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24 septembre 2011 6 24 /09 /septembre /2011 18:35

 

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Ségolène Royal était hier l’invitée spéciale de Libération, sa « rédactrice en chef d’un jour », et elle a répondu à toute l’équipe du journal lors de la conférence de rédaction, au cours d’un entretien explosif, retranscrit dans l’édition de Libération d’aujourd’hui.

Ce n’était pas la première fois, puisqu’elle était déjà venue en 2007. Souriante, elle s’est exclamée : « Libé c’est le seul journal qui a fait un portrait en ne montrant que mes pieds. », faisant référence à 2007, « Et comme je ne suis pas ressortie les pieds devant… ». Lundi, c’était le tour de Martine Aubry, en couverture du numéro de mardi 20 septembre ; et dans les jours qui viennent, viendra le tour de chacun des 4 autres candidats aux primaires citoyennes.

 

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Tout au long de l’entretien, Ségolène Royal a suivi un fil conducteur, celui de la volonté politique – elle a souvent mentionné lors de l’entretien la nécessité de « fixer un cap » –, de la cohérence entre les propositions et les actes, parlant avec calme et détermination, avec une parfaite maîtrise des dossiers, et soulignant les demi-poids, demi-mesures, ou les incohérences de ses adversaires de droite et, parfois, de ses concurrents des primaires citoyennes.

Volontaire, Ségolène Royal l’a été sur la candidature palestinienne devant l’ONU et le Conseil de sécurité : « Tracer la voie et montrer un cap pour sortir du blocage actuel, c’est avoir le courage de voter oui au Conseil de sécurité. », bref, tout l’opposé de Nicolas Sarkozy qui louvoie, qui propose le strapontin d’un poste d’observateur, ou d’un statut proche du Vatican ( !), mais pas de statut de membre : « La principale question est de savoir ce que la France va faire au Conseil de sécurité et ce que va décider Nicolas Sarkozy. […] Il ne faudrait pas contourner le problème en se rabattant sur la solution minimale, qui consiste à donner à l’Etat palestinien uniquement une place de membre observateur. Je souhaite que la France vote pour l’Etat palestinien. ».

 

 

 

Volontaire, Ségolène Royal l’a été sur le « système corrompu » qui entoure et englobe l’actuel locataire de l’Elysée : « C’est pourquoi je propose que tous les élus qui seront condamnés pour des faits relevant de peines privatives de liberté soient immédiatement démis de leurs fonctions et inéligibles à vie. On remettra ainsi un peu de morale publique dans le fonctionnement des institutions. ». La candidate a souligné que « la campagne présidentielle sera extrêmement dure. Nicolas Sarkozy a besoin de continuer à être protégé par l’immunité présidentielle. ».

Volontaire, Ségolène Royal l’a été pour empêcher la réussite de ce que « l’association de malfaiteurs » autour du pouvoir sarkozyste est en train d’organiser : « Si on veut vraiment lutter contre la crise, on réforme le système bancaire. […] Aujourd’hui, l’Etat devrait rentrer dans le conseil d’administration des banques, c’est une question d’intérêt général. Ce ne sont pas les banques qui doivent commander, elles doivent obéir. ».

Pourquoi ? Parce que : « Nicolas Sarkozy n’a qu’une chance d’être réélu, c’est si le candidat socialiste est derrière celui du Front national. Voilà ce qui est en train de s’organiser. C’est parfaitement planifié. Il n’y a aucun aléa dans cette histoire. […] C’est aussi la raison pour laquelle je suis convaincue que Nicolas Sarkozy et le gouvernement s’accommodent de la crise, l’organisent même d’une certaine façon au lieu de la combattre. […] Dans les cinq banques nationales françaises, dont tous les dirigeants sont les amis du pouvoir, il ne se passe rien. C’est une volonté politique de ne rien bouger. C’est d’un cynisme terrible. »

Volontaire et cohérente, Ségolène Royal l’a été dans l’analyse de la responsabilité de François Bayrou devant 5 ans de sarkozysme, lui qui dit le combattre : « François Bayrou a une sacrée responsabilité devant l’histoire. On a subi cinq ans de Sarkozy parce qu’il s’imaginait que ce n’était pas assez bien pour lui... ou je ne sais quoi... ou qu’il allait être candidat le coup d’après, qu’il pouvait être président et pas seulement chef d’un gouvernement... Ce qu’il a fait à ce moment-là est totalement irresponsable. En 2012, on verra, dans le respect du verdict des urnes. »

Volontaire, Ségolène Royal l’a été sur le nucléaire et sur l’EPR de Flamanville : « On sort du nucléaire en une quarantaine d’années. Prévoir moins, je crois que cela n'est pas réalisable. Car n’oublions pas qu’il faut à la fois viser l’après-pétrole et l’après-nucléaire. […] La croissance verte, le défi énergétique, l’utilisation des énergies renouvelables, sont des occasions extraordinaires de se remettre en cause. ».

Pour la première fois, elle s’est prononcée avec clarté sur l’EPR de Flamanville, sur lequel elle disait encore vouloir réfléchir, ne pas donner de réponse hâtive et à l’emporte-pièce, vue la complexité du dossier, ces derniers jours : « Oui, je l’arrête, puisque je mets la totalité des moyens de la recherche sur les énergies renouvelables, sauf sur le traitement des déchets nucléaires. […] Je crois que les deux autres candidats [Aubry et Hollande] n’ont pas dit clairement leur position sur Flamanville pour des raisons électorales. Il se pose, derrière, un problème de menaces sur l’emploi. Mais il existe des solutions intelligentes qui permettent de prendre des décisions politiques courageuses. Il faut donc maintenant être clair et net. Je crois être la candidate la plus claire et nette sur ce sujet. »

Volontaire, Ségolène Royal l’a été quand on l’a interrogée sur DSK et sur la question des droits des femmes, rappelant qu’elle soutenait la cause des femmes bien avant l’affaire DSK  - une manière de rappeler les annonces subites d’autres : « Cette question, j’entends bien la gérer, y compris dès l’école pour qu’il y ait un apprentissage du respect mutuel des hommes et des femmes et que les personnes en situation dominante ne puissent pas considérer que tout le monde est à leur merci et que les autres sont des objets dès lors qu’ils sont dans une position subalterne. »

Et de rappeler clairement : « C’est si vrai qu’avant même que l’affaire Strauss-Kahn n’éclate, je disais que l’une des principales discriminations contre laquelle nous avons à lutter dans notre société, c’est le harcèlement sexuel que subissent les femmes en situation de précarité sur leur lieu de travail, notamment les femmes seules, mères de famille, qui n’ont pas le choix et qui subissent le harcèlement car elles ont peur de perdre leur boulot.

Volontaire et cohérente, Ségolène Royal l’a été sur le non-cumul des mandats, un de ses chevaux de bataille : « Au Parti socialiste, voilà deux ans que nous avons eu ce discours, à La Rochelle, sur le non-cumul des mandats, applaudi debout par les militants. […] Grand discours il y a deux ans de Martine Aubry sur le non cumul des mandats … […] Mais il ne s’est rien passé. […] Lors de l’élection régionale qui a suivi, les présidents de région ont pu continuer allègrement à cumuler. […] Et Arnaud Montebourg, le chantre de la modernisation et de la rénovation du Parti, il a juré ses grands dieux sur le non-cumul des mandats. Or il cumule les mandats. Cela suffit ! Evidemment, à un moment, cela profite au Front national. » Et interrogée sur François Hollande, qui est hostile au non-cumul, Ségolène Royal a répondu : « C’est pour des raisons de soutiens électoraux. En promettant de ne pas toucher au cumul des mandats – mais depuis je crois qu’il a un peu évolué –, cela lui permet d’avoir le soutien des notables qui cumulent. ».

Volontaire, Ségolène Royal l’a été sur l’Education nationale et la formation première des enseignants : « Je rétablirai tout de suite l’année de formation des enseignants, ce qui permettra de mettre des professeurs stagiaires en appui des professeurs titulaires dans les collèges les plus sensibles. […] Ensuite, je gèlerai les suppressions de postes prévues pour la rentrée 2012, pour remobiliser une profession qui est aujourd’hui au bout du rouleau. »

Volontaire, Ségolène Royal l'a été face au patron des Fonderies du Poitou, qui demande à ses salariés de choisir entre accepter une baisse de leurs salaires de 23% et être délocaliser en Bulgarie pour accroître encore ses bénéfices : « À défaut d’une reprise par Renault, son ancien propriétaire, je peux les aider à rependre l’usine en Scop, une société coopérative ouvrière de production, via les 10 000 euros par salarié donnés au titre des bourses «Désir d’entreprendre». Car toute personne dans la région qui crée son activité est aidée par un microcrédit, plus un accompagnement en ingénierie. On a ainsi réussi à faire reprendre une vingtaine d’entreprises par les salariés. ». Et d’ajouter une mise en garde qui signifie aussi que elle, elle sera vigilante : « C’est un conflit très symbolique. Si jamais les ouvriers perdent, il y aura d’autres entreprises où les patrons diront aux salariés qu’ils doivent baisser leurs salaires de 23 %. »

 Volontaire, enfin et surtout, Ségolène Royal l’a été aussi sur l’attaque dont elle a fait l’objet dans Libération d’hier : « Royal surverdit son bilan régional », attaque contre sa déclaration récurrente « La Région Poitou-Charentes est (devenue) la première région écologique d’Europe ». Car que voulait dire Ségolène Royal ? Que le dynamisme et le caractère innovateur et pionnier, la progression et les flux injectés dans le domaine écologique et éco-énergétique faisait de sa Région la première région écologique d’Europe, tout comme, pour des données par habitant, certains critères clés comme les émissions de CO2. Pas question de comparer les chiffres absolus de Poitou-Charentes (1,8 millions d’habitants) avec ceux du Bade-Wurtemberg (10,8 millions d’habitants), comme cela a été fait dans l’article d’hier.

Changement de tactique hier après la visite de Ségolène Royal à Libération : comparaison des stocks, et non des flux, parfois sur la base de chiffres de 2000 (pour cause de non disponibilité de chiffres plus récents !), analyse d’un unique critère et généralisation à l‘ensemble, utilisation de sources ‘officielles’, classements spécialisés négligés, constat, au pied de la lettre, de l’absence de classement officiel des régions écologiques d’Europe et déduction que la première région n’existe donc pas … (lire ici la « désintox » de Libération et ici la « désintox de la désintox » de @profencampagne, voir aussi plus loin les déclarations de Ségolène Royal hier lors de la conférence de rédaction de Libération et la vidéo)

Hier, « rédactrice en chef d’un jour » de Libération, Ségolène Royal a fixé un cap à la France et aux Français, mettant en cohérence ses propositions et ses actes, s’engageant à ce que le vent du changement souffle réellement en 2012, et que la vie au quotidien des Français s’améliore enfin, après 5 ans de sarkozysme.

Frédérick Moulin

 

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Des Palestiniens attendant le discours de Mahmoud Abbas devant l'Assemblée générale de l'ONU endredi à Ramallah, en Cisjordanie (@Bernat Armangue, AP)


« Voter oui au Conseil de sécurité»


« La principale question est de savoir ce que la France va faire au Conseil de sécurité et ce que va décider Nicolas Sarkozy. Va-t-il soutenir la reconnaissance d’un véritable Etat palestinien ou va-t-il s’abstenir? Il ne faudrait pas contourner le problème en se rabattant sur la solution minimale, qui consiste à donner à l’Etat palestinien uniquement une place de membre observateur.

Je souhaite que la France vote pour l’Etat palestinien. C’est trop facile de reporter ses responsabilités sur l’Assemblée générale des Nations unies. De toute façon, on sait déjà que la candidature de l’Etat palestinien ne passera pas au Conseil de sécurité puisque les Etats-Unis ont déjà fait savoir qu’ils opposeraient leur veto. Si la candidature palestinienne vient devant le Conseil de sécurité, c’est pour obtenir la reconnaissance d’un Etat plein et entier. Il va falloir des étapes. Si l’on est timide sur ces étapes, s’il n’y a pas de membres permanents du Conseil qui vont de l’avant, les choses seront ralenties.

Qu’est-ce que la politique? C’est anticiper, c’est avoir une vision, et c’est affirmer avec courage des perspectives. Ce n’est pas sans arrêt ménager les uns et les autres. Tracer la voie et montrer un cap pour sortir du blocage actuel, c’est avoir le courage de voter oui au Conseil de sécurité. »

 

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Ségolène Royal pendant la conférence de rédaction de Libération hier


« Rétablir l’année de formation des profs »

 

« Je rétablirai tout de suite l’année de formation des enseignants, ce qui permettra de mettre des professeurs stagiaires en appui des professeurs titulaires dans les collèges les plus sensibles. Il faut qu’ils soient à deux dans les classes pour faire réussir les élèves. Ensuite, je gèlerai les suppressions de postes prévues pour la rentrée 2012, pour remobiliser une profession qui est aujourd’hui au bout du rouleau. »

 

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Les 300 ouvriers des Fonderies du Poitou manifestent leur opposition à l'ultimatum de la direction à Ingrandes, dans la Vienne (@Claude Pauquet)


«Le patron tire de cette boîte de gros bénéfices »

 

« C’est un conflit très symbolique. Si jamais les ouvriers perdent, il y aura d’autres entreprises où les patrons diront aux salariés qu’ils doivent baisser leurs salaires de 23 %. J’ajoute que le patron en question a acheté cette boîte pour une bouchée de pain, et en tire maintenant de gros bénéfices. Cette usine est excédentaire, et il pompe sur son dos plus de 2 millions d’euros par an. Mais même si cette fonderie a de bons résultats, son patron veut délocaliser en Bulgarie pour gagner encore plus d’argent.

 

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Les 300 ouvriers des Fonderies du Poitou manifestent leur opposition à l'ultimatum de la direction à Ingrandes, dans la Vienne (@Claude Pauquet)

A défaut d’une reprise par Renault, son ancien propriétaire, je peux les aider à rependre l’usine en Scop, une société coopérative ouvrière de production, via les 10 000 euros par salarié donnés au titre des bourses «Désir d’entreprendre». Car toute personne dans la région qui crée son activité est aidée par un microcrédit, plus un accompagnement en ingénierie. On a ainsi réussi à faire reprendre une vingtaine d’entreprises par les salariés. Y compris dans le secteur textile, où des femmes ont repris leur usine au lieu de la voir délocalisée. On a créé une fédération des Scop, et chaque fois qu’une entreprise veut délocaliser, la région demande d’abord aux ouvriers s’ils veulent reprendre leur usine. »

 

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Ségolène Royal face à Cédric Mahiot, Guillaume Launay et Alain Brillon de "Désintox" de Libération, vus par Alain Brillon


« Vous dites très clairement que la région que je préside est classée première région de France pour les émissions de gaz carbonique par habitant. Mais qu'est-ce que l'écologie si ce n'est l'émission de gaz carbonique par habitant ? Donc déjà je suis la première région de France. »

 

Ségolène Royal : finalement, vous dites le contraire dans votre article, déjà en ce qui concerne le classement en France. Vous dites très clairement que la région que je préside est classée première région de France pour les émissions de gaz carbonique par habitant. Mais qu'est-ce que l'écologie si ce n'est l'émission de gaz carbonique par habitant ? Donc déjà je suis la première région de France, contrairement à tout ce qui est dit avant. [...]

La lutte contre le réchauffement climatique, c’est quoi ? C’est limiter les émissions de gaz carbonique par habitant. Vous comparez ensuite des régions qui sont quatre fois, cinq fois supérieures à la mienne. Alors, effectivement, en termes de volume physique d’investissement en termes de photovoltaïque ou d’éolien, il peut y avoir des différences. Il n’empêche qu’en quelques années, j’ai réussi à faire en sorte que les émissions de gaz carbonique par habitant soient les plus faibles de France. Et si, si toutes les régions, non seulement de France, mais si tous les pays industrialisés faisaient cet effort de réduire les émissions de gaz carbonique par habitant pour atteindre la performance que nous avons atteinte dans la région Poitou-Charentes, mais le problème du réchauffement planétaire serait sur une bonne voie. Donc j’assume ce que je dis…

Libération : vous dites que vous êtes classée par l’Europe première région écologique ? Vous le maintenez ?

 

 

 

Ségolène Royal : je le maintiens aussi. Pourquoi ? Au sommet de Copenhague, j'ai été invitée comme région exemplaire, et c'est moi qui ai pris la parole, pour mettre en valeur la façon dont la lutte contre le réchauffement planétaire était mise en place au niveau territorial.[...] Je suis venu témoigner sur, en particulier, sur le plan photovoltaïque, puisque j’ai été la toute première région d’Europe à mobiliser la Banque européenne d’investissements. Nous avons investi 400 millions d'euros ce qui, pour une petite région comme la mienne, était en termes d’investissement par habitant, une performance au niveau européen. C’est ma région qui s’est engagée la première dans ce plan photovoltaïque, avec un financement européen. Depuis, d’autres régions d’Europe ont suivi l’exemple. [...]

C’est donc un poste très important. Là aussi, il a fallu mobiliser des fonds régionaux […] puisqu’au niveau de l’Etat c’est le contraire qui a été fait et que le gouvernement actuel, malgré le Grenelle de l’environnement, a baissé deux fois le prix de rachat de l’énergie photovoltaïque, a supprimé les avantages fiscaux pour les particuliers qui leur permettait d’accéder aux équipements d’énergies renouvelables, ce qui fait que de nombreuses entreprises ont été ruinées – je sais même qu’un chef d’entreprise a fait une tentative de suicide - parce que les filières photovoltaïques sont actuellement ruinées. Je ne veux pas que les entreprises disparaissent dans ce domaine et j’ai créé un outil, un « fonds de résistance du photovoltaïque », c'est-à-dire que j’ai été la seule en France à réagir pour aider les entreprises à se maintenir à flot.

Il y aurait plein d’autres exemples. J’ai été la première à construire le lycée de l’après-pétrole, c'est-à-dire le premier lycée entièrement à énergies renouvelables, avec récupération d’eau de pluie pour les sanitaires. Tout le monde rigolait au départ ensuite, tout le monde a imité la technologie que nous avions mise en place. J’ai été la seule région d’Europe à avoir sortir des chaînes de fabrication la voiture électrique. Ceci prouve que si l’ensemble des laboratoires de recherche, non seulement nationaux mais européens, se mettaient ensemble pour construire des transports propres, on y arriverait. Citez-moi une autre région d'où sort la voiture électrique en production industrielle, à part la région que je préside ? Pourquoi ? On fabrique aussi les biocarburants de troisième génération à partir d’algues pour ne pas consommer de productions agricoles qui sont d’abord destinées à l’alimentation des humains, etc. »

Libération : cela n'en fait pas pour autant la première des régions d’Europe. Ce palmarès n'existe pas. Pouvez-vous le reconnaître ?

Ségolène Royal : non, absolument pas. Les organismes que vous citez, il faut qu'ils citent les performances écologiques par habitant, sinon ce n'est pas éthique. Vous ne pouvez pas comparer la Bavière et le Bade-Wurtemberg avec le Poitou-Charentes qui a 1,6 million d'habitants. La performance, c'est l'effort par habitant. Etes-vous d'accord là-dessus ?

Libération : tout à fait

Ségolène Royal : la performance par habitant, c’est dans ma région.

Libération : à populations comparables, certaines régions de Franceont fait plus de photovoltaïque.

Ségolène Royal : non. Pays de la Loire, c'est trois fois la région Poitou-Charentes. Je parle par habitant.

 

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Ségolène Royal et Nicolas Demorand, directeur de la publication et de la rédaction de Libération depuis mars 2011, hier, chez Libération (@Sébastien Calvet)

 

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Recueilli par LIBÉRATION / Transcrit par LITTERA STÉNOTYPIE / Photos SÉBASTIEN CALVET

Après Martine Aubry lundi, et avant les autres candidats à la primaire du Parti socialiste des 9 et 16 octobre, Ségolène Royal était vendredi l’invitée spéciale de Libération. Interview réalisée face à toute l’équipe du journal lors de la conférence de rédaction.

Que vous inspire la mise en examen de deux proches du président de la République ?

Quand, il y a quelques mois, j’ai parlé de système corrompu, tout le monde s’était pincé le nez, même à gauche, en disant : « Elle exagère quand même.» Mais ce n’est pas excessif ! On est dans un système corrompu. Certains demandent que la justice aille jusqu’au bout. Mais on sait bien que la justice n’est plus indépendante aujourd’hui, qu’il y a des intrusions inadmissibles de l’exécutif dans son fonctionnement. Comment les rapports d’enquête, couverts par le secret de l’instruction, peuvent-ils parvenir jusqu’à l’Elysée ? C’est extravagant.

C’est une affaire d’Etat ?

Il y en a tellement que faire des effets de vocabulaire sur des affaires d’Etat... Il y a eu mort de personnes à Karachi, on ne parle pas seulement de corruption et d’argent. Ce sont des hommes et des femmes qui ont perdu la vie dans ces scandales politico-financiers.

Estimez-vous que le chef de l’Etat est corrompu ?

C’est le système qui est totalement corrompu. Le chef de l’Etat, lui, est protégé par l’immunité présidentielle. C’est d’ailleurs pour cela que la campagne présidentielle sera extrêmement dure. Nicolas Sarkozy a besoin de continuer à être protégé par l’immunité présidentielle. On le voit avec toutes les affaires qui l’approchent de si près ! Il a été avocat de Servier, lui a donné la Légion d’honneur et les rapports du Sénat ont été falsifiés par des sénateurs UMP. C’est quand même extrêmement grave. A propos de l’affaire de Karachi, il dit qu’il n’a pas été directeur de la campagne d’Edouard Balladur en 1995, mais il était ministre du Budget et porte-parole de la campagne. S’il n’était pas président de la République, il devrait être convoqué pour être auditionné par la justice. Le jour où il ne sera plus élu, il aura à répondre devant la justice. C’est pour ça que la campagne présidentielle sera féroce et qu’il faut une candidate très expérimentée qui a déjà conduit une campagne présidentielle !

Vous dénoncez un système corrompu. Mais les Français ne semblent pas en tirer de conséquences démocratiques, puisqu’en général, les gens réélisent des candidats qui ont été condamnés...

C’est pourquoi je propose que tous les élus qui seront condamnés pour des faits relevant de peines privatives de liberté soient immédiatement démis de leurs fonctions et inéligibles à vie. On remettra ainsi un peu de morale publique dans le fonctionnement des institutions. Comme le disait Socrate, «avant de gouverner les autres, il faut savoir se gouverner soi-même». Cela donnera de l’oxygène et l’on pourra peut-être avancer sur le pluralisme, la représentation paritaire, la représentation des Français de toutes origines dans l’exercice des mandats électifs.

Un vrai coup de balai ?

Oui, mais je préfère le balai au Kärcher !

 

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Comment avez-vous vécu ce qu’on a appelé l’affaire DSK, au premier jour et l’autre dimanche sur TF1 ?

Je ne mélange pas les égarements individuels à la cause féministe. D’ailleurs, si des choses choquantes se passent, pourquoi cela choquerait-il plus les femmes que les hommes ? S’il y a des atteintes portées à une femme, j’espère que les hommes sont autant choqués que   les femmes ! Je n’enferme pas la cause des femmes dans le féminisme.

Mais comment l’avez-vous vécue...

Mal, je l’ai très mal vécue.

En tant que socialiste, que femme ?

En tant que tout, y compris pour lui au départ. Honnêtement, il y a eu un mouvement vers lui au départ – ayons le courage de le reconnaître – quand on a vu cet homme dégradé de tout, les menottes dans le dos, défait, ballotté, mis en prison. On s’est quand même tous demandé comment cela a pu arriver à cet homme qui a tout l’avenir devant lui, qui a tout pour être heureux.

Vous l’avez trouvé convaincant dimanche soir ?

Ce n’est pas mon avis personnel qui compte. Je fais de la politique. Ce qui est important pour moi, c’est de tourner cette page et de faire en sorte que toute la lumière soit faite, que toute la vérité soit dite.

 

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Ségolène Royal a réagi pendant 2 heures aux sujets de l'édition de samedi à la table du comité de rédaction (@Sébastien Calvet)

Qui est la victime ?

Je ne sais pas. Il y a encore une procédure au civil en cours. Le respect de la parole des femmes me semble essentiel ainsi que le respect de la présomption d’innocence. Je pense qu’il a avoué lui-même sa faute. Donc la femme m’a semblé victime puisqu’il l’a lui-même avoué. Mais au-delà de cette histoire, ce qui est vrai, c’est toute la question du harcèlement sexuel que subissent les femmes en situation de fragilité. C’est si vrai qu’avant même que l’affaire Strauss-Kahn n’éclate, je disais que l’une des principales discriminations contre laquelle nous avons à lutter dans notre société, c’est le harcèlement sexuel que subissent les femmes en situation de précarité sur leur lieu de travail, notamment les femmes seules, mères de famille, qui n’ont pas le choix et qui subissent le harcèlement car elles ont peur de perdre leur boulot. Cette question, j’entends bien la gérer, y compris dès l’école pour qu’il y ait un apprentissage du respect mutuel des hommes et des femmes et que les personnes en situation dominante ne puissent pas considérer que tout le monde est à leur merci et que les autres sont des objets dès lors qu’ils sont dans une position subalterne.

Quand vous dites «tourner la page», cela veut dire que le ou la candidate socialiste n’aura pas besoin de DSK ?

Moi, non !

 

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Quand vous pensez à 2007, vous vous dites quoi ?

Normalement, j’aurais pu gagner, j’aurais dû gagner cette élection si les socialistes avaient été rassemblés et si on avait eu la même force de frappe médiatique et organisationnelle que le camp d’en face. D’ailleurs, cela doit nous servir de leçon pour la prochaine campagne présidentielle. Nicolas Sarkozy n’a qu’une chance d’être réélu, c’est si le candidat socialiste est derrière celui du Front national. Voilà ce qui est en train de s’organiser. C’est parfaitement planifié. Il n’y a aucun aléa dans cette histoire. Regardez les déclarations de Brice Hortefeux, celles de Jean-François Copé récemment. Tout est fait pour faire monter le FN et pour faire passer le candidat socialiste derrière. C’est leur seul espoir. C’est aussi la raison pour laquelle je suis convaincue que Nicolas Sarkozy et le gouvernement s’accommodent de la crise, l’organisent même d’une certaine façon au lieu de la combattre. Sinon, rien n’explique que rien ne soit fait pour réformer le système bancaire. Si on veut vraiment lutter contre la crise, on réforme le système bancaire. Nicolas Sarkozy devrait être capable de mettre ses amis banquiers au pas. Pourquoi est-ce que rien ne se fait ? Parce que la droite au pouvoir se dit que si la crise s’accentue, les Français auront peur et auront un réflexe conservateur et voteront pour les gens en place.

 

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Ségolène Royal pendant le comité de rédaction de Libération, à côté de Nicolas Demorand (@Sébastien Calvet)

Vous accusez le président de la République de jouer la politique du pire ?

Comment expliquez-vous que rien ne soit fait ? Vous les voyez s’agiter, faire des choses, réunir les gens, réunir les ministres des Finances, se battre pour les euro-obligations ?   Ils ont  abdiqué en rase campagne sur les euro-obligations. Nicolas Sarkozy a vu Angela Merkel trois quarts d’heure et dit : « Vous ne voulez    pas d’euro-obligations ?      Bon, on ne les fait pas ; ce n’est pas grave. » C’est inadmissible !

 

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Vous ne croyez pas à un 21 avril à l’envers ?

Mais ce n’est pas ce qu’ils sont en train d’organiser. En plus, ils sont très puissants. On a affaire à une association de malfaiteurs quand même! Il faut regarder les choses en face. Et je crois que la majorité silencieuse des Français voit tout cela. Mais ils sont écrasés, parce que tous les jours on leur dit : « On ne peut rien faire, il y a la dette, les déficits, il y a la finance internationale, on ne peut plus bouger, on ne peut plus rien faire, donc suivez-nous comme des moutons parce qu’au moins, nous, on a l’expérience, on est déjà en place, on a fait quelques erreurs, mais on va réparer nos erreurs. Tout cela ce n’est pas de notre faute. » Il faut arrêter !

Est-ce que ce n’est pas un peu facile de dire cela, dans la mesure où Barack Obama, par exemple, a lui aussi du mal à imposer des réformes du système ?

Ce n’est pas vrai. Barack Obama a fait la réforme bancaire, même Londres est en train de faire la réforme bancaire ! Londres est en train de distinguer au sein des banques les activités spéculatives et les activités de dépôts. Et nous ? Il ne se passe rien. Dans les cinq banques nationales françaises, dont tous les dirigeants sont les amis du pouvoir, il ne se passe rien. C’est une volonté politique de ne rien bouger. C’est d’un cynisme terrible. Pendant ce temps-là, les banques françaises continuent à faire comme si de rien n’était.

Êtes-vous pour une nationalisation des banques ?

D’abord, il est très important de rappeler qu’en 2008, on a renfloué les banques, vous, nous, l’Etat. J’avais déjà dit – j’étais d’ailleurs l’unique responsable au Parti socialiste à le dire – qu’en contrepartie du renflouement des banques, l’Etat devait rentrer dans leur capital, voire les nationaliser de façon limitée dans le temps. Et une partie de la dette publique vient du fait que les Etats ont renfloué leurs banques, c’est quand même incroyable ! Aujourd’hui, l’Etat devrait rentrer dans le conseil d’administration des banques, c’est une question d’intérêt général. Ce ne sont pas les banques qui doivent commander, elles doivent obéir.

 

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La France peut-elle sortir du nucléaire ?

On sort du nucléaire en une quarantaine d’années. Prévoir moins, je crois que cela n’est pas réalisable. Car n’oublions pas qu’il faut à la fois viser l’après-pétrole et l’après-nucléaire. Cela fait beaucoup. Là aussi, la responsabilité politique, c’est de fixer un cap crédible. Mais cet objectif très rapproché ne peut être réalisable que si l’on est capable de rentrer dans le fonctionnement d’une société sobre, qui économise massivement l’énergie, si l’on est capable aussi de démanteler des centrales et d’en faire un outil de création d’activités et d’emplois et de continuer la recherche sur la neutralisation des déchets nucléaires. L’écologie ne doit pas être punitive. La croissance verte, le défi énergétique, l’utilisation des énergies renouvelables, sont des occasions extraordinaires de se remettre en cause. On peut remobiliser la société sur des objectifs politiques qui reposent notre façon de consommer, de se déplacer, d’habiter, de vivre ensemble. Le photovoltaïque, l’éolien, la géothermie, les hydroliennes, l’énergie marémotrice, toutes les énergies renouvelables sont aujourd’hui dramatiquement freinées, parce qu’il y a un lobby EDF. On ne réussira la mutation énergétique que si tous nos organismes de recherche, y compris le CEA [Commissariat à l’énergie atomique et aux énergies alternatives, ndlr], y compris EDF, y compris tous les lobbys, se mettent dans des dynamiques positives. Ce n’est pas simple. Mais les Français sont saturés, fatigués des annonces politiques qui ne sont pas suivies d’effets. Et à la différence des autres candidats, quand je dis quelque chose, je dis aussi comment je vais le faire.

 

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Ségolène Royal avec l'équipe de rédaction après le comité de rédaction (@Sébastien Calvet)

Si vous décidez qu’il faut sortir du nucléaire dans quarante ans, annulez-vous le programme du CEA d’un prototype de réacteur de génération IV? Cela n’aurait aucun sens de continuer...

Oui, je l’arrête, puisque je mets la totalité des moyens de la recherche sur les énergies renouvelables, sauf sur le traitement des déchets nucléaires. Et j’arrête Flamanville [où est construit le futur réacteur EPR]. Peu de candidats l’ont dit aussi clairement, parce qu’il y a des enjeux électoraux dans le département de la Manche, des soutiens d’élus et de fédérations !.... Je crois que les deux autres candidats [Aubry et Hollande] n’ont pas dit clairement leur position sur Flamanville pour des raisons électorales. Il se pose, derrière, un problème de menaces sur l’emploi. Mais il existe des solutions intelligentes qui permettent de prendre des décisions politiques courageuses. Il faut donc maintenant être clair et net. Je crois être la candidate la plus claire et nette sur ce sujet.

 

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Quel rôle auriez-vous dans la campagne si jamais vous n’étiez pas désignée ?

Je ne ferai pas aux autres ce qu’on m’a fait en 2007. Je sais trop les dégâts que cela a faits. J’ai vu tous ceux qui ont traîné les pieds, j’ai vu tout ce qui s’était passé. Vous croyez que ma vision de la politique, ma conception de la politique, c’est de faire aux autres ce qu’ils m’ont fait ? Non, je ne le ferai pas.

En 2007, entre les deux tours, des contacts s’étaient esquissés entre vous et François Bayrou. Est-ce qu’en 2012 cela pourrait se renouveler ?

Cela dépend du résultat du vote. En 2007, il fallait s’unir pour battre Sarkozy. Chaque fois que j’entends François Bayrou se plaindre de Sarkozy, je me dis qu’il avait une solution très simple pour le battre, qui était de s’allier à la candidate socialiste : on se mettait ensemble et on le battait. François Bayrou a une sacrée responsabilité devant l’histoire. On a subi cinq ans de Sarkozy parce qu’il s’imaginait que ce n’était pas assez bien pour lui... ou je ne sais quoi... ou qu’il allait être candidat le coup d’après, qu’il pouvait être président et pas seulement chef d’un gouvernement... Ce qu’il a fait à ce moment-là est totalement irresponsable. En 2012, on verra, dans le respect du verdict des urnes, comment tous ceux qui ne veulent pas de la droite se rassemblent.

Vous vous êtes prononcée contre le cumul des mandats. Comment considérez-vous la position d’autres candidats – notamment François Hollande – qui sont hostiles à cette mesure ?

C’est pour des raisons de soutiens électoraux. En promettant de ne pas toucher au cumul des mandats – mais depuis je crois qu’il a un peu évolué –, cela lui permet d’avoir le soutien des notables qui cumulent. Quant au Parti socialiste, voilà deux ans que nous avons eu ce discours, à La Rochelle, sur le non-cumul des mandats, applaudi debout par les militants. Mais il ne s’est rien passé. Lors de l’élection régionale qui a suivi, les présidents de région ont pu continuer allègrement à cumuler. C’était pourtant très simple de leur dire : « Choisissez ! »  Pourquoi un tel écart entre le discours et les actes ! Et Arnaud Montebourg, le chantre de la modernisation et de la rénovation du Parti, il a juré ses grands dieux sur le non-cumul des mandats. Or il cumule les mandats. Cela         suffit !  Evidemment, à un moment, cela profite au Front national.

Je voudrais savoir ce que serait une mesure courageuse pour vous sur les banlieues.

Une mesure courageuse pour les banlieues, ce serait de donner l’opportunité à tous les enfants dans les écoles de pouvoir accéder à des internats scolaires de proximité qui ne disqualifient pas les parents et qui donnent à tous les enfants un encadrement éducatif dès le plus jeune âge. C’est la bataille pour la réussite scolaire.

Vendredi, Christine Deviers-Joncour a déclaré au Parisien, à propos de l’affaire Karachi : « Nous, les femmes, nous n’avons pas forcément plus de morale que les hommes mais plus de courage. » Qu’est-ce que cela vous inspire ?

Je me méfie de tout ce qui est superlatif. C’est très réducteur. Je ne vois pas pourquoi les hommes seraient moins courageux que les femmes. Ce n’est pas mon style de féminisme de dire que l’on a plus de qualité.


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« Mieux répartir l’argent pour investir dans les équipements »

 

« Avec tout l’argent qui circule dans le sport, il y a un problème de répartition plus juste des recettes, des produits. Regardez les masses d’argent au niveau du football. Vous ne croyez pas qu’une partie pourrait financer des stades un peu partout sur le territoire français ?

Donc je mettrais sur la table la question de la juste répartition des profits liés au sport, à la publicité, aux retransmissions. Quand les gens voient les prix d’achat des joueurs et que les petits stades de foot ne sont même pas entretenus pour les gamins dans les quartiers ! Il y a un problème. Il y a sûrement une solution, qui est de prendre un peu au passage et d’investir dans des équipements sportifs, dans des emplois sportifs. Il y a de moins en moins d’encadrants dans les associations. Le sport à l’école est à repenser complètement. Vu l’argent qui est brassé d’un côté et l’argent qui manque de l’autre, on peut faire passer des flux de l’un à l’autre. »

 

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Mark Zuckerberg jeudi au F8 de San Francisco (@Kimihiro Hoshino/afp)


 

« Les réseaux sociaux sont un contre-pouvoir »

 

 

« Les réseaux sociaux sont un contre-pouvoir qui n’existait pas en 2007. Ils peuvent bousculer la campagne, je compte bien m’en servir. »

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