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15 mars 2011 2 15 /03 /mars /2011 02:10

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Corinne Lepage était le témoin vedette du lancement du plan de résistance photovoltaïque régional par Ségolène Royal contre les mesures gouvernementales jeudi dernier à Poitiers, dans la salle Jean Monnet du Conseil régional. Ce plan tenait en 4 points, dont le premier était la création d’un très symbolique « fonds de résistance photovoltaïque » régional, sera prochainement traité dans un autre billet.

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Ségolène Royal lors du lancement de son plan pour le photovoltaïque : "Comment relever le défi d'une nouvelle filière solaire en France", salle Jean Monnet de la Maison de la Région, jeudi 10 mars 2011 ; au-dessus d'elle, un écran diffuse la vidéo de Corinne Lepage, qu'elle regarde sur l'écran de télévision installé en face de l'estrade

Pourquoi Corinne Lepage ? Parce que Corinne Lepage est bien plus que l’ancienne ministre de l’Environnement d’Alain Juppé sous la présidence de Jacques Chirac, et bien plus qu’une simple députée européenne du groupe de l’Alliance des Démocrates et des Libéraux pour l’Europe, l’ADLE, la troisième force du Parlement européen, qui compte dans ses rangs le Modem, Corinne Lepage, les libéraux-démocrates allemands et anglais notamment.

Côté français, Corinne Lepage a fait du chemin depuis le gouvernement d’Alain Juppé. En 2007, elle s’engage aux côtés de François Bayrou avec son club de réflexion politique, Cap21. Vice-présidente du MoDem, elle est élue eurodéputée en juin 2009. Des tensions apparaissent avec le MoDem quand aux régionales de mars 2010, Cap21 appelle à voter pour Europe Ecologie et non pour le MoDem dans 6 régions. Le 17 mars 2010, Corinne Lepage annonce sa décision de quitter le MoDem et appelle à voter à gauche au second tour, sauf en Aquitaine où Jean Lassalle (MoDem) se maintient ; la rupture avec le MoDem est votée par le Congrès de Cap21 de mai 2010.

Corine-Poitiers-1.jpg

Dans la salle Jean Monnet, la vidéo de Corinne Lepage passe sur l'écran d'un ordinateur portable ; sur le mur, l'affiche de la réunion : on peut voir : "Maison de la Région, Salle Jean Monnet", des panneaux solaires et l'adresse du site de la Région Poitou-Charentes, www.poitou-charentes.fr

Côté européen, Corinne Lepage est très active ; au Sommet de Copenhague, en décembre 2009, elle est la seule députée européenne de la délégation française à Strasbourg à être présente. Elle est la première vice-présidente de l’ENVI, la Commission permanente Environnement, santé publique et sécurité alimentaire du Parlement européen, dirigée par un social-démocrate allemand. Elle a pour collègues à la vice-présidence un Vert suédois, un social-démocrate danois et un Polonais du PPE. Et elle est membre suppléante de l’ITRE, la Commission permanente Industrie, Recherche et Energie, dirigée par un Allemand du PPE.

En marge de son activité de députée européenne, elle plaide pour la fermeture de la centrale nucléaire de Fessenheim, en Alsace, la doyenne du parc français, et lutte contre l’exploitation des gisements de gaz de schiste.

Concernant le nucléaire, sa position est claire : « C’est un débat, du reste, qu’il serait intéressant d’avoir de manière autre que par vitupérations ou faux-semblants, et notamment d’avoir un débat global sur les avantages et les coûts économiques et financiers. »

Une position pas très éloignée de celle exprimée hier par Najat Vallaud-Belkacem, une proche de Ségolène Royal, en marge de son appel au respect pour la catastrophe que subit le peuple japonais :

« Il y a une forme d'indécence à politiser aussi rapidement ce qui est d'abord une catastrophe humaine. Les Japonais pleurent leurs morts, faisons d'abord  preuve de solidarité.  Le moment viendra ensuite de demander des comptes au  gouvernement et de lui réclamer les règles minimales de transparence en la matière. »

Najat Vallaud-Belkacem demandait en outre un « point sur le parc nucléaire français » et sa « sécurité », ainsi qu’un « débat public sur cette question de société essentielle ».

Désirs d'avenir, dans La lettre d'actualité de Ségolène Royal soulignait, dans une lettre envoyée à ses adhérents hier : 

« Les images effroyables qui nous parviennent depuis Vendredi nous bouleversent toutes et tous au plus haut point. Et l’attitude des citoyens japonais  forcent le respect. Quant au débat sur le nucléaire, il faudra qu'il ait lieu mais il ne peut s'improviser et les Français devront être consultés. »

Aujourd'hui, sur France Bleu, Ségolène Royal a prolongé cet axe de pensée, ses propos ayant été repris par LeMonde.fr :

« Je pense qu'il y a un délai de décence et de respect. Il faudra que ce débat ait lieu, bien évidemment, mais l'heure est aujourd'hui à la solidarité avec les Japonais et au respect de ce qu'ils sont en train de subir. Quand le débat sera rouvert, lorsque les Japonais auront pu retrouver la garantie de la sécurité, à ce moment-là, je vous donnerai mon avis sur le nucléaire. »

Frédérick Moulin

 

 

 

J’ai accepté très volontiers la proposition que m’a faite Ségolène Royal à participer à ce débat parce que je pense que le sujet est absolument majeur.

Ce qui est en train de se passer en France est en fait gravissime pour non seulement l’énergie photovoltaïque mais je dirais, plus largement, pour tous les espoirs que nous pouvons avoir pour réindustrialiser la France à partir des énergies renouvelables et de la sobriété énergétique.

On peut être contre ou pour le nucléaire, c’est un débat, du reste, qu’il serait intéressant d’avoir de manière autre que par vitupérations ou faux-semblants, et notamment d’avoir un débat global sur les avantages et les coûts économiques et financiers.

Mais ce qui est en train de se passer, c’est, au nom du nucléaire, la volonté de rendre impossible la réalisation en France de filières sur les énergies renouvelables et en particulier d’une filière photovoltaïque qui ne demandait qu’à se développer.

En réalité, depuis 2007 on a assisté à un jeu de dupes, un jeu de masques, un jeu de rôles, qui a constamment été le même. Chaque fois qu’une énergie pourrait, non pas concurrencer le nucléaire, nous n’en sommes pas là, mais disons, avoir un volume suffisant pour pouvoir être une véritable activité économique au sens plein et entier du terme, avec tous les emplois et la pression économique qui va avec, le gouvernement décide de la saboter.

Ça a d’abord été le cas de l’énergie éolienne, dans les années 2007-2008-2009, puisque le Grenelle a abouti en fait à rendre extrêmement difficile le développement et l’installation d’éoliennes en France qui sont soumises à la fois à des plans généraux, à des permis de construire et à la législation des installations classées, ça fait quand même beaucoup pour des pylônes qui peuvent en réalité être démontés assez facilement.


Corinne-S-2.jpg

Ensuite, pendant qu’on s’attaquait à l’éolien, le discours, la doxa publique a été : « Mais vous inquiétez pas, faut pas faire de l’éolien, mais faites donc du photovoltaïque parce que ça c’est formidable. ». Et on s’est lancé dans le photovoltaïque. À ce moment là, qu’est-ce qu’il s’est passé ? Haro sur le photovoltaïque !

Ça a été un haro en plusieurs étapes, d’abord avec une première baisse du prix, puis comme ça n’a pas suffi, une deuxième baisse du prix, puis comme ça n’a pas suffi, un moratoire, et là maintenant une réduction de 20% des prix qui bien entendu met en péril une filière naissante.

Alors aujourd’hui, on nous dit que c’est l’éolien offshore, mais je suis prête à prendre les paris, dans 6 mois ou dans 1 an, c’est l’éolien offshore qui aura toutes les tares de la terre.

Alors, au point où nous en sommes, de deux choses l’une : ou bien la France a décidé de ne pas respecter les engagements qu’elle a pris, c’est-à-dire 23% d’énergies renouvelables [loi n°2009-967 du 3 août 2009 dite « Grenelle I », article 2, NdlR] en 2020, la France a décidé de ne pas développer de filière d’énergie renouvelable, la France a décidé de ne pas faire de sobriété énergétique, c’est ce qu’elle est en train de faire, mais au moins elle le dit, et elle met en accord ses actes avec ses paroles.

Ou bien la France est fidèle aux engagements qu’elle a pris, et à ce moment-là, elle arrête de saboter systématiquement les filières qui se mettent en place pour essayer de nous sortir de la société du pétrole sans pour autant nous limiter au monopole du nucléaire. Voilà le sujet qui est sur la table, et je remercie Ségolène Royal de m’avoir donné la possibilité de l’exprimer de manière aussi simple que ce que je viens de faire.

J’espère pouvoir prendre connaissance de vos débats, et je vous souhaite une excellente réunion en espérant qu’elle produira des effets, et que dans les mois qui viennent nous pourrons remonter la pente qui est en passe d’être terriblement descendue.

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Published by Militants de l'Espoir à gauche - dans Actualité
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