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10 janvier 2011 1 10 /01 /janvier /2011 07:06

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Ségolène Royal était la première invitée de la nouvelle émission BFMTV 2012/Le Point/RMC, diffusée notamment sur la chaîne BFMTV. Divisée en 5 parties, l'émission a commencé par une interview d'une vingtaine de minutes par Olivier Mazerolle, de BFM.

Ses questions ont porté sur les domaines de l'actualité : l'assassinat de deux jeunes au Niger et l'armée française, le terrorisme.

Puis Ségolène Royal a condamné les paroles d'Olivier Mazerolle avec véhémence, qui avait mis dans la même phrase "islam", "actes terroristes" et "religion musulmane", tout en disant en passant qu'il ne fallait pas tout "confondre". Olivier Mazerolle en a été pour ses frais, et a finalement conclu par un "voilà", et est passé à autre chose, mal assuré dans sa diction.

Les sujets se sont alors enchaînés : la prise de position morale, éthique, et symbolique que Ségolène Royal pourrait prendre pour 2012 - l'interdiction des licenciements boursiers ; la définition d'un licenciement boursier ; l'importance du temps de travail à 35 heures pour éviter une nouvelle baisse du pouvoir d'achat ; faire des réformes justes et dans un consensus social ; l'idée jamais abandonnée ("pas un seul jour") depuis 2007 de se représenter à la présidentielle, qui a décontenancé Olivier Mazerolle.

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Puis Ségolène Royal a répondu à la question d'Olivier Mazerolle  : "Ça a commencé quand, cette idée?" en parlant de son engagement politique, tout entier tourné vers "la capacité à changer les choses".

Enfin, le thème des primaires et de l'éventuel retour de Dominique Strauss-Kahn fut abordé par Olivier Mazerolle, et Ségolène Royal a placé la barre très haut et nous a livré là deux éléments nouveaux : premier élément, si "Dominique revient", "je verrai s’il apparaît vraiment qu’il est dans une excellente situation pour pouvoir gagner". "Excellente" place la barre décidément très haut.

Deuxième élément : toujours dans le cas du retour de Dominique Strauss-Kahn, "soit il intègre l’ensemble des propositions que je fais, de la mutation économique, sociale, écologique, que j’ai l’intention de porter, dans son programme, et à ce moment-là en effet nous partons en équipe, soit il n’intègre pas cela dans son programme, et à ce moment-là les Français choisiront au cours du débat des primaires". Autrement dit, comme Ségolène le précisera en cinquième partie de l'émission, soit le programme de Dominique Strauss-Kahn devient ségo-compatible, et alors une équipe se formera, sans que le rôle de chacun soit défini à l'avance - en fonction de la situation analysée par Ségolène et Dominique, l'une pourrait être présidente, l'autre pourrait être Premier ministre, ou le contraire, par exemple - soit Dominique Strauss-Kahn et Ségolène Royal se présenteront séparément aux primaires, et les Français choisiront.

Une question à dix sous : quel dirigeant socialiste est-il prêt à intégrer dans son programme les propositions en matière de social-écologie, de renforcement du rôle de l'Etat, d'interdiction des licenciements boursiers, de retraite à 60 et 65 ans que fait Ségolène Royal, notamment ? Dominique Strauss-Kahn pourrait-il le faire? Et sera-t-il en "excellente situation pour pouvoir gagner" s'il revient, probablement tardivement ?

Les primaires organisées par le PS seront probablement très intéressantes cet été !

Frédérick Moulin

 

Retranscription de l'intervention de Ségolène Royal sur BFMTV le 9 janvier par MEAGSR/F.M.

Olivier Mazerolle : bonsoir Ségolène Royal.

Ségolène Royal : bonsoir.

Olivier Mazerolle : on a intitulé cette émission, pour cette première, « Ségolène Royal la persévérante ». Ça vous va comme qualificatif ?

Ségolène Royal : oui, c’est assez positif. (Rires)

Olivier Mazerolle : bon. Avant de parler de vos projets, de votre candidature à la primaire socialiste, pour être la candidate socialiste à la présidentielle, il faut que nous parlions de ce drame et de ce deuil qui frappent la France avec nos deux compatriotes qui ont été tués hier au Niger. Est-ce que vous avez le sentiment que la France est soudée dans le deuil ?

Ségolène Royal : oui, la France est soudée face à l’horreur de cet assassinat atroce de deux jeunes de 25 ans. Je pense au deuil et à la souffrance des familles, et je crois que le pays en effet tout entier est uni dans cette épreuve.

Olivier Mazerolle : au-delà des clivages politiques ?

Ségolène Royal : au-delà des clivages politiques, je crois qu’il y a suffisamment de sujets de confrontation politique, pour que face à un drame comme celui-ci, à une horreur comme celle-là, en effet nous soyons tous unis tous rassemblés pour en identifier les causes, et pour lutter contre ce qui conduit à de tels assassinats abominables.

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Ségolène Royal : "cet assassinat atroce de deux jeunes de 25 ans"

 Olivier Mazerolle : le fait que les soldats français aient participé à la poursuite aux côté des soldats nigériens des ravisseurs de nos compatriotes ne suscite pas chez vous la moindre critique ?

Ségolène Royal : je pense que s’ils l’ont fait, c’est en toute connaissance de cause et en accord avec le gouvernement nigérien, donc je crois que l’armée française qui accomplit des tâches difficiles dans les champs de projection extérieurs doit être soutenue dans toutes ses actions.

Olivier Mazerolle : vous êtes satisfaite que François Fillon reçoive demain les responsables parlementaires de toutes les formations représentées donc à l’Assemblée Nationale et au Sénat ?

Ségolène Royal : c’est normal en effet qu’en république, quand la nation est confrontée à des drames de cette importance, que la sécurité de nos ressortissants est gravement mise en cause, qu’en effet le gouvernement s’oblige à un travail d’information de l’opposition.

Olivier Mazerolle : et enfin, Nicolas Sarkozy a dit la détermination de la France à refuser le diktat des terroristes et du terrorisme. Vous adhérez ?

Ségolène Royal : bien sûr. Je crois que tout doit être fait pour lutter contre le terrorisme, contre le grand banditisme, nous ne savons pas encore quelles sont les raisons réelles de cet assassinat épouvantable, que ce soit le terrorisme, le grand banditisme, ces prises d’otages insupportables, intolérables, inadmissibles, et en effet tout doit être fait pour lutter contre le terrorisme.

Et puisque nous parlons de la sécurité de nos ressortissants et du travail de l’armée française, permettez-moi aussi d’avoir une pensée pour un jeune sous-officier qui est mort hier en Afghanistan et qui était originaire du régiment de Poitiers, là aussi je crois que la nation toute entière doit être aux côtés de nos soldats qui accomplissent des tâches extrêmement difficiles.

Olivier Mazerolle : plus de 50 soldats français qui sont morts en Afghanistan. Evidemment, tout ceci va nous amener à parler de l’islam, même s’il ne faut pas confondre ces actes terroristes et la religion musulmane, mais ça risque encore une fois de susciter quelques polémiques en France, et c’est Christophe Ono-Dit-Biot, le directeur adjoint du Point qui vous posera des questions à ce sujet dans la deuxième partie de cette émission, euh, tout à l’heure…

Ségolène Royal, l’interrompant : permettez-moi… permettez-moi Olivier Mazerolle de contester tout de suite ce rapprochement que vous venez de faire. Je ne l’accepte pas. Je n’accepte pas ce rapprochement, pardon, entre le terrorisme [« Non, j’ai bien dit que ce n’était pas la même chose. », se défend Olivier Mazerolle] je n’accepte pas cela. Mais le fait même de formuler ce que vous venez de formuler, c’est-à-dire de rapprocher le mot terrorisme et le mot islam est proprement insupportable pour tous les musulmans.

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Ségolène Royal : "Permettez-moi Olivier Mazerolle de contester tout de suite ce rapprochement que vous venez de faire. Je ne l’accepte pas. Je n’accepte pas ce rapprochement. Le fait même de formuler ce que vous venez de formuler, c’est-à-dire de rapprocher le mot terrorisme et le mot islam est proprement insupportable pour tous les musulmans."

Olivier Mazerolle : mais vous savez qu’il y a en France des gens qui vont faire le rapprochement.

Ségolène Royal : non. Non.

Olivier Mazerolle : vous ne croyez pas ?

Ségolène Royal : ils vont faire le rapprochement peut-être avec l’intégrisme, avec l’islamisme, mais certainement pas avec l’islam et avec les musulmans qui se sentent tous humiliés et insultés lorsque l’on rapproche ces deux concepts. En plus c’est très dangereux parce que pour les Français qui n’ont pas forcément toutes les informations nécessaires, ils vont faire… ils vont…

Olivier Mazerolle, interrompant Ségolène Royal : le Conseil Français du Culte Musulman a condamné…

Ségolène Royal : eh bien voilà. Vous avez raison de le rappeler.

Olivier Mazerolle : voilà. Alors… euh… on reparlera de tout cela dans la deuxième partie de l’émission. Vous avez revendiqué l’héritage de François Mitterrand. La campagne de 1981, de François Mitterrand, avait été marquée par une prise de position morale très forte sur la condamnation de la peine de mort, il avait dit d’ailleurs qu’il abolirait la peine de mort s’il était élu président de la République alors que la majorité des Français était favorable à cette peine. Quelle pourrait être la prise de position morale, éthique, de Ségolène Royal, en 2012 ?

Ségolène Royal : d’abord, merci d’avoir rappelé, c’est vrai, cet engagement de François Mitterrand qui résume bien la grandeur du personnage historique qu’il était, puisqu’il a pris ce risque politique en pleine campagne présidentielle sachant qu’il allait à l’encontre de l’opinion majoritaire des Français, et s’il l’a fait c’est parce qu’il considérait que la peine de mort était une forme de barbarie. Alors vous me demandez maintenant quelle décision je prendrais dans cette hypothèse : bon, nous n’en sommes pas encore au débat sur les projets, j’y travaille beaucoup comme vous le savez, et le temps viendra et notamment dans le cadre du débat des primaires pour dire très clairement et très franchement à l’ensemble des Français ce que les uns et les autres nous aurons l’intention de faire. Et dans ces primaires, je dirai très clairement et très franchement ce que j’aurai l’intention de faire, même s’il s’agit de choses impopulaires.

Olivier Mazerolle : et vous avez une idée… éthique, comme ça, qui pourrait marquer l’ambiance de votre campagne ?

Ségolène Royal : écoutez, en y réfléchissant tout en vous parlant, je dirais peut-être que la barbarie des temps modernes, la barbarie d’aujourd’hui, qu’est-ce que c’est que la barbarie d’aujourd’hui ? Ce sont les hommes et les femmes qui sont considérés comme des choses dans les entreprises, dans certaines entreprises, et qui sont liquidés lorsqu’il faut chercher une rentabilité boursière ou une rentabilité financière immédiate. Et ça je ne l’accepte pas, je n’accepte pas cette ‘chosification’ des hommes et des femmes et je pense qu’il faudra remettre de la dimension humaine dans toutes les politiques.

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Alors une décision très claire, très ferme, immédiate que je prendrai ce sera celle de l’interdiction des licenciements boursiers, puisqu’on l’a vu récemment, et je l’ai vu en allant rencontrer les ouvriers de l’usine LU, que 10 ans après les tribunaux leur ont donné raison, et ont déclaré que ces licenciements boursiers étaient illégaux. Alors moi je pense qu’il faut inscrire dans la loi l’interdiction des licenciements boursiers, et pour que ces grandes entreprises cotées en bourse comprennent bien le message, pour que ces interdictions soient bien efficaces, il faudra prévoir le remboursement immédiat de l’ensemble des aides publiques reçues par les entreprises qui délocalisent ou qui licencient lorsqu’elles font des profits. Et croyez moi, ça fait beaucoup, beaucoup d’argent, car les allègements fiscaux et les allè…

Olivier Mazerolle, lui coupant la parole : qu’est-ce que… qu’est-ce que c’est qu’un licenciement boursier, parce que beaucoup d’entreprises disent : mais on a encore de bons chiffres d’affaires, on est encore rentables, amis ça ne va pas durer, donc il faut prendre les devants ?

Ségolène Royal : alors c’est très simple, parce qu’un licenciement boursier a été défini maintenant par les tribunaux : un licenciement boursier c’est un licenciement qui n’a aucune raison d’être, c’est-à-dire dans une entreprise qui fait des profits, dans une entreprise qui est florissante, mais dans une entreprise qui veut encore gagner plus d’argent, ou bien dans une entreprise qui subit le diktat d’un marché financier, c’est à dire de fonds qui se sont investis dans cette entreprise, et qui exigent une augmentation de la rentabilité immédiate de ces fonds placés, aux dépens des hommes et des femmes qui travaillent dans cette entreprise et qui ont fait la valeur capitalistique de l’entreprise.

Olivier Mazerolle : est-ce que vous pourriez le faire, dans la mesure où la France se trouve dans un grand ensemble qui s’appelle l’Europe ? Jean-Pierre Chevènement qui vient de publier un livre qui s’intitule La France est-elle finie ? dit : « La gauche s’est résignée au néolibéralisme quand elle a choisi l’Europe en 1983. ». C’est François Mitterrand.

Ségolène Royal : oui. J’ai beaucoup d’estime pour Jean-Pierre Chevènement, et d’ailleurs son livre est très intéressant, il me l’a envoyé et je l’ai lu : moi ce qui m’intéresse, c’est le temps d’aujourd’hui et ce qu’il faut construire pour demain. Et d’ailleurs il le dit très bien dans son livre, il regarde ce qui se passe du côté de l’Allemagne, il n’a pas toujours été un grand admirateur de l’Allemagne, mais aujourd’hui il est obligé de constater que l’Allemagne qui a une véritable politique industrielle, un gouvernement allemand qui ne tolère pas que des industries ferment, qui ne reste pas inerte face à la fermeture d’industries, or en France on a un gouvernement inerte face à la fermeture des entreprises.

Est-ce qu’il y a une autre façon de faire ? Ma réponse est oui. Pourquoi et comment ? Par exemple, il faudrait que l’Etat puisse rentrer au capital des entreprises stratégiques, comme je l’ai fait dans la région que je préside, j’ai démontré que c’était possible en entrant au capital d’une entreprise qui produit le véhicule électrique, et nous avons réussi à sauver cette entreprise. Donc il y a des solutions alternatives à ce que Jean-Pierre Chevènement appelle l’économie libérale, et qui est devenue de plus en plus féroce, à l’économie financière aujourd’hui, et la logique des choses, [Olivier Mazerolle essaie d’interrompre Ségolène Royal] juste un mot, puisqu’aujourd’hui l’économie financière ne fonctionne qu’à son propre profit, donc elle a été même détournée de son rôle, puisque la finance est là pour être au service de l’économie, l’économie au service du bien-être des hommes et des femmes, et pour leur donner du travail et des salaires, et on est dans un système qui s’est totalement inversé, donc qu’il faut remettre à l’endroit par rapport à cette logique.

Olivier Mazerolle : alors, tout de même, au nom du nécessaire retour à la compétitivité de l’économie française, Manuel Valls, qui lui aussi est candidat aux primaires socialistes, dit : il faut remédier aux 35 heures, il faut détricoter les 35 heures. Quelle est votre position sur les 35 heures, parce qu’en 2007, vous avez parlé des 35 heures, vous avez été en partie critique, pas totalement. Comment vous envisagez cette question aujourd’hui ?

Ségolène Royal : revenons peut-être sur ce que j’ai dit en 2007, hein, c’était le moment de l’application des 35 heures et beaucoup de salariés ont souffert au moment de l’application des 35 heures lorsqu’elles ont été mal appliquées. Par exemple, dans certaines entreprises, les salariés se sont vus imposer des cadences supplémentaires, je citais l’exemple des abattoirs, où tout d’un coup les cadences ont augmenté, et le travail devenait invivable. Or ce qui est très important sur l’application des 35 heures, c’est de mieux organiser le travail, de mieux organiser la formation professionnelle pour que l’heure travaillée soit beaucoup plus compétitive.

Olivier Mazerolle : donc il faut pas les abandonner ?

Ségolène Royal : d’abord, vous savez depuis il y a eu 5 ou 6 lois, donc elles ont déjà été considérablement assouplies, les 35 heures.

Olivier Mazerolle : donc il ne faut pas les abandonner, mais ne pas revenir à ce qui s’est fait au départ ?

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Ségolène Royal : il ne faut surtout pas les abandonner. Pourquoi ? Parce que si vous abandonnez, si vous remettez en cause la durée légale du travail, vous diminuez le pouvoir d’achat. C’est la durée légale du travail … [«Mais il faut pas r’venir… », tente Olivier Mazerolle] pour que les Français comprennent bien, la durée légale du travail, les 35 heures, c’est ce qui permet de payer davantage les heures supplémentaires. Si vous bougez ce curseur, à ce moment-là vous allez payer moins les heures supplémentaires, donc vous allez encore baisser le niveau des salaires. Or le principal problème de l’économie française aujourd’hui, c’est les salaires trop bas. C’est les salaires trop bas, c’est-à-dire une demande économique trop basse, voilà le principal problème de l’économie française aujourd’hui, et d’ailleurs en Europe.

Olivier Mazerolle : la compétitivité de la France, si l’on monte les salaires ?

Ségolène Royal : mais la compétitivité de la France, elle se fait comment d’abord ? Elle se fait dans le dialogue social : or vous avez vu que même [sur] une réforme aussi importante que la réforme des retraites, qui concerne un patrimoine commun à tous les Français, [cela] n’a pas pu être fait parce que le gouvernement n’a pas écouté les partenaires sociaux et n’a pas écouté les Français. Une nation forte, c’est une nation qui accomplit des réformes dans un consensus social. Et pour avoir un consensus social, il faut sécuriser les Français. Et pour sécuriser les Français, il faut leur donner la justice sociale. C’est-à-dire que si l’on veut conduire un pays vers les réformes, il faut d’abord donner aux Français la garantie que les efforts demandés seront équitablement répartis. Or c’est tout le contraire qui se passe aujourd’hui puisque jamais il n’y a eu autant d’inégalités dans la France dans laquelle nous vivons aujourd’hui.

Olivier Mazerolle : vous êtes candidate aux primaires, je voudrais vous montrer quelques images qui vont vous rappeler quelques souvenirs.

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Les militants amassés devant le siège du PS rue de Solférino, le 6 mai 2007 au soir, après l'annonce des résultats : "Ségolène, mer-ci! Ségolène, mer-ci!"

[Le 6 mai 2007 au soir, après l’annonce des résultats du 2ème tour de la présidentielle, la foule immense, amassée devant le siège du PS rue de Solferino crie « Ségolène, mer-ci !, Ségolène, mer-ci ! », et Ségolène dit : « Nous devons construire ensemble le renouveau qui nous conduira vers la victoire future ! »]

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Ségolène Royal le 6 mai 2007 au soir, après l'annonce des résultats, sur le toit de Solférino, devant la foule amassée des militants : "Nous devons construire ensemble le renouveau qui nous conduira vers la victoire future !"

Olivier Mazerolle : « … qui conduira vers la victoire future. ». Vous n’avez jamais abandonné, finalement, c’était le soir de votre défaite quand même, hein, vous n’avez jamais abandonné cette idée de vous représenter ?

Ségolène Royal, du tac au tac, souriante : jamais.  

Olivier Mazerolle, après un silence de trois secondes, surpris : jamais, à aucun moment ?

Ségolène Royal : non, jamais.

Olivier Mazerolle : depuis, donc, c’était le 6 mai 2007, nous sommes trois ans et quelques après, pas un seul jour vous n’avez abandonné cette idée ?

Ségolène Royal : pas un seul jour.

Olivier Mazerolle : et qu’est-ce qui motive cette conviction chez vous, vous avez dit hier : « Je rêve depuis longtemps de succéder à François Mitterrand. ». D’ailleurs, ça a commencé quand cette idée ?

Ségolène Royal : peu importe. Peu importe, elle a sans doute cheminé dans ma vie politique, peut-être auprès de François Mitterrand, dans l’observation du travail quotidien et de la capacité qu’il avait à réformer la France, et puis c’est quelque chose que j’ai ancré au plus profond de moi, maintenant, comme je l’ai dit, ce n’est peut-être pas moi qui serai désignée, mais c’est un engagement, c’est vrai, c’est un engagement très profond, que j’ai nourri aussi au contact de mes mandats locaux. C’est-à-dire le goût de la politique, c’est le goût de la morale de l’action, la capacité à changer les choses.

C’est l’amour de la France, l’amour des Français, l’amour des territoires, de ceux et celles qui y habitent, et chaque fois que j’ai eu la chance d’exercer des responsabilités politiques, qu’elles soient ministérielles ou qu’elles soient de députée, qu’elles soient de présidente de région aujourd’hui, et ceux qui m’entourent pourraient le dire, et les hommes et les femmes qui me voient travailler pourraient le confirmer, chaque jour je me dis : mais qu’est-ce que j’ai fait aujourd’hui pour pouvoir faire avancer les choses, réformer, bouger, améliorer la vie des gens, régler les problèmes, trouver des solutions aux difficultés quotidiennes, et puis pour faire avancer et déployer le potentiel et l’énergie et le savoir-faire des hommes et des femmes qui habitent et qui vivent dans notre pays, et qui veulent aussi le voir avancer ?

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Olivier Mazerolle : vous avez laissé entendre que vous pourriez retirer votre candidature aux primaires si Dominique Strauss-Kahn revenait. Ets-ce que ce retrait sera automatique s’il annonce son retour, ou bien c’est un retrait sous conditions ?

Ségolène Royal : d’abord ce n’est pas l’essentiel. L’essentiel, c’est ce que diront les Français…

Olivier Mazerolle : bien sûr, mais…

Ségolène Royal : … à la fois dans les primaires… Oui mais c’est très important, parce que les opérations d’appareil ou les arrangements sont toujours très mal vus par l’opinion. Vous savez l’élection et la politique, Olivier Mazerolle, c’est très simple, c’est le moment ou des millions d’hommes et de femmes vont mettre leur bulletin dans l’urne. Et la responsabilité de la politique, c’est d’arriver à convaincre, bien évidemment, mais c’est surtout de dessiner une espérance, de donner envie aux gens de continuer à avancer. Moi, quand je vois aujourd’hui que la France est le pays le plus pessimiste au monde, je n’accepte pas, je n’accepte pas que la France soit le pays le plus pessimiste au monde.

Olivier Mazerolle : d’accord Ségolène Royal, mais si Dominique Strauss-Kahn revient avant les primaires, [« Oui, je vais… je vais répondre à votre question. », dit Ségolène Royal pendant qu’Olivier Mazerolle continue sa phrase] qu’est-ce que vous faites, là ? Vous dites : je m’en vais automatiquement ; ou bien : je verrai en fonction des circonstances ?

Ségolène Royal : vous savez, moi je m’engage avec beaucoup d’humilité dans cette candidature, parce que c’est une décision lourde à prendre, c’est l’engagement d’une vie, ça pèse sur les proches, il faut être à la hauteur de ce défi, et donc j’ai toujours dit que s’il y avait quelqu’un qui était mieux placé que moi pour l’emporter en 2012 parce qu’il faut refermer cette parenthèse du pouvoir que nous subissons aujourd’hui parce que la France mérite beaucoup mieux que ce qu’elle a et a soif de justice et de respect, et donc si on veut donner cela aux Français, il faut en effet l’emporter sur la droite en 2012, et donc…

Olivier Mazerolle, coupant la parole à Ségolène Royal : c’est le sondage qui décidera ?

Ségolène Royal : pas seulement, je pense que nous déciderons ensemble, mais il y a deux hypothèses : soit Dominique revient, j’ai toujours dit qu’à ce moment-là je discuterais avec lui, je verrai s’il apparaît vraiment qu’il est dans une excellente situation pour pouvoir gagner, à ce moment-là de deux choses l’une : soit il intègre l’ensemble des propositions que je fais, de la vision de la France qui est la mienne, de la mutation économique, sociale, écologique, que j’ai l’intention de porter, soit il intègre cela dans son programme, et à ce moment-là en effet nous partons en équipe, soit il n’intègre pas cela dans son programme, et à ce moment-là les Français choisiront au cours du débat des primaires, c’est une formidable avancée les primaires, puisque nous aurons chacun à dire quelle est notre vision de la France et comment nous allons nous y prendre pour assurer cette mutation et cette transformation de notre pays vers une situation meilleure, et en tout cas vers une situation plus juste et qui met un coup d’arrêt à la dégradation, à la paupérisation, à la précarisation de millions de familles et de petits retraités aujourd’hui.

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