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15 juillet 2010 4 15 /07 /juillet /2010 04:16

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Suite à l’entretien qu’il a accordé à France 2 le 12 juillet 2010, Nicolas Sarkozy a-t-il conservé totalement intacte sa stature d’homme d’Etat aux yeux des Français et des chancelleries étrangères ?

Certes, tout a bien commencé. Comme le remarquait le journal Le Figaro le 12 juillet 2010, avant l’entretien :

« Pour la première fois, Nicolas Sarkozy recevra une télévision en extérieur, sur la terrasse de l'Élysée. Il sera installé, côté jardin, devant le bureau des portraits, qu'il occupe en été et où il reçoit ses visiteurs. »

Françoise Fressoz, chef du service politique du Monde, poursuivait dans un article du Monde.fr du 13 juillet :

« Il a voulu montrer une nouvelle image, une image plus présidentielle. (…) Il s'efforçait de rester calme après les vives attaques portées la semaine dernière par l'Elysée contre une partie de la presse, qui avait fait des révélations sur l'affaire Bettencourt. (…) Il a gommé de son intervention toutes les attaques trop marquées, tous les gestes d'impatience que d'ordinaire ses interlocuteurs observent. »

Cependant, Le Figaro notait dès le 12 juillet :

« Le présentateur du JT de France 2, David Pujadas, sera seul pour l'interroger. L'Élysée a souhaité créer une atmosphère de conversation et limiter les risques de digression. »

Et c’est bien ce que plusieurs commentateurs de la presse ont reproché au président Sarkozy : le choix d’un interlocuteur unique, qui a permis au chef de l’Etat de mieux contrôler le déroulé de la conversation, et d’énoncer des contre-vérités, notamment en matière économique, qu’un journaliste spécialisé dans ce domaine n’aurait pas manqué de relever si un panel de journalistes avait été autorisé à s’entretenir avec Nicolas Sarkozy, les domaines de compétence des uns complétant les compétences des autres, et permettant un véritable dialogue entre les journalistes et le chef de l’Etat, ce que David Pujadas n’a pu réellement réaliser seul.

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Nicolas Sarkozy en "Men in black" fait un lavage de cerveau à David Pujadas grâce au célèbre gadget flashant des "Men in black (Dessin de Martin Vidberg, www.martinvidberg.com)

Nicolas Sarkozy a donc fait apparaître au grand jour sa connaissance approximative de certains dossiers, comme la justice (différence entre un magistrat du parquet et un juge), « les contribuables qui payaient 100% d’impôt » (non prise en compte des niches fiscales), plus étonnant les dossiers politiques au cœur de son septennat (circonstances des départs d’Alain Joyandet et de Christian Blanc, définition du bouclier fiscal par Dominique de Villepin et non par lui, la personnalité politique qui dirige réellement l’UMP), ou la suppression de l’impôt sur la fortune allemand par « les socialistes », alors que l’initiative en revient à la cour constitutionnelle allemande. Et la liste n’est pas exhaustive.

Un président de la République Française peut-il énumérer des approximations ou des contrevérités sans conséquence pour le peu de confiance qu’on encore ses concitoyens en lui ?

F.M.

-oOo-

lemonde pet

14 juillet 2010

De la réalité au verbe présidentiel, quelques arrangements sémantiques

Pour peaufiner son image de président réformateur ou au-dessus des partis, M. Sarkozy a parfois pris ses aises avec la réalité

1387169_3_0465_nicolas-sarkozy-sur-france-2-lundi-12-juille.jpgPhoto Reuters/HO 

L'exercice de l'entretien télévisé en direct, face à la vigilance d'un seul journaliste, est propice à de petits accommodements avec les faits. Recensement non exhaustif d'approximations de Nicolas Sarkozy, sans préjuger de leur caractère volontaire.

La démission " immédiate " de Christian Blanc et Alain Joyandet

" Des ministres ont commis des indélicatesses ou des maladresses. Je le leur ai dit. Ils en ont immédiatement tiré les conséquences ", assure M. Sarkozy. Face à l'" immédiatement " du chef de l'Etat, David Pujadas, le journaliste de France 2, a spontanément réagi. Le président a en effet annoncé la démission de ses deux secrétaires d'Etat plusieurs semaines après que Le Canard enchaîné a dévoilé les affaires les concernant. Et si cela n'avait tenu qu'à lui, Alain Joyandet serait resté secrétaire d'Etat jusqu'au remaniement de l'automne.

Qui est le patron de l'UMP ?

Concernant le départ d'Eric Woerth de sa fonction de trésorier de l'UMP, M. Sarkozy s'est contenté d'un " conseil ", renvoyant la balle à Xavier Bertrand, le secrétaire général du mouvement, en expliquant qu'il n'était pas le patron de l'UMP. Il ne fait guère mystère, pourtant, que cette décision a été tranchée à l'Elysée. Et que Nicolas Sarkozy reste le vrai patron de l'UMP. Lorsqu'il en a quitté la direction en 2007, il a fait supprimer la fonction de président, ne laissant à sa tête qu'un secrétaire général. Manière alors d'affirmer qu'il gardait la main, à l'inverse de lundi, sur France 2, où il a voulu apparaître au-dessus de la mêlée partisane.

Le " juge " Courroye

Philippe Courroye est un magistrat du parquet hiérarchiquement soumis à la chancellerie et non pas un " juge ". Cette appellation est réservée aux magistrats du siège, indépendants de l'autorité politique. Lorsqu'il était juge d'instruction, M. Courroye appartenait au " pôle financier " et non pas au " pôle anticorruption ", qui n'a jamais existé. C'est dans ce cadre qu'il a instruit, en co-saisine avec Isabelle Prévost-Desprez, l'affaire de l'Angolagate et les trois dossiers qui ont valu à l'ancien ministre de l'intérieur, Charles Pasqua, de comparaître devant la Cour de justice de la République. Mais ce pôle qui est en effet à l'origine de la plupart des grandes affaires politico-financières est aujourd'hui en déshérence, car le parquet de Paris ouvre de moins en moins d'informations judiciaires au profit d'enquêtes préliminaires, dont il a la maîtrise.

Le bouclier fiscal

" Il existait avant mon élection des contribuables qui payaient 100 % d'impôt, c'est-à-dire il gagnait 1 000, ils payaient 1 000 et ils partaient tous ", a affirmé le chef de l'Etat. Jamais personne n'a donné l'intégralité de ses gains à l'Etat. En outre, un premier bouclier fiscal a été institué sous la présidence de Jacques Chirac par Dominique de Villepin, qui plafonnait les impôts, hors CSG et CRDS, à 60 %.

Le sort fait aux riches

Selon le député PS du Rhône Pierre-Alain Muet, la France n'est pas, contrairement à ce que dit M. Sarkozy, le pays qui taxe le plus les hauts revenus : " En raison, dit-il, de l'utilisation des niches fiscales et de la faible taxation des revenus du capital, le taux effectif d'imposition du revenu est très loin du taux marginal de 40 %. Il est de 25 % pour les 1 000 plus hauts revenus et tombe à moins de 20 % pour les dix plus hauts revenus ".

L'impôt sur la fortune en Allemagne

L'ISF a été supprimé en Allemagne en 1995 après une décision de la Cour constitutionnelle de Karlsruhe et non par la volonté des " socialistes ", comme l'a dit M. Sarkozy.

Pierre Jaxel-Truer, avec Pascale Robert-Diard

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