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10 mai 2011 2 10 /05 /mai /2011 20:40

Photo Razak[1]C’est replacer la démocratie sur son socle environnemental, mais aussi reconnaître que les problèmes humains posés par les crises environnementales relèvent de l’inégalité sociale et ne peuvent donc être résolus que démocratiquement, et d’abord au niveau des territoires..

Car la dimension sociale du risque environnemental  apparaît désormais clairement. Parce qu’ils combinent la vulnérabilité à l’alea, les risques environnementaux se superposent de plus en plus nettement aux inégalités de revenu, générant une véritable inégalité environnementale. Caractère désormais mondial des sociétés riches comme des sociétés pauvres, l’inégalité environnementale est bien documentée dans l’ouvrage d’Eric Laurent «  Social-écologie » (Paris, Flammarion, 2011).

Par inégalité environnementale, il faut entendre certes exposition aux risques naturels, technologiques, industriels ou sanitaires , mais évidemment aussi  exposition aux nuisances ordinaires : bruit et pollution, accès insuffisant aux ressources de l’urbanité et à un cadre de vie de qualité, et enfin capacité faible ou inexistante pour les groupes concernés à agir sur l’environnement et à interpeller la puissance publique ou les décideurs privés pour qu’ils le fassent.

Ainsi se dessine une double forme d’inégalité environnementale, celle quotidienne qui est inscrite dans les conditions ordinaires de la vie des pauvres et celle qui explose avec chaque crise environnementale. Si le combat contre la première forme d’inégalité est clairement social, en revanche il est moins habituel de considérer qu’une politique sociale démocratique constitue le meilleur instrument de prévention et de réparation des risques environnementaux.

Car il est facile de dire que la politique n’est pour rien dans les tremblements de terre . Mais le coùt des crises environnementales des dernières décennies découle, directement ou indirectement, de la décision humaine. Effets directs : les accidents  des entreprises industrielles telles que la centrale nucléaire de Tchernobyl, les usines d’Union Carbide à Bhopal ou d’AZT à Toulouse, effets indirects : des phénomènes naturels tels que le tsunami de Fukushima, le séisme chinois de 2006, celui d’Haîti en 2010, l’ouragan Katrina de la Nouvelle-Orléans ou de Tuscaloosa hier, ou encore la canicule européenne de 2003. Certains diront que la canicule a quelque chose à voir avec le réchauffement climatique, en revanche séismes et tsunamis sont de toute évidence an-historiques. Mais dans tous les cas, les conséquences humanitaires de ces crises environnementales sont largement imputables aux décisions humaines d’évaluation du risque.

Implanter des centrales nucléaires dans des régions à haute activité sismique, bâtir en négligeant les normes para-sismiques, économiser sur l’entretien des digues,  dans des pays où règne la corruption des décideurs, laisser  des populations démunies et désinformées s’entasser à proximité d’activités potentiellement dangereuses, c’est préparer les catastrophes humanitaires que nous vivons désormais.

Au-delà de l’impéritie ou de la corruption des gouvernements locaux, au-delà de la soif de profit des grandes entreprises, au-delà donc de déficiences des décideurs somme toute plutôt courantes quand un contrôle démocratique ne s’exerce pas, l’enquête sociologique nous apporte chaque fois la même information : les victimes ne sont pas également réparties dans la société. Ceux qui souffrent, ce sont majoritairement les pauvres, ceux qui n’ont pas les moyens de vivre ailleurs ou de se loger autrement, et ceux qui sont isolés, exclus des réseaux de sociabilité et d’influence . Les survivants, ce sont les détenteurs d’un capital économique , culturel ou social leur permettant de vivre à l’abri, de concevoir ou de financer des systèmes privés de protection, ou encore de mobiliser les décideurs au service de leurs intérêts. L’inégalité des sociétés  se retrouve dans chaque catastrophe, que les effets destructeurs de celle-ci soient directement ou indirectement liées à des décisions humaines.

Comment lutter contre cette forme d’inégalité aggravée par la marchandisation du monde?

Là où la responsabilité du politique prend toute sa dimension, c’est lorsqu’il s’agit de passer de la notion de danger objectif  ou de danger perçu par les populations locales concernées, c’est-à-dire de passer de l’information,  à l’évaluation du risque. Celle-ci  appellera peut-être des choix d’intérêt général , mais elle appelle d’abord des décisions politiques immédiates qui ne peuvent être prises que sur le terrain. Ici encore, et même dans les pays qui bénéficient de régimes démocratiques, comme le Japon ou les Etats de l’Union Européenne, l’Etat, communément appelé Etat-providence, s’est montré incapable ou peu désireuxd’effectuer ce calcul du risque : information tardive, approximative ,parcellaire ou peu objective , et finalement  manque de réactivité de la  structure technocratique centralisée de la décision (rappelez-vous la canicule: c’était l’été, des tas de congés d’été paralysaient la courroie de la décision, qui ne pouvait être que centrale, de mettre des moyens à disposition des urgences qui ne pouvaient, être elles,  que locales).

C’est pourquoi la démocratie environnementale doit s’enraciner dans la démocratie locale participative parce que celle-ci est riche de l’expertise quotidienne des citoyens et parce que c’est au niveau local que les transformations du monde se lisent le plus clairement là où surgissent les périls.

A partir de l’expertise citoyenne des territoires, démasquons l’inégalité environnementale . Relevons le  défi de la démocratie environnementale participative avec Ségolène Royal en 2012.

Lucile Bourquelot

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