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2 mai 2011 1 02 /05 /mai /2011 10:25

 

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Ségolène Royal était hier soir l’invitée de Géraldine Muhlmann dans C politique sur France 5. Pendant une heure, de nombreux thèmes ont été abordés, entrecoupés de reportages préparés par France 5.

Géraldine Muhlmann s’est vite révélée, face à l’expérience de la candidate à la primaire socialiste, prompte à plaquer des schémas simplistes qui ont rapidement montré leur limites : quand on lui parle de la hausse de 80% des bénéfices des entreprises du CAC 40, elle en conclut un peu trop rapidement que Ségolène Royal veut taxer lourdement ces bénéfices, raisonnement simpliste vite écarté par Ségolène Royal.

Géraldine Muhlmann a été également un peu trop empressée à trouver des qualités au gouvernement, citant les actions de Christine Lagarde sur le surendettement, voulant faire avouer à la candidate aux primaires que le gouvernement avait agi sur le pouvoir d’achat, ou tirant ses sources sur l’euro du Figaro.

Ségolène Royal, comme d’ordinaire, a défendu ses idées sans difficulté, et, dans cette première partie, a développé son discours autour de deux idées qui ont traversés les thèmes abordés : la valeur travail et la défense des travailleurs« on nous avait promis le respect de la valeur travail », et l’ordre juste« la société française a besoin d’ordre juste, mais je n’utiliserai peut-être pas ce même vocabulaire » ; deux idées qu’elle a défendu avec force.

Frédérick Moulin

 

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Transcription par Militants de l’Espoir À Gauche avec Ségolène Royal / F.M.

Géraldine Muhlmann : bonjour Ségolène Royal.

Ségolène Royal : bonjour.

Géraldine Muhlmann : entre un mariage princier à Londres et une béatification à Rome, est-ce que vous ne pensez pas que les gens ont un peu la tête ailleurs, loin de la politique ?

Ségolène Royal : il y a eu aussi les défilés du 1er mai, donc…

Géraldine Muhlmann : ils étaient nombreux ?

Ségolène Royal : ils étaient moins nombreux, sans doute, vous le savez, hein, que l’année ? Ça veut dire aussi peut-être que maintenant les Français attendent les principales échéances politiques pour que leur vie quotidienne change vraiment dans le bon sens.

Géraldine Muhlmann : vous êtes la première à le dire, qu’il y a beaucoup de souffrance sociale, et finalement, est-ce que ça ne donne pas envie de s’évader plutôt que de militer ?

Ségolène Royal : ce qui est clair, c’est qu’il y a un repli de chaque Français sur sa vie personnelle, sur sa vie quotidienne, parce que les problèmes sont là, hein, ils sont très prégnants. On voit aujourd’hui que même les catégories moyennes, qui se sentaient protégées, ne le sont plus, donc il y a un déclassement social, j’en avais déjà fait d’ailleurs le diagnostic en 2007, et en 4 ans, ce déclassement social s’est accéléré, il touche non seulement les catégories populaires, mais aussi, je viens de le dire, les classes moyennes, qui ont le sentiment que tout se délite.

Au fond, il y a un vécu réel d’une insécurité globale qui touche tout, qui touche le travail, qui touche le pouvoir d’achat, dramatiquement diminué ces dernières années et ces derniers mois avec la hausse des prix, et la hausse de l’énergie et des loyers, on y reviendra peut-être, l’insécurité au quotidien dans la rue bien sûr, et puis surtout, ce qu’il y a de nouveau dans cette déstructuration des fondamentaux de la société française, qu’il faudra reconstruire, c’est que les services publics se dégradent, et je le vois tous les jours en étant aux côtés des parents qui occupent les écoles, et qui luttent pour que les classes ne ferment pas, et que le nombre d’élèves par classe n’augmente pas.

Géraldine Muhlmann : voilà. Très bien, vous avez fait le sommaire de cette émission, on va parler, je l’espère, de tous les sujets que vous avez évoqués. En attendant, eh bien vous êtes assez insubmersible, Ségolène Royal, c’est en tout cas ce que vous prétendez, et vous vous êtes lancée dans la campagne avec énergie et confiance, regardez le portrait que nous propose Sophie Pagès.

-oOo-

Géraldine Muhlmann : Ségolène Royal, est-ce que vous êtes la même qu’en 2007 ?


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Ségolène Royal : forcément non. Qui n’évolue pas d'ailleurs ? Qui n’évolue pas en 4 ans, c’est beaucoup 4 ans au cours d’une vie, encore plus d’une vie politique.

Géraldine Muhlmann : qu’avez vous appris ?

Ségolène Royal : et en même temps j’ai beaucoup changé, mais je suis la même au sens où je suis fidèle à ce qui fait mon engagement politique depuis des années. Et donc j’essaye de tirer les leçons de ce qui s’est passé, de travailler sur mes faiblesses, de les transformer en puissance, et en même temps d’être fidèle à mes qualités, voilà. Ecoutez, je ne vais pas non plus, c’est toujours un peu délicat de parler de soi, mais ça c’est un travail personnel que je fais sur moi-même, qui est nécessaire quand on veut à un moment rencontrer un pays et pouvoir incarner une espérance, ça veut dire beaucoup de travail sur soi.

Géraldine Muhlmann : alors on va commencer par les qualités, parce que les gens qui vont peut-être être amenés à voter pour vous, on parlera après de manière concrète des primaires et de l’élection présidentielle, demandent à vous connaître. Donc vos qualités, on peut dire quoi, la combativité ?

Ségolène Royal : écoutez, vous me demandez là un exercice (Rire) un peu impudique. Mes qualités on les connaît, je crois que c’est le courage, ça vient d’être dit, c’est le courage, c’est la détermination, c’est la capacité à encaisser des coups, hein, des coups difficiles, on ne m’a rien épargné au cours de cette vie politique, mais je crois que c’est ce qui forge aussi un destin, ce qui fait aussi comprendre les Français qui souffrent, quand on a soi-même subi des épreuves, je pense que ça permet de bien comprendre les autres, voilà.

Géraldine Muhlmann : et les faiblesses alors ? Peut-être un petit problème pour rassembler autour de vous ?

Ségolène Royal : on m’a attribué en tout cas des, vous savez, comment dirais-je, on m’a attribué des défauts comme les problèmes de compétence, ça a beaucoup été dit, donc c’est vrai que j’ai fait un travail, c’est vrai que peut-être qu’en 2007 je n’étais pas prête sur tous les sujets.

On s’est étonné de me voir prendre un peu de recul récemment avec les médias nationaux, mais je crois qu’il faut donner, comme disait François Mitterrand, du temps au temps, c’est-à-dire qu’il y a un temps pour travailler, pour approfondir, pour être au contact des Français, pour être présente dans les Universités Populaires, on les voyait d’ailleurs dans ce reportage, il y a toujours énormément de citoyens qui viennent, qui ont la soif d’apprendre, et je le fais dans cet approfondissement et ce travail à la fois au contact des Français, parce qu’en 4 ans, la France a forcément changé, donc il faut prendre la mesure de ce changement.

Géraldine Muhlmann : vous votre programme aujourd’hui n’est pas le même ? Ou bien il est le même mais simplement il s’est approfondi en matière de lutte contre la pauvreté, le pouvoir d’achat trop faible ? Par rapport à votre programme de 2007, est-ce que vous avez l’impression de proposer des choses radicalement neuves ?


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Ségolène Royal : je propose des choses neuves, parce que la France a changé, on l’a dit tout à l’heure, je crois que beaucoup de Français se sont appauvris, ce qu’on appelle le ‘descenseur social’ s’est accentué, il y a une peur du lendemain qui est sans doute encore plus forte qu’en 2007. En 2007, les Français avaient entendu beaucoup, beaucoup de promesses, et donc la campagne de 2012 ne sera pas la même qu’en 2007.

Pourquoi ? Parce que pendant 4 ans, il y a eu énormément d’effets d’annonce, énormément de promesses, et ce à quoi les Français aspirent à croire à nouveau, ce sont des responsables politiques qui passent des discours aux actes, donc ils vont être très vigilants dans cette campagne pour écouter à la fois les engagements, mais aussi la façon dont ces engagements seront réalisés.

Et donc je suis fidèle à ce que je crois profondément, c’est-à-dire que la société française a besoin d’ordre juste, mais je n’utiliserai peut-être pas ce même vocabulaire au sens où je ne veux pas que les Français pensent que j’agis avec des formules toutes faites, mais…

Géraldine Muhlmann, lui coupant la parole : alors prenons le concret, prenons l’économie qui est un des terrains sur lesquels vous êtes un peu attaquée…

Ségolène Royal : bien sûr.

Géraldine Muhlmann : … aujourd’hui, vous le savez, certains partis plus ou moins extrêmes considèrent qu’un retour à l’eur… euh, une sortie de l’euro, un retour au franc, ne serait pas une aberration, mais, on l’entend évidemment chez Marine Le Pen, on l’entend aussi, j’étais assez surprise, un économiste émérite dans Le Figaro encore cette semaine l’évoquait. Il faudra bien financer certaines économies dans … endettées, etc. Est-ce que vous avez sur la question de l’euro par exemple, une position radicale, et définitive et ferme ?

Ségolène Royal : oui. Je crois que la sortie de l’euro serait une catastrophe. Je pense que si l’euro n’a pas rempli les promesses qu’on avait mises dans cette monnaie commune, c’est précisément parce que souvent les pays européens – pas souvent d’ailleurs, c’est la réalité – les pays européens se sont contentés de faire la monnaie unique sans faire ce qui était prévu, ce sur quoi d’ailleurs François Mitterrand avait formidablement parlé, sans faire en même temps l’Europe économique, c’est-à-dire des politiques économiques communes qui allaient accompagner la mutation économique de l’Europe, en particulier par exemple vers la croissance verte, mais on pourrait prendre bien des exemples dans lesquels finalement l’Europe a fait la monnaie commune mais n’est pas passée à l’action sur la mise en place de politiques économiques, sociales, et écologiques communes, et donc ça, ça reste à faire.

Géraldine Muhlmann : mais vous allez avoir quand même un certain nombre de contraintes budgétaires, notamment dans le système européen, je sais bien qu’on est au-delà des critères de Maastricht, qu’on est à 6% de déficit budgétaire en ce moment, mais est-ce que vous, vous ne pourrez pas… proposer de dépenser autant d’argent que vous le vouliez pendant la campagne de 2007 pour des aides diverses, vous allez devoir avoir un budget beaucoup plus, restreint ?


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Ségolène Royal : c’est évident. Et en même temps, de l’argent, il y en a. Regardez les résultats récents des entreprises du CAC 40, qui ont augmenté leurs résultats de 80%, regardez les résultats du système bancaire, non mais ça veut dire qu’il y a des entreprises qui réussissent, que de l’argent, il y en a.

Géraldine Muhlmann, en même temps que la fin de phrase de Ségolène : donc vous allez les imposer très lourdement.

Ségolène Royal : ce n’est pas ça. Je pense qu’il faut organiser autrement le système de production, faire en sorte par exemple que la France défende davantage ses filières industrielles, il y a là d’ailleurs parmi nous les représentants des ouvriers de l’entreprise Lu, vous voyez l’exemple de cette entreprise qui, sous prétexte de mondialisation, a fermé ses portes, s’est délocalisée, alors que c’était un groupe qui faisait des bénéfices.

Le tribunal a condamné ce type de licenciements, et j’ai fait inscrire dans le projet du Parti socialiste l’engagement selon lequel nous interdirions et nous allions contrôler ce que l’on appelle les licenciements boursiers, c’est-à-dire exiger de la part des entreprises, notamment des entreprises qui réussissent, qu’elles investissent aussi dans le social.

Et c’est pourquoi d’ailleurs nous proposons aussi une modulation de la fiscalité, des impôts plus lourds pour les entreprises qui ne font que distribuer des dividendes, et un allègement des impôts pour les entreprises qui vont augmenter la masse salariale, soit en augmentant les salaires, soit en créant de nouveaux emplois, et qui vont investir dans l’innovation dans l’entreprise, donc ma conviction …

Géraldine Muhlmann, lui coupant la parole : donc pour les impôts qui toucheront plus de gens, par exemple, vous le savez, à la Cour des comptes ils suggèrent de revenir sur ce taux réduit de TVA à 5,5%, par exemple dans la restauration, et de repasser à 7%. On a des études aujourd’hui qui montrent que les restaurateurs n’ont pas vraiment répercuté cela …

Ségolène Royal : c’est juste, oui.

Géraldine Muhlmann : … dans les prix, est-ce que vous allez remonter la TVA ? Là on touche tout de suite des sommes énormes, très importantes, ça fait rentrer beaucoup d’argent, est-ce que vous le ferez ?

Ségolène Royal : écoutez, les cadeaux fiscaux dans un pays qui doit organiser son efficacité économique et la justice sociale, c’est qu’il y ait du donnant-donnant. Là, on a donné des allègements fiscaux donc les Français ont contribué finalement à investir dans la filière restauration, et en retour, il n’y a pas eu ni les créations d’emplois ni la baisse des prix. Donc bien évidemment il faudra revenir sur cet allègement fiscal et retrouver ainsi des marges de manœuvre.


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Mais là vous touchez à la question de la réforme fiscale qui sera de toute façon une réforme cruciale, une réforme centrale, et qui permettra de donner aux Français la conviction, d’abord que l’impôt est juste, ensuite que l’impôt est simple, il sera prélevé à la source, ensuite que l’impôt est progressif, et ensuite que l’impôt est utilisé pour réorienter les comportements économiques, notamment en direction des petites et moyennes entreprises.

Géraldine Muhlmann : bien. Et alors, 900 000 foyers endettés, surendettés pardon, quelles sont vos propositions ?

Ségolène Royal : alors mes propositions sont simples, efficaces, directes, énergiques, parce qu’il n’est pas en effet acceptable que des familles, notamment des familles qui travaillent ou des petits retraités, parce que vous avez vu que dans cette réalité du surendettement, il y a de plus en plus de personnes retraitées, qui ont travaillé toute leur vie, et qui aujourd’hui sont obligées d’emprunter en fin de mois pour continuer à se nourrir ou à payer leur électricité.

Et donc moi ce que je propose, c’est d’abord 3 choses : c’est l’interdiction des publicités quasi-mensongères où l’on fait croire aux gens par des publicités dans les boites aux lettres que le crédit est gratuit. Les gens qui sont pris à la gorge en fin de mois se laissent avoir et ont recours à ces crédits qui finalement coûtent très cher.

C’est ensuite d’exiger des banques qu’elles ne prennent pas de taux d’intérêt sur les découverts bancaires lorsqu’une partie du mois les comptes sont en excédent. Quand vous recevez votre salaire, votre retraite en début de mois, vous êtes en excédent, en fin de mois, vous avez du mal à joindre les 2 bouts donc vous êtes en découvert bancaire, et la banque, qui s’est déjà enrichie sur votre dos parce que quand vous êtes en excédent elle place cet argent, vous prend des taux d’intérêt. Moi je propose qu’il y ait une égalisation, un lissage entre les moments où vous êtes en excédent, les moments où vous êtes en découvert, que la banque ne puisse pas prendre des taux d’intérêt dès lors qu’elle ne rémunère pas les excédents bancaires.

Et enfin, et enfin quand même, c’est quoi le surendettement ? C’est la vie qui est trop chère, ce sont les prix qui explosent. Donc que faut-il faire ? Il faut bloquer la hausse du prix de l’énergie, le gouvernement nous dit que ce n’est pas possible, ce n’est pas vrai, c’est possible, ça a déjà été fait.

Géraldine Muhlmann : en 1982.


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Ségolène Royal : il faut contrôler les loyers…

Géraldine Muhlmann : en 1982, on revient à cette gauche-là, on est bien d’accord.

Ségolène Royal : oui, bien sûr, ça a été fait. (Dans un rire amusé) Mais quand le marché pas, écoutez, vous avez d’un côté Total qui n’a jamais fait autant de profits, qui ne paye pas d’impôt sur les sociétés en France, et qui aujourd’hui répercute sur le prix de l’énergie des hausses alors que l’Etat pourrait compenser par une baisse des taxes sur l’essence, et en tout cas, ce n’est pas acceptable que le prix de l’énergie, que le prix de l’essence augmente autant.

Ce n’est pas la même chose, bien sûr, pour un Français qui habite en centre-ville, à côté d’une bouche de métro ou pour des familles qui sont dans le périurbain, qui ont déjà dû aller habiter loin parce que les loyers sont trop chers en centre-ville et qui en plus subissent la double peine, c’est-à-dire sont obligés d’aller prendre leur voiture pour aller travailler.

Et enfin, il y a les prix de l’alimentation. Est-il normal, alors que les prix à la production n’augmentent pas, et je le vois dans une région agricole comme la mienne, où les producteurs, les paysans, ne voient pas leur revenus augmenter, [voient] même leurs revenus diminuer parce que les grandes surfaces les mettent en concurrence les uns contre les autres, et d’un autre côté…

Géraldine Muhlmann, lui coupant la parole : sauf qu’il y a quand même une loi, je sais bien, on peut toujours critiquer ce que le pouvoir a fait, il n’en reste pas moins, sur ce point, je voudrais savoir si vous le reconnaissez, le pouvoir en place a mis au point une nouvelle modernisation économique qui permet de rendre les rapports de force entre distributeurs et fournisseurs beaucoup plus durs pour les distributeurs et pour éviter les marges arrières, pour que les prix… et vous le savez très bien puisqu’il y a même eu quelques procès lorsque cette loi a été transgressée. On ne peut pas dire que le gouvernement n’ait rien fait en matière de grande distribution.

Ségolène Royal : il a fait surtout beaucoup de promesses et beaucoup de discours. Il avait promis 2 choses, il avait promis de faire la transparence des marges sur toute la chaîne de production…

Géraldine Muhlmann : oui.

Ségolène Royal : … c’est-à-dire du producteur, prenons l’exemple d’un producteur de lait ou de fromage, jusqu’au consommateur. Ce travail n’a pas été fait. C’est si vrai qu’au cours des années qui viennent de s’écouler plus de 200 paysans ont mis fin à leurs jours, se sont suicidés dans le secteur laitier, et je le sais pour avoir reçu les femmes de producteurs de lait, et avoir constaté leur misère et avoir distribué au nom de la Région un certain nombre de chèques même pour payer les cantines scolaires, pour pouvoir habiller les enfants.


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Est-ce que c’est normal aujourd’hui alors que dans la grande distribution du coin, chez le Carrefour du coin, les prix du lait, des produits laitiers ont augmenté ? Est-ce normal ?

Géraldine Muhlmann : je voulais juste savoir est-ce que vous pouvez reconnaître que le gouvernement a fait 2-3 choses, par exemple sur le surendettement, nous sommes le 1er mai, la loi Lagarde prévoit des procédures…

Ségolène Royal : prévoit quoi ?

Géraldine Muhlmann : … de surendettement qui permettront de rééchelonner voire de supprimer un certain nombre de dettes et surtout de maintenir les comptes des clients surendettés ouverts pendant toute la procédure de règlement de leur question de surendettement. Je suis juste en train de vous opposer, on ne peut pas dire que ces questions ne soient pas du tout traitées par le pouvoir en place.

Ségolène Royal : mais ce n’est pas efficace. Le problème, ce n’est pas de savoir si un pouvoir fait des annonces ou a l’intention de faire des choses, le problème c’est de savoir est-ce que ça change concrètement la vie des Français. La preuve que non, puisque, comme vous le disiez à l’instant, les nouveaux chiffres du nombre de personnes surendettées n’ont cessé d’exploser, et ce ne sont plus seulement les Français qui sont aux minima sociaux qui sont touchées aujourd’hui, ce sont les Français qui travaillent.

On nous avait promis le respect de la valeur travail. Est-ce qu’il y a un respect de la valeur travail lorsque, alors qu’on travaille déjà toute l’année, toute la journée, alors qu’on a travaillé toute sa vie et qu’on a une petite retraite, est-ce qu’il est normal de ne pas pouvoir manger, se loger, se chauffer ? Non, ce n’est pas normal, ça veut dire que les solutions proposées ne sont pas efficaces et qu’il faut faire ce que je viens de dire, c’est-à-dire, empêcher les crédits-revolving, vous savez, la banque qui reprête au même client etc.

Géraldine Muhlmann : oui, oui, on a compris. Je voudrais qu’on parle éducation parce que je sais que c’est aussi un sujet sur lequel vous êtes très engagée. L’école, votre grand combat Ségolène Royal, vous appelez non seulement les profs mais aussi les parents d’élèves à la résistance contre la politique du gouvernement. Sarah Sissmann et David Lemarchand nous rappellent, pour C politique, vos engagements en matière d’éducation.

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Published by Militants de l'Espoir à gauche - dans Actualité
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commentaires

SYLVAIN 02/05/2011 20:30



Eh bien, la nana je l'avais trouvée bien face à Montebourg, et là face à une femme, c une vraie teigne !



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