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6 février 2011 7 06 /02 /février /2011 20:00

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Ségolène Royal, en vert clair, et les participants du 13ème Symposium de Symi en juillet 2010 (The A. G. Papandreou Foundation)

« Des militants du parti socialiste « devinaient » que Royal ne pouvait s’imaginer sur la scène internationale en train de négocier des traités gaziers avec Poutine ; car de bons conseillers ne suffiraient pas à compenser son manque d’expérience. », expliquait Dominique Strauss-Kahn à l’ambassadeur américain Craig Stapleton en mai 2006, selon un câble ‘confidentiel’ envoyé par ce dernier au Secrétariat d’Etat à Washington.

Incontestablement, Ségolène Royal a changé depuis 2006. Elle a mûri son projet, notamment  dans sa Région Poitou-Charentes et avec Désirs d’avenir, et a comblé ses 'handicaps' supposés : les relations internationales et l’économie.

Sa présence sur la scène internationale, notamment, est fréquente, et de haut niveau : Michelle Bachelet au Chili, Cristina Kirchner en Argentine ; Lula et Dilma Rousseff au Brésil ; le symposium de Symi, orchestré par George Papandreou ; et la vice-présidence de l’Internationale Socialiste pour ne citer que quelques exemples.

Comme Ségolène Royal le tapait elle-même sur son clavier le 15 décembre 2010 dans un ‘chat’ avec les français sur LeMonde.fr :

« J'ai beaucoup travaillé, je me suis beaucoup déplacée pour écouter les Français, j'ai échangé au niveau international pour comprendre le monde, j'ai bâti une région laboratoire pour la croissance verte et les valeurs démocratiques, j'ai rassemblé des équipes, inventé les universités populaires avec Désirs d'avenir, etc. En un mot, je fais mon travail et j'avance. »

C’est donc sans surprise, bénéficiant du travail accompli ces dernières années, qu’elle a annoncé un déplacement en Finlande du 6 au 8 février 2011, à l’invitation de Jutta Urpilainen, présidente du Parti social-démocrate de Finlande (SDP, Suomen Sosialidemokraattinen Puolue), pour le lancement des élections législatives du 17 avril 2011.

Ségolène Royal a en effet déjà eu l‘occasion de rencontrer Jutta Urpilainen lors du 13ème Symposium de Symi, qui s’est déroulé dans l’île de Poros du 12 au 15 juillet 2010. Le Symposium de Symi, créé en 1998 et dirigé depuis par George Papandréou, Premier ministre grec et président de l’Internationale Socialiste, rassemble chaque été des intellectuels de premier plan, des personnalités politiques, des prix Nobel, des chefs d’entreprise, des diplomates, des scientifiques et des militants (altermondialistes, …) pour discuter des problèmes les plus importants de notre temps.

Sur le 13ème Symposium de Symi, voir  notamment l’article publié en juillet 2010 ici.

Jutta Urpilainen exposait son point de vue lors du 13ème Symposium de Symi :

 


Jutta Urpilainen – traduction française pour Militants de l'Espoir à Gauche avec Ségolène Royal par F.M & F.M.

« Je m’appelle Jutta Urpilainen et je suis la dirigeante du Parti social-démocrate de Finlande. C’est la première fois que je participe au Symposium de Symi en Grèce, et franchement, c’est un grand privilège que de participer à ce symposium. C’est un concept formidable, parce qu’ici nous pouvons discuter avec les dirigeants et spécialistes du monde entier de problèmes comme la crise financière, qui est une question très, très importante et difficile dans le monde entier en ce moment.

Mais bien sûr, c’est aussi une opportunité pour nous tous de discuter, de nous amuser, et de nous constituer un réseau de nouveaux amis parmi les dirigeants expérimentés, car bien sûr je fais partie des jeunes dirigeants. Je trouve que M. Papandréou a réalisé un remarquable travail d’organisation pour ce symposium pour les dirigeants et je lui apporte tous mes vœux de réussite dans sa très importante et très difficile fonction de premier ministre de la Grèce actuellement. »

Transcription originale en anglais par Militants de l'Espoir à Gauche avec Ségolène Royal

Diplômée en 2002 en sciences de l’éducation de l’université de Jyväskylä, qui est issue du premier Institut de formation des Maîtres de langue finnoise créé en 1863, elle exerce en tant qu’enseignante jusqu’à son élection à l’Eduskunta, le parlement monocaméral finlandais, le 16 mars 2003. Elle est depuis députée SDP de la circonscription de Vaasa, qui borde le golfe de Botnie, à l’ouest de la Finlande et à 420 kilomètres d’Helsinki, une circonscription officiellement billingue finnois (71,5% de la population)-suédois (24,9% des habitants). Vaasa s’appelait Nikolainkaupunki, la ville de Nicolas, en l’honneur de Nicolas Ier, tsar de toutes les Russies, jusqu’en 1917 où le renversement de Nicolas II amena l’indépendance de la Finlande de la Russie, le 6 décembre 1917. Vaasa, un exemple de l’influence continue au cours des siècles des deux grands voisins de la Finlande, la Suède et la Russie.

Jutta Urpilainen a débuté précocement en politique, et son ascension a été rapide. Fille du député finlandais Kari Urpilainen, elle s’engage dans le mouvement de jeunesse du SDP, et représente la Finlande au comité de direction de l’ECOSY (European Community Organisation of Socialist Youth, Jeunes Socialistes Européens). En 2001, elle est présidente de JEF-Finlande (Eurooppanuoret) une association pour les jeunes Finlandais intéressés pour échanger leurs idées et bonnes pratiques afin d’influencer les affaires européennes, afin de rapprocher l’Union européenne de la jeunesse finlandaise.

La même année, à 26 ans, elle est élue au Conseil municipal de Kokkola, où elle vit toujours, à 120 Kilomètre au nord de la ville de Vasaa, sur la côte du golfe de Botnie. À 28 ans, en 2003, elle devient députée, succédant à son père ; en 2007, elle est réélue dans une circonscription difficile pour le SDP où ce parti ne remporte que deux sièges sur 17, soit 11,7%, bien loin de la moyenne nationale qui est de 21,4% des voix et 22,5% des sièges, et dans une élection qui fera perdre au SDP sa place au gouvernement.

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L’Eduskunta, le parlement monocaméral de la Finlande (Jarkko Kostiainen)

À l’Eduskunta, Jutta Urpilainen est vice-présidente du Conseil consultatif de l’Institut des affaires internationales de Finlande, et membre de la Commission des Affaires étrangères et du Conseil des délégués parlementaires à la Banque de Finlande. Au cours de ses deux mandats, elle a participé à de nombreuse commissions, dont la Commission de la Culture, celle de l’Avenir, celle des Lois, et celle des Finances.

En 2008, elle se présente au poste de présidente du SDP, et est élue au second tour par 218 voix contre 132 pour Erkki Tuomioja, ancien ministre des Affaires étrangères (2000-2007). Jutta Urpilainen est alors la première femme à accéder à la présidence du SDP ; on la disait déjà avant son élection « joyeuse », « charismatique », « courageuse », « douée »,« cultivée » ;  réputée appartenir à l’aile gauche du parti, elle martèle : « Nous allons réaliser les rêves des gens ».

Elle succède à Eero Heinäluoma, ministre des Finances de Matti Vanhanen (Parti du Centre) de septembre 2005 jusqu’en avril 2007 et jusqu’à la sortie du gouvernement du SDP du fait de ses résultats aux élections législatives de mars 2007 : M. Heinäluoma, qui portait le poids de la défaite du SDP aux élections de 2007 – les plus mauvais résultats depuis 1962 – ne s’était pas représenté. Eero Heinäluoma n’a pas disparu de la scène politique finlandaise : redevenu député, il est depuis 2010 chef du groupe SDP et de la principale force d’opposition à l’Eduskunta.

Un mot sur les élections législatives finlandaises. En Finlande, l’Eduskunta, le parlement monocaméral, est élu pour 4 ans. Les Finlandais votent en même temps pour une liste, ce qui permet de répartir le nombre de sièges, et pour un candidat, ce qui permet de fixer l’ordre de préférence au sein de chaque parti. Par ailleurs il est possible de voter en avance, pendant une semaine, avant le premier tour. Lors des dernières élections de 2007, 29% des électeurs ont choisi cette solution. Un exemple à méditer.

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Venue pour le lancement de la campagne des législatives en Finlande, Ségolène Royal aura comme un air de déjà vu. Le SDP a réalisé en 2007 un score historiquement bas, est donc sorti du gouvernement, et est devenu le challenger. Une différence tout de même : en 2008, le SDP a enregistré une seconde défaite historique, aux municipales, avec 21,2% des voix, le plus mauvais score du parti depuis 1960. Mais la crise économique a très durement touché la Finlande, fortement exportatrice, avec de grands groupes puissants comme Koné (ascenseurs), UPM-Kymene et Stora Enso (industrie papetière), ou Nokia, et la récession a été particulièrement sévère en 2009 (contraction du PIB de 8%), avec une reprise en 2010, mais sans retrouver le niveau de 2008 : des déficits budgétaires sont apparus là où des excédents existaient. Un retour de balancier pourrait donc se produire en faveur du SDP.

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Eero Heinäluoma au XXIIIème Congrès de l'Internationale Socialiste à Athènes le 30 juin 2008 (Valentina Ustambasidi)

En dehors du Symposium de Symi, Jutta Urpilainen et Ségolène Royal ont un autre point commun : leurs partis respectifs appartiennent tous deux à l’Internationale Socialiste. De fait, si Ségolène Royal est vice-présidente de l’Internationale Socialiste, Eero Heinäluoma l’est aussi. Il est ainsi notamment intervenu lors du XXIIIème Congrès à Athènes le 30 juin 2008, lors de l’atelier Agir maintenant sur le Changement Climatique.

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Ségolène Royal à la tribune du Conseil de l’Internationale Socialiste aux Nations Unies, à New York, en juin 2010 .... (Latifa Perry)

Jutta Urpilainen, elle, était notamment présente au Conseil de l’Internationale Socialiste aux Nations Unies, à New York, les 21 et 22 juin 2010. Elle est intervenue à la même tribune que Ségolène Royal et sur le même thème, le premier : l’économie mondiale, un thème qui lui tient à cœur, comme elle le soulignait quelques jours plus tard au Symposium de Symi (retrouvez l’intervention de Ségolène Royal ici).

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.... et Jutta Urpilainen à la même tribune, à New York, en juin 2010 (Latifa Perry)

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La délégation finlandaise au Conseil de l’Internationale Socialiste aux Nations Unies, à New York, en juin 2010 (Latifa Perry)

Il faut bien comprendre que le système politique finlandais n’a rien à voir avec celui, par exemple, de la France. Le mode de scrutin de liste à un tour abouti à une élection à la proportionnelle, qui fait qu’aucun parti n’a jamais la majorité absolue à l’Eduskunta : il favorise la formation de coalitions.

Le SDP, par exemple, réalise des scores relativement stables aux élections législatives depuis la fin de la Seconde Guerre Mondiale, à près d’un quart des votes : entre 23% et 28%, sauf en 1962 (19,5%), en 1991 (22,1%) et en 2007 (21,4%). Si l’on observe les scores réalisés aux élections législatives, on obtient le même résultat.

De fait, le pouvoir est partagé entre 3 partis à l’Eduskunta : le SDP, membre du PSE à Strasbourg, qui réalisait avant la Seconde Guerre Mondiale des scores dépassant les 40%, et qui est notamment soutenu par la classe ouvrière urbaine, les employés et les petits agriculteurs ; le Parti du Centre, membre de l’ADLE à Strasbourg, qui représente traditionnellement les intérêts ruraux et les villes rurales – un seul siège à Helsinki de ce fait en 2007 ; et le Parti de la Coalition nationale, parti conservateur, membre du PPE à Strasbourg, soutenu par la communauté des affaires et par les professions libérales urbaines.

De 1995 à 2007, le SDP a participé au gouvernement, d’abord en tant que force dominante avec le Premier ministre social-démocrate Paavo Lipponen (1995-2003), puis en s’alliant au premier ministre du Parti du Centre, Matti Vanhanen (2003-2007), le but étant toujours de former une coalition représentant la majorité des 200 membres de l’Eduskunta.

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Matti Vanhanen à Bruxelles le 17 juin 2010, la veille de la remise de sa démission à la présidente Tarja Halonen (AFP/Georges Gobet)

Matti Vanhanen a été remplacé en 2010 par Mari Kiviniemi, suite à des scandales financiers de corruption et de trafic d’influence liés au financement de son parti, comme la Première ministre qui l’avait brièvement précédé, Anneli Jäätteenmäki (17 avril 2003-24 juin 2003), elle aussi du Parti du Centre, avait dû être remplacée suite à un scandale politique (utilisation illégale au cours des législatives d’un document secret du ministère des Affaires étrangères prouvant la prise de position de son adversaire SDP, le Premier ministre sortant Paavo Lipponen, pour Washington dans la guerre contre l’Irak dans un pays très attaché à la neutralité).

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Anneli Jäätteenmäki en janvier 2009 (FIIA)

Il semble qu’il existe des pays où, contrairement à la France sarkozyste, les ministres et Premiers ministres démissionnent quand ils sont mêlés de près ou de loin à des scandales politico-financiers…

Le SDP a donné à la Finlande tous ses présidents depuis 29 ans : Mauno Koivisto de 1982 à 1994, Martti Ahtisaari de 1994 à 2000, puis Tarja Halonen depuis 2000. Cette dernière achève actuellement son deuxième et dernier mandat à la tête de la Finlande.

Tarja Halonen a été membre du SDP de 1971 à son élection à la présidence en 2000 – on notera qu’en Finlande la présidente ou le président n’appartient plus à un parti mais au peuple finlandais, contrairement à ce qui se passe en Sarkozye. Née à Helsinki, elle s’engage tôt pour la justice sociale, fait des études de droit social à l’université d’Helsinki, devient avocate et juriste syndicale à la SAK, l’Organisation Centrale des Syndicats Finlandais, le plus grand des syndicats finlandais : elle est la première femme juriste à travailler à la SAK.

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Tarja Halonen dans les locaux de la SAK, en train de répondre à des questions de syndicalistes le 13 mars 1973 (cliquez ICI pour accéder à la vidéo en finnois)

En 1974-1975, elle occupe le poste d’assistante parlementaire du premier ministre Kalevi Sorsa, qui donnera son nom à la fondation du même nom, think tank du SDP ouvert sur l’extérieur fondé en 2005 où Ségolène Royal participera à un séminaire organisé avec le SDP sur le thème « L’Europe après la crise : comment restaurer la confiance ? » mardi 8 février en début d’après-midi avant de regagner la France.

La carrière politique de Tarja Halonen commence réellement en 1977 avec son élection au Conseil municipal d’Helsinki, la capitale, qu’elle ne quittera qu’en 1996. Deux ans plus tard, elle entre au parlement monocaméral finlandais, l’Eduskunta, où elle cessera de siéger avec sa nomination à la présidence de la République en 2000. Elle n’abandonne pas pour autant le militantisme social : en 1980-1981, elle dirige la principale organisation finlandaise représentant les lesbiennes, gays, bisexuels et transgenres (LGBT), la SETA (Seksuaalinen tasavertaisuus, Egalité Sexuelle). Pendant sa présidence, elle a beaucoup œuvré pour les droits des femmes.

Sous le mandat du premier ministre Harri Holkeri du Parti de la Coalition nationale (1987-1991), au sein d’un Rassemblement national gauche/droite, Tarja Halonen occupe successivement deux portefeuilles ministériels dans la droite ligne de sa formation et de ses convictions : elle devient ministre des Services sociaux, de l’Alcoolisme et de l’Egalité des sexes de 1987 à 1990, puis ministre de la Justice en 1990-1991. Après une parenthèse à droite, elle revient au gouvernement sous le mandat du Premier ministre SDP Paavo Lipponen, et devient ministre des Affaires étrangères de 1995 à 2000, date de son accession à la présidence de la République.

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Beau joueur, Sauli Niinistö, du Parti ce la Coalition nationale, reconnait sa défaite face à sa rivale Tarja Halonen lors de la présidentielle de 2006 en lui baisant la main : malgré une campagne à l'américaine avec de gros moyens et une présidente sortante dite en 'perte de vitesse', Tarja Halonen l'a emporté (AFP)

En 2000, Tarja Halonen est élue présidente de la République au second tour contre Esko Aho, ancien Premier ministre du Parti du Centre de 1991 à 1995, par 51,6% des voix contre 48,4% - elle a recueilli au premier tour 40% des voix contre 34,4% pour Esko Aho. Elle est la première femme à accéder à ce poste en Finlande. En 2006, Tarja Halonen est réélue au second tour par 51,8% des voix contre 48,2% à Sauli Niinistö, ancien ministre des finances du Parti de la Coalition nationale du Premier ministre SDP Paavo Lipponen (1995-2003), et donc un temps collègue de Tarja Halonen – Sauli Niinistö était arrivé second au premier tour, avec 24,1% des voix contre 46,3% à Tarja Halonen, qui améliorait donc sensiblement son score de 2000.

Le poste de président a vu sa définition modifiée au cours des années. Après la chute de l’empire russe, l’indépendance de la Finlande et la courte guerre civile finlandaise qui a suivi, la Finlande a hésité entre une monarchie constitutionnelle et une République. Finalement, la République est née, avec un président qui disposait de nombreux pouvoirs. Le poste de président a été créé en 1919.

Entre 1919 et 1987, le président était élu par un collège électoral, lui même élu au suffrage universel. En 1987, un scrutin hybride a été choisi : un seul tour, deux votes, l’un direct, l’autre indirect (élection d’un collège électoral), et utilisation du collège électoral si ce scrutin à un seul tour ne permettait pas de dégager une majorité pour un candidat ou une candidate. Depuis, la présidente ou le président de la République est élu(e) au suffrage universel à deux tours.

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Depuis 1991, les présidentes et présidents finlandais doivent être nés en Finlande. Enfin, en 2000 la constitution finlandaise a été modifiée : les pouvoirs du chef de l’Etat ont été restreint au profit de l’Eduskunta et du gouvernement. La nouvelle constitution stipule de façon explicite comment les principes du parlementarisme doivent être appliqués, bien que les présidents aient suivi cette règle tacite depuis 1937.

Aujourd’hui, la présidente de la République dispose pouvoirs plus restreints qu’avant la réforme de 2000. Elle nomme le Premier ministre, qui doit ensuite être élu par l’Eduskunta à la majorité des suffrages exprimés. Puis elle nomme les ministres sur proposition du Premier ministre. Avant de nommer et d’élire le Premier ministre, les groupes parlementaires négocient le programme gouvernemental et la composition du gouvernement. La présidente de la République, sur les bases de ces négociations, après avoir entendu le président du Parlement, communique au Parlement le nom du candidat qu’elle a retenu pour le poste de Premier ministre.

Par ailleurs, la présidente de la République décide seule de la démission du gouvernement ou de l’un de ses membres, de l’organisation d’élections législatives anticipées, du droit de grâce, et des questions prévues par la loi sur l’autonomie d’Åland n’ayant pas trait aux finances de la province. La région autonome finlandaise d’Åland est constituée d’un archipel de 6 500 îles dans le golfe de Botnie, entre la Suède et la Finlande.

Enfin, deux extraits à méditer de la constitution finlandaise de 2000 :

« Article 60 – Gouvernement – […] Les ministres doivent être des citoyens finlandais connus pour leur probité et leurs capacités. »

« Article 63 – Autres engagements des ministres - Un membre du gouvernement ne peut pas au cours de l'exercice de ses fonctions ministérielles exercer une fonction publique ou toute autre fonction qui pourrait entraver l'exercice de ses fonctions ministérielles ou mettre en danger la confiance relative à ses activités en tant que membre du gouvernement.

Après sa nomination, tout ministre fournit sans délai au Parlement un compte rendu sur ses activités professionnelles, sur ses parts au sein d'entreprises et sur sa fortune en général, ainsi que sur ses fonctions et autres engagements indépendants de ses fonctions ministérielles qui peuvent avoir de l'importance dans l'appréciation de ses activités en tant que membre du gouvernement. »

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La présidente Tarja Halonen et son mari Pentti Arajärvi en mai 2003 à Saint-Pétersbourg (www.kremlin.ru)

L’arrivée à la présidence de la République de Tarja Halonen en 2000 a été une surprise pour certains, même en Finlande, car la nouvelle présidente n’est pas conformiste, loin s’en faut. Pourtant, au fil des ans, sa popularité ne fera que s’accroître. En 1978, elle a une fille, Anna, d’une relation avec Kari Pekkonen. Puis elle vit en concubinage avec son compagnon, Pentti Arajärvi, pendant une quinzaine d’année avant de l’épouser le 26 août 2000, alors qu’elle avait été élue à la présidence le 6 février de la même année et était entrée en fonction le 1er mars. Les témoins du mariage seront la fille de Tarja Halonen, Anna, et le fils de Pentti Arajärvi, Esko.

Dans les années 1960, elle a quitté l’Eglise Evangélique Luthérienne de Finlande, à laquelle la plupart des Finlandais appartiennent, pour protester contre la politique de taxation des membres de l’Eglise et contre la position de l’Eglise interdisant les femmes prêtres. Depuis, l’Eglise s’est mise à accepter les femmes prêtres, et la présidente a indiqué qu’elle n’avait aucune raison de ne pas renouer avec l’Eglise, mais qu’elle s’obligeait à n’en rien faire de peur que ses actes soient mal interprétés. Dans les années 1990, Tarja Halonen a présidé une organisation chrétienne de travail social, Suomen setlementtiliitto.

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Tony Halme, le député du parti populiste des Vrais Finnois, habillé pour le ring...

Suite à son engagement à la SETA en 1980-1981, Tony Halme, ancien boxeur et lutteur professionnel, député finlandais du parti populiste des Vrais Finnois, se référant à sa jeunesse où il a grandi « dans la rue », déclara en 2003 : « Nous avons une lesbienne comme présidente et moi comme parlementaire. Tout semble possible. ». Bien que Halme ait déclaré qu’il voulait parler de mobilité sociale, l’immense majorité des médias ont interprété ces propos comme une insulte. La présidente de la République finlandaise n’a pas commenté l’événement. Plus tard, Halme a présenté ses excuses et a dit qu’il avait été mal compris.

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Tony Halme, le député du parti populiste des Vrais Finnois, côté ville

Selon la biographie de Tarja Halonen, publiée en 2005, Tarja Halonen est critique vis-à-vis de certains membres de la fonction publique qu’elle ne nomme pas, accusant ces gays ou ces lesbiennes de ne pas faire leur « coming out » et de ne pas militer pour l’égalité sexuelle. Elle accuse ces homosexuels vivant dans l’ombre de profiter des bénéfices acquis par le travail d’autres qui militent, eux, pour l’égalité de sexuelle, sans y contribuer eux-mêmes.

Tarja Halonen est mondialement connue pour son intérêts pour les sujets touchant aux droits de l’homme (et de la femme). En 2006, elle a été pressentie pour la candidature au poste de Secrétaire générale de l’ONU, mais elle a déclaré plus tard vouloir finir son deuxième et dernier mandat de présidente avant de penser à d’autres options. Elle est membre du Conseil des dirigeantes mondiales, un réseau international de présidentes et de Premières ministres actuelles ou passées, dont le but est de mobiliser les dirigeantes du plus haut niveau pour une action collective sur des problèmes d’une importance primordiale pour les femmes et leur développement équitable.

Depuis de nombreuses années, Tarja Halonen est classée par le magazine américain Forbes parmi les 100 femmes les plus influentes du monde. En 2010, elle a été classée 62ème, la première étant Michelle Obama.

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Panel sur le développement durable à Davos le 28 janvier 2011 ; à gauche du Secrétaire général, la présidente Halonen (ONU 2011)

Le 9 août 2010, Tarja Halonen a été nommée co-présidente du Panel de haut-niveau sur le développement durable mis en place par le Secrétaire général de l’ONU, avec Jacob Zuma, le président sud-africain. La dernière réunion du Panel a eu lieu au Forum Economique Mondial de Davos, vendredi 28 janvier 2011, sur le thème suivant : « Redefining Sustainable Development : How can sustainable development become a driver of inclusive growth ? ». Tout un programme.

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Session de travail du Panel à Davos ; à droite de Ban Ki-moon, la présidente Halonen et sur l'écran, le président Zuma (ONU 2011)

Décidément, la visite de Ségolène Royal en Finlande à l’invitation de Jutta Urpilainen promet d’être intéressante, tout comme le dîner qu’elle aura ce soir avec la présidente de la République de Finlande, Tarja Halonen.

Frédérick Moulin

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