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17 juillet 2010 6 17 /07 /juillet /2010 00:45

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Photo : Fondation Andréas G. Papandréou

Le 13ème Symposium de Symi, cette année dans l’île de Poros, s’est achevé jeudi soir vers 20h30. Cette année encore, cette rencontre internationale au plus haut niveau des forces progressistes, sous l’égide du premier ministre grec Georges Papandréou, a permis des échanges fructueux, autour du thème central de la crise grecque. Ségolène Royal a participé à plusieurs ateliers de travail et a prononcé un discours, et le seul article mis en ligne sur le site du Symposium de Symi est celui diffusé aux adhérents de Désirs d’avenir et daté du 13 juillet 2010 ; le nom de Ségolène Royal et de son association y apparaissent explicitement.

Le premier ministre grec avait notamment invité Kemal Dervis, économiste et politicien turc, et c’est un élément notable dans les relations greco-turques. Kemal Dervis est vice-président de la Brookings Institution, l’un des plus anciens think tanks américains, basé à Washington D.C., qui traite notamment des divers aspects des sciences sociales. Il intervient aussi auprès de l’Organisation Internationale du Travail (OIT, ILO en anglais) à Genève. Il a été jusqu’en 2009 responsable du Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD).

Il retrace dans cette première vidéo de Poros les principaux thèmes abordés : crise grecque, réforme du système financier et des banques, conditions d’un système fiscal équitable, priorité donnée aux plus démunis (« vulnerable »), mise au point sur la densité du travail en Allemagne d’une part et en Grèce et Turquie d’autre part, nécessité pour les habitants des pays méditerranéens de concrétiser leur lien de responsabilité à la société dans laquelle ils vivent. Il évoque aussi ce qui fait la spécificité des Symposiums de Symi.

Frédérick Moulin

-oOo-

 

 

Traduction française pour Militants de l'Espoir à Gauche avec Ségolène Royal par F.M & F.M.

 « Je m’appelle Kemal Dervis ; il y a neuf ans pendant la crise j’étais ministre de l’Economie en Turquie, puis j’ai été responsable du Programme des Nations Unies pour le Développement. Maintenant, je travaille pour quelqu’un de généreux à Istanbul et pour la Brookings Institution [l’un des plus anciens think tanks américains en sciences sociales à Washington D.C., NdlR], et aussi pour l’OIT à Genève.

C’est bon d’être de retour, pour le séminaire de Symi, cette année à Poros, en ces temps de difficulté pour la Grèce mais aussi d’opportunité. Et je pense que le volet « opportunité » est très important. Il y a neuf ans, nous avons également eu une crise vraiment terrible en Turquie. La dette atteignait presque 100% du PIB, les gens étaient démoralisés, le pessimisme et l’inquiétude régnaient, et il fallait mettre en place un programme de réformes très sévère. La seule chose importante en effet est de réaliser de profondes réformes structurelles. Quand les choses vont bien, les gens n’ont pas vraiment la volonté de mettre en place des réformes profondes. Quand les problèmes surgissent, je crois que les citoyens de chaque pays s’unissent face à l’adversité et j’espère que c’est ce que la Grèce est en train de faire pour mettre en œuvre des réformes vraiment profondes.

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Kemal Dervis, James K. Galbraith et le premier ministre grec Georges Papandréou (photo : Fondation Andréas G. Papandréou)

Bien sûr, la crise n’est pas seulement la faute de la Grèce. La gestion des affaires par le passé a malheureusement rendu la Grèce très vulnérable, mais les circonstances économiques mondiales ont aussi contribué à la crise. Mais la Grèce n’a pas d’influence sur ces dernières, malheureusement. C’est le monde qui doit lui-même se réformer, se doter de règles financières plus strictes, notamment bancaires, pour empêcher les attaques spéculatives qui ont été une des causes de la crise. Mais une autre partie du problème vient bien sûr de la structure de l’économie grecque, de sa capacité de croissance, de l’équité du système fiscal, du fait que chaque citoyen contribue équitablement au budget de la nation, tout particulièrement les citoyens les plus riches, mais aussi de sa capacité à organiser un nouveau système dans lequel les contributions au budget de la nation seront bien plus équitables, et où les pistes pour la croissance seront modernisées, dans l’économie verte, dans le secteur des services, et du tourisme, qui sera toujours une spécificité de l’économie grecque. Je crois que la période que nous traversons est très importante.

Il y a eu beaucoup de bonnes idées ; les idées sont débattues, ce n’est pas facile, la science économique n’est pas comme la science physique, ce n’est pas une science exacte, mais je crois qu’un consensus s’est dégagé pour dire que ce n’est pas tant l’austérité mais la responsabilité et la discipline qui sont importantes. La responsabilité, et la responsabilité signifie bien sûr que tous ceux qui participent à l’économie grecque doivent apporter leur contribution. Je propose aussi que le secteur bancaire fasse l’objet d’une attention particulière. Il a été touché par la crise, mais c’est un secteur bancaire globalement fort, et je pense qu’il est important de s’assurer qu’il puisse financer l’investissement. Il est également important d’en avoir une bonne appréhension, d’avoir les bonnes règles, et de faire dans ce domaine tout ce qui est nécessaire rapidement.

Je pense qu’un autre point important est de s’assurer que les plus vulnérables, ceux qui sont le plus durement touchés, les populations les plus pauvres de la société, soient pris en charge. Je crois que dans le programme global des réformes, le point le plus important, l’initiative visible de tous, est la prise en charge des plus vulnérables. Bien sûr, chacun mérite d’être aidé, pas uniquement les plus pauvres, aussi les contribuables des classes moyennes, mais l’argent manque pour atteindre ce but, c’est pourquoi le destiner prioritairement aux plus pauvres est important. Et un autre point que tant de gens soulignent est le système d’imposition, le fait que ceux qui peuvent payer, qui font des profits, qui ont de bons revenus, paient réellement leurs impôts. Personne n’aime le faire, mais cela doit être fait dans tous les pays. Et unir le pays autour d’un système fiscal qui fonctionne, où ceux qui peuvent payer payent, et bien sûr où ces paiements sont utilisés par le gouvernement pour des services tout à fait tangibles et visibles rendus aux citoyens, des infrastructures aux services sociaux, c’est très important.

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George Papaconstantinou, ministre grec des Finances, Kemal Dervis, et Joseph Stiglitz, prix Nobel d'économie 2001 

Les pays du Nord ont tendance à considérer les pays méditerranéens comme des pays où il fait bon vivre : et bien vivre est agréable ; en fait, c’est quelques fois un peu exagéré. Les chiffres de l’OCDE montrent que les Grecs et les Turcs ont un temps de travail quotidien supérieur à celui des Allemands, et il en va de même pour le nombre d’heures travaillées chaque année. Mais, vous savez, c’est quelques fois plus complexe. Les Allemands prennent plus de vacances, ils ont de nombreux jours fériés. En fait, nous devons travailler plus car nous ne sommes pas tout à fait aussi riches qu’eux.

Mais vous avez raison, quelques fois dans les pays méditerranéens, les règles ne sont pas appliquées. Nous sommes très flexibles, nous nous entraidons, mais quelques fois cette flexibilité nous amène à ne pas être responsables vis-à-vis de la société. Je pense qu’ici il y a un bon équilibre et un mauvais équilibre. Si chacun est irresponsable, alors cela devient très difficile de désigner une personne ou une famille comme responsable. Alors, c’est une sorte de bond en avant. Il faut faire ce bond en avant afin que chacun sache que cette société est une société de citoyens responsables. Si un trop grand nombre de citoyens échappent à cette responsabilité, il sera alors difficile d’attendre des autres qu’ils soient responsables. Donc il faut franchir le pas, non pas graduellement, mais d’un seul coup. Et la crise donne à la Grèce une occasion de le faire, comme dans la crise turque il y a neuf ans.

 Les discussions sont très franches et informelles, ces deux aspects étant importants, car si vous êtes trop formel, alors parfois vous risquez de ne pas être totalement honnête. Je crois qu’à la façon dont c’est organisé, les participants disent réellement ce qu’ils pensent, et le premier ministre Papandréou encourage cela. Il n’étouffe pas la discussion, il l’encourage, donc les participants peuvent avoir des points de vue divergents, et ils peuvent librement exprimer leurs divergences, ce qui est un point important. L’autre point important est la diversité ; il y a des valeurs communes mais des opinions diverses, et je pense que c’est également une bonne chose que de rassembler diverses opinions.

 Et puis il y a au cœur du groupe des gens qui se connaissent, qui ont suivi les réunions au fil des ans, qui peuvent parfois voir les erreurs de jugement que nous avons faites en nous forgeant notre propre opinion, et qui peuvent nous permettre de les corriger. La continuité du symposium est aussi un bon élément. Et bien sûr il y a aussi le fait que nous puissions amener nos familles, que l’amitié qui nous lie n’est pas seulement professionnelle, mais a des racines qui s’enfoncent plus profondément, dans nos familles, nos enfants, nos partenaires, et ça rend l’événement très spécial . »

Transcription originale en anglais par Militants de l'Espoir à Gauche avec Ségolène Royal

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Published by Militants de l'Espoir à gauche - dans Europe
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commentaires

Monique Ayrault 17/07/2010 09:07



Merci du magnifique travail que vous effectuez à militant de l'espoir à gauche avec Ségolène....


C'est important de suivre notre Leader et de connaitre ses positions politiques même à l'étranger...


 



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