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8 octobre 2010 5 08 /10 /octobre /2010 00:11

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Ségolène Royal était l'invitée politique de Christophe Barbier dans "L'Invité de Barbier" sur LCI hier matin à 8h15.

Elle a abordé le thème de la "réforme injuste" des retraites de Nicolas Sarkozy et du gouvernement Fillon, appelant les partis politiques démocrates, les organisations syndicales et les citoyens à une "coordination" pour obtenir 4 millions de signatures et le soutien de 1/5e des parlementaires, afin d'obtenir un référendum sur la réforme du gouvernement.

Elle a également commenté la condamnation en première instance de Jérôme Kerviel à verser 4,9 Md€ de dommages et intérêts à la Société Générale, évoquant le "disfonctionnement grave au niveau de la chaîne des contrôles" de la banque.

Elle a par ailleurs été interrogée sur les propos de Laurent Fabius et l'éventuelle candidature de Dominique Straus-Kahn, mettant en avant la nécessaire "dynamique d’union" du Parti socialiste et de la gauche pour gagner en 2012 et mettre en place une autre politique.

Concernant les primaires, Ségolène Royal les voit "transparentes", "honnêtes", "sincères", et souligne qu'elles seront "un grand moment politique démocratique dans notre pays".

 

 

Christophe Barbier : Ségolène Royal, bonjour.

Ségolène Royal : bonjour.

Christophe Barbier : durcissement des syndicats avec des appels à la grève reconductibles à partir de mardi. Êtes-vous solidaire de cette stratégie ? Faut-il bloquer le pays pour faire reculer le gouvernement ?

Ségolène Royal : le gouvernement a joué la carte de l’affrontement, donc il est responsable de ce qui se passe aujourd’hui. Aujourd’hui c’est la responsabilité des organisations syndicales d’appeler à des mouvements de grève. Moi je suis une responsable politique, et donc je propose un débouché politique, qui comme vous le savez serait le référendum.

Christophe Barbier : est-ce qu’il n’y aurait pas de risque, en cas de grève dure, de casser la petite reprise économique que l’on sent ? Est-ce qu’on peut se payer une grève dure ?

Ségolène Royal : c’est pour ça que le gouvernement est particulièrement irresponsable d’avoir multiplié les provocations au cours de ces derniers jours, des déclarations de mépris aussi, vous avez vu le Premier ministre lorsqu’il déclare que les Français dans la rue se trompent, ou que ceux qui sont chez eux sont majoritaires par rapport à ceux qui sont dans la rue. Je crois qu’on ne traite pas un mouvement social dans la France d’aujourd’hui, dans une démocratie contemporaine, avec un tel mépris, un tel disfonctionnement, donc il est responsable de ce qui se passe, il est urgent de trouver un débouché politique.

Christophe Barbier : alors vous proposez, vous, un référendum sur cette réforme des retraites, mais comment y arriver ? Le Sénat a repoussé hier une motion référendaire, vous n’avez aucun moyen de l’imposer, ce référendum ?

Ségolène Royal : c’est déjà une étape franchie, puisque le Sénat, en effet, avec Jean-Pierre Bel, a déposé une motion référendaire, ça veut dire que cette voie doit être creusée, doit être approfondie.

Christophe Barbier : comment ?

Ségolène Royal : moi je lance un appel à l’ensemble des partis démocrates, ou qui veulent que la démocratie fonctionne bien, et à l’ensemble des organisations syndicales, pour qu’il y ait une coordination qui permette de recueillir, comme la loi le prévoit, 4 millions de signatures, 1/5e des parlementaires, et donc de soumettre au peuple français la réforme du gouvernement, pour savoir s’ils sont pour ou contre, et pour installer à ce moment-là, s’ils sont contre, une autre réforme.

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Christophe Barbier : quelle question poseriez-vous dans ce référendum : oui ou non à la réforme ? oui ou non aux 60 ans/62 ans ? oui ou non à Sarkozy ?

Ségolène Royal : c’est très simple : ce serait oui ou non à la réforme qui est proposée aujourd’hui au Parlement. C’est le sens même de la démarche référendaire. Vous savez, il y a 3 démocraties. La démocratie sociale : elle n’a pas fonctionné, puisque les représentants syndicaux n’ont été ni associés ni écoutés. La démocratie représentative n’a pas fonctionné puisque le débat a été interrompu à l’Assemblée Nationale, et aujourd’hui la motion référendaire du Sénat a été repoussée, et on sait, puisque le gouvernement l’a dit avant même le début du débat parlementaire, qu’il refuserait les propositions de modification de la réforme. Et donc le troisième pilier de la démocratie dans la Constitution française, c’est l’article 3, c’est le référendum, qui permet d’exprimer la souveraineté populaire. Donc il est logique aujourd’hui, comme débouché politique, avant la fin du débat au Sénat, de tout faire, et c’est pour ça que je lance cet appel aux partis politiques, aux organisations syndicales, aux citoyens, pour qu’ils viennent apporter une signature, 4 millions de voix, 1/5e des parlementaires, et le gouvernement sera obligé de soumettre sa réforme à référendum.

Christophe Barbier : la loi n’est pas prête sur le référendum dit « d’initiative populaire », donc techniquement, ça va coincer ?

Ségolène Royal : mais il sera très difficile à un gouvernement qui serait face à 4 millions de signatures et 1/5e des parlementaires de ne pas faire voter cette loi qu’on appelle « loi organique », alors même que la réforme de la Constitution a été votée. Il manque simplement le texte d’application, et là c’est une affaire de quelques jours devant le Parlement qui est en session.

Christophe Barbier : est-ce qu’il n’est pas plus simple d’attendre tout simplement la présidentielle, c’est là qu’on exposera toutes les réformes des retraites alternatives possibles.

Ségolène Royal : mais pourquoi faire perdre tant de temps à notre pays qui a autre chose à faire, pour se mobiliser sur la reprise économique par exemple, vous le disiez tout à l’heure. Je réitère cette demande, cette proposition, parce qu’il faut aujourd’hui en sortir, et en sortir par le haut. Un référendum permettrait d’avoir un vrai débat de fond et de prouver qu’une autre réforme des retraites est possible pour sauver la Sécurité Sociale et pour ne pas accepter cette injustice effroyable qui consistera, si cette réforme passe, à demander à des salariés qui travaillent depuis 41 ans, de ne plus pouvoir partir à 60 ans ou à 65 ans, alors qu’ils ont cotisé depuis 41 ans, et ça, ça n’est pas acceptable.

Christophe Barbier : la justice a condamné Jérôme Kerviel à payer 4,9 milliards d’amendes à payer à la Société Générale ; la Société Générale est prête à renoncer à cette somme ; qu’en pensez-vous ?

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Ségolène Royal : vous ne trouvez pas, vous, même en tant que journaliste, que c’est quand même un jugement très étrange.

Christophe Barbier : (amusé) je l’ai dit hier dans une chronique, [« Oui, absolument. », ajoute Ségolène Royal] c’est votre opinion qui m’intéresse.

Ségolène Royal : chacun sait que dans les banques il y a 4 niveaux de contrôle de risque. Il y a d’abord un contrôle dans la salle des changes, puisqu’il y a un patron de la salle des changes qui contrôle ce que font les traders. Il y a ensuite tous les jours un rapport consolidé des risques, tous les soirs, dans chaque banque, donc ça devrait être visible. Il y a enfin dans la banque un département de management des risques, et enfin on savait que la Société Générale était particulièrement réputée pour le management de gestion des risques, précisément. Donc comment se fait-il qu’un individu seul ait pu passer à travers toutes les mailles du filet de ce contrôle?

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La Justice aux couleurs de la Société Générale (SG) (dessin de Plantu)

Christophe Barbier : vous voulez le procès de la Société Générale, le procès des banques ?

Ségolène Royal : de toute façon Jérôme Kerviel a fait appel. Donc ce qu’il faut c’est quand même clarifier les choses, parce que les banques gèrent l’argent des épargnants, donc c’est quand même très dangereux ce qui s’est passé et ça ne doit pas se renouveler. Donc soit on l’a laissé faire, parce qu’il a dû rapporter – sans doute avec beaucoup de talent – rapporter beaucoup d’argent à la Société Générale, et à un moment ils ont fermé les yeux, soit il y a eu un disfonctionnement grave au niveau de la chaîne des contrôles, mais ça c’est l’appel qui va le prouver. Mais c’est très important car l’épargne des Français doit être protégée dans des systèmes de contrôle bancaire.

Christophe Barbier : Bernard Kouchner, selon Le Nouvel Observateur, aurait remis une lettre de démission à Nicolas Sarkozy à la fin d’août, à cause de la politique sécuritaire qu’il désapprouvait. Félicitez-vous Bernard Kouchner pour cette attitude de gauche ?

Ségolène Royal : euh… écoutez, je crois que…

Christophe Barbier : vous en restez silencieuse ?

Ségolène Royal : (rire) oui, j’en reste silencieuse parce que c’est quelqu’un que j’estime beaucoup. Je crois qu’il s’est fourvoyé dans ce gouvernement, et je ne vois pas ce qu’il pouvait en attendre d’autre par rapport aux atteintes portées aux droits de la personne humaine, sur des champs d’actions très im…

Christophe Barbier : (qui coupe la parole à Ségolène Royal) il aurait dû partir depuis longtemps, Bernard Kouchner ?

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Ségolène Royal : il n’aurait peut-être pas dû y venir surtout.

Christophe Barbier : Laurent Fabius considère que, hors lui, seuls Martine Aubry et Dominique Strauss-Kahn ont la carrure pour être président. Que lui répondez-vous, vous n’êtes pas sur la liste ?

Ségolène Royal : rien, pour l’instant, parce que je ne veux pas gâcher une dynamique d’union que j’ai voulue par des petites phrases ou par des réponses à des phrases qu’on a d’ailleurs déjà entendues dans le passé et qui aujourd’hui, face à la gravité de la situation et au sérieux de l’échéance présidentielle, je pense, n’ont pas leur place. Moi je ferai tout pour que l’esprit de rassemblement et d’union l’emporte car soit nous sommes unis, et nous gagnerons l’élection présidentielle, et nous devrons répondre à toutes les crises auxquelles la France est confrontée aujourd’hui, il y aura beaucoup de travail, soit nous sommes désunis et ce sera très difficile.

Christophe Barbier : pour clarifier cette situation, est-ce que vous demandez, comme beaucoup d’autres, à Dominique Strauss-Kahn de précipiter un peu son choix, de dire avant la fin de l’année s’il est candidat ou pas ?

Ségolène Royal : je pense qu’il ne faut pas faire de pression. Chacun est maître de ce qu’il sent. En même temps, bon, les échéances se rapprochent, et je crois que ce ne serait pas mauvais de clarifier les choses dans le courant de l’année, mais le moment viendra et chacun se positionnera calmement, sereinement. Les primaires auront lieu, elles seront transparentes, elles seront honnêtes, elles seront sincères, elles seront un grand moment politique démocratique dans notre pays pour choisir à la fois notre candidat ou notre candidate, et surtout le projet qui permettra de redresser la France.

Christophe Barbier : Bertrand Delanoë interdit une expo photo avec des photos un peu crues aux moins de 18 ans, il est critiqué à gauche, il a raison ?

Ségolène Royal : quand on voit le déferlement – hélas, hein – de pornographie que j’ai souvent dénoncé sur la télévision et sur Internet, je pense qu’un avertissement aux parents aurait suffi.

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Published by Militants de l'Espoir à gauche - dans Actualité
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commentaires

MASSUARD 09/10/2010 10:31



Que dit Ségolène ROYAL, que disent les socialistes par exemple du projet de l'Assistance Publique Hopitaux de Paris de faire payer les chambres individuelles 55€ par jour. La mesure devrait être
appliquée fin 2010 ou début 2011? Voir le blog AMECOVI  http://amecovi.over-blog.com/ . Il y a bien sur un espoir à gauche. Si c'est Ségolène ROYAL, il faut qu'elle le démontre.



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