apparaît comme une candidate solide pour l’élection présidentielle de 2012.

 

Dans ce contexte, on peut s’interroger aujourd’hui sur le véritable objectif de ces primaires ? Le but n’est-il pas de prendre une revanche en essayant de barrer la route à Ségolène Royal ?

 

TF1/LCI : La Une de Libération du samedi 28 octobre 2006 La Une de Libération du samedi 28 octobre 2006

 

Les négociations actuelles entre les alliés de Reims sur l’organisation de ces Primaires vont bon train dans les couloirs de Solferino. Les manœuvres sont travaillées et analysées. L'appareil du PS réfléchit ainsi sur l'organisation de son congrès avant les Primaires pour permettre au Parti de soutenir « son » candidat. Les Primaires, repoussées, ne serviraient plus qu’à valider cette candidature au risque de lui retirer tout intérêt.  

Laurent Fabius va beaucoup plus loin, sur les ondes de France Inter ce mercredi 17 février,  en avouant clairement l'accord entre Dominique Strauss Kahn, Martine Aubry et lui-même. Il n’y aura qu’ « un seul » candidat entre nous trois déclare-t-il. Laurent Fabius accepte le terme « d’accord », un accord tripartite, « contre Ségolène Royal » lance un journaliste, Laurent Fabius ne répond pas... Ce silence en dit long sur l’état d’esprit dans lequel la direction actuelle du PS compte organiser ces Primaires !

 

Interloqués par cette annonce en pleine campagne des régionales, les journalistes demandent des précisions : Fabius confirme cette "triple alliance" et révèle ainsi les tractations d'arrière cuisine pour des Primaires arrangées !

A écouter dans les dernières minutes de l'interview :

Laurent Fabius

 

>Tous les invités de France Inter

 

http://sites.radiofrance.fr/franceinter/em/septdix/


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16 février 2010 2 16 /02 /février /2010 19:17
Quel recours les femmes ont-elles contre la violence quand elles sont sans papiers ?

Par Noria Ait-Kheddache, publié dans l'Express

La Cimade retrace leurs difficultés.

Violences: la double peine des femmes étrangères

Campagne de la Cimade

Beauty, une nigériane venue en France en 2003 pour avoir une vie meilleure, s'est vite retrouvée sur le trottoir pour rembouser les 60.000 euros qu'elle devait à celle qui lui a fait traverser la Méditerranée. En 2006, elle porte plainte contre sa "mama". Au pays, sa mère se fera assassiner en représailles. Aissetou, mariée à un Malien en situation régulière a voulu divorcer quand elle a appris que son conjoint était polygame. Elle s'est retrouvée dans un hôtel social, à faire des tresses pour nourrir ses enfants. Fadila, qui a suivi son mari en France a été battue puis abandonnée avec ses enfants quand ce dernier est retourné vivre au Maroc. Malgré plusieurs demandes de titres de séjour, elle n'a pas obtenu le droit d'asile et est morte de maladie quelques mois plus tard. Sans documents de circulation, ses enfants restés en France n'ont pu assister à l'enterrement de leur mère, rapatriée au Maroc.


Depuis 2004, la Cimade a accueilli dans ses locaux plus de 1800 femmes subissant mariage forcé, crime d'honneur ou esclavage moderne. Un chiffre qui ne comprend évidemment pas la totalité des victimes, puisque beaucoup n'osent pas témoigner de leurs souffrances. Devant leur détresse, l'association d'aide aux migrants a dû créer une cellule spécialement dédiée à ces femmes sans-papiers de tous les milieux sociaux. Aujourd'hui, elle va aller plus loin avec une campagne de sensibilisation.

"Se taire et subir"

"Quant on est victime de violences, il faut le prouver si l'on veut être protégé, explique Violaine Husson de la Cimade. Pour cela, il faut porter plainte." Comment faire alors quand on est sans papiers ?  Porter plainte est un droit en France. Quel que soit son statut administratif, que l'on soit français ou étranger, avec ou sans papiers. Mais la réalité est parfois bien différente comme l'explique Violaine. "Il arrive qu'une femme se rende dans un commissariat, et soit reçue par un officier de police judiciaire qui la voit comme une délinquante, car ils ne sont pas formés à ce genre de situations." En 2008, une femme marocaine venue porter plainte contre son conjoint de nationalité française a été placée dans un centre de rétention avant d'être expulsée vers son pays d'origine. Elle a pu revenir grâce au combat mené par les différentes associations d'aide aux droits des femmes. Mais ce n'est pas toujours le cas. La plupart du temps, elles subissent une double peine: parler et partir ou se taire et subir.

La Cimade prend donc à partie les politiques. "Nous profitons de la période éléctorale qui s'ouvre pour alerter les élus, locaux, régionaux, parlementaires et leur proposer une charte d'engagement", raconte Fred Carillon de l'association. Le document appelle les élus à s'impliquer davantage pour garantir l'application des lois et dispositifs existants pour la protection de ces femmes. Pour créer une mobilisation citoyenne, l'association a créé un site internet, mais surtout un compte twitter et facebook , pour appeler à des actions et des engagements: dans testing dans un commissariat, soutien à une cas particulier, etc.

La peur de perdre son titre de séjour

Mais de nombreuses difficultés subsistent. Trouver un hébergement d'urgence pour une femme battue, seule ou avec des enfants est souvent impossible. "Une femme en situation irrégulière ne peut accéder aux endroits spécialisés dans l'accueil des femmes battues", explique Violaine. Leur assurer un suivi médical, psychologique ou social est également loin d'être évident. La peur de perdre son titre de séjour est dans la plupart des cas le critère qui les fait supporter l'insupportable. "Les femmes sont enchaînées administrativement à leur conjoint. En théorie, une femme peut obtenir un titre de séjour ou son renouvellement si elle est victime de violences conjugales. Mais dans la pratique, ces droits restent soumis au pouvoir du préfet. Et il y a autant de décisions différentes qu'il y a de préfets."

Devant l'ampleur de ces difficultés, les bénévoles de la Cimade se montrent parfois impuissants. "Il arrive que l'on ne puisse pas aider certaines femmes, on se contente alors de leur parler. Parfois, il y a plus de risques pour une femme de quitter le domicile conjugal et faire une demande de titre de séjour puisque la préfécture apprend où elle habite... et peut l'expulser. C'est un peu comme le serpent qui se mord la queue".

La Cimade attend avec impatience le 25 février prochain. Date du débat parlementaire relatif à la proposition de loi renforçant la protection des victimes, la prévention et la répression des violences faites aux femmes.




Inscrivez vous à la manifestation
 

Présentation générale de la campagne

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16 février 2010 2 16 /02 /février /2010 13:26
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C'était hier, à midi, que s'achevait le délai pour déposer en préfecture les listes qui seront en compétition pour les élections régionales.
En Poitou-Charentes, la liste "Une énergie d'avance" conduite par Ségolène Royal a été déposée en Préfecture, après quelques retouches.
En effet, six militants socialistes demandaient à la présidente de région sortante de « respecter ses engagements vis-à-vis des socialistes », lors d'un vote le 3 décembre. Les signataires contestaient notamment l'apparition en position éligible de trois militants du MoDem et d'un ex-militant communiste (en cas de victoire, la liste majoritaire envoie un minimum de douze conseillers au conseil régional). « C'est un compromis et nous sommes à deux tiers satisfaits », a déclaré Jean-Yves Cerfontaine, l'un des six militants.

« La Saint-Valentin pouvait se transformer en Saint-Barthélemy, c'est raté pour Bussereau qui, peut-être, l'espérait. Et ce, grâce aux échanges que j'ai pu avoir avec Ségolène Royal, dont je veux saluer la qualité d'écoute », a ajouté Olivier Falorni, tête de liste maritime.

Sur l'ensemble des quatre listes, Ségolène Royal a joué l'ouverture avec 17 personnes non socialistes, trois ouvriers syndicalistes dont un ex-communiste, Jacky Emon, CGT cheminot.
Un trophée de guerre pour Ségolène Royal, « c'est très important que des personnes comme elles puissent être présentes », commente-t-elle.
Le milieu rural avec deux agriculteurs en activité est représenté, ainsi que des élus locaux issus de ce monde font partie de l'aventure.
Comme neuf autres personnes médecins, infirmiers, dentistes, aides-soignants et dix autres qui appartiennent à la catégorie des cadres, Trois verts, un MRC et quatre radicaux bouclent une liste qui selon la chef de file « ne se replie pas sur mon parti. »






Sources : La Nouvelle République
              Sud Ouest
              20 minutes


   

Ségolène Royal était l'invitée, hier 15 février, du journal télévisé régional 19/20 sur France 3 Poitou-Charentes.

          



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15 février 2010 1 15 /02 /février /2010 12:24
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Dominique Bertinotti
coordinatrice des Désirs d'avenir Paris et son équipe de travail lancent ce soir le premier :



F o r u m d ’ é c h a n g e s
lundi 15 février
20 heures à la Maison des Mines,
270 rue Saint Jacques 75005


Dominique Bertinotti, dans la ligne ségoléniste, entend sortir des conformismes et propose un programme de travail ambitieux par atelier sur plusieurs thèmes. Aux participants de sortir des sentiers battus  dans leurs réflexions et propositions pour déficher de nouvelles routes d'avenir et préparer ainsi une autre gouvernance.

1) Pauvreté, précarisation : vers un nouveau pacte social?
 
2) La Nation : une reflexion nationale, européenne et mondiale
 
3) Qu'est-ce que le ségolénisme
 
4) Pourquoi militer à Désirs d'Avenir ou quel mouvement politique au xxIème siècle ?
 
5) Gagner en 2012, quelles primaires, quelles alliances?
 
6) La santé : disparition de l'égalité des soins ?
 
7) Apports et limites des nouvelles technologies dans le rapport politique au citoyen
 
8) Droit à l'enfant, droit de l'enfant, droit des femmes : des idées divergentes?
 
9) L'expression et les formes de la citoyenneté chez les moins de 18 ans
 
10) Pays émergents, pays pauvres, pays riches, quels nouveaux rapports ?
 
11) Vers une définition du droit à la ville
 
12) Quelle politique culturelle pour un développement humain?
 
13) Un système éducatif français à refonder radicalement
 
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15 février 2010 1 15 /02 /février /2010 10:35
Jean-Claude Mailly (1er plan,G), secrétaire général de FO et le secrétaire général de la CGT Bernard Thibault (D) quittent l'Elysée à l'issue d'un sommet social du 14 septembre 2009.     

Le sommet social s'ouvre aujourd'hui       

C'est ce matin que Nicolas Sarkozy et Xavier Darcos recevront les partenaires sociaux à l'Élysée pour « arrêter la liste des questions à inscrire à l'agenda social de l'année 2010, leur calendrier et les méthodes de travail pour les traiter. »

La question des retraites va être une des questions les plus sensibles dans l'agenda 2010.

Or, seulement un Français sur cinq (21 %) fait confiance au gouvernement pour sauvegarder le système des retraites, selon une enquête réalisée par OpinionWay et publiée lundi dans Métro (Baromètre Métro-Krief Group).


 Quelle sera la position du PS, le premier Parti d'opposition ?
 Si les Français font peu confiance au gouvernement, ils sont seulement 14 % à faire confiance à "l'opposition de gauche"
Retraites : Fillon souhaite un compromis avec le PS Elue dans des conditions difficiles, sur une addition de courants minoritaires et de résultats contestés, la Première secrétaire du Parti socialiste, Martine Aubry, n'a toujours pas remis le Parti Socialiste au travail sur les grands problèmes posés au pays.
Après une tentative d'ouvrir le dossier des retraites en se prononçant en faveur d'une remise en cause de la retraite à 60 ans, Martine Aubry
avait dû reculer sur cette question.
L'embellie actuelle du PS, grâce aux élections régionales et au travail réalisé par les socialistes dans les territoires, ne peut masquer l'absence du PS sur les dossiers nationaux.



Questions-réponses sur les retraites - Dans : La Documentation française


Quel est l'âge légal de départ à la retraite en France ?

Pour la grande majorité des actifs (salariés des secteurs public et privé, artisans, industriels et commerçants, exploitants agricoles), il est fixé à 60 ans depuis le 1er avril 1983. En revanche, les membres des professions libérales et les ministres du culte peuvent partir à 65 ans. Il existe de nombreuses autres exceptions.

 

A quel âge part-on effectivement à la retraite ?

Là aussi existe une grande diversité. Schématiquement, en 2006, un quart des départs sont intervenus avant l’âge de 60 ans et la moitié à cet âge-là.

 

Quelle est la durée de cotisation requise pour percevoir une retraite à taux plein ?

En 2009, une personne née en 1949 doit justifier de 161 trimestres d’assurance tous régimes de base confondus. Cette durée passe progressivement à 164 trimestres d’ici à 2012, à raison d’un trimestre supplémentaire par an.

 

Combien la France compte-t-elle de retraités ?

Au 31 décembre 2007, la population retraitée tous régimes confondus comptait 15,6 millions de personnes : 14,5 millions percevant un avantage principal de droit direct (pension acquise en contrepartie des années d’activité professionnelle validées) et 1,1 million touchant uniquement une pension de réversion.

 

Combien touchent-ils en moyenne ?

En 2007, le montant mensuel moyen de la pension s’établissait à 1 108 euros par personne, mais ce chiffre cache de fortes disparités. En outre, de nombreux retraités (587 000 fin 2007, de sexe féminin pour les deux tiers) ne touchent que l’allocation de solidarité aux personnes âgées (ex-minimum vieillesse), soit 677,13 euros pour une personne seule et 1 147,14 euros pour un couple en 2009.

 

Quel est le poids des dépenses de retraite dans l'économie française ?

En 2007, le montant total des prestations au titre de la vieillesse-survie s’est établi à près de 247 milliards d’euros, soit 44,9 % des prestations sociales totales et 13,2 % du PIB contre 5,4 % en 1959.

 

Quelle est la proportion de personnes âgées par rapport à la population totale ?

Les personnes âgées de 65 ans et plus représentaient 16,6 % de la population française au 1er janvier 2009 contre 14,6 % en 1994 et devraient atteindre près de 25 % en 2030. Ce qui représente une charge financière croissante pour les régimes de retraite : selon le Conseil d’orientation des retraites, le besoin de financement du système de retraite passerait, en euros constants de 2006, de 4,2 milliards en 2006 à 24,8 milliards en 2020.

Projection de la situation financière du système de retraite

« Dans le scénario économique de référence du Conseil d'orientation des retraites (COR), si la réglementation actuelle était maintenue, [la part des dépenses de retraite dans le PIB] s'établirait entre 11,8 et 11,9 % du PIB en 2010, entre 13,6 et 13,8 % en 2020 et entre 15,7 et 16 % en 2040.

 

Le système de retraite repose sur deux étages fondés sur une base professionnelle :
- le premier rassemble les régimes de base : régime général (majeure partie des salariés), régimes des non salariés et régimes spéciaux (dont les fonctionnaires et les salariés de certaines entreprises nationales comme la RATP. Gérés selon le principe de la répartition, ils sont obligatoires ;
- le second correspond aux régimes complémentaires obligatoires, qui couvrent l’ensemble des travailleurs à l’exception de certains régimes spéciaux.
Au cours des dernières années, s’est développé un troisième étage facultatif fondé sur une épargne retraite collective et individuelle (régimes d’entreprise, Préfon pour les fonctionnaires…) (voir figure ci-dessous). Contrairement aux deux précédents, celui-ci fonctionne selon le principe de la capitalisation.

Le système est également fondé sur un principe de solidarité, qui s’exprime à travers l’existence d’une compensation financière entre les régimes et de droits non contributifs. La compensation financière permet de prendre en compte la déformation au cours du temps de la structure de la population active des régimes en assurant une compensation financière entre ceux qui sont excédentaires et ceux qui sont déficitaires

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14 février 2010 7 14 /02 /février /2010 18:55

Elisabeth Badinter philosophe et mère de trois enfants
Elisabeth Badinter fut jeudi 11 février toute la journée l'invitée de France inter à l'occasion de la sortie de son nouveau livre. Intitulé Le Conflit, la femme et la mère, il dénonce une nouvelle exaltation de la maternité analysé comme une régression par la philosophe féministe.

L'essai d'Elisabeth Badinter tire la sonnette d'alarme sur la montée en puissance d'une idéologie naturaliste qui tend à renvoyer les femmes à la maison, «au nom du bonheur de l'enfant». La philosophe épingle quelques symptômes apparemment anodins de cette tendance: les mérites tant vantés de l'allaitement, la taxation des couches jetables jugées trop polluantes...

 



Les femmes sont également toujours jugées, consciemment ou pas, presque exclusivement responsables du bien-être de leur enfant. En plus de devoir satisfaire la longue liste des "besoins naturels" formalisés par les pédopsychiatres,  elles doivent se montrer équilibrées, professionnellement épanouies et parfaitement disponibles. Elisabeth déplore aussi un retour à la famille «à l'ancienne», qui voit des femmes surdiplômées renoncer à leur carrière pour élever leur enfant.

 

Article de l'Express - Par Claire Chartier

La défaite des mères?

 
Elisabeth Badinter, écrivain, chez elle, à Paris.

L'Express

Elisabeth Badinter, écrivain, chez elle, à Paris.

Attention, régression! Dans son nouveau livre, la philosophe Elisabeth Badinter dénonce la tyrannie de la maternité, qui renvoie les femmes à la maison.

Qui s'en souvient encore? Dans les années 1970, les féministes rageuses criaient non à l'aliénation maternelle. Trente ans plus tard, les femmes ont remis leur soutien-gorge et s'abandonnent avec bonheur à la maternité. Autres temps, autres moeurs ou inquiétant retour de balancier? Dans son dernier essai, la philosophe Elisabeth Badinter sonne l'alarme: les femmes européennes sont engagées sur le terrain glissant de la régression.

 

Pourquoi est-on toujours débordée 

Il s'agit non pas ici de la sempiternelle inégalité des salaires, mais d'un phénomène plus subtil: l'insidieuse montée en puissance depuis les années 1980 d'une idéologie naturaliste qui, par son exaltation de la maternité et la pression qu'elle exerce sur les femmes, tend à les renvoyer à leur seule fonction de mère nourricière.

Des femmes altruistes et perfectionnistes

"Le retour en force du naturalisme, remettant à l'honneur le concept bien usé d'instinct maternel et faisant l'éloge du masochisme et du sacrifice féminins, constitue le pire danger pour l'émancipation des femmes et l'égalité des sexes", prévient l'auteure. Les mères post-MLF ont intégré l'idée qu'elles devaient être entièrement investies, passionnément altruistes et immensément disponibles. Qui leur a mis ce perfectionnisme en tête? Un peu tout le monde, accuse Elisabeth Badinter, depuis les pédopsychiatres martelant la longue liste des besoins naturels du petit enfant jusqu'aux puissants croisés de l'allaitement au sein - l'association américaine Leche League - en passant par les médecins et les puéricultrices, de plus en plus rétifs au bon vieux biberon.

L'auteure aurait pu ajouter les religieux, dont le discours s'est clairement recentré sur le respect de la loi naturelle. Les politiques publiques ont aussi une part de responsabilité. En France, par exemple, le congé parental permet aux mères actives de "décrocher" trois ans pour pouponner. C'est bien, mais sans doute eût-il été intéressant aussi de réfléchir à de nouveaux aménagements du temps de travail.


L'indépendance financière ne fait plus rêver

Alors que les féministes "historiques" avaient tout fait - trop fait? - pour permettre aux mères de concilier grossesse et aventure professionnelle, leurs filles, en "conflit" constant, ploient donc sous la tâche. Elles culpabilisent même si fort que certaines trouvent un réel plaisir dans le retour à la famille à l'ancienne, maman à la maison et papa au boulot. Elisabeth Badinter souligne là une tendance très actuelle: chez les 25-35 ans, il n'est plus rare de voir des femmes surdiplômées renoncer à une carrière prometteuse, pourvu que leur conjoint soit en mesure d'assurer les rentrées du ménage. L'indépendance financière, instrument premier de la liberté, ne fait plus rêver.

On comprend que la philosophe féministe soit déçue. Cette désillusion, perceptible entre les lignes, l'amène hélas à forcer le trait, fustigeant pêle-mêle l'écologie, la croyance dans l'instinct maternel ou le rejet des accouchements trop "techniques". La nature n'a pourtant, en soi, rien d'idéologique. Pourquoi vouloir l'évacuer à toute force au motif qu'elle serait aujourd'hui mise en avant à des fins sociopolitiques? La culture, champ du libre arbitre et de l'émancipation, a toujours trouvé à dialoguer avec la logique naturelle. Plutôt que des chilless -ces femmes sans enfants par choix, ultraminoritaires- en qui Elisabeth Badinter semble voir les pionnières d'une nouvelle féminité éclairée, c'est de cette génération de mères écartelées, sensibles à l'appel de la nature sans forcément y succomber, que doit venir la relève.

 

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