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4 avril 2011 1 04 /04 /avril /2011 22:23

Photo Razak[1]Toutes les études d'opinion le montrent, les Français arrivent dans le peloton de queue des pays développés concernant leur confiance dans l'avenir collectif de leur pays. Cet état constitue en lui même un handicap dans le contexte de la mondialisation. En prélude à la campagne des primaires qui s'annonce nous allons tenter d'examiner les critères qui permettront de sélectionner le ou la candidat(e) qui sera le plus capable de redonner aux Français cette capacité d'appréhender l'avenir avec un minimum d'enthousiasme.

 

 Premier élément du manque de confiance, le gouvernement. Il est à la tête du pays et de ce fait, il doit montrer l'exemple. Hors dés le lendemain de sa nomination, Sarkozy en allant faire sa retraite méditative sur le yacht de son ami Bolloré, affichait sa proximité vis à vis du monde de l'argent. Dès lors tout était permis. Le bouclier fiscal et les conflits d'intérêts qui viennent alimenter chaque jour les médias sont venus pourrir l' atmosphère en montrant que les effets de la crise ne sont pas équitablement partagés par toutes les classes de la société et creusent le divorce entre le monde politique et ceux qu'il protège vis avis des autres citoyens. Il est clair que l'équipe dirigeante qui prendra les rennes en 2012 devra rompre avec ces pratiques. Et si, comme nous l'espérons, cette équipe sera une équipe enmenée par le PS, celle ci doit montrer l'exemple en balayant dés à présent devant sa porte (Cf l'affaire des frères Guérini à Marseille).

Un des gages de sa probité passe par l'adoption des recommandations de la commission Sauvé, formée par le gouvernement actuel et dont il y a fort à parier que les travaux resteront dans les tiroirs jusqu'à la prochaine mandature!

Un autre gage est celui de l'engagement du non cumul des mandats qui est la source de conflits d'intérêts et la cause du manque de proximité des politiques vis à vis des français. Et l'on peut regretter qu'à part de rares exemples, seul(e)s certain(e)s élu(e)s s'appliquent déjà à eux (elles) mêmes cette règle adoptées par le PS à de multiples reprises.

La confiance en la juste distance vis à vis des milieux financiers est une condition nécessaire. Elle n'est pas suffisante pour autant si l'on en juge par le gouvernement Jospin dont la probité n'a jamais été mise en cause. En effet, on sait comment celui ci perdit une large partie de son crédit en avouant son impuissance face aux licenciements: «il ne faut pas tout attendre de l'état» déclarait il à propos de l'annonce de 7500 licenciements par MICHELIN en 1999, ajoutant« je ne crois pas qu'on puisse administrer désormais l'économie. Ce n'est pas par la loi, les textes, qu'on régule l'économie» Sarkozy fit un moment illusion à son début de mandat en semblant prendre à bras le corps les problèmes les uns après les autres. Mais son dynamisme se transforma rapidement en une vaine agitation qui éloigna encore plus les Français de la politique. Et nous ne nous étendrons pas içi sur les promesses non tenues du candidat Sarkozy («travaillez plus pour gagner plus!...») qui n'incitent pas au respect des politiques et auxquelles il convient d'opposer la politique par la preuve.

Autre condition : la maîtrise des sciences et des techniques. Les politiques n'aiment pas aborder ce sujet mais il leur faut bien admettre que les sciences et les techniques façonnent avec les finances notre univers de façon prépondérante. Et plutôt que de courir après, mieux vaut les accompagner. C'est pourquoi nous accorderons une place essentielle au rôle qui sera attribué à l'expertise scientifique et à la démocratisation du processus d'élaboration et de décision des politiques scientifiques et technologiques. La catastrophe de la centrale de Fukushima va marquer considérablement les esprits et porter un nouveau coup à la confiance aveugle sur les effets salutaires du progrès technique. Il en sera de même sur les nanotechnologies si l'on n'y prend garde.

 

Quelles conditions pour pour redonner aux Français le goût et la confiance envers la politique ?

 

Dans leur livre, «La société de défiance» Yann Algan et Pierre Cahuc font l'analyse suivante. «La France est engagée dans un cercle vicieux dont les coûts économiques et sociaux sont considérables. Depuis plus de vingt ans, des enquêtes menées dans tous les pays développés révèlent qu'ici plus qu'ailleurs, on se méfie de ses concitoyens, des pouvoirs publics et du marché. Cette défiance allant de pair avec un incivisme plus fréquent... Or la défiance et l'incivisme, loin d'être des traits culturels immuables, sont alimentés par le corporatisme et l'étatisme du modèle social français. En retour, le manque de confiance des Français entrave leurs capacités de coopération ce qui conduit l'Etat à tout réglementer et à vider de son contenu.» Nous donnerons deux exemples pour illustrer ce constat.

Chacun a en mémoire la façon avec laquelle le gouvernement à mené le débat sur la retraite qui aboutit à la loi votée dans la hâte le 9 novembre 2010. Alors que tout le monde savait que la question de la retraite allait être mise tôt ou tard à l'ordre du jour, il n'est venu à l'idée d'aucun gouvernement de prendre les mesures pour contraindre les entreprises grandes et petites à améliorer les conditions de travail de façon telle que chaque travailleur arrive au terme de sa carrière dans les meilleures conditions physiques possibles. "un homme cadre de 35 ans peut espérer vivre encore quarante-sept ans, dont trente-quatre, indemnes de toute incapacité, et un ouvrier, quarante et un ans, dont vingt-quatre sans incapacité". Les travaux qui nécessitent un effort physique intense, les travaux en horaires décalés et ceux nécessitant une exposition à des substances toxiques demandent une compensation. Hormis ces cas difficilement éliminables, il eut été pertinent depuis longtemps de diminuer la pénibilité du travail en incitant financièrement les entreprises à ouvrir des négociations au sein des CHSCT dont les pouvoirs auraient été élargis et grâce à la médecine du travail dont la mission aurait été redéfinie. Faute de quoi le gouvernement est obligé de définir par la loi «une nouvelle possibilité de retraite anticipée au titre de la compensation de la pénibilité, dans des conditions (notamment celles relatives au taux d’incapacité) qui seront précisées par décret». Encore une occasion ratée de diminuer la souffrance humaine, les charges de l'état (et notamment celles de la sécurité sociale) et qui auraient pu aller de pair avec l'émergence d'un modèle social basé sur la confiance mutuelle.

Olivier Galland est sociologue, directeur de recherche au CNRS, au Groupe d’études des méthodes de l’analyse sociologique (Gemas) de l’université Paris-IV. Il a publié Les jeunes Français ont-ils raison d’avoir peur ? chez Armand Colin. Il décrit que 60 % des jeunes Danois affichent une bonne confiance en leur avenir contre 20 % chez les Français. La jeunesse hexagonale se caractérise par un profond pessimisme sur son avenir personnel et celui de la société en général. Dans la plupart des pays nordiques, il existe une culture de la confiance grâce aux méthodes scolaires qui ne sont fondées ni sur la compétition, ni sur la sélection ou les redoublements… Les rapports élèves-professeurs sont beaucoup plus coopératifs et égalitaires qu’en France. Les jeunes n’ont pas le sentiment que tout se joue à l’école et tentent ensuite un certain nombre d’expériences pour trouver leur voie, en les vivant comme une période d’enrichissement personnel et non d’instabilité destructrice. Il serait très utile que la France prenne conscience que son système éducatif fonctionne comme une machine à casser les destins. La façon dont est conçue la formation des jeunes en France est un révélateur de la façon dont une société considère sa jeunesse …

Donc on voit bien à travers ces deux exemples qu'il convient d'abandonner l'état d'esprit qui procède d'une présence dominatrice de l'Etat. Il convient de lui substituer un modèle plus décentralisé, plus participatif et donc plus responsabilisant. C'est une véritable révolution que nous appelons de nos voeux et qui sera de nature, nous semble t il à renouer à terme avec la confiance. Nous ne prétendons pas dans ces quelques lignes avoir fait le tour des questions auxquelles le (la) futur(e) président(e) de la république devra répondre avec son gouvernement. Notre objet est seulement d'inviter chaque électeur de gauche à examiner le programme et les réalisations des candidat(e)s aux primaires à l'aune de chacun des critères défini dans le présent essai pour déterminer celui ou celle qui sera le (la) plus capable de redonner aux Français la confiance en l'avenir.

 

Jean Pierre Guilbert

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Published by Militants de l'Espoir à gauche - dans Les défis de 2012 ...
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commentaires

L.M. ELORE 09/04/2011 10:06



Bonjour, les avancées humanistes, économistes et sociales ne pourront se passer de l'ère de la participation qui engendre les évolutions de consciences fraternelles qui de mon point de vue sont
l'éducation démocratrique à l'exercice des responsabilités.


De mon point de vue plutôt que dire comme le disent certains politiques, "Revenir aux affaires" "à l'idée des affaires d'Etat, je préfère celui de "Prendre les responsabilités" allant du citoyen
à un citoyenneté dans son processus évolutif à l'exercice des responsabilités exercées comme source de la dignité humaine.



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