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14 septembre 2011 3 14 /09 /septembre /2011 15:37

jeu-bourse-gagner-1-.jpg1,2,3 ce sera toi, 4,5,6 qui paye les risques, 7,8,9 est-ce que les banques nous bluffent ? 10,11,12, l'Europe a le blues.

Est-ce la faute des banques, est-ce la faute des Grecs ? Est-ce vraiment la peine de chercher à qui la faute ? Faut-il ressortir aujourd'hui la rengaine du financement occulte et dans la même phrase taxer de populisme et frapper l'inconstance des peuples ? Ou bien faut-il, comme Ségolène Royal, se relever de la torpeur ambiante et proposer des solutions ?

Nous assistons ces dernières semaines à une fantastique partie de ping-pong où les financiers sont au service, où les politiques soignent leur revers. Nos intérêts sont dans la balle et encaissent les coups. Ce que nous ne voyons pas - et pour cause, le champ de vision d'une balle de ping-pong est assez restreint - c'est que ces histoires de remboursement, de notations qui grincent et de banques qui boudent sont entièrement financées par les intérêts de l'argent qui est le nôtre, celui que nous créons par la force de notre travail. Il est notre pouvoir d'achat, notre pain quotidien, l'avenir de nos
enfants, la retraite de nos parents, la récompense du labeur que le système financier se plaît à planter dans le filet. Traitez-moi de gauchiste inconsistant, mais il me semble que ce ne sont pas les financiers qui sont les premières victimes de leur appétit.


Hier, des spécialistes de la finance dont les noms restent inconnus, ont cru intéressant de spéculer sur la dette des Etats. Cette dette, c'est le financement des dépenses courantes, ce sont les investissements qui créent la sainte et nécessaire croissance.

Spéculer, que l'on soit bien d'accord, ne veut rien dire d'autre que boursicoter, créer de l'argent imaginaire sur de l'argent réel, faire gonfler un rêve, une bulle, comme un enfant qui souffle dans du savon.
Et puis la bulle éclate, l'enfant s'en prend dans les yeux, il grimace, il se frotte avec le revers de sa main. Et puis il
recommence. Sans même s'excuser. Après tout c'est un enfant. Et la dette n'est plus remboursable, et les pays ne peuvent plus investir ou subvenir à leurs besoins. Et les gens ont faim. On ne se nourrit pas d'une bulle.

Aujourd'hui, les gouvernements fatigués cherchent chacun de leur côté des solutions : il faut surveiller nos dettes et cependant aider les Etats en banqueroute. Le grand écart digne d'une gymnaste sur entraînée.


Avec quel argent ?


Celui des banques - le nôtre donc -  car il n'y a que celui-là. 1, 2, 3 ce sera toi.


Et elles rechignent, elles menacent, elles demandent des contreparties. 4, 5, 6 qui payent les risques.


Sans rougir. 7, 8, 9 est-ce que les banques nous bluffent ?


On croit rêver. 10, 11, 12, l'Europe a le blues.


Exposées comme elles le sont à la dette des Etats européens, les banques trépignent, avancent, reculent, poussent des petits cris comme des ados devant un film d'horreur. Tout ça leur paraît peut-être irréel... Cela ne l'est que plus.

Tout va trop vite, à dix heures, on sourit, à dix heures dix, on pleure. La Chine pourrait aider l'Italie, youpi, et puis finalement pas, youpla... Les gouvernements n'ont même pas le temps, tous les quarts d'heure, tout change. Comment en sommes-nous arrivés là ?


Je ne sais pas et il faudrait une armée d'historiens, d'économistes, de politologues pour nous répondre. Il me semble cependant que des erreurs se répètent souvent, celle de ne pas assez regarder sur le long terme, à l'échelle mondiale, celle de croire que la main invisible va venir faire tourner la machine sans abîmer personne, celle de faire confiance à ceux qui connaissent les chiffres, le dos collé au mur de l'argent. Celle de prétendre ne pas voir le gouffre qui se creuse.

Le monde de la finance s'est laissé prendre à son propre jeu. Et face à lui, la sphère politique se sent impuissante. Ce manque de confiance en la capacité du politique à défendre le peuple fait peur. Ces conflits financiers sont notre nouvelle guerre et nos généraux tremblent.


Ecoutez, écoutez bien Ségolène Royal. Elle demande de la transparence sur un système opaque à bout de souffle. Une banque qui se sait regardée réfléchit avant d'agir. Elle demande de l'unité quand les Etats se divisent : il faut se réunir, vite. Elle demande des contreparties quand on touche à l'argent des peuples : le maniement de l'argent public doit rapporter au public, c'est une telle évidence qu'ils ne comprennent pas. Elle insiste pour engager la réforme des
banques et séparer les activités spéculatives des activités de prêts. Purifier les finances pour commencer le ménage. Barack Obama lui-même a le courage de demander cette distinction, nous serions stupides de ne pas faire de même. Elle se place du côté des indignés, ceux qui comme moi ne comprennent pas comment nous avons laissé des enfants s'amuser avec nos richesses. L'encadrement politique, soucieux et altruiste, des enfants boursicoteurs qui grattent des allumettes au-dessus de jerricanes d'essence : c'est ça, l'ordre mondial juste.


Les indignés et les résignés sont dans tous les pays. Plus que jamais, ils ont besoin d'une aide politique efficace. Jamais, ô grand jamais, il serait raisonnable d'imaginer qu'en laissant sombrer les Grecs, nous nous en sortirons mieux qu'eux. Toujours, je dis bien toujours, la solidarité inter-étatique prévaut sur la préférence nationale. Ne détruisons pas l'Euro, ne détruisons pas l'Europe, c'est ce que nous avons de plus beau.


Comme Ségolène Royal et comme des responsables raisonnables de chaque pays européen, nous devons appeler à la gouvernance économique d'urgence des Etats-Unis d'Europe. Le délitement progressif de notre zone monétaire nous ferait sombrer un par un. Sauvons l'Europe, sauvons les peuples, diffusons l'ordre juste en portant au pouvoir ceux qui ont la force et la volonté d'agir. Dans ce concert d'angoisse et d'égoïsme, puisse la fraternité faire entendre sa voix.

Judith Pargiter

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Published by Militants de l'Espoir à gauche - dans La chronique de Judith Pargiter
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