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31 octobre 2010 7 31 /10 /octobre /2010 15:51

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Dessin de Plantu

La dixième Convention sur la diversité biologique, ou dixième réunion de la Conférence des parties (COP 10), s’est réunie à Nagoya, au Japon, du 18 au 29 octobre 2010, et le second tour de l’élection présidentielle au Brésil a lieu aujourd’hui, dimanche 31 octobre : à cette double occasion, la politique environnementale du président brésilien Lula et la lutte pour la biodiversité au Brésil sont riches en enseignements.

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Les 6 biomes du Brésil ("bioma" en portugais)

L’appréhension de l’environnement et de la biodiversité au Brésil doit tout d’abord tenir compte des six biomes (ou écorégions) qui sont présents au Brésil : le biome de la forêt amazonienne ; le biomes du Cerrado (« fermé » ou « dense » en portugais), une savane difficile à parcourir, le biome de la mata atalântica, la forêt atlantique tropicale humide ; le biome de la caatinga, la « forêt blanche » épineuse ; le biome de la pampa ; et le biome du Pantanal, la plus grande zone humide de la planète.

Amazonie Légale

Le biome le plus célèbre du Brésil est le biome de la forêt amazonienne ;  c’est aussi le plus vaste : il occupe presque la moitié du territoire fédéral. Les 9 états de « l’Amazonie légale » brésilienne couvrent 5,1 millions de km2 soit 60% du territoire. La forêt amazonienne, qui occupait 4,1 millions de km2 à l’origine, ne couvrait plus que 3,4 millions de km2 en 2008, soit une perte de plus de 710 000 km2 et de 18%.

L'action du président Lula et de la ministre Marina Silva

Le président Lula et son ancienne ministre de l’Environnement Marina Silva (2003-mai 2008) ont beaucoup fait pour la forêt amazonienne. Marina Silva est née et a grandi dans l’Etat d’Acre, un Etat de la forêt amazonienne, dans une communauté de « seringueiros », de récoltants de caoutchouc. Élue en 1994 au Sénat fédéral du Brésil, elle a toujours cherché simultanément à préserver la forêt amazonienne, à promouvoir la justice sociale et le développement durable de l’Amazonie. Adulte, elle a appris que les maladies chroniques dont elle était atteinte étaient les séquelles d’un empoisonnement au mercure utilisé dans le passé pour l’exploitation de l’or, ce qui a renforcé ses convictions.

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Marina Silva, ancienne ministre de l'Environnement de Lula, candidate du Parti Vert à l'élection présidentielle (Elza Fiúza/ABr)

Sous la présidence de Lula et le ministère de Marina Silva, un plan national de lutte contre la déforestation est mis en place. D’immenses zones sanctuarisées pour les populations indigènes sont crées. Les efforts de la police, de l’armée, et des services du ministère de l’Environnement (IBAMA, Instituto Brasileiro do Meio Ambiente e dos Recursos Naturais Renováveis) ont coordonnés ; 300 opérations pour arrêter les coupeurs de bois clandestins sont menées et plus de 1 500 entreprises illicites sont démantelées dans un pays où « 80% de la production de bois est illégale » (Médiapart, 4 juin 2008, Lamia Oualalou).

DETER, une surveillance automatisée qui utilise les images satellites

Les moyens mis en place dans cette lutte sont impressionnants. Ils utilisent la technologie des images satellite, dans le cadre du Projet de surveillance de la Déforestation sur le territoire de l’Amazonie Légale (PRODES), lancé dans les années 1980. Le principal système mis en place est le système DETER (Sistema de Detecção de Desmatamento em Tempo Real, Système de Détection de la Déforestation en Temps Réel), renforcé par un dispositif d’alerte en 2004 et dont les analyses mensuelles sont publiées sur Internet depuis décembre 2004 (www.obt.inpe.br/deter). DETER, qui signifie « dissuader », « prévenir » en anglais, utilise notamment le satellite TERRA de la NASA et ses deux capteurs MODIS (MODerta resolution Imaging Spectroradiometer) et le satellite sino-brésilien CBERS-2B et ses caméras WFI (Wide Field Images), qui a pris la relève de son prédécesseur CBERS-2. Cette combinaison de moyens sino-brésiliens et américains est tout un symbole en soi ; la résolution des satellites est de 250 m et permet de détecter en temps réel les coupes clandestines pour les clairières de coupe franche de plus de 25 ha (0,25 km2) non couvertes par les nuages. La résolution moyenne des images est compensée par la fréquence des prises d’image, respectivement tous les 2 et 5 jours.

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DETER

Rapport du ministère de l'environnement sur la déforestation (points jaunes) en août 2010 comparé à août 2009 ; en rose les nuages

Tous les 15 jours, un recensement exhaustif de toutes les déforestations observées est dressé, notamment sous forme de carte spatiale. Le lancement des satellites CBERS-3 et Amazonia-1 (prévus pour 2011) et CBERS-4 (2014) devraient permettre d’obtenir très prochainement une résolution de seulement 50 mètres, avec une cadence de 3  à 4 jours, améliorant encore la surveillance de l’Amazonie.

Le système DETER est complété par le système DEGRAD (cartographie de la dégradation de la couverture végétale dans l’Amazonie légale brésilienne, Mapeamento da Degradaçã Florestal na Amazônia Brasileira) depuis 2008, où les images MODIS sont couplée aux images provenant de CBERS-2B et de Landsat 7 (géré par les Américains) permettent d’obtenir des images d’une résolution fine de 20 à 30 mètres, et de détecter les zones dégradées de 6,25 ha et plus. Les zones dégradées, suite à un processus d’imagerie, sont classées en 3 catégories : zone de dégradation moyennement active, en cours de régénération ; zone très active, en cours de déforestation, avec de larges zones de sol directement exposé ; zone peu active, avec preuve de mise en place de routes d’accès.

La surveillance de l'Amazonie, un défi et une prouesse du président Lula

La surveillance de la déforestation de l’Amazonie est à la fois un défi et une indéniable prouesse technologique : un défi, car l’Amazonie légale brésilienne, ce sont 5 millions de km2, près de 10 fois la superficie de la France métropolitaine ; une prouesse car le système de surveillance spatiale de l’Amazonie est tout simplement le premier système de surveillance automatisé au monde. Le magazine américain Science, mondialement réputé, écrivait en avril 2007 : « Aujourd’hui, le système de surveillance du Brésil est envié par le monde entier. ».

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Les progrès enregistrés sous la présidence de Lula sont indéniables. Les chiffres publiés par l’INPE (Institut National pour la Recherche Spatiale, Instituto Nacional de Pesquisas Espaciais) le 29 avril 2010 témoignent d’un ralentissement sans précédent de la déforestation : 7 464 km2 de forêt amazonienne ont disparu entre juillet 2008 et août 2009, ce qui reste considérable, mais représente une baisse de 42% par rapport aux douze mois précédents et le chiffre le plus bas depuis 1988. Depuis la mise en place d’une nouvelle politique intégrée de lutte contre la déforestation en 2004, au début du premier mandat de Lula, la chute est même de 75% ; et par rapport à la moyenne de la période antérieure (1996-2005), la baisse est de 62%. Le Brésil s’était fixé comme objectif de passer sous la barre des 6 500 km2 détruits chaque année d’ici à 2015 : « Nous atteindrons notre objectif, et sans doute plus tôt que prévu », annonce fièrement Izabella Teixeira, la nouvelle ministre de l’Environnement. « Nous avons ciblé nos efforts sur les quarante trois municipalités où se concentre plus de la moitié de la déforestation », explique-t-elle.

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Carte des 43 municipalités représentant 55% de la déforestation en 2008

Par ailleurs, les zones du domaine public de la forêt amazonienne représentent environ 1 785 000 km2un peu plus de la moitié de ce qui reste de la forêt amazonienne soit 3,4 millions de km2 – dont environ 1 517 000 km2 (85%) sont de zones protégées. Sur le reste, la moitié environ, soit 135 000 km2, pourraient devenir des concessions forestières, soumises aux nouvelles règles de développement durable du gouvernement bésilien. Là encore, il faut saluer la prouesse : sur les 1 517 000 km2 de zones protégées par les Etats et la fédération, 530 000 km2 – environ un tiers - ont acquis ce statut entre 2004  et 2009, sous la présidence de Lula. Durant la même période, environ 100 000 km2 de terres indigènes ont été sanctuarisées.

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En vert, les zones protégées créées après 2003, en jaune les autres zones protégées et les terres indigènes, en marron la déforestation

Paulo Adario, le représentant de Greenpeace en Amazonie, même s’il ne partage pas toutes les idées de Lula, salue la performance : « Lula peut être fier de son bilan. ». Greenpeace n’est pas restée inactive : en 2006, l’organisation a réuni les grands distributeurs de soja autour d’un moratoire interdisant le commerce d’oléagineux provenant de régions d’Amazonie récemment déforestées. Une réunion qui s’est tenue à l’issue d’une épreuve de force et de frictions.

Des frictions avec le lobby agro-industriel dans le Mato Grosso

Le symbole même de ces frictions entre les intérêts de la forêt amazonienne et ceux du lobby agroindustriel, c’est l’Etat du Mato Grosso, de « l’ épaisse forêt » en portugais : 903 000 km2 – près de deux fois la France, 3 millions d’habitants et 50 millions de têtes de bétail. Greenpeace a publié, en 2006 et en 2009, des rapports détaillés liant destructions des forêts (tronçonneuse et immenses incendies qui obscurcissent le ciel pendant des semaines) et augmentation de la production de soja et de viande. Suite à ces rapports, les fermiers ont dû accepter des moratoires : les viandes et céréales produites sur des terres fraîchement et illégalement gagnées sur la forêt sont bannies du marché, ce qui barre aux propriétaires en infraction l’accès à l’emprunt et  les fait figurer sur la liste rouge du site Internet du ministère de l’Environnement fédéral.

Autre mesure contraignante pour les fermiers, depuis dix ans la loi les oblige à préserver une « réserve légale » de végétation originelle de 30 à 50% des terres, et 80% si la propriété se situe dans la partie amazonienne, au nord-ouest du Mato Grosso. Cette mesure a été très mal accueillie par les propriétaires, qui ont annexé, occupé et cultivé des terres publiques.

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Récolte de soja dans le Mato Grosso

Le gouvernement de Lula a alors lancé le programme « MT Legal » pour légaliser 140 000 propriétaires et les mettre en conformité sur le plan environnemental. En avril 2009, le gouverneur du Mato Grosso, Blairo Maggi, l’un des « rois du soja », qui fournit 5% de la production brésilienne, avait averti : « Cette régularisation n’est pas un pardon. ». Un an plus tard, les policiers fédéraux ont démantelé un réseau d’une centaine de personnes, dont des employés du secrétariat à l’environnement du Mato Grosso qui établissaient de faux permis pour abattre des arbres de la forêt amazonienne. Le président Lula disait en parlant de la corruption au Brésil : « Au Brésil, la corruption est partout. Dans la politique, dans la justice, dans les entreprises. Dans tous les secteurs de la société. Nous devons donc séparer le bon grain de l’ivraie. ».

Comment Lula compte produire de façon durable de l'huile de palme

En gage de sa bonne volonté, le président Lula a annoncé le 6 mai 2010 « un programme national pour la production durable d’huile de palme », le Brésil étant absent jusqu’à aujourd’hui du commerce de cette matière première. Le pari de Lula est de faire mieux que les grands acteurs de cette production, l’Indonésie et la Malaisie, qui gagnent des parts de marché en détruisant leurs forêts. Si le Congrès approuve le projet de Lula, les terres destinées à la production d’huile de palme seront en priorité « des terres déjà dégradées », et ne pourront en aucun cas être celles où « la végétation est native, y compris en Amazonie ». Le Brésil a choisi cette solution pour doubler la superficie de ses plantations d’ici à 2020, et en même temps rester un interlocuteur crédible et de poids dans les négociations sur le climat, la biodiversité et le développement durable.

Bien sûr, le président Lula doit toujours concilier l’inconciliable : éradiquer la faim au Brésil, mais sanctuariser les dernières réserves de terres agricoles pour les fermiers. Le Brésil a déployé des trésors d’imagination, mais a aussi plus prosaïquement eu recours aux OGM pour accroître les rendements dans ce contexte de quasi-gel des terres cultivables.

La controverse des grands barrages hydroélectriques amazoniens

Le président Lula souhaite exploiter une énergie « propre et renouvelable », l’hydroélectricité, qui assure 85% de la fourniture d’énergie au Brésil, et dont 65% du potentiel est en Amazonie, mais doit tenir compte des populations indigènes et des destructions impliquées par les dizaines de milliers de personnes attirées par la construction des barrages. Depuis début 2010, la controverse a porté sur le projet de construction du barrage géant de Belo Monte, dans l’Etat du Para, sur la rivière Xingu, en plein cœur de la forêt amazonienne. L’enjeu est de taille pour le Brésil : avec 11 200 mégawatts en puissance installée, Belo Monte sera le 3ème plus grand barrage du monde, après celui des Trois Gorges en Chine (18 000 MW) et celui d’Itaipu , exploité par le Brésil et le Paraguay (14 000 MW). Il possèdera 11% de la capacité de production d’un Brésil dont la population et la densité des besoins augmentent avec l’enrichissement des Brésiliens.

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Le projet est ancien et a connu bien des péripéties. En 1989, les indigènes, soutenus par le chanteur anglais Sting, mènent une campagne mondiale qui oblige l’Etat à battre en retraite. En 2008, de nouvelles échauffourées ont lieu entre les indiens et le coordinateur du projet. Aujourd’hui, après la signature du contrat de concession le 26 août 2010 par le président Lula, les écologistes restent sceptiques et les Indiens hostiles. 62 chefs indiens ont souligné : « La forêt est notre épicerie, la rivière notre marché. Nous ne voulons pas que les cours d'eau du Xingù soient envahis et que nos villages et nos enfants, qui seront élevés selon nos coutumes, soient en danger.  ». D’après l’association Survival, le barrage « détruira la forêt et réduira le stock de poissons dont les Indiens, tels que les Kayapó, les Arara, les Juruna, les Araweté, les Xikrin, les Asurini et les Parakanã, dépendent pour leur survie. ». La justice locale n’est pas en reste : le procureur Ubiratan Gazetta souligne que le barrage requiert « des excavations équivalentes à celles du canal de Panama » et fera doubler la population locale, avec au moins 85 000 personnes en quête de travail, « ce qui entraînera une pression sur la terre et la déforestation. ».

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Des indiens Tucano manifestent contre la construction du barrage à Brasilia le 26 août 2010 (AP/Eraldo Peres)

Pourtant, le projet a été largement revu : le projet a été modifié en tenant compte de nouvelles contraintes environnementales et des craintes de la population. Il ne comporte plus qu'une usine au lieu de six. La surface des terres inondées sera réduite de 1 200 km2 à 516 km2. Avec ses 29 turbines, le complexe comprendra deux barrages et un lac de retenue reliés par deux canaux de dérivation des eaux du Xingu. La centrale sera « au fil de l'eau », réduisant ainsi l'impact environnemental. Le concessionnaire s'engage par avance à honorer un strict cahier des charges assorti de « quarante contraintes environnementales et socio-économiques ». Faute de quoi, le projet ne pourrait être mis en oeuvre. Le ministre de l'environnement évalue à 800 millions de dollars (587 millions d'euros) le montant de ces « compensations » : « C'est la licence environnementale la plus exigeante de l'Histoire. ». Il s'agira, notamment, de créer deux zones de préservation des terres indigènes et de financer un réseau d'assainissement public, et d'un programme de construction d'écoles et de dispensaires. « Toutes cesexigences sont réalisables, même si certaines sont lourdes », observe Roberto Massias, chef de l'agence gouvernementale pour l'environnement (Ibama). « Pas un Indien ne devra quitter sa terre. » , assure le ministre de l’Environnement.

La forêt amazonienne, un joyau irremplaçable pour la Terre

Au-delà de tous ces aspects, l’Amazonie, par delà les frontières, est unique est irremplaçable. Elle abrite 10% des espèces connues, et ses rivières rejettent à la mer 15 à 16% de toute l’eau déversée par les cours d’eau du monde.

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La forêt amazonienne, un sytème vivant d'eau et d'arbres (WWF-Canon/Michel Roggo)

L’Amazone coule sur plus de 6 600 km et avec ses centaines d’affluents elle contient le plus grand nombre d’espèces de poissons d’eau douce du monde.

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Peuples d'Amazonie : Maria, fille d'un "seringueiro" (récoltant de caoutchouc) dans l'Etat d'Acre ; le chef indien Kayapo Kanhok Gorotire ; les Capones, des paysans vivant dans une extrême pauvreté à la lisière de la forêt, produisant à peine de quoi se nourir (WWF-Canon/Edward Parker, WWF-Canon/Mauri Rautkari, Nigel Dickinson)

30 millions de personnes vivent en Amazonie, dont 9% (2,7 millions) appartiennent à des populations indigènes, regroupées en 350 groupes ethniques, dont plus de 60 restent très isolés.

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Faune et flore d'Amazonie : le poisson chat à queue rouge, la mante religieuse, l'orchidée Cochleanthes amazonica, et le jaguar (Zig Koch/WWF-Canon, Zig Koch, André Bärtschi, Michel Gunther)

40 000 espèces de plantes, 427 espèces de mammifères (comme le jaguar), 1 300 espèces d’oiseaux (comme le toucan), 378 espèces de reptiles, plus de 400 espèces d’amphibiens et autour de 3 000 espèces de poissons d’eau douce (dont le célèbre piranha) ont été découverts en Amazonie ; les espèces d’invertébrés, comme les insectes, sont encore plus nombreux : environ 100 000 rien qu’au Brésil. Entre 1999 et 2009, 1 200 nouvelles espèces de plantes et de vertébrés ont été découvertes en Amazonie, prouvant qu’on est très, très loin d’y avoir découvert toutes les espèces présentes.

Au delà des chiffres, la forêt amazonienne est la seule grande forêt tropicale de cette taille et avec cette biodiversité qui reste à la surface du globe. L’Amazonie est le poumon de la Terre : elle inspire le CO2, stocke le carbone dans sa végétation et ses arbres, et rejette de l’oxygène. Le carbone est stocké, il ne disparaît pas : quand les fermiers brésiliens déclenchent ces grands incendies de forêt qui durent des semaines pour livrer les terres incendiées au bétail et à la culture des céréales et des oléagineux, le carbone est brusquement relâché dans l’atmosphère sous forme de CO2. Puis viennent le bétail, les termites et les cultures, qui produisent beaucoup moins d’oxygène, voire rejettent du CO2 pour les deux premiers.

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La relation intime entre la forêt amazonienne et le système de rivières qui irrigue toute l'Amazonie (WWF)

Par ailleurs, la forêt amazonienne influe directement sur le climat et sur les courants marins. L’eau rejetée dans l’atmosphère par l’évapotranspiration des arbres et de plantes, et celle rejetée dans la mer par les rivières, influence les climats mondiaux et les courants des océans. Le mécanisme permet aussi au climat tropical de la forêt amazonienne de s’auto-entretenir : plus de forêt amazonienne, plus d’évapotranspiration massive, donc plus de pluies, une baisse du débit des rivières, et un assèchement du climat local.

Enfin, les scientifiques estiment que moins de 0,5% des espèces de plantes à fleurs ont fait l’objet d’une étude approfondie pour leur potentiel médical. À chaque kilomètre carré qui disparaît, c’est peut-être un médicament majeur qui ne verra jamais le jour.

Le Sommet de Nagoya sur la biodiversité et l'accord APA

À ce titre, parmi les avancées du sommet de Nagoya sur la biodiversité qui s’est achevé vendredi 29 octobre, le protocole APA (Accès et partage des avantages, en anglais Access and Benfit Sharing, ABS), consacré aux ressources génétiques et aux bénéfices tirés de leur exploitation, constitue une avancée majeure. « Cet accord ouvre de nouvelles perspectives. Il constitue une nouvelle approche de la préservation de la biodiversité. », a déclaré Izabella Teixeira, ministre brésilienne de l'environnement et, à ce titre, leader des pays en développement réunis au sein du G77.

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Le président Lula et le ministre intérimaire de l'Environnement au sommet de Nagoya (Antonio Cruz/ABr)

Certes, la place de certaines notions restent floues dans le texte, comme celle de « dérivé », produit issu d’un gène ; l’accord n’est pas non plus rétroactif, et tend à oublier les plus faibles, notamment les peuples indigènes, mais il existe. Dernière ombre au tableau, et de taille : les Etats-Unis, qui n'ont jamais ratifié la Convention sur la diversité biologique de 1992, ne sont pas parties prenantes du protocole. Classement 2010 des plus grandes entreprises pharmaceutiques mondiales : GlaxoSmithKline PLC (1er, Etats-Unis-Royaume-Uni), Merck & Co Inc. (2ème, Etats-Unis), Gilead Sciences (4ème, Etats-Unis), Johnson & Johnson (9ème, Etats-Unis) et Abbott Laboratories Inc. (10ème, Etats-Unis). Etrange coïncidence, non ?

Frédérick Moulin

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Published by Militants de l'Espoir à gauche - dans Ecologie - Environnement
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commentaires

Otschapovski Pennel danièle 01/11/2010 19:58



j'ai lu avec joie ces initiatives enthousiasmantes je dois dire pour un férue d'écologie pour sauver la planète et ses habitants


sachant que par ailleurs une décision a été prise par le Président de l'équateur ?que certains puits de pétrole ont été découverts en Indonésie et qui sont ^préts pour être
mis pour être mis en action , ne le seront pas et en accord avec la Suède , la "France", l'Angleterre, la Turquie, sont prètes à verser des indemnités pour
préserver  les foréts par des énergies propres ne dégageant pas de CO2, ce qui permettra à des tribus ancestrales de rester  dans la forêt   et de préserver la
faune et la flore


Je suis enchantée que la France participe à cette innovation



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