Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
3 janvier 2011 1 03 /01 /janvier /2011 01:05

dilma_inline.jpg

Dilma Rousseff, 36ème président et 1ère présidente du Brésil, lors de son discours Place des Trois Pouvoirs à Brasilia (AFP/Agencia Senado - Geraldo Magela) 

Ça y est, c’est fait ! Première bonne nouvelle de l’année, Dilma Rousseff est devenue samedi 1er janvier 2011, pour 4 ans, le 36ème président et la première présidente du Brésil, 8ème puissance économique mondiale, et puissance diplomatique montante.


Dilma Rousseff et Lula

La passation de pouvoir est un symbole en lui-même : une femme succède à Lula, un ancien ouvrier tourneur-fraiseur de la banlieue de São Paulo, à São Bernardo do Campo, né dans la région déshéritée du Nordeste, et qui quitte le pouvoir au summum de la popularité – 87% d’opinions favorables ! Et pas n’importe quelle femme : fille d’un père membre actif du mouvement communiste bulgare qui émigra en France en 1929, puis s’installa au Brésil après la seconde guerre mondiale, elle est née dans ce pays en 1947, à Belo Horizonte, capitale de l’Etat minier du Minas Gerais, dans la région la principale région économique du pays, le Sudeste (São Paulo, Rio de Janeiro, Minas Gerais et  Espírito Santo).

BRAZIL-popup

Dilma Rousseff et le président Lula aux cérémonies de Noël le 23 décembre (Paulo Whitaker/Reuters)

Etonnant parcours que celui de Dilma Rousseff, qui rejoint le mouvement de la résistance à la dictature brésilienne dans les années 1960, est arrêtée en 1970, torturée pendant 22 jours, puis détenue pendant 3 ans : la guérillera est alors surnommée la Jeanne d’Arc de la guérilla, du fait de son influence idéologique sur le mouvement. En 2006, elle a obtenu une indemnisation pour ces années d’emprisonnement et de torture. De ce fait, elle a presque été ‘plus révolutionnaire’ que Lula, qui a été emprisonné quelques jours à la fin des années 1970 pour ses prises de position en tant que président du syndicat de la métallurgie.

À la fin des années 1970, elle a épousé un autre membre du mouvement guérillero, a eu une fille et s’est installée dans l’Etat méridional du Rio Grande do Sul, dont la capitale, Porto Alegre, est célèbre pour avoir accueilli le premier Forum Social en 2001. En 1977, Dilma Rousseff a obtenu un diplôme de l’Ecole en sciences économiques de l’Université fédérale du Rio Grande do Sul.

À la même époque, elle a participé à la restructuration du Parti démocratique travailliste (PDT), qui a adhéré à l’Internationale socialiste en 1986 et dont le logo rappelle étrangement celui du PS français. Pendant le gouvernement du PDT, de 1991 à 1995, du Rio Grande do Sul, elle a été secrétaire d’Etat à l’Energie.

En 2000, elle rejoint le Parti des Travailleurs (PT) de Lula, puis est nommée ministre de l’Energie de janvier 2003 – à l’arrivée de Lula à la présidence de la République – à juin 2005, où elle devient ministre de la ‘Maison Civile’, c’est-à-dire bras droit du président Lula, son chef de cabinet en quelque sorte. À cette époque, les Brésiliens et la presse internationale ont d’elle l’image d’une haute fonctionnaire jamais élue, technocratique et distante : elle est surnommée « la Dame de Fer ». Quelle ironie !


Michel Temer, vice-président de Dilma

1210135_dilma.jpg

De droite à gauche : Michel Temer, Dilma Rousseff, Lula et son épouse Marisa, après la remise de l'écharpe présidentielle bicolore par Lula à Dilma (AFP)

Dilma Roussef n’arrive pas seule à la présidence : sur son ticket figure aussi le très peu connu Michel Temer, né dans l’Etat de São Paulo, avocat, à son sixième mandat de député fédéral de cet Etat, et président de la Chambre brésilienne des députés pour 2009-2010, qui sera le vice-président de la première présidente du Brésil. Dans une interview à la télévision libanaise LBC, Michel Temer a indiqué que sa famille est originaire du district de Koura au Liban, près de Tripoli, un district à 87% chrétien. Tout un symbole pour le Proche-Orient !


L’investiture de Dilma Rousseff, première présidente du Brésil

Rolls-Royce-Dilma.jpg

Sur le parcours de la Rolls-Royce présidentielle, sous la pluie battante, des dizaines de milliers de Brésiliens amassés (Reuters/Bruno Domingos)

Le 1er janvier 2011, accompagnée de son vice-président, Dilma Rousseff s’est rendue de la cathédrale de Brasilia au Congrès à bord de la Rolls-Royce présidentielle réservée aux grands événements officiels.

Dilma serment Congrès

Dilma Rousseff a prêté serment sur la Constitution brésilienne devant les parlementaires et un parterre de chefs d'Etat et de gouvernement étrangers réunis au Congrès à Brasilia (Reuters/Stringer/Brazil)

Elle a prêté serment sur la Constitution et a fait devant les 513 députés et 81 sénateurs son premier discours de chef de l'Etat. « Je vais consolider les changements apportés par le président Lula. », a souligné Dilma Rousseff au cours d’un discours de 40 minutes. « Il a changé la façon de gouverner et a amené les Brésiliens à croire en eux-mêmes. », a-t-elle ajouté. Revenant sur les années de torture et d’emprisonnement qu’elle a connu, et devant onze de ses anciennes codétenues, invitées spéciales de sa prise de fonction, elle a déclaré : « Ce chemin si pénible à l’époque m’a fait apprécier et aimer la vie beaucoup plus encore. Il m’a donné, plus que toute autre chose, le courage d’affronter de plus grands défis encore. C’est avec ce courage que je vais gouverner le Brésil. ».

2851810.imagePaulo-Whitaker-Reuters.jpeg

Lula passe l'écharpe présidentielle brésilienne verte et jaune autour du cou de Dilma Roussef, très ému, après l'avoir enlevée et passée autour du sien (Paulo Whitaker/Reuters)

Au palais présidentiel, elle a reçu l'écharpe présidentielle jaune et verte des mains de Lula, qui l’a enlevée pour la passer lui-même au cou de sa dauphine devenue son successeur, avec beaucoup d’émotion. La foule a alors acclamé Dilma et Lula.

PH2011010101743a

Le président Lula embrasse Dilma avant de quitter Brasilia (Silvia Izquierda/AP)

Lula a ensuite quitté la capitale, non sans avoir donné une accolade chaleureuse à Dilma en larmes, et à plusieurs de ses ministres et de ses conseillers, pour rentrer chez lui, dans la banlieue de São Paulo, à São Bernardo do Campo, où ses supporters avaient organisé une petite fête en son honneur.

PH2011010201105

L'ex-président Lula de retour à São Bernardo do Campo, la ville où il a fait ses débuts en politique, où ses supporters ont organisé une petite fête à son attention, derrière on devine : "Président Lula, soyez bienvenu... votre cité... bras ouverts..." (AP/Nelson Antoine)

Puis les dignitaires étrangers ont présenté leurs compliments à la nouvelle présidente du Brésil.


Les compliments des dignitaires étrangers : Hillary Clinton, …

hilllary-clinton-hugo-chavez-2011-1-1-17-0-361.jpg

Dilma Rousseff et Hillary Clinton prennent longuement la pose devant les photographes. Etrangement, aucune photo de l'événement n'est paru dans The New York Times ou The Washington Post, qui ont pourtant couvert l'événement... (Associated Press) (!)

La rencontre avec la Secrétaire d’Etat américaine Hillary Clinton a été très médiatisée, avec une longue poignée de mains et une pose pour les photographes ; les félicitations d’Hillary Clinton ont été très chaleureuses : la politique étrangère de Dilma Rousseff devrait s’inscrire dans la continuité de celle de Lula, celle d’une coopération avec les Etats-Unis, mais sans lien de subordination.


… Hugo Chavez, …

 Dilma Chavez

Dilma et Hugo Chavez dans les bras l'un de l'autre, tout sourire, après l'embrassade du président vénézuélien (Euronews)

Immédiatement après Hillary Clinton, Hugo Chavez, le président vénézuélien, anti-américain et anti-impérialiste, a embrassé Dilma Rousseff sur les deux joues, au cours d’une accolade spontanée et chaleureuse.

227060-cette-rencontre-intervient-quatre-jours-1.jpg

Hugo Chavez et Hillary Clinton conversent "amicalement", selon l'AFP, après avoir félicité Dilma Rousseff, 4 jours après que les Etats-Unis ont révoqué le visa de l'ambassadeur du Venezuela à Washington, la nomination de Larry Palmer comme ambassadeur des Etats-Unis à Caracas ayant été refusée (AFP)

De nombreux chefs d’Etats d’Amérique du Sud étaient présents.


… Mahmoud Abbas, …

Très remarquée aussi, les compliments de Mahmoud Abbas, président de l’Autorité palestinienne.

PH2010123102399b.jpg

Le président palestinien Mahmoud Abbas, à gauche, serre a main au président Lula et au ministre brésilien des Affaires Etrangères, Celso Amorim, à droite, vendredi 31 décembre lors de la visite officielle de trois jours de Mahmoud Abbas au Brésil (Eraldo Peres/AP)

La veille, Mahmoud Abbas avait posé la première pierre de l’ambassade de Palestine à Brasilia : début décembre 2010, le Brésil a reconnu la Palestine comme « un Etat libre et indépendant à l'intérieur des frontières de 1967 », suivi par l’Argentine et la Bolivie.

PH2010123102419.jpg

Un jeune garçon photographie Mahmoud Abbas, à gauche, pendant la cérémonie pour la pose de la première pierre de la future ambassade palestinienne à Brasilia, vendredi 31 décembre 2010 (Eraldo Peres/AP)

L’Uruguay a annoncé son intention de faire de même en 2011. En Amérique du Sud, seul le Vénézuela reconnaissait la Palestine jusqu’à présent, depuis début 2009. Tout un symbole là aussi, avec Dilma Rousseff qui s’est prononcée pour une politique plus exigeante avec l’Iran, notamment sur le droit des femmes dans ce pays, comme dans le cas de Sakineh Mohammadi-Ashtiani.


… José Socrates, Alain Juppé et le « partenariat stratégique » avec la France

Parmi les autres dignitaires étrangers, José Socrates, Premier ministre du Portugal, et le numéro deux du gouvernement français, Alain Juppé, ministre d’Etat, ministre de la Défense. Le choix du ministre de la Défense ne doit rien au hasard : Lula a laissé le choix de l’avion de combat dont sera doté l’armée brésilienne à sa dauphine ; les 36 Rafales seront donc en concurrence avec des avions américains et suédois, et le choix final sera avalisé par Dilma Rousseff. Le « partenariat stratégique » noué par Nicolas Sarkozy et Lula a cependant des racines autrement plus profondes. Le président français a en effet consenti des transferts de technologie considérables au Brésil pour assurer sa victoire face à ses concurrents, transferts qui vont permettre au Brésil de devenir une véritable puissance militaire : le Sénat brésilien a approuvé en septembre 2009 12 Md$ (9 Md€) de transfert d’armement et de technologie de la France vers le Brésil, avec la vente de 5 sous-marins Scorpene, dont un à propulsion nucléaire (le cœur devant toutefois être construit par le Brésil).

1010977_3_d6bc_nicolas-sarkozy-avec-le-president-bresilien.jpg

Le Monde titrait le 6 décembre : "Wikileaks : France-Brésil, le couple, le sous-marin nucléaire et le Rafale" : Nicolas Sarkozy et Lula en Guyane française le 12 février 2008 (AP/Eraldo Peres)

La présence d’Alain Juppé à Brasilia pour l’investiture de Dilma Rousseff relève donc au moins autant de la défense des intérêts mercantiles du lobby militaro-industriel français, dont Dassault – proche du pouvoir sarkozyste, que de la volonté de saluer l’arrivée au pouvoir d’une femme d’exception. Notons que le Premier ministre français n’aura pas jugé utile de faire le voyage de Brasilia, préférant passer des vacances en famille en Egypte après quelques jours dans la Sarthe.

Praça 3 Poderes Brasília panorama-labeled Eric Gaba WCU S

La Place des Trois Pouvoirs à Brasilia, de gauche à droite : le pouvoir judiciaire (Tribunal Suprême Fédéral), le pouvoir législatif (Congrès national), le pouvoir exécutif (Palais du Planalto) (Eric Gaba/WCU Sting)

Et enfin, Dilma Rousseff s’est exprimée sur la Place des Trois Pouvoirs, l’endroit le plus symbolique de Brasilia, qui sur le Plan pilote de Lucio Costa de 1957 représenterait la tête d’un oiseau stylisée, la « tête pensante » de la nation, bordée des bâtiments représentants les trois pouvoirs : le pouvoir judiciaire (Tribunal Suprême Fédéral), le pouvoir législatif (Congrès national), le pouvoir exécutif (Palais du Planalto).


L’héritage de Lula

Quelles perspectives maintenant pour la présidence de Dilma Rousseff ? L’héritage laissé par Lula est riche : la démocratie, rétablie en 1985 après 21 ans de dictature militaire, a été consolidée. Côté économique, la huitième puissance mondiale a jugulé l’inflation, et s’est considérablement enrichie grâce à l’envol du cours des matières premières, mais aussi grâce à la consolidation d’une industrie solide, avec de grands groupes internationaux comme Embraer (aéronautique), Vale (ex-Companhia Vale do Rio Doce/CVRD, mines, logistique, énergie et acier), Petrobras (hydrocarbures, qui va bénéficier des gigantesques gisements en eaux profondes détectés au large des côtes brésiliennes). Les progrès sont rapides dans le secteur de l’armement et de l’aérospatiale, notamment.

Croissance, emploi, consommation, monnaie : tous les voyants sont au vert. Sous Lula, le Brésil est passé du statut d’emprunteur à celui du prêteur au FMI. Les milieux industriels et financiers, très inquiets lors de l’avènement de Lula au pouvoir le 1er janvier 2003, n’ont plus besoin d’être rassurés : grâce à la politique de Lula et à son pragmatisme, sans à-coup sur ses 8 années de présidence, la bourse de São Paulo a vu les capitaux affluer.

bolsa familia

 La présidence de Lula a bien sûr été marquée par une certaine audace sociale, avec le programme Bolsa Família, qui avait, en 2009, 46 millions de bénéficiaires, le programme Fome Zero, « Zéro Faim », ou encore le programme Peti (Programme d’éradication du travail infantile) : grâce à ces programmes et à la vigueur de l’économie brésilienne, 15 millions de Brésiliens ont intégré les classes moyennes, échappant au chômage et sortant des catégories « pauvres » et « très pauvres » de la population, visées par les programmes. Sous la seconde présidence de Lula, la classe moyenne, la « classe C » au Brésil, a dépassé la moitié de la population. Fin 2008, elle représentait près de 52% des Brésiliens.


Les grands défis de la présidence de Dilma

Restent quelques zones d’ombre au tableau. Dilma Rousseff en est consciente et a indiqué qu’elle s’y attaquerait, sans préciser encore comment. Ce seront les principaux défis de sa présidence, avec la poursuite de la lutte contre la faim. Lula n’a pas pu faire voter la réforme fiscale ou celle de la Sécurité sociale : le système de santé fonctionne à deux vitesses.

Le système éducatif, médiocre et inégalitaire, reste à la traîne, tout comme les infrastructures, ce qui pourrait poser problème pour la Coupe du Monde de football (2014, 12 sites à travers tout le Brésil) et les Jeux Olympiques de Rio de Janeiro (2016, premiers Jeux en Amérique du Sud), qui seront cependant deux événements qui braqueront les projecteurs du monde entier sur le Brésil.

logo-jeux-olympiques-rio-2016

 Cependant, Lula, qui avait lancé le Programme d’Accélération de la Croissance (PAC, 2007-2010), a présenté fin mars dernier un « PAC 2 », de 660 Md€, consistant en de grands travaux d’infrastructures dans les domaines de l’énergie, des transports et de l’habitat populaire.

OFRWR-BRESIL-VIOLENCE-20091018 01-original

OFRWR-BRESIL-RIO-VIOLENCE-20091021 01-original

Octobre 2009 : violences à Rio de Janeiro, un hélicoptère de la police abattu, huit autobus incendiés, sept trafiquants de drogue présumés abattus, 33 morts en 5 jours, principalement des personnes soupçonnées d'être liées aux réseaux des trafiquants de drogue. Ci-dessus, arrestation d'un membre présumé d'un gang lié à la drogue dans le bidonville de Cruzeiro (Thomson Reuters/Ricardo Moraes)

La violence et l’insécurité gangrènent les grandes villes.

610x

José Dirceu, ministre de la 'Maison Civile' de 2003 à 2005, bras droit et fidèle de Lula, prédécesseur du PT de Dilma Rousseff, condamné pour corruption, a dû démissionner et est inéligible jusqu'en 2015 (Daylife)

La corruption et le népotisme sont très présents dans la vie publique, et la politique est souvent utilisée dans l’unique but de s’enrichir, ceci étant en grande partie dû à la constitution de 1988, celle du retour à la démocratie, qui, pour garantir les droits bafoués par 21 ans de dictature militaire, et pour décentraliser le pouvoir concentré entre les mains des militaires, a gravé dans le marbre nombre de principes. Résultat : la constitution brésilienne constitue un carcan, régit un grand nombre de domaines, et est particulièrement longue, détaillée et explicite : elle compte 250 articles, deux fois et demie plus que celle de 1958 en France. Selon Alain Rouquié, ancien ambassadeur de France au Brésil, un certains nombre d’article devraient plutôt être du ressort de la loi ordinaire, comme les lois électorales. La constitution de 1988 et ses dispositions électorales ont favorisé l’émergence d’un grand nombre de partis – 29 au Parlement fédéral – ce qui oblige les alliances pour gouverner, et qui empêche les changements constitutionnelsil faut les trois cinquièmes des voix du Parlement.

leparlement.jpg

Le bâtiment du Congrès à Brasilia, qui abrite la Parlement : là se jouera une partie de la réussite de la présidence de Dilma Rousseff

Ainsi, le PT de Lula n’a que 88 sièges sur 513 à la Chambre des députés (83 avant les élections d’octobre 2010) et n’a pu gouverner qu’avec l’aide de plusieurs partis alliés, dont le puissant PMDB… de Michel Temer, le vice-président de Dilma Rousseff, qui avec 79 sièges est le 2ème parti de la Chambre derrière le PT (il était le premier avant les élections d’octobre 2010, avec 89 sièges). Le PMDB est aussi le premier parti du Sénat, avec 21 sièges, devant le PT de Lula (14 sièges) sur un total 81 sièges. Jusqu’à présent, toutes les tentatives pour modifier la constitution étaient vouées à l’échec. Une occasion unique s’offre à Dilma Rousseff : elle gouvernera avec un Congrès qui détient pour la première fois les fameux trois cinquièmes des voix nécessaires pour modifier la constitution brésilienne : elle détient, après les élections d’octobre 2010, 311 sièges sur 513 à la Chambre des députés (60,6%) et 50 sièges sur 81 au Sénat (61,7%).

Mais il lui faudra beaucoup de diplomatie et de persévérance pour mener sa coalition de 10 partis politiques, hétérogène et instable, à voter des modifications de la constitution.

PH2011010201100.jpg

La présidente Dilma Rousseff serre la main du prince héritier d'Espagne, Felipe, lors d'une réunion au palais présidentiel du Planalto à Brasilia dimanche 2 janvier 2011 (Eraldo Peres/AP)

Dès dimanche 2 janvier 2011, Dilma Rousseff s’est mise au travail, profitant de la venue de nombreux dirigeants venus assister à son investiture la veille. Elle a notamment reçu le président uruguayen Jose Mujica, le Premier ministre portugais José Socrates et le prince héritier d’Espagne, Felipe.

Tous nos meilleurs vœux accompagnent l’action de Dilma Rousseff à la tête du Brésil.

Frédérick Moulin

 

Partager cet article

Repost 0
Published by Militants de l'Espoir à gauche - dans Actualité internationale
commenter cet article

commentaires

Valmontin 04/01/2011 16:51



Tout à fait d'accord : Lula en France ! ! !



etelvina batista oliveira 03/01/2011 14:59



Merci bcp pour cette longue et complète analyse do Brésil actuel. Je suis très fière de notre Presidente. Esperons que la même chose se produira ici en France, pays où je vis depuis plus de 30
ans.


Si je peux me permettre une sugestion, maintenant que Lula est "libre", il faudra que Ségolène Royal l'invite aux UPP pour nous parler de son expérience au Brésil en tant que Président. Je serais
aux anges de pouvoir lui faire la bise. Je l'adore, Lula!



nikel 03/01/2011 12:06



merci de cette interessante enquête, très documentée.



Page D'accueil

  • : Militants de l'Espoir à gauche
  • Militants de l'Espoir à gauche
  • : Militants de l'Espoir à gauche réunit toutes celles et tous ceux qui soutiennent la ligne politique de Ségolène Royal pour une gauche démocratique, sociale, et écologique.
  • Contact

La fabrique AGIS !

dominique bertinotti (2)Dominique BERTINOTTI (75), Philippe ALLARD (75), Amale CHEBIB (75), Fabien SECHERRE (75), Françoise DEGOIS (75), Cyril CIBERT (86), Cécile FORTINEAU (23), christian CHOTARD (91), Eliane LEMAGNEN (64), esfand KHALAF (90), Laure BARGUILLET (87), Ahmed LAARAJ (30), Isabelle MALBERTI (75), Guy VERDIER (13012), catherine CANTAU (40), gilles CAILLET (91), Noëlle PLANCHAIS (56250), Gérard JABUT (69), Jocelyne BERDU (75), Jean-Pierre GUILBERT (75), Hélène MERMBERG, , Eric BRUN (63), Stéphanie SMANIOTTO,Eric CORNIER (33), Joelle FERAL, Gerard RAISER, Catherine RUBIO (33), Didier ANTONELLI, Nabil SANTO (75), Eliane LEMAGNEN (64), Céline LOOT, Pierre NSIMBA-DELEZAY (93), Marianne-Ségolène GINDREY (62), , Monique BONNIN (37), Jean-François THILLET (43), Jacqueline BOULET, Alain MAIRE (76), Caroline BERTRAN, Jacques MAZELLA (44), Christiane CHIROL, Rodrigue KOKOUENDO (77), Robert SIMON (75), francoise LALLIER (78), Sylvette GIRARD (28), claudine MOURET (41000), alban GUAY (37), roland ASTIER (38), mirella GOULOIS (62300), Michel CHARPENTIER (73), marie-neige PHILIPPE (44), Jean Jacques BAUGÉ (37), rachida MAZARIE (94), jacqueline LAKSANDER (2), pierrette LARDREAU (19100), martial LEHOUX (24), Rene PHILIPPEAU (91), Jean-Pierre HERY (2), Christine MALCOR (91), Jean KOMOROWSKI (33), , , Patricia VAN HALUIDYN (86), Claude BILLARDON (75), J-RAYMOND MAGUEUR (29), Claire CLAUDE (49), David VIEILLE, Laetitia DE WARREN (69), Georges RAULT (35), Michel CHATAIGNER (76), Chantal DEPUERS (6), YOLANDE PAVAN (93270), Maïté CAZAUX (33), Colette CHARBONNE (31), Hiroko KOMORI (75), M.J. SINAT (77), France-Marie NESPO-BIAIS (78000), Elisabeth HUSSON (75), Martine TREGRET (91), Andrée & Marie-Paule AUFAURE (3), Bernard JANODET (69), Yves FRUCHON (69), christiane NOUGARET (30), véronique SAINT-PAUL (75020), Marie-Noëlle VIBERT (94), Annick LE ROY (91), micheline HAREL (75), francoise QUELIN (77), jean baptiste TROUPLIN (75020), Elisabeth ARNAUD (33), Jean BRUNEL (13), Maryse MARTIN (17), Jacques ERNEST (92), Maurice BUTTIN (75015), Alain DRONEAUD (72430), Norel Houda AUMONT-GHÉDIR (75), Vanessa BAUDAT SLIMANI (45), CLAUDE TARRIERE (92500), Gérard PARCOT (91), FRANCK DAGORNE (56890), Ariane MATHIEU (77), Philippe POIGNANT (50), , Nadine AMIEL (75), Bernard FERRÉ (78), José THIOLLET (86), jerome DOUADY (38), Marcel AMIEL (75), arsene BOUTERFA (93500), sylvie SAINT PIERRE (95100), , Aurélien LONGÉ-LÉTANG (86), Fabrice BERARDI (13), Hubert TERRIGHI (47), Martine LEBRUN (94130), jean BURNELEAU (85), Marie FARRET (16), Janine CRESPIN (75013), sandrine PIERRON (86), cartier FLAVIEN (86), Dominique MENNESSON (94), Pierre BRUSSELLE (94), Eric DUCROS (86), , Romain ZARKA (75), Brigitte BEAUMANOIR (95), Olivier SALVANO-LUBESPÈRE (75), francoise ROZAN (12), Francine GILBERT REULIER (92), Christian AGON (75003), alain PIQUET (76), Laetitia CHEVROT (63), CHRISTIANE GOMEZ (86), Marc BONNICHON (33), Joëlle DE CORTE (17), Nadjet BOUCHIKHI (13), Yves FRUCHON (69), maryleine SIGRIST (5), Françoise CLEOSTRATE (34), Sébastien COUDRY (25), nicolas METIVIER (86), pierre HUYARD (17), Cécile GUILBERT (63), Bonaventure MBAYA (91), Bernard JANODET (69), Régis COTTET (86), martial LEHOUX (24), anthony ROUSSEAU (86), jean claude MAURIN (30), Jean-Claude CHEBROU (63), bruno OLIVIER (78), Jean-François VIONNET (26), ...

Pour rejoindre la fabrique socialiste AGIS : link