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16 décembre 2010 4 16 /12 /décembre /2010 09:03

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Ségolène Royal était l’invitée des 4 Vérités sur France 2 hier matin. Elle a répondu aux questions de Roland Sicard sur la faible augmentation du smic, sans « coup de pouce », et de la moralisation le capitalisme financier dans une France où les « patrons des grands groupes », eux, touchent 200 fois ce smic, en citant la victoire des « p’tits LU » dans la décision de la cour d’appel de Paris le 2 décembre dernier, et en appelant à plus de « justice dans la répartition des revenus ».

Interrogée sur « les heures difficiles »à venir annoncées par François Fillon, elle a attaqué sur l’Etat qui n’est « plus en mesure de répondre aux situations de crise », entraînant une « perte de crédibilité de la parole politique ».

Sur le thème du budget 2011, la présidente de la Région Poitou-Charentes a fustigé l’absence de justice de la répartition des recettes, et l’absence de priorité définies : elle en a proposé quatre, la croissance verte, l’emploi des jeunes, l’emploi des seniors, et l’éducation et la formation.

Questionnée sur le calendrier des primaires soutenu par Martine Aubry, elle a souligné que l’important était de se tourner maintenant vers les Français qui souffrent et se battent, pour construire un projet avec eux.

Enfin, interrogée sur Dominique Strauss-Kahn, elle a indiqué qu’elle ne souhaitait « pas que les socialistes continuent à se parler trop les uns aux autres », pour concentrer leurs efforts à construire et à être dans l’action pour regagner la confiance des Français, ajoutant tout juste qu’elle se plaçait toujours dans le cadre d’un « dispositif gagnant » avec DSK.

F.M.

 

Retranscription par MEAGSR/F.M. et Ségolène-Royal-Vidéos

Roland Sicard : bonjour à tous, bonjour Ségolène Royal.

Ségolène Royal : bonjour.

Roland Sicard : hier, il y a deux chiffres qui sont tombés à peu près en même temps, d'une part l'augmentation du smic, qui sera au minimum, et d'autre part, le salaire des grands patrons qui représentent 190 fois le smic même si il est un petit peu en baisse. Est-ce que dans le rapprochement de ces deux chiffres il y a quelque chose qui vous choque ?

Ségolène Royal : bien sûr, on a la dans ce rapprochement de ces deux chiffres, le smic a 1073 €, comment peut-on vivre aujourd'hui avec 1073 € nets par mois, alors que les prix de l'alimentation augmentent, et que les loyers flambent. Et d'un autre côté on apprend que les patrons des grands groupes se payent 200 fois le smic, c’est-à-dire en moyenne 200 000 € par mois, sans compter bien évidemment tous les avantages, les stock-options, etc. Donc on est dans une société profondément inégalitaire. Moi je vais vous dire, une société inégalitaire est une société qui cours à sa perte, et qui est de toute façon très inefficace. Souvent on se demande pourquoi l'Allemagne par exemple est plus efficace que la France, il est évident qui si les Français ont le sentiment que les efforts sont inégalement répartis, alors ils perdent confiance, et moi je veux construire une société de confiance.

Roland Sicard : est-ce qu'il faut encadrer les salaires des grands patrons?

Ségolène Royal : je pense qu'il faut de toute façon, ça a été maintes fois promis, moraliser le capitalisme financier, et hier j'étais auprès des ouvriers de LU qui illustrent très bien ce que vous venez de dire. Puisque ces ouvriers viennent d'obtenir après 10 ans de procédure une condamnation de leur groupe, du CAC 40, le groupe LU/Danone, qui les avaient licenciés alors qu'ils faisaient de superprofits. Et la cour d'appel vient de leur donner raison, c’est-à-dire de déclarer illégaux ces licenciements boursiers. Il faut là que tous les ouvriers, tous les salariés qui m'entendent, sachent que désormais ils n'ont plus à accepter que des grands groupes qui font des profits mettent les salariés sur le carreau. Donc vous voyez la brutalité et la violence de ces inégalités.

Roland Sicard : mais je reviens à ma question, est-ce que vous pensez qu'il faut encadrer le salaire des grands patrons ou pas?

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Ségolène Royal : mais oui bien sûr, mais ça a été dit maintes fois. On avait dit que les hauts salaires seraient taxés, on avait dit que les stock-options seraient limitées, on avait dit que les revenus financiers seraient autant taxés que les revenus du travail. Ce qu'il faut, c'est passer des discours aux actes. Or même le président de la République avait promis cela, rien ne s'est passé depuis. Ce qui est anormal dans une société c'est que le travail soit davantage taxé que les revenus du capital, et c'est possible de le faire, donc il faudra le faire.

Roland Sicard : et le smic, il fallait l'augmenter davantage selon-vous ?

Ségolène Royal : là, le smic ne va augmenter que de 1,6% au 1er janvier. Ça fait cinq années consécutives qu'il ne reçoit pas ce qu'on appelle le coup de pouce. Or on a vu récemment les résultats de l’augmentation des prix de l'alimentation, je les ai évoqués tout à l'heure. Donc il faut au moins que le smic ne perde pas de pouvoir d'achat, et que les bas salaires soient avantagés par rapport aux très hauts revenus. Et ce qui est plus grave, c'est que le gouvernement vient de supprimer la sanction sur les entreprises qui ne vont pas répercuter cette petite augmentation de 1,6%. Pourquoi ? Pourquoi est-ce que, en plus, le gouvernement donne le signal aux entreprises qu'elles pourront ne même pas respecter cette augmentation contractuelle salariale ? Donc on est dans un pays qui marche sur la tête, parce que tout ce qui avait été promis en termes de réduction des inégalités, c'est le contraire qui est fait, et je crois que cela décourage les Français. Quand les Français sont découragés alors l'économie est moins performante. Moi je pense que plus de justice dans la répartition des revenus donne plus de pouvoir à une société, parce qu'elle a envie d'aller de l'avant dès lors que les gens se sentent sécurisés, et ce qui n'est pas le cas aujourd'hui.

Roland Sicard : hier soir François Fillon a annoncé des heures difficiles, est-ce que vous êtes aussi de cet avis?

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Ségolène Royal : écoutez, c'est très inquiétant parce que les heures sont déjà très difficiles, des millions et des millions de Français souffrent très cruellement de la précarité. 25% des jeunes sont au chômage, 17% d'entre eux sont en dessous du seuil de pauvreté, les familles monoparentales, notamment les femmes seules qui élèvent des enfants, sont en très grande difficulté. Et je pense qu'au lieu d'annoncer des heures difficiles, le gouvernement ferait mieux de se retrousser les manches et de se mobiliser pour que les Français connaissent des heures moins difficiles, c'est cela qu'on attend d'un gouvernement.

Roland Sicard : mais François Fillon justement on le voit de plus en plus depuis le remaniement, est-ce que vous le trouvez dans son rôle?

Ségolène Royal : il est davantage dans son rôle, avant on voyait tout le temps le président de la République, qui a un peu disparu. Aujourd’hui on voit le Premier mi…

Roland Sicard, l’interrompant : vous trouvez que Nicolas Sarkozy a disparu?

Ségolène Royal : en tout cas, il laisse plus d'espace à son Premier ministre, peut être parce que les choses vont de plus en plus mal. On ne voit guère les ministres, d'ailleurs je crois que globalement ça reflète une forme de dysfonctionnement de l'État. C’est-à-dire, on sent que les services publics sont fragilisés, on voit des zizanies entre le ministre de l'Intérieur et le ministre de la Justice, mais surtout ce qui me frappe, c'est que l'État n'est plus en mesure de répondre aux situations de crises. On l'a vu avec la crise Xynthia, où il y a eu plusieurs dizaines de morts avec un État qui n'est pas intervenu à temps. On l'a vu avec les intempéries. On le voit aussi dans la France des outre-mers, puisque peut-être [que] c'est passé inaperçu mais hier il y avait une très grosse manifestation en Guadeloupe, avec Élie Domota. Et on voit que sur des engagements que l'État a pris en mars 2009, avec les accords sur la Guadeloupe, aucun de ces points d'accord n'est actuellement encore appliqué, donc on se demande si la parole de l'État a encore un sens. Et globalement je crois qu'il y a une perte de crédibilité de la parole politique, donc il y a un gros travail de reconquête de la crédibilité de la parole politique, c’est-à-dire que l'État doit tenir parole tout simplement.

Roland Sicard : aujourd'hui les députés votent le budget 2011, c'est un budget que vous diriez de rigueur, d'austérité ?

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Ségolène Royal : mais qu'est-ce que c'est que le budget d'une nation ? Le budget d'une nation c'est d'abord des recettes et des dépenses. Donc des recettes, normalement on doit avoir des recettes équitablement réparties avec de la justice, on a vu à l'instant qu'il n'en était rien, il n'y a pas de réforme fiscale, en tous cas celle qui avait été promise n'est pas faite puisqu'on aurait du voir les hauts revenus taxés davantage que les petits, et c'est le contraire qui est fait encore dans ce budget. Et du côté des dépenses, qu'est-ce que c'est que le budget d'une nation ? C'est de voir apparaître des grandes priorités. On ne voit pas ces grandes priorités. Moi je propose que les grandes priorités ce soient la croissance verte, or c'est le contraire qui vient d'être fait avec cette décision aberrante de gel de tous les projets liés à l'énergie photovoltaïque et à l'énergie solaire par exemple. Donc j'aurais fait moi un budget avec une priorité sur la croissance verte parce que c'est là qu'on crée des emplois, une priorité sur l'emploi des jeunes, avec un pacte de confiance pour l'emploi des jeunes et l'emploi des seniors, et puis une priorité sur l'éducation et la formation puisque on vient malheureusement d'apprendre que le rang de la France a reculé dans ce domaine, puisqu'on est passé en dessous de la moyenne des pays européens, il n'y a pas de fatalité, là aussi il faut un combat de reconquête de l'éducation.

Roland Sicard : sur les primaires du Parti Socialiste, vous êtes candidate, vous demandez que ces primaires soient avancés, Martine Aubry a dit non, est-ce que vous espérez la convaincre?

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Ségolène Royal : vous savez, je crois qu'il ne faut pas entretenir le feuilleton de la date. J'ai dit ce que j'avais à dire en fonction de l'expérience et je suis la seule dans ce contexte à avoir l'expérience de la précédente campagne. Je crois que maintenant il faut se tourner vers les Français, c'est ce que je fais en tout cas parce que je crois qu'un projet politique se construit avec les citoyens et non pas contre eux ou sans eux. Et aujourd'hui je crois qu'il y a une France qui souffre, une France qui a envie aussi de réussir, une France qui se bat, des Français qui veulent voir leur pays se relever, et c'est ce que j'ai vu encore récemment en allant visiter des jeunes qui viennent de créer leur entreprise et qui se demandent pourquoi les banques ne leur font pas confiance et ne leur prête pas pour les aider à créer des emplois par exemple donc il y a énormément de choses positives à faire.

Roland Sicard : vous aviez dit que vous discuteriez avec Dominique Strauss-Kahn, est-ce que vous lui avez parlé?

Ségolène Royal : bien sûr je lui ai parlé, vous le savez. Je lui ai parlé récemment, voilà, maintenant je pense qu'il réfléchit, et puis qu’il donnera sa décision quand il le souhaitera. Donc n'y revenons pas non plus, je crois que toutes les choses ont été dites sur les questions internes, il faut pas que les socialistes continuent à se parler trop les uns aux autres, mais que compte tenu d'ailleurs de tous les sujets que vous venez d'évoquer, nous avons beaucoup à dire, beaucoup à faire, beaucoup à construire pour que les Français en 2012 nous fasse confiance.

Roland Sicard : mais s’il est candidat, vous le serez quand même?

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Ségolène Royal : nous discuterons, moi j'ai toujours été pour un dispositif gagnant, ce qui est important, c’est que la gauche gagne, la gauche alliée aux écologistes et aux centristes humanistes, c’est-à-dire à tous ceux qui en ont assez de souffrir avec le pouvoir qui est actuellement en place et qui ne pense qu'à lui au lieu de penser aux Français.

Roland Sicard : merci.

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