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13 octobre 2010 3 13 /10 /octobre /2010 02:38

Ségolène PRPC

Ségolène Royal était interviewée par Laurence Ferrari hier soir au journal télévisé de 20h de TF1, alors que le cortège de la manifestation contre la réforme des retraites voulue par Nicolas Sarkozy s'était dispersé un heure auparavant à Paris.

L'ex-candidate à la présidence de la République s'est longuement exprimée sur la réforme des retraites de Nicolas Sarkozy et du gouvernement Fillon, estimant que que le Premier ministre "doit suspendre sa réfome" car dorénavant "les français sont entrés en résistance".

Ségolène Royal s'est adressée plus spécifiquement aux nombreux jeunes présents dans la manifestation, soulignant que s'ils doivent descendre à nouveau dans la rue, il doivent le faire "de façon très pacifique".

La présidente de la Région Poitou-Charentes est également revenue sur les deux possibles sorties de crise : un référendum sur la réforme du gouvernement ou une suspension de cette réforme, suivi(e) de la réelle négociation d'une réforme "juste".

Elle a enfin répondu aux questions de Laurence Ferrari sur Dominique Strauss-Kahn et sur Martine Aubry, affichant clairement les couleurs de l'union et de l'unité du PS. Interrogée sur les propositions du PS, elle a parlé à la première personne du pluriel : "nous".

F.M.

 

Laurence Ferrari : et notre invitée ce soir c’est Ségolène Royal. Bonsoir Madame Royal.

Ségolène Royal : bonsoir.

Laurence Ferrari : la mobilisation, on l’a vu dans le travail des reporters de TF1, était très forte aujourd’hui en France. François Fillon juge ‘irresponsable’ qu’une partie du Parti socialiste mette les jeunes de 15 ans dans la rue. Alors est-ce que, un, vous soutenez cette mobilisation des jeunes, et deux, est-ce que vous êtes irresponsable, Madame Royal ?

Ségolène Royal : les jeunes très nombreux en effet, avec de nombreux autres Français de toutes les générations, ont donné aujourd’hui un nouvel avertissement au gouvernement. Et moi je conseille très vivement au gouvernement d’entendre cet avertissement et de suspendre la réforme des retraites, sinon il sera responsable de tout ce qui arrivera.

Laurence Ferrari : et le Parti socialiste est-il irresponsable de pousser les jeunes à descendre dans la rue ?

Ségolène Royal : les jeunes sont assez grands pour savoir ce qu’ils doivent faire, et je ne crois pas du tout que ce soit le Parti socialiste…

Laurence Ferrari : à 15 ans, à 16 ans ?

Ségolène Royal : à 15 ans, à 16 ans, je pense en effet que les jeunes sont responsables, et savent pourquoi ils descendent dans la rue. Je leur demande d’ailleurs de descendre dans la rue, mais de façon très pacifique, ils ont leur mot à dire. Au nom de quoi faudrait-il étouffer ce que les jeunes ont à dire ? Et s’ils se mettent aujourd’hui dans les manifestations, c’est parce qu’ils ont le sentiment d’être méprisés, comme l’ensemble des Français d’ailleurs aujourd’hui. Ils savent très bien que la réforme des retraites, qu’on leur a présentée comme très complexe, et pendant des mois et de mois, le gouvernement a mené une propagande mensongère, en disant aux Français : « On ne vous consulte pas parce que c’est trop compliqué pour vous. ».

B8.jpg

Les jeunes sont très simples, hein, ils ont parfaitement compris qu’en forçant leurs parents ou leurs grands-parents à travailler jusqu’à 67 ans alors qu’ils voient déjà, dans leur famille, une partie de leurs parents et de leurs grands-parents déjà au chômage, ils se disent que si le gouvernement fait cela, ça va faire exploser le chômage des jeunes. Et comme ils sont déjà très précarisés, puisque 25% des jeunes en âge de travailler sont aujourd’hui au chômage, que 20% des jeunes vivent en dessous du seuil de pauvreté, qu’ils voient bien que les parents ne peuvent plus les aider à poursuivre leurs études pour beaucoup d’entre eux, et que leurs grands-parents sont en situation de précarité avec la baisse des retraites, alors ils se sentent en effet solidaires de ce que subissent les Français.

Laurence Ferrari : donc vous les appeler à redescendre dans la rue dès demain ? dès jeudi ? dès samedi ?

Ségolène Royal : c’est à eux d’en décider.

Laurence Ferrari : c’est vous qui venez de les appeler à redescendre dans la rue.

Ségolène Royal : non, j’ai dit que s’ils redescendaient dans la rue il fallait qu’ils le fassent très calmement parce que le pouvoir sinon va exploiter le moindre incident pour décrédibiliser ce mouvement.

Laurence Ferrari : est-ce qu’il y a un risque d’affrontement comme le dit Martine Aubry ce soir ?

Ségolène Royal : mais c’est le pouvoir qui est affronté au peuple Français. Est-ce que l’on peut raisonnablement conduire une réforme comme celle-ci contre les Français ? Non. Ces réformes doivent être faites avec les Français. Que se passe-t-il ? Si l’on résumait d’une phrase la réforme des retraites, c’est quoi la réforme des retraites, telle que la droite veut l’imposer ? C’est une taxation du travail, puisqu’il va falloir travailler plus longtemps pour gagner moins, alors que l’actuel président de la République avait promis tout le contraire.

Laurence Ferrari : le Premier ministre exclut toute négociation, toute autre concession sur cette réforme, alors quelle est l’issue à ce conflit, Madame Royal ?

Ségolène Royal : mais le Premier ministre va bouger, et c’est pour ça qu’il faut que la mobilisation continue, pacifiquement.

Laurence Ferrari : sur quels points doit-il bouger ?

B5-manif.jpg

Ségolène Royal : "Le Premier ministre va suspendre sa réforme, il doit suspendre sa réforme. Pourquoi ? Parce que les Français sont entrés en résistance."

Ségolène Royal : mais le Premier ministre va suspendre sa réforme, il doit suspendre sa réforme. Pourquoi ? Parce que les Français sont entrés en résistance. Ils ont bien compris que détruire la Sécurité sociale, cette Sécurité sociale qui nous a été transmise par les générations précédentes, grâce au Conseil national de la Résistance après la guerre, c’est un patrimoine français, c’est le modèle social français, c’est ce qui sécurise les revenus de ceux qui ont travaillé.

Laurence Ferrari : vous pensez que cette réforme des retraites va pulvériser le système de Sécurité sociale ?

B13 évident

Ségolène Royal : "C’est évident, c’est un premier pilier de la Sécurité sociale qui s’effondre, si cette retraite passe."

Ségolène Royal : mais c’est évident. C’est évident, c’est un premier pilier de la Sécurité sociale qui s’effondre, si cette retraite passe, et j’espère qu’elle ne va pas passer, puisque la remise en cause de la retraite à 60 ans, on le sait bien, ce n’est pas la déformation qu’en a présenté le gouvernement. Qu’est-ce que ça veut dire ? Ça veut dire qu’aujourd’hui même ceux qui auront cotisé pendant 41 ans et qui ont 60 ans ne pourront plus prendre leur retraite. Est-ce que c’est juste ? C’est totalement injuste, car ceux qui ont travaillé depuis 41 ans sont ceux, d’abord, qui ont les bas salaires, qui ont les métiers les plus difficiles, qui ont des carrières longues, et aujourd’hui ceux qui ont commencé à travailler à 17 ans devront cotiser pendant 44 ans parce qu’ils n’ont plus le droit de partir à 60 ans ? Mais c’est totalement injuste. Même chose pour ceux à qui l’ont interdit aujourd’hui de partir à 65 ans, même lorsqu’ils ont 41 ans de cotisation : c’est totalement injuste.

Laurence Ferrari : donc le Parti socialiste continue de dire que s’il arrivait au pouvoir en 2012, il reviendrait sur cette réforme des retraites ?

Ségolène Royal : nous rétablirons la liberté de partir à 60 ans pour ceux qui ont les durées de cotisation, nous rétablirons le droit de partir à la retraite à 60 ans, nous autoriserons ceux qui veulent travailler plus longtemps, bien évidemment, qui ne sont pas fatigués, à continuer à travailler plus longtemps, et nous financerons le système de retraite en faisant contribuer les revenus du capital au même titre que les revenus du travail. Et d’ailleurs si le gouvernement n’a pas voulu ni d’un référendum – parce que ce serait facile de savoir si les Français sont pour ou contre cette retraite, il suffirait de soumettre cette réforme au peuple français qui est aujourd’hui dans la rue…

Laurence Ferrari : les syndicats n’ont pas eu l’air de prendre votre proposition très à cœur, ni au Parti socialiste d’ailleurs.

Ségolène Royal : mais c’est le rôle des syndicats de continuer à mobiliser. Si le gouvernement veut arrêter les manifestations, c’est très simple, il a deux solutions. Soit il dit : je consulte les Français, je mets ma réforme à référendum, si les Français disent non, nous reprendrons les discussions, les négociations, pour qu’il y ait une réforme plus juste et une réforme durable, et une réforme qui soit comprise des Français, parce que la retraite appartient à ceux qui ont travaillé, c’est le patrimoine de ceux qui n’en ont pas. Et la deuxième hypothèse, c’est qu’il dise : j’ai entendu cette résistance des Français, j’ai entendu l’attachement des Français et des jeunes à la Sécurité sociale, je suspends la réforme et je reprends les discussions. C’est ça gouverner et présider de façon moderne un pays.

Laurence Ferrari : est-ce que tous les socialistes sont bien d’accord sur cette histoire de retraite, parce qu’un rapport du FMI, que dirige Dominique Strauss-Kahn, soutient le recul de l’age de la retraite de 2 ans ? Est-ce que Dominique Strauss-Kahn est toujours qualifié pour être éventuellement le candidat socialiste, s’il n’est pas d’accord avec son programme, Madame Royal ?

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Ségolène Royal : "Nous sommes doublement taxés parce qu’on allonge la durée de cotisation, et on recule l’âge de la retraite. Et ce que dit le FMI également, c’est qu’il est dangereux de baisser le niveau des retraites parce que ça freine la reprise économique. Donc c’est une réforme qui est injuste, et qui est en plus dangereuse."

Ségolène Royal : mais là aussi, je crois qu’il y a une propagande mensongère sur ce rapport du FMI. Il dit quoi, ce rapport ? Il dit, en effet, qu’il faut soit augmenter la durée de cotisation, soit reculer l’âge de la retraite. Mais que fait le gouvernement de Nicolas Sarkozy et de François Fillon ? Il fait les deux, et nous sommes le seul pays européen où la réforme des retraites va entraîner une situation la plus dure, et un tel recul, et creuser des inégalités les plus fortes entre les grandes fortunes qui, elles, ne sont pas appelées à contribuer, et les salariés moyens et petits qui sont doublement taxés. Doublement taxés parce qu’on allonge la durée de cotisation, et on recule l’âge de la retraite. Et ce que dit le FMI également, c’est qu’il est dangereux de baisser le niveau des retraites parce que ça freine la reprise économique. Or ce que fait le gouvernement en France, c’est la baisse du niveau des retraites. Donc c’est une réforme qui est injuste, et qui est en plus dangereuse, et le gouvernement doit entendre, je le répète, l’avertissement qui vient de lui être donné, et doit suspendre aujourd’hui la réforme des retraites.

Laurence Ferrari : un mot encore, Madame Royal, vous remplacez Martine Aubry depuis quelques jours dans ses obligations puisqu’elle est souffrante. Est-ce que vous êtes la Première secrétaire ‘bis’ du Parti socialiste ?

Ségolène Royal : écoutez, moi je suis une des dirigeantes du Parti socialiste, et je suis très heureuse d’avoir une voix qui porte, et qui est entendue, et qui est en harmonie totale avec ce que dit Martine, que j’ai eue au d’ailleurs téléphone encore récemment, et je crois qu’elle va…

Laurence Ferrari : vous ne profitez pas de la place qu’elle vous laisse ?

Ségolène Royal : écoutez, ça se fait en parfait accord avec elle, et je pense aussi que c’est une façon responsable de faire de la politique. Nous sommes deux femmes responsables, conscientes de la gravité de la situation aujourd’hui qui se pose au pays, donc nous travaillons ensemble, nous réfléchissons ensemble, nous proposons ensemble, et nous disons ensemble aujourd’hui au gouvernement qu’il doit impérativement suspendre sa réforme, sinon il sera responsable de ce qui va se passer aujourd’hui et dans les jours qui viennent dans la rue.

Laurence Ferrari : merci beaucoup, Ségolène Royal, d’être venue ce soir sur TF1.

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Published by Militants de l'Espoir à gauche - dans Actualité
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Danielle2 14/10/2010 13:13



encore une polémique tendancieuse, malhonnête, il faut avouer que les journalistes  soumis à la droite s'en donnent à coeur joie, ils devraientavoir honte car ségolène n'a pas invité des
jeunes à descendre dans la rue , mais s'ils choisissaient de manifester qu'ils le fassent dans le calme. Je trouve qu'ils montrent leur incapacité à interpréter des propos et que, de ce fait, ils
ne sont plus crédibles et qu'ils  devraient retourner à l'école - ras le bol de ceds polémiques honteuses



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