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18 octobre 2011 2 18 /10 /octobre /2011 12:46

 

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Ségolène Royal à droite de François Hollande dimache soir (@thomas samson/afp)

TEXTE/VIDEOS – Après 3 jours de larmes on a assisté à la résurrection de Ségolène Royal.

Mercredi 12 octobre, elle annonçait son ralliement, et apportait toutes ses forces dans la dynamique de campagne de François Hollande au candidat et la femme politique, la « combattante » comme dit Olivier Mazerolle, reprenait le dessus.

Puis elle enchaînait à un rythme aussi soutenu que celui de sa propre campagne les interviews télévisées pour soutenir entièrement « notre candidat », François Hollande, pour qu’il bénéficie d’une forte avance dans les urnes dimanche et cloue le bec à la droite et pour que les primaires soient réussies, dépassent le nombre de votants du premier tour : le JT de 20h de France 2 jeudi soir, le traits encore un peu tirés, puis, un peu plus détendue, coup sur coup, une interview par Arlette Chabot sur Europe 1 à 18h15 vendredi et juste derrière Elysée 2012 sur i>TELE à 19h.

Puis un petit message sur BFMTV à Melle en fin de matinée dimanche, en pullover rose, accompagnée d’Yves Debien, le maire de la commune : unité du PS, rassemblement, indications sur le respect de sa consigne de vote par ses électeurs du premier tour.

Mais là où elle a été brillante, ça a été lors de la soirée électorale dimanche à Solferino : avec un art de la politique consommée, elle a été la première des 6 candidats à s’exprimer, une première fois, lors de son arrivée au siège du PS avec Jean-Louis Bianco, ce qui n’est pas passé inaperçu des commentateurs : « avance incontestable » de « notre candidat », appel au « rassemblement joyeux » des hommes et surtout des idées, « double légitimité » du candidat face à la droite, du fait de la large avance et de la participation très élevée, supérieure à celle du premier tour malgré une abstention de certains votants du premier tour, compensée par un afflux de nouveaux votants (environ 15%), ce qui constitue un « socle » sur lequel s’appuyer pour passer de cette première étape réussie aux suivantes de la campagne présidenteille pour notre candidat :

« Ce qui me conduit est plus fort que chacune de nos personnes individuelles, c’est un engagement qui nous dépasse, c’est l’engagement au service du pays pour un avenir meilleur que les Français attendent ».

Brillantissime sens du timing et du positionnement, sûrement minutieusement préparé à l’avance avec le candidat vainqueur : Ségolène Royal a bien souvent été la reine de la soirée, elle, la « faiseuse de roi » de François Hollande comme dit Olivier Mazerolle. 

Ségolène Royal a été la première candidate à la primaire à féliciter François Hollande, soutenant résolument le candidat du PS à la présidentielle, près de 10 minutes avant Martine Aubry, voix blanche et visage tiré, qui admettait sa défaite.

 

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Ségolène Royal, première à saluer François Hollande sur le perron de Solférino devant les militants après Martine Aubry, lui a fait la bise

Ségolène Royal a été la première - après Martine Aubry -  à venir à la rencontre de François Hollande sur le perron de Solferino face aux journalistes et aux militants, et a fait à François Hollande la première bise publique depuis longtemps.

Dans le ballet des embrassades qui a suivi, Ségolène Royal a agi avec élégance et intelligence, et a eu droit à la meilleure place à côté du candidat ; elle était à sa main droite alors que Martine Aubry était à sa main gauche.

 

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Une photo de famille sans Arnaud Montebourg, arrivé en retard (@fuentes/reuters)

Au même moment, Arnaud Montebourg était étrangement absent de la photo de famille pour apparaître quelques minutes plus tard, mais ne prenant que bien plus tard la place de Martine Aubry aux côtés de François Hollande, alors que Ségolène Royal restait toujours à la main droite du candidat du PS désigné par le scrutin.

 

SR 2e tour soir applause

Ségolène Royal salue les militants et bat les autres candidats à l'applaudimètre

Ségolène Royal, en dehors du candidat, a été la seule à saluer la foule des sympathisants du perron étant acclamée et applaudie. Et à l’applaudimètre, dimanche soir, elle a été la première à Solferino.

Ségolène Royal a aussi été celle qui s’est la plus démenée ce soir là pour soutenir François Hollande et la dynamique de la présidentielle pour battre la droite : au moins 3 interventions, 2 sur BFMTV à son arrivée à Solferino à 20h32, et puis sous les chapiteaux du jardin, flanquée de Dominique Bertinotti et de Jean-louis Bianco à 21h07, et une sur LCI à 21h12. Elle a repris les thèmes développés lors de sa première intervention, a remis les pendules à l’heure après l’intervention pleine de mauvaise fois de Nadine Morano, et a parlé licenciements boursiers et démondialistation.

Les commentateurs de BFMTV n’ont pas tari d’éloges sur Ségolène Royal, mais il n’ont pas été les seuls.

Ils ont décerné la palme de l’applaudimètre à Ségolène Royal, due au « ralliement décisif » à François Hollande, à la « logique politique » et à « l’aspect stratégique » qu’elle a été la seule à défendre :

« BFMTV : vous avez noté, on a tous souri, quel(le) a été le plus … la plus applaudie ? C’est Ségolène Royal qui à l’applaudimètre a remporté la palme. Ah si ; si, si, si, si, Olivier Mazerolle …

Olivier Mazerolle : Martine Aubry a été acclamé parce qu’il a insisté, d’ailleurs …

BFMTV : il a insisté parce que c’était Ségolène Royal qui était devant à l’applaudimètre.

Ruth Elkrief : non mais c’est logique, on l’a dit tout à l’heure, elle a apporté un ralliement décisif qui a été un tournant, qui a montré que, voilà, c’était celui autour duquel ils allaient se rassembler, et ça, ils s’en souviendront toujours.

 

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François Hollande, à sa main droite, Ségolène Royal, et à sa main gauche, Martine Aubry (@fuentes/reuters)

 Christophe Ono-Dit-Biot : et elle a apporté la touche politique, hein, elle parle de logique politique, elle était la seule à le dire. Elle parlait de logique politique, donc l’aspect stratégique, c’est elle, en disant : « Je veux, je me rallie à lui parce que je veux lui donner une avance incontestable. ». »

Un ralliement décisif aussi également souligné par Bernard Sananes de CSA - quelques minutes avant l’intervention de Ségolène Royal - qui a permis la réinsertion de Ségolène Royal dans le jeu politique alors que dans le même temps, Selon les commentateurs de BFMTV, Arnaud Montebourg a tergiversé et dilapidé le capital acquis avec ses 17% au premier tour, et qui a commis l’impair d’arriver en retard sur le perron de Solferino, quand François Hollande faisait une photo de famille où il ne figure donc pas, puis de se tenir en marge de la photo, avant de prendre enfin la place de Martine Aubry, à la gauche de François Hollande :

« BFMTV : Bernard Sanane, est-ce que cette consigne [de vote] de Ségolène Royal aura été décisive ?

Bernard Sananes : elle est importante dans la dynamique de la campagne, parce qu’elle empêche le piège dans lequel pouvait tomber François Hollande, c’était d’apparaître à un moment comme le candidat de la seule gauche réformiste social-démocrate, laissant à Martine Aubry la ‘vraie gauche’. Et donc quand Ségolène Royal, à quelques heures du débat fait ce choix, évidemment, c’est très important dans la dynamique du second tour de François Hollande.

Olivier Mazerolle : oui, et ça montre aussi que Ségolène Royal, malgré la vigueur du choc qu’elle a ressenti dimanche dernier, est également une femme de combat, une femme politique, bon, aujourd’hui elle avait un visage très marqué, certainement par l’épreuve qu’elle a subi, mais elle a su réagir, effectivement prendre une initiative qui l’a réinsérée dans le jeu politique, et donc, si en plus, parmi les grands leaders socialistes, c’est elle qui réagit la première ce soir, elle sera vraiment, évidemment, présente. [Ce qui a été le cas quelques minutes plus tard, NdlR]

Ruth Elkrief : ce qui est intéressant, c’est par rapport à Arnaud Montebourg, qui avait 17% et qui était l’homme de la semaine, et qui a mis un temps fou à se prononcer à titre personnel, avec des précautions sans arrêt…

Un autre journaliste : avec les fameuse ‘lettres aux impétrants’, une espèce de ciné»ma qui peut-être s’est retourné contre lui d’ailleurs.

Ruth Elkrief : en tout cas, elle, elle a montré en apportant,  comme ça, ce soutien [Olivier Mazerolle : « Oui. »] qui a pu être un tournant, elle peut jouer encore un rôle très important, alors que lui, eh bien dans le fond, ses 17%, on ne sait pas très bien ce qu’il va en faire. »

Et Olivier Mazerolle et Bernard Sananes d’ajouter après sa première intervention :

« Olivier Mazerolle : et elle [Ségolène Royal, NdlR] a insisté, à plusieurs reprises, sur la victoire de – je la cite – de « notre candidat », montrant par là, qu’elle avait [Ruth Elkrief : « Joué un rôle »] comme disait Bernard tout à l’heure, joué un rôle extrêmement important dans le résultat de ce soir en mettant sur la table pour la première fois la logique, effectivement, qui veut qu’on renforce celui qui est arrivé en tête au premier tour, elle en a payé quelque chose a contrario à Reims, elle était en tête, elle a été laminée par les « Tout Sauf Ségolène », eh bien voilà, elle a fait un peu la faiseuse de roi, et elle rappelait aussi, fort élégamment : nous sommes maintenant à 1 639 000 bulletins dépouillés, 56,47/43,53 vous voyez, on reste toujours dans le même équilibre. […] 20h32, ça y est, elle a entériné le résultat, voilà.

 Bernard Sananes : […] Le soutien de Ségolène Royal est important, parce que, le soutien de Ségolène Royal, il apporte aussi la garantie à François Hollande que l ‘électorat populaire, un électorat que parfois le Parti socialiste avait du mal à reconquérir, […] cet électorat populaire qu’avait capté Ségolène Royal peut être utile pour François Hollande et pour le candidat de la gauche. »

Puis enfin Olivier Mazerolle de conclure sur l’extraordinaire apport au PS des idées de Ségolène Royal, des idées souvent conspuées et qu’aujourd’hui le parti a faites siennes :

« Olivier Mazerolle : Ségolène Royal, il faut rappeler qu’en dehors de ce qu’elle a fait cette semaine, c’est vrai qu’elle a donné un autre visage au Parti socialiste, qu’elle a implanté [Christophe Ono-Dit-Biot : « Bien sûr. »] dans le Parti socialiste des idées, des opinions que jusqu’alors ils ne voulaient absolument pas traiter. »

Une petite anecdote significative pour finir : Martine Aubry n’est pas allée saluer ses militants, accablés par la défaite  à son QG, alors que François Hollande se rendait à la Maison de l’Amérique Latine sur laquelle il nous a raconté une petite anecdote. Raison personnelle ou inconscience politique de l'ex-nouvelle Première secrétaire ? Vivement une vraie rénovation du PS !

Autre anecdote, plus significative : la Région Poitou-Charentes a voté à plus de 65% pour François Hollande, plus de 10 points au-dessus de la moyenne nationale, le meilleur score étant atteint dans les Deux-Sèvres (72,22%) où Ségolène Royal vote dans le village de Melle, suivies par la Charente (67,53%), par la Vienne (66,82%), et par la Charente-Maritime (65,92%, chiffres provisoires, un bureau sur 70 n'ayant pas été validé).

 

royal-416865-jpg_276367-1-.jpgSégolène Royal à Solferino en quittant le perron et les militants dimanche 16 octobre ; à ses côtés Najat Vallaud-Belkacem (@Revelli-Beaumont-Chamussy-Sipa)

Premier signe du retour Royal : Ségolène Royal réintégrera dès demain soir le bureau national du Parti socialiste. C’est le seul point d’accord du « rassemblement joyeux » que Ségolène Royal a appelé de se vœux sur lequel Martine Aubry et François Hollande ont trouvé un accord hier dans la journée selon Le Point. Pour François Hollande, le bureau national sera l’organe politique de la campagne, « la présidente de Poitou-Charentes jouera donc un rôle éminent en 2012 », conclut Le Point :

« Ségolène Royal est de retour au bureau national du PS. Elle fera sa rentrée mercredi soir, pour la première réunion de la direction du PS depuis la victoire de François Hollande à la primaire. Parmi les multiples négociations qui ont lieu depuis lundi matin entre les partisans de nouveau candidat à la présidentielle et ceux de Martine Aubry, c'est le seul point sur lequel un accord est intervenu avec certitude. Dans l'esprit de François Hollande, le bureau national, qui se tient habituellement le mardi, sera l'organe politique de la campagne. La présidente de Poitou-Charentes jouera donc un rôle éminent en 2012. »

 Frédérick Moulin

 

 

Transcription par Militants de l’Espoir À Gauche avec Ségolène Royal / F.M.

20h32

BFMTV : Graziella, je vous interromps, parce que Ségolène Royal est en train d’arriver rue de Solferino avec Jean-Louis Bianco, les premiers mots de Ségolène Royal.

Ségolène Royal : […] de satisfaction, de grande joie, je félicite François Hollande.

Ce qu’il est important de comprendre, c’est que ce soir, la première étape vers la victoire de l’élection présidentielle est réussie. Il y aura d’autres étapes, c’est un chemin difficile jusqu’en mai 2012, mais la première étape, celle que les socialistes ont organisée, est un grand succès : d’abord le succès de la participation citoyenne, et le succès de notre candidat, François Hollande, qui arrive nettement en tête, c’est-à-dire qui, ce soir, recueille une grande légitimité que la droite ne peut pas mettre en cause.

Alors l’heure, maintenant, est à l’union, est au rassemblement, est à la force d’accompagnement de ce vaste rassemblement qui vient de se traduire ce soir dans les urnes avec cette avance qui est aujourd’hui incontestable. Le candidat recueille donc une marque de confiance très forte, un souffle, aussi, pour s’engager dans la campagne présidentielle, et ce soir, c’est le candidat de tous les socialistes, et au-delà, de tous ceux, à gauche, qui veulent que ça change, de tous les citoyens, non seulement ceux qui sont venus voter, qui ont été très nombreux, mais au-delà, ceux qui attendent vraiment que l’alternance arrive dans notre pays en mai de l’année prochaine.

BFMTV : Madame Royal, vous avez été candidate, est-ce que vous avez donné des conseils au candidat François Hollande ?

Ségolène Royal : écoutez, chaque chose en son temps, je pense que ce soir, l’heure est au rassemblement joyeux autour du candidat qui arrive largement en tête. [À] tous ceux qui ont appelé à ce que se rassemblent le plus grand nombre possible de voix autour du candidat pour qu’il soit largement en tête, c’est-à-dire que sa légitimité ne puisse pas être contestée, ce soir les urnes ont raison à cette logique politique, et donc c’est une première étape vers l’élection présidentielle qui est aujourd’hui réussie.

Les socialistes peuvent être très fiers d’avoir organisé les primaires, de les avoir réussies, d’avoir donné envie à des millions de gens de venir voter, et maintenant l’heure est à l’union et l’heure est au rassemblement.

L’élection présidentielle, c’est une étape, une échéance difficile, la droite ne va pas rester inerte, chacun le sait, mais cette étape est franchie, vraiment, avec un succès, et c’est sur le socle de cette étape réussie qui donne notre candidat nettement en avance, avec une forte légitimité, qui est double, cette légitimité : elle est là, cette légitimité, parce qu’il y a une forte participation, et elle est forte parce qu’il y a une forte avance.

Donc les deux conditions, les deux conditions de base pour franchir cette étape sont aujourd’hui réussies. Donc maintenant, le candidat peut passer aux autres étapes.

BFMTV : voilà, vous avez vécu donc en direct sur BFMTV, on continue de suivre, hein, Ségolène Royal, qui est arrivée rue de Solferino, au siège du Parti socialiste, la première, la première de l’ensemble des 6 candidats à prendre la parole, à féliciter François Hollande, elle a appelé au « rassemblement joyeux », la logique politique a été respectée, maintenant, pensons à l’union a dit Ségolène Royal.

Ruth Elkrief : elle a beaucoup insisté sur l’aspect « large » victoire, « légitimité », « incontestable », hein, il y a les stigmates du Congrès de Reims, vous vous souvenez, les discussions, tout ça, il faut effacer à tout prix ces souvenirs.

 

S104

Ségolène Royal, Jean-louis Bianco et Dominique Bertinotti

21h07

BFMTV : Ségolène Royal est maintenant en direct sur BFMTV. Bonsoir Madame Royal.

Ségolène Royal : bonsoir.

BFMTV : on sent que la campagne présidentielle a bel et bien commencé, vous avez peut-être entendu la fin de l’intervention de Madame Morano, qui disait : « De toutes les manières, maintenant, on sait que François Hollande est le candidat, mais il n’a pas la carrure internationale. ». Donc ça y est, nous sommes de plain-pied dans la campagne présidentielle, Madame Royal.

Ségolène Royal : en effet, ça n’a pas tardé, et je voudrais dire que Monsieur Sarkozy n’est quand même pas le mieux placé pour donner des leçons d’efficacité internationale, parce qu’aujourd’hui les Français ont manifesté par leur très forte participation aux primaires citoyennes qu’ils avaient envie de l’alternance en mai 2012.

Ruth Elkrief : Madame Royal, est-ce que vous redoutez les cicatrices, les stigmates des échanges assez rudes de ces deux dernières semaines, dans l’entourage de François Hollande, mais aussi, on voit bien, déjà, à droite, on commence à utiliser les mots « gauche molle », « flou », cohabitation difficile à prévoir entre Martine Aubry et François Hollande ?

Ségolène Royal : ça prouve que dans une campagne interne, c’est vrai, il faut toujours faire très attention, on le voit là dans les reprises de vocabulaire par la droite, mais tout cela sera balayé positivement parce que l’événement de ce soir, c’est la double légitimité de notre candidat.

Pourquoi double légitimité ? D’abord, avec plus de 2 700 000 votants, ce qui dépasse vraiment toutes les prévisions que l’on pouvait faire, le candidat aujourd’hui, François Hollande, s’appuie sur une véritable force citoyenne d’hommes et de femmes qui sont venus lui donner une très forte avance.

C’est la seconde légitimité, c’est cette très forte avance, qui fait qu’aujourd’hui la droite est très embarrassée, parce qu’elle ne peut contester ni l’avance, donc la légitimité de notre candidat, ni le succès des primaires.

 

S108.

Ruth Elkrief : quel rôle jouerez-vous dans l’équipe du candidat, désormais ?

Ségolène Royal : mais vous savez, j’ai dit que je mettrai toutes mes forces et toute mon expérience au service de la victoire de la gauche, et je le ferai vraiment de la façon la plus déterminée possible, et je crois que c’est dans le rassemblement et dans l’union que les socialistes vont être forts, et aujourd’hui dans l’union au-delà des socialistes, puisque des hommes et des femmes par millions sont venus voter, il n’y a donc pas que les militants socialistes, donc ça veut dire qu’on a déjà une dynamique de rassemblement citoyenne qui s’est mise en mouvement, et ça, c’est la première étape de l’élection présidentielle qui est déjà remportée.

Bien sûr, c’est un long cheminement, l’élection présidentielle, mais cette première étape est déjà un succès, un socle sur lequel notre candidat va pouvoir s’appuyer.

Olivier Mazerolle : Madame Royal, bonsoir, on vous a vue désemparée, c’était seulement il y a une semaine, ces soir, vous êtes de nouveau très combattante, qu’est-ce qui vous a redonné ce tonus ?

Ségolène Royal, immédiatement : c’est la France, et l’intérêt des Français. Vous savez, moi je suis engagée depuis des années en politique, avec toujours le même objectif, être au service de l’amélioration de la vie des Français, et du nouveau souffle donné à la démocratie. Et donc j’ai un profond respect pour le scrutin, le moment où les Français se prononcent, c’ets un moment que j’ai toujours respecté.

Et donc cette épreuve, qui a été très douloureuse, évidemment, hein, pour moi, compte tenu de cet engagement, de ce travail considérable, eh bien j’ai la force de le surmonter parce que ce qui me conduit est plus fort que chacune de nos personnes individuelles, c’est un engagement qui nous dépasse, c’est l’engagement au service du pays pour un avenir meilleur que les Français attendent.

BFMTV : merci Madame Royal, merci Ségolène Royal d’avoir été en direct avec nous sur BFMTV.

 

 

21h12

LCI : oui, Ségolène Royal est avec nous au siège du Parti socialiste. Madame Royal, qu’est-ce qui explique cette victoire de François Hollande à 56-57% ? Martine Aubry est quand même loin derrière.

Ségolène Royal : oui. Eh bien écoutez, les citoyens qui sont venus voter ont voulu donner au candidat socialiste, au candidat de la gauche, une légitimité. Et cette légitimité est double ce soir : d’abord par le nombre très élevé de citoyens qui sont venus voter, de cette force citoyenne, plus de 2 700 000 personnes sont venues, c’est un succès extraordinaire pour les primaires citoyennes, et deuxièmement cette avance, qui lui donne cette légitimité, et aujourd’hui on voit d’ailleurs que la droite est très embarrassée, parce qu’elle ne peut ni contester la légitimité de notre candidat, François Hollande, ni contester la réussite des primaires, et ça c’est un premier socle, c’est une première étape.

LCI : et comment vous qualifieriez la campagne de Martine Aubry ? 43%, c’est quand même assez faible par rapport à François Hollande.

Ségolène Royal : je crois, écoutez, tout cela est derrière nous maintenant. Ce qui est important aujourd’hui, c’est le résultat, c’est cette forte avance, c’est cette légitimité, c’est la réussite des primaires, c’est cette mise en mouvement. J’ai souvent dit que les primaires, c’était le premier tour de l’élection présidentielle d’une certaine façon, c’est-à-dire qui allaient poser les bases du rassemblement des socialistes.

LCI : alors justement, ce rassemblement ; comment va faire François Hollande pour rassembler d’Arnaud Montebourg à Manuel Valls, en passant par vous-mêmes ?

Ségolène Royal : mais c’est ce que viennent de dire les urnes. Ce sont les citoyens qui nous rassemblent.

LCI : et sur les idées ?

Ségolène Royal : mais sur les idées aussi.

LCI : la démondialisation, c’est un thème que peut porter François Hollande ?

Ségolène Royal : ah bien écoutez, ça, on le verra, c’est certainement peut-être pas sous ce vocabulaire, mais en tout cas le fait qu’il faut des règles plus justes dans l’ordre international, tous les socialistes sont d’accord.

LCI : l’interdiction des licenciements boursiers, par exemple ?

 

SR 2e tour soir LCI sourire

 

Ségolène Royal : mais ça a été également évoqué dans cette fin de campagne, et j’en suis très heureuse, et aujourd’hui François Hollande a prouvé sa capacité non seulement à rassembler les plus grand nombre possible de citoyens avec ce score très important, mais aussi sa capacité à rassembler des idées, et donc demain à rassembler les meilleures idées que les Français auront pour redresser le pays. Et ce soir, moi j’en appelle au rassemblement, à l’union, à cette dynamique qui a été donnée par les urnes, et c’est la dynamique citoyenne dans les urnes qui aujourd’hui est décisive pour le rassemblement de tous les socialistes qui vont devoir ensuite rassembler toutes celles et ceux qui autour d’eux veulent que l’alternance

LCI, lui coupant la parole : rassemblement, rassemblement, rassemblement.

Ségolène Royal : ah oui, c’est très …

LCI, lui coupant la parole : dernière question Madame Royal, excusez-moi, pardonnez la formulation de cette remarque, vous avez l’air d’avoir repris du poil de la bête depuis la semaine dernière, qu’est-ce qui … ?

Ségolène Royal : eh bien, écoutez, c’était un moment très douloureux, hein, que j’ai … qui perdure encore un peu, parce que c’est vrai qu’un tel engagement politique, un tel travail, une telle campagne, ça a été très difficile, vous le savez.

Et en même temps comme ma motivation politique a toujours été le service des Français et la préparation de l’alternance, et la croyance que les Français méritent vraiment mieux que ce qu’ils ont aujourd’hui, et qu’ils peuvent à nouveau croire dans l’avenir de leur pays, espérer une vie meilleure, eh bien c’est au nom de cette hauteur de vue et de ce qui a toujours fondé les convictions de mon engagement, que j’arrive à trouver en moi-même les forces qui me permettent de dépasser, de comprendre que la cause que nous servons est plus grande que nous.

Donc quand nous sommes au service d’une cause, on oublie sa personne, et on continue à se mettre au service de cette cause.

LCI : pourquoi pas en 2012 un ministère ou en haut d’un perchoir ?

Ségolène Royal : écoutez, franchement, ce n’est pas le moment aujourd’hui, parce que vous savez pourquoi ? Parce que les Français ont besoin aussi que nous soyons joyeux, de ce soir, mais modestes par rapport à tout ce qu’il reste à faire, d’abord pour gagner, et ensuite pour faire réussir le pays.

LCI : face à Nicolas Sarkozy.

Ségolène Royal : voilà.

LCI : merci beaucoup Madame Royal d’avoir répondu à nos questions.

Ségolène Royal : merci à vous. Merci.

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Published by Militants de l'Espoir à gauche - dans Actualité
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commentaires

Mirjossbom 18/10/2011 14:49



Dans cette analyse fort juste, il serait peut-être bon de compléter en s'interrogeant sur la nature des 17% d'Arnaud Montebourg, sûrement plus volatils que
les 7% de Ségolène Royal ; Ségolène le savait fort bien et elle savait ce qu'elle faisait en apportant ce soutien au candidat Hollande.


La politique est un long chemin fait d'expériences diverses et le jeune loup, maître de la pluie et du beau temps, c'est ce qu'il croyait, a pensé que le
monde ne pourrait plus tourner que dirigé par sa baguette... c'était compter sans la puissante expérience de celle auprès de laquelle il avait fait ses premières armes!


Je veux espérer... Mais je ne m'enflamme pas, j'en ai trop vu, trop entendu, trop vécu, pour savoir à quel point les sourires d'un jour peuvent devenir les
épines du lendemain!


Oh! Que oui, "notre" candidat Président aura bien besoin de l'immense expérience, de la profonde honnêteté, de la dignité à toute épreuve, de la crédibilité
auprès du "petit peuple" de celle qui a honteusement été foulée aux pieds et qui vient de donner une magistrale leçon de politique propre à tous ceux qui l'entourent!


Osera-t-il un jour reconnaître ce que déjà il lui doit - et je refuse bien sûr de mélanger les genres! - que déjà cette "victoire" est auréolée du parfum
Royal ? Osera-t-il lui attribuer la place qu'elle mérite dans cette marche vers l'investiture suprême, comme on dit ? Osera-t-il tendre une oreille attentive à la somme de ce que cette
ex-candidate a su engranger depuis des années et dont il aura au plus haut point besoin ? Osera-t-il s'appuyer et le reconnaître sur cette femme, peut-être une des meilleures politiques
contemporaines, pour permettre à la France de redresser la barre ? Osera-t-il ?...


Si l'intelligence menait le monde!... Mais, ça se saurait, bien sûr!



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