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10 juin 2011 5 10 /06 /juin /2011 15:47

 

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(@Razak)

Ségolène Royal et Jean-Pierre Chevènement étaient les deux intervenants de l'UPP sur la France et la République jeudi 9 juin ; la salle des fêtes de la Mairie du IVème  arrondissement de Paris était pleine à craquer, 500 à 600 personnes étaient venues entendre Jean-Pierre Chevènement parler de la France et de son livre, La France est-elle finie ?, qui s’est exprimé pendant plus de trois quarts d’heures, puis pour écouter le "Grand discours sur la France, la République et l’Europe" de Ségolène Royal, qui a duré près d’une demi-heure et a été très appalaudi.

Comme le soulignait très justement Philippe Allard dans un article hier soir sur ce blog, le discours de Ségolène Royal s’est articulé en trois grandes parties, après une introduction sur les UPP et la démocratie participative :

- défendre puissamment le pilier des valeurs de la République et le pilier des valeurs de la science et de la connaissance ;

- inventer un autre mode de développement plus économe en énergie et avec plus de justice donc plus d’efficacité ;

- et s’investir dans le changement de l’Europe et réconcilier l’histoire de France avec le rêve d’une Europe au service des peuples.

Et Ségolène Royal de conclure, ce que l’on peut résumer par trois bribes de phrases mises bout à bout : « Renouer avec la victoire de la gauche en 2012 » : « tout cela n’est pas fatal » ; « ce défi, avec vous, je le relèverai ».

Et de terminer par ces mots forts :

« Les Français ont droit à la sécurité, les Français ont droit à la sécurité globale. Il y a eu tant de campagnes électorales conduites par la droite sur ce sujet-là ! Aujourd’hui, c’est l’échec, c’est un échec lamentable. Eh bien ce défi, avec vous, je le relèverai également, parce que moi, je crois à l’ordre juste, les Français également, et nous le construirons avec eux ! »

Pour consulter l'album des photos de l'UPP sur Flickr, cliquez ici.

Frédérick Moulin

 

S. Royal : discours sur la France et la République par segolene-royal

 

Transcription par Militants de l’Espoir À Gauche avec Ségolène Royal / F.M.

Merci, merci Jean-Pierre pour ton intervention, les réponses, comme tu le vois, dans une Université Populaire sont entièrement libres, les questions ne sont pas organisées à l’avance, et nous tenons à protéger justement ce lieu démocratique, ouvert à tous, quel que soit son cheminement, son itinéraire, son niveau de diplôme, et cette liberté, une fois de plus, nous a été démontrée ce soir, et merci parce que tu es un homme politique aussi citoyen, et tu comprends parfaitement l’importance de maintenir la liberté de ces échanges avec toutes celles et ceux qui viennent ici auxquels nous voulons, par ces universités participatives, donner le meilleur de la matière grise, de l’intelligence, encourager à réfléchir.

C’est la traduction aussi de l’idée que je me fais d’une nouvelle gouvernance politique, c’est donner aux citoyens les armes pour comprendre, les arguments pour comprendre, le outils ensuite pour choisir et pour peser sur son propre destin. Il y a un moment où les Français, je crois, en ont assez de subir tous les jours des décisions dont ils ne comprennent même plus le sens, on ne sait pas où la France va.

Eh bien il est très important de rappeler ici la conception d’une politique démocratique, la conception d’une démocratie participative, c’est d’avoir toujours l’exigence de la qualité du débat intellectuel, et une fois de plus, cette université populaire le démontre, et grâce à ta présence, Jean-Pierre, ce soir.

Défendre puissamment le pilier des valeurs de la République

et le pilier des valeurs de la science et de la connaissance

Alors tu as dit beaucoup de choses dans lesquelles bien sûr je me retrouve. D’abord la défense des symboles de la République : en effet, comment accepter de laisser au Front national, et notre drapeau, et notre hymne national, et la défense de la nation, et le patriotisme ? (Applaudissements)

Nous avons d’ailleurs su souvent converger. Il y aurait tellement de choses à refaire, d’ailleurs, sur la question de l’éducation civique et de l‘éducation citoyenne à l’école. Parce que tout se tient si l’on veut refonder les valeurs républicaines, sortir la France de l’ornière dans laquelle elle est aujourd’hui, défendre notre idée de nation : en effet, tout commence par l’école.

Et on le sait ici, puisque c’est aussi une de mes convictions fortes, et que tu a rappelée tout à l’heure : tout commence par l’école parce que c’est le creuset, c’est le grand dessein de la République, et je le dis souvent, je le redis ici, mon projet présidentiel remettra l’école au cœur de tout, et en avant de tout parce que c’est là que nous reconstruirons les valeurs, que nous reconstruirons l’éthique, que nous reconstruirons la volonté de vivre ensemble. (Applaudissements)


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(@Razak)

Tu as articulé, et je retiens cette idée, c’est vrai souvent que l’on met au second plan par rapport aux valeurs de la République, les valeurs de la science et de la connaissance. Et toi qui avait lancé les états généraux de la recherche en arrivant au ministère de la Recherche, je crois qu’aujourd’hui la France aurait bien besoin de relancer ce type de démarche, parce qu’on voit cette mutation technologique, on voit cette mutation dans la croissance verte, on voit l’émergence de la matière grise dans les pays émergents précisément, on voit la Chine, l’Inde, le Brésil et toute l’Amérique latine investir puissamment dans l’enseignement, et dans l’enseignement supérieur.

Et parallèlement, on voit notre système éducatif et notre système d’enseignement supérieur rétrograder dans les classements internationaux. Et moi je dis que là-dessus, il n’y a pas de fatalité.

Et en effet, défendre aussi puissamment le pilier des valeurs de la République et le pilier des valeurs de la science et de la connaissance, c’est comme cela aussi que nous réussirons à faire en sorte que la France prenne le tournant des nouvelles technologies et des nouvelles façons de produire, de consommer, de se déplacer, de protéger les ressources naturelles, d’inventer un autre mode de développement plus économe en énergie, et donc qui permet aussi le développement des pays les plus pauvres de la planète.

Inventer un autre mode de développement plus économe en énergie

et avec plus de justice donc plus d’efficacité

C’est parce que nous réussirons à remettre en cause nos propres modèles de gaspillage énergétique que nous réussirons aussi à donner aux pays les plus pauvres qui disposent, allez, disons-le quand même, massivement, puisque ce sont les plus chauds, de l’énergie solaire, l’énergie de la paix.

Pourquoi l’énergie de la paix ? Parce que l’on sait qu’aujourd’hui les principales menaces qui pèsent sur l’équilibre du globe, ce sont les déplacements massifs de population dus au réchauffement planétaire et à la désertification d’un certain nombre de pays. Comment accepter cette violence ? Comment accepter de fermer les yeux sur ces déplacements massifs de population qui, demain, pèseront sur nos pays ?

Et donc si nous continuons à fermer les yeux sur le réchauffement planétaire, si nous continuons à fermer les yeux sur les conflits autour de la maîtrise des ressources naturelles et de la ressource en eau, si nous continuons à laisser la situation sur les matières premières et sur les matières alimentaires, ce qui ne s’était jamais vu dans l’histoire du monde, (Applaudissements) jamais aucune civilisation n’a accepté la spéculation sur les produits alimentaires, jamais, c’est la première fois que l’on voit de tels comportements prédateurs, c’est la première fois qu’on voit une telle inertie par rapport à ce qui est en train de se passer au niveau planétaire, quand tant de personne s’enrichissent, alors que tant de personnes n’ont pas accès au minimum vital.


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(@Razak)

Et même ici, en France, l’exemple il est flagrant, quand je demande au président de la République, qui se déplace d’ailleurs demain dans ma Région, pour venir voir les éleveurs en difficulté, alors que ça fait des mois que je tire la sonnette d’alarme. Eh bien qu’il vienne donc voir, et s’il en repart en prenant la décision opérationnelle que je lui réclame de réquisitionner les céréales destinées à l’exportation, parce que sur le marché mondial il y a de la spéculation, et que ça rapporte plus d’exporter les céréales que de les vendre à nos éleveurs pour qu’ils puissent nourrir leur troupeau, (Applaudissements) est-ce que c’est juste ça ? Non, ce n’est pas juste.

Ce que je veux dire par là, c’est qu’il y a des solutions, pour peu qu’on en ait la volonté politique. Et vous observerez d’ailleurs que pour chacune de ces solutions, il y a un principe fondateur commun à toutes ces propositions, c’est qu’un peu plus de justice donne un peu plus d’efficacité. Et donc la question d’une juste répartition des revenus et des ressources, elle est au cœur de l’ensemble de toutes nos problématiques.

S’investir dans le changement de l’Europe et réconcilier l’histoire de France

avec le rêve d’une Europe au service des peuples

Et enfin, Jean-Pierre tu as abordé, et tu as fait un constat sévère sur l’Europe. Et ce constat sévère, il est nécessaire. Et ça nous pousse à réfléchir encore davantage, et à sortir des discours lénifiants sur l’Europe. Et ça me fait dire aussi qu’il faudra beaucoup, beaucoup d’énergie et de volonté politique en 2012 pour la changer, cette Europe, beaucoup de volonté pour la transformer. Parce que c’est un travail très ingrat, finalement, de s’investir dans le changement de l’Europe. C’est un travail très long, parfois compliqué, et souvent, du coup, eh bien ce chantier est laissé de côté, parce qu’il n’est peut-être pas politiquement rentable.

Eh bien moi je voudrais une nouvelle fois ici vous redire mes convictions européennes profondes, et en écoutant Jean-Pierre Chevènement j’ai envie de vous dire ce soir que je veux être celle qui va réconcilier l’histoire de France avec le rêve d’une Europe au service des peuples. Voilà. (Applaudissements)


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Jean-Pierre Chevènement pendant son intervention (@Razak)

Oui, oui, réconcilier l’histoire de France avec le rêve d’une Europe au service des peuples, il en faudra des convictions, il en faudra de l’imagination, il faudra aussi savoir où l’on va, et le définir assez vite pour que les citoyens s’engagent dans cette nouvelle Europe, et dans ses transformations, parce qu’il y a un gros doute, quand même. Ils la subissent, nous la subissons, cette Europe, et même le concept est devenu presque négatif. C’est dire tout ce qu’il faudra rattraper.

Il faudra aussi avoir le courage de changer, à partir d’une idée toute simple d’ailleurs, d’une évidente vérité, c’est que nous sommes plus forts, à plusieurs, que tous seuls, et que ceux qui nous font croire à l’extrême droite que le destin de la France peut se déconnecter du destin de l’Europe nous mentent, nous mentent et c’est même dangereux.

En revanche, l’idée que nous devons farouchement défendre, l’idée de nation, articulée avec l’idée d’Europe, que j’ai appelée les Etats-Unis d’Europe, c’est-à-dire une fédération d’Etats-nations où nous avançons quand nous pouvons, pas forcément tous à 27, comme vient de le dire Jean-Pierre, mais à géométrie variable, avancer dès qu’on le peut, dans le partenariat avec l’Euro-Méditerranée, dans le partenariat avec l’Afrique, tellement indispensable, je le redis ici, une partie de notre avenir est dans ce partenariat avec l’Afrique de l’autre côté de la Méditerranée, et que nous avons là aussi des potentiels considérables à faire surgir pour assurer nos destins communs.

Et nous devons nous battre, et inventer une nouvelle façon de vivre à 27, dans un continent fort, prospère et dynamique. Nous devrons nous arracher aux disputes stériles, en France, et entre pays Européens, car nous n’avons plus le luxe de nous perdre en interrogations métaphysiques.

Alors bien sur, la crise nous révèle les errements du passé, les dangers d’une Europe bâtie sur les sables d’une déréglementation, d’une libéralisation ouverte aux vents de la concurrence généralisée. Il nous faudra refuser une Europe asservie, une Europe, comme aujourd’hui, qui est pieds et poings liés. Nous voulons une Europe libre, une Europe qui décide, ici et maintenant, dans le respect, et pour le seul intérêt des nations qui la composent, et des citoyens qui habitent ces nations.

Alors comment faire ? D’abord, première vérité, rappelons-le, ça rejoint le constat que fait Jean-Pierre, l’Europe surendettée est aujourd’hui étranglée par les privilèges qu’elle a elle-même nourris, voilà la vérité. (Applaudissements)


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(@Razak)

Et l’ironie tragique de cette histoire, c’est que nous avons laissé prospérer les oiseaux de malheur qui planent désormais au-dessus de l’Europe. Regardez-les, ils ne se contentent pas d’attendre l’effondrement qu’ils prédisent eux-mêmes, ils cherchent à le provoquer. Ils sont au-dessus de la Grèce, de l’Irlande, aujourd’hui à l’affut des faiblesses espagnoles ou portugaises, et demain sans doute des nôtres. Ces spéculateurs-vautours, nos pays les ont nourris et engraissés, voilà la vérité. (Applaudissements)

D’ailleurs cela ne date pas d’hier.

Premièrement, la source de notre endettement abyssal réside dans les baisses d’impôts massives dont ont bénéficié les plus riches, ceux-là mêmes, d’ailleurs, qui demandent à leur banque ou à leur gestionnaire de fortune d’obtenir les rendements les plus élevés pour leurs placements financiers.

Et le hold-up s’est fait au nom d’une vertu appelée compétitivité, sorte de mantra dissimulant le dumping fiscal, le moins-disant social, et l’alignement vers le bas.

En un mot, puisque les placements financiers veulent des rendements à deux chiffres, et puisque la croissance économique des entreprises qui travaillent pour créer de la vraie valeur économique est à peine d’un chiffre, voire à 0%, voire à 1%, difficilement à 2%, qui va payer cet écart entre des rendements financiers qui sont exigés à plus de 10%, et une croissance économique réelle de l’économie réelle qui est aujourd’hui à 1 ou 2% en Europe, qui va payer cet écart ?

Mais ce sont toujours les mêmes, les classes moyennes, les catégories populaires, les salariés, tous ceux à qui l’on dit encore aujourd’hui : « Mais vous n’avez pas fait assez de sacrifices ! En plus on va vous supprimer les services publics, parce que c’est du gaspillage, les services publics, et qu’il faut les supprimer pour garder la notation du triple A. » Voilà la réalité, c’est cela-même. (Applaudissements)

Bouclier fiscal, fiscalité avantageuse sur le patrimoine, les filiales, les sièges sociaux, les revenus de l’épargne, abattements, niches, déductions, crédits d’impôt en tous genres, oui, le budget de nos Etats n’a pas été grevé par les services publics, ni par l’école, dans laquelle ils viennent de supprimer plus de 60 000 postes, alors qu’au contraire en période de crise, il faudrait investir davantage dans l’éducation et dans la formation. Oui, tous ceux-là, tous ceux qui ont été bénéficiaires de toutes ces largesses et de tous ces cadeaux, ceux qui ont fait leur beurre sur la compétitivité de tous contre tous au sein de l’Union, ce sont les profiteurs d’une guerre économique qu’ils ont eux-mêmes orchestrée, voilà la vérité. (Applaudissements)


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(@Razak)

Deuxièmement, la dette publique. Elle vient des banques et des fonds spéculatifs que le contribuable a renfloués au bord du gouffre et qui se retournent aujourd’hui contre les Etats en leur reprochant leur endettement, c’est quand même extravagant. Ce sont les Etats et les contribuables qui ont renfloué les banques et les fonds spéculatifs qui aujourd’hui se retournent vers les Etas pour leur reprocher leur endettement. Aucune reconnaissance du ventre. (Rires)

Alors, hausse des primes de risque, chantage au triple A de la part d’agences de notation payées par les banques elles-mêmes, etc. L’irrationalité confine même à la démence lorsque les spéculateurs, qui s’alarment de l’endettement, et exigent la rigueur, sanctionnent les Etats qui pourtant obéissent à leurs ordres, et qui voient leurs perspectives de croissance dramatiquement diminuer.

Eh bien c’est de cette spirale infernale qu’il faudra sortir. Comment sortir de cette spirale infernale ? En faisant en sorte que le pouvoir politique l’emporte sur le pouvoir financier. (Applaudissements)

En faisant en sorte que dans le calcul de la compétitivité économique d’un pays, on puisse intégrer aussi des valeurs soi-disant non mesurables, c’est-à-dire la qualité éducative, la qualité de la recherche, les entreprises non délocalisables, la qualité des services publics, le bien-vivre, la santé et la sécurité dans l’alimentation, tout cela aussi qui a été sous-traité, bradé, à un capitalisme financier à outrance.

Comment expliquer qu’avec les niveaux de recherche, de science, de laboratoire que nous avons, nous puissions encore subir des catastrophes sanitaires comme celle que nous subissons sur les légumes aujourd’hui ? C’est absolument invraisemblable. Donc la seule explication, c’est qu’en effet, la loi du profit a tout gangréné jusque le refus ou la mise en cause de la protection de la santé des citoyens.

Eh bien ça, il faudra que l’Europe le refuse en exigeant la reconstitution et les moyens mis dans les services publics des contrôles sanitaires qui ont été année après année rayés, rayés de la carte, bradés sous prétexte qu’ils n’étaient pas suffisamment rentables.

Et donc moi ce que je propose, c’est de donner aux services publics, de faire en sorte que le service public, on lui attribue un calcul dans la rentabilité implicite de ce qu’il permet dans la rentabilité des activités économiques en tant que telles. Donc il va falloir changer aussi les modes de calcul des valeurs, qui permettent à un pays d’être performant, et qui permettent aux habitants de ce pays de vivre, et de bien vivre, et pas seulement de survivre. Voilà la vérité. (Applaudissements)


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(@Razak)

Et la deuxième idée, je crois profondément que l’Europe paye en matière économique son désarmement politique et intellectuel. L’Europe s’est affaiblie en endossant de la manière la plus radicale les dogmes les plus obtus. Elle a théorisé son propre effacement politique derrière l’application indifférenciée, non circonstanciée, mécanique, de règles juridiques : les règles de la libre-circulation, les clauses de non-renflouement des Etats endettés, de non-rachat par la Banque Centrale des dettes souveraines, la définition rigide et artificielle de la convergence budgétaire, avec le Pacte de stabilité.

L’Europe a refusé trop longtemps la faculté de discernement qu’exige la juste compréhension des circonstances, l’esprit pratique qu’appelle une réflexion authentique, la force d’adaptation que demande l’action au service de tous.

Alors c’est vrai, je n’ignore pas qu’il y a des difficultés, que des divisions existent, qu’il y a des réticences de certains pays avancés, que tout cela est très compliqué, je n’ignore pas les défis, les forces de frottement, les résistances, je n’ignore pas la crainte d’une dépossession et d’une fragilisation des Etats au profit d’institutions européennes qui sont totalement décrédibilisées. Je n’oublie pas non plus les discussions infinies qui ont été nécessaires pour mettre en place le nouveau fonds de gestion des crises, dont il est d’ailleurs à craindre qu’il ne résoudra pas grand chose.

Mais enfin, bon, ces difficulté ont toujours existé, et ne commettons pas l’erreur de penser qu’elles sont plus fortes aujourd’hui qu’hier. Peut-être que la seule différence, c’est que nos responsables politiques, à cause de l’effroyable épreuve de la guerre avaient sans doute, par le passé, cette conviction profonde, cette vista, cette volonté qui leur donnait la force d’avancer et de surmonter les obstacles. L’Europe, à cette époque-là, n’était pas un sujet comme un autre, c’était une question de vie ou de mort. Elle n’était pas à ce moment-là détournée à des fins de politique intérieure.

Eh bien, je crois que c’est avec l’esprit de ces pionniers que nous devons renouer, et c’est cela qu’il va falloir faire, et ce sera le grand chantier du prochain quinquennat, et nous nous y mettrons dès 2012. (Applaudissements)

Renouer avec la victoire de la gauche en 2012 :

tout cela n’est pas fatal ; ce défi, avec vous, je le relèverai

Dans un an – non, dans un an – dans quelques mois (Rires murmurés), un peu moins d’un an maintenant, nous devrons renouer avec la victoire de la gauche, en 2012, et avec tous les républicains qui veulent que ça change.


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(@Razak)

Jamais les inégalités n’on à ce point disloqué le pays, mis en péril son avenir et miné la confiance, et Jean-Pierre le décrit parfaitement dans son livre. Jamais le chômage de masse et de longue durée, jamais la précarité n’a été aussi généralisée.

Aujourd’hui, savez-vous que plus de 85% des intentions d’embauche des entreprises concernent des contrats à durée déterminée, et 60% des intentions d’embauche sont inférieures à 1 mois, sait-on cela suffisamment ? Sait-on suffisamment en effet les dégâts que provoque le chômage des jeunes, des jeunes diplômés, des jeunes qui ont fait l’effort pour travailler à l’école ? Sait-on ce qu’est la survie aujourd’hui en-dessous du seuil de pauvreté, tant de personnes cherchant en vain à forcer la porte du marché du travail, et tant d’autres y renonçant ? Le surendettement des familles, les chiffres viennent d’être publiés, qui touche de plus en plus de petits retraités ?

Jamais le partage de la valeur ajoutée n’a autant favorisé le capital au détriment des salaires. Ce n’est pas seulement des slogans que je vous énonce, ce sont des preuves, des faits, dans tous les rapports qui viennent d’être publiés, quels que soient les organismes concernés. Oui, jamais le capital n’a été autant favorisé aujourd’hui par rapport aux salaires, il faudra reconstruire, d’ailleurs, complètement, la valeur du travail.

Eh bien, tout cela n’est pas fatal. Moi je crois au potentiel de la France, à ces femmes et à ces hommes qui l’habitent, ceux d’ici et ceux venus d’ailleurs, car nous avons l’obligation de faire réussir tous nos enfants, d’où qu’ils viennent. (Applaudissements)

Et ce qui se passe aujourd’hui dans nos quartiers populaires est inadmissible, ils ont été laissés à l’abandon, souvenez-vous des promesses de 2007, les nouveaux plans, le nouveau plan Marshall, on l’attend toujours, ce plan Marshall ! Non seulement nous n’avons pas eu de plan Marshall, mais maintenant on a dans nos quartiers, comme à Sevran, un maire qui est obligé de demander à la directrice de l’école maternelle de supprimer la récréation, au cas où il y a aurait des balles perdues qui attendraient un enfant tellement la guerre des gangs fait rage dans le quartier.

Eh bien moi je vous dis que cela, ce n’est pas la République, et je vous dis qu’avec moi, il n’y aura sur tout le territoire de la République française aucune zone de non-droit, (Applaudissements) parce que nous remettrons chacun devant ses responsabilités, avec ses droits et ses devoirs, que nous remettrons du service public partout, que nous redonnerons aux jeunes le sens de ce que cela veut dire que d’appartenir à la République française, d’y grandir, d’y trouver une place, de pouvoir s’y épanouir, d’y conquérir l’estime de soi-même, parce que nous mettrons aussi les moyens sur la répression du banditisme, du grand banditisme, pour décapiter les têtes de réseau. (Applaudissements)

On ne va pas me dire qu’avec la qualité de nos services de renseignements et de notre police nationale, on n’a pas les moyens de démanteler les réseaux. Alors je demande au ministre de l’Intérieur de donner à notre police et à nos moyens de renseignement les moyens nécessaires pour permettre le démantèlement des trafics et la paix publique qui doit revenir dans nos quartiers, car les Français ont droit à la sécurité, les Français ont droit à la sécurité globale. Il y a eu tant de campagnes électorales conduites par la droite sur ce sujet-là ! Aujourd’hui, c’est l’échec, c’est un échec lamentable.

Eh bien ce défi, avec vous, je le relèverai également, parce que moi, je crois à l’ordre juste, les Français également, et nous le construirons avec eux ! (« Bravo ! », applaudissements nourris et prolongés, puis scandés, « Ségolène, présidente ! »)


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(@Razak)

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Published by Militants de l'Espoir à gauche - dans Actualité
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Emmeff 10/06/2011 19:31


Je ne suis pas ségolèniste, cependant j'ai trouvé Ségolène énergique, volontaire, entraînante. Le précédent commentaire (en anglais) suinte de mauvaise foi et de sottise. lorsqu'on fait le tour des
prétendants socialistes, Ségolène est de loin la meilleure, la plus crédible, et celle qui a le plus de "classe" pour nous représenter. Celle aussi qui a- n'en déplaise à notre anglophone- le plus
beau sourire!


Emmeff 10/06/2011 19:31


Je ne suis pas ségolèniste, cependant j'ai trouvé Ségolène énergique, volontaire, entraînante. Le précédent commentaire (en anglais) suinte de mauvaise foi et de sottise. lorsqu'on fait le tour des
prétendants socialistes, Ségolène est de loin la meilleure, la plus crédible, et celle qui a le plus de "classe" pour nous représenter. Celle aussi qui a- n'en déplaise à notre anglophone- le plus
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