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15 février 2011 2 15 /02 /février /2011 08:20

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(MEAGSR/F.M.)

L’UPP « Etats-Unis d’Europe, tout ce qui nous rassemble », organisée mardi 8 février par DA Paris 15ème et par DA 92 au Patronage Laïque dans le 15ème arrondissement de Paris, a rassemblé des intervenants de 4 nationalités : française, allemande, italienne et espagnole.

Barbara Revelli, du Partito Democratico (PD), était la voix de l’Italie. Délégué à l’Assemblée nationale du parti, représentant Paris, on la retrouve notamment intervenant à la tribune à l’avant-dernière Assemblée nationale en octobre à Busto Arsizio, près de Varèse, sur le site parisien du Partito Democratico (en italien, cliquez ici). Comme le montre le site, partitodemocraticoparigi.org (cliquez ici), l’actualité est plutôt tournée vers la volonté de faire démissionner Berlusconi (une pétition circule en première page) : on peut lire : « Presidente Berlusconi, lei ha disonorato l’Italia agli occhi del mondo », ce que tout le monde aura compris, et qu’on entend beaucoup en France aussi ses jours-ci, pour un grand ami de Berluskozy, Sakoni…

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Dessin de Pancho

Le Partito Democratico (PD) est récent : il a été fondé le 14 octobre 2007. Il est issu de la majeure partie des partis qui ont formé la coalition de l’Olivier, apparue dans les années 1990, et qui a gouverné l’Italie, en propulsant seule ou avec des alliés à la tête de l’Etat les Présidents du Conseil Romano Prodi (1996-1998 et 2006-2008), Massimo d’Alema (1998-2000) et Giuliano Amato (2000-2001).

Mais le Partito Democratico est donc composite. Au niveau européen, l’Alliance progressiste des socialistes et des démocrates au Parlement européen (S&D) réunit depuis les élections de juin 2009 le PSE et le Partito Democratico, le Parti démocrate italien, pour réintégrer certains des partis membres de l’ancienne coalition de l’Olivier qui siégeaient au Parlement européen avec les libéraux-démocrates de l’ADLE, principalement les élus de La Margherita (centre).

L’intervention de Barbara Revelli a été particulièrement intéressante, d’abord parce qu’elle nous a permis de nous rafraîchir la mémoire – l’Italie fête le 150ème anniversaire de son unification sous la bannière des Etats de Savoie, à l’exception notable mais temporaire de la région romaine (états pontificaux qui ne tomberont qu’avec la chute le l’allié Napoléon III en 1870) et de la Vénétie, reprise à l’Autriche suite à la capitulation de celle-ci devant le royaume de Prusse à Sadowa en 1866.

Dès lors il a beaucoup été question de faire l’Europe en appuyant sur les régions, loin de notre vision centralisatrice. On a aussi découvert que les régions italiennes et française n’avaient pas attendu et que certaines s’étaient alliées au sein d’un Groupement Européen de Coopération Territoriale (GECT), groupement juridique et non pas seulement économique, comme les 5 régions du Piémont, de la Ligurie, du Val d’Aoste, de Rhône-Alpes et de PACA (Provence-Alpes-Côte d’Azur) : 110 000 km2, 17 millions d’habitants, et de régions parmi les plus riches des deux pays.

De fait, Barbara Revelli a touché du doigt le quadruple défi des niveaux locaux, nationaux, européens, et globaux.  Et elle a pointé que la clé de ces défis, c’est la volonté politique. Un thème cher à Ségolène Royal, qu’elle développait lors de son discours à la Fête de la Fraternité 2010, à Arcueil :

« Je crois beaucoup à l’articulation entre le local et le global. Pour moi il n’y a pas l’échelon noble qui serait l’échelon national, et puis l’échelon secondaire, qui serait l’échelon territorial. Car comme l’ont dit tout à l’heure les deux représentants syndicalistes qui sont aujourd’hui élus à mes côtés, ce que l’on fait concrètement quand on a le pouvoir de faire, c’est ce qui permet de mesurer la volonté politique le courage politique, et de dire que ce qui se fait sur un territoire, oui, peut être fait au niveau national. »

Pour revoir l'intervention de Patrick Ardoin AVEC la vidéo, cliquez ici.

Frédérick Moulin

 


envoyé par Desirsdavenir92


 

Intervention de Barbara Revelli, déléguée du Partito Democratico

Retranscription par MEAGSR/F.M.

Tout d’abord merci de cette invitation, parce que dès qu’il s’agit de parler Europe, moi je suis toujours partante, et je vais commencer en vous disant que justement le Partito Democratico vient de publier très récemment plusieurs documents de travail. En fait le Partito Democratico est organisé avec une assemblée interne de 1000 délégués, dont 44 sont élus à l’étranger, ils sont résidents à l’étranger, et Paris a deux délégués, moi et la Secrétaire de la section de Paris Beatrice Biagini.

Donc nous avons plusieurs groupes de travail auxquels nous participons, et on a eu 3 assemblées, au mois de mai, au mois d’octobre, et la dernière le week-end dernier, à Rome, et au sein de ces assemblées on a, à chaque fois, eu des commissions de travail qui se sont penchés sur plusieurs sujets, thèmes, qui souvent sont déclinés aussi dans une inscription européenne, à chaque fois on le regarde du point de vue national, et puis on l’inscrit dans une vision européenne.

Il y a un document qui a été publié, qui est disponible sur le site internet du Partito Democratico qui parle justement Europe, et qui se penche sur la question de l’Europe. Et l’Europe dans ce document est a priori une Europe fédérale, ou le fédéralisme n’est pas indiqué dans sa constitution comme quel fédéralisme, mais Europe fédérale sous-entend Europe de gouvernance économique, d’intégration institutionnelle, d’intégration politique, d’intégration de vision d’investissement économique, et donc c’est un chantier ouvert qui laisse la place bien évidemment à tout le débat possible.

Certes est que cette vision se greffe et s’inscrit sur une vision que peut-être vous tous vous connaissez déjà très bien, qui était celle de Romano Prodi, lorsqu’il était président de la Commission, il l’a été entre 1999 et 2004, il a beaucoup travaillé à l’intégration des pays de l’Est et le Partito Democratico considère que cette intégration n’est pas encore achevée, il y a encore les Balkans, la Croatie à intégrer, il y a la question turque, et surtout, il y a le chantier méditerranéen.

Cette vision d’intégration, j’essaierai ce soir de l’inscrire sur des chantiers qui sont par contre déjà ouverts du point de vue administratif et qui existent.

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(MEAGSR/F.M.)

Comme vous le savez, dans le dernier quinquennat, la cohésion territoriale a été la priorité phare de l’Union Européenne. Une cohésion territoriale de laquelle l’Italie s’est tout de suite saisie ; l’Italie c’est un pays qui a une forte tendance à la politique régionale. Aujourd’hui, nous célébrons cette année le 150ème anniversaire de l’unité de l’Italie. Alors, c’est une unité ‘soufferte’, disons qu’on parle de dynamique européenne, nous nous sommes encore dans une dynamique italienne, donc nous aimons énormément la dynamique, nous sommes toujours ouverts à cette dynamique, et je pense que, de ce point de vue, la crise italienne, les difficultés de l’Italie qui sont nombreuses, je ne vais pas vous faire un dessin de ce qui se passe actuellement en Italie, mais à chaque fois c’est difficile à gérer mais ça ouvre des nouveaux chantiers, des nouvelles perspectives de solutions.

Et de ce point de vue, je veux dire que l’Italie a été très présente dans les politiques de cohésion territoriale proposées par l’Europe. Et il y en a une en particulier qui s’appelle le GECT, la directive du GECT, qui est le Groupement Européen de Coopération Territoriale, qui a déjà vu le jour en 2009 dans les régions du Piémont, Ligurie, Val d’Aoste, Rhône-Alpes et PACA, qui se sont constituées sous forme de GECT, pour une coopération territoriale commune, et c’est un cadre juridique, c’est-à-dire à la différence du GIE, qui était le Groupement d’intérêt économique, là nous sommes dans un cadre juridique.

GECT

Groupement Européen de Coopération Territoriale (GECT), qui a déjà vu le jour en 2009 dans les régions du Piémont, de la Ligurie, du Val d’Aoste, de Rhône-Alpes et de PACA

Pourquoi je vous cite cette question ? Je vous cite cette question parce que je crois qu’aujourd’hui l’Europe se trouve face à 3 défis, trois différents défis. C’est le défi national, le défi local, aujourd’hui les villes bénéficient énormément de financements européens, et puis c’est le défi global. Comment harmoniser ces 3 niveaux ? Quatre, parce que si on considère aussi l’Europe, quatre.

Aujourd’hui, les directives européennes, les projets de financement européens dessinent de nouvelles frontières, le GECT en est un exemple, donc des nouvelles cohésions territoriales, dessine des nouvelles capitales, parce qu’on a plusieurs capitales européennes qui ne sont pas forcément des capitales de nations.

Or faire face à tout ça veut dire avoir des perspectives, des horizons, des horizons qui sont, j’espère, prochainement de plus en plus communs au sein du PSE et du groupement parlementaire socialiste et démocrate, parce qu’effectivement il y a une forte division, une forte division de vision qui est due à un manque de confiance réciproque.

Chaque nation a sa propre manière de s’organiser institutionnellement, chaque nation a sa propre culture institutionnelle, chaque citoyen étant citoyen national et européen a sa propre culture de légalité, et chaque nation, voire chaque ville, chaque région, a sa propre politique d’intégration, et donc sa propre vision de l’intégration de l’immigration.

Et je crois que tout ça nous met face à un défi, qui, certes, une fois qu’on le met en exergue de cette manière semble impossible, mais en fait qui vaut la peine d’être relevé parce que ce sont tous ces exemples qui nous mettent dans la position de comprendre quel type de politique européenne nous souhaitons dans un cadre, j’espère, parlementaire à gauche prochainement, très prochainement.

Et je crois que, et ça le Partito Democratico le souligne tout particulièrement, qu’avoir la capacité d’avoir une vision du rapport entre le territoire et l’Europe nous permet aussi de mieux décliner nos campagnes électorales, parce que la difficulté de faire rentrer dans l’esprit des électeurs l’Europe et de les mener à ce vote est souvent cette idée d’éloignement : mais Bruxelles, c’est un lieu où il y a les techniciens qui décident pour nous, et puis chacun décline à sa propre manière les directives…

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(MEAGSR/F.M.)

En fait, si on avait la capacité et le courage de croire qu’en campagne électorale parler Europe n’éloigne pas l’électeur, donc si en fait on arrive à parler Europe dans les campagnes électorales non européennes, campagnes électorales administratives, régionales, départementales, parlementaires italiennes, en fait on fait toujours l’inverse, on a tendance à inscrire le débat parlementaire national à l’intérieur de campagnes électorales européennes, donc il faudrait peut-être commencer à inverser la tendance de la manière de s’organiser de ce point de vue.

Et l’autre chose que je pense assez importante, c’est la capacité justement de mettre le territoire, donc ne pas penser l’Europe et le territoire, mais le territoire et l’Europe, nous permet aussi de mieux comprendre les proximités culturelles, parce que quand on les regarde du point de vue national parfois, on a du mal à comprendre quelles sont les similitudes, et en fait quand on se confronte sur la capacité d’administration territoriale, la capacité d’administration nationale, on dit : « Ah, mais on a le même problème ! », « Ah, mais tiens, ou, mais nous aussi ! »

Donc il y a selon moi une non-volon… un méfiance, une méfiance, Faire confiance c’est pas évident, mais je pense qu’on a des outils, et là je crois que, sans vous donner une solution de fédéralisme parce que j’en suis tout à fait incapable, et surtout je n’ai aucune réponse à cette question, je pense justement plutôt que le fédéralisme est une dynamique, comment être en cohésion avec l’Europe que nous avons et qui n’est absolument pas définie et dessinée.

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(MEAGSR/F.M.)

Nous pouvons, nous, la saisir, et décider qu’est-ce qu’elle va devenir. Il faut juste penser qu’on peut la dessiner, et pour pouvoir la dessiner, il faut être un peu plus unis, et je trouve qu’on est très divisés, très partagés, alors qu’à droite, où les divisions sont très fortes, quand il s’agit de soigner les intérêts communs, ils y arrivent toujours, à un moment ou à un autre ils trouvent toujours la bonne solution pour être quand même bien décidés sur les choses à faire et à mener, et les politiques à appliquer.

Donc moi je me limite à vous dire qu’il y a déjà des exemples qui existent de cohésion territoriale, qui sont encore embryonnaires mais qui son exemplaires peut-être de l’horizon qu’on pourrait dessiner, en partant des sujets, du vif du sujet, comment le décliner en fonction européenne. Merci.(Applaudissements, « Bravo ! »)

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